Le devoir, 11 septembre 2010, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 à MEDIAS Comment les médias ont «formaté) le 11 septembre.Page E 5 DE VISU David Spriggs nous fait voyager dans l’épaisseur de l’image Page E 7 «IITIIRÏ Incendies: le feu sacré SOURCE SEVILLE (f’ Un an après Polytechnique, Denis Villeneuve est de retour avec Incendies, une adaptation de la pièce de Wajdi Mouawad.Ce projet antérieur au précédent, le cinéaste québécois l’a porté en lui de longues années, et ce, en tout lieu.A présent, c’est au tour du film de faire voyager Villeneuve un peu partout.FRANÇOIS LEVESQUE Denis Villeneuve se présente a notre rendez-vous, sur la terrasse du restaurant Rumi, en s’excusant d’avance des éventuelles sequeUes d’un décalage horaire prononce.Incendies, son plus recent long métrage, était en effet au menu de plusieurs rencontres cinématographiques importantes: la Mostra de Venise un jour, le Festival de TeUuride le lendemain, Montreal aujourd’hui et le Festival international du film de Toronto qui attend avant la fin de la semaine.on aurait la tête qui tourne a moins! S’ensuit une discussion impromptue — et effrenee — portant sur ces films qui marquent; cinéphiles boulimiques pris au piege de la di^ession.Or, quand il évoqué l’impact qu’a eu sur lui la sequence d’ouverture de Satyricon, de Fellini, Denis Villeneuve nous ramene sans le savoir a nos moutons.Incendies débuté justement par l’une de ces scenes destinées a happer le spectateur: apres avoir offert une vue du Golan, la camera revele une fenêtre, puis une piece ou s’entassent des enfants de la guerre destines a être faits soldats.Incendies nous montrera par la suite le pèlerinage d’un fi-e-re et d’une sœur partis du Quebec afin d’elucider le secret de leurs origines, apres le deces de leur mere, une rescapee d’un conflit sanglant jamais nomme.La genèse C’est en 2004 que l’auteur de Maelstrom découvre la piece de Wajdi Mouawad.«J’admirais son travail, mais je n’avais pas vu toutes ses productions.Je suis allé voir Incendies avec ma blonde lors de la dernière représentation, pour laquelle j’ai acheté les derniers billets», rela-te-t-il en s’excusant presque que cela ait l’air aussi arrange.Un puissant moment de revelation accompagne la tombée du rideau: Denis Villeneuve âdâp-terdi Incendies.Un jour.Car, bien que porteuse, la piece de Mouawad constitue, de l’aveu même de l’auteur, un matériau de base difficilement images magnifiques, très évocatrices, avec peu d’éléments de décor.Je n’ai pas cherché à transposer ou à reproduire ses images, qui, selon moi, appartiennent à la pièce.» Villeneuve choisit plutôt d’en inventer d’autres, tout en respectant l’esprit de l’œuvre.Convaincu, Mouawad lui cede donc les droits, en plus de lui accorder une liberté totale.En amont, le dramaturge partage même avec le cinéaste documents et pistes qui l’avaient jadis inspires.«Wajdi est d’une générosité sans bornes», assure Villeneuve.Préparation et tournage Campe dans un pays indéterminé du Moyen-Orient, Incendies sera tourne au Quebec et en Jordanie sur une période de quarante jours.Jadis lauréat de La Course Europe-Asie, Denis Villeneuve envisage des le depart une de- « Je penchais pour une vision naturaliste mais expressive.Quelque chose dans l’esprit de Mystic River, qui m’a vraiment plu».traduisible en langage cinématographique.«Wajdi était flatté que je m’intéresse à Incendies au point de vouloir en faire un film.Il était sensible à mon enthousiasme, mais il avait des réserves, ce qui est tout à fait compréhensible.Lui venait de terminer le tournage de sa propre adaptation de UttoraL» Urgence et spontanéité se conjuguent et Villeneuve écrit alors ce qu’il espere être la premiere scene de son futur film.Laquelle, incidemment, ne se trouve pas dans la piece.«Je l’ai montrée à Wajdi et c’est ce qui l’a gagné à ma cause.Lui était parvenu au théâtre à créer des marche bien precise pour raconter cette histoire-la.«J’ai une passion pour le photojournalisme, les photographes de guerre notamment.James Nachtwey a particulièrement inspiré ma manière d’aborder Incendies et d’envisager le tournage.Nachtwey travaille dans la proximité et le gros plan et il se met souvent en danger.Mais, peut-être parce qu’il dégage une réelle bonté, les gens l’accueillent dans leur douleur et lui permettent d’en être le témoin.Il en résulte des images d’une rare force.» La sequence-cle d’un autobus incendie témoigné de ce parti pris.Avec le recul, Denis Villeneuve avoue être très heureux d’avoir dû repousser de deux ans le tournage d’incendies afin de pouvoir se consacrer a la production de Polytechnique.«Ce film-là m’a bien préparé pour Incendies.Je dois beaucoup au directeur photo, Pierre GUI, qui m’a énormément appris sur Polytechnique.» Précieux collaborateurs C’est toutefois Andre Turpin, vieux complice de Denis Ville-neuve, qui signe la photo d’incendies.Le résultat n’evoque ni Un 32 août sur terre, ni Maelstrom, deux de leurs collaborations anterieures.«Je penchais pour une vision naturaliste mais expressive.Quelque chose dans l’esprit de Mystic River, qui m’a vraiment plu.La lumière semble naturelle, mais les personnages sont souvent dans l’ombre.» Ainsi aiguille avec pour mandat de traduire chez les personnages une part de mystère, de secret, Turpin propose un pari audacieux: filmer sans le moindre apport de projecteurs.Lumière naturelle! «André est un kamikaze.Pour travailler avec lui, il faut lui soumettre un défi», resume le cinéaste.Pour Denis Villeneuve, c’est d’ailleurs en substance ce que l’experience d’incendies se revele être: un défi, une aventure humaine ponctuée de rencontres avec des collaborateurs québécois et français qu’il n’a de cesse d’encenser.Et quand le public de Venise se leve pour l’acclamer, c’est vers l’origine du film que son esprit se tourne.«J’étais très nerveux avant la projection, mais ensuite, devant l’accueil, ma première pensée a été: “Je suis content pour Wajdi”.» Ainsi, le voyage de la piece se poursuit.Celui du film commence a peine.Incendies prend l’affiche le 17 septembre.Collaborateur du Devoir I 4 1 ^ _ i JACQUES GRENIER LE DEVOIR Denis Villeneuve, le réalisateur du film Incendies.«J’ai une passion pour le photojournalisme, les photographes de guerre notamment.James Nachtwey a particulièrement inspiré ma manière d’aborder Incendies et d’envisager le tournage». E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 CULTURE CIRQUE Sept d’un coup La Tohu reçoit Le Fil sous la neige, un spectacle de cirque contemporain spécialisé dans le funambulisme STEPHANE BAILLARGEON Le fil de la vie s’enroule et se déroule parfois bien étrangement.11 y a 25 ans, Antoine Rigot et sa compagne, Agathe Olivier, participaient au Québec à la création du premier spectacle sous chapiteau du Cirque du Soleil (CDS).Le duo de fildeféristes a tourné avec la compagnie montréalaise en 1985, l’année suivante et encore en 1988.Aujourd’hui, le CDS est ce qu’il est: un mastodonte sans égal, la plus célèbre compagnie des chapiteaux en dur ou en mou du monde mondial et probablement de ce coin-ci de Tunivers.Antoine RigoL lui, est lourdement handicapé à la suite d’un bête accident mais il continue à créer et à tourner avec Agathe et de petites formes circassiennes qui font tout son bonheur.«Artistiquement, le Cirque du Soleil et nous n’avons pas les mêmes vues, ni les mêmes objec-tijs: nous, on recherche les êtres humains et l’intimitê, confie Antoine Rigot, rejoint au téléphone à Helsinki, en Finlande.Par contre, je suis très impressionné par le développement du Cirque du Soleil.J’ai connu Guy Laliber-té cracheur de feu, à l’époque.Ça fait drôle de le voir en habit de cosmonaute dans l’espace.» Les fils de leur vie se renouent ou tout comme.Le spectacle Le Fil sous la neige, écrit et mis en scène par Antoine Rigot arrive à Montréal cette semaine, dans le chapiteau permanent de la Tohu plus précisément à la Cité des arts du cirque, quoi, à l’ombre de l’immense quartier général de Tusine à rêves et des bureaux du saltimbanque en chef.D’un fil à l’autre La création pour sept funambules et trois musiciens de la compagnie Les Colporteurs a déjà plus de 260 représentations au compteur.Elle sera ici jusqu’au début d’octobre.«J’espère que nous cdbns recroiser Guy Lali-berté et f espère qu’il viendra voir JEAN-PIERRE ESTOURNET La création pour sept funambules et trois musiciens de la compagnie Les Colporteurs a déjà plus de 260 représentations au compteur.notre spectacle», dit encore M.Rigot pour vider le sujet 11 verrait quoi, exactement?Eh bien, il contemplerait des fil- va au Théâtre THEATRE TBCTE LARRY 1REMBLAY MISE EN SCÈNE CLAUDE POISSANT DU 8 AU 25 SEPTEMBRE 2010 - seulement 14 représentations - Espace GO, 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514.845.4890 ::: admission.com 514.790.1245 AVEC PATRICE DUBOIS ::: MAXIM GAUDEUE ::: BENOÎT GOUIN THEATREPAP.COM DIRECTION ARTISTIQUE ::: CLAUDE PaSSAHT ET MIRICE DUBOIS CWELfSOBJI LE DEVOIR LE GROUPE DE UV VEILLEE présente Partenaire de production NORWAY.TODAY DMGOR BAUERSIMA Du 21 septembre au 16 octobre 2010 Saison 2010- 2011 Abonnez-vous UNE ŒUVRE TRADUITE EN 25 LANGUES ET JOUÉE DANS 50 PAYS r théâtre! [PROSPERO] Mise en scene Philippe Cyr Avec Sophie Desmarais et Jonathan Morier Concepteurs Geneviève Lizotte, Marie-Ève Pageau Thierry Gauthier Partenaire de saison Billetterie : 514 526.6582 Réseau Admission : 514 790.1245 www.laveillee.qc.ca CUNSEILDESAGTS DE MONTRÉAL Conseil des Arts Canada Counal du Canada for the Arts Québec nn [¦ Wajdi Mouawad TOXIQUE Greg MacArthur TOM A LA FERME Michel More Bouchard Centre du Théâtre d’Aujourd’hui 3900, ru0 Salnt-Donls, Montréal-QC Partenaires de saison deféristes qui créent une sorte de ballet aérien, «sensible et poétique», dit la description promotionnelle.