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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-07-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 C-'L', -mi CINEMA Un autre film troublant sur le génocide rwandais J Page E 5 LIVRES La reweÆrat consacre un dossier à la Crise d’Oka, il y a 20 ans.Page E 7 CULTURE ET LIVRES m f Le groupe congolais Konono #1 SOURCE FESTIVAL NUITS D AFRIQUE 24^ FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D’AFRIQUE Des centaines de chanteurs, danseurs et musiciens représentant une trentaine de pays animeront les scènes du Balattou, du Cabaret du Mile End, du Club Lambi, du Métropolis et du National du 13 au 25 juillet MESSAGES YVES BERNARD Dans l’esprit de la cure de rajeunissement amorcée l’an dernier, le Festival international Nuits d’Afrique (FINA) propose sa 24e édition sur le thème Mé(ti)ssages.Au menu, les métissages en tant que formes porteuses d’un nouveau monde ou les messages que véhiculent les artistes dans leurs créations.Kassav, Konono #1, Oliver Mtukudzi, Omar Feue et les Sierra Leone’s Refugee All Stars en têtes d’affiche; des découvertes d’ici et d’ailleurs à profusion; quatre jours de concerts extérieurs gratuits à la place Emilie-Gamelin et le retour de la série Les Etoiles Nuits d’Afrique, qui met en évidence le Montréalais Aboulaye Koné, excitant guitariste percussionniste qui offre six concerts différents.En musique comme dans tout, les métissages ne datent pas d’hier.Dans son article «Toute musique est “métisse” bien sûr», le journaliste Gérard Arnaud relate que l’homme de Cro-Magnon et l’homme de Neandertal auraient pratiqué la même musique et utilisé les mêmes instruments.il y a 40 000 ans.Plus près de nous, la génération métisse est celle des petits frères de Manu Diban-go et de Manu Chao.La programmation du FINA en témoigne éloquemment Des morceaux de voiture en guise d’instruments Sierra Leone’s Refugee All Stars injecte du reggae à ses racines et ajoute même des épices louisianaises sur son plus récent disque.Sarazino marie reggae et latino à la planète Afrique.Hindi Zahra ponctue le folk pop de son patrimoine berbère, de blues saharien et de sons urbains par touches délicates.Tel-mary, poète de la nueva ola cubaine, propulse son rap sur des rythmes afro-cubains.Agana mâtine son rocksteady de jungle et d’afro-rock.Wesli porte le flambeau d’une Haïti ouverte aux autres musiques noires.Ke-beko crée un afro-keb coloré de monocorde vietnamien.Sans compter Syncop, King Sha-drock.Bambara Trans, Maytiss, Bombolessé ou Echo Kalypso, autres Métis du Québec.Cette année, le FINA accorde également aux femmes une place significative.Dobet Gnahoré la panafricaniste revient avec des cadences plus dansantes et des chants intimes.Mallu Ma-galhâes, étoile montante de Sâo Paulo, illumine ses chansons urbaines légèrement déconstruites de textures subtiles et de pop mondiale.Et aussi Chiwoni-so, entre l’esprit des ancêtres Sho-nas et la pulsion de la rue, Nomfu-si & The Lucky Charms, pleinement sud-africaine et portée par ses accents de vieux swing ou de Motown, Marianne Aya Omac, avec sa voix à scier les jambes en trois notes, ou Ma-loukai, tout en percussions.Vendredi prochain, les Congolais de Konono #1 feront vibrer le National avec l’énergie brute de leur tradi moderne trois jours après s’être arrêtés à la scène Métro de la place d’Youville à Québec.Révélé en 2005 par la série Congotronics du label Crammed Dises, le groupe est devenu culte depuis lors.C’est l’art de confectionner des sound «Avant répoque coloniale, ce sont les chansons et non Técole qui enseignaient la vie» systems avec les moyens du bord.A leurs débuts en 1966, les membres de Konono découpaient des morceaux de voiture et tout ce qu’ils trouvaient pour fabriquer des instruments.Leur son, ils le crachaient à l’aide de mégaphones, de micros confectionnés à la main, d’instruments de percussion maison et de pianos à pouces électrifiés nommés likembé.A cause du caractère rudimentaire de l’amplification de leur son, ils sont devenus bien accidentellement à l’origine d’un genre musical que l’on compare à certaines formes de danse électronique ou de rock expérimental.Mais les membres, qui ne se perçoivent pas comme de simples amuseurs, portent fièrement les racines du peuple Ba-zongo, qui vit près des frontières entre la RCD et l’Angola.Augustin Mawangu, le principal soliste de Konono, raconte: «Nous sommes une véritable biblio- thèque et