Le devoir, 5 juin 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 FTA Le chorégraphe Saburo Teshigawara revient à Montréal après dix ans Page E 5 CINEMA WyïïienWükmtMen: une pièce d’art à portée sociale Page E 9 CULTURE 22*’^ FrancoFolies de Montréal JACQUES GRENIER LE DEVOIR PLUM Mm.0 AGE ELECTRIQUE! Latraverse «Ail Dressed» au Métropolis: la grande livraison anniversaire Plume est plus que content ces jours-ci.Content.et contenté.Contenté parce qu’on l’a bien écouté ces dernières années, qu’on a dûment apprécié ses albums de «chansons un peu plus textuelles».Et content parce que l’idée de célébrer par un gros sbow électrique toute une vie de compagnonnage — les 40 ans de La Sainte-Trinité, les 30 ans des Mauvais Compagnons — s’avère déjà régénératrice: «J’ai à nouveau 16 ans, ostie!» Sacrée soirée en perspective.SYLVAIN CORMIER Première question à Plume Latraverse: avec des tables ou pas de tables?Ça doit être mon nerf sciatique qui parle.Ce que je veux dire: configuration parterre debout ou parterre assis, ce Métropolis «AU Dressed» des 10 et 11 juin, coup d’envoi des FrancoFolies de Montréal, grosse bringue rock’n’roll pour fêter le quarantième de La Sainte-Trinité et le trentième des Mauvais Compagnons^ Plume réfléchit tout haut.«Je pr^érerais la formule avec les tables, je pense.Ecoute, y a des gens qui viennent me voir.qui ont mon âge!» Son âge?Plume a franchi le 11 mai dernier le point de non-retour défini par les Beatles en 1967: fatalement vient le jour où When I’m 64 devient Afcw; That I Am 64.«Passer une heure et demie debout., un instant!», s’exclame le sexagénaire.Pour faire la part belle aux textes de sa trilogie d’albums intimes de la dernière décennie (essentiels et bouleversants Chants d’épuration, Hors-saisons, Plumo-nymes), Plume a le plus souvent chanté assis devant un public assis.«Remarque, là, je me sens plus les jambes, je joue debout, pas de problème.J’ai à nouveau 16 ans, ostie! Quel bonheur! Jouer électrique, ça fait filer tannant.» La dernière fois qu’il brancha le fil dans l’ampli et l’ampli dans le 110, rappel-le-t-il, c’était en 1996 avec Les Parfaits Salauds.«C’était moins compliqué.Là, faut que je contrôle mon son.Ils m’ont fait acheter des pédales!» Il s’étouffe de rire.«Y en ajuste deux.Une pour “muteP’ [tamiser], l’autre pour distorsionner.C’est comme quand tu fengueules avec quelqu’un.Tu le “mutes”, et puis tu distorsionnes dessus!» Plume s’esclaffe derechef Bon band, bonne humeur Il est de bien belle humeur, le cher grand échalas.Guilleret, quasiment.«Je suis content On a monté le show à Petite-Vallée, à l’invitation sympathique d’Alan Côté.Deux jours d’atelier intenses, et puis on a joué deux fois devant le monde.Ça pas été long que c’était assez “tight” pour être tousse.C’est des pros, les musiciens.Pas des gars de club, comme à l’époque.Je suis ben, ben content.C’est le meilleur band que j’ai jamais eu.» Des Mauvais Compagnons de la première heure, seul l’as guitariste Jean- Claude Marsan est de retour.«L’idée, c’était pas de réunir les Mauvais Compagnons.C’est de les saluer.Comme on va saluer La Sainte-Trinité.Le show Ail Dressed, c’est un trip d’exécution rock’n’roll.On sonne les cloches et puis la récréation commence.Je suis pas sûr que ça aurait pu se faire avec l’ancienne gang.Y en a que je vois plus parmi les premiers Mauvais Compagnons, c’est la vie.» Les Mauvais Compagnons, faut-il le rappeler, sont devenus Mauvais Compagnons à l’occasion (faisant le larron) de la première vraie grosse tournée de Plume en Europe, en 1980.«J’avais une quarantaine de shows prévus; il a fallu monter le band vite.Notre premier show, c’était rendu là-bas, premier soir en Hollande, bang! On travaillait avec une toute petite maison de disques, un petit tourneur.Ben familial.Le mauvais compagnon qui faisait le son conduisait aussi le camion.» Tendresse dans le regard.Souvenirs en rafales.«On apportait nos guitares, le drummer, ses baguettes.Le tourneur faisait aussi affaire avec des bluesmans américains.Y avait une sorte de rotation pour l’équipement.On récupérait les amplis, la batterie, le camion qu’un autre band avait utilisés juste avant.C’était simple.On était comme des voyageurs de commerce de la chanson.Dans la grande confrérie des avaleurs d’asphalte.» Plume rigole en douce.«Des fois, on en arrachait.La sonorisation, c’était pas tout le temps ça.Et les salles! L’électricité baissait, montait.Nous autres, on donnait notre show, peu importe les circonstances.Et après le show, on se récompensait.» Il pouffe encore.«Pour être dans Les Mauvais Compagnons, fallait un bon esprit.Une certaine bonhomie.» Le double album Æ Dressed, c’était en 1978, juste avant la belle équipée des Mauvais Compagnons, justement.Poiu-quoi ressortir la boîte à pizza?«AU Dressed, c’est un symbole.C’était le dernier album de la première grosse époque, avec les dernières du paquet de chansons écrites en 1973, quand feus la colonne cassée et que j’étais confiné.» C’est l’album de la plus belle de toutes.Les Pauvres, l’album des derniers duos avec Cassonade (Stephen FauUtner), l’album où refait surface Nous autres, on s’en fout, créée au temps de La Sainte-Trinité.Un album fou et fourre-tout.«Un album fou, ça c’est vrai.Enregistré dans une piaule de la rue Rachel, où le loyer était pas payé.Les huissiers venaient, le plâtre tombait C’est un moment charnière pour moi.Ça fait que j’ai pensé repartir de là.Prendre AU Dressed pour représenter tout ce qu’il y a eu avant» De quoi faire un bon show, ô mage électrique?Faire ça comme il faut?Assis ou debout?Plume rit dans sa barbe.«Les gens vont être servis assez allègrement» Le Devoir ALL DRESSED, DE PLUME LATEÎAVERSE Au Métropolis les 10 et 11 juin, avec Bruno Rodéo et Les Routiers en première partie, dès 21h. E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 CULTURE Carnivàle Lune bleue Le cirque d’autan sorti des limbes ISABELLE PARÉ C> est le retour du pendule.Après le cirque-théâtre, le cirque à cheval et le cirque carburant aux nouvelles technologies, le cirque d’autan renaît de ses cendres, ramenant dans son sillage sa caravane d’hommes forts, d’avaleurs de sabre, de boules de cristal et de bizarreries issues d’un autre âge.C’est à Carnivàle Lune bleue, un nouveau venu dans le paysage circassien au Québec, que l’on doit ce télescopage du temps, à deux jets de pierre de Bromont.Après le cirque à cheval de Gilles Sainte-Croix, la région abritera tout l’été en ses terres un copié-collé des villages de forains qui pullulaient dans l’Amérique des années 1930 et 1940.Du rêve à la réalité On doit la naissance de cet intrigant cirque «vintage» à un mordu de cirque, Wayne Van de Graff, qui roulait jusqu’à tout récemment de grosses affaires chez Price Waterhouse à Los Angeles.«J’ai toujours été fasciné par les fêtes foraines.Dans les années 60, dans l’Utah, de vieilles caravanes de cirque circulaient encore.Quand f allais chez mes grands-parents, je les suppliais de m’y emmener», dit-il.Le businessman américain, qui avait en Californie de nombreux clients provenant de l’industrie culturelle, dont le géant Disney, a décidé de passer du rêve à la réalité et a tout plaqué pour donner naissance à une première mouture de son cirque d’antan en 2008 à Ottawa.Puis, Van de Graff a décidé de déplacer sa tribu rétro du côté du Québec.Après avoir déniché des tentes en coton centenaires et quelques mâts de chapiteaux en bois chez un marchand ontarien, il ne manquait plus que quelques recherches historiques pour que le cirque ambulant au look d’avant-guerre prenne forme.SOURCE CARNIVALE LUNE BLEUE Le Carnivàle Lune bleue est un nouveau venu dans le paysage circassien au Québec.A priori, le programme annoncé par ces forains a de quoi laire sourire.Va pour l’homme fort, l’homme tatoué, la diseuse de bonne aventure, les dompteurs de serpents, d’araignées et autres insectes piqueurs.De quoi arracher quelques frissons.Mais quand on nous ramène l’artiste empaleur qui se transperce la joue d’un rayon de bicyclette, ravaleur de feu, un dislocateur recruté en Lituanie et un avaleur de sabre, on comprend qu’on est loin du cirque à paillettes et de la barbe à papa.Et la femme à barbe, dans tout ça?«Nous ne montrons pas de gens difformes, simplement des gens singuliers comme en comportaient les cirques de cette époque, cela dans un esprit de fête très respectueux.L’idée est surtout de créer un site où les gens déambulent de tente en tente, à leur gré, sans être confinés dans le même chapiteau», explique Van de Graff.Pour sortir des limbes ce cirque d’outre-tombe, il a fallu contourner les multiples écueils posés par le code du bâtiment et une batterie de règlements municipaux.Histoire de coller à la réalité, on a même reconstitué des guirlandes de lampes électriques (aujourd’hui interdites), pour illuminer le campement le soir venu.La cantine d’époque ajoute au tableau.La cerise sur le gâteau, et non la moindre, c’est la reprise, dans la tente principale, du spectacle de cabaret Im Vie par des artistes de la troupe des 7 Doigts de la main, dans une version remaniée.On comprendra qu’on peut facilement passer une demi-journée dans ce village, se perdre dans le dédale des tentes et s’abandonner à l’illusion du passé.Le Devoir CARNIVÀLE LUNE BLEUE À compter du 17 juin, les jeudis, vendredis et samedis soir dès 18h, à Bromont DORA: MEILLEUR .ACTEUR > c DORA: MEILLEURE * CONCEPTION M 1* " ECLAIRAGE ^ D': DORA: MEILLEURE PRODUCTION^ Une production de WYRD Productions et Necessary Angel Theatre Company en codiffusion avec le Théâtre de QuafSous B GGER THAN JESUS SPEaACŒ SOLO AVEC RICK MILLER APRES UPSYNCH DE ROBERT LEPAGE, VOYEZ RICK MILLER EN JÉSUS DANS SON SPEaACLE SOLO, « MESSE » MULTIMÉDIA, DRÔLE ET POIGNANTE.ACCLAMÉ AU CANADA, AUX ÉTATS-UNIS ET EN EUROPE PREMIÈRE FOIS EN FRANÇAIS À MONTRÉAL (+ 2 REPRÉSENTATIONS EN ANGLAIS ET 1 EN AUEMAND) 8au]9 JUIN THEATRE DE QUAT'SOUS 100, AVENUE DES PINS EST BILLEHERIE : 514 845-7277 ADMISSION : 514 790-1245 www.admission.com CONCEPTION ET TEXTE: RICK MlliER ET DANIEL BROOKS MISE EN SCÈNE : DANIEL BROOKS SCÉNOGRAPHIE ET VIDÉO : BETH KATES ET BEN CHAISSON ÉCLAIRAGES : BETH KATES SONORISATION : BEN CHAISSON biggerthanj.com Photographie par Cylla von Tiedentann Infographie par LoGograph.com WYRD PRQDVCTIOnS theatre de QÜAT’SOnS Paris-Montréal Odile Tremblay Après la frénésie cannoise, une douce petite pause de quelques jours à Paris.De ma chambre d’hôtel, la semaine dernière, j’admirais, illuminée la nuit devant un quartier de lune, la cathédrale Notre-Dame derrière la ligne sinueuse des toits et des tourelles, avec une envie de pêcher la poésie au blet.Est-on jamais meilleur badaud qu’à Paris, malgré le rythme trépidant qui s’accentue d’un séjour à l’autre, les Idaxons, les invectives des automobilistes?La ville, gangrenée par le tourisme, change, comme on change aussi.Les autocli-tones pressent le pas scotchés à leur cellulaire.