«Il y a sept fils qui tissent un parcours, explique le metteur en scène.Le spectacle se promène d’un fil à l’autre.Les situations et les rencontres fbttent dans l’espace.C’est un peu comme si notre scène suspendue faisait douze millimètres de diamètre.» Sept imambules d’un coup, ce qui semble unique au monde.«C’est une discipline difficile, exigeante, poursuit l’idéateur.Elle ne s’est donc pas énormément développée.Mais notre spectacle a stimulé un intérêt.Nous avons organisé une rencontre cette année et reçu soixante artistes d’une dizaine de nationalités pour une grande fête du fil.» M.Rigot introduit et conclut Le Fil sous la neige parce que le show raconte ou évoque son parcours, avant et après l’accident.Il s’agit donc d’une oeuvre autobiographique?«Oui et non, répond le créateur.Oui, effectivement, au départ il y a une situation personnelle.Je propose un petit prologue et un petit épilogue pour témoigner brièvement de ce qui m’est arrivé en 2000.fêtais censé ne pas pouvoir remarcher après un accident à la mer qui m’a écrasé la moelle épinière, une chute stupide qui n’a rien à voir avec le fil de fer mais qui a fiât basculer ma vie.Maintenant, je marche très peu et difficilement, avec des béquilles.Les situations de départ proposées pour le spectacle étaient donc liées à ma propre ex- périence.Seulement, il y a eu tout un travail d’improvisation avec le groupe.La matière a été digérée et travaillée avec ta sensibilité de tous et chacun.Le fond passe donc par une trame autobiographique, mais le résultat demeure collectif» La neige du titre, c’est celle qui a fondu depuis l’événement tragique.Le fil demeure tout aussi surchargé symboliquement Déjà les Grecs l’utiiisaient comme métaphore de l’existence, les divinités du destin (les Moires) tissant enroulant et coupant le fil de chacune des vies humaines.«Je ne pourrai plus jamais remonter sur un fil de fer, mais j’ai compris que je pouvais construire des spectacles de l’extérieur, résume encore M.Rigot L’énergie créatrice et Agathe m’ont ramené vers ça.» 11 y est d’ailleurs arrivé une première fois tout jeune pour les mêmes raisons, pour son amour et pour la beauté de ce microtrottoir de l’existence.«J’ai été attiré vers le spectacle par Buster Keaton et Chariot, explique finalement Antoine Rigot en remontant sa vie une dernière fois./ai été formé à l’acrobatie burlesque à l’Ecole nationale du cirque Annie-Fratellini.Je faisais l’Auguste.Agathe est arrivée avec son fil.J’ai dû apprendre un peu pour faire une introduction à ce numéro.J’ai beaucoup aimé.Je suis aussi tombé amoureux de la funambu-liste et c’est avec elle que fai monté le duo présenté au Cirque du Soleil en 1985.» Le Devoir r il 01—I PRE^LIER THÉÂTRE ÉMERGENT 870 av.de Salabarry à Québec C>JC>J 21 septembre au 9 octobre La Fanfare Théâtre du temps qui s’arrête 19 octobre au 6 novembre Le cardigan de Gloria Esteban Le petit luxe - compagnie det 16 au 20 novembre Extrémités Le théâtre Le Fcyer 23 novembre au 4 décembre .et autres effets secondEiires Des Miettes dans la Caboche 18 janvier au 5 février Kukipik Doikipu Le Soudde collectif 15 février au 5 mars 6h30 Le Projet Un 15 au 26 mars La mélodie entre la vie et la mort Sushl (polsse/son/morlj 12 au 30 avril Domino L'ancre rouge I Hors série I 9 au 13 novembre La Jeune-Fille et la mort Le Bureau de TAPA Présenté à Méduse Offrez-vous rabonnement le plus souple en ville ! Information et abonnement: 418.694.9656 Entente da etdeffetfrw nn Québec un VILLEDE développement culturel Québec Québec S S c%; f#) foBum jeunesse canadien Heritage 1^ Desjardins IbsI Caisse populaire de Québec CIRQUE DU SOLEIL TÉLÉVISION LE DEVOIR www.premieracte.ca LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 E 3 CULTURE THÉÂTRE Portrait, à chaud, de la «jeune relève » Dramaturge, comédien, danseur et metteur en scène, Simon Boulerice propose déjà, à 25 ans et des poussières, des remises en question stimulantes MICHEL BELAIR Malgré ses airs d’angelot frisé et sa jeune vingtaine sans ride aucune, Simon Boulerice tient de la centrale d’énergie ambulante.En quelques années à peine depuis sa sortie de l’option théâtre de Sainte-Thérèse — après avoir étudié en lettres à l’UQAM, dansé au Conservatoire de Montréal et travaillé le mouvement chez Omnibus — on l’a vu jouer, danser et faire de la mise en scène un peu partout, même à la télé, mais d’abord au théâtre.Et surtout dans le réseau Carte Premières.Simon Boulerice est une des figures les plus intéressantes de la «jeune relève».On l’a vu écrire aussi, comme un boulimique: un roman {Les Jérémiades, paru l’an dernier chez Sémaphore) et des pièces de théâtre.Beaucoup de pièces de théâtre: Martine à la plage, qui va prendre l’affiche mardi, était déjà son septième texte pour le théâtre.Avant que le nouveau Pig ne soit mis en lecture au QuafSous, jeudi dernier, dans le cadre de Dramaturgies en dialogue! La démarche « concept » C’est, bien sûr, Martine à la plage qui nous amène à une terrasse de café près du journal.La production de l’Abat-jour Théâtre mettant en vedette Sarah Berthiaume, la complice de Simon Boulerice et cofondatrice de la compagnie, a déjà installé jusqu’à la fin du mois ses serviettes de plage et ses chaises de patio au Bain Saint-Michel, rue Saint-Dominique.Le titre s’inspire évidemment de la fameuse série des Martine que tous les enfants, même les anciens, connaissent.«On a installé les serviettes et les chaises dans le Bain parce que Martine à la plage est une comédie de fin d’été, explique en souriant l’auteur, qui met aussi en scène le spectacle.Une comédie aquatique, genre piscine hors-terre, qui raconte huit jours de la vie d’une fille de 14 ans un peu bizarre.Sarah [Berthiaume] joue cette sorte de Lolita reject, qui vit toute seule et qui va d’échec en échec, de façon tellement drôle et bouleversante; c’est sa profonde humanité, cette façon qu’elle a de se servir des imperfections de son personnage, qui me touche.[.] On a tellement de fun en répétitions! On se permet tout! C’est loufoque, ludique, festif et tragique en même temps.C’est comme ça que je voudrais que les spectateurs reçoivent le spectacle.» Cette Martine est un peu à côté de ses pompes, comme la plupart des enfants abandonnés à eux-mêmes quand leurs parents sont trop occupés; son père est instructeur dans une école de conduite et c’est sa mère, pour faire changement, qui est totalement absente.Rajoutez à cela une esthétique très fifties sur fond de musique rétro.et Martine qui se mef à investir dans l’imaginaire.A profusion.Tellement qu’elle «tombe en amour» avec son voisin albinos.dont elle découvre qu’il est optométriste.Bientôt, elle s’invente des séries d’exercices pour se ruiner les yeux et ainsi avoir l’occasion de le voir plus souvent.Simon Boulerice raconte que la pièce lui est venue comme «une idée conceptuelle beaucoup plus qu’une idée dramaturgique».«C’est le premier spectacle dans lequel je me penche sur la thématique des arts visuels.Simon a toujours voulu danser prenait racine dans mon goût pour le mouvement et la danse, mais ici, ce sont les arts visuels, la démarche visuelle, la réflexion qu’elle provoque et ce qu’elle supporte, qui viennent appuyer l’action.Très concrètement, ça veut dire que c’est un show d’acétates et qu’on s’est servi d’un rétroprojecteur, qui joue un rôle important tout au long du spectacle.Il y a aussi que tout passe par les yeux et le regard de plus en plus flou de Martine.Plus l’action avance, plus elle voit flou; elle en vient même à parler avec les fantômes qui flottent dans l’angle mort à la périphérie de son regard.Avec son sarrau blanc, ses cheveux blancs et son teint pâle, le voisin, Gilbert Marcel, devient ainsi le plus présent de ces fantômes.» Quand Martine apprendra que Gilbert Marcel — le nom est formé du prénom des auteurs de la série des Martine, Gilbert Delahaye et Marcel Mar lier — part en vacances à la plage avec sa famille à Old Orchard, elle fera tout pour le rejoindre.L’usine Boulerice A travers ses mots, à travers son enthousiasme débordant, Simon Boulerice est l’incarnation même de ce que la jeune M,,, ’iis.A’^iÿL\ CAROLYNE SCENNA Sarah Berthiaume et son «viewmaster».relève offre de plus intéressant: on comprend vite qu’il est «tombé dedans quand il était tout petit», il parle de son spectacle en multipliant les images, changeant ses références pour mieux les adapter aux quelques rares et précieuses qu’il partage avec le «moins jeune chroniqueur» que je suis forcément devenu avec les années, il parle de jeux d’enfants que j’arrive mal à identiher — le Wija, ça vous dit quelque chose?Et, Candy-man?Hum?— pour mieux revenir à Cocteau et le citer dans le texte.Au moment parfait.Avec tout le tact du monde.Un jeune homme brillant.