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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-08-03, Collections de BAnQ.

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% FLOTTILLE D’AIDE Israël prendra part à une enquête de rOIW sur le raid meurtrier Page B 4 -?www.ledevoir.com ?EDUCATION Courchesne donne un an de sursis à l’Académie lavalloise ^ Page A 3 LE DEVOIR Vol.ci N ° 1 7 2 LE MARDI 3 AOUT 2010 I,IO$+TAXES= 1,25 Raffinerie Shell : cette fois, c’est la fin FRANÇOIS DESJARDINS Dans Test de Montréal, pour plus de 500 travailleurs et quelques milliers de personnes qui en bénéficient indirectement, c’est la consternation.Un peu plus d’une semaine après le redémarrage des pourparlers entre Shell et l’acheteur potentiel pour sa raffinerie de Montréal-Est, les négociations ont échoué et Shell va maintenant concentrer toute son attention sur la conversion du site en simple terminal de carburants.Sans que la raison soit évoquée publiquement, il est d’ores et déjà convenu que les négociations ont été rendues difficiles par le seul fait que la raffinerie n’a pas subi les entretiens nécessaires au cours de la dernière année, un irritant majeur aux yeux de l’acheteur intéressé, Delek US.«Nom remerdom Delek US de son intérêt», a dit Richard Oblath, vice-président de Shell, dans un communiqué conjoint avec Delek.«Aimi prend fin un processm que nom avom mené pendant pim d’une an- née afin de trouver un acheteur Pim de 100 entreprises ont été contactées, mais aucune n’a envisagé un avenir acceptable pour l’établissement en tant que raffinerie.» De son côté, Uzi Yemin, le président de Delek US, division d’un conglomérat israélien, a dit que VOIR PAGE A 8: SHELL Premier chapitre de l’encyclopédie de la mer Les scientifiques mesurent la profondeur de leur méconnaissance des espèces marines AMÉLIE DAOUST-BOISVERT La grande bibliothèque humaine s’est enrichie hier des premiers chapitres d’une monumentale encyclopédie de la vie marine.Les peuples des océans se sont soumis à un recensement planétaire d’une ampleur inédite, lequel dévoile surtout.notre ignorance.Pour chacune des 230 000 espèces inscrites au registre, au moins quatre restent à découvrir.Au Canada, bordé par la plus longue côte au monde avec ses 243 000 Mlomètres, la profondeur de la méconnaissance est abyssale.Plus de 360 scientifiques, dont une bonne dizaine de Canadiens, ont littéralement exploré les mers et leurs profondeurs tout comme les bibliothèques et VOIR PAGE A 8: MER DR.julian finn, museum victoria eduardo klein ; ; ; Les profondeurs des océans cachent des espèces surprenantes, comme ce poisson-dragon (Batiiophilus indiens) qui affectionne les eaux de la région ¦ Un portrait du golfe du Mexique juste australienne.Sa bouche garnie de dents acérées jusque sur sa langue serait terrifiante si ce dernier n’avait pas la taille.d’une banane.À droite, l’anémone avant la marée noire, page A 4 géante des Caraïbes (Condylactis gigantea), animal carnivore dont les tentacules colorés entourent une bouche centrale avide de petits poissons et de crevettes.JASON REED REUTERS IRAK Obama confirme le retrait de l’essentiel des troupes d’ici la fin août ¦ À lire en page B 5 ÉONOMIE Le président de la Fed réaffirme sa foi en la croissance ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 4 Idées .A 7 Avis publics.B 2 Météo.B 6 Culture.B 8 Monde .B 5 Décès.B 4 Mots croisés.B 6 Économie.B 1 Sudoku.B 3 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 SRI LANKA L’art-thérapie au secours des enfants traumatisés Stress post-traumatique, violence et suicide.j^rès un tsunami et un conflit séparatiste qui a duré plus de 20 ans, les Sri-Lankais sont profondément affligés.Là-bas, ils ont vécu l’horreur en direct.Ici, venus comme réfugiés, ils ont assisté au drame, impuissants.Le Devoir a suivi leur trajectoire, de leur île bombardée jusqu’à la Terre promise.Deuxième d’une série de trois textes.LISA-MARIE GERVAIS Le Devoir au Sri.Lanka Batticaloa — Au cœur de Batticaloa, une ville profondément ravagée par la guerre et le tsunami de 2004, le Butterfly Peace Garden est une oasis de paix.Et pour plusieurs enfants traumatisés qui fréquentent ce centre d’art-thérapie.c’est peut-être le seul endroit entièrement dépourvu de violence qu’ils auront connu dans leur vie.Construit en 1996 à l’initiative de l’artiste-peintre canadien Paul Hogan et du père Paul Satkunaya-gam, un jésuite ayant étudié la psychologie aux Etats-Unis, cet immense terrain de jeu a accueilli VOIR PAGE A 8: ENFANTS 7 T- FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Des jeunes s’adonnent à la peinture au centre d’art-thérapie de Batticaloa, au Sri Lanka.Un penseur s’élève contre l’obsession du court terme Une pandémie qui empêche de «voir plus loin que le bout de nos chaussures», dit Jean-Louis Servan-Schreiber FABIEN DEGLISE L a vitesse peut tuer et pas seulement sur les routes: le culte de la rapidité qui ne cesse de faire vibrer nos sociétés serait en effet loin d’apporter la liberté et l’efficacité que les chantres de la modernité aiment louanger.Que non! Avec un iPad ou un BlackBerry en main, notre maladive quête du ici main-tenanÇ conjuguée à plus vive allure que la veille, serait plutôt en train de menacer le bon fonctionnement de nos économies, de nos démocraties et même de nos vies de couple, rien de moins, prétend l’essayiste français Jean-Louis Servan-Schreiber.Comment?En forçant aujourd’hui l’humanité à composer avec «une pandémie de court-termis-me» qui empêche dramatiquement de «voirpim loin que le bout de nos chaussures», dit-il.Et l’homme, qui vient de signer un essai percutant intitulé Trop Vite! Ç\lbin Michel), appelle dans la foulée à une prise de conscience rapide de ce fléau, histoire d’éviter un écrasement collectif contre le mur du temps.«Nom vivom dam une instantanéité planétaire», a indiqué au Dgæfr le journaliste et ex-patron de presse VOIR PAGE A 8: OBSESSION Jean-Louis Servan-Schreiber 77831302381732 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI S AOUT 2010 ACTUALITES Garder la forme dans un gymnase en plein air L’été en ville, c’est l’occasion de sortir de la routine ou des sentiers battus.Cette année encore, nos journalistes ont déniché pour vous des coins surprenants, des activités méconnues, des personnages, et fait plusieurs découvertes qui donnent leur texture à nos villes.ÉMILIE FOLIE-BOIVIN Ce que ça peut être stressant de s’entraîner dans un centre de conditionnement! Faut suer à proximité des autres.Essayer de ne pas trop penser à ce qu’on a l’air avec notre ventre qui gigote alors qu’on tente de pianoter son erre d’aller sur le clavier tapis roulant.«On ne devrait surtout pas être escjave des machines», reconnaît Eric To-meo, fondateur du nouveau circuit Trekfit, un équipement d’entraînement en plein air, dont le premier de son espèce loge au parc Jean-Drapeau, entre un parc pour enfants et le complexe aquatique.«Même qu’après avoir essayé le circuit, tu réalises que tu peux reproduire les mêmes exercices à la maison avec une chaise de cuisine ou l’escalier dehors», suggère l’entrepreneur, qui a voulu redonner à l’exercice physique ses lettres de noblesse, et surtout sa simplicité.Que ce soit la grand-maman qui a envie de se délier les mollets pendant que son petit-fils s’amuse à attraper des papillons autant que le nageur de compétition qui veut s’entraîner avant de plonger, tous les types de sportifs sont les bienvenus i Le kinésiologue Alexandre Paré a conçu les séances d’exercices de chacune des cinq stations du circuit Trekfit, situé au parc Jean-Drapeau, et d’un béton fibré ultrarésistant, les installations se fondent dans l’environnement du parc.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Faites d’acier inoxydable dans ce «parc pour adultes».Pour s’assurer que ses stations offrent un exercice des plus complets, M.Tomeo s’est lié à Alexandre Paré, kinésio- version facile — ou «sportif en formation» — lorsqu’on a un physique moins découpé que l’expert Paré.Si l’idée fait penser aux installations colorées sur lesquelles «Après avoir essayé le circuit, tu réalises que tu peux reproduire les mêmes exercices à la maison avec une chaise de cuisine ou l’escalier dehors» logue au corps musclé jusqu’aux oreilles.Ce dernier a conçu les séances d’exercices de chacune des cinq stations du circuit Trekfit, des parcours qu’on peut prendre dans leur les aînés asiatiques se dégourdissent, lorsqu’on lui fait part de la comparaison, le spécialiste tique.«C’est pas parce qu’ils ont de l’équipement extérieur que c’est valable d’un point de vue physiologique», défend le consultant sur l’aspect santé.La première crainte des personnes âgées.c’est de tomber.«Alors pour éviter ça, faut entraîner les membres inférieurs.» Comme l’explique le spécialiste, tournoyer sur un jeu ludique bleu et rouge, c’est bien amusant, «mais pas très efficace pour travailler les stabilisateurs».Les stations aux lignes courbes, imaginées par l’équipe de la boîte montréalaise Signature Design Communication, sont quant à elles plus que discrètes.Fabriquées en acier inoxydable et en Ductal®, un béton hbré ultrarésistant, elles se fondent dans l’environnement du parc.D’emblée, exception faite de l’échelle suspendue, on se ne sait pas trop comment s’y exercer quand on regarde le circuit.C’est pourquoi les graphiques sur panneaux viennent illustrer les mouvements qu’on doit faire, tantôt pour s’échauffer, s’entraîner puis hnalement s’étirer.Au total, le parcours, qu’il est possible d’imprimer de la maison via le site de Trekfit, prend de vingt à trente minutes à compléter.Ce sont les rustiques circuits de bois, si populaires il y a une vingtaine d’années sur les pistes d’hébertisme, qui sont à l’origine de l’idée de l’entreprise.Pour son président, l’idée était d’offrir un circuit qui s’adapte à tous, même à ceux qui n’ont pas beaucoup de connaissances en entraînement physique.Fidèle à sa vocation sportive, le parc Jean-Drapeau a pris le leadership en y érigeant ce parc, et l’homme d’affaires, qui ne cache pas son rêve d’implanter son Trekfit sur le mont Royal, est persuadé que l’idée va faire des petits au cours des prochaines années.