À eux la course du rat.Mais le farniente sert l’étranger de passage.Son temps est un luxe qu’il met à profit.On entre au Musée d’Orsay découvrir la grande expo Crime et châtiment, avant de faire un détour par une galerie du boulevard Saint-Germain pour jeter un œil à des lettres inédites de Proust.J’ai entendu là-bas un couple de Québécois s’écrier devant une expo sur des œuvres méconnues d’Edvard Munch à la Pinacothèque: «C’est fou à quel point on court les musées ici, alors qu’à Montréal.» Happés par l’appel de l’art.Question d’environnement.Tenez, passant quai Conti, je me suis arrêtée à la Monnaie de Paris, voir une expo des photos de Willy Ronis, qui fut avec Kertesz, Doisneau et Cartier-Bresson un des grands photographes de la Ville lumière d’après-guerre.Ronis aurait eu 100 ans cette année, mais il s’est éteint en septembre dernier, sans assister à cette rétrospective dont la perspective l’excitait tant.Alors, on retrouve avec plaisir ses clichés devenus cultes, du petit Parisien la baguette sous le bras aux amoureux de la Bastille, en passant par la merveilleuse photo de sa femme nue devant l’évier, dont la composition évoque un tableau de Vermeer.11 y a aussi ses clichés de voyages, poignants, sur la vie derrière le rideau de fer, trop folkloriques en Hollande.C’est son Paris d’hier en noir et blanc, romantique et contestataire, sans doute enfanté par les barricades de la Commune, qui nous captive.Une matrone harangue la foule des grévistes, les roues des usines tournent comme dans Les Temps modernes.Orfèvre de la lumière, croquant les travailleurs plutôt que les bourgeois des beaux quartiers, Ronis était de gauche, un temps communiste.Humaniste, il posait sur cette Prance soucieuse d’effacer les collaborations douteuses de l’Occupation un regard qui colmatait les failles, cherchant l’héroïsme du quotidien.On se demande ce qu’il aimerait photographier aujourd’hui, Willy Ronis, dans ce Paris plein de Japonais qui mitraillent les monuments de leurs appareils.Mais deux passants d’un autre âge ressemblent aux anciens modèles de Ronis sous leurs parapluies, et on voit soudain la ville en noir et blanc à travers ses yeux.Tout change, mais rien ne change non plus.La modernité n’a arraché ni les vieilles pierres ni les traditions tenaces.Elles nous font sourire en avion, ces vieilles persistances.Boum! Voici qu’en posant le pied au Québec, le palmarès du magazine Macleans, qui classe Montréal au 17" rang sur 18 en tant que ville culturelle canadienne, nous tombe sous les yeux.Soit, se dit-on.On n’a ni le Louvre, ni le fantôme de Verlaine, ni les arènes de Lutèce, ni ce passé insistant qui s’infiltre entre les monuments et les pavés parisiens.Toute comparaison entre les deux métropoles serait absurde.Pas question de glisser sur cette peau de banane là.Alors on défend Montréal.En admettant qu’au centre-ville, son Quartier des spectacles est un hideux chantier doublé d’un tord-che-ville à ciel ouvert.— Mais attendez de voir demain.Tous ces festivals désormais unis, avec des activités gratuites plus nombreuses que jamais dans un été de chants, de sauts et de lumières.Et osez prétendre que.Ravalez aussi cette idée incongrue de mesurer une culture générale à l’aune de la consommation.Après tout, des livres, des CD et des DVD, ça s’emprunte.Voire, ça se relit et ça se revoit.Ça se pirate aussi, ajouteront les esprits cyniques.Non quantifiable, la culture.Halte là! Mais, tout chauvinisme hérissé, pansant notre ego blessé, reste que ces statistiques turlupinent.Sachant bien, au fond, que la culture rime trop chez nous avec divertissement.D’où le malaise.11 y a du vrai là-dessous.Ça parle au diable! Hélas! ce palmarès peu glorieux n’est pas dû qu’au manque d’argent, songe-t-on, presque malgré soi.Respirez cet éternel vent d’anti-intellectualisme.De fait, ici les arts et lettres riment avec élite, et élite avec brebis galeuse.On pense à l’école, qui a préféré les compétences transversales au transfert des connaissances.Poussant un soupir, appelant à des révolutions qui viendront peut-être, attendant Godot.Laissez-moi le temps quand même d’atterrir de Paris.Ça y est, d’ailleurs.M’y voici.Re-boum! On n’en parle plus.otremblay@ledevoir.corn WILLY RONIS l M UOI Ligi I lu l.l Ml s I ll¦A>l liHmiiit E JOEL SAGET AFP L’exposition des photographies de Willy Ronis se poursuit à la Monnaie de Paris jusqu’au 22 août LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 E 3 CULTURE THEATRE Carrefour en chantier pour la troisième fois L’« Off intégré » du festival est rapidement devenu un des must de Carrefour MICHEL BELAIR TOUS ceux qui y ont participé — sur la scène comme dans la salle — parlent d’un exercice stimulant: Les Chantiers-constructions artistiques que le Carrefour international de théâtre de Québec propose pour la troisième année sont devenus incontournahles.Présentés comme «une véritable incursion dans la jeune création», Les Chantiers sont en fait une sorte de haro-mètre de l’état de la relève théâtrale dans la Vieille Capitale.On peut certes y rencontrer des compagnies montréalaises — comme insane qui présentait Mixturae ou le PàP qui s’amène avec un laboratoire (JJne brève histoire du progrès, à l’affiche jeudi prochain) —, mais l’essentiel de la douzaine de spectacles en pleine construction, qu’ils se présentent ici sous la forme de lectures ou de laboratoires, est le fait de jeunes compagnies de la ville de Québec.Entretenir le bouillonnement Olivier Lépine, de la compagnie de création tectoniK, est l’un de ceux qui sont à l’origine des premiers Chantiers il y a trois ans déjà.Il explique d’abord que Les Chantiers — qui sont en quelque sorte l’«Off intégré» de Carrefour — doivent beaucoup leur existence au festival, bien sûr, mais aussi à Premier Acte, qui fournit ses locaux et son expertise, et au programme Première Ovation, qui apporte son appui financier et technique à la création des premières oeuvres.Selon lui, la programmation des Chantiers reflète bien le bouillonnement qui caractérise le rôle joué par les jeunes compagnies dans l’activité théâtrale dans la Vieille Capitale.«La première année, poursuit-il, nous avons reçu une vingtaine de propositions de shows et nous en avons retenu huit; la deuxième, on en était à 12 propositions retenues sur 40 et cette année, nous avons bâti notre programmation de 11 spectacles à partir des 70 textes que l’on nous a fait parvenir.C’est nous, à tectoniK, qui recevons les textes et qui faisons une sélection à partir de critères maintenant beaucoup plus précis qu’au début.Cette année nous sommes allés voir Marie Gignac [de Carrefour] avec 20projets.» Les critères de sélection impliquent, bien sûr, la nouveauté, l’audace, presque la provocation: comme le précise Lépine, les propositions des Chantiers doivent innover par la forme autant que par le fond.Il y faut cette touche d’excès et de festif qui caractérise #' Image tirée de Moi aussi, des Productions préhistoriques le laboratoire.Ce côté «spectacle en pleine construction».Mais il y a aussi un autre élément important qui a fait le succès de l’exercice: la participation du public.Aux Chantiers, chaque spectacle est suivi d’une discussion avec l’auditoire; «les débats sont enregistrés et on en fait parvenir une copie aux compagnies».C’est souvent en se servant des commentaires du public que les jeunes compagnies afhnent leur proposition; Olivier Lépine raconte qu’au moins six ou sept spectacles d’abord présentés aux Chantiers ont ensuite été montés dans des salles à Québec.Mais contentons-nous des propositions de cette année et voyons rapidement à quoi vous vous exposez.Labos et relectures Il faudra ne pas avoir veillé trop tard vendredi et vous lever tôt samedi puisque c’est dès llh que la compagnie Les Vierges folles convie les mordus à une relecture de YOrestie: Iphigénie en auto.C’est toujours la même histoire impossible de meurtres et de vengeance, sauf qu’Iphigé-ijie, Agamemnon, Clytemnestre, Electre et Oreste habitent à Li-moilou.Puis, à I5h, autre rendez-vous avec les grands classiques grecs alors que, dans Moi aussi, une sdf un peu spéciale cherche son odyssée à travers la ville avec son chien Ulysse.C’est un laboratoire des Productions préhistoriques.Dimanche, dès Ilh encore, place à un cri du cœur en forme de testament à venir avec Harmattan.Ici, un ado condamné par la maladie planihe un projet qui ne prendra forme qu’après sa disparition.Le Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline s’inspire ici de l’œuvre de Sylvain Trudel.En soirée, à 2Ih, les festivaliers auront droit à un programme double particulièrement éclectique orchestré par la compagnie Sushi (Poisse/son/mort).D’abord, un texte qui s’interroge sur la place des femmes dans notre société.Manifeste d’un féminisme moderne pour cinq voix, qui sera suivi d’un cauchemar éveillé en forme de cabaret électronique au titre particulièrement évocateur: Emprisonné dans un biscuit chinois.Un laboratoire, on l’aura deviné.Lundi à 20h, la compagnie Joe Jack et John propose un laboratoire-performance oû se mêlent théâtre, danse et air guitare: Just Fake It.Ici, «quatre naufragés de notre monde d’apparences questionnent [sic] cette lueur de bonheur dressée sur un monceau de faux-semblants».Comme ça.Le lendemain, dès 19h cette fois, une sorte de