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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-07-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 MIISIOIIK HOMMAGE À FERNAND LINDSAY LE DEVOIR PHOTOS FESTIVAL DE LANAUDIERE Les anciens du camp musical se souviennent.«Une espèce de René Lévesque de la musique» En 1967, le père Lindsay crée le camp musical de Lanaudière, aux abords du lac Priscault.Son amour de la musique est contagieux et atteint au fil des ans d’innombrables jeunes.Certains campeurs auront la piqûre, jusqu’à devenir de grands musiciens.Souvenirs d’été, de musique et du père Lindsay.CATHERINE LALONDE Le père Lindsay a toujours été un peu le frère Toque de la musique.Il aimait faire bonne chère, bien boire, accueillir.Son rire frappait, gras, communicatif.» S’il n’a pas fréquenté le camp musical de Lanaudière, Jean-François Rivest, directeur artistique du Centre d’arts d’Or-ford, y a envoyé ses enfants.Selon lui, la pensée et l’œuvre du père Lindsay découlent de la vision des clercs de Saint-Viateur, auxquels il appartenait.«Les clercs sont de grands pédagogues, dévoués à la cause des jeunes.Le camp musical de Lanaudière est une suite naturelle de cette vjsion.» Son frère, Etienne Rivest, violoncelliste et adjoint à la direction artistique des Violons du Roy, a été campeur durant ses années de jeunesse.«Ce sont carrément les plus beaux étés de mon enfance.» Il se rappelle la chorale dirigée par le père Lindsay après le petit-déjeuner.«C’était un des rares moments du camp où on voyait tout le monde et c’était aussi l’occasion de faire un peu la foire, se rap-pelle-t-il avec amusement.Le père avait le talent exceptionnel de sentir jusqu’où il pouvait nous laisser aller.C’est une belle leçon de ce que doit être le travail de la musique.On chantait n’importe comment, mais on avait du plaisir!» Cette notion de plaisir, de collégialité et d’ouverture teinte tous les souvenirs.Marc David, chef d’orchestre à l’Orchestre symphonique de Longueuil, a que j’étais trop petite pour que tout le monde me voie.» Elle a, de source, fréquenté le camp.«Vendredi, c’était la chasse au trésor, samedi, la danse.On jumelait l’amitié, le sport, la musique.Il avait ce don de rassembleur, de communicateur, même avec les enfants.Il créait des moments de rencontre.Tout le monde allait le cœur en fête à la chorale, pour le plaisir.Et aux feux de camp le soir, on rechantait.C’était tout à fait humain.» Plus tard, à l’aube de sa carrière internationale, il lui fait découvrir New York, Carnegie Hall et le Metropolitan Opera.Avec le gion, j’ai entendu autant de concerts, sinon plus, qu’en ville.Brunelle, dans l’ombre, m’a fait découvrir que c’était amusant, m’a donné une grosse dose de plaisir à jouer du violon.» Selon Jean-François Rivest, «le père Lindsay était une espèce de René Lévesque de la musique, capable de rallier des gens à une cause, de la faire adopter par plein de gens grâce à la force de ^on message».Aussi, de dire Etienne Rivest, «après s’ajoute le Festival de Lanaudière, cet aboutissement.Ça commencé tout petit: au début, les campeurs couchaient dans des tentes.Il y a eu un grand crescendo, jusqu’à ce que c’est devenu maintenant, et c’est représentatif du père, cette force tran- / A quille, ce ground spirituel, cette façon de connaître la force du temps pour partir de quelque chose de tout petit et en faire quelque chose de très grand.Je pense à beaucoup de gens — dont les politiciens — qui pourraient bénéficier de cette pensée.», termine-t-il en souriant.Collaboratrice du Devoir «Les clercs sont de grands pédagogues, dévoués à la cause des jeunes.Le Camp musical de Lanaudière est une suite naturelle de cette vision.» fréquenté Lanaudière comme enseignant.«La plupart des camps sont axés sur la performance musicale, un aspect qui est aussi à Lanaudière, mais avec un côté humain, sans exclure ceux qui ne veulent pas faire carrière.J’ai appris là qu’il y a moyen de performer à un très haut niveau dans une atmosphère de convivialité, de collégialité.Sans compétition.» Au camp La violoniste Angèle Dubeau garde de riches souvenirs du père Lindsay.Elle l’a connu lorsqu’elle était bout d’chou.«A cinq ans, il accompagnait au piano mon premier concert.On m’avait fait grimper sur une table, parce père Lindsay, tout se réglait autour de la table.ou devant un baril de poulet frit à la Kentucky.«Il pouvait prendre cinq à sept repas par jour», se remémore Angèle Dubeau.Plus tard encore, c’est lui qui lui a présenté son mari.Et qui a béni leur union, en compagnie du père Brunelle, complice incontournable du camp musical.«Je trouve qu’on oublie le père Brunelle, poursuit Angèle Dubeau.Il faisait le travail dans l’ombre, enseignait tous les instruments.Un phénomène.Jusqu’à 80 ans, il enseignait tous les jours, m’écrivait pour me parler des jeunes talents qu’il décelait.Il était plus introverti, avec une patience et un amour incroyable.Le père Lindsay a apporté l’ouverture sur le monde — il nous emmenait de grands musiciens.Même si j’étais en ré- Avant l’amphitheâtre Fernand-Lindsay Il y a un an déjà disparaissait Fernand Lindsay.Aujourd’hui, le 10 juillet 2010, arrive le jour de la reconnaissance de son travail et de son dévouement quand, cet après-midi, la ministre québécoise de la Culture annoncera officiellement à Joliette que l’ampbitbéâtre qui accueille le festival portera désormais le nom de son plus prestigieux fondateur.Dans Lanaudière, donc, il y aura un lieu qui répondra à l’appellation d’amphithéâtre Fernand-Lindsay.Et, pour Christine St-Pierre, cet hommage est bien mérité, car «des hommes comme lui, ça nous en prendrait plusieurs milliers!» Certes bon vivant, mais d’abord clerc de Saint-Viateur, son action s’inscrit dans une communauté et dans un lieu où l’activité culturelle avait ses lettres de noblesse: le Séminaire de Joliette était un lieu de culture, q,ui avait vu dès 1942 un Paul-Emile Borduas y exposer ses premières œuvres «abstraites».Et il y avait même plus, comme le rappelle un ancien de l’établissement: «Le Séminaire de Joliette avait son propre orchestre symphonique, ses troupes de théâtre, on y enseignait la musique, il y avait des concerts, se souvient un Bernard Landry.Le Séminaire de Joliette était un milieu très cultivé, ce qui peut étonner puisque c’était l’époque dite de la Grande Noirceur, qui au fond n’était peut-être pas si noire qu’on le pense aujourd’hui.C’est tout de même de cette époque qu’est issu un homme de la trempe de Fernand Lindsay.» Et celui qui avait voulu qu’on propose en été un camp musi- cal accessible aux jeunes a vu ses rêves réalisés sur une plus grande échelle: Joliette et la région de Lanaudière accueillent maintenant, année après année, le plus grand festival de musique classique au Canada.Toute une réalisation pour un homme à qui on ne demandait au départ que de n’être qu’un animateur musical de collège! Ce 10 juiUet sera donc jour de reconnaissance.Il est signifié en une telle occasion qu’il est possible — mais ne serait-ce pas une obligation?— de voir que ceux et celles qui œuvrent une vie durant à promouvoir des valeurs humanistes, celles qui étaient la base première de ces études classiques, un jour ces personnes verront leur action soulignée sur la place publique.Bienvenue dans Lanaudière et dans son amphithéâtre Fernand-Lindsay.Normand Thériault L LA FONDATION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE LANAUDIÈRE LA DIRECTION ET LES MEMBRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU FESTIVAL DE LANAUDIÈRE ET DE LA FONDATION DU FESTIVAL DE LANAUDIÈRE SE RÉJOUISSENT DE LA PUBLICATION DE CE CAHIER SPÈCIAL OUI REND HOMMAGE AU PÈRE FERNAND LINDSAY.La Fondation du Festival a été mise sur pied pour assurer ie déveioppement ariistique du Fesiival ei souienir les ariisans et les artistes qui perpétuent l'oeuvre principale du Père Lindsay.Nous remercions la direction du Devoir d'avoir choisi le début de la 33® édition du Festival de Lanaudière pour contribuer à mieux faire connaître auprès du public en général l'oeuvre de ce grand bâtisseur.WWW.LANAUDIEEE.OBG/FONDATION V v F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 FERNAND LINDSAY Bernard Landry se souvient « C’était é\ident qu’il était un leader » Le Séminaire de Joliette était déjà un lieu de culture C’est lorsqu’il était jeune étudiant au Séminaire de Joliette que Bernard Landry, l’ancien premier ministre du Québec, a fait la connaissance de Fernand Lindsay.Une rencontre qui a laissé des traces.PIERRE VALLEE Quand je suis arrivé la première année au Séminaire de Joliette, Fernand Lindsay était déjà jînissant, raconte Bernard Landry.Nous avions environ dix ans de différence d’âge.» C’est d’abord grâce au sport que les deux étudiants se rencontrent.«Fernand Lindsay était un redoutable joueur de tennis et, moi, fêtais fasciné par ce sport.C’est donc sur un court de tennis que nous avons échangé nos premiers mots.» Déjà musicien accompli — il joue du piano, de l’orgue, de la clarinette et du basson — Fernand Lindsay est engagé dans presque toutes les nombreuses activités musicales du Séminaire de Joliette.Rappelons que le Séminaire de Joliette était alors dirigé par les clercs de Saint-Viateur, qui faisaient une large place à la culture dans leur projet éducatif.«Le Séminaire de Joliette avait son propre orchestre symphonique, ses troupes de théâtre, on y enseignait la musique, il y avait des concerts.Le Séminaire de Joliette était un milieu très cultivé, ce qui peut étonner puisque c’était l’époque dite de la Grande Noirceur, qui au fond n’était peut-être pas si noire qu’on le pense aujourd’hui.C’est tout de même de cette époque qu’est issu un homme de la trempe de Fernand Lindsay.» Pour en rajouter, en plus d’être musicien et tennisman, Fernand Lindsay était aussi un excellent joueur de hockey.Chez ce jeune homme, la culture et le sport cohahitaient, l’un n’excluant jamais l’autre.«Il était à la fois un excellent musicien et un excellent sportif.Il était à la fois dans la culture et dans le sport.Une sorte d’homme universel en ligne avec la tradition de la Renaissance.Cela nous fascinait, nous, les jeunes étudiants que nous étions.» Sans compter que les qualités de leadership étaient déjà bien présentes chez le jeune Lindsay.«C’était évident qu’il était un leader.Dès qu’on le rencontrait, on voulait aussitôt s’associer avec lui.» L’animateur musical A la fin de ses études au Séminaire de Joliette, Fernand ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L’ancien premier ministre Bernard Landry Lindsay, bien que toujours un passionné de musique, ne choisit pas d’y faire carrière.Il opte plutôt pour l’enseignement et, comme il a la vocation, la prêtrise.Il deviendra, comme ses maîtres, clerc de Saint-Viateur et reviendra comme professeur au Séminaire de Joliette.C’est l’occasion de la seconde rencontre entre Bernard Landry et celui qui est devenu alors le père Lindsay.Cette rencontre se passera sous le signe de la musique.«Je ne l’ai pas connu comme professeur puisqu’il ne m’a pas enseigné, mais je l’ai bien connu par contre comme animateur de musique.C’est à lui que je dois mon introduction à la musique classique.» Bernard Landry se souvient comme si c’était hier de sa première session musicale avec le père Lindsay.