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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-05-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2010 L FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES Politique côté danse Page E 4 CINEMA Mathieu, un génie brisé Page E 8 ULME P * / «Je dis souvent que l’impro montre la face cachée des gens.Quand on écrit, on est en contrôle.Quand on improvise, on peut aller plus loin.» —François-Étienne Paré « La métaphore du hockey servait à pousser à bout la logique du jeu pour lui-même.» —Gilbert David L’autre Série ! Les joueurs du Canadien sont désormais occupés au golf.Et vous croyez que tous les Québécois ont déjà oublié le hockey?Pas si vite! Il reste des fans pour assister lundi et mardi prochains à deux matchs, dans le but de remporter aussi une précieuse coupe.Pas la Stanley, certes, mais la coupe Charade.Place à l’improvisation.LUC BOULANGER Lundi dernier, alors que le Canadien rendait l’âme et que la Main fondait sous la chaleur caniculaire, environ 400 partisans étaient réunis au Club Soda pour voir une autre partie de hockey, celle de la ligue nationale d’improvisation (LNI).Les Oranges affrontaient les Bleus lors du dernier match de la saison régulière.Et les Oranges de Sébastien Rajotte, déjà assurés de leur participation à la finale, ont remporté la victoire pour conclure une saison sans défaite! Les deux acteurs qui ont imaginé, en 1977, ce jeu théâtral basé sur notre sport national, les amis Robert Gravel et Yvon Leduc, étaient, c’est le moins qu’on puisse dire, des visionnaires! Aujourd’hui, l’impro est devenue aussi populaire que.le hockey.En 33 ans, la LNI a fait école.Une soixantaine de ligues, petites et grandes, ont poussé aux quatre coins de la province et autant à l’étranger.La LNI a organisé des tournées dans 25 pays; ses joueurs ont participé aux Mondial et Coupe du monde de l’impro; d’autres ont été intronisés au Temple de la renommée.La LNI a résolument sa place dans l’histoire, comme le Théâtre du Nouveau Monde ou le Rideau vert.Parmi les spectateurs lundi dernier, le journaliste du Devoir renouait avec ses amours anciennes.Premières impressions.Le spectacle est toujours aussi convivial, amusant, divertissant.Les règlements sont sensible- ment les mêmes.Sauf exceptions, dont le retrait des claques: «Le public les lançait uniquement sur l’arbitre, et non plus sur les joueurs qui exécutaient de mauvaises improvisations», nous a confié le collègue Alexandre Cadieux, aussi officiel à la LNI.(Un arbitre doublé d’un critique.Bonne idée d’avoir retiré ces foutus caoutchoucs!) Autre changement: le rythme, comme au hockey, semble maintenant plus rapide, plus direct, grâce aux ellipses notaniment.François-Étienne Paré vient de terminer sa douzième saison de joueur professionnel et sa deuxième année comme directeur artistique de la LNI.Le quadragénaire joue depuis l’adolescence.«Jeune, j’ai vu des matchs difjusés à Radio-Québec, à l’époque, se souvient-il en entrevue.Je trouvais extraordinaire la création dans l’instantané, la possibilité d’explorer des zones obscures.Je dis souvent que l’impro montre la face cachée des gens.Quand on écrit, on est en contrôle.Quand on improvise, on peut aller plus loin.» Lance et compte Si le pro de l’impro persiste et signe, c’est pour le «kick d’adrénaline», mais aussi pour se mettre en danger.«L’improvisateur est constamment sur la corde raide.Le trac d’une scène me semble moins chargé.En plus, l’improvisation est un exercice d’humilité et de partage parce qu’il faut souvent “écrire” avec les autres joueurs.» Mais cet art très populaire serait-il devenu une activité banale de divertissement, proche des variétés?«Je crois, au contraire, que le meilleur de l’impro offre du théâtre instantané, des minipièceç avec une haute valeur artistique», réplique François-Étienne Paré.Nouvelle génération Premier constat.Oubliez la théorie de l’acteur-créa-teur qui se met en danger sur le fil de fer de son imagination, la nouvelle génération de joueurs semble avoir opté pour un style de jeu plus facile, «une ligne, un punch».«Ce qu’on voit à la LNI, c’est plutôt une occasion de rire, de s’amuser, de cabotiner», estime en entrevue Gilbert David, professeur de théâtre au département des littératures de langue française à l’Université de Montréal.«Très rapidement, le comique a envahi tout l’espace de la patinoire, poursuit-il.C’est devenu une sorte de variation de stand-up comique à plusieurs.La vague de l’humour est tellement forte au Québec qu’elle mouille ça aussi.» Encore la faute aux humoristes! Guy A.Lepage pourra en faire ses choux gras lors de la prochaine saison de Tout le monde en parle.Toutefois, selon nos observateurs aux deux derniers matchs, les sketchs étaient souvent le reflet d’un archétype social: celui du Québécois pas éduqué, ti-pop, qui aime sacrer et dont le vocabulaire est plus limité que celui de.Jean Perron.Dans l’ensemble, les personnages inventés représentaient un seul milieu, avec un imaginaire limité et très axé sur la sexualité.Yivement une improvisation sur le thème de l’interdiction de parler de sexe durant une période de 30 minutes.Bonne chance! Pourtant, l’improvisation est propice à l’éclatement du réel, à l’ouverture vers de nouveaux horizons.La majorité des jqueurs actuels, les Frédéric Barbusci, Sa-lomé Corbo, Ève Landry, Nicolas Pinson, René Rousseau et Jean-François Nadeau, proviennent des universités ou des écoles de théâtre.Et ce n’est pas le talent qui manque sur la glace.Paradoxalement, remarquait un collègue historien, les joueurs étoiles des années 70 et 80, plus près du théâtre de Michel Tremblay, utilisaient moins souvent le jouai.«La LNI, c’est le théâtre burlesque de notre temps, tranche Gilbert David.C’est une forme bon enfant, qui ne porte pas â conséquence, qui ne pose pas de questions.» Il rappelle que le jeu à l’origine de la LNI est né au sein du Théâtre expérimental de Montréal, alors animé par Robert Gravel, Jean-Pierre Ronfard et Pol Pelletier.Le professeur a connu de visu ces balbutiements à la VOIR PAGE E 2 SÉRIE E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2010 CULTURE théâtre Éloge de la déraison pure Alors que le Festival TransAmériques vient d’être lancé, Olivier Kemeid inaugure pour sa part la quatrième édition du OFFTA avec un cabaret sur les accommodements déraisonnables.ALEXANDRE CADIEUX Discuter avec l’homme de théâtre Olivier Kemeid signifie toujours transformer, en une heureuse alchimie, quelques minutes en une heure qui déborde.Un débordement thématique, en fait, par-ce que c’est toujours avec la même verve à la fois rieuse et un peu baveuse, mais non moins nuancée et parfois inquiète, que le directeur artistique d’Espace libre peut évoquer presque d’un même souffle Louis-Alexandre Taschereau, Tout le monde en parle et le chef Martin Picard.Dans le cadre d’une discussion sur les accommodements déraisonnables, ce voisinage impromptu paraît déjà moins farfelu.Le thème de ce nouveau Cabaret libre international de Montréal (CLIM) se veut-il un clin d’œil à la commission Bouchard-Taylor ou une invitation plus large aux métissages de toutes sortes?«Les deux, bien sûr», répond le concepteur et animateur de l’événement Né d’un père ég5q)tien immigré à Montréal à l’âge de six ans et d’une mère québécoise, celui qui se considère comme un Québécois de souche a suivi avec beaucoup d’intérêt les travaux de la Commission d’enquête siu les accommodements raisonnables.«Ce grand questionnement collectif nous a permis de nous connaître davantage, analyse Kemeid.On a ainsi appris que, dans notre belle province ftSTNMTRANSAMERIÇÜES 27 MAI AU 12 JUIN-MONTREAL ipoustoutiant concert c^régrâphiqûè^ __________ ___ _____________ -LesInrocks TlORE MOni MORE.FUTURE FAUSTIN LINYEKULA > KISANGANI Usine C>1*, 2,3 juin « Une tempête chorégraphique née d’une poudrière » - Cultures Sud Usinée >5,6,7 juin rnog Hanseurs bouiies ae laiem^ - Berliner Zeitung Globe and Mail t -, « üVsehs.de l'humour tein -Le Droit ¦.: J-Les Inrocks SONIA ALVIS HERMANIS > RIGA Maison Théâtre > 9,10,11 juin MIROKU SABURO TESHIGAWARA/ KARAS > TOKYO Place des Arts - Théâtre Maisonneuve >11,12 juin Événement extérieur gratuit - le très grand continental SYLVAIN ÉMARD DANSE >,MONTR^L Place Émilie-Gamelin >> metro Berri-UQAM > 3,4, 5 juin, 21 h + 6 juin, 18 h 514 844-3822/1-866-984-3822 fta.qc.ca +vidéos +photos laïque où nous vivions convaincus d’avoir brûlé tout notre vieux fond catholique, un crucifix gardait encore l’œil sur l’Assemblée nationale.Qui, sinon l’émigré qui se présente avec sa différence, nous permet-il de jeter un tel regard sur notre culture?On lui demande de s’intégrer.Lorsqu’il demande “A quoi?”, on n’est pas toujours capables de lui répondre.» L’artiste, cet étranger Olivier Kemeid voit également dans la figure de l’étranger la métaphore de l’artiste.Il en profite pour rappeler que Platon recommandait d’accueillir convenablement le poète dans la cité, mais qu’il fallait impérativement l’expulser après trois joius.