Le devoir, 22 mai 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MAI 2010 CINEMA Michael Caine triomphe encore une fois dans Harry Brown Page E 8 JAZZ & BLUES Le Stephen Barry Band célèbre ses 35 ans de carrière à L’Astral Page E 4 FESTIVAL T R A N S A M E R I Q U E S PROVOQUER REVENDIQUER m b s/ TRAGEDIES TROP ORDINAIRES YAN VERSWEYVELD Tragédies romaines^ de Ivo van Hove La quatrième édition du nouveau FTA met clairement en relief une série de défis essentiels pour notre époque troublée MICHEL BELAIR Marie-Hélène Falcon n’hésite pas une seconde: pour la directrice du FTA, le versant théâtre de cette édition de son festival est truffé de «moments percutants, essentiels pour notre époque».À commencer par ces Tragédies romaines que le metteiu en scène Ivo van Hove a adaptées de Shakespeare (il s’agit en lait de Coriolan, Jules César et Antoine et Cléopâtre): elle parle d’im vibrant discoius siu la démocratie et sur la volonté de pouvoir, «fait pour le public d’au- jourd’hui habitué à la guerre en direct au journal télévisé».Par sa forme audacieuse — le spectateur est invité à monter siu scène et à se rapprocher de l’action tout en buvant une bière autant qu’à sortir pour prendre l’air — Ivo van Hove réactualise l’action en permanence avec des caméras vidéo transmettant leius images sur une multitude d’écrans.On poiura se faire une idée encore plus précise de sa démarche en lisant, mardi prochain, à deux jours de l’ouverture du festival, l’entrevue que nous a accordée le metteiu en scène belge installé à Amsterdam.Mais il n’y a pas que Shakes- peare, il y a Wajdi Mouawad qui arrive en force lui aussi avec quatre productions démesurées: sa trilogie du Sang des promesses — Littoral, Incendies, Forêts, présentées en un bloc de 12 heures au théâtre Maisonneuve, comme à Avignon l’été dernier au Palais des papes — et Ciels, qui vient mettre un point hnal (plutôt difhcile à avaler) à tout cela.Ceux qui n’ont pas pu voir encore cet incontournable monument du théâtre d’ici et de partout — il reste toujours quelques billets au moment d’écrire ces lignes — auront l’occasion de se reprendre, puisque l’ensemble prend aussi l’affiche, un peu plus tôt, au Carrefour international de Québec.La patronne du FTA, qui va d’une générale à l’autre ces jours-ci, est enthousiaste comme elle l’est toujours en soulignant le nombre élevé de créations {«Huit, si on compte les coproductions!») inscrites à la pro-^ammation du festival.Elle est intarissable au sujet de Cendres, par exemple, que Jérémie Niel a adaptée et mise en scène à partir du roman Terres et cendres, d’Atiq Rahimi.Tout autant à pro-pos de cette nouvelle version chorale à cinq voix de Dragonfly of Chicoutimi, de Larry Trem- blay, orchestrée par Claude Poissant, et de Domaine public, du Catalan Roger Bernat.Elle dit de L’Effet de Serge, du Français Philippe Quesne, que c’est un des spectacles les plus brillants qu’elle a vus.De Tony Nardi, qui poursuit ses lettres à Vestablishment culturel en s’adressant cette fois aux pouvoirs publics, que c’est son spectacle le plus percutant.Sans oublier les Mexicains de la compagnie Lagartijas tiradas al sol, qui proposent «un spectacle revendicateur en complète rupture avec les générations précédentes».