collectif sans nom présente la lecture-laboratoire d’un texte d’Eliot Laprise racontant une sortie de coma: Je veux participer au chaos.On retrouvera là des noms plus connus, comme Marie-Josée Bastien et Hugues Erénette.Mercredi soir, à 21h, le SOURCE LES CHANTIERS Théâtre de la Planète sauvage propose un «cabaret incantatoire»: Le Sortilège.Ce drame «épique, fantastique, grivois et débridé» en forme de laboratoire est écrit par Guillaume Perreault et raconté par.des marionnettes.Jeudi à 21h, on ne l’avait pas précisé, le PàP présente son laboratoire à partir d’un texte de Ronald Wright: Une brève histoire du progrès.Patrice Dubois, Philippe Ducros et plusieurs autres participent à l’affaire.Le lendemain (à I9h attention!), Mélanie Demers et Karine Ledoyen, des compagnies MAYDAY et Danse K par K, proposent une sorte de laboratoire hybride, ni danse ni théâtre, qui interroge l’identité féminine: La Nobody.Puis, à 2Ih, c’est le Théâtre Sortie de secours qui viendra clore Les Chantiers avec une lecture-laboratoire des Trois Exils de Christian E, un texte de Philippe Soldevilla et Christian Es-siambre sur la vie d’un personnage plus petit que nature.Rappelons que tous les spectacles des Chantiers sont présentés à Premier Acte et que l’on demande au public une contribution volontaire à chacun des spectacles.On trouvera bien sûr tous les détails sur Les Chantiers-constructions sur le site du festival: www.carrefourtheatre.qc.ca.Bonne semaine.Dans le sens du poil UELOGE DU POIL Texte de Jeanne Mordoj et Pierre Meunier, mise en scène de Pierre Meunier, production de la Compagnie Bal/Jeanne Mordoj, présentée au studio d’essai de Méduse jusqu’au 5 juin dans le cadre de Carrefour.SYLVIE NICOLAS Jeanne Mordoj a la souplesse de l’acrobate, le pas assuré de l’équilibriste, l’allure décontractée du lanceur de poignards, la grâce de la contorsionniste, la sensualité de qui s’abandonne et le regard concentré de l’enfant qui s’amuse à donner vie à tout ce qu’il touche.Dans L’Éloge du poil, son troisième spectacle solo, elle afhche une barbe en collier et évolue sur un tréteau en planches muni de deux caches qui rappelle aussi bien le pont d’un bateau que la baraque foraine.Artiste de l’objet, elle s’adonne au maniement des brochettes de métal, du voile de papier et du pneu et, avec ses pieds, à la cueillette de coquilles d’escargots vides, ce qui confère à ses orteils toute la noblesse du titre de doigts de pied.Ventriloque et marionnettiste, elle prête sa voix à des crânes de bélier et de blaireau qui se feront tantôt complices coquins d’un jeu délicieusement délinquant, mais également voix et chœurs d’opéra, ce qui donne lieu à une finale particulièrement réussie.Une partie de ce spectacle repose sur l’adresse et l’agilité, l’autre sur ce que maman n’aimerait pas que vous fassiez à la maison et qui pourrait mériter une punition: jouer avec des jaunes d’œuf, se recouvrir de terre, salir le joli jupon de satin vert, porter la barbe quand on est fille, répandre des objets sur le sol, renverser de l’eau, tirer des choses dans les airs et faire subir à ses jouets la torture houdinesque de la plongée en apnée.Ses deux plus beaux tableaux, là oû elle éblouit, sont ceux du jaune d’œuf en mouvement sur son corps et cette danse rituelle avec de longues tiges de bambou à têtes d’oiseau voltigeant sur sa tête, au bout de ses doigts, sur le bord de sa hanche, un mouvement dansé, hautement poétique, balinais en facture.Un univers riche, plus fragile dans le texte et la parole, oû le poil conducteur est aussi chauve que la cantatrice d’Ionesco.Une sensuelle et désopilante épilation de tendresse pour les rebrous-se-poils qui sont à prendre avec des pincettes.Collaboratrice du Devoir CHRISTOPHE RAYNALD DE PAGE La femme à barbe en pleine action ^air transat préssntG giYiiséfûV Une comedie musicale d Alain Boublil et de Claude-Michel J y '5- Schônberg.D après I œuvre de Victor Hugo 1£S ÉVÉNEMENTS Fl ESTA THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA - ZD h en collaboration avec ONDINNOK présente en coproduction avec Présence autochtone XAJOJ TUN RABINALACHI a LA VERSION CONTEMPORAINE DU GRAND THÉÂTRE DANSÉ CÉRÉMONIEL MAYA T Le Devoir i B! ÉVÉNEMENT SOLIDAWTE Samedi 12 juin > Usine C nouveau spectacle.UN INCONTOURNABLE! CLUB SODA-19H|, présenté par © O ooo D’APRES LES ANCIENS TEXTES MAYAS DU RABINAL ACHI, DU POPOL VUH ET DU CHILAM BALAM DE CHUMAYEL.Mise en scène de Yves Sioui Durand Chorégraphie de Patricia Iraola au 27 juin 2010 ________à20hl Ondinnok* 'Désir secret de l’âme www.ondinnok.org GXcontris AUTOCHTONE 2010 3536, boul.Saint-Laurent 20«T PRESENCE Billetterie : 514-814-8100 Cinq mois jour pour jour après le terrible séisme qui a frappé le jrays tout entier, voici une invitation à venir écouter Amour, colère et folie, le plus célèbre roman de l’écrivaine haïtienne Marie Vieux-Chauvet.FESTWMTRANSAMERPES AMOUR, COLÈRE ET FOLIE DE MARIE VIEUX-CHAUVET ADAPTATION THÉÂTRALE JOSÉ PLIYA lîœTlJRE^GÉE PAH BRIGITTËHAENTJENS AVEC MAGALI COMEAU DENIS 16 h 30 > COLÈRE LECTURE DIRIGÉE PAR DENIS M^LEAU AVEC CHRISTIANE PASQUIER 18 h > TABLE RONDE AVEC MAGALIE COMEAU DENIS COMÉDIENNE + MÉLANIE DEMERS CHORÉGRAPHE + RODN^ SAINT-ÉLOI ÉCRIVAIN ET ÉDITEUR 19 h 30 > FOLIE lecture DIRIGÉE PAH MARTIN FAUCHER AVEC POL PELLETIER « La voix claire et pure de cette romancière lucide et indomptable refait surface.T Une dernière chance pour entendre son chant.» Dany Laferrlèie, La Presse EN COLLABORATION AVEC L’USINE C 20 $ PAR LECTURE Toutes les sommes recueillies seront versées au CECI.514 844-3822 / 1-866-984-3822 / fta.qc.ca ^alr transat créaudn THÉÂTRE ST-DENIS 2-2D h B DU 8 AU 19 JUIN- BjlKIB1],KEIGra rTOrTTTTTTîtT ?UMÉVÉHBfflnÏRÂm œ™ iDüsisn^ »«.!»»»».DIANE ^ DUFRESNE ] II! ]| lagriuidefêieimiiciiltiireue ANGÉLIDIIE KDJD SÊÊmHIME AVEC omit IP&aAL ALAIN LEFÈVRE FRANCOFOLIES.COM THÉÂTRE ST-DENIS 2 514 790-1111 •ticketpro.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 • 1 866 842-2112 • laplacedesarts.com RENSEIGNEMENTS IHFO-FRAMCOS ^ Des)ardillt S QVIDÉOI^OJ B VIDÉOTRON ^ ______, _ e-, —.^ sf’cAiJ ,Æ sacemf eVIUbUIKUN ^ _____, _ >• -, 514076-0809 1 000 444-9114 rnumamm .SSSL rrancofoiiei.coni CanadS llSïSsu MofliréalO QuébecÉ E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 CULTURE MEDIAS Internet Canada Dry Pourquoi faut-il une bande passante plus performante et moins chère ?STEPHANE BAILLARGEON Il sera bientôt possible de copier une chanson ou un film à des fins personnelles au Canada, du moins si l’œuvre reproduite n’est pas protégée par un verrou électronique.Voilà la proposition du gouvernement fédéral au centre de la nouvelle mouture de son projet de réforme de la Loi sur le droit d’auteur déposée cette semaine.En bref, le téléchargement de produits culturels sera légalement possible, à certaines conditions.Encore faudra-t-il avoir la bonne connexion Internet pour y arriver.Or, au Canada, la bande passante s’avère généralement chère, relativement lente et réservée aux citoyens des villes.«Nous sommes passés sous le niveau de certains pays en déve- loppement», résume la profes-seure de FUniversité Ryerson Catherine Middleton, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies des communications dans la société de l’information.«Le Canada est à la traîne.En fait, notre place est de moins en moins enviable, surtout parce que les autres pays ont continué de s’améliorer alors que nous faisons du surplace.» Mme Middleton participait mardi à la rencontre intitulée «En quoi les médias numériques transforment-ils la société?», réunissant trois titulaires de chaires du Canada, dans le cadre du Congrès 2010 de la Eédération des sciences humaines.Le projet de réforme de la Loi sur le droit d’auteur était déposé le lendemain.Les preuves des retards canadiens s’accumulent jusqu’à FESTWMTRANSAMERIÇUES 27 MAI AU 12 JUIN « Une tempête chorégraphique née d’une poudrière » ^ d I - Cultures Sud POUSSIERES DE SANG SE^U BORO + SALIA SANOU > OUAGADOUGOU Usine C > 5,6,7 juin Un opéra-punk __ poiitique > MONTRÉAL » Agora de ia danse > 7,8,9 Juin ___« Des danseurs bourrés de taient >» - Berliner Zeitung FROM ME I CAN’T ESCAPE, HAVE PATIENCE! TÂNIA CAWALHO> LISBONNE » Théâtre Prospéra >8,9,10 ]Uin « Une œuvre riche, lumineuse, d'une grande puissance poétique » - Le Droit SÆ!S2s!^I/ARA / KABAS > TOIWO Place des Arts - Théâtre Maisonneuve >11,12 juin 514 844-3822/1-866-984-3822 fta.qc.ca +vidéos +photos plus soif.Les classements mondiaux favorisent maintenant le Japon, le Danemark ou la Roumanie.Ils placent immanquablement le Canada assez loin cjerrière, après les Etats-Unis.La bande passante canadienne est maintenant à la vraie bande performante, universelle, abordable et rapide ce que le Canada Dry est au champagne.Le pays est passé du second au dixième rang pour le taux de pénétration d’Internet haute vitesse mesuré en nombre d’abonnés par cent habitants.Pour la vitesse, le Canada se retrouve derrière la Moldavie, avec une pointe moyenne quatre fois moins importante qu’en Corée, en première place.Le branchement canadien a pris du retard notamment parce que les compagnies de télécoms rechignent à engager les investissements nécessaires pour couvrir, le vaste territoire national.L’Etat ne les force à rien en cette matière, alors que le service téléphonique est conçu cqmme un service essentiel.L’Etat ne s’implique pas beaucoup lui-même.Ottawa consacrera 250 millions de dollars au branchement haute vitesse des régions alors que Washington a annoncé un plan dépassant ce seuil de 7 milliards.Le gouvernement canadien a par contre lancé en mars une consultation sur l’avenir numérique du pays dans l’économie numérique.«Ailleurs, la compétition a fait baisser les prix et augmenter les services, dit encore la professeu-re Middleton.Il n’y a souvent que deux compétiteurs dans les régions du Canada.» \ A quoi bon ?Cela dit, comme le note bien la spécialiste, la plupart des internautes canadiens peuvent faire en gros ce qu’ils veulent sur Internet, c’est-à-dire naviguer sur un site d’information vite fait, bien fait ou envoyer des courriels.La bande passante ultrarapide au rabais, c’est pour les hyperactifs du Net.