Le devoir, 18 septembre 2010, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 THEATRE Le DynamO et son approche acrobatique à la Maison Théâtre Page E 4 MUSIQUE Le salaire des chefs doit-il être rendu public?Page E 6 Æ A La dure réalité Dix.se ^sl’an*walence.goûtât aux l’exubérance «tant qu’a décriât les excès et les iné^tés sodâes.Sublime et crue, passant de la guerre au bordel, la peinture d’Otto Dix, figure incontestable de la Nouvelle Objectivité allemande, décrit l’humanité dans tous ses travers.JÉRÔME DELGADO Il y a dix-sept ans, Otto Dix, le portraitiste allemand «condamné» au paysage par Hitîer, est devenu un peu montréalais.Vingt-quatre ans après sa mort.L’expo qui ouvre dans quelques jours au Musée des beaux-arts, première véritable rétrospective nord-américaine consacrée à Dix, en est la preuve.En 1993, Portrait de l’avocat Hugo Simons, exécuté par Dix en 1925, est entré dans la collection du MBA, par la volonté de la famille Simons, qui l’avait en sa possession à Montréal.L’affaire ne s’est pas faite sans heurts et elle a nécessité la mobilisation de bien des gens, ainsi que l’argent du public et du privé, pour conserver l’œuvre ici.Avec l’acquisition de son premier Dix, le MBA avait jeté, sans le savoir, les bases de cette expo.Une histoire tumultueuse Cabaret rouge: le monde effroyable et beau d’Otto Dix, composée de 200 œuvres, est l’initiative de la très germanophile Neue Galerie de New York, où elle était depuis mars.Le MBA a été invité à se joindre à l’aventure parce qu’il possède Portrait de l’avocat Hugo Simons.Pour Nathalie Bondil, directrice du MBA, l’œuvre, au-delà de ses qualités esthétiques, est précieuse par ses pérégrinations: fuite du régime nazi, disparition publique, redécouverte à Montréal.«C’est une histoire tumultueuse, dit-eUe, qui raconte le XX' siècle, ses bouleversements, ses déchirures, ses séparations.Ses retrouvailles également.C’est aussi l’histoire de l’accueil, de l’accueil de l’immigration, de la mobilisation d’une communauté.Il a une portée symbolique colossale.» Portrait de l’avocat Hugo Simons aura une place de choix parmi les portraits de Dix.Un espace de paix dans les salles de l’expo, un baume.C’est que cette signature, au-delà des traits filtrant avec la caricature, peut être rude.Otto Dix, chef de file de là Neue Sachlichkeit, ou Nouvelle Objectivité, mouvement connu pour son franc-parler, a éclos sous les ciels ombrageux des années 1920.Sectionnée par les thèmes de la guerre, de la rue, du bordel, des portraits et, enfin, du paysage, l’expo sera adoucie, ou mise en contexte, par des photos, films et autres éléments explicatifs.Nathalie Bondil ne la conseille néanmoins pas à «tous les adultes».«Pour mieux comprendre cet art, il faut lui donner son contexte», dit celle qui signe la présentation montréalaise en relais du commissaire ^lemand et spécialiste de Dix, Olaf Peters.Les années 1920 en Allemagne, celle de la République de Weimar (1919-1933), sont celles des contrastes, des contradictions.Les Années folles, bien sûr.Les soirées mondaines, d’une part, la grande misère, de l’autre, la beauté chromée contre les estropiés de la Première Guerre mondiale.La social-démocratie glisse vers la droite.Si les femmes acquièrent le droit de vote en 1919, la violence et la Vr'" "*¦ © Succession cf «La vie sous laRépubâqtt® au-dessus del’abiîue» -OttoDb^ • ftC)l-l969) 4g léopard TI ite sur bois.© Succession VOIR PAGE E 8 OTTO DIX E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 CULTURE L’art de rater le coche T - Odile Tremblay oronto est un univers étranger, si loin si proche de nous.D’autres codes, vingt fois plus de costumes trois pièces au pied carré qu’ici, même dans les quartiers hip.Ça devient tranquillement moins coincé qu’autrefois là-bas, mais allez transformer l’âme d’une ville.L’élégant génie de la lampe municipale surgit des beaux édifices, des rues impeccables, du sens des conventions.11 se grise du pouvoir de l’argent, nous entraîne à sa suite.L’effluve de la richesse vous colle aux cheveux durant le Festival du cinéma, et suscite bientôt la crampe d’envie qui tue.La culture du mécénat, issue de la vieille Angleterre, pousse dans la Ville reine la roue des arts.Les Reitman ont injecté 22 millions en terrains ou en liquide dans le Bell Lightbox, l’énorme temple cinéphilique frais pondu sur King Street sous l’aile du festival, et le quadrilatère porte aujourd’hui leur nom.Maints gros bonnets de la finance, qui appuient le TIFF et son complexe — cinq écrans, aires d’expo, etc., dévolus au films d’auteur avec événements phare prévus au long de l’année —, se mêlent aux créateurs dans les cou- lisses de la manifestation et les partys.Oui, partout ça sent l’argent, mais dépensé parfois à bon escient.D’où la crampe d’envie.Montréal n’a qu’une poignée de philanthropes culturels et ne les soigne guère.Lorsque Daniel Langlois demanda des exemptions de taxes pour faire rouler son Ex-Centris porté à bout de bras, il se fit débouter.Rien pour encourager les rares initiatives privées.Cette impression d’avoir manqué à Montréal le coche en cinéma reste coincée dans notre gorgoton.Pourquoi?Pour ceci et cela.Le fric, oui, mais encore?Toronto eut le flair de n’enfanter qu’un grand festival de hlms généraliste, qui draine toutes les énergies dans son camp au moment d’attirer la haute gomme des cinéastes et acteurs, les films partout.La langue commune a joué et les Etats-Unis font adopté, avec des effets pervers — des projecteurs trop braqués sur les stars américaines —, mais la manifestation gigantissime capture tout ce qui bouge et brille sur la planète septième art.L’équipe du TIFF est aussi beaucoup mieux organisée que celle du FFM, pour employer un doux euphémisme.Entre eux, le fossé est pro-foqd, insondable.A Montréal, la tentative de 2005 de créer un rendez-vous de cinéma charnière s’était soldée par un échec pathétique.D’ailleurs, une erreur d’aiguillage sut saborder vite fait le projet de Daniel Langlois et du Festival du Nouveau Cinéma au profit de l’événement piloté par Spectra, naufragé dès sa première traversée.Chez nous, le milieu est divisé, les rendez-vous de films trop nombreux.Chacun défend ses inté- ESPACE GOJACMIE J L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE UBU + ESPACE GO présentent JACKIE Du 5 au 30 octobre 2010 D’ElfrledeJellnek Mise en scène de Denis Marteau Avec Sylvie Léonard ESPACE GO présente PROJETANDROMAQUE^ Du 18 janvier au 12 février 2011 De Jean Racine Mise en scène de Serge Denoncourt ESPACE GO présente MANHATTAN MEDEA Du 29 mars au 23 avril 2011 De Dea Loher Mise en scène de Denise Guilbault Théâtre de la banquette arrière présente LES MUTANTS Du 11 au 22 janvier 2011 De Sylvain Bélanger + Sophie Cadleux Mise en scène de Sylvain Bélanger Théâtre PÂP présente ABRAHAM gNCOLNVA AU THÉÂTRE Du 8 au 25 septembre 2010 De Larry Tremblay Mise en scène de Claude Poissant Théâtre de la Manufacture présente APRÈS LA FIN Du 5 au 16 octobre 2010 De Dennis Kelly Mise en scène de Maxime Dénommée Théâtre de la Manufacture présente YELLOW MOON, LA BALLADE DE LEILA ET LEE Du 5 au 27 novembre 2010 De David Greig Mise en scène de Sylvain Bélanger Théâtre I.N.K.présente LA ROBE DE GULNARA Du 30 novembre au 11 décembre 2010 D’Isabelle Hubert Mise en scène de Jean-Sébastien Ouellette Théâtre PÂP présente THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Du 22 février au 19 mars 2011 De Larry Tremblay Mise en scène de Claude Poissant Théâtre de la Manufacture présente ATTENDS-MOI Du 3 au 28 mai 2011 De Kristen Thomson Mise en scène de Marte Charlebois a transat DE SAISON a" CUMSSLDESAHn Hydro Québec oldetleHna Québec nn QU£nEC Conseil des Arts du Canada 4890, BOULSAiNT-LAURENT, MONTRÉAL | ESPACE GO 514845-4890 | ADMiSSiON 514790-1245 | ESPACEGO.COM REUTERS Scène croquée lors de Pouverture officielle du complexe Lightbox, la «maison» du TIFF.rêts personnels et cogne sur le voisin lorsqu’un projet de développement tente de se frayer un chemin sur la piste.On l’a vu récemment à l’heure de remplumer le complexe Ex-Centris, de lui donner de nouveaux écrans, etc.Des querelles de chapelles, des frilosités financières au ministère de la Culture: le vasouillage halpituel, quoi! A l’ouverture de l’Ex-Centris en 1999, Fiers Handling, le directeur du Festival du Toronto, était venu à Montréal admirer les lieux, et s’avouait tout épaté.Onze ans plus tard, chez lui, devant son Bell Lightbox rutilant et riche de promesses cinéphiliques, on se sent moins faraud.Handling, bon prince, répète à tous vents s’être laissé influencer par Ex-Centris pour concevoir son mégacomplexe.Le pire, c’est qu’il dit vrai.Sauf qu’entre-temps, Montréal a trouvé le moyen de perdre du terrain.Déclassé, vous dites, en cinéma?Si notre petite confrérie pouvait viser la même mire, juste de temps en temps.Vœu pieux, je sais.\ A la poursuite d’un esprit Claude Chabrol s’est éteint en cours de TIFF, et la nouvelle jeta là-bas une ombre sur les visages.L’importance du cinéaste français octogénaire, peintre de mœurs incisif derrière Les Cousins, Violette Nozière, La Cérémonie et compagnie, fut salué unanimement cette semaine.Par-delà l’artiste, le maître du polar, l’homme de clan rougeaud, gourmand, caustique, capitaine Haddock et tonnerre de Brest! laisse un grand vide.Sédentaire Chabrol qu’on n’inter- viewait qu’à Paris ou au téléphone.Son besoin d’enracinement en faisait un cinéaste plus franco-français que ses pairs, moins influencé par les grands courants internationaux et par la mosaïque multiculturelle de son pays.Allergique à la malbouffe américaine, dans l’assiette comme au cinéma, un des derniers reflets de la France éternelle vient de s’éteindre en même temps que son gros œil bien aiguisé.Un anthropologue du futur, à l’heure de se documenter sur la souche bourgeoisie française provinciale des cinquante dernières années, ses ridicules, ses préjugés de castes et son conformisme, aurait intérêt à regarder les hlms de Chabrol.Ce balzacien d’un autre siècle dans sa féroce chronique en forme de hlms fut le témoin d’un monde qui s’efface.Anticonformiste et conservateur — il n’avait jamais renié son amitié de jeunesse avec Jean-Marie Le Pen —, attaché à la glèbe française jusqu’au chauvinisme tout en la pourfendant, macho ayant pourtant livré sous les traits de Stéphane Audran et d’Isabelle Huppert les plus merveilleux portraits de femmes, refusant de se prendre au sérieux mais orfèvre maniaque de style.Tout grand créateur carbure aux contradictions et à la quête du fugace moment de grâce si fuyant: «Un film est un point de rencontre entre dit et non-dit, m’a-t-il un jour résumé.Reste à l’attraper.» Et il contempla alors le vide comme à la poursuite d’un esprit.otremblay@ledevoir.corn MAISON THÉÂTRE/ ¦ 'AM 12 spectacles pour les jeunes de tous âges « Magnifique ! Je suis toujours émerveiilée et je retrouve à chaque fois mon cœur d'enfant.» Chrystelle Charpin Abonnez-vous ! Faites vite, certaines représentations - sont déjà complètes ! POUR LES JEUNES THEATRE de tous âges 5Jf Itt 7ZU ^ Berri-UQAM COMMANDITAIRE DE SAISON BANQUE LAURENTIENNE LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 E 3 CULTURE THÉÂTRE Quelque part entre l’intimité et l’infim La Veillée propose un texte du dramaturge Igor Bauersima sur le suicide MICHEL BELAIR C> est Théo Spychalski, le prédécesseur de Carmen Jolin à la direction artistique de La Veillée, qui a refilé une copie de Norway.today au jeune metteur en scène Philippe Cyr, il y a déjà plus d’un an.