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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-09-25, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 LE DEVOIR NEWSCOM.COM Partis de si loin.Le rapport Parent a révolutionné l’école québécoise V Nul secteur de la société québécoise ne peut mieux illustrer le thème «Le Québec se construit» que celui de Téducation, qu^il a fallu bâtir pierre après pierre, étage après étage, et dont rédifice n^est pas encore achevé.Que de batailles, que de frilosité, que d^occasions manquées! Et, en même temps, que d^avancées et que d^espoirs pour corriger les grandes erreurs de rhistoire.JOSEE BOILEAU Rédactrice en chef Jour après jour, Tactualité ramène à Tavant-plan le monde pas du tout tranquille de réducation au Québec.Réforme ou non-réforme, hausse ou non des droits de scolarité à Tuniversi-té, pertinence des commissions scolaires, confrontation entre les secteurs public et privé au secondaire, lutte contre le décrochage, remises en question de la formation des maîtres, qualité de la langue, qualité des contenus, qualité de renseignement.— autant de sujets, autant de déchirements.Ces débats se nourrissent de chiffres, d'arguments solides, de points de vue éloquents.Mais ils ne peuvent se comprendre sans une donnée centrale: l'extrême jeunesse de notre système scolaire, conséquence directe des grands blocages que la frange la 100 ans de regards sur rinformation plus conservatrice de l'Église a réussi, autrefois, à imposer pendant plus de 100 ans.Il ne Mlait surtout pas imiter la France, où Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, impose dans les années 1880 une école publique gratuite, obligatoire.et laïque.Aux yeux du clergé d'ici, c'est là le repoussoir absolu.Nous en vivons encore les effets en ce début du XXI" siècle.Tout est dit: une simple 6%.L'histoire moderne du Québec s'est édifiée sur la base d'une population francophone qui, il y a moins de 100 ans, en 1926, à Montréal, voyait 94 % de ses enfants quitter l'école dqs la sixième année complétée! A la même époque, le réseau scolaire protestant, qui regroupe les anglophones, est au contraire déjà bien organisé, très fréquenté, dégagé de l'influence religieuse.Une citation permet de donner vie à ces chiffres.Dans le cadre de notre centenaire.Le Devoir rencontre chaque semaine ses lecteurs et lectrices.L'une d'elles, Jean Morrison, nous a raconté avoir fréquenté l'école primaire à Montréal à la fin des années 1920, dans Ho-chelaga, quartier pauvre peuplé de Canadiens français, comme on disait alors.La jeune Il y a moins de 100 ans, en 1926, à Montréal, la population francophone voyait 94 % de ses enfants quitter récole dès la sixième année complétée! Jean, elle, est anglaise, une «maudite tête carrée» y ce qui ne l'empêche pas de fréquenter les petits français du quartier.Sauf qu'à la fin du primaire, la vie, ou plutôt la construction sociale alors à l'œuvre au Québec, va les séparer.«J'ai été la seule du groupe à passer au secondaire, nous a-t-elle raconté.Il n'y avait même pas d'école française.Il y avait bien des couvents et des collèges, Mont-Saint-Louis ou Brébeuf mais aucune école publique francophone! C'est incroyable! Qu'est-ce qu'on peut faire dans la vie avec une sixième ou une septième année?» Ce passé a laissé des marques.Pendant si longtemps, il n'y eut pas obligation de fi*équenter l'école qui, de toute manière, nuisait à l'aide que les enfants pouvaient apporter à leurs parents, aux champs ou ailleurs.Logique donc d'en conclure que ce n'était pas important.Comment dès lors s'étonner que, des décennies plus tard, l'éducation ne soit toujours pas une valeur dominante pour les Québécois de souche, comparativement à ce qu'on constate dans les différentes communautés qui composent le Québec contemporain ou dans d'autres pays?Il en faut du temps pour modifier des perceptions aussi ancrées.On comprend mieux, à cette aune, le tremblement de terre qu'a causé le rapport Parent, au milieu des années 1960, qui a ouvert large les portes de l'école, partout, à tous.Mais on n'a pas tout retenu de ce rapport vaste, qui, il y a moins de 50 ans, a eu tout à inventer.Le rapport Parent soulignait ainsi la nécessité d'un contenu scolaire solide, s'appuyant notamment sur des bibliothèques scolaires bien garnies.Y sommes-nous arrivés?Pas encore.Mais nous partions de si loin.Mesure-t-on le fait que la premiè- re université laïque francophone du Québec — la bien nommée Université du Québec — date de 1968, alors que, du côté anglophone, la direction de l'Université McGill, fondée en 1821, n'aura pas à subir la tutelle religieuse qui caractérisera longtemps les autres universités francophones d'ici?Mesure-t-on aussi l'ampleur du rattrapage effectué quand, aujourd'hui, les élèves du Québec se retrouvent dans le tableau de tête des évaluations internationales, particulièrement en sciences?C'est là une des grandes réussites de la démocratisation de l'enseignement issue du rapport Parent En cet avènement de la société du savoir, qui partout sur la planète appelle à s'instruire bien et longtemps, il faut souligner le rattrapage à faire ici pour combattre l'anti-intellec-tualisme latent ou la tentation techniciste qui menace l'apprentissage.Il y a à nouveau urgence de plaider pour l'importance collective d'une école publique forte, accessible, égalitaire et qui sait retenir ses élèves.Mais sans jamais perdre de vue les pas de géant que nous avons réussi à franchir au regard de notre histoire, que nous racontons dans ce cahier.Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 LE SE CONSTRUIT _ 1943 Fréquentation scolaire obligatoire • 1945 Ouverture des centres d’apprentissage *1956 Refonte du cours primaire et création d’un secondaire public • 1960 Le cardinal Paul-Emile Léger pour une fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à la neuvième année *1961 Fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans et manuels scolaires gratuits • 1985 «L’école québécoise et les communautés culturelles • 1986 Accès aux écoles de langue anglaise •2009 La Cour suprême et l’accès aux écoles anglophones Les enfants, une main-d’œuvre bon marché L’école ne deviendra obligatoire jnsqn’à 14 ans qn’en 1943 Le taux de décrochage atteignait 50 % au primaire, au début des années 1940 Emprise de l’Église, désintéressement de l’État: un régime qui a fait du Québec le cancre de la scolarisation en Amérique et en Europe.Il y a soixante ans, même après une première loi sur la fréquentation scolaire obligatoire, les élèves décrochaient au primaire.Aujourd’hui, on cherche comment raccrocher jusqu’à 18 ans les 15 % d’adolescents qui abandonnent sans diplôme d’études secondaires.AMELIE DAOUST BOISVERT Boycottage des taxes, vol de registres scolaires, commissaires menacés, saccage et même incendies d’écoles: la première tentative d’améliorer la fréquentation scolaire, en 1845, embrasa les campagnes.Le Québec prendra cent ans pour venir à bout des «étei-gnoirs», ces opposants à la diffusion de la connaissance parmi le peuple.Avec pour conséquence que, lorsque l’école devient obligatoire jusqu’à 14 ans en 1943, au moins la moitié des francophones quittaient l’école avant la fin du primaire.L’Ontario a légiféré dès 1871, la plupart des autres provinces l’ont fait avant 1910, mais au Québec la loi arrive «douze ans après celle du Vatican!», s’insurge encore l’historien Pierre Graveline.Quand le premier ministre libéral Adélard Godbout se donne pour objectif en 1939 d’enfin rendre l’instruction obligatoire au Québec, il nomme Victor Doré au poste de surintendant de l’instruction publique.