«Le philosophe pensait que le dramaturge, en illustrant la faiblesse de l’homme sur scène, fournirait à la jeunesse des modèles corrompus.Comme artiste, je me sens une certaine parenté avec l’enfant au kirpan, qui représente inconsciemment celui dont le comportement nous dépasse et qu’on tente à la fois d’accueillir et de r^eter», déclare celui qui ne se place pas au-dessus du débat et avoue, par exemple, être profondément remué dans sa fibre féministe lorsqu’on aborde la question de la burqa.Cehe parenté entre l’Autre et l’Artiste resurgit donc lorsque nous abordons cette nouvelle édition du CLIM, qui ouvrait hier soir la quatrième édition du OFFTA, manifestation parallèle au Festival TransAmériques qui s’articule plus particulièrement autour des pratiques émergentes.Siu- cette tribune festive et déjantée, les performeurs peuvent aborder le sujet des accommodements déraisonnables selon l’angle qu’ils préfèrent.Si la liste des invités reste secrète jus- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le metteur en scène Olivier Kemeid, coporte-parole de l’OFFTA qu’à la première représentation (la seconde aura lieu ce soir), Kemeid mentionne tout de même un nom que les lecteurs du Devoir connaissent bien.«J’adore la plume d’Antoine Robi-taille, et son blogue constitue une lecture des plus jouissives pour qui aime les mots!», confie l’auteiu’ et meheiu’ en scène, qui affirme du même coup que notre correspondant parlementaire semblait très excité à l’idée de participer à un cabaret.L’idée des accommodements déraisonnables cadre fort bien dans le contexte du OFFTA, qui organise notamment des rencontres baptisées «Mixoffs» entre des créateurs de différents horizons, comme la danseuse Sarah Williams et le metteiu- en scène Antoine Laprise (29 et 30 mai), ou encore entre l’auteiu- et comédien Simon Boudreault et la performeuse Nathalie Dero-me (5 et 6 juin).«En présentant de tels mélanges, en bousculant les horaires habituels de représentation et en sortant parfois des lieux habituels pour se réapproprier le trottoir, les participants du OFFTA viennent selon moi nous rappeler que l’artiste, de par sa fonction même, ne saurait trop s’accommoder avec l’ordre établi», confie fièrement le coporte-paro-le de l’événement.Le Cabaret libre international de Montréal, une production des Trois Tristes Ti^es présentée au Théâtre d’Aujourd’hui dans le cadre du OFFTA les 28 et 29 mai, à 22h.OFFTA 2010: le petit frère frondeiu’ du Festival TransAmériques affiche sans vergogne son penchant pour l’hétérogénéité: théâtre, danse, performance, musique, installation, mais surtout les zones poreuses qui se creusent au conhuent de ces disciplines.Outre le CLIM et les Mixoffs, voici quelques rendez-vous intrigants parmi ceux proposés jusqu’au 6 juin, un peu partout à Montréal.Ce soir et demain après-midi.Dave St-Pierre, coporte-parole de l’événement avec Kemeid, a carte blanche à Tangente.Le chorégraphe propose entre autres des extraits du dernier volet de sa trilogie amorcée avec La Pornographie des âmes et Un peu de tendresse, bordel de merde.Les comédiens David-Alexandre Després et Jean-François Nadeau inaugurent leim nouvelle compagnie, -Y est venu chez nous.-Qui ça, Mowgli?(le nom, déjà, annonce la couleur), avec un laboratoire public sur le thème du Petit Chaperon rouge.Avec Stéphane Crête à titre de conseiller, ça risque d’être très sérieux.Aux Ecuries, les 29 et 30 mai.Dimanche soir, ils partageront l’affiche avec la slammeuse Queen KA, qui dans une autre vie s’appelle Elkahna Talbi et qu’on a vue dans le très beau Maldoror-Paysage d’Olivier Kemeid la saison dernière.Du M au 3 juin.Les Eilles électriques (organisatrices du Eesti-val Voix d’Amériques) investissent la Sala Rossa avec Le Miracle de Brahmine-Le retour, seconde mouture d’un travail collectif et «indisciplinaire» sur le thème des grandes illusions.Les 4 et 5 juin, programme double au Théâtre d’Aujourd’hui: le chorégraphe Normand Marcy (BAnG! de brut.) propose le duo Le Comportement des matériaux alors que la compagnie Joe Jack et John {Ce soir l’Amérique prend son bain, Mimt) nous présente son nouveau spectacle.Just Fake It.Collaborateur du Devoir ¦ Poiu’ connaître la programmation complète: www.offta.com SERIE L’improvisation demeure une source esthétique vive pour les créateurs SUITE DE LA PAGE E 1 Maison Beaujeu, rue Notre-Dame.«Ces comédiens voulaient montrer qu’au fond, il n’y a pas de limites au théâtre, se rappelle David.La métaphore du hockey servait à pousser à bout la logique du jeu pour lui-même.» Mise en jeu En mars dernier, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et son département de théâtre accueillaient les premiers états généraux de l’improvisation théâtre, organisés par la LNI sous la prési- dence d’honneur de la ministre de la Culture, avec des invités prestigieux, dont Robert Lepage et Alain Knapp.Dans une conférence, des participants se sont demandé si «l’improvisation était une déformation ou une formation».L’improvisation et le théâtre avancent pourtant en cordée depuis des centaines d’années! La commedia dell’arte carbure à l’improvisation, tout comme la pantomime ou le lazzi.Plus près de nous, les artisans des créations collectives des années 60 et 70 ne se gênaient pas pour improviser en troupe.U «Seulement, avec le Grand Cirque ordinaire, par exemple, l’improvisation oscillait alors autour d’un enjeu, socioculturel, voire politique», explique Gilbert David.L’absence du politique au théâtre?Voilà un autre débat.Pour l’instant, l’improvisation demeure une source esthétique vive pour les créateurs.Lors des états généraux, Robert Lepage a rappelé l’importance de l’impro dans son œuvre, ainsi que «la place primordiale» que le meheur en scène lui accorde dans son processus créatif.Et pour l’amateur, le meilleur de la LNI reste ces moments de grâce lorsque l’instinct et le génie du comédien se dessinent sous nos yeux! Chapeau aux Michel Rivard, Sylvie Le-gault.Normand Brathwaite, Marie Michaud, Yves Desgagnés et Danièle Panneton de nos beaux souvenirs.Sans oublier ce sacré Gravel, joueur prolifique qui détient encore les records du plus grand nombre de parties jouées, d’étoiles et.de pénalités.Il ne faut pas déterrer les morts.Mais on aurait bien aimé voir Robert Gravel sur le green lors du premier Omnium de golf de la LNI, le 15 juin à Bromont, «sous la présidence d’honneur de l’arbitre légendaire Yvan Ponton»\ La LNI qui courtise les admirateurs de Tiger Woods?Ça explique probablement pourquoi tant de ces jeunes joueurs sont obsédés par le sexe! Avec la collaboration de Stéphane Baillargeon La Troupe dej ABONNES présente LA TRILOGIE, DES DRAGONS De Marie Brassard, Jean Casault, Lorraine Côté, Marie Gignac, Robert Lepage et Marie Michaud Mise en scène Michei Forgues Les 4 et 5 juin, 19h30 sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde ! Billet 20 $ www.tnm.qc.ca 514.866.8668 UN NOM POUR L'ÉTERNITÉ.514 I 845-7277 1 SOUTENEZ LE THEATRE DE QUAT’SOUS EN INSCRIVANT UN NOM SUR LE MUR OUEST DU THÉÂTRE.www.quatsous.com LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2010 E 3 CULTURE Spectacles des finissants de l’École nationale de cirque Du cirque nostalgie au cirque intello Le rendez-vous de fin d’année de l’École nationale de cirque se décline encore cette année en deux temps.Le spectacle des finissants se scinde en deux mondes diamétralement opposés, l’un flirtant avec le rêve préfabriqué et l’autre, avec la réalité crue.ISABELLE PARE Dans cette proposition double, la première création, Il fait dimanche, zappe le présent et télétransporte le spectateur dans une banlieue rétro cartonnée, où se font et se défont les illusions de couples modèles.La seconde, intitulée Journal de bord, met en avant un cirque-vérité mis en scène par le Français Guy Alloucherie.Un cirque mis à nu, ancré dans le réel, où Bourdieu côtoie la pirouette.Bref, un programme qui sjannonce touffu.L’École nationale de cirque a confié à la metteure en scène des 7 Doigts de la main, Shana Carroll, le soin d’ouvrir le bal avec II fait dimanche, un clin d’oeü à la vie de banlieue, où un quotidien rose bonbon est cloné à des milliers d’exemplaires.Bienvenue chez monsieur Smi- SOURCE ECOLE NATIONALE DE CIRQUE th et chez madame Toulemon-de.«Ça parle des couples parfaits, mais aussi des passions qui bouillent à l’intérieur de chacun des personnages.Toutefois, le vrai thème, pour moi, est plus que la banlieue.Ça parle aussi du fait que chaque personnage aspire en fin de compte à vivre des émotions vraies», soutien Carroll.Décors à la Pleasantville, femmes au hord de la crise de nerfs à la Revolutionary Road, bonheur synthétique à \a American Beauty.CarroU s’est inspirée de tous ces portraits décapants de la vie suburbaine pour tisser une fable sur le couple et la vie rangée.Sur la voix écorchée d’Arthur H, le trip-hop de Chinese Man, les harmonies de Manhattan Transfer et des classiques du jazz, le cirque se déploie autour de maisons en car-ton-pâte, de tables de travail et de panneaux escamotables, fabriqués en série.«Ce n’est pas qu’un regard sarcastique sur le couple, cela parle aussi d’amour sincère et adolescent L’abondance de numéros aériens représente cette volonté de fuir le quotidien», soutient la metteure en scène.Il fait beau dimanche donne d’ailleurs lieu à un rare défi technique, un numéro de trapèzes ballants synchrones.Se succéderont aussi sur la piste 14 numéros mettant en avant des portés, des équilibres sur mains et sur cannes, un singulier numéro de cerceau masculin et plusieurs numéros de groupe où rollerblades, hoola-hoop et trampoline, autant d’icônes des années 50 et 60, sont revisités pour l’occasion.La cofondatrice des 7 Doigts de la main promet d’ailleurs, dans II fait dimanche, quelques clins d’œil assumés aux spectacles précédents de sa troupe.Retour à la réalité L’atmosphère est tout autre dans Journal de bord, une création effectuée en mode work in progress par le directeur de la compagnie Hendrick Van Der Zee (H.V.D.Z.) de la France, un homme de théâtre qui a fait la rencontre des arts du cirque à la fin des années 90.Depuis, Alloucherie a fouillé le terrain de la mémoire et de la parole dans des spectacles engagés, ancrés dans la réalité sociologique de sa région d’origine, le Nord-Pas-de-Calais.