nous conservons ce qui est important de notre culture.Avant Vépoque coloniale, ce sont les chansons en non Vécole qui enseignaient la vie.Nos pièces renferment ce type d'éducation.» Konono a fait paraître cette année Assume Crash Position, son troisième disque et premier enregistrement studio.Si l’essentiel de la musique est préservé avec les likembés distordus ou traditionnels, les appels réponses, les battements polyryth-miques, les riches harmoniques et les moments répétitifs qui appellent à la transe, la guitare électrique doucement ensorcelante ou plus tournoyante, de même que la basse parfois plus présente, se pointent, contrairement aux productions précédentes.«Ces instruments sont joués par les étudiants de Vécole que nous avons formés en 2004.Ils font la même musique que nous, mais avec des guitares.Es travaillent parfois avec nous, lorsque nous ne sommes pas en tournée», explique Augustin Mawangu.Assume Crash Position est également ponctuée de quelques collaborations, dont celle de Ma-nuaku Pepe Felly, de Zaiko Lan-ga Langa, un groupe associé à la rumba et non au tradi moderne.Est-ce à dire que les liens avec les autres mondes congolais existent?«Oui, répond Mawangu.Zaïko et Koffi Olomidé ont déjà interprété quelques-uns de nos titres.» Quoi d’autre au FINA?Le très accompli Zal Idrissa Sis-sohko, Jeff Kavanda et ses tam-tam de l’espoir, Kabakuwo, véritables messagers de l’avenir, Diblo Dibala, Mayé, Djidji et Lamine Touré, l’homonyme du grand frère fondateur du FINA.Collaborateur du Devoir FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D’AFRIQUE Du 13 au 25 juillet: en salle au Balattou, au Cabaret du Mile End, au Club Lambi, au Métropolis et au National.Du 22 au 25 juillet: concerts extérieurs gratuits à la place Emilie-Gamelin.Renseignements: 514 499-FINA Musée d’^héologie ^ ^w-pacmusee-q^”**^ SBonqueSeotta ISSkal ^ CAft'SS® j; Programme d'indemnisation MONDF pour ies expositions itinérantes au aéra Canada Canada E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 CULTURE Montréal complètement cirque Cents peurs et sans tabou JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une scène de la création Tabù, présentée à la Tohu.ISABELLE PARE Le cirque est né sur la piste, mais la troupe galloise No-Fit State fait un pied de nez magistral à la tradition en offrant pour sa première venue en Amérique une envolée explosive et complètement hallucinée, entre ciel et terre.Tabù, dernière création de la troupe britannique NoFit State, devrait à coup sûr être un des points d’orgue de la programmation touffue de Montréal complètement cirque et provoquer par la même occasion quelques torticolis.C’est que la compagnie, devenue le chouchou du cirque contemporain au Royaume-Uni, a fait de l’occupation de l’espace aérien, et de l’espace tous azimuts, sa marque de commerce.Le public, complètement mobile, assiste donc à ses performances en déambulant librement sur la piste affranchie de ses sièges.Créée en 1985 par cinq artistes dans la foulée du Live Aid, la troupe s’est fait connaître en multipliant les performances échevelées, perpétrées dans des entrepôts ou des lieux insolites.Coqueluche du Off Avignon en 2009, la compagnie a reçu des critiques élogieuses avec son cirque déjanté.Cirque fusion, mêlant acrobaties, théâtre, musique, danse, chant et mime, NoFit State excelle dans l’amalgame de numéros terrestres et aériens, moulés sur mesure aux lieux qu’elle investit Si le gros de l’action se passe en l’air, les acrobates, cigares au bec ou bol de spaghetti à la main, multiplient les entrées insolites entre les spectateurs sur le plancher des vaches.Rebelles sans cause, ils apparaissent sur des engins à roulettes ou sur des monocycles, pendant que d’autres s’exécutent au trapèze.Torn Rack, cofondateur et directeur artistique de Tabù, décrit ainsi la touche délinquante de NoFit State.«Ifs highly choreographed chaos», dit-ü avec ironie.