«Nous nous ferons battre, s’il le faut, mais nous passerons cette loi afin de préparer pour demain une génération plus instruite», promet Godbout.Avec le secrétaire provincial Hector Perrier, Doré convaincra un à un les évêques qui siè- gent au Comité catholique du Conseil de l’instruction publique d’appuyer une loi sur l’instruction obligatoire de 6 à 14 ans.Fort des statistiques catastrophiques sur la fréquentation scolaire qu’a fournies l’Alliance des professeurs de Montréal — 50 % de décrochage au primaire! — il convainc 21 membres du comité.Six votent contre, rapporte Le Devoir du 18 décembre 1942.En avril 1943, l’Assemblée législative dit oui.Le Québec se lance dans le rattrapage d’un très sérieux retard en matière d’éducation.Cent ans de lutte et de noirceur Quand, en 1845, il essaie de forcer tous les parents d’enfants âgés de 5 à 14 ans à payer une taxe scolaire pour encourager la fréquentation des classes, le surintendant à l’instruction publique, Jean-Baptiste Meilleur, «n’a pas beaucoup de succès», souligne d’un euphémisme l’historienne Andrée Dufour, en référence au soulèvement d’une vive contestation populaire.Tous les projets de loi meurent ensuite au feuilleton, si bien qu’au tournant du XX® siècle 12 % des élèves de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) atteignent l’équivalent de la fin du secondaire.Environ 30 % de la population est illettrée.«Et i ALBUMS DE RUES E.Z.MASSICOTTE — BIBLIOTHEQUE NATIONALE DU QUEBEC Une école de Pointe-Saint-Charles dans les années 1950.c’était bien pire en campagne!», ajoute l’auteure à’Histoire de l’éducation au Québec.«Les Canadiens français vivent dans des fermes d’autosubsistance.Ils avaient besoin de la main-d’œuvre de leurs enfants», explique Pierre Graveline, qui a également pondu un ouvrage sur la question.«Les petits vont à l’école l’été, les grands, l’hiver, rappelle Andrée Dufour.A ce rythme, ça prend énormément de temps pour progresser.» L’élite se désintéresse de l’école publique, les établissements sont insuffisants et mal pourvus, les enseignantes de rang sont sous-payées et l’industrialisation déplace les enfants des champs vers les usines de textile, de chaussure et de tabac, où ils gagnent le quart du salaire d’un adulte.L’Église catholique s’oppose à toute tentative de démocratisation de l’éducation: «Il faut bien se garder d’élever l’enfant pour une autre condition que celle dans laquelle il est appelé à vivre.Le propre de la vraie éducation ne doit pas être de déplacer socialement l’élève», peut-on lire dans le journal clérical Mélanges religieux.Un «véritable intégrisme», soutient Pierre Graveline, qui rappelle que, «pendant ce temps-là, le système d’éducation anglophone se développait!» La véritable démocratisation de l’école Les effets de la loi promulguée en 1943 tardent poiutant à se faire sentir.«Elle était peu appliquée, dit Pierre Graveline.Il n’y avait même pas de ministère de l’Éducation!» Vers 1960, 30 % des élèves atteignent la 9® année, 14 %, la 11®.Vrai qu’il «y a eu résistance, note Andrée Dufoiu.Mais l’idée passe tranquillement dans les mœurs.Tout le monde en parlait.Les syndicats et le journal Le Devoir à l’avant-plan.» Quand la commission Parent voit le jour, le Québec est prêt.«C’est gratuit, obligatoire jusqu’à 15 ans, on ouvre des polyvalentes et des cégeps.Enfin», soupire Pierre Graveline.Les Québécois développent un grand appétit pour l’éducation.«Pour tous les parents, les enfants devaient aller à l’université, poursuit-il.Il y a eu excès, avant qu’on ne se rende compte qu’il y a des métiers qu’on avait négligés.Dans les années 70, c’était plutôt mal vu que ça ne te tente pas, les études universitaires!» Moins de dix ans après 1968, la fréquentation des universités a augmenté de 350 %.L’école jusqu’à 18 ans?Le taux d’obtention du diplôme d’études secoqdaires continue à progresser.A l’année scolaire 2006-2007, 86 % des jeunes Québécois ont pu encadrer leur diplôme à l’âge «typique» (16 à 18 ans), selon les données de Statistique Canada dévoilées en septembre.La fréquentation des coius pour adultes ajoute à la cohorte des diplômés.Si bien que le Québec n’a pas à avoir honte de sa position par rapport aux pays de l’OCDÊ.Mais les disparités entre garçons et filles ou entre les milieux favorisés et défavorisés sont criantes.Pour contrer le décrochage, Philip Oreopoulos, professeiu à l’Université de Toronto, croit que le fait de porter l’âge de la fréquentation obligatoire à 18 ans ou jusqu’à l’obtention du diplôme d’études secondaires poiurait être une mesiue efficace.«Personne n’aime être forcé d’aller à l’école, concède celui qui étudie les effets de la fréquentation scolaire depuis plusieurs années.Dans un monde idéal, tout le monde resterait sagement à l’école jusqu’à 18 ans sans même envisager le décrochage.» Mais, comme il n’y a pas de monde idéal, il faut agir, précise-t-il.«On devra faire respecter la loi au début, puis plus personne ne penserait à décrocher, tant ça deviendrait ancré dans les mœurs.» Dans ses recherches, il a observé le bénéfice net que donne une seule année de plus passée sur les bancs d’école, «même si, sur le coup, les jeunes ne le perçoivent pas.Mais, quelques années plus tard, ils occupent de meilleurs emplois et gagnent un peu plus.» Le Devoir Victor Doré Le surintendant garde les élèves en classe Si la fréquentation scolaire obligatoire n’est pas l’unique remède à employer, elle constitue tout de même le moyen le plus propre à favoriser le progrès de l’éducation pour la masse du peuple», lance en 1942 le surintendant à l’instruction publique, Victor Doré, en dévoilant au Comité catholique du Conseil de l’instruction publique de troublantes statistiques qui soulignent à grands traits la piètre performance scolaire du Québec.Des 13 000 élèves âgés de 8 ans qui étaient inscrits dans les écoles catholiques de Montréal en 1933, la moitié d’entre eux seulement sont encore en classe en 1940.Victor Doré a la ferme intention de convaincre le clergé du bien-fondé d’une loi sur l’instruction obligatoire.11 triomphera là où, depuis près de 100 ans, bien d’autres, même les plus entêtés, se sont heurtés à un mur.Tour à tour enseignant, comptable, contrôleur des finances puis président général de la CECM, Doré est un réformiste.Dès 1932, il réussit à faire aménager des classes pour les enfants atteints de déficience intellectuelle à l’école Montcalm, aujourd’hui l’école Victor-Doré, qui s’acquitte toujoius de cette mission.«La loi, on la doit en grande partie à Doré.Bien sûr, si [le premier ministre Adélard] Godbout n’avait pas été là, ça n’aurait pas marché non plus.Mais c’est le surintendant qui a se- Victor Doré mé les germes», raconte l’historienne Andrée Dufour.Oui à l’instruction obligatoire Après avoir convaincu le Comité catholique du Conseil de l’instruction publique — non sans effort! — Doré voit son projet prendre forme: en avril 1943, l’Assemblée législative dit oui à l’instruction obligatoire pqiu les enfants âgés de six à quatorze ans.