«La situation de certains autres s’améliore, mais notre propre situation n’est pas si terrible, dit-elle.Nous ne sommes pas un pays du Tiers-Monde, quand même.» La vraie fracture numérique, la vraie de vraie injustice de la dématérialisation, oppose les Canadiens des villes aux Canadiens des champs, eux-mêmes indéniablement tiermondisés.Dans le Bas-Saint-Laurent, à deux heures de la capitale nationale, 12 000 foyers et PME sur une population de 200 000 La connexion, même la plus rapide et la moins chère au monde, n’est finalement qu’un outil habitants attendent Internet haute vitesse même à un prix jugé exorbitant.«Il faut que ce problème soit réglé, poursuit Mme Middleton.Il faut trouver l’argent pour bâtir un réseau national complet.En Australie, un pays avec une densité de population similaire à celle du Canada, des décisions politiques ont permis d’assurer le branchement de toutes les communautés.» Surtout, pour elle, la question encore plus fondamentale concerne l’activité sur le Net, ce que les citoyens branchés y font.La connexion, même la plus rapide et la moins chère au monde, p’est finalement qu’un outil.«Etre connecté et bien connecté ne fait pas de soi un citoyen digital, résume la professeure.Dans notre analyse de ce problème, il faut lier la question du rang ou de la qualité des infrastructures à la question plus fondamentale de la participation citoyenne, de la vie publique, de l’accès aux services comme aux informations.» Le Canadian Internet Use Survey de l’automne 2009 montre que 80 % des Canadiens utilisent Internet avec 92 % de branchements domestiques.Par contre, à peine deux internautes sur cinq y passent cinq heures et plus par semaine.«Est-ce que ces chiffres tracent le portrait d’un citoyen engagé en ligne?demande finalement la spécialiste.Nous n’avons pas assez d’informations pour réponde à cette question.Nous avons aussi besoin de données pour établir des comparaisons internationales.» Des données préliminaires montrent qu’une très large majorité des internautes ne regardent pas la télé en ligne, ne lisent pas des thèses numérisées, ne se renseignent pas sur la dernière crise en Thaïlande.L’usage s’avère très superficiel et pratico-pratique, voire complètement absorbé par la consommation, le «citoyen digital» cédant le pas au «consommateur numérique», dans ce monde parallèle.«Un cliché tenace veut qu’une bande passante de qualité et bon marché engendre l’accès universel, qui engendre plus de démocratie, conclut la professeure.Songez seulement à ce que la plupart des gens font réellement sur Internet un jour ordinaire (un peu de Eace-book, un peu de météo.) et vous aurez un portrait plus juste de la situation, peu importe la bande passante.» Le Devoir UN NOM POUR L'ÉTERNITÉ.514 I 845-7277 SOUTENEZ LE THEATRE DE QUAT’SOUS EN INSCRIVANT UN NOM SUR LE MUR OUEST DU THÉÂTRE.www.quatsous.com LE DEVOIR DAVID CANNON Scène des Misérables, dans la mise en scène de Frédéric Dubois FrancoFolies Place à la comédie musicale Les Francos flirtent pour la première fois avec Part de Stephen Sondheim avec deux spectacles (a priori très différents) qui risquent de ravir les amateurs de musique, de chanson, de danse et de théâtre.LUC BOULANGER Il y a de la comédie musicale dans l’air.Après Belles-sœurs - théâtre musical et Le Blues d’là métropole - la comédie musicale sur l’œuvre de Beau Dommage, voilà que le prestigieux festival montréalais de la chanson francophone se met au rythme de la \ OiipEpp comédie musicale.yueoec, Laurent Saulnier, vice- il y a un président à la programmation et,à la intérêt de production chez Equi- , , pe Spectra, nous jure qu’auparavant «les ,T,arniiP nniir ErancoEolies n’avaient P^^^ jamais eu l’occasion de 00 genre de le faire».Or cette fois, pour spectacles à sa 22® édition, son , „ , équipe avait une belle ^ Broadway occasion.La production québécoise des Misérables — acclamée par 120 000 spectateurs depuis sa création, en 2008, au Théâtre du Capitole — se cherchait une vitrine montréalaise.Ensuite, Alain Simard, le fondateur des ErancoEolies, a eu l’idée de revisiter un des shows-cultes des années 1970: le Big Bazar de Michel Eugain.Serait-ce là une façon de récupérer une partie du manque à gagner après les compressions dans les subventions à leur événement par le gouvernement de Stephen Harper?«Produire une comédie musicale représente un investissement énorme, répond Laurent Saulnier.C’est rentable à long terme seulement.Or nous sommes un festival.Ce n’est pas avec huit ou douze représentations de Big Bazar qu’on peut espérer faire beaucoup d’argent.» Bon point.Reste que pour l’instant les billets s’envolent bien.Car au Québec, il y a un intérêt de plus en plus marqué pour ce genre de spectacles à la Broadway.«Ça fait aussi partie de notre culture», nuance Frédéric Dubois, qui signe la mise en scène des Misérables.«Dominique Michel, Denise Eilia-trault, Jean Guilda, pour n’en nommer que trois, ont tous commencé dans les cabarets.Une foule d’artistes québécois de la scène ont monté de petites comédies musicales à une autre époque», explique l’artiste, qui pense qu’on n’invente rien.50 millions de spectateurs plus tard.Doit-on présenter Les Misérables?C’est la comédie musicale la plus jouée de tous les temps avec plus de 50 millions 4e spectateurs dans le monde! A Londres, le musical de Cameron MacKintosh et Claude-Michel Schônberg détient le record de la plus longue exploitation continue de l’histoire: 25 ans! L’ancien record (21 ans) appartenait à Cats.Eté 2008.Dans le cadre du 400® anniversaire de la ville de Québec, le Capitole et son producteur Jean Pilote ont obtenu les droits exclusifs de Cameron MacKintosh pour créer une nouvelle version des Misérables.Nouvelle mise en scène, nouveaux arrangements et nouvelle distribution jeune et poljrvalente.Et c’est à un diplômé du Conservatoire de Québec (promotion 1999) qu’est revenue la tâche de monter ces Miz\ Dubois a collaboré avec La Bordée, le Trident et dirige le Théâtre des Fonds de tiroir à Québec.Le metteur en scène croit qu’il n’y a que dans la ville de Régis Labeaume et Robert Lepage qu’un producteur ose risquer de confier les rênes d’un spectacle de cette envergure à un jeune de 30 ans.Mais, Misérables ou pas, Frédéric Dubois est de moins en moins inconnu.Il s’est fait remarquer par ses mises en scène originales à Québec et à Montréal, et a remporté le prix John Hirsch, en 2008, du Conseil des arts du Canada.«Ma première préoccupation a été d’être au service de ce grand t^e de Victor Hugo», explique Dubois au téléphone, de Québec, entre deux répétitions, l’une pour une création au Carrefour international de théâtre, l’autre pour un Réjean Duchar-me [Inès Pérée Inat Tendu] qu’il montera en juillet avec sa troupe.«Je ne souhaite pas faire comme à Londres ou à New York, porusuit-il.Je viens du théâtre et je n’ai pas voulu utiliser les patterns de la comédie musicale traditionnelle.On commence le spectacle avec un plateau vide, dans le dépouillement total.J’ai misé sur l’humain, les 36 interprètes et le chœur pour raconter cette formidable histoire.» Sa distribution, qu’il a complétée après avoir vu 250 personnes en auditions, met en vedettes les Gino Quilico (dans le rôle de ce pauvre Jean Valjean), Geneviève Charest (Fantine), Mjuiam Brousseau (Cosette), Jean-Raymond Châles et Kathleen Fortin (les Thénardier), Kevin Houle Oînjolras) et Cari Poliquin (Marius).« C’est comme un oiseau.» Du côté du Nouveau Big Bazar, on semble nager davantage dans la revue chantée.que dans la comédie musicale à la Rogers & Hammerstein.Qn risque aussi de baigner dans une belle nostalgie (à la Mamma Mia) pour tous ceux qui ont aimé et chanté à tue-tête les succès éternels de Michel Eugain: son spectacle avait été présenté à la Place des Arts de Montréal en 1974.Une douzaine de comédiens-chanteurs-danseurs (dont, évidemment, des anciens de Star jjcadémie) seront dirigés par Edith Myers (Joe Dassin - Une grande fête musicale).Sur la scène, ils entonneront avec gaieté La Eête, Bravo monsieur le Monde, Eais comme l’oiseau et Une belle histoire.Sur des chorégraphies d’une autre pro du genre depuis qu’elle a collaboré à la très bonne version québécoise de Chicago: Geneviève Dorion-Coupal.Qn ne badine pas avec l’amour de la comédie musicale aux Francos.Collaborateur du Devoir LE NOUVEAU BIG BAZAR Théâtre Saint-Denis 2, du 8 au 12 et du 16 au 19 juin.LES MISÉRABLES Salle Willnd-Pelletier de la PdA du 8 au 20 juin. LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 E 5 CULTURE SOURCE BENGT WANSELIUS C’est l’ensemble de la proposition scénique qui crée l’univers à part de Saburo Teshigawara.Festival TransAmériques Le bouddha de l’harmonie Deux fois primé par le public montréalais, le Japonais Saburo Teshigawara revient incarner Miroku FREDERIQUE DOYON Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d’une étoile qui danse», écrivait Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra.La phrase sied comme un gant au chorégraphe japonais Saburo Teshigawara, qui revient à Montréal après dix ans d’absence présenter Miroku au Festival TransAmériques.«Pour moi, le chaos est source de vie; le corps, et l’univers lui-même, n’existe que par une lutte permanente entre le chaos et l’harmonie», disait-il en 2009 dans une entrevue accordée au Festival d’automne de Paris.Si une danse pouvait modi-her les lois physiques et psychiques, ce serait sûrement celle de ce grand maître, vu trois fois à Montréal.On dirait qu’il dialogue avec les éléments, le minéral autant que l’air, qui «nous permet de bouger librement», souligne-t-il au Devoir.11 sait «danser l’invisible», selon le titre d’un superbe portrait documentaire de l’artiste réalisé par Elisabeth Coronel et présenté récemment au FTA.Le dernier-né de ses solos remonte à 2007.Miroku est le bouddha de l’harmonie, «celui qui vient du futur pour nous sauver», précise l’artiste dans une entrevue au Devoir, réalisée par courriel.Ce futur semble pourtant aussi fuyant que l’harmonie qu’il nous promet.