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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-07-24, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 DANSE # * Le Festival des arts de Saint-Sauveur ^ ““ accueille quelques audaces Page E 2 CINEMA Cabotins: un hommage drôle et tendre au burlesque Page E 5 ('mTllli,F: ET IIVRES Les nouvelles, couleurs L ' ^ ¦ - V / Hice.' , J' '.V-^ ¦ U'ifl *' 'f J 7 ¦ ir :# Le Centre d’arts Orford se prépare à accueillir les vedettes de la Semaine Kent Nagano, inaugurée samedi prochain par un récital de Till Fellner.Malgré son aura, ce «festival dans le festival» ne saurait détourner l’attention des changements substantiels qui ont cours depuis la nomination de Jean-François Rivest à la direction artistique du Centre, en octobre dernier.Jean-François Rivest CHRISTOPHE HUSS Jean-François Rivest a beau insister, en préalable de toute discussion avec Le Devoir, pour rendre hommage aux «qualités présentes» à son arrivée, à la «profonde tradition d’excellence et [à] l’enracinement» du Centre, on ne peut que remarquer que les têtes ont valsé depuis un an: de la direction générale au service des communications, les postes clés ont été redistribués — pour les cuistots et les plongeurs, je ne sais pas.Les nouvelles bases Les dernières années, le Centre s’est arc-bouté sur un directeur général féru de musique — Sophie Galaise, puis Davis Joachim — qui pouvait en assurer la programmation.On peut douter aujourd’hui que François Tétrault, le nouveau directeur général — qui œuvrait précédemment au Festival de la chanson de Granby —, entame un débat artistique avec Jean-François Rivest sru l’opportunité de faire jouer Prokofiev plutôt que Chostakovitch au Nouveau Quatuor Orford! François Tétrault est là poru administrer.Il a deux chantiers majerus: faire rentrer des dons et commandites pour donner les moyens aux nouvelles ambitions et mettre les bâtiments aux normes.Sous le mandat de son prédécesseur.Davis Joachim, le Centre d’arts Orford (CAO) avait obtenu un financement de 6,85 millions de dollars du ministère de la Cultrue, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF) pour le projet de modernisation et de mises aux normes des infrastructrues.Ce programme ayant été ensuite adoubé par le gouvernement fédéral, la cagnotte est à présent de 9,5 millions.Et une nouvelle annonce ministérielle est anticipée par M.Tétrault en août de cette année.Les règles voulant que tout organisme ainsi soutenu veille de son côté à rassembler 10 % de ce montant, l’opération de rénovation des bâtiments compte d’ores et déjà poru un tiers dans les objectifs (3,2 millions de dollars sru trois ans) de l’opération de collecte de fonds menée par Pierre Goulet, ancien président du conseil d’administration et grand promoteru de l’arrivée de Jean-François Rivest et de rOSM dans le paysage du CAO.Cette collecte entrera dans sa phase principale après la Semaine Nagano.François Tétrault mise sur un «gros nom» poru en être le porte-drapeau; il n’en CAO Kent Nagano manque pas dans la région.Poru les deux autres tiers, les sommes recueillies serviront au «passage de 1 à 2 millions de dollars du fonds de boruses», le dernier million étant consacré «aux opérations artistiques et aux opérations du centre».François Tétrault estime à 35 % l’augmentation du budget artistique de l’édition 2010.Pour ce qui est de la fréquentation, en neuf semaines, le CAO fait déjà le plein, avec 868 semaines-étudiants sur un maximum possible de 900.Ce qui va changer, c’est le profil.Et Jean-François Rivest est là poru cela.Orford nouvelle mouture «Il y a toujours eu de bons étudiants, mais le pourcentage d’étudiants de haut niveau a augmenté ces dernières années sous l’impulsion de M.Joachim.Le niveau des étudiants dépend du niveau des professeurs.Lorsqu’on a la 1” flûte de New York et celle de Chicago qui se succèdent, c’est sûr qu’on aura de bons étudiants.Ce que j’ajoute, c’est un message de culture», dit Jean-François Rivest, heureux dans l’environnement boisé du centre, puisqu’il pense que «l’admiration de la nature est la première source de l’art».Jean-François Rivest veut miser sur la synergie entre les beaux-arts, le cinéma, les conférences, les différentes formes de musique.«Mon message principal est que la culture n’est pas un bien de consommation ou une “patente” qui s’achète.C’est quelque chose qui se vit et qui se développe en nous en tant qu’humains.Et je veux proposer un lieu d’une richesse suffisante pour que les gens puissent en profiter», dit-il, concédant que c’est peut-être utopique.Mais il ne pense qu’à ça depuis l’âge de quinze ans; alors, autant tenter le coup! Parmi les srurrises de ce début de saison, pour le directeru artistique, il y a eu assurément la tendance naturelle des stagiaires à ne pas se sentir très concernés par les nombreuses conférences.«La réponse du public est plus rapide que celle des stagiaires.J’ai du mal à convaincre les jeunes de 20 ans qu’ils ont besoin de cette culture.Il n’y a jamais eu autant de jeunes musiciens aussi compétents sur leur instrument et souffrant en même temps d’un tel manque de profondeur.Il y a beaucoup de “joueurs de notes” dans notre société et, en tant que vieux hippie, je veux renverser cette vapeur-là.Les messages des Grecs, de la Renaissance, des années VOIR PAGE E 2: ORFORD NICOLAS RUEL MEMPHREMAGOG 2010 VISITE D'ATELIER d'artistes DU 24 JUILLET AU AOÛT DE10H À17H VWVW.CIRCUITDESARTS.COM EXPO COLLECTIVE DU 1 7 JUILLET AU 1 AOÛT Centre Culturel de Magog 81, rue Desjardins, Magog E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 CULTURE Festival des arts de Saint-Sauveur Une autre Alice Le Royal Winnipeg Ballet dévoile des extraits du Wonderland de Shawn Hounsell FREDERIQUE DOYON Alice n’en finit plus d’enfanter des mondes merveilleux.Après le blockbuster signé Tim Burton, voilà que la scène bal-letique canadienne s’y plonge.Le Royal Winnipeg Ballet (RWB) présentera en avant-première des extraits du Wonderland de Shawn Hounsell au Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS), qui court du 29 juillet au 7 août.Le RWB se fait maintenant une spécialité des productions de ballet à grand déploiement, aux thèmes plus populaires, mais toujours intentions de l’auteur [Lewis Carroll], souligne-t-il.Il essaie de trouver l’essence et de livrer un message jusqu’à un certain point.» Des projections vidéo alimentent les dimensions fantastiques du conte.Et le RWB, qui ne lésine habituellement pas sur les costumes et décors, s’en donnera ici à cœur joie pour illustrer le voyage d’Alice, qui prendra l’affiche officiellement à Winnipeg au printemps prochain.La plus vénérable et classique des troupes canadiennes propose en ouverture du sous le sceau de la danse classique: Moulin Rouge, Cendrillon, Dracula, La Flûte enchantée.Cette fois-ci, le chorégraphe Shawn Hounsell apporte une touche plus contemporaine au ballet.«Wonderland sera une des choses les plus contemporaines qu’on ait jamais faites, mais avec des danseurs classiques, prévient en entrevue le directeur artistique André Lewis.J’ai toujours été intéressé par la façon dont Shawn voit les choses.Et ça fait du bien à notre public.» Une narration moins linéaire permet d’aller chercher d’autres couches de sens dans cette histoire mille fois racontée, où on reconnaîtra tout de même quelques personnages clés, comme Alice, le chapelier, le chat.«Shawn manipule l’histoire et donne sa propre lecture des «J’ai toujours été intéressé par la façon dont Shawn voit les choses.Et ça fait du bien à notre public.» FASS, les 29 et 30 juillet, un triple programme dominé par de jeunes chorégraphes issus de ses rangs.Shawn Hounsell et Peter Quanz, deux ex-dan-seurs de la compagnie, se sont tracé un chemin enviable dans le monde de la danse.Le premier, passé aussi chez les Grands Ballets canadiens, crée et enseigne surtout au Canada et aux Etats-Unis.Peter Quanz fut le premier Canadien à chorégraphier pour le mythique Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.Sa pièce pour six danseurs In Tandem, présentée au FASS, est une commande du musée Guggenheim de New York en 2009, sur la pièce Double Sextet de Steve Reich.Belong, du défunt chorégraphe Norbert Vesak, complète le program- Orford centre d arts orford 20!0 JEAN-FRANÇOIS RIVEST DIRECTEUR ARTISTIQUE Concerts, conférences, classes de maître.Ciné-club.Plus de 100 activités ! 18 juin au 15 août | Réservez dès maintenant www.arts-orford.org | 1 800 567-6155 O Tous les samedis à compter de 18h, méchoui avant concert pour seulement 20$ Présenté par eiïs.ASSURANCE VOYAGE & SANTÉ Vendredi 30 juillet à 20 h Salle de concert Gilles-Lefebvre Canti dl a terra Splendeurs des polyphonies corses Le quatuor vocal corse Barbara Furtuna'; L'Ensemble Constantinople : Kyia Tabassian, sétar perse; Zyia Tabassian, percussions; Pierre-Yves Martel, viole de gambe Semaine Kent Nagano et l'OSM du 31 juillet au 8 août Présente par Samedi 31 juillet à 20 h t-HM Salle de concert Gilles-Lefebvre Beethoven Les trois dernières sonates Till Fellner, piano 45$/35$/25$ Dimanche 1°' août à 16h Église Saint-Patrice, Magog Jean-François Rivest dirige l’OAO! Une grande première Orchestre de l'Académie Orford ~ OAO! Jean-François Rivest, chef d'orchestre Conférences Lundi 26 juillet à 16 h 30 iHM Natalie Bondit directrice du Musée des beaux-arts de Montréal Mardi 27 juillet à 16h30 iHM Dujka Smoje musicologue, spécialiste de l’esthétique musicale COBnffdMarM e*cterlBW 1^1 toreidian Université (Hl Heiftage jg Monùéal me du RWB.Ce duo créé au RWB sur la musique du groupe rock des années 60 Syrinx, a révélé la soliste Evelyn Hart.