«Comme Wajdi Mouwad.Comme Ivo van Hove.Comme ce spectacle spécial pour Haïti aussi auquel se sont associés Brigitte Haentjens, Denis Marteau et Martin Faucher à partir d’un texte adapté par José Pliya.» Bref, une édition du FTA sous une même bannière, exigeante, et qu’on peut décrire par une série de débs essentiels: créer, dénoncer, provoquer, revendiquer, bouleverser, réactuabser.Le Devoir FESTIVAL TEÎANSAMÉRIQUES En divers lieux du centre-ville de Montréal, du 27 mai au 12 juin Testament et danses autour d’un piano EREDERIQUE DOYON AUX épopées théâtrales d’ivo van Hove et de Wajdi Mouawad répond celle du chorégraphe américain Merce Cunningham.Fin de l’épopée de toute une vie de création.Nearly 90' est la dernière oeuvre du père de la danse contemporaine, décédé l’été dernier.La pièce créée en avril 2009, puis remaniée pour la tournée d’adieu de la Merce Cunningham Dance Company, dont Montréal est le seul point de chute, ouvrira ce quatrième FTA.Comme quoi la fin, c’est aussi le début.La danse se fait aussi revendi- catrice avec More More More.Future, du Congolais Faustin Li-nyekula, concert chorégraphique à l’énergie punk, fondé sur les poèmes d’un prisonnier politique de Kinshasa.Poussières de sang complète ce bref regard africain, dénonciateur de toutes les violences, et marque le retour de la compagnie burkinabée Salia ni Seydou.Du Québec, on peut joindre à cette vei-ne,plus politique Golpe («coup d’Etat», en espagnol), de Tammy Forsjbhe.Dans l’ensemble, toutefois, le volet danse du FTA (même si celui-ci invite à ne plus diviser les genres) manque un peu d’«oumf» cette année.Les grands rendez-vous le sont souvent en référence à un passé: Cunningham avec son testament, Q’Vertigo qui continue de se rapprocher du corps et de l’humain en magnifiant, dans Onde de choc, les pulsations — du cœur et de la vie — qui nous animent, et le retour de Saburo Teshigawara.Les dix ans d’absence qui nous séparent de la dernière apparition de ce grand maître japonais sur nos scènes nourrit l’excitation de le voir incarner Miro-ku, du nom du futur bouddha.Même Louise Lecavalier en pro-hte pour incarner A Few Minutes VOIR PAGE E 2: DANSES ANNA FINKE Nearly 90, du chorégraphe américain Merce Cunningham. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MAI 2010 CULTURE DANSES SUITE DE LA PAGE E 1 ofLock, clin d’œil à sa longue et fructueuse collaboration avec La La La Human Steps.Autour d’un piano Restent quelques rencontres inédites qui, curieusement, tournent souvent autour d’un piano.Chutes incandescentes met en scène la jeune interprète Clara Furey aux talents multiples — dont celui de pianiste — dans une chorégraphie de Benoît Lachambre, singulière alliance.Inconnue de ce côté-ci de l’Atlantique, la chorégraphe portugaise Tânia Carvalho tire les fds de la danse depuis son piano dans From me I can’t escape, have patience!, étude sur l’interdépendance de la musique et de la danse.Elle subit en retour l’influence des danseurs tantôt soumis, tantôt rebelles à son diktat musical.Un piano trône aussi dans Portrait, qui marque la venue à Montréal d’une des figures les plus anticonformistes de la scène canadienne, D.A.Hoskins, du Dietrich Group.Le duo mêle le texte, les projections visuelles et vocalisations pour aborder l’émergence du geste créateur et la mul- f/ MASSIMO CHIARRADIA Louise Lecavalier et Patrick Lamothe dans Children tiplicité des sources d’inspiration.La surprise chorégraphique viendra-t-elle du Cana- da anglais?Le Devoir THÉÂTRE Le monde fou, fou, fou de Filip Forgeau MARIE LABRECQUE Un atoll dans la tête, le spectacle français qu’accueille l’Espace libre, est né d’une expérience singulière: une résidence d’écriture dans un hôpital psychiatrique.Pendant un mois, Filip Forgeau a ainsi logé au «Pavillon des ambulanciers» d’un établissement de Limoges.L’auteur, metteur en scène, cinéaste, comédien et directeur du théâtre La Fabrique de Guéret est aussi l’idéateur de ce projet, intitulé Un mot pour un autre, mettant en contact écrivains et milieu hospitalier.La Québécoise Lise Vaillan-court fait d’ailleurs partie des créateurs qui ont bénéficié de l’expérience, soutenue par un programme étatique de «Culture à l’hôpital».Cette démarche est d’abord, insiste Filip Forgeau, une aventure artistique.