École primaire 1 et manuels scolaires sont désormais gra-! tuits.De plus, le surintendant augmentera ¦ substantiellement le financement des commissions scolaires afin de venir à bout de la pénurie d’écoles et d’enseignants, qui mine aussi la persévérance scolaire.Imparfaite à plusiems égards, la loi de 1943 laisse des jeunes passer entre les mailles du filet.Mais elle prépare le terrain pour la grande démocratisation de l’éducation qui bouleversera le Québec dans les années 1960 et qui permettra à la province de rattraper le retard qui s’est creusé entre les Canadiens français et les Canadiens anglais en matière d’éducation.Peu après l’élection de Duplessis en 1944, Doré quitte le monde de l’éducation.11 devient ambassadeur du Canada en Belgique et au Luxembourg, puis en Suisse et en Autriche.11 memt en mai 1954, à l’âge de 74 ans.A.D.-B.Claude Ryan De combat en combat LISA-MARIE GERVAIS Grand intellectuel d’une foi, d’une intégrité et d’une rigueur sans pareilles, Claude Ryan a été l’un des Québécois les plus influents et les plus sollicités de son temps.Que ce soit dans les milieux fédéralistes ou souverainistes, libéraux ou nationalistes, laïques ou religieux, ce jomnaliste, qui fut directeur du Devoir et chef du Parti libéral, savait conseiller, discomir et débattre, surtout lorsqu’il s’agissait de défendre les principes qu’il chérissait.Né à Ville-Émard en 1925 et élevé dans une famille modeste au père absent, Claude Ryan n’en était pas moins un homme de combat.Cette phrase désormais célèbre du biographe Auré lien Leclerc est souvent reprise pour évoquer l’essence de ce grand esprit tenace: «Claude a été élevé à se battre dans la rue, mais à penser comme un prince.» Il effectuera par la suite des études au collège Sainte-Croix de Montréal (aujourd’hui Je cégep Maisonneuve) et à l’École de service social de l’Université de Montréal, avant d’occuper le JACQUES GRENIER LE DEVOIR Claude Ryan poste de secrétaire national de la section lan^e française de l’Action catholique canadienne en 1945.Il n’avait alors que 20 ans.Droits de scolarité doublés! Parmi ses batailles, la victoire du Non au référendum de 1980 sur la souveraineté du Québec, contre René Lévesque qui menait le camp du Oui, tut sans contredit l’une de ses ^andes réussites politiques.Mais ses luttes pom les idéaux qu’il défendait ne ralliaient pas toujours la majorité.En 1989, lorsqu’il était ministre de lEnsei-gnement supérieur et de la Science, Claude Ryan s’est attiré les foudres des étudiants du Québec tout entier en osant annoncer, après un gel de plusieurs années, une hausse des droits de scolarité pour Tuniversité.Airès quatre affrontements en règle avec les jeunes libéraux du Congrès jeunesse, son idée avait fini par passer au sein des instances du parti.Ce fut un coup dur porté aux étudiants.De 540 $, les droits de scolarité — objet d’un gel depuis 20 ans — ont plus que doublé pour atteindre 1240 $ en 1992.Devant l’Assemblée nationale à Québec comme au centre-ville de Montréal, les étudiants de quelques cégeps et universités manifesteront et feront la grève pendant plus d’un mois.Mais l’homme avait ses principes et est dememé intransigeant devant les étudiants revendicateurs, qui se sont finalement inclinés.Claude Ryan ne gagnera toutefois pas son dernier combat, celui contre le cancer, et s’é-teindra à l’hiver 2004, à l’âge de 79 ans.Le Devoir QGEnCE UniUEftSITHIKE DELRFRflnCOPHOnie Montréal I Paris I Yaoundé I Dakar I Hanoi I Antananarivo I Port-au-Prince et Bucarest L'Agence universitaire de la Francophonie.bientôt ^ i I est le plus Important regroupement d'établissements universitaires au monde.Son réseau repose -sur une conviction : renseignement supérieur et la recherche sont au coeur du combat pour le développement des sociétés contemporaines.Elle regroupe : 759 établissements universitaires dans 90 pays I 5 instituts Internationaux I 67 bureaux dans le monde I 72 programmes de formation à distance i 42 campus numériques Pour pius d'informations : www.auf.org / info@auf.org.5252 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 G 3 EDUCATION 1909 Refonte de la Loi médicale de 1876 • 1910 École des hautes études commerciales • 1919 Université de Montréal • 1948 Université Sir-George-Williams • 1954 Université de Sherbrooke • 1960 Commission des universités • 1961 Centre d’études nordiques à l’Université Laval • 1967 Collèges d’enseignement général et professionnel • 1968 Réseau des Universités du Québec • 1985 Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie.Premiere doyenne universitaire • 2000 «Contrats de performance» pour les universités Naissance de nouveaux établissements De la petite école de rang à l’invention des polyvalentes et des cégeps PAUL CAUCHON \ A la fondation du Devoir ü y a 100 ans, le réseau scolaire est divisé en deux secteurs étanches, catholique et protestant.Les écoles catholiques sont essentieUement gérées par les paroisses et les communautés religieuses.Dans ces petites écoles primaires, le cours primaire comprend quatre années.A partir de 1923, on y ajoute deux ans, pour ensuite le prolonger avec une 7® et une 8® années.Le jeune écolier peut ensuite poursuivre ses études dans un collège classique.Mais peu d’enfants y ont accès: en 1926, 94 % des enfants catholiques quittent l’école après une 6® année.Du côté protestant, les structures sont plus cohérentes.Le primaire est mieux arrimé au réseau des high schools, qui s’étale de la 9® à la 11® année, et le high school ouvre la porte à un large éventail de disciplines universitaires.Chez les francophones, les collèges classiques sont des établissements privés, contrôlés par les communautés religieuses.Certains remontent même au premier temps de la Nouvelle-France — les jésuites avaient fondé le Collège de Québec dès 1635.Vers 1930, on compte 36 collèges classiques, dont seulement deux pour les fiUes.Ce sont surtout des séminaires, qui forment des prêtres, des médecins et des avocats, mais très peu de scientifiques ou d’administrateurs.Pour combler les besoins grandissants d’une province qui ne cesse de s’industrialiser, les différents gouvernements encouragent la création de divers établissements.On compte sept écoles techniques en 1929, soutenues par l’État, et ce nombre passe à près de 50 en 1960, à l’aube de la Révolution tranquille.Ces écoles forment les jeunes aux métiers du meuble, des textiles, des arts graphiques, de l’automobile, de l’avionnerie.Au niveau universitaire, le Québec s’est doté de 100 ans de regards sur l’information quelques établissements respectables, pour ceux qui parviennent à s’y rendre.Au début du XX® siècle, on compte trois universités: McGill, Bishop et Laval.Dans les années 20, la succursale montréalaise de Laval obtient son indépendance et, en 1928, l’Université de Montréal entreprend de grands travaux pour s’installer sur le mont Royal.Les travaux seront interrompus par la crise économique, et «l’université sur la montagne» n’y ouvrira ses portes qu’en 1942.Le réseau universitaire d’avant la Révolution tranquille sera complété en 1954 par la création de l’Université de Sherbrooke.Le grand fouillis Mais le fouillis règne dans l’ensemble du réseau scolaire, du