«Le rappel a duré une quinzaine de minutes, raconte M.Lewis à propos de la présentation du pas de deux au concours chorégraphique international de Varna en 1980.La seule manière d’arrêter les applaudissements a été de reprendre le début du ballet.» Plus clinquant Le reste du programme danse du FASS, un peu plus clinquant cette année, propose deux pièces de l’Alonzo King Lines Ballet de San Francisco, Dust and Light et Rasa, les 5 et 7 août.Alonzo King fut un véritable bâtisseur pour la cité américaine en fondant une compagnie professionnelle en 1982, un centre de danse sept ans plus tard et une école en 2001.Le maire de la ville de la côte ouest a même qualifié de «trésor pour San Francisco» ce lauréat d’un prix Bessie du meilleur chorégraphe-créateur en 2005.Autre visite charmante, les 3 et 4 août, la Compania nacio-nale de danza 2 (CND2) de Madrid offre une rampe de lancement aux jeunes danseurs qui amorcent leur carrière.Lieu de transition entre les écoles de formation et les compagnies professionnelles, la CND2 jumelle des œuvres du chorégraphe et directeur artistique Nacho Duato et des créations de la jeune troupe.On verra ici deux pièces du maître espagnol Gnawa et Kol Nidre, et Insected, une chorégraphie de Tony Fabre, le directeur artistique associé de la compagnie.Signalons que la compagnie de danse pour jeune public Sursaut, de Sherbrooke, sera aussi de la partie avec À la nuit tombante.Côté musique, le FASS accueille notamment Visibilia du Nouvel Opéra et les Arias et grands airs d’opéra de l’International Vocal Arts Institute, sous la direction de sa cofondatrice Joan Dornemann, du Métropolitain Opera de New York.Le Devoir FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR Du 29 juillet au 7 août en divers endroits de Saint-Sauveur PHOTO DAVID COOPER POUR LE ROYAL WINNIPEG BALLET Wonderland, une plongée dans Punivers de Lewis Carroll PHOTO EERNANDO MARCOS Scène tirée d*Insected de Nacho Duato ougemom une pièce de PAMELA Gems mise en scène de JACQUES ROSSI traduction de RENÉ DiONNE et Pierre-Yves Lemieux •A i J T 1' / SYLVIE DRAPEAU / Sébastien Dodge Francis Durocher David Fontaine ^ Jean-Bernard Hébert Robert Lalonde Dominique Leduc Michel-Maxime Legault Myriam Poirier Marc-André Poliquin Marcel Pomerlo François Trudel Critiques unanimes ! Magistrale Sylvie Drapeau I Montérégteweb.com Sylvie Drapeau chante la PIAF avec générosité et ferveur, tout y est ! Rue Frcmtenac Feifinmance mémorable de Sjdvie Drapeau ! Journal de Montréal FIAF 'nüQMPHEv E2ICOREÎ À ROUCSZffi^NT I Jeanbeaunoyertheatre.blog^>ot.com aiichamdaliit;i lYAMAHff ESPACE A, ESFACE MUSIQUE W MUSIQUE Jj; PEVQnj, Sylvie Drapeau incame PIAF de manière colossale 1 LaVbtxdetEst ^F~pîâf, une production grandiose ! Le Canada Français I Réservations: 450 469-1006 1 888 666-3006 370, rang de la Montagne, Rougemont ^His^nîbte^ www.theatrederougemont.com irô— wTOTn'i i Réservez sur www.ovation.qc.ca reposa ORFORD SUITE DE LA PAGE E 1 60 sont semblables: ce sont des messages d’humanité, de culture générale et de lecture.» Tous les étudiants ne suivent pas, mais ceux qui adhèrent sont aux anges, prétend Jean-François Rivest, qui aura besoin de ce bouche à oreille pour réaliser son ambition: qu’Orford soit une académie parmi les meilleures en Amérique.«On n’en est pas loin.», se réjouit-il.Cette semaine débarquent les stagiaires de l’atelier d’orchestre et monsieur le directeur ne compte pas leur faire de cadeaux: les conférences seront obligatoires et à 7h30 (du matin), après le café, tout le monde chantera des polyphonies de la Renaissance! Ensuite: taï chi pour tout le monde.Jean-François Rivest voit la Semaine Nagano comme «une concentration d’activités et de niveau artistique; le nœud concentrant les lignes d’énergie» de l’été à Orford.Interrogé à Munich, Kent Nagano remarque que «de nombreux grands orchestres ont leur académie», mais il ne précise pas d’objectifs quant à savoir comment l’existence d’une académie à Orford pourra modifier, voire rénover, le processus de recrutement de l’Orchestre symphonique de Montréal.11 ne saurait dire non plus si l’âge de recrutement des musiciens des grands orchestres a baissé, mais insiste pour préciser que l’équilibre de la pyramide des âges est très important dans l’écosystème orchestral, «pour partager les techniques, les connaissances du répertoire et du style».Pour combien de temps l’OSM est-il à Orford?Une discussion est prévue le 30 septembre.Pour Kent Nagano, il faut non seulement voir si le financement suif mais aussi «évaluer s’il y a une chimie, une même volonté».L’heure est à l’optimisme: «On ne peut jamais connaître le futur, mais jusqu’à présent, la relation est déjà très riche et, des deux côtés, on est très enthousiastes.Nous sommes curieux de voir comment se passera la Semaine.» Et dans le redéploiement des activités estivales de l’orchestre, aux yeux de Kent Nagano les modifications futures de son propre calendrier, avec son départ de Munich en 2013, sont moins importantes que la modification du Quartier des spectacles: «Depuis un an et demi nous créons de nouvelles activités estivales.L’ouverture de la nouvelle salle va donner de nouvelles possibilités.Nous sommes donc en train d’examiner comment activer la musique classique à Montréal pendant l’été.C’est déjà en route!» Le Devoir LA SEMAINE KENT NAGANO AU CENTRE D’ARTS ORFORD Du 31 juillet au 8 août.Avec Till Fellner, Alexander Weimann, Jean-François Rivesf Jôrg Wid-mann, ChnstianTetzlaff, Mari Ko-dama, Peter Serkin, Adrianne Heczonka etTafelmusik.Concerts à la salle Gilles-Lefebvre et à l’église Saint-Patrice de Magog.Renseignements et billets: 1800 567-6155, poste 232. LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 E 3 CULTURE iangùfAr SOURCE DOWNBEAT Le grand gagnant selon Downbeat.Joe Lovano JAZZ Et revoilà le référendum annuel.SERGE TRUEEAUT Chaque année, fin juillet, le magazine Down Beat publie les résultats du questionnaire rempli par des critiques du «monde mondial».Pis?Le grand gagnant de la 58® édition de cet exercice au parfum référendaire s’appelle Joe Lovano.Il décroche la timbale puisqu’il a été consacré musicien jazz de l’année, le saxophoniste de l’année et même le patron du meilleur band de l’année identique à l’autre année.Sonny Rollins le suit dans les catégories artiste de l’année et saxophone ténor, alors que le trio de Keith Jarrett se place deuxième dans celle de groupe jazz.Un étonnement?Et comment! John Zorn, qui produit des albums remarquables, ainsi qu’Allen Toussaint, qui a signé l’une des meilleures galettes de 2009, n’y sont pas.Par contre, il y a Henry Threadgill.Que ce musicien et compositeur exigeant pour nos oreilles soit dans les classes des groupes et artistes en vue révèle un changement: le cqnservatisme est à la bais-se.,A preuve.A preuve, l’entrée du pianiste et chef de file du mouvement AACM Muhal Richard Abrams dans le Hall of Fame.Un râlement?Deux plutôt qu’un.Randy Weston est deuxième.Que le pianiste de Hi-Fly, le compositeur de Mystery of Love, l’ethnologue des musiques africaines, que cet homme dont la carrière s’étend sur plus de 60 ans ne soit pas encore dans le «hall machin», ça dépasse l’entendement.Au piano, comme d’habitude, Keith Jarrett est en tête, loin devant Kenny Barron, Hank Jones, décédé le 16 mai dernier.Brad Meldhau, Jason Moran, Herbie Hancock, Vijay Iyer, McCoy Tyner, Geri Allen et Cecil Taylor.Que Steve Kuhn et Harold Mabern n’y soient pas alors que Hancock y est, même s’il fait de la soupe depuis longtemps, ça mérite une paire de baffes.Le trompettiste?Dave Douglas — c’est mérité! — devance Wynton Marsalis, Terence Blanchard etTomazs Stanko.Au trombone, le vieux Roswell Rudd double Steve Turre et Wycliffe Gordon.Au saxe alto, l’inoxydable Lee Konitz est bon premier, suivi d’Qrnette Coleman et de Phil Woods.John Zorn est le dernier de la liste.Au baryton.Gary Smu-lyan est sur la plus haute marche du podium, James Carter sur la deuxième, Roq-nie Cuber sur la troisième.A la clarinette, la logique a pri-mq: Don Byron.A la guitare, Bill Frisell (yes!) a obtenu un vote de plus que Jim Hall eL21 de plus que Pat Metheny.A la contrebasse, Christian McBride est en «pôle position», comme ils di- sent en France, Dave Holland est dans la roue devant Roq Carter et Charlie Haden.A l’électrique.Steve Swallow est en tête, suivi de Stanley Clarke.Un étonnement (bis)?Christian McBride est devant Marcus Miller.La palme de l’album blues de l’année revient à Eric Bibb pour Booker’s Guitar, qui est en effet splendide.Après Bibb, c’est Qtis Taylor pour Pentatonic, Shemekia Copeland pour Never Going Black, Corey Harris pour Blu.Black, qui est remarquable, Carolina Chocolate Drops pour Genuine Negro Jig, que Joe Henry a produit.En fait, ce groupe, plus ameri-cana que blues, est la belle surprise de l’année.La meilleure étiquette?ECM, devant Sunnyside, Blue Note, Clean Feed, Mosaic, Nonesuch et High Note.Le trophée du producteur revient à Manfred Ficher, qui double Michael Cuscuna, grand manitou de Mosaic, et Bob Belden.Un autre râlement?Joe Henry n’est pas dans la liste alors qu’il a été aux commandes de Bright Mississippi d’Allen Toussaint et de Genuine Negro Jig.Amen! En rafales ¦ Qyez, oyez, braves gens.Sachez que l’excellent réseau radiophonique américain National Public Radio (NPR), qui est affilié au tout aussi excellent réseau télé PBS (pour Public Broadcasting System), a diffusé en direct du Village Vanguard, mercredi dernier, le premier set du grand pianiste Barry Harris.Vous pouvez l’écouter en ligne comme vous pouvez entendre d’autres shows.¦ Dans le dernier Jazz Magazine, on a retenu ce propos de Harris: «Je dirais plutôt que je suis le gardien de la musique la plus avancée qui soit.Je continue de voyager à travers le monde parce que je vais avoir 80 ans et que je ne veux pas mourir avant d’avoir transmis toutes mes connaissances.