Le devoir, 6 novembre 2010, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 CD Le Québec V en /innc se construit à du temps, la culture se retrouve peu a peu au cœur meme de la mission du Devoir LE DEVOIIL , % de chansons 100 ans Une fenêtre ouverte À ses origines, Le Devoir se structure autour d’un combat de tous les instants pour la défense du droit des francophones d’Amérique à vivre une existence politique et culturelle pleine et entière.Cette lutte, conduite au nom d’un enracinement historique et religieux, mène bien sûr le journal, par la force des choses, à consacrer une part de son attention à l’univers culturel.Ce qui ne constituait au départ que de vagues «notes artistiques» occupe, un siècle plus tard, une part substantielle du journal lancé le lundi 10 janvier 1910 par Henri Bourassa.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Les Canadiens français méritent mieux que de simplement survivre, estime à raison Henri Bourassa.Dans cette perspective, le journal consacre bientôt au moins un œil à diverses manifestations culturelles — théâtre, cinéma, littérature, musique — mais presque toujours ayec une certaine méfiance, qui s’inspire de celle manifestée par l’Église.Ainsi, Le Devoir en voudra-t-il longtemps à l’industrie du cinéma de corrompre la jeunesse.avant que les équipes qui lui succèdent n’admettent qu’il s’agit là d’un formidable média aux possibilités grandioses.Dès ses débuts, malgré ses réserves morales.Le Devoir devient tout de même un important éditeur de livres.Il offre aussi à ses lecteurs, par l’entremise de sa librairie ou par son agence de voyages, des possibilités de s’ouvrir à certaines facettes du monde.Au fil du temps, la culture se retrouve ainsi peu à peu au cœur même de la mission du Devoir.C’est à compter des années 1940 surtout, à l’initiative de Roger Duhamel, que paraissent sur une base régulière des critiques littéraires et théâtrales.La place accordée à la culture ne reculera plus, sous l’impulsion donnée notamment par la présence au journal de personnalités comme André Laurendeau.A titre de rédacteur en chef et tout au long des années 1950, Laurendeau se montre très sensible à la littérature et à la musique.Une nouvelle génération de critiques fait à cette époque son apparition dans les pages du journal.Mais c’est l’effervescence des années 1960 qui bouscule le plus les habitudes de ce journal quotidien.Aux formes plus classiques de la culture s’ajoute désormais le caractère débridé d’une nouvelle scène qu’illustrent, par exemple, les phénomènes de VOstidcho ou du théâtre expérimental.Nous sommes de plus à l’ère d’une littérature et d’un cinéma nouveaux.Tout bouge plus vite, pour un temps.Le Devoir ne précède pas ces mouvements mais les accompagne.Il change donc forcément lui-même à mesure que les acteurs de la scène culturelle se transforment.D’une époque où il se dressait au nom de la moralité contre certaines manifestations culturelles, voici donc Le Devoir, moins d’un siècle plus tard, qui s’intéresse de près à des formes nouvelles proposées par certaines avant-gardes! C’est sous la direction de Jean Basile que paraît un premier cahier «Culture», le 3 septembre 1966.Romancier, dramaturge, animateur de mouvements alternatifs, Basile illustre bien, à lui seul, toute l’énergie qui se canalise alors dans la scène culturelle.Cette énergie énorme consentie par le journal à l’univers culturel lui assure, encore aujourd’hui, de tenir une des toutes premières places dans ses pages.Le cahier spécial que vous tenez entre les mains présente, dans le cadre des fêtes du centenaire du journal, un vaste panorama de cette étonnante évolution de divers secteurs culturels.Si vous remarquez que nous avons fait l’impasse sur l’univers de la chanson dans ce cahier, bien qu’elle ait été sans conteste un champ majeur de l’expérience culturelle québécoise au cours du siècle passé, ce n’est pas un oubli.Bien au contraire.Sylvain Cormier publiera dans deux semaines, en marge d’une grande soirée du Devoir toute tissée de chansons et présentée le 25 novembre au Métropolis à guichets fermés, un long texte consacré à cette question.Pendant tout un siècle.Le Devoir a représenté, pour nombre de lecteurs, une fenêtre unique sur la culture.Cette fenêtre vous est ouverte, plus grand ouverte que jamais.de regards sur rinformation Cette énergie énorme consentie par le journal à l’univers culturel lui assure, encore aujourd’hui, de tenir une des toutes premières places dans ses pages Le Devoir SOURCES TELE QUEBEC JACQUES GRENIER ET PEDRO RUIZ G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 CULTURE 1903 Bibliothèque municipale de Moutréal 1912 Art Associatiou de Moutréal 1913 Théâtre Impérial 1915 Bibliothèque de Saiut-Sulpice de Moutréal 1930 Oratoire Saiut-Joseph 1931 Palais Moutcalm 1933 Musée du Québec 1963 Place des Arts 1964 Musée d’art coutemporaiu 1966 Grand Théâtre de Québec 1967 Expo 67 1982 Musée des beaux-arts de Sherbrooke 1985 Québec, viUe du Patrimoiue moudial 1988 Musée des beaux-arts du Canada.Mnsée de la civilisation 1989 Centre canadien d’architecture 1991 Nouveau Musée des beaux-arts de Moutréal.Théâtre d’Aujourd’hui 1992 