«Il avait depuis longtemps l’intention de monter la pièce, explique Cyr, mais le moment ne lui semblait jamais tout à fait le bon.Puis, il est devenu de plus en plus clair pour lui qu’il fallait que le texte soit monté par un jeune et c’est à ce moment qu’il m’a fait lire le texte.Quand il a vu comment je réagissais, il m’a fait cette proposition que je ne pouvais pas refuser.et me voilà!» La jeune trentaine, Philippe Cyr en est déjà à sa troisième mise en scène au Prospero, après Les Escaliers du Sacré-Cœur et Si je n’étais pas passé par là.11 a été frappé de plein fouet par le thème central de la pièce du dramaturge suisse-allemand Igor Bauersima: le suicide, et, plus précisément, le pacte de suicide.Un sujet dur.Presque tabou.Dérangeant.Actuel.«On connaît tous quelqu’un qui a au moins pensé au suicide; c’est un sujet qui nous touche tous, qui est extrêmement présent dans le monde actuel.Qui donne accès à beaucoup d’intensité et de beauté aussi.Les deux personnages ici pensent avoir de bonnes raisons de se suicider, mais, dans leur cas, c’est plus une sorte d’impulsion intérieure générée par l’impossibilité d’accéder à une vision plus englobante de la vie et de la beauté, oui.» Norwaytoday raconte l’histoi- re de Juliette et Auguste, deux jeunes adultes qui se rencontrent dans un chat-room consacré au suicide.«En plus du thème, reprend le metteur en scène, j’ai tout de suite été fasciné par le lieu où les personnages se rencontrent, quelque part entre l’intimité et l’infini.Par la présence concrète de ces nouvelles technologies, aussi, qui font maintenant partie de nos vies et grâce auxquelles des personnes peuvent entrer en relation intense dans un espace totalement virtuel.» L’action se corse lorsque Juliette et Auguste décident de quitter le monde virtuel pour se rencontrer pour de vrai, dans la vraie vie.Tout de suite.En Norvège.Où ils planifient de tourner un «film d’art» sur leurs derniers moments dans le blanc inhni.Des exigences et des dangers On sent bien que Philippe Cyr — qui est aussi comédien — a été littéralement séduit par le défi d’aborder un tel sujet au théâtre; il en parle avec passion dans une langue claire, éloquente, précise.11 explique, par exemple, que le texte a été improvisé par deux comédiens à partir d’indications fournies par l’auteur et qu’il est important que cela se sente dans l’écriture générale de la production.«Tout doit être très clair, poursuit-il.Surtout que l’auteur a des exigences très précises: ainsi, les deux lieux, le chat-room et la Norvège, doivent être représentés sur scène.Il doit y avoir des passages vidéo aussi.Mais la Norvège au théâtre, c’est quoi?On fait Le metteur en scène Philippe Cyr, en pleine discussion comment sans tomber dans le cliché?Et il y ale “calibrage” de la vidéo aussi, parce qu’on n’est pas en train de faire un film.Comment faire pour que l’on soit toujours au théâtre.?Cela aussi pose des questions extrêmement stimulantes autant pour le metteur en scène que pour les comédiens [Sophie Desmarais et Jonathan Morier].» Sans parler du public, évidemment.Conscient de tout cela, le Prospero a invité une douzaine d’étudiants de trois cégeps à participer à une expérience fort intéressante (nommée Montréal.maintenant.), dont on trouvera une description dans le site Internet de la compagnie {www.laveillee.qc.ca).JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ce «groupe de jeunes adultes participera à l’ensemble des étapes de création du spectacle depuis sa lecture, sa mise en espace et sa présentation finale.Pourquoi?Parce qu’il nous a semblé intéressant — en raison des thématiques de Norway.to- day sur les enjeux sociaux actuels, les communications virtuelles, la perte des repères — que les personnes particulièrement touchées par ces réalités observent et participent même au processus de réflexion qui mènera à la création du spectacle.De leur côté, les artistes se trouveront en quelque sorte devant un miroir vivant qui ne laissera pas leur travail sans questions.» Cela vient souligner encore plus à quel point il importe de trouver le bon ton pour aborder le sujet délicat du suicide sur une scène de théâtre.Philippe Cyr emploie le mot «danger».Danger que tout soit trop cool.Danger d’avoir l’air de donner des leçons et d’avoir toutes les réponses.Danger d’ironiser aussi.«Heureusement, souligne le jeune metteur en scène en terminant, Norway.today est, étrangement, une pièce porteuse d’espoir.Ce n’est pas un message sur le suicide: c’est d’abord une réflexion sur la vie.» Le Devoir NORWAY.TODAY Texte d’Igor Bauersima, mis en scène par Philippe Cyr.Une production du Groupe La Veillée présentée dans la grande salle du Théâtre Prospero, du 2f septembre au 16 octobre à 20h (le mercredi à f9h).On réserve au 514 526-6582.r 'Théâtre français 2010-2011 ^ajdi Mouawad Direction artistique Albert ôamus / Stanislas N^di 28 SEPT.AU 2 OCX 2010 THÉÂTRE 19 H 30 Albert Camus / Stanislas Nordey EXCLUSIVITÉ NORD-AMÉRICAINE DRAME DE GUERRE D’ALBERT CAMUS MIS EN SCÈNE PAR STANISLAS NORDEY AVEC EMMANUELLE DÉART, VINCENT DISSEZ, RAOUL FERNANDEZ, DAMIEN GADRIAC, FRÉDÉRIC LEIDGENS, WAJDI MOUAWAD, VÉRONIQUE NORDEY ET LAURENT SAUVAGE.Collaboration artistique : Claire Ingrid Cottanceau, Emmanuel Clolus, Stéphanie Daniel, Raoul Fernandez et Michel Zürcher.UN SPECTACLE DU THÉÂTRE NATIONAL DE BRETAGNE, DE LA COMPAGNIE NORDEY.DU GRAND THÉÂTRE DE LUXEMBOURG ET DU THÉÂTRE POPULAIRE DE VILLEURBANNE.AVEC LE SOUTIEN DE CULTURESFRANCE.CENTRE NATIONAL DES ARTS, 53 RUE ELGIN, OTTAWA BILLETS À PARTIR DE 33,90 î ÉTUDIANTS  PARTIR DE 18,11 8 O lATIONALl ^4ALAKrS< DIANA THORNEYCROFT, TbiMartyrdmofSt DimaU, ' 2006 (détail) ffi tUCttaota/du/CNA LUNDI-SAMEDI 10 H À 21 H RÉPUBIICLUE FiUNÇAISE SoAi^dÆ/ttAfUApcA/ T)LdcQ/-l- fXitoA/ 613-947-7000 x384 cna-nac.ca/tf En^ #90,7™ tkketmaster.ca Dnekjiëne ^UAÎkie ^73 7SS 7777 PREMIERE CHAINE Rêves, chimères et mascarade MAÎTRES D'ŒUVRE RÉAL BOSSÉ + PASCAL CONTAMINE + CHRISTIAN LEBLANC DISTRIBUTION SABRINA CONNELL-CAOUETTE + JENNYFER DESBIENS + SOLO FUGÈRE « XAVIER MALO + SACHA OUELLETTE-DEGUIRE + ANNE SABOURIN PRODUCTION OMNIBUS LE CORPS DU THÉÂTRE DU 21 SEPTEMBRE AU 16 OCTOBRE 2010 espace LIBRE rTfl ¦«V SAISON DETHÉÂTRE 2010-2011 BILLETTERIE-^514 521-4191 + espaceUbre.qc.ca 1945 RUE FULLUM À MONTRÉAL LE RETOUR EVENEMEimEL DU PICCOLO TEATBO MERCREDI ?6 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT ! TRILOGI DELL.___ VILLEGGIATUR Place des Arts Qu^^ecss UNE PRÉSENTATION DE LA PLACE DES ARTS ET DU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE EN COLLABORATION AVEC L’INSTITUT CULTUREL ITALIEN DE MONTRÉAL DE CARLO GOLDONI MISE EN SCÈNE TONI SERVILLO COPRODUCTION TEATRI UNITI (NAPLES) / PICCOLO TEATRO - THÉÂTRE DE L’EUROPE (MILAN) DU 22 AU 26 SEPTEMBRE AU THÉÂTRE MAISONNEUVE DE LA PLACE DES ARTS laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 BMO SPECTACLE EN VERSION ORIGINALE ITALIENNE *¦ SURTITRÉ EN FRANÇAIS ET EN ANGLAIS Banque de Montréal POWER CORPORATION DU CANADA astral Sapüfo- E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 CULTURE THEATRE JEUNES PUBLICS Tous aux escabeaux ! Le DynamO et son « théâtre de mouvement acrobatique » s’amènent à la Maison Théâtre mec L’Envol de l’ange MICHEL BÉLAIR Si vous avez vu Mur mûr au siècle dernier, vous connaissez la démarche bien particulière qu’affectionne le DynamO Théâtre depuis plus de 30 ans: quelque chose qui se situe entre la danse, le théâtre et un type de performance qui n’a rien à voir avec le cirque.Une démarche originale, unique.Mais si ce n’est pas le cas, le «théâtre de mouvement acrobatique» réveillera probablement en vous des souvenirs enfouis depuis l’enfance dans vos muscles asséchés et vos chairs moins frémissantes qu’à l’époque.Une sorte d’état de grâce.Une impression qui se situait alors — rappelez-vous! — entre les rêves de voler et la certitude de pouvoir vaincre la gravité.De pouvoir tout faire: sauter plus haut, courir plus vite, grimper partout, sentir le bonheur du corps qui fonctionne à plein régime, «efficace», totalement performant.Hummm.Cette évocation tombe plutôt bien puisqu’ici, dans L’Envol de l’ange, ce sont précisément des souvenirs enfouis autour d’un presque secret de famille — la disparition d’un être cher — qui viennent lancer l’action, comme l’explique la metteure en scène du spectacle, Jacqueline Gosselin.Idéatrice du projet sorti directement de ses propres souvenirs d’enfance, c’est elle qui a fait appel à Kim Selody, du Lorraine Kimsa Theatre for Young People de Toronto, pour écrire le texte.