«L’idée, c’est de mettre en valeur les numéros dans un spectacle qui serait en train de se faire.Le but, c’est que l’on raconte comment le tout est en train de se construire ici, à Saint-Michel», explique Alloucherie.Pour ce concentré de vérité, le metteur en scène a provoqué des discussions avec les étudiants sur la vie, le cirque, l’art.Bref, on a refait le monde autour de la piste.Tout cela pour donner un spectacle où le verbe et le témoignage personnel des jeunes artistes disputent la place au cirque.Dans ce cirque songé, on cite du Pierre Bourdieu entre deux pirouettes.Et pourquoi pas?«L’art ne peut être coupé du monde.Je ne crois pas à l’art pour l’art.On veut aussi que le cirque pose des questions», soutient Alloucherie, dont une des dernières créations donnait la parole à un ouvrier licencié d’une grande usine minière.Bref, le spectateur aura l’impression de squatter le quotidien des artistes et de lever le voile sur leur vie quotidienne, au détour de numéros de trapèzes ballants, de jonglerie avec balai et chapeau, de planche coréenne.On notera aussi un numéro d’icariens, une discipline où un acrobate fait virevolter son partenaire au bout de ses pieds.Le tout livré dans un décor minimal, fait d’objets du quotidien et de meubles récupérés, enveloppé dans un puzzle musical mêlant concerto de clavecin de Go-recki, Bach, la trame du film Pierrot le fou de Godard et la SOURCE ECOLE NATIONALE DE CIRQUE musique du groupe suisse Reines Prochaines.Le Devoir IL FAIT DIMANCHE ET JOURNAL DE BORD Spectacles 2010 des finissants de l’École nationale de cirque Présentés à laTohu en alternance du 8 au 20 juin.MUSIQUE ELECTRONIQUE La sympathique schizophrénie de Senor Coconut Il convie les Montréalais à se trémousser sur la place des Festivals aux rythmes électrolati-nos qu’il a enfantés.Mais Senor Coconut, invité par le festival Mutek, préfère écouter du Bach dans son salon.ERÉDÉRIQUE DOYON Senor Coconut a remixé Sweet Dreams (Eurythmies) , Da Da Da (Trio) et Kiss (Prince) à la sauce cha cha cha, meringue ou rumba.Avec son orchestre, il fera vibrer la place des Festivals au son de l’électrolatino, samedi soir prochain, dans le cadre de Mutek, qui investit la scène extérieure pour la première fois.Le festival dédié à la créativité numérique et aux musiques électroniques, qui démarre mercredi, sera le seul point de chute de la tournée 2010 de l’album Around the World (du nom de la pièce de Daft Punk).L’événement salue du même coup les 10 ans de Senor Coconut, l’une des multiples personnalités et alliances artistiques d’Uwe Schmidt, Allemand établi au Chili.«J’oscille entre différents sentiments et identités, reconnaît-il au bout du fil.[Senor Coconut] c’est un des pôles, que f appelle habituellement “la surface” parce que c’est probablement le plus connu de mes projets et parce qu’il y a beaucoup d’autres choses en dessous.» D’Atom Heart à Lassigue Bendthaus, en passant par Lisa Carbon, Datacide, Cœur atomique et bien d’autres alias, l’artiste s’est bâti un répertoire gigantesque depuis 25 ans (plus de 60 albums), qui s’enracine dans la musique électronique expérimentale, mais toujours dansante.L’irréductible touche-à-tous-les-genres vibre au son latin depuis 2000, date où paraît El Baile Aleman, premîer album sous la direction de Senor 1 ïiotôidüjj ^ OD/ONj 1 ; J ONV?DO -n ‘I 'i «flIMOIVT* SOURCE MUTEE Mutek salue les 10 ans de Senor Coconut, l’une des multiples personnalités et alliances artistiques d’Uwe Schmidt, Allemand établi au Chili.Coconut, qui marie l’électro de Kraftwerk, pionniers de l’électro allemande, aux vieux rythmes latins des années 1950-1960.Depuis, il y a eu Fiesta Songs (incluant Smooth Operator, Beat It et Yellow Fever).Sympathique schizophrène musical.Atom — son alias standard — n’a pourtant rien du mélomane boulimique qui tapisse ses murs de vinyles et remplit son ordi de MP3.«Je n’achète pas de musique, je ne m’intéresse pas aux trucs contemporains, je ne suis pas un collectionneur non plus.Ma digestion musicale est très désinvolte.» Bach et Schumann S’il daigne écouter de la musique après avoir passé la journée à bidouiller la sienne, il rejoue souvent les mêmes quatre ou cinq albums, préférablement du Bach et du Schumann.Les chansons pop qu’il réinvente, il ne les choisit pas, elles s’insinuent souvent malgré lui dans sa mémoire et sa conscience.«La musique que je travaille pour Senor, c’est celle que je subis dans les taxis, les aéroports, à l’épicerie, dans la rue, que f enregistre consciemment ou pas.Si les chansons me restent dans la tête longtemps, c’est bon signe; le souvenir de certaines pièces se mélange avec d’autres, et elles déclenchent elles-mêmes une nouvelle version.» Ce processus de mixage-pilonnage {mash up dans le jargon de l’industrie) est tout naturel chez Senor Coconut.Loin de lui l’idée d’ériger le mash-up en phénomène du temps présent.La technique est profondément ancrée dans l’histoire culturelle.«Le mash up a toujours été présent dans la culture, mais par le passé, le temps et l’espace en limitaient la portée, c’était un mash up lent.» Il va même jusqu’à voir dans l’édition — découpage-montage — qui dicte la composition des musiques d’aujourd’hui le reflet de notre subjectivité illusoire.L’être humain, cet agrégat d’expériences.«On se perçoit comme une entité, mais en définitive, on est constitués de morceaux d’information (vérités, mensonges) qu’on transforme en un “je” qu’on croit être cohérent, alors que c’est absurde, comme un grand puzzle dont on essaie de faire sens pour ne pas devenir fou», avance le musicien-philosophe.Si les morceaux que Senor Coconut concocte séduisent autant, c’est parce que leur procédé renoue avec notre nature profonde.«En fin de compte, je fais un genre d’analyse [“analysis”] musicale de la conscience», lance celui qui reconnaît le premier l’assemblage troublant, voire loufoque, de ses propres créations.Son concert réunit huit musiciens sur scène (vibraphone, percussions, contrebasse, marimba, cornes), dont le chanteur Argenis Brito, orchestrés par Senor Coconut lui-même.Il est précédé de la performance d’un nouveau groupe local, Le Golden, anciennement connu sous le nom de Jedi Electro.Le volet extérieur élargi de Mutek prend aussi la forme de deux installations visuelles, Time Drijis, de l’artiste allemand Philipp Geist, projetée sur la place des Festivals, et Block Jam, des jeunes Québécois Melissa Mongiat et Mouna Andraos, qui animera la façade du pavillon de l’Université du Québec à Montréal donnant sur la rue Président-Kennedy.Pour le reste, les séries Nocturnes et AAfisions ramèneront sur scène les Matmos, Tim Hec-ker, [The User], tout en faisant découvrir les jeunes prodiges de l’électro mondial.Mutek innove aussi avec les séries Expérience et Ectoplasme, dédiées à l’expérimentation locale et nationale.Le Devoir ¦ Senor Coconut & His Orchestra, le 5 juin sur la place des Festivals ¦ Mutek, du 2 au 6 juin E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2010 CULTURE Danse, punk et politique Pour mieux vivre eusemble Du côté de la danse au Festival TransAmériques, trois pièces dénoncent le triste état du monde actuel.La danse est vue ici comme une façon de faire tomber les frontières disciplinaires et comme un terrain de prédilection pour aborder le politique, le vivre ensemble.FRÉDÉRIQUE DOYON La démocratie et son corollaire, le capitalisme, sont loin d’être à l’abri des pires duperies politiques.Nos récents petits scandales canadiens et québécois (commandites, construction) en témoignent.D’autres pays jonglent carrément avec une démocratie affichée, mais tout illusoire, double tromperie.Plusieurs artistes invités dans le cadre du Festival TransAmériques (FTA) voient les arts vivants — la danse, au premier chef, qui fait facilement tomber les frontières disciplinaires — comme un terrain de prédilection pour aborder le politique, le vivre ensemble.«Le corps est le moyen d’expression par excellence pour parler de violence», déclare en entrevue au Devoir Salia Sa- nou, de la compagnie burkinabée Salia nï Seydou, qu’il forme avec son comparse Seydou Boro.La violence nous traverse, elle touche les corps et les esprits; c’est nous qui la produisons et la subissons.Et elle n’est pas seulement verbale, physique, elle est aussi économique.» Le tandem africain revient à Montréal avec Poussières de sang après un passage remarqué en 1999.Cette nouvelle pièce de groupe dénonce toutes les formes de violence, y compris celle qui a secoué leur capitale, Ouagadougou, en 2006, le jour où ils inauguraient leur nouveau centre chorégraphique pour inspirer la jeunesse africaine.