Poiute-à-Callière 1992 Biodôme 1999 ExCeutris 2005 Bibliothèque uatiouale du Québec 2010 Place des festivals r a II ¦ -h.iàxT ARCHIVES LE DEVOIR Le Grand Hall du Musée des beaux-arts du Québec a été annexé en 1991 à Tédifice original de 1933, dessiné par le Québécois Wilfrid Lacroix.Du Ouimetoscope aux musées L’architecture comme métaphore culturelle Un siècle de constructions au service de la projection identitaire Des cinémas, des salles des spectacles en tous genres, des bibliothèques (et même une très grande), plusieurs musées: les édifices culturels accumulés au XX® siècle, jusqu’à nos jours, proposent une façon bien spécifique d’extérioriser le Québec.STÉPHANE BAILLARGEON Quand naît Le Devoir, il y a tout juste cent ans, le Québec compte déjà plusieurs lieux culturels majeius.Le Musée des beaux-arts de Montréal, la salle Pollack, le Monument-National, plusieurs autres théâtres et, bien sûr, le tout récent Ouimetoscope, consacré au cinéma.Léo-Ernest Ouimet inaugure en fait, coup sur coup, deux salles consacrées à cet art très moderne de l’image en mouvement.Le premier Ouimetoscope voit le jour en 1906 rue Sainte-Catherine.Comme Le Nationalscope, un féroce concurrent, s’est installé juste en face, l’entrepreneur culturel rase son cinéma et le vieil hôtel Klondike adjacent pour en ériger un autre, immense, comptant 1200 places, un palace à l’architecture vaguement rococo, où abondent la porcelaine et la dorure.11 s’agit de la première grande salle de cinéma luxueuse en Amérique.La soirée inaugurale se déroule au son de la musique tzigane, «le comble du modernisme en matière musicale pour l’époque», explique le site Le bilan du siècle, de l’Université de Sherbrooke.Les grands palaces cinématographiques et théâtraux vont ensuite pousser comme des tulipes de mai.Le Théâtre impérial apparaît en 1913, rue de Bleury, selon les plans d’Albert E.Westlover, de Philadelphie, qui travaille pour la firme new-yorkaise Keith-Albee Vaudeville.11 y est toujours.Sa programmation, comme celle des concurrents, alterne les spectacles burlesques et les projections de films muets.Un fil rouge mène de ces lieux pionniers jusqu’au récent complexe Ex-Centris, le «Langloiscope» du mécène Daniel Langlois, lui aussi consacré au cinéma et aux arts de la scène.Une idée en 3D «L’univers du cinéma est un peu particulier parce qu’il se joue à l’intérieur», observe Lucie K.MorisseL spécialiste du patrimoine et professeu-re à rUQAM.«Contrairement aux musées, par exemple, les salles cinématographiques cherchent rarement à s’imposer comme monument dans le paysage construit.Ce qui compte, c’est le décor, le tape-à-l’œil et surtout ce qui s’y passe.» Elle revient alors sur cette idée de l’architecture comme métaphore de la culture chère à Claude Bergeron, de l’Université Laval.Pour ce spécialiste de la production québécoise des XIX® et XX® siècles, le bâti devient une manière de s’extérioriser, de projeter une identité.Comme Victor Hugo, il pense qu’un immeuble, une cathédrale par exemple, c’est d’abord une idée, du sens et de l’ordre aussi, du moins dans les rapports au monde d’une culture donnée.«Une idée est née très tôt ici, au XX‘ siècle et même à la fin du XIX" siècle au Monument-National, celle d’utiliser l’architecture publique et l’architecture culturelle pour affirmer le Canada français et la destinée francophone en Amérique dans le paysage construit, poursuit la professeure Morisset.Cette volonté a entraîné une multiplication des monuments, une recherche particulière et une originalité intéressante.» Encore faut-il avoir des moyens à la hauteur de cette ambition, du concret pour donner corps à cette projection métaphorique de soi.La première association professionnelle d’architectes québécois n’apparaît qu’à la toute fin du 100 ans de regards sur l’information S P i i II n f N t r SYLVIE TREPAN 1ER Le bassin de l’espanade de la Place des Arts accueille des œuvres, ici Alvéoles, de l’artiste Marc Delude.En arrière-plan, la salle Wilfrid-Pelletier.XIX® siècle.La réalisation du Capitole de Québec (inauguré en 1903) en témoigne.La conception de l’édifice opulent revient à l’architecte américain Walter S.Painter, qui s’y connaît dans ce créneau très spécialisé, mais qui possède aussi une formation en beaux-arts de Paris pour plaire encore davantage au donneur du contrat.Le Musée du Québec (1933) sera dessiné par le Québécois Wilfrid Lacroix, en travaillant aussi dans le style beaux-arts.«On est parti de cette importation de l’experti- se jusqu’à la production autonome, explique la professeure liée à la Chaire du Canada en patrimoine urbain.Le bâti résidentiel québécois est constitué de petites maisons.Il n’y a pas de grands alignements monumentaux comme à Paris, ici.Au fil du XX‘ siècle, le paysage bâti du Québec a donc surtout été marqué par les équipement muséaux et théâtraux.A la longue, ce sera une façon d’affirmer la laïcité de la culture francophone.» Une nouvelle vague importante se manifeste iV- y Votre rigueur, votre exactitude, votre originalité et votre responsabilité à l'égard du public, sont essentiels pour construire un monde plus démocratique.Longue vie ! 