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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-09-11, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 ^ ; LITTERATURE Plutôt chat que femme?Page F 3 k.Jf.LITTERATURE Les chemins de Jack Kerouac Page F 5 LIVRES \ % lA mooe ^ ^^4) L-^ te ainnp«5w Yu (î^eajoeâ ÎU6tiîM6 £?H£j5fe Me«;i,cî6„ Jg ® -lauaje 0~sà'4a Dessins tirés du nouvei aibum de Thierry Labrosse, Ab irato Daii l’enfer de la ville Après trois ans d’absence, deux grands bédéistes ont décidé d’investir les environnements urbains pour deux retours attendus.Au centre de la ville, projeté dans un Montréal futuriste et sous tension, Thierry Labrosse explore les sentiments humains sur fond de lutte des classes.À l’autre bout de la 20, une ville imaginaire qui ressemble vachement à Québec devient le terrain de jeu de Michel Falardeau, qui y marie graffitis et passion déchirante.Visite guidée.FABIEN DEGUISE Montréal, square Viger.Depuis trois jours, un groupe de rebelles baptisé les «Bâtards de Dieu» a pris le contrôle de ce coin de la ville avec armes et drapeau.Nous sommes en 2111.La ville a partiellement disparu sous la montée des eaux, le mont Royal est la propriété d’une multinationale qui a fait de l’oratoire Saint-Joseph la porte d’entrée de son siège social, les trains sont désormais des monorails suspendus, et le clivage entre riches et pauvres, en un siècle, n’a fait qu’empirer.Sur les barricades, les manifestants sont déterminés.Ils veulent que les vaccins d’éternité de la compagnie Jouvex ne soient plus accessibles qu’aux biens nantis.Tout le monde, y compris les enfants malades, devrait pouvoir en profiter sans frais, clament-ils.Montréal est sur le point de sombrer dans la guerre civile.Et c’est le moment que choisit le jeune Riel, cet- fictic le .1 un rural dans la vingtaine naissante en quête de sensations fortes, pour débarquer en ville.Les traits sensuels du visage féminin qui habite la première case, une certaine Cloalle âgée pourtant de 86 ans, ne laissent aucune place au doute: le premier tome de cette toute nouvelle série Ab irato (Vents d’Ouest) est bel et bien signé Thierry Labrosse, le bé-déiste obsédé par les femmes et smtout lem beauté, qu’il arrive si bien à capturer dans ses lignes.Après trois ans d’absence, l’homme qui a mis en image chez Soleil, au début de ce siècle, les courbes de la justiciè-re internationale Moréa, marque cette semaine un retour en force avec cette incursion dans ce Montréal où l’on n’aimerait pas vivre, mais où Riel va rencontrer l’amoru et la richesse des rapports humains.Labrosse y est en total contrôle du récit, puisqu’il signe pour la à Montréal, un siècle plus tard, me permet de multiplier les travers de notre société première fois de sa vie le dessin et le scénario de ce premier tome, intitulé Riel.«Il a fallu que j’apprenne à écrire, à construire une histoire qui se tient», lance l’autem, attablé dans la cuisine de son studio montréalais.Le Devoir l’a rencontré cette semaine dans ce capharnaüm consacré à la création, qu’il partage avec un autre grand du 9® art, Régis Loisel, sur une petite rue de l’arrondissement d’Outre-mont.«J’étais rendu là dans mon développement d’auteur.Avec Moréa [sa précédente série en cinq tomes, coécrite avec Arleston],ye n’ai pas réussi à exprimer cette bédé urbaine de science-fiction dont je rêve depuis longtemps.Là, finalement, c’est fait: je crache le mor- f ceau.» _ Les ama-r teurs de récits ^ d’anticipation, où les destins se croisent et où la jeunesse se vautre dans ses ____idéaux et dans une profonde légèreté, sm fond d’environnement postatomique, seront donc servis.Avec Ab irato — locution adverbiale latine qui veut dire «sous l’empire de la colère» —, Thierry Labrosse a décidé de révéler sa vraie nature.Une nature fascinée, on le savait déjà, par les in- SOURCE VENTS D’OUEST teractions entre des humains perdus dans la jungle urbaine, mais aussi indignée par les injustices sociales, les abus de pouvoir et le manque de conscience individuelle face à notre destin collectif sur une planète que l’on nous prête, le temps d’une vie.«C’est ce que j’avais envie de dessiner, dit Thierry Labrosse, qui bosse actuellement sur les 12 premières planches du deuxième chapitre de cette histoire.Amener l’action à Montréal, un siècle plus tard, me permet de multiplier les travers de notre société par 10 pour questionner le présent.Ça sert le récit.Et si ça peut servir à une prise de conscience, eh bien ce sera une bonne chose, même si ce n’est pas l’effet recherché.» L’engagement est subtil, mais il s’ancre sur les enjeux, les angoisses et les grands questionnements de notre temps.Comment?En donnant vie à une rue Saint-Denis navigable en raison de l’inertie collective face au réchauffement climatique.Il y questionne en quelques cases noùe rapport à l’environnement Ailleurs, c’est un bien collectif, la «montagne» privatisée, qui interpelle le lecteur et vient mettre en relief ce qui «met en colère» le créateur: le copinage entre le politique et l’industriel.