«Le lieu de la résidence devient forcément l’un des acteurs de l’écriture: on n’écrit pas pareil, selon où l’on se trouve.Mais l’idée première.LE THEATRE D’AUJOURD’HUI ET LE CENTRE CULTUREL DE JOLIETTE EN COLLABORATION AVEC LOTO-QUÉBEC PRÉSENTENT Q.S' - V, ‘ i à.;.-’- s- s.>' /y ^ .s ‘T y - ^ Cood .SCO, I i; ..^ Conservatoire de musqué et d'art dramatique CONSERVATOIRE.GOUV.QC.CA Québec « « 27 MAI al-ÉGLISE SAINT-JEAN BAPTISTE a MONTRÉAL 28 MAI au THÉÂTRE TÉLÉBEC aVAL-D’OR 30 MAI AU PALAIS MONTCALM a QUÉBEC MERCI A tROUPE S.M.INTERNATIONAL, CRICS, CANAL SAVOIR, HEENAN BIAIKIE, AIR CREEDEC, MINES AURIZON, CHATEAU LAURIER, HOTEL L'ESCALE, CIlROUX GABOURV ÉMOND CA, PALAIS MONTCAIM, SOCIÉTÉ OU 75* DE VAL-D'OR, VIIIE DE VAL D'OR E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MAI 2010 CULTURE Facétieux pastiche MACGRUBER Réalisation: JormaTaccone.Scénario: Will Forte, John Solomon.Avec Will Forte, Kristen Wiig, Ryan Philippe, Val Kilmer, Maya Rudolph.Photo: Brandon TrosL Montage: Jamie Gross.Musique: Matthew Compton.Etats-Unis, 2010,90 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Vers 1985, MacGyver épatait l’Amérique chaque semaine, et la sauvait à la même fréquence, dans la série télé du même nom.Cet agent secret se distinguait par son inépuisable capacité à se «bizouner» des gadgets avec les objets les plus banals.Une sorte de James Bond, mais adepte de Xin situ et arborant une coiffe, disons, datée (court sur le dessus, long sur la nuque, voyez?).Vingt ans plus tard, l’humoriste Will Forte, de l’émission Saturday Night Live (SNL), a conçu le personnage de MacGruber comme un calque parodique de MacGyver.Immensément populaire depuis, surtout après son passage au Super Bowl de 2009, MacGruber fait le saut au grand écran.Le problème que rencontrent souvent les adaptations issues de SNL est un manque de matière brute à exploiter, c’est-à-dire que, passé le stade où les caractéristiques comiques du personnage à succès sont mises en place, le film tourne à vide.A Night at the Roxbury et Super-star en sont deux exemples.Toutefois, certaines exceptions surviennent et les amateurs de ce genre de choses ont parfois droit à un Blues Brothers ou à un Wayne’s World.MacGruber tombe dans cet- te catégorie avec son ton burlesque soutenu, ses rappels, au niveau de la réalisation, des aspects les plus ringards de l’esthétique 1980 et, surtout, sa mise en boîte de tout ce qui fait que plusieurs fdms d’action de ces années-là peuvent aujourd’hui être appréciés comme de délicieuses, quoique involontaires, comédies satiriques.Patriotisme exacerbé, racisme latent, homophobie tellement marquée que génératrice d’homoérotisme: autant de cartes que brasse, abat puis rebrasse MacGruber dans ce facétieux pastiche.Remarquez, l’intrigue s’avère au mieux accessoire: reclus dans un monastère depuis la mort de sa femme le jour de leurs noces, MacGruber, un agent des services secrets, accepte de reprendre du service après que son ennemi juré.Dieter Von Cunth, s’est emparé d’un missile nucléaire.Flanqué d’une ancienne coéquipière devenue auteure-composi-trice-interprète de pop bonbon et d’un jeune officier coincé, MacGruber est fin prêt à sauver Washington.S’il ne détruit pas lui-même la capitale auparavant, bien sûr.L’exercice, car c’est surtout de cela qu’il s’agit, fonctionne avant tout parce que la distribu-tion maintient un équilibre entre le cabotinage réjouissant des uns (Will Forte et Val Kilmer) et un jeu plus sobre, et d’autant plus drôle pour cela, des autres (Kristen Wiig et Ryan Philippe).Ce n’est jamais subtil, ou si peu, ça ne vole pas haut, c’est même très vulgaire.Et on y rit beaucoup.Collaborateur du Devoir » SOURCE ALLIANCE Will Forte dans le rôle de MacGruber t Le Chœur de Laval en concert Directeur musical : Julien Proubc CHŒUR DE LAVAL Le Choeur de Laval termine une saison bien