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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-10-09, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 SClENfflS ET CDlim PRIX DE L’ACFAS 2010 LE DEVOIR « Il manque aujourd’hui scientifiques très bien formés qui pourraient faire avancer la recherche fondamentale) Ce que notre monde est devenu Et ce que demain sera Ils et elles ne sont pas de toutes les tribunes.Pour la majorité d’entre eux, leur nom ne circule que dans des cercles restreints.Et pourtant, leur travail permet au Québec d’affirmer que ce coin d’Amérique demeure une société innovante, condition sine qua non pour qui ou quoi veut demeurer concurrentiel dans un monde en transformation.Une fois l’an, l’Acfas souligne le travail des cbercbeurs d’ici en leur remettant l’un ou l’autre de ses prix.NORMAND THERIAULT Les entreprises et les gouvernements ont peur de l’indépendance et n’ont donc pas favorisé les études supérieures très avancées de type doctorat.Il manque aujourd’hui de scientifiques très bien formés qui pourraient faire avancer la recherche fondamentale.[.] Et, sur le plan de la recherche fondamentale, il manque de personnes pour soutenir la compétition avec les Etats-Unis et bientôt, certainement, la Chine.» Mais quel est donc ce pays dont l’avenir apparaît ici très incertain?Il n’y a pas si longtemps encore, tous les regards étaient tournés vers le Japon, au temps où on «empruntait» même au pays du Soleil levant ses spécialistes en gestion pour aider les entreprises occidentales à opérer une réorganisation du travail.Pourtant, comme le souligne Bernard Bernier, récipiendaire du prix Marcel-Vincent, le Japon ne vit plus à la hauteur du mythe qui le fit imposer comme modèle aux sociétés occidentales.Et, par des propos de même nature.Sherry Si- mon, récipiendaire du prix André-Laurendeau, déboulonne un autre mythe, celui qu’un Hugh McLennan avait créé en 1945 en publiant son ouvrage intitulé Les Deux Solitudes.Cela ne tiendrait plus, surtout si le regard se porte sur Montréal, où le boulevard Saint-Laurent est maintenant devenu «davantage une zone de contact qu’une ligne de séparation».Et que dire, dans un tout autre domaine, après la déclaration d’un Jean-Pierre Després, qui vient de recevoir le prix Adrien-Pouliot, quand, devant un cas d’obésité, il affirme: «Pas question de se mettre au régime et de chercher à perdre dix kilos.Nul besoin non plus de se transformer en moine végétarien.On doit tout bonnement manger un peu mieux.» Actualité Les récipiendaires des prix de l’Acfas se retrouvent aussi à l’occasion à mener des recherches dont les réalisations ont des répercussion immédiates.L’affaire des gaz de schiste?Ecoutons Louise Vandelac, lauréate du prix Jacques-Rousseau, qui dénonce le manque d’information transmise quand on défend des projets dits «porteurs»: «Il s’agit de mettre en évidence l’insuffisance notoire de dispositijs d’évaluation rigoureux.Compte tenu de l’extrême complexité de ces questions, il nous semble essentiel qu’il puisse y avoir des débats publics et un véritable travail d’évaluation.» Plus habituellement, toutefois, nos chercheurs demeurent gens de laboratoire, même si leurs découvertes laissent présager que demain sera autre.Ainsi, si Prançois Major est informaticien, lui qui reçoit le prix Urgel-Ar-chambault, il parle cependant de santé: «Comme VARN se situe en amont de tout le processus Habituellement, nos chercheurs demeurent gens de laboratoire, même si leurs découvertes laissent présager que demain sera autre d’intervention, on peut agir beaucoup plus directement [.] et on se dirige, oui, vers une médecine de plus en plus pointue, de plus en plus personnalisée.» Et la santé aussi sera le domaine du chimiste qu’est René Roy, récipiendaire du prix Léo-Pariseau, lui qui combat les bactéries résistantes aux antibiotiques: «On peut créer une molécule qui agit comme un leurre et qui est plus attrayante pour la bactérie que la cellule humaine.» Interventions Quant à celui qui reçoit le prix J.-Armand-Bom-bardier, on peut le décrire comme un homme pour qui demain est déjà là: Gregory Dudek ne met-il pas en production un robot aquatique sur lequel, pour des objectifs de défense, l’américain Office for Naval Research a déjà l’œil?Il est d’ailleurs le président d’Independant Robotics et dirige le Mobile Robotics Laboratory de l’Université McGill.Quant à Christian Messier, lauréat du prix Mi-chel-Jurdant, il met déjà en application le nouveau régime forestier québécois en réalisant TRIADE: «C’est un projet de grande envergure en Haute-Mauricie.L’idée, c’est d’arriver à un aménagement écosystémique en créant trois zones sur le territoire.» Et cette préoccupation écologique, déjà aussi constatée chez Louise Vandelac, serait une valeur d’importance: deux des jeunes chercheurs reconnus ne le sont-ils pas pour les observations faites sur le monde naturel?Christian Roy s’intéresse de près aux castors et aux canards arboricoles, pendant qu’Eric Vaillan-court observe et veut survoler le ciel où volent les bernaches.En fait, parmi les trois étudiants de maîtrise et de doctorat, la plus terre à terre serait une Julie Dufort qui veut comprendre, en ces jours où la Crise d’octobre revient nous hanter, le phénomène des Minute-men américains.Si hier est toujours là, il est cependant possible d’entrevoir demain.Et des chercheurs qu’identifie l’Acfas déjà y travaillent.Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 ACFAS Prix Urgel-Archambault L’ARN en 3D Le bio-informaticien François Major est devenu un spécialiste en modélisation Il y a déjà 25 ans, pendant qu’il préparait sa maîtrise en informatique à l’IIniversité de Montréal, François Major a conçu un système qui s’imposa rapidement dans son secteur de recherche: le MC-SYM.MICHEL BÉLAIR Le MC-SYM est une démarche informatique permettant de modéliser et de prédire la structure de l’ARN, cette espèce de véhicule qui transporte l’information génétique des molécules d’ADN à l’intérieur des cellules.François Major a eu le temps depuis de perfectionner son modèle d’analyse constamment réalimenté par rétroaction; ses résultats dépassent ceux qu’on peut attendre des autres systèmes coûteux et encombrants, comme la cristallographie à rayons X et la résonance magnétique nucléaire.Il a aussi publié des articles dans les revues scientifiques les plus prestigieuses {Nature, Science, etc.) et dirigé des projets et des équipes de recherche un peu partout en Europe et en Amérique.En créant son Laboratoire de biologie informatique et théorique et en se joignant ensuite à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) comme chercheur principal, François Major est devenu le spécialiste de la modélisation en 3D de l’ARN.Mais pourquoi s’amuser à modéliser l’ARN en 3D?Qu’est-ce qu’on trafique de nos jours dans les laboratoires {wet ou dry) de bio-informatique?Le La modélisation 3D permet de prédire la structure de l’ARN reséquençage mène-t-il vraiment à une toute nouvelle génération de médicaments qui vont agir directement là où le drame se joue, au cœur de chacune de nos cellules?Tout cela tient-il de la légende urbaine ou de l’avenir prévisible?Le sourire au bout de la voix, François Major a pris le temps de répondre à toutes ces questions en nous faisant saisir ainsi l’ampleur des retombées de ses recherches.Activer ou désactiver «Je me considère comme un informaticien avant tout, précise d’abord le chercheur au téléphone.L’informatique, c’est un peu mon moyen d’expression: ma méthode est au fond plus symbolique que numérique, puisque ce ne sont pas des équations mathématiques que je programme dans l’ordinateur.Mais c’est clair, l’informatique joue maintenant partout un rôle incontournable et c’est encore plus vrai dans ce champ de recherche fondamentale très précis où je travaille et qui se consacre à l’ARN.» L’ARN.François Major explique qu’il y en a plusieurs types — ARNr, ARNt, ARNm, etc.