Ça réchauffe toujours le cœur d’en frôler un.Mais il ne chôme surtout pas pour autant, le jeune homme.Pendant qu’il signe la mise en scène de Martine à la plage qu’il a écrit.Dramaturgies en dialogue propose Pig, on l’a dit; Boulerice raconte là l’histoire compliquée de «Paul, neuf ans, qui a deux mamans et qui veut devenir une Muse».Mais ce n’est pas tout.Loin de là.Début novembre, aux Gros Becs à Québec, il jouera d’abord dans La Robe de ma mère, de Serge Marois — un spectacle qui tourne un peu partout — puis il pourra assister là à la création à’Éric n’est pas beau, le 16 novembre, un texte qu’il a écrit pour marquer les 30 ans de la compagnie Le Gros Mécano et qui est mis en scène par Marion Grandjean, une coproduction à joueurs multiples qui partira sans doute bientôt en tournée, ici comme en Europe.Cela ne l’empêche évidemment pas de participer aussi à Naissances, un parcours théâtral présenté à l’Espace Libre et qui fait appel à cinq auteurs.Du 30 novembre au 18 décembre, dans l’ancienne caserne, Boulerice signe et joue La Naissance.d’un coup de foudre.Notre homme pourra ensuite goûter quelques jours de paresse — puisque les plateaux de télé ne sont quand même pas encore trop absorbants — avant de se préparer à participer aux Contes urbains avec une histoire de son cru, bien sûr, puis, beaucoup plus tard, à la fin de janvier, de créer Les Mains dans la gravelle à l’Arrière-Scène de Belœil.Homme-orchestre comme il aime bien le faire, Boulerice signe là le texte, cosigne la mise en scène avec Serge Marois et joue le rôle de Lred Gravel, un artiste en arts visuels nourri par son passé d’enfant pauvre.Avant même de voir la chose, on vous suggère de vous trouver un neveu ou une nièce qui a entre 8 et 12 ans et de donner un coup de fd à Belœil.Mais ce n’est pas tout! Simon Boulerice sera en résidence d’écriture à Limoges dès le début du mois de mai; il travaillera sur un texte pour ados racontant un assassinat homophobe.Dans ce dernier cas, Boulerice précise qu’il s’agit d’abord d’un «projet dramatique, un texte seulement, une sorte de duel».Seulement.On aura compris que la meilleure façon de mettre la main sur un Simon Boulerice, c’est encore de prendre le chemin du Bain Saint-Michel.Le Devoir MARTINE À LA PLAGE Texte et mise en scène de Simon Boulerice.Avec Sarah Berthiaume, jusqu’au 25 septembre, au Bain Saint-Michel, 5300, Saint-Dominique.Billets à la porte, argent comptant seulement (20 $).Uauteur et metteur en scène de Martine à la plage^ Simon Boulerice JACQUES GRENIER LE DEVOIR ESPACE GOJA J r/y J: L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE UBU + ESPACE GO présentent JACKIE Du 5 au 30 octobre 2010 ESPACE GO présente PROJET ANDROMAQUE Du 18 janvier au 12 février 2011 De Jean Racine Mise en scène de Serge Denoncourt D’ElfrledeJellnek Mise en scène de Denis Marteau Avec Sylvie Léonard Théâtre de la banquette arrière présente LES MUTANTS Du 11 au 22 janvier 2011 De Sylvain Bélanger + Sophie Cadleux Mise en scène de Sylvain Bélanger ESPACE GO présente MANHATTAN MEDEA Du 29 mars au 23 avril 2011 De Dea Loher Mise en scène de Denise Guilbault Théâtre PÂP présente ABRAHAM gNCOLNVA AU THÉÂTRE Du 8 au 25 septembre 2010 De Larry Tremblay Mise en scène de Claude Poissant Théâtre de la Manufacture présente APRÈS LA FIN Du 5 au 16 octobre 2010 De Dennis Kelly Mise en scène de Maxime Dénommée Théâtre de la Manufacture présente YELLOW MOON, LA BALLADE DE LEILA ET LEE Du 5 au 27 novembre 2010 De David Greig Mise en scène de Sylvain Bélanger Théâtre I.N.K.présente LA ROBE DE GULNARA Du 30 novembre au 11 décembre 2010 D’Isabelle Hubert Mise en scène de Jean-Sébastien Ouellette Théâtre PÂP présente THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Du 22 février au 19 mars 2011 De Larry Tremblay Mise en scène de Claude Poissant Théâtre de la Manufacture présente ATTENDS-MOI Du 3 au 28 mai 2011 De Kristen Thomson Mise en scène de Marie Charlebois a transat DE SAISON a" CUMSSLDESAHn Hydro Québec Québec nn QU£nEC Conseil des Arts du Canada 4890, BOUL SAINT-LAURENT, MONTRÉAL | ESPACE GO 514845-4890 | ADMISSION 514790-1245 | ESPACEGO.COM E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 EN DIALOGUE 8 AU 13 SEPTEMBRE THÉÂTRE DE QUAT'SOUS WWW.CEAD.QC.CA .CULTURE DANSE Quartiers danse : petits pas près de chez vous CATHERINE LALONDE De la danse sur scène, dans la rue, en photos et en films: la 8" édition de Quartiers danses, le festival itinérant, emmène de petits pas près de chez vous.Le directeur artistique de Quartiers Danse, Rafik Sab-bagh, veut «créer un lien d’un quartier à Vautre.On s’installe dans différents secteurs où il n’y a en général pas beaucoup de danse».Un exemple?L’exposition à relais des photos du dernier Quartiers Danses, prises par Michel Pi-nault.Qn trouve les clichés, par volets, aux Maisons de la culture Côte-des-Neiges, Maisonneuve et Notre-Dame-de-Grâ-ce.La programmation vidéos et hlms, quant à elle, se déploie sur trois étages de la CinéRobothèque de l’Qffice national du fdm du Çanada, ainsi qu’à Verdun et à l’Ile-des-Sœurs.Sur scène?Vingt-six chorégraphes, de nouvelles oeuvres et des reprises.«Quartiers Danses propose une danse accessible au public, précise Sab-bagh.Ça se traduit par une danse axée sur le mouvement, et pas une non-danse, que ce soit en contemporain, en tango ou en danse africaine ou urbaine.» Ce souci d’accessibilité se reflète aussi dans les spectacles gratuits ou à tarifs minimes.Les billets les plus chers du festival se détaillent 15 $ et une demi-douzaine de spectacles sont offerts gratuitement.«On attire un public au détour du quotidien, en étant dans la rue, poursuit Sabbagh, qui a lui-même été danseur, professeur et chorégraphe.À l’extérieur, on « On choisit des spectacles où Jacques, Pierre et Denise vont se retrouver au moins un moment» présente neuf spectacles: rue Saint-Denis, dans une ruelle verte du Plateau, sur la promenade Ontario, sur une piste cyclable.On vise la démocratisation de la culture.C’est essentiel pour nous que le citoyen qui vient voir un spectacle de danse et qui n’en a jamais vu auparavant ne se dise pas en sortant: “Je ne comprends rien, je ne peux pas juger.” On choisit des spectacles où Jacques, Pierre et Denise vont se retrouver au moins un moment.Qui va voir des spectacles de danse, d’ordinaire?Les intellos, les artistes et le milieu de la danse.Nous, on a un public jeune, qui n’est jamais allé ni à la Place des Arts, ni au Centre Pierre-Pélfldeau.» Avoir à Quartiers Danses, des chorégraphies de Jane Mappin, Erin Flynn, La Nef et Tomomi Morimoto, Ismaël Mouaraki, Georges-Nicolas Tremblay, Andrew Turner et Brice Noeser.Entre autres.Qn surveillera particulièrement le retour de Serge Ben-nathan, qui a longtemps œuvré chez Dancemakers, à Toronto; la reprise, 20 ans après sa création, d’un solo de Jean-Pierre Perreault pour Daniel Soulières; Louise Lecavalier à l’église Saint-Jean-Baptiste; Jean-Sébastien Lourdais, très bien accueilli aux deux dernières Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et qu’on a peu vu ici; et le jeune Josh Beamish, dont on avait remarqué la signature gestuelle lors de son passage, l’an dernier, à Tangente.Toute la programmation sur www.quartiers-danses.com.Le Devoir m % SOURCE SPARKS Une performance de 2fik, qu’on peut voir en spectacle ce samedi, avec la chorégraphe Dana Michel à Montréal, arts interculturels (MAI), dans le cadre de Sparks.Les tremplins de la danse On le sait, on le saura, le milieu de la danse est dur, pas évident à percer pour un jeune interprète.Se développent, en réaction, de plus en plus de tremplins pour les jeunes artistes.Des scènes allouées ou des vitrines pour diffuseurs, qui apportent aux chorégraphes le petit swing qui peut faire toute la différence.CATHERINE LALONDE \ A Tangente, les soirées Danses Buissonnières donnent depuis presque 30 ans un premier élan aux hnissants des écoles de danse.Choisis par un jury qui possède à peine quelques années d’expérience de plus, les tout jeunes chorégraphes présentent, dans cet écrin professionnel, une petite pièce de 7 à 10 minutes.«Sur 30 candidats, le jury en sélectionne en général 6, explique la codirectrice artistique et générale Dena Davida.Ce sont des jeunes qui choisissent des jeunes, qui savent ce qu’il faut pour nourrir cette génération.Tous les finissants ne sont pas égaux: certains ne sont pas si jeunes que ça, et d’autres cristallisent déjà un point de vue dans leur écriture.» Cette année, ils sont sept, venus de Québec, de Montréal ou de la célèbre Julliard School.«Ce n’est pas la seule porte d’entrée à Tangente, mais pour les gens qui commencent, c’est une bonne chance», conclut Davida.La classe 2010 montrera ce qu’elle a dans le ventre à Tangente du 16 au 19 septembre.Elle compte Maryse Dame-cour, Sarah Dell’Ava, Katia-Marie Germain, Patrick Lloyd Brennan, Dorian Nuskind-Qder, Raphaëlle Perreault et AUysen Hooks.La semaine suivante, toujours à Tangente, Les Gradués poussent la création un cran plus loin.Thierry Huard, Andrée-Anne Ratthé et Dominique Thomas, qui étaient l’an dernier de Danses Buissonnières, montrent l’évolution de leur écriture, du 23 au 26 septembre.Se faire voir Cette année, le Studio 303 innove avec son Safari Urbain Sparks.Articulé autour des besoins de jeunes chorégraphes.Sparks devient une vitrine pour des diffuseurs ciblés.«Ce qui est difficile pour les jeunes artistes, précise Mélissa Guay du Studio 303, c’est de se faire voir.Surtout lorsqu’ils n’ont pas les ressources financières.» Car les showcases, comme le milieu les appelle, ne sont pas donnés.Un stand à la Conférence internationale des arts de la scène (Cl-NARS) nécessite un investissement minimal de 700 $.Et pour se présenter devant le Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis (RIDEAU), il faut compter au moins 225 $ et se soumettre aux critères du jury.Jacques Poulin-Denis, PME-ART, Wants&Needs dance, 2hk et Dana Michel et Frédérick Gravel ont choisi eux-mêmes les douze diffuseurs invités, qui viennent de France, d’Italie, de Belgique, du Royaume-Uni et des Etats-Unis.