Ça m’est bien égal de savoir à qui je les enseigne.Je suis le plus vieux professeur et je suis le meilleur!» Très bien vu.Le Devoir CIRQUE |t V Fievre contagieuse pour retour attendu CAVALIA Quartier DixSO à Brossard Jusqu’au 20 août ISABELLE PARÉ Sept ans après leur premier galop, les chevaux de Cava-lia et leurs cavaliers ont pris du galon et présentent, pour leur dernier tour de piste au Québec, une production ficelée qui pousse l’alliance de l’homme et du cheval un cran plus loin.Le spectacle Cavalia n’a pas pris une ride.Mieux, la fresque fantasmagorique pour équidés s’est raffinée et peaufinée au fil des kilomètres passés sur la route, après avoir donné du sabot dans plus de 36 villes en Amérique du Nord et en Europe depuis sa création en 2003.L’odyssée équestre pilotée par Normand Latourelle est devenue une épopée en soi: près de 60 stars à crinière de 13 races différentes, côtoyées par 35 artistes, dont le déplacement nécessite 90 camions-remorques et un bataillon de 120 personnes en permanence.Tout cela pour déplacer sur la route dix tentes, dont l’emblématique chapiteau blanc à quatre mats, charrier 17 500 bottes de foin par année, autant de kilos de moulée, 800 Idlos de carottes et déployer 2500 tonnes de sable à chaque nouvel arrêt.Rien n’est ménagé pour ces vedettes à crin qui, malgré le gigantisme de l’opération, demeurent sept ans plus tard au cœur de cet hjmme à la race chevabne.Même si la production a perdu le soupçon de tendresse qui transpirait de la rencontre magnétique entre les grands équidés à crinière blanche et les premiers dompteurs et chorégraphes équestres qu’étaient Frédéric Pignon et Magali Delgado, Cavalia a pris du poil de la bête au plan technique — notamment en ce qui a trait aux projections réalisées sur des rideaux de pluie fine — et son équipe acrobatique a pris du galon.Dans ce Caqalia revu et corrigé, Charles-Etienne Ménard, un cavalier originaire de Ri-gaud, remplace le mjûhique Pignon, et Sylvia Zerbini, cavaliè- à.— 'ft ¦ re émérite d’origine italienne, mène du bout des doigts sa troupe de blancs chevaux.C’est d’ailleurs dans un numéro intitulé Grande liberté, où les purs-sangs arabes gambadent, s’ébrouent et piaffent seuls en piste, que l’hommage aux équidés prend tout son sens.Sans le moindre claquement de fouet, Zerbini parvient ensuite comme par magie à faire cavaler et tour- noyer tout en douceur ses neuf étalons immaculés sur la piste large de 150 pieds (un peu plus de 45 mètres).C’est aussi dans les numéros de voltige menés haut la main par les écuyères et écuyers aguerris, combinés aux sauts et pirouettes d’acrobates sur la piste, que la communion entre art équestre et cirque atteint son apogée.En plein festival de cirque, cet arrêt de Cavaba à Montréal PHOTO PASCALE SIMARD/ALPHA PRESSE tombe à point nommé.Les spectaculaires numéros de sangles aériennes, de bungees et de voltiges en ligne, mêlés aux téméraires numéros de poste hongroise et de cosaques menés à bride raccourcie par des cavaliers trompe-la-peur, démontrent une fois de plus que l’homme peut faire son cb-que sans porter ombrage à la bête.Le Devoir festival .LA Grande Rencontre FESTIVAL ET STAGE DE FORMATION 18» EDITION Hydro ^ Québec PRÉSENTE Le Festival International du Musique et danse fà ^mL ^ traditionnelles pour tous ! 3^ m, défiandien* lS5 ïauSadiH 20|0 PARC LAFONTAINE, MONTRÉAL M Sherbrooke et) Les Mononcles usui^- KV Express Unni Bosksasp Maiorstuen NORVEGE Swampa relia Le Duo Montanaro-Cavez BELGIQUE Denis Pépin et Susie Lemay b* Mary Jane Lamond NOUVELLE-ECOSSE Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs HîHa ¦ DANEAAARK QUEBEC Réveillons QUEBEC QUEBEC Chuck et Albert ILE DU PRINCE EDOUARD Notre-Dame de Grass ' QUEBEC Les colleurs : Gérard I J.-F.Bertiaume et Michel Payer | ET LA VITRINE DE LA RELÈVE LE SHOWCASE FOLQUEBEC Une réalisation de ; Société pour la promotion de la danse traditionnelle québécoise INFORMATION ET INSCRIPTION EN LIGNE OU PAR TÉLÉPHONE ^ ^ 1 866 773-0880 | 514 273-0880 info@espacetrad.org espac@trad.org JEUDI 29 JUILLET, 20H30 MWV La Musique Ancienne CARTE BLANCHE À ALEXANDRE THARAUD Benjamin Alard, clavecin Alexandre Tharaud, piano Œuvres de COUPERIN | RAMEAU VENDREDI 30 JUILLET, 20H30 Les Grands Concerts Quatuor Pacifica Menahem Pressler, piano Œuvres de CHOSTAKOVTTCH | DEBUSSY I SCHUMANN D Banque SAMEDI 31 JUILLET, 20H30 Les Solistes CARTE BLANCHE À ALEXANDRE THARAUD Alexandre Tharaud, piano Œuvres de SCHUBERT | CHOPIN LES BRUNCHES-MUSIQUB Dimanche 1^' août Denis Labrie, accordéon Au temps de la valse Dimanche 8 août Bomata, clarinette, contrebasse, percussions Musique originale, aux accents jazzês et métissés! INFORMATION BT RESERVATIONS : 1 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com I CASINO CHARLEVO Montréal! Québecf ¦?1 canadien Héritage FOLÇytBEC Québec! Patrimoine Canadian canadien Heritage E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 DE VISU L’extrême élastique Petit survol de l’événement Peinture extrême et de son off non officiel JEROME DELGADO Mise en marché avant d’être mise au point, la série d’expositions Peinture extrême ne passera pas à l’histoire.Seize galeries montréalaises peuvent être montées dans le train, il n’y a pas de quoi crier gare.Les wagons roulent dans toutes les directions.Peinture extrême?Ou extrêmes, au pluriel?Seize adresses (dont huit au Belgo), seize interprétations.Quand il s’agit de se promouvoir, tout devient extrême.De la matière en quantité démesurée à la violence des sujets, en passant par des pratiques iconoclastes, comme celle de feu Serge Lemoyne (ressuscité par Simon Blais) ou celle plus récente de Jason Botkin (galerie Pangée).Thème secondaire, titre appât, activité commerciale.11 y en a quand même qui ont cherché à prendre une autre voie, en voici quelques-uns.L’autre peinture Le critique Nicolas Mavrika-kis, commissaire invité chez Joyce Yahouda, tire son épingle du jeu en proposant autre chose que de la peinture.11 montre «son image, sa mythologie», pointe, par exemple, vers le tatouage, cette «peinture sur peau» que pratiquent Mathieu Beauséjour et Mathieu Lefevre.S’il revient sur des pans de l’ahstraction picturale, c’est par la relecture qu’en font Alana Riley et Céline B.La Terreur.La vidéo-performance de la première, où l’artiste devient préposée à l’entretien, voisine naturellement le rock fétichiste Full Metal Jacket III de la seconde, hommage (?) aux «zips» de Barnett Newman.Le clash extrême vient de Simon Bilodeau, dont l’art de la simulation fait exploser le cadre.Son tableau, surface de travail marquée d’éclahous-sures de peinture et accompagné de miroirs fragmentés, parle davantage par ce qu’il cache.Critique, dérisoire même, ce Bilodeau qui cihle l’aura immatérielle de la peinture.Fait à noter, cette expo est la seule à se poursuivre au-delà de la rentrée automnale à la galerie Joyce Ya- 1 ).aaL îflî9«l 23L1 UT MI i-ï V ' -¦ ' - *tAr-r*1-^.tir -Va.'' ’ PHOTOS EMMANUEL GALLAND Vue de Texposition Retoume-moiy présentée par la galerie Articule au 262 Fairmount Ouest, à Montréal.houda, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 516, jusqu’au 25 septembre.La peinture trash Avec son déménagement dans la chic Westmount, la galerie Division ne cache pas ses ambitions: elle cherche une clientèle avec de gros moyens.Sa peinture extrême, y compris les portraits noirs animaliers d’Allison Schulnik,et ceux excentriques d’André Ethier, devient dès lors une affaire de goût.Du trash mesuré.La réunion de sept artistes s’avère néanmoins cohérente.Et montre à quel point la peinture narrative, tournée vers l’histoire de l’art et vers une superposition des récits (et des manières de les décrire), a le dessus.Kim Dor-land en est certainement le chef de fde, dont les paysages s’inscrivent dans une longue tradition de la peinture canadienne.La matière très présente donnp du volume à ses tableaux.A la galerie Division, au 1368 de l’avenue Greene, jusqu’au 14 août.Peinture peinture L’accumulation des couches de peinture, qui a fait la renommée de Dorland et de tant d’autres en cette décennie, n’est pourtant pas une nouveauté.Sans fla-fla ni cris à l’injustice, seulement un petit clin d’œil, l’expo One on One de Paul Bureau (un des rares solos de Peinture extrême) rappelle tout le monde à l’ordre.Depuis 25 ans, sa peinture est une affaire d’épaisseur et c’est ce que souligne une mosaïque de tableautins de 1994 exposés dans l’arrière-boutique.Si ses récentes huiles ne semblent qu’une variante de plus, peut-être plus colorée et graphique, elles s’appuient sur des bases modernistes (la peinture pour la peinture) et non h-guratives.Elles font de l’art quelque chose de très physique (ce que voulait énoncer l’instigateur de Peinture extrême, le galeriste René Blouin).Le geste de l’artiste, le passage du temps, la présence plastique.l’objet peint, voilà un début de manifeste — galerie Donald Browne, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, suite 528, jusqu’au 21 août.Peinture recyclée Emilio Chapela traduit en des abstractions polychromes les logos de multinationales.Peter Schuyff recouvre de formes mécaniques des tableaux de second ordre, trouvés ici et là.Sean Montgomery fait dans le pop en reproduisant à l’acrylique ou à la gouache des lieux communs de la masculinité, de la paire de bobettes au Z de Zorro.L’extrême, ici, passe par le recyclage d’objets et d’idées.Rien de nouveau, certes, mais une étonnante unité dans cet éclat de formes et de manières de peindre.Chez Projex-Mtl, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 212, jusqu’au 14 août.Peinture à l’œil A toute manifestation correspond son volet off, dit-on.Un off non officiel, comme ici.Le duo Emmanuel Galland-François Lalumière a profité des vacances du centre Articule pour faire de sa vitrine un fascinant tableau urbain.A la fois récupérateur du classique trompe-l’œil et hommage aux peintres en bâtiment, ou peintres du dimanche, tel l’intitulé de la performance de dimanche dernier, l’intervention Retourne-moi multiplie les niveaux de lecture.Elle est toute simple pourtant, copie presque conforme, en négatif ou en miroir, de la vitrine du commerce voisin, la quincaillerie La Maison du peintre.L’astuce piège le regard.Les reproductions des écriteaux, des pinceaux ou pots en vente et d’autres détails miment la peinture.Elles ne sont pas décors en carton, mais pas loin.Cette absence de peinture, cette image exempte de peinture, place notre quotidien, celui que l’on regarde (la symétrie de l’architecture, la peinture industrielle.), au niveau des icônes.S’il y a un extrême vraiment sur les limites, c’est celui-ci.Au centre Articule, 262, rue Fairmount Ouest, jusqu’au 1" août.Collaborateur du Devoir fi MUSEE