début du siècle jusqu’en 1960.n y a peu de coordination entre les différents établissements et entre les différents programmes.Les réseaux catholique et protestant ne communiquent pas entre eux.Le réseau protestant est plutôt multiconfessionnel et il intègre tous les non-catholiques, considérés comme des protestants aux yeux de la loi.Le manque de coordination est tout aussi flagrant à l’intérieur du gouvernement.Ainsi, le ministère des Mines gère l’École, des mines, le Secrétariat provincial s’occupe de l’École des beaux-arts et des académies de musique, le ministère des Terres et Forêts s’occupe des écoles de foresterie, et ainsi de suite.Le grand ménage Depuis la fin de la guerre, les pressions étaient constantes pour moderniser le réseau scolaire.En 1956, Maurice Duplessis autorise la création d’un véritable cours secondaire de cinq ans, mais visiblement la réforme doit être plus vaste.Et les enfants du hahy-hoom ont commencé à déferler sur le territoire.JACQUES GRENIER LE DEVOIR La création la plus originale demeure celle des cégeps.Après la mort de Duplessis en 1959, le Québec se lance donc dans une spectaculaire réforme de son système scolaire.Ce sera un des plus vastes chantiers de la Révolution tranquille.Pour la première fois depuis 100 ans, toutes les politiques et tous les budgets consacrés à l’éducation sont regroupés dans un seul grand ministère.Les travaux de la commission Parent mènent à une innovation: la création d’une nouvelle école secondaire, qu’on appelle la polyvalente, ouverte à tous, rrûxte, qui offiira autant l’enseignement général que l’enseignement technique et professionnel.Dans toutes les petites villes, les polyvalentes poussent comme des champignons.Le tour de force ces cégeps Mais la création la plus originale demeure celle des cégeps.Car il s’agit ici de créer un tout nouvel ordre d’enseignement et un nouveau type d’établissement Ce projet apparaît en 1964 dans un rapport de la commission Parent, qui appelait ce nouvel établissement X«Institut».Cet institut devait re- grouper tous les enseignements postsecondaires et pré-universitaires dans un même lieu, y compris des enseignements techniques et professionnels, et ü voulait offiir une formation commune en philosophie, littérature et éducation physique.Compte tenu de l’ampleur du chantier, qui faisait disparaître le cours classique, l’ouverture des premiers cégeps quatre ans plus tard, en 1968, représente un véritable tour de force.Cette grande réforme de l’éducation aura aussi un impact sur le secteur privé.Tout au long des années 60, les écoles privées parviennent à voir leur existence reconnue par les nouvelles structures mises en place.Le gouvernement, en reconnaissant ces établissements, souhaitait une collaboration entre les commissions scolaires et les établissements privés.Mais le secteur privé prend plutôt son envol lorsque les maux des polyvdentes problèmes d’organisation, conflits de travail, établissements trop gros) convainquent les parents, à tort ou à raison, que le secteur privé offre un enseignement plus stable et mieux structuré.L’université populaire Au milieu des années 50, on comptait seulement 7500 étudiants à temps plein dans les universités francophones, dont 15 % de femmes.Dernier grand chantier de la réforme des années 60: la création en 1968 de l’Université du Québec (UQ), qui sera suivie dans les années 70 par la création de l’Université Concordia.Alors que toutes les universités depuis 150 ans avaient été créées au moyen de lois ou de chartes privées, l’UQ est la première université publique et laïque à voir le jour.Sa constituante de Montréal, l’UQAM, a obtenu une forme d’autonomie et un statut d’université associée en 1989, et l’ensemble du réseau universitaire québécois compte maintenant 17 établissements.Le Devoir La qualité du français commence à l’école « Ensuite, c’était la classe.Avec M.Bernard, cette classe était constamment intéressante pour la simple raison qu’il aimait passionnément son métier.» Albert Camus, Le premier homme Quel beau métier que celui d’enseigner! Mais aussi quelle lourde responsabilité! Les enseignantes et les enseignants ont pour fonction de dispenser le savoir au plus grand nombre, mais aussi de former le monde de demain.L’Association pour le soutien et l’usage de la langue française (Asulf) voue un profond respect et une grande admiration aux maîtres.Ce sont eux qui peuvent le mieux inculquer les bases d’une langue de qualité.Ils participent à l’enrichissement des connaissances et de la culture de leurs élèves.Le personnel enseignant doit promouvoir la qualité de la langue parlée et écrite, de la maternelle à l’université.D’où l’importance d’en bien posséder les rudiments afin de pouvoir les transmettre aux jeunes désireux d’apprendre et d’en être fiers.On sait combien l’élève possède le don d’intégrer ce qu’il voit et entend.Les bonnes habitudes d’une langue châtiée s’acquièrent très tôt dans la vie.L’introduction de chansons, de fables, de dictées enrichit non seulement le vocabulaire, mais favorise aussi une boime élocution.Daniel Pennac disait dans Chagrin d’école : « J’ai toujours conçu la dictée comme un rendez-vous complet avec la langue.[.] Car il n’y a pas d’autre but à la correction d’une dictée que l’accès au sens exact du texte, à l’esprit de la grammaire, à l’ampleur des mots.» Divers moyens existent pour favoriser l’apprentissage du français : faire réciter des textes ou extraits de bons auteurs, encourager la pratique de l’écriture par la rédaction de lettres de circonstance, par la participation à un journal interne, etc.En résumé, montrer aux élèves le bon usage des mots.De plus, les enseignants doivent stimuler le goût de la lecture et favoriser la fréquentation des bibliothèques.Heureux élèves lesquels sont accompagnés par des personnes dévouées, qui accomplissent des miracles quotidiens et aident les jeunes à bien s’exprimer.La qualité de la langue du monde de l’enseignement vous préoccupe?Adhérez à une association dont la priorité est le bon usage : l’Association pour le soutien et l’usage de la langue française.Association pour le soutien et l’usage de la langue française (Asulf) 125-5000, bd des Gradins, Québec G2J 1N3 Site électronique : www.asuÎF.ca Courriel : asulf@globetrotter.net çv Tél.et téléc.: 418 622-1509 Nom et prénom Profession ou métier Adresse _____________ Téléphone Courriel Membre et collaborateur : 30 $ Veuillez expédier à : ASULF, 5000, boul.des Gradins, bureau 125, Québec GzJ 1N3 Site internet : www.asulf.ca Courriel : asulfâ)globetrotter.net Tél.et téléc.: 418 622-1509 O CM O) O in CM > LU Q SUR LE TERRA N DEPU S 663 Dans l'Arctique comme a Quebec, l’avancement et le partage des connaissances sont au coeur de notre mission.Nos activités de recherche contribuent chaque jour à enrichir et à maintenir à la fine pointe nos programmes de formation.