«Le spectacle se passe autant au-dessus, devant que derrière les spectateurs, qui ne savent jamais vraiment où se poursuivra faction.C’est comme une montagne russe, avec des creux et des bas.» Pour décrire ce curieux objet circassien, le très réputé journal britannique The Guardian dépeint ainsi la troupe: «Le Cirque du Soleil.sans Disney et sans désinfectant.» TABU^NDFiT STATE PAYS DE GALLES « POUR TOUS * TOHU DU 12 AU 25 JUILLET «(.) c’est comme débarquer dans une fête délirante chez des étrangers, pour en ressortir avec le sentiment d'avoir tissé un lien particulier et enivrant avec ses hôtes.» - Donald Mutera, The Times «tabû, (.) provoque l’émerveillement.» - Noelle Réal, Avignews.com iD« CIRQUE ELDiZE QUÉBEC * POUR TOUS ^ CHAPITEAU DES QUAIS DU VIEUX-PORT DE MONTRÉAL * DU 8 AU 25 JUILLET La toute nouvelle création du Cirque Éloize : danses urbaines et arts du cirque dans un spectacle audacieux et moderne.CABARET «LES 7 DOIGTS DE LA NAIN QUÉBEC *12 ANS ET+ * L’OLYMPIA DU 13 AU 24 JUILLET L’âge d’or du cabaret revisité, des soirées festives avec invités surprises, dans un savoureux mélange de prouesses de cirque aux doux parfums de jazz.Tb BP SWAY LES NAINS SALES BELGIQUE *12 ANS ET + USINEC*DU21 AU 24 JUILLET Un spectacle coup de poing et un dispositif scénique unique, un véritable ballet aérien.NE TWD TIN TYLER ET JOHNNY FILIDN QUÉBEC* POUR TOUS SALLE PAULINE-JULIEN (SAINTE-GENEVIÈVE) 16 ET 17 JUILLET Deux artistes excentriques et naïfs invitent les spectateurs i un cabaret-variété loufoque.RUP-TURE[S] LES CONFINS QUÉBEC *7 ANS ET + ESPACE GO DU 14AU 17 JUILLET Un métissage de cirque et de philosophie tourbillonnant.DOWNPOUR A4 CIRCUS ENSENBLE AUSTRALIE* POUR TOUS STUDIO B, ÉDIFICE GUY-GA-GNON* DU 16 AU 18 JUILLET Passion, humour, amour, tension et contorsions.T0TEN« CIRQUE DU SOLEIL QUÉBEC* POUR TOUS SOUS LE GRAND CHAPITEAU -QUAIS DU VIEUX-PORT DE MONTRÉAL* 11 JUILLET Les deux dernières représentations de TOTEM™ dans le cadre de MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CIRQUE.NS«EA EO BELGIQUE* POUR TOUS USINE C* DU 15 AU 17 JUILLET Quatre jongleurs sur une scène dont les mètres carrés diminuent à vue d'œil.Une prestation spectaculaire ! TOUS COUSINS! LES ZYRGONATIK BELGIQUE* POUR TOUS LION D’OR 15,16 ET 18 JUILLET Un duo circo-musico-clownesque pour tout public, une invitation à trinquer à ses rêves! PARFOIS.DANS LA VIE.LES CHOSES CHANGENT BANDE ARTISTIQUE QUÉBEC *7 ANS ET + ESPACE GO DU 23 AU 25 JUILLET Un duo saisissant, opéra et jonglerie entre folie et fantaisie, un voyage au-delà des frontières.NALAJE ALBADULAKE ESPAGNE *7 ANS ET + GRATUIT*CHAPITEAU DU CCSE MAISONNEUVE DU 23 AU 25 JUILLET Une fusion entre flamenco et cirque.THE BEST HABBE + NEIK ALLEMAGNE* POUR TOUS ESPACE GO DU 20 AU 22 JUILLET Deux olibrius masqués pour une histoire sans parole, une gestuelle décoiffante dans une série de sketches entre poésie et burlesque.M «BILLETS À PARTIR DE BBS «FORFAITS VOLTIGE ET FORFAITS FANiLLE DISPONIBLES ?DÉCOUVREZ LES EXTRAITS VIDÉO ET LA PROGRAMMATION DES ACTIVITÉS EXTÉRIEURES AU ; MONTREALCOMPLETEMENTCIRQUE.COM L'INPRO CIRQUE QUÉBEC *7 ANS ET + GAREDALHOUSIE 21 ET 22 JUILLET Deux équipes, une compétition.Qui saura le plus amuser et séduire l'auditoire?À vous déjuger.CIRQUE DU SOLEIL.Québec MontréaH GRANDS PARTENAIRES : RADIO I TÉLÉVISION llKIERNET E® 1^^ DU VIEUX PORT Dans l’extrait présenté aux médias, on a pu goûter à un numéro inusité d’équilibre sur un mât ballant, emporté par un câble vers le ciel ou le sol grâce au contrepoids d’un acrobate.Si NoFit State fait dans la performance, il carbure aux atmosphères et ambiances tordues plus qu’aux prouesses techniques.Portés par la mise en scène de Firenza Guidi, ces singuliers Gallois ont pondu une création qui s’articule autour du plus secret des tabous: la peur.Peur du vide, du ridicule, du feu, de l’inconnu.«Quand on pense à Tabû, on pense tout de suite au sexe, à la drogue et tout ça.Or j’ai plutôt pensé à la peur, parce que c’est fémotion primaire la plus extrême, celle dont on ose souvent le moins parler», explique Guidi.Tabû annonce donc son cortège de démons, de folies et de peurs qui nouent l’estomac.Mais de tout ça émerge un désir de métamorphose, de dompter la bête, assure la metteure en scène, qui s’est librement inspirée de l’œuvre Cent ans de solitude, de l’auteur Gabriel Garcia Mârquez.Guidi préfère d’ailleurs parler d’artistes plutôt que d’acrobates, un terme qu’elle associe â une vision éculée du cirque.«Chaque performeur apporte son souffle et quelque chose d’humain au spectacle.Les artistes ne sont pas que des machines à jongler, sans histoire et sans vie.Chez NoFit State, chaque être amène sur scène ses vulnérabilités, et ses habiletés sont souvent traitées avec ironie», dit-elle.livré sur un rock explosif, entre souffle et flammes, entrecoupé de mélopées au saxophone et â l’accordéon, Tabû, rappelle la metteure en scène, annonce â chaque présentation sa part de mystères.