«Les chorégraphes cherchent une relation de qualité avec les diffuseurs plutôt que de seulement leur vendre un show.On a concocté un horaire serré, avec des brunchs de réseautage, des visites privées de studio, des répétitions publiques et des partys.» Des spectacles dont le public peut aussi prohter pour voir ces jeunes chorégraphes en quête des scènes internationales.Pour la programmation, voir www.stu-dio303.com.Le Devoir «QUEL PRIVILÈGE DE DÉCOUVRIR LA MANIÈRE TRÈS ORIGINALE, AUSSI PUISSANTE QUE SUBTILE, DONT TONISERVILLO SAISIT LES TROIS PIÈCES (.A ON AURA RI, TELLEMENT RI, ET PUIS L’ÉMOTION VOUS ÉTRANGLE.» — Le Figaro, juin 2009 SUPPLÉMENTAIRE ?SAMEDI 25 SEPTEMBRE À14 H TRILOGI/Î DELLA^Biy VILLEGGIATURA « LA GRANDE BEAUTÉ VISUELLE QU'ANNONÇAIT LA VENUE DE LA TROUPE JAPONAISE SANKAI JUKU A FAIT SON ŒUVRE (.) ALORS QUE LA MOITIÉ DE LA SALLE S'EST LEVÉE POUR DIRE SON ÉMOTION.» (Le Devoir, 2006) Place des Arts Quâ)ecg3 UNE PRÉSENTATION DE LA PLACE DES ARTS ET DU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE EN COLLABORATION AVEC L’INSTITUT CULTUREL ITALIEN DE MONTRÉAL DE CARLO GOLDONI MISE EN SCÈNE TONI SERVILLO COPRODUCTION TEATRI UNITI (NAPLES) / PICCOLO TEATRO - THÉÂTRE DE L’EUROPE (MILAN) DU 22 AU 26 SEPTEMBRE AU THÉÂTRE MAISONNEUVE DE LA PLACE DES ARTS laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 SPECTACLE EN VERSION ORIGINALE ITALIENNE *¦ SURTITRÉ EN FRANÇAIS ET EN ANGLAIS BMO Q Banque de Montréal POWER CORPORATION DU CANADA Sc^Ubr Mu ^ “S' S1Î5 SANKAI JUKU HIBIKI • Ushio Amagatsu 30 septembre • 1 • 2 octobre 2010 - Théâtre Maisonneuve ©DANSEDANSE.NET BILLETS A PARTIR DE 32 $ laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 E 5 CULTURE MEDIAS La machine à dramatiser Un livre montre comment les médias ont « formaté » la tragédie du 11 septembre STEPHANE BAILLARGEON L> émission Today du ré-' seau NBC était en ondes depuis presque deux heures quand un avion de la American Airlines a heurté la tour Nord, le 11 septembre 2001, il y a donc précisément neuf ans aujourd’hui.Le plateau avait déjà présenté des interviews avec le sénateur Edward Kennedy, l’actrice Tracy Ullman et le chanteur Harry Belafonte.Le tour passait à Richard Hack, biographe du milliardaire excentrique Howard Hugues, quand l’animateur Matt Lauer l’a interrompu abruptement.«Nous allons présenter en direct des images du World Trade Center, où, selon ce que je comprends — mais les avons-nous?», a demandé en ondes l’animateur, d’ailleurs toujours au même poste aujourd’hui.«Enfin, nous avons un flash info.Nous vous reviendrons avec cette histoire dans un moment.Vous regardezToààj, sur NBC.» Et pouf, la régie a lancé une publicité.Quelques minutes après le retour en studio, un second avion s’écrasait sur la tour Sud.Le réseau avait maintenant des reporters sur le terrain, à Manhattan.L’ani-mateur-vedette Torn Brokaw dirigeait la couverture de cette fracassante entréq en direct dans le XXL siècle.A lOh, une fois les hypothèses des accidents écartées, Brokaw lançait sa première tirade sur l’importance de l’histoire en marche.«Il va sans dire qu’il s’agit de la plus sérieuse attaque contre les Etats-Unis en plus de 100 ans», a-t-il dit en évoquant ensuite la Guerre de 1812 et Pearl Harbor.Les jours suivants allaient voir s’amplifier la couverture et donner corps à une formidable construction médiatique de la tragédie, à coups de récits surchargés d’émotion, imbibés de patriotisme, de victimisation et d’héroïsme.L’image complète et imparable élaborée depuis raconte,une lutte entre les bons (les Etats-Unis) et les méchants (les terroristes).Elle dénonce une attaque sournoise, d’abord et avant tout contre New York, qui a fait des milliers de victimes innocentes.Elle célèbre le triomphe ultime d’un nouveau héros, le pompier new-yorkais, et d’un sanctuaire sacré.Ground Zero.C’est la constitution de ce «mythe» que le professeur Brian A.Monahan décortique finement et brillamment dans son étude The Shock of The News, paru il y a quelques mois aux New York University Press.«Il y a des livres sur la consommation des médias après la tragédie, et d’autres, plus critiques, qui lient ces événements au déclenchement de la guerre en Afghanistan et en Irak, explique le professeur en entrevue au Devoir.Mon livre se positionne sur le terrain entre ces deux plans.Je m’intéresse au processus par lequel ces faits réels (les détournements d’avion, la chute des immeubles, la mort de milliers de personnes.) sont finalement devenus ce que l’on appelle les événements du 9-11.» Le grand théâtre des médias Le savant lui-même préfère le concept de «public drama» pour saisir cette production médiatique formatée qui re- Clavecin en concert LUC BEAUSEJOUR WÏÏOTQUE 2010 2011 17^ SAISON LE DÉLIRE AMOUREUX Soliste invitée : Marie-Josée Lord, soprano Ensemble instramental de Clavecin en concert Luc Beauséjour, direction Handel ; Cantate Delirio amoroso et extraits d’opéra Pergolèse : Cantate Orfeo Vendredi 17 septembre 2010,20 n Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, me Saint-Paul Est, Vieux-Montréal Réservations et abonnements : 514-748-8625 ou gpelletier@vif.com vinivw.ciavecinenconcert.org _ _ _ CONSEIL DES AHTS „„ DE MONTRÉAL C^éb6Cuu lE DEVOIR I)éj euner-bénéfice du Domaine Forget Dimanche 3 octobre 2010 à 10h30 au Fairmont le Manoir Richelieu % Sous la présidence d’honneur de l'Honorable Martin Cauchon, associé chez Gowling Lafleur Henderson INFORMATION ET RESERVAHONS1418-452-81U Dor^iNE "ZyoyeV SOURCE NYU PRESS Image prise par Mark Peterson lors de l’attaque du World Trade Center, illustrant la couverture du livre The Shock of the News tient des éléments pour en exclure d’autres, qui accentue le traitement sentimental au détriment de l’analyse froide et rationnelle.L’histoire anglo-américaine récente accumule ces drames publics: l’affaire O.J.Simpson, la mort de la princesse Diana, le meurtre de la petite JonBenet Ramsey en 1996.On en vient évidemment à souhaiter la transposition de la méthode ici.La tragédie de Polytechnique pourrait offrir un excellent terrain d’enquête.La théâtralisation publique des attaques du 11 septembre surpasse cependant ces autres cas types parce que l’interprétation et le conditionnement médiatique ont finalement en partie déterminé la mirobolante réaction sociale et politique.Au septième anniversaire, le canevas cristallisé était résumé par le va-t-en-guerre président George W.Bush: «Le jour où sont tombés les buildings, des héros se sont levés», a-fil dit.«Voilà la “réalité” construite du 11 septembre 2001, commente le professeur Monahan après avoir cité la formule synthétique dans son livre.Un moment historique d’une profonde signification est ainsi réduit à des sentiments et semble inspiré par le slogan d’un poster de film hollywoodien.» Brian Monahan enseigne la sociologie à la lowa State University, et c’est de ce point de vue disciplinaire qu’il aborde son sujet.On se comprend et on le répète: il ne nie pas son importance historique; par contre, il observe que les médias de masse ont construit un cadre conceptuel à travers lequel les Américains (et une partie du monde, dont nous-mêmes) l’ont ensuite saisi et compris.«Mon intérêt pour les médias découle de mon intérêt plus général pour notre façon de comprendre le monde, explique-t-il.C’est une fenêtre, ou un cadre, ou ce que vous voulez du genre, par où les gens regardent la plupart des événements dont ils ne sont pas les témoins directs.» La NBC et le NYT L’idée de cette grande leçon critique lui est d’ailleurs venue d’une expérience personnelle.Dès le mardi 13 septembre 2001, avec une équipe de chercheurs, il était à Manhattan pour documenter la tragédie dans le cadre d’un projet de recherche du Delaware’s Disaster Research Center.Dans la préface, il raconte avoir été frappé par l’écart entre ce qu’il observait sur le terrain et les reportages qu’il suivait à la télé.Il était particulièrement étonné par les nouvelles sur la «cité in shock» alors que ses propres pérégrinations l’avaient plutôt mis en contact avec des New-Yorkais ordinaires, continuant plus ou moins leur vie, sans oublier la tragédie.Pour décortiquer ce «choc des médias», le professeur a analysé la production de la chaîne NBC pendant une semaine à compter de la date charnière, dont les 15 premières heures de diffusion au complet.Il a aussi jugé une année entière de production du New York Times.Ce prestigieux journal a poussé le zèle jusqu’à publier des biographies «dramatisées» de toutes et chacune des victimes duWTC.L’observateur éclairé contextualise constamment ses découvertes.Il lie par exemple l’évolution de la «consommation» des infos aux mutations du mode de production des nouvelles avec l’apparition des chaînes «ail news», la tyrannie des cotes d’écoute ou le triomphe des stars journalistiques.H démonte aussi l’habitude croissante à «dramatiser» tout, partout, y compris le «hard news».«Le traitement des affaires criminelles par les émissions d’informations a de plus en plus l’air d’un épisode de la série Law & Order», résume M.Monahan.Cela n’est pas sans conséquence, bien sûr.Le formatage du «public drama» commencé il y a tout juste neuf ans a finalement influencé la mémoire collective tout en stimulant l’emportement dans l’obsession sécuritaire, la peur de l’autre et le déclenchement de la guerre qui perdure.«Une tendance lourde affecte la nature et la qualité des informations qui nous aident à comprendre le monde», dit finalement le professeur Brian A.Monahan.