100 ans à défendre la démocratie, la pensée libre et notre culture.Bravo et encore ! ^ Desjardins IBS! Caisse d'économie solidaire www.caissesolidaire.coop caissede laculture LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 G 3 100 ANS DU DEVOIR après la Révolution tranquille, avec la construction de la Place des Arts à Montréal et du Grand Théâtre à Québec.L’explosion culturelle des arts de la scène et des arts visuels va ensuite stimuler l’érection d’une panoplie de constructions en tous genres partout sur le territoire.Qu’on en juge: dans les deux dernières décennies du dernier siècle, tous les théâtres de Montréal et de la Vieille Capitale seront rénovés op construits, les trois grands musées d’Etat et le Musée des beaux-arts de Montréal auront aussi droit à de nouveaux espaces, tout comme le Musée d’histoire et d’archéologie de Montréal, réalisé par Dan Han-ganu et le Centre canadien d’architecture, signé par Peter Rose et la fondatrice Phyllis Lambert.La professeure Morisset souligne aussi que, «dans la lignée “vecteur d’affirmation canadienne-française”, le projet qui a donné lieu au Musée de la civilisation, à Québec, a un bon moment été débattu au titre du Musée de l’homme d’ici.C’est dire.» Le contrat a hnalement été accordé à Moshe Safdie, formé à l’Université McGill, qui a su travailler dans la veine de l’architecture contextualiste.Qn lui doit aussi le Musée des beaux-arts du Canada.L’identité, comme sa métaphore, compose une matière très complexe en ce pays.Le spectade de l’architecture «Les contrats des dernières décennies ont permis à des architectes d’ici d’émerger, de se forger un style et en même temps de participer à l’affirmation de la culture nationale, particulièrement dans le cas du théâtre», observe alors l’architecte Jacques Plante, professeur d’architecture à l’Université Laval.Lui-même a signé ou cosigné la conception de La Tohu à Montréal, du Palais Montcalm et de La Caserne à Québec, trois productions-phares de l’architecture mode in Québec.11 planche maintenant sur le nouveau projet Diamant, du metteur en scène Robert Lepage.11 termine un livre sur les édifices culturels au Québec depuis 1985, L’Architecture du spectacle, attendu en avril aux Publications du Québec.«Le Théâtre d’Aujourd’hui et le Théâtre du Rideau Vert ont lancé le mouvement des rénovations, explique encore l’architecte-professeur.La firme Saucier + Perrotte a obtenu ces contrats, puis celui de l’Usine C, de la troupe Carbone 14, pour finalement établir sa réputation.C’est un bel exemple de la relation étroite entre deux disciplines artistiques, qui a fini par distinguer le Québec en Amérique du Nord.Il y a une recherche d’identité dans ces projets.» Et ça marche.Très bien, même.Le professeur Laplante rappelle que les projets québécois hgu-rent parmi les plus souvent primés à l’échelle canadienne, notamment par les Médailles du gouverneur général.«Pourtant, ce sont souvent de petits projet de deux, trois ou quatre millions, poursuit-il.La récompense est accordée â l’authenticité, â l’originalité, aux qualités des créations.» Les concours mis en place par le gouvernement du Québec aident aussi à stimuler le milieu.Le Centre de design de l’Université du Québec à Montréal a consacré une exposition à une centaine de ces projets culturels développés pour des concours de toutes sortes (centre d’interprétation, bibliothèques, musées, etc.) par les firmes québécoises entre 1991 et 2006.Certains bureaux se démarquent, doqit Croft-Pelletier, Big City, Pierre Thibeault, Eric Gau- Les projets québécois figurent parmi les plus souvent primés à l’échelle canadienne thier (EABG), Mario Saia, Saucier-Perrotte et Jacques Plante, évidemment.Ce dernier s’est classé septième au concours international lancé pour l’agrandissement du Musée national des beaux-arts de Québec, finalement remporté par QMA de Rotterdam, qui travaillera avec Roy Pro-vencher, de Montréal, un autre fleuron de l’architecture québécoise.«Quand on lance un concours international, ce n’est pas pour choisir une vedette locale, dit-il, serein.C’est normal et ça fait du bien.En plus, un étranger peut plus facilement réveiller les endormis du patrimoine.On est encore frileux au Québec, peut-être â cause de la désastreuse aventure des Jeux olympiques â Montréal.» Il aimerait que la même audace se transporte sur le site du Manège militaire à Québec, qui a brûlé il y a quelques années.Il n’y compte pas trop cependant, puisque le fédéral n’a pas l’habitude des concours.Il souhaiterait aussi plus d’argent pour financer les projets publics provenant de tous les ordres de gouvernement.