{www.dailymotion.com/video/x5k msl_tabu_creation) Les Confins Dans un tout autre genre, la troupe de Québec Les Confins présentera quant â elle Rup- ture (s) â l’Espace Go, une toute première création qui tente elle aussi de casser le moule du cirque traditionnel.Créée par un ancien gymnaste, étudiant en philosophie et féru de littérature russe, la troupe Les Confins plonge avec Rupture (s) au cœur de relations extrêmes, inspirées par les essais du philosophe Léon Tchestov.«Ce qui m’intéresse dans le théâtre, ce sont les revirements de situation et comment un événement peut tout faire basculer», explique Sylvain Génois, fondateur et l’un des cinq interprètes de ce cirque qui déploie sangles, équilibres, trapèze et jonglerie entre théâtre et danse.Le nom du spectacle annonce des ruptures amoureuses, mais aussi des ruptures de ton et d’ambiance, assure Sylvain Génois.«Les Confins, ça veut dire aller aux limites de quelque chose et ça résume beaucoup ce qu’on tente de faire avec le cirque.La rupture, c’est aussi le début de quelque chose d’autre, un recommencement», dit-ü.Parrainé par Ex Machina (Robert Lepage) et mis en scène par Kevin McKoy, Rupture (s) fait de la physicalité du cirque un prétexte pour effleurer les tensions entre humains.Enveloppé par une musique percussive et les échantillonnages du musicien Frédéric Lebrasseur, inspiré de Chostakovitch et de Rachmaninov, Rup-ture(s) tente même quelques envolées narratives du côté de Shakespeare et de Camus.Bref, du cirque qui émousse les yeux autant que le cerveau.Le Devoir TABÙ NoFit State, Pays de Galles La Tohu Du 12 au 25 juillet RUPTURE(S) Les Confins Du 14 au 17 juÜlet Espace Go Hydro Québec Le Festival iNTERNAnONAL DU INE ef Journée SCHUMANN autour du pianiste Êric Le Sage \ ’m SAMEDI 17 JUILLET - 14H30 - 17H - 20H30 3 CONCERTS I 14h30 - Musique et poésie Scènes d'enfants, op.15 Mârchenerzâhlungen pour clarinette, alto et piano, op.132 Scènes de la forêt (extraits) Papillons, op.2 (extraits) Phantasiestûcke pour clarinette et piano, op.73 PASCALE MONTPETIT, lectrice lôhOO - Café-causerie rencontre avec ÊRIC LE SAGE animée par STÉPHANE LÊPINE 17h00 Quatuor n° 3 en la majeur, op.41 n° 3 Mârchenbilder pour alto et piano, op.113 Quatuor avec piano en mi bémol majeur, op.47 20h30 Études S3anphoniques, op.13 Cinq pièces dans le ton populaire, op.102 Trio avec piano en fa majeur, op.80 INi The British Council UNlBRPUe INFORMATION ET RESERVATIONS 1 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com Québec1 Patrimoine Canadian canadien Heritage LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 E 3 CULTURE LE ZOOFEST: petit frère de Juste pour rire, le bilingue Zoofest ne se limite pas à l’humour, mais volette également du côté de la musique, du théâtre, de la performance, de la danse.Outre Thierry Ricourt, on pourra aussi y voir ou y revoir, entre autres, Scotstown, le solo culotté du comédien-conteur Fabien Cloutier (Studio Juste pour rire, du 14 au 24 juillet).Programmation complète: www.zoofest.com SOURCE ZOOFEST Thierry Ricourt, tel qu’en lui-même Ça va barder au Café Cléopâtre Dans le cadre du Zoofest, Marie-Lise Chouinard amalgame théâtre d’action, bande dessinée et cabaret avec Les Incroyables Aventures de Thierry Ricourt ALEXANDRE CADIEUX Dernier bastion de résistance d’une «Main» qui n’existera bientôt plus que dans les pièces de Michel Tremblay, le chic Café Cléopâtre accueillera cette semaine, dans le cadre du Zoofest, Les Incroyables Aventures de Thierry Ricourt.Ce théâtre d’action découpé en épisodes, remarqué l’année dernière par l’équipe Rozon au petit histro-théâtre L’Escalier, transporte ses pénates pour une dizaine de soirs dans le grand temple montréalais de l’effeuillage.«On m’a proposé quelques salles, raconte î’auteure et metteure en scène Marie- Un univers de bric et de broc que celui-ci, où s’amalgament des influences aussi diverses que Dalida, les Simpson et Gérard Depardieu Lise Chouinard, mais quand je suis entrée ici et que j’ai vu les divans, les bars, la scène centrale conçue pour le strip-tease, j’ai réalisé à quel point ça s’insérait parfaitement dans mon univers.» Un univers de hric et de hroc que celui-ci, où s’amalgament des influences aussi diverses que Dalida, les Simpson et Gérard Depardieu.Thierry Ricourt est un agent spécial de l’Interpol qui parcourt le monde et les années 60-70 pour défendre l’humanité.Courageux et brillant, il manie l’alexandrin comme personne (conséquence de son passage dans une grande école de théâtre) tout en possédant «une morale de merde et un tas de choses à se reprocher», lance en s’esclaffant sa créatrice.Cousin d’OSS 117, ce nouveau James Bond peur-de-rien?