«Les corporations ont VOIR PAGE F 2: ENFER Enfin, un vrai palmarès ! Le palmarès Gaspard-L^ Devoir voit le jour JEAN-FRANÇOIS NADEAU Un autre palmarès des ventes de livres?Non.Celui que publie à compter de cette semaine Le Devoir, en partenariat avec la Banque de titres de langue française (BTLE), est unique.Le palmarès Gaspard-Le Devoir est en effet le seul à fonder ses résultats sur une étude exhaus- tive et objective des ventes d’un vaste réseau de librairies.Autrement dit, il offre un véritable instantané, précis et fiable, des ventes de livres chez nous et non pas le reflet de l’activité ou des intérêts de marchands.Ce sont 141 points de vente qui, à la suite de rapports hebdomadaires, permettent d’établir cette liste des meilleurs vendeurs dans quatre champs précis: la littérature québécoi- se, la littérature étrangère, les essais québécois et les essais étrangers.Il s’agit ainsi du seul palmarès à offrir un instantané précis de l’activité dans les librairies d’ici.Vous trouverez désormais ce palmarès en page 3 de votre cahier Livres, tous les samedis.Créée en 1996, la BTLE a pour mission de favoriser la diffusion et la commercialisation des livres de langue française.La BTLE anime Gaspard, un système d’information sur les ventes qui permet, entre autres choses, d’effectuer des analyses fines du marché du livre français.Notre nouveau palmarès est lié de très près à cet outil précieux — d’où son titre — et témoigne de la confiance du Devoir à l’égard de la Habilité et de l’indépendance de ce service d’analyse des ventes de livres.De tels outils existaient déjà en Europe, aux États-Unis et au Canada anglais.Mais il s’agit d’une première au Québec.Désormais, la parution hebdomadaire de ce palmarès devrait décourager des inventions commerciales où prime avant tout l’esprit de négoce.En Erance, de longue date, les éditeurs doivent révéler leurs tirages.Rien de tel ici, où les inventions sur les tirages ont longtemps fait partie des termes usuels d’une rhétorique marchande.Si bien que les critiques et le public ont peu à peu appris à se méfier des chiffres de vente avancés par la confrérie des éditeurs.On ne pourra plus voir des gens prétendre avoir vendu 10 000 ou 100 000 exemplaires sans que cela ne se reflète dans le palmarès Gas-pard-Lc Devoir.VOIR PAGE F 2: PALMARÈS F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 LIVRES ENFER SUITE DE LA PAGE E 1 aujourd’hui un pouvoir démesuré, dit-il.Les politiciens sont à la merci de ces groupes qui peuvent faire tout ce qu’ils veulent sans se soucier du bien commun.Et la bande dessinée peut servir à dénoncer ça.» En puisant dans les univers visuels de Mad Max, Blade Runner et autres films apocalyptiques cultes des années 80, ce premier volet d’une série qui doit se poursuivre sur cinq ans, au rythme d’un album par année, arrive finalement très vite à atteindre son objectif de dépaysement et de divertissement, sans trop bousculer le cadre formel de ces aventures futuristes qui, depuis quelques années, foisonnent dans le monde du 9" art.Labrosse le fait aussi, avec un brin d’humour d’ailleurs, en imaginant des policiers en bateau dans les rues de la métropole, en transformant la rue Duluth en nouveau Red Light où les femmes — forcément dessinées avec une efficacité redoutable — s’exposent en vitrine, et aussi en imaginant une opération policière musclée dans le métro de Montréal, pages 13 et 14, où, les rames, sur pneumatiques, sont étrangement similaires à celles que l’on trouve aujourd’hui en ville.Ailleurs pourtant, dans ce Montréal 2111, les autres modes de transport ont tous terriblement évolué.«En 100 ans, les appels d’offres pour renouveler les wagons du métro ont tous capoté, résume l’auteur en rigolant.On n’a pas réussi à s’entendre sur les modalités de remplacement et on n’a plus eu les budgets pour les remplacer.» Le monde de la littérature d’anticipation est ainsi fait: il peut divertir.Mais il ne fait pas toujours sourire.La vie, la ville D’un imaginaire à un autre.Trois ans aussi après avoir marqué funivers de la bédé avec son Mertownville (Paquet), une série en trois actes, Michel Lalardeau a décidé lui aussi de s’approprier la ville avec ce Luck (Dargaud), qui marque le retour du jeune créateur de Québec.Sous la couverture, un illustrateur talen- tueux cherche sa personnalité tout en s’éloignant de son mal-être, le tout dans l’environ-nement urbain ultracoloré d’une métropole imaginaire qui n’est pas sans faire penser à la capitale nationale.Quelque part pas très loin de celle d’aujourd’hui.«C’est un peu normal: c’est là que je vis», lance à l’autre bout du fd le bédéiste, qui fait partie du club restreint — mais de plus en plus touffu — des auteurs québécois qui ont séduit les maisons d’édition européennes.Dans la tête du bédéiste depuis des années.Luck trouve son point de départ dans une phrase que Lalardeau avait laissé traîner pendant des années dans le tiroir de son bureau.Quelques mots: «Un gars fait des graffitis et il voit les policiers comme s’ils étaient des gorilles.» Point.La suite, elle, s’exprime désormais sur les 126 pages de cet album qui s’est donné pour ambitieuse mission d’explorer le difficile passage à l’âge adulte, sur fond de construction de murales sur les façades publiques ou privées de la ville, de compétition de basket-ball, de tensions sexuelles et d’amour inavoué.Et bien sûr, les policiers y ont toute la substance des primates.