«Les médias simplifient des problèmes complexes.Les événements du 11 septembre sont très complexes, mais la façon dont ils ont été racontés ne respecte pas cette complexité.» Le Devoir CONCERT PRESTIGE MAHLER YANNICK NÉZET-SÉGUIN 30E SAISON TOUT UN EVENEMENT POUR LA 30E SAISON 16 SEPTEMBRE 2010«SALLE WILFRID-PELLETIER 19H30 CHEF YANNICK NÉZET-SÉGUIN • SOPRANO KARINA GAUVIN • MEZZO-SOPRANO SUSAN PLATTS CHŒUR DE L'ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN • MAHLER SYMPHONIE N°2 RÉSURRECTION ORCHESTREMETROPOLITAIN-COM Smlife S O F I T E L QjébecD , diCHOda toHnAïc 514.598.0870 ©laplacedesarts.coin 514842 2112/1866842 2112 * Tarif aîné section C.Redevance incluse.Taxes et frais de service en sus.Tarif régulier i partir de 42 $.Tarifs étudiants également disponibles. TAPIS ROUGE, HUMOUR ET CHANSONS ! Les personnalités de la télé, de la radio et de Radio-Canada.ca vous offrent une saison qui fera sensation.Animée par France Beaudoin et Véronique Cioutier TOUTE UNE SEDUCTON Réal.: Manon Brisebois/Joan-François Blais E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 CULTURE Musique classique Haydn, le plus périlleux des compositeurs ?Le bilan discographique de l’année Haydn se résume finalement à peu.CHRISTOPHE HUSS Que reste-t-il du bicentenaire de la mort de Haydn, ceiebré l’an dernier?Assez peu de choses.Serait-ce parce que l’inventivité du compositeur est si foisonnante qu’il est ardu pour un interprète de se hisser à sa hauteur?Haydn 2009.Une mise en coffret utile, chez Naxos, de l’intégrale des Quatuors par le Quatuor Kodâly, pas d’interprétation marquante des Messes, pas de revalorisation de ses opéras, peu de disques symphoniques éminents.Le bilan discographique de l’année Haydn se résumerait presque à un coffret de référence des oeuvres pour clavier jouées par Ronald Brautigam chez Bis et, sur la même étiquette, à l’heureuse réunion, sous le titre Musiques pour le Prince Esterhazy et le Roi de Naples, d’œuvres de divertissement rassemblées par mon homonyme, Manfred Huss.L’œuvre pour piano réhabilitée Un manque de velléités éditoriales ou une dépression du marché peuvent expliquer que, quelques mois après la fin de l’année Haydn, on ne retient que quelques disques de quatuors — dont ceux du Quatuor de Jérusalem et l’intégrale en cours du Quatuor Auryn — et, avant tout des CD de piano.C’est indéniablement l’œuvre pour clavier qui a tiré les marrons du feu de cet anniversaire.Le statut des sonates pour piano de Haydn est monté à un niveau jamais atteint avec, outre l’intégrale Brautigam, au pianoforte, des interprètes éminents au piano moderne tels Marc-André Hame-lin (Hyperion), Jean-Efflam Ba-vouzet (Chandos) et Zhu Xiao-Mei (Mfrare).Les plus belles sonates ont aussi retrouvé le chemin des programmes de concert Dans le domaine symphonique, les choses bougent peu.Et pour cause: Haydn est considéré comme un mètre-étalon du travail d’orchestre.Qbtenir la précision, la transparence, faire jaillir l’humour, rendre les accents mordants, débusquer les surprises de l’orchestration demandent un temps et un travail peu en phase avec notre monde de plus en plus pressé.C’est pour cela que de plus en plus d’interprètes ont l’air de «touristes haydniens».C’est lorsqu’on assiste, par exemple, à un concert de Bernard Labadie et des Violons du Roy, l’une des meilleures alchimies hayd-niennes de la planète, qu’on comprend une grande part de l’enjeu et du secret: au bout du processus de préparation, il s’agit de constituer une véritable équipe de musiciens soudée et prête à relever une sorte de déh sportif tout en s’amusant Un récent concert d’un jeune quatuor, celui des Peresson, lors de l’Académie de quatuor McGill, a mis le doigt sur cette dimension: la musique Haydn ne se peint pas, elle se vit dans un esprit permanent d’anticipation.Les Peresson subissaient la musique et la décrivaient: ils étaient ennuyeux comme la pluie.Difhcul-té supplémentaire à l’orchestre: personne ne peut se cacher; tout le monde doit jouer le jeu.Les «Londoniennes» En l’espace d’un an, trois chefs — Howard Shelley, Roger Nor-rington et Marc Minkowski — ont désiré graver leur vision des plus grandes symphonies de Haydn: les douze «Londoniennes», qui portent les numéros 93 à 104.L’anafyse comparée, très éloquente, permet de bien saisir les enjeux de l’interprétation haydnienne aujourd’hui.Le cas le plus facile à régler est celui d’Howard Shelley.Le pianiste, qui se lance dans la direction, est l’archétype de ce que j’appelais plus haut le «touriste haydnien».La musique est déroulée, mais sans grand humour, sans esprit.11 n’y a pas non plus cette électricité qui naît de la volonté de tous de se mesurer à ces symphonies comme à un déh.Les quatre CD sont d’une banalité affligeante.Le coffret de Roger Norring-ton, à la tête de l’Qrchestre de la Radio de StuttgarL est bien plus intéressant.Le grand atout du travail du chef anglais est l’équilibre orchestral, qui donne beaucoup d’importance et de lisibilité aux bois.Le tissu polyphonique est transparent, les tempos sont souvent vifs.Qn sait le chef anglais adepte d’une esthétique qui nie l’existence de tout vibrato de cordes jusqu’à Mahler inclus.Cette esthétique est devenue un système interprétatif appliqué avec un entêtement ayatol-lesque.Ce que Norrington ne trouve pas, c’est la recette pour faire chanter certaines phrases.11 a aussi peu d’humour et n’a 2 soirs seulement 50 ans de métier.ça s’raconte! Entrevue-rencontre animée par Danielle Bombardier 13 novembre 1 décembre «.c'est ce trait de caractère qui a rendu ia soirée d’hier mémorabie et unique.» /V.Ross, Le Soleil «.ie reste aurait pu retenir ies ciémenciers sur ieurs sièges toute ia soirée, soupirant d’admiration sur queiques à vers, et s’émenreiiiant toujours sur sa capacité à passer de la nostalgie à la drôlerie.» S.Bolduc, La Tribune aesu^ Billets en vente sur r CENTRE DE CRÉATIVITÉ 1200, rue de Dleury www.gesu.nQt IV Mëtro Place-des-Arts Réservations : (514) 861>^036 ^hânssïë JOSEPJ^AYDN The 12 London Symphonies Radio-Sinfoniecriheiter Stuttgart SWR R026r Norrinston HAYDN THE LONDON SYMPHONIES ¦ ORCHbSTKA DtLI.A SViZül-RA ITALIAMA HOWARD SHELLEY pas le mot «pondération» dans son vocabulaire.Le fameux mouvement de bataille (le second) de la Symphonie militaire perd tout son sel lorsqu’il est laminé par un tempo si rapide.Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre ont enregistré leurs Symphonies londoniennes en public au Konzerthaus de Vienne, en juin 2009.L’idée, à la base, est peut-être intéressante du point de vue du marketing, mais elle est pénalisante sur le plan musical.Le Konzerthaus est une salle très résonante qui fait perdre de l’impact au son de l’orchestre de 50 musiciens.Qn remarquera au passage que Minkowski a opté pour un effectif relativement cossu (pas dans cette salle-là, mais intrinsèquement) et il a tout à fait raison.Ce serait une grosse erreur de n’envisager la musique de Haydn que dans des effectifs «baroques».Haydn voyait les choses en grand ep dans ses dernières œuvres, rêvait du plus grand nombre de musiciens possible.Le choix des effectifs est en fait le premier choix d’un chef, car, avec l’augmentation du nombre, l’intensité de cet aspect «sportif» que nous évoquions risque de se diluer.L’idéal, à mon avis, est l’effectif de Minkowski, mais dans une salle plus petite, plus sonnante.L’atout majeur de Minkowski est son imagination.parfois débordante.Ainsi, pour recréer l’effet de surprise du 2" mouvement de la symphonie du même nom, il impose un silence à la place du coup de timbale, puis un cri des musiciens, eL enhn, le vrai coup de timbale.La chose sera diversement appréciée.Au concert, c’est amusant, au disque, assez stupide, puisque l’effet est éventé après une audition.Globalement, et même si, là aussi, les mouvements lents sont souvent trop rapides (cf L'Horloge), c’est la plus intéressante des trois nouvelles intégrales.Mais le jeu de l’orchestre (cf.Einale de la Symphonie n° 100) est inférieur à ce que font en concert les Violons du Roy.C’est bel et bien Haydn qui place la barre très haut.Pour l’heure, dans ces symphonies, ce sont toujours Eugenjochum (DG), Leonard Bernstein (Sony) et Nikolaus Harnoncourt (Warner) qui se sont montrés les plus dignes des défis posés par le «père de la musique».Le Devoir LES DISQUES ^))) Minkowski.Les Musiciens du Louvre-Grenoble.Naïve 4 CD V 5176 Norrington.Orchestre Radio-Symphonique de Stuttgart.Haenssler 4 CD 93.252.Shelley.Orchestre de la Suisse italienne.Hyperion 4 CD CDS 44371/4. LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 E 7 DE mu © DAVID SPRIGGS Stratachrome_withviewer, 2010, vue de ^exposition de David Spriggs Dans l’épaisseur de l’image DAVID SPRIGGS.STRATACHROME Galerie de l’UQAM 1400, rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, local J-R120 Jusqu’au 9 octobre MARIE-ÈVE CHARRON On dirait que la Galerie de l’UQAM ouvre la saison en mode veille.Iæ visiteur qui franchira les portes de la galerie universitaire sera d’abord saisi par la pénombre, puis par les lueurs vertes émanant de la grande salle.La source est une œuvre récente de David Spriggs, une installation qui se déploie dans l’espace, tel un mur ondulant s’élevant jusqu’au plafond, et dont les parois transparentes sont traversées par cette lumière artificielle digne d’un film de science-fiction.Le jeune artiste originaire du Royaume-Uni à présent établi à Montréal a «monumentalisé» une technique de travail développée depuis quelques années seulement.Elle consiste à déployer une image dans l’espace en en peignant des fragments sur plusieurs couches de peUicule transparente, lesquelles ont pour cadre un caisson aux tiges d’acier.L’im^e tient dans l’espace comme si elle était en suspension dans le vide et, suivant les déplacements du spectateur invité à en faire le tour, elle se défait et se refait sous ses yeux.Les résultats sont ici surprenants, non seulement en raison de la monumentalité du dispositif — lorsqu’on considère les faisceaux de lumière, c’est la totalité de l’espace de la galerie qui se trouve exploitée par l’œuvre —, mais aussi parce que ce type d’imagerie, conjugué au choix de la couleur, engage une réflexion dont la portée ne s’épuise pas aussi vite que les réalisations antérieures de l’artiste.Lors de sa plus récente exposition, en 2008, chez Art Mûr, la galerie qui le représente à Montréal, ses œuvres me semblaient avoir un penchant trop fort pour l’objet précieux et décoratif.Leurs caissons d’acier aux dimensions moyennes enserraient des motifs de nébuleuses et des nuées blanches, aux connotations vaguement new age, qui les confinaient aux atours de l’expérience sensorielle et de la prouesse technique.L’exposition de la Galerie de l’UQAM constitue donc un tournant dans la production de l’ar- tiste, qui a par ailleurs intitulé son œuvre Stratachrome, un néologisme de son cru désignant la technique qu’il a mise au point, à savoir une image, ou un objet, composé de plusieurs strates de couleur.Pour l’artiste, qui avait jusqu’ici surtout privilégié le blanc, le choix du vert annonce aussi l’amorce d’une nouvelle série d’œuvres consacrées à l’étude des couleurs.La collaboration avec la commissaire Marie-Eve Beaupré, dont les recherches portent sur l’histoire du monochrome en