«Parce que c’est un vieil ami avec lequel j’avais le goût de travailler depuis longtemps, poursuit-elle.Parce que j’avais le goût aussi de coproduire un spectacle avec une compagnie anglophone.» Avec la vraie vie autour, avec les façons de travailler complètement différentes d’un peu tout le monde, avec les changements survenus à la direction du DynamO aussi, le projet aura mis plus de trois ans à se réaliser.La production roule d’une tournée à l’autre depuis sa création en 2005 et s’arrête pour la première fois à la Maison Théâtre.Grammaire et alphabet scéniques On sait toutefois depuis longtemps que le théâtre de mouve- i PREMIER^ iVte THÉÂTRE ÉMERGENT 870, AV DESALAGERRY un regard neuf www.premieracte.ca Information et abonnement: 418.694.9656 Billetech 418 643-8131 LA FANFARE CllEATKtlV IIE LUCIIÜN RATIO MUSIQUE nÜCENBKE EN CHUTE MlIltE ww.myspace.com/decembreenchutelibre DU 21 SEPTEMBRE AU 3 OCTOBRE Entente de développement culturel Québec Québec Québec a D ] Desjardins Caisse populaire de Québec CIRQUE DU SOLEIL.^ À (P '!§»> TÉLÉvisior LE DEVOIR (a&iii ÛMSiÎBUS 1 Lel corps fdu| théâtre 35° SAISON THÉATRAIE 2010-2011 DU 21 SEPTEMBRE AU 16 OCTOBRE 2010,20 H I \I-I V i ET MASCARADE UNE ŒUVRE BETON DE REAL BOSSE PASCAL CONTAMINE CHRISTIAN LEBLANC « Complètement fou, complètement déjante » - Nathalie Petrowski, Six dans la cité « Iconoclaste et plein d’allant » -Alexandre Cadieux, Le Devoir 1 ^ BILLEHERIE 514.521.4191 ÉTUDIANT 22$ TARIF RÉGULIER 28 $ PRÉVENTE 2 BILIETS POUR 35$ (sous certaines conditions) Omnibus, 1945 rue Fullum, Montréal Q Frontenac // WWW.mimeomnibUS.qC.Ca MontréalCp LE DEVOIR ^reprodoc I L’Envol de l’ange, une production du DynamO Théâtre ment acrobatique «fonctionne» et jouit d’une grande popularité auprès des jeunes spectateurs.Depuis le succès phénoménal de Mur mûr, en fait — après quelque 750 représentations partout à travers le monde, le spectacle-phare de la compagnie reprend bientôt la route du Japon pour la sixième fois! — depuis aussi que les productions se multiplient au fil des ans, le DynamO continue à développer sa grammaire spectaculaire et son alphabet scénique bien particulier.Ici, par exemple, Jacqueline Gosselin a rapidement repéré le fait qu’elle voulait absolument travailler avec.des escabeaux.Pourquoi des escabeaux?Qu’est-ce qu’ils apportent à la production et au thème du secret de famille?Comment d’ailleurs est-ce qu’on passe d’un sujet comme «la mort d’un être cher», transformé en «secret de famille occulté», à l’idée de.remplir la scène d’escabeaux?«Dans ma tête, tout de suite après l’idée du secret de famille enfoui dans le souvenir des plus vieux, c’est le concept de l’enchevêtrement qui s’est imposé; probable- ment parce qu’on cache les secrets sous des tas de choses impénétrables par définition.Mais, en même temps aussi, je voulais que l’action s’inscrive dans une scéno légère, facile à transporter.Je voulais quelque chose qui ne soit pas fixe et qui se transforme rapidement en autre chose.Qu’on ^isse passer de l’enfermement, des branches et des troncs d’arbre de la forêt, par exemple, au sentiment de totale liberté et à l’impression de la course dans les champs d’herbes hautes; que cela débouche aussi sur le voyage avec l’allusion aux rails de chemin de fer.C’est là que l’escabeau s’est imposé comme l’instrument idéal, comme ta ligne directrice de tout le spectacle.» On saisit mieux.Le propos est clair, évident, et le déh, encore plus impressionnant.Cela tient sans doute au fait que le DynamO Théâtre est passé par une phase de profonde remise en question depuis ses premiers succès retentissants — une démarche dans laquelle certaines compagnies tardent malheureusement à se lancer.Comme le souligne Jacqueline Gosselin, «en se posant la question de la pé- rennité et de la pertinence, la compagnie a choisi de se positionner clairement, de nommer ses couleurs et de se renouveler dans la continuité».Depuis l’arrivée d’Yves Simard à la direction artistique il y a un peu plus de deux ans, la compagnie a exploré de nouvelles voies et le cofondateur Robert Dion est devenu créateur en résidence.Jacqueline Gosselin, elle, s’est remise à la mise en scène, on le sait, mais aussi à YVES SAINT-JEAN l’écriture.Ce qui fait que, outre le voyage de Mur mûr au Japon, le DynamO sera particulièrement actif cet automne dans la région montréalaise et proposera une toute nouvelle création aux Coups de théâtre en novembre {Le Grand Méchant Loup), la reprise de son spectacle Il était trois fois et une autre création au printemps.On dirait une vraie dynamo.Le Devoir YVES SAINT-JEAN va au Théâtre THEATRE TEXTE LARRY TREMBLAY MISE EN SCÈNE CLAUDE POISSANT DU 8 AU 25 SEPTEMBRE 2010 - seulement 14 représentations - Espace GO, 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514.845.4890 ::: admlssion.com 514.790.1245 AVEC PATRICE DUBOIS ::: MAnM GAUDEUE ::: BENOÎT GOUIN THEATREPAP.COM DIRECTION ARTISTIQUE ::: CLAUDE POISSANT ET PAUIICE DUBOIS et dsf lettref Québec E > LE DEVOIR LE GROUPE DE LA VEILLÉE présente Partenaire de production NORWAY.TODAY SM INTSRHATOIAL IN UNE ŒUVRE TRADUITE EN 25 LANGUES ET JOUÉE DANS 50 PAYS D1GOR BAUERSIMA Du 21 septembre au 16 octobre 2010 Mise en scène Philippe Cyr Avec Sophie Desmarais et Jonathan Morier Concepteurs Geneviève Lizotte, Marie-Ève Pageau, Thierry Gauthier f théâtre^ [PROSPERO] Billetterie : 514 526.6582 Réseau Admission : 514 790.1245 www.laveillee.qc.ca etdsslBttras - Québec Dca LE DEVOIR Partenaire de saison Hydro Québec LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 E 5 CULTURE L’art prêtà-porter Des chemises Dubuc marouflées sur toiles, une robe cathédrale ou un ludique cache-cœur pensé comme un nid à soi.À quelques jours de la Semaine de mode de Montréal, regard sur les fringues comme matériau artistique.CATHERINE LALONDE On oublie, parce que c’est un objet de tous les jours, que le vêtement peut être le support d’une rêjlexion, d’un travail intellectuel et artistique au même titre qu’un tableau, que la sculpture ou l’architecture», commente Mpryla Sobeck, professeure à l’École de design de l’UQAM.Si elle se considère d’abord comme designer, Sobeck signe Taller: objet-vêtement, une exposition de cinq vêtements pensés comme de l’architecture, justement.Car «le vêtement, comme l’objet architectural, doit répondre à trois fonctions élémentaires: parure, protection et pudeur».La mode dans un cul-de-sac Maryla Sobeck s’est inspirée des maisons des Dogons, au Mali, pour ses vêtements.Pourquoi chercher si loin?«Je voulais me référer à une architecture protégée de l’influence occidentale, logique et à hauteur d’homme, plus instinctive.» Ses patrons sont conçus comme des plans de maison.La matière utilisée est organique: si les murs des Dogons sont d’argile, de paille et d’excréments, les tissus de Sobeck jouent de la soie, des crins de cheval et du feutrage de laine.Les fibres sont assemblées par laminage, fusion, ou au contraire par la méthode ancestrale du feutrage.«La mode occidentale est dans une impasse, estime la professeure.On a développé des matières et un niveau technique très sophistiqués pour reproduire les formes du corps.» La mode, selon elle, se limite en respectant la morphologie.«Vient la question du corps morcelé.Notre bras est emprisonné dans une manche, le cou dans un col, le thorax dans un corsage.Alors que l’objet-vête-ment doit être ludique, interactif et même écologique puisqu’il répond à plus d’une fonction.Un de mes morceaux peut être porté de dix-neuf façons différentes, et je n’ai pas encore épuisé toutes ses possibilités.» Chaque pièce, en matériau et confection seulement, a coûté près de 5000 $ à produire.Taller: objet-vêtement prendra bientôt le chemin de la Pologne natale de Sobek et s’arrêtera à Wroclaw et au Palac Sztuki de Cracovie.Vêtir une cathédrale Les robes de la plasticienne Carole Simard-Laflamme, monumentales, ne se portent pas.Mais La Robe cathédrale et La Robe des nations ont revêtu cet été l’église Saint-Eustache à Paris.Simard-Laflamme, comme Maryla Sobeck, vient de l’architecture.Et voit également un lien entre cet art et le vêtement.«On note une relation, par exemple, entre les chapeaux des dames et la construction des coupoles, à l’époque.» Comme artiste, Simard-Laflamme aime d’abord la fibre: bois, papier ou tissu.Elle tisse — un savoir venu de sa mère et sa grand-mère — et aime rendre floue cette limite entre l’artisanat et l’art.«Une oeuvre bien faite est d’abord ar-tisane.Dans l’histoire de la peinture, avant tout tableau, il y ale tissage, le tissu de la toile.Toute l’histoire de l’art repose sur un tissu!» C’est au décès de sa mère que l’artiste se met à récupérer les robes fleuries de la défunte pour confectionner un retable de vingt pieds.Et Marcel Proust lui inspire ensuite sa Robe cathédrale.Tant par une citation, «je bâtirais mon livre, je n’ose pas dire ambitieusement comme une cathédrale, mais tout simplement comme une robe», que par les paperolles, ces petites notes que l’auteur colle, pense-bêtes pour l’imprimeur, à ses manuscrits.Avant de s’attaquer à la cathédrale, Simard-Laflamme a créé La Robe des nations, faite, comme de pixels textiles, de 6000 minirobes de 15 cm sur 15 cm.La Robe cathédrale, elle, est confectionnée du tissu des vêtements de quelque 400 artistes.Une récolte textile qui permet à Simard-Laflamme de tramer aussi l’idée de la filiation.Ces deux œuvres de Simard-Laflamme seront exposées la semaine prochaine à Côme, en Italie.La première peau Le jeune Yannick de Serre, lui, maroufle carrément nippes et fripes sur toile.L’an dernier, pour l’exposition L’Art prêt-à-porter, il mettait à plat du Dubuc, du Marie Saint-Pierre et du Mariouche Gagné.Sa façon à lui de représenter le corps, de le déformer, d’ajouter une texture que la peinture seule ne per- i SOURCE MAISON DE LA CULTURE MAISONNEUVE Une des vêtements créés par Maryla Sobeck pour l’exposition Taller; objet-vêtement met pas et d’organiser l’espace avec le tissu.Selon de Serre, les designers de mode québécois sont d’indéniables artistes.«Il y a un souci du détail dans leurs vêtements, des coutures différentes, une structure très présente.Les vêtements de Saint-Pierre sont en bulle, ceux de Dubuc sont plus droits avec des enduits très présents, chez Mariouche Gagné, c’est tout le côté refait et récupéré.» De Serre travaille présentement à partir de sa propre garde-robe, sur des zones émotives plus sombres.