«C’est un peu biographique, mais pas totalement, précise le bédéiste./e n’ai jamais fait de graffitis, mais fai joué au basket-ball plus jeune.Et puis j’ai déjà, comme Luck, eu un jour un coup de foudre pour une fille dont je n’osais pas m’approcher.» Elle ne s’appelait pas Julie, précise-t-il sans aller plus loin.Malgré un découpage en dents de scie, Michel Lalardeau confirme avec ce nouveau titre, dont la fin ouverte laisse présager une suite, la pertinence de son apport à l’univers mondialisé de la bédé «gossée» au Québec.Au même titre que le duo Delaf et Dubuc et leurs incontournables Nombrils (Dupuis).11 permet aussi, avec ce récit simple, mais pas simpliste, de renouer avec l’efficacité et la précision d’un coup de crayon qui, à lui seul, avec l’environnement ludique et assumé qu’il construit, permet de voyager.Et c’est déjà beaucoup.Le Devoir Ç£$ TETES PE mORT.ENCORE ET ENCORE.SOURCE DARGAUD Illustration de Michel Falardeau tirée de Luck PALMARES SUITE DE LA PAGE E 1 Désormais, on le saura: les livres qui se vendent le mieux au Québec, ce sont ceux qui se retrouvent sur ce palmarès Gas-pard-Le Devoir.Point à la ligne.Est-ce à dire qu’il s’agit forcément des meilleurs livres?Bien sûr que non.Un palmarès ne permet pas de déterminer ce qui appartient à la bne fleur du monde littéraire, mais il offre tout de même la possibilité de mesurer les succqs commerciaux du moment.A cet égard, un palmarès sérieux peut parfois offrir un étonnant portrait sociologique, à condition d’être questionné.Pourquoi un livre de cuisine se trouve-t-il par exemple côte à côte avec un es- sai sur les relations internationales?Pourquoi un roman pour midinettes trouve-t-il un aussi vaste public que le dernier livre d’un auteur bien établi?Des questions que vous vous poserez sans doute, tout comme moi, en consultant le palmarès Gaspard-Le Devoir.Le Devoir 1 I cœur, \ é.j.— rtitl* - SOURCE lEGOR HOTEL DES ENCANS Premier manuscrit d’indépendances, de Pierre Vadeboncœur À vendre : des manuscrits de Montcalm et Vadeboncœur JEAN-ERANÇOIS NADEAU Dans une importante vente qui doit se tenir le 14 septembre, lendemain de l’anniversaire de la Conquête anglaise, en 1759, la maison legor annonce la mise aux enchères d’un très rare manuscrit du Journal du marquis de Montcalm, ainsi que des originaux de deux bgures marquantes de l’histoire intellectuelle québécoise, Pierre Vadebon-cœur et André d’Allemagne.Les quelques pages du journal de Montcalm mises en vente racontent des épisodes postérieurs à la prise du fort Georges et sont datées de 1756 à 1757, depuis Montréal.Durant la guerre de Sept ans, le général français avait pris l’habitude de dicter son journal à des aides de camp.Après avoir participé à la guerre de Succession de Pologne, à celle de l’Autriche, après avoir été blessé à plusieurs reprises, notamment lors d’une campagne en Italie, Montcalm devint chef des armées en Nouvelle-Lrance.11 mourut de ses blessures à la suite de l’attaque lancée sur Québec par le général James Wolfe, au majin du 13 septembre 1759.Evidemment, on s’étonne qu’un document pareil ne se trouve pas déjà dans les voûtes d’un musée.Indépendances Des écrits de l’essayiste Pierre Vadeboncœur se retrouvent aussi dans cette vente aux enchères, sans doute bien mal^é ses volontés.Deux manuscrits de ses livres les plus importants.Les Deux royaumes (1978) et Indépendances (1972), de même que de la correspondance, ont été mis en vente par un ami restaurateur à qui il les avait conbés.Vadeboncœur est décédé le 11 février dernier, d’une rapide maladie.Joint au téléphone, le porte-parole de la famille de Pierre Vade- Gaspard" LE TOUT NOUVEAU SERVICE D'ANALYSE DE VENTES DU LIVRE FRANCOPHONE! 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Le Devoir Déconvrir l’histoire de l’imprimerie à Montréal Montréal d’idées et d’impression revient du 10 au 26 septembre, nous faire découvrir l’histoire de l’imprimerie de la métropole.Cet événemeuL organisé par le Centre d’histoire de Montréal et le Petit Musée de l’impression, propose des visites de l’imprimerie Lowell, dans le Vieux-Montréal depuis 1835, des tours guidés thématiques, un atelier d’impression et des visites d’archives.Pour la programmation: museeimpression.ofg.- Le Devoir ATriptyq ue www.tnptyque.qc.ca triptyque@editiontriptyque.com Tel.: 514.597.1666 Lucie Ledoux Un roman grec Lucie Ledoux Un roman grec roman, 106 p., 18 S L’enfance d’une Québécoise «pure laine» dans l’un des quartiers les plus multiethniques de Montréal, Parc-Extension.Ce récit doux-amer explore les questionnements sur l’identité, les secrets de famille et le fossé des perceptions entre le monde des enfants et celui des adultes.Jean Forest LE GRAND GLOSSAIRE du français de France Mots, sens et expressions qui font défaut au français du Québec Jean Forest LE GRAND GLOSSAIRE DU FRANÇAIS DE FRANCE Mots, sens et expressions qui font défaut au finançais du Québec PLUS DE 14 000 ENTRÉES 461p., 35$ « Il faut l’acheter, il faut le lire, j’ai trouvé ça passionnant.» Lorraine Pintal, Vous m’en lirez tant, Radio-Canada ?