peinture, est tout indiquée dans ce contexte.Répertoire militaire Stratachrome est plus qu’une installation monumentale provoquant des effets spectaculaires.L’œuvre s’avère un dispositif qui fait un retour sur différents aspects symboliques de la vision, de la production d’image et de la couleur verte.Le caractère artificiel de la lumière éloigne les références aux préoccupations environnementales, pourtant d’actualité.Ce vert phosphorescent renvoie plutôt comme l’indique le communiqué, à ses différents usages, notamment dans le monde cinématographique et militai- re.Quand les écrans dont on se sert au cinéma pour tourner les effets spéciaux ne sont pas bleus, ils sont verts.Cette couleur est aussi celle des images produites en vision nocturne, technologie notamment utilisée par les militaires.De près ou de loin, ce vert intervient dans une imagerie qui fabrique notre rapport au monde.Les différents motifs qui prennent forme sur le délicat feuilleté de pellicules alimentent ce répertoire de références.Ligures de soldats armés, diagrammes, machinerie militaire, imageries pornographiques, corps empilés et roues apparaissent au fil de la déambulation pour s’évanouir aussitôt, se désintégrant ou s’unifiant, selon l’angle de vue, suivant le procédé de l’anamorphose.Une tête de mort, logée dans une courbe de l’installation, semble d’ailleurs tout droit sortie du tableau Les Ambassadeurs, de Holbein.Stratachrome puise donc aussi, de manière ostensible, dans le réservoir de l’histoire de l’art.Qn retrouve des motifs empruntés au Grand Verre, de Marcel Duchamp, ainsi qu’à une célèbre gravure de Dürer qui montre un dessinateur faisant une mise au carreau avec un outil, l’intersecteur.L’œuvre de Spriggs combine ce double héritage en optant pour les grands pans transparents qui intègrent l’espace à la représentation et en traitant de la perspective linéaire.Ainsi, ce sont les conventions du langage pictural qui se trouvent étudiées à travers l’installation; celle-ci joue à la fois avec la planéité du support par chacune des pellicules transparentes qui se détachent nettement de l’ensemble, et la profondeur illusoire.Mais cette profondeur est le fruit d’un assemblage de couches grâce auquel, en somme, Spriggs spatialise ses images et sculpte la lumière.D’ailleurs, une des forces de l’œuvre est de procurer la sensation d’être dans la lumière et d’expérimenter la perception comme activité qui engage le regard et le corps.Cela tient beaucoup au caractère stratifié des motifs, qui est aussi thématisé par d’autres signes peints: une myriade de traits suggérant une explosion de matière, des fragments épars qui ajoutent du mouvement à l’installation et qui ne sont pas sans rappeler aussi la peinture futuriste, autre référence chère à l’artiste.Si l’œuvre épouse si bien l’espace de la galerie, c’est qu’elle a été conçue dans le cadre d’une résidence au cours de l’été.Il revient à David Spriggs d’avoir initié ce nouveau programme offert par la Galerie de l’UQAM, programme qui reviendra aux deux ans et dont on peut déjà saluer l’existence.Anne Parisien La petite salle de la Galerie de l’UQAM est réservée à la projection d’une œuvre vidéo d’Anne Parisien, qui couronne ainsi sa maîtrise en arts visuels et médiatiques, complétée dans la même institution.L’œuvre Sans titre procède avec justesse par économie de moyens: il s’agit d’un plan fixe cadré serré sur deux personnages féminins dont on ne voit pas les visages.L’une d’elles passe sa main dans les cheveux de l’autre, la caresse devenant parfois brusque.L’autre ne bronche pas.Et rien d’autre sinon des spéculations.Est-ce une mère et sa fille?La fille est-elle morte?Quels sont les liens entre les deux personnages ?Il faudra voir dans quelle démarche s’inscrit cette œuvre.Collaboratrice du Devoir Symposium international d'art in situ 2009/2010 VAL-DAVID C’est à l’automne que les sentiers sont les plus beaux ! www.jardinsduprecambrien.com Ouvert sept jours semaine jusqu à la fête du Travail, de 10 h à 17 h.Les samedis et dimanches seulement, dull septembre au 11 octobre, de 10 h à 17 h TALLER : OBJET-VÊTEMENT Maryla Sobek, designer et professeure, UQAM 9 septembre - 2 octobre 2010 MAISON DE LA CULTURE MAISONNEUVE Zone Molinari, 4200, rue Ontario Est (métro Pie IX, autobus 139 sud) HEURES D'OUVERTURE Jeudi au dimanche de 13 h à 17 h INFORMATIONS 514 872-2200 COMMANDITAIRES ET PARTENAIRES DE L'ÉVÉNEMENT ¦^^Merder Hochelaga-Maisonneuve Montréal© UQÀM FoiK^ do sur As soctfCâ Pressas DAOUST LESTAGE En partenariat: • Faculté des arts et la amure QuébecSS Ê de l’Universite du Québec design vrbain mm QAlVI FBAHCAISS Consulat gânâral de France b (Québec PAtAC SZTUKI FiiiioN gyjAÊÊTJUi Musée McCord EICOLUBOUIlOIIIKe ^ Desjardins 690, BUE SHEBBBOOKE OIEST, MONTBÉIL METBO McBILL / AUTOBUS 24 WWW.MUSEE-IICCOBn,gC.CS E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 CULTURE EXPOSITIONS Le désordre mondial CITES VORACES Jérôme Ruby Galerie Donald Browne, 372, Sainte-Catherine Ouest, local 528 Jusqu’au 2 octobre.JÉRÔME DELGADO La saison à la galerie Donald Browne démarre sous le signe des symboles.C’est que dans la première exposition.Cités voraces de Jérôme Ruby, il y en a des tonnes, du plus complexe (des armoiries) au plus simple (un logo), sans oublier les gratte-ciel références ou des classiques de l’histoire de l’art.Ça, c’est sur papier, dans les dessins au crayon de bois et au stylo.En installation, l’artiste y va d’un assemblage composite d’objets métaphoriques, et c’est celui-ci, au demeurant plus lyrique, qui accueille le visiteur.Malgré ce trop-plein de symboles, y compris devant cette œuvre au sol.Indicateur urbain, où se côtoient un os et un crâne, un cône et un néon courbé, l’expo étonne et séduit.Sans la lourdeur habituelle qui accompagne l’effusion de références et de citations, les œuvres de Ruby (une vingtaine, en grande majorité des dessins) se dégustent l’une après l’autre.Tout repose en fait sur la manière, et sur la main, de l’artiste.Sans prétention, sur le ton d’abord et avant tout de l’humour, voire de la caricature, Jérôme Ruby aboutit à des compositions ouvertes à mille interprétations.Et il a assez de talent dans son doigté pour arriver à des représentations détaillées et minutieuses, que celles-ci soient celles de paysages ou de corps.Un bœuf, chez lui, peut être décrit jusque dans ses entrailles, et une sculpture taillée dans la pierre, dans tous ses reliefs.Cette dose d’humour et du dessin bien ficelé trouve son condensé dans une œuvre précédente de Ruby, œuvre réalisée dans les pages d’un cahier Canada que le galeris-te présente en complément au nouveau corpus.La véritable histoire de mon Réal, sous ses faux airs naïfs et une plume incisive et crue, prouve au-delà de tout doute les talents de bédéiste de l’artiste.\s % fi- Voir grand.Présent depuis relativement peu, ce Erançais s’est établi à Montréal en 2003.Son imaginaire débridé l’a conduit au Symposium de Baie-Saint-Paul de 2009, tenu sous le thème de l’émerveillement, et pourrait être un des points forts de la Triennale québécoise, l’an prochain.Cités voraces est une expo de symboles, oui, mais c’est la forme qui fait la force de l’ensemble.Et lorsque charge il y a, c’est pour contourner, ou détourner, le message.Celui-ci perd alors en lisibilité, n’a plus sa raison d’être.Ruby, dans ce sens, est un artiste pop qui attrape ce qui est dans l’air.Les sjmiboles, que ce soit le logo de Shell ou le Mane-ken-Pis, les armoiries de Paris ou la place Ville-Marie, sont des éléments de culture populaire qu’il s’approprie et relit pour sa propre cause.Car cause il y a, bien sûr.Cités voraces parle des luttes de pouvoir, de l’agressivité des marchés et de la détérioration générale qui s’ensuit et dont les villes, selon l’illustration de Jérôme Ruby, se font l’écho.Sa critique est évidente.Devant le Cités voraces parle des luttes de pouvoir, de l’agressivité des marchés et de la détérioration générale qui s’ensuit SOURCE GALERIE DONALD BROWNE Trois œuvres de Jérôme Ruby, stylo bille et crayon de bois sur papier, 2010.Ci-haut, A Place Like in Your Dream, et ci-dessous, Urban Elegy et Revenge of Sinister.Les trois images sont des détails.paysage composé des tours ornées du globe de Toyota, des rayons de Walmart ou du soleil de BP (le dessin A P/ace Like in Your Dream réunit les plus riches multinationales), un homme, démuni, à poil, se cache le visage.De honte, complice de sa propre fin?Les majestueuses architectures qui se construisent partout, reproduites ici fidèlement, ne seraient que les arbres qui cachent la forêt.Voir grand, c’est aussi ne pas voir très loin.Si le tracé est assez réaliste, les compositions, elles, se situent plutôt dans la fiction, dans des scènes oniriques où la figure principale flotte dans un espace non déhni.L’œuvre Ville nomade, avec son immense rocher suspendu, fait penser à du Magritte.Dans Fake in the City, un couple s’enlace sous une constellation de logos liés aux empires de la consommation — les mêmes logos qu’ailleurs.Et ainsi de suite.Ces œuvres font partie des «grands dessins», les plus voraces, peut-être.Le pouvoir est dans les mains des multinationales, et le diktat n’est plus esthétique ni religieux, mais bien financier.Le Rerum Novarum, cette doctrine sociale émise par l’Église à la fin du XIX® siècle, citée par Ruby dans Les choses nouvelles, ne semble que plus rétrograde.Si l’expo s’abreuve en anachronismes, c’est bien pour insister sur ce point.Ces sym-boles «antiques», les références à l’histoire de l’art, par exemple, resteront plus opaques que tous les BP et HSBC de notre époque.Le mélange opère, et le discours, dans la plupart des dessins, apparaît ténu.C’est le cas du triptyque inspiré par New York, où les fondateurs hollan- I dais et algonquin escortent les armoiries de la ville.L’un tient la pose du Penseur de Rodin, l’autre celle de l’archer