«Au Burkina Faso — voire «en Afrique», dira-t-il plus tard en entrevue — tout ce qu’on pose comme acte est engagement.On s’engage envers la jeunesse pour dire: il faut avancer, il faut créer, et non attendre que d’autres le fassent.» Le chorégraphe Faustin Li-nyekula en sait quelque chose, lui qui est né dans un pays qui n’a de démocratique que le nom, la République démocratique du Congo.Artiste, voyageur, professeur, ambas- punks — «Difficile pour nous de refuser un futur que nous n’avons jamais eu», dit-il —, More more more.future affirme, crie, invoque «ce besoin d’avenir» à travers la mise en scène d’un concert ndombolo, musique métissée de rythmes traditionnels congolais, de rumba, de pop et de funk.Ce concert « Le corps est le moyen d’expression par excellence pour parler de violence », déclare en entrevue Salia Sanou, de la compagnie burkinabée Salia nï Seydou sadeur de la culture africaine, il a créé les Studios Kabako en 2001 et met actuellement sur pied un réseau de centres culturels de quartiers à Kisangani afin d’éveiller les consciences et stimuler «un processus d’identification chez les jeunes qui n’ont pas accès aux espaces qui [lui] sont ouverts, [.] pour qu’ils se disent: pourquoi pas nous?», confiait-il lors d’une entrevue donnée à Gilles Almavi du Festival d’automne à Paris en 2009.Clin d’œil au no future des FESTIVAL 25 MAI AU 12 JUIN 2010 ^ CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE TRAGEDIES ROMAINES Antoine et Cléopâtre Le grand triptyque de Shakespeare actualisé par Ivo van Hove / Pays-Bas SIX HEURES nterprètes, 4 musiciens 4et5juin18h «» et des cameramans sur scene.r- DE DEMESURE sans compter les spectateurs Grand^TnGatrG _ I invités à prendre place dG QuébGC I M tM I IXnLt ¦ au cœur de l'action ! Restauration disponible sur place Enfin un théâtre pour aujourd'hui, avec ies moyens d'aujourd'hui et ies ingrédients d'aujourd'hui.Fabienne Pascaud,Telerama Des moyens coiossaux au service d'une idée toute simple: faire de ia démocratie et de i'audiovisuei ies deiilc personnages principaux.Quel cataclysme théâtral! j'en tremble encore.de joie.Lestroi5coups.com Le Flamand Ivo van Hove met en scène les tragédies romaines de Shakespeare à la manière d'un show télévisé.Une extraordinaire leçon de théâtre et de politique.[.] L'ampleur du spectacle, sa forme, son rythme, l'électricité présente dans l'air, et le rire, la crainte, la fascination, le voyeurisme, tout cela produit une œuvre exceptionnelle.Laurence LIbait, L'Express.fr Si .V- lî En néerlandais, surtitré en français BiLLEHERiE / 418(1 888) 529-1996 / www.carrefourtheatre.qc.ca otctes/eMras Québec a ?Avec la participation de : • Bureau de la Capitale-Nationale • Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine • Ministère du Iburisme PONDS PODIUM KUN8TEN PERFORMING ARTS FUND NL m M Gtand Théâtre deQuâiec chorégraphique traduit l’importance de la culture musicale, qui a valeur d’émancipation dans le Congo d’aujourd’hui.«Les chanteurs y incarnent les derniers espaces de rêve, expliquait l’artiste dans la même entrevue, juste avant la création de la pièce.[.] Plus le pays s’est enfoncé dans la crise, moins les intellectuels, les journalistes ont eu d’audience.Les gens se sont tournés vers les chanteurs.Et les chanteurs se sont mis à affirmer leur réussite sociale.» Même si celle-ci se réduisait souvent à bien peu de choses.L’engagement de Linyekula est tel qu’il peut bien dépasser l’art lui-même.Car c’est davantage une énergie que cherche à capter et surtout à essaimer More more more.future.«Au fond, l’art n’est pas le plus important, dit-il encore.Le plus important, c’est d’arriver à créer une atmosphère, une ouverture qui puisse se répandre.» Et tout cela doit partir de l’individu, selon le chorégraphe, qui a grandi sous une dictature niant la place de l’individu.«J’essaie donc de diriger les interprètes afin que chacun puisse faire son propre chemin à partir de mes propositions.[.] Comme le disait Jean Genet, le plus politique est dans le plus intime.» « Tout est politique » Réflexion similaire, même si elle est campée en Occident.«Le mouvement pour le mouvement, c’est terminé.Aujourd’hui, tout est politique, même respirer», va jusqu’à dire la chorégraphe canadienne Tammy Forsythe en évo- © TERENCE McGEE Golpe («coup» en espagnol), de la chorégraphe canadienne Tammy Forsythe, est à prendre au sens strict.quant la récente interdiction de fumer dans les parcs de Vancouver.Sa pièce Golpe («coup» en espagnol), inspirée d’un récent voyage en Amérique latine, est à prendre au sens strict.«Je parle du coup d’Etat au Honduras en 2009, de terrorisme, de torture et du mensonge des médias», déclare celle qui s’est abreuvée des ouvrages de journalistes d’enquête tels Eva Go-linger {The Chavez Code) et Mark Bowden.Révélations que l’art multidisciplinaire bricolé de Forsythe — elle exècre les mégaproductions à la Cirque du Soleil, «McDo des arts, trop ex- cessif pour être sérieux», juge-t-elle — transforme en happening comico-absurde, en «opéra politique punk» sur les ficelles du pouvoir, avec en toile de fond des chansons de protestation sur le Fonds monétaire international et l’accord de libre-échange nord-américain.Le Devoir ¦ More more more.future de Faustin linyekula, du 1" au 3 juin à l’Usine C ¦ Poussières de sang de Salia ni' Seydou, du 5 au 7 juin à l’Usine C ¦ Golpe de Tammy Forsythe, du 7 au 9 juin à l’Agora de la danse DORA MEILLEUR .ACTEUR DORA: ^ ^ % s MEILLEURE % S M ^ CONCEPTION B 1.D'ECLAIRAGE ^ DORA: MEILLEURE PRODUCTION^ Une production de WYRD Productions et Necessary Angel Theatre Company en codiffusion avec le Théâtre de QuaKSous B GGER THAN JESUS SPEaACLE SOLO AVEC RICK MILLER APRES UPSYNCH DE ROBERT LEPAGE, VOYEZ RICK MILLER EN JÉSUS DANS SON SPEQACLE SOLO, « MESSE » MULTIMÉDIA, DRÔLE ET POIGNANTE.ACCLAMÉ AU CANADA, AUX ÉTATS-UNIS ET EN EUROPE PREMIÈRE FOIS EN FRANÇAIS À MONTRÉAL (+ 2 REPRÉSENTATIONS EN ANGLAIS ET 1 EN AliEMAND) 8/^19 JUIN THEATRE DE QUAÏÏSOUS 100, AVENUE DES PINS EST BILLEHERIE : 514 845-7277 ADMISSION: 514 790-1245 www.admission.com CONCEPTION ET TEXTE : RICK MILLER ET DANIEL BROOKS MISE EN SCÈNE : DANIEL BROOKS SCÉNOGRAPHIE ET VIDÉO : BETH KATES ET BEN CHAISSON ÉCLAIRAGES : BETH KATES SONORISATION : BEN CHAISSON biggerthanj.com Photographie par Cylla von TTedentann Infographie par LoGograph.com WYRD PRQDUCTiOnS théâtre de QUAT’SOnS Ondinnok présente en coproduction avec Présence autochtone XAJOJ TUN RABINAL ACHI LA VERSION CONTEMPORAINE DU GRAND THÉÂTRE DANSÉ CÉRÉMONIEL MAYA Ondinnok* ’Désir secret de l’âme _^Mise en scène de Yves Sipui Durand ^ Chorégraphré Patricia Iràôla^ ^ , Ækâ i #r ^ ^ V Du 18 au 27 juin 2010 % î .à20h ¦Ai;»-' jG" i Œ.’ JS- èXcentris 3536, boul.Saint-Laurent www.ondinnok.org I ' -A,' Conseil des Arts Canada Council B ' f } ^ du Canada for the Arts .iL'.Billetterie : ef des lettres Québec ei ei 514-814-8100 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2010 E 5 CULTURE MEDIAS Wikipédia, l’encyclopédie Diderot et d’Alembert du XXP siècle ?La révolution n’est pas en marche, elle est pratiquement consommée.En moins de dix ans, l’encyclopédie en ligne gratuite Wikipédia a pratiquement anéanti toutes ses concurrentes, dont plusieurs vieilles entreprises multicentenaires.Rencontre avec son cofondateur Jimmy Wales.STEPHANE BAILLARGEON La bonne vieille encyclopédie payée et en papier est morte, et ce n’est pas son fossoyeur qui va pleurer sur son sort.«Nous avions jadis une encyclopédie plutôt médiocre: petite, désuète et très coûteuse», dit Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, l’encyclopédie collaborative, en ligne et gratuite.«Nous ne devrions pas nous apitoyer sur la mort de l’encyclopédie Britannica» Jimmy Wales, 43 ans, jouit d’un statut de star dans le monde et le cyberespace.Il ouvrait cette semaine, à Montréal, la huitième Webcom, la plus importante conférence francophone sur le Web et les réseaux sociaux.Sa présentation, très courue, s’est avérée plutôt anodine, mêlant les anecdotes personnelles aux données de base sur son entreprise, sans aucune autocritique, par exemple par rapport à la médiocrité de certains «réseaux» de termes.Les plus méchants parleront d’une sorte de page wiki sur la wiki, rien de plus.rien de moins de la part de ce Diderot contemporain.Lui-même rejette le parallèle avec le cocréateur du modèle encyclopédiste du XVIIL siècle.«Je me sens plutôt comme Thomas Edison, qui avec son ampoule a tué les lampes au gaz, dit-il.[.] Je dis toujours que je suis un menuisier plutôt qu’un architecte.Je suis très Jier de mon travail et j’aime à penser que Wikipédia peut enrichir la conscience et les connaissances de tous.» Ses principes restent ancrés dans l’esprit des Lumières: oser penser, critiquer, savoir et dialoguer.«Avant de débattre et d’exposer ses opinions sur toutes les tribunes, il faut d’abord se renseigner et tenter de comprendre notre monde de manière désintéressée, dit-il.Les gens ont tendance à sauter aux conclusions sans s’informer, c’est d’ailleurs ce qui semble s’étre produit lors du débat entourant l’assurance maladie aux Etats-Unis, qui a atteint des niveaux très bas, ce qui fut triste et inutile.J’espère pouvoir faire comprendre que l’important n’est pas d’anéantir son opposant, mais de comprendre le monde qui nous entoure.» L’encyclopédie obèse ?M.Wales peut encore défendre la Wikimedia Foundation, l’organisme sans but lucratif derrière l’encyclopédie mondialement implantée, parce qu’il la dirige toujours.Le réseau Fox News a prétendu le contraire il y a quelques jours, dans la foulée d’une controverse entourant la prétendue censure de pages de l’encyclopédie.«C’est absolument faux, dit-il.Eox News est une entreprise d’information hautement irresponsable.» Il demeure donc la figure de proue de l’entreprise collaborative mondiale lancée en 2001.La version anglaise compte plus de trois millions d’articles.Une dizaine d’autres langues, dont le français, l’allemand et le japonais, ont passé la barre des 500 000 entrées.Le site figure parmi les plus populaires du monde et des centaines de milliers de rédacteurs y contribuent Franchement, est-ce trop?Peut-on être trop gros sur le Web comme dans la vie?