Le devoir, 30 octobre 2010, Cahier B
LE DEVOIR LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI OCTOBRE 2010 I FRANCE Un vainqueur affaibli, des vaincus frustrés Page B 3 100 ANS DE SCIENCE \]n Devoir en santé et en sécurité Page B 6 PERSPECTIVES ÎACQUES NADEAU LE DEVOIR Uépoque actuelle met à rude épreuve le système de santé.La première ligne est en lambeaux, la redistribution du travail est déficiente et les urgences sont en crise perpétuelle.40® anniversaire de l’assurance maladie La forteresse du régime public tient le coup Les fortes pressions sur le système de santé pourraient toutefois exiger des réformes Lundi, la castonguette fêtera ses 40 ans, symbole par excellence des idéaux d’universalité de notre régime public d’assurance maladie.Un édifice essentiel, qui appelle les bilans en ces jours troubles où les rêves d’bier se heurtent à la morosité d’aujourd’hui.Avec, en filigrane, la menace bien réelle d’un effondrement.LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY La assurance maladie est proba-/ blement la mesure à laquelle les Québécois sont le plus at-M tachés», rappelle l’ancien mi-’ nistre Claude Castonguay, pour qui l’anniversaire du régime public d’assurance maladie revêt une signification toute particulière.Pour celui qui en a piloté le lancement officiel dans l’ombre tourmentée de la Crise d’octobre, la carte soleil a en effet bien vieilli et demeure un outil performant, qui fait l’unanimité ou presque dans un système autrement hautement pressurisé.Rares sont ceux qui critiquent la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), confirme André-Pierre Contandriopoulos, professeur titulaire au Département d’administration de la santé de l’Université de Montréal.«C’est un système administratif de très haute performance, qui est géré avec beaucoup, beaucoup d’efficacité, à peu près dix fois mieux en matière de coûts de gestion par rapport aux transactions qui sont faites aux Etats-Unis.» Pom cet expert de la santé, l’architecture même de l’assmance maladie au Québec est solide.«Les fondations et les structures de l’édifice sont saines.» Ce qui ne les empêche pas d’être quotidiennement éprouvées par diverses politiques échafaudées en réponse aux pressions croissantes qui s’exercent sm notre système de santé.Le mouvement est implacable et aucun gouvernement n’y échappe dans le monde, précise M.Contandriopoulos.Le contraste est fort avec les années 70, alors que l’offre de soins était encore relativement restreinte, rappelle le secrétaire du Collège des médecins du Québec, le D" Yves Robert.«Nous traitions alors surtout des épisodes aigus et les coûts n’étaient évidemment pas ceux d’aujourd’hui.» La science aidant, les approches médicales se sont raffinées et complexifiées.L’espérance de vie à la hausse a ajouté une pression supplémentaire.«On meurt maintenant plus souvent du cancer que d’autres choses et on traite beaucoup de maladies chroniques qui nécessitent une intervention plus pointue et, surtout, continue.» Tout cela se produit dans des environnements qui n’ont eu de cesse de se détériorer dans les dernières années, note M.Contandriopoulos.«Ce sont là trois forces qui jouent fortement sur l’extension des besoins d’intervention de la médecine.Parallèlement à ces trois forces, qu’on pourrait résumer par “plus de médecine pour tout le monde demain”, on se retrouve dans des situations de crise des finances publiques qui restreignent la capacité d’intervention de l’Etat» Résultat: les listes d’attente s’allongent, l’accès à la technologie et aux médicaments de pointe se détériore, la première ligne est en lambeaux, la redistribution du travail est déficiente et les urgences sont en crise perpétuelle.Tout cela est rapiécé tant bien que mal au gré des réponses de gouvernements incapables de choisir entre deux remèdes: plus de coordination ou plus de concm-rence, résume l’universitaire.Un régime à risque «Ces deux tensions ont concrètement donné des solutions de compromis, qui s’avèrent inefficaces quand elles ne sont pas carrément dangereuses», tranche André-Pierre Contandriopoulos.Au point.m JACQUES NADEAU LE DEVOIR «L’assurance maladie est une mesure qui doit être maintenue», croit Claude Castonguay, qui a piloté le lancement officiel du régime public d’assurance maladie.Il formule aussi l’espoir que le Québec aura pour cela le courage d’apporter les changements qu’il faut à son système de santé.où elles menacent maintenant d’ébranler la forteresse elle-même.«Ces politiques mettent notre régime d’assurance maladie actuel à risque.Il faut une restauration majeure.Autrement, même si la structure est saine, demain, elle va s’effondrer parce qu’on n’aura pas fait les rénovations requises à temps.» Celui qu’on appelle le père de l’assurance maladie, titre qu’on lui conteste parfois en raison de son arrivée jugée tardive dans le dossier, convient que son héritage est menacé.«L’assurance maladie est une mesure qui doit être maintenue», insiste Claude Castonguay en formulant l’espoir que le Québec aura pour cela le courage d’apporter les changements qu’il faut à son VOIR PAGE B 2: EORTERESSE QUEBECOR présente Jaccpups • O ( TrfPTlIpr* { ^ ¦ \ OCTOBRE NOVEMB M J.M M IL GRAND FOYERCUITUB ^E#OSinON PHOTOS^ CiULTU^ELLES PHOTOGRAPHE LE DEVOIR OCTOBRE NOVEMBRE GRAND FOYERCUITUREL PIAŒDESARTS ^ V » # B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI OCTOBRE 2010 PERSPECTIVES ARGENTINE La mort de Nestor Kirchner brouille les jeux de pouvoir politiques Quel destin pour l’Argentine?La mort totalement inattendue de son ex-président, Nestor Kirchner, laisse le pays dans un grand vide politique.Le journal d’opposition La Na-ciôn publiait jeudi un éditorial dans lequel il soulignait l’originalité de la situation.«C’est la première fois dans l’histoire de l’Argentine que la mort de quelqu’un qui n’est pas le président génère une situation pareille», écrit-il.«Jusqu’au dernier moment, il nous a bien fait comprendre que c’est lui qui exerçait réellement le pouvoir, et non pas son épouse, la présidente Cristina Kirchner.Elle ne l’a jamais refusé, et elle n’a jamais cherché à se constituer un espace propre de pouvoir, ou même symbolique.» Mais ce décès prématuré pourrait permettre à la présidente de faire ses preuves.«Elle peut maintenant prendre des décisions qui s’imposent [et auxquelles Nestor Kirchner était opposé], comme prendre ses distances d’avec Hugo Moya-no.» La famille Kirchner doit beaucoup à ce personnage controversé, secrétaire général du principal sjmdicat, la CGT, et homme politique de gauche.«Une chance historique » ?L’influence de Moyano serait devenue si grande (financement de campagnes électorales, soutien politique.) que les Kirchner auraient envisagé de s’en séparer.«Ce sera probablement la première chose que le monde politique observera pour voir si elle a la volonté de changer», poursuit Læ Naciôn.Le journal se veut rassurant, mais ferme: «La continuité institutionnelle n’est pas en danger, mais la gouvernance dans la dernière partie du mandat de Cristina [Kirchner] pourrait le devenir si elle ne saisit pas cette chance historique: cesser d’être la présidente d’une faction pour devenir la présidente de tous les Argentins.» Ricardo Kirschbaum, éditorialiste du journal Clarin, rejoint La Naciôn dans son analyse de la situation.«La disparition du leader politique ET du candidat met sur la table deux questions auxquelles devra répondre Cristina.Sa candidature à la réélection a été abordée [mercredi] par Hugo Moyano, et il a aussi parlé de restructurer le PJ [Parti-do Justicialista, parti des Kirchner].[La CGT] sait qu’au-delà de la douleur et du chagrin, les espaces politiques doivent être comblés rapidement» 11 est encore trop tôt pour connaître les intentions de cha- ENRIQUE MARCARIAN REUTERS En 2007, Cristina Kirchner avait succédé à son mari à ia présidence de ia Répubiique d’Argentine avec pins de 45 % des suffrages.Seion un éditoriai du journai d’opposition La Naciôn, Nestor Kirchner «exerçait réeiiement ie pouvoir, et non pas son épouse [.] Eiie n’a jamais cherché à se constituer un espace propre de pouvoir, ou même symhoiique».cun, à l’heure des commémorations.Les leaders de l’opposition ont ainsi rendu hommage au bon sens politique de Nestor Kirchner, mais sa mort pourrait bien attiser des convoitises.Du côté de Cristina Kirchner, elle ne recueillerait pour le moment que 35 % des votes.Trop peu pour espérer une victoire au premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2011.Le 28 octobre 2007, Cristina Kirchner avait pourtant succédé à son mari à la présidence de la République d’Argentine avec plus de 45 % des suffrages.Après Isabel Perôn, elle était la seconde femme à devenir présidente de l’Argentine.Avocate et sénatrice péroniste de 54 ans, la «reine Cristina», comme l’appelaient ses détracteurs, avait alors pris les commandes de l’Argentine pour quatre ans avec «le changement dans la continuité» comme slogan.L’opposition craignait déjà le retour de son mari en 2011 et l’installation d’une djmastie «tournante» des Kirchner.Un tandem de la politique A propos des époux Kirchner, Rafael Bielsa, ministre des Affaires étrangères jusqu’en novembre 2005, avait eu cette déhnition: «C’est un magnifique animal politique bicéphale.» Cristina Kirchner n’est pas la première femme à gouverner le pays, mais c’est la seule quj a la stature d’une femme d’Etat.