«L’harmonie est probablement un mystère.Je dis cela parce que je ne sais pas, je n’ai jamais expérimenté une harmonie totale», nous écrit celui qui proposera pourtant une oeuvre d’une heure sur ce thème.Tension perpétuelle entre équilibre et conflit, l’harmonie est toujours à redéhnir, selon le philosophe-danseur.«Ni fixe, ni stable, c’est une situation d’équilibre, en constante transformation, décrivait-il dans l’entrevue accordée au Festival d’automne de Paris.L’harmonie n’est jamais achevée — elle demande une lutte avec ses propres doutes.» 20 800 jours A 57 ans, Saburo Teshigawara continue de fasciner par sa danse.Interprète unique, il sait (encore!) bouger avec la fluidité de l’anguille ou le staccato rapide d’un contact synaptique.Mais c’est l’ensemble de la proposition scénique qui crée Tunivers à part de cet artiste total.«La chorégraphie n’est pas isolée et séparée de mes autres intérêts, explique-t-il au Devoir.Elle est spatiale, musicale, structurée et est connectée aux autres formes d’expression.» Car en plus de chorégraphier et de danser, il signe aussi les éclairages, la scénographie et la musique de ses oeuvres, qui contribuent à troubler les perceptions spatio-temporelles du spectateur.11 a également créé des installations, réalisé des vidéos, et mis sur pied un programme pédagogique.Dans Miroku, le maître japonais a notamment créé d’imposantes installations lumineuses qui interagissent avec son corps.Ces jeux de lumière à dominante bleue indiquent un rapport au temps, de l’instant à l’éternité, comme le ciel, qui évoque pour lui, par sa profondeur infinie, le Z r FRED TANNEAU AFP Saburo Teshigawara temps au-delà de l’espace.«Je planifie tout afin que la sensation physique, la pression environnante, l’accélération temporelle, la réalité et l’illusion optique, la libération auditive et le chaos dans le corps oscille continuellement entre harmonie et dysharmonie», explique-t-il.(/ plan everything in order for physical sensation, spacial pressure, timely acceleration, optical reality and illusion, auditory liberation, and chaos within the body, to be controlled, and continuously be among harmony and disharmony) Formé en arts plastiques et en danse classique, Saburo Teshigawara a fondé sa compagnie, Karas (corbeau, en japonais, qui est un oiseau de bon augure là-bas), en 1985 avec la danseuse Kei Miyata ahn de chercher «une nouvelle forme de beauté».Ses solos, il les aborde davantage comme des duos, car il ne détache jamais son «soi» des éléments qui l’entourent.En objectivant ainsi le soliste, ce dernier est nécessairement en relation avec divers facteurs, alors il n’est pas isolé.Ce qui veut dire qu’on peut aussi appeler le solo un duo.Cette constante mise en perspective des notions les plus acquises va jusqu’à toucher son âge, qu’il ne déhnit pas en années passées, mais en jours sentis, vécus et à venir.Plus de 20 800 jours sur terre et combien d’autres encore à danser avec l’air?Le Devoir MIROKU Chorégraphie de Saburo Teshigawara présentée dans le cadre du FTA, les 11 et 12 juin au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.SOURCE BENGT WANSELIUS En plus de chorégraphier et de danser, l’artiste signe aussi les éclairages, la scénographie et la musique de ses œuvres.FESTIVAL njTTOBTKm DEMOUTRML RioTinto Alcan Le festiv/\l débute dans de 5 SEMMNES m I11C DF.25 PLUS DE ^ 150 COÎSCERTS EN VENTE^.MAINTENANT! 19 h 30 ¦ EVENEMEI^ SPECIAUX CBC Radio-Canada SALLE WILFRID-PELLETIER • PdA pala d’ouventure av^eji « Lionel Richie ^conceit et Ca^andra Wils^ etses itiusiciens y f |k VENDREDI 25 ET SAMEDI 26 JUIN A 19h VENDREDI 2 JUILLET m KEITH JARREn, GARY PEACOCK e.JACK DEJOHNEHE : légendaire | GROUPE BRITANNIQUE THE MOODY BLUES SAMEDI 3 JUILLET J MARDI 6 JUILLET 18 h-EN VOIX RioTintoAlcan Première partie: MELISSA LAVEAUX TRIO THEATRE MAISONNEUVE • PdA LUNDI 28 JUIN BOBBY McFERRIN VOCAbuLarieS MERCREDI 30 JUIN RICHARD BONA The Ten Shades of Blues A ¦ VENDREDI 2 JUILLET LES GRANDS CONCERTS LE LÉGENDAIRE CHANTEUR de stand BY ME, SPANISH HARLEM SAVE THE last DANCE FOR ME El there goes MY BABY! BEN E.KING DIJVIANCHE 4 JUILLET, 21 H30 THEATRE MAISONNEUVE • PdA LE 3^ CLASSIQUE ANNUELLE DU BIG BAND AMERICAIN B DIMANCHE 4 JUILLET, 14h et 18h THEATRE MAISONNEUVE • PdA Accompagné de: HOWARD MOODY AU GRAND ORGUE VENDREDI 2, 20 H * EGLISE ST-JAMES 20 h-JAZZ BEAT en collaboration avec •«Si» 93.5S THEATRE JEAN-DUCEPPE, PdA Première partie: OMAR SOSA SOLO RON DI LAURO PORGYAND BESS as performed by MILES DAVIS ESPACE Caoteoar tr musique ioa7“ SAMEDI 26 JUIN MERCREDI 30 JUIN 20 h 30-RYTHMES Bdl MÉTROPOLIS 96 np PLACES ASS SES DIMANCHE 27 JUIN PROGRAMME DOUBLE THE FABULOUS THUNDERBIRDS et TAJ MAHAL & THE TRIO LUNDI 28 JUIN présenté par AIRFRANCE.^ Ne manquez pas la nouvelle serle des stars de la révolution du ?Théâtre du Nouveau Monde! Cl DIEGO «EL CIGALA^>.ET SE.S^MUSICIENS LA'VOIX.DU FLAMENCO EN ESÉA6NE! 29 ET 30 JUIN » ''H lENCO / Y N chan0-^'':4i QaMINGUE.Z FLAMENW)i^iEW EN TRIO AVWCHANTEUR ËT DANSEUR â'Tjf 28 JUIN oasniiMmi J"""" [liaeiniffliD'Mis scffiffinaiif gUfSrflMMID'l ^ BILLETTERIE CENTRALE ^ DU FESTIVAL: (D MÉTROPOLIS 59, rue Sainte-Catherine Est JST 514 790-1111 / ticketpro.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 iapiacedesarts.com THEATRE DU NOUVEAU MONDE 514 790-1111 ticketpro.ca EGLISE ST-JAMES 514 790-1111 ticketpro.ca (sauf pour les événements présentés à la Place des Arts) MONT^EALIAZZFEST.COM POURTOUr CONNAITRE DE NOS CONCERTS EN PREVENTE ET DE NOS EXCLUSM1ES, INSCRIVEZ-VOUS A LTNFOLETTRE DU FESTIVAL : MONTREAUAZZFEST.COM/INFOLEnRE CBC Radio-Canada Canada Québec î jSSBell 514 871-1881 1 888 515-0515 montreal jazzFest.com E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 DE VISU i 1 GUY L’HEUREUX Untitled (Landscape), 2010, de Trevor Kiernander Le chaos raffiné de Kiernander TO BUILD A HOME Trevor Kiernander Galerie Art mûr, 5826, rue Saint- Hubert Jusqu’au 19 juin Qittp://tmw.art-mur.œmwww.artmur.coni) JÉRÔME DELGADO La peinture tient le haut du pavé cet été.C’est ce que 16 galeries de Montréal énonceront avec une série d’expositions qui rappellera le Peinture peinture de 1998 — on s’en parle bientôt.En attendant, rue Saint-Hubert, la galerie Art mûr, qui ne sera pas de l’événement, devance ses consoeurs.La peinture de Trevor Kiernander, qu’elle expose encore pour deux semaines, en est une explosive, tiraillée qu’elle est par les manières de procéder.Art mûr a longtemps joué les excentrés, avec sa localisa- tion hors des quartiers habituels à l’art contemporain (jadis le secteur du marché Atwater, celui de la plaza Saint-Hubert depuis quelques années).Elle peut se targuer d’appartenir aujourd’hui à une certaine élite.Elle est une des galeries qui participent au renouveau du marché local; elle en prend même le leadership — Rhéal Olivier Lanthier, copropriétaire d’Art mûr, préside l’Association des galeries d’art contemporain.Rue Saint-Hubert, on s’est souvent tourné vers les artistes en début de carrière.Entre autres avec l’expo Peinture fraîche, moment de l’été où on réunit la crème des finissants de différentes universités canadiennes.C’est le cas de Trevor Kiernander, qui en faisait partie en 2006.Et depuis, mine de rien, ce diplômé de l’Université Concordia (baccalauréat) est déjà à sa deuxième présence solo à Art mûr.C’est dire la confiance mutuelle qui s’est établie entre les marchands et les jeunes artistes.La manière Kiernander, qui poursuit une maîtrise au prestigieux Goldsmith College de Lon- fait, ligne et tache, bordure et intérieur.Dans les meilleurs cas, les deux grands Untitled (Landscape) invitent à l’interprétation; dans les plus faciles, un visage domine l’œuvre.L’image du palimpseste, qu’utilise Sarah Wilkinson, une des auteures invitées par la galerie à écrire Galerie Walter Klinkhoff AU SERVICE DES COLLECTIONNEURS DEPUIS PLUS DE 50 ANS 1200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A1H6 | 514.288.7306 www.klinkhoff.com Si VOUS songez à vendre des oeuvres d'art d'importance, nous vous invitons à nous consulter, en toute confidentialité, à info(5)klinkhoff.com Black Fire André Fournelle Prolongation jusqu'au 13 juin 2010 galeriericdeviin 3550, rue Saint-Jacques Ouest (coin Rcse-de-Lima, deux rues à l'ouest d'Atwater) Métro Lionel-Gioulx I 514885-4238 Heures d'ouverture : Jeudi au dimanche de12hà17h Kiernander puise à gauche et à droite.Dans les genres, entre figuration et abstraction, entre nature et paysage construit.dres, fait partie de cet élan actuel très fort de la peinture à Montréal — et dont l’Université Concordia est une des sources.La manière de Kiernander, à l’instar de bien d’autres productions contemporaines (cçlles de Dil Hildebrand ou d’Étienne Zack, pour n’en nommer que deux parmi celles apparues ces dernières années), juxtapose des univers disparates.Ses compositions s’inspirent du chaos et se servent du motif de l’architecture comme d’une excuse pour parler espace pictural.Kiernander puise à gauche et à droite.Dans les genres, entre figuration et abstraction, entre nature et paysage construit.Dans les techniques, comme s’il ne se branchait pas entre l’acrylique et ses textures mates et l’huile et sa luminosité.Et comme intermédiaire à ces deux tjqjes de peinture, il utilise de manière récurrente le ruban à masquer.Voilà un entre-deux par- sur Kiernander, est fort appropriée.Le peintre semble renouveler ses idées sans arrêt, travailler ébauche sur ébauche et effacer un motif au profit d’un autre.Aussi, la figure au centre de ses premiers tableaux (l’expo Un certain détachement, 2007) est disparue, envolée en fumée, ou sous une nouvelle application de la matière, comme dans une petite huile Untitled d’un rouge puissant.L’exposition To Build a Home, ensemble de 17 tableaux, propose presque un parcours chronologique.Les œuvres visibles de la rue sont les plus «anciennes» (de 2008).Le hall accueille des pièces de 2009 Abandon-ned, une des moins littérales).Puis, dans la grande salle, l’accrochage affiche les plus récentes créations, certaines exécutées tout juste avant le vernissage.L’artiste se perfectionne, du moins son art semble se diriger vers un raffinement, vers des compositions plus épurées.Tout autant chaotiques, mais plus concises.Collaborateur du Devoir Associations libres LIVING THINGS CARTE GRISE À ROY ARDEN Chez Dazibao, cenRe de photographie actuelle 4001, rue Berri, Montréal Jusqu’au 26 juin MARIE-ÈVE CHARRON Il est sans doute convenu de dire que l’image photographique possède une clarté descriptive.Elle peut en effet reproduire, dans ses moindres détails, le monde visible.Sans bougé ou sans flou, la surface photographique se fait même oublier; sa transparence lui permet (le s’effacer au profit de ce qu’elle représente.C’est cette propriété de la photographie que Roy Arden fait valoir dans l’exposition en cours chez Dazibao.L’artiste de Vancouver, de réputation internationale, y est invité à titre de commissaire dans le cadre de l’annuelle Carte grise du centre d’artistes.La démonstration de Roy Arden repose sur une sélection d’images ayant poiu thème des animaux, des végétaux et aussi des figures humaines.L’artiste se montre ainsi comme un fervent observateiu du monde, soutenant qu’une des tâches principales de la représentation visuelle consiste, poiu l’humain, à faire l’inventaire des choses qui l’en-toiuenf à commencer par la nature.