«Les gens font souvent le rapprochement, mais ce personnage m’habitait avant la sortie du premier film avec Jean Dujardin», confle Chouinard.Elle insiste également sur le caractère spécifiquement théâtral de l’entreprise: «Sur scène, avec deux chaises et une planche à repasser, je peux transporter l’action au palais de Buckingham ou faire surgir un hélicoptère, et le public embarque.Je n’ai pas les imposants moyens du cinéma, remplacés ici par la précision et la virtuosité des acteurs.» Réglé au quart de tour En empruntant aux codes ar-chiconnus du cinéma d’action et d’espionnage, on s’engage tout de même dans la voie de la parodie, non?«Je joue sur plusieurs degrés, évidemment, mais le grand défi reste de faire ressentir l’humanité des personnages, que le spectateur s’y attache.C’est de la déconnade qui n’exclut pas l’émotion.» Le regard critique ne se poserait donc pas sur la forme, mais bien sur des thèmes que Marie-Louise Chouinard juge universels: «La corruption, la violence policière, l’amour, la jalousie.Des spectateurs français, algériens et marocains sont revenus nous voir à plusieurs reprises l’année dernière; le ton et les références étant accessibles, on s’adresse à tous les francophones!» Sur scène, Chouinard incarne Velours, chanteuse-accordéoniste accompagnée de son groupe.Les Rubis.Avec cet alter ego féminin de Ricourt, elle remportait trois prix lors de la finale 2009 de Cégeps en spectacle.La chanson française s’y nourrit de théâtre: «Chaque morceau se présente comme une petite pièce, avec des récitatijs, des montées, d’abrupts changements de ton», explique la diplômée de l’Option-théâtre du collège lionel-Grouk.Velours sort parfois dans la rue ahn de rameuter des spectateurs pour la présentation d’un épisode des aventures du beau Thierry.On navigue ici entre plusieurs formes de théâtre populaire, du café-concert au burlesque, et l’interaction avec le public fait partie intégrante de la représentation.«Tout est réglé au quart de tour, du générique d’ouverture aux nombreuses scènes de cascades; mais comme mes comédiens improvisent avec aisance, ils savent exploiter l’imprévu et l’accident» Marie-Lise Chouinard ne cache pas son affection pour son équipe constituée d’amis rencontrés à l’école de théâtre: «Je suis presque mariée à chacun d’eux, on partage tout; le travail se fait toujours dans le plaisir, ce qu’on essaye aussi de traduire sur scène.» L’avertissement est lancé: ça va barder.Collaborateur du Devoir LES INCROYABLES AVENTURES DE THIERRY RICOURT Texte et mise en scène: Marie-Dse Chouinard.Une production de Cherry-BANG! présentée au Café Cléopâtre dans le cadre du Zoofest, du 12 au 24 juillet.Bêtes de cirque, talents cachés et gros canons La deuxième édition du festival promet d’être plus resserrée, plus cohérente EABIEN DEGLISE Les critiques ont été entendues et digérées.La deuxième édition du Zoofest, ce nouveau festival de découvertes, en format bilingue, qui a fait son apparition l’an dernier à Montréal, va cette année taire une large place aux spectacles francophones, assure Martin Durocher, le nouveau pilote de l’événement La messe, un brin marginale, de l’humour, de la comédie, du théâtre et du cabaret promet également de mettre sous la dent des festivaliers les talents de demain, tout comme des artistes internationaux établis dans leur marché «mais qui viennent ici pour se montrer à des acheteurs potentiels de spectacles», poursuit le patron du Zoofest un ancien dépisteur de talents pour l’empire Juste pour rire, à l’origine de ce nouveau festival.«Nous avons tiré les leçons de la première édition [dirigée paç Lucy Eveleigh,, qui venait d’Edimbourg, en Ecosse, pour implanter ce concept à Montréal]», dit M.Durocher.Le Devoir l’a rencontré il y a quelques jours sur une terrasse de la métropole.