«C’était La Truite, un quintette de Schubert.D’abord, il nous l’a fait entendre, puis il l’a commenté et analysé, pour ensuite nous le faire chanter.» Bien que ses sessions d’animation musicale ne fussent pas obligatoires — elles faisaient partie des activités extrascolaires — Bernard Landry y est resté fidèle.«Ce qui était spectaculaire, c’étaient sa passion pour la musique et ses qualités pédagogiques qui lui permettaient de la faire partager.C’était un homme très convivial — je me souviens de ses éclats de rire — mais c’était aussi un homme rigoureux lorsque la situation l’exigeait.C’était déjà quelqu’un d’exceptionnel.» Retrouvailles A la fin de ses études collégiales, Bernard Landry quitte Joliette pour aller poursuivre ses études universitaires.Fernand Lindsay reste au Séminaire de Joliette en tant que professeur et poursuit son travail d’animation musicale.Les deux hommes se perdent de vue.La prochaine rencontre sera le fruit du hasard.«f étudiais à Paris quand, par hasard, je l’ai croisé dans la rue.Il séjournait à Paris et il était rattaché à une paroisse parisienne.On s’est ensuite revu pour manger ensemble ou aller entendre un concert.» Au début des années 1970, lorsque Bernard Landry se lance en politique active, il cherche en premier à se faire élire — sans succès — dans la région de Joliette, ce qui lui permet de fréquenter de plus près le père Lindsay.«C’était l’époque où le père Lindsay mettait en place ses différentes activités musicales, comme le Camp musical de Lanaudière, où l’un de mes enfants est allé, et le Festival de Lanaudière.Il a aussi pris soin, en lançant ces activités, d’en assurer la pérennité.» Une fois élu et devenu membre du gouvernement, Bernard Landry a toujours «appuyé et soutenu les manifestations culturelles joliettaines», dont évidemment celles de Fernand Lindsay.Bernard Landry est même allé jusqu’à se vendre au plus offrant afin de soutenir celui qui l’avait initié à la musique classique.«C’était une activité de collecte de fonds pour la Fondation du père Lindsay.On organisait un encan et l’un des lots qu’on pouvait acheter était un souper avec le père Lindsay et moi-même à ma résidence de Verchères.J’ai fait cela pendant plusieurs années.» En plus de sa passion pour la musique, Fernand lindsay a légué à Bernard Landry «l’importance de la culture, de l’ouverture d’esprit et de l’humanisme».Quant aux nombreux accomplissements de Fernand Lindsay, Bernard Landry ne s’en étonne pas autrement.«C’était tout à fait son destin.Ce que Fernand Lindsay a accompli dans sa vie est la suite logique du jeune homme que j’ai connu au Séminaire de Joliette.» Collaborateur du Devoir René Charette était là « Il voulait que la communauté lanaudoise puisse bénéficier d’un événement grandiose » «Parfois, il faut rêver un peu pour réaliser de grands projets!» C’est ce que se plaît à dire René Charette, ancien président du Festival de Lanaudière et l’un des plus importants piliers de son histoire.Maintes fois traité d’idéaliste lorsqu’il tentait de mettre sur pied le plus important festival de musique classique du pays, l’homme se dit aujourd’hui très fier d’avoir bercé d’aussi grands rêves.EMILIE CORRIVEAU Même s’ils remontent à près de 35 ans, René Charette se souvient très bien des pré-Ipdes du Festival de Lanaudière.A l’époque, vers 1975, le père Fernand lindsay était directeur du Centre culturel de Joliette et caressait le rêve de créer un festival de musique classique presti- gieux.«Dans les années 1960, le père Lindsay avait fait un stage en Europe en tant que clerc de Saint-Viateur.Il avait visité tous les festivals et ça lui avait donné l’idée de faire la même chose à Joliette.Il voulait faire en sorte que la communauté lanaudoise puisse bénéficier d’un événement grandiose», raconte M.Charette.Ainsi, à l’été 1977,12 ans après son passage en Europe, le père Fernand Lindsay propose à l’Orchestre symphonique de Montréal d’accueillir son programme estival à la cathédrale de Joliette.Il y organise trois concerts et ceux-ci remportent un franc succès.L’enthousiasme soulevé par cette courte série de spectacles l’encourage à réaliser son rêve et il s’entoure de précieux collaborateurs afin de mettre sur pied un festival annuel.Les premiers balbutiements «Marcel Masse et moi avons connu le père Lindsay grâce aux Jeunesses musicales, se rappelle M.Charette.Nous étions des inconditionnels du père Lindsay et.même après notre passage aux Jeunesses musicales, nous sommes restés en contact avec lui.Lorsqu’il nous a demandé notre avis sur ses projets, nous lui avons tous les deux dit qu’il devait créer un festival et nous nous sommes embarqués dans l’aventure!» Ainsi naît le Festival de Lanaudière en 1978.Cette première année de programmation est modeste et seulement huit concerts sont présentés, mais la qualité de ceux-ci est indéniable.Grâce à cette première édition du festival, beaucoup découvrent l’immense talent de la jeune violoniste lanaudoise Angèle Du-beau, alors âgée de 16 ans.Dès 1979, le Festival de Lanaudière s’impose dans le paysage Les Clercs de Saint-Viateur au Canada depuis 1847 Une présence cuitureiie, éducative et spiritueiie culturel avec une programmation plus importante.Marcel Masse est nommé président du festival, alors que le père lindsay en assure la direction artistique.Cette année-là, on présente 35 concerts, dont bon nombre sont donnés à l’extérieur de Joliette, dans des églises de la région.«Le festival a débuté d’abord dans des églises, parce que nous voulions à la fois faire découvrir le patrimoine religieux de Lanaudière et faire connaître la musique classique à travers toute la région, pas simplement à Joliette», confie M.Charette.Visées internationales Bien que le festival n’en soit encore qu’à ses débuts, le père lindsay, Marcel Masse et René Charette rêvent de reconnaissance mondiale.«On souhaitait tous créer à Joliette un festival international, affirme l’ancien président.On avait des visées très élevées.Lorsqu’on vendait le festival, on lui donnait une notoriété qu’il n’avait peut-être pas encore.On avait du front! Mais, au niveau du marketing, ç’a très bien fonctionné!» En 1984, Paul Dupont-Hébert est engagé comme directeur général.Jeune homme d’affaires ambitieux, il donne de nouvelles couleurs au festival.«Paul venait du milieu populaire et il avait beaucoup d’entrées dans le monde de la musique.On le trouvait tellement dynamique! C’était un excellent vendeur, quelqu’un qui était capable de mettre en marché la musique.Lorsque nous l’avons rencontré, nous nous sommes dit qu’il allait nous aider à porter le festival un peu partout», relate M.Charette.Les années de Paul Dupont-Hébert sont particulièrement marquantes pour le festival.Celui-ci prend son envol et la programmation est ponctuée de concerts mémorables.C’est à cette époque qu’on présente Fabienne Thibault avec les Chanteurs de la Place Bourget et que Francis Cabrel se produit dans Lanaudière, accompagné par une chorale de 350 enfants de la région.Même Michel Rivard et Diane Dufresne participeront au festival.«Le père Lindsay, Paul et moi formions un trio très énergique.On nous appelait le triumvirat du festival», raconte M.Charette, un sourire dans la voix.«Paul nous a quittés en 1989, car il a été appelé par Radio-Canada pour devenir directeur des variétés à la société d’Etat, pour- suit M.Charette.Après son départ, on a mis de côté le populaire et on s’est consacré uniquement au volet classique, parce que c’était trop compliqué de gérer deux sortes de musique avec des événements importants.Ç’a engendré des débats corsés, qui ont fait que certains ont quitté le festival.» Un amphithéâtre A la fin des années 1980, le festival du père Lindsay est considéré comme un important moteur de développement pour Joliette et Lanaudière.S’il accueille des milliers de touristes chaque été et qu’il jouit d’une réputation enviable sur le plan international, il ne dispose toujours pas d’un lieu fixe pour recevoir tous ses festivaliers.Après maintes tergiversations et études de faisabilité, un amphithéâtre est finalement construit à Joliette.Le 17 juillet 1989, le festival accueille ses premiers auditeurs dans son amphithéâtre extérieur, une réalisation de l’architecte Michel Gallienne pouvant recevoir 2000 personnes sous le toit et 8000 festivaliers sur les pelouses avoisinantes.«Nous avions absolument besoin d’un lieu, d’une structure qui abriterait le festival.Nous avons dù amasser des fonds pour la construction et ça n’a vraiment pas été facile.Comme l’amphithéâtre a coûté plus cher que prévu, il a fallu faire des coupes dans le projet de construction tout en gardant le concept initial dans son intégralité.On a donc sacrifié des blocs de toilettes», raconte René Charette, moqueur, malgré ses souvenirs d’années difficiles passées à défendre ce projet Les résultats ont été probants: grâce à ce nouvel amphithéâtre et à la nomination de François Bédard en tant que directeur général, qui a su redresser les finances du festival, le succès de cet événement annuel ne cesse de croître.Quelque 20 ans plus tard, sa réputation n’est plus à faire et Lanaudière est devenue une destination incontournable pour les amateurs de musique classique.«Avec le recul, je pense que tous les efforts qu’on a déployés sont récompensés et que la population de Joliette en bénéficie grandement aujourd’hui, souligne M.Charette.On a réussi à bâtir un festival de qualité internationale et f en suis très fier!» Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 F 3 FERNAP LIPSAY Pour mémoire « Des hommes comme Ini, ça nous en prendrait plnsienrs milliers ! » Lors d’une cérémonie tenue en ce 10 juillet, l’amphithéâtre du Festival de Lanaudière sera officiellement baptisé «amphithéâtre Fernand-Lindsay», en l’honneur de son fondateur décédé le 17 mars de l’an dernier.ISABELLE PORTER Québec — «Des hommes comme lui, ça nous en prendrait plusieurs milliers!», nous disait Christine St-Pierre, ministre de la Culture, lors d’un entretien récent.Chez les prodiges comme chez les amateurs, celui que tous appelaient le «père Lindsay» est visiblement regretté de tous.La décision de donner son nom à l’amphithéâtre allait donc de soi, explique la ministre.«C’était incontournable et il ne fallait pas attendre 25 ans avant de le faire.Mais, bien sûr, humble comme il était, il aurait probablement dit que c’était trop.» Pourquoi donc ne pas l’avoir fait auparavant?«Parce que la loi requiert qu’on attende un an après le décès d’une personnalité avant de donner son nom à un équipement de l’Etat», précise-t-elle.Décédé le 17 mars 2009, le père Lindsay a consacré sa vie à transmettre l’amour de la musique classique à travers le festival, dont les premiers balbutiements remontent à 1962 mais dont la fondation date de 1977.Rassembleur, sensible aux préoccupations des artistes, le père Lindsay et son équipe ont développé avec les années une formule quasi irrésistible qui permet à l’excellence musicale de se dévoiler en plein air dans un décor enchanteur.