«On fait des miracles avec trois fois rien, en architecture comme dans les autres arts, dit finalement Jacques Plante.On réalise des films avec des budgets de famine.On monte des pièces avec des ficelles.C’est notre paradoxe: on se distingue malgré le manque de moyens en étant plus créatifs.Cet état de mendicité stimule l’imagination.On dit du Palais Montcalm qu’il est une des cinq meilleures salles de musique au monde.Mettons, des 25 meilleures, ce n’est pas si mal.En tout cas, elle n’a coûté que 23 millions et elle sonne mieux que celle du Walt Disney Center, qui a coûté dix fois plus cher.» Le Devoir VILLE DE MONTREAL La Tohu à Montréal fait partie, avec le Palais Montcalm et La Caserne à Québec, des trois productions-phares de l’architecte Jacques Plante.GENEVIEVE JOST DU 6 AU 20 ^ NOVEMBRE Galerie Yvlentin 1490 SHERBROOKE O., MONTREAL (514)939-0500 www.galerievalentin.com Alain-Marie TREMBLAY céramiste le Centre de céramique Bonsecours présentera du 11 novembre au 17 décembre 2010 des oeuvres choisies témoignant isï des étapes de la carrière de Alain-Marie Tremblay.Lancement du livre publié chez Marcel Broquet La nouvelle édition et vernissage de l’eiqiosition le jeudi 11 novembre 2010 de IThOO à 19h00.Centre de céramique Bonsecours 444, Saint-Gabriel, Vieux Montréal 514866 6581 Nous remercions le Conseil des Arts de Montréal et la SODEC pour leur tçpul.PALAIS MONTCALM Le Palais Montcalm serait Lune des cinq meilleures salles de musique au monde.Pointe-à-Calliëre Musee d’archeologie et d’histoire de Montréal 350, place Royile Meux-Montréal www.pacmusee.qc.ca © Place-d’Annes GAGNEZ UNE PASSE FAMILIALE ANNUELLE Canada v Québec O S Montreal Fondation R)iNTE-Â-CALLiÈRE Avec la partiapahon de : • Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine • Ministère des Aflaires municipales.des Régions et de l'Occupation du territoire Magnifique iivre-coffret sur i’histoire de Montréai « C’est Cartier qui m’a donné mon nom.On a guidé le capitaine général à travers une futaie de chênes jusque sur une colline surplombant Hochelaga.Il a dit que ce serait le mont Royal.Je suis Montréal depuis ce temps là.» - François Hébert, auteur En vente à la boutique du Musée 514 872 9149 ou en ligne www.pacmusee.qc.ca G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 CULTURE 1904 Montréal-Mode.Xe 1910 Éditions Le Devoir 1914 Maria Chapdelaine, de Lonis Hémon 1918Xa5'coame, d’Albert Laberge 1923 Éditions Édonard Garand 1926 Albert Lé- vesqne et Bibliothèqne de l’Action française 1933 Éditions dn Totem.Un Homme et son péché, de Clande-Henri Grignon 1934 Éditions dn Zodiaqne 1938 Éditions Bernard Valiqnette 1940 Éditions de l’Arbre Relations.Éditions Fides 1947i?crac d’histoire de l’Amérique française 1950 Xc Torrent, d’Anne Hébert 1951 Arts et pensée 1954 L’Hexagone 1957 Première Rencontre des poètes et des écrivains 1961 Éditions dn Jonr 1963 Parti pris.Boréal 1964 Xc Cassé, de Jacqnes Renand 1970 La Nnit de la poésie.Mainmise 1975 Éditions de la Pleine Lnne De 12 à 500 romans par an en 50 ans Inventer sa parole Par la poésie, la lumière percera nos lettres Du roman du terroir au vent internationaliste contemporain, entre «nous» et «je», les cent dernières années ont vu grandir et exploser notre littérature.ODILE TREMBLAY En 1910, la question de la langue d’écriture à adopter était (déjà!) névralgique.Adeptes d’une littérature régio-naliste affrontaient depuis un moment déjà les tenants d’un rapprochement avec la France.Le clergé appuyait les romans de la terre, tout en sabordant en 1919 La Scouine, d’Albert Laberge, jugç trop pessimiste.S’opposer à l’Église et aux élites bien-pensantes coûtait cher.En 1904, Rodolphe Girard avait vu son Marie Calumet condamné par l’évêque de Montréal.Des voix plus internationalistes, comme celles de Jules Fournier et d’Arthur Buies, prônaient un rapprochement avec la France.Ironie du sort le meilleur roman du terroir.Maria Chapdelaine, fut pourtant écrit par un Français, Louis Hémon, et lancé chez nous en 1916.Féconde lignée qui, au cours des années 30 et 40, enfantera des œuvres phares, d’t/w homme et son péché, de Claude-Henri Grignon, au Survenant, de Germaine Guèvremont, en passant par Menaud maître-draveur, de Fé- lix-Antoine Savard, et Trente arpents, de Ringuet En 1911, Le Paon d’émail C’est quand même par la poésie que la lumière percera nos lettres.Déjà en 1911, Le Paon d’émail, de Paul Morin, impressionne par son style.En 1930, Alfred Desrochers réconcilie tous les^camps autour de son recueil, A l’ombre d’Or-ford.Saint-Denys Garneau, avec Regards et jeux dans l’es- monopole.D’autres maisons naissent, dont celle de l’Arbre, puis meurent après l’armistice, sans que l’essor littéraire s’épuise pour autant La grande voix d’Anne Hébert, dès son recueil Le Torrent, en 1950, violente et inspirée, vite publiée en France, traversera le temps.Bientôt la prose urbaine s’affiche: exceptionnelle dans Les Plouffe (1948), de Roger Lemelin, éblouissante dans Bonheur d’occasion (1945), de Gabrielle Roy, qui lui vaudra H est impossible aujourd’hui de cerner un courant précis, tant la littérature québécoise sème à tous vents.H se publie ici 500 romans, contre 11,9 par année environ au cours des années 1950 pace (pourtant mal reçu en 1937), et Alain Grandbois {Les îles de la nuit, en 1944), fréquentent les cimes.Grandbois publiera l’année suivante les nouvelles d’Avant le chaos, sur ses pérégrinations autour du monde, faisant rêver ses compatriotes à l’air du large.Au cours de la Seconde Guerre mondiale, un blocus empêche les œuvres françaises de circuler.Les maisons d’édition Le Cercle du livre de France, Beauchemin, Fides, Vali-quette profitent du nouveau le prix Femi-na.André Langevin, avec Poussière sur la ville en 