(Jette ligne directrice a été suivie par Arden avec beaucoup de latitude, puisque les neuf artistes retenus montrent qu’il est possible de faire une intenjréta-tion assez large du potentiel des images à étudier les organismes vivants.Comme il le précise lui-même, l’autre facteiu qui a présidé à la sélection des œuvres est son admiration poiu ces artistes.Cette exposition s’avère donc aussi un portrait des affinités électives de Roy Arden avec d’autres photographes qui partagent en général son intérêt pour une certaine forme de réalisme.Figures humaines et natures mortes L’artiste-commissaire retrouve notamment dans sa propre pratique les enjeux qu’il souhaite explorer avec cette exposition.Son œuvre Solar montre un buisson fleuri dont la netteté est compromise par l’excès de lumière.Pour Arden, c’est l’exemple du rôle fondamental de la lumière dans la photographie: sans elle, rien n’est visible, mais si elle est en trop grande quantité non plus.(Jette œuvre donne l’expérience d’un seuil, d’une limite à ne pas dépasser, et rappelle les conditions minimales pour que le sujet apparaisse dans l’image.L’exposition débute toutefois par des figures humaines où il est question du regard, lequel après tout rend d’abord possible l’observation du monde.La première image est une œuvre des années 1990 de Geneviève Ca-dieux qui isole un œil au centre de la surface.La paupière fermée et humide de l’œil suggère un repli intérieqr marqué par un drame émotif.À côté, l’autoportrait de Wols, peinfre lyrique alle- Du 5 au 9 août CHICAGO - CHICAGO Réservez vite : 4 places disponibles! 13 juin- MONT-SAINT-HILAIRE Carnet de voyages au pays d’Ozias Leduc 19 juin - Exposition à QUÉBEC Au temps de la Reine Victoria Les^^ ^jeaux detours www.lesbeauxdetours.conn 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Le bal du soccer, Métaphores et mascarades Rencontre de deux mondes : l’art et le sport Dessins, gravures, pastels et peintures d’Eugène Abrams, membre de la Sodac.Jusqu’au 12 juin 2010 ¦tUTRIMONT^ ^ Q.C.I.inc 4259 RUE STE-CATHERINE O.(entre Greene, et Clarke), WESTMOUNT 514 658-7214 mand qui a aussi pratiqué la photo, provoque un contraste frappant et un rapprochement étonnant.Le visage de Wols est fron-talement cadré, ses yeux bien ouverts sollicitant le regard des spectateius.L’accrochage se poiusuit avec un portrait par Olga Chagaoutdi-nova de sa famille et une autre photo de Cadieux, mettant cette fois à l’honneur une main ouverte.Elle invite assurément le regard à suivre cette direction ou à observer les détails.C’est comme si ce motif indiquait comment se tenir devant l’image, devant toute image.Bien qu’il soit possible de tisser ces liens entre les œuvres, aucune logique explicite ne préside à leiu organisation, qui semble plutôt portée par le principe de l’association libre.Suivent d’ailleurs des images de Moyra Davey qui scrutent au ras (lu plancher une accumulation de poussières et une photo d’Anthony Hernandez magnifiant une boîte de carton décatie flottant siu im plan d’eau transfiguré par une multitude d’algues d’un vert tonique.L’accrochage ne ménage pas ensuite d’autres heurts, ou contrastes, entre des images de régime différenf mais qui suggèrent des rapprochements thématiques ouverts.Sous forme de grille, les photos noir et blanc de Jochen Lemper t déclinent une trentaine de vues de pingouins à la manière d’une étii(îe naturaliste tandis que l’œuvre de Stephen Waddell monfre un bord de plage animé par des présences humaines.À l’avant-plan, un personnage féminin fait dos à la lentille du photographe et fait écho en quelque sorte à son point de vue sur la scène.Le spectateur verra aussi une boîte lumineuse de Jeff Wall.Clipped Branches sied à l’ensemble (le l’e^osition en ce sens qu’elle ne lait pas partie des photos de Wall où il exploite les effets de mise en scène.Il s’agit plutôt d’une vue banale en légère plongée d’un pied d’arbre au côté duquel s’accumulent (Quelques fronçons de branche taillés, réconciliant ainsi nature et inter-veption humaine.À travers ces ruptures de ton entre les photographies, Arden force à constater comment l’accrochage et le montage des images entre elles construisent une certaine lecture du monde plutôt que d’en faire le simple enregistrement mécanique.Bien qu’Arden cherche aussi à faire ressortir la diversité, et la qualité, des avenues empruntées par les artistes dans leur manière de représenter les organismes vivants, il reste que certaines des œuvres, de Cadieux, Waddell et Chagouatdinova par exemple, ne gagnent pas, ou peu, à être considérées sous cet angle.Collaboratrice du Devoir SOURCE CARTE GRISE Everything #19, photo d’Anthony Hernandez I œuvres choisies g Cz Galerie d’Art 5157 Bld.Saint-Laurent T 514 279 4247 gala@qc.aira.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 E 7 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Portes ouvertes chez Ali Baba CHRISTOPHE HUSS Internet fait le bonheur croissant des mélomanes intéressés par Uhistoire de Tenregistre-ment.De nombreux documents sonores, parfois rarissimes, sont désormais accessibles gratuitement en toute légalité.Il y a dix ans encore, Tédi-tion phonographique d’enregistrements historiques était une affaire très lucrative.Les étiquettes anglaises Pearl ou Biddulph, le français Lys, ont fait leur miel — et leur fortune — de cette activité en vendant 30 $ des CD reproduisant des 78 tours libres de droits.Marché chamboulé Sur le plan juridique, l’affaire est blindée.La législation française a trouvé le beau nom de «droits voisins» pour définir de quoi il en retourne.Ces «droits voisins du droit d’auteur» sont accordés aux artistes-interprètes sur leurs interprétations, aux producteurs de phonogrammes (et vidéos) sur les œuvres qu’ils ont financées et aux entreprises de communication (radios) sur les œuvres qu’elles diffusent.L’épuisement des droits voisins amène l’objet (en roccurrence l’enregistrement) à tomber au bout de 50 ans dans le domaine public.Cette règle des 50 ans vaut dans l’Union européenne comme chez nous, où l’Office de la propriété intellectuelle du Canada adopte la dénomination d’«autres objets du droit d’auteur».S’agissant de la musique, vous pouvez en déduire que, depuis trois ans environ, les premiers enregistrements stéréophoniques tombent progressivement dans le domaine public.En classique, on quitte ainsi l’univers de Toscanini pour entrer dans celui de Glenn Gould, Fritz Reiner, Charles Munch ou Leonard Bernstein.Ces enregistrements libres de droits ont, par exemple, fait le bonheur des producteurs des coffrets d’Edgar Fruitier, très majoritairement constitués d’archives cinquantenaires gratuites.Maintenant, on a le choix d’acheter un coffret d’Edgar Fruitier ou de se servir gratuitement sur Internet! En fait, ce n’est pas si simple ou si tranché que cela: Edgar Fruitier sélectionne thématiquement des extraits musicaux à l’intention d’un public non averti, alors que la démarche d’aller chercher des archives sonores sur Internet implique un minimum d’intérêt ou de connaissances.Le fait est que le marché des transferts intégraux, en CD, des grands enregistrements du passé est désormais chamboulé.Naxos y a ouvert une brèche, il y a dix ans, en divisant de plus de moitié le prix de vente des disques historiques.La collection «Naxos historical» est devenue aujourd’hui la première source d’enregistrements historiques.La création, il y a deux ans, du Met Player, site Internet du Metropolitan Opera, permettant, avec une formule d’abonnement, d’accéder aux archives et d’écouter en streaming des représentations historiques, a porté un coup très dur aux éditeurs et distributeurs de disques documentant des soirées lyriques historiques.Les étiquettes Myto, Walhall, Geb-hardt et autres sont en perte de vitesse.Mais pour qui désire archiver des documents, la caverne d’Ali Baba s’ouvre depuis un an et demi environ.Dans le domaine du téléchargement gratuit d’enregistrements tombés dans le domaine public, on trouve des sources publiques ou semi-publiques et des initiatives privées ou individuelles.Institutions L’European Archive Foundation {www.europarchive.org), créée en 2006, vise à mettre à disposition gratuitement des collections du domaine public issues des archives nationales des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la France.Le volet musique classique comprend 842 albums microsillons.Après une croissance initiale rapide, le projet semble plafonner un peu.Le site Europarchive propose le choix entre plusieurs types de formats sonores, plus ou moins compressés.Mais les documents sont souvent «postés» tels quels, sans soin ou souci de la qualité sonore.Sur certains on entend l’aiguille de la platine tourne-disque labourer une fin de face pendant des minutes.Un logiciel tel qu’Audaci-ty (gratuit) est recommandé pour polir des documents largement défraîchis.Le site