«C’est une dirigeante politique dont le discours est beaucoup plus élaboré que celui de son mari», a déjà assuré Edgardo Mocca, professeur d’analyse politique à l’Université de Buenos Aires.«Bien sûr, on peut s’interroger sur la manière dont elle a été désignée candidate, par son mari, sans aucun débat, mais c’est simplement dû à la détérioration des institutions politiques de l’Argentine», estime le chercheur.Libération FORTERESSE SUITE DE LA PAGE B 1 système de santé.«Si ce n’est pas fait, la montée des coûts fera en sorte qu’un jour on pourra remettre en cause de façon plus sérieuse l’accès aux soins et même la survie du système d’assurance maladie.» Son remède est connu, il a fait l’objet d’un rapport qui a fait beaucoup de bruit en 2008.Cosigné par Michel Venne et Joanne Marcotte, le document plaidait en faveur d’un nouveau contrat social destiné à assurer «les bons soins, par la bonne personne, au bon moment».Une réforme qui, selon lui, passe par le rééquilibrage du système vers la première ligne, une révision en profondeur du panier de services — «il y a des choses qui sont couvertes et qui sont secondaires» — des structures allégées, mais aussi plus de concurrence dans le système et la fin du financement par budget global et de la rémunération à l’acte.L’ambitieux programme, ta-bletté par les libéraux, fait tiquer la présidente de Médecins québécois pour le régime public, la D’® Marie-Claude Goulet.Selon elle, avoir un système universel public est le seul véritable moyen de limiter les coûts du système.«Dès que le privé rentre, il n’y a qu’à regarder aux Etats-Unis pour s’en convaincre, les coûts explosent.On se met à pratiquer une mé- decine non plus en fonction des besoins, mais en fonction de ce qui est rentable.» Quant au régime lui-même, il est à son sens indissociable des remous qui touchent présentement le réseau.«Dire que la loi fonctionne parfaitement me paraît d’ailleurs exagéré.B y a eu des changements législatifs qui ont été faits à la suite du jugement Chaoulli.By a eu la réponse du gouvernement avec la loi 33, qui a créé les centres médicaux spécialisés à investisseurs privés.C’est énorme! C’était interdit avant.B n’y avait personne qui faisait de l’argent avec la santé.» «Il y a des manquements à la loi dans les pratiques quotidiennes.On le voit de plus en plus avec les frais Entre équité et universalité D’où la nécessité de renforcer la Régie, qui demeure en quelque sorte le chien de garde du régime public.Et il y a beaucoup de pain sur la planche, insiste la D’® Goulet.«B y a des manquements à la loi dans les pratiques quotidiennes.On le voit de plus en plus avec les frais accessoires illégaux, par exemple.» Le problème, c’est que la RAMQ ne semble pas assez outillée pour assumer seule ce rôle, note Médecins québécois pour le régime public.accessoires illégaux, par exemple.» Est-ce en raison d’un manque de personnel ou de mécanismes de surveillance insuffisants?«Toujours est-il que ça prend une plainte pour que la Régie réagisse, note la D"® Goulet.Et encore.Un patient se plaint d’avoir eu à payer, réclame qu’on le rembourse, mais cela se fait sur une base individuelle et ne change pas nécessairement quelque chose au fonctionnement global.On réalise d’ailleurs que la RAMQ fonctionne surtout avec les sorties médiatiques.Les enquêtes qui ont été lancées l’ont toutes été à la suite de plaintes fortement médiatisées.» Cet après-midi, le groupe a rendez-vous à la Grande Bibliothèque où il convie le public à venir témoigner de son attachement au régime public d’assurance maladie.Une occasion aussi pour le groupe de faire le plein d’appuis dans sa bataille qui l’oppose au privé.«Nous demandons au gouvernement de mettre un terme aux exclusions arbitraires et de cesser de favoriser la sous-traitance avec les agences privées, les PRP et les centres médicaux spécialisés», résume la D"® Goulet, qui défend la nécessité de maintenir une offre de soins adéqua- te, gratuite et universelle.Mais en avons-nous les moyens?demande le D" Yves Robert.«Le régime se voulait universel dans les conditions d’alors.Le contexte de soins a tellement changé qu’il y a lieu de s’interroger sur ce qui encore possible aujourd’hui.» Peu importe ce qui sera choisi, pour le Collège, l’important sera de garder intacte facces-sibilité aux soins.«A mon avis, on devrait plutôt tendre vers l’équité que vers l’universalité pour faire en sorte que tout le monde, indépendamment de son revenu, ait accès aux mêmes services.» Pour André-Pierre Contan-driopoulos, organiser des soins de première ligne solides, des soins de proximité partout au Québec, demeure la solution à presque tous les problèmes du réseau.Un vaste chantier, qui devra tôt ou tard être accompagné d’un vrai questionnement sur le rôle des médecins.«B y a des réflexions courageuses à faire, notamment autour des modes de paiement des médecins, réflexion qu’on n’a pas voulu faire en 1970 et qu’on n’a plus cessé de repousser.» Autant de chantiers délicats, sinon explosifs, qui nécessiteront beaucoup de temps et de conviction.Des impératifs bien difficiles à conciber avec l’exercice du pouvoir politique.Le Devoir BRESIL Gagner, même en décevant L’héritière de Lula, Dilma Rousseff, est assurée d’être élue malgré une campagne en deçà des attentes CHANTAL RAYES Sâo Paolo — Ce ne sera peut-être pas la «raclée» électorale promise par le président Lula.Mais sa dauphine et ex-chef de cabinet, Dilma Rousseff candidate du Parti des travailleurs (PT, gauche), est assurée de se faire élire dimanche à la tête du Brésil.Ancienne guérillera du temps de la dictature militaire, cette technocrate qui n’avait jamais disputé jusqu’ici la moindre élection devance largement José Serr^ son adversaire à la longue carrière pobtique comme parlementaire, ministre, maire de Çao Paulo, puis gouverneur de l’État du même nom.«Dilma», comme on l’appelle, est créditée de 49 à 52 % des intentions de vote, selon les sondages, contre 38 à 40 % pour Serra.L’élection présidentielle n’aura Mais Dilma a regagné du terrain.La polémique sur l’avorte-menf qui l’a mise sur la défensive, est en effet retombée.Dans un Brésil croyant et conservateur, ses prises de position en faveur de la dépénalisation de l’IVG sont impopulaires et ont déchaîné contre elle une partie du clergé cathobque et évangéliste.La candidate a dû s’engager par écrit à ne pas prendre l’initiative d’un amendement de la législation sur l’avortement si elle est élue.José Serra, qui l’accusait d’avoir «changé d’avis pour des raisons électoralistes», a lui-même abandonné ce filon quand la presse a révélé que sa propre épouse s’était fait avorter.Le bien-être social, la clé Ainsi, le bien-être social, qui a marqué les deux mandats de Lula—en huit ans, 21 millions de Brésiliens ont «Dilma n’inspire ni confiance ni sympathie.Mais Lula lui-même n’a jamais été élu au premier tour.Il y a encore une forte résistance à la gauche.» quitté la misère tandis que 29 millions sont entrés dans la classe pas été la simple formalité que laissait présager la popularité inégalée de Lula (plus de 80 % d’opinions favorables).