1953, allait de son côté ouvrir la voie au roman spleen de modernité.En 1954, la maison L’Hexagone, foyer de création poétique, est fondée entre autres par Gaston Miron, voix de toutes les libérations.Son recueil, L’Homme rapaillé, trônera parmi nos classiques.Claude Gauvreau, génial créateur du langage exploréen, sera le versant tragique du cri de rage collectif.Mordecai Richler, notamment dans L’Apprentissage de Buddy Kravitz, apporte, dans sa grande prose qui n’épargne guère les francophones, un point de vue d’an- La Galerie Lacerte Art Contemporain PRÉSENTE À MONTRÉAL DU 10 AU 30 NOVEMBRE 2010 Francine Simonin Vernissage io novembre, de i8h à 21 h ESPACE 1 ESPACE 2 6345 ST-LAURENT MONTRÉAL Mardi au vendredi ioh - i8h Samedi et dimanche iih - 17H Lacerte ART CONTEMPORAIN 418.692.1566 Info@calerielacerte.com www.calerielacerte.com glo qui lui vaut une reconnaissance internationale.Jean-Paul Desbiens attaque de son côté le jouai en 1960 dans Les Insolences du frère Untel.Le débat sur la langue tiraille toujours et se poursuit aujourd’hui.Révolution tranquille Dès le milieu des années 60, le clergé perd son emprise, les çcrivains entrent en combat, les Éditions du Jour attirent les voix nouvelles.Des auteurs au long cours comme Marie-Claire Blais (surtout à travers Une saison dans la vie d’Emmanuel), Hubert Aquin (brûlant Prochain épisode), Réjean Ducharme avec le magique L’Avalée des avalées, le poète Jacques Brault à l’œuvre de blancheur et de méditation, Jacques Ferron en contes et en romans (L’Amélanchier) imposent leurs griffes bouleversantes, jamais déclassées.Jacques Godbout, à travers Salut Galarneau!, offre une métaphore ironique du Québec et Agaguk, d’Yves Thériault, explore la troisième solitude du peuple du Grand Nord.La maison Boréal voit le jour en 1963, d’abord surtout spécialisée dans l’histoire, puis ouverte à tous les genres, appelée à jouer un rôle déterminant pour les auteurs québécois.La question nationale politise nos lettres.Fernand Dumont et Pierre Vadeboncœur auscultent notre société en mutation.Dès 1978, avec La grosse femme d’à côté est enceinte, Michel Tremblay pousse le jouai dans le cycle magique des Chroniques du Plateau-Mont-Royal et impose le parler populaire au roman, comme auparavant dans ses Belles-Sœurs, sans faire désormais scandale.Michèle Lalonde dénonce l’aliénation dans son fameux poème Speak White.En 1970, La Nuit de la poésie au théâtre Gesû mettra le verbe à l’honneur devant des milliers de spectateurs enthousiastes.Cité libre, au cours des années 50, avait prêté ses pages aux an-tiduplessistes.Liberté joua ce rôle pour les nationalistes au fil de la décennie 60.Mainmise fut le reflet de la contre-culture au long des années fleurs et fumée, surtout au long des années 1970.La parole a toujours polémiqué à pleines revues.Le milieu des magazines généraux fait aussi peau neuve.Tassées du pied, La Revue populaire, pour la famille, et La Revue moderne, destinée aux femmes.On voit naître Châtelaine en 1960.L’Actualité ne suivra qu’en 1976, mais l’éventail des périodiques s’ouvrira tous azimuts.Contre-culture et littérature Le Québec des années 70 est marqué par la contre-culture et Le Clitoris de la fée des étoiles, de Denis Vanier, demeure emblématique du genre.Le colossal Victor-Lévy Beaulieu entreprend de donner au pays à libérer une mythologie.L’auteur de Race de monde se révèle par ailleurs être un grand biographe, de James Joyce notamment.Le féminisme, à travers les voix de Nicole Brossard, Louky Bersianik, Madeleine Gagnon, explore à la fois l’intime et le cri.Le magazine La Vie en rose voit le jour en 1980.La maison,d’édition jeunesse La Courte Échelle naît en 1978 et offrira au Québec une remarquable littérature pour en- 4 s’4 SOURCES ARCHIVES LE DEVOIR 2001 SNOWBOUND TQ 1984 JAÇQUES GRENIER LE DEVOIR ELEANOR LE GRESLEY De haut en bas et de gauche à droite, Gabrielle Roy, Claude-Henri Grignon, Gaston Miron, Anne Hébert, Nelly Arcan et Dany Laferrière fants, lesquels préfèrent leurs auteurs maison aux écrivains de l’extérieur.La Crise d’octobre a frappé dur.La mélancolie gagne plusieurs écrivains, tel Jacques Poulin, à la prose d’errance qui ne s’est jamais tarie.Après le référendum de 1980, le thème de la nation, qui avait galvanisé tant d’auteurs, s’effrite.L’industrie enfante des best-sellers: Le Matou, dYves Beauchemin, fait un malheur.Tout bouge et rue dans les brancards au long des décennies suivantes.Suzanne Jacob, à travers Laura Laur, plonge au cœur des intimes cruautés.Sylvain Trudel {Le Souffle de l’Harmattan), Louis Hamelin {La Rage), Christian Mistral {Vamp), puis Gaétan Soucy {La petite fille qui aimait trop les allumettes) témoignent d’une jeunesse blessée, sans repères, sur les traces de Ducharme.Nelly Arcan s’ancre dans la postmodernité avec des romans de rage féminine.Putain, Folle, etc., avant de plonger dans la mort.Marie Laberge enfantera des romans extrêmement populaires, dont la série Le Goût du bonheur.Monique Proulx s’impose avec un roman, Homme invisible à la fenêtre, des nouvelles.Les Au- rores boréales.En 2000, Gil Courtemanche impressionne avec un roman ancré dans un Rwanda de génocide: Un