europarchive.org est partenaire d’Internet Archive {www.archive.org), basé à San SOURCE ARCHIVES CHARM Elgar en 1914, en plein enregistrement Francisco, source la plus large et la plus profuse de documents de toutes sortes — dont plus d’un million de livres.Il n’y a pas vraiment de section classique digne de ce nom: beaucoup de temps est nécessaire pour glaner un maigre butin.Fascinant, au contraire, est le CHARM, Centre for the History and Analysis of Recorded Music, du King’s College de Londres {www.charm.rhul.ac.uU).On évolue là dans le très sérieux et, souvent, le très rare.Le site est facile d’utilisation: il suffît de chercher dans «Sound files».Tous les documents (britanniques en quasitotalité) sont traités avec le plus grand soin et postés en format FLAG (Free Lossless Audio Codec) , qui préserve leur qualité sonore.Images des étiquettes et détails complets sont associés aux fichiers.Le coin des passionnés Outre les institutions, des individus plus ou moins généreux et désintéressés mettent à la disposition du public de la musique parfois rare.Ancien qnimateur de radio en France, Eric Lippman a créé www.mu-sigratis.com.Il suffit de s’inscrire, c’est gratuit et on peut écouter ou télécharger des enregistrements du domaine public classés par chefs, par chanteurs, par solistes, etc.L’assortiment est composé d’enregistrements connus et les fichiers MP3 sont compressés à 128 ou 160 kbps, ce qui est insuffisant en classique, surtout quand on veut écouter Berlioz dirigé par Charles Munch.Musigra-tis intéressera peut-être les non-initiés.Pour les grands amateurs, il y a des blogues quasi miraculeux de collectionneurs désintéressés, animés par le seul désir de partager leur passion et leur érudition.Les deux plus spectaculaires, d’ailleurs construits sur le même modèle, sont quar-tier-des-archives.blogspot.corn, en français, et nealshistoricalcor-ner.blogspot.com, en anglais.Dans le premier, beaucoup de documents français jamais réédités, comme ces sept enregistrements du Quatuor Loewenguth — discographie complète en prime! —, la seconde cantate de VOratorio de Noël par Fritz Munch (le frère de Charles),, avec Hugues Cuénod en Evangéliste, ou Jacques Thibaud dirigeant Henryk Szeryng dans le Concerto pour violon de Beethoven en 1950.Selon les confidences de mon collègue Claude Gingras, c’est tellement rare que même Szeryng lui-même ne possédait pas cet enregistrement! Le site anglophone NeaVs Historical Corner comporte encore davantage de fichiers (en bon MP3 ou en FLAG): Vincent d’Indy jouant ses propres œuvres, Siegmund von Hauseg-ger dirigeant Liszt, etc.Dernière marotte en date: un filon d’enregistrements historiques tchèques Ultraphon des années 1930 et 1940.Pour happy few,^ certes.Mais ceux-là ont de quoi être vraiment heureux! Le Devoir La fanfare des dieux SERGE TRUEEAUT Supposons ou admettons, c’est au choix, qu’on n’aime plus le jazz, qu’on lève le nez sur le blues et ses succédanés, qu’on prend la poudre d’escampette dès qu’une note de country ou de folk ou de folk-country fait écho.Pour faire court, mettons qu’on n’aime plus les musiques mais qu’on aime toujours la musique.Que nous reste-t-il à faire?Une seule solution: appeler le dieu des dieux, soit Cronos «hymne-selfe».Allô Cronos, ça gaze?T’as le moral?Tas la santé?Bon.On te propose un troc.D’abord, faut que tu saches que ton fils Zeus veut te zigouiller.En échange de cette info d’initié, on te demande de nous envoyer de la zizique en t’abstenant de la faire livrer par Pandora.Tu nous as fait le coup une fois.on a beaucoup donné.ça suffît.Eau quai?On vous parie n’importe quoi, des dollars de qualité caviardée par le pétrole, des euros ISO zéro déficit, des palettes d’or ou des tapis persans tissés par Pénélope, on vous parie donc qu’il va nous refiler la nouvelle galette de la fanfare Pourpour intitulée — notez bien le titre — Danse des breloques, qui a pour synonyme: La valse des babioles bariolée de sympathies, de joies, de rires, de subtilités, de rythmes contraires à la tristesse du tango.Respect et admiration Cet album est admirable.Parce qu’il est bon, dans le sens contraire du mal.Parce qu’il est généreux, donc adversaire des tartuffes perclus d’avarices.Parce qu’il est aussi essentiel que l’eau l’est à Pernod, le seul alcool qui fait boire de l’eau.Parce qu’il est fait de palettes sonores propres à satisfaire le bipède de 7 à 77 ans sans qu’il soit besoin d’envoyer Tintin au Congo, ou Cocon en verlan.Ça commence à la gare avec 6250 La Track de Luzio Altobelli, accordéoniste de son état.Au début, on s’est demandé: de quel chemin de fer s’agit-il?En vingt secondes, on a saisi.La fanfare Pourpour, dont le seul défaut est son nom qui interdit le verlan comme l’envers, est à Istanbul.On s’est dit ça parce que c’est aussi orientalisant qu’enlevant.Tenez, on s’est même dit que, si François Truffaut ou Fautru avait adapté ce roman d’Eric Ambler baptisé Le Masque de Dimitrios, il aurait choisi 6250 La Track comme musique de son film, musique si limpide qu’elle n’a rien de byzantin.Oui, d’accord, byzantin.elle est facile.C’est ça pareil.il Ensuite, ils embrayent avec Pour des ours de Guido Del Fab-bro, violoniste de son état.Savez quoi?On a revu Amarcord de Fellini avec cette chorégraphie dédiée aux ours comme bande sonore, et non la musique de Nino Rotta.Et Dieu sait, Cronos et pas l’autre, si on l’aime, le Rotta.Ensuite (pis), Cest Partir, écrit et composé par le guitariste Luc Prouk, que le trompettiste Nemo Venba, ou Money Basvent, interprète.Là, on a fait un bond dans l’espace des Amériques.Ça débute.On entend la guitare de Johnny Cash puis des pirouettes sonores irlandaises.Décontenancé mais joyeux, on a pris Ricard, histoire de décompresser un peu, parce que Pernod est l’alcool des Parigots têtes de veau.Ensuite {re-bis), Willi Grosse Baleine de Venba arrangé par Venba.Et alors?On a été hypnotisé.Pas par Pandora et sa boîte à malices, mais par le son du ténor, celui de Stéphane Ménard.Eau nom dé diou! Il a un gros son.Autrement dit, il n’a pas le son sec, le son académique.Dit autrement, il a un son qu’aurait apprécié Buddy Tate ou Lester Young.On exagère?Ben voyons.un sudiste qui exagère.qu’est-ce qu’il faut pas entendre! Ensuite (pis + 4), c’est Sujet à changement, écrit par qui?Jean Derome, dont l’en-soi du nom est gage de qualité.C’est magique.C’est beau.Bonté divine! Tellement qu’on a abandonné Ricard pour l’ouzo, histoire de trinquer avec le Grec aujourd’hui désargenté par Moody’s, ou Dk-maux.Les dk-maux du malheur écono.Zut! On manque d’espace.Bon.Madame Lou Babin, madame au sens grec ancien, celui de la politesse préalable obligée à la politique, madame Babin accordéoniste qui animez cette fanfare depuis des lunes, on tient à vous transmettre tous les verbes qui se conjuguent avec respect et admiration.On vous tire le chapeau.Pas le petit béret auvergnat, mais bien le haut-de-forme.Le Devoir CONCOURS ABONNEZ-VOUS AVANT LE 30 JUIN 2010 ET COUREZ LA CHANCE D’ÊTRE PARMI LES 30 PERSONNES QUI PRENDRONT PLACE SUR SCÈNE, LE TEMPS D’UNE ŒUVRE.1 i sîüsisasiiisfiii asisiaassisa .aaaia ":aiaaaii.aa;aaaiai sa!,,»»., ,»,.»aiaa!., "aaiisaaia"’ a “’aasi,.a ar'aa as ar" .hJ aa s a" ‘a aa aaàiaâa ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN ¦aai aaa" .Eaai i,!ar iaiiiaa; "î aai "'iBr' ai "'isâîi,.aaaaiB! 'asaaa Sa” liasiiE EBBiaB! ' “aiE! ‘ laaa" aaBai::aa:aaB.; iaiaaaiaaiaaaBB,, "a ‘a!aaai!!r"""ia!a iaiaiaaaaBBi lï ÎÎÎÜIm : aa aaaa È .aaBisiBi" ,.s:b!.assai.aiaai .aiaaaa aa ,,, aaa!,._.i iaaiBBia a « aaaaa: .aaia UNE PRÉSENTATION DE Hydro Québec f EN COLLABORATION AVEC MAHLEB t LA SYMPHONIE DES MILLE CHEF YANNICK NÉZET-SÉGUIN L'ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN PARTAGERA LA SCÈNE AVEC L'ORCHESTRE DU CENTRE NATIONAL DES ARTS • PLUS DE 300 CHORISTES ET 8 SOLISTES PARMI LES PLUS GRANDES VOIX DU CANADA DIMANCHE 20 JUIN 2010,16 H SALLE WILFRID-PELLETIER, PDA ABONNEMENT 514 598 0870 ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM Québec i H LE DEVOIR canadien Heritage PHOTOGRAPHEJOHNLONDONO Montréal ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM s O F I T E L Paragraph °.î "O laplacedesarts.com ¦*'*¦*' 514 842 2112/1866 842 2112 514.598.0870 QUEBECOR S O F I T E L ConaeH des arts ataosMtns Québecc CONSEIL DES ARTS Conseil des Arts Canada Council ) duCanada fortheArts E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 CULTURE CINEMA Mieux vaut en rire SPLICE Réalisation: Vincenzo Natali.Scénario: V Natali, Antoinette Terry Bryant, Doug Taylor.Avec Adrien Brody, Sarah Polley, Photo: Tet-suo Nagata.Montre: Michele Conroy.Musique; Cyrille Aufort.Canada-France-Etats-Unis, 2010, 104 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Jouissant d’un budget de recherche à la mesure de leur réputation de petits génies, Eisa et Clive sont parvenus à créer une nouvelle espèce en fusionnant diverses souches d’ADN.Leurs visées: isoler certaines cellules, enzymes et autres tissus ahn de guérir la plupart des maladies dégénératives et, éventuellement, le cancer.Les visées de la compagnie pharmaceutique qui les hnance: faire un proht rapide et remettre à plus tard la cure universelle.Entêtés et, on le comprend vite, particulièrement stupides, Eisa et Clive, femme et mari sans enfant, feront h des directives et mèneront à terme leur expérimentation, laquelle engendrera une splendide créature humanoïde, Dren, dont chacun se prendra à tour de rôle d’une affection teintée de crainte et de fascination.Quatrième long métrage du Canadien Vincenzo Natali, Splice est aussi hybride que le monstre qu’il met en scène et évoque par-ci, par-là moult productions antérieures allant d’/fs Alive de Larry Cohen à Rabid de David Cronenberg, en passant par Alien de Ridley Scott et Spicies de Rodger Donaldson.Au plan technique, on a affaire à une réussite: la photo est impeccable, les effets spéciaux sont impressionnants et la mise en scène est léchée.Splice confirme toutefois un schéma chez Natali: un concept de départ stimulant exploité de manière de plus en plus convenue présenté dans un emballage séduisant.Le culte Cube