«Beaucoup aiment le président mais pas sa candidate, résume le pobtologue Jai-ro Nicolau.Dilma n’inspire ni confiance ni sympathie.Mais Lula lui-même n’a jamais été élu au premier tour.Ey a encore une forte résistance à la gauche.» Ballottage La candidate du PT est certes arrivée en tête du premier tour, le 3 octobre, avec 47 % des voix (14 points d’avance sur Serra).Mais la surprise est venue de la troisième postulante, l’écologiste Marina Silva, une déçue du «lulisme» qui a remporté près de 20 % des suffrages.Cette ancienne femme de ménage, coimue pour son intégrité et son combat pour l’Amazonie, est la digne héritière du Lula d’avant, pas du manoeuvrier qu’il est devenu.Elle a séduit les couches moyennes, sensibles à la cause écologique et lasses de la corruption.D’autant qu’à la veille du scrutin, un scandale de trafic d’influence est venu mettre en cause l’ex-bras droit de Dilma Rousseff qui lui a succédé au poste de chef de cabinet de Lula.La mise en ballottage de la candidate du PT l’a obligée à sortir un peu de l’ombre de son mentor.José Serra a obtenu pour sa part un sursis.Le candidat de l’opposition de centre droit s’est même pris à croire à un renversement de tendance.C’est sur lui en effet que devrait se reporter le gros des 20 millions de voix de Marina Silva.11 y a dix jours, l’écart avec sa rivale n’était plus que de cinq points, selon certains sondages.moyenne —, redevient le facteur déterminant du scrutin.Du moins dans le Nord-Est déshérité, où Dilma a 37 points d’avance sur José Serra.contre 4 seulement dans le Sud-Est prospère, premier collège électoral.A vrai dire, l’un et l’autre manquent de charisme et ne suscitent pas l’enthousiasme.Dilma a pour elle le désir de continuité de la majorité et Serra, son expérience.Le candidat de l’opposition serait «le mieux préparé pour la fonction».11 promet de maintenir les pobtiques sociales de Lula s’il est élu, mais critique le «noyautage de l’Etat par le PT».Pour le reste, la campagne n’aura pas beaucoup éclairé les électeurs.Aucun des deux candidats n’a évoqué les grands enjeux, comme les mesures à prendre pour maintenir le rjTh-me de la croissance (7 % prévus cette année) ou la refonte d’une fiscalité qui pèse lourdement sur les pauvres.Retenue Le chef de l’État sortant, pour sa parti ne sort pas grandi de la campagne.11 s’est investi outre mesure auprès de sa protégée, au mépris de la retenue qui sied à sa fonction.Si Dibna l’emporte, quel sera le rôle de Lula?Sera-t-il un président de l’ombre pour le tandem Medve-dev-Poutine en Russie?Certains le croient.D’autres craignent déjà un enracinement du PT au pouvoir à la manière du Parti révolutionnaire institutionnel au Mexique.Qn prête en effet à Lula, à qui la Constitution interdisait de briguer un troisième mandat consécutif l’intention de revenir aux affaires en 2014.Libération RICARDO MORAES REUTERS Dilma Rousseff, candidate du Parti des travailleurs ' Gil Courtemanche La ehronique de Gil Courtemanehe fait relâehe eette semaine. LE DEVOIR, LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI OCTOBRE 2010 B 3 PERSPECTIVES LIONEL BONAVENTURE AGENCE ERANCE-PRESSE En France, la mobilisation contre la réforme des retraites a ébranlé le compromis que Nicolas Sarkozy avait lui-même noué avec les syndicats.Depuis son élection, le président s’était montré plutôt accommodant avec les grandes centrales.Réforme des retraites en France Un vainqueur affaibli, des vaincus frustrés Sarkozy a beau avoir gagné sa lutte, les syndicats ont maintenant la cote et les socialistes ont occupé le devant des médias pendant deux mois Alors que la réforme des retraites a été adoptée par le Parlement, le ¦¦ j.b -t' x mouvement de protestation semble s’essouffler.Bien que surprenante, cette mobilisation est loin d’avoir atteint les niveaux de celles de 1995 et de 2006.Reste à savoir qui, des syndicats, de Sarkozy ou des socialistes, en tirera profit.CHRISTIAN RIOUX Paris — C’est par de courts articles que la presse française a annoncé, le départ prochain de l’Elysée de Raymond Soubie.L’artisan de la réforme des retraites vient d’être nommé au Conseil économique et social, un organisme consultatif en matière de politiques sociales.Le départ de celui qui arbitrait tops les grands dossiers sociaux de l’Elysée annonce en réalité deux choses.D’abord, que la dernière grande réforme de Nicolas Sarkozy, celle des retraites, est terminée.11 serait en effet surprenant qu’après le vote du Parlement, le mouvement de protestation n’aille pas en s’essoufflant.La seconde, c’est que la réforme minutieusement planifiée par ce très haut fonctionnaire ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu.L’homme part en effet avec le sentiment d’une tâche en partie inachevée puisque personne n’avait prévu une telle résistance.Soubie, qui avait été associé aux précédentes réformes des retraites, savait que la sienne ne passerait pas comme une lettre à la poste.Mais il misait sur un scénario semblable à celui de 2003, alors que le ministre Lrançois Lillon avait étendu à la fonction publique la réforme des régimes privés d’Edouard Balladur (1993).Malgré des manifestations rassemblant de 300 000 à 600 000 personnes, le projet avait été adopté sans déclencher de grèves.11 faut dire que le vote s’était déroulé en plein été.Le scénario de 1995 Soubie peut toutefois se consoler.A moins d’un imprévu, le gouvernement de Nicolas Sarkozy ama évité le scénario catastrophe de 1995.Après trois semaines de grève générale, le premier ministre Alain Juppé avait alors dû retirer sa réforme des retraites.Les récentes manifestations n’ont pas non plus atteint l’ampleur de celles de 2006, qui avaient forcé le premier ministre Dominique de Villepin à retirer le Contrat première embauche (CPE), destiné à favoriser l’emploi des jeunes.Si le récent mouvement obéit aux «lois immuables de la vie sociale à la française», constate le chroniqueur du Nouvel Observateur Jacques Jul-liard, il passera à l’histoire pour son caractère souvent ambigu.En coms de route, il s’est transformé en mouvement de protestation plus large comme en connaissent souvent les présidents français à mi-mandat.Si deux Lrançais sur trois affirmaient Si Sarkozy n’a pas voulu faire adopter sa réforme en quatrième vitesse au mois de juillet, c’est peut-être qu’il tenait à «une bataille politique» soutenir les grévistes, ils étaient aussi nombreux à reconnaître que jamais le gouvernement ne reviendrait sur sa réforme.Contrairement à 1995 et 2006, les principaux sjmdi-cats étaient convaincus de l’urgence d’une réforme et ils n’ont jamais véritablement cru qu’ils feraient reculer le gouvernement.Sarkozy voulait-il l’affrontement ?Laut-il en conclme que cet affrontement était finalement voulu par les deux parties?Au printemps dernier, des conseillers de Nicolas Say-kozy, dont l’ancien ministre de l’Éducation Xavier Darcos, lui avaient proposé de faire adopter sa réforme en quatrième vitesse au mois de juillet, alors que la Lrance était en vacances.S’il ne l’a pas fait, c’est peut-être qu’il tenait à «une bataille politique», affirmait récemment l’économiste Jean-Claude Casanova.Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy peut prendre la présidence du G8 et du G20 en affirmant qu’il a brisé la malédiction qui avait fait rçculer la droite en 1995 et en 2006.A 20 mois des élections présidentielles, il risque de brandir ce trophée bien haut pendant toute la campagne électorale comme la preuve qu’il a la détermination nécessaire pour réformer la Lrance.Peu importe que cette réforme soit somme toute assez peu audacieuse.Selon de nombreux experts, elle n’a rien d’une réforme en profondem et n’assure pas l’équilibre financier du régime au-delà de 2018.Elle siphonne aussi les milliards acaunulés dans le fonds des retraites qui avait été créé pour rétablir im certain équilibre entre les générations.e 1.PASCAL ROSSIGNOL REUTERS Est-ce que la réforme des retraites aura un impact sur la popularité de Nicolas Sarkozy aux élections de 2012?Vainqueur demandé «Le vainqueur laisse en face de lui un vaincu frustré, mécontent, tandis que lui-même est affaibli dans son autorité», soutient l’historien Michel Winock.Cette mobilisation a évidemment ébranlé le compromis que Nicolas Sarkozy avait lui-même noué avec les syndicats.Depuis son élection, le président s’était montré plutôt accommodant avec les grandes centrales, abandonnant notamment sa promesse électorale d’un contrat unique de travail qui aurait facilité les mises à pied ef la mobilité de la main-d’œuvre.L’Élysée avait aussi maintenu de bonnes relations avec le premier sjmdicat de la Lrance, la CGT, et son leader, Bernard Thibault, en intervenant en sa faveur dans quelques dossiers sensibles.11 est trop tôt pour connaître l’effet de cet affrontement sur la popularité du président.Selon les der- niers sondages, les syndicats seraient les premiers gagnants de ce combat.Leur popularité est au plus haut, même si à peine 8 % de la population française est sjmdiquée.Les socialistes, qui ont été présents tout au long du mouvement, en récolteront-ils les retombées politiques?Pour le député Pierre Moscovici, la réponse est oui.«La crédibilité des socialistes sort renforcée», a-t-il déclaré sm Lrance Info.Mais rien n’est moins sûr, estiment plusieurs indépendants.