À rUL, le savoir fait partie de nos gènes depuis 1663.CAMPUS SAVOIR UNIVERSITÉ LAVAL G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 LE SE CONSTRUIT Paysage législatif Un ministère fut créé en 1964 Il y a un avant et un après.Le monde de l’éducation au Québec est sorti de sa léthargie lors du moment charnière que constitue la Commission royale d’enquête sur l’enseignement, communément appelée la commission Parent.Dès lors, le Québec passe en mode rattrapage, avec une profusion de lois et de règlements qui transformeront de façon durable le système d’éducation.KATHLEEN LEVESQUE Longtemps, le réseau scolaire a été souipis à la mission première de l’Église: sauver les âmes.Et ce contrôle clérical a connu son élan grâce à la Loi constitutionnelle de 1867 qui fonde le Canada.En effet, par cette loi, l’éducation, qui se voit scindée en deux réseaux confessionnels, devient la responsabilité exclusive des provinces.Au Québec, où 85 % de }a population est catholique, l’ÉgUse reçoit de facto un immense pouvoir d’influence.Et elle l’exercera.Lorsque le Canada voit le jour officiellement, le tout premier premier ministre du Québec, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, arrive au pouvoir avec la volonté de faire bouger les choses.Il avait (été surintendant du bureau de l’Éducation dès 1855 et avait analysé les systèmes d’éducation en Éurope lors d’un voyage effectué en 1866 et 1867.Arrivé au pouvoir, il décide donc de s’attribuer le poste de ministre de l’Instruction publique.Il sera à l’origine de l’enseignement des sciences à l’Université McGill çt contribuera à la création de l’École pofytechnique.Mais Chauveau, comme biep d’autres après lui, se heurte à l’Église, qui freine les préoccupations plus terre à terre, pour permettre au Québec d’entrer dans la modernité.La base du réseau scolaire demeure longtemps l’école de rang, qui est teintée par le renoncement des institutrices, payées quelque 125 $ par année au début du siècle.Balbutiements syndicaux C’est à cette époque qu’on constate les premiers balbutiements du syndicalisme enseignant.En 1924, l’Assemblée législative sanctionne la Loi des syndicats professionnels autorisant la formation d’associations de salariés pour négocier les conditions de travail.Ce n’est toutefois qu’onze ans plus tard que naît le premier groupe: l’Association des institutrices rurales de la province de Québec.On veut défendre les droits des travailleuses, mais on parle également de formation et d’organisation professionnelle.En 1937, l’initiative fait boule de neige: une fédération regroupant 13 associations voit le jour, tout comme des syndicats dans les centres urbains.Le gouvernement de Maurice Duplessis adoptera en 1946 la loi constituant la Corporation des instituteurs et institutrices catholiques du Québec (CIC).En 1967, une loi vient autoriser le changement de nom de la CIC, qui devient la Corporation des enseignants du Québec (CEQ), jusqu’à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), toujours en activité aujourd’hui.Ce mouvement aura façonné les relations de travail.C’est en 1940 que les premières conventions collectives sont signées entre les commissions scolaires OMER BEAUDOIN / CENTRE D’ARCHIVES DE QUEBEC / OEEICE DU EILM DU QUEBEC Institutrice corrigeant les travaux des enfants dans une école de rang de Saint-Henri-de-Lévis, en 1952.et les syndicats d’enseignants.Puis, en 1967, le gouvernement change la donne par la loi 25, qui oblige dorénavant les syndicats à négocier pour l’ensemble du corps enseignant québécois.Changements lents Le réseau de l’éducation n’a pas été totalement immobile pendant les premières décennies du XX" siècle.Des lois seront adoptées pour la mise en place entre autres de l’Université de Montréal (1919, jusque-là appelée Uni-versité Lavà de Montréal), de l’École des hautes études commerciales (1907), du collège Sir-George-Williams devenu université (1948, l’ancêtre de l’Université Concordia) et l’Université de Sherbrooke (1954).Se multiplieront aussi des écoles techniques et des instituts spécialisés pour former une main-d’œuvre dans les métiers liçs notamment à Ijagriculture (École de laiterie et Écoles ména- La solidarité enseignante en mouvement \' \ '¦ " ,î ^ t fneeq Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec CSN WWW, fneeq.qc.ca gères, par exemple), aux mines ou aux textiles.Mais les jeunes sont souvent mal préparés par le réseau scolaire.Il faudra attendre 1943 pour que le gouvernement libéral d’Adélard Godbout réussisse à traverser les débats acrimonieux avec le clergé et adopte une loi sur la fréquentation scolaire obligatoire.Dorénavant, les enfants doivent aller à l’école de l’âge de 6 ans jusqu’à 14 ans ou jusqu’à l’achèvement de la 7" année.Les parents risquent même de se voir imposer des amendes s’ils retirent leurs enfants de l’école.La gratuité scolaire est également instituée.L’après-guerre et le baby-boom qui s’ensuit feront pression pour une éducation plus en phase avec les nouvelles valeurs sociales: s’instruire n’est plus un passage pour embrasser la vie religieuse.La population rêve d’occuper des fonctions lucratives.JVlaurice Duplessis, un allié de l’Église, résistera au changement.Son gouvernement fera toutefois quelques pas législatifs, dont l’adoption en 1945 de la Loi établissant le salaire minimum des enseignants.Leur salaire atteint alors 600 $.Mais, vingt ans auparavant, les enseignants de l’Ontario gagnaient déjà 700 $ par année, et ceux de l’Ouest canadien, 1000 $.Toujours en 1945, l’Assemblée législative du Québec adopte la Loi d’aide à l’apprentissage, prévoyant l’ouverture de centres d’apprentissage ainsi que de centres de réadaptation pour les infirmes, les accidentés du travail et les blessés de guerre.En 1956, le département de l’Instruction publique procède à une refonte importante du cours primaire complémentaire et du cours supérieur.Le cours secondaire public, qui s’adresse aux jeunes âgés de 12 à 16 ans, est créé.Révolution tranquille Lorsque le Québec entre dans les années 1960, le mouvement de réforme prend son envol.Le gouvernement libéral de Jean Lesage adopte plusieurs mesures.La fréquentation scolaire est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans et les manuels scolaires sont gratuits à compter de 1961.En mars 1961, moins de huit mois après son accession au pouvoir, il crée la Commission royale d’enquête sur l’enseignement LE SIECLE DU DEVOIR ÉDUCATION CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsables JOSÉE BOILEAU ET NORMAND THERIAULT ntherianlt@ledevoir.ca 2050, me de Blenry, 9' étage, Montréal (Qnéhec) H3A 3M9.Tél.: (5 14) 985 3333 redaction@ledevoir.com FAIS CE QUE DOIS Syndicat l'enseignement de latégionde Laval Une meilleure école, une meilleure société; Là devrait être l’objectif! Téléphone ; 450-978-1513 www.sregionlaval.ca Eq dé,|jense des d/LOits ei des iniêjLèts des e.KSe.igKaK-tes ei des ei/iseignaK-ts depuis iQlQ.A Alliance des professeures et professeurs de Montréal dans la province de Québec, connue sous le nom de commission Parent, du nom de son président, M®" Alphonse-Marie Parent En mai de la même année, pas moins de huit projets de loi portant sur l’éducation sont déposés.La modernisation du système d’éducation québécois est amorcée.Suivront la création de 35 commissions scolaires pour encadrer le réseau scolaire ainsi que le plan de réforme du cours primaire.Puis, en 1963, les premières recommandations de la commission Parent sont déposées.Rapidement le gouvernement Lesage propose le projet de loi 60, prévoyapt la création du ministère de l’Éducation et du Conseil supérieur de l’éducation.Mais les protestations fusent et Jean lœsage freine.Il revient toutefois à la charge et neuf mois plus tard, en mars 1964, le Québec hérite d’un ministère et d’un premier ministre de l’Éducation, Paul-Gérin Lajoie.Lors du dépôt du projet de loi.Le Devoir expliquait que «le ministre de l’Education et de la Jeunesse sera un personnage impressionnant, si Von considère que, dans tous les textes de loi existants, toutes les proclamations, les arrêtés en conseil, les contrats et les documents, les expressions “ministre de la Jeunesse”, “surintendant de l’instruction publique”, “surintendant de l’éducation”, “Conseil de l’instruction publique” et “comité protestant du Conseil de l’instruction publique” désigneront dorénavant le ministre de l’Education et de la Jeunesse».L’Église n’étant jamais bien loin, même si son influence était alors en déclin, le préambule des lois issues du rapport Parent affirme le droit de l’école privée à un financement public.