^Gaspard-LE DEVOIR ALMARÈS Du 30 août au 5 septembre 2010 ¦il 1J 1 3 IJ 3 IJ k 1 3 IJ \w Romans québécois 1 11 La fille du pasteur Cullen • Tome 2 À l'abri du silence Sonia Maimen/Québec Amérigue -/I 2 Ru Kim Ttiuv/Llbre Expression -/I 3 Mémoires d'un ciuailicr • Tome 1 Laura Louise Trcmblav-D'Esslambre/Guv Saint-Jean -/I 4 À l'ombre du clocher • Tome 1 Les anndes Mes Michel David/Hurtubise -/I 5 Lepassaner Patrick Senécal/Aliro -/I 6 Un bonheur si fragile • Tome 3 Les dpreuves Michel David/HurtubIse -/I 7 La fille du pasteur Cullen • Tome 3 Le prix de la vdritd Sonia Mamtcn/Québec Amérigue -/I 1 8 b communauté du Sud * Tome 1 Quand le danger rôde Chariaine Hanis/Flammarion Qc -/I 9 Mémoires d'un quartier • Tome 6 Francine Louise Louise Trcmblay-D'Esslambre/Guy Saint-Jean -/I 10 La fille du pasteur Cullen * Tome 1 Partie 1 Sonia Mannen/Québec Amérique -/I Romans étrangers 1 11 Le souffle du danger Nota Roberts/Harieguin -/I 2 Mange, prie, aime Elizabeth Gilbert/Calmann-Léw -/I 3 L’homme du lac Amaldur Indridason/Points -/I 4 Une fonme de vie Amélie Nethomb/Albin Michel -/I 5 Mes alliances.Histoires d'amour et de mariapes Elizabeth Gilbert/Calmann-Léw -/I 6 L’allumeur de réverbères Anthony O’Neill/LGF -/I 7 Les cerf^lants de Kaboul Khaled Hosseini/10-18 -/I 8 Ma vie privée sur Internet Carole Matthews/Marabout -/I 9 Hush.Ce gue vous ne dites pas peut vous tuer.Kate White/Marabout -/I 10 Une douce flamme Philip Ken/Du Masque -/I Essais québécois 1 Ï1 L’arcdété.Le cancer de l'âme Louise Reid/JCL -/I 2 Osti de fif ! Jasmin Rov/Intouchables -/I 3 Accommodements raisonnables.Droit â la différence.Yblande Geadah/VLB -/I 4 Perdus sans la nature.Pourouoi les jeunes ne louent.Fiancois Cardinal/Québec Améngue -/I 5 Paix et démocratie.Le droit des peuples.John Rawls/Boiéal -/I 1 6 L'enseipnement du drot et la reproduction des hiéi^ies Duncan Kennedv/Lux -/I 7 Citovens sous suiveillance.La face cachée d’Internet Fiancois Fortier/Écosociété -/I 8 Jeunes filles sous influence.Prostitution juvénile.Michel Dotais/VLB -/I 9 Génération Idéaliste Sébastien Rliabault/lntouchables -/I 10 Souveraineté démocratique, justice et mondialisation Geneviève Nootens/LIber -/I Essais étrangers m Le principe de prévention.Le culte de la santé.Patrie Moatti, Jean-Paul PerettFWatel/Seuil -/I 2 De la race en Amérigue Batack Obama/Grasset -/I 3 Le visage de Dieu Igor Bogdanoff, Grishka Bogdanoff/Giasset -/I 4 Pour sauver la planète, sortez du capitalisme Heivé Kempf/Seuil -/I 5 Le philosophe et le loup.Liberté, fratemité, leçons.Mark Rowlands/Belfbnd -/I 6 Une brève histoire de l'avenir Jacques Attali/LGF -/I 7 La stratépie du choc.La montée d'un capitalisme.Naomi Klein/Actes Sud -/I 8 Ces impossibles Français Louis-Bemaid Robitaille/Denoël -/I 9 De bons petits soldats David Rnkel/Robert Laffont -/I 10 lus mités dons dx ans?Dette piiiigue, la demlàe chance Jacques Attali/Fayard -/I La BTLF (Sod^ da gestion de la Banque de titres de tangue ftangaise) est pmpridtaite du système d'tnfbnnatton et d'analyse Sssÿtgi sur les ventes dellvresfrançaisauCanada.Cepalmaresest extrait de et est censtitud des relevds de caisse de 141 points de vente.La BTLF regoit un soutien financier de Palrimaiie canadien pour te projet tsÿsi.© BTLF, toute reproduction totate ou partielte est interdite. F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 LITTERATURE Je suis Finlandais Louis Hamelin Ces jours-ci, je fais parfois un rêve dans lequel je me tiens au pied de la statue équestre du maréchal Mannerheim sur Mannerheimintie, la grande artère d’Helsinki où, tourné vers le tranquille flux humain nordique entrecoupé de rails de tramways et de pistes cyclables, je m’écrie: Olen Suomi! faisant un vrai président Kennedy berlinois de moi-même.Je songe à me faire Finlandais depuis que j’ai découvert que ce petit peuple de cinq millions d’habitants qui a produit, au hl des ans, les plus grands pilotes de rallye et trois champions mondiaux de Formule Un n’idolâtre pas l’auto pour autant, bien au contraire! Au milieu de la fluide circulation helsinkienne, le petit bonhomme vert qui s’allume aux passages piétonniers prend tout son temps, de sorte que les piétons n’y ont pas cette allure de gibier apeuré typique des carrefours de chez nous.La Finlande occupe un territoire assez semblable au nôtre, avec ses omniprésents lacs semés d’îles, ses vastes forêts de bouleaux et de résineux, sa rare agriculture, ses pêcheries côtières et son arrière-pays hjqjerboréen.Mais la culture qui l’habite, c’est une autre histoire.Sur les routes du pays, l’exotisme devient criant: presque pas de camions (le gros des marchandises étant, on le suppose, convoyées par train), personne pour venir rouler à trois mètres de votre pare-chocs arrière et réclamer le passage avec une subtilité toute cro-magnonne, sans paraître encore avoir compris que nous allons tous dans la même direction: vers le cimetière, alors à quoi bon se presser?Sur les routes bnlan-daises, on peut même observer un truc absolument stupébant: des conducteurs qui respectent les limites de vitesse.Qu’est-ce qui se passe?N’ont-ils pas, eux aussi, leur lot de frustrations de pauvres types complexés jusqu’au trognon à dissiper dans l’odeur du caoutchouc brûlé?De toute manière, les photo-radars