remplie en présentant im concert allemand à son public : le chant du destin Johannes Brahms : Le chant du destin Félix Mendelssohn : Psaume 42 Anton Bruckner : Messe No.3 Extraits : Kyrie, Gloria Soliste : Julie Daoust Choeur de 80 voix Orchestre symphonique de Laval Jeudi le 27 mai 2010 — 20h00 Église Sainte-Rose-de-Lima, 219, bout Sainte-Rose,Laval Billets : 30$ régulier - 25$ aîné(e) - 20$ étudiant(e) Réservations : 514 255-6863 ou 450 622-3023 WWW.CHOEURDELAVAL.CA Peter Schubert Direaeur artistique Des joyaux musicaux de l'époque victorienne: MacFarren, Gould, Pinsuti, Sullivan, Cusson, Willan, Ives Le5juin2010à19h30 Salle Tanna Schulich 555, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Billets à l'unité: 30$/25$/10$ Billets: 514-398A547 Info: 51A489-3739 www.vivavoce-montreal.com GDnseil des Arts du Canada lE DEVOIR ‘WiJ 1 SOURCE SEVILLE Michael Caine dans Hariy Brown^ de Daniel Barber Un autre Harry Harry Brown transcende le genre mais doit l’essentiel de son intérêt à Michael Gaine HARRY BROWN Réalisation: Daniel Barber.Scénario: Gary Young.Avec Michael Caine, Emily Mortimer, David Bradley, Dam Cunningham, lain Glen.Photo: Martin Ruhe.Montage: Joe Walker.Musique: Ruth Barrett, Martin Phipps.Grande-Bretagne, 2009,103 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Dire de Michael Caine qu’il est un grand acteur, même un très grand, relève de l’euphémisme.Après plus d’un demi-siècle d’une carrière qui, forcément, connut quelques bas mais des hauts ô combien mémorables.Sir Michael a atteint le statut d’intouchable, qu’il mérite amplement.On se réjouit de voir qu’il tourne encore autant, surtout que la légende veut que, vers 1995, après avoir tourné simultanément deux nouvelles aventures de l’iconique espion Harry Palmer, le célèbre acteur avait décidé de prendre sa re- traite sans autre forme d’annonce.C’est son ami Jack Nicholson qui l’aurait convaincu de revenir au jeu pour un petit film noir.Blood and Wine, où Caine vola la vedette en gangster asthmatique.Depuis, il participe en moyenne à trois films par année.Harry Brown est le seul qu’il a choisi de tourner en 2009.La bande-annonce laissait craindre le pire: sur fond de «ma cité va craquer», un retraité écœuré par la violence décide de purger son quartier du gang qui y fait la loi.Death Wish commandité par Geritol, genre.Or, comme c’est généralement le cas avec les bandes-annonces, celle-ci a d’abord été conçue pour appâter un très large public, le marché le plus lucratif demeurant celui de l’adolescent et du jeune adulte mâles.L’ironie, c’est que, même sans chercher à vendre un thriller haletant, ce que Harry Brown n’est qu’à moitié, et pas www.festivalmontreal.org FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL DENIS BROn ; DIRECTEUR ARTISTIQUE la meilleure, ce public-là risque fort d’y trouver son compte de par la formule toujours populaire du justicier citoyen, de par l’aspect banlieue chaude aussi.Ainsi, ce petit fdm assez bien fichu possède suffisamment d’attraits pour intriguer spectateur du dimanche et cinéphile aguerri.Car le premier long métrage de Daniel Barber transcende à certains égards le concept américain qu’il a transplanté en sol anglais.Le souci de réalisme dans la peinture sociale que manifeste le jeune cinéaste non seulement est appréciable, mais il rehausse d’un cran la tenue de l’ensemble.Certes, on ne parle pas de La Haine, mais le tournage dans un vrai complexe locatif délabré confère un indéniable air de vérité au film.L’intrigue fait d’ailleurs pas mal de kilométrage là-dessus, certains développements apparaissant tantôt commodes, tantôt invraisemblables.Mais, là encore, on n’y pense qu’après-coup.Barber parvenant à distraire notre logique au moyen d’une mise en scène précise qui sait se faire expressive ou