«Ça va être intéressant de voir comment les villes vont se référer à des spécialistes, prendre des bonnes décisions pour ne pas que l’on se retrouve avec plein de parcs remplis de gadgets qui ne sont pas utiles pour la santé physique.» Le Devoir Assemblée de l’International Federation of Medical Students’ Associations à Montréal Uurbanisation inquiète les futurs médecins du monde Les étudiants en médecine craignent particulièrement la situation des pays en développement GENEVIEVE TREMBLAY Logements insalubres, promiscuité des bidonvilles, pollution de l’air.Depuis que la moitié de la planète vit en ville.les problèmes de santé en milieu urbain sont devenus la préoccupation de l’heure pour les futurs médecins du monde entier.C’est pour discuter de cette réalité que près de 800 d’entre eux sont réunis jusqu’à vendre- ROLEX OYSTER PERPETUAL EXPLORER EN ACIER di à Montréal, dans le cadre de l’assemblée bisannuelle de l’International Federation of Medical Students’ Associations GFMSA).Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNPFA), plus de 50 % de la population mondiale habite désormais en zone urbaine — une «tendance» qui a fait sonner une cloche chez les médecins en devenir, soucieux de la qualité de vie de ces quelque 3,3 milliards d’êtres humains.Confinés dans des villes déjà surpeuplées, où la proximité favorise la transmission de maladies et l’adoption d’un mode de vie plus sédentaire, les citoyens voient leurs problèmes de santé s’aggraver tandis que l’accès à des soins de base, lui, se complique.«C’est le paradoxe des villes: elles sont un endroit où on retrouve le plus de services concentrés — par exemple, à Montréal, nous avons deux centres universitaires avec plusieurs spécialistes.Mais il y a une barrière, une marginalisation de certains groupes» comme les immigrants, déplore Alexandre Si-gouin-Duquette, président du comité organisateur et étudiant en médecine à l’Université de Montréal.La situation est pire dans les pays en développement, où une désorganisation du système urbain favorise l’isolement de ces communautés fragiles.«Il n’y a pas d’infrastructures mises en place pour améliorer l’accès à l’eau potable ou à un service de transport adéquat pour accéder aux services médicaux», constate l’étudiant.La tenue de cette 5F assemblée de la fédération, où convergent des étudiants en médecine provenant aussi bien d’Azerbaïdjan que de Roumanie, permet donc de comparer les réalités présentes sur les cinq continents afin d’en tirer des conclusions.Par le biais de conférences et d’ateliers — sur la santé sexuelle, les droits de la personne, la santé publique —, les futurs médecins se font eux-mêmes enseignants et partagent certains de leurs projets, même modestes, avec leurs pairs.«C’est un beau complément qui leur permet de travailler sur les aspects sociaux de la santé et de s’impliquer activement dans la communauté, explique Louis-Xavier D’Aoust, représentant d’IFMSA-Québec.Le rôle d’un médecin ne s’arrête pas à la relation des soins avec le patient, il se doit d’être impliqué dans la Le médecin « se doit d’être impliqué dans la société et d’agir sur les aspects poHtiques de la santé» Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 société et d’agir sur les aspects politiques de la santé.» Des idées fraîches Pour James Ricciardone, étudiant hnissant en médecine à la University of Queensland, à Brisbane, en Australie, le partage des projets est une façon de s’inspirer et de croire que la situation mondiale peut être changée petit à petit.L’étudiant donne l’exemple du Teddy Bear Hospital, un établissement de Brisbane où des étudiants en médecine bénévoles apprennent à de jeunes enfants les éléments de base d’une bonne santé.«On peut montrer à un enfant sur le point d’être opéré ce qu’il va subir en l’appliquant sur un ourson.Ça permet d’éliminer certaines peurs», explique l’étudiant, qui avoue être «stimulé» par les discussions avec ses collègues internationaux, qui représentent 80 pays.Au terme de leur rencontre, vendredi prochain, les étudiants auront établi les priorités qu’ils mettront en œuvre une fois de retour dans leur pays d’origine.«Le but de la fédération, c’est de faire des étudiants qui sont sensibilisés aux divers facteurs de la santé pour leur permettre d’agir en conséquence et de prendre ça en compte dans leur pratique future», explique Alexandre Sigouin-Duquette.Une opinion que partage le président de la World Medical Association (WMA), Dana Hanson, venu rencontrer les jeunes en tant que conférencier.La profession a beaucoup à apprendre de ces médecins en devenir, croit-il, car grâce à leurs «idées fraîches» et à leurs «nouvelles perspectives de notre monde en évolution», «ils peuvent nous aider à aller de l’avant».Le Devoir L’avocat d’Omar Khadr demande à la Cour suprême de mettre fin au procès San Juan, Porto Rico — Un avocat militaire de la défense a dit avoir dem,andé à la Cour suprême des Etats-Unis, hier, de mettre fin au procès pour crimes de guerre du plus jeune détenu de Guantanamo, le Canadien Qmar Khadr.Le procès, qui doit commencer le 10 août, serait le premier à avoir lieu à la base navale américaine sous l’administration du président Barack Qbama.Son avocat, le lieutenant-colonel Jon Jackson, fait valoir que le système de justice extraterritorial mis en place pour juger les suspects de terrorisme est inconstitutionnel.Selon lui, le système est inéquitable notamment parce qu’il est réservé aux suspects qui ne sont pas citoyens américains.Les commissions militaires n’assurent qu’une justice de deuxième classe au jeune Qmar Khadr, a dit M.Jackson.Selon lui, ce genre de discrimi-natiçn n’est pas une chose que les Etats-Unis peuvent tolérer en tant que pays.Le lieutenant-colonel Jackson a affirmé qu’il avait déposé la requête d’urgence hier auprès du plus haut tribunal du pays parce que les tribunaux d’appel à Washington n’ont pas donné suite à la requête qu’il a déposée il y a quatre mois.Qmar lüiadr, hls d’un responsable des finances d’al-Qaïda aujourd’hui décédé, est accusé d’avoir lancé une grenade qui a tué un soldat américain en Afeha-nistan et fait face à une peine d’emprisonnement à perpétuité s’il est reconnu coupable.Né à Toronto, Qmar Khadr avait 15 ans lorsqu’il a été arrêté en 2002.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MARDI S AOUT 2010 A 3 ACTUALITES L’ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE CANADIENNE Mer.4 août Symphonies n°1 et 2 SCHUMANN ^o'^ef4 2 concerts gratuits • 19h Salle Pollack *555 rue Sherbrooke Guest ©McGILL Aéropro en appelle de la révocation de son permis Les deux grandes associations québécoise et canadienne en transport aérien appuient l’entreprise de Québec «On a jugé et condamné [Aéropro] dans la même journée, sans même lui donner la chance de s’exprimer» MELISSA GUILLEMETTE Le transporteur aérien Aéropro conteste en appel la décision de Transport Canada d’annuler son permis d’exploitation, alors qu’U a reçu hier tout le soutien des deux grandes associations québécoise et canadienne en transport aérien.«On a confiance de pouvoir récupérer rapidement le permis d’exploitation», a simplement commenté le porte-parole de la compagnie de Québec, Stéphane Dion.Aéropro espère que le Tribunal d’appel des transports du Canada l’entendra au cours des prochains jorus.L’Association du transport aérien du Canada (ATAC) et l’Association québécoise du transport aérien (AQTA) ont manifesté hier leur indignation devant la décision de Transport Canada qui, selon eux, a sauté des étapes.«On a jugé et condamné [Aéropro] dans la même journée, sans même lui donner la chance de s’exprimer», estime le président-directeur général de l’AQ-TA Marco Prud’Homme.Transport Canada aruait dû aviser l’entreprise et l’encoruager à apporter des correctifs plutôt que d’annuler le permis «du jour au lendemain», ajoute-t-il.La décision n’a pas été prise à la légère, soutenait dimanche Transport Canada.Une porte-parole afhrmait que la décision a été prise à l’issue d’une enquête «approfondie» qui a révélé des «manquements» au règlement canadien sru l’aviation.Le jugement de la Cour fédérale, qui a refusé la requête d’injonc- tion d’Aéropro samedi, relate quant à lui cinq avis de suspension envoyés au transporteur au corus des dernières années.Ces «anomalies» sont fréquentes chez tous les transpor-teius visités par des inspecterus, assure le président de l’ATAC, John McKenna.«C’est souvent des erreurs de paperasse et chaque fois, elles sont corrigées.Aéropro a peut-être eu un manquement sérieux quelque part, mais la justice n’a pas suivi son cours.» Les deux associations estiment que Transport Canada aurait dû attendre que le dépôt du rapport d’enquête du Brueau de la sécurité des transports soit complété avant d’agir.Cette enquête a été commandée à la suite de l’écrasement mortel d’un avion d’Aéropro dans la région de Québec, le 23 juin dernier.Qr, le Brueau ne sait pas quand elle sera terminée.