«Les artistes de renom n’iraient pas au festival en si grand nombre s’ils ne s’y plaisaient pas», fait remarquer Christine St-Pierre.Reconnu comme le plus grand festival de musique classique au pays, le Festival de Lanaudière parvient, bon an mal an, à livrer la marchandise avec un budget d’un peu plus de trois millions, dont le tiers provient des fonds publics.Pour sa 33® mouture, l’événement présentera notamment l’ensemble du répertoire de Chopin, interprété par 11 pianistes.Si cette portion du programme sera livrée dans les églises locales, le répertoire symphonique sera aussi à l’honneur à l’amphithéâtre, avec la présentation de la 7 Symphonie et du Concerto pour piano n° 5 («Empereur»), de Beethoven, par l’Orchestre sjmipho-nique de Pittsburgh, qui s’ajoute aux présentations de l’Orchestre symphonique de Montréal et de l’Orchestre symphonique de Québec.Tous le disent: l’amphithéâtre qui portera bientôt le nom de son plus ardent défenseur concourt pour beaucoup à l’intérêt du programme.Bâti à la fin des années 1980 pour servir de résidence d’été à l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), ce lieu est réputé pour son acoustique exceptionnelle.Stature et panache Consciente de la valeur de cet endroit, la ministre de la Culture dévoilera également cet été de nouveaux investissements pour préserver sa qualité.On ne nous en dit pas plus, si ce n’est que JACQUES GRENIER LE DEVOIR Christine St-Pierre, ministre de la Culture du Québec cette aide, en plus du changement de nom, permettra de lui donner encore plus de «stature» et de «panache».Faudrait-il par ailleurs s’inquiéter du déplacement progressif de rOSM vers le festival d’Orford en Estrie?La ministre se dit au fait de la situation, mais elle explique qu’il ne lui appartient pas de dicter à rOSM quels doivent être ses déplacements.«La nature, ajoute-t-elle, a horreur du vide.» Dès lors, ces changements ont peut-être permis de créer des possibilités pour d’autres ensembles, comme l’Orchestre métropolitain et son chef.Yannick Nézet-Séguin, qui ont livré un concert remarqué à Lanaudière à l’qté 2009.A propos des réductions des subventions fédérales, Mme St-Pierre reconnaît que c’est un défi de plus pour l’organisation.Cette dernière, assure-t-elle, n’a pas à s’inquiéter de la loyauté financière du gouvernement du Québec.Qr, pour le reste, il lui faudra «innover» en trouvant de nouveaux mécènes, commanditaires et partenariats.Le Festival de Lanaudière, dit-elle, est promis à un bel avenir.«Ils ont quelque chose de supérieur entre les mains et ils le savent bien.» Et l’héritage du père Lindsay ne s’arrête pas au festival.Le camp musical qu’il a fondé a, lui aussi, joué un rôle fondateur.Depuis sa création, ce camp a permis à des milliers d’enfants de s’initier au réper- toire classique tout en s’amusant.«Le père Lindsay n’a jamais abandonné l’objectif de donner le goût de la musique.Je crois que c’est ce qu’il faut retenir de lui.Avec le camp, il s’est occupé du public de demain», souligne la ministre en insistant sur le rôle moteur joué par le camp de vacances non seulement pour la cause, mais aussi pour le développement du festival.«Les enfants viennent voir des spectacles à l’amphithéâtre, ils en parlent à leurs parents, ils reviennent et ça continue.» Certains de nos plus grands virtuoses sont passés par là.La violoniste Angèle Dubeau y a même rencontré son mari! «Le père a toujours été pour moi, et pour des milliers de jeunes, un guide, un phare.C’était un rassembleur», racontait-elle au Devoir au lendemain de son décès.Une transmission que la ministre de la Culture souhaite voir continuer à prospérer.«La démocratisation de la musique classique, c’est essentiel.Il faut continuer de développer cela.» Collaboratrice du Devoir Fondation Père-Lindsay Ils sont plus de 500 jeunes à fréquenter le camp musical Depuis 1996, la Fondation Père-Lindsay a amassé environ 2,5 millions de dollars pour le camp musical.Une somme qui a permis d’assurer la survie de l’organisation, mais aussi son développement.Voire sa métamorphose.MARTINE LETARTE Dès que le déficit a été remboursé, une affaire réglée pendant la première année d’existence de la Fondation Père-Lindsay, les membres du conseil d’administration ont voulu aider le camp musical à se développer.Ils ont convenu qu’ils y arriveraient en accueillant davantage de jeunes chaque année et en augmentant les frais de séjour.«A 400 $ pour deux semaines, c’était difficile d’arriver à offrir des services de qualité en matière de nourriture et d’hébergement par exemple.Et c’est tout de même un camp spécialisé, avec des professeurs de haut niveau! La fondation a donc joué un rôle de conseiller auprès des dirigeants du camp pour la question des frais de séjour», indique Pierre Mantha, président de la Fondation Père-Lindsay.L’équipe de gens d’affaires du conseil d’administration a en fait suscité une petite révolution en la matière.De 400 $ pour les deux semaines en 1996, les frais de séjour s’élèvent maintenant à 1000 $.Programme de bourses La Fondation Père-Lindsay a réussi à faire accepter cette hausse des frais aux dirigeants du camp musical, grâce à la mise en place d’un programme de bourses.«La plupart des gens payent le prix exigé sans poser de questions.Pour ceux qui ont plus de difficulté, nous accordons des bourses.Parce que, souvent, pour les familles, l’argent est un frein.Il y ale camp, mais aussi l’achat de l’instrument et les cours de musique pendant l’année.», convient M.Mantha.Chaque année, en moyenne 35 000 $ sont donnés en bourses, ce qui permet d’aider une centaine de familles.«La fondation ne s’occupe pas d’attribuer ces sommes, précise-t-il.Ce sont les dirigeants du camp qui le font, avec un minimum de formalités.Dès le début, on a convenu que cela se ferait sans trop de paperasse.Si la famille a besoin d’un coup de main et que l’enfant est motivé, on donne.» Pour la troisième année cet été, le camp musical accueillera également des jeunes qui y auront été envoyés par le D® Julien, qui œuvre auprès d’enfants en difficulté.«Pour ces jeunes, la Pondation Père-Lindsay paye le total des frais de séjour, en plus des effets personnels à apporter pour les deux semaines», indique M.Mantha.Le programme de bourses a instantanément donné des résultats.Si, en 1996, environ 325 jeunes venaient au camp musical chaque été, ils sont maintenant plus de 500.«Nous sommes vraiment à pleine capacité maintenant.Nous ne pourrions en accepter davantage», précise le président de la fondation.Revamper le site Les membres du conseil d’administration de la Fondation Père-Lindsay ont aussi rapidement compris que le domaine du camp musical avait besoin d’être revampé.«Le site avait été racheté des clercs de Saint-Viateur et les bâtiments manquaient d’entretien.Ils étaient devenus vétustes, particulièrement l’endroit oû logeaient les professeurs», se souvient Pierre Mantha.C’est pour cette raison que la Fondation Père-Lindsay a proposé au conseil d’administration du camp musical de construire une villa de 12 chambres tout équipées, avec cuisine et salle de bain privées, pour les professeurs.Pendant le reste de l’année, cette villa pourrait être louée par des particuliers et des entreprises.«La location avait l’avantage d’apporter un revenu», mentionne M.Mantha, comptable agréé de formation.Ils ont donc construit la Villa Jean-Cypihot, baptisée en l’honneur de ce mécène, un membre du conseil d’administration de la Fondation Père-Lindsay, qui avait fait un don important pour la construction du bâtiment.Le gouvernement du Québec a aussi participé au financement du projet.«La construction de la villa Jean-Cypihot a vraiment changé le climat du camp.Les professeurs peuvent maintenant y emmener leur famille et ils sont beaucoup plus motivés.La dynamique n’est plus du tout la même», affirme M.Mantha.Depuis, un autre bâtiment avec les mêmes caractéristiques a été construit: la villa Mantha.Elle est plutôt réservée aux professeurs célibataires.Ces deux bâtiments ont pris le nom d’Auberge du Lac Priscault, un établissement classé quafreétoiles.«La location fonctionne très bien.Au début, il a fallu tenir des événements de découverte! On invitait donc les gens pour des week-ends gastronomiques, avec traiteur.On demandait aussi â des jeunes de venir jouer de la musique et on leur donnait un cachet! C’était leur premier â vie!», se souvient M.Mantha.L’investissement d’un million de dollars pour la construction de la villa Jean-Cypihot a été rentabilisé en cinq ans.«Nous nous attendons â la même chose â peu près pour la villa Mantha.Les fins de semaine et pendant le temps des Lêtes, ce sont des familles qui viennent, et la semaine, ce sont des entreprises qui organisent des réunions et des activités de team-building», précise Pierre Mantha.Grâce aux revenus tirés de ces investissements et aux recettes des événements-bénéfices organisés chaque année, la fondation a actuellement un capital de 700 000 $.L’objectif est d’arriver à un million.«Organiser des événements-bénéfices représente énormément de travail, remarque M.Mantha.Avec un million de dollars de capital, nous pourrons faire travailler l’argent et ainsi pérenniser l’œuvre du père Lindsay.» Collaboratrice du Devoir La fondation et le père Lindsay Vinrent la villa et le prix Fernand-Lindsay Lorsque le père Lindsay est allé voir son ami Pierre Mantha, en 1996, pour lui demander un coup de main pour éponger le déficit de son camp musical, il était question d’un problème immédiat à régler.Pas nécessairement d’un engagement à long terme.C’était sous-estimer l’efficacité et le pragmatisme de cet homme d’affaires et comptable agréé de formation.Je n’allais tout de même pas rembourser le déficit de 50 000 $ sans rien faire pour assurer une meilleure santé financière â long terme au camp musical et risquer qu’une telle situation se reproduise les années suivantes.Une petite organisation comme ça, â but non lucratif, ne peut survivre en accumulant des déficits», raconte Pierre Mantha, créateur et président de la Fon-datjon Père-Lindsay.A l’époque déjà très engagé dans le milieu culturel, notamment à Pointe-à-Callière, Pierre Mantha a accepté de prendre le camp musical sous son aile.«L’idée, c’était de créer une fondation avec un conseil d’administration formé de gens pouvant compter sur de grands réseaux et qui seraient capables de vendre des billets lorsqu’on allait organiser des événements-bénéfices», explique celui qui a connu le père Lindsay en fréquentant le Festival de Lanaudière.Instantanément, la stratégie s’est montrée efficace.Dès la première année, le déficit était chose du passé.