— qui jouent des rôles différents en visant des cibles spécifiques chaque fois différentes.D’où l’importance de la modélisation 3D qui permet de prédire la structure de l’ARN.Parce que la structure d’une molécule d’ARN donne des informations sur sa fonction, sur le rôle qu’elle va jouer dans la cellule.Voilà.C’est cela qui fait que les travaux de François Major viennent s’inscrire dans un secteur de recherche crucial.On parle d’identifica- SOURCE ACFAS François Major: «Je me considère comme un informaticien avant tout» tion et, bientôt peut-être, de programmation par séquençage, ce qui peut permettre, à l’aide de molécules d’ARN recodées, d’activer ou de désactiver, selon le cas, une protéine spécifique de la cellule visée.Les conséquences sont énormes.Il n’y a pas de hasard dans le fait que trois des derniers prix Nobel dans le secteur ont été attribués pour souligner des travaux de recherche sur l’activation ou la désactivation des gènes {gene silencing).Mais nous débordons du sujet.Toutes les conséquences concrètes auxquelles on peut penser, tous ces médicaments sur mesure auxquels on rêve maintenant en parlant de «médecine personnalisée».tout cela relève d’un tout autre secteur de recherche et concerne plus directement les biotechnologies: ce n’est pas là que se situe le travail de François Major.Avec son équipe, il cherche à améliorer la capacité de prédiction de son système, à le rendre encore plus performant, plus efficace.«Si le système a bien prédit la structure, il nous permettra d’être plus efficace et éventuellement d’agir plus efficacement.Comme l’ARN se situe en amont de tout le processus d’intervention, on peut agir beaucoup plus directement.et on se dirige, oui, vers une médecine de plus en plus pointue, de plus en plus personnalisée.» Nous n’en sommes pas tout à fait là, mais vous aurez été prévenu.Le Devoir Le prix Urgel-Archambault a été créé en 1953 en l’honneur d’Urgel Archambault, directeur-fondateur de l’École polytechnique de Montréal.Il récompense une personne travaillant en sciences physiques, en mathématiques, informatique ou en génie.Il est parrainé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).Prix J.-Armand-Bombardier Tout est affaire d’intelligence artificielle Gregory Dudek est un inventeur en robotique marine Si Armand Bombardier était un jeune inventeur aujourd’hui plutôt que de l’avoir été au début du XX® siècle, il serait attiré par la robotique.En ce sens, le professeur Gregory Dudek se situe tout à fait dans le sillage du concepteur de la motoneige.CLAUDE TURCOTTE Deux collègues de l’Université McGill, qui ont écrit une lettre pour appuyer la candidature de Gregory Dudek à l’obtention du prix J.-Armand-Bombardier, ont fait valoir que la raison première de sa mise en nomination était «la reconnaissance de l’impact visionnaire du projet Aqua en robotique marine», dont l’objectif est de développer un robot mobile aquatique autonome.Il s’agit d’un projet sur lequel M.Dudek travaille depuis environ huit ans et «qui présente des défis technologiques énormes, tant au niveau du développement mécanique et électronique de la plateforme robotique qu’au niveau des avancées en intelligence artificielle requises pour le contrôle autonome du robot», soutiennent dans leur lettre Martin Grant, doyen de la Faculté des sciences, et Prakash Pananga-den, son collègue à l’École d’informatique de l’Université McGill.En fait, le professeur Dudek et les membres de son laboratoire ont réussi à donner naissance à «un robot absolument unique en son genre», qui s’est accompagné de découvertes technologiques touchant plusieurs domaines connexes, notamment des algorithmes de vision pour analyser l’environnement à partir d’images vidéo.îT-»-.-'.,>• / i,./ SOURCE ACFAS Avec le projet Aqua, Gregory Dudek et son équipe ont réussi à donner naissance à «un robot absolument unique en son genre».une démarche de modélisation 3D pour la reconstruction de l’environnement, des algo- rithmes pour estimer le positionnement du robot et un système de prise de décisions pour la communication homme-robot.Commercialisation A l’instar de M.Bombardier, le professeur ne s’est pas limité à des recherches scientifiques.Il a depuis plusieurs années mis en place un plan solide pour le transfert et la commercialisation des technologies développées dans le cadre du projet Aqua.Il est d’ailleurs l’un des membres fondateurs et le président d’Independant Robotics, une nouvelle entreprise qui offre sur le marché des robots aquatiques, telle la plateforme Aqua originale, laquelle peut être personnalisée selon les besoins.Pour l’instant, M.Dudek vise essentiellement le marché des chercheurs, un univers qu’il connaît fort bien.L’entreprise offre aussi des services de consultation en robotique intelligente.Pour le marché futur, il ne s’agit pas de remplacer les sous-marins, comme ceux par exemple qu’utilisait le commandant Cousteau pour explorer les fonds sous-marins.Les robots de type Aqua seraient très appropriés pour naviguer ou marcher sur des terrains plus difficiles.Il y a notamment un scientifique qui veut se servir d’un tel robot pour mieux explorer les coraux, qui se trouvent dans un environnement très fragile.Il y a quelques jours, M.Dudek était de passage à Washington, où l’Office for Naval Research lui a mentionné que ce robot pourrait jouer un rôle utile pour repérer et éviter les mines.Par ailleurs, le Mobile Robotics Laboratory, que dirige le professeur Dudek, est l’un des plus actifs à l’École d’informatique de l’Université McGill.En plus du projet Aqua, les activi- tés couvrent plusieurs autres champs, tels que l’interaction homme-robot, l’apprentissage automatisé, les réseaux de capteurs, la coordination entre équipes de robots, la perception active, la cartographie automatique de l’environ-nement, etc.Ce laboratoire est un lieu d’apprentissage exceptionnel pour la prochaine génération de jeunes chercheurs.Au cours des dernières années, M.Dudek fut également le directeur du Center for Intelligent Machine, un centre interdisciplinaire qui regroupe des chercheurs en robotique issus de plusieurs départements, dont ceux de l’informatique, du génie électrique et du génie mécanique.Enfin, le professeur Dudek jouit d’une grande réputation sur la scène internationale et participe au comité organisateur des congrès en robotique les plus prestigieux.De plus, il mène de front une carrière administrative importante, en tant que directeur de l’École d’informatique de l’Université McGill.Collaborateur du Devoir Le prix J.-Armand-Bombardier a été créé en 1980, en l’honneur de J.Armand Bombardier, le plus célébré des inventeurs québécois, fondateur de la société Bombardier.Il honore l’auteur de travaux de recherche ayant mené à une innovation technologique.La commercialisation de l’innovation doit avoir été réussie ou doit présenter un potentiel prometteur.Ce prix est destiné soit à une personne, soit à une équipe et est parrainé par l’Acfas.Il est remis pour une dernière fois en 2010.Le succès fait partie du programme L'Université de Sherbrooke est très fièrede compter dans sa communauté universitaire ce professeur et ce brillant étudiant, qui par leur talent et l'excellence de leurs travaux contribuent à l'avancement des connaissances et à l'essor de notre société.Félicitations ! USherbrooke.ca Tristan Landry, professeur en histoire à ia Facuité des lettres et sciences humaines, est iauréat du Concours de vuigarisation grâce à son texte « H était une fois le conte.» portant sur i’adaptation du conte folklorique au XDC siècle.Emmanuel Dupuy, docteur en physique de la Faculté des sciences, a reçu le Prix de thèse en cotutelle de i’ACFAS France/Québec pour souligner l'excellence de ses travaux dans le domaine des sciences de l’information quantique, sur la caractérisation de boîtes quantiques.UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Qd UQÀM tli'iWjïïù "'"SS de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC) UQÀM COLLOQfË INtËlmTIONAL j G- L.A-*( 1 ' HAUT-COMMISSARIAT AU PLAN DU ROYAUME DU MAROC 2010|^ Mont lüniversite d Li JÜi hledj Là n I i m I.Al a m I Xitulaire J H^tCommissaire au Royaume du Maroc tbignie____ Gentff for Strategic^nâ Chair International Studies Washington D.C.USA Titulaire nyestigaciones economicas vice-president Tribunal international du droit de ia Institute de l JNAM, Mexique Directeur de et de Recherch Militaire (CEREM) Paris, France TC' Centre e- i-Ëcoie d Etudes Institute Conférence d'ouverture animée par Bernard Derome InternaciOQiis de Brasilia Brésii Le 13 octobre 2010 Hôtel Omni Mont UQAM Relations internationales Coreea de recherches en sciences humaines du Canada Defense National nauonate Defence Social Sciences and Humanities Research Council of Canada 2S*''»DES RELATIONS INTERNATIONALES DE MONTRÉAL Québec rara l't’l LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 G 3 ACFAS Prix Jacques-Rousseau Le citoyen a le droit de tout savoir Louise Vandelac veut comprendre la « transformation sociotechnique du vivant » Impossible de se pencher sur le parcours intellectuel de Louise Vandelac sans avoir le tournis.Issue d’une formation en économie politique et en sociologie, elle a mené tout au long de sa carrière des recherches novatrices qui nouent un dialogue entre la sociologie, les sciences politiques, l’économie, les sciences de la santé et les sciences de l’environnement.Elle est aujourd’hui professeure au Département de sociologie et directrice de l’Institut des sciences de l’environnement de rUQAM.ASSIA KETTANI Depuis plus de deux décennies, les recherches de Louise Vandelac gravitent autour d’une thématique fondamentale: la «transformation sociotechnique du vivant».