«Ce type d’enquête dure entre un an et quatre ans», a indiqué l’agente de communication Iulia Popa.Le sort d’Aéropro sert d’exemple, estiment les deux associations, et la décision est surtout «politique».«La grande médiatisation de l’écrasement a mis de la pression sur Transport Canada.Oui, il y a eu un accident, mais il ne faut pas jeter 22 ans d’expérience pour ça», dit M.Prud’Homme.La compagnie Aéropro est établie depuis 1988.Poru l’instant, seulement une trentaine d’employés sur 250 ont été remerciés chez le transporteur aérien, principalement des pilotes et des mécaniciens.Le Devoir Brèche sécuritaire à l’aéroport Trudeau ?Bâird doit assumer, dit Thomas Mulcair MARCO BÉLAIR CIRINO Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, enjoint au ministre fédéral des transports, John Baird, d’assumer la responsabilité de la brèche à la sécurité de l’aéroport Montréal-Trudeau.L’enquête ordonnée par M.Baird à la suite de la diffusion sur YouTube d’une vidéo montrant des femmes voilées montées à bord d’un avion d’Air Canada sans avoir préalablement montré leur visage est insuffisante, selon M.Mulcair.«Il y a une vieille expression en politique: “en cas de doute, on annonce une enquête” pour se tirer d’affaire», a-t-il lancé au Devoir hier.Le député néodémocrate réclame des explications à cet accroc à la sécurité.«La responsabilité ministérielle est engagée.John Baird, en avouant que c’est assez sérieux pour mériter une enquête, est en train quasiment de dire que ça prendrait une enquête sur lui-même et son ministère», a affirmé Thomas Mulcair, rappelant les plaidoyers que le ministre John Baird a livrés sru la responsabilité ministérielle.«L’ultime responsable de la sécurité dans les aéroports, c’est eux», a-t-il ajouté.Par ailleurs, M.Mulcair trouve curieux que le gouvernement de Stephen Harper engage des dépenses considérables, notamment pour l’installation de scanneurs corporels dans les aéroports canadiens, alors qu’il ne peut dormer l’assurance aux voyageurs que les compagnies aérieimes vérihent l’identité de tous les passagers.«C’est la base», a-t-il dit.Air Canada a quant à elle rap- CHRIS WATTIE REUTERS Selon le néodémocrate Thomas Mulcair, «la responsabilité ministérielle est engagée».pelé il y a une dizaine de jours à ses employés les «protocoles obligatoires» qu’ils doivent suivre lors de la vérihcation de l’identité des passagers au moment de l’embarquement, dont les façons de faire quand une persoime a le visage caché.La compagnie aé-rieime a toutefois refusé de sanctionner l’agente mise en cause dans l’enregistrement vidéo.«Cette vidéo nous a permis de faire un rappel auprès de nos employés de l’importance de suivre les protocoles en tout temps, a souligné la porte-parole du transporteur aérien, Isabelle Arthru.Ces vérifications sont [ordonnées] par Transport Canada et nous nous y conformons.» La vidéo aurait été tournée dans la zone des départs internationaux de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, le 11 juillet dernier, au moment de l’embarquement poru im vol vers Londres.Ne durant que 45 secondes, la vidéo, toujorus en ligne sru YouTube, a été largement montée.Les séquences sont entrecoupées de commentaires de l’auteru.Le Devoir L’Academie lavalloise obtient un sursis La ministre Courchesne donne encore une année à l’établissement scolaire pour corriger ses nombreux accrocs à la loi LISA-MARIE GERVAIS L> Académie lavalloise ne fer-' mera pas ses portes et bénéficiera d’un sursis d’un an, soit jusqu’en juillet 2011.Un peu comme on passerait l’éponge sru les mauvais coups d’uq élève turbulent, la ministre de l’Education, Michelle Coruchesne, a décidé de donner une dernière chance à cet étabbssement privé non subventionné dont elle a révoqué le permis parce qu’il ne respectait pas plusieurs dispositions de la loi et du Régime pédagogique.Les quelque 300 élèves poruront donc rentrer en classe le 23 août prochain comme prévu, au grand soulagement des parents, qui avaient été pris de court par cette annonce de dernière minute.«Bien que [la ministre] maintienne sa décision quant au non-renouvellement du permis de l’école primaire, la dispensation de services éducatijs sera tolérée au cours de l’année scolaire 2010-2011», a fait savoir le cabinet de la ministre, par voie de communiqué.Autrement dit, le permis est toujorus retiré, mais on tolérera que l’école offre des services éducatifs, étant donné que la rentrée scolaire arrive à grands pas.Mais l’étabbssement doit avoir corrigé toutes les irrégularités relevées par le ministère et la Commission consultative de l’enseignement privé, à défaut de quoi elle ne porura continuer à exercer ses activités sous aucune considération à compter du 1" juillet 2011.«C’est une situation exceptionnelle», a insisté l’at-tachçe de presse de la ministre de l’Éducation, Isabelle Mercille.Des conditions à respecter H faudra notamment que l’Académie lavalloise ait du personnel enseignant qualifié.qu’elle utilise matériel scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation et qu’elle réajuste le montant des frais d’inscription exigé des parents qui était trop élevé en regard de la loi (250 $ au lieu de 200 $).L’école primaire privée, qui offrait également des corus de niveau préscolaire, devra aussi acheter des ordinateurs, redresser ses finances et prévoir à son calendrier scolaire des journées pédagogiques pour la formation de ses enseignants.Enfin, il semblerait que l’anglais ne pourra plus être enseigné à la maternelle, car cela ne respecte pas l’esprit du Programme de formation de l’école québécoise.David Zakaïb, le directeur sortant de l’établissement — Véronique Guindon prendra la barre de l’Académie — s’était pourtant montré intraitable sur la question de l’enseignement de l’anglais au niveau préscolaire.«Un des critères non négociables pour les parents, et je stipule bien “non négociable”, c’est l’enseignement de l’anglais à la maternelle», avait souligné M.Zakaïb en entrevue au Devoir.Une mère d’un enfant qui fréquente l’Académie avait fait savoir au Devoir qu’elle trouvait les frais trop élevés et l’enseignement à la maternelle un peu trop poussé.Par contre, elle était d’accord avec l’enseignement de l’anglais en maternelle.«C’est l’une des raisons pour lesquelles j’envoie mon enfant à cette école-là», a indiqué cette maman qui souhaite conserver l’anonjunat.Un comité de suivi, formé de représentants du ministère, de la direction de l’école et de parents, sera mis sur pied afin de suivre l’état de la situation.Le Devoir LE MOIS DE JUILLET LE PLUS CHAUD DEPUIS 1955 A MONTREAL ’fi'J.I r JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE MOIS de juillet a été plus chaud que la normale et Environnement Canada s’attend à ce qu’il en soit de même en août La moyenne des températures pour le mois de juillet a en effet dépassé les 23 degrés Celsius dans la région de Montréal, soit le plus haut niveau depuis 1955.La plupart des régions du Québec ont aussi connu un mois de juillet plus chaud qu’à l’habitude.Cependant, la moyenne a été gonflée par la période de canicule du 5 au 9 juillet, le mercure ayant alors atteint les 32-33 degrés quotidiennement sans redescendre sous les 24 degrés la nuit Quant aux précipitations, la région de Montréal a reçu 96,6 millimètres de pluie, ce qui est dans les normes, sauf que la pluie a été concentrée en quelques épisodes plus intenses, dont celui du 9 juillet, où pas moins de 41,4 millimètres sont tombés d’un seul coup.Les experts d’Environnement Canada s’attendent à des températures moyennes supérieures à la normale en août également La moyenne pour le mois d’août est de 19 degrés Celsius dans la région métropolitaine.Cancer : les patients plus aisés ont de meilleures chances de survie ANNE-MARIE TOBIN Toronto — Les patients traités pour un cancer et provenant de quartiers pauvres ont de plus grandes chances de mourir prématurément que leurs semblables plus riches, selon une nouvelle étude portant sru un problème qui persiste malgré l’accès universel aux soins de santé au Canada.Beaucoup d’étude^ sru le sujet, notamment aux États-Unis, expbquaient cette disparité déjà observée par le retard que prenaient les patients les moins aisés dans le dépistage de leur cancer, laissant plus de temps à la maladie de se développer.Au contraire, cette étude menée en Qntario n’a pas déterminé qu’il s’agissait d’une cause de cette distorsion.«Je crois que plusieurs d’entre nous attribuaient beaucoup plus d’importance à l’état du cancer au moment du diagnostic et cette étude vient démontrer que non, ce n’est pas le problème majeur», a affirmé Heather Chappell, gesdoimaire principale de la lutte contre le cancer à la Société canadieime du cancer.Selon Mme Chappell, cette étude montre que la communau- té médicale et les chercheurs doivent continuer à travailler afin de trouver les causes de la disparité entre les taux de survie des riches et des pauvres.«Il existe encore une disparité dans les taux de survie.Nous devons oeuvrer afin de trouver l’explication et corriger cette différence», a ajouté Christopher Booth, chercheur responsable ans après un diagnostic de cancer du sein était de 77 %, contre 84 % pour une femme venant d’un milieu plus aisé.52 % des patients de groupes socio-économiques pauvres atteints d’un cancer colorectal étaient toujours en vie cinq ans après le diagnostic.La probabilité grimpe à 60 % pour les patients plus riches.