«Le père Lindsay était très content II a déjà dit que, si ce n’avait été de la fondation, le camp musical n’existerait plus.Lui, il n’avait pas tendance â demander.Son rêve, c’était que tout se fasse tout seul! Il croyait au miracle! C’est normal pour un prêtre», affirme M.Mantha.Qr le comptable était dans une tout autre réalité! «Je l’ai ramené sur le plancher des vaches.Linalement, il trouvait ça correct II était capable de visualiser son projet comme une entreprise.Mais il ne voulait toujours pas demander! On lui disait qu’il n’avait pas â demander, qu’on allait le faire pour lui.Il n’avait qu’â dire merci.Mais, encore lâ, il ne voulait pas déranger les gens! Je lui disais donc qu’il était devenu une véritable vedette et que les gens seraient contents de lui parler.Et c’était vrai!» Des idées dérangeantes Dès que le déficit a été réglé, les membres du conseil d’administration de la Fondation Père-Lindsay ont commencé à travailler pour développer le camp musical et aller chercher plus de jeunes.Pour y arriver, on n’a pas lésiné sur les moyens: augmentation importante des frais de séjour, organisation d’événements-bénéfices, construction de villas! Des idées de grandeur qui n’étaient pas sans déranger les habitudes des gens qui œuvraient avec le père Lindsay depuis le début.«Contrairement â celui de la fondation, le conseil d’administration du camp musical était plutôt formé de gens de la région et de proches du père Lindsay.Certains étaient lâ depuis le tout début du camp.Ces gens n’avaient pas vraiment de réseaux capables d’aller chercher de grosses sommes.Ils disaient que nous étions des gens de la ville et qu’ils n’avaient pas les moyens dé faire ce qu’on faisait! Nous étions deux unités vraiment différentes», explique Pierre Mantha.Le père Lindsay était un peu pris entre deux feux, se souvient M.Mantha.«Il essayait de concilier les deux.Il aurait aimé que tout le monde accepte tout le monde.» La construction de la villa Jean-Cypihot a aussi causé des remous au sein de l’administration du camp musical.«Au début, les gens n’étaient pas convaincus.Ils trouvaient que c’était un projet beaucoup trop gros et beaucoup trop compliqué», se souvient M.Mantha.Finalement, le projet s’est réalisé avec le soutien du gouvernement provincial.«A l’inauguration, nous avons invité le ministre.qui n’avait jamais mis les pieds lâ! C’était un bel actif et ça faisait rayonner l’endroit.Rapidement, les gens ont voulu en profiter», indique le président de la Fondation Père-Iindsay 11 se souvient que de nombreuses personnes voulaient organiser des événements dans le bâtiment sans payer un sou! «Le père Lindsay était bonasse, mais j’étais lâ comme barrière, pour le protéger de tout ça! Je lui répétais sans cesse que, s’il cédait, il serait vite envahi.Lorsqu’il avait des demandes, il pouvait donc dire que ce n’était pas lui qui prenait ce genre de décision, que c’était Pierre Mantha!» Les deux hommes agissaient donc en complémentarité.«Lui, il voulait aider! Je ne dis pas que mes règles n’ont jamais été défiées, d’autant plus que je n’étais pas sur place, mais il s’arrangeait pour que je ne sois pas au courant!», raconte M.Mantha, non sans esquisser un sourire en se remémorant ces souvenirs.La vision demeure Aujourd’hui, le père Lindsay n’est plus là, mais M.Mantha et les autres membres du conseil d’administration continuent de travailler à pérenniser l’œuvre de l’homme derrière le camp musical de Lanaudière en développant des projets fidèles à sa vision.Par exemple, depuis l’an dernier, la fondation s’est associée au prix Europe pour créer le prix Fernand-Lindsay.Les candidats doivent être diplômés du Conservatoire de musique ou d’une université québécoise en interprétation.«Nous donnons 10 000 $ au gagnant du concours de composition.Le père lindsay avait l’ambition de ne pas seulement amuser les jeunes pendant l’été.Il voulait que le camp ait des moyens pédagogiques pour stimuler l’intérêt des jeunes et les aider â devenir des professionnels.Ce prix est une façon de les aider â aller plus loin, â faire leur place dans le milieu professionnel de la musique, qui n’est vraiment pas un milieu facile.» M.L.Cher Père Lindsay, Merci d’avoir mis vos exceptionnels dons de mélomane et d’organisateur au service du partage, de la rencontre entre le public et l’œuvre, de l’harmonie entre les humains.Merci de nous avoir appris que, dans le tourbillon de la vie, nous pouvons toujours compter sur la musique, refuge ultime et consolatrice sublime.Les ^ébécoises et les ^ébécois se souviennent avec reconnaissance d’un grand humaniste qui, pour notre bonheur, nous a familiarisés avec les plus belles musiques du monde.La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre Québec E3E3 F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 FERNAP LIPSAY Une compagne de route Louise Forand-Samson accepte en 1990 la codirection artistique du festival Elle était adolescente, lui adulte.11 était prêtre et amoureux de la musique, elle était pianiste de concert.Lui, c’est Fernand Lindsay, elle, c’est Louise Forand-Samson.S’est nouée entre ces deux êtres une amitié, et par la suite une collaboration, qui ne s’est jamais démentie.PIERRE VALLEE J> avais 15 ans quand j’ai rencontré pour la première fois le père Lindsay, raconte Louise Forand-Samson./g me souviens très bien que c’était dans le cadre des Jeunesses musicales à Montréal.Ce fut instantané de part et d’autre et nous avons aussitôt ressenti une énorme sympathie l’un envers l’autre.Cette première rencontre a été le début d’une longue amitié.» Enseignant au Séminaire de Joliette, Fernand Lindsay s’organise pour qu’on embauche la jeune musicienne à titre de profes-seure de musique.Cette proximité permet à Louise Forand-Samson et à Fernand Lindsay d’approfondir et de consolider cette amitié et de jeter les bases d’ime fructueuse collaboration.Louise Forand-Samson a participé à la fondation du camp musical du père Lindsay et a assumé avec lui pendant 10 ans la codirection artistique du Festival de Lanaudiè-re.«On peut dire que j’ai été associée à tous ses mauvais coups!» Tout en continuant à enseigner au Séminaire de Joliette, Louise Forand-Samson poursuit sa carrière de pianiste, d’abord comme soliste et ensuite comme chambriste.A l’aube de la trentaine, elle convole en justes noces et s’installe à Québec.Elle met en veilleuse sa carrière de pianiste et accepte im poste de profes-seure au Conservatoire de musique de Québec.Elle s’engage entièrement dans la vie musicale de la Vieille Capitale en assumant la direction artistique du Club musical de Québec.Mais le lien avec Fernand Lindsay ne se brise pas pour autant.«On se consultait constam- ment Je lui parlais de mes projets à Québec, lui, des siens à Joliette.On s’enrichissait mutuellement.On pouvait parler des heures au téléphone.Mon mari disait à la blague qu’il m’en coûterait moins cher de prendre l’autobus et de me rendre à Joliette que de payer les frais d’appek interurbains.» Le collaborateur Cette collaboration amicale se formalise en 1990 lorsqu’elle accepte l’offre de Fernand Lindsay et assume la codirection artistique du Festival de Lanaudière.Cette collaboration durera dix ans.«Ce qui était intéressant dans cette collaboration, c’est que Fernand et moi n’avions pas tout à fait la même conception.Par exemple, l’écoute de la musique: pour lui, c’était plutôt l’œuvre qui l’intéressait, tandis que moi, je portais davantage attention à l’interprète.Une conception différente mais complémentaire.» La méthode Lindsay?«Fernand aimait bien lancer des idées et voir ensuite comment elles seraient reçues.Il ne parlait pas beaucoup, mais il écoutait énor- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louise-Forand Samson mément Si j’avais à résumer comment il fonctionnait, je dirais qu’il était avant tout un semeur plutôt qu’un jardinier.Ft ce n’était pas vraiment un décideur, enfin, je ne veux pas dire qu’il était incapable de prendre une décision, il la prenait, mais toujours à la dernière minute.Il était comme cela dans la vie de tous les jours.Mais Fernand avait un charisme fou et il était au fond un séducteur.On finissait tous par embarquer dans une de ses idées, et, une fois embarqués, nous étions partis.Au fond, à sa façon de ne pas avoir l’air de gérer, ügérait, mine de rien.» S’il y a une chose que Louise Forand-Samson tient à souligner dans le travail accompli par Fernand lindsay dans le monde musical québécois, c’est celui qu’il a fait auprès des jeunes.«Il y a bien sûr son camp musical à Lanaudière, mais Fernand s’est beaucoup engagé auprès des jeunes, il était très attentif aux besoins des jeunes musiciens, c’est pour eux qu’il a fondé le Festival-Concours.C’était pour lui une priorité.Je me souviens de le voir au piano accompagner la jeune Angèle Dubeau, qui abrs avait trois ans et qui devait monter debout sur une table pour jouer du violon.» L’ami L’amitié entre Fernand Lindsay et Louise Forand-Samson iit celle de toute une vie.«Notre amitié était indéfectible.Il n’y a pas eu beaucoup de cailloux dans le ruisseau, et lorsqu’il y en a eu.nous avons toujours trouvé la façon de les enlever.C’est aussi une amitié qui a évolué avec le temps.Au début, c’était le père Lindsay, puis, c’est devenu Fernand.Fnsui-te, je m’amusais en l’appelant “le révérend”pour le taquiner.» Une amitié au centre de laquelle se trouve la musique.«C’était évidemment le lien de notre amitié.La musique était la chose la plus importante dans sa vie et sa passion pour la musique était contagieuse.La musique a nourri notre amitié.» Mais aussi une amitié qui s’est abreuvée à d’autres sources.«C’était un bon vivant et un redoutable épicurien.Fernand était heureux dans la vie et il trouvait toujours une façon de rendre les choses agréables autour de lui.On était bien en sa présence.Quant à moi, il a eu une influence déterminante dans ma vie.Au fond, quand je m’arrête pour y penser, et même si ça peut paraître étrange de le dire, vu qu’il était un prêtre, Fernand Lindsay a véritablement été l’un des hommes de ma vie.» Collaborateur du Devoir Clercs de Saint-Viateur Une communauté débarque à Industrie en 1847 Les clercs de Saint-Viateur furent la véritable bougie d’allumage du bouillonnement culturel dans la région de Lanaudière.Au-delà de leur vocation religieuse, ils ont fait de la promotion des beaux-arts et de la musique une priorité, transformant Joliette en plaque tournante artistique au Québec.ETIENNE PLAMONDON ÉMOND Le père Lindsay, instigateur des plus grands événements musicaux dans la région de Lanaudière, demeurait extrêmement reconnaissant envers les clercs de Saint-Viateur, communauté à laquelle il appartenait.En 2002, il déclarait au journal Le Soleil que, «si Joliette est devenue une région musicale, c’est pas mal grâce à la communauté».Bien avant l’arrivée du Festival de Lanaudière, plusieurs religieux avaient consacré leur vie à sensibiliser les gens aux charmes des arts.Bruno Hébert, clerc, artiste peintre et féru de l’histoire de Joliette, considère que «ce n’est pas tellement étonnant qu’il y ait eu un filon musical dans la communauté au Canada».«Si on part à la racine, on part avec le père Querbes, qui est le fondateur de la communauté en France.Lui, il était versé surtout du côté de la musique.Les cantiques.Il voulait faire de belles cérémonies.C’était au lendemain de la Révolution française.Tout était à refaire.Ft, comme curé [.], il aimait que le chant soit soigné et que les cérémonies soient bien faites», explique-t-il lors d’une entrevue accordée au Devoir.En 1847, la communauté s’installe dans la région de Lanaudière à la demande de Barthélémy Joliette, notaire, homme d’affaires et fondateur d’une nouvelle ville qu’il nomma Industrie.Avec l’arrivée des clercs de Saint-Viateur, cette cité deviendra plutôt institutionnelle qu’industrielle.