«La gauche a perdu la bataille de la clarté», a déclaré l’ancien directeur du Monde, Jean-Marie Colombani, dans le cadre de son émission hebdomadaire intitulée La Rumeur du monde diffusée sur Lrance Culture.L’ombre de DSK Si la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a occupé le devant des médias pendant deux mois, le message des socialistes n’a pas toujours été clair.Alors que les sjmdicats CPDT et CGT n’ont jamais réclamé le retrait du projet de loi (mais seulement des négociations), le discoms socialiste était beaucoup plus radical.Quitte à mettre en colère le secrétaire de la CPDT, Lrançois Chérèque, Martine Aubry n’a pas hésité à exiger le retrait pur et simple du projet.Quant à l’ancienne candidate socialiste Ségolène Royal, elle a affirmé qu’un gouvernement socialiste rétablirait la retraite à 60 ans.Une opinion contredite par de nombreux militants, dont le député Manuel Valls, selon qui «nous ne reviendrons pas tous aux 60 ans».En arrière-fond de ce débat se profile l’ombre de l’ancien ministre Dominique Strauss-Kahn.Car le président du PMI, qui est aujourd’hui la personnalité socialiste la plus populaire en prévision de 2012, n’a jamais été opposé à l’allongement de la durée du travail pour financer les retraites.De là à penser qu’en prévision des primaires socialistes, Aubry et Royal ont volontairement cherché à se démarquer de DSK en flirtant avec les sondages et la gauche syndicale, il n’y a qu’un pas.La réforme des retraites marque certainement un tournant de la vie politique française.Mais une fois le bruit des manhestations retombé, personne ne sait qui en tirera vraiment parti en 2012.Correspondant du Devoir à Paris le doute Michel David Jacques Parizeau a l’habitude de faire des remontrances à ses successeurs.11 a déjà dit que, s’il avait su ce qu’il adviendrait du projet souverainiste, il n’aurait jamais démissionné.Avant même que Bernard Landry ne devienne officiellement chef du PQ, en mars 2002, il lui avait adressé une «Note sur la stratégie politique des souverainistes», qui s’était retrouvée dans le Globe and Mail.11 lui suggérait notamment de ressusciter le Conseil de la souveraineté, d’actualiser les études commandées douze ans plus tôt par la commission Bélanger-Campeau et de confectionner un nouveau budget de l’an 1.Qu’il ait été d’accord ou non avec ces recommandations, M.Landry avait obtempéré sur-le-champ.11 ne pouvait tout simplement pas se permettre de l’envoyer paître sans fragiliser gravement son leadership.A six mois du congrès oû elle devra se soumettre à un vote de confiance, Pauline Marois peut encore moins ignorer la dernière remontrance de M.Parizeau, qui la trouve trop timide dans sa promotion de la souveraineté.Sans être une invitation au putsch, les félicitations qu’il a adressées à Gilles Duceppe pour la clarté «tout à fait remarquable» de son discours à Washington avaient valeur d’avertissement.Mme Marois a dû prendre avec un grain de sel les assurances de loyale collaboration du chef bloquiste.Elle n’a certainement pas oublié ce qui s’est passé lors de la démission d’André Bois-clair, même si elle a eu le dessus.Entre les deux leaders souverainistes, il ne peut y avoir qu’une confiance limitée.Condamné à l’opposition perpétuelle, il est facile pour M.Duceppe de jouer au chevalier de l’indépendance.Ceux qui le trouvent «plus inspirant» devraient néanmoins avoir à l’esprit ce qu’il disait de la démarche proposée par Mme Marois en juin dernier.Contrairement à M.Parizeau, le chef du Bloc estimait que la réclamation de nouveaux pouvoirs était «la bonne stratégie» pour le camp souverainiste.«Actuellement, c’est l’immobilisme le plus complet et il importe, je pense, qu’un gouvernement du Parti québécois fasse avancer le Québec, tout en sachant que notre option, c’est la souveraineté», avait-il déclaré.11 faisait valoir que «les trois gros gains depuis 40 ans» avaient été obtenus par des gouvernements péquistes: l’entente Cullen-Coutu-re sur l’immigration, l’entente sur la main-d’œuvre et l’amendement constitutionnel qui a permis la création des commissions scolaires linguistiques.Les critiques de M.Parizeau n’en reflètent pas moins ce que pensent plusieurs députés péquistes, même si Lisette Éapointe est la seule à pouvoir le dire en toute impunité.Ils ne remettent pas en question le leadership de Mme Marois, mais elle serait bien avisée de prendre acte de ces préoccupations avant de faire face à une fronde.La semaine dernière, la chef du PQ a dissous le comité d’une dizaine de députés qui avait été créé il y a deux ans pour rédiger le nouveau «plan pour un Québec souverain».Autrement dit, elle entend désormais être la seule à définir la stratégie.Inutile de dire que le geste a déplu.Comme cela arrive généralement quand on n’ose pas s’en prendre directement au chef on montre du doigt l’entourage de Mme Marois, plus précisément sa chef de cabinet et grande amie, Nicole Stafford, mais le fond du problème est qu’on la soupçonne toujours d’être plus motivée à devenir la première femme à gouverner le Québec qu’à tenir un référendum.Pour dissiper le doute, ou tout au moins l’atténuer, il lui faut trouver une façon d’associer plus étroitement les députés et les instances du parti à la démarche vers la souveraineté.Bien entendu, le premier ministre Charest ne demande pas mieux que de faire de la tenue d’un référendum le principal enjeu de la prochaine élection.Pour Mme Marois, il s’agit donc de laisser croire à la population qu’il n’y en aura pas au cours d’un premier mandat, et peut-être même d’un second, sans décourager ses militants pour autant.Comme par hasard, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a pris prétexte du 15® anniversaire du 30 octobre 1995 pour relancer l’idée du référendum d’initiative populaire, que Mme Marois avait pourtant écartée de façon catégorique au conseil national de mars 2008, lors d’un affrontement mémorable avec le président du SPQ Libre, Marc Laviolette.Suivant une pratique qui existe dans plusieurs pays, un référendum sur la souveraineté ne serait tenu que si un million de Québécois signaient une pétition à cet effet.«De cette façon, les partis politiques sont déchargés de la question de savoir quand déclencher le référendum: c’est le peuple qui va décider quand, explique M.Cloutier dans un texte publié jeudi sur le site vigile.net.Immanquablement, un suspense se créera autour du baromètre et tout le monde parlera d’indépendance sans même que le PQ ait à faire campagne.» Mieux encore, «en cas d’échec, on ne pourra pas dire que les Québécois ont rejeté l’indépendance, mais simplement qu’ils ne voulaient pas se prononcer sur la question: mauvais “timing” et à la prochaine fois».Au point oû on en esf pourquoi pas?mdavid@ledevoir.corn B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI OCTOBRE 2010 EDITORIAL Parti québécois Critiques inopportunes Il y a 15 ans aujourd’hui, le Québec se rendait aux urnes pour se prononcer sur l’avenir politique du Québec.On connaît le résultat de ce référendum qui, par quelque 20 000 voix de majorité, a maintenu le lien constitutionnel avec le Canada.Sera-t-il possible de tenir un nouveau référendum avant 15 ans?C’ l \ "X.I Bernard Descôteaux est un fédéraliste aux convictions affirmées qui rappelait il y a peu que, quoi que l’on dise ou fasse, la question de la souveraineté du Québec continuerait d’occuper l’espace public.Il proposait alors cette idée étonnante de tenir des référendums périodiques pour encadrer ce débat.Celle-ci a fait long feu, mais le regard lucide porté par l’ancien ministre conservateur Michael Fortier est à retenir.S’illusionnent en effet tous ceux qui croient que la «question nationale» devrait être considérée comme réglée pour pouvoir s’occuper des «vraies affaires».Intrinsèquement, la question du rapport entre le Québec et le Canada demeurera ouverte tant que ne sera pas réglée l’exclusion du Québec de la Constitution de 1982.Elle ne le sera pas tant que la société québécoise n’aura pas le contrôle des outils lui assurant la sécurité culturelle qu’elle recherche.Il y a là «une vraie affaire», quoi qu’en pense un François Legault qui veut créer une coalition politique dont le programme, avant tout économique, évacuerait la question nationale.Ce serait assez incroyable, alors que même les trois partis fédéralistes à Ottawa ont des éléments de leurs pro-T' grammes qui en traitent.C’est même de la Chambre des communes qu’est venue l’avan-j cée la plus importante pour le Québec ces der- ¦ ^ nières années avec cette motion reconnaissant H » que le Québec forme une nation.H\ ^ '-1 Quinze ans après le référendum de 1995, le mouvement souverainiste n’a toutefois pas réussi à recréer les «conditions gagnantes», selon l’expression du premier ministre Lucien Bouchard, pour la tenue d’un nouveau référendum.L’attentisme auquel il est forcé engendre des attitudes diverses.Certains ont ainsi choisi de s’investir dans d’autres causes, quelques-uns ont renoncé, d’autres proposent de se limiter à une boime gouvernance.Puis il y a les volontaristes qui, profitant de ce 15® anniversaire, ont rappelé à leur chef, Pauline Marois, que le parti devait se consacrer en priorité à la réalisation de ce qui est sa raison d’être, la souveraineté.Au pouvoir, comme dans l’opposition, le Parti québécois a toujours eu du mal à accorder à ses chefs la liberté de choisir les stratégies qui leur paraissent les mieux appropriées à la conjoncture du moment.Ils ne peuvent échapper à la surveillance des militants, voire à une mise en tutelle.C’est ainsi qu’il faut voir les critiques dont les Bernard