D'ART DE JOLIETTE 2010 EltOLUDOlUIlOinEt ^/lUSÉE NIcCORD ^ Desjardins 690.OIE SHEIBOOOIE OUEST, MONTOÉIL MEIOO MctlLE / AUTOBUS 24 WWW.MISEEUCCOOD.gC.CA FEMMES ARTISTES.LA CONQUETE D’UN ESPACE : 1900-1965 Exposition réalisée et mise en tournée par le Musée national des beaux-arts du Québec DU 23 MAI AU 29 AOÛT 2010 FÉMININ PLURIEL : 16 ARTISTES DE LA COLLECTION DU MAJ DU 23 MAI AU 22 AOÛT 2010 CAROLINE HAYEUR DU 30 MAI AU 29 AOÛT 2010 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 1 www.museejoliette.org Ouvert du mardi au dimanche, de 12 h à 17 h Csâ Tlk.Cûaft3&Cuaiicilfurilk.Arli Québec E % Le Contai des .Int du CaDad& (ÇgigQJB^O) CHICAGO, VILLE D’ART 25 Juillet - conférence à Montréal CONCERT EN LANAUDIÈRE août - Mozart et Schumann Une place seulement! ESCAPADE AU SAGUENAY du 27 au 30 août - fjord, musées, symphonie.Il est encore temps de réserverl ^^%eaux [détours www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont LES GRANDS PRIX Symposium Ste-Rose (Laval) 82 artistes à Vœuvre - Art et Patrimoine Du 29 juillet au 1® août JEUDI ET VENDREDI : 11H À 20H — SAMEDI : lOH À 20H — DIMANCHE : lOH À 17H QuébecBg www.roseart.ca ^osey^rf 216, boul.Ste-Rose En face de Véglise Ste-Rose Laval, Québec 450 625-7925 corp@rosarLca LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 E 5 CINEMA Plein la gueule Le réalisateur français d’origine roumaine, Radu Mihaileanu, parle de la Russie de Poutine avec beaucoup d’ironie.ANDRE LAVOIE On a peine à imaginer que des fdms aussi poignants que Trahir ou Va, vis et deviens ont été réalisés par un joyeux drille.C’est pourtant le cas puisque Radu Mihaileanu, devenu Français après avoir fui sa Roumanie natale étouffée par la dictature de Nicolas Ceausescu, se considère comme un «barbare de VEst», n’hésite pas à rire de lui-même ou à faire une comédie en s’inspirant de l’Holocauste {Train de ment imparfaits.Les parfaits, je les déteste!» La note bleue Cette petite haine ne l’empêche pas de rechercher ce que l’un de ses personnages, chef d’orchestre déchu, nom-mq «l’harmonie ultime».A sa manière, Radu poursuit une recherche similaire.«C’est la quête de tout artiste, de tout être humain, afhrme le réalisateur.Chez les Juijs, nous attendons le Messie.en espérant qu’il n’arrive jamais; l’attente permet de se «Lors de la présentation du film à Moscou, j’avais peur qu’on me coupe la tête! raconte le cinéaste en rigolant.Je me moque d’eux mais avec tendresse, et ils l’ont senti.» vie) avant Roberto Benigni {La vie est belle).Ce savoureux mélange de drame et de comédie opère à nouveau dans Le Concert, qu’il est venu présenter en novembre dernier à Montréal dans le cadre de Cinémania et qui prendra l’affiche la semaine prochaine.Coproduction ambitieuse, pleine d’ironie sur la Russie de Poutine mais aussi sur le petit monde parfois féroce de la musique classique.Le Concert amalgame différentes intrigues.Certaines, véridiques, sont tout à fait étonnantes (des musiciens russes débarquent à l’étranger en revendiquant une fausse appartenance au Bolchoï) et d’autres, tristement historiques, comme l’antisémitisme institutionnalisé pendant le règne de Leonid Brejnev.Radu Mihaileanu a fait de tout cela une aventure picaresque, quasi fellinienne, se déroulant d’abord à Moscou et plus tard à Paris; disons-le, les Russes d’aujourd’hui en prennent plein la gueule.«Lors de la présentation du film à Moscou, j’avais peur qu’on me coupe la tête! raconte le cinéaste en rigolant.Je me moque d’eux mais avec tendresse, et ils l’ont senti.En fait, c’est de la condition humaine que je me moque.Dans mon film, ces Russes-là ne font que des conneries, mais je les trouve sublime- préparer, de s’améliorer.L’ultime harmonie, pour moi, c’est l’équivalent de la note bleue en jazz: toucher, à un moment, la grâce, la magie.Film après film, je ne cherche pas quelque chose de concret mais comme j’ai tellement peur du médiocre, f aspire forcément au sublime.Même si je sais que je ne vais jamais l’atteindre.» Il s’en approche pourtant dans la scène hnale du Concert, un feu d’artihce musical et dramatique où la virtuosité n’est pas seulement l’apanage de la jeune violoniste interprétée par Mélanie Laurent.«Un vrai clip de 12 minutes», dit-il avec herté.En fait, non seulement la musique de Tchaikovski est ici bien servie, mais tous les hls de l’intrigue y sont judicieusement entremêlés.Une scène importante tournée pendant cinq jours où il fallait tout scénariser, dont les inserts, les voix off les flash-back comme les flash-forward, «un vrai casse-tête chinois» selon le cinéaste.«J’ai visionné beaucoup de films musicaux, mais c’est en regardant des concerts captés par la télévision que j’ai trouvé ma solution de mise en scène: les caméras sont à l’extérieur de l’orchestre, alors j’ai décidé de les placer à l’intérieur, près des musiciens.Le public du film est complice non seulement de ce qu’ils jouent, mais de ce qu’ils se racontent à travers la musique.» Et croyez-moi, cette faune incroyable inventée par Radu Mihaileanu en a long à dire, on le verra dès sa sortie en salle le 30 juillet.Collaborateur du Devoir SOURCE FILMS SEVILLE Le réalisateur Radu Mihaileanu 1 ¦¦¦ îi Comment ne pas craquer ?SOURCE FILMS SEVILLE CABOTINS Réalisation: Alain Desrochers.Scénario: lan Lauzon.Avec Rémy Girard, Pierre-François Legendre, Yves Jacques, Gilles Renaud, Dorothée Beçryman, Gaston Lepage, Marie-Eve Milot, Guy Nadon, Louis Morissette, Marie Tifo.Photo: Yves Bélanger.Montage: Eric Drouin.Musique: EM Le Sieur.Québec, 2010, min.ERANÇOIS LEVESQUE Le théâtre dit populaire, d’été ou non, a toujours occupé une place importante dans le cœur des Québécois.Le genre perdure, tantôt égratigné par l’intelligentsia, tantôt célébré par elle, selon l’humeur du in et du out.L’héritage des Qlivier Guimond et Gilles Latulippe est bien vivant et on s’étonne qu’aucun film ne se soit penché sur lui.Certes, les années 1970 ont connu leur part d’œuvres jouant sur ce registre, mais jamais, de mémoire, le vaudeville d’ici n’a été traité en tant que sujet.Cabotins vient combler ce vide.Le dernier film d’Alain Des-rpchers {La Bouteille, Musée Eden) relate, avec un grand souci de réalisme (chapeau à Dominique Desrochers pour la précision de sa direction artistique), les retrouvailles houleuses d’une ancienne troupe de variétés.Vedette et homme d’affaires sur le retour, alcoolique et don Juan à trois sous, Marcel est acculé à la faillite.Dans l’espoir de se refaire, il parvient à convaincre son monde, Lucie, Roger et Lady Moon, de la pertinence de retrouvailles.Au détour, Marcel réglera — presque à son corps défendant — un conflit filial majeur avec hston Pedro, lequel se prendra d’affection pour la belle Mélanie, théâtreuse au snobisme candide qui assume mal un fétiche pour la chanson Ya de l’amour dans l’air de Martine St-Clair.Comment ne pas craquer?Campé en 1985, période où le théâtre d’été croissait vers son grand boom.Cabotins opère un intéressant jeu de miroirs entre la «vraie» vie des personnages et celle, factice, qui surgit sur les planches.Le fait que le décor planté sur la scène soit calqué sur l’intérieur de la maison de Marcel n’est pas innocent.Ainsi, une scène où celui-ci tente péniblement de monter à sa chambre — et bien que jouée en mode dramatique — évoque dans un premier temps le numéro classique d’Qlivier Guimond.Plus tard, une séquence similaire se conclut par la révélation que les comédiens répétaient.Enfin, la routine sera présentée devant public.Ce parti pris de la mise en abjune, bien exploité, séduit et accroît le niveau d’intérêt.Le scénariste lan Lauzon a pris du galon depuis De père en flic, et sa maîtrise des rouages humoristiques s’est afhnée; en témoigne sa gradation impeccable du running gag concernant la manière dont l’amant de Lady Moon a trépassé.Signalons ici la composition hilarante dYves Jacques, qui saisit l’occasion offerte de donner la pleine mesure de ses dons pour la comédie.Thème récurrent dans le cinéma québécois, A’Un zoo la nuit à La Vie avec mon père en passant par Les Invasions barbares, le rapport conflictuel avec le père jouit d’un traitement adéquat, mais ne constitue pas l’élément le plus satisfaisant de la proposition.Justifié sur le plan théorique, l’affrontement huai apparaît appuyé dans la pratique.On préfère le portrait de groupe, chaleureux, minutieux, jamais condescendant.Cela dit, Rémy Girard et Pierre-François Legendre composent un tandem père-fils complètement crédible.Le reste de la distribution est à l’avenant et le choix bien avisé de Desrochers d’opter pour la retenue à l’image va justement dans le sens de laisser toute la place aux acteurs.Hommage drôle et tendre au burlesque et à ceux qui le gardent vivant.Cabotins existe quelque part entre Les Grands Ducs, de Patrice Leconte, et Peter’s Friends, de Kenneth Branagh.Amateurs d’esclaffements sous le signe de la réunion devraient y trouver leur compte.Collaborateur du Devoir Mauvais mariage PIECE MONTEE Réalisation: Denys Granier-Defer-re.Scénario: Jérôme Soubeyrand, D.Granier-Deferre, d’après un roman de Blandine Le Callet.Avec Jérémie Rénier, Clémence Poésy, Danielle Darrieux, Jean-Pierre Marielle, Aurore Clément, Dominique Pavanant, Léa Drucker, Julie Depardieu, Julie Gayet.Photo: Aurélien Devaux.Montage: Sophie Cornu-Abela.Musique: Qli-vier Bernet.France, 2009,93 min.ERANÇOIS LÉVESQUE Librement adapté du roman Une pièce montée de Blandine Le Callet», annonce le générique.Qu ne peut qu’espérer que celle qu’une presse enthousiaste avait comparée à Edward Albee a apprécié la précision.Car c’est bien là le seul motif de réjouissance qu’on peut imaginer lorsque confronté à une proposition cinématographique qui ne possède ni la verve ni la fièvre d’un Who’s Afraid of Virginia Woolfe, loin s’en faut.En substance, l’intrigue dispersée de Pièce montée s’intéresse aux tracas sentimentaux d’une horde de nantis venus assister aux épousailles cham-pêùes de deux jeunes ténors du Barreau.La flamme des toiute-reaux sera-t-elle soufflée par le vent d’amertume qui se lève?Tous les clichés de belles-mères harpies, d’épouses esseulées et de machos déboutés sont réunis, tandis que, côté jardin, mamie se redécouvre un cœur de jeune fille.Le problème majeur de Pièce montée en est un de ton, dont le scénario n’arrive pas à négocier les nombreuses ruptures pourtant parties inté-^antes du récit.Grinçant, pétillant, ému, larmoyant: tout y passe, rien ne fusionne.Au final, on se retrouve avec un film en crise identitaire qui commence dans les rires et s’achève dans les larmes sans que l’humour ait vraiment fait rire ou que le drame ait particulièrement ému.Les rares instants de vérité, on les doit à mesdames Drucker et Darrieux, figures dignes et attendrissantes lâchées parmi des carjcatures d’êtres humains.Eprouvée, la prémisse du mariage mondain qui vire au fiasco a engendré quelques perles, telles A Wedding, de Robert Altman, et Rachel Getting Married, de Jonathan Demme, sans compter celles, verbales, qui fusent dans Four Weddings and a Funeral, de Mike Newell.Qn sent que Pièce montée ambitionne de se ranger aux côtés de ces œuvres, en vain.Dans le développement de ses situations, le film privilégie la surface, la fa- SOURCE METROPOLE FILMS cilité.A la réalisation, Denys Granier-Deferre, fils de Pierre, ne se foule pas non plus: aucun sens particulier de l’image, de l’espace.Devant l’absence de stimuli de fond ou de forme, le spectateur risque de regarder passer le cortège nuptial dans l’indifférence ou, au mieux, avec un intérêt intermittent.Collaborateur du Devoir ?