Én 1968, le gouvernement adopte la Loi sur l’enseignement privé pour en-cadrçr ce secteur.L’État souhaitait alors, dans la foulée du travail de réflexion du rapport Parent une collaboration entre les commissions scolaires et les établissements privés.Mais c’est plutôt une vive concurrence qui s’installe et qui ne se dément toujours pas aujourd’hui.Én 1967, la Éoi sur les collèges d’enseignement général et professionnel est adoptée.Un an plus tard, c’est au tour du réseau des Universités du Québec de voir le jour.En 1969, une violente manifestation à Saint-Léonard sur la question de l’intégration scolaire aboutira à la Toi 63 consacrant le principe de la liberté de choix dans le domaine de la langue d’enseignement.Réforme constante La décennie 1960 frit particulièrement prolifique au plan législatif pour donner l’élan nécessaire au rattrapage en éducation au Québec.Les années suivantes poursuivront les changements.En 1979, le Livre orange sur l’école québécoise marque un autre tournant en mettant de l’avant le projet éducatif de l’école et son ouverture aux parents dans la gouvernance des écoles.Puis, en 1988, le gouvernement du Québec adopte la Loi sur l’instruction publique régissant localement l’organisation des écoles et les commissions scolaires.Sous l’impulsion du gouvernement du Parti québécois, on lance en 1995 les états généraux sur l’éducation qui enclencheront un processus de réforme de fond en comble du système scolaire.Parmi les recommandations des travaux effectués, on retrouve notamment la déconfessionnalisation du système scolaire, des investissements dans la petite enfance et la réduction du nombre de commissions scolaires.Le gouvernement implantera cette réforme entre 1999 et 2006.L’un des moments forts fut l’abrogation de l’article 93 de la Constitution canadienne, ce qui a permis la création de commissions scolaires linguistiques plutôt que religieuses.Lort de cette décision, le gouvernement du Québec adoptera en 2000 la Loi 118 sur le statut non-confessionnel des écoles québécoises.Dans cet élan et malgré de nombreuses protestations, les cours d’enseignement religieux sont abolis et, depuis 2008, les, enlants doivent suivre le cours Éthi-que et culture religieuse.Le Devoir 5252 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 G 5 EDUCATION 1920 Bourses d’étude en Europe • 1930 Commission scolaire juive • 1939 Fédération catholique des instituteurs ruraux • 1943 Fréquentation scolaire obligatoire • 1945 Salaire minimum pour les enseignants • 1949 Grève à Montréal • I960 Commission des universités • 1961 Commission royale d’enquête sur l’ensei^ement • 1962 Commissions scolaires régionales • 1964 Ministère de l’Education • 1967 Cégeps • 1968 Réseau des Universités du Québec • 1972 Emprisonnement des chefs syndicaux • 1980 Grève générale déclenchée par la CEQ • 1992 Loi sur l’enseignement privé Laure Gaudreault Celle par qui la syndicalisation arrive Une poignée d’institutrices se réunissent à La Malbaie le 2 novembre 1936 et fondent l’Association des institutrices rurales de la province de Québec L’époque de l’école de rang avec son charme pittoresque fait partie du «bon vieux temps» que Laure Gaudreault s’est évertuée à combattre toute sa vie.À l’origine du premier regroupement d’institutrices rurales en 1936, cette femme posera les premières pierres du syndicalisme enseignant au Québec, qui mèneront à la création de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), devenue la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).KATHLEEN LEVESQUE Laure Gaudreault a elle-même été confrontée aux rudes conditions de vie d’une institutrice isolée dans une de ces écoles surpeuplées, où le salaire annuel de 125 $ devait servir aussi à payer le bois de chauffage et les manuels scolaires.«Ce n’était pas le bon vieux temps, on s’est arraché le cœur à le changer», lancera des décennies plus tard Laure Gaudreault, qui démontrera une détermination sans faille pour défendre les «maîtresses d’école» et améliorer l’enseignement.En 1906, âgée de 16 aps et armée d’un diplôme de l’École normale Laval de Québec, elle enseigne d’abord à l’école de rang,numéro 1 de la paroisse des Éboulements, dans Charlevoix.Par la suite, elle quitte sa région natale en 1920 afin d’améliorer ses conditions de travail.Mais, lassée de la situation ardue qui est la sienne, Laure Gaudreault décide de travailler comme journaliste.C’est au Progrès du Saguenay qu’elle verra l’ampleur du problème auquel sont confrontées les institutrices, en répondant au courrier des lecteurs.La mèche de la combattante venait d’être allumée.Elle profite de la tribune qu’elle a pour participer à une prise de conscience collective et dénoncer les conditions de travail difficiles des jeunes institutrices.Après dix années de journalisme, Laure Gaudreault retourne à l’enseignement et constate que rien n’a évolué.Elle s’attelle alors à convaincre ses collègues de la nécessité de se serrer les coudes.Appel à la solidarité En 1936, elle lance un appel à la solidarité.Une poignée d’institutrices se réunissent à La Malbaie le 2 novembre et fondent l’Association des institutrices rurales de la province de Québec.Dans les mois qui suivent, Laure Gaudreault fait une tournée du Québec et 13 associations régionales regroupant plus de 600 institutrices se mettent en place.L’année suivante, l’association tient un premier congrès avec quelque 300 déléguées.La Eédération des institutrices rurales de la province de Québec voit le jour, avec Laure Gaudreault à sa tête.Elle devient alors la première syndicaliste laïque rémunérée au Québec, avec un salaire de 450 $ par année.Mais la tâche qui l’attend n’est pas facile, d’autant qu’elle doit faire face au gouvernement de Maurice Duplessis.«Lorsque les négociations étaient plus ardues et que Duplessis frappait d’un poing sur la table, moi, je frappais des deux!», a raconté par la suite Mme Gaudreault, comme le rapporte l’historien Serge Gauthier.Grâce au travail acharné de la sjmdicaliste, la fédération obtient notamment, en 1945, un salaire minimum annuel de 600 $ pour les enseignants.En 1959, ce salaire bondit à 1500 $.Lorsqu’elle prend sa retraite SOURCE AREQ Grâce au travail acharné de Laure Gaudreault, la Fédération des institutrices rurales de la province de Québec obtient en 1945 un salaire minimum annuel de 600 $ pour les enseignants.de l’action syndicale, Laure Gaudreault travaille pour la cause des enseignants retraités et fonde en 1961 une asso- ciation pour défendre leurs droits.