Landry et Jacques Parizeau ont gratifié ces derniers jours Pauline Marois.Les reproches qui lui sont faits de ne pas faire suffisamment ni de la boime façon de pédagogie de la souveraineté sont un air connu.Ils témoignent d’une impatience compréhensible, mais néanmoins nuisible.Il est dans la nature du Parti québécois de parler de souveraineté.Qui d’autre le fera s’il ne le fait pas lui-même?Mais il revient tout de même au chef en place de déterminer comment le faire.Les militants ne doivent pas oublier que repose sur les épaules du chef la réalisation de la première condition gagnante pour un nouveau référendum, soit remporter la prochaine élection.Pour y arriver, celle-ci a surtout besoin qu’on serre les rangs autour d’eUe.Or contester les stratégies qu’elle préconise revient à contester son leadership.C’est de solidarité que ce mouvement a besoin.Prêtres pédophiles Demi-victoire C Marie-Andrée Chouinard omme ailleurs au Canada, il ne suffira peut-être plus à l’Église et à des curés pédophiles de brandir ici le seul argument du délai de prescription périmé pour étouffer au civil une affaire d’agression sexuelle avant même qu’elle ne soit plaidée.Il y a là un potentiel de victoire à souligner.C’est à tout le moins ce que l’on décode dans le jugement rendu hier par la Cour suprême du Canada à propos de l’histoire de Shirley Christensen, cette victime d’agressions sexuelles commises par le prêtre Paul-Henri Lachance, de l’archevêché de Québec, entre 1979 et 1981, alors qu’elle était âgée de 6 à 8 ans.Il faut parler de possible triomphe, en effet, car la Cour suprême retourne aux tribunaux de première instance une poursuite au civil que ceux-ci avaient d’emblée refusée, jugeant que le temps écoulé entre les agressions sexuelles et la requête de la victime dépassait de loin les trois ans de délai prescrit par le Code civil — ce fameux délai de prescription.Le jugement d’hier ouvre la porte à cette poursuite en dommages et intérêts de 250 000 $ intentée en vain par Mme Christensen en 2007 contre le curé Lachance et l’Archevêché de Québec.Pour les victimes de prêtres pédophiles, ce pourrait être le début d’une nouvelle dynamique judiciaire, principalement axée autour du délai de prescription.Ailleurs au Canada, on a accepté un précieux principe, selon lequel dans des histoires d’agressions sexuelles sur des enfants, il est tout à fait plausible que la victime prenne conscience du traumatisme subi une fois adulte seulement, longtemps après les faits allégués.C’est précisément ce qui est arrivé à la victime du curé Lachance en 2006.L’ouverture manifestée hier par le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier constitue également un espoir pour les victimes.Jugeant la «situation préoccupante», il se dit «ouvert» à modifier le Code civil, qui statue sur le délai de prescription.D’autres provinces l’ont fait bien avant le Québec.Ce signe politique est encourageant.Le mutisme de l’Église quant au jugement d’hier est toutefois choquant.La politique du «pas de commentaires» appliquée par l’Archevêché de Québec est navrante, mais symptomatique (J’un désintéressement généralisé.Dans cette cause, n’est-ce pas l’Église qui avait suggéré que la victime devrait plutôt poursuivre ses parents pour n’avoir rien fait alors que c’était encore le temps?Odieux retournement des choses.Il y a depuis quelque temps tout un tumulte international autour des sévices sexuels commis par des prêtres — se tient d’ailleurs cette fin de semaine à Rome un rassemblement de ces victimes, qui souhaitent faire des agressions sexuelles commises contre les enfants un crime contre l’humanité.Le Québec, qui compte malheureusement son lot de victimes agressées et de prêtres agresseurs, ne devrait pas se démarquer avec des règles juridiques qui donnent beau jeu aux agresseurs, prolongeant la souffrance des victimes.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de Pinformation ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de Pinformation PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO CHtr JfAN CHARkT îlMpLf.MicHow WN cmPanT A Li|Ç&?oST-i'rwT>£ CDAnTAU çuR ^oN CoSÎUmE, Tu Uuî DoivMÊS UM PctÎT ÇéTPA ¥ i % « ^olo¦lo A» La droite québécoise: méprisante ou schizoïde?Le rassemblement du Réseau Liberté-Québec de samedi dernier nous interpelle une fois de plus sur les fondements de la droite, et plus particulièrement sur celle du Québec.Il est clair que les grands protagonistes, cachés dans leur tour d’ivoire et protégés par leurs millions ou milliards, ne se prononcent que peu ou jamais, mais tirent toujours les ficelles du jeu sociopolitique à saveur de corruption et de trafic d’influence.On laisse donc les membres de ce réseau s’évertuer devant leurs semblables à prétendre avoir la connaissance infuse et proposer les solutions parfaites à tous les maux sociaux de notre époque.Ces vertueux de l’économie libre de toute intervention gouvernementale ne parlent généralement que de croissance à tout prix et fustigent les méchants «socialistes sjmdi-caleux» avec leurs coûteux programmes sociaux en les blâmant pour le ralentissement de la création de la richesse.On exige l’abolition des impôts corporatifs, alors que la presque totalité de leurs employés est un produit de ces programmes, tels que l’éducation et la santé.On prône encore les politiques d’immigration déficientes qui enrichissent leurs amis affairistes, qui font stagner les salaires depuis plus de 40 ans, causant ainsi le très peu enviable résultat qu’il y LETTRES aura bientôt 50 % des travailleurs au Québec qui ne gagnent pas suffisamment d’argent pour atteindre le premier palier d’imposition.Cela signifie que ces travailleurs actifs et, leurs familles ne peuvent contribuer à l’État, mais fréquentent les hôpitaux et les écoles qui sont déjà en état de faillite.Je leur pose donc la question suivante: cette droite dont vous semblez si fiers, est-elle méprisante à la manière de Jeff Fillion envers les citoyens «attardés» qui croient à une richesse collective, ou est-elle fidèle à la vision de Maxime Bernier, c’est-à-dire complètement débranchée d’une réalité économique qui n’enrichit qu’une élite de nantis en niant de façon alarmante l’existence d’une pauvreté systémique croissante?Marc Beauregard Montréal, le 28 octobre 2010 Au pays de l’abomination Avec sa cour d’injustice suprême, le système fédéral rend de plus en plus anormale la société québécoise qui déjà ne peut comme partout ailleurs assimiler à sa langue et à sa culture Ips gens qu’elle accueille généreusement.État de fait que toute société à travers le monde répudierait comme^ absolument insoutenable, même la petite Ile-du-Prince-Édouard renâclerait avec rétivité.Merci au Bloc québécois de tenter vaillamment de nous rendre moins bêtes.Honte à la ministre de la Culture du Québec qui (à Tout le monde en parlé) se voyait misérablement incapable de s’opposer avec courage et lucidité aux pays extérieurs qui accuseraient le Québec de manquer aux prétendus droits individuels mal fagotés par des juristes aveugles qui autorisent la mutilation d’une société à la faveur de l’intérêt mesquin et mal éclairé d’individus ingrats pour leur société d’accueil et totalement dépourvus de tout sens social ou patriotique.C’est à en pleurer de voir de teUes sottises courir impunément nos rues et être prônées et couronnées par d’horribles fantômes de cour.Sommes-nous dans un royaume où l’Hallo-ween régnerait à cœur de jour et d’année?Raymond Pilote Belœil, le 28 octobre 2010 Bonne nouvelle pour Montréal L’élection du nouveau maire de Toronto représente une sacrée bonne nouvelle pour Montréal! Mister Ford, avec ses gros sabots, va couper allègrement dans la culture et les festivals.On n’aura plus ainsi à subir la concurrence de Toronto, qui devenait de plus en plus la métropole culturelle du pays.Toronto pourra redevenir un gros village, et Montréal reprencjre le prestige et le rayonnement perdus.A condition de ne pas imiter le mauvais exemple, en choisissant pour maire, à notre tour, un populiste inculte.Christian Feitillette Montréal, le 28 octobre 2010 REVUE DE PRESSE Jugements rendus Manon Cornellier La reconnaissance de sa culpabilité par Omar Khadr, ce Canadien détenu à Guantânamo depuis huit ans, a fait jaser.Il y a ceux qui éprouvent bien peu de sjmipathie pour le jeune homme.Il y a les autres qui ne cachent pas leur indignation devant son traitement et un processus qu’ils trouvent injuste.Margaret Wente, du Globe and Mail, semble, avec spn ironie, appartenir à la première école.A ses yeux, Khadr n’est pas une victime, mais un jeune homme chanceux qui a fait face à la justice occidentale et embêté assez l’administration Obama pour qu’elle négocie une entente pour s’en débarrasser au plus vite.Par-dessus tout, dit Wente, Khadr est chanceux d’être né au Canada, où les conditions de détention ne sont pas mal et où beaucoup de gens ont de la sympathie pour lui.Et s’il est encore en vie, c’est parce qu’il a profité de la médecine de pointe des Américains, lui qui a tenté d’en tuer plusieurs en Afghanistan.Wente rappelle que la majorité des Canadiens ne tient pas à le voir revenir au Canada, ce qui explique le refus de bouger du gouvernement Harper depuis le début.Mais ce plaidoyer n’a pas fait qu’éviter à Khadr la prison à vie et permis à l’administration Obama de sauver la face, il est aussi «une faveur que le premier ministre Stephen Harper ne pouvait refuser», dit Wente, qui conclut en souhaitant bon retour à Khadr.