«Nous avons assisté au remodelage des espèces.Tous les paramètres du vivant sont en train de changer: nous sommes témoins d’une véritable révolution», souligne-t-elle.Elle a interrogé les multiples facettes de cette question en se penchant sur le travail domestique, les technologies de la reproduction, les OGM, la santé écologique, les ressources hydriques ou encore les nanotechnologies.Ses recherches soulèvent des enjeux philosophiques, politiques, économiques, sociaux ou écologiques.Le prix Jacques-Rousseau, de l’ACFAS, qui récompense chaque année les réalisations d’un chercheur qui a dépassé son domaine de spécialisation, vient donc couronner ce parcours à la croisée des chemins.C’est en effet pour tenter de cerner ces problématiques émergentes dans toute leur complexité que Louise Vandelac brise les barrières discipli- naires: «Dans un univers d’hyperspécialisation des savoirs, la démarche transdisciplinaire privilégie l’étude des relations entre les phénomènes.C’est une démarche qui permet la mise en évidence de problématiques nouvelles et qui offre de nouveaux outils.» Transdisciplinarité La transdisciplinarité permet de travailler sur plusieurs interfaces pour mieux comprendre la logique à l’œuvre derrière ces phénomènes: «Il est passionnant de pouvoir mettre en lumière les relations qui passent d’un secteur à l’autre.On ne peut, par exemple, rien comprendre aux questions écologiques si on ne comprend pas les mécanismes de détérioration de la biodiversité.Compte tenu des urgences planétaires qui sont les nôtres, nous avons intérêt à développer une ouverture et une capacité d’analyse.» Actuellement, elle concentre ses recherches autour de quatre types de projets: un premier projet sur les nanotechnologies s’intéresse aux dispositifs d’évaluation et d’encadrement de plus de 600 produits alimentaires ou FRANÇOIS DESAULNIERS A travers ses travaux, Louise Vandelac s’élève contre le silence de nos «démocraties somnambules».Devant l’absence de transparence et le manque d’information à la disposition du public, Louise Vandelac en appelle à la responsabilité politique.d’usage courant.Un deuxième axe de recherche cible les problèmes de santé liés aux agents polluants persistants et aux effets des perturbateurs endocriniens: augmentation des cancers hormonaux, détérioration du systè- me immunitaire, érosion des facultés intellectuelles.Elle se penche également sur la gestion des déchets dangereux, qui émerge par exemple à travers le dossier de l’incinérateur de Mercier.Enfin, un dernier type de projet aborde la polytoxicosensibilité, c’est-à-dire l’intolérance multiple aux produits chimiques, qui entraîne le développement de problèmes de santé parfois gravissimes après une exposition considérée comme normale.Des sujets brûlants d’actualité qui sont tous reliés par le fil directeur de la transformation par l’homme de son environnement et de l’impact de cette transformation.Interrogations Ces réflexions suscitent des interrogations éthiques et médicales.Comment, en effet, concevoir des êtres humains en laboratoire sans se poser la question de la transformation de l’humanité?Comment accepter la mise sur le marché de produits alimentaires qui pourraient avoir une incidence à long terme sur notre santé, celle de nos enfants, l’environnement, sans exiger que l’innocuité de ces produits soit démontrée?Quel doit être le rôle de l’État dans l’encadrement de ces transformations et de leurs effets?A travers ses travaux, elle s’élève contre le silence de nos «démocraties somnambules»: «Il s’agit de mettre en évidence l’insuffisance notoire de dispositifs d’évaluation rigoureux.Compte tenu de l’extrême complexité de ces questions, il nous semble essentiel qu’il puisse y avoir des débats publics et un véritable travail d’évaluation», afhrme-t-elle.Devant l’absence de transparence et le manque d’information à la disposition du public, Louise Vandelac en appelle à la responsabilité politique: «Le gouvernement a plusieurs missions: il a une mission économique, mais il doit aussi garantir la protection de la santé et de l’environnement.Il ne faut pas que la première soit menée au détriment de la seconde.» Ainsi, alors que l’urgence de débats publics se fait sentir, ses travaux scientihques dépassent le cadre universitaire et posent la question de la responsabilité intellectuelle du chercheur.«Pour que la recherche puisse jouer un rôle, encore faut-il qu’on lui en donne la chance, qu’on arrête de considérer le public comme des ignares et qu’on favorise les liens avec la société civile», estime la chercheuse.Collaboratrice du Devoir Le prix Jacques-Rousseau a été créé en 1980 en l’honneur de Jacques Rousseau, botaniste, ethnologue et ancien secrétaire de l’Acfas.Il souligne les réalisations scientifiques exceptionnelles d’une personne ou d’une équipe qui a largement dépassé son domaine de spécialisation et qui a établi des ponts novateurs entre différentes disciplines.Il est parrainé par les fonds de recherche du Québec.PRIX ACFAS FÉLICITATIONS À SHERRY SIMON, LAURÉATE DU PRIX 2010 ANDRÉ-LAURENDEAU 2010 DE L’ACFAS ET PROFESSEURE AU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES FRANÇAISES DE L’UNIVERSITÉ CONCORDIA.BOURSIÈRE KILLAM POUR 2009-2011, AUTEURE ET CHERCHEURE DE RENOMMÉE INTERNATIONALE, SHERRY SIMON A PROCURÉ AUX MONTRÉALAIS UNE MEILLEURE CONNAISSANCE D’EUX-MÊMES ET S LA VILLE EST MONDE MONTREAL A TRAVERS LES DU MONDE GRACE À SES ÉTUDES APPROFONDIES SUR LA LANGUE ET LA CULTURE.TOUTE LA COMMUNAUTE DE CONCORDIA EST YEUX DE CONCORDIA FIÈRE DE SOULIGNER SA RÉUSSITE.VEUILLEZ VOUS JOINDRE À SHERRY SIMON POUR UNE CONFÉRENCE DaNS LE CADRE D’UNE NOUVELLE SÉRIE PRÉSENTÉE PAR CONCORDIA ET BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC — LA VILLE EST MONDE : MONTRÉAL À TRAVERS LES YEUX DE CONCORDIA.CETTE PRÉSENTATION ABORDERA LE CARACTÈRE FÉCOND DE MONTRÉAL, SA CULTURE POLYGLOTTE ET HYBRIDE, TISSÉE DE PENSÉES, DE TENSIONS ET DE RICHESSE DES LANGUES ET DES SAVOIRS QUI S’Y CROISENT.QUOI : LE FLOT DES LANGUES, LA GRACE DES CULTURES (ENTRÉE LIBRE) QUAND : LE 27 OCTOBRE À 19 H 30 OÙ : L’AUDITORIUM DE LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE 475, BOUL.DE MAISONNEUVE EST ACFAS.CA BANQ.QC.CA T NOW.CONCORDIA.CA UNIVERSITÉ ^Concordia Ngr U N I V E R S I T L’effet de l’excellence Trois professeurs et une étudiante de i’UQAM voient leur contribution à la recherche scientifique récompensée par un prestigieux prix Acfas décerné par l’Association francophone pour ie savoir.PRIX JACQUES-ROUSSEAU Louise Vandelac Professeure au Département de sociologie et directrice de l’Institut des sciences de l’environnement PRIX LEO-PARISEAU Pour ses réalisations scientifiques qui dépassent largement son domaine de spécialisation et les ponts novateurs qu’elle a établis entre différentes disciplines.René Roy Professeur au Département de chimie et directeur de la Chaire de recherche du Canada en chimie thérapeutique Pour ses avancées dans le domaine des sciences de la santé et les retombées de ses travaux de recherche à l’échelle nationale et internationale.PRIXMICHEL-JURDANT Christian Messier Professeur au Département des sciences biologiques Pour la portée de ses activités de recherche en sciences de l’environnement et leur impact sur la mise en valeur de la protection de l’environnement.PRIX DESJARDINS Julie Dufort Étudiante au doctorat en science politique et chercheuse à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques Pour l’excellence de son parcours académique à la maîtrise.L’effet UQÀM uqamxa G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 AC FA S Prix Michel-Jurdant L’écologiste forestier avait raison Les travaux de Christian Messier jettent la base du nouveau régime forestier du Québec Christian Messier, l’écologiste forestier dont les travaux ont inspiré notamment le ministère des Ressources naturelles et de la Faune pour l’élaboration du régime forestier adopté en 2009, a vu jeudi son œuvre être reconnue.MARTINE LETARTE ¦ 3 rofesseur au Département .des sciences biologiques ( e rUQAM depuis 1992 et fon-( ateur du Centre d’étude de la forêt, Christian Messier a réalisé ces dernières années un projet-pilote en aménagement forestier durable, appelé TRIADE, en collaboration avec les gouvernements, les entreprises forestières, les communautés autochtones et les groupes écologistes.