discrète selon la teneur dramafique de chaque situation.A cet égard, réalisation, photo et montage opèrent si bien qu’on regrette l’apport musical intrusif.L’utilisation du seul motif associé à la colère sourde de Harry, très Philip Glass, aurait insufflé une plus grande force d’évocation à l’œuvre.Harry Brown, film et personnage, doit toutefois l’essentiel de son intérêt à Michael Caine.Que d’émotions dans ces yeux aux paupières à présent tombantes; que de nuances dans chaque ride dont l’acteur use comme autant d’atouts.Après l’avoir vu jouer quantité d’espions, de voleurs et de tueurs, et pas des moindres, l’accepter en ancien officier de la marine royale se pose en évidence.Son âge?Le film ne comporte aucune scène de combat et les scènes d’action reposent sur la ruse du protagoniste, son expérience et sa connaissance des armes à feu.Ici, le meurtre est de surcroît plus salissant que spectaculaire.Ajoutez une atmosphère cra-do d’authentique décrépitude urbaine en toile de fond et vous trouverez en Harry Brown un divertissement moins manichéen que ce à quoi le genre nous a habitués.Collaborateur du Devoir SAMEDI Natalie Choquette TOUR DU MONDE MARDI Rachel Barton Pine V HOMMAGE A CHOPIN ET A BARBER MERCREDI 26 L’ART DU QUATUOR Quatuor a cordes Afiara J m ÏÂRT NÊÛ?www.artneuf.com GESTES CRÉATEURS UN C O N C E RT-E V EN EM EN T XX® ANNIVERSAIRE 3S MUSICIENS / I SOLISTE / 80 CHORISTES SOUS LA DIRECTION DE PIERRE BARRETTE I samedi dimanche 29 MAI 30 MAI 20 h 14 h LE DEVOIR DU 6 AU 29 MAI 2010 ÉGLISE ST.JAMES / ST.JAMES CHURCH • 463 SAJNTE-CATHERJNE OUEST.MONTRÉAL BILLETTERIE INFO: 514 489 7444 FEST1VALM0NTREAL@VIDE0TR0N.CA • WWW.FESTIVALMONTREAL.ORG I )EN s BROTT RECIPIENDAIRE DE LA BOURSE 2010 ri ^ ^ /2a ^fuùition JZuttt-^Cxtntx Pour l'avancement de la musique chorale 514 518-1668 ^ Église Saint-Pierre-Apôtre 1201, rue de la Visitation (angle bout.René-Lévesque Est, métro Beaudry) LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MAI 2010 E 9 CINEMA Le point r#uge Der R«te Punkt EN EXCLUSIVITE AU CINÉMA CINEPLEX DIVERTISSEMENT paNEPL£X DIVERnSaEMENTn I QUARTIER LATIN I |jB.| Festival de Cannes Une sorte de bilan de santé mondial.MARTIN BILODEAU Le Devoir à Cannes Mort, solitude, suicide, misère, maladie, l’heure est grave, comme en fait foi l’inquiétant bilan de santé mondiale dévoilé à Cannes au cours des dix derniers jours.Dans ce contexte de morosité, forgé en compétition à coups de films nécessaires {Un homme qui crie, du Tchad), misérabilistes (Biuti-ful, d’Alejandro Gonzalez Inârritu) ou verrouillés de l’intérieur {Mon bonheur, de l’Ukraine), il ne faut pas s’étonner que Les Amours imaginaires, film-plaisir de Xavier Dolan, ou encore le très ensoleillé Tamara Drewe, de Stephen Frears, fassent bande à part encore plus que Godard.Sombres lumières Malgré un climat lourd et un arrière-plan social peu invitant, Octubre, des jeunes frères péruviens Daniel et Diego Vega, laisse heureusement passer la lumière.Ce superbe premier long métrage campé à Lima nous introduit dans l’univers placide et sans amour d’un usurier de quartier dont la vie ordonnée est mise sens dessus dessous après qu’un poupon, fruit présumé d’une escale dans une maison close, eut été abandonné chez lui par un livreur anonyme.L’économie de mots, le scénario subtil, la photographie expressive, l’interprétation nuancée de personnages complexes, en font un parfait candidat pour la Caméra d’or, qui sera décernée aujourd’hui.Le thème du suicide chez les adolescents, traité à l’oblique dans le superbe Poésie du Sud-Coréen Lee Chang-dong (en compétition), est pour sa part au centre de Cha- troom, du Japonais Hideo Na-kata {Ringu - The Ring), projeté dans la section Un certain regard.Un jeune déséquilibré au charme ravageur (Aaron Johnson) forme, par