«Nous avons tous accès à trop d’informations, répond M.Wales.A mon avis, une des explications du succès de Wikipédia et d’une encyclopédie réside dans la synthèse de ces informations.» Il juge aussi cette question de l’abondance plus appropriée pour les pays riches, déjà gavés de tout «La quantité d’informations offertes sur le Web est évidemment renversante, mais la popularité de JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, lors de son passage, cette semaine, à Montréal Wikipédia (et la nécessité d’une encyclopédie virtuelle) repose sur sa capacité à synthétiser en quelques phrases le nombre incalculable de pages portant sur un sujet donné.Nous jouons cependant un rôle qui est tout autre dans les pays en développement en offrant une source d’information accessible à des régions où elles sont absentes.» A titre d’exemple, il cite la toute première encyclopédie en swahili concoctée par des wikiré-dacteurs.Elle compte 10 000 articles, ce qui est peu mais mieux que rien.L’encyclopédie impériale ?Certaines petites cultures se plaignent tout de même de la force impériale de Wikipédia, favorisée par la mécanique du moteur de recherche Google.La combinaison écrase les sources concurrentes, peu importe le sujet.Ainsi, en tapant «Fernand Dumont», la présentation favorise Wikipédia par rapport à L’Agora, l’encyclopédie québécoise, elle aussi en ligne et gratuite.Le fondateur de cette dernière, le philosophe Jacques Dufresne, reproche à sa concurrente géante de proposer une vision non cohérente et éclatée du monde.«Nous ne réprimons pas l’existence de plus petites encyclopédies, réplique alors M.Wales.Il y aura toujours une place pour celles-ci.Nous ne considérons pas Wikipédia comme impériale {“imperialist”], mais globale [“globalist’].Chaque article qui s’y trouve est rédigé dans la langue de son auteur et dans une perspective qui lui est propre.Nous offrons une plateforme et des outils qui favorisent texpression dans une multitude de langues, ce qui permet un dialogue entre toutes les cultures.Nous essayons donc de contrer une approche uniquement anglo-saxonne du monde.» Et puis après?M.Wales dit détester les questions de prospective.Il accepte toutefois de parler un peu de son monde en expansion, de ceci qui a bel et bien tué cela.«Nous souhaiterions accroître la participation des internautes en rendant la soumission d’articles plus facile, dit-il.Il est encore difficile d’y contribuer sans connaître le langage informatique.Nous allons également nous concentrer sur l’aspect universel de l’organisme.L’ampleur du contenu sur Wikipédia fait parfois défaut dans certaines régions et pour certaines langues, et il y a beaucoup de progrès à faire en ce sens.Nous voudrions que tous puissent apprendre dans leur langue.Il faudra contrer des obstacles d’ordre technologique.» Avec la collaboration d’Émïlie Bombardier Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Une Tétralogie de notre temps Unitel publie en DVD et Blu-ray le Ring des Niebelungen de Wagner réalisé pour le Palais des arts de Valence par La Fura dels Baus, collectif de scénographes espagnols, et dirigé par Zubin Mehta.C’est un choc, d’intensité inégale selon les quatre opéras, certes, mais qui fera date dans l’historique des regards portés sur ce monument de la musique.CHRISTOPHE HUSS Lorsque l’on découvre L’Or du Rhin, prologue aux trois «journées» de la Tétralogie de Wagner revu par La Fura dels Baus, la première pensée va à Robert Lepage, qui prépare le nouveau Ring du Metropolitan Opera.Quel sortilège technologique, quelles idées folles va-t-il pouvoir sortir de son chapeau pour surpasser en inventivité et en utilisation habile des technologies modernes ce que nous offre La Fura dels Baus?D’un savant emploi de projections résulte l’une des images fortes de ce Ring, dans L’Or du Rhin: la descente sur terre de Wo-tan et Loge qui vont récupérer l’or dans l’antre d’Alberich.Des projections simulent une descente sur terre à partir de l’espace puis une entrée dans la croûte ter-restre pour aboutir dans un grouillant univers souterrain.C’est un pur moment d’anthologie.L’état de la terre à la remontée délivre l’un des messages principaux du spectacle: un déséquilibre est induit par celui qui s’imagine vouloir dompter l’ordre naturel des choses.Bien mal acquis détruit l’état naturel des éléments.Mais bien mal acquis ne profite évidemment jamais.Un défi de cinéaste Il y avait pourtant tout à craindre, car l’imagination débridée de La Fura vire facilement à l’outrance, comme l’a montré la Damnation de Eaust de Berlioz à Salzbourg, spectacle qui a pourtant tant fait pour la notoriété du collectif.C’est que, au sein de ce groupe, lorsqu’il s’agit d’opéra, tous n’ont pas la même culture.Jackpot pour le Ring, confié à Carlus Padrissa, un des membres fondateurs de La Eura.L’Or du Rhin le trouve à son meilleur.Comme on l’a vu avec La Damnation de Eaust de Lepage au Metropolitan Opera, filmer un spectacle qui se déroule sur deux plans — scène et écran — est redoutablement difficile.Ti-ziano Mancini s’acquitte mieux de la tâche que Barbara Willis Sweete dans Berlioz à New York, mais connaît, notamment w Club d’écoute La symphonie du millénaire, 10 ans plus tard Avec Walter Boudreau et les Petits Chanteurs du Mont-Royal, sous la direction de Gilbert Patenaude En collaboration avec la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) Le jeudi 3 juin à 19 h À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre ; 300 places disponibles 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal è.© © Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 banq.qc.ca dans La Walkyrie et Siegfried, quelques moments d’indécision quant aux cadrages qu’il tend à serrer de trop près.Tout ne se prête pas identiquement à un produit vidéo.Le F" acte de la Walkyrie, notamment, est assez sombre, avec son arbre stylisé devant lequel il ne se passe pas grand-chose.Mais dans l’ensemble, passé L’Or du Rhin, on reste accroché à la suite, moins uniformément titillante mais dans laquelle il y a bien des éblouissements à glaner.La distribution vocale est la meilleure depuis des lustres et la direction posée de Zubin Mehta soigne un son nourri et impressionnant.Chaque DVD comporte en prime un «making of».Le Devoir DER RING DER NIBELUNGEN Avec Juha Uusitalo, Jennifer Wilson, Lance Ryan, Matti Salminen, Peter Seiffert, Anna Larsson, VIVA^OCE Peter Schubert Direaeur artistique Des joyaux musicaux de l'époque victorienne: MacFarren, Gouid, Pinsuti, Suiiivan, Cusson, Wiilan, ives Le 5 juin 2010 à 19 h 30 Salle Tanna Schulich 555, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Billets à l'unité: 30$/25$/10$ Conseil des Arts düonad» lE DEVOIR Billets : 514-398^547 Info: 514-489-3739 www.vivavoce-montreal.com GRANDE BIBLIOTHÈQUE BibliothèquQ Qt Archives nationales Québec S S Petra Maria Schnitzer, Catherine Wyn-Rogers, Franz-Joseph Kapellmann.Direction: Zubin Mehta.Mise en scène: La Fura dels Baus.Unitel Classica en DVD et Blu-ray (distr.Naxos).festival Orford 2010 \J JEAN-F DIRECT contre d’arts orford Concerts, conférences, classes de martre, ciné-club.Plus de 100 activités! Réservez dès maintenant — 18 juin au 15 août Chostakovitch : 1946 La complicité de Rivest et de Da Costa Samedi 19 juin à 20 h Alexandre Da Costa, violon Jean-François Rivest, chef d'orchestre Ensemble Camerata Orford Le Nouveau Quatuor Orford Vendredi 23 juillet à 20 h Jonathan Crow et Andrew Wan, violons Eric Nowlin, alto Brian Manker, violoncelle Le Prodige I Dimanche 27 juin à 14h30 Jan Lisiecki, piano Office pour le Pol-Solell : 1700 Samedi 24 juillet à 14h Shannon Mercer, soprano Ensemble vocal et Instrumental Les DIfFerens Martin Robidoux, orgue et direction Les Vêpres de Monteverdi : 1610 Vendredi 2 juillet à 20 h Chœur et orchestre du Studio de musique ancienne de Montréal; Christopher Jackson, direction Six pionos! Samedi 24 juillet à 20 h L'ensemble Orford Six Pianos : Olivier Godin, piano et arrangements; Sandra Murray, Claire Ouellet, Mariane Patenaude, Francis Perron et Lorraine Prieur, pianos Anton Kuerti - Schumann et Brohms Samedi 3 juillet à 20 h Anton Kuerti, piano Sixtrum — La musio^ue d'aujourd'hui réinventée Vendredi 16 juillet à 20 h Sixtrum, ensemble à percussion Robert Leroux, direction Catherine Perrin, animatrice Beethoven Les trois dernières sonates Samedi 31 juillet à 20 h Till Fellner, piano Kent Nogono dirige les Jeunes de l’OAO! Mercredi 4 août à 20 h Orchestre de l'Académie Orford - OAO! Kent Nagano, chef d'orchestre Jôrg Widmann, clarinette Oliver Jones Trio - Second Time Around Samedi 17 juillet à 20h Oliver Jones, piano Jim Doxas, batterie Éric Lagacé, basse Le grond CiccoUnl Joue Chopin Samedi 7 août â 14h30 AIdo Ciccolini, piano www.arts-orford.org | 1 800 567-6155 CondWoii WBilnAie Québec È â l bon 1*1 Canadian Heritage ABCHAMBALUT^ Université I de Montréal A lYANAHA .ESPACE 'MUSIQUE 9^7» .ESPACE ^MUSIQUE 10Q7'" LE DEVOIR E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2010 DEVISE Nature dépaysante PATRICK COUTU Galerie René Blouin 372, rue Saint-Catherine Ouest, espace 501 jusqu’au 26 juin 2010 MARIE-ÈVE CHARRON Patrick Coutu, avec ses œuvres récentes, réussit encore à faire de la nature un thème porteur.Cette nature, l’artiste la débusque en transformation.Au lieu d’en faire une représentation traditionnelle, il en saisit les mouvements de croissance et les activités de mutation.Ce faisant, il renoue avec une vieille