«Le vêtement est un mur pour moi.C’est la structure extérieure du corps, très près, mais extérieure.» La dernière des protections, avant le tissu de la peau même.Le Devoir TALLER : OBJET-VÊTEMENT Maryla Sobeck A la Maison de la culture Maisonneuve, jusqu’au 2 octobre TELEVISION Les nourritures célestes (et terrestres) Canal Savoir et Zeste alimentent les écrans STEPHANE BAILLARGEON Osera-t-on comparer l’intello Canal Savoir au populo réseau Zeste?Bien sûr que non.Quoique les deux partagent quelques points en commun, à commencer par un créneau très spécialisé (la science pour l’un, la cuisine pour l’autre), une volonté de fignoler l’offre pour augmenter la demande et une année cruciale devant soi.Le Canal Savoir a lancé sa nouvelle grille cette semaine, à peu près en même temps que la rentrée universitaire, quoi.La chaîne éducative, liés aux universités et collèges du Québec mais aussi à Télé-Québec, offre plu-sieius nouveautés après une saison estivale plus molle, bâtie au-toiu de reprises.«Depuis l’hiver 2009, nous avons quand même mis 500 heures de nouvelles émissions en ondes, ce qui n’est pas peu pour une petite organisation comme la nôtre, dit Sylvie Godbout, directrice général du Canal Savoir.Cette saison, nous misons sur de belles continuités et des nouveautés proposées par nos partenaires.» L’Institut national de l’image et du son (INIS) est du lot, avec Sur le terrain du documentaire, six émissions traitant des artisans du cinéma, des cadreius aux mon-teius.Une nouvelle mouture de Porte ouverte au Musée de la civilisation de Québec présente treize autres collections de la réserve muséale.Esther Trépanier, directrice du Musée national des beaux-arts du Québec, sert de guide pour six épisodes à travers trois expositions maison.Quatre autres conférences de l’UQAM captées à la Bibliothèque nationale du Québec portent sur la Révolution tranquille.L’ex-journaliste Jean-Erançois Lisée poiu-suit ses rendez-vous hebdomadaires avec les chercheurs du Centre d’études et de recherche internationale de l’Université de Montréal.Après Napoléon vu par Guillemin, datant de 1968, la chaîne relance l’expérience de la rediffusion d’émissions de l’historien-pédagogue français Henri Guillemin.Cette fois, le narrateur hors pair raconte Jeanne d’Arc et rappelle du même coup le temps oû la télévision se voulait un peu l’extension de la classe {Point de mire, ça vous dit quelque chose?), pour le meilleur et le pas pire.Le Canal Savoir {canal.qc.ca) propose bien quelques émissions consacrées aux sciences «dures», mais le fil rouge de sa programmation semble s’entortiller autour des «molles», les sciences humaines et sociales.Peut-être parce qu’elles semblent plus propices à la vulgarisation?«Nous ne négligeons pas les chercheurs des sciences pures et appliquées», corrige la directrice en citant ses émissions Campus, Mini-Med et Mini-Science de McGill, ou les reprises du Code Chastenay de Télé-Québec.«Cet automne nous sommes plus ouverts aux arts et au documentaire, mais cet hiver, nous aurons de nouvelles émissions scientifiques.» La chaîne fondée il y a un quart de siècle en sera alors presque au terme de son entente triennale de financement avec Québec qui a fourni un million pour la ravaler.«On entame des pourparlers prochainement au sujet de notre enveloppe, dit Mme Godbout.C’est une année importante pour nous.» \ A vos chaudrons ! Sauf erreur, aucune émission sur la centaine de la grille de la chaîne imiversitaire ne porte sur la bouffe, l’industrie alimentaire, la diététique, bref sur les sciences de l’alimentation.Mais bon, il n’y a pas plus d’émissions sur la physique nucléaire ou la chimie organique à Zeste.Six mois après sa mise en ondes par le Groupe Serdy, la chaîne toute-cuisine brasse déjà un peu sa carte, histoire de bonifier le menu.Ce qui permet de faire de la place à Le Boss des gâteaux, sur la vie et l’œuvre du pâtissier américain Buddy Valas-tro.Les Festins d’Heston, dans laquelle le Britannique reconstitue les banquets d’autrefois.Bouffe Poker, oû des chefs étoilés de partout dans le monde s’affrontent dans «un défi créatif» et, enfin, XXL suivant treize personnes voulant i^rdre du gras.Ces ajouts semblent confirmer la préférence du public québécois pour les séries de bouffe anglo-saxonnes, dont plusieurs encore à l’honneur, comme Casse-croûte à l’américaine, Hell’s Kitchen ou Nigella en toute occasion.Les fidèles auraient aussi du goût pour les productions d’ici.D’oû l’intérêt de poursuivre le service de valeurs nationales déjà assurées, comme ce Cuisinier rebelle, mettant en vedette le jeune Antoine Sicotte, ex-rockeur tatoué devenu fricasseur autodidacte de nourritures terrestres.Le Devoir ENFIN DE RETOUR « UN RITUEL LUMINEUX - LENT, ÉNIGMATIQUE, MAGNIFIQUE.» (The Village Voice) O.ÊA.A* S.' > Dite « .UNE SOIREE DE DELICES CHOREGRAPHIQUES.» (The Globe and Mail) 38 DANSEURS f ^ N 'il' LM 24 Prelude by Chopin SANKAI JUKU HIBIKI • Ushio Amagatsu 30 septembre, 1, 2 octobre 2010 • Théâtre Maisonneuve BALLET NATIONAL DU CANADA THE NATIONAL BALLET OF CANADA 24 PRELUDE BY CHOPIN • Marie Chouinard EMERGENCE • Crystai Pite 15,16 octobre 2010 • Saiie Wiifrid-Peiietier ©DANSEDANSE.NET ABONNEMENTS JUSQU'AU 2 OCTOBRE laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Le salaire des chefs : tartufferies et réalités Peut-on attirer un Kent Nagano à Montréal avec un salaire de 250 000 dollars?Évidemment non.Selon les estimations du Devoir, le directeur musical de l’OSM touche environ un million et demi de dollars par an.Comment se situent et s’expliquent ces émoluments?CHRISTOPHE HUSS Ly image en première page du I Devoir Irmdi dernier — pour illustrer le débat entourant un projet de loi fédéral limitant le salaire maximum d’un employé d’une œuvre de bieuMsance, une fondation publique ou rme fondation privée — était frappante.Kent Nagano à 250 000 dollars?Allons-nous le perdre?Pas de panique.Cela n’arrivera pas.D’abord parce que le projet de loi G470 est loin d’être adopté.Ensuite parce que s’il l’était, il y aurait bien des moyens de con-tourner la chose.Il suffirait que Nagano ne soit plus, techniquement, «employé de l’OSM».Il peut devenir, par exemple, prestataire de services — via une société — ou émarger ailleurs.Chose intéressante, notre article a suscité sur Internet une bonne vingtaine de réactions.On aurait pu imaginer que, en majorité, le public s’offusquerait du million et demi de dollars accordé à un musicien.Eh bien, pas vraiment.Plusieurs parallèles avec les joueurs de hockey ont été évoqués pour dire qu’après tout, notre chef valait bien cela.Zones d’ombre Un peu plus tôt, au début du mois, La Presse consacrait un article à la question «Combien maestro Nagano gagne-t-il?».L’estimation de notre confrère était de «plus d’un million de dollars pour seize semaines de travail annuelles», une approximation tirée du parallèle eftectué en 2004 par Jacques Laurent, ancien directeur du conseil d’administration de l’OSM, qui avait dit que Kent Nagano allait gagner «dans les mêmes eaux» que son prédécesseur, Charles Dutoit.Le flou entourant le chiffre semble démontrer que le questionnement est nouveau.Si l’on s’était intéressé, jadis, au salaire de Charles Dutoit autant qu’à Les salaires des chefs doivent-ils être transparents?C’est un souhait.mais cela n’a jamais été le cas.celui de Kent Nagano aujourd’hui, la réponse aurait été facile à trouver! Cette question, le magazine français Répertoire se l’était posée en 1997.A titre de directenr musical de l’Orchestre national de Lrance, Charles Dutoit touchait à l’époque, pour quinze semaines de présence, l’équivalent de 1,54 million de dollars, soit près de 2 millions de nos dollars actuels (1,98 pour être précis).Dutoit avait trois postes équivalents à Montréal, Paris etTol^o, et on estimait qu’il touchait un peu moins à Montréal et beaucoup plus à Tokyo.Les salaires des chefs doivent-ils être transparents?C’est un souhait, voire une revendication de certains.Mais ce n’est pas le cas, cela ne l’a jamais été et ne le sera probablement jamais.Les transactions sportives nous ont habitués à un étalage de sommes faramineuses.En musique, ce n’est pas le cas., Question transparence, les États-Unis sont cités en exemple.Pourquoi?Parce que les organismes qui font appel à des dons sont tenus de remplir un formulaire fiscal, le Form 990, dans lequel sont mentionnés les salaires les plus élevés.La consultation de ces déclarations permet à la presse américaine de faire régulièrement un palmarès des chefs les mienx payés.Dans son article, La Presse s’en est fait l’écho: «On sait par exemple qu’au cours de l’année financière qui se terminait en 2007, Lorin Maazel, du New York Philharmonie, menait le bal avec 2,2 millions, tandis que James Levine, à Boston, et Michael Tilson Thomas, à San Francisco, suivaient avec 1,5 million.» Sauf qu’on ne sait rien du tout.En 2008, le San Francisco Weekly avait montré que le million et demi de Michael Tilson Thomas était la partie émergée d’un iceberg.Le salaire de Tilson Thomas mentionné sur le formulaire 990 était de zéro, mais, entre PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le chef de l’Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, lors d’un concert au Centre Bell, en avril 2009 autres, une société dirigée par son conjoint empochait 1,6 million par année et le chef percevait 600 000 dollars pour la production de vidéos.Dans le même ordre d’idées, tout à fait savoureux, le seul chiffre factuel que nous ayons sur la «compensation» de rOSM versée à un chef se trouve dans l’un des derniers exemplaires du Form 990 rempli par l’organisme, celui de l’année 2000.On y trouve «Charles Dutoit, conductor, 490 750 $».Grosso modo le tiers du montant réel! En termes techniques, le reste porte le nom de «base grise» du contrat.Par exemple, un salaire de directeur musical peut être cumulé à un cachet hebdomadaire, qui va se noyer anonymement dans la somme des dépenses artistiques.La base grise inclut par ailleurs les avantages en nature: frais de mission, voiture avec chartffeur, suite dans un hôtel de luxe.pedro ruiz le devoir Yannick Nézet-Séguin, avec dix ans d’expérience à la tête de l’Orchestre Métropolitain et quatre ans à Rotterdam, vaut-il le même prix que Kent Nagano?TALLER : OBJET-VÊTEMENT Maryla Sobek, designer et professeure, UQAM Serge Allaire, commissaire 9 septembre - 2 octobre 2010 MAISON DE LA CULTURE MAISONNEUVE Zone Molinari, 4200, rue Ontario Est (métro Pie IX, autobus 139 sud) HEURES D'OUVERTURE Jeudi au dimanche de 13 h à 17 h INFORMATIONS 514 872-2200 COMMANDITAIRES ET PARTENAIRES DE L'EVENEMENT Qo Mercier Hochelaga-Maisonneuve Montréal Mropudia Pmwçflai Consulat général de FrarKe à Québec UQÀM En partenariat: • Faculté des arts Fonds do KOtemte surfesodéfé et la chNiitb QuébecE PAtAC SZTUKI f Pressas DAOUST LESTAGE de runiversité ^ du Québec design urbain dénis gaqnon La valeur des choses Le parallèle avec les joueurs de hockey est intéressanL mais faux.La valorisation du sportif de compétition trouve un équilibre naturel dans la valeur des droits de télévision, et les rentrées générées par les produits dérivés et les hot dogs vendus à prix d’or.La valorisation du chef d’orchestre est délicate à cerner mais repose sur une dimension tangible et une dimension intangible.Contrairement aux pays euro-pœns, où les institutions symphoniques sont subventionnées à 80-90 %, la première «valeur» du chef en Amérique du Nord (où la part d’argent public est inférieure à 50 %) tient à l’argent privé qu’il peut «lever» en faveur de l’orchestre.Un Kent Nagano à 1,5 million, qui permet à l’OSM d’attirer 40 rndlions de donations pour son fonds de dotation, coûte nettement moins cher qu’un chef à 500 000 qui ne ferait rentrer que 10 millions dans les caisses.La dimension intangible, c’est l’attention, la visibilité et le pouvoir d’attraction que l’image du chef et de son orchestre vaut à Montréal.C’était ça, la valeur de Charles Dutoit, et c’est ça, celle de Kent Nagano.Combien de millions en publici- té institutionnelle à l’échelle internationale ce rayonnement économise-t-il à Montréal, le Québec et le Canada?Pour toutes ces raisons, n’est plus fallacieux que de dire que la rémunération de Kent Nagano rétribue «16 semaines de travail».Son travail, comme son statut, est permanent, malgré les seize semaines de présence physique.La valeur d’un chef est en théorie fixée par l’expérience musicale.Mais pas tant que cela ici.Dans le palmarès américain évoqué par notre confrère, il manquait deux chiffres: les 1,91 million de Barenboim à Chicago et les 1,59 million dEschen-bach à Philadelphie, ce qui nous renseigne à peu près sur le futur salaire de Yannick Nézet-Séguin là-bas.Yannick Nézet-Séguin, avec dix ans d’expérience à la tête de l’Qrchestre Métropolitain et quatre ans à Rotterdam, vaut-il le même prix que Kent Nagano, 58 ans, ancien directeur de l’Qpéra de Lyon et du Deutsches Symphonie Qrchester de Berlin?Bien entendu, si, par exemple, le don de 4,5 millions de dollars d’une fondation, qui vient de pleuvoir sur la tête de l’Qr- chestre de Philadelphie, est lié aux espérances de renouveau de l’orchestre résultant de son récent engagement! Une transparence supplémentaire est-elle souhaitable?Bien sûr.Elle cachera d’autres tartufferies, mais fera plaisir à tout le monde.Il n’empêche: l’exposé sur les salaires des directeurs musicaux ne doit pas éluder le fait que l’économie de la musique classique est l’une des rares bulles qui n’a pas explosé.Si un directeur musical d’un orchestre peut se prévaloir du statut de porte-drapeau et d’ambassadeur d’une métropole et d’un travail de fond influant directement sur la qualité artistique à long terme, comment peuvent se justifier des sommes de 20 000 ou 25 000 dollars par concert demandées par certains solistes ou chanteurs vedettes, se produisant devant 2500 personnes, de passage en coup de vent entre deux avions?Qu’apportent-ils comme retombée?Sur quelle base est faite cette valorisation?Là réside le grand et vrai mystère de cet étrange univers.Le Devoir Pe#-iT Musée de /'impresS/on Événement sur le patrimoine montréalais de l’imprimerie.MB^ 2010 Samedi 18 septembre, 12 h Journée des jeunes: spectacle musical, lancement de la Gazette littéraire des jeunes de Montréal, visite gratuite de l’imprimerie Lovell.Au Centre d’histoire de Montréal 335, place D’Youville,Vieux-Montréal 514 872-3207 Condition féminine Ville-Marie Québec SS Montréal^ Montréal Contribution financière de Gérald Tremblay, maire de Montréal Partenaires et commanditaires CHiin l (Has INSTITUT DES COMMUNICATIONS GRAPHIQUES DU QUÉBEC F-ondat lormalbn acoitomiqua Dimanche 19 septembre, 12 h Artistes-reporters en rallye, 140 ans d’illustration de presse Visite guidée'^péciale en compagnie de Bernard Descôteaux et des amis du Devoir à 15 h 45 au Centre d’histoire de Montréal.DEMONSTRATIONS LANCEMENTS EXPOSITIONS RALLYE VISITES GUIDÉES CIRCUITS PÉDESTRES einrfpVession.org UGDIATHEQUe LITTéRAIRG LOVELL GAETAN D05T1E Desj'ardins Caisiie d'économie solidaire __ fiducie LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 E 7 DE VISU Opérer dans la tessiture de l’image DUO Catherine Bodmer FORCE MAJEURE Paul litherland Centre Clark 5455, avenue de Gaspé, Montréal, jusqu’au 9 octobre.MARIE-ÈVE CHARRON ^ exposition Duo de Catherine Bodmer montre le travail , d’une artiste en 1 possession de ses moyens.Avec les photographies en diptyque qu’elle propose chez Clark, elle poursuit une exploration, amorcée en 2004, portant sur les espaces urbains et leur potentiel de transformation.Une grande maîtrise se dégage de ce qui est à voir sur les murs, la technique adoptée par l’artiste, la manipulation de l’image numérique, étant savamment exploitée, heureusement sans esbroufe.Alors que les séries antérieures se déclinaient selon des thématiques précises, des lacs et des montagnes, par exemple, tabulés à partir de flaques d’eau et de monticules de neige sale dans un terrain vague.Duo rassemble des études variées découlant d’ailleurs de résidences ou de séjours faits par l’artiste à l’étranger.Cette exposition dégage une grande cohésion tout en rendant encore sensible la recherche qui est en cours; sont gardées ouvertes par l’artiste plus d’une avenue à développer, sorte d’indécision qui a pour effet de ne pas fixer les oeuvres dans un système rigide.Paysages fictifs De duos il est effectivement question dans ces images.Chaque oeuvre est articulée sous forme de diptyque et met en place des effets de miroir entre les deux éléments de l’ensemble ou au sein d’une même image.Bodmer a dédoublé et renversé les images, créant, grâce à des manipulations après la prise photographique, des espaces ambigus où coexistent plusieurs temporalités.D’une image à l’autre, ou dans une seule image, les effets de sjunétrie sont aussi saisissants que trompeurs; tantôt ils sont des repères rassurants, plus tard, des sources de confusion.L’efficacité de ces images est imparable, car il devient impossible de distin^er ce qui était déjà là de ce qui a été supprimé ou modihé, forçant à abandonner notre désir de départager le vrai du faux.Le travail sur le double et le reflet engage une réflexion sur le monde comme apparence, ce que les images de Bodmer soulignent paradoxalement en étant lisses et détaillées.L’attrait de ces photos repose aussi sur les motifs choisis.Chacun d’eux nourrit les effets miroirs exploités par l’artiste, son regard les ayant judicieusement prélevés pour cette raison.11 en est ainsi dans les deux diptyques qui composent La Bande de Moebius III.Le patineur s’élance sur un lac partiellement gelé qui a la propriété de refléter le ciel et les montagnes.L’action prend ainsi place dans un paysage hctif, un espace initial dédoublé, mais non identique, dont chacune des particules retient ainsi l’attention.Quant à Moebius I et Moebius II, montrant une scène hivernale et un parc urbain, ils poiusuivent cette idée de générer un espace autre à partir d’une même matière.Les deux scènes s’enrobent d’ailleurs de mystère en étant l’une plongée dans le blizzard, l’autre dans la brume.Les personnages de ces photographies alimentent aussi le doute, circulant d’une image à l’autre dans des postures dif férentes, alors que le contexte, lui, ne change pas.Le type d’intervention apporté par l’artiste est différent d’un diptyque à l’autre.Dans Eden, le motif central est un arbre qui s’avère hnalement un mauvais repère pour situer les autres éléments de l’image lesquels sont en apparence sjunétriques.Cette composition se détache d’ailleurs du lot parce qu’elle fait un amalgame des plus hns entre une scène saisie siu le vif et la manipulation qui, elle, intervient pour contrôler les moindres détails.D’ailleurs, l’intervention de l’artiste au moment de la prise est peut-être ce qui rend d’autres diptyques moins saisissants.Ils en deviennent plus léchés, voire esthéti-sants, comme dans le cas de Limbo et de La Banda, tous deux montrant des personnages que l’on devine mis en scène.Pour l’un, il s’agit d’un personnage à la veste rouge esquissant des figures étranges dans l’espace et pour l’autre, d’un couple de danseurs.Dans les deux cas, les images cherchent à montrer une chorégraphie de gestes.Deux triptyques, intitulés Eje sur, complètent l’exposition.Tout comme Limbo et La Banda, ils ont été réalisés à Mexico, où l’artiste a fait une résidence l’hiver dernier.Désertées de présences humaines, ces photographies témoignent de la prédilection de Bodmer pour les espaces urbains ambigus, souvent laissés dans l’indifférence.Celui-ci, un parterre rou- m MUSEE D'ART DE JOLIETTE AUTOMNE 2010 KIMSOOJA 26 SEPTEMBRE 2010 - 9 JANVIER 2011 UTOPIE/DYSTOPIE LES PHOTOGRAPHIES DE GEOFFREY JAMES Organisée par le Musée des beaux-arts du Canada 19 SEPTEMBRE 2010 - 2 JANVIER 2011 HENRI VENNE 19 SEPTEMBRE 2010 - 2 JANVIER 2011 YOUNG-HAE CHANG HEAVY INDUSTRIES 26 SEPTEMBRE 2010 - 9 JANVIER 2011 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Ouébec) J6E 4T4 450 756-0311 I www.museejoliette.org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h QuébecHH I TlkeCniiai1nC.uiicilEir4K.Am It at II si.om SOURCE CATHERINE BODMER La bande de Moebius III (2009), de Catherine Bodmer tier, l’est pour le moins, s’offrant à travers maintes singularités, telles le dallage et l’emplacement des arbres.L’artiste a opéré diverses interventions amplifiant l’incongruité de cet espace pourtant banal.11 devient difficile d’en saisir les fonctions, d’en identifier les composantes.C’est là une des portées du travail de Catherine Bodmer qui, il est vrai, participe d’une tendance actuelle pour la photographie de paysage, urbain et naturel, manipulée.C’est peut-être un truisme, mais la force de Bodmer, en plus de savoir choisir des motifs intrigants, c’est la minutie parfois maniaque avec laquelle elle manipule l’image, à une échelle microscopique.Ce faisant, elle opère dans la tessiture même de l’image, poursuivant, quelque part, un travail de micro-interventions qu’elle a aussi développé auparavant avec la matière, par exemple des charpies de sécheuse et des algues.