«Monsieur Joliette, son ambition était d’ouvrir un collège, mais un collège qui n’était pas tout à fait sur le modèle classique, raconte Bruno Hébert.Le cours que M.Joliette voulait instaurer, c’était surtout à partir d’un modèle [.] qui était un collège dit industriel, commercial, et qui était tourné beaucoup plus vers la transformation du réel.Au fond, tourné vers la pratique davantage que vers la culture universelle.» Ainsi naquit le Séminaire de Joliette, où l’enseignement des arts visuels et de la musique prit une place prépondérante.Une suite de personnages se passèrent le flambeau, valorisant chacun son tour l’esthétisme.Joseph Michaud, architecte «naturel», conçoit plusieurs édifices religieux qui seront signés par d’autres.Le virtuose père Georges Paul, Lucien Bellema-re, Louis Vadeboncœur ainsi que le père Charlebois entretiennent la flamme musicale, jusqu’au travail d’enseignement accompli par Rolland Brunelle dans la deuxième moitié du XX® siècle.Des années-charnières Mais c’est dans les années 1920 que la vocation culturelle prend du galon.L’aile Bonin, construite comme extension du Séminaire de Joliette, provoqua, selon Bruno Hébert, «un déblocage».«Cette aile-là a été extrêmement importante pour la raison suivante: le premier étage, autrement dit le rez-de-chaussée, c’était la salle académique, qui est devenue la salle Rolland-Bru-nelle.C’est la salle de Joliette aujourd’hui pour la^musique et pour le théâtre.» A l’étage au-dessus, de petits cabanons ont été aménagés pour favoriser la pratique d’un instrument.Qutre les infrastructures, un personnage important est venu s’affirmer dans les années suivantes et donna un souffle iconoclaste aux arts dans la région: Wilfrid Corbeil.Ce peintre fut d’abord reconnu pour la qualité des décors qu’il concevait pour le théâtre.Professeur de latin et de grec, il a fondé un studio de dessin et de peinture, mais il devint un pivot, d’abord et avant tout, en tant que «brillant collectionneur».«Fn fait, ce qui est important chez Corbeil, c’est que c’est un incomparable animateur», HOMMAGE à Fernand Lindsay Fondateur du Festival de Lanaudière Un homme de passion Un homme de vision Un homme de musique Place des Arts Québec :: U Jouter- JUu££ma/i/ Cû Nos pianos contiennent des q bois québécois et leurs composantes sont fabriquées à ^ notre usine de la Beauce.^ < Merci au — Père Lindsay û- 7719 boul.Saint-Laurent, Montréal, Québec 514 788-5767 www.pianobolduc.om considère Bruno Hébert.«Des artistes, toutes les communautés en ont.Que ce soit une personnalité aussi forte que la sienne qui soit capable de rayonner, c’est vraiment spécial.» Plutôt que les artistes, M.Hébert estime que le milieu et les rencontres ont été les véritables causes de l’effervescence culturelle de Joliette, et le père Corbeil fut l’un des maîtres d’œuvre de ce climat propice à la création.«Au Séminaire de Joliette, dans les années 40, il y avait, dans le parloir, une collection de peintures absolument fabuleuse.Il organisait.Il faisait venir des artistes de l’époque.Il les ^posait Il les faisait connaître, quoi.La base du musée de Joliette, ç’a d’abord été cette collection», dit-il, précisant que les toiles signées par Marc-Aurèle Fortin, Alfred Pellan ou Louise Gadbois qui ont été amassées ne sont pas «des queues de collection.Ce sont vraiment des œuvres importantes, à une époque oû ces ar-tistes-là ne gagnaient pas grand-chose.» Une collection qui fut enrichie plus tard par les artefacts qu’a regroupés le chanoine Tisdell.Le père Corbeil alla jusqu’à exposer des foiles du controversé Paul-Emile Borduas.«L’éclatement, disons abstrait, il n’était pas fervent de ça, mais il est quand même resté ouvert.Il aimait beaucoup encourager les artistes.» Qutre les peintres, les sculpteurs Roger Langevin, Sylvia Daoust et Marius Plamondon ap- posèrent leur ^iffe dans la région, ce dernier particulièrement dans les verrières.L’illustratrice Cécile Chabot et l’orfèvre Gilles Beaugrand reçurent aussi des commandes de H part des clercs de Saint-Viateur.Un héritage «Ç’a donné une population qui est ouverte aux beaux-arts», croit Bruno Hébert.Malgré l’héritage d’un foisonnant milieu artistique, le patrimoine physique laissé par ces pionniers se fragilise.«La grosse inquiétude qu’on peut avoir, c’est que, dans 20 ans, on [les clercs de Saint-Viateur] ne sera plus là, reconnaît Bruno Hébert.Fst-ce qu’ils vont faire des allées de quilles dans cette chapelle-là?C’est inquiétant.C’est d’une beauté.C’est de l’art rare parce que c’est de l’art moderne, de l’art sacré moderne.Il n’y en a pas une flopée de ça au Canada», affirme-t-il, soulignant au passage l’importance qu’a eue la région dans le renouveau de l’art religieux.«C’est une question d’argent aussi.On vient de vendre, par exemple, notre ancien scolasti-cat, qui est devenu une école de formation technique pour la commission scolaire des Sa-mares.[.] Il y a des murales extraordinaires du père Corbeil.Mais qu’est-ce que ça va devenir?», demande-t-il en une question qui résonne comme une sonnette d’alarme.Le Devoir Orchestre symphonique de Québec L'Orchestre symphonique de Québec tient à rendre hommage à ce bâtisseur québécois que fut le Père Lindsay, grand pédagogue reconnu et aimé, qui avait l'art et la magie de transmettre sa passion pour la musique, et qui lègue auprès de nombreuses générations de musiciens un héritage inestimable.Merci à cet homme qui affirmait que «r la musique serait un bon chemin pour arriver au bonheur ». LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 F 5 FERNAP LIPSAY Joliette, ville de culture « Ici, tout est né du bénévolat » Musée, salle de spectacle et festival littéraire complètent un festival de musique Petite par sa taille, Joliette a pourtant tout d’une grande lorsqu’il s’agit de culture.Située au cœur de Lanaudière, la ville regroupe plusieurs établissements et événements dont la réputation n’est plus à faire, dont le Festival de Lanaudière, qui ouvre ses portes ce soir.GWENAELLE REYT Le festival donne une place de chok à la musique classique durant tout l’été.Son directeur artistique, Alex Benjamin, estime que le festival est unique en son genre.«L’amphithéâtre dans lequel se déroulent les concerts est un lieu exceptionnel pour écouter de la musique.L’acoustique y est très bonne.De plus, sa taille permet une réelle proximité entre le public et les artistes.» Nommé en novembre 2009, Alex Benjamin a le défi de maintenir la croissance que connaît le festival, avec près de 55 000 spectateurs chaque année.«Il faut continuer d’avoir l’ambition de le faire grandir.Le festival est bien coté auprès des artistes, assure-t-il.Les plus grands orchestres de la planète sont venus jouer dans Lanaudière.Le frein relève plus souvent des finances que de la capacité de convaincre les artistes de venir dans une petite ville.Notre réputation n’est plus à faire, mais cela coûte cher de déplacer un orchestre.» Malgré cette contrainte, le festival attire de grands noms de la musique classique dont, entre autres, cet été, l’Orchestre symphonique de Pittsburgh et Kent Nagano.D’autres n’hésitent pas à revenir, comme l’Orchestre philharmonique de Brême, le Deutsche Kammerphilharmo-nie Bremen, qui sera là pour la troisième fois en présentant exclusivement à Joliette l’intégrale des symphonies de Schumann.«C’est l’occasion d’entendre des choses qui ne sont jouées nulle part ailleurs, affirme le directeur.Et, pour ceux qui connaissent moins cette musique, c’est une belle occasion de la découvrir en passant une soirée estivale dans un cadre magnifique.» Un musée Afin d’associer d’autres formes de culture à la musique, le festival organise des représentations tout l’été dans les églises de Lanaudière.Une série de cinq concerts sera également présentée au Musée d’art de Joliette, un autre grand établissement de la ville qui contribue au rayonnement de Joliette sur la scène culturelle.Les premières pièces de la collection du musée ont d’ailleurs été rassemblées dans les années 1940 par la Congrégation des clercs de Saint-Via-teur.Iæ musée, tel qu’il est au-jourd’hui, a été dessiné et conçu dans les années 1970 par le père Corbeil.Et, 40 ans plus tard, l’établissement compte plus de 9000 œuvres allant du XIV® siècle à aujourd’hui, ainsi qu’une importante collection d’art contemporain.«Notre mission est également de faire connaître des artistes en milieu de carrière et de monter des rétrospectives», affirme Laurie Guillemette, responsable de la communication du Musée d’art de Joliette.D’après elle, l’établissement n’a rien à envier aux autres grands musées québécois.«Le musée de Joliette est le plus important musée d’art au Canada situé en dehors des grands centres.Cependant, nous présentons les oeuvres à une échelle humaine.Les salles sont petites et nous pouvons personnaliser l’accueil des visiteurs», explique-t-elle.Elle reconnaît toutefois que l’établissement doit être imaginatif pour déplacer le public en région.«Nous prenons des mesures pour faciliter l’accès.Par exemple, lors des vernissages, une navette gratuite part de Montréal et y ramène les personnes après la visite de l’exposition», explique Laurie Guillemette.Une salle Bien que Joliette soit à une heure de Montréal et à deux de Québec, elle arrive à déplacer les foules.Les quarante-deux représentations du spectacle musical Les Belles-Sœurs prévues cet été à la salle Rol-land-Brunelle sont déjà quasi complètes.Selon Gilles Pitres, directeur du Centre culturel de Joliette, le dynamisme de la population y est pour beaucoup dans le succès des événements culturels de la ville.«Il y a un important noyau de créateurs et d’artistes.Mais il y a aussi une grande force d’organisation.Les gens participent beaucoup, en SOURCE MUSEE D’ART DE JOLIETTE Le Musée d’art de Joliette, tel qu’il est aujourd’hui, a été dessiné et conçu dans les années soixante-dix par le père Corbeil.étant bénévoles et aussi spectateurs», reconnaît-il.A la municipalité, le maire René Laurin ne cache pas sa satisfaction de voir la population aussi engagée, sans laquelle les différents événements ne pourraient exister.