idée voulant rapprocher la création de la nature.Patrick Coutu est d’abord un sculpteur qui, dans son exploration de la matière, produit des résultats étonnants.11 y a d’abord ces sculptures sur un socle au sol qui accueillent le visiteur.Elles sont faites de tubulures sinueuses et leur base se déploie ensuite en une sorte de fleur aux pétales froissés et acérés.On les dirait pétrifiées par la lave alors qu’elles tournaient sur elles-mêmes ou qu’elles tentaient de rejoindre les rayons du soleil.Ces élégantes sculptures de bronze et d’acier sont tirées d’une addition progressive de la matière qui a aussi gardé en mémoire le mouvement giratoire à la base du processus de construction.Cette technique est parente avec celle adoptée par l’artiste dans son précédent corpus intitulé Friche, que le Musée d’art contemporain de Montréal avait entre autres présenté lors de sa triennale en 2008.On retrouve une des pièces de cette série, poursuivie en 2009, dans la petite salle chez René Blouin.Dans ce travail, l’artis- forme initiale et se laissant aussi surprendre par des altérations qu’il aura enclenchées.Deux dessins partagent la même salle.Duo droitier bleu, rouge, jaune tiDuo droitier gris font visiblement référence à Mondrian et à ses compositions en grille.Coutu revisite toutefois ce motif en incluant l’aléatoire et en faisant perdre à la grille sa rigidité.Très éloquent en face de h.Friche.Tours en construction Coutu maintient donc une tension entre le Ces tours, qui font aussi penser à la colonne sans fin de Brancusi, reproduisent des formules mathématiques qui traduisent l’évolution de la nature te prolonge les ramifications d’une friche naturelle selon une patiente accumulation de la matière.Partiellement livrée au hasard, la matière a donné aux tiges d’alambiquées terminaisons, comme une étrange culture végétale.L’artiste intervient pour orienter la construction tout en renonçant à une part de contrôle, réanimant ainsi une fascination pour la construit et le «naturel», qu’il rend ainsi indissociables.C’est encore vrai dans l’en-semble de sculptures Fragments de modèles automates infinis (2009-2010), lesquelles se présentent comme de petites tours élaborées de cubes minuscules en plâtre, en ciment, en verre, en acier et en or, entre autres.Les monolithes s’élancent vers le haut, verticalité qui n’est pas sans rappeler les Flèches, ces amas de ciment que Coutu avait présentés en 2004.Mieux, cela rap- pelle la petite ville en béton qu’il avait réalisée à la même époque.C’est comme si l’artiste revenait à une sculpture en apparence moins organique, plus tournée vers l’architectonique.Pourtant, ces tours, qui font aussi penser à la colonne sans fin de Brancusi, reproduisent des formules mathématiques qui traduisent l’évolution de la nature.Leur structure, faite d’une myriade de cubes agglutinés, suggère un phénomène en expansion continue et, de manière plus triviale, les jeux de construction pour enfants.Faites de pierres au bni mat et brillant, les colonnes ont aussi quelque chqse de joli et de délicat.A cette fouille dans les structures invisibles de la nature répond la série de dessins tout autour de la salle.11 s’agit de paysages générés à partir de la rencontre de matières alcalines et acides s’arrimant fort bien avec l’ensemble des œuvres.Elles les complètent en donnant l’illusion de paisibles lignes dborizon, intitulées Awrore Paysage de nuit par exemple, mais qui ne sont en fait que l’indice d’une autre exploration singulière par l’artiste de la matière en processus.Collaboratrice du Devoir «-Çi .¦% ¦3^ SOURCE GALERIE RENE BLOUIN Les sculptures Fragments de modèles automates inffuis de Patrick Coutu se présentent comme de petites tours élaborées de cubes minuscules en plâtre, en ciment, en verre, en acier et en or.Le photographe des choses cachées ATTACHE David K.Ross Musée d’art contemporain de Montréal, 185, rue Sainte-Catherine Ouest, www.macm.org JÉRÔME DELGADO Ce sont des images photographiques, bien qu’elles n’en aient pas du tout l’apparence.Les surfaces rugueuses, les couleurs rehaussées, et rien d’autre à voir qu’une matière appliquée de manière uniforme, partout.On dirait des tableaux monochromes, des exercices purement picturaux.Et les cartons, que disent-ils?«Impression au latex sur toile».Rien pour dissiper les doutes.Photos ou peintures, les deux à la fois?Peu importe, car l’intérêt de l’exposition Attaché, un des premiers solos dans un musée pour David K.Ross, dépasse les considérations techniques.Quoique.L’artiste, qui pratique la photographie à la manière, ou presque, d’un documentariste, faisait partie de la Triennale québécoise du Musée d’art contemporain (MACM) en 2008.En 2007, il s’était fait remarquer lors de Voir/Noir, une manifestation du Musée d’art de Joliette, avec Dark Rooms, images tirées dans des pièces obscures après une très longue exposition.C’est cette même série qu’il présentait à la Triennale.Voici en tout cas que le JEAN PAUL RIOPELLE 4 Ai ^ Estampes 1967-1991 STÉPHANIE BÉLIVEAU Expositions jusqu’au 5 juin GALERIE SIMON BLAIS wvvw.galeriesimonblais.com T.514 849-1165 CIRQUE DU SOLEIL.ARTISANS DU RÊVE OSTUMES RQUE DU SDLEIL MUSÉE McCDRD UÈSLE'2|MA|)^ t \ "'y A ''.A' EICOLUDOIIAIIOIIim jMUSEE M[cCoRD ^ Desjardins SSO, BUE SHERBBOOKE OÜEBT, MONTBÉAL METBO BIcBILL / AÜTOBBS 24 WWW.MÜSEE-BICeOBB.ge.CA MACM lui offre ce solo, sous le commissariat de Josée Bé-lisle.Attaché confirme David K.Ross dans sa pratique si singulière, celle d’être le photographe des choses cachées, qui se trouvent à l’abri des regards, qui ne comptent pas tant qu’elles se trouvent là où elles sont.Dans ce sens, il est documentariste.11 révèle des réalités, parle de choses autrement tues.Beau paradoxe, l’objet de son travail concerne les réserves et la gestion des collections.Comme le résume bien le communiqué de presse, sa réflexion porte «sur les coulisses de l’art et de la muséologie».En photographiant les réserves de musées (la série Dark Room) ou les sys-tèmes d’entreposage des œuvres, comme avec Attaché, Ross montre les limites de ces châteaux d’art.C’est connu, la grande partie des collections demeure invisible.Cette fois, donc, il s’est intéressé à une méthode mise en place dans les années 1960: à chaque musée du Canada correspond une couleur censée identifier leurs caisses d’entreposage et de transport.Les huit œuvres exposées représentent des détails de ces boîtes.L’œil de la caméra collé aux surfaces, elles reprennent, ou donnent l’impression de reprendre, des enjeux propres à la peinture abstraite et, en particulier, au genre colour field.Clin d’œil à Thistoire C’est un clin d’œil à l’histoire, tant aux grandes théories qu’à ces normes de classification bien anecdotiques.11 n’y a pas de petits hasards: l’apparition de «ces caisses colorées sur une scène muséale en expansion» concorde, comme le souligne l’artiste sur son site Internet (www.graphicstandards.net), 05.06.10-08.08.10 Alexandre David DES OBJETS SUR DES TABLES EXPRESSION Conférence le 5 juin à 14 h Vernissage le 5 juin à 15 h Centre d'exposition de Saint*Hyacinthe www.expression.QC.ca T 450.773.4209 expression@expression.qc.ca Œuvres sur papier, livres d’artiste, art public 1981-2010 CLAUDECHAUSSARD _________________________GALERIE BERNARD ________________3926, rue Saint-Denis Montréal _Site : www.galeriebernard.ca Tel : 514 277 0770 Ouvert Jeudi et vendredi 11h à 19h -samedi et dimanche 12h à 17h JAMES COOK l'image représentée EXPOSITION DU 17 JUIN AU 17 JUILLET Beaux-arts des Amériques 3944 St-Denis, Montréal 514.481.2111 beauxartsdesameriques.com 1 avec «le colour held, comme style artistique majeur».Attaché est un projet in situ à deux niveaux.Un in situ, disons, en esprit, basé sur l’institution «musée» et dont David K.Ross donne plusieurs exemples.L’œuvre MBAM/ MMFA est jaune, MACM lavant 1989), rose, CCA, bleue, etc.De plus, les dimensions de chacune correspondent à celles de la boîte photogra-phîée.L’accrochage, tout sîmple, offre, telle une vue à vol d’oiseau, un aperçu de toutes les variations toniques que peut prendre un champ, un territoire.Du Land Art en région muséale.L’autre volet, plus en accord avec le principe in situ, est une vidéo tournée sur place.Elle prend racine dans la zone surélevée qui caractérise cette salle du MACM où sont souvent consignées les expos de la taille d’Attaché.Cette zone a été emmurée et Ross, dans l’esprit documentariste qui le caractérise, y montre, y dévoile, le comment et le pourquoi.Derrière ces murs, et derrière l’écran sur lequel est projetée la vidéo 396 X 334 X 762, reposent les caisses photographiées.Du moins, c’est ce qu’on nous laisse croire.Des objets Indignes d’être montrés.Sauf en reproduction.Objets peints devenus Images Imprimées, simples considérations techniques?Pas tout à fait.L’auteur et commissaire Indépendant Peter White, Invité à écrire un essai dans le catalogue publié pour l’occasion, jette un regard éclairant sur la pratique photographique de David K.Ross.11 y compare la série Attaché aux expériences de Man Ray, et en particulier à une photo de «poussière sur une oeuvre de Marcel Duchamp».A sa manière, Ross cherche aussi à Inscrire une trace de la matière la plus Inattendue, à transformer, sans l’altérer, sa source première.Collaborateur du Devoir Du 5 au 9 août CHICAGO - CHICAGO Nouveau délai de réservation ! 13 juin- MONT-SAINT-HILAIRE Carnet de voyages au pays d’Ozias Leduc 19 juin - Exposition à QUÉBEC Au temps de la Reine Victoria Les, peaux detours vvvvw.