«Il s’agit de Cette disparité ne s’expliquerait pas par le retard que prenaient les patients les moins aisés dans le dépistage de leur cancer du Cancer Research Institute de l’Université Queen’s.L’étude a été publiée hier dans Cancer, le journal de l’American Cancer Society.Les chercheurs ont observé les revenus des ménages trouvés dans le recensement canadien et ont utilisé le Registre d’inscription des cas de cancer de l’Qntario afin d’identifier les patients diagnostiqués d’un cancer entre 2003 et 2007.La probabilité pour une femme d’une communauté démunie d’être encore vivante cinq différences importantes et significatives», a soutenu M.Booth en entrevue à partir de Kingston, en Qntario.«Si nous avions une forme de chimiothérapie ou d’un autre traitement contre le cancer qui permettait une amélioration du taux de survie, après cinq ans, de 7, 8, 9 % — le type de différence entre les catégories socioéconomiques dans l’étude — ce serait une percée énorme.» Quant au fait qu’il n’existait que de petites différences quant au stade auquel les cancers sont diagnostiqués, le chercheur a émis l’hjqiothèse qu’il pouvait s’agir de Tune des retombées du système de santé universel canadien, qui permet aux patients de toutes les sphères économiques d’accéder aux tests de dépistage et à des spécialistes.Avec Texplicadon du stade de cancer au moment du diagnostic en ^ande partie écartée, la question est maintenant de comprendre ce qui peut causer cet écart bien réel dans les taux de survie.«Si ce n’est pas le stade de la maladie, alors quelle est la cause?Il existe de nombreux facteurs, alors il se pourrait que ce soit au niveau de la tumeur.Il se pourrait que des individus de différents milieux aient une forme plus agressive de la maladie.Il se pourrait que d’autres aspects de la santé soient liés au statut socio-économique», a lancé M.Booth.Mme Chappell a manifesté son accord, notant que les personnes plus démunies souffraient de plus d’autres maladies qui poruraient avoir un impact sur leru traitement.La proportion de fumeurs et le coût des médicaments pourraient aussi désavantager les catégories les plus pauvres, selon elle.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE MARDI AOUT 2010 ACTUALITES 1 P '' ¦ , -r - G.HARALSON Le poisson-ange royal fait partie des 15 000 espèces marines du golfe du Mexique.La faune marine de la région a fait l’objet d’une étude scientifique juste avant le naufrage de la plateforme pétrolière.La faune marine du golfe du Mexique a été scrutée juste avant la marée noire «La seule chose positive, c’est que désormais, on a des données de référence» VIRGINIE MONTET Washington — Le golfe du Mexique, théâtre de la pire catastrophe écologique de l’histoire américaine avec la marée noire, a fait l’objet d’une étude scientifique de sa faune marine juste avant le naufrage de la plateforme pétrolière, ont indiqué des scientifiques hier.Ce travail scientifique aura le mérite de permettre de mieux juger plus tard l’impact de la catastrophe, estiment les spécialistes qui ont participé au vaste projet de recensement de la vie marine (Census of Marine Life), un projet international dont les premières conclusions ont été publiées hier.La région du golfe du Mexique s’avère être une des plus riches en matière de biodiversité avec plus de 15 000 espèces marines, mais aussi une des plus menacées.Avant même l’explosion de la plateforme pétrolière le 20 avril, et comme d’autres mers fermées ou presque — telles la mer Baltique, la Méditerranée ou la mer des Caraïbes —, le gobe du Mexique est une des régions les plus menacées dans la richesse de sa faune, estiment les experts du projet Census of Marine Life.La surpêche, la des- truction de l’habitat, les changements climatiques et la pollution sont montrés du doigt.«Nous avions une excellente équipe de scientifiques du Mexique, des Etats-Unis et de Cuba qui ont travaillé sur le golfe du Mexique et nous avons réalisé la première nomenclature des espèces qui fera foi pour la région», a affirmé, dans un entretien à l’AFP, un des fondateius de ce projet scientifique long de 10 ans, Jesse Ausubel.«Nous avons même décrit exactement la zone où se trouve actuellement la marée noire.On a fait une liste de 8332 espèces observées à cet endroit», affirme ce scientifique.«La marée noire nous a rendus très tristes, mais nous sommes contents d’avoir pu faire une bonne description des espèces vivantes avant la catastrophe», a-t-il encore noté.Reproduction menacée Avec les millions de litres de brut qui se sont déversés dans le gobe, cet expert craint particulièrement poiu certaines espèces qui se reproduisent dans la zone de l’exploitation pétrolière: «Le golfe du Mexique est le berceau de la reproduction du thon rouge en mars-avril.Une des craintes est que les œufs de ces poissons soient englués de pétrole et ne trou- vent plus assez d’oxygène pour se développer», ajoute M.Ausubel.«C’est une histoire tragique», se désole Patricia Miloslavich, une autre scientifique du Census of Marine Lbe qui a étudié la ré^on.«Avant la marée noire, nous étions si heureux d’avoir terminé de répertorier sa biodiversité avec une centaine de taxinomistes, nous étions fiers.Et puis il y a eu le choc de la marée noire», ajoute cette professeiue de TUniversi-té Simon-Bolivar au Venezuela.«La seule chose positive, c’est que désormais, on a des données de r^érence, on pourra évaluer les dommages et les changements dus à la marée noire», note-t-elle.Le gobe du Mexique, qui s’étend sur 1,5 million de km^ du delta du Mississippi à la péninsule du Yucatan au Mexique, et qui est à l’origine de la formation d’un des plus puissants courants des océans, le Gulf Stream, compte 15 419 espèces marines, dont 11 150 animaux.Dans ces eaux, qui peuvent aller jusqu’à 3800 m de profondeiu, les espèces de crustacés sont les plus nombreuses (2579X suivies par les mollusques (2455) et les poissons (1541).Agence France-Presse BP devrait cimenter le puits dès aujourd’hui L’utilisation «quasiment quotidiennement» de dispersants est de nouveau critiqué MATT DAVIS La Nouvelle-Orléans — L’opération du groupe pétrolier BP poiu cimenter le puits à l’origine de la pire marée noire aux Etats-Unis et ainsi définitivement tourner la page sur la catastrophe commencera aujoiud’hui, a annoncé hier un responsable, après 104 joius d’incertitudes et de frustrations.«Aujourd’hui, nous allons effectuer les tests d’injection, nous allons évaluer les résultats et faire les ajustements nécessaires», a dit le vice-président de BP Kent Wells au sujet de cette intervention baptisée «static MU».«Puis nous effectuerons le “static kill”, cela prendra peut-être toute la journée de demain.Cela pourrait se poursuivre mercredi», a-t-il ajouté.L’opération consiste à injecter des liquides et des matières solides puis à cimenter le puits qui a déversé des millions de litres de brut dans la mer depuis l’explosion et le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon fin avril.L’amiral Thad Allen, chargé de la lutte contre la pollution pour le gouvernement américain, avait indiqué dimanche qu’elle pourrait «débuter dès lundi soir».Si l’initiative est im succès, les équipes du groupe pétrolier britannique BP scelleront enfin le puits, qui ne fuit plus depuis la démocrate d’une sous-commis-sion sur l’environnement à la Chambre des représentants, a dénoncé hier sur CNN le fait que ces produits chimiques aient été utilisés en quantité plus importante qu’autorisée et «quasiment quotidiennement» alors que les autori- «Nous devons surveiller attentivement la “soupe toxique” sous-marine que l’injection [des dispersants] dans un matériau déjà toxique, le pétrole, a provoquée» mi-juibet grâce à la pose d’un entonnoir, mais n’a pas encore été condamné de façon permanente.La procédiue n’a toutefois jamais été testée et une initiative similaire avait échoué fin mai.Sept millions de litres?En dépit de ces perspectives optimistes, des documents publiés samedi par le Congrès siu le recoius aux dispersants soulevaient de nouvelles interrogations sur les conséquences écologiques à long terme de la marée noire.Edward Markey, président tés recommandaient un usage limité.«Nous devons donc surveiller attentivement la “soupe toxique” sous-marine que l’injection de ces produits chimiques dans un matériau déjà toxique, le pétrole, a provoquée», a souligné M.Markey.Selon BP et les autorités américaines, près de 7 millions de litres de ces dispersants ont été utilisés, mais M.Markey estime que ces chiffres doivent être «remis en question».L’amiral Allen avait tenté d’apaiser les inquiétudes à ce sujet dimanche, assurant que les «dispersants n’ont été utilisés que quand ils étaient nécessaires» et sur ordre des autori- tés américaines et non de BP.Et selon l’Agence américaine de protection de l’environnement, le mélange chimique de dispersants et de pétrole n’est pas plus toxique que l’or noir lui-même, contrairement à ce que beaucoup ont craint.Après avoir mené des tests sur les huit sortes de dispersants utilisés dans le golfe, l’Agence a indiqué hier que ce mélange ne s’était avéré «généralement pas plus toxique pour les espèces [animales] testées que le pétrole lui-même».Si les Américains sont impatients de pouvoir enfin oublier un peu la marée noire, les habitants des régions touchées — et en particulier les pêcheurs — craignent aussi que la fin de la crise provoque un départ massif des responsables présents siu place.Les équipes chargées de lutter contre la pollution ont en effet déjà commencé à retirer une partie des barrages antipétrole, les navires recueibant le brut en surface ayant rapporté n’avoir plus grand-chose à ramasser.Agence France-Presse CO2: la promesse d’Obama sera respectée ARTHUR MAX A msterdam — Les États-Unis ont assuré hier aux négociateurs internationaux qu’bs restaient engagés à réduire leurs émissions de CO2 au cours des dix prochaines années, malgré l’échec des efforts en vue de faire adopter une loi SIU le cbmat par le ()on^ès.Le délégué américain Jonathan Pershing a déclaré, lors de la conférence sur le climat de Bonn, en Allemagne, que les États-Unis ne reculeraient pas devant la promesse du président Barack Obama de diminuer les émissions de 47 % par rapport au niveau de 2005.M.Pershing a affirmé que la meilleure façon de limiter les gaz à effet de serre était de le faire par des dispositions législatives, mais que l’administration Obama aurait recours à tous les outils à sa disposition poiu parvenir à son objectif.Le président Obama avait fait cette promesse lors du sommet SIU le cbmat de Copenhague, en décembre dernier, et l’a affirmé dans ime note formebe au secrétariat de l’ONU SIU le cbmat.