(sur 4) Le Monde (sur 4) Marianne (sur 4) Télérama «Avec ce film, ardent et terrible, Chéreau fait tout sauter.(.) le plus beau de Chéreau!» xéiérama CHARLOTTE JEAN HUGUES DURIS GAINSBOURG ANGLADE PERSÉCUTION UN FILM DE PATRICE CHÉREAU I Nomination aux César ' MëilLur acteur daiu un lecund rôL k Jean-Hugues Anglade Jj VENEZIA 2009 Competition métrDQC^ 13 A L’AFFICHE EN EXCLUSIVITE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS CINÉMA [V\RALLËLE 3536 BOUIEVARD SAUfr-LAURENT 514-647-2206 « TRES BON FILM ! » « J’AI ADORE ! COUREZ VITE LE VOIR I » FRANCO NUOVO, CTST BIEN MEIUEUR l£ MATIN, RADIO-CANADA CHANTALE RICHER, ROCK DÉTENTE Rémy Pierre-François GIRARD LEGENDRE Giiies Dorothée RENAUD BERRYMAN Yves Marie-Ëve Gaston JACQUES MILOT LEPAGE Guy Louis NADON MORISSEHE Q lâlsfilm Ceneda Québec SS Untiimde ALAIN DESROCHERS Scénario lAN LAUZON Une production de JACQUES BONIN www.cabotins-lefilm.com Canada («liais S CHRiSTAl PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 I UN FILM DE CARLOS SAURA MARIZA CAMANÉ CARLOS DI CARMO CHICO BUARQUE CAETANOVELOSO LILA DOWNS CINEMA Un Chéreau aussi inspiré.qu’inefficace PERSECUTION De Patrice Chéreau.Avec Romain Duris, Charlotte Gains-bourg, Jean-Hugues Anglade, Gilles Cohen, Alex Descas, Michel Duchaussoy.Scénario: Patrice Chéreau, Anne-Louise Trivi-dic.Photographie: Yves Cape.Montage: François Gedigier.Musique: Eric Neveux.France, 2009,100 minutes.MARTIN BILODEAU ¦ ¦ 1 est étrange de trouver en .Patrice Chéreau, un cinéaste ( oué et singulier {La Reine Margot, Ceux qui m’aiment prendront le train), une faille aussi importante que celle ouverte par Persécution, son plus récent long métrage.Or voilà: Chéreau ne possède aucun don particulier pour l’insolite, comme en fait foi cette variation inspirée mais éparpillée et inefficace sur les thèmes de L’Homme blessé et d’Intimacy, deux moments forts de sa filmographie.Au centre de l’image: Daniel (Romain Duris), un ouvrier en bâtiment, qui rénove au noir des appartements parisiens qu’il squatte durant les travaux.Entre deux voyages d’affaires, Sonia (Charlotte Gainsbourg), sa petite amie depuis trois ans, subit sans mot dire ses assauts d’indifférence jalouse et ses diatribes enflammées contre tout et rien.Aimant pour masochistes, personnage foncièrement désagréable qui rebutera jusqu’au dernier spectateur, Daniel a également attiré dans son filet amoureux, sans le vouloir, un individu rencontré dans le métro Gean-Hugues Anglade), qui le pourchasse et refuse de renoncer à son amour pour lui, même après avoir été roué de coups par l’objet de son affection.Ce fou qui apparaît et disparaît sans crier gare seraît-îl le fruit de l’Imagination de Daniel?En tout cas, ce dernier est seul à le voir, avec nous spectateurs, si bien que leurs rencontres, toujours surprenantes, revêtent l’apparence de petits délires d’insomniaque, révélateurs d’un subconscient en bataille.Mais Chéreau, qui a écrit le scénario avec sa complice Anne-Louise Trividic {Gabriel-le.Son frère), élude la question psychologique au bénéfice d’un pari de mystère et de non-dit qu’il n’arrive pas à relever de manière satisfaisante, les forces du film (la photp d’Yves Cape, la musique d’Eric Neveux) étant continuellement en contradiction avec l’intention insolite inaboutie du scénario.Homme d’acteurs et gourou de troupe, Chéreau caresse les siens au gant de crin.Romain Duris joue la partition la plus difficile.Son personnage en colère, sans attaches ni adresse, reste opaque jusqu’à la fin, sans qu’on comprenne la fascination qu’il est censé exercer sur nous et sur le cinéaste, ni ce qui inspire sa petite amie (bien défendue par Charlotte Gainsbourg dans un rôle très proche de ceux que sa mère Jane Birkin jouait chez Doillon) à parier sur leur couple.Jean-Hugues Anglade, un grand acteur sous-exploité au cinéma depuis une dizaine d’années, est nettement plus solide en amoureux fou sorti de nulle park persécuteur persécuté dans cette chaîne de persécutions où tout le monde est tour à tour bourreau et victime.Une constante dans l’œuvre tourmentée de Chéreau, quoique c’est la première fois, à mon avis, que le statut de victime échoit également au spectateur.Collaborateur du Devoir SOURCE METROPOLE EILMS «TOTALEMENT ORIGINAL ET CAPTIVANT!» Malcom Frasar, MIRROR TILDA SWINTON métrogole A 11 A 1^1 VERSION ORIGINALE |- CINÉMA8AMC -1 ü A [AFFICHE! so^^siL|s_^j^yM22] LE FILM DE L'ÉTÉ ! PLUS DE 2 000 000 $ AU BOX OFFICE! cDigne des meilleurs films américains du genre!» Normand Provencher, Le Soleil «.Atterrissage réussi.Présence exceptionnelle de Michel Côté.Ce film vaut le détour.» Michèle Coudé-Lord, Le Journal de Montréal «La meilleure performance de Michel Côté depuis C.R.A.Z.Y.! Prenant du début â la fin!» Richard Courchesne, 94,S FM, Chicoutimi cLe grand succès de l'été.Vraiment très émouvant, très poignant!» Jean-Philippe Dion, Salut bonjourl, TVA «C'est un film réussi, efficace, très bien filmé, extrêmement bien joué.» «Un véritable carrousel d'émotions!» Claude Desehênes, Le téléjournal, R-C MICHEL yv_ w COTE MAXIME LEFLAGUAiS SOPHIE PRÉGENT NORMAND D’AMOUR SYLVAIN ARCHAMBAULT R piche-lefilm.com R R VTVfl fù SOURCE SONY PICTURES Angelina Jolie campe une agente de la CIA prise en chasse par ses collègues.Guerre tiède SALT De Phillip Noyce.Avec Angelina Jolie, DevSchreiber, Chiwetel Ejiofor, Daniel Olbrychski, Au-^st Diehl, Daniel Pearce.Scénario: Kurt Wimmer.Photographie: Robert Elswitt.Montage: Stuart Baird, John Gilroy.Musique: James Newton Howard.Etats-Unis, 2010,100 minutes.MARTIN BILODEAU Lara Croft avait déjà fait la preuve qu’au poste d’action hero féminin, Angelina Jolie avait la tête et la stature de l’emploi.Voilà que le réalisateur de Patriot Games et de Clear and Present Danger, Philip Noyce, lui donne à nouveau la possibilité de faire des moulinets avec ses jolies jambes, l’espace d’un thriller d’action musclé mais tiède, qui se présente avec véhémence et naïveté comme le pendant féminin de la série des Jason Bourne.Mais comme n’est pas Robert Ludlum qui veut, l’ensemble évoque plutôt le jumelage spirituel de Ken et Barbie.Jolie campe Evelyn Salt, une agente de la CIA prise en chasse par ses collègues (Liev Schreiber et Chiwetel Ejiofor) après qu’un ressortissant russe (le rare Daniel Olbrychski) l’eut accusée d’être à l’emploi des services secrets de son pays.Sa détresse indique que c’est faux, sa fuite laisse entendre que ça pourrait être vrai, le scénario joue des ambiguïtés et des revirements téléphonés jusqu’au dernier acte, centré sur, tenez-vous bien, une tentative d’assassinat sur ja personne du président des Etats-Unis par de vilains russes nostalgiques de leur glorieuse Union soviétique.Sait sera sur place.Pour empêcher le travail ou le finir?Gros gras mystère, qui se savoure avec nonchalance comme une crème glacée molle, jusqu’au croustillant du cornet.Sait est égal à son intention, qui manque singulièrement de hauteur.La faiblesse de l’argumentaire patrio-politique, les invraisemblances du scénario.les retournements facétieux sont indignes des forces en présence.Philip Noyce d’une part, dont la mise en scène savamment transparente transcende les clichés du scénario.Robert Elswitt d’autre part, le directeur photo de Good Night and Good Luck et de There Will Be Blood forge, par la magie de sa profondeur de champ, une illusion de vérité et de profondeur, justemenk dont le film bénéficie grandement.Enfin, James Newton Howard amplifie le suspense grâce à une partition inspirée.Si bien que le film, au final, semble indigne de lui-même.Collaborateur du Devoir Nostalgie, quand tu nous tiens Le réalisateur Fatih Akin parle de son film Soul Kitchen ANDRE LAVOIE Même si Fatih Akin est né en 1973 à Hambourg de parents turcs, l’homme semble habité par une indécrottable nostalgie pour unp époque qu’il n’a pas connue.A l’autre bout du fil dans sa ville natale, j’ai beau évoquer l’ivresse de la chute du mur de Berlin, le réalisateur de Julie en juillet préfère parler des manifestations monstres contre la guerre du Vietnam, de cette belle jeunesse révoltée comparativement à celle d’aujourd’hui, cadenassée à ses ordinateurs.Le nouveau film du cinéaste SOURCE METROPOLE EILMS Fatih Akin alors qu’il jouait dans Edge of Heaven en 2007.consultez notre stte Internet I avec Boug-tWiag IrançalB CHRISTOPHER NOLAN .AVANT INCEPTION FOLLOWING • MEMENTO • INSOMNIA BATMAN BEGINS bt THE DARK KNIGHT MILTON GLASER TO INFORM AND DELIGHT LES AMOURS IMAGINAIRES ESTOMAGO Sam.0t Dlm.:15li15 ssulemoit OCÉANS Sam.Bt Dlm.:16h15 seiilemeiit « Métro Place des arts rCINEMA DU PARC a Autol)U860/12B I 