«C’est un projet de grande envergure en Haute-Mauricie.L’idée, c’est d’arriver à un aménagement écosystémique en créant trois zones sur le territoire», affirme-t-il.La première zone est protégée de toute activité industrielle.La deuxième est une zone de foresterie intensive où des espèces sont plantées et récoltées comme en agriculture.La troisième est une zone d’aménagement écosystémique.«Cette zone atteint environ 70 % du territoire, précise le scientifique, et on y fait des types de coupes variées qui s’inspirent des perturbations naturelles des forêts, comme les épidémies d’insectes, les arbres qui tombent avec le vent, etc.C’est bon, parce que ces coupes partielles facilitent la régénération et la création d’habitats.» Avec la méthode d’aménage- ment de Christian Messier, on fait encore de la coupe à blanc, mais beaucoup moins qu’on en faisait au Québec, et la méthode a été revue.«Auparavant, on coupait d’immenses rectangles, maintenant, on fait des contours irréguliers pour ressembler davantage aux feux de forêt.On laisse aussi des îlots d’arbres qui permettent de garder un héritage biologique, et les arbres qui meurent permettent à plusieurs organismes vivants dé faire leur habitat», affirme le chercheur, qui est souvent sollicité pour donner des conférences à des ingénieurs forestiers afin de les amener à élargir leur vision de la ressource qu’est la forêt.Aboutissement et changement Dès 2013, donc, lorsque le nouveau régime forestier sera appliqué, les entreprises devront toutes avoir leur plan d’aménagement en trois zones.Pour Christian Messier, qui a toujours voulu lier la théorie et la pratique, c’est un aboutissement.Si bien qu’il réorientera le gros de ses recherches.«J’aime changer de domaine après environ 10 ans parce que, sinon, j’aurais peur d’être trop convaincu et de manquer d’autocritique.Pour être un bon scientifique, il faut se remettre en question», affirme celui qui a commencé ses études à l’Université SOURCE ACFAS Christian Messier entreprend un nouveau chapitre de sa carrière avec ia Chaire CRSNG/Hydro-Quéhec sur ie contrôie de ia croissance de i’arhre.Laval en foresterie pour les terminer à l’Université d’Helsinki, en Linlande, avec un postdoctorat en écologie forestière.C’est donc avec enthousiasme que le chercheur âgé de 49 ans entreprend un nouveau chapitre de sa carrière avec la Chaire CRSNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance de l’arbre.«Je travaillerai sur les milieux urbains et périurbains.C’est important parce que la ville s’étend et que les questions d’aménagement prendront de plus en plus d’ampleur.Tout est à faire dans ce secteur», affir- me le scientifique, qui a d’ailleurs dirigé l’ouvrage collectif publié en 2006 et intitulé Ecologie en ville.Et qu’est-ce qu’Hydro-Qué-bec vient faire dans cette chaire de recherche?«Hydro-Québec a un intérêt en raison des problèmes causés par les arbres qui poussent dans les fils électriques.Trop souvent, l’élagage a été horrible! Un volet de nos recherches tentera de mieux comprendre l’arbre qui se développe en milieu urbain, pour arriver à mieux l’intégrer», explique Christian Messier.Le scientifique, qui a grandi à Saint-Gabriel-de-Brandon, est particulièrement stimulé par un projet «farfelu» qu’il réalisera cet hiver grâce à cette chaire.«Nous allons sacrifier une vingtaine d’arbres sur lesquels nous simulerons du verglas en les arrosant fréquemment.Nous allons les observer pour arriver à être capables de faire de l’élagage préventif qui respecterait les phénomènes naturels afin de causer moins de bris», explique celui qui affirme avoir été encouragé très jeune à poursuivre de longues études par son père.qui aurait bien aimé avoir eu cette chance.Des caractéristiques plus diversifiées Un autre volet des recherches de la nouvelle chaire portera sur le choix des espèces.«Même si on plante différentes espèces d’arbres en ville, on a remarqué qu’elles ont souvent les mêmes caractéristiques.Ça peut avoir des impacts majeurs lors de perturbations.Dans les milieux naturels, si une espèce tolère mal une perturbation, une autre prendra la relève.On travaillera donc à diversifier les espèces dans la ville.» Ainsi le scientifique se servira de son travail dans les milieux naturels pour travailler dans les milieux habités.«Il y a des spécialistes des milieux urbains et d’autres des milieux naturels, mais il n’y a pas encore eu de lien entre les deux.Ce sera mon défi.» Collaboratrice du Devoir Le prix Miehel-Jurdant a été eréé en 1985 en l’honneur de Téeologiste Miehel Jurdant et réeompense des aetivités de reeherehe en seienees de l’environnement.U est destiné à une personne dont les travaux et le rayonnement seientihques ont eu un effet dans la soeiété en ee qui a trait à la mise en valeur et à la proteetion de l’environnement.Il est parrainé par Caseades.Prix Adrien-Pouliot Un regard se fixe sur votre ventre ! Jean-Pierre Després conteste la notion de poids santé Depuis 25 ans, Jean-Pierre Després étudie le rapport entre santé et obésité.Et celui qui dénonce plus d’une idée reçue en diététique reçoit cette année le prix de l’Acfas qui souligne les relations scientifiques entre la France et le Québec.CLAUDE LAELEUR T ^ poil 'me dresse sur le corps lorsque je vois ^ tous ces articles qui traitent d’épidémie de surpoids et d’obésité, lance celui qui vient de recevoir le prix Adrien-Pouliot.On ne dit pas les vraies affaires aux gens! Il faut plutôt dire qu’avoir un petit bedon dur — qu’on soit gros ou non — est la forme de surpoids la plus dangereuse.» De fait, un tour de taille de plus de 90 centimètres et un taux de triglycérides élevé sont aussi dommageables pour la santé que le cholestérol, l’hypertension ou le tabagisme.M.Després est directeur de la recherche en cardiologie à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.II a montré que la paisse dangereuse pour la santé se loge à l’intérieur de l’abdomen — entre les viscères — et non pas sous la peau.Qn parle alors d’obésité viscérale.«L’obésité viscérale, dit-il, ce n’est pas nécessairement être gros, c’est avoir un petit bedon dur.On est alors une véritable bombe à retardement en matière d’infarctus et de diabète.Voilà ce que j’ai découvert» Piqûre pour la recherche Qri^aire de Montmagny, où il habite toujours la maison de son grand-père, M.Després a toujours été fasciné par la biologie humaine.«Je savais que je ferais une carrière en science, dit-il.Il y a néanmoins des gens qu’on rencontre durant sa formation universitaire et qui ont une profonde influence sur soi.» Dans son cas, il s’agit de Claude Bouchard, qui, à la fin des années 1970, amorçmt à l’Université Laval une recherche sur la condition physique des Québécois.«Ce professeur recrutait des assistants de recherche, raconte M.Després./e n’avais que 18 ans et je me suis dit: “Voilà ce que je veux faire pour le restant de mes jours!” Je suis donc allé le voir.A 18 ans, je me suis retrouvé à travailler non pas sur DE CARDIOLOGIE ET DE PNEUMOLOGIE DE QUÉBEC LAVAL AXES DE RECHERCH CARDIOLOGIE-" ©BHl A : nature _____ .i CŒUR J I SURSf//^ ' \ SOURCE ACFAS Le D' Jean-Pierre Després et sa collègue et conjointe, la D“ Isabelle Lemieux, présentent l’article de synthèse sur le syndrome métabolique, publié dans la revue Nature.des rats, mais avec des êtres humains.» En 1984, pendant un stage postdoctoral au Département de médecine de l’Université de Toronto, il tombe sur un article scientifique qui oriente à tout jamais ses travaux.«Je m’en souviens encore, dit-il avec émotion.C’était l’heure du midi, je mangeais à la sauvette un sandwich tout en parcourant les publications scientifiques.J’y découvre qu’un groupe de chercheurs Scandinaves rapporte que les complications dues à l’obésité dépendent non pas du fait d’être gros, mais plutôt de la localisation de la graisse.“Ça y est, me suis-je dit, voilà ce qui importe: étudier la localisation de la graisse”.» De retour à l’Université Laval, le jeune chercheur entreprend un vaste programme de recherche.En cinq ans de labeur intense, il fait ressortir une notion tout à fait nouvelle: «J’ai montré que la graisse qui est dangereuse pour la santé est cel- le qui se trouve à l’intérieur de l’abdomen.Ce n’est nullement une question de surpoids.mais de bedon», résume-t-il.Le mythe du poids santé Jean-Pierre Després conteste vigoureusement la notion même de poids santé.