dimanche à la piscine à Kigali.Un vent d’internationalisme souffle depuis la fin des année 1980.Dany Laferrière, lancé avec Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer en 1985, après un parcours impressionnant, remporte le prix Mé-dicis 2009 pour L’Enigme du retour.Kim Thuy, avec Ru, et Sergio Kokis {Pavillon des miroirs) comptent aussi parmi les auteurs ayant posé des regards venus d’ailleurs sur le Québec comme sur leur terre d’enfance.Il est impossible aujourd’hui de cerner un courant précis, tant la littérature québécoise sème à tous vents.Il se publie ici 500 romans en un tour de calendrier, bons, pas bons, contre 11,9 par année environ au cours de la décennie 50.Et, malgré les mutations technologiques et des habitudes de lecture changeantes, le nombre d’ouvrages témoigne d’une vitalité littéraire qui aurait fait exploser une boule de cristal de 1910 en mille éclats incrédules.Le Devoir LE QUEBEC SE C0NSTR41IT CULTURE CE CAHIER SPECIAL EST PUBLIE PAR LE DEVOIR Responsable JOSEE BOILEAU NORMAND THERIAULT ntherianlt@lecIevoir ca 2050 rne de Blenry 9' etage Montreal (Qnebec) H3A 3M9 Tel (514) 985 3333 redactionoledevoir corn LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 G 5 100 m DU DEVOIR 1913 Théâtre yiddish 1921 Société canadienne d’opérette.Panl Bmchési «s’enflanune» 1929 Théâtre Granada à Sherbrooke.Théâtre Ontremont à Montréal 1930 Théâtre Stella 1937 Les Compagnons de SainManrent 1938 Les Fridolinades 1943 L’Éqnipe 1947 Bien-être 1948 Tit-Coq 1948 Ridean Vert 1953 Zone, de Marcel Dnbé.La Ronlotte 1954 Les Apprentis-Sorciers 1957 L’Estoc 1957 Grands Ballets canadiens 1958 La Comédie canadienne 1959 L’Egrégore 1960 L’École nationale de théâtre 1962 Les Saltimbanqnes 1964 La Nonvelle Compagnie théâtrale 1965 Le Centre d’essai des antenrs dramatiqnes.Le Théâtre de Qnat’Sons 1969 Le Grand Cirqne ordinaire 1971 Le Trident 1982 La la la Hnman Steps 1984 Le Cirqne dn Soleil De la scène à la danse 100 ans de scène à toutes les sauces Du désert planifié par les curés jusqu’à la délirante abondance d’aujourd’hui Depuis le 10 janvier 1910 jusqu’à hier soir encore, les planches auront souvent été le théâtre de nos plus grandes tragicomédies collectives; Le Devoir en a presque toujours été.Cent ans de théâtre, danse, cirque et autres types d’occupation du territoire vital caché derrière le rideau des apparences.MICHEL BÉLAIR Il n’y a pas de hasard: c’est sur la scène du Monument-National qu’Henri Bourassa livra quelques-uns de ses discours les plus enflammés.Entre autres sur notre souveraineté religieuse, politique —face à l’Angleterre — et culturelle — par rapport à l’entité toute neuve qu’était encore le Canada.Bien sûr, la «culture» que souhaite voir affirmée partout le fondateur du Devoir au début du XX® siècle, c’est celle de la langue, de l’histoire, de l’école et de la foi,du «Canada français» d’alors.A la fois un territoire et un état d’esprit qui se fera presque «triomphant» quelques décennies plus tard, on le sait Mais c’est aussi un pays de petites gens soumis aux diktats des «monseigneurs», curés et bonnes sœurs en tous genres.Chez ces gens à l’uniforme presque uniformément noir et blanc, on ne doit jouer, chanter ou lire que ce qui célèbre la gloire de Dieu.Et, à quelques très rares exceptions près chez ces gens-là, la scène, le «théatttre», pire la danse!.on n’aime pas.Pas du tout Vade retro! On se rappellera que nos curés ont forcé Sarah Bernhardt à jouer ici devant des salles ouvertement hostiles.Rites de passage Les choses ne s’arrangent d’ailleurs pas tout de suite, loin de là.Durant tout l’entre-deux-guerres, de 1920 à 1940, on est bien loin d’une quelconque affirmation de la culture canadien-ne-française sur nos rares scènes importantes.Quand on regarde de ce côté avec nos yeux du XXI® siècle, tout semble d’abord guindé, faux, pincé, pour ne pas dire figé ou «pogné»: quelques concerts à Montréal et à Québec, le tout saupoudré de très très rares visites de compagnies étrangères.Le journal témoigne de cette sécheresse et de l’indifférence généralisée qui la caractérise.L’agenda mondain signale des spectacles de fin d’année, des classiques édifiants mis en scène par des curés.On peut aussi y lire des entrefilets sur le passage de compagnies prestigieuses, la plupart du temps britanniques ou américaines: des grands ballet classiques, des Shakespeare en anglais, des pièces à succès arrivant de New York ou de Londres, beaucoup plus rarement de Paris — trop résolument anticlérical.Montreal est la capitale financière du Dominion of Canada.mais fait à peine partie du circuit nord-américain des spectacles haut de gamme tournant dans JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les chorégraphies d’Édouard Lock contribuent depuis longtemps à redéfinir ce qu’est aujourd’hui la danse moderne les grandes capitales.Par contre, heureusement, la scène populaire se fait rapidement canaille, cabaretière et burlesque comme chez nos voisins du Sud: Montréal deviendra même une ville perdue.Malgré les invectives de l’armée noire des gens de robe — qui parlaient alors de déchéance morale et d’affaiblissement de la race — nos premières troupes de tournée vont même prendre le chemin des régions.C’est ainsi que, à compter de 1921, la pièce racontant l’histoire d’Aurore l’enfant martyre sera jouée plus de 6000 fois à travers tout le Québec, avant d’être plus tard portée au cinéma.Et puis soudain, tout s’arrête ou presque, parce qu’il y a la guerre.Encore la guerre.D’abord la guerre.Et tout le monde en a ras-le-bol.Et quand la boucherie s’achève, le vide crée une espèce de tourbillon qui emportera tout: même le bandeau noir plaqué LE PROCÈS PAMPHLET POÉTIQUE DE RAYMOND LÉVESQUE / / '0 % % # O' 2vk.v.w.a.