3575 Du Pans 514-281-1900 PRESENTEMENT A L'AFFICHE! CONSULTEZ L'HORAIRE CINÉMA t, GAGNANT AUX OSCARS | il MHUIURfllMENIANGUEfTRANGiRE | SES YEUX THE SECRET IN THEIR EYES mniJi DI JIMUr JOSi GAlIPAmJiA sojgrCTaiaiES CLMHCS* m 13e SEMAINE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS | etropoIefilms.com '] n’a rien d’une reconstitution historique et représente un retour marqué à la comédie après deux œuvres à haute intensité dramatique, Head-On et De l’autre côté, dont le rayonnement a largement dépassé les frontières de l’Allemagne.Dans Soul Kitchen, à l’affiche à Montréal vendredi prochain, il émane un esprit et un parfum (de sexe!) pas si éloignés des happenings d’antan.Pourtant, c’est bien le Hambourg d’aujourd’hui, plombé par la grisaille automnale et le déclin industriel, que Fatih Akin nous montre, considérant son film comme «une lettre d’amour».Celle-ci est loin d’être sirupeuse: tous les styles musicaux s’y superposent (de Quincy Jones au techno, en passant par le rock de garage) et les personnages les plus délinquants se côtoient dans un joyeux bordel, ou plutôt un restaurant délabré où la fraîcheur est rarement au menu.L’endroît est tenu par un Allemand d’origine grecque, Zi-nos (Adam Bousdoukos, éga- lement coscénariste), dont la vie ressemble à une tragédie perpétuelle: sa copine se pousse en Chine, son frère (la star Moritz Bleibtreu dans un rôle de mauvais garçon qui lui va comme un gant) sort de prison, les services d’hygiène sont à ses trousses et un magouilleur immobilier voudrait bien mettre la main sur sa baraque peu à peu transformée en petit temple branché.Tous ses malheurs sont souvent bien arrosés et, très tard dans la nuit, farcis d’une solidarité quelque peu désorganisée mais bien réelle.Assagi.Fatih Akin ne s’en cache pas: Zinos, c’est un peu lui.«Quand je voyais Adam crier pendant une scène, je lui demandais pourquoi il faisait ça.B me répétait: je t’imite! Disons que ça me ressemble parfois sur un plateau de tournage.» De plus, ce personnage attachant est affublé de sérieux maux de dos; Facteur, en pleine forme, ne faisait que reproduire les douleurs d’un cinéaste qui croyait qu’en abordant ce mal dans un film, celui-ci allait disparaître.«Malheureusement, dît-îl sur un ton phîlosophe, ça ne fonctionne pas.» Maïs les parallèles vont beaucoup plus loin dans ce film, qu’il considère aussi comme «une lettre d’adieu».«Après plus de 20 ans dans le milieu des bars et des partys, j’ai fini par me lasser.J’ai été serveur, barman, disc-jockey, et je faisais encore partie de cet univers quand je tournais des films.On croit que ça nourrit notre créativité, mais à partir d’un moment.» C’est pourquoi il a pris un grand plaisir à recréer tout ce désordre, sans pour autant y participer de manière active.Si le party animal en lui s’est assagi {«Lorsque j’ai exploré l’univers de la musique électronique pour les besoins d’une scène du film, je passais pour le p’tit vieux en quête de jeunes filles!»), son hippie intérieur se porte très bien.«Je crois vraiment être habité par l’esprit des années 60 et 70, ce moment où l’on voulait changer le monde.Tout ce que je vois et lis sur cette époque me fait dire que j’y aurais vraiment été à ma place.Parfois je suis frustré de vivre dans le monde d’aujourd’hui parce que je sens que l’on ne peut rien changer.Notre gouvernement prend des décisions douteuses.et personne ne proteste.» Les personnages de Soûl Kitchen n’ont guère le temps de brandir des pancartes mais, pour organiser les meilleures sauteries et provoquer les pires chaos, le tout en musique, ils peuvent compter sur Fatih Akin.Collaborateur du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 E 7 LIVRES Retour à Natashquan Louis Hamelin Je n’étais jamais allé à Natashquan, seulement passé au large, à bord du bon vieux Fort-Min-gan secoué par les montagnes russes d’un gros coup de tabac, par une tempête échappée d’un roman de Conrad, les tripes vidées par-dessus bord il y a de ça pas mal d’années.C’était l’été où j’ai failli devenir pêcheur de morue, l’espace d’une saison avec M.Wilfrid Beaudoin de Blanc-Sablons, sur le banc de Natashquan justement.C’est là qu’il mettait le cap pendant que moi, je prenais pied à Terre-Neuve et traversais les Maritimes à toute vitesse pour revenir participer in extremis à un référendum perdu d’avance.Entre Sainte- «J’ai grandi en écoutant les chansons de Gilles Vigneault sur un stéréo encastré dans un meuble en bois au fond de la baie des Chaleurs.» Puis on se souvient du gaillard au nez en bec d’oiseau de mer et à la voix pleine de gravier qui, il y a un demi-siècle, amena un pays au monde en le saisissant à bras-le-corps par son extrémité sans bon sens.Je savais ce que je m’en allais faire à ce festival Innuca-die de Natashkuan-Nutukuan.Et tant pis pour les prévisibles déceptions: j’étais parti, tout au fond de moi, là où ça conte, à la rencontre de Caillou-la-Pierre, de Jean-du-Sud et de Tit-Œil à mononcle Honoré.Et la hgure du Barde, bien entendu, est omniprésente au bout de la 138, mais on sent bien que le festival a aussi été créé pour sortir Natashquan de l’orbite de Barbe et Port-aux-Basques, les militaires aux épaules carrées qui me prenaient sur le pouce demandaient, les yeux fixés sur la route, sans sourire: «Is Québec gonna separate?» Et je n’étais jamais plus Québécois qu’à ces instants qui me voyaient replonger dans nos ambiguïtés congénitales et patauger comme un bon disciple de Robert Bourassa qui s’ignore: Tout va bien se passer, vous allez voir.Tout, c’est-à-dire rien.Je le regrette encore aujourd’hui.De ne pas être allé jigger avec Wilfrid sur le banc de Natashquan au lieu de décider de rentrer pour répondre à cette urgente question sur un mandat de négocier un mandat de négocier.On me dit que la morue qu’on nous sert aujourd’hui dans les restes de Sept-Iles provient de Blanc-Sa-blon§.J’espère que c’est vrai.Sept-Iles est bien laide le long de son boulevard Laure qui me rappelle la réaction de Camus après une visite à Saint-Etienne: «Un pareil spectacle est la condamnation de la civilisation qui Va fait naître.[.] Aucun peuple ne peut vivre en dehors de la beauté.Il peut quelque temps se survivre et c’est tout.» C’est dans les carnets quelque part, et dans cet énorme Camus de poche d’Olivier Todd que j’emporte avec tous ses éblouissements méditerranéens jusque sur les fabuleuses plages de sable blpnc de la Côte-Nord, et Sept-Iles est aussi bien jolie quand son port de mer s’anime à la tombée du jour et que l’océan, en concurrence avec les centres commerciaux, y joue son rôle immémorial qui est d’attirer les hymains.Et la beauté de Sept-Iles est aussi dans l’impeccable gentillesse de son monde, que je découvre, plaque tournante entre les baleines et l’aluminium, l’après-route et le lointain Labrador.Odeur J’ai grandi en écoutant les chansons de Gilles Vigneault sur un stéréo encastré dans un meuble en bois au fond de la baie des Chaleurs et c’était d’un pays étranger et vaguement familier qu’il me parlait, le mien, parce que l’odeur de la morue séchée au soleil était exactement la même sur les vigneaux d’Aguanish et de l’An-se-à-Beauhls.Deux fois déjà, je m’étais arrêté à Havre-Saint-Pierre, poussant même une pointe jusqu’aux rochers lardés de bâtons de dynamite des berges chamboulées de la Romaine.Il était dit que l’objectif serait, cette année, la route jusqu’au bout.Puis, en voyant filer vers les collines qui ondulent à l’horizon les fameuses «plaines», comme on appelle là-bas (merci Ti-Jean Désy!) le muskeg et ses tourbières sans fin, et se dérouler devant soi la route à peu près déserte, on se dit: quelle drôle d’idée, presque insensée, vraiment, d’organiser un événement culturel là.cette seule planète parvenue à son lointain apogée.Un coup de subvention magique et voici le traîneau à chiens de Ti-Jos Hébert changé en chasse-galerie nord-côtière pour touristes éclairés ou simplement un peu plus curieux que la moyenne.Fantastique échouerie Je n’ai jamais été un fana du conte comme tel.Comme pour l’humour: j’ai l’impression que le meilleur de l’oralité nous arrive toujours au coin d’une table ou à la taverne du coin et que le couple projecteur-micro en est un éteignoir presque certain.Quand trois des petits ouvrages de Pred Pellerin se sont retrouvés, naguère, en même temps sur la liste des best-sellers, j’ai songé que de tripper sur les monologues de Sol, à une certaine époque, ne nous dispensait pas de lire Réjean Ducharme.En tout cas, on ne les confondait pas.Et je suis rentré enchanté de Natashquan, mais me sentant un peu comme Obélix à son retour de Suisse: c’est plat, affirmait-il, ayant comme qui dirait raté les montagnes.Je suis reparti de l’Innucadie sans avoir entendu conter.Il paraît que ça se passait les après-midis, pendant que nous batifolions dans le plus simple appareil, trois ou quatre kilomètres de plage déserte plus loin.Pantastique échouerie! C’est aussi beau que les îles de la Madeleine et pas mal plus solitaire.Je sais une chose: le soir, on nous demandait vingt dollars pour assister à des conversations bien souvent livrées sur le ton d’un mauvais talk-show.Que cette parole non apprêtée, hors forme, assez conviviale merci, puisse être considérée comme un spectacle, il s’agit peut-être là d’un phénomène bien québécois, un signe, moins de la vogue des Dimanches du conte que de la popularité de la grand-messe télévisée du dimanche soir.Et en fait, il ne faut pas se tromper d’enseigne.Plus qu’un festival du conte, Innu-cadie est un festival de la rencontre, peut-être même du début de la réconciliation entre un Jack Monoloy revenu du fond de sa chute et une Ma-riouche plus que jamais mariable dans les eaux rouges et blanches.Au camping Manteo Mati-kap, pendant trois jours, nous avons dormi sous une tente de prospecteur, respiré, à la lumière d’une bougie, l’inimitable parfum des branches du sapin baumier mêlé à la chaleur de la petite truie, bref nous avons campé à la manière innue et baigné dans la parole et les gestes partagés des Mestokosho de Nutukuan.Rencontre aussi que celle des nations, des âges et des langues sous le shaputuan d’Innucadie.Si le conte, genre assez fourre-tout, peut servir de prétexte à pareil rapprochement, je veux bien me faire conteur, et mieux que ça: rencontreur à Natashquan.hamelin3chouette@yahoo.ca f f BEDE Destins croisés FABIEN DEGLISE Cy est le grand jeu du hasard de la vie, celui des destins qui se suivent, se croisent et s’éloignent, pour le meilleur, pour le pire et pour, parfois, alimenter l’univers du 9® art.Le thème est porteur.Il se retrouve ainsi au centre de trois titres qui viennent de sortir, de manière parfois étonnante.Première escale: Le Suicide de la déesse (Mécanique générale) de Simon Labelle.Sous la couverture, un groupe d’anciens étudiants se retrouvent pour discuter de leurs belles années de jeunesse, mais surtout d’un travail d’équipe qui va transformer leur existence en profondeur.Entre autres.Il y a Eabien, Qli, Steph, Isa et Ariane.Il est aussi question d’une déesse, de la pollution, de la nature et de l’humanité.Le tout inscrit dans un univers graphique sobre au service d’un récit qui oscille entre l’exercice littéraire et l’ésotérisme, un tantinet.Moins prosaïque, mais plus estival.Parfum de lilas (Mécanique générale) de Samuel Leblanc vient égalemenf et avec intelligence, mettre en case et en bulle un point de rencontre.