Héraclès, tel que sculpté par Bourdelle.La raison et la force sont-elles encore complémentaires?Parmi les autres regroupements, notons les «portraits» d’autres villes exposés sur un grand pupitre.Paris a ses gargouilles de Notre-Dame, Bruxelles son Manneken-Pis, Las Vegas sa.Tour Eiffel.Et Montréal?Une dualité très physique: deux hommes, de culture différente, se battent, comme dans le célèbre tableau Les Lutteurs de Courbet.Le dessin s’intitule Manière de s’accommoder.Collaborateur du Devoir 'f // /// Pe^'iT Mu5é0 de /'împr*esS/on Événeipent |Sur le .patrimoine montréalais] ye l’imprimeri^ DU I 0 AU 26 SEPTEMBRE 20 I 0 au Centre d’histoire de Montréal et chez Lovell Litho & Publications Vieux-Montréal Une série d’activités sur la naissance des quotidiens populaires et du journal [Le Devoir^ DÉMONSTRATIONS LANCEMENTS EXPOSITIONS RALLYE VISITES GUIDÉES rlfTTiff^^nMTn r~ ' I Billetterie : Centre d’histoire de Montréal 335, place D’Youville 514 872-3207 | WWW.inU.SC6iHM5Î^SSiC LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 E 9 CINEMA f PRIX DE LA MISE EN SCÈNE EX AEQUO) L FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 2010 A ROSCHDY ZEM PASCAL ELBE rciNÉMA Seaeéie»t\ 2808.Beaublon E.721-0000 I 'CINEPLEX DIVERTlSSEMEm-T |-MAISON DU CINÉMA-1 | CINÉMA | CONSULTEZ LES GUIDES- TURC PRÉSEMIEMEMT A L'AFFICHE! rQu^^iERLOTiiil [ rCINEPLEXDIVERTlSSEMENTn |-MAISON DU CINEMA-1 | CINEMA^— fBOUCHERVILLEl I SHERBROOKE 11 LE CLAP HORAIRES DES CINÉMAS l R SOURCE K FILM AMERIQUE Samir Makhlouf dans une scène de Tête de turc, de Pascal Elbé Trop cuisante réalité TETE DE TURC Réalisation et scénario: Pascal Elbé.Avec Roschdy Zem, Ronit Elkabetz, Pascal Elbé, Samir Makhlouf, Simon Abkarian.Image: Jean-Erançois Hensgens.Musique: Bruno Coulais.Montage: Luc Barnier.ODILE TREMBLAY Le comédien et scénariste français Pascal Elbé, pour ses premiers pas dans la réalisation (prix de la mise en scène au dernier FFM), parvient à étonner dans l’attaque assez ferme d’un sujet complexe et névralgique.En abordant les révoltes des jeunes blacks, blancs et beurs des banlieues françaises, il a choisi la forme du polar mâtiné de chronique sociale.Fiction adaptée d’une cuisante réalité, qui se collera aux thèmes de la responsahi-lité et de la rédemption.Le nouveau venu Samir Makhlouf incarne, avec une candeur qui humanise le rôle.Bora, un jeune Turc qui au cours d’une échauffourée incendie la voiture d’un médecin (Pascal Elhé, au jeu un peu mou) avant de le sauver de la mort.La structure de cette entrée en matière, de feu et de colère quand les jeunes passent à l’attaque, dynamique et percutante, laissera ensuite place à des plans serrés plus conventionnels, avec plongée dans l’univers intime des personnages.Tourné dans une cité à moitié désertée des environs de Paris, Tête de Turc tire profit du décor sinistre sans en exagérer la misère, misant plutôt sur la quête de ses héros, entre vie de famille et avenir houché.Roschdy Zem, toujours puissant, au profil dessiné avec quelques outrances, entre dans la peau d’un flic arménien, frère du hlessé, violent, qui crie vengeance, mais qui apprendra en cours de route à arrondir les angles.Quelques ellipses scé-naristiques, notamment à propos d’une culpahilité liée à la mort mal expliquée d’un frère dans sa jeunesse, créent un certain flou mal assumé.Mais c’est le rapport entre la mère du jeune Bora, incarnée par l’altière et intense Ronit El-kahetz (admirée entre autres dans La Visite de la fanfare), et son adolescent, tour à tour traité en héros et en criminel, qui porte vraiment le hlm.Ce prohl de mère-courage debout face à l’adversité est le plus réussi du lot, même si une histoire d’amour avec le médecin victime tient moins bien la route.Le film parvient à jongler tout de même avec les nom- breux changements de ton.Le cinéaste respecte ses personnages sans les juger, au risque d’y égarer un peu son point de vue.La musique de Bruno Coulais, loin des clichés du genre, apporte un certain classicisme et des accents lancinants à un drame qui cherche sa lumière.Malheureusement, le dénouement en happy end casse la tonalité d’ensemble et égare l’ambiguïté dont le cinéaste avait jusque-là rnaintenu les clairs-obscurs.A travers ce premier coup derrière la caméra, Pascal Elbé démontre toutefois qu’il a du coffre et peut séduire le public en entrelaçant des intrigues et des destins complexes sans perdre le rythme et en imposant une charge émotive.Le Devoir Le passé bien vivant MERES ET FILLES Réalisation: Julie Lopes-Curval.Scénario: Sophie Hiet, J.Lopes-Curval.Avec Marina Hands, Catherine Deneuve, Mariejosée Croze, Michel Duchaussoy, Jean-Philippe Ecoffey Photo: Philippe Guilbert.Montage: Anne Weil.Musique: Patrick Watson.France, Québec, 2009,106 minutes.FRANÇOIS LEVESQUE Pour des motifs qu’on s’explique initialement mal, Audrey vient rendre visite à ses parents dans le patelin de son enfance, au bord d’une mer grise.La chose apparaît d’emblée étonnante puisqu’on a tôt fait d’établir que cette jeune Française exilée au Canada n’entretient pas de liens très serrés avec sa mère Martine, qui, en toute justice, lui rend bien la distance.Mais la famille, on n’en a qu’une.Il y a ça, et aussi une nouvelle inattendue ayant bousculé l’existence jusque-là lisse et contrôlée d’Audrey.Plus que des retrouvailles, c’est une piste pour la suite que celle-ci est venue chercher en Ville d’Hiver.Préférant rouvrir la maison de feu son grand-père et s’y installer plutôt que de loger chez ses parents, Audrey apprendra à connaître sa grand-mère, Ix)uî-se, par le biais d’un livre de recettes personnalisé.Ce faisant, elle éclaircira les circonstances du départ de son aïeule, partie s’épanouir jadis sans laisser d’adresse.Ça sent le mystère, ça embaume les secrets de famille.Dans le genre.Mères et filles Chronique d’une rupture annoncée DEUX DE LA VAGUE Réalisation: Emmanuel Laurent Scénario: Antoine de Baecque.Avec Islid Iæ Besco.Image: Nicholas de Pender, Etienne Carton de Grammont Montage: Marie-France CuenoL France, 2009, 90 min.ANDRÉ LAVOIE C> est l’histoire d’une révolution vite essoufflée et d’une longue amitié tristement brisée, l’une et l’autre indissociables de la riche histoire du cinéma français.François Truffaut grâce aux 400 coups et Jean-Luc Godard avec À bout de souffle vont donner un sérieux coup de balai à un art qu’ils jugeaient parasité par les conformistes et les pa- Nous resseux; avant de prendre la caméra, ils parcourons ne se privaient pas de le dire, dans un style une grande remarquable, à travers j les pages de la presti-gieuse revue à la cou- l’histoire verture jaune, les Cahiers du cinéma.du cinéma, Cette tempête créa- , .trice parfaite à la fin ecnte des années 1950, les y pnmhrp cinéphiles la connais- “ ^ omore sent déjà et, à ce cha- d’une amitié pitre, le documentaire Deux de la vague n’ap- célèbre porte rien de nouveau: le triomphe cannois et oragCUSC des 400 coups, la naissance d’une jeune star en Jean-Pierre lAaud, devenu pour tous Antoine Doinel, le radicalisme politique et esthétique de Godard, leur engagement contre le congédiement d’Henri I^n-glois, de la Cinémathèque française, etc.Qr, ce que le réalisateur Emmanuel Laurent et l’historien Antoine de Baecque (auteur d’une biographie remarquable de Truffaut et sur le point d’en livrer une autre sur Godard dans quelques mois) illustrent à merveille, ce sont les similitudes et les différences entre ces deux hommes exceptionnels, unis par l’amour du cinéma, brouillés plus tard par ce même amour exigeant et contradictoire.Après des années de complicité, la rupture s’amorce sans bruit au lendemain de Mai 68; Truffaut, celui qui a fait de la prison dans sa jeunesse, est avide de reconnaissance, tandis que Godard, ce dandy issu d’une riche famille suisse, se range du côté des ouvriers, du moins dans le discours.Cette opposition idéologique s’afhche dans leurs films, et s’exprime entre eux par une distance respectueuse.C’est hnalement La Nuit américaine (1973) de Truffaut qui vissera le dernier clou du cercueil.Godard lui reprochant une vision mensongère du cinéma tel qu’il se fabrique, surtout avec ce personnage de cinéaste qui ne couche pas avec sa star, une hérésie selon lui.Des fragments de leur correspondance, habilement associés à une foule d’extraits de films, montrent leur génie respectif mais aussi leurs affinités, dont celle autour de Jean-Pierre lAaud, devenu un enfant tiraillé entre deux pères à l’ego démesuré.Car ces hommes d’exception ne pouvaient rien faire à moitié et ils allaient se détester avec la même intensité que lorsqu’ils avaient été «amis dans la cinéphilie».Nous parcourons ainsi une grande page de l’histoire du cinéma, écrite cependant à l’ombre d’une amitié célèbre et orageuse.Cette élégance dans la manière est toutefois affaiblie par la présence de l’actrice Islid I>e Besco, hgure muette feuilletant de vieux magazines et déambulant dans Paris comme si elle était la véritable responsable de cette quête.Son air blasé prouve qu’il n’en est rien.Collaborateur du Devoir mentalement.Dans le rôle ambivalent et potentiellement antipathique de Martine, sa fille aujourd’hui grande mais encore meurtrie, Catherine Deneuve trouve la note juste.Audrey, la troisième génération et celle dont on épouse le point de vue, est défendue avec assurance par Marina Hands.Filmé hors saison près de la station balnéaire d’Arcachon, Mères et filles s’accorde parfaitement avec l’engourdissement automnal qui guette.Collaborateur du Devoir Godard et Truffaut à l’époque de lexu amitié.SOURCE FUN FILMS SOURCE FILMS SEVILLE Mères et filles sent le mystère et embaume les secrets de famille.offre assurément un agréable moment de cinéma.Très sage, la mise en scène de Julie Lopes-Curval s’anime davantage dans les séquences où le passé empiète sur le présent, alors qu’Audrey visualise différents scénarios du quotidien