À ce moment, la Chambre des représentants avait approuvé un projet de loi sur le cHniat et on s’attendait à ce que le Sénat lasse de même.Mais le retrait, la semaine dernière au Sénat, d’un projet de loi SIU le climat à portée réduite a suscité des inquiétudes quant à l’engagement des États-Unis à lutter contre le réchauffement climatique, et a déçu certains pays en développement qui espéraient qu’Obama prenne le leadership de ce dossier.Des délégués de 478 pays ont entamé cinq jours de travab hier à Bonn, reprenant les discussions minutieuses en vue d’en arriver à un accord pour limiter les émissions mondiales de gaz à effet de serre et pour aider les pays pauvres à se préparer aux effets du réchauffement climatique.Associated Press Détenus afghans Le SCRS examinera sa participation aux interrogatoires JIM BRONSKILL MURRAY BREWSTER Ottawa — Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a décidé d’examiner en profondeur ses interventions auprès des détenus afghans, à la suite des questions soulevées relativement à sa participation à des interrogatoires.Ée SCI?S a discrètement indiqué au ministre fédéral de la Sécurité publique.Vie Toews, que cette enquête vise à assurer que l’agence pourra rendre des comptes concernant ses interventions, selon la copie loiudement censurée d’une note interne obtenue par la lYesse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.L’enquête pourrait aussi jeter un nouvel éclairage siu les interrogatoires menés par le SCRS pendant les premières années du conflit afghan — une des nombreuses initiatives visant à déterminer si des responsables canadiens ont sciemment remis des prisonniers à des gens susceptibles de les torturer.«Compte tenu de la forte visibilité médiatique et de la nature controversée de cette question, [le SCRS] a entrepris une étude en profondeur de toutes ses activités liées aux détenus ajghans», indique la note transmise à M.Toews et au consebler à la sécurité nationale du premier ministre Harper.Renfort de militaires Des témoignages entendus par la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire, qui s’est penchée sur le rôle de la police dans les transferts de prisonniers, ont permis d’apprendre que le SCRS était parfois appelé en renfort de militaires peu habi- «Je pense que c’était probablement une mission imprévue et qu’ils se sont lancés dedans dans le feu de l’action» tués à obtenir des renseignements utiles.Les agents du renseignement recommandaient parfois la remise de certains prisonniers aux services afghans, même si les responsables mbi-taires canadiens avaient toujours le dernier mot.Le SCRS a participé à l’interrogatoire de détenus afghans de 2002 à 2007, quand l’armée a commencé à réaliser ces interrogatoires sans aide.Le professeur Wesley Wark, un spédabste des questions de renseignement à l’Université de Toronto, s’étonne de voir le SCRS procéder à une telle enquête après les faits pour prouver qu’il n’a rien à se reprocher.«Je pense que c’était probablement une mission imprévue et qu’ils se sont lancés dans dans le feu de l’action, a-t-il dit en entrevue.Ils pensent peut-être que ça s’est fait de manière précipitée et qu’ils ont intérêt à savoir ce qui s’est passé quand les gens vont commencer à poser des questions.» Contacts «limités» La nature exacte des activités du SCRS en Afghanistan demeure nébuleuse, mais on croit que les agents canadiens ont collaboré étroitement avec la CIA américaine et avec les commandos de la Deuxième Force opérationnebe interarmées.La note précise toutefois que les contacts entre les agents du SCRS et les détenus afghans ont été «limités» et n’ont eu beu qu’à la demande de militaires canadiens.Un comité du Sénat canadien qui supervise les activités du SCI?S s’apprête également à procéder à un examen de sa cobabo-ration dans la campagne afghane.La Presse canadienne JOHN D.MCHUGH AGENCE ERANCE-PRESSE Un soldat canadien et son interprète à Panjawi, dans ia province de Kandahar, en 2008.Des interprètes afghans craignent pour leur vie BILL GRAVELAND Kandahar, Afghanistan — En dépit des mesures du gouvernement fédéral destinées à accélérer leur immigration au Canada, plusieurs interprètes afghans craignent pour leur vie, leur demande n’ayant toujours pas franchi la première étape du processus.Én septembre 2009, le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multicultu-rabsme du Canada avait annoncé un programme d’aide pour les Afghans exposés à des «risques personnels extraordinaires» en raison de leur appui à la mission canadienne à Kandahar.Jason Kenney avait alors dit croire que quelques centaines de demandes seraient acceptées d’ici la fin du programme et de la mission, en 2011.Mais à la fin du mois de mai, seulement 25 demandes sur 114 avaient été approuvées par un comité formé de représentants des ministères de la Défense nationale, des Affaires étrangères et de l’Immigration et de la Citoyenneté, notamment.Ce comité travaille avec l’Organisation internationale pour les migrations, une agence intergouvemementale dont le siège se trouve à Kandahar.De plus, plusieurs intenirètes travaillant dans la région de Kandahar ont vu leur demande être rejetée, même s’bs avaient auparavant obtenu l’assentiment de leur supérieur.Les demandeurs doivent compter au moins 42 mois de service pour la mission canadienne en Afghanistan et présenter une lettre de recommandation écrite par un officier supérieur ou par un diplomate.Les informations fournies par le cabinet du ministre Kenney indiquent que les demandeurs doivent, entre autres choses, décrire le «risque extraordinaire et individuel» auquel ils sont exposés.Un représentant d’immigration Canada a indiqué que 230 demandes avaient été déposées dans le cadre de ce programme, sans toutefois préciser combien avaient été acceptées.Un interprète, connu sous le nom de «Mojo» et travaillant pour des représentants de Service correctionnel Canada responsables de la prison de Sar-posa, a affirmé que les interprètes afghans envisageaient le retrait des troupes canadiennes avec appréhension.Il a expliqué que les interprètes ignorent s’ils travailleront pour les troupes américaines, et que la situation à Kandahar devenait de plus en plus dangereuse.La Presse canadienne porter raffinée sur toute la ligne Partons, la mer est belle ! Halifax en vue ! Deux vols Porter par jour vers Halifax.N Vols au départ de Montréal.Réservez avant le 4 août.TORONTO 23 par jour HALIFAX ST.JOHN’S SUDBURY THUNDER BAY 89* $ 119* $ 159* $ 169*$ 139* $ BOSTON CHICAGO NEW YORK 189*$ 189* $121*$ Réservez en ligne, appelez au 1-888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.* Réservez avant le 4 août 2010 pour vos trajets avant le 15 décembre 2010.Porter peut exiger des réservations jusqu’à 21 jours à l’avance.L’aller simple en classe Fixe n’inclut pas les taxes, frais et surcharges.Les sièges à ce tarif sont en nombre limité et peuvent ne pas être disponibles sur tous les vols ou pour toutes les dates.Offre valable pour les nouvelles réservations seulement.www.flyporter.com A 6 LE DEVOIR LE MARDI AOUT 2010 EDITORIAL Médicaments Un risque réel Selon une étude conduite auprès de 112 personnes âgées atteintes d’un cancer, deux sur trois d’entre elles avalent quotidiennement un cocktail de médicaments dont l’interaction peut se révéler néfaste et exacerber les effets secondaires de leur maladie au lieu de les atténuer.À quand le lancement du dossier santé informatisé dont on nous vante les vertus depuis si longtemps?P lus la population vieillit, plus le système de santé doit composer avec des cas lourds et complexes.À l’âge de 80 ans, et bien avant dans certains cas, une même personne peut devoir être suivie pour trois, quatre pathologies différentes qui exigent une attention et un traitement particuliers de la part du médecin de famille, des spécialistes, du pharmacien du coin et de celui de l’hôpital.Hypertension, migraines, cholestérol, arthrite, diabète, cancer, toutes ces affections appellent un traitement spécialisé, mais allez savoir si le traitement prescrit pour l’une de ces maladies ne sera pas annulé par la prise du meilleur médicament qui existe pour l’autre.Selon l’étude effectuée à l’Hôpital général juif, les deux tiers des personnes traitées pour un cancer avalaient aussi d’autres médicaments dont l’interaction présentait un risque, et dans la moitié de ces cas, le risque a été jugé important.Dans la situation idéale, tous les professionnels impliqués dans le traitement d’une même personne devraient communiquer entre elles pour établir le traitement optimal qui tiendrait compte des contraintes propres à chaque pathologie.Dans la réalité.Dieu sait combien nous sommes loin du compte, surtout chez les personnes âgées qui prennent plusieurs médicaments sans toujours se souvenir de leur nom.Faute de faire en sorte que médecins traitants et pharmaciens discutent de vive voix, donnons-leur au moins la possibilité d’avoir accès à distance à toute l’information nécessaire entourant le traitement d’un même patient.