«Je te souhaite le meilleur avec ta célébrité, tes ententes de publication et ta réhabilitation.» Dan Gardner, de l’Ottawa Citizen, appartient aux indignés.Selon lui, ce plaidoyer est le résultat de huit années de coercition.Certaines personnes considéreront maintenant Khadr comme un terroriste avoué et diront, en entendant les avocats de Khadr affirmer son innocence, qu’il s’est donc parjuré en plaidant coupable.«En situation normale, je comprendrais», écrit Gardner.Mais Khadr avait 15 ans au moment des faits.Son père l’avait transplanté dans les rangs d’al-Qaïda.«En tant que mineur, Khadr avait droit à un traitement particulier en vertu de conventions internationales que les Américains ont signées, mais n’ont pas honorées.» Khadr, gravement blessé, a été interrogé sans arrêt, traité comme un adulte, torturé.II n’a parlé à un avocat que deux ans après son arrivée à Guantânamo pour ensuite être traduit devant un tribunal aux règles discutables.«Le traitement de Khadr ressemble davantage à la justice qui se rend en Chine ou en Iran qu’à celle en vigueur au Canada ou dans toute autre nation dotée d’un système judiciaire qui se respecte», écrit Gardner.Dans ces conditions, une reconnaissance de culpabilité ressemble à un aveu arraché sous la contrainte, conclut le journaliste.Le Halifax Chronicle-Herald croit aussi qu’«CM plaidant coupable, M.Khadr a peut-être simplement voulu éviter une sentence à vie, protégeant ainsi ses meilleurs intérêts, ce que le processus n’a pas fait».Le Toronto Star parle d’une «parodie de justice».A son avis, Khadr a plié devant le système des commissions militaires que le gouvernement Harper a honteusement approuvé.II aurait pu être traité comme un enfant soldat, être traduit devant un tribunal civil ou être rapatrié au Canada pour y être jugé.On a préféré l’écraser, dit le Star.«Sa reconnaissance de culpabilité évite à Obama l’ignominie de juger un enfant soldat devant un tribunal fantoche, mais il rend le gouvernement Harper complice d’une injustice.Et tout cela enfreint le principe qui veut que justice ne soit pas seulement rendue, mais ait aussi l’apparence de l’être.» Pendant ce temps.Autre grand sujet de conversation au Canada anglais: le résultat des élections municipales à Toronto et dans quelques autres grandes villes.Selon James Travers, du Toronto Star, une constante se dégage de ces scrutins.«La colère du public à l’endroit des politiciens est davantage alimeMée par la désillusion que par l’idéologie.» A Toronto, les citoyens ont préféré Bob Ford, un politicien populiste aux solutions simplistes, à qn ancien ministre provincial expérimenté.A l’inverse, Ottawa a élu Jim Watson, ministre lui aussi du gouvernement McGuin-ty, et puni le maire sortant qui n’a pu appliquer ses solutions simplistes.Selon Travers, bien difficile, dans ces conditions, de tirer des leçons pour les prochaines élections fédérales, mais une chose est sûre, les citoyens sont de plus en plus impitoyables à l’endroit de ceux qui gaspillent les fonds publics et abusent de leur position.La désillusion, dit Travers, a crû avec l’étiolement progressif de la transparence et de la reddition de comptes, un processus amorcé sous Pierre Elliott Trudeau et qui a atteint son apogée sous Harper.«Ce qui a été perdu en chemin est la confiance en un système qui, malgré ses failles, pouvait à une époque agir dans le meilleur intérêt de la plupart des citoyens, la plupart du temps.Dans le vide créé par les mensonges, la fraude et les innombrables promesses brisées est apparu un jugement incisif à l’endroit des partis, qui sont maintenant perçus comme guidés uniquement par leurs propres intérêts et ceux des quelques puissants qui leur murmurent dans les oreilles.» Dans ce contexte, «les électeurs ont toutes les raisons du monde d’être furieux et de s’en prendre au politicien le plus proche», conclut le chroniqueur.mcornellier@ledevoir.corn LE DEVOIR LES SAMEDI SO ET DIMANCHE SI OCTOBRE 2010 B 5 IDBES Élections de mi-mandat Vers une victoire républicaine : 9 FREDERICK GAGNON Directeur de l’Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques et professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal.uatre-cent-trente-cinq courses à la Chambre des représentants, 37 au Sénat, 37 à ^es postes de gouverneurs d’Etat (qui sont l’équivalent de nos premiers ministres provinciaux au Canada), 155 questions référendaires sur des enjeux comme les impôts, l’avortement et la légalisation de la marijuana, plus de 6000 courses à des sjèges dans les législatures d’Etat et des dizaines d’autres à des postes de maires, de juges et de shérifs: voici le menu des élections américaines de mardi.Celles-ci ne retiendront pas autant l’attention des Québécois que l’incroyable duel d’il y a deux ans entre Barack Obama et John McCain, mais leur enjeu n’est pourtant pas moins crucial.En effet, elles permettront probablement aux adversaires d’Obama de lui retirer l’essentiel de sa puissance et influenceroqt à maints égards la relation entre le Canada et les Etats-Unis.Fin du règne démocrate au Congrès?La plupart des sondeurs et experts, dont Nate Silver, Charlie Cook et Stuart Rothenberg, estiment que les répubbcains seront les ^ands vainqueurs de ces élections: on leur prédit non seulement des gains à plusieurs postes de gouverneurs d’Etat (au Tennessee, Kansas, Michigan, etc.), mais aussi une retentissante victoire au Congrès, soit un gain d’une cinquantaine de sièges à la Chambre des représentants et de huit ou neuf sièges au Sénat.Les répubbcains ont ainsi d’excellentes chances de reprendre le contrôle de la Chambre Gis ont besoin de gagner 39 sièges pour ce faire).Reste à savoir s’ils seront également en mesure d’élire une majorité au Sénat (ils ont besoin de gagner dix sièges).Tea Party Jusqu’ici, le Tea Party a peut-être permis d’ab-menter la frustration des électeurs à l’égard d’Obama, mais b constitue aussi im couteau à deux tranchants pour les répubbcains.En effet, plusieurs «chouchous» du Tea Party ayant remporté des primaires répubbcames et briguant des sièges au Sénat mardi sont si conservateurs qu’üs font fuir les électeurs indépendants et modérés, au grand bonheur des démocrates.On sait déjà, par exemple, que Christine O’Don-neU (qib s’oppose à l’avortemenf au mariage gai et à la masturbation) coûtera probablement un siège aux répubbcams au Delaware, où ü aurait pourtant été possible pour Mike CasÜe, im répubbcain modéré, de battre le démocrate Cluis Coons.Une situation semblable risque de se produire au Nevada, où le leader de la majorité démocrate au SénaL Harry Reid, sauvera peut-être sa peau grâce à la nomination répubbcame de Sharron Angle, une autre «tea par-tier» qib effraie plusieurs indépendants et modérés.Projets en veilleuse Le retour en force des répubbcabis au Congrès semble toutefois inévitable et placerait Obama dans une situation semblable à cebe vécue par Bib Clbiton après les élections de 1994.Cbnton avait alors dû faire plusieurs concessions aux répubbcabis et accepter de développer le bopcber antimis-süe, de réformer le département d’Etat et de renforcer l’embargo sur Cuba.Vu la rancoeur entre les partis et l’atmosphère délétère suscitée par le discours de certabis «tea partiers», on peut s’attendre à ce qu’Obama doive, dès la reprise des travaux parlementâmes en janvier prochabi, renoncer à la plupart de ses grands projets, dont ceux sur l’immigration, l’énergie et l’environnement.Les répubbcabis aimont du mal à abroger la réforme de l’assurance maladie d’Obama: le président pourrait effectivement exercer son droit de veto poim empêcher l’adoption de lois abant dans ce sens, veto que les répubbcabis ne seraient pas assez nombreux pour renverser.Cela dit, le Congrès détient les cordons de la bourse et les ré- ?pubbcabis, qui ne cachent pas leur inquiétude à propos du déficit fédéral, poimraient tenter de réduire les fonds visant à financer certains programmes prévus dans le cadre de l’Obamacare.2010, le Canada et le Québec Les élections de mardi auront aussi d’importantes conséquences pour le Canada et le Québec.Comme l’explique Colin Robertson, ancien ministre du secrétariat de la Représentation à l’ambassade du Canada à Washington, le meilleur moyen