qui balaient imperturbablement la chaussée épargnent à l’automobiliste de là-bas la vue déplaisante des chiens de troupeau qui polluent nos beaux terre-pleins québécois plantés d’épervières et d’épilobes avec leurs auto-patrouilles à gyrophare.Mais surtout, les Finlandais, ce peuple ber, en tranquille possession d’une langue hier minoritaire et aujourd’hui dominante et dont le bilinguisme officiel consiste, selon une mémorable maxime, à «se taire en deux langues», me paraît aimer assez le silence et les livres pour me donner à penser que voilà peut-être deux choses qui ne vont pas souvent l’une sans l’autre.A Gravi, à Li-pere, un propriétaire de chalet aviné ou non, qui gueule assez fort pour être entendu de l’autre côté du lac, paraît chose impossible.On peut trouver les Finlandais un peu froids, voire bizarres, mais j’échangerais n’importe quand un de nos bouts de rive déboisée plus une demi-douzaine de nos colons de bord de lac contre un des cottages en rondins dans lesquels, pendant quelques jours, près d’une berge abritée sous de grands arbres qu’aucun crétin à tronçonneuse n’avait pris sur lui d’éliminer, histoire de dégager un peu la vue, j’ai bttéralement entendu passer le temps.Une trouée dans la végétabon laissait voir un coin d’eau et un vieux quai de planches, une chaloupe à rames dormait dans les roseaux.J’aurais pu me croire dans le Québec de quand j’étais pebt, avant que le bruit, que le babil débile du radio-auto-micro s’y confondent débnitive-ment avec la culture populaire et que les décibels des animateurs de foule partent à l’assaut des dernières résistances du mental.Gui, Glen Suomi! je suis Finlandais, d’autant plus que pour un écrivain, ambitionner de s’adresser au peuple le plus liseur d’Europe, c’est quand même un peu plus encourageant que la perspective d’ajouter à tous les ouvrages déjà voués à s’échouer au mi-beu d’une populabon composée pour 50 % d’analphabètes fonctionnels.Ajoutons que dans cet autre pays-là, on se fait suer pour les bonnes rai- sons, après avoir bien bourré le poêle du sauna.Dans mes bagages, avant de partir, j’avais glissé Sang chaud, nerjs d’acier, le dernier roman d’Arto Paasilinna, traduit en français.Drôle de livre.J’avais déjà lu, de cet auteur.Petits suicides entre amis, une farce joyeuse sur un sujet plutôt grave, soit la tendance bien connue du caractère nabonal à broyer du gris.Cette fois, le romancier bnnois, voulant embrasser l’histoire moderne de son pays, fait naître son héros l’année même de l’indépendance d’une Finlande bbérée de la tutelle tsariste pour mieux sombrer dans la guerre civile, en 1918, avant de lui faire survoler le siècle jusqu’en 1990.Un héros qui, comme son créateur (successivement bûcheron, ouvrier apicole et journaliste avant d’un beau jour taquiner la muse et finir romancier à succès), tâtera de quelques métiers, dont docker, bootlegger et maquignon, avant de devenir un respectable entrepreneur, père de famibe, pobbcien, etc.Entretemps, et puisqu’une indépendance na-bonale, ça se défend à la pointe du Mauser, il lui aura bien entendu fallu endosser l’uniforme.Apparemment, le passé de la Finlande, comme je pouvais encore le constater ü y a deux jours dans la New York Review of Books, contbiue d’en déranger quelques-uns: allié de facto de l’Allemagne nazie contre l’Union Soviébque, ce n’est pas une casaque mibtabe si facile à porter.Comme si, quand on est un pays de cbiq mibions d’habitants attaqué par une superpuissance aussi grande qu’un continent, on avait le choix de ses amis! Avec le recul, et si on oublie un peu le tampon d’approbabon inconditionnelle que l’histoire applique au front des vabiqueurs, le mariage de raison entre Churchbl, Roosevelt et Stalbie (dont le palmarès, calculé en mibions de victimes, donne à Hitler un petit ab d’enfant de chœur.), était bien aussi cribquable.Ces enjeux (la Guerre d’Hiver avec l’URSS dans le rôle de l’agresseur, puis l’Gpéradon Bar-barossa et l’espèce de pas de valse de la Finlande qui, contre le désir du Führer, s’arrête avant Leningrad, pour finir par retourner ses troupes contre les Allemands en Laponie), ü ne faut pas trop compter sur Paasilinna pour les éclairer.comme s’il écrivait pour la famille.Et pourtant, quelle madère épique! Gr, le bvre rate complètement la cible.Le problème n’est pas tant qu’ü dépasse à peine les 200 pages que le fait qu’il soit écrit sur le ton d’un de ces ouvrages de commande, entre bio et hagiographie, que des écrivabis dans le besoin rédigent sur le compte de tel chevalier d’industrie pour faire bouillir la marmite.Paasilinna donne un conte là où s’imposait le gros et grand roman.Collaborateur du Devoir SANG CHAUD, NERFS D’ACIER Arto Paasibnna Traduit du bnnois par Anne Cobn du Terrab Denoël Paris, 2010,215 pages Arto Paasilinna Sang chaud, nerfe d’acier TRADUIT DU FiNI^OIS PAR ANNE COLIN DU TERRAIL DENOEL a D'AILLEURS POESIE Le monde qui se perpétue HUGUES CORRIVEAU Dédié à l’esrimable et regrettée Monique Bosco, le dernier recueil de Nadine Ltaif s’insère dans la tranquillité de l’absente, dédicataire qui ne bra pas ces textes, mais qui soutient le cœur des mots: «continue, continue, n’arrête pas, surtout pas, écris comme jamais tu n’as