Ça fait vingt ans qu’on parle du dossier santé informatisé et pourtant, malgré l’objectif de 2010 fixé par le gouvernement Charest et les quelque 320 millions investis, nous en sommes toujours à l’étape deç projets pilotes qui ne mènent nulle part.À quelques reprises déjà, le vérificateur général, Renaud La-chance, a fait reproche au gouvernement de ne pas avoir de vision claire des étapes à franchir et de ne pas respecter ses échéances.L’automne prochain, le même vérificateur général doit publier un rapport qui étendra l’analyse à l’ensemble du processus d’attribution des contrats publics aux firmes-conseils en informatique.Il devient en effet de plus en plus troublant de constater que plusieurs dossiers informatiques n’aboutissent jamais malgré les sommes colossales qui y sont englouties.Selon plusieurs acteurs au sein du réseau de santé, les hauts fonctionnaires seraient aussi responsables de la lenteur du processus.Pour avoir vu trop grand, on aurait rendu la tâche des experts à ce point complexe qu’elle serait devenue irréalisable.On veut le croire, mais quelle que soit la raison, le fait est qu’à l’ère de la communication instantanée, ce dossier santé informatisé avance à pas de tortue et retarde l’avènement d’une pratique médicale digne des attentes les plus légitimes des citoyens autant que des professionnels de la santé.i A Jean-Robert Sansfaçon Les attaques de Sarkozy La dérive istoire de détourner des regards trop appuyés sur l’affaire Woerth-Bettencourt et sa kyrielle de scandales, Nicolas Sarkozy a déployé ces jours-ci l’artillerie lourde.Les cibles, car il y en a plus d’une, s’appellent les Roms et les délinquants d’origine étrangère.Après avoir appliqué une politique d’expulsion visant les premiers, voilà que le président envisage la dénaturalisation des seconds.Bref, pour la énième fois depuis qu’il est à l’Elysée, Sarkozy agite la carte de la surenchère sécuritaire.Le dessein de cette intervention qui ne dit pas son nom est clair comme de l’eau de roche: happer le maximum de voix au Front national lors de la présidentielle de 2012.Séduire un électorat sensible aux sirènes de la droite comme à l’esprit de corps «franco-français».D’où cette idée donc de retirer la citoyenneté de la République française à celui qui aurait attenté à la vie d’im policier, d’un gendarme ou de tout autre individu représentant les forces de l’ordre.Comme il est à la manœuvre, l’électorale s’entend, l’UMP a fait savoir par la voix d’un de ses députés qu’une loi serait présentée cet automne qui viserait, elle, les parents de mineurs délinquants.Si les autorités constatent que tel mineur n’a pas respecté les conditions qui lui ont été imposées, alors sa mère comme son père seraient passibles d’une peine de deux ans de prison ferme.S’il est vrai qu’il y a une hausse des violences, et donc des angoisses que cela induit, il n’en reste pas moins que la posture adoptée par le président est enrobée d’une bonne dose de démagogie et d’effronterie.Pour s’en convaincre, il suffit d’ausculter les chiffres afférents.Et alors?Depuis 2007, depuis que Sarkozy est président, 10 000 postes de policiers et de gendarmes ont été supprimés.A Grenoble et sa banlieue, où il y a eu des affrontements il y a ime dizaine de jours, les forces de l’ordre ont diminué de 20 % en cinq ans.Entre les compressions budgétaires réalisées et celles annoncées pour les deux prochaines années, on assiste à une réduction massive de fonctionnaires qui s’est d’ores et déjà traduite par une désorganisation des administrations concernées.On a constaté, par exemple, que la connaissance du terrain, du milieu de vie, avait fondu comme neige au soleil.Cela rappelé, Sarkozy s’est avéré le premier président dans l’histoire de la Ve République, soit depuis 1958, à faire le lien entre l’immigrant d’origine et la délinquance.En fait, comme l’ont souligné des historiens comme des politologues, la déchéance de la nationalité rappelle les sombres mesures prises par le régime de Vichy.Dans un entretien accordé au quotidien en ligne Médiapart, l’historien Patrick Weil souligne: «[.] il crée une nationalité éternellement conditionnelle pour des Français qui auraient des ancêtres étrangers.[.] Ce serait du jamais vu depuis la période la plus noire de notre histoire, et à rebours de toute l’évolution de la sécurisation de la nationalité depuis la Seconde Guerre mondiale.» En agissant de la sorte, Sarkozy prend également à rebours l’article 1 de la Constitution, article fondamental qui stipule que la France «assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion».Il n’y a rien à ajouter.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO Qû m REPRISE Fast-foods autour des écoles: pourquoi faut-il les limiter?Malgré tous leurs efforts, les parents et les écoles peuvent difficilement contrer l’attrait des restaurants rapides auprès des jeunes à l’heure du lunch: c’est à côté, c’est rapide, ce n’est pas cher et on sort de l’école.Avec près d’un jeune québécois sur quatre qui présenteun surpoids ou qui est obèse, les impacts sur leur santé et les conséquences sur notre système de santé nous amènent à faire des choix de société.La prévention en est un, et tous les efforts pour favoriser l’adoption de saines habitudes vie par les jeunes sont les bienvenus.Ce n’est pas une seule action qui changera la donne, mais bien toutes les initiatives, les programmes et les politiques de tous les acteurs de la société mis à contribution.Les parents contribuent largement.Les écoles ont éliminé la malbouffe de leur cafétéria.Mais ne sous-estimons pas l’influence que notre environnement a sur nous.C’est à ce titre que limiter les nouveaux fast-foods autour des écoles vient agir en complémentarité avec les autres mesures et actions déjà entreprises par tous ceux qui interviennent dans la vie de nos jeunes.Le constat que fait l’étude de Yan Ken-tens paru à la une du Devoir du 28 juillet 2010 est troublant: les restaurants-minute autour des écoles sont nombreux, et encore plus dans les milieux défavorisés.Dans plusieurs villes américaines et britanniques, on a fait le même constat.Et certaines d’entre elles ont agi.Au Québec, nous étudions présentement la question.Et l’objectif n’est pas d’interdire les restaurants-minute à travers la ville.Constatant qu’ils sont nombreux autour des écoles, peut-on faire le choix, comme socié- LETTRES té, qu’il n’y en ait pas de nouveaux à ces endroits?Et pour les écoles qui ne sont pas déjà entourées par fast-foods, peut-on décider qu’il n’y en aura jamais?Ainsi, on offrira un environnement plus sain autour de chaque école, ce qui sera bénéfique pour tous les jeunes, peu importe leur milieu de vie et leur éducation.C’est ici que les municipalités ont le pouvoir d’a^ avec les outils qui sont mis à leur disposition.Au Québec, plusieurs villes sont déjà engagées dans différentes initiatives pour favoriser les saines habitudes de vie de la population.Qn n’a qu’à penser au déploiement des transports actifs, à l’interdiction de malbouffe dans quelques arénas entre autres.Huit villes du Québec ont d’ailleurs signé la «Déclaration d’engagement pour les saines habitudes de vie» mise de l’avant par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Qccupation du territoire et par laquelle elles s’engagent à poser des actions en ce sens.Nous les encourageons à poursuivre dans cette voie.Nathalie Fortin Projet Urbanisme et environnement alimentaire autour des écoles Association pour la santé publique du Québec 30 juillet 2010 Respecter sa langue Voici une anecdote.Un immigrant allo-phone s’est installé à Gatineau.Au début, il essayait de parler en français.Mais en entendant son accent, les francophones lui répondaient en anglais.Donc, il a passé à l’anglais.A quoi bon parler français si les interlocuteurs changent de langue?Moi, cela m’arrive souvent.En comprenant que je viens «d’ailleurs», des francophones passent en anglais (même lorsqu’ils ne le maîtrisent guère).Ils croient, probablement, que c’est «gentil»: il faut s’adresser à un «étranger» dans «sa» lan^e.Comme si tous les non-Québécois étaient des anglophones! L’idée qu’un «étranger» puisse parler le français mieux que l’anglais ne traverse jamais certains esprits.Il est aussi inimaginable qu’un non-francophone préfère le français à l’anglais.Qn dit que le français a besoin de protection.C’est vrai.Je crois que la Charte devrait être renforcée et surtout qu’elle doit être respectée.Mais cela n’est pas suffisant.Comment veut-on que les autres respectent le français si les francophones ne le respectent pas eux-mêmes?Je suis né en Ukraine, où personne ne parle ni anglais ni français.Le français n’est pas ma langue maternelle, mais l’anglais non plus! Et mon accent n’est pas si fort.D’où vient donc cette idée de me «rendre service» en répondant en anglais?En faisant cela, un interlocuteur envoie un message tout à fait inverse: «Tu n’es pas des nôtres et tu ne le seras jamais.Tu n’es même pas capable de parler notre langue.» Pour quelqu’un qui aime le Québec et veut faire partie du monde francophone, un tel message est une gifle.Et les anglophones du RQC?Beaucoup veulent