Ça se passe à l’été 1997, Nicolas, adolescent mal dans sa peau, est envoyé en vacances chez une tante en région pour déjouer un peu la solitude qui vient de remplir sa maison depuis la mort de son père.Le moment se vit en pente douce, puis la route du jeune homme va croiser celle de Laurence, la voisine, qui hnale-ment n’a rien du personnage prévisible pour alimenter un amour de vacances.Première oeuvre de ce jeune dessinateur d’origine gaspé-sienne presque trentenaire.Parfum de lilas propose une incursion sensible dans l’univers des sentiments humains et des rapprochements impossibles stimulés par l’environnement, le momenf où un chien qui surprend quand on essaye de fumer un joint sur la plage.Graphiquement amusant, avec ces personnages aux gros yeux d’inspiration manga — ce type bédéesque japonais —, l’œuvre n’en demeure pas moins étonnante avec sa mise en lumière d’une mécanique du hasard qui va marquer durablement l’existence de Nicolas.Autre lieu, autre univers, mais même résultat: dans Ghost Money (Dargaud) de Thierry Smol-deren et Dominique Bertail, la jeune Lindsey va continuer à fondre de bonheur au contact de Chamza.Les deux femmes se sont rencontrées un jour de manifestation à Londres, en Angleterre — c’était dans le tome 1, intitulé La Dame de Dubaï.Dans Les Yeux de Chamza — c’est le titre du deuxième chapitre qui vient de sortir —, elles vont poursuivre leur étrange relation dans ce monde futuriste où une escouade secrète traque un poète soupçonné de radicalisme religieux.En gros.La proposition artistique est pleine de couleur.Elle s’accroche aussi à un canevas de case exprimant autant le dynamisme que la démesure dans l’action, à la Largo Winch et consorts.Normal.Les moyens déployés pour mettre la main sur le terroriste présumé sont gigantesques et appellent donc l’apparition d’un jet privé, de bombes laser venant de l’espace et de kidnappings.Le lecteur, son homologue féminin, tout comme Lindsey, cette jeune fille de la classe moyenne londonienne propulsée malgré elle dans le faste et les hns de semaine de magasinage à l’autre bout de la planète, vont alors comprendre très CmvmtXB cayAtsTêNiK VÉ3JÎ ve-Ttldot^iC Une case des Yeux de Chamza, de Smolderen et Bertail vite que la profondeur n’est pas au rendez-vous de cette série.Mais quand ce chemin a le mérite de divertir, il ne faut certainement pas s’abstenir de le croiser.Le Devoir LE SUICIDE DE LA DÉESSE Simon Labelle Mécanique générale Montréal, 2010,68 pages PARFUM DE LILAS Samuel Leblanc Mécanique générale Montréal, 2010,128 pages GHOST MONEY Tome 2: LES YEUX DE CHAMZA Smolderen et Bertail Dargaud Paris, 2010,60 pages yj O O Une case du Suicide de la déesse.Image tirée de Partum de lilas À 16 juillet au 15 août 2010 tous les jours de lOh à 18h 39 céramistes + Initiation à la céramique -i-Démonstration culinaire -i- Activités pour les enfants + Expositions + Terrasse extérieure dans un décor champêtre ::::::::::::::::::::::::: uxnj ::::::::::::::::::::::::: LES VERGERS PIERRE TREMBLAY & FILS INC.375 rang de la Montagne, Mont-Saint-Grégoire :::::::::::::::::::::::: infos :::::::::::::::::::::::: 450347-0649 www.museeduhaut-richeUeu.com SODEC „ Québec ?Marie Souillé E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUILLET 2010 LIVRES ESSAIS QUEBECOIS Les Québécois et Jésus Louis Cornellier ans son numéro de mars-avril 2010, Présence magazine présentait les résultats d’un sondage sur les perceptions des Québécois à l’égard de Jésus.Réalisé par la maison CROP entre le 14 et le 24 janvier dernier auprès de 1000 personnes aléatoirement sélectionnées, ce sondage contient des éléments intéressants.Ainsi, 71 % des répondants se sont identifiés comme catholiques et 19 % comme sans religion, les autres confessions se partageant les miettes restantes.74 % des répondants ont affirmé croire en Dieu et 30 % d’entre eux se sont dits pratiquants.76 % des personnes interrogées par téléphone ont répondu qu’elles cormaissaient très bien (20 %) ou plutôt bien (56 %) Jésus et 20 % ont reconnu leur méconnaissance du personnage.Toutes ces personnes souhaitaient-elles en apprendre plus sur ce dernier?Environ 30 % d’entre elles ont répondu oui et 70 %, non.Parmi les curieux, 41 % choisissaient Internet comme source d’information privilégiée.La question «diriez-vous que Jésus vous impressionne?» a obtenu 53 % de réponses positives et 41 % de réponses négatives.Les «impressionnés» le sonf principalemenL par le message d’amour, de bonté et de paix (35 %), par les miracles (13 %), par le fait qu’il a «donné sa vie pour l’humanité (10 %) et par le fait qu’«OM en parle encore aujourd’hui» (7 %).Jésus, pour les répondants, est d’abord le fils de Dieu (37 %), un modèle de vie (29 %), un révolutionnaire (11 %) ou un personnage inventé (11 %).«Jésus fascine encore, commente le théologien Patrick Snyder dans un petit recueil collectif de conférences intitulé Pourquoi Jésus fascine-t-il encore?, car, que l’on soit croyant, athée ou agnçstique, une représentation de Jésus nous habite.» A partir d’une petite enquête réalisée auprès des professeurs et étudiants de la Faculté de théologie et d’études religieuses de fUniversité de Sherbrooke où il enseigne, Snyder présente quelques-unes de ces représentations.Jésus fascine, résume-t-il, «parce qu’il est le fondateur d’une nouvelle tradition religieuse», «parce qu’il a inspiré une philosophie humaniste» invitant «à développer une éthique de la rencontre de l’autre», parce qu’il «révèle la personne humaine dans toute sa beauté et sa grandeur», parce qu’il est un «modèle d’ouverture inconditionnelle aux autres» et parce qu’il esL selon la formule de Marshall McLuhan, le «parfait médium-message», c’est-à-dire, selon la pro-fesseure Martine Pelletier, «qu’il représente la personne la plus cohérente entre ce qu’il était comme être et ce qu’il portait comme message».Alors que «ce type de personnalité manque cruellement à nos sociétés», Jésus continue d’en offrir le modèle.Dans le texte le plus intéressant de cet opuscule, l’oblat Normand Provencher présente le Jésus de la recherche théologique contemporaine et en profite pour critiquer quelques représentations dépassées.Du V® au XVllP siècle, explique-t-il, c’est le mystère du Jésus à la foig humain et divin, mais surtout divin, qui fascine.A par tir du XIX® siècle, se développe l’intérêt des savants pour le Jésus historique.Les christologies plus récentes parlent ainsi, «plus librement qu’autrefois, d’un cheminement de Jésus, d’un progrès dans la connaissance de la volon- té de son Père, d’une prise de conscience progressive de sa mission et de son identité».Elles humanisent Jésus, sans rejeter la foi en sa divinité.Du même souffle, ces christologies repensent la mort de Jésus, qu’elles ne voient plus «comme le sacrifice exigé par Dieu pour le salut de l’humanité», mais qu’elles situent plutôt «dans la logique de sa vie et en solidarité avec la souffrance et la mort des innocents et des vaincus de l’histoire».Au Christ «mort pour nos péchés» de la théologie traditionnelle — une représentation encore très répandue, mais qui n’a pas de sens —, Provencher, après d’autres, oppose cette idée d’une mort de Jésus illustrant que, «dans un monde dominé par les puissances du mal, tout engagement pour la justice et la liberté peut mener à la mort violente».Cette évolution théologique devrait modifier l’expression de la foi.Les chrétiens, hier, attribuaient une valeiu rédemptrice à la souffrance et «exprimaient leur foi surtout dans les dévotions, la mortification et les vocations réparatrices».L’interprétation de la vie de Jésus et de la mort de Jésus comme un «engagement concret dans notre histoire pour établir le Royaume» entraîne que, désormais, ces mêmes chrétiens «se préoccupent surtout de rejoindre leurs frères et soeurs souffrants dans les combats pour la justice ou encore victimes des guerres injustes et des cataclysmes naturels».Ils devraienfi en tout cas, le faire.Les Haïtiens et Dieu Québéçois d’origine marseillaise, administrateiu invité à l’Ecole nationale d’administration publique du Québec, Nicolas Mazellier est à Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, poiu participer au Projet d’appui au renforcement de la gestion publique en Haïti.Après le tremblement de terre, il se retrouve sous les ruines de l’hôtel Montana.11 y passera 17 heiues, avant d’être secoiuu par im Casque bleu équatorien qui participe aux opérations de sauvetage.Pourquoi?est le douloiueux récit de cette expérience de violence, d’impuissance, de souffrance et de solitude, selon les mots de l’auteur.Le témoignage de Mazellier, qui raconte l’approfondissement de la foi rendu possible par la souffrance et qui contient une citation de Josémaria Escriva, fondateur de l’Qpus Dei, peut faire craindre une apologie de l’expiation.Le rescapé évite toutefois cet égarement «Dieu n’a pas voulu ce séisme, insiste-t-il.Non, le Dieu en lequel je crois n’agit pas comme cela sur sa création.Il n’a pas voulu ces milliers de morts, toutes ces souffrances.