«Lorsque vous comparez votre poids à votre taille — en cherchant à établir si vous avez un poids santé — vous n’obtenez rien de bon, tranche-t-il.Vous pouvez par exemple être une femme un peu rondelette et être en parfaite santé.mais avoir un poids santé de 28.On vous dira pourtant que vous figurez parmi celles qui ont un problème de surpoids.C’est faux.» Ce qui importe plutôf montre-t-il étude après étude depuis 25 ans, c’est la présence d’un «petit bedon».«La première chose que je fais le matin, raconte-t-il sérieusement, c’est de me regarder de côté dans le miroir.Jamais je n’utilise un pèse-personne.C’est inutile.» Si vous observez la présence d’un bedon, vous devez alors vous demander s’il est dur ou mou.Un bedon mou signifie que vous portez de la graisse sous la peau, ce qui n’est pas grave, tandis qu’un bedon dur témoigne de la présence de graisse dans voùe cavité abdominale.Cependant, pour confirmer que c’est bien votre cas, vous devez demander à votre médecin de vérifier votre taux de triglycérides.«Si vous avez de la graisse viscérale en excès, explique le spécialiste, votre organisme libère dans le sang des triglycérides.Or nous nous sommes rendu compte qu’un tour de taille élevé, combiné à la présence de triglycérides dans le sang, confirme la présence de graisses viscérales.» La bonne nouvelle, enchaîne M.Després, c’est qu’il est relativement facile de faire diminuer cette graisse: il s’agit tout simplement de manger mieux et de bouger davantage.«Pas question de se mettre au régime et de chercher à perdre dix kilos, avertit-il.Nul besoin non plus de se transformer en moine végétarien.On doit tout bonnement manger un peu mieux.De la sorte, on peut faire baisser jusqu’à 30 % la graisse viscérale et ainsi diminuer de beaucoup ses facteurs de risque.» Pour y parvenir, ajoute-t-il, il suffit «de faire un petit ménage» dans ses habitudes alimentaires et dans ses activités physiques.«De cette façon, doucement, on faitfondre son bedon et on diminue ses risques.» Collaborateur du Devoir Le prix Adrien-Pouliot a été eréé au printemps 2000 en l’honneur d’Adrien Pouliot, mathématieien, aneien président de l’Aefas et détenteur de nombreuses distinetions françaises.Ce prix vise à souligner l’exeellenee de travaux qui sont réalisés en eollaboration avee une personne ou une équipe de la Franee et qui ont des retombées autant en Franee qu’ici U est parrainé par le eonsulat général de la Franee à Québee et le ministère des Relations internationales du Québee.PRIX d’excellence de l’association des doyens des études supérieures au QUÉBEC (adesaq) en collaboration avec les trois fonds québécois de recherche Les Fonds québécois de recherche offrent leurs félicitations aux lauréats de l’édition 2010 pour la meilleure thèse de doctorat dans leur secteur de recherche respectif SCIENCES DE LA SANTE Madame Cundula Min-Oo Université McGill SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES, ARTS ET LETTRES Madame Marie LeBel Université Laval SCIENCES NATURELLES ET GÉNIE Madame Claudie Beaulieu Institut national de la recherche scientifique (INRS) Québec S H Fonds de la recherche en santé Fonds de la recherche sur la nature et les technologies Fonds de la recherche sur la société et la culture LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 G 5 ACFAS Prix Marcel-Vincent Il faut en finir avec les clichés sur le Japon Bernard Bernier trace le portrait d’une société en difficulté Un grand spécialiste de la société nippone est devenu le deuxième anthropologue à remporter le prix Marcel-Vincent.HÉLÈNE se sont penchés sur cette socié- ROULOT-GANZMANN té, et la population japonaise de Montré^ n’est pas ce qu’elle est aujourd’hui.«Il faudra attendre les années 1980 pour qu’il y ait un véritable engouement pour ce pays, sa culture, sa société, estime M Bernier.Parce qu’il avait une véritable avance technologique et un développement économique étonnant.Depuis la crise des années 1990, puis la montée de la Chine, on l’étudie moins.Mais la frénésie des années 1980 a véhiculé pas mal de clichés.» Sa mission: les démolir, ces fameux clichés.«Le Japon, “société harmonieuse”, d’abord, la description que l’on fait du système d’emploi à vie et, entre autres choses, l’appel à la tradition comme explication de phénomènes contemporains, qui en fait sont relativement récents, qui n’ont pas grand-chose à voir avec la transmission de la tradition, qui sont en réalité des constructions historiques relativement nouvelles, qui datent d’après le deuxième conflit mondial», résume-t-il.Depuis sa création en 1975, un seul autre anthropologue, Marc-Adélard Tremhlay, en 1988, avait reçu le prix Marcel-Vincent, ce prestigieux honneur décerné par l’Acfas et qui couronne les travaux d’une personne œuvrant en sciences sociales.«Ça fait toujours plaisir de voir que ce qu’on a fait est reconnu par ses pairs, admet celui qui a fait toute sa carrière à l’Université de Montréal, après avoir étudié à l’Université Laval, à l’Université de la Colomhie-Bri-tannique,et à l’Université Cornell aux Etats-Unis pour y faire un doctorat Peut-être que les anthropologues recherchent moins les honneurs que les économistes, politologues et psychologues, mais je pense qu’il y en a d’autres qui l’auraient mérité et qui le mériteraient encore.J’espère qu’à l’avenir il va y en avoir plus!» Exotisme Son credo: le Japon.Un peu par hasard.Au début de ses études, il travaille sur les populations amérindiennes de l’Amérique du Nord.Et puis, en arrivant en Colomhie-Britannique, il rencontre des Japonais.Il a un ami aussi qui a voyagé au Japon et qui lui parle de cette société très intéressante, beaucoup plus complexe que ce qu’on en dit à l’époque.Nous sommes au milieu des années 1960 et le pays du Soleil levant est une contrée exotique et lointaine pour tout Québécois: peu de chercheurs Réalisme Le système d’emploi à vie, ce système particulier aux grandes entreprises, qui assure la sécurité de l’emploi.«On embauche les jeunes à la sortie de l’école, secondaire ou université, on les forme dans l’entreprise et on leur offre d’y rester jusqu’à leur retraite s’ils le désirent.Ils obtiennent de la formation, une possibilité de promotion, un salaire en augmentation avec l’ancienneté, etc.Ce système-là, il est récent, il date de l’après-guerre et on veut nous faire croire que ç’a toujours existé.Ç’a tellement toujours existé qu’il est apparu dans des affrontements extrêmement durs entre syndicats et patronat.Ça, c’est quelque chose qu’il faut souligner aussi: on nous parle toujours d’harmonie.Mais, de l’harmonie, il n’y en a pas eu beaucoup dans les années qui ont suivi la fin de la guerre.» Dans le petit monde des spécialistes de la société nippone, Bernard Bernier fait donc hgu-re d’épouvantail en mettant de nombreux coups de pied dans la fourmilière.Les recherches critiques, au Japon, ne sont pas légion et les politiciens ont la voie libre pour véhiculer les clichés.Dans les cours de langue japonaise aussi, tout autour du monde, la société nippone est présentée comme uniforme.«Or elle est beaucoup plus variée que cela, assure le récipiendaire du prix Marcel-Vincent.Il y a notamment de fortes disparités régionales.Tokyo n’est pas Osaka du point de vue de la population, de la langue, même.J’essaye de faire en sorte qu’on le sache.Et, petit à petit, on y arrive.Depuis une vingtaine d’années, il y a un mouvement qui insiste sur le multiculturalisme, les minorités, le régionalisme.Mais ça reste encore marginal.» Contestation Un mouvement de contestation de la culture dominante de Tokyo s’appuie sur les récents déboires du pays, une crise de laquelle il n’arrive pas à se sortir.Ses points forts: le très haut niveau de scolarisation et sa SOURCE ACFAS Bernard Bernier a une vision de la société japonaise située aitx antipodes du romantisme et de l’harmonie bien souvent véhiculés.capacité à accepter le changement technique.Ses faiblesses: la conformité, qui empêche la manifestation de la créativité.«Les entreprises et les gouvernements ont peur de l’indépendance et n’ont donc pas favorisé les études supérieures très avancées de type doctorat.Il manque aujourd’hui de scienti- fiques très bien formés qui pourraient faire avancer la recherche fondamentale.Certes, le Japon est reconnu dans le monde pour ses créateurs dans les domaines artistiques: cinéma, animation, manga, design, etc.Mais, même si leur poids est très important d’un point de vue économique, ces gens-là sont considérés chez eux comme extérieurs à ce qui est normal.Et, sur le plan de la recherche fondamentale, il manque de personnes pour soutenir la compétition avec les Etats-Unis et bientôt, certainement, la Chine.» D’autant que le Japon souffre de la dénatalité.La place des femmes dans la société est une donnée à regarder de très près.