«La proposition artistique a été resserrée.Limage devrait être plus cohérente.Zoofest, ça reste un espace de découverte, oui, mais qui ne fait pas de compromis sur la qualité.» L’attrait des petites salles Le programme est chargé.Il va aussi être façonné du 12 au 25 juillet prochain par des troupes comme Le Cirque des mirages, un cabaret expressionniste chanté, déniché en Erance, ou encore par le clown Patrick Cottet-Moine — pressenti pour devenir le premier clown dans une production du Cirque du Soleil à Los Angeles.De la folie.Les Bureaupathes, M L’équipe des Bureaupathes découverts dans une petite salle de spectacle du nord-est de Montréal, ne devraient pas en manquer avec ce sj^ctacle interactif et loufoque qui prend place dans un espace de travail.Maria Jerez, de l’Espagne, va préférer rester dans son salon pour son spectacle, présenté dos au public, qui explore, par l’entremise d’une petite caméra, l’univers du polar.Quant aux Incroyables Aventures de Thierry Ricourt, ce sont les murs du Crfé Cléopâtre que cette production québécoise promet de faire vibrer.Dix ac- SOURCE ZOOFEST teurs, en mode cabaret, s’y affrontent en se frottant au fini rétro des séries télévisées cultes.En gros.Comme pour sa première mouture, Zoofest va aussi chercher à mettre la vedette ascendante à portée de festivalier.Pour le simple plaisir de la chose et celle des artistes «qui acceptent de venir à Montréal dans de petites salles, parce qu’ils aiment la ville et qu’ils veulent se faire voir ici», dit M.Durocher.C’est le cas de Bo Burnham, cet Américain dans la vingtaine qui s’est fait connaître dans l’univers de l’humour absurde en passant par YouTube.Il est à l’af-hche du théâtre Sainte-Catherine, désormais sous nouvelle administration.Jim Jefferies, Australien de son état et alcoolique qui fait du prosélytisme — son spectacle s’intitule Alcoholocaust —, est aussi du nombre, tout comme le Britannique Kim Noble, qui remplit facilement les salles de Londres et d’Edimbourg depuis des années avec un spectacle décapant sur le sens de la vie, présenté aux plus de 18 ans seulement.Il sera ici dans l’intimité du théâtre La Chapelle.«Zoofest, c’est aussi ça, résume Martin Durocher.Nous voulons que les festivaliers assistent à des spectacles intimistes ici pour pouvoir dire, dans deux ou trois ans, quand l’artiste sur scène aura grimpé: fêtais là!» Il y a aussi le risque de ne pas toujours miser sur le bon cheval, mais dans le champ de la découverte, ça fait aussi partie de l’aventure! Le Devoir or Hydro Québec PRÉSENTE festival centre d’arts orford Le Festival iNTERNAnONAL DU DBS CEIfTAINBS D’ARTISTES Concerts, conférences, classes de maître.Ciné-club.Plus de 100 activités I 18 juin au 15 août | Réservez dès maintenant www.arts-orford.org | 1 800 567-6155 Doi^ine LE FESTIVAL INTERNATIONAL DIMANCHE IIJUILLBT - 14H30 Jeune Public (à paiOt de b ans) GRATUIT I Une collaboration du Pierre et le pou Spectacle musical librement inspiré de 3 contes (musique, contes et théâtre d’objets) Une production de Sacré Tympan VENDREDI 16 JUILLET - 20H30 « Les Fugues du Domaine U Soirée Plus de 25 contrebassistes sur scène I CEuvres de VIVALDI | RAVEL | LAFRANCE I RABBATH MERCREDI 21 JUILLET - 20H30 La Musique de chambre Carte blanche à Alexandre Tharaud Êric Le Sage et Alexandre Tharaud, pianos Œuvres de FAURÉ I POULENC I DEBUSSY LES BRUNCHES-MUSIQUE Dimanche 18 juillet Trio Daniel Marcoux, Jazz endimanché ! Dimanche 25 juillet Virginie Hamel, voix, Vincent Gagnon, piano, Renaud Paquet, contrebasse Jazz INFORMATION ET RÉSERVATIONS 1 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com Québec!^ CASINO CHARLEVOIX Samedi 10 juillet à 20 h Salle de concert Gilles-Lefebvre L’Insoutenable légèreté de l’étre.Angela et Jennifer Chun, violons Jean-François Latour, piano Vendredi 16 juillet à 20 h Salle de concert Gilles-Lefebvre Sixtrum La musique d'aujourd'hui réinventée Sixtrum, ensemble à percussion Robert Leroux, direction Catherine Perrin, animatrice Samedi 17 Juillet à 14 h KiU-l Abbaye Saint-Benoît-du-Lac Chants sans paroles Louise Pellerin, hautbois et hautbois d'amour Luc Beauséjour, orgue Présenté par V I J.-RobertOuimot f •) Groupe C)uimet-(2ordon Bleu-Tomasso y».-.i»y FonaationsADieuVa» Présenté par Deloitte.Samedi 17 Juillet à 20 h Salle de concert Gilles-Lefebvre Oliver Jones Trio Second Time Around Oliver Jones, piano Jim Doxas, batterie; Éric Lagacé, basse Conférences Mardi 13 juillet à 20 h iHM Mardi 20 juillet à 20 h iHM Dujka Smoje André Molsan musicologue, spécialiste de Clarinette-bosse, Orchestre l’esthétique musicale symphonique de Montréal Semaine Kent Nagano et l'OSM du 31 juillet au 8 août Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec nn 1 \aÉ)cW«-^ ¦?1 Canadian Heritage ARCHAMBAUUQI Mi Université fftl ©YAMAHA de Montréal WlHIflHnH .ESPACE 'MUSIQUE ça?