écrit, à pleine bouche.L’amour, comme l’écriture, comme la vie, tous les jours, côtoie la mort.» «Entre vestige et disparition», voici le monde qui se perpétue, qui se maintient à contre-courant, pour la survivance de l’espoir et de l’émerveillement, même si la poète avoue: «Je suis / une douleur sans nom»\ Journal de voyage, le recueil se recueille.Devant Goya ou Guer- nica: la guerre, la férocité.Voüà, c’est cela: «Le présent sera une suite / de petites violences / et de grandes douleurs / Les moments de paix / trouvés dans le jardin / de jasmins / de cyprès / de bougainvilliers / Ces moments de fusions / où l’art réussit / à vaincre les haines / raciales / où les grands de Tolède / et ceux d’Arabie / Quand juifs et musulmans / et chrétiens / brodent leurs efforts / Ils trouvent un chant / une pierre / un nouveau conte / à ciseler avec/ amour.» La poète émigre, franchit l’histoire comme l’Atlantique, cherche sa route et son beu de terre et d’ancrage: «Voici les voyages / que nous offre l’écriture / des voyages immobiles / des traversées de cahiers / de bord et d’apparence.» Présentement en librairie L’esprit en boîte Un sourire bi.inoé LS Nicolas Tremblay nouvelles L’esprit en boîte 16 septembre Sergio Kokis Un sourire blindé roman En librairie le 30 septembre SfRc.io Rows DlSSIML^tlIONfi Renald Bérubé Les caprices du sport roman fragmenté DISTRIBUTION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dimedia.qc.ca Site lnternet:www.dimedia.qc.ca Sergio Kokis Dissimulations nouvelles U YOLANDE VILLEMAIRE Nadine Ltaif pubiie un nouveau recueii au Noroît, Ce que vous ne lirez pas.Poésie de la sbnpbcité, du regard posé sur Montréal ou sur l’Inde, qui accueille les images porteuses d’une rébexion profonde sur le sens de la vie, du regret et de la déterminarion irrépressible qu’il faut pour se perpétuer.La passion du présent Sous une bebe nuage de Marie Levasseur, sans doute trop bispirée par les bioubbables nageurs de Betty Goodwbi, La déposition des chemins, de Nicholas Dawson, conjugue son chant d’amour pour Léo, dans les lobitabis du Sud, et un désb de réconcüier les tensions antinomiques imposées par l’exil.Et cet exb s’appelle aussi l’hiver et la neige (dont l’abus des termes entache la pertinence de plusieurs textes du bvre!).Le poète cherche appui dans le blanc létal, alors que «son corps est un désastre, [alors que] les chutes et les chants ne creusent / aucune crevasse».Car «partout la terre accueille les morts./ Partout le ciel les conserve».Tout comme Nadine Ltaif, il lui faut trouver le chemin d’une réconciliation qui fera fondre la gaine insensible qui risque de contraindre la tension vitale.11 est impératif de trouver «des noms / prêts à fondre en simples mots / devenus pierres et tombeaux».L’urgence est d’autant plus grande que l’espoir de s’accomplir dans l’espace urbabi se fragüise avec la récurrence des images mari-rimes.Le recueil aurait mérité d’être expurgé de ses redites et de quelques facilités métaphoriques.Mais on sent tout de même sourdre un besoin profond de reconquérb la langue, ici française et espagnole, afin de pétrir substantiellement une émorion à rieur de peau.Collaborateur du Devoir CE QUE VOUS NE LIREZ PAS Nadbie Ltaif Edibons du Noroît Montréal, 2010,104 pages LA DÉPOSITION DES CHEMINS Nicholas Dawson Édibons La Peuplade Saint-Fulgence, 2010,80 pages evesque éditeur ECIIANGf LITTERATURE ERANÇAISE L’inconsolable et le chagrin GUYLAINE MASSOUTRE Il faut souvent attendre la bn d’un roman pour le comprendre.Tel est le cas de Dans la nuit brune, d’Agnès De-sarthe, auteure de plusieurs romans, de livres pour enfants et d’un bel essai cosigné avec Geneviève Brisac, V.W., Le mélange des genres, une lecture croisée de Virgbba Woob.Aux remerciements de clôture, on imagine une longue conversa-bon entre la romancière et Claire Zalc, auteure, elle aussi en double, avec Nicolas Mariof d’un essai sur la persécurion des Juife de Lens.Ebes s’entreriendraient notamment du sort des enfants en ces temps hideux.11 en résulte une émotion insoutenable, une peine affreuse et une volonté: revenir à un monde tempéré, mobis inhumain.Gr l’utopie répond mal aux blessures de l’histoire.Le roman, au contrarie, recèle un don singu-ber: le pouvoir de refaire le monde, sans en masquer les errements, les sottises ni la honte.Ainsi, Desarthe s’empare-t-ebe dans la bcbon de desrins fragbes, accablés par im biconsolable chagrin.Sans s’éloigner de notre époque, ebe dit ce qu’un humarii peuty voir, y ressenrir, y fabriquer en tournant la roue aveugle de la raison à l’endroit, à l’envers, dans toutes les driecrions.Ainsi va son personnage test, une girouette falote, ce Jérôme, enfant trouvé, sans passé ni avenir.Ce père aux prises avec une histoire d’adolescents et d’idenb-té confuse erre dans sa tête et dans sa vie, à court de langage, les idées claires en fuite, les mots s’étant dérobés, les moments où le sens vacille étant plus fréquents que ceux où la vérité l’éclaire.Ricochets d’empathie 11 faut bre cette histoire, racontée minutieusement, pour ses rinpressions vagues et ses émois fugaces.S’attachera-t-on aux per-soimages?Au contexte d’enquête?Au narrateur?Non, c’est plutôt par ricochet d’empathie