Êlle militera jusqu’en 1974, quelques mois avant de décéder à l’âge de 85 ans, lais- sant derrière elle une organisation sjmdicale solide.Le Devoir Rigueur Connaissances Sens critique Depuis 100 ans, Le Devoir fait école, La FÂE salue cette contribution exceptionnelle à la société québécoise L'éducation, on y travaiLLe tous les jours.FEDERATION 'AUTONOME DE L'ENSEIGNEMENT www.lafae.qc.ca G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 LE SE CONSTRUIT 1937 Amendement à la Loi des bourses d’Europe • 1945 Loi d’aide à l’apprentissage • 1973 Grève des étudiants de l’Université du Québec à Montréal • 1986 Gel des droits de scolarité au Quebec • 1989 Augmentation des droits de scolarité à l’université • 1998 Fondation des Bourses du millénaire • 2004 Manifestation étudiante devant l’Assemblée nationale a Québec • 2008 Rapport Montmarquette sur la tarification des services publics • 2009 Les recteurs prônent une majoration des droits d’inscription Dernière province à adopter une loi sur l’instruction obligatoire L’école primaire fat longtemps un luxe au Québec Un premier collège classique pour filles est créé en 1907 LISA-MARIE GERVAIS Charlemagne aura peut-être un jour eu cette idée folle, mais qui oserait aujourd’hui critiquer le hien-fondé de l’école?Certes, il se trouvera toujours des élèves qui, rebutés par l’idée de se retrouver entre quatre murs, grommelleront en s’y rendant tous les matins.C’est qu’ils ignorent encore toutes les luttes qui ont été menées pour que les portes du savoir leur soient grandes ouvertes.Difficile, en effet, de croire qu’il fut une époque où l’école — même primaire — était un luxe.Au tout début du XX" siècle, dans un Québec extrêmement pieux et rural, elle est élitiste et contrôlée par le clergé.L’enseignement supérieur, dans les quelques collèges (7" à 11" année), d’autres offrant le cours classique Qusqu’au bac ès arts), et plus tard dans l’une des trois universités existantes, est réservé aux enfants de mé-deçin, d’avocat, de notaire.A l’époque, les parents des élèves doivent payer une rétribution mensuelle à la commission scolaire et assumer le coût des manuels, qui est plutôt élevé.En 1910, les dépenses scolaires d’une famille de cinq enfants représentent près de deux semaines de salaire.Et, signe que l’instruction n’était pas valorisée, la rémunération annuelle d’une institutrice ne dépassait pas les 150 $.Ainsi, les familles, qui sont très nombreuses, n’ont pas les moyens d’envoyer leurs rejetons se faire instruire.Pire, elles n’en voient pas l’utilité.«Dans le temps, on était retiré de l’école pour travailler et donner notre paye à nos parents.C’était ça, la norme, dans les familles pauvres», m’a raconté ma grand-mère maternelle, qui a fréquenté l’école jusqu’à la 5" année du primaire durant les années 30.Avant la commission Parent — vaste enquête tenue de 1960 à 1966 qui a restructuré tout le système d’éducation au Québec et soutenq la création du ministère de l’Éducation — l’accès à l’école était aléatoire, résume Eélix Bouvier, professeur au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières.«Les gens qui voulaient vraiment s’instruire y arrivaient.Mais ils avaient de l’aide d’un oncle ou du curé qui finançait leurs études, de façon un peu secrète.Le système ARCHIVES LE DEVOIR Une salle de cours primaire à l’école élémentaire Vanier, à Chicoutimi, en décembre 1964 n’était pas égalitaire», explique-t-il.L’enseignement professionnel public s’organise parallèlement aux niveaux secondaire, collégial et supérieur, mais il est réservé presque exclusivement aux garçons.Contre l’orthodoxie de l’Église qui cherche à protéger le Québec de certaines idées «pernicieuses», des hommes politiques et des groupes tels que la Ligue de l’enseignement, le Congrès ouvrier et le Congrès du travail réclament une école «gratuite et obligatoire».Même Le Devoir mettra son grain de sel dans le débat en publiant une série d’articles sur l’importance de «l’école pour tous».Ce projet de société verra finalement le jour en 1943, alors que le Québec est la dernière province canadienne à adopter une loi sur l’instruction obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 14 ans, qui devra être gratuite.Duplessis et les femmes Au fil de l’industrialisation, le besoin de scolariser les masses s’est fait sentir.Endettées, les écoles publiques de certaines commissions scolaires commen- 100 ans de regards sur l’information cent, elles aussi, à enseigner le latin.Dans les régions, les sections classiques éclosent.L’éducation au niveau secondaire n’est plus l’apanage du sacerdoce.En 1951, le rapport de la commission Massey recommande notamment l’octroi d’une aide fédérale aux universités et un système étendu de bourses d’étude et de recherche.Maurice Duplessis, entêté, s’y opposera fermement jusqu’à sa mort: il n’y aurait pas d’ingérence du fédéral dans l’éducation! Et toute mesure facilitant l’qccès au savoir aurait affaibli l’Église et détourné l’attention des jeunes filles.Jusque-là, celles-ci avaient d’ailleurs été bien mal servies par l’école, dirigée par des congrégations religieuses.Au début du siècle, des pensionnats sont fréquentés non pas par la majorité, mais par une poignée de jeunes filles de la classe moyenne ou supérieure, tandis que d’autres vont en classe dans des écoles publiques mixtes.Exception de taille: une école de métiers féminins accueille les jeunes filles à Montréal et un collège classique est créé pour elles en 1907.Les écoles ménagères, pour les rares filles qui atteignent les niveaux «complémentaire» et «supérieur», et les instituts familiaux, appelés «écoles de bonheur», s’ajoutent au portrait.Enfin, il faudra attendre 1903 pour voir une première Québécoise franchir le seuil de l’Université Laval et 20 ans de plus pour qu’elle soit imitée par d’autres.Les limites de la gratuité Au début des années 50, la province, qui conclut une entente pour percevoir un impôt sur le revenu, se lance dans une vaste entreprise d’évaluation des besoins des Québécois.La commission Tremblay, qui devait se pencher sur les problèmes constitutionnels, dut se préoccuper d’instruction.Parmi les 240 mémoires reçus, 140 abordent les problèmes d’éducation que connaît le Québec.La table était mise pour la commission Parent.Le débat s’engage alors.Les uns croient que l’enseignement doit être gratuit jusqu’à l’âge de 16 ans et ensuite soutenu grâce à des prêts et bourses.D’autres croient que, au niveau postsecondaire, la facture doit revenir à l’étudiant qui, après tout, accède à un savoir supérieur qui lui bénéficiera en premier lieu.Enfin, certains souhaitent l’entière gratuité, tout en faisant «payer intellectuellement» l’étudiant par de rigoureux examens d’entrée à l’universi- té.