™ .ESPACE "oaT™**' LEhEVÜIR E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Edna Stern, un regard sur la musique La venue pour la première fois au Québec d’Edna Stern est l’une des bonnes nouvelles de notre été musical.La pianiste, qui n’a rien d’une star internationale mais séduit les spécialistes et amateurs, jouera Chopin au Domaine Forget ce soir et dans le cadre du Festival de Lanaudière le lundi 19 juillet, à Saint-Sulpice.Fdna Stern CHRISTOPHE HUSS La question est: comment sera-t-elle «en vrai»?Il y a tellement de moments de poésie et de magie sonore dans les disques d’Edna Stern qu’on se demande si l’on va réellement vivre cela en direct.Le disque, objet potentiel d’illusion musicale à coup de nombreux et habiles montages, est parfois trompeur.On en a connu, des artistes sertis de «Diapason d’or» — distinction éditoriale française qui semble perçue par certains, ici, comme le sacro-saint autel de la béatification musicale — qui, en concert, avaient du mal à aligner deux phrases cohérentes de suite.Cela dit, si je devais faire un pari personnel, j’irais voir avec confiance la pianiste israélienne, qui s’est forgée auprès de quelques mentors intéressants, Krystian Zimerman et Leon Fleischer notamment.Pianos anciens Née à Bruxelles il y a 33 ans, Edna Stern débute au piano à sept ans en Belgique et poursuit son apprentissage à Tel-Aviv, où ses parents déménagent alors qu’elle ail ans.Adolescente, elle retourne en Belgique, puis, à 20 ans, est admise dans la classe de Krystian Zimerman à Bâle, en Suisse.Elle y restera quatre années.Elle passera ensuite un an auprès du célèbre pédagogue Leon Fleischer à Baltimore.Les goûts d’Edna Stern pour l’exploration des sonorités la conduisent ensuite à s’intéresser de très près aux pianoforte anciens.Le «choc Edna Stern», je l’ai vécu en écoutant son disque Bach (sur piano moderne), sélectionné en décembre dernier par Le Devoir comme l’un des 10 CD classiques de 2009.Edna Stern enregistre pour Zig-Zag Territoires, petite étiquette française, distribuée ici par SRI.Le dernier CD en date, un récital Chopin sur un pianoforte du Musée de la Vil-lette à Paris, est cependant édité par Naive.Sur ce coup-là, je n’ai pas suivi la pianiste: il y a de vieilles crécelles qu’il vaut mieux laisser dans les musées.Sans l’exprimer ainsi, Edna Stern déclare au Devoir.«Je continue le pianoforte pour moi, mais je ne vais enregistrer désormais que sur piano moderne.Le pianoforte est tellement difficile à capter que je ne suis pas sûre de servir au mieux l’instrument et la musique.» C’est clair.Bach, Nat et les autres Dès le début de sa carrière discographique, Edna Stern a marqué les esprits en 2005 par un disque à concept.Chaconne.«Le but était d’explorer le regard de différents compositeurs sur une même pièce; une pièce qui change à travers le temps, les regards et l’interprétation.» L’éditeur qui a refusé le projet, avançant que «vendre quatre fois la même pièce dans un disque cela ne va jamais marcher», doit s’en mordre les doi^s.«Ce qui m’intéresse le plus, c’est de donner une interprétation des oeuvres que je joue», affirme celle dont Schumann est le compositeur romantique préféré.Dans cette interprétation est inclus le concept sonore: «C’est très important pour moi de créer un univers sonore par compositeur ou par époque.C’est un enseignement que j’ai tiré des pianoforte, qui sont très différents à dix ans d’écart C’est personnel, mais, oui, il y a une recherche.» Le répertoire d’Edna Stern repose sur une pyramide avec, à la base, Bach.«Tout se développe à partir de là.Donc, Bach, Mozart, Beethoven, Schumann, Brahms et, bien sûr, Chopin.» La pianiste, qui vient d’enregistrer trois concertos de Mozart, apprécie le dialogue avec un orchestre pour «l’énergie et la puissance de son lié au nombre», même si elle aime le contrôle absolu et la liberté du récital.Quels sont les pianistes de l’histoire qui l’inspirent?