À ce moment-là comme maintenant, la plus banale particule devient source d’un dépaysement graduel et déroutant.Paul Litherland L’installation de Paul Litherland dans la petite galerie du centre Clark plonge les visiteius dans un tout autre état d’esprit.Eorce majeure prescrit d’abord une posture au spectateur en l’invitant à s’étendre sur une chaise longue afin d’apprécier en contre-plongée les images jouant sur les écrans fixés au plafond.11 voit ainsi des fragments de ciel progressivement animés par des personnages en chute libre.Le dispositif accentue le contraste entre le repos au sol et l’action au ciel, rappelant d’ailleurs la fascination légendaire de l’humain pour le vol, mais aussi l’attrait actuel pour les sensations fortes, en l’occurrence avec les sauts en parachute et en bungee.L’installation a quelque chose de ludique en faisant alterner les vues de ciel calme et déserté avec celles où passent les personnages en chute.L’apport d’une bande sonore, réalisée en collaboration avec Nancy Tobin, qui rythme leurs passages est judicieux, hormis l’extrait de batterie qui s’avère trop insistant.11 reste qu’il donne à l’ensemble des airs de cirque ou de farce qui font sourire.Tout comme les personnages qui, malgré la fulgurance de leur chute, trouve le tour d’accomplir d’autres actions.Avons de les déceler.Collaboratrice du Devoir Force majeure (2010), de Paul Litherland SOURCE BETTINA HOEEMAN PETER HOFFER INTERVENTION GALERIE SIMON BLAIS www.galeriesimonblais.com T.514 849-1165 Exposition du 15 septembre au 16 octobre Symposium international d'art in situ 2009/2010 VAL-DAVID C’est à l’automne que les sentiers sont les plus beaux ! www.jardinsduprecambrien.com Ouvert les samedis et dimanches seulement, dull septembre au 11 octobre, de 10 h à 17 h.Galerie Walter Klinkhoff AU SERVICE DES COLLECTIONNEURS DEPUIS PLUS DE 50 ANS 1200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A1H6 514.288.7306 www.klinkhoff.com Si VOUS songez à vendre des œuvres d'art d'importance, nous vous invitons à nous consulter, en toute confidentialité, à info(5)klinkhoff.com CIRQUE DU SOLEIL, ARTISANS Artiste Langdonart présente des peintures Le monde à l’envers^ le monde à l'endroit 6® exposition consécutive Galerie Le 1040, ou 1040 Marie-Anne Est, Montréal, du 21 au 27 septembre, de 10 à 22 heures chaque jour ! 2 paysages différents par chaque peinture Langdonart!! Aussi 2010 en Belgique, Espagne et San Francisco! www.langdonart.com RÊVE lOSTUMES ipiRQUE DU SOLEIL Khosée McCORD Musée McCord EIGDLLlBOIIIIIIOinn ^ Desjardins 690.BIE tIEBBBOOKE OBEST, MONTBflL METBO McBILL / AUTOBBS 24 WWW.IIBSEE-BICCOBD.OC.C1 E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 CULTURE OTTO DIX SUITE DE E 1 haine animent l’espace public, entre recrudescence des crimes sexuels et marginalisation des Juifs et des «bolcheviques», tenus responsables de la défaite militaire.Dix n’en était pas non plus à une contradiction prés.Dans sa peinture, d’abord, dont le contenu contemporain était marqué de références classiques (les romantiques allemands, Goya ou les grands maîtres de la Renaissance).Dans sa renommée, ensuite, adulé ou honni, et même accusé d’immoralité.Et c’était avant que Hitler prenne le pouvoir et qu’Ot-to Dix soit qualifié de dégénéré.Mais s’il y avait quelque chose de dégénéré, c’étaient bien ces années 1920, que Dix a dépeintes dans toute leur nudité.Cet adepte de la philosophie de Nietzsche, chez qui il a puisé le concept de neutralité face à la vie, se plaisait dans l’ambivalence, goûtait aux plaisirs de l’exubérance autant qu’il décriait les excès et les inégalités sociales.Il était comme un équilibris-te, un pied dans l’horreur, l’autre dans la splendeur, selon Kartsen Müller, un des auteurs réunis dans le catalogue de l’expo.«La vie sous la République du Weimar, écrit-il, était une danse au-dessus de l’abîme: Otto Dix peignit cette vie et la dansa.Son regard caustique sur les failles de la politique et les problèmes sociaux, sur les êtres appauvris, méprisés et abîmés ne l’empêcha pas d’être attiré par le côté glamour des années vingt.» Ce monde effroyable et beau trouve sa plus explicite expression dans la description de la guerre, qu’Otto Dix a vécue au front, dans les tranchées.Ses dessins réalisés sur place, et même ceux après, comme les eaux-fortes du célèbre portfolio La Guerre/Der Krieg de 1924, révèlent toute la cruauté des armes.Cette approche qu’il fa- d SOURCE SUCCESSION OTTO DIX/SODRAC (2010) Matelot et fflle (avec cigarette), 1926 (ou vers 1923), par Otto Dix (1891-1969) vorise au détriment du classique en hommage au soldat lui vaut sa célébrité.Et sa réputation sulfureuse.Propagande pacifiste ou glorification de la guerre?Les avis étaient partagés, même au sujet de La Tranchée (1923-1924), chef-d’œuvre aujourd’hui disparu.Olaf Peters, l’expert de Dix, soutient dans le catalogue que cette expérience de la guerre a permis à l’artiste d’arriver à traiter avec la même froideur des sujets comme les crimes sexuels «d’une violence insoutenable».Pour lui.Dix «est une célébrité par qui le scandale arrive».Cet art de la réalité, basée sur l’expérience, fait la force de Dix, selon Nathalie Bondil.«C’est un soldat qui a connu la guerre comme victime et comme bourreau.Il a vu ses camarades mourir, il a probablement tué lui-même.Ça fait partie de ce [qu’il décrit].Une réalité qu’on ne veut pas voir, une guerre sans héros, sans romantisme.» Elle se plaît à faire remarquer qu’Otto Dix s’est servi de l’iconographie de la Renaissance et de la peinture chrétienne pour appuyer son sarcasme.Elle désigne ce détour vers V«horreur de la crucifixion» ou vers les mises au tombeau, comme «une manipulation de l’image sous le couvert du sublime».Collaborateur du Devoir CABARET ROUGE: LE MONDE EFFROYABLE ET BEAU D’OTTO DIX Musée des beaux-arts de Montréal, du 24 septembre au 2 janvier.^JYoxes de chevet ^ création musique et danse (^fejeuner-bénéfice du Domaine Forget Dimanche 3 octobre 2010 à lOhSO au Fairmont le Manoir Richelieu inspirée du Makura no sôshi de Dame Sei Shônagon Sous la présidence d’honneur de l'Honorable Martin Cauchon, associé chez Gowling Lafleur Henderson INFORMATION ET RESERVATONS1418-452-8U1 MftiîSg 0 dïa Doî^ine Direction artistique, Claire Gignac Frédéric Auger Claire Gignac Patrick Graham Jean René et Tomomi Morimoto Chorégraphie production de La Mef Festival Transatlantique Montréal Quartiers Danses 2010 Jeudi 23 septembre et vendredi 24 septembre à 20h Chapelle historique du Bon-Pasteur 100, rue Sherbrooke Est, Montréal Billets : Régulier 15$ | Étudiants 12$ La Nef 514.523.3095 | Admission 514.790.1245 www.la-nef.com CINEMA Carte postale d’époque FLIPPED Réalisation: Rob Reiner.Scénario: Rob Reiner, Andrew Scheinman, d’après le roman de Wendelin Van Draanen.Avec Madeline CarroU, Callan McAuliffe, John Mahoney, Anthony Edwards.Image: Tliomas del Ruth.Montage: Robert Leighton.Musique: Marc Shaiman.Etats-Unis, 2010, 90 minutes.ANDRÉ LAVOIE Plusieurs sentiments nostal-^ques risquent de nous envahir devant Flipped, rhistoire d’un amour chaste et pur entre deux enfants bien emmitouflés dans le cocon des années 1950.Une larme peut ainsi être versée sur cette décennie où les cuisines étaient les royaumes des mamans, les banlieues entourées de fermes et non de centres com-merciaux, tandis que l’école, même publique, ressemblait à un havre de discipline.C’est du moins la vision construite par Rob Reiner, un cinéaste dont le travail récent {Rumour Has It, The Bucket List) provoque une autre forme de nostalgie.Il nous arrive ainsi de regretter un passé pas si lointain où ses films {Stand By Me, Misery, When Harry Met Sally) étaient pimentés d’une ironie maintenant bien enfouie, entre autres dans les vieux succès musicaux qui parsèment Cette adaptation d’un roman de Wendelin Van Draanen évoque, sur quelques années, les multiples malentendus qui ont jalonné la relation entre Juli (Madeline Carroll) et Bryce (Callan McAuliffe), encore bien jeunes pour penser à leur avenir matri- WIDE MOVERS monial, mais assez vieux pour s’interroger sur leurs émotions contradictoires suscitées par une main tendue, un regard frirtif ou un parfum corporel Quli ne se prive pas de sentir de très près l’objet de son désir, surtout en classe).La fillette, compagne de classe et voisine de Bryce, va multiplier les pirouettes pour séduire un garçon essayant tant bien que mal de camoufler sa propre attirance.Et comme dans toute bonne histoire d’amour, les familles respectives deviennent une entrave: celle de Juli éprouve quelques difficultés financières et celle de Bryce n’a rien à envier aux fantasmes de pureté de la droite.La banalité de cette liaison parfois orageuse mais pas très dangereuse est en partie atténuée par cette perspective dédoublée, alternant entre le point de vue idéalisé de Juli à celui plus terre-à-terre de Bryce, le plus souvent sur un même événement.Cette stratégie narrative n’a rien de révolutionnaire, surtout pas entre les mains de Reiner, qui s’en remet un peu trop aux monologues intérieurs de deux personnages, concession commode chez ceux qui adaptent à l’écran des œuvres littéraires.Carte postale d’une époque qui porte en elle les effluves d’un tumulte à venir (symbolisé ici par la défense de Juli pour la sauvegarde d’un arbre magnifique, destiné à être coupé pour laisser place à un bungalow), Flipped ne provoquera aucune révolution, et surtout pas dans la filmographie de Rob Reiner.Collaborateur du Devoir SOURCE WARNER BROS Flipped, l’histoire d’un amour chaste et piu entre deux enfants.m SIX ,, nouveau^ectacle de Claire Pelletier Productions Ouïe-Dire présentent GRANDE BIBLIOTHÈQUE m-yi Québec g» Quatre saisons, quatre couleurs, quatre lumières En compagnie des poètes Hélène Dorion (Québec), Nicole Cage-Florentiny (Martinique), Paul Savoie (Ontario) et Guy Bennett (États-Unis) ainsi que du Trio Daniel Lessard Présenté en collaboration avec le Festival international de la poésie de Trois-Rivières et le Centre de la francophonie des Amériques Cette lecture aura lieu aussi le lundi 20 septembre à 18 h 30 au Largo Resto-Club, 643, rue Saint-Joseph Est, Québec.Réservation : 418 529-3111 Le mardi 21 septembre à 19 h 30 À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre -m 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal èt©©Berri-UQAM Autobus : 30, 15 et 125 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 RENTREE MONTREALAISE 28 et 29 septembre 2010 2oh - Le Gesù 1200 de Bleury, Montréal Billets en vente au 514-861-4036 et 514-790-1245 ou www.admission.com www.clairepelletier.com www.myspace.com/clairepelletier banq.qc.ca ¦ [f][^ T^sM Si CAFFE DELLA IXiSTA LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 E 9 l/l llj WI/1 P A ^AFFICHE! fQu^i^TrNlC A À À À STUDIO CINE LIVE A A A A Ml ifP iV PRK DE U MISE EN SCÈNE EX AEQUO FESTIVAL DES RLMS DU MONDE 2010 5 PASCAL ELBE CINÉMA SeaH^ie»'\ consultez les quides- 2386.DeasiblenE.7g1-eoeo | HORAIRES DES CINÉMAS SOURCE SEVILLE Incendies, de Denis Villeneuve, est une œuvre qui entraîne le spectateur aux confins de la douleur.Un œuvre maîtrisée, aussi intense que classique INCENDIES Réalisation: Denis Villeneuve.Scénario: Denis Villeneuve et Valérie Beaugrand-Champagne d’après la pièce de Wajdi Moua-wad.Avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gau-dette, Rémy Girard.Image: André Turpin.Musique: Grégoire Het-zel.Montage: Monique Dartonne.Canada, France, 131 minutes.ODILE TREMBLAY La plus grande erreur qu’un critique ou un spectateur puisse commettre est de chercher à retrouver la pièce de Wajdi Mouawad au minimalisme formel dans le film de Denis Villeneuve.Le langage est totalement différent, et mise à part la trame de l’histoire, on se retrouve sur une autre planète que celle des planches.Place au cinéma, avec action tournée beaucoup en Jordanie, décors naturels et figurants locaux.Une reconstitution saisissante de l’incendie d’un autobus, où l’assassinat de musulmans par les milices chrétiennes donne lieu à d’extraordinaires scènes de déchirement.L’entrée en matière à Montréal: lecture du testament du notaire (Rémy Girard, convaincant) ouvre le jeu avec puissance.Denis Villeneuve, dans la foulée de son court métrage Next Floor et de son Polytechnique, démontre encore à quel point il a gagné en maturité et en maîtrise depuis quelques années.Incendies, célébré à Venise, Tel-luride et Toronto, flanqué désormais d’un distributeur américain, nous arrive auréolé de son succès bien mérité.Cette œuvre intense et néanmoins classique glisse presque sans aspérités, jongle habilement avec les tons, nous entraîne aux confins de la douleur dans des scènes hautement dramatiques, d’une violence jamais gratuite, sur les Images remarquables d’André Turpln, son ancien collaborateur.Ajoutez des bruitages qui hantent et affolent.SI parfois quelques In- formations se répètent, si les cartons qui marquent les chapitres semblent superflus, que de beautés dans ce film-là! Rappelons l’intrigue et le parcours: deux jumeaux montréalais à la lecture du testament de leur mère immigrée se voient contraints de retourner dans un pays du Moyen-Orient (non identihé) pour trouver un père et un frère dont ils ignorent tout, sur fond de voyage initiatique, découverte des racines et revirements chocs.En contrepoint, les flashbacks nous ramènent à la jeunesse de la mère semée de cauchemars: ostracisme au village, guerre civile, prison, torture.Lubna Azabal (qu’on a vue dans Exils de Tony GaÜiO se révèle fabuleuse dans ce rôle exigeanp poignant, parfois austère, qui commande toute la gamme d’interprétations à différents âges, sous toutes les tonalités.Villeneuve n’a pu trouver au Québec de jeunes acteurs originaires du Moyen Orient mais à l’accent qui auraient apporté aux interprètes des jumeaux la vraie crédibilité de faciès.Et si la brune Mélissa Désormeaux-Poulin paraît quand même crédible dans la peau de la jeune femme qui mène l’enquête dans ce pays d’elle inconnu, dévasté par la guerre, Maxim Gaudette n’a guère le profil exotique de l’emploi que les origines du rôle commandent.Sa prestation est d’ailleurs plus molle que celle de Mélissa.Lorsqu’il arrive dans ce là-bas inquiétant, le rythme du film vacille quelque peu.Par ailleurs, l’âge du premier fils est mal marqué à l’écran.Mais la plongée de Villeneuve dans l’horreur, l’art de lier ses fils passés et présents sans appuyer, le crescendo d’un scénario complexe, la maîtrise de mise en scène et la force des images riches de sens en font une œuvre marquante, qui dénonce par la bande l’absurdité de la guerre et de la folie destructrice humaine.Le Devoir Un quartier sans pitié THE TOWN Réalisation: Ben Affleck.Scénario: Peter Craig, Ben Affleck, Aaron Stockard, d’après le roman de Chuck Hogan.Avec Ben Affleck, Rebecca Hall, John Hamm, Jeremy Renner.linage: Robert Elswit.Montage: Dylan Tichenor.Musique: Harry Grqgson-Williams, David Buckley.Etats-Unis, 2010, 124 minutes.ANDRÉ LAVOIE Contrairement à ce que l’on pourrait croire.Ben Affleck n’a pas passé toute sa vie à Boston.Or, devant Good Will Hunting, qu’il a coscénarisé avec Matt Damon, ou Gone Baby Gone, qui marquait ses débuts de réalisateur, il apparaît évident que cette ville est tatouée sur son cœur, une alliance plus réussie que sa courte liaison tapageuse avec Jennifer Lopez.Ceux qui en doutent encore devront voir The Town, un thriller qui ne possède peut-être pas le charme crépusculaire de Gone Baby Gone, hérité du roman de Dennis Leha-ne, mais n’en demeure pas moins diablement percutant.Cette mécanique plutôt bien huilée n’est pourtant pas la qualité première de ce film bien ancré dans le Boston des truands, pas des chercheurs ou des universitaires.Car U SOURCE WARNER BROS Ben Affleck dans The Town dans le quartier irlandais de Charlestown, ce sont des criminels que l’on produit en abondance, et plusieurs avec un fort accent.Quatre d’entre font régner la terreur, multipliant les vols dans les banques.Lors d’une attaque spectaculaire avec ses complices, toujours costumés, Doug (Affleck, plutôt retenu) est attiré par la belle gérante (Rebecca Hall, émouvante) , kidnappée mais vite relâchée.Quelques jours plus tard, toujours sous le choc.elle rencontre son agresseur, ignorant sa véritable identité, ce qui fait le bonheur de Doug, très épris de la jeune femme.Mais cet amour naissant provoque vite la colère de son complice Jimmy (stupéfiant Jeremy Renner) et devient l’hameçon qu’il fallait à un agent du FBI 0ohn Hamm, la star de la série Mad Men, vraiment mûr pour le grand écran) pour mettre un terme à leurs activités criminelles.Les séquences de cambriolages sont d’une efficacité irré- prochable, Affleck utilisant à bon escient les caractéristiques de la ville (ponts, rues très étroites, etc.) pour un maximum de tension.Peu nombreuses, elles sont judicieusement incorporées à une intrigue qui fait surtout la part belle aux tourments et aux désirs secrets des personnages, montrant aussi leur enracinement douloureux dans un quartier parfois sans pitié.Celui-ci est filmé sous toutes ses coutures et les acteurs s’y fondent avec une remarquable aisance, donnant à tout cela une authenticité qui n’a rien du documentaire mais ajoute au pur plaisir de ce film qui ne sacrifie pas ses héros, bons et méchants, sur l’autel des artifices du thriller.Et s’ils s’agitent, parfois avec une violence inouïe, leurs raisons sous-jacentes n’échappent jamais à l’œil de Ben Affleck, celui du cinéaste.Collaborateur du Devoir esonsuMtex jyçyarTg sttG THE AGONY & ECSTASY OF PHIL SPECTOR EAT PRAY LOVE • INCEPTION HUMPHREY BOGART • FLIPPED LA VERITt INCARNÉE / MEAT THE TRUTH DANS lA BRUME ELfCISIQIIE • L£ CONCERT Ea [CINÉMA DU PARC ISa AlltODUS80/1Z9 I 3575 Du Parc 614-281-1900 A d M ; I ; N ! I In b *i ! i ^nia Cravates et parachute KRACH Réalisation: Fabrice Genestal.Scénario: Fabrice Genestal, Paul Besson.Avec Gilles Lellouche, Vahina Giocante, Jofifey Verbruggen, Charles Berling, Michael Madsen.Image: Pascal Rabaud.Montage: Catherine Schwartz.Musique: Frédéric Vercheval, Benoît Charest.France, Canada, Belgique, 2010,87 minutes.ANDRÉ LAVOIE Erwan Kermor est plus athlétique que Vincent Lacroix, plus jeune qu’Earl Jones et aussi sexy que Jérôme Ker-viel.Vous avez compris qu’il s’agit d’un escroc de la haute finance qui n’a jamais le vertige, passionné de parachutisme et amateur de magouilles sophistiquées.Avec Krach, le cinéaste français Fabrice Genestal débarque sur nos écrans à point nommé, avec ce portrait pas très flatteur d’un milieu qui jongle tant avec les projections fantaisistes qu’avec les chiffres.Et à l’heure de tous ces festivals de comptabilité créative, il est plutôt rigolo de voir un ambitieux trader français, à l’emploi d’une grande banque au cœur de New York, établir un parallèle entre les variations climatiques et les flux boursiers.Cette idée fut inspirée par la lecture d’un article d’une revue scientifique, et surtout par les graphiques qui l’accompagnaient.C’est sur cette vision personnelle qu’Erwan (Gilles Lellouche, une vraie présence malgré un personnage sché- matique) mise tout ce qu’il possède, entraînant à sa suite un collègue à l’équilibre fragile (Charles Berling, en passant) et la scientifique (Vahina Giocante), auteure de l’article, qui passera sans mal des changements climatiques aux tempêtes boursières.Comme on s’en doute, ce joujou, qui n’a rien à envier aux subprimes, fera la fortune de son créateur, mais pour un temps beaucoup plus court que le règne des beaux salauds qui ont ruiné des centaines d’investisseurs.Synchronisme parfait pour un film qui malheureusement l’est beaucoup moins.Fruit d’une coproduction internationale, Krach décrit avec application le caractère carnassier du milieu financier sans pour autant en saisir la fébrilité, tout comme celle de New York, reproduite en partie à Montréal et farcie de clichés (le héros songeur au pied du pont de Brooklyn.) dignes d’un regard de touriste.Et que dire du personnage de la scientifique, plus près de la Bond girl que de l’universitaire et dont l’histoire