«Rendons l’admission plus difficile, ne lui faisons pas faire la vaisselle», avait déclaré Pierre Dansereau, à l’époque doyen de la Eaculté des sciences de l’Université de Montréal.Une revendication semble néanmoins faire l’objet d’un consensus: le fédéral doit payer sa part dans l’enseignement supérieur.Aide financière et autochtones De plus en plus nombreux, les étudiants se préoccupent de leur avenir.Le 6 mars 1958, quelque 20 000 d’entre eux organisent une grève d’un jour devant l’Assemblée législative, à laquelle participe Erancine Laurendeau, fille d’André Laurendeau, politicien et journaliste du Devoir.Le but de la grève: rendre plus accessible l’enseignement universitaire.Alors que les premières bourses versées à des universitaires québécois sont octroyées en 1940 — 60 étudiants reçoivent alors 150 $ chacun! — il faudra attendre 1966 avant que ne soit adoptée la première loi québécoise portant sur l’aide financière aux études.Quelque 50 000 étudiants s’en prévalent.Ensemble, ils empruntent 26 millions aux banques.Les autochtones peuvent aussi bénéficier d’une aide financière pour effectuer des études postsecondaires.Les Métis et les Indiens non inscrits ne reçoivent, quant à eux, aucune aide spéciale, tandis que l’éducation des Cris est prise en charge financièrement par la commission scolaire qu’ils ont eux-même créée.L’histoire de l’intégration des autochtones dans le réseau de l’éducation est d’ailleurs bien peu glorieuse pour le Québec et le Canada.Au début du XX" siècle, les modifications apportées à la Loi sur les Indiens ont enlevé la responsabilité juridique des parents envers leurs enfants.Avec la réforme de cette loi en 1951, le gouvernement fédéral a obligé ces derniers à fréquenter les pensionnats amérindiens qu’il avait mis en place.L’usage de leur langue y était interdit.Aujourd’hui, malgré de grands progrès, près de la moitié des autochtones ne En 2002, seulement 5 % de la population québécoise voulait que l’éducation soit une priorité pour le gouvernement détiennent pas un diplôme d’études secondaires.Grèves et droits de scolarité C’est aussi la décennie qui verra naître les collèges d’enseignement général et professionnel (cégeps), en même temps qu’elle sera secouée par plusieurs grèves étudiantes.Ces mouvements de protestation ont tout à voir avec le financement des universités et les droits de scolarité.En 1989, l’ancien directeur du Devoir, Claude Ryan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science à l’époque, doublera en deux ans le montant des droits de scolarité, les faisant passer de 540 $ — montant qui était le même depuis 20 ans — à environ 1200 $.Résultat?Au début des années 90, les étudiants québécois sont deux fois plus nombreux à faire faillite.Après un calme relatif, une autre tempête viendra balayer le réseau de l’éducation au Québec, celle des «Bourses du millénaire».En 1998, le gouvernement libéral de Jean Chrétien fait adopter le projet de loi C-36, qui permet de distribuer des bourses aux étudiants de toutes les provinces, ce qui ranime le spectre de l’ingérence du fédéral dans un champ de compétence provinciale.Éoin de s’éteindre, le mouvement étudiant de protestation sera ravivé en 2004.En réponse aux coupes de 103 millions effectuées dans le Programme d’aide financière, des manifestations étudiantes finissent en une grève générale illimitée en 2005.Si le Québec a réalisé l’impossible en rejoignant le peloton des pays les plus scolarisés en l’espace de 50 ans, il lui reste pourtant du chemin à faire.Car, fait inquiétant, l’éducation ne semble plus être plus une priorité à l’aube du nouveau millénaire.En 1966, au moment où se terminait le vaste chantier de la commission Parent, 41 % des Québécois souhaitaient que le gouvernement concentre ses efforts pour rendre l’instruction accessible à tous.Mais, en 2002, un sondage fait par Ad hoc recherche a révélé que la priorité accordée à l’éducation n’était souhaitée que par.5 % de la population.Le Devoir Paul Gérin-Lajoie La grande réforme, c’est lui ! PAUL CAUCHON S y il est un homme qui symbolise bien la Révolution tranquille, c’est bien Paul Gérin-Lq-joie.Premier titulaire du poste de ministre de l’Éducation, il a mené à bout une des plus importantes réformes que le Québec a connues.Né en 1920 à Montréal, Paul Gérin-Lajoie a étudié à l’Université de Montréal et à l’Université d’Qxford, où il a reçu son doctorat en droit.Admis au Barreau du Québec en 1943, il décide de se lancer en politique en 1956.Après deux tentatives ratées pour se faire élire comme député libéral et après avoir tenté de devenir le chef du parti en 1958, il est finalement élu dans Vau- dreuil-Soulanges aux élections de 1960.réélu en 1962 et 1966.En juillet 1960, dans le nouveau gouvernement de Jean Lesage, c’est un des hommes forts: il est nommé vice-premier ministre, ministre de la Jeunesse et responsable du département de l’Instruction publique.11 prend donc le leadership de la grande réforme qui s’amorce, alors que dès 1961 le gouvernement met sur pied la commission Parent et adopte la «Grande Charte de l’éducation», qui instaure une flopée de nouvelles mesures.11 sera '1__ ^1 » - ^ ?! - Paul Gérin-Lajoie Une tournée pour convaincre Lorsque la commission Parent dépose en 1963 le premier volume de son rapport proposant la création d’un ministère de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie entreprend une tournée populaire de deux mois et demi à travers le Québec pour convaincre la population de l’importance de cette réforme.Devenu ministre de l’Éducation en 1964, il poursuit sans relâche son travail, autorisant, entre autres, la création des polyvalentes et celle des cégeps.11 effectue une autre tournée du Québec pour mettre en place l’Qpération 55, qui vise à regrouper les 1500 commissions scolaires en 55 commissions régionales.Paul Gérin-Lajoie est également l’instigateur des premiers accords de coopération en matière d’éducation et de formation entre le Québec et la Prance.Relégué aux banquettes de l’opposition après 1966, ce bâtisseur quitte l’Assemblée nationale en 1969.11 fut président de l’Agence canadienne de développement international de 1970 à 1977 et il a créé en 1977 la fondation Paul-Gérin-Lajoie, qui contribue à l’éducation des enfants dans les pays les plus pauvres.Le Devoir AQPF Association québécoise des professeurs de français L’AQPF est une association engagée sur les plans pédagogique, social et politique dans la défense et la promotion de la langue française au Québec ainsi que dans la promotion de la culture québécoise et de la francophonie.Depuis plus de 40 ans, elle permet le regroupement de plus de 800 intervenants dans l’enseignement du français, du primaire à l’université, dans l’intention de contribuer au progrès de l’enseignement du français par la réflexion, la recherche, la diffusion de l'information, les échanges et diverses activités de perfectionnement.5252 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 2010 G 7 EDUCATION 1905 Henri Bourassa au Monument-National • 1912 Oi)position à l’anglais comme seule langue usuelle en Ontario • 1916 Légitimité constitutionnelle du règlement ontarien 1969 Manifestation à Saint-Léonard: l’intégration des enfants d’immigrants.Liberté de choix dans le domaine de la langue d’enseignement • 1982 Alliance Québec.Inconstitutionnalité de la «clause Québec» de la loi 101 • 1993 Affichage en anglais autorisé • 2001 Commission Larose sur la situation et l’avenir du français au Québec « La langue fait toujours parler d’elle » Langue et religion fonderont longtemps l’identité québécoise Le Devoir sera
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