«Je suis une admiratrice d’Yves Nat, un vrai interprète, j’adore Edwin Fischer dans Bach et Beethoven et Rachmaninov jouant Chopin.H y a aussi ces interprètes qui ont joué des œuvres de manière inoubliable.La version Cortot des Préludes de Chopin, c’est pour moi la” version.» Une pianiste à la hauteur de ses modèles?Réponse très vite.Le Devoir EDNA STERN Samedi 10 juillet au Domaine Forget, 418 452-3535.Lundi 19 juillet au Festival de Lanaudière, 1800 561-4343.CD Chaconne, Schumann Ci Bach chez Zig-Zag Territoires (SRI) UEnvolée de Marc Dulude, que l’on peut voir au métro Mont-Royal.En écho à la montagne MICHEL DEPATIE PAYSAGES EPHEMERES CORRESPONDANCES POUR LE MONT ROYAL Sur l’avenue du Mont-Royal, jusqu’au 25 juillet, et à la maison de la culture Plateau-Mont-Royal, jusqu’au 22 août JÉRÔME DELGADO a s’est étalé sans s’étioler.Pour son sixième été, l’exposition en plein air Paysages éphémères ne se déroule plus que dans la partie ouest de l’avenue du Mont-Royal.Même qu’il faut monter une partie de la montagne (jusqu’au belvédère Camilien-Houde) pour apprécier l’une des interventions artistiques.Mais il faut ouvrir l’œil.Du mont Royal au parc des Compagnons de Saint-Laurent, à l’est de la rue Papineau, la sixième édition de Paysages éphémères s’étend donc sur plusieurs kilomètres.Sans devenir une affaire monstre.Avec ses six œuvres dans l’espace public, plus une expo à la maison de la culture, l’événement demeure modeste.L’expansion vers la montagne, elle, se justifie.Les dix artistes sélectionnés par la commissaire Manon Re-gimbald ont été regroupés sous un chapeau quelque peu envi-ronnementaliste.La réflexion derrière l’intitulé Correspondances pour le mont Royal invite à revoir les rapports tendus qu’on entretient avec la nature en milieu urbain.Le discours n’est quand même pas écolo bébête.L’ensemble repose davantage sur des bases historiques, sur un rappel du rôle prédominant, central à Montréal, de son mont.C’est son poumon, et cette expo si éparpillée se présente comme une veine imaginaire.Un tracé subtil et discret, à l’instar de l’intervention de Julia Dantonnet.C’est elle qui s’est immiscée au belvédère, ainsi que sur de nombreux trottoirs de l’avenue.L’œuvre A l’ombre des couleurs est constituée d’une série de filtres colorés en forme de feuilles, que l’artiste a accrochés aux branches des arbres.L’œuvre se découvre d’abord par accident, par des reflets au sol.Ce ne sont que des traces fugaces, soumises à la bonne volonté du soleil.Un artifice simple et efficace.Présences diverses Le camouflage n’est pas le propre des autres œuvres.Certaines d’entre elles titillent même la monumentalité.Défense/défiance de Reinhard Reit-zenstein ne se prive pas, par contre, de tourner ça en dérision.Au parc de l’Amérique latine, bien visible des voitures qui déferlent sur l’avenue du Parc, cette installation donne l’illusion d’un arbre renversé, qu’on voit cul dessus (les racines, en fait), abattu sur la misérable cabane à ses côtés.La place Gérald-Godin, devant le métro Mont-Royal, demeure le cœur de Paysages éphémères.Sa principale vitrine.Pour une rare fois (on nous y a déjà servi des œuvres faciles, près du design et du loisir), le lèche-babines a été évité.L’Envolée, de Marc Dulude, est quand même spectaculaire, avec son immense rocher suspendu et ses miroirs concaves qui multiplient et déforment la réalité.Cette œuvre invite à voir la montagne, et la nature, de manière onirique.Il s’en dégage un commentaire cynique envers tous les^iscours «à la gloire de.».A l’extrême est de la rue, les œuvres d’André Fournelle et de Daniel Hogue se situent dans une sphère plus attendue pour ce qui est de l’interprétation du thème — le mont Royal, un volcan pour le premier, la contemplation oisive pour le second.Le volet à la maison de la cul- ture rassemble de tout.Et entre les exercices de perception des uns et des autres (l’image 3D chez Roberto Pellegrinuzzi, le panorama chez Cécile Martin), c’est la très musicale Sylvie Lali-berté qui se démarque.Déjà sa présence surprend, elle qu’on ne voyait ni n’entendait plus.Puis sa fausse naïveté et ses couleurs bonbon font mouche.Sa vidéo Bien sûr est aussi présentée à la Caisse populaire, commanditaire de l’événement.Mais pourquoi ce choix?La voix enfantine de l’artiste, les subtils jeux de mots et la petite mélodie se perdent dans le bruit ambiant.Grossière erreur de jugement.Il devait servir d’appât, il devient boulet.Collaborateur du Devoir g PAYSAGES EPHEMERES Extrait de la vidéo Bien sûr, de Sylvie Laliherté Voyages, conférences, solide contenu culturel CONFÉRENCE SUR CHICAGO 25 juillet - à propos d’architecture, d’histoire.ESCAPADE AU SAGUENAY du 27 au 30 août - Fjord, musées, symphonie.Réservez vite! Quelques places seulement! Bientôt, Saint-Benoît-du-Lac.^^%eaux ^détours www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Www.artduchi.com/centrepb ^ v , m %HI •’ * .T.L'ART DU CHI m Méthode Stevanovitch des exercices*doux^aiS ’ P^sesÆ^raV^^jr soi.sur sa (laîj^atur^et
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