dont les gouvernements fédéral et provinciaux disposent pour promouvofr leurs intérêts à Washbigton est de développer un réseau d’albés parmi les représentants, sénateurs et gouverneurs élus à proximité de la frontière, qui démontrent un bitérêt à l’égard du Canada ou qui partagent la vision d’Ottawa ou de Québec sur les enjeux des relations canado-américabies.A ce titre, le scrutin de mardi nécessitera un réexamen d,e l’état des forces pobtiques un peu partout aux Etats-Unis, pour identifier ceux et celles qui, parmi les dizabies de nouveaux élus, pourraient représenter des abiés (ou non).Dans le cas du Québec, b s’agba, par pxemple, de vofr si les nouveaux gouverneurs de l’Etat de New York (possiblement le démocrate Andrew Cuomo), du Vermont (difficbe de savofr qui gagnera entre le ILLUSTRATION TIFFET républicain Brian Dubie et le démocrate Peter Shumbn), du Mabie Ge «tea par tier» Paul LePage?) et du Massachusetts (le démocrate Deval Patrick perdra-t-b son siège?) pourraient jobidre leurs vok à la nôtre pour biciter Washbigton à reconnaître (un jour!) l’hydroélectricité comme ime source d’énergie verte et à poursibvre le projet d’im trabi à «grande vitesse» entre Montréal, Boston et New York.De manière plus générale, le retour des répubbcabis au Congrès pourrait engepdrer de nouvebes frictions entre le Canada et les Etats-Unis sur la sécurité à la frontière.Mais b signifiera aussi que des partisans du bbre-échange, comme David Dreier (Cabfornie) et David Camp (Michigan), remplaceront des législatems plus protectionnistes, comme Loibse Slaughter G’Jew York) et Sander Levbi (Michigan), à la tête des commissions permanentes de la Chambre, ce qui rédufra, en principe, la tendance du Congrès à envisager l’adoption de me-smes comme la fameuse clause «Buy American» votée l’an dernier sous la férule démocrate.Ces élections sont abisi d’une grande bnportance pom nous; raison de plus, peut-être, pom regarder le «spectacle» électoral que nous proposeront divers réseaux de télé, avec leurs cartes électorales biter-actives et leurs analystes en version holographique qui ne sont pas sans rappeler les mebleurs fibns de science-fiction.Octobre 70, encore plus A l’occasion du 40® anniversafre de la Crise d’octobre, le rappel des événements a nourri les débats, suscité la controverse.Dans ces pages, plusieurs auteurs, des témobis aussi, ont rappelé des faits, partagé leur analyse.Ces textes ont provoqué nombre de réactions, signe d’un bitérêt certabi chez nos lecteurs.L’espace papier nous manque pour pubber les récits passionnants que certabis continuent de nous achembier au sujet d’Octobre 70.Qu’à cela ne tienne, notre site Internet (www.ledevoir.com) nous permet de les héberger et de vous les offrfr.Trois textes s’ajoutent donc aux précédents.D’abord, im retour en arrière si^é Guy Lachapebe, professeur de science politique à l’Université Concordia.«Quand les idées font trembler le pouvoir politique», titre M.Lachapebe, prélude à im texte qib raconte Octobre 70 en rappelant le rôle du Devoir, et plus particubèrement de son cbrecteur de l’époque, Claude Ryan, dans le récit des laits.«Au cours de la Crise d’octobre 70, le pouvoir politique a voulu freiner les élans de la démocratie québécoise en tentant de faire taire tous ceux et celles — artistes, écrivains, militants, journalistes — qui osaient parler de liberté pour la nation québécoise», écrit l’auteur.Puis, un des éditoriabstes du Devoir de l’époque, Jean-Claude Leclerc, aujoiu-d’hui chroniqueur chez nous, raconte les dessous d’Octobre 70 en mode jomnabstique dans im texte bititulé «Larmée sera la vraie gardienne de l’unité nationale».«Comment les autorités politiques en étaient-elles venues à confier un tel pouvoir aux militaires?A Ottawa, les ministres étaient divisés.Les uns font confiance à la police et veulent la laisser faire son travail.La GRC semble toutefois incapable de discerner l’ampleur du problème.Larmée, par contre, impressionne par la précision des renseignements qu’elle fournit D’autres ministres sont donc sensibles à sa thèse voulant qu’une révolution soit en marche qui menace l’ensemble du pays.La GRC n’est pas d’accord avec un recours aux mesures de guerre.Larmée, au contraire, propose d’en faire une démonstration de force», écrit M.Leclerc.Enfin, un dernier texte, mais non le mobidre, signé Jean Royer, ex-dfrecteiu- des pages culturebes du Devoir.Dans L’Octobre des poètes, M.Royer retrace la poésie de résistance laissée en héritage par Octobre 70.Les Pierre Perrault, Gérald Godin, Gaston Mfron, Michel Garneau et autres auteurs phares de la bttérature québécoise expriment leur vision de cet épisode, tantôt déchfrure, tantôt colère, tantôt fronie et mélancobe.Bonne lecture! ^ Marie-Andrée Chouinard Éditorialiste et responsable de la page Idées Sujet à haute tension mm (¦^ ri Denise Bombardier «L e mieux est l’ennemi du bien», a écrit Voltaire.Cette citation ne s’appbque-t-ebe pas à la ministre Lbie Beauchamp, qui, cette semabie, s’est déclarée prête à «bousculer les écoles privées et les écoles publiques sélectives pour qu’elles intègrent davantage d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’çpprentissage»?Par ses bitentions, la ministre de l’Education se fera des amis parmi les mbitants, la CSN au premier chef, qib se battent contre l’école privée depuis des décennies en appelant de leurs vœux l’abobtion des subventions à ces dernières.C’est une autre passerelle, pourrait-on dire, qu’utbise la ministre pour en arriver à mettre en pérb le système privé actuel, car on bnagbie bien qu’en ces temps de restriction budgétafre on ne pourra fournfr au privé les budgets énormes que nécessite pareb vfrage.L’bitégration de ces élèves (à la Commission sco-lafre de Montréal, 27 % des élèves sont en dbficibté) dans les classes régubères avait été jugée bbiumai-ne pour les enseigpants par Michebe Courchesne, l’ex-mbiistre de l’Education, qui s’biterrogeait sérieusement sur cette pobtique d’bitégration et qib la-vorisait plutôt les classes spéciabsées, qui sont la hantise de nombreux parents d’enfants ciblés en dbficibté ou attebits de pathologies plus graves.Ce sujet est débeat, difficbe à aborder sans provoquer des réactions passionnebes et sans blesser des gens.La crainte des parents est de découvrfr que leur enfant n’est pas «normal».Et ce mot doit être mis entre gi^emets, car la normabté est un concept revu et corrigé par la rectitude pobtique.On parle désormais d’enfants «dbférents».De nombreux parents d’enfants dbférents, donc, acceptent douloureusement la réabté qui les touche et l’on assiste depuis des années à des batables épiques devant les tribunaux obbgeant les commissions scolaires à bité-grer par des jugements de cour, des enfants lourdement handicapés bitebectuebement ou psychologiquement dans des classes régubères.Quand l’enseignant doit fafre sortir tous les élèves de sa classe afin qu’un petif attebit du sjm-drome de Gbles de la Tourette, puisse retrouver son calme, on imagine le fardeau posé sur les épaules de l’enseignant de cette classe et les perturbations chez les écobers.Hélas, l’exemple n’est pas fictif et les enseignants peuvent apporter plusieurs témoignages du même ordre.De plus, nous n’avons pas les moyens de nos pobtiques vertueuses.Et nous bnposons aux enseignants une tâche qui ne relève pas d’eux.Ces derniers ne sont guère formés pour jouer au psychiatre ou au psychopédagogue.Déjà, trop de parents leur demandent d’élever leurs enfants à leur place et les traitent en adversafres, ne leur accordant ni respect ni confiance.La pobtique d’bitégra-tion forcée dans les classes normales peut produire l’effet contrafre, à savofr désbitégrer la classe, margbiabser davantage ceux que l’on souhaite bi-tégrer et les exposer au jugement du groupe dont on connaît la cruauté parfois.La volonté de la ministre d’frnposer des élèves en dbficulté dans les écoles privées et dans les écoles pubbques réservées aux enfants doués relance deux débats parabèles.Celui de l’existence même du système privé subventionné et des écoles pubbques réservées aux mebleurs élèves et celui sur le financement pubbe de nos pobtiques d’intégration alors que l’on sait qu’b manque 700 millions de dollars.Avec l’augmentation annuebe du nombre d’enfants à problèmes, comment allons-nous arriver à injecter de, nouvebes sommes compte tenu des finances de l’Etat?Irnagine-t-on, par ableurs, l’arrivée d’enlànts en difficulté d’apprentissage dans des classes d’enlànts forts en thème, des enfants performants, compétitbs, toutes ces caractéristiques irritantes pour les égabta-ristes qui laissent croire que seule la progéniture de Québec inc.et des ébtes diverses est biscrite au privé?Par le biais de la pobtique d’intégration des enfants en dbjiculté, c’est la première fois qu’un ministre de l’Education affronte le secteur privé.Le débat