«Les gouvernements sont très conservateurs, la plupart des hommes sont conservateurs, explique Bernard Bernier.Leur problème, c’est de trouver une femme prête à s’occuper de leurs parents.Ainsi, les femmes ont du mal à trouver un conjoint “ouvert”, l’âge du mariage recule sans cesse, et il y a très peu d’enfants nés hors mariage.» Un problème d’autant plus grave que le Japon refuse de faire appel à l’immigration.«Pour des raisons qui frisent le racisme.On parle encore de “sang pur”.Environ 1 % seulement de la population est immigrante.Mais il faudra pourtant bien qu’il se décide à ouvrir ses portes s’il veut s’en sortir.» Une vision de la société japonaise située aux antipodes du romantisme et de l’harmonie bien souvent véhiculés.Collaboratrice du Devoir Le prix Mareel- Vineent a été eréé en 1975 en l’honneur de Mareel Vineent, premier président franeophone de Bell Canada.Il eouronne les travaux d’une personne œuvrant en seienees soeiales.Il est parrainé par Bell Canada.Félicitations à GREGORY DUDEK, lauréat du Prix Acfas 2010 — J.Armand Bombardier Les travaux novateurs menés par le professeur de science informatique Gregory Dudek dans les domaines de la navigation robotique et de la mobilité ont mené à la mise au point des robots amphibiens AQUA.Conçus à l’aide d’une technologie détectrice révolutionnaire, les robots AQUA peuvent naviguer de façon autonome dans tout type de terrain aquatique.Cette création fournit une aide précieuse aux chercheurs environnementaux qui s’attachent à l’exploration d’écosystèmes difficiles d’accès et d’importance capitale.L’Université McGill présente ses plus sincères félicitations au professeur Dudek qui a su traduire les fruits de ce nouveau savoir en une technologie appliquée à l’amélioration de la qualité de vie.McGül CENTRE DE RECHERCHE INSTITUT UNIVERSITAIRE DE CARDIOLOGIE ET DE PNEUMOLOGIE DE QUÉBEC AFFILIÉ À UNIVERSITÉ LAVAL La direction du Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (CRIUCPQ) félicite chaleureusement le récipiendaire du Prix Adrien-Pouliot de __ l’Acfas, le Docteurjean-Pierre Després.Chercheur de renommée internationale et pionnier de la recherche sur l’obésité abdominale, * ses travaux ont changé la pratique médicale en établissant que l’obésité abdominale est l’un des facteurs de risque parmi les plus importants des maladies cardiovasculaires et métaboliques.Le Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec est le seul centre de recherche au Canada et l’un des rares au monde à regrouper sous un même toit des axes de recherche en cardiologie, pneumologie et obésité.Ces trois axes sont en lien étroit avec la mission de soins de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.Fier de l’obtention de la cote « exceptionnel » lors de la dernière évaluation du Fonds de la recherche en santé du Québec et grâce à la qualité et au savoir-faire de ses équipes de recherche, le CRIUCPQ est un leader mondial dans ses domaines d’activités.Plus de 600 personnes y unissent leurs efforts pour l’avancement des connaissances en santé.DECOUVRIR, POUR PREVENIR, POUR GUERIR CRIUCPQ.ULAVALCA lUCPQ.QC.CA G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 AC FA S Prix Léo-Pariseau Bon, le sucre ! René Roy est « tombé » dans la chimie à un jeune âge La chimie des sucres, ou des hydrates de carbone, comme on les appelait autrefois, est l’une des branches de la chimie.Le professeur et chercheur René Roy en a fait sa spécialité et il a passé sa carrière à utiliser à des fins thérapeutiques ses connaissances en chimie des sucres.Il reçoit cette année le prix Léo-Pariseau en sciences biologiques et sciences de la santé.PIERRE VALLEE Tout comme Obélix, René Roy est tombé dans la chimie à un jeune âge.«J’ai commencé à m’intéresser à la chimie lorsque mes parents m’ont offert à Noël un jeu de chimie, raconte-t-il.Le Noël suivant, j’en ai demandé un plus gros.» Son deuxième jeu préféré fut le Lego, ce qui explique sans doute son goût prononcé pour l’architecture moléculaire.Aujourd’hui professeur et chercheur au département de chimie à l’UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie thérapeutique, René Roy a obtenu son doctorat en chimie à l’Université de Montréal.Dès cette époque, il s’intéresse à la chimie des sucres.«Evidemment, ce n’est pas le même sucre que celui qu’on met dans son café.» Les molécules sucrées jouent plusieurs rôles dans l’organisme humain.Elles servent à stocker l’énergie, mais elles participent aussi à la reconnaissance cellulaire.C’est ce der- nier aspect sur lequel travaille René Roy.Immunologie René Roy fait ses premiers pas professionnels en tant que chercheur associé au sein du Conseil national de recherches du Canada.«On m’offrait trois avenues: l’électrochimie, la manipulation de l’ADN et l’immunochimie.Comme la médecine était mon deuxième choix après la chimie, fai choisi l’immunochimie.De cette façon, je pouvais combiner ma passion de la chimie et mon désir de travailler de façon pratique dans le domaine de la santé.» Cette première collaboration le mène à participer à la mise en place d’un vaccin contre la méningite, vaccin qui sera breveté et ensuite homologué par Santé Canada.En 1985, il entreprend une carrière de professeur et de chercheur au Département de chimie de l’Université d’Ottawa, où il poursuit ses travaux sur la chimie des sucres à des fins thérapeutiques.C’est lors de son sé- SOURCE ACFAS René Roy travaille aujourd’hui à plusieurs projets, dont un portant sur un vaccin contre le cancer du sein.jour à l’Université d’Ottawa qu’il élabore avec un collègue cubain un autre vaccin, celui-ci contre la bactérie Haemophilus influenza, responsable de la pneumonie chez les enfants dans les pays en développement.«Comme il n’y avait pas de vaccin disponible à Cuba, les autorités cubaines ont décidé d’en créer un.Avec mes collègues cubains, on a mis au point un vaccin synthétique qu’on a élaboré en éprouvette.» Ce vaccin est composé d’une molécule sucrée et greffée à une protéine.«Le sucre génère des anticorps contre la bactérie et la protéine stimule le système immunitaire de l’enfant.» Le vaccin est breveté et distribué dans certains pays en développement.Glycodendrimères Les plus récents travaux de René Roy portent sur les glycodendrimères.Ce sont des molécules sucrées dont la structure est qualifiée d’arborescente.Bien que complexes, ces molécules sont extrêmement petites, de l’ordre de 1 à 10 nanomètres.On peut dire qu’elles sont quasi- ment assemblées atome par atome.«On joue avec des fragments d’acides aminés pour construire ces molécules.C’est un peu comme un jeu de Lego, puisqu’on les assemble brique par brique.» Le principe sous-tendant ces glycodendrimères est au fond assez simple.«C’est le principe: “L’union fait la force”.On multiplie les mêmes fragments en périphérie et la force des glycodendrimères est la synergie entre tous les fragments qui travaillent ensemble.» Les glycodendrimères ont de multiples applications, dont une prophylactique, pour ce qui est des bactéries résistantes aux antibiotiques.«On peut donc créer une molécule qui agit comme un leurre et qui est plus attrayante pour la bactérie que la cellule humaine.» La bactérie se fixe alors au leurre et perd sa capacité d’infecter la cellule.«Ces molécules pourraient aussi être d’un grand secours pour les personnes atteintes de fibrose kystique.» René Roy travaille aujourd’hui sur plusieurs projets, dont un portant sur un vaccin contre le cancer du sein.Il vient de mettre en place le regroupement Phar-maQAM afin de favoriser la recherche biomédicale.Il considère que la chimie des sucres n’a pas fini de donner des résultats.