l’entremise d’une tribune Internet, un petit groupe d’admirateurs sur qui il exerce une influence perverse les poussant à commettre le geste fatal.Le scénario n’est pas toujours au point, faute de profondeur et d’une pensée qui transcende les effets de mode et de style.L’originalité du film tient plutôt à l’illustration métaphorique (une chambre d’hôtel, des chaises, des individus posés dessus) du rapport virtuel entre les jeunes en clavarda-ge.Une trouvaille simple et ingénieuse, qui donne son impulsion au hlm.R U There?, du Néerlandais David Verbeek, navigue dans les mêmes eaux.Un jeune champion de jeux vidéo, de passage à Taipei pour participer à une compétition internationale, traverse une sorte de crise existentielle qui lui fait perdre sa concentration et sa forme physique après avoir été témoin d’un accident violent dans la rue.Insolite et en-crypté, le hlm solennel et longuet détaille son voyage au bout de lui-même, facilité par une jeune prostituée dont le sentiment amoureux qu’elle lui inspire est décuplé lorsque leurs avatars se rencontrent dans le monde virtuel.Du virtuel on passe au spirituel avec l’excellent Un poison violent, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, qui vient de valoir à son auteure Katell Quilé-véré le prix Jean Vigo récompensant la meilleure première œuvre française pour la dernière année.Entre une mère dépressive et bigote (Lio) et un grand-père grabataire et un brin pervers (Michel Galabru), Chatroom, du Japonais Hideo Nakata SOURCE FESTIVAL DE CANNES R U There?, du Néerlandais David Verbeek une adolescente à la veille de faire sa conhrmation se heurte à la présence de Dieu.Dans la continuité de Bruno Dumont (on pense ici à Hadewijch), mais avec une sensibilité plus expressive et plus charnelle, Quilévéré signe une œuvre d’équilibre, à l’écriture forte, qui risque de s’afhrmer davantage dans le futur.Une cinéaste à suivre, donc, tout comme le Sud-Africain Oliver Schmitz, documentaris-te réputé, qui signe avec Life Above AU un long métrage de fiction centré sur une adolescente du township qui tient sa famille à bout de bras malgré le sida qui a emporté son père et emportera bientôt sa mère.Manifeste pas toujours subtil et parfois pleurnichard contre les préjugés raciaux, les superstitions religieuses et l’ignorance sous toutes ses formes, Life Above AU, tiré du roman Les Secrets de Chandra du Canadien Alla Stratton, rejoint par ses thèmes le très étonnant Los Labios.Celui-ci est campé à la pointe sud d’un autre continent, dans un coin reculé de l’Argentine, où trois travailleuses humanitaires de Buenos Aires vont porter secours médical et psycho-social à des populations mal nourries et en difficulté.Ce film d’intervention d’Ivan Fund et Santiago Loza rappelle à plusieurs égards Les Bureaux de Dieu de Claire Simon, à la différence qu’ici la caméra intrusive, en gros plans captés par une caméra à l’épaule, cherche à établir de SOURCE FESTIVAL DE CANNES force un contact avec le spectateur, provoquant souvent l’ef fet contraire.Collaborateur du Devoir SOURCE FESTIVAL DE CANNES Octubre, des frères péruviens Daniel et Diego Vega Quand la passion vous tient en vie KARINE ARLOT Louis-Do de Lencquesaing dans Le Père de mes enfants LE PERE DE MES ENEANTS Scénario etréalisahon: Marion Hansen-Love.Avec Louis-Do de Lencquesaing, Chiara Caselk, Clémence de Lencquesaing, Eric El-mosninos, Dominique Erot, Sandrine Dumas, Alice Gauher, Ma-nelle Driss.Photo: Pascal Auffray.Montage: Marion Monnier.Prance, Allemagne, 2009,110 min.FRANÇOIS LÉVESQUE On peut prêter plusieurs sens au titre Le Père de mes enfants, deuxième long métrage de Marion Hansen-Love.Grégoire Canvel, l’homme en question, a en effet engendré une progéniture nombreuse, et pas qu’avec sa femme.Or le hlm épouse relativement peu