Le devoir, 23 octobre 2010, Cahier C
LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 IDEES Vers un sombre avenir?Page C 5 PHILOSOPHIE 33 mineurs pris au piège de la société du spectacle Page C 6 PERSPECTIVES Il y a eu les lois 86, 101, 178, 103 et 115 Dix-sept ans plus tard, le même scénario ROBERT DUTRISAC ISSU de la cuisse du projet de loi 103, le projet de loi 115 sur les écoles passerelles a maintenant force de loi.Le Conseil des ministres en a adopté mercredi les règlements, dont sa grille byzantine pour déterminer le «parcours authentique» des élèves que leurs parents fortunés veulent angliciser à tout prix.In extremis, ces règlements furent publiés, hier, dans la Gazette officielle, le jour même où prenait fin la période de grâce d’un an accordée par la Cour suprême.Dans sa défense du projet de loi sur les écoles passerelles, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, a établi un parallèle entre ce projet de loi et le projet de loi 86, présenté en 1993 par Claude Ryan, qui introduisait le bilinguisme dans l’affichage avec la nette prédominance du français.La ministre a rappelé que le projet de loi 86 avait été lui aussi décrié de toutes parts et que le Parti québécois s’était engagé à l’abolir dès qu’il reviendrait au pouvoir, ce qu’il n’a jamais fait.La main sur le cœur, Pauline Marois promet également d’abroger la loi honnie et de soumettre les écoles publiques non subventionnées de langue anglaise à la loi 101 en recourant à la clause dérogatoire.Christine St-Pierre prédit que le PQ, s’il reprend le pouvoir, n’en fera rien.La Cour suprême Il est vrai qu’il existe des similitudes dans les diverses réactions qu’ont suscitées, à 17 ans d’intervalle, les projets de loi 115 (ou 103) et 86.Dans les deux cas, ils tirent leur origine d’un jugement de la Cour suprême qui a inv^idé une loi linguistique de l’Etat québécois.Dans les deux cas, le gouvernement libéral voulait éviter de recourir à la clause dérogatoire.La loi 86 voulait en finir avec l’utilisation de la clause nonobstant que la loi 178, adoptée en 1988 au lendemain d’une déci- sion de la Cour suprême qui charcutait la loi 101, avait nécessitée en préservant l’unilinguisme dans l’affichage à l’extérieur des commerces.n faut relire ce que le père de la loi 101, le D"^ Camille Laurin, disait au printemps de 1993 du projet de loi 86.«Il faut vraiment être colonisé pour trouver ça normal [l’affichage bilingue au Québec].Il faut avoir une longue habitude de la soumission, de la renonciation à sa propre personne, pour accepter une chose comme celle-là.» Comme en 1993 En 1993, l’éditorialiste de La Presse Marcel Adam avait pris la défense du projet de loi de Claude Ryan, tout comme André Pratte l’a fait pour le projet de loi 103, soulignant que
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