«Il existe des solutions sucrées à de nombreux problèmes thérapeutiques humains.» Collaborateur du Devoir Le prix Léo-Pariseau a été eréé en 1944 en l’honneur de Léo Pariseau, radiologue et premier président de l’Aefas.Il souligne le travail d’une personne travaillant dans le domaine des seienees biologiques ou des seienees de la santé.Il est parrainé par Merek Frosst.Prix Ressources naturelles et Desjardins Des étudiants convaincus convainquent ! Julie Dufort, Éric Vaillancourt et Christian Roy ont chacun remporté l’un des prestigieux prix «étudiants» de l’Acfas Université d'Ottawa Félicitations à Éric Vaillancourt, étudiant en biologie à la Faculté des sciences, et à tous les autres lauréats des prix Acfas 2010! Ça part d ICI.m » uOttawa.ca E Pour l’une, les Minutemen, pour l’autre, les canards et les castors, et un dernier qui surveille les bernaches en plein vol.Résultat: un prix de l’Acfas pour reconnaître l’importance de recherches originales.EMILIE CORRIVEAU / Etudiante en science politique à l’UQAM et cher-çheure à l’Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, Julie Dufort s’est intéressée de près aux relations frontalière,s entre le Mexique et les Etats-Unis.C’est dans le cadre de son mémoire fraîchement déposé que la chercheure, lauréate du prix Desjardins maîtrise, a étudié le phénomène des Minutemen.«Les Minutemen, c’est un mouvement de civils américains qui se font les gardiens de l’invasion des immigrants illégaux à la frontière sud des Etats-Unis.Ils tentent d’empêcher les immigrants en provenance du Mexique et de l’Amé-rjque latine de traverser aux Etats-Unis en se postant à la frontière pour les dissuader», précise Mme Dufort.Afin d’étudier la façon dont les Minutemen ont émergé, la chercheure a privilégié un niveau d’analyse individuel et développé le concept théorique des entrepreneurs sécuritaires.Selon elle, le succès et la réputation des Minutemen reposent sur les épaules de deux individus.Jim Gilchrist et Chris Simcox, présidents des deux principales organisations de patrouilles civiles frontalières.«Je suis partie du fait que la rhétorique de ces deux hommes est vraiment importante, car elle a réussi à convaincre les médias et la sphère politique qu’il s’agit d’un vaste mouvement, malgré le fait que, lorsqu’on s’intéresse de près aux organisations, on s’aperçoit que Jim Gilchrist et Chris Simcox ne sont entourés que de quelques personnes et que le reste, c’est une coquille vide.Ils réussissent à faire parler d’eux dans les médias et au Congrès même s’ils ne sont pas du tout aussi importants que ce qu’ils en disent, et ça, c’est très intéressant», explique la chercheure.Si plusieurs journalistes ont accordé beaucoup d’attention au phénomène depuis 2005, peu de travaux de recherche universitaires ont été consacrés au sujet.Par ses travaux, la chercheure a réussi à poser un regard neuf sur le phénomène, ce qui a éveillé l’intérêt de l’Acfas.Heureuse d’avoir remporté le prix Desjardins maîtrise, Julie Dufort affirme que cette récompense l’encourage à poursuivre sur la même voie: «C’est une belle reconnaissance du milieu de la recherche francophone.Ça me motive à poursuivre au doctorat et ça confirme que mes recherches ont une portée intéressante!» Prix Acfas -Ressources naturelles Depuis son jeune âge, Christian Roy se passionne pour la nature.Son père étant féru de chasse et de pêche, c’est en partie grâce à lui que le scientifique a développé un intérêt pour la faune et la flore.Aujourd’hui, l’homme poursuit ses études doctorales en biologie à l’Université Laval et, dans le cadre de ses travaux de recherche, il s’intéresse de près aux castors et aux canards arboricoles, particulièrement à leur habitat dans la forêt boréale de l’Amérique du Nord.Pour mener à bien son projet de doctorat, le lauréat du prix Ressources naturelles a décidé de travailler avec l’inventaire aérien du Waterfowl Breeding Pairs and Habitat Survey (MTfPHS), effectué depuis les années 60 à l’échelle du continent.Parce qu’elles sont cumulées depuis longtemps et qu’elles couvrent un vaste territoire, les données du WBPHS permettront à M.Roy de répondre à certaines questions auxquelles il aurait difficilement pu apporter de réponses s’il avait choisi de fonctionner avec des données qu’il aurait lui-même récoltées sur le terrain.«Je suis content de travailler avec le WBPHS, mais il y a quand même un prix à payer lorsqu’on veut utiliser des bases de données de ce genre: il faut avoir un ordinateur puissant et des outils statistiques complexes.Certains pourraient être découragés par cet aspect, mais, dans mon cas, ç’a été tout le contraire.L’idée de travailler avec ces outils m’a grandement motivé», indique le chercheur Le projet de M.Roy poursuit deux objectifs principaux: identifier les facteurs écologiques qui influencent la présence des canards arboricoles dans la forêt boréale et expli- quer l’évolution de ces populations au cours, des 40 dernières années.Etant l’un des premiers projets au pays qui tentent de modéliser la distribution spatiotemporelle des différentes espèces à l’échelle du continent, il pourrait avoir d’intéressantes retombées.«D’abord, avoir une bonne description de la sélection d’habitats va nous permettre de cibler les zones les plus importantes pour ces espèces et donc de les inclure dans les efforts de conservation», explique le chercheur.«Dans un deuxième temps, poursuit M.Roy, la base de données que j’utilise va me permettre de tester certaines idées théoriques et de vérifier quels sont les facteurs écologiques pouvant influencer les populations de canards.Ces analyses pourraient être réutilisées plus tard pour d’autres espèces de canards, ou, ultimement, pour prévoir l’impact des changements climatiques sur les espèces que j’étudie.» Prix Acfas -Desjardins doctorat Chercheur en biologje à l’Université d’Ottawa, Eric Vaillancourt a su piquer la curiosité de l’Acfas grâce à un projet de recherche quelque peu inusité.Afin d’étudier le métabolisme énergétique des oiseaux migrateurs voyageant sur de longues distances, le scientifique se propose d’observer des bernaches du Canada en plein vol à bord d’un paramoteur.Inspiré de deux articles scientifiques portant sur des expériences réalisées avec des oiseaux et des véhicules motorisés, le lauréat du prix Desjardins doctorat 20f0 a choisi de travailler avec des bernaches fécondées et un paramoteur parce que cette façon de faire lui confère beaucoup de latitude.Selon le scientifique, la portée de ses travaux de recherche est multiple.Ayant pour objectif de déterminer à quel taux les oiseaux migrateurs mobilisent leur graisse dans le sang, le projet de M.Vaillancourt pourrait élucider comment certains oiseaux peuvent passer d’un état prémigratoire obèse à un phénotype postmigratoire d’apparence mince et, ultimement, engendrer de nouvelles tangentes de recherche sur l’obésité humaine.VOIR PAGE G 7: ÉTUDIANTS LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2010 G 7 AC FA s Prix André-Laurendeau Montréal n’est pins la ville anx « deux solitudes » Sherry Simon s’intéresse à l’histoire culturelle des villes et à la traduction Professeure titulaire au Département d’études françaises de rUniversité Concordia, Sherry Simon s’intéresse à la littérature québécoise et aux relations interculturelles, à la traduction dans des milieux multilingues, à l’histoire culturelle de Montréal et à celle de différentes villes «linguistiquement divisées».Elle vient de recevoir le prix de l’Acfas André-Laurendeau 2010 en sciences humaines.BRIGITTE SAINT-PIERRE La professeure Sherry Simon jette un regard sur des villes comme Montréal, Kolkata (anciennement Calcutta), Trieste et Barcelone.Elle traite des relations entre des langues et des communautés, de la littérature et du rôle de la traduction.Elle a contribué aux réflexions sur l’identité québécoise et l’identité montréalaise ainsi que sur les rapports entre communautés.Selon la lauréate du prix André-Laurendeau, «cette ancienne image des deux solitudes ne tient plus» à Montréal.Elle estime que le boulevard Saint-Laurent est maintenant «davantage une zone de contact qu’une ligne de séparation».Sherry Simon est l’auteure du \LYre Traverser Montréal.Une histoire culturelle par la traduction, traduit de l’anglais et publié en français en 2008.Elle explique ETUDIANTS SUITE DE LA PAGE G 6 Si, depuis le début, Eric Vaillancourt croit à la réussite de son projet, certains membres de la communauté scientifique se sont montrés particulièrement perplexes devant ses travaux.Selon le chercheur, le prix que vient de lui remettre î’Acfas devrait se révéler être un important outil de persuasion pour convaincre ces quelques sceptiques de l’utilité de ses travaux de recherche.