apprendre le français.Mais lorsqu’ils essaient de le pratiquer dans les rues de Québec, on tue leurs tentatives dans l’œuf en ne leur répondant qu’en anglais.J’en ai entendu beaucoup se plaindre de cela.Si l’on veut protéger le français, il faut commencer par le respecter.Eugène Lakinsky LIBRE OPINION Les Anglos demeurent champions des gros salaires CHARLES CASTONGUAY Professeur auxiliaire, Université d’Ottawa La nouvelle se répand selon laquelle les Québécois francophones auraient aujourd’hui un niveau de revenu supérieur à celui des anglophones.Il s’agit d’une information douteuse fondée sur l’analyse d’une enquête menée par Léger Marketing pour le compte du Quebec Community Groups Network et de l’Association d’études canadiennes, et portant sur les perceptions des Québécois quant à savoir qui gagne, en moyenne, le plus gros revenu.Jack Jedwab, directeur de ladite association, et Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, ont comparé les résultats de leur enquête avec les données du recensement de 2006.Le 3 mai dernier, ils ont diffusé les conclusions de leur analyse sous le titre accrocheur de «Busting the Myth that Quebec Anglophones Earn More than Francophones».Plusieurs médias ont reproduit leurs conclusions sans recul critique.La Presse reprenait une dépêche de l’Agence France-Presse intitulée «Québec: les francophones gagnent plus d’argent, sans le savoir».Le DewoîV titrait «Les mieux rémunérés au Québec ne sont plus ceux que l’on croit».«Anglo Salary Fallacy Persists: Poil» claironnait The Gazette à la une.Faux.Le recensement de 2006 le confirme: par tête de pipe, nos Anglos gagnent toujours plus.La moyenne compte S’appuyant sur l’analyse de Jedwab et Bourque, Le Devoir précisait néanmoins que le «dernier recensement fédéral [.] établit à 26 388 $ et 24 617$ respectivement le revenu d’emploi médian pour les deux groupes».Le hic, c’est que pour comparer des revenus, la statistique la plus courante n’est pas la médiane, mais la moyenne.The Gazette a développé la nouvelle de manière encore plus risquée.«C’est un fait: si vous êtes de langue maternelle française, vous gagnez 2000 $ par année de plus, en moyenne [sic], qu’un Québécois d’expression anglaise.» [Traduction libre] A la décharge des médias, notons que dans leur analyse, Jedwab et Bourque ont affirmé avoir comparé les perceptions des répondants à leur enquête touchant, rappe-lons-le, le revenu gagné en moyenne, aux données du recensement de 2006 sur le revenu médian, sous prétexte que «les autres données de 2006 sur le revenu révèlent à peu près la même chose».La vérité est tout autre.Le recensement de 2006 indique, au Québec, un revenu d’emploi moyen de 36 857 $ pour les anglophones de langue maternelle, contre 32 824 $ pour les francophones, soit un net avantage de 4000 $ au profit des anglophones.Il est par conséquent tout à fait inacceptable de prétendre que «les autres données de 2006 sur le revenu révèlent à peu près la même chose» que la médiane.Il aurait été facile pour un journaliste de vérifier les dires de Jedwab et Bourque.Les données pertinentes de 2006 sur les revenus médian et moyen figurent sur deux lignes consécutives d’un même tableau, disponible à tout venant sur le site de Statistique Canada.Le même tableau précise par ailleurs que l’avantage des francophones quant au revenu médian se limite aux emplois précaires, saisonniers, à temps partiel, etc.En effet, parmi les travailleurs qui ont œuvré toute l’année à plein temps, l’avantage va aux anglophones aussi bien en ce qui concerne le revenu médian (1800 $ de plus que celui des francophones) que le revenu moyen (9300 $ de plus).Les francophones ne s’en tirent mieux, et ce, uniquement du point de vue du revenu médian, que dansla catégorie de ceux qui ont travaillé seulement une partie de l’année ou à temps partiel.Les faits sont têtus: nos Anglos demeurent champions des gros salaires. LE DEVOIR LE MARDI AOUT 2010 A 7 IDEES Le gaz de schiste au Québec Marketing social ou intelligence citoyenne i 9 COLLECTIF D’AUTEURS es choix énergétiques du Québec ne seraient-ils qu’une affaire A’«enthousiasme», de «conviction profonde», de foi joviale en somme, comme on peut lire dans la «libre opinion» d’André Caillé, publiée récemment dans Le Devoir (6 juillet 2010) et Le Soleil (13 juillet)?Les promoteurs se lancent dans une entreprise de «grande séduction» du public, qu’il importe de convaincre du bien-fondé, de la nécessité et de l’urgence d’exploiter les hydrocarbures, en parti-cuber le gaz de schiste {shale gas) au Québec.Car le problème se situerait non pas dans ce projet lui-même, qui annonce un nouvel eldorado, mais dans l’ignorance et les préjugés des citoyens.En vue de favoriser le développement de cette blière énergétique, on se hâte — en toute «transparence» — d’informer les incultes et de faire la démonstration de l’acceptabilité sociale du projet: l’exploitation des ressources gazières «est bonne pour le Québec, tant sur le plan énergétique, économique qu’environnemental».Dixit André Caillé et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) .Mais qui donc serait contre une telle vertu?Tous ceux qui examinent sérieusement ce dossier! De plus en plus de citoyens, d’organisations et de groupes environnementaux — l’AQLPA en tête, avec Nature-Québec, la,Coalition Au Secours!, la Fondation Suzuki, Equiterre, Greenpeace et autres — ont compris l’incohérence et les problèmes d’envergure inhérents à ce projet et réclament d’rugence sa remise en question.Sous le secret commercial Qn apprend entre autres que les informations communiquées à la population par le MRNF proviennent des experts des compagnies gazières elles-mêmes et n’ont pas fait l’objet de vérifications.Bien qu’il s’agisse d’une situation de risques majeurs, le développement du gaz de schiste a été soustrait à la démarche gouvernementale d’évaluation environnementale.La Loi sur les mines a préséance sur toute autre loi canadienne ou québécoise (dont la Loi sur la qualité de l’environnemenL la Loi sur l’eau, la Loi sur le développement durable, etc.).Et le secret corpmercial scelle le couvercle.À défaut de déconstruire ici un à un les arguments de monsieur Caillé et des porte-parole du MRNF, voici quelques afbrmations qu’il sera possible d’appuyer dans un autre contexte.1) L’exploitation du gaz de schiste impbque de nombreux problèmes.Entre autres: ¦ utilisation et contamination de très grandes quantités d’eau (alors que les plans d’eau sont en bas des niveaux historiques); ¦ utilisation d’une quantité importante de divers produits chimiques (multipliée par le nombre de puits et par le nombre d’années) ; ¦ risques d’émanation de gaz nocifs (dont le radon et le méthane) ; ¦ problème d’acceptabibté sociale dans une zone d’exploitation densément peuplée, avec de nombreux conflits d’usage potentiels, dont l’usage industriel des meillerues terres agricoles; absence de réglementation; ¦ gestion des risques et mesures d’urgence inexistantes ou inadéquates; ¦ techniques d’extraction générant beaucoup de gaz à effet de serre et mise à disposition de nouvelles ressources en hydrocarbure de nature à YAN DOUBLET LE DEVOIR En l’absence d’études rigoureuses et validées, l’exploitation du gaz de schiste correspond à une vaste expérimentation aux dépens des citoyens et des écosystèmes.accroître la demande; absence d’études sur le bilan carbone d’une telle bbère; ¦ retombées économiques douteuses en raison, entre autres, des nombreuses externabtés; etc.2) Les «leçons d’ailleurs» — via les médias et les rapports d’enquête — sont de nature à nous inquiéter vivement (fuites, explosions et incendies, tissures dans le ciment et les tuyaux devant contenir les boues de fracturation, etc.).En l’absence d’études rigoureuses et validées — connaît-on bien entre autres les spécificités du sous-sol de la vallée du Saint-Laurent et la dynamique de circulation des eaux profondes et des gaz souterrains?—, l’exploitation du gaz de schiste correspond à une vaste expérimentation, aux dépens des citoyens et des écosystèmes.3) Les messages concernant les retombées économiques et les emplois potentiels de cette filière (beaucoup de camionnage!) se basent sur un scénario de développement à grande échelle, avec évidemment des impacts à grande échelle.Par ailleurs, les chiffres avancés (2 milliards de revenus pour le Québec) ne sont pas mis en perspective du budget global et au regard d’autres solutions, et ils sont très contestables en matière de retombées collectives: tout au privé! 