a ses inconditionnels, mais les quelconques Cypher et Nothing ne remplissaient pas leur promesse initiale de nouveauté.Cette fois, la proposition pique du ,nez très vite.A l’instar d’une comédie qui ne fait pas rire, un film de science-fiction qui présente des scientifiques prenant systématiquement le contre-pied de la logique la plus élémentaire finit par avoir raison de la meilleure des volontés.L’évolution du personnage d’Eisa, tour à tour mère possédée par la folie de feue la sienne puis épouse inquiète, se révèle assez ridicule.Clive et elle ont accouché — littéralement — d’une bibitte inédite, certes, mais leurs moindres actions, leurs moindres choix pointent ver,s la catastrophe.Evidemment, pas de dérapage, pas de film, mais les protagonistes devaient-ils être si naïfs (lire: tatas) ?Et il faut les entendre! Tout le film est ponctué de longues scènes explicatives où nos deux héros justi- fient leurs actions précédentes, vraisemblablement pour le seul bénéfice du spectateur.Or le procédé, plutôt que de mettre en perspective les nombreuses invraisemblances du récit, en accentue au contraire la foncière bêtise, la faute à des dialogues peu convaincants, parfois même involontairement loufoques, siutout dans les derniers moments.Les ramifications éthiques, potentiellement fascinantes, sont évacuées sur le même mode.Comme si ça ne suffisait pas, le dénouement sanguinolent toiune au ridicule et dégage une impression de remplissage.En quittant la salle, deux questions nous hantent.D’abord, pourquoi le réalisateur s’est-il donné tant de mal pour étirer la scène finale puisque la révélation sur laquelle elle débouche n’en est absolument pas une?Ensuite, les doués Sarah Polley et Adrien Brody ont-ils vraiment lu le scénario en entier avant de signer leur contrat?Il est peu probable qu’il s’agissait là du genre de questionnements que souhaitait susciter Splice.Collaborateur du Devoir SOURCE SEVILLE Quatrième long métrage du Canadien Vincenzo Natali, Splice est aussi hybride que le monstre qu’il met en scène.N Le cinéaste Stéphane Brizé ENTREVUE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le cinéaste des contradictions Le réalisateur Stéphane Brizé revisite l’éternel triangle amoureux dans son fiXm Mademoiselle Chambon ANDRE LAVOIE On reconnaît ses films à leur délicatesse, à leur absence d’effets percutants et de sentiments excessifs.Les drames se dessinent souvent à travers des regards légèrement imbibés de larmes ou quelques gestes malhabiles, car ses personnages, et pas seulement masculins, sont rarement bavards.Avec Le Bleu des villes, Je ne suis pas là pour être aimé et maintenant Mademoiselle Chambon, qui sortira en salle vendredi prochain, le cinéaste français Stéphane Brizé affiche une cohérence émouvante, et qui n’a rien de la redite.De passage à Montréal en novembre dernier dans le cadre du festival Cinémania, Stéphane Brizé ne se fait pas prier pour parler de sa démarche, et n’hésite pas à corriger son interlocuteur — avec un tact irréprochable — lorsqu’il n’est pas tout à fait d’accord avec la lecture que l’on fait de ses films.Car si l’aspirante chanteuse du Bleu des villes, le huissier aigri de Je ne suis pas là.et le maçon au tempérament responsable de Mademoiselle Chambon semblent tous passer à côté de leur vie, le cinéaste ne croit pas que le constat soit aussi brutal.«Ce n’est pas toujours quelque chose qui est dit consciemment, précise-t-il.Et je ne crois pas que Jean, le personnage du maçon interprété par Vincent Lindon, vive une grande douleur dans sa vie.» festival Orford 2010 centre d arts orford JEAN-FRANÇOIS RIVEST DIRECTEUR ARTISTIQUE Concerts, conférences, classes de maître, ciné-club.Plus de 100 activités! Réservez dès maintenant — 18 juin au 15 août DU MERCREDI 23 AU DIMANCHE 27 Les grandes festivités nationales du 4Nébec au parc des Cèdres, à Gatineau anniversaire ^i'Impcrotif français SPECTACLES : GRATUIT JUSQU'A 17 H 30 SOIREE : 10 $ LES GRANDS SPEQACLES SUR LA SCÈNE LOTO-QUÉBEC LE FORFAIT SPEQACLES: Quatre laissez-passer pour 32 $ en vente jusqu'au 16 juin dans les librairies du Soleil de Hull et d'Ottawa, chez Sol Épicerie Santé d'Aylmer, A l'Échelle du Monde de Gatineau et à la librairie Rose-Marie de Buckingham.Entrée gratuite pour les moins de huit ans (preuve d'Ôge obligatoire) Interdit d'apporter contenants en verre et boissons alcoolisées Chostakovitch : 1946 La complicité do Rivest et de Da Costa Samedi 19 juin à 20 h Alexandre Da Costa, violon Jean-François Rivest, chef d'orchestre Ensemble Camerata Orford Le Nouveau Quatuor Orford Vendredi 23 juillet à 20 h Jonathan Crow et Andrew Wan, violons Eric Nowlin, alto Brian Manker, violoncelle Le Prodige! Dimanche 27 Juin à 14h30 Jan Lisiecki, piano Office pour le Poi-Soleil : 1700 Samedi 24 Juillet à 14 h Shannon Mercer, soprano Ensemble voœl et instrumental Les DifFerens Martin Robidoux, orgue et direction I^IlVipÉRATif pRANÇAis Les Vêpres de Monteverdi : 1610 Vendredi 2 juillet à 20 h ChcEur et orchestre du Studio de musique ancienne de Montréal ; Christopher Jackson, direction PROGRAMME COMPLET: www.imp6ratif-francais.org CoMir (M pirate Service de navette continu et GRATUIT du 23 au 26 juin entre 18 h 45 et 23 h 45 du parc-o-bus des Galeries Aylmer.L'autobus vous y amène! www.sto.ca ou 819 770-3242 Anton KuertI - Scttumonn et Brahms Samedi 3 juitiet à 20 h Anton Kuerti, piano Beethoven Les trois dernières sonates Samedi 31 juitiet à 20 h Tiii Feiiner, piano Kent Nagano dirige les Jeunes de t’OAOl Mercredi 4 août à 20 h Orchestre de l'Académie Orford ~ OAO! Kent Nagano, chef d'orchestre Jôrg Widmann, clarinette Sixtrum - La musique d'aujourd'hui réinventée lletà 20h lusioue Vendredi 16 juille Sixtrum, ensemble à percussion Robert Leroux, direction Catherine Perrin, animatrice Le grand CiccoUni Joue Chopin Samedi 7 août à 14h30 AIdo Ciccolini, piano Oliver Jones Trio — Second Time Around Samedi 17 Juillet à 20 h Oliver Jones, piano Jim Doxas, batterie Éric Lagacé, basse Récital vocal avec Adrianne Pieczonka Samedi 7 août â 20 h Adrianne Pieczonka, soprano Brian Zeger, piano PoleMdres de prestige Comnaiditalres investisseurs rP ^ Gatineau BELLt GUEULE ¦»/ Pvteicrires offldeb ConmcndlhÉes bârisseurs m s\o El Desjardins Cu/ture, Quebec ta a Château Q^ier Polewdres nédiafiques ^TVfl O 104,7 fm LeDroit VOX H® LbDKViilll tRevuf.INFOO/.S CHUÎ FM 891 s IHIH www.arts-orford.org | 1 800 567-6155 uniun vwiDHnm __ __ Québec El El (Jjviâ I bon ¦?1 Canadian Héritage ARCHAMBAULT^I Université I de Montréal lYAMAHA .ESPACE MUSIQUE 90,7^^ ESPACE "oa7“' lÆ devoir Et pourtant, cet homme de peu de mots, conjoint hdèle de la belle Anne-Marie (jouée par la superbe Aure Atika, que l’on a pu voir dans OSS 117 et récemment dans Les Doigts croches, de Ken Scott), va succomber, bien malgré lui, aux charmes plus discrets mais bien réels de l’institutrice de son bis, la fameuse mademoiselle Çhambon (Sandrine Kiberlain).Evidemment, on retrouve là l’éternel triangle amoureux, qui ne cesse d’être revisité, et Stéphane Brizé en était conscient.Il ne cache d’ailleurs pas la crainte qu’il éprouvait à l’écriture, celle que tout cela soit «inintéressant à filmer».Et pourtant, cette adaptation très libre du roman d’Eric Holder prouve tout le contraire.Lumineuse idée tordue Il fut d’abord très avisé en choisissant Aure Atika pour le rôle de l’épouse légitime.«Si j’avais choisi pour Jean une femme un peu grise, un peu terne, tout le monde aurait compris que ce n’était pas compliqué de tomber amoureux de quelqu’un d’autre.Et contrairement à l’image que l’actrice projette dans beaucoup de comédies populaires, Aure affiche plusieurs des qualités de son personnage: simplicité, humilité, modestie.Quand je vois cette fragilité chez un acteur, je lui montre que je ne suis pas dupe des manœuvres qu’il fait pour la cacher aux autres cinéastes.» Même si la chose n’est pas très connue ici, Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain ont longtemps formé im couple à la ville, séparés depuis cinq ans mais toujours parents d’une hllette et en très bons termes, selon Brizé.Les réunir à l’écran après leur dernière collaboration (Le Septième Ciel, de Benoît Jacquot, en 1997) pouvait ressembler à «une idée tordue».«Je trouvais qu’ils allaient bien ensemble, dit le cinéaste sans malice, et la vie avait eu raison bien avant moi en les réunissant.Quand fai proposé le nom de Sandrine à Vincent, il ne voulait pas, craignant de jouer dans des choses trop personnelles.Mais c’est lui, un peu plus tard dans la journée, qui m’a dit qu’il changeait d’idée: ça ne l’arrangeait toujours pas, mais il ne voulait pas que Sandrine passe à côté d’un si beau rôle à cause de lui.» (Jette idée tordue est devenue tout simplement lumineuse à l’écran.Car ce maçon taciturne et cette institutrice, violoniste à ses heures et d’une discrétion qui la rend encore plus séduisante, forment un fragile tandem qui est à la base même de ce hlm admirable de désirs refoulés et de malentendus attendrissants.(Jette chimie entre deux acteurs au sommet de leur art, et sans donner l’impression de «travailler», Stéphane Brizé croit l’avoir obtenue grâce à son regard «bienveillant mais jamais complaisant».Oui, leur histoire personnelle a nourri son hlm, avoue-t-il sans ambages, mais pas de la manière qu’il croyait.«On ne voyait pas leur habitude d’être ensemble.mais cette peur de se retrouver côte à côte, et qui fait largement écho à celle des deux personnages du film.» Pour celui qui aime explorer «les grandes contradictions intérieures», ce rapprochement cinématographique ne pouvait que l’inspirer.Collaborateur du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUIN 2010 E 9 CINEMA Kl’ê 1 - * .««ibmHa PrâH; -1 Mrt«a GiV'!'» A L'AFFICHE DES LE VENDRED111 JUIN ! S R QUAND LES PETITS FIIM Dt J H «-PI B HE J t U II tT A TïRE-IARIGST ANDRE DMAH DHHOLUER lY DDMIHIDUE JULIE NIGOIAI PINOM FERUIER MARIE YDIANDE JEAN-PIERRE MOREAU MARIELLE n Al HUNT HUD NM RllIfinUI niNI HINDI CONSULTEZ LES GUJDES-HORAIRES DES CINEMAS PRESEHTEMEHT A L’AFFICHE!
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