que le bvre nous happe.Car le récit a un tour, un ton, im rjtthme, bousculé, étrange à force de détours et de rebonds.En bn de compte, on veut savoir le bn mot du propos, de l’histoire.Comprendre ces ruptures de logique, cet abracadabra du rêve, ces bgures grotesques, ces sorties carnavalesques en plebi drame, la suite d’un accident mortel en moto.Gn saisit.Plus les ornements fantaisistes du récit forment des dessins, plus l’enluminure embel-bt le paysage réel et la musique de l’âme sourient ce blues syncopé, cadencé.Des événements compensatoires s’orchestrent autour de l’absence, du manque irréversible et de ses avatars absurdes, d’un tombeau.vide.Même le mort est explosé.Dans la nuit brune est un ouvrage sur l’émotion, la perte, le non-sens, et la réponse à donner malgré tout au leitmotiv de la mort.La variation a ses ritournelles, ses trilles, ses coups de théâtre, sa portée.Baroque, ce roman fait d’aüleurs allusion au motif gothique, que certains jeunes opposent au monde présent.Moderato cantabile, aurait peut-être dit Duras.Sous la plume de Desarthe, d’incurables chagrins rencontrent abisi la compassion, la tendresse d’un conte pour adultes.Le remède est bttérarie, éprouvé du fond des âges: sur un mode de transmission orale, ü apporte une réponse très fine aux angoisses indicibles engrangées par les enfants.Terrorisme À signaler, pièce d’un échi-qujer accompb, le dernier roman d’Ébe Wiesel, Otage, qui raconte un fait divers survenu à Brooklyn en 1975: un Juif de ce petit royaume, transposé du shtetl, est enlevé par deux bidividus, un Italien des Brigades rouges et un Palesrinien, dans le but de farie bbérer dçs camarades emprisonnés aux États-Unis.La stéribté du fait divers domine ce récit Même si le héros malgré lui ressasse le passé, le sens de cette histoire revient au vagabondage bizarre et fou des hommes.Ni pessimisme, ni opri-misme, mais stupéfaction toujours renouvelée! L’ouvrage est écrit en phrases courtes, dialo-guées, dans un huis clos qui vise à grossir les traits essenriels.Les tableaux s’enchaînent distancés et brechtiens, la parole demeurant l’unique réalité grâce à la-quebe la conscience tempère ses visions agitées.Collaboratriee du Devoir DANS LA NUIT BRUNE Agnès Desarthe L’Obvier Paris, 2010,212 pages OTAGE Ébe Wiesel Grasset Paris, 2010,393 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2010 F 5 LIVRES REUTERS/NEW YORK PUBLIC LIBRARY/THE MIRIAM AND IRA D.WALLACH DIVISION OE ART, PRINTS AND PHOTOGRAPHS, PHOTOGRAPHY COLLECTION/ALLEN GINSBERG ESTATE Jack Kerouac photographié en 1953 par Allen Ginsherg La route de papier québécoise de Kerouac MICHEL LAPIERRE L> incipit d’un grand livre est souvent d’une ' richesse insoupçonnée.Au début de l’édition standard A’On the Road (New York, 1957), de Jack Kerouac, le narrateur nous apprend qu’il a fait la connaissance de Dean Moriarty (nom fictif de Neal Cassady) après avoir rompu avec sa femme.Mais le tapuscrit du roman commençait ainsi: «J’ai rencontré Neal pas très longtemps après la mort de mon père.» Détail qui révèle l’abîme des origines.Howard Cunnell, qui a établi en 2007 l’édition du «rouleau original» inédit de Sur la route, le fameux tapuscrit continu, long de 40 mètres, sans pages ni paragraphes, dont Gallimard vient de publier la version française, insiste à juste titre, dans sa préface, sur cette différence dans la symbolique de l’incipit.La passion que Kerouac éprouve pour l’Amérique qu’il traverse «vient du fait, précise l’exégète, qu’il se perçoit à la fois comme américain et comme canadien-français».Si Gallimard note avec parcimonie, sur la quatrième de couverture, que Jack Kerouac (1922-1969) est né à Lowell (Massachusetts) «dans une famille d’origine canadienne-française», Cunnell sait que l’identité culturelle de l’écrivain, viscérale, souvent revendiquée, n’est ni lointaine ni accessoire.Dans le rouleau original, où, à l’opposé de l’édition standard (Viking Press), les personnages de l’autobiographie romanesque portent leurs vrais noms, Kerouac fait à propos de Neal Cassady un aveu lourd de sens.11 écrit: «Je m’intéresse à lui comme je me serais intéressé à mon frère qui est mort quand favais cinq ans, s’il faut tout dire.» La mort, celle de son frère aîné Gérard, disparu dès l’enfance des suites d’une longue maladie, ou encore celle de son père Léo en 1946, ne cesse de le hanter.«Mon frère Gérard était comme Jésus.Mon père, je l’aimais comme Dieu», déclare Kerouac dans Livre des esquisses, des carnets (1952-1954) dont La Table Ronde, de son côté, nous présente aujourd’hui la première traduction française.Dans le rouleau original, à l’opposé de l’édition standard, les personnages de l’autobiographie romanesque portent leurs vrais noms Le rapprochement entre ces notes et le tapuscrit de Sur la route n’a rien de fortuit.Cunnell signale que le rouleau que Kerouac aurait, comme celui-ci l’a écrit à Neal, tapé sous une inspiration foudroyante, entre le 2 et le 22 avril 1951, est, en réabté, le fruit d’une gestation qui commence en 1947, comme l’attestent les journaux de l’écrivain.11 ne faut pas s’étonner que les carnets rédigés après 1951 en soient le prolongement.Kerouac y souligne: «En fait, la vie m’insultait parce qu’elle n’incluait plus Gérard.» Ce profond dégoût de l’existence, souvent caché derrière l’émerveillement que suscite chez lui la beauté du continent, transparaît mieux dans le tapuscrit original de Sur la route (plus long, plus IjTique, moins narratif) que dans le texte standard, expurgé des passages jugés obscènes en 1957 et remanié sur le conseil de Malcolm Cowley, éditeur et critique.