«Pour moi, c’est un soutien moral extraordinaire, c’est une belle tape sur l’épaule de la part des membres du jury qui se sont intéressés à mon projet.Mais c’est surtout un merveilleux outil pour que les gens qui se sont montrés réfractaires à mes travaux de recherche comprennent la contribution que fessaie d’apporter à la science et me donnent enfin un petit peu d’appui», confie M.Vaillancourt.La bourse de 5000 dollars accompagnant le prix Desjardins doctorat apportera aussi une aide non négligeable au chercheur.Estimant ses dépenses à près de 18 000 dollars pour l’achat de son paramoteur et l’acquisition de la formation de pilotage nécessaire à l’utilisation sûre de celui-ci, M.Vaillancourt s’avoue très heureux de bénéficier d’un soutien financier supplémentaire.En guise de reconnaissance, le chercheur entrevoit la possibilité d’apposer le logo de l’Acfas sur sa voile de para-moteur.«J’ai toujours pensé que ce projet pourrait attirer l’attention, affirme M.Vaillan-court.Je pense que ce serait un beau clin d’œil à l’Acfas, une petite publicité sympathique.Ce serait pour moi une façon de lui dire merci.» Collaboratrice du Devoir Le prix Ressources naturelles est destiné à une étudiante ou un étudiant qui a commencé son doctorat dans le domaine des ressources naturelles (énergie, mines, minéraux, métaux, foresterie, sciences de la terre) à l’automne 2008 ou après.E souligne les résultats des études de deuxième cycle et la qualité du projet de doctorat et est parrainé par Ressources naturelles Canada.Les deux prix Desjardins sont destinés à des étudiantes ou des étudiants qui ont commencé leur maîtrise ou leur doctorat à l’automne 2008 ou après.Es ont pour but de souligner l’excellence du parcours universitaire des lauréats et de les encourager à poursuivre leur carrière en recherche.Es sont parrainés par la Fondation Desjardins.avoir cherché à raconter l’histoire culturelle de Montréal à partir de passages, de traversées de la ville.«Ça reste une ville qu’on peut traverser.On change de langue.Parfois, on rechange de langue à un autre moment.» La professeure souligne que Montréal est aujourd’hui une ville beaucoup plus ouverte et plus cosmopolite que dans les années i940 ou i950, «mais où quand même des tensions persistent».Elle estime toutefois que les relations entre les communautés se sont modifiées.« Des acteurs culturels » Dans son ouvrage Traverser Montréal, Sherry Simon écrit que «certains traducteurs ont été des acteurs culturels et ont contribué à transformer les relations entre les communautés linguistiques».Elle donne un sens large à la notion de traduction.Elle indique que le poète an- SOURCE ACFAS Sherry Simon est l’auteure du livre Traverser Montréal.Une histoire culturelle par la traduction.glophone F.R.Scott a côtoyé des auteurs francophones et a traduit des poèmes d’Anne ffé-bert et de Saint-Denys-Gar-neau.Pour sa part, A M.Klein «intégrait beaucoup d’éléments de la culture canadienne-fran-çaise et de la culture juive à l’intérieur de sa poésie», dit-elle.Sherry Simon donne aussi notamment l’exemple de Pierre Ancfil, qui a fait des traductions du yiddish vers le français.Selon la professeure, la traduction produit des effets.«Les traductions ne sont pas seulement des répliques ou des copies», affirme-t-elle, mentionnant qu’elles transforment le paysage littéraire.Kolkata, Trieste et Barcelone La professeure Sherry Simon a obtenu l’an dernier une bourse de recherche Killam pour un projet intitulé «Cities in Translation: Calcutta, Trieste, Barcelona i850-2000», sur lequel elle travaille actuellement.«Je parle de villes qui, à un moment donné de leur histoire, ont vécu une période de relation intense entre leurs langues, qui a donné lieu à des mouvements littéraires modernes», explique-t-elle.La lauréate du prix André-Laurendeau évoque par exemple la «Renaissance bengalie» au XfX® siècle, «qui a eu lieu en grande partie à Kolkata à partir du rapport entre f anglais et la langue bengalie».A Trieste, l’allemand et l’italien se côtoyaient à la fin du XIX" siècle et au début du XX® siècle.«L’exemple, pour moi, le plus important à Trieste, c’est un auteur qui s’appelle Italo Svevo, qui a écrit au croisement de ces langues-là.C’est un concept-clé, l’écriture au croisement des langues, l’écriture qui se fait à partir de deux \angues différentes», dit-elle.A Barcelone, à la fois le catalan et l’espagnol sont présents.«J’essaie de montrer de quelle façon ce rapport de friction, d’attraction, de tension entre les langues donne lieu à une littérature dynamique», précise la professeure.Parcours Sherry Simon a obtenu un baccalauréat ,de l’Université Brandeis aux Etats-Unis, elle a fait sa maîtrise à Paris sous la direction de Roland Barthes, puis elle a effectué son doctorat à l’Université de Montréal.Elle enseigne à l’Université Concordia depuis i983.Elle a été professeure invitée dans des universités de différents pays.De i986 à 1993, elle a codirigé la revue Spirale.De i995 à 2000, elle a dirigé le programme de doctorat interdisciplinaire en lettres et en sciences humaines de l’Université Concordia.Elle est l’auteure de nombreuses publications, dont le livre intitulé lœ Trafic des langues.Traduction et culture dans la littérature québécoise, paru en i994.Deux ans plus tard, son livre intitulé Gender in Translation a été publié aux édifions Routledge.Avec Paul Saint-Pierre, elle a assumé la direction du livre intitulé Changing the Terms.Translating in the Postcolonial Era, paru en 2000, et, avec Pierre Ancfil et Norman fewin, celle de l’ouvrage intitulé New Readings of Yiddish Montreal -Traduire le Montréal yiddish, publié en 2007.Elle est membre de la Société royale du Canada depuis 2008.Parmi ses projets, elle envisage de ti^vailler sur l’auteur et traducteur Edouard Roditi.Collaboratrice du Devoir Le prix André-Laurendeau a été créé en 1986 en l’honneur d’André Laurendeau, ancien éditorialiste du Devoir et humaniste.E est destiné à une personne travaillant dans le domaine des sciences humaines.Ce prix est parrainé par l’Acfas.CHERCHEURS TROUVENT RÉCOMPENSE Bravo! Trois professeurs et une étudiante de l'Université de Montréal se distinguent au 66^ Gala de l'Acfas, l'Association francophone pour le savoir.Nos lauréats sont parmi les meilleurs et renforcent la place du Québec et du Canada dans l'économie du savoir.Ils mènent des projets de recherche qui auront des retombées favorables pour l'ensemble de la société.Nous tenons à féliciter ces chercheurs pour les honneurs reçus.NOS PROFESSEURS CHERCHEURS Bernard Bernier Professeur titulaire Anthropologie Faculté des arts et des sciences Prix Marcel-Vincent Guy Lemay Professeur titulaire Microbiologie et immunologie Faculté de médecine Prix du Concours de vulgarisation de la recherche de l'Acfas NOTRE ETUDIANTE CHERCHEUSE Ha-Loan Phan Étudiante à la maîtrise Sciences biologiques Faculté des arts et des sciences Prix du Concours de vulgarisation de la recherche de l'Acfas PAU QUÉBfcC L'Université de Montréal forme, avec ses écoles affiliées HEC Montréal et l'École Polytechnique, le premier pôle d'enseignement et de recherche du Québec, aussi bien par le nombre d'étudiants que par l'effectif professoral et le volume de ses activités de recherche, AU canada L'Université de Montréal accueille, avec ses écoles affiliées HEC Montréal et l'École Polytechnique, le deuxième corps étudiant en importance au pays et figure, sur le plan de la recherche, au quatrième rang du classement canadien établi par Re$earch Infosource.RAFaMi l&£> m&iu_&urce> au MaND& selon le classement du Times Higher Education.François Major Professeur titulaire Informatique et recherche opérationnelle Faculté des arts et des sciences Prix Urgel-Archambault A Université de Montréal Notre raison d’être Chez Merck, nous travaillons fort pour que le monde se porte bien.Comment?En fournissant aux gens, partout à travers le monde, des médicaments d’ordonnance novateurs, des vaccins, des produits grand public et des produits de santé animale.Nous offrons également des solutions de premier plan en matière de santé qui font une différence.Nous accomplissons cela tout en écoutant les patients, les médecins et nos autres partenaires, en plus de devancer leurs besoins.Nous croyons qu’il est de notre devoir de s’assurer que nos produits puissent être disponibles pour ceux qui en ont besoin, peu importe où ils se trouvent.Vous pouvez en apprendre plus à propos de nos produits et de notre fusion récente avec Schering-Plough qui a accru et renforcé notre capacité à veiller à la santé des gens partout à travers le monde sur le site Web www.merck.ca.Nos objectifs sont bien établis et notre engagement est indéfectible.Nous consacrons tous nos efforts à la résolution de problèmes et la quête de nouvelles solutions.O MERCK Vivre mieux www.merck.ca © 2010 Merck Sharp & Dohme Corp., une filiale à part entière de Merck & Co., Inc., Whitehouse Station, New Jersey, É.-U.Tous droits réservés.
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