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont VERNISSAGE Du 30 mai au 23 juin 2010 CLAUDE PELLETIER GALERIE LiNDA Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 ^wTw.galerielindavei^ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI 2010 E 7 CINEMA ' !____a raison MOTHER Réalisation: Bongjoon-ho.Scénario: Park Eun-kyo, B.Joon-ho, Park Wun-kyo.Avec Kim Hye-ja, Won Bin, Ku Jin, Jae-moon Yoon.Photo: Hong Kyimg-Pyo.Montage: Moon Sae-kyoung.Musique: Lee Byeong-woo.Corée du Sud, 2009,128 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Mère a toujours protégé son fils unique.Grand jeune homme à peine sorti de l’adolescence, simple d’esprit, Do-joon a le don de se retrouver mélé à des situations impossibles, surtout que son copain Jin-tae est prompt à le faire accuser à sa place.Ne serait-ce d’ailleurs pas là ce qui s’est réellement produit quand, à l’issue d’une nuit de beuverie, Do-joon se réveille accusé du meurtre d’une écolière?Pour mère, l’innocence de son enfant ne fait aucun doute.Révoltée par une enquête bâclée, elle prend sur elle de trouver le coupable.Chef de fd avec Park Chan-wook {Lady Vengeance, Thirst) de la nouvelle vague sud-coréenne, Bong Joon-ho s’imposa dès son deuxième long métrage, Memories of Murder, comme un cinéaste original capable de renouveler les genres auxquels il s’attaque, qu’il s’agisse du drame policier ou, plus tard, du «fdm de monstre» auquel il redonna panache et substance avec The Host.Son segment Shaking Tokyo dans le collectif Tokyo! confirma la voix originale d’un auteur prompt à multiplier les portraits minutieux de gens ordinaires contraints de composer avec des situations qui ne le sont pas.Le récit de Mother, et on parle d’une constante dans l’œuvre encore jeune mais déjà indispensable de Bong Joon-ho, est très ancré dans son contexte géo-social.Ainsi en apprend-on beaucoup sur SOURCE MONGREL MEDIA Mother de Bong Joon-ho a remporté les prix du meilleur film, du meilleur scénario et de la meilleure actrice aux Asian Film Awards de Hong Kong.la vie de quartier car, avant d’être campée à Pusan, l’intrigue se met en place, se déroule et se conclut dans l’un de ses districts.Un lieu où les gens se connaissent ou connaissent quelqu’un qui connaît; un village jouxtant d’autres villages tassés en périphérie d’une métropole qu’on n’aperçoit jamais.Us et coutumes sont bien présents sans être appuyés.On constate aussi l’évolution de certaines techniques policières depuis celles dépeintes dans Memories of Murder, lesquelles côtoient toujours la traditionnelle reconstitution publique avec le coupable, scène surréaliste s’il en est.Or, même avec les avancées de la criminalistique, il n’est en rien garanti que justice soit rendue, semble indiquer le cinéaste, surtout quand on cherche d’abord les cou-paljles faciles.Etudiée dans ses moindres plans dont chacun constitue un modèle d’évocation discrète, la mise en scène de Bong Joon-ho déploie une maestria peu commune et d’autant plus admirable que le cinéaste parvient à résister à la tentation de l’esbroufe ou de la forme ostentatoire, indulgences dans lesquelles il eût été facile de se vautrer avec pareil talent.Des hommages bien intégrés à Blue Velvet et Carrie désignent certaines influences de l’auteur, discrètement.C’est après examen que la beauté sans faille de son film se propage dans la mémoire et l’habite un long, très long moment.Il en va de même pour l’interprétation vibrante et entière de Kim Hye-ja, qui incarne avec une conviction conquérante cette mère désespérée qui veut prouver l’innocence de ce fils couvé dont elle n’a auparavant jamais été séparée.De cheminement logique, son parcours se meut en une errance prenante à mesure que l’on mord aux fausses pistes.Pourtant présents tout du long, les enjeux véritables ne nous frappent que lors d’un puissant épi- logue où, pour la première fois, le soleil vient noyer une image que Bong Joon-ho avait jusque-là savamment maintenue du côté sombre de la couleur.Lauréat aux Asian Film Awards de Hong Kong des prix du meilleur film, du meilleur scénario et de la meilleure actrice.Mother doit impérativement apparaître sur votre liste de films à voir cette année.Collaborateur du Devoir Le roi des tapageurs L’envoûtement de ce prince de Perse risque d’être plutôt limité PRINCE OE PERSIA: THE SANDS OETIME (V.E.: PRINCE DE PERSE: LES SABLES DU TEMPS) Réalisation: Mike Newell.Scénario: Boaz Yakin, Doug Miro, Carlo Bernard.Avec Jake Gyllenhaal, Gemma Ar ter ton.Ben Kingsley, Alfred Molina, Image: John Seale.Montage: Michael Kahn, Martin Walsh, Mick Audsley.Musique: Harry Gregson-Wiltiams.Etats-Unis, 2010, f 16 min.ANDRÉ LAVOIE Certains cinéastes, et bien sûr leurs producteurs, font face à un curieux danger: celui de la redite.Or ce péril guette tout autant les critiques, même ceux dont le sac à qualificatifs, ou à vacheries, semble sans fond.C’est ainsi qu’à la seule mention du nom du producteur Jerry Bruckheimer, qui n’aurait pas le perfide désir de sortir de ses tiroirs ses écrits d’autrefois pour commenter les joujoux d’aujourd’hui de ce maître de l’esbroufe luxueuse et tapageuse?L’envie nous tenaille devant Prince of Persia: The Sands of Time, un retour au fantastique flamboyant pour le cinéaste anglais Mike Newell après une incursion du côté de l’univers du petit magicien à lunettes {Harry Potter and the Goblet of Fire).Jadis plus inspiré {Four Weddings and a Funeral, c’est lui), il s’égare cette fois dans les arcanes d’un jeu vidéo, une autre idée de tiroir-caisse de Bruckheimer dont le fantasme avoué est de reproduire le succès de Pirates of the Caribbean, celui-là tiré d’un parc thématique de l’empire Disney.Du sable à l’infini, des fracas numériques à la tonne et un exotisme scintillant traversent de part en part cette aventure pétaradante où se mélangent pouvoirs royaux, puissances magiques, luttes fratricides, trahisons et mensonges bien orchestrés sur des armes de destruction massive, du moins dans le contexte de la Perse médiévale.C’est le prétexte utilisé par le roi Sharaman pour attaquer la cité d’Alamut, où SOURCE BUENA VISTA Jake Gyllenhaal et Gemma Arterton dans Prince de Perse une princesse (Gemma Arterton) protège un poignard capable de faire reculer le temps, dont Dastan Qake Gyllenhaal en action hero! Pas sûr.), le fils adoptif du roi, ignore qu’il est le gardien involontaire.Faussement accusé du meurtre de son père, îl prend la fuite avec sa rivale et se joint à une belle bande de crapules dirigée par un joyeux cabotin (Alfred Molina, l’acteur caméléon par excellence) pour rétablir son honneur et remettre les pendules à l’heure.Comme tout cela porte en partie le sceau Disney, on ne lésine pas sur les effets spéciaux, question surtout de masquer le caractère hautement risible de cette course à obstacles chargée d’un charabia symbolique qui ferait bâiller d’ennui Schéhérazade.Car cet exotisme de paillettes et de pacotille, recréé en partie dans les déserts du Maroc et les studios de Londres, n’est au fond qu’un prétexte, typique justement de certains jeux vidéo où les mêmes culbutes semblent exécutées devant des décors interchangeables.Que Dastan affiche l’agilité physique d’une tortue Ninja et que la princesse ressemble à une version animée d’une couverture de magazine de mode, voilà qui rassure ceux pour qui le film est fabriqué.En effet, au-delà des amateurs d’aventures télégraphiées à l’avance et photogéniques à souhait, l’envoûtement de ce prince de Perse risque d’être plutôt limité.Jerry Bruckheimer a tout de même prouvé par le passé qu’ils étaient parfois assez nombreux.Collaborateur du Devoir Passer à l’Ouest MAO’S LAST DANCER Réalisation: Bruce Beresford.Scénario: Jan Sardi d’après l’autobiographie de Li Cunxin.Avec Chi Cao, Bruce Greenwood, Joan Chen, Kyle MacLachlan, Cheng-wu Guo, Huang Wen Bin.Photo: Peter James.Montage: Mark Warner.Musique: Christopher Gordon.Australie, 2009, f Î7 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Né en 1961 dans un petit village de la Chine rurale, Li Cunxin fut sélectionné, avec quelques autres enfants, pour aller à Pékin suivre une formation de ballet.Au cours des sept années qui suivirent, le garçonnet malingre devint un jeune homme fort en qui un chorégraphe américain de passage.Ben Stevenson, repéra de la graine de danseur étoile.Bénéficiaire de l’un des premiers çchanges étudiants avec les Etats-Unis, Li s’installa à Houston chez son nouveau mentor puis, l’Occident faisant son effet, en vint à remettre en question ses allégeances politiques.Parue en 2003, Mao’s Last Dancer, l’autobiographie de Li Cunxin, aujourd’hui citoyen australien, connut un vif succès.L’adaptation du réalisateur Bruce Beresford réussit à tirer d’un récit passionnant un film tiède englué dans le sirop.Cinéaste polyvalent ayant jadis signé de beaux morceaux de cinéma tels Breaker Morant dans son Australie natale qu encore Tender Mercies aux Etats-Unis, Beresford se permet ici et là quelques effets franchement ringards indignes de son métier.Le réveil d’un cauchemar avec la fenêtre qui claque au vent surprend, certes, mais pas pour les bonnes raisons.Le scénario, qui multiplie de manière mécanique les aUers-re-tours dans le temps, s’avère laborieux tout du long, tare qu’un rythme plus soutenu aurait peut-être contribué à rendre moins flagrante.Dommage, car cette SOURCE MONGREL MEDIA Une scène de Mao’s Last Dancer, le dernier film de Bruce Beresford production australienne jouit d’une direction artistique valable et, surtout, d’une distribution plus que