4) Aux «leçons d’aillerus» s’ajoutent les «leçons du passé».L’histoire de l’énergie au Québec montre qu’il y faut se métier des «bulles»: souvenons-nous du nucléaire dans les années 1960, de l’éthanol (maïs grain), du Sruoît.L’exploitation du gaz de schiste est une «bulle» pobtico-économique qui pourrait être très préjudiciable au développement énergétique à long terme du Québec.5) Le fait de privilégier les hydrocarbrues em- pêche de mettre résolument l’accent sur le développement des énergies renouvelables en opérant une distorsion sur les forces du marché et en déviant les actions du gouvernement des objectifs fixés dans ses programmes relatifs à l’environnement et au développement durable, dont celui des changements climatiques.6) 11 n’y a pas d’rugence: le gaz ne s’échappera pas.Le seul véritable facteru qui pousse à une exploitation rapide est l’expiration des permis octroyés aux compagnies.Un moratoire s’impose, dès maintenant — sans attendre la nouvelle politique et le cadre législatif qui s’annoncent (et qui seront créés en collaboration avec l’industrie).Les activités gazières en cours deviennent le point de départ d’un engrenage fort inquiétant et qui pourrait s’avérer très coûteux pour le Québec s’il fallait racheter les droits de produire (qu’on pense aux échecs des centrales de Bécan-cour ou de Gentilly).7) En cohérence avec le principe de précaution, il faut exiger des études d’impacts aux échelles locale, régionale et macrorégionale de ce développement industriel majeur; ces études doivent être à l’abri de toute collusion politico-économique.8) Une consultation pubbque (audience générique) doit être mise en place (BAPE), abordant tous les aspects de la problématique et aussi les solutions de rechange.9) Des études comparatives de rendement énergétique et de rentabilité économique à long terme entre différentes filières devront être menées en vue de produire une nouvelle politique énergétique véritablement éclairée — qui ne se bmite pas à générer des mesures réglementaires polu mieux permettre des choix inappropriés.10) 11 existe des liens étroits entre les différentes problématiques énergétiques au Québec: le gaz de schiste, le forage pétrober, les ports méthaniers, les pipelines, le nucléaire, les petites centrales, le harnachement inutile des dernières grandes rivières, le développement chaotique de l’éoben, etc.Une réflexion en profonderu est essentielle à cette étape d’un torunant énergétique majeru au Québec.Voilà donc quelques-unes des bonnes raisons de s’opposer, de résister et srutout de porusuivre la mise en place des conditions d’une véritable souveraineté énergétique à long terme.Nous devons nous y appliquer sans relâche.Parmi les signataires : ¦ Lucie Sauvé, Ph.D., titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnemenL Université du Québec à Montréal; ¦ Pierre Batelier, coordonnateur développement durable et responsable pédagogique du DESS gestion et développement durable, HEC Montréal; ¦ André Bélisle, présidenf et Kim Cornelissen, vice-présidente, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique; ¦ Johanne Béliveau, au nom du regroupement Mobibsation gaz de schiste; ¦ Martine Châtelain, présidente de la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau; ¦ Michel A.Duguay, Ph.D., Faculté des sciences et de génie.Université Laval.Rwanda Les dangers du silence sur la répression des opposants EMMANUEL HAKIZIMANA Docteur en économique, spécialiste en finance internationale et chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal.Il est aussi président du Congrès rwandais du Canada.l’approche des élections présiden-^ tiebes du 9 août 2010, le régbne de Ki- Agab multiplie les assassinats, les emprisonnements et d’autres formes de répression.Le 14 juillet, le vice-président du Parti démocratique vert, An-dré Kagwa Rwisereka, a été retrouvé mort, son corps quasiment décapité.Peu de temps avant ce meurtre crapuleux, le régime de Paul Kagame avait perpétré d’autres graves violations des droits de la personne, dont l’assassbiat du jorunabste bidépendant Jean Léonard Rugambage, l’emprisonnement de M® Bernard Ntaganda et de Déo Mushajtidi, respectivement présidents du Parti social-bnberakrui et du Pacte de défense du peuple, la mise en résidence surveillée de la présidente des Forces démocratiques unies, Mme Victoire Ingabire, et l’emprisonnement pendant une vingtaine de jours de son avocat américain, le professeur Peter Erbn-der, abisi que la tentative d’assassinat en Afrique du Sud du général Kajmmba Nyamwasa.Cette répression des opposants et des journa-bstes bidépendants a été fortement dénoncée par les grandes organisations de défense des droits de la persoime et de la société civüe telles qu’Am- nistie biternationale.Human Rights Watch et Reporters sans frontières.Certaines d’entre elles ont même recommandé aux bailleurs de fonds de suspendre leru soutien au régbne de Kigali et de cesser leur appui financier aux prochaines élections présidentiebes.Mutisme occidental Mais ce qui est inquiétant, c’est le silence assourdissant de ces baibeurs de fonds et des gouvernements occidentaux alliés du régime de Ki-gab.Même le gouvernement canadien, qui a appuyé la candidature du Rwanda pour son entrée au Commonwealth en soutenant que «le Commonwealth est bien placé pour aider le Rwanda dans le renforcement de ses institutions démocratiques», s’est jusqu’à présent muré dans un mutisme complet.Pue encore, certabis grands acteurs de la scène biternationale qui sont censés garantu le respect des valeurs démocratiques et la défense des droits de la personne se sont érigés en promoteurs de Paul Kagame au moment même oû ü tue et emprisonne ses opposants à tour de bras.Ainsi, le secrétaire général des Nations unies.Ban Ki-moon, l’a nommé pour coprésider la réunion du 15 juillet dernier sur les Qbjectifs du mblénai-re pour le développement, et ü a fabu d’énormes pressions de la société civile et des partis politiques espagnols pour que le président José Luis Zapatero renonce à s’afficher avec celui qu’ils considèrent comme un «présumé génocidaire».La passivité et la complaisance de la communauté internationale devant les graves violations des droits de la personne au Rwanda sont d’autant plus biquiétantes qu’ebes ont déjà démontré dans le passé leurs terribles conséquences.De fait, c’est la non-intervention de la communauté internationale qui a permis l’exécution du génocide rwandais de 1994.C’est cette même passivité qui a conduit à l’exterrnbiation en République démocratique du Congo de plus de cinq mibions de personnes lors des guerres initiées par l’armée de Paul Kagame en 1996 et en 1998.C’est aussi ebe qui a permis l’assassinat au Rwanda de nos compatriotes canadiens, en l’occurrence le frère François Cardinal, les pères Claude Simard et Guy Pinard, madame Hélène Pinsky ainsi que celui de beaucoup d’autres citoyens de pays occidentaux.D’autres drames à venir Les mêmes causes créant les mêmes effets, si les gouvernements qui ont une influence sur le régime de Kigali contbiuent d’être complaisants à son égard, il est certain que d’autres drames vont sruvenb- et qu’ils ne concerneront pas seulement les mabierueux Rwandais.Déjà, la tentative d’assassbiat du général Nyamwasa en Afrique du Sud au moment oû le pays recevait la Coupe du monde de soccer montre que Kagame est prêt à créer l’insécurité partout, même chez ses meüleurs abiés, et à y mener des attentats terroristes pour ébmbier ses adversakes politiques.11 en a d’aibeurs assassiné dans le passé au Kenya, au Cameroun et en Belgique sans que quiconque lève le petit doigt.De même, l’arrestation du professeur américain Peter Erlbider au motif qu’il n’épouse pas la version du régime de Kigali au sujet du génocide rwandais constitue, de la part de Kagame, un signal clak envoyé aux citoyens des grandes puissances occidentales qu’ils ne sont pas, eux non plus, hors de sa portée.[.] Un autre danger de la complaisance de nos gouvernements en Qccident vis-à-vis de la répression des opposants au régime de Kigali est la contradiction qu’ebe bitroduit dans la justification de l’envoi de nos forces armées là oû les valerus auxquelles nous croyons sont bafouées.Comment continuer à avancer avec crédibüité l’argument de démocratie et de défense des droits de la personne pour justifier la présence de nos soldats en Afghanistan tout en restant de marbre devant la décapitation des opposants au Rwanda?[.] Le peuple rwandais aspue à la démocratie, et la diversité ethnique des leaders de l’opposition montre sans équivoque que cet idéal est porté autant par les Hutus que par les Tutsis.Même si le régime de Kagame tente de verrouiller cette issue, les gouvernements occidentaux ont les moyens de l’amener à négocier avec son opposition, comme cela a été le cas au Bruundi voisin.Mais voudront-ils relever ce déb ou préféreront-ils attendre d’autres drames pour encore exprimer des regrets?L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine RobitaiUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter), Alexandre Shields (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ;Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ;André^ne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site Internet), Jean-Jacques Coulombe et Émilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, David Dumouchel et Étienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa).PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint) ,'Se.axi de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Véronique Langlois, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie FÜion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena BÜyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 3 AOUT 2010 ACTUALITES MER SUITE DE LA PAGE 1 les bases de données du globe pour publier dans la revue en ligne PLoS ONE ces premières conclusions, réunies dans plusieurs articles sur des centaines de pages.«Je me sens comme Diderot et les encyclopédistes» y jubile, dans un entretien à TAFI^ Jesse Ausubel, cofondateur du projet Census of Marine life qui, en octobre 2011, publiera ses travaux définitifs sur la biodiversité marine.«Cest comme si nous publiions les premiers volumes de L’Encyclopédie.Cest une pierre blanche dans l’organisation du savoir sur la vie marine» y affirme ce scientifique.Le travail prend des proportions tellement colossales qu’à «la fin du recensement, la plupart des organismes marins resteront innomés et leur nombre, inconnu», dit la biologiste Nancy Knowlton, de la Smithsonian Institution.
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