le regard de cette dernière.Les enfants en question sont peut-être davantage, au sens figuré, ces hlms que Grégoire, producteur en fin de parcours, a soutenus, nourris, financés jusqu’à la ruine.Cette piste de lecture, fût-elle éclairée ou à côté, permet d’aborder l’œuvre de la jeune cinéaste comme un état des lieux du cinéma d’auteur en France, de la question de sa subsistance à celle de sa pérennité, à une époque où la notion de «catalogue» n’est plus considérée que par une poignée de nostalgiques.Les cinéphiles apprécieront cette incursion sans fard ni paillette dans le quotidien d’un producteur de films voués à n’être vus d’à peu près personne.Pourquoi continuer, alors?Pour la voix, le point de vue, la signature.Pour l’Art, en fait; pour la Beauté, car, sans celle-ci, le monde de Grégoire, ou plutôt celui qu’il a choisi d’habiter, serait dénué de sens.Or, à présent, l’esthète est soumis aux mêmes lois du marché que le commerçant; affres du hnance-ment, pression des bailleurs de fonds.Peu importe jusqu’à quelle profondeur il s’enfouit la tête dans le sable.Car c’est bien là qu’il s’est réfugié: dans un déni qui le pousse à continuer, à accepter des projets alors que sa société coule à pic.En contrepoint de la succession de déconvenues hnancières et de la banqueroute qui guette, les trois hiles de Grégoire sont croquées dans des scènes d’un bonheur familial tout simple.Les cadettes jouent, rient; leur aînée vit ses premiers émois amoureux et peauhne sa cinéphilie, comme quoi le maigre héritage de Grégoire comptera au moins cette transmission-là.Le recours à une distribution d’acteurs chevronnés mais peu connus ajoute à l’aura de réalisme qui se dégage de l’œuvre.Dans le rôle de Grégoire, Louis-Do de Lencquesaing (libraire dans Cache) porte le hlm avec aisance et rend avec beaucoup de justesse un état dépressif de prime abord asymptomahque.Chacun apporte une touche d’humanisme à sa composition, y comprit Dominique Frot, qu’on est heureux de retrouver vingt-sept ans après Mortelle randonnée.Sans complaisance ni faux-fuyant, Marion Hansen-Love a brossé le portrait limpide, souvent lumineux, d’un être dont la part d’ombre grandissante nous échappe un long moment qvant que l’évidence ne frappe.A cet égard, heureux soient ceux qui n’ont pas visionné la bande-an- consultez notre sHe Internet 2E SEMAINE DU FILM TURC DE MDNTREAL EL SECRETO DE SUS OJOS {amcSlk) PLEASE GIVE • THE RED SHOES GAINSBOURG • LA NANA ranee STA; ^ Mâtro Place dos arts rCINÉMA DU PARC ESI Alltol]lis80/129 I 3575 Du Paie 514-281-1900 nonce.Et si vous comptez voir Le Père de mes enfants, tâchez de ne pas y être exposé.Collaborateur du Devoir NOMINATION AUX OSCARS° MEILLEUR FILM EN LANGUE ETRANGERE CAMÉRA DVDR FESnVi^CEClINICS MENTION SPÉCIALE MEILLEUR FILM TSIÎUfLTUV nr uwxfr 5 OPHIRS 2009 ?« UN FILM D’EXCEPTION ! » - ManF^IiKH LMSisr, LA PRESSE AJAMI un film de Scandar Copti et Yaron Shani métrDQole À L’AFFICHE ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS metropoletilms.com 13 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MAI 2010 CINEMA SOURCE PARAMOUNT Shrek Forever After affiche sans complexes les meilleurs ingrédients de sa recette.Mais les réserves d’épices, et de sauces un peu salaces, semblent fi'anchement épuisées.Une retraite bien méritée SHREK FOREVER AFTER (V.F.: SHREK 4 - IL ÉTAIT UNE FIN) Réalisation: Mike Mitchell.Scénario: Josh Klausner, Darren Lem-ke, d’après le livre de William Steig.Avec les voix (version anglaise) d’Eddie Murphy, Mike Myers, Cameron Diaz, Antonio Banderas.Montage: Nick Fletcher.Musique: Harry Gregson-Williams.Etats-Unis, 2010, 93 min.ANDRÉ LAVOIE Faut-il verser une larme devant les adieux d’un des plus beaux bestiaOires du cinéma d’animation holly^voodien?Un excès de sentimentalisme n’a rien