«Au fond, on perd son temps, alors autant choisir la folie.Tout au bout de la route américaine, il y a un homme et une femme qui font l’amour dans une chambre d’hôtel.Je ne voulais rien d’autre», lit-on dans le rouleau.Cela n’empêche pas Kerouac de dévoiler ses pulsions secrètes en jetant un regard concupiscent sur la bisexualité sans complexes de Neal.En écoutant Allen Ginsberg vanter la «grosse bite» de ce voyou sublime du Colorado, l’autobiographe approuve en hochant la tête.Dans le contexte du rouleau, le passage sur les «Indiens universels» qui font de la route américaine la continuation de la route planétaire des peuples dominés, «où nous allions nous découvrir nous-mêmes», selon le narrateur, est plus étourdissant que celui de l’édition de 1957.Cette route, Kerouac la préfère au «monde européen» qu’il stigmatisera dans Livre des esquisses.11 rêve de se fondre dans l’Amérique charnelle de Neal et dans le Québec céleste de Gérard.Collaborateur du Devoir SUR LA ROUTE LE ROULEAU ORIGINAL Jack Kerouac Gallimard Paris, 2010,512 pages LIVRE DES ESQUISSES Jack Kerouac La Table Ronde Paris, 2010,384 pages POLARS Piégés ! MICHEL BELAIR \ A force de laisser les livres s’empiler sur son bureau — vous avez idée du nombre de polars publiés chaque année?—, il arrive parfois que l’un d’eux se glisse dans une sorte de faille spatio-temporelle et disparaisse pour ne resurgir que des mois plus tard.C’est précisément ce qui est arrivé à ce livre terrible arrivé ici au cours du printemps et qui est entré dans une période de dormance sous un échafaudage chambranlant, à droite de mon ordinateur, avant de me rattraper, l’autre semaine.Vraiment «terrible», ce thriller que vous ne pourrez pas vous empêcher de tout dévorer d’une traite, on vous le dit tout de suite.«Terrible» comme dans «prenant», «captivant», «irrésistible».Par son intrigue, hallucinante, autant que par ses personnages, criants de vérité.Le roman met en scène un psychologue forcé à la semi-retraite par le Parkinson et un tueur en série particulièrement insidieux, une sorte de fantôme dont l’auteur nous permet de lire les pensées à certains moments précis.Le professeur O’Lougtilin assistera bientôt en direct au «suicide», un soir d’orage, d’une femme qui se jettera sous ses yeux d’un pont suspendu avant qu’il ne puisse tenter de la retenir.Nue, maquillée outrageusement, l’air anéanti, elle est suspendue à un téléphone portable duquel le professeur croit entendre qu’il s’échappe un mot: «Saute!» Tout juste avant qu’elle ne disparaisse.Et ce n’est que le début d’une atroce série de faux suicides «commandés» par un psychopathe de première.La vraie vie Heureusement, O’Loughlin n’est pas le seul à vouloir mettre la main sur le tueur.Péniblement, on parviendra à percer peu à peu le mystère, et le visage du coupable apparaîtra, énorme, diabolique- ment rusé, une sorte d’intouchable prédateur criant vengeance.Entouré d’un large éventail de personnages tous déchirés à leur façon par le drame, le professeur patauge dans un monde sombre où, malgré tout ce à quoi l’on peut prétendre, c’est la vraie vie ordinaire, avec ses choix difficiles, ses irremplaçables petites joies et ses leurres habituels, qui tient tout le monde dans la même nasse.Au bout du compte, on sera frappé par la réflexion profonde surgissant du récit de Ro-botham, que l’on sent toujours en contrôle du moindre petit détail: une écriture intelligente, provocante souvent, irrésistible, en un mot.On en veut encore! Le Devoir TRAQUÉES Michael Robotham Traduit de l’anglais par Sabine Boulongne Surprise&Cie, Jean-Claude Lattès Paris 2010,477 pages Nouvelles parutions JEAN LEROUX '- Jean Leroux Une histoire comparée de la philosophie des sciences Volume I Aux sources du Cerck de Vienne PHILOSOPHIE TOMES I ET II Ce travail sur la philosophie des sciences comparée n'a pas d'équivalent dans le monde francophone et ailleurs.200 pages • 24,95 $ Presses de l’Université Laval FRANCES NORWOOD Traduction de PIERRE VIENS et LISE LABERCE Logique de 1* science SANTE Frances NORWOOD Témoignages touchants de personnes en hn de vie et de leurs proches.Mourir un acte de\/ie 354 pages • 29,95 $ prévenir la mort orê-eutnanasie et les soins de fin ae vie Traduction de Pierre Viens et Lise Laberge LOUISE HAGAN Avec la collaboration de LOUISE BUJOLD Manuel de formation et CD-ROM Ce manuel est un outil de formation à l'intention des ^ professionnels de la santé et des étudiants.L’essentiel de la *éorie des méthodes 182 pages • 35 $ SOCIOLOGIE Sous la direction de ANDRÉ PETITAT inUlMtKWM ilM sodowaes Vivons'nous une période de transition vers des sociétés qui puisent l'essentiel dans les différences ?Être en société Le lien social à l'épreuve d6S cultures sots b (lirecttoe « Udré Petitat
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