où Louise tient la vedette.Tenir maison, regarder au dehors, mélancolique.Les réflexions de la grand-mère en annexe de ses recettes révèlent une jeune femme volontaire et curieuse, contrainte de vivre comme un joli bibelot dans sa cuisine tout équipée.Le scénario s’attarde surtout à établir des concordances et des jeux de miroir entre l’alors et l’à-présent, entre la fillette blessée par le départ précipité de sa maman et qui est elle-même devenue une mère froide; entre la jeune femme qui se questionne aujourd’hui sur la présence en elle d’un éventuel instinct maternel, etc.La patte est parfois lourde et les intentions sont trop appuyées, mais l’intérêt demeure constant grâce, notamment, à l’élément d’enquête familiale.Et il y a ce séduisant trio d’actrices.Marie-Josée Croze émeut en Ixiuise, femme isolée «Un essai au temps présent qui est à ia fois capsuie temporeiie et coiiage.» A.O.Scott, Now York Times Films à Trois présente ^ ^ 1119 a IIUI9 [JICOCI ILC €SOÊW9MÊÊtex Êwotre tnWervwGt RUBBER UN VRAI FILM-CULTE DANS LA BRUME ELECTRIQUE HUMPHREY BOGARTÏ 8 FILMS LE CONCERT • INCEPTION SCOTT PILGRIM • LEBANON „ MtaHacedraarts rCINÉMA DU PARC [sa Aut0bus80/129 I 3575 Du Parc 514-281-1900 /\vec I»" ^ SELECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE CANNES • CLASSICS 2009 Images : Nicholas de Pender, Etienne Carton de Grammont - Son : Henri Maîkoff - Montage : Marie-France Cuenot - Assistants monteurs : Jonas Rossard & Isabel Castro Avec la participation d’Odlle Bonis - Montage son : Jean Dubreull - Mixage : Philippe Grivel- Directeur de production : Martin de la Fouchardiàre - Assistants de production : Martin Suard, Lude de Chevigny - Avec le soutien de la Prodrep/Angoa Remerciements : Claude et Vâronlque Godard -Avec la participation de : Argos Hlm, Ciné Ihmaris, Gaumont, Les Hlms du Jeudi, MKZ, Studio Canal, Mbmer Bros, INA, Gaumont Pathé Archives.wi PREsenmÊÊMr A lap fichu CINÉMA RARALLÈLE 3536 BOUtEfflRD SAIIH-UUIREirT 514-847-2206 tous les soirs: 21h00 LE CLAP tous les jours: 17h00 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 CINEMA .a’-'" '#:*S .:v-' lâ?" ^V.¦ , ‘'îfc3fT; - AiA ' ,-¦ tA*0 - :: SOURCE AXIA FILMS Tommy Lee Jones dans le plus récent film de Bertrand Tavernier, Dans la brume électrique Version 1.1 DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE (VO: IN THE ELECTRIC MIST) Réalisation: Bertrand Tavernier.Scénario: Jerzy Kromolwski, Mary Olson-Kromolowski, d’après le roman de James I>ee Burke.Avec Tommy I^e Jones, Mary Steenbergen, Peter Sars-gaard, Kelly Macdonald, John Goodman, Pruitt Taylor Vince, Ned Beatty, Levon Helm.Photo: Bruno de Keyzer.Montage: Thierry Deroples.Musique: Marco Beltrami.États-Unis, Érance, 2009,117 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Hollywood possède un don pour ne pas apprendre de ses erreurs, ce qui, d’un point de vue strictement anthropologique, fascine.Prenez par exemple cette manie des studios de confier à l’occasion un gros projet à un auteur cinéaste afin que le film en devenir profite spécifiquement de la sensibilité particulière de l’artiste choisi.Et puis, les vestons se réveillent et s’aperçoivent qu’art et commerce risquent de faire mauvais ménage.On harcèle l’auteur, on le sort de la salle de montage.Basta, la vision singulière! Blade Runner, première mouture, est un exemple fameux de produit «amélioré» par son studio qui s’est soldé par un hide, issue habituelle de ce type d’exercice.In the Electric Mist, de Bertrand Tavernier, est l’une de ces productions sacrifiées au combat de la postproduction.Mais Tavernier ayant tenu à sa version, on peut aujourd’hui voir le petit soldat se relever, chancelant, certes, mais c’est déjà mieux qu’un macchabée.In the Electric Mist constituait, sur la page, un projet idéal pour l’auteur de Coup de torchon.De fait, le polar de James Lee Burke qui met en scène le pugnace détective Dave Robi-cheaux permet à Bertrand Tavernier de revenir en Louisiane plus de vingt-cinq ans après l’excellent documentaire musical Mississippi Blues.Récit policier, donc, dont les enjeux autant que les retournements paraissent un peu accessoires tant l’atmosphère locale jaillit de l’écran et oblitère tout le reste, l’histoire comme l’identité du coupable.En amoureux du coin, Tavernier soigne le visuel autant que le sonore.Authenticité et couleur locale sont les maîtres mots.En toile de fond, désolation urbaine, reconstruction, pégreux et politicailleux qui s’en mettent plein les poches Qui dit polar dit meurtres, ici multiples et secouant la petite collectivité de New Iberia récemment éprouvée par l’ouragan Katrina.Ainsi, l’enquête de Ro-bicheaux sur le meurtre d’une jeune prostituée paumée le conduit illico dans les beaux quartiers, comme il se doit, alors que, sur un autre front, le détective est amené à rouvrir une affaire de crime racial vieille de quarante ans.Et, question de bien complexifier tout cela, voilà que Ro-bicheaux, un alcoolique coulant des jours sobres, se met à recevoir des tuyaux du fantôme d’un général confédéré.En toile de fond, désolation urbaine, reconstruction, pégreux et poli- ticailleux qui s’en mettent plein les poches: Tavernier montre sans s’appesantir.Le montage américain (104 minutes) étant sorti de manière confidentielle l’an dernier et directement en DVD, peu de gens l’on vu, ce qui n’est pas plus mal.Aussi s’abstiendra-t-on de comparer afin de s’en tenir à celui de Bertrand Tavernier qui, sans être un grand cru, loin s’en faut même, se révèle être une œuvre valable, bien menée et interprétée avec aplomb par une distribution alléchante.lœ rythme indolent, synchrone avec le lieu, mettra peut-être à l’épreuve la patience de qui s’attend à un thriller haletant, ce que In the Electric Mist n’est pas, mais le cinéphile attentif aux choix de mise en scène y trouvera son compte.Du reste, même en essayant très fort, Tavernier ne saurait être inintéressant.Collaborateur du Devoir SOMBRERO PnlSENTE ?ELLE CATHERINE DENEUVE MARIEQOSEE CROZE MARINA HANDS Mères et Riles UtIlILUDL JULIE lOPES-CURM r-'vri IjUrq G HWlIEHESEIFILLEUEnmiCOM IB PRESENTEMENT A L'AFFICHE ! HORAIRES DES CINÉMAS 1,5 MILLION DE SPECTATEURS EN FRANCE! ?! ?! ?! MeiR) ExcoMlf 20 MlniilM ?! ?! ?! ?! Gérard louis BECKER l’HÉSENTE Gisèle ¦*'iUVte[JUUMANllBM3n&*&2^ff&R0GERÉjnOI5UUUIJUILæVB .iMS/eaw-Zoï^DABADIE/e»»BECKERi™s/ÊW»-Zo«/)DABADIE metrD[Dole IS DÈS LE VENDREDI 17 SEPTEMBRE ! metropolefilms.com L’amour commandité L’ARNACŒUR De Pascal Chaumeil.Avec Romain Duris, Vanessa Paradis, Julie Ferrier, François Damiens, Andrew Lincoln, Helena Noguerra.Scénario: Laurent Zeitoun, Jeremy Douer, Yoann Gromb.Image: Thierry Arbogast.Montage: Dorian Rigal-Ansous.Musique: Klaus Badelt.France, 2009, 105 minutes MARTIN BILODEAU Libre à vous de croire que EArnacœur, dont le scénario vient d’être acheté par la compagnie de production Working Tide en prévision d’une adaptation à l’américaine, est un film français.Parce que cette comédie sentimentale de Pascal Chaumeil est à la France ce que De père en flic est au Québec: un film américain tourné en français, d’une part pour plaire à un public local au goût américanisé, d’autre part pour séduire les producteurs anglo-saxons en bradant les droits du remake.Les deux films ont en commun d’avoir gagné sur ces deux tableaux.Et là s’arrête la comparaison.Romain Duris campe un séducteur professionnel qui, moyennant un tarif avantageux soutiré aux parents ou amis d’une femme mal fiancée ou mal mariée, met en scène des scénarios de romance à cinq sous qui remettent les yeux de la pauvre égarée en face des trous.Pressé par des créanciers qui lui réclament sur-le-champ une forte somme, Alex ira jusqu’à faire fi de son principe fondamental en acceptant de briser un couple qui a l’air heureux.Sans qu’elle (Vanessa Paradis) , viticultrice millionnaire s’apprêtant à épouser à Monaco un bel homme d’affaires anglais (Andrew Lincoln), se laisse impressionner par ce séduisant jeune homme qui s’impose à elle comme garde du corps sur ordre de son père, commanditaire du mandat.Le scénario conventionnel déroule à partir de là les mécaniques habituelles sur les thèmes de l’arroseur arrosé et de l’amour fou versus l’amour tendre, avec quelques incidents commodes pour tirer les leviers de l’intrigue et un pas de deux réussi entre Paradis et Duris, en forme et en beauté, pour lui donner du rythme.Tout le reste, le superflu comme le prévisible, sert à décorer l’intrigue déjà accrochée à la falaise monégasque, version touristes.Rien de bien offensanfi en somme.Rien non plus pour se précipiter hors de chez soi.Collaborateur du Devoir SOURCE ALLIANCE Romain Duris et Vanessa Paradis dans L’Amacœur, de Pascai Chaumeii « BRAVO DENIS VILLENEUVE ! MON CHOIX IMMÉDIAT DANS LA CATÉGORIE MEILLEUR FILM ÉTRANGER AUX PROCHAINS OSCARS^.» PETER H0WEU,7D/?0IVroSrA?« UNE ONDE DE CHOC : UNE TRAGÉDIE MAGISTRALE, ESSENTIELLE, SIGNÉE DENIS VILLENEUVE.INOUBLIABLE, i» STÉPHANE SIMON, KUmÈS imZINE (imCQ tononto international • film festival OFRCIAL SELECTION 2010 VEHICEDAYS LUBNA AZABAL D'APRÈS LA PIÈCE DE WAJDI MOUAWAD MÉLISSA DÉSORMEAUX-POULIN MAXIM GAUDEnE RÉMY GIRARD INCENDIES UN FILM DE DENIS VILLENEUVE UNE PRODUCTION MICRO SCOPE LES RUMS CHRISTAL m MCENDIES 'ïË&fS WAJDI MCUAWAD MCRO JCOPE % TS PROCUCTIONS mm'SS HH GROUP _______________ MAXIM GAUDETTE RÉMY GIRARD LUCIE RODITAILIE, LARAATAUA, CONSTANCE DEMÛNTOY ANDRËTURPIN ____________________________ lÆSiS SOPHIE LEFEDVRE .«> MONIQUE DARTONNE ^ GRÉGOIRE HET7a JEAN UMANSKY, SYLVAIN DELLEMARE, JEAN-PIERRE LAFORCE ÉRIK DANIEL 'âSS STEPHBI TRAYNOti SYLVE TRUDEUE "Jæ PHOEDE GREENISG, FEIWY WNOBO iS MLENA FOYLO d GILES SAOJTQ, ANTHONY DONCQUE LUC DSIY, KN McCRAW DBIIS VUBJEWE VALERIE DEAUGRAMO-CmilFAGNE DEMS VLLfICUlifE I www Incanüies-lBfilmÆom PwîW(Sa'ass« 13 À L’AFFICHE DÈS LE VENDRED117 SEPTEMBRE
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