vient donc de prendre une voie singubère qui pourrait transformer la phbosophie même des écoles privées subventionnées.La position de la ntinistre sur la question de l’intégration rompt également avec cebe de sa prédécesseure.La ministre peut-ebe expbquer comment un entant handicapé bitebectuebement ou bicapable d’apprendre au même rjHtoe que ses camarades peut làfre des progrès scolafres dans une classe d’enfants pouvant suivre normalement le programme?Imagi-ne-t-on un enfant hyperactif ayant du mal à se concentrer dans une classe où b est margbiabsé, entouré de petits abumés qui en redemandent à leur prof?Et à vrai dfre, peut-on nier les différences d’bi-tebigence, de talent pour apprendre, de curiosité bi-tebectuebe pour satislàfre les vertus d’un égabtaris-me blusofre?Respecter les enfants en difficulté et les aider, ne serait-ce pas les protéger des comparaisons cruebes?Les classes spéciales et les écoles spéciales où s’activent des enseignants aussi spécia-bsés ne demeurent-ebes pas le beu le plus lavorable à leur épanouissement pédagogique?Enfin, la vision de la ntinistre est aussi révélatrice d’un refus d’admettre que les enfants qui réussissent en classe ont aussi besobi d’être protégés.11 faut d’abord concevofr l’école pour la majorité, aussi brutale que soit cette assertion.denbombardier@videotron.ea L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair Cirmo (general), Jeanne Cornveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel David (chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants 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d’œuvres à vocation scientifique.Notre série mensuelle en fait la démonstration.La défense des travailleurs et des citoyens Des articles du Devoir ont inspiré la création de la CSST En rapportant et en dénonçant les dangers que couraient certains travailleurs dans leur entreprise, Le Devoir^ sous la plume de son journaliste scientifique Gilles Provost, a inspiré, voire favorisé la création de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), une institution québécoise aujourd’hui appréciée.PAULINE GRAVEL Aujourd’hui à la retraite, Tex-journa-liste du Devoir, Gilles Provost, qui a poursuivi sa carrière à rémission télévisée Découverte de Radio-Canada jusqu’en 2009, se souvient que Claude Ryan l’avait avant tout embauché en 1969 pour couvrir la science, entre autres choses.Toutefois, «pour le pupitre, la science n'était pas prioritaire.Il arrivait fréquemment que mes articles soient gardés sur la glace pendant deux ou trois semaines, à mon grand désespoir, jusqu'à ce qu'il y ait un trou.Le trou survenait souvent le dimanche parce que ce jour-là, il n'y avait pas grand-monde au bureau.C'est dans ces circonstances que certains de mes textes scientifiques se retrouvaient à la une le lundi matin.Ces nouvelles qui faisaient les manchettes étaient ensuite reprises par les autres médias», raconte-t-il.«Ma conception du journalisme scientifique, ce n'était pas un domaine mais davantage une approche», souligne-t-il, tout en se rappelant qu’il dénichait de gros rapports d’étude qui dormaient sur les tablettes et en faisait des nouvelles, «même si ces documents dataient de trois ans, car personne n'avait pris conscience du problème qu'ils mettaient en lumière».Ces rapports traitaient souvent de questions liées à la santé au travail, à l’hygiène industrielle et à l’environnement, des sujets qui paraissaient trop techniques pour les journalistes généralistes.C’est ainsi que Gilles Provost s’est penché sur les dossiers de l’amiantose, des intoxications au plomb dans les usines de recyclage de batteries, des biphé-nyles polychlorés (BPC), de l’accident nucléaire de Three Mile Island, de la construction des centrales Gentilly I et II et du barrage de la Baie-James.«Je suis ainsi devenu spécialiste en catastrophes», lance-t-il à la blague.La Baie-James «fai été le premier journaliste à aller sur le territoire de la Baie-James, jusquedà fermé à tous, sauf au personnel d'Hydro-Québec qui contrôlait tous les accès.J'avais fait une série d'articles à partir des témoignages d'employés qui revenaient du chantier et qui dénonçaient l'absence de préoccupations pour l'environnement.Alors, la direction d'Hydro-Québec m'a em- lOOcins de regards sur rinformation mené en hélicoptère pour voir le chantier», relate Gilles Provost, qui a aussi écrit abondamment sur l’intoxication des Amérindiens de la Baie-James par le mercure.«Le remplissage des grands réservoirs avait libéré dans l'eau de grandes quantités de mercure, présent dans le sol, qui contaminait alors les poissons consommés par les Indiens de la région.Le surplus de mercure dans l'alimentation attaque le cerveau», explique-t-il.Gilles Provost rapporte aussi le cas de la Canadian Copper Refinery qui utilisait des techniques d’électrolyse pour purifier les lingots de cuivre arrivant de Rouyn-Noran-da.«Il y avait eu deux morts parce que l'entreprise n'avait pas pris les précautions les plus élémentaires», précise-t-il.Si la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSSJJ a vu le jour en 1980 et si nous avons aujourd’hui au Québec des lois à ce sujet, c’est en grande partie grâce au Devoir et aux dossiers qu’a préparés Gilles Provost, affirme Claude Mainville, qui à l’époque était directeur du service industriel de la CSN, fer de lance à l’origine de commissions d’enquête sur l’amiante.Les courants ouvriers «Gilles Provost fut le porte-parole de plusieurs courants ouvriers; il présentait le point de vue de ces travailleurs sans nécessairement l'adopter.Ses articles ont eu un grand impact sur le mouvement ouvrier.Je faisais des enquêtes dans le milieu du travail, à la demande des ouvriers.On espérait que le résultat de ces enquêtes soit diffusé dans les médias car il s'agissait du meilleur véhicule pour que ces drames soient connus», rappelle M.Mainville, aujourd’hui vice-président du groupe NAK, un bureau d’experts en qualité de l’air intérieur.Il cite en exemple l’enquête du coroner portant sur une explosion suspecte dans une usine de Valleyfield, qui avait entraîné la mort de quatre ouvriers.Le propriétaire, l’ingénieur Gerald Bull, avait décidé d’investir le financement qu’il recevait de différentes sources politiques dans la fabrication de poudres propulsives pour téléguider des missiles à travers un canon.«Gilles Provost était venu couvrir l'enquête du coroner au cours de laquelle nous avions découvert qu'on y fabriquait en cachette des poudres extrêmement instables et que les ouvriers n'avaient pas été aver- il m Tl JACQUES GRENIER ARCHIVES LE DEVOIR Gilles Provost dénichait des rapports d’étude traitant de questions liées à la santé au travail, à l’hygiène industrielle et à l’environnement, qui dormaient sur les tablettes, et en faisait des nouvelles, cela, «même si ces documents dataient de trois ans, car personne n’avait pris conscience du problème qu’ils mettaient en lumière».LEDl VOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’ex-joiu*naliste du Devoir Gilles Provost, aujourd’hui retraité, s’est notamment penché sur les dossiers de l’amiantose, des intoxications au plomb dans les usines de recyclage de batteries, des biphénjdes polychlorés, de l’accident nuclémre de Three Mile Island, de la construction des centrales Gentilly I et II et du barrage de la Baie-James.tis du danger qu'ils couraient et des mesures plus strictes qu'ils auraient dû prendre, comme ne jamais porter leurs clés sur eux car elles pouvaient créer des chocs électrostatiques.Les employés, sans formation, ne savaient pas qu'il fallait quitter les lieux en courant et ne pas tenter d'éteindre le feu comme ils l'ont fait», raconte M.Mainville.La CSST prévient aujourd’hui plusieurs de ces catastrophes.Le dossier de la MIUF Durant la crise du pétrole, les ménages québécois sont nombreux à profiter des subventions que le gouvernement fédéral accorde à ceux qui isolent leur maison avec de tout nouveaux produits.La famille de notre collègue LE DE va jdu20€3nuliidl^^ eUfûtimangt^iMi S44-1*24 (Voî.LXXII —No236 Faible neige s'intensitiant en après-midi.Maximum -1 (dètaM en piégé 12) Montréal, mardi 1S décembre 1961 (Haulerlve.Saie-Comeau.SepMie^èOcenta) 35 CENTS Selon le directeur du Centre de toxicologie du Québec La MIUF neutralise les défenses immunitaires parQillM Provocl OTTAWA — «La mousse Isolante J'urêe-formol (MIUF) est un produit Maucoup plus dangereux qu'on ne Va cru usqua maintenant: les dossiers médicaux que j'ai rassemblés à Québec me wrmettenl déjà de conclure qu’elle pro-coque chez certaines personnes une grave lépression de tout le système immuni-airc.Cela les laisse sans défense devant es infections, comme les vieillards en Bha-sc terminale ou les victimes de cancer {u'on traite à la chimiothérapie».Voilà le témoignage
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