«Ici, tout est né du bénévolat.Ce sont de petits mouvements qui s’installent et qui, au fil des ans, gagnent en reconnaissance, explique-t-il.C’est plus facile de rassembler la population autour d’un projet commun lorsqu’on est dans une petite ville.Les gens se connaissent.On est aussi plus proche d’eux.» En dehors des grands noms de la scène culturelle joliettaine, d’autres plus modestes commencent à se faire remarquer, comme le petit théâtre de L’Aube des saisons ou le Collectif des écrivains de Lanaudière qui vise à promouvoir les auteurs de la région La Ville soutient la plupart des événements en consacrant à la culture un million par an, sur son budget de 58 millions.René Laurin souhaite d’ailleurs doter Joliette d’une politique de développement culturel d’ici 2011 afin de bénéficier de subventions provinciales.Le Devoir «Fondation Père Lindsay: nos champions au goif» Une température parfaite et un soleil radieux ont baigné, cette année encore, les parcours du Golf le Griffon des Sources, une façon évidente pour le Père Fernand Lindsay de nous dire sa reconnaissance, en saluant de là-haut les généreux participants au tournoi.i Le tournoi de la Fondation a consacré, pour la deuxième année, le quatuor de Pro-vender Roy Associés Architectes comme i champion de la précision.En effet Michel Roy a "" réussi le coup le plus précis de la journée pour se mériter de ce fait un «Château Pétrus 1996».Il avait annoncé son intention avant même le début du tournoi et a placé sa balle à 20 pouces de la coupe ! Il reçoit ici son prix de Pierre Mantha, président de la Fondation.C est le quatuor £//ffS qui a remporté le tournoi avec une performance impeccabla Jean-Marc Léveillé (2ième à gauche, Élitis Pharma) a mené la cadence avec Sylvain Rodrigue (Mabe), Pierre Fréchette (Renaissance Pharma) et Robert Teasdale (Investissement Québec).Ils se sont mérité chacun un jéroboam de Château Donjon de Bruignac, un vin de Bordeaux produit en petite quantité, mais en grand format.Ni la bouteille de Château Pétrus ni les jéroboams, qui ont été offerts par Financière Mazarin, n'ont été consommés sur place ! auberge «, Pnscault I L'Auberge du lac Priscault offre maintenant 24 chambres à la clientèle institutionnelle et d'affaires : la nouvelle Villa Mantha et la Villa Jean-Cypihot peuvent être louées ensemble ou séparément, pour des groupes de moins de 48 personnes.Les deux villas sont classées 4 étoiles : chambres confortables avec salle de bain, insonorisation, grand salon, salle à dîner et cuisine tout équipée, œuvres d'art sur les murs, piano à queue dans chaque villa ! Pour des groupes en session de travail, le tarif en semaine peut être aussi bas que 30$ par chambre/jour, sans autre ajout quand on apporte ses provisions ou qu'on utilise un traiteur I La Fondation Père Lindsay gère l'Auberge du mois de septembre au mois de juin, en dehors de la saison du Camp musical Père Lindsay durant l'été.Les revenus de location visent à couvrir les frais fixes et autres de ces résidences de professeurs.Ceux-ci et leur famille profitent donc d'un confort exceptionnel, sans que les coûts se répercutent sur les frais de scolarité pour les élèves du Camp musical.Les clients de l'Auberge obtiennent une excellente valeur et aident à rendre plus accessibles aux familles les stages de leurs enfants au Camp musical Père Lindsay.Nos clients nous reviennent année après année : c'est notre meilleure référence.Pour une visite : aubergedulacpriscault.com ou 418 688-9096 iW: Prix Fernand Lindsay En mars 2009, tout en signant des procès-verbaux en compagnie du président de la Fondation Père Lindsay, il a accepté qu'on crée le «Prix Fernand Lindsay», sans nécessairement penser au capital qui en assurerait la pérennité.Précédemment, le Père Lindsay avait associé la Fondation au «Prix d'Europe».Cette initiative donna lieu, en 2009, à l’octroi d’une bourse de 10000$ au lauréat du prix de composition, Maxime McKinley.Le Prix Fernand Lindsay sera dorénavant versé, à tous les deux ans, au compositeur lauréat du Prix d'Europe.Le Père Lindsay a toujours voulu aider ses élèves à faire carrière en leur ouvrant des portes pour acquérir une expérience de travail internationale, obtenir des engagements, et ainsi recevoir la reconnaissance du public.La Fondation veut réaliser ce rêve du Père Lindsay : elle octroiera un prix de 25000$ pour permettre à des musiciens et musiciennes, dont ceux ayant étudié au Camp musical Père Lindsay, de trouver leur place dans ce monde très compétitif.Ce prix prestigieux, de par le nom de Fernand Lindsay et l'importance du montant, sera attribué aux deux ans.Lors de son décès, le Père Lindsay a fait un legs testamentaire à la Fondation, qui l’a versé intégralement dans le fonds du «Prix Fernand Lindsay».Pour permettre à ce rêve ultime du Père Lindsay de se concrétiser, la Fondation invite tous ceux qui le peuvent, et veulent lui rendre hommage, à faire parvenir leur don à la Fondation.Pour faire un don (déductible d'impôt), veuillez vous rendre sur le site web : www.fondationperelindsay.org ou écrivez à la Fondation Père Lindsay, au 12775 rue Brauit, Mirabei (Québec) J7J 0C4 Fondation PèreLindsay Fondation PèreLindsay F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUILLET 2010 FERNAND LINDSAY Un site, un festival Une manifestation culturelle survit Du côté d’Ottawa, le ministère des Communications de l’époque foiu-nit le soutien nécessaire poiu que le projet d’amphithéâtre du festival prenne forme.Quelques années plus tard, la Société de la Place des Arts de Montréal prend en main la gestion de cette réalisation dont elle devient propriétaire.RÉGINALD HARVEY Marcel Masse fut le premier président du conseil d’administration du Festival d’été de Lanaudière, en 1979; il figure comme l’un des fondateurs de cet événement, dont ü s’est occupé de l’administration durant trois ou quatre ans, rapporte-t-ü.«Le père Lindsay était le directeur musical et on a lancé cette manifestation artistique.» Dans ce cas, le hasard a particulièrement bien servi cette cause, en 1984, au moment où ü est devenu ministre des Communications fédéral dansje gouvernement Mulroney.«A ce moment-là, le Canada souffrait d’une balance touristique négative envers les Etats-Unis et le ministère des Finances s’est interrogé sur cette question.De notre côté, on a fait faire des études sur le temps de tourisme qui ont démontré que 35 % du temps passé au pays se situait dans le domaine culturel, de telle sorte qu’on a négocié et obtenu, avec le ministère des Finances, un certain montant d’argent dans le but de signer avec les provinces des ententes sur les équipements culturels.» Plusieurs réalisations ont ainsi résulté de cette orientation.Au Québec, «on a soutenu le festival de jazz et plusieurs événements théâtraux.Ce fut une période intéressante parce qu’on a beaucoup investi dans les équipements, comme ce fut le cas pour le Théâtre d’Aujourd’hui, pour le TNM et pour les musées de Pointe-à-Calliè-re et des Augustines, etc.» Un problème se posait toutefois: «On avait pensé à une grande plateforme théâtrale où seraient présentés les grands classiques comme Racine, Molière et compagnie, mais on s’est rendu compte qu’on n’attirerait pas beaucoup les gens de l’Ontario et des Etats-Unis à cause de la langue; les Américains vont du côté de Stratford ou voir Bernard Shaw à Niagara.» Au bl de plusieurs rencontres, il a été décidé de faire tomber cette barrière du langage en se tournant vers la musique, indique M.Masse: «Comme j’avais été beaucoup engagé dans les débuts de Lanaudière, je savais qu’il y avait là des choses intéressantes qui se passaient et on a donc commencé par investir un peu d’argent pour conduire une étude sur le projet.» 11 situe son intervention: «Je n’avais pas de conflit d’intérêt parce que je m’étais retiré depuis longtemps de cette manifestation artistique et que ma circonscription de Frontenac se situait du côté de Thefrord Mines; fêtais pur comme la femme de César.» Mais le festival était dépourvu d’équipements.Une fois les études complétées, les plans sont donc préparés en vue de la réalisation du projet d’amphithéâtre: «J’ai donné le coup de pouce majeur sur le plan politique, sans lequel il ne se serait rien passé, mais le vécu de tout cela, y compris les discussions avec mon ministère, relève de l’équipe qui était surplace à cette époque.» La Place des Arts s’en mêle Présidente-directrice générale de la Société de la Place des Arts, Marie Lavigne signale que JACQUES NADEAU LE DEVOIR Marcel Masse en 1995 l’amphithéâtre du festival est devenu la propriété de ce haut lieu de la culture montréalaise en 1992: «Nous en sommes les propriétaires.Celui-ci a été construit à l’initiative du père Lindsay, mais il s’agit, en particulier, d’un projet très fortement soutenu dans la région, notamment par Marcel Masse à l’époque où cette structure a pris forme.» Mme Lavigne aborde de front et dans le respect le sujet des circonstances drfhcrles qui ont causé ce transfert de propriété: «Ce n’est pas une histoire qui a été simple et je pense même qu’elle est un peu triste.C’est maintenant révolu, mais je crois qu’on sous-estimait les coûts d’entretien d’un tel bâtiment.Les gens de l’organisation avaient reçu une subvention pour construire, mais le festival, comme bon nombre d’organismes culturels, s’est retrouvé dans une situation vulnérable, puisqu’il avait à supporter le poids d’un équipement très lourd; il a été placé dans l’impossibilité financière de poursuivre les activités.Devant une telle impasse, le gouvernement a décidé de transférer la propriété à une société d’Etat, dont le mandat est de gérer des salles de spectacles, ce qui est le nôtre.» Elle dit encore: «Ces gens n’avaient alors pas reçu de subvention ou de soutien pour les activités.» Maîtres des lieux Depuis ce virage administratif majeur, le festival a conservé son autonomie: «Celui-ci est toujours demeuré l’utilisateur presque exclusif de l’amphithéâtre.Occasionnellement, nous effectuons une programmation complémentaire quand des gens veulent se produire à cet endroit, mais, de façon claire, il est établi que c’est toujours en dehors des heures d’utilisation par le festival.» Et, décision récente, «l’amphithéâtre de Lanaudière sera rebaptisé et portera le nom d’amphithéâtre Fernand-Lindsay, ce qui est une façon pour nous de rendre hommage à l’immense travail de bâtisseur qu’a réalisé ce dernier; il a été à la fois le fondateur du festival et aussi porteur de ce projet absolument fantastique.Depuis une trentaine d’années, il était là tous les soirs à titre d’animateur de ces lieux.» Aussi, Marie Lavigne salue une partie de son legs: «On veut témoigner de l’une de ses très grandes réalisations, qui est la construction de cet ensemble architectural où vit un festival phénoménal.» Collaborateur du Devoir du Québec Les Sœurs de Sainte-Anne du Québec sont heureuses de rendre hommage au Père Fernand Lindsay, ce grand éducateur, avec qui elles ont eu la joie de collaborer.Les Sœurs de Sainte-Anne du Québec 1950, rue Provost, Lachine, Qc H8S 1P7 Site Internet : www.ssacong.org Téléphone: 514 637-3783 Télécopieur : 514 634-0849 « Nous tapissons la région de concerts » Jouissant d’une réputation qui n’est plus à faire, le Festival de Lanaudière se distingue aujourd’hui comme l’un des plus importants festivals de musique classique en Amérique du Nord.Loin de s’asseoir sur cette situation enviable, les organisateurs de l’événement s’efforcent de tracer de grands desseins pour le festival.EMILIE CORRIVEAU Véritable moteur de développement pour la région, le Festival de Lanaudière engendre chaque année un peu plus de cinq millions de dollars en retombées économiques.Selon François Bédard, directeur général du festival, si l’événement annuel connaît autant de succès, c’est d’abord parce que son offre est incomparable.Sans domicile fixe la semaine, le festival s’arrête dans de nombreuses églises de la région et rejoint les mélomanes directement dans leurs collectivités.