^ a»'.Li.» L'ECHANGt le samedi 13 NOV.À14h Francesca Mantovani 2007 LIBRAIRIE LA LIBRAIRIE LE FURETEUR VOUS INVITE À UN ENTRETIEN AVEC MICHEL FOLCO à l'occasion de la parution de La jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler, Éditions Stock, suite de la fameuse saga des Tricotin.Le samedi 13 novembre à 14h.Entrée libre.LE ?URETEUR 25.me Webster, Saint-Lambert (Québec) J4P IW9 Librairie indépendante agréée R.S.V.P.: 450 465-5597 info@librairielefureteur.ca G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 CULTURE 1910 Compagnie d’opéra de Montréal 1921 Société canadienne d’opérette 1930 Montreal Orchestra à l’Orphenm 1934 Concerts symphoniqnes de Montréal 1937 Igor Stravinski à l’Andito-rinm dn Platean 1939 Festivals de Montréal 1942 Opera Gnild 1943 Conservatoire de mnsiqne 1947 Symphonie féminine de Montréal an Carnegie Hall 1949 Jeunesses musicales du Canada L’Heure du concert 1956 Concerts Couperin 1957 Joseph Rouleau au Covent Garden 1962 Ensemble Ttidor 1963 Place des Arts 1966 Société de musique contemporaine du Québec 1970 Orchestre mondial des Jeunesses musicales 1974 Orchestre de chambre de Montréal.L’Ensemble Cantabile 1977 Orchestre des jeunes du Québec 1977 Charles Dutoit à l’OSM 19831 Musici La naissance d’un savoir-faire en musique Le Prix d’Europe consacre en 1915 Wihrid Pelletier Après Papineau-Couture, les Tremblay, Garand, Vivier., Il y eut les voix, celle d’Albani entre autres.Puis un orchestre, celui de Québec en 1902.Une grande salle: la Place des Arts en 1963.Et beaucoup de musiciens, de chefs ou de compositeurs.11 est loin le temps où les compagnies itinérantes animaient à elles seules le paysage musical québécois.CHRISTOPHE HUSS Merveilleux raccourci: en 1910, un peu au nord de la rue Sainte-Catherine, l’Académie de musique, un théâtre de 2100 places qui avait vu Ca-lixa Lavallée diriger Jeanne d’Arc, de Gounod, et Emma Al-bani chanter La Traviata, a été détruite pour laisser place à un grand magasin qui deviendra le Centre Eaton.Un siècle plus tard, un peu plus à l’est, s’élève un nouveau temple de la musique.L’image vaut ce qu’elle vaut, mais de la même manière se sont édifiées au Québec une vie et une éducation musicales professionnalisées et structurées, avec des organisations fortes et stables.Cette autonomie, ce savoir-faire et cette stabilité n’allaient pas de soi il y a cent ans.Prenons l’Opéra de Montréal.Quoi de plus logique que la présence d’une compagnie d’opéra dans une métropole?Or notre Opéra de Montréal (OdM) n’a «que» trente ans.L’organisme créé en 1910 et dé- 100 ans de regards sur l’information nommé Compagnie d’opéra de Montréal, puis Montreal Musical Society, ne vécut que trois ans.Outre les soucis financiers, on donnera une idée de certaines contraintes de l’époque en citant Gilles Potvin — le grand journaliste musical du Devoir de 1961 à 1985 — dans VEncyclopédie de la musique canadienne: «En décembre 1910, la troupe se rendit à Québec [.] mais apprit à son arrivée que l’évêque avait interdit aux fidèles d’assister aux spectacles sous peine de péché.Les livrets furent aussitôt soumis pour approbation et l’interdit levé, sauf pour Manon et Thaïs, de Massenet.» L’opéra avant l’OdM fut surtout le fait de troupes itinérantes: la Charley Opera Company, de La Nouvelle-Orléans, ou la Quinlan English Opera Company, qui présenta en 1914 la tétralogie de Wagner.En 1911, le Metropolitan Opera de New York était venu avec Aïda (dirigé par Toscanini), Madame Butterfly, Tannhàuser et Eaust.11 reviendra entre 1941 et 1945 au Théâtre Saint-Denis.•ft 7 LOUISE LEMIEUX ARCHIVES LE DEVOIR Les années suivant l’Expo 67 seront celles amenant la reconnaissance internationale du Québec comme une terre musicale fertile.L’OSM et Charles Dutoit en ont été, de 1977 à 2002, les porte-étendards.Bourgeonnements symphoniques Des organismes musicaux nés dans la seconde moitié du XIX® siècle, nous connaissons aujourd’hui encore à Montréal Vernissage Samedi 6 novembre 16hà20h Exposition 6 au 15 novembre 2010 bronze \fvfes laroche GALERIE D’ART 6355, bout.St-Laurent Montréal 514.393.1999 En collaboration avec Lacerte ART CONTEMPORAIN Photos: Huguette Vachon le Ladies’ Morning Musical Club, fondé en 1892.Autre organisme antérieur au Devoir, l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), créé en octobre 1902.L’OSQ se nommera Société symphonique de Québec avant de retrouver, en 1942, sa dénomination d’origine, après avoir fusionné avec l’éphémère Cercle philharmonique de Québec (1935-1942).L’OSQ deviendra un ensemble permanent et professionnel en 1960.11 se produit au Grand Théâtre