compétente.Bruce Greenwood interprète un Ben Stevenson très convaincant.Dans le rôle de Li Cunxin adulte, Chi Cao exsude un charisme certain eÇ plus importanÇ déga- ge une innocence qui atténue le caractère convenu de plusieurs situations.Dans celui, bref, de sa mère, la toujours merveilleuse Joan Chen briUe d’un éclat particulier, même en guenilles.Pour le reste.Collaborateur du Devoir «Un vibrant hymne à la vie.» Manon Dumais, VOIR «Un film génial! Fait du bien à l’âme!» Radio-Canada Premldro chaino, Cost bien Meilleur le matin LE PERE UN FUI DE MIA HANSEN-LOVE Sirtc» M2M ffiV- métroQole À L’AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS —^ rnetropolefMms.com NOMINATION AUX OSCARS' MEILIEUR EILM EN LANGUE ETRANGERE «UN FILM D’EXCEPTION!» - MarcrOndrâ Uinler, LA PRESSE CAMÉRA DOR FESTIVAL CE CANIE8 MENTION SPECIALE ’(NMD MEILLEUB FILM ISHAÉLIEN UE L’ANNÉE 5 OPHUtS 2009 A JAM I un film de Scandar Coptï etYaronShani métrqDole 13 EGSION ORIGINALEAVEC SOUS-TITRES ANGLAIS CINÉMAS AMC ¦ pCICPLEXDIVEnnSSBMENT^ CINÉMAS AMC I QUARTIER LATIN I [lE FORUM ^ CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS A3A E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO MAI 2010 CINEMA Génie brisé UENFANT PRODIGE Scénario et réalisation: Luc Dionne.Avec Patrick Drolet, Marc La-bréche, Macha Grenon, Guillaume LeBon, Benoît Briére, Lothai-re Bluteau, Karine Vanasse, François Papineau, Isabel Richer, Catherine Trudeau, Sophie Faucher.Photo: Bruce Chun.Montage: Jean-François Bergeron.Musique: André Mathieu, interprété par Alain Lefèvre.Québec, 2010, 100 min.FRANÇOIS LEVESQUE Compositeur sensible et brillant qui connut le genre de destin tragique qu’une gloire précoce charrie trop souvent dans son sillage, André Mathieu fait aujourd’hui l’ohjet d’un drame biographique, L’Enfant prodige, écrit et réalisé par Luc Dionne (Aurore).Obéissant à la formule classique, le hlm présente d’abord l’enfance de toutes les réussites avec, en hligrane, la pression parentale pas toujours désintéressée mêlée d’amour sincère.De ce volet, on retient le premier concert donné à Paris devant Rachmaninov.Ici, même le quidam qui ne cou- source ALLIANCE Patrick Drolet compose un André Mathieu crédible dans L’Enfant prodige de Luc Dionne.naît ni d’Eve ni d’Adam l’œuvre de Mathieu risque de voir l’épiderme de ses bras se couvrir de chair de poule.C’est dans la seconde partie que Patrick Drolet (La Neuvai-ne) fait son apparition.L’acteur, très investi, compose un André Mathieu crédible et rend palpable le mal-être d’un homme qui ne parvient pas à s’affranchir de ses démons.Dans le rôle de son père, dépeint ici comme un mentor et un ami parfois, à raison, à bout de patience, Marc Labrèche frappe la note juste et ses scènes tardives sont particulièrement touchantes.Cela dit, la grande interprétation du film vient de Macha Grenon.La comédienne apporte en effet nuances et empathie à un personnage de mère monstresse qui aurait facilement pu verser dans la caricature.Entre ses mains, cette femme hère et possessive devient complexe et cousue de contradictions.En périphérie, on regrette qu’une aussi copieuse distribution se retrouve cantonnée à des rôles très sommairement définis et dont certains se posent dans l’intrigue sans crier gare avant d’en disparaître tout aussî abruptement, nommément celuî de l’épouse, au demeurant bien défendu par Catherine Trudeau.Les grandes métropoles sont évoquées au moyen de bouts de films d’archives, mais le procédé contribue surtout à trahir un budget trop maigre pour les ambitions de la production.Les différentes époques, la fin des années 1930 à la fin des années 1960, sont en revanche rendues avec justesse à travers les costumes impeccables de Eran-cesca Chamberland et la direction artistique minutieuse de Michel Prouk.Côté direction musicale, assurée par Alain Lefèvre en personne, rien à redire, au contraire: la musique d’André Mathieu, très présente, est le cœur palpitant du film.Les mélomanes avertis relèveront peut-être toutefois un anachronisme concernant la 2“ Symphonie de Mahler, écoutée trop tôt par le protagoniste par rapport au moment où l’œuvre fut rendue disponible,t observe notre critique Christophe Huss.Vérification faite, M.Lefèvre n’a pas été consulté sur ce détail.Le problème majeur de L’Enfant prodige ne se situe pas dans ce genre d’inexactitudes, évidemment.Il réside plutôt dans ce qu’on voit l’exaltation fragile du compositeur dans le jeu de Drolet, on l’entend dans sa musique, mais on ne la ressent pas vraiment à l’image.La mise en scène est consciencieuse, quoique répétitive dans ses effets de montage, mais la passion de Mathieu ne prend jamais possession de la caméra.Cela étant, le film de Luc Dionne, en faisant la part belle à l’œuvre d’André Mathieu, donne envie de la découvrir, d’approfondir l’émotion qu’elle suscite.C’est en soi quelque chose.Collaborateur du Devoir ENTREVUE FUc story Le cinéaste franco-suisse Frédéric Mermoud discute de Complices, son premier long métrage Il existe en France une longue tradition du polar où l’enquête sert surtout de prétexte à une étude de mœurs axée sur la psychologie du policier et, parfois, celle du tueur.Melville, Corneau et, dans une moindre mesure, Verneuil s’en sont fait les chantres.C’est ce parti pris du personnage que reprend à son tour Frédéric Mermoud dans Complices, un film fort réussi raconté en deux temps.FRANÇOIS LEVESQUE ès l’écriture du scéna-^ rio, je désirais avoir recours à un procédé narratif sophistiqué afin de transcender le genre très codifié auquel je m’attaquais, confie le cinéaste.Initialement, favais même envisagé de décliner l’intrigue en trois temps avec une intro ouvrant un long flash-back, lequel aurait contenu la présente structure! J’y ai vite renoncé: cela devenait inutilement maniéré et la mécanique narrative prenait le pas sur l’histoire.» Le postulat, un policier qui enquête sur le meurtre d’un jeune prostitué, est en soi banal.Et c’est bien ainsi que Erédéric Mermoud le voulait.«Ce qui m’intéressait, c’était plutôt d’examiner le quotidien des deux hommes, celui du premier étant relaté au présent et celui du second, au passé, mais tous deux dans la continuité.La structure binaire seyait parfaitement à cet entrelacs temporel.» Mais avant la forme, avant l’histoire, même, il y eut les personnages.Ce sont eux qui se sont manifestés, ont évolué, avant que ne prenne forme le récit.«J’irais même jusqu’à dire que c’est un film à personnages avant d’être un film à intrigue, toutes proportions gardées», précise l’auteur.Ainsi, les protagonistes ne sont pas à la remorque de l’histoire, ils lui donnent son rythme.Et le pouls du récit, c’est Cagan, un inspecteur d’une normalité peu banale pour le genre.L’inspecteur Cagan Même si le film met en scène deux paires de complices, le flic et sa partenaire qui par- SOURCE K EILMS AMERIQUE Gilbert Melki dans le rôle de l’inspecteur Cagan dans Complices, de Frédéric Mermoud tagent un rapport teinté d’ambiguïté, ainsi que le couple formé par la victime et une jeune fille qui se déluré à tâtons, le scénario met surtout l’accent sur l’inspecteur Cagan.Un rôle en or que Gilbert Melki fait sien avec un naturel confondant.«Je voulais avant toute chose m’éloigner du cliché du flic al-coolo rongé par une blessure intérieure ou hanté par son passé.Cagan est un homme sans qualités, en ce sens qu’il consultez notre site internet MAO’S LAST DANGER MOTHER EL SECRETO DE SUS OJOS IJmJoséempsiiellil f I 3575 Du Parc 514-281-1900 Autobus 80/129 NOTRE PROMOTION 2007-2010 Des nouveaux acteurs CONSERVATOIRE d’art dramatique de Montréal www.conservatoire.gouv.qc.ca Mikhaïl Ahooja Philippe Audrey Des nouvelles actrices Hugo B.Lefort Charles-Alexandre Dubé Sonia Cordeau Édith Côté-Demers Alexandra Cyr Michèle Dorion Catherine C.Mousseau Si vous voulez les voir, ies entendre, ies connaître; conservatoire.gouv.qc.ca/cadm/niontreal/les-diplomes/2010/ Conservatoire de musiqm et d*art dramatique Québec nn «GAGNANT f AUX OSCARS / MEILLEUR EILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE (•ÜBQlUaiBl) VOIR -vÿ DANS SES YEUX THE SECRET IN THEIR EYES UN FILM DE cHJAlir JOSÉ CAMPAMILLA WWW.THESECRETINTHEIREYESMOVIE.COM 13 AN8 + ÀL’AmCHE! 1 1 a| CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS 1 metropoletilms.com mène une existence normale faite de vide ordinaire et non de grands drames.Gilbert a ce don d’habiter les moments creux.» De fait, Frédéric Mermoud use habilement de la présence naturelle du comédien lors des nombreux silences, surtout ceux partagés avec Emmanuelle Devos, décidément incapable de la moindre fausse note.Un non-couple Dans le ton, Complices possède ce côté sec qui convoque lui aussi cette tradition du polar à la française où le romantisme est évacué ou alors traité, comme ici, en des termes très naturalistes.«Évi- demment, la question d’une sous-intrigue amoureuse entre Cagan et sa partenaire s’est posée.A chaque moment où j’avais la tentation, pendant l’écriture, le tournage et le montage, de considérer cette possibilité, je prenais davantage conscience que, plus je les séparais et moins il y avait de passage à l’acte, plus leur “non-couple” était intéressant.Einiront-ils ensemble ou pas?L’ont-ils déjà été?J’aimais que le couple de jeunes soit fusion-nel et qu’eux soient davantage dans la mélancolie.» Complices prend l’affiche la semaine prochaine.Collaborateur du Devoir QUAND LES PETITS YDUNDf JEAN-PraVE A L’AFFICHE DES LE VENDREDI U JUIN !
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