d’amour avec Erwan n’est convaincante que pour eux-mêmes.Dans ce film aussi prévisible qu’une hausse du prix de l’essence à la veille des vacances, les intentions apparaissent louables mais s’écrasent sous le poids des symboles aériens et une mise en scène trop lisse pour un univers et une ville qui le sont si peu.Collaborateur du Devoir SOURCE WARNER BROS.Une scène de Krach, de Fabrice Genestal «UN GRAND FILM QUEBECOIS.DENIS VILLENEUVE EST UN CINÉASTE D’IMMENSE TALENT.» MARCCASSIVI,^fVæSSf «UNE TRAGÉDIE MAGISTRALE, ESSENTIELLE.INOUBLIABLE.» STÉPHANE SIMON, ROLMARÈS MAGAZINE «UNE GRANDE PIÈCE DEVIENT UN GRAND FILM BRÛLANT D’ACTUALITÉ.» MARIE-CHRISTINE BLAIS, LA PRESSE « PUISSANT! » BRENDAN KELLY, WE GAZETTE «BRAVO DENIS VILLENEUVE! MON CHOIX IMMÉDIAT DANS LA CATÉGORIE MEILLEUR FILM ÉTRANGER AUX PROCHAINS OSCARS».» PETER HOWELL, TORONTO STAR tiff.toronto international film festival f 'i OFFICIAL SELECTION 2010 0 GIORNATE DEGLIAUTORI VENICEDAYS LUBNA AZABAL MÉLISSA DÉSORMEAUX-POULIN MAXIM GAUDEHE REMY GIRARD D’APRÈS LA PIÈCE DE WAJDI MOUAWAD INCENDIES UN FILM DE DENIS VILLENEUVE UNE PRODUCTION MICRO SCOPE w.lncenc]les-l9film.com | .Ezzays»- ra Sfï—-,J.,_» 13 W!M t « PRESENTEMENT A L’AFFICHE! HORAIRES DES CINEMAS E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010 CINEMA 1 \®\\w i Le cinéaste Robin Aubert et l’acteur-sénateur Jean Lapointe Retour aux sources JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cinéaste québécois Robin Aubert offre, avec À l’origine d’un cri, un troisième long métrage très personnel qui rend hommage autant à un Québec régional qu’à son propre grand-père, interprété par Jean Lapointe.FRANÇOIS LEVESQUE Ça sent le houblon ranci et le bois imbibé de la bière de la veille.Il est midi à peine et le bar Le Drugstore, rue Sainte-Catherine, accueille les médias en vue de la sortie, la semaine prochaine, du film A l’origine d’un cri, le plus récent long métrage du cinéaste et comédien Robin Aubert, fraîchement revenu du Festival international du film de Toronto, o,ù s’est déroulée la première.Echos élo-gieux; équipe détendue.L’endroit s’avère en outre tout indiqué, puisque l’intrigue recèle sa bonne part de scènes campées en des lieux similaires.A l’origine d’un cri brosse le portrait de trois hommes lancés sur les routes secondaires et présente en parallèle les pérégrinations d’un grand-père malcommode et de son petit-fils teigneux, alors que tous deux écument motels miteux et tavernes décaties à la recherche du père du second qui, fou de douleur, s’est enfui avec la dépouille de sa deuxième épouse.Et la bouteille qui sert de béquille à chacun; mâlitude qui enfouit ses émotions de génération en génération.\ A l’origine d’un film Film des racines écrit le cœur sur la table, A l’origine d’un cri revêt, pour Robin Aubert, un caractère extrêmement personnel, même s’il ne s’agit pas d’une œuvre purement autobiographique.«J’aime /’americana, son côté désuet.Mon grand-père, c’était un hôtelier, explique-t-il.Les tavernes, les motels: mon père, mes oncles et mes tantes ont grandi là-dedans.Enfant, mon père était surnommé “dâdâ”, pour la bière Dow, parce qu’il ramassait les bouteilles sur les tables.Deux de mes tantes possédaient des motels de bord de route, des “motels de cabines”.Pour moi, petit, c’étaient des univers mythiques.» Et, veillant au grain, il y avait son grand-père, figure aimée à qui fe film est d’ailleurs dédié.«Robin m’a envoyé le scénario avant de partir en voyage et j’ai eu vent que, si je refusais le rôle, il ne tournerait pas le film, relate Jean Lapointe.A son retour.Robin m’a appelé et je lui ai dit que je n’avais rien lu et que j’aimerais plutôt qu’il vienne chez moi.Il est venu.“Raconte-moi ton histoire”, que je lui ai demandé.Quand il a eu fini, je lui ai avoué en riant que je l’avais lu, son scénario!» Lu, et aimé.Beaucoup.Dans une séquence exempte de dialogue où la caméra se promène parmi les épaves échouées dans l’attente du last call, on aperçoit le grand-père qui chante doucement pour une assistance engourdie.«Quand Ti-Blanc Richard ou Marcel Martel étaient partis et qu’il restait encore trois ou quatre “brosseux” au comptoir, mon grand-père montait sur scène pour chanter Mon souvenir.Je viens de voir le film à Toronto et quand Jean la chante.» Robin Aubert se tait, la voix brisée.Il voulait Jean Lapointe et on comprend pourquoi.On peut aisément relever des similitudes entre Facteur et le personnage du grand-père, mais, au-delà des évidences, Jean Lapointe s’est appliqué à canaliser la personnalité d’un autre, à l’habiter tout entier.«Robin m’a montré des films où on voit son grand-père.Il m’a expliqué ce qu’il voulait et, après, j’ai juste fait ce qu’il me demandait.J’ai bien improvisé un peu, mais toujours avec la permission de Robin.Je n’ai pas de formation d’acteur alors.pendant le tournage, j’étais son grand-père.» A ce chapitre, Jean Lapointe insiste sur le fait qu’il s’est noué entre Michel Barrette (le père), Patrick Hivon (fe fils) et lui (le saint d’esprit) une grande complicité.«Si on sent passer l’amour qui unit ces trois hommes-là, même s’ils ne sont pas capables de l’exprimer, c’est parce que, pendant le tournage, on le ressentait vraiment, nous les acteurs.» Ivres de femmes et de peintures ^ Saint-Martyr-des-Damnés et A quelle heure le train pour nulle part?ont révélé, chez Robin Aubert, un goût prononcé pour un naturalisme de fond et un onirisme de forme.Ici, la parlu-re du cru convoque parfois le souvenir de Michel Tremblay, mais en des déclinaisons ancrées dans la ruralité.«Je suis heureux de la parenté, mais, avant tout, j’ai transposé le langage de mes sept tantes, de qui je suis très proche.Dans le film, je leur ai même laissé leurs vrais noms.Elles ne m’auraient pas pardonné de les changer!» Quant à la mise en scène, le cinéaste renvoie à une autre forme d’art.«J’envisage les plans comme des tableaux.Les personnages, je les perçois comme prisonniers dans des toiles.Ces trois gars-là doivent sortir du cadre.Ils sont en quête de rédemption.» Et ils charrient, dans leur sillage chargé d’alcool, un passé proche ou distant qui se manifeste par des songes, des visions, des fulgurances surréalistes.Surtout, ils sont hantés par l’amour: celui qu’on cherche, celui qu’on refuse de laisser partir et celui qu’on a perdu jadis.«Ils sont amenés à comprendre d’où vient leur colère, d’où vient leur silence, et c’est ce cheminement-là qui m’intéressait.En fait, j’ai voulu raconter ce qui se passe avant la rédemption», résume Robin Aubert.Laquelle, une fois les personnages libérés, pourra effectivement avoir lieu.Mais hors du cadre, justement, car cela, c’est un autre film.Et l’avenir, une fois l’emprise des fantômes dissipée?«Je me retrouve sans avoir la moindre idée de ce que je vais faire ensuite», confie Robin Aubert.Continuer de tourner, espérons-le.Collaborateur du Devoir Les amoureux des bancs publics LA TETE EN FRICHE Réalisation: Jean Becker.Scénario: Jean-Loup Dabadie, d’après le roman de Marie-Sabine Roger.Avec Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Claire Maurier, Sophie Guillemin, François-Î^vier Demaison, Maurane.Photo: Arthur Cloquet.Montage: Jacques Witta.Musique: Laurent Voulzy.France, 2009,81 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Germain Chazes, la cinquantaine bien assise, coule des jours ni heureux ni inquiets dans une petite ville du sud de la France.Homme à tout faire manquant un peu de fini, Germain habite une caravane stationnée près de la maison de sa mère, un monstre, à proprement parler.Objet de railleries occasionnelles de la part des potes du café parce que très limité côté arts et lettres, Germain rencontre un jour au parc Margueritte.Détectant le potentiel de ce grand dadais peu sûr de lui, la douce nonagénaire entreprend de l’initier à la lecture.Résilience sur fond d’amitié hliale.On conçoit aisément que le roman de Marie-Sabine Roger ait séduit Jean Becker.Le contexte, le drame mâtiné de comédie et, bien sûr, l’occasion de retravailler avec Gérard Depardieu, à qui le rôle de Germain va comme un gant, constituaient autant d’attraits.Becker célébrant les petites gens en province, Depardieu en mode tendre géant: la ligne est mince entre aisance et facilité, dans La Tête en friche.Mais le cinéaste connaît son affaire et sait s’entourer.Ainsi, c’est à Jean-Loup Dabadie, de l’Académie française, qu’il a confié le soin de l’adaptation.Comme il sut le faire jadis avec les scénarios — autrement plus nuancés — qu’il écrivit pour Claude Sautet {Les Choses de la vie.César et Rosalie et Vincent, Erançois, Paul et les autres), Dabadie épouse ici le ton et l’univers du réalisateur avec qui il travaille.Au hnal, le scénario de La Tête en friche est tout à fait dans la veine de ceux de Les Enfants du marais et Dialogue avec mon jardinier, bien que Dabadie n’eût écrit aucun d’eux.Bref c’est joliment ensoleillé, un peu pépère, jamais complètement plausible, mais ça fait indéniablement chaud là où ça passe.A ceux qui suivent et apprécient le travail de Jean Becker: allez-y sans crainte.Collaborateur du Devoir SOURCE METROPOLE EILMS DISTRIBUTION Retravailler avec Gérard Depardieu n’était pas pour déplaire au cinéaste Jean Becker.11,5 MiaiON DE SPECTATEURS EH FRANCEiJ PRESENTEMENT A L’AFFICHE! rCINEPLEXDIVERnSSEMEm-| rciuéMA i— MÉQA-PLEX” QUZZO —i rOINEPlEX DIVERnSSB I QUARTIER LATIN | [ 2308, BGaublon E.721-0000 ] rPONTWIAU 1 ël IBOUCHERVII ietropolefilms.com I- CINEMAS AMC -1 Ile forum 221 «On sort de là avec beaucoup de plaisir, qu’on a éprouvé et qui reste avec nous.» C’est bien meilleur le matin, RADIO CANADA «Émouvant! La Tâte en friche est une de ces grandes histoires qui peuvent changer le cours d’une vie.» ?! ?! ?! Netro ExeenH 20 Minutai ?! ?! ?! ?! Jean .j lECKER lADESUS métropole Pimiento et Les films du 3 mars présentent UN DOCUMEI^TAIRE DE BRUNO BOULIANNE AVEC MARC SEGUIN * sur une musique de Karkwa «Un film qui transmet le désir de vivre et l’envie de créer» 17 SEPTEMBRE AU CINEMA PARALLELE 24 SEPTEMBRE AU CINÉMA LE CLAP gagnant du Prix tremplin pour le monde Arty 2010 • FIFA 2010 bullseyelefilm.com ÈMÈî CINEMA PARALLELE 3535B0IIEWRDSAINr-UmRENr 514-847-2208
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