depuis 1971 et ses chefs emblématiques se nomment Pierre Der-vaux, James de Priest et Yoav Talmi (1998-2011).A Montréal, l’histoire est plus chaotique.Un orchestre bâti en 1898 par le violoniste Joseph-Jean Goulet, sur le modèle des Concerts Colonne à Paris, périclite en 1919.Plusieurs orchestres émergent alors dans les années 1920 (même la station de radio CKAC aura un orchestre sjunphonique!), mais la crise économique passera par là.Après la tentative d’un Montreal Orchestra anglophone (Holst y dirigera ses Planètes en 1932) et d’un Orchestre philharmonique de Montréal, c’est la naissance de la Société des concerts symphoniques de Montréal en 1934 qui sera la bonne (la dénomination OSM ne sera entérinée qu’en 1953).Le premier concert est donné le 14 janvier 1935 sous la direction de Rosario Bourdon, avec en soliste Léo-Pol Morin, second lauréat du Prix d’Europe, en 1912.Le Prix d’Europe, centenaire l’an prochain, avait consacrée en 1915 Wilfrid Pelletier, premier directeur musical de l’OSM vingt ans plus tard (1935-1941).Cherchant à ouvrir l’orchestre aux meilleurs musiciens d’ici.Pelletier se bat alors pour la création d’un Conservatoire de musique du Québec, qui voit le jour en 1943.11 est formé, aujourd’hui, d’un réseau de sept étabhssements.Pelletier partage avec Zubin Mehta le concert inaugural de la Place des Arts, le 21 septembre 1963.La salle prendra son nom trois ans plus tard.Lors de ce concert.Pelletier dirige une œuvre de Jean Papineau-Couture (1916-2000), fondateur, en 1954, de la Société de musique canadienne et professeur de trois compositeurs québécois importants: Jacques Hétu, André Prévost et Gilles Tremblay.La reconnaissance d’une création musicale québécoise est le fruit de nombreuses énergies.Serge Garant s’y est illustré, mais c’est Pierre Mercure (1927-1966), élève de Claude Champagne, qui donna en août ARCHIVES LE DEVOIR Wilfrid Pelletier (à droite) est le premier directeur musical de l’OSM.Il a partagé avec Zubin Mehta (à gauche) le concert inaugural de la Place des Arts, le 21 septembre 1963.Jean Drapeau les accompagne.Ces cent années ont été celles de l’émandpation musicale du Québec 1961 une impulsion majeure, en organisant une «Semaine internationale de musique actuelle».Le Vivier, organisme nommé en hommage à Claude Vivier (1948-1983) et regroupant 22 organismes du domaine des musiques nouvelles à Montréal, fêtera en 2011 le cinquantenaire de cet acte initiateur du bouillonnement créatif québécois.Le terme «ébullition» s’applique tout autant au milieu de la musique ancienne et baroque, dont Montréal est la capitale nord-américaine.Le Studio de musique ancienne de Montréal est fondé en 1974.L’Ensemblq Arion suit en 1981.A Québec, le Trio Nou-velle-Prance se forme en 1977 et les Violons du Roy naissent en 1984.Se sont ajoutées, depuis.Les Boréades, les Idées heureuses et plusieurs autres formations.Terre d’accueil et d’émancipation Montréal et Québec ont ac-cueilh les plus grands musiciens du siècle.«Le salut du Canada français à la Erance héroïque, musicale, artistique», écrit Le Devoir en janvier 1919, au lendemain d’un concert de l’Or-chesfre du Conservatoire de Paris dirigé par André Messager devant 4000 personnes.C’est à Montréal, le 12 octobre 1931, que Rachmaninov crée ses Variations Corelli.Dans leur Chronique musicale du Québec (1535-2004), parue chez Septentrion, Marie-Thérèse Lefebvre et Jean-Pierre Pinson comptabilisent douze présences de Rachmaninov à Montréal entre 1919 et 1939.Prokohev joue à Montréal et Québec en 1920.L’organiste Marcel Dupré présente une intégrale Bach en 1923.Igor Stravinski joue ses œuvres en 1937 à l’Auditorium du Plateau.Le Plateau est un véritable temple musical qui a vu défiler Horowitz, Giese-king, Kempff, Munch, Mon-teux, Klemperer et bien d’autres légendes.Les années soixante seront une décennie-phare, avec la première tournée de l’OSM, qui monte en puissance sous la houlette de Zubin Mehta; la forte présence de la musique classique à la radio et la télévision, développée depuis 1955 par Prançoys Bernier; la création du Centre d’arts Orford par Gilles Lefebvre et les visites plus prestigieuses les unes que les autres générées par le Pesti-val mondial d’Expo 67.Les années suivantes seront celles, bien connues, amenant la reconnaissance internationale du Québec comme une terre musicale fertile.L’OSM et Charles Dutoit en ont été, de 1977 à 2002, les porte-étendards.De nouveaux orchestres — le Métropohtain notamment, en 1980 — et ensembles se sont créés et de nouvelles voix — Marie-Nicole Lemieux, Karina Gauvin, Jean-Prançois La-pointe — ont succédé à Emma Albani, Raoul Jobin, Joseph Rouleau, Richard Verreau et André Turp.Ces cent années ont été celles de l’émancipation musicale du Québec. LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 G 7 100 ANS OU DEVOIR 1922 CKAC 1936 Radio-Canada 1938 La Pension Velder 1939 Un homme et son péché 1941 Service national des nonvelles de Radio-Canada 1950 Séraphin 1952 CBFT.Le Canadien en ondes.La Petite Aurore, l’enfant martyre 1953 La Famille Plouffe 1954 Le Survenant 1955 Cap-aux-sorciers 1956 Les Belles Histoires des pays d’en haut.Point de mire.La Boîte