d’irréprochable, mais derrière les mouchoirs se cacheront sûrement quelques sourires de soulagement.Shrek et ses semblables, verts ou pas, ont fait plusieurs fois le tour de leur jardin enchanté, une virée qui, d’un film à l’autre, perdait de sa joyeuse impertinence.Des promesses, que ce chant du cygne?En déployant l’artillerie lourde, celle du 3D, les artisans de Shrek semblent avouer leur épuisement créatif, joliment masqué par la griffe assurée de Mike Mitchell (Deuce Bigalow: Male Gigolo) et une commodité narrative (un retour dans un passé hypothétique où les personnages ont d’eux-mêmes une conception fort différente) bien exploitée par les scénaristes Josh Klausner et Darren Lemke.Mais de là à se taper sur les cuisses pendant 93 minutes.D’ailleurs, Shrek (Mike Myers) n’a pas le cœur à rire.Comme bien des jeunes papas qui n’osent pas l’avouer, l’ogre traverse une véritable dépression, incapable de s’émerveiller devant son bonheur familial et conjugal auprès de Fiona (Cameron Diaz) et de leurs trois poupons.Après un spectaculai- Dans Shrek Forever After, l’ogre vert signe un pacte faustien avec Rumpelstiltskin afin de retrouver sa vie d’avant les couches et les biberons.SOURCE PARAMOUNT le perfide magicien re moment d’exaspération, le perfide magicien Rumpelstiltskin (Walt Dohrn), proche parent du Gollum du Seigneur des anneaux, lui propose de retrouver sa vie d’avant les couches et les biberons.Ce pacte faustien provoque la chute du royaume et l’état d’esclavage pour ceux qui autrefois étaient ses amis.D’ailleurs, de l’âne verbomo-teur (Eddie Murphy) au chat cavalier (Antonio Banderas) et surtout Fiona, devenue la Jeanne d’Arc de ce monde sans pitié, personne ne reconnaît le vieux copain des uns et le tendre époux de l’autre.Devant une armada de sorcières et autres périls dignes du Magicien d’Oz, Shrek devra reconquérir sa vie d’autrefois, et l’amour de sa vie.L’amnésie quasi collective qui frappe cette animalerie animée lui permet de se réinventer, du moins partiellement, question de ne pas brusquer le plaisir des re- trouvailles, essentiel pour la réussite commerciale de ce cinéma un peu pantouflard.Car au fond, que serait l’univers de Shrek sans les yeux doux de Puss in Boots ou les imprudences du petit Gingerbread Man?Au-delà des artifices et des péripéties, de la dextérité vocale des acteurs (dont plusieurs sont négligés, comme Jane Lynch) aux multiples références populaires (comment ne pas crouler de rire devant l’utilisation ironique d’une célèbre chanson du groupe The Car- penters?) , Shrek Forever After affiche sans complexes les meilleurs ingrédients de sa recette.Mais les réserves d’épices, et de sauces un peu salaces, semblent franchement épuisées.De 2001 à aujourd’hui, l’ogre Shrek aura fait plus que sa part pour nous aider à traverser avec le sourire cette décennie de névroses, de conservatisme étroit et de paranoïa.Personne ne lui contestera une retraite bien méritée.Collaborateur du Devoir « MARIE-JOSEE CROZE EST MAGNIEIQJJE ET PLUS BELLE QyE JAMAIS ! » - SOPHIE DUROCHER, JOURNAL DE MONTRÉAL - LE PARISIEN Marc iavoine Marie-josée croze JAMES Thiérrée UN FILM DE TONY GATLIF AVEC IA PARTICIPATION DE RUEUS ET CARLO BRANDT COM MîM ™ ^ O m a CINÉMA PRESENTEMENT A L'AFFICHE ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS iGAGNANT AUX OSCARS ij MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE ?(•usQiuxia) VOIR «UN POLAR DIABLEMENT EFFICACE! RAD± et ELEGANT.» - François Lévesque, L£ DEVOIR ?•J iT AVEC UN TWIST FINAL BEEIABQUABLE!» - Jeen-Baptlsts Banaud, Kl «UNE ŒiUVBE EXEMPLAIRE!» - Martin Gignac, L£ClNEMA.Ca DANS SES^YEUX THE SECRET IN THEIR EYES UN FILM DE JUAH JOSE CAMPANELLA CL/l^cr- WWW.THESECREriNTIIEIREYESM0VIE.COM métropole 1 PÉraCt»t
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