[.] Le Dieu en lequel je crois n’a pas observé Port-au-Prince de haut durant ces heures terribles.Il était avec nous, au milieu de nous.Non seulement II partageait nos souffrances, mais II a souffert avec nous.» Poiuquoi, alors, tout cela?Mazellier, qui évoque au passage les négligences humaines, choisit le mystère et nous invite à une vraie solidarité avec les victimes.louisco@sympatico.ca POURQUOI JÉSUS FASCINE-T-IL ENCORE?Normand Provencher et Patrick Snyder Fides et Médiaspaul Montréal, 2010,112 pages POURQUOI?Nicolas Mazellier Anne Sigier Montréal, 2010,96 pages ROMAN Jeu de miroir magistral SUZANNE GIGUERE Dans la Waffen-SS, on pouvait croiser des intellectuels — comme Max Aue, le nazi philologue des Bienveillantes de Jonathan Littell — mais aussi des gé-nocidaires simplets.Max Schultz, par exemple, le héros du roman d’Edgar Hilsenrath, Le Nazi et le Barbier, premier roman sur l’Holocauste écrit du point de vue du bourreau — paru en 1971, bien avant celui de Littell —, intégralement traduit poiu la première fois en français.L’écrivain allemand à l’humour dévastateiu, lui-même siuvivant des ghettos de l’Esfi raconte siu un mode biulesque et satirique la destinée d’un génocidaire dans l’Allemagne naziç.Allemagne, 1933.A l’arrivée d’HiÜer au pouvoir, Max Schulz s’enrôle avec ferveur dans les SS.Quand la guerre éclate, il est affecté dans im camp de la mort en Pologne.Des exécutions de masse, il trouve peu à redire, si ce n’est que la tâche lui apparaît légèrement stressante: «Savez-vous comment on fait pour fusiller trente mille juifs dans un petit bosquet?Et savez-vous ce que ça signifie pour un non-fumeur?C’est là que j’ai commencé à fumer.» Première pointe d’hiunour.Féroce.Méthodique, Max Schulz se livre aux pires atrocités, assassine plusieurs centaines de milliers de juifs, dont son meilleur ami d’enfance, Itzig Finkelstein, et toute sa famille, j^rès l’effondrement du Troisième Reich, devenu criminel de guerre, il prend, et ce, sans scrupules, poiu sauver sa peau, l’identité de son ami juif Itzig.«Aryen pure souche» au faciès ingrat—Max a une tête de juif façon caricature antisémite des années 1930 —, il se fait tatouer un numéro d’Au-^hwitz siu le bras et circoncire.A Berlin, Max alias Itzig Finkelstein prend contact avec les organisations juives américaines d’aide aux victimes de la Shoah.Admis dans un camp de conva- lescence pour «displaced persons», il passe devant une commission de contrôle pour prouver sa judéité.Exhibant son tatouage et son sexe cicatrisé, il stupéfie les membres déjà convaincus: «Monsieur Finkelstein.Pas la peine de nous faire le grand jeu.» Un autre morceau d’anthologie.La frénésie sexuelle du génocidaire comme force vitale et excessive donne lieu à des scènes aussi hilarantes.Sa rencontre avec Veronia, une sorcière éroto-mane qui le bourre d’aphrodisiaques, ou encore ses hésitations entre une prostituée juive maigre {«quand ça remue, ça fait clic-clac») et une Arabe tout en rondeius, font exploser de rire.L’histoire continue.Embrassant avec la même fougue que le nazisme la cause juive, Max alias Itzig embarque sur un navire avec des juifs patriotiques.Destination: la Palestine.Le peuple juif n’a jamais abandonné l’idée du retour en Terre sainte.11 a nourri cette idée à travers les siècles, jusque dans la prière: «Lechana haba’a birouchalayim» d’année prochaine à Jérusalem).Max devient plus juif que juif.11 s’installe dans un kibboutz, apprend l’hébreu, se plonge dans les textes hébraïques et les écrits de Theodor Herzl — le père du sionisme politique moderne —, devient un sioniste militant.Cpmbattant pour la liberté de l’État juif contre les Anglais puis contre les Arabes, Max alias Itzig épouse à l’âge de 40 ans une juive éléphantesque et muette.11 devient coiffeur.En 1960, les réparations offertes par le gouvernement allemand aux déportés d’Auschwitz lui donnent des sueius froides, de même que la visite d’un cousin d’itzig, mais chaque fois Max alias Jtzig s’en sort par une pirouette.A la fin du roman, la culpabilité l’étouffe.Le meurtrier de masse décide de passer aux aveux devant un juge traqueur de nazis venu d’Allemagne.Tous se moquent de lui.Le Barbier et le Nazi se conclut par un rêve.Mort, Max Scjiulz est déclaré coupable par l’Éter-nel.Max lui demande où 11 était quand ses enfants tombaient dans les charniers?«J’étais spectateur.» «Alors ta faute est plus grande q'p.e la mienne», réplique Max.L’Éternel descend de sa chaise de juge, se place à ses côtés et lui dit: «Nous attendons la juste sentence mais qui pourrait la prononcer?» En cinq cents pages passionnées, sur un ton enjoué et railleiu, mêlant les situations loufoques aux scènes à forte intensité dramatique, Edgar Hilsenrath réussit un toiu de force: faire de son personnage nazi un bouffon tragique et écrire une farce grand-guignolesque, grinçante de noirceiu, où le boiureau et sa victime échangent leiu rôle dans un jeu de miroir magistral.Le romancier ne recule devant aucun effet burlesque.Qn rit beaucoup.Cela ne signifie pas rire de la Shoah.Derrière les apparences désinvoltes et biulesques, la Shoah est évoquée dans toute son horreiu.11 suffit de s’immerger dans Le Nazi et le Barbier çyom constater que la grande question de la mémoire en est le point névralgique.Jusqu’à la dernière ligne, le romancier nous donne une leçon de liberté efi donc, de littérature.Sa verve, son style oral (quelle maîtrise des dialogues) et lyrique, sa langue ébouriffante, son humour dévastateur nous emportent tout entier.Saluons au passage le travail remarquable des traducteurs poiu la,fluidité du texte et sa vi-gueiu.A lire de toute lugence.Collaboratrice du Devoir LE NAZI ET LE BARBIER Edgar Hilsenrath Traduit de l’allemand par Jôrg Stic- Ipi & Sacha Zilberfarb Éditions Attila Paris, 2010,512 pages POESIE Laissez-les vous conter.HUGUES CORRIVEAU Il est de ces recueils qu’on aurait le goût d’entendre tant la langue en est pétrie aux sons de l’oralité qui les fait soiudre d’un lieu palpable, vivant.Tel est le cas des recueils d’Erika Soucy et de Dominic Langlois, qui tricotent le langage à même leiu terre nourricière, dans un style qu’on aurait pu croire perdu dans la modernité tous azimuts.Mais non.Qn réentend Jean Narrache, Gérald Godin ou Victor-Lévy Beaulieu lui-même en leiu parliue de circonstance.Erika Soucy réussit cet exploit de fondre gravité et confidence, dosant avec efficacité la vie quotidienne et la souffrance universelle dont elle témoigne, «tu devineras les pages / qui racontent nos bassesses / les restes de la chanson / de la fillette qui pleure // vas-tu me parler pour vrai», implore-t-elle du plus lointain de sa Côte-Nord, rappelant, en un écho profond, la chanson La Manie de Georges Don Mais il y a plus, qui fait frémir d’émotion, là où elle raconte, avec une simplicité désarmante, le désarroi d’une petite fille: «fallais te chauffer le cul / à coups de grosses indiennes / qui f appelaient papa / et moi qui f enviais/ parce que tu prenais l’avion “tu vas /venir avec une surprise?”» Sans doute voulait-il «chercher l’or / dans le creux des femmes».Que ce soit «des petits drames au caramel» au moment de Noël, ou quand vient le temps de constater «oh combien la vie est une salope», le ton est toujours juste et percutant.Par exemple, quand la mère ne peut souligner l’anniversaire de sa fille car, vive et déplorable, s’impose «sa petite misère blanche comme sa face / devant le compte d’hydre»-, rien à faire, en effet comme le constate l’auteure: «nous portions la côte-nord / nos fenêtres de pauvres / faisaient geler les larmes».Et là, dans ce style direct et sans fioritures, quelque élégance, parfois, quand l’auteure s’amuse à écrire des strophes ou des poèmes en vers comptés de six pieds.Recueil intense et fort que celui-ci, qui mérite toute notre attention.Québec-ruelles De la même eau, mais investissant plus encore l’oralité.Mener du train de Dominic Langlois nous transporte dans une espèce de journal poétique du tout-venant des enfances québécoises, en une époque pas aussi révolue qu’on le croirait.Allons, rendons-nous allègrement près de «L’église/La tabagie/La côte à patoche / Pis l’cordonnier// Le monde entier/En équilibre/ Su’ quatre coins de rue».Revoyons-y un microcosme de livres d’histoires et acceptons de rejoindre ce Fred Pellerin un peu tranquille qui réclame sa part de musique: «En attendant/Jouez-moé un air / De tartes au sucre / D’éclairs au chocolat/Pis d’crème à glace / _Ec des Goglu».A ma courte honte, je dirai qu’en moi quelques souvenirs enfantins ressurgissent avec du rouge au front et des goûts de réglisse noire! Nostalgie et mélancolie pétrissent ces poèmes rigoureusement réalistes.Qn reprochera sans doute à l’auteur l’abus de l’anaphore qui rend facile l’énumération sans fin des anecdotes et des joliesses.Ces deux recueils conviennent donc à ceux et celles que le bruit dont les mots enchantent l’oreille et que les accents hjqjerréalistes ne rebutent pas.COCHONNER LE PLANCHER QUAND LA TERRE EST ROUGE Erika Soucy Éditions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2010,72 pages MENER DU TRAIN Dominic Langlois Éditions Perce-Neige Moncton, 2010,56 pages UNE HISTOIRE DU JAZZ À MONTREAL Collaborateur du Devoir Un èüvBC Laferrière Jusqu'au 29 août À la galerie L'aire libre de la Librairie Monet Photographies, documents d'archives et voyage musical Olivieri librairie ?bistro Causerie avec Dany Laferrière Dimanche le 25 juillet À 13 h 00 collaboration avec iMiirqibKiii GABYJEANTY Avec le soutien de la Sodée Entrée libre / RSVP Librairie : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Librairie Fondaüoii ffM FAB1EN1ME Ua COLAS Galeries Normandie 2752, de Salaberry, Montréal 514.337.4083 www.librairiemonet.com Paire libre
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