«Toutes les semaines, nous tapissons la région de concerts.Nous allons de Repentigny à Ber-thier, en passant par Saint-Sulpi-ce et Lavaltrie! Nous allons aussi à l’ouest, à Saint-Calixte, au nord, jusqu’à Saint-Zénon, et nous nous arrêtons même à Saint-Jean-de-Matha.La fin de semaine, nous rentrons au bercail à Joliette.A part nous, personne ne présente ce genre d’offre, ni Canada, ni aux Etats-Unis», souligne M.Bédard.Située à moins d’une heure de Montréal, Joliette profite d’une situation géographique enviable.Parce qu’il est facilement accessible, le Festival de Lanaudière jouit d’un important bassin de mélomanes.11 est toutefois assez éloigné de la métropole pour ne pas être noyé dans l’offre culturelle abondante.«Nous sommes assez proches pour que le transport ne soit pas un inconvénient, mais nous sommes juste assez loin pour être en campagne.On se sent suffisamment dépaysé pour ne pas se croire dans la fournaise du bitume et c’est très agréable», affirme M.Bédard.Collaborations internationales Bénéficiant d’un amphi- théâtre qui accueille jusqu’à 10 000 personnes, les organisateurs du festival peuvent se permettre d’entretenir des idées de grandeur et formuler d’importants projets pour l’événement.Réunissant de vastes foules, l’amphithéâtre attire de grands orchestres qui ont l’habitude des salles combles et qui apprécient l’incroyable qualité acoustique dont profitent les lieux.«L’amphithéâtre de Lanaudière est un chef-d’œuvre d’acoustique et nous permet réellement de nous distinguer et d’attirer des orchestres de partout à travers le monde, confirme le directeur du festival.Grâce à nos infrastructures, nous avons la possibilité de présenter des événements de grand format et nous sommes les seuls au Canada à pouvoir le faire de cette façon.Quand on parle de concert choral avec deux orchestres symphoniques et un chœur de 325 personnes, il n’y a pas beaucoup d’organisations qui ont les reins assez solides pour présenter des spectacles comme ça.Nous, nous pouvons le faire!» Ambitieux, les organisateurs du festival souhaitent multiplier leurs collaborations avec les grands orchestres américains et européens.Heureusement pour eux, bien que l’événement soit tenu en périphérie de la métropole montréalaise, il s’insère naturellement dans le circuit des festivals de musique classique nord-américains.«Notre situation géographique a toujours été un avantage, parce qu’elle nous permet de faire partie du circuit des grands festivals nord-américains.Les artistes s’arrêtent chez nous comme ils s’arrêtent à Boston ou à Chicago, par exemple.Et, parfois, lorsque nous voulons faire venir des orchestres européens, nous pouvons partager les frais avec d’autres organisations, car elles BAPTISTE GRISON / EESTIVAL DE LANAUDIERE Le pianiste Paul Lewis s’est produit au Festival de Lanaudière en 2009.souhaitent aussi les recevoir», explique M.Bédard.Ouverture vers la jeunesse Sans déroger à sa mission résolument classique, le Festival de Lanaudière tend de plus en plus à démocratiser son offre.Pour la première fois cette année, il s’ouvre officiellement à la jeunesse.Convaincu que les adolescents sauront trouver leur compte dans la programmation si on leur en laisse la chance, François Bédard espère que les jeunes saisiront l’occasion de se familiariser avec la musique classique.«Notre créneau n’est pas tout à fait l’art actuel, mais il reste qu’on veut s’ouvrir et permettre aux gens d’avoir accès à cette belle musique.Cette année, on fait le pari d’ouvrir sur les adolescents.On permettra pour la première fois aux jeunes âgés de moins de 18 ans d’avoir accès gratuitement à l’amphithéâtre.Il y aura donc 14 spectacles auxquels ils pourront assister sans dépenser pour le faire», précise le directeur du festival.Virage technologique Depuis quelques années, bon nombre de vedettes internationales n’hésitent pas à ajouter un peu de couleur à leurs prestations en introduisant divers éléments visuels dans leurs spectacles.Si les organisateurs du Festival de Lanaudière n’ont pas l’intention de se lancer dans les effets spéciaux à la Lady Gaga ou à la U2, ils ont tout de même le désir d’exploiter différents supports visuels afin de bonifier leur offre de spectacles.«La musique pop s’est appropriée des moyens de diffusion instantanée du concert.Ça permet au spectateur de se rapprocher du musicien et c’est ce qu’on souhaite faire.Ça ne se fait pas beaucoup en musique classique, mais on entend bien être des pionniers en la matière! Nous souhaitons vraiment transformer l’expérience du festival», lance M.Bédard, enthousiaste.Ainsi, si tout se passe comme le souhaitent les organisateurs de l’événement, les auditeurs du Festival de Lanaudière devraient pouvoir bénéficier de projections sur écrans géants en haute définition d’ici un an ou deux.M.Bédard espère que la volonté des organisateurs d’intégrer différents supports visuels à la programmation saura aussi charmer les adolescents.«Les jeunes d’aujourd’hui sont beaucoup plus visuels.Ils sont nés avec la télé couleur, ils aiment que tous leurs sens soient stimulés.Si on réussit non seulement à leur en mettre plein les oreilles, mais aussi plein la vue, je pense qu’on peut les intéresser.» Collaboratrice du Devoir « Un dialogue entre les volumes bâtis et l’environnement naturel » L’amphithéâtre de Lanaudière renferme des qualités à la fois architecturales, acoustiques et scéniques hors du commun, qui sont reconnues par les spécialistes dans chacune de ces disciplines.Il a été aménagé dans un site naturel où il accueille quelque 2000 personnes sous son toit et environ 8000 autres sur les terres avoisinantes.Quand la musique se marie avec la nature.Ly architecte Michel Gallien-' ne, qui œuvre aujourd’hui chez ABCP à Québec, était entouré du scénographe Yvon Sanche et de l’acousticien Lionel J.Lortie pour réaliser le projet de l’amphithéâtre de Lanaudière.Ils ont fait appel à plusieurs autres professionnels pour les appuyer et pour en arriver à déployer un joyau de bâtiment en pleine nature, au printemps de 1989.Le Festival de Lanaudière avait confié à la firme Daniel Arbour & Associés (DAA) la tâche de trouver une équipe composée d’un tel triumvirat de professionnels: «Il fallait concevoir un amphithéâtre qui pouvait loger 2000 personnes abritées à l’intérieur et en recevoir autour de 8000 sur la pelouse.A ma connaissance, il existe tout au plus une dizaine de sites avec une aussi forte capacité d’accueil aux Etats-Unis et un seul au Canada, qui est celui de Lanaudière.» Le défi qui se présentait était de taille: «Etablir un dialogue entre les volumes bâtis et l’environnement naturel.Voilà ce qui était extrêmement important en présence d’un tel site, d’une corbeille naturelle; il y avait, dans cette forêt-là, la pente nécessaire pour asseoir les gens au parterre en continuité avec ceux de la place couverte.E a bien sùr fallu qu’on abatte des arbres, mais un soin particulier a été apporté à la cou- pe de ceux-ci par un forestier du coin.En raison de la proximité de la rivière L’Assomption, le terrain était quelque peu marécageux et on a dù l’assécher pour le rendre prêt à la construction.» Les objectifs et les résultats Disposant d’un budget plutôt modeste de 4,47 millions de dollars, qui finalement n’a pas subi de dépassement de coûts, l’équipe devait tenir compte de «En raison de la proximité de la rivière l’Assomption, le terrain était quelque peu marécageux et on a dû l’assécher pour le rendre prêt à la construction » configuration des sièges: «Nous avons opté, de façon à en placer le maximum, pour ce qu’on appelle l’aménagement continental, en vertu duquel on a droit d’aller jusqu’à cent sièges sans allée; on a donc fait cela sous la forme d’un très grand polygone, pour finalement arriver très exactement à 2014 places abritées.» M.Gallienne aborde les travaux sous un autre angle: «Lorsqu’on se présente sur les lieux, l’aménagement du paysage apparaît comme une des plus belles réussites.On arrive par une place d’accueil, où sont situés les billetteries, les boutiques et tout cela, pour se rendre, par un chemin dans le sous-bois, jusqu’au promontoire qui surplombe l’ensemble du parterre extérieur et de l’amphithéâtre.On peut également gagner le site de façon latérale par les ces autres paramètres avant d’arriver à ses fins: «Faire en sorte qu’on voie descendre cette nature omniprésente tout en maintenant l’intérêt de l’auditeur sur la scène, procurer à l’artiste et à l’auditoire une acoustique sans faille et à la hauteur des prestations, investir spectateurs et artistes de cette magie créée grâce à la symbiose musique-nature avant, pendant et après chacun des spectacles, et, bien entendu, respecter le budget prévu.» Une fois venu le temps de s’attaquer à cette proposition d’envergure, l’architecte et le scénographe se sont chargés de la stationnements.» 11 faut aussi rappeler que ce site a accueilli, lors des Jeux olympiques de 1976, les compétitions de tir à l’arc.Les qualités sonore et scénique Il est question ici d’un festival de musique durant lequel priment les attributs acoustiques des lieux.L’architecte raconte une anecdote pour décrire les résultats obtenus en cette matière: «Le son est amplifié, pour les gens du parterre, dans l’épaisseur du toit par des haut-parleurs, mais il va de soi que l’acoustique est parfaitement naturelle pour les quelque 2000 sièges abrités.Or, le soir de l’inauguration, le 17 juillet 1989, le système de diffusion sonore est tombé en panne; personne ne s’en est aperçu.» Il va de soi que les grands mélomanes étaient sur place pour voir de quelle façon l’acoustique allait se comporter: «Il y a des critiques musicaux qui sont venus me parler à l’entracte; les dés étaient jetés.Ils ont dit: “Gallienne, ça fonctionne”.C’était extraordinaire, et cela, on le doit à l’ingénieur acousticien Lionel J.Lortie, qui avait beaucoup travaillé aux Etats-Unis.» Et Yvon Sanche, le scénographe de service à Lanaudière, «a contribué à monter toute la mécanique scénique; il a dessiné l’emplacement de l’orchestre et tout cela.La conque latérale est mobile, de sorte qu’on peut réduire la scène à volonté, au moment où un pianiste en solo ou un petit orchestre de chambre présente son spectacle.C’est aussi lui qui s’est chargé des porteuses d’éclairage et de décors.» Michel Gallienne fait ressortir des éléments dont tous les professionnels ont eu à tenir compte: «Comme on est à l’extérieur, si le vent se lève, il fait du bruit dans le feuillage.La pluie qui tambourine sur le toit devient un irritant; il a donc fallu utiliser un matériau en mesure d’absorber le son et on a tout simplement recouru à un bardeau d’asphalte dont on se sert pour les maisons.» Quelque 20 ans plus tard, l’amphithéâtre se porte toujours bien: «E a parfaitement résisté au temps et il y a très peu de corrections qu’on a dù apporter.Evidemment qu’il faut assurer les travaux d’entretien normaux.» R.H. LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 JUILLET 2010 F 7 FERÏAID IIIDSAY Festival de Lanaudière Et c’est le plus grand festival de musique classique au Canada «La musique s'est fait un nid dans Lanaudière et ii en sortira de grandes choses» Les institutions sont plus grandes que les hommes, mais de grands hommes ont le pouvoir de transformer des rêves en institutions.C’est, en une phrase, l’histoire du père Fernand Lindsay et du Festival de Lanaudière.CHRISTOPHE HUSS Qu’on le veuille ou non, le Festival de Lanaudière est non seulement le plus grand festival de musique classique au Canada, c’est aussi une apparition atypique dans le paysage musical estival nord-américain.Fernand Lindsay a tiré son inspiration des modèles européens, notamment le Festival de Salzbourg, dans lequel il avait pu s’immerger en 1963, lorsqu’il poursuivait ses études en Europe.«J'ai eu beaucoup de chance.A Salzbourg, un pianiste a réussi à me permettre d'avoir des billets pour 30 concerts en 25Jours.J'étais seul et j'étais là pour cela: ça faisait bien mon affaire! A Bayreuth aussi, J'ai vu six des sept productions de cette année-là, dont le Ring avec Rudolf Kempe», racontait-il au Devoir en 2007.Quelle différence avec ce qu’on observe en Amérique du Nord?En Europe, du moins à Salzbourg ou Lucerne, les plus huppés, le festival d’été est un lieu de convergence des excellences.En Amérique, il tend à se déployer autour de la résidence d’été d’un orchestre, Saratoga pour celui de Philadelphie, Tan-glewood pour celui de Boston, Ravinia en ce qui concerne l’Orchestre symphonique de Chicago.Cas un peu atypique: le Hol- lywood Bowl, à mi-chemin entre refuge estival de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles et carrefour de toutes les musiques, dans une optique de grand spectacle décontracté.Les autres festivals autonomes qui se sont créés aux États-Unis l’ont plutôt été dans des créneaux particuliers, notamment l’opéra à Glimmer-glass, Santa Ee ou Spoleto.Malgré la traditionnelle forte présence de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), le Eestival de Lanaudière n’a jamais été sa résidence d’été.La seule fois que l’OSM a franchi ce pas, ce fut à Knowlton, l’an dernier, joli fiasco d’image à la clé.Cette expérience apparaît pour l’heure sans lendemain crédible.Quatorze années de patience Le Eestival de Lanaudière s’est toujours réservé sa capacité à accueillir des ensembles invités.Il en va ainsi de l’Orchestre symphonique de Pittsburgh cette année, mais aussi de la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême, qui a enthousiasmé le public en 2007, avant de nous revenir cette saison dans une intégrale des symphonies de Schumann, sous la direction de Paavo Jârvi.Le fait que les grands festivals se déroulent en dehors des grands centres urbains n’avait pas manqué de frapper Eernand Lindsay: «Je me suis dit que Joliet-te, ce n'était pas trop loin de Montréal.», s’amusait-il.À son retour de l’Europe, en 1963, il a attendu le bon moment.Il a attendu quatorze ans.Les fondations du festival se sont agrégées autour de l’OSM, en 1977.«L'OSM avait perdu un contrat de concerts dans les parcs et l'administrateur de l'époque m'avait téléphoné pour me demander s'il n'y avait pas une possibilité de donner quelques concerts dans le coin.On a organisé trois concerts dans la cathédrale et ç'a bien marché.J'étais sceptique, car à Joliette on me disait toujours: "L'été, il n'y a personne, tout le monde est sur le bord des lacs", mais je me suis rendu compte qu'il restait quand même du monde! L'année suivante, ce furent nos débuts», se rappelait le père Lindsay, dans nos colonnes, il y a trois ans.Le premier «vrai» Eestival d’été de Lanaudière a été organisé en 1978 par Eernand Lindsay, Marcel Masse et René Charette autour de huit concerts commémorant le 150'* anniversaire de la mort de Schubert.La formule fut reprise avec Beethoven en 1979, Mozart en 1980 et Bach en 1985.C’est dans la continuation de cet esprit que le festival propose cette année une intégrale Chopin.Une manœuvre risquée En 1979, le festival comprend déjà 35 concerts donnés dans des sites à l’extérieur de Joliette, SOURCE FESTIVAL DE LANAUDIÈRE L’Amphithéâtre de Lanaudière au clair de lune.notamment des églises dans la région de Lanaudière.Cette même année, le festival se donne une structure juridique et un premier conseil d’administration.Le père Lindsay, Marcel Masse, René Charette et Paul Dupont-Hébert visent une reconnaissance internationale avec le mot d’ordre de «créer un fieu où fa belle musique, interprétée par les meilleurs artistes, rassemblera ie plus de gens possible».La saison 1988 constitue, en dimensions, un sommet dans l’histoire du festival, avec 72 événements étalés sur deux mois et 2000 artistes en provenance d’une quinzaine de pays.Alors que le festival devient un véritable moteur du développement touristique et économique pour toute la région de Lanaudière, il prend un autre tournant avec la construction d’un amphithéâtre extérieur pouvant accueillir 2000 personnes sous abri et plusieurs milliers sur le gazon alentour.L’amphithéâtre est inauguré en juillet 1989.Paradoxalement, cette nécessaire expansion a failli condamner le festival.«La souscription n'a pas donné tout à fait ce à quoi on s'attendait.H y a eu quelques problèmes à ce moment-là et on a eu fa chance d'obtenir une aide conjointe de Québec et d'Ottawa.L'affaire a été réglée: l'équipement est devenu propriété du gouvernement et Québec en a conféré ('administration à la Place des Arts.C'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver, car, pour entretenir l'équipement, il nous aurait fallu des subventions supplémentaires, ce qui est toujours délicat à obtenir, notamment quand on est en région», résumait Éernand Lindsay dans Le Devoir en 2007.Des visiteurs de marque L’architecte Michel Gallien-ne, le scénographe Yvon Sanche et l’acoustiden Lionel J.Lortie, tous de Québec, ont pourtant créé une merveille à l’acoustique hors normes pour un amphithéâtre extérieur.Il inspirera au père Lindsay une phrase restée célèbre: «La musique s'est fait un nid dans La-naudiére et il en sortira de grandes choses.» Ges grandes choses, des visiteurs de marque y ont contribué: Gecilia Bartoli, Renata Scotto, Marilyn Horne, Erede-rica von Stade, Magdalena Kozena, Dmitri Hvorostovsky, Alicia de Larrocha, Vlado Per-lemuter, Mitsuko Uchida, Itzhak Perlman, Maxim Vengerov, Mstislav Rostropovitch, Ivan Eischer et l’Orchestre du festival de Budapest, Neville Marriner et l’Academy of St.Martin-in-the-Eields, mais aussi beaucoup d’artistes québécois et canadiens.Grand amateur d’opéra, Eernand Lindsay a présenté, lors du festival, les Faust de Gounod, Boïto et Berlioz, La Flûte enchantée, de Mozart, Boris Godounov, de Moussorgski, Les Pécheurs de perles, de Bizet, Le Prince Igor, de Borodine, Eugène Onéguine et Iolanta, de Tchaikovski.En augmentant la part dévolue au budget artistique, les organisateurs affichent leur volonté de redonner, dès 2010, un lustre international renouvelé.Collaborateur du Devoir (itSJSlkijijuiO Poursuivons l'œuvre du père Fernand Lindsay un homme une vie un héritage pour plusieurs générations René Laurin maire de Joliette TEMOIGNAGE DE CLEMENT HUDON Un bâtisseur Dès mes premières rencontres avec le Père Fernand Lindsay, deux choses m’ont frappé.De mon point de vue d’homme d’affaires, le Père Lindsay est incontestablement un bâtisseur : il a créé des organisations qui ont subi avec succès le test du temps.J’al également constaté sa grande passion pour l’enseignement parce que, comme lui, j’ai enseigné aux jeunes, dans mon cas, le hockey.Le Père Lindsay, un entrepreneur ?On entend parfois des commentaires à l’effet qu’il n’était pas un administrateur.Bien sûr, il laissait la comptabilité et la gestion quotidienne à d’autres, mais il faut souligner le plus Important chez lui.Dans sa recherche de l’excellence.Il a attiré les plus grands talents dans Lanaudlère.Ces vedettes Internationales se sont produites au Festival de Lanaudlère, dont II avait la vision et qu’il a créé.Il v a 32 ans, en 1978.C’est maintenant le plus grand festival de musique classique au Canada et un des événements les plus prestigieux en Amérique du Nord.Que demander de plus d’un entrepreneur ?Le charisme et la gentillesse du Père Lindsay m’ont toujours Impressionné.Je me souviens d’une soirée au Camp musical où nous avons dîné à l’Auberge du Lac Priscault.Le Père Lindsay s’était installé au piano et, en quelques notes, il a enflammé le groupe: tout le monde chantait.Durant cette soirée, le premier ministre Bernard Landry lui témoigna son admiration.Il a accepté humblement ses paroles, mais j’ai compris sa gêne.Le Père Lindsay au piano entraîne tout le groupe à chanter.Les valeurs du Père Lindsay et son dévouement ont trouvé un écho chez moi : voilà pourquoi je participe aux activités de la Fondation Père Lindsay et que j’appuie de mon mieux son œuvre.Mon implication a heureusement influencé plusieurs employés de Trévi, qui sont devenus des collaborateurs actifs de la Fondation.Mon associé, Pierre Mantha, président du conseil d’administration d’investissements Trévi, m’a fait découvrir le travail extraordinaire de cet homme de foi, qui a su rester accessible malgré son impressionnant parcours.Pierre a fondé, avec le Père Lindsay et des connaissances du milieu des affaires, la Fondation.À cause de difficultés financières au Camp musical, le Père Lindsay avait pris rinitiative d’aller chercher à l’extérieur des ressources qu’il n’avait pas dans son organisation.Quarante ans après sa fondation, le Camp musical fonctionne toujours et fait le plein d’élèves ! Trévi a très volontiers appuyé l’œuvre du Père Lindsay en participant aux activités-bénéfices et aux levées de fonds de la Fondation.Récemment, Trévi s’est engagée pour 50 000 $, notamment en fournissant tous les matériaux et en réalisant l’aménagement paysager de la Villa Mantha, les patios, les marches en pavé uni et un mur de soutènement en pierres.Parce que, chez Trévi, nous partageons les valeurs du Père Lindsay, nous désirons sincèrement accorder notre appui à la Fondation, qui est aussi sa création, et lui offrir des moyens pour poursuivre son œuvre au Camp musical et auprès des jeunes.Lors d’un événement de la Fondation Père Lindsay, assis : Serge Carreau, Maryse Piché, Hélène Hudon, Clément Hudon ; debont : Michel Roy, Pierre Mantha, Chantal Bourdon, le Père Lindsay, Hélène Gauthier-Roy et Matthieu Hudon.Clément Hudon « Trévi a fait don de la construction des patios, de l’escaher en pavé uni et du mur de soutènement en pierres de la ViUa Mantha, un ouvrage complexe vu la pente du terrain.Trévi, dont le siège social et les installations de production sont situés à Mirabel, au Québec, est le chef de file canadien de la fabrication de piscines creusées et hors terre.Ses produits, vendus sous les marques Trévi, Cornelius Pools, Taiga Zone et Val Mar, sont réputés pour leur qualité supérieure et leur grande fiabilité.Trévi exploite ses propres magasins dans la région de Montréal et à Calgary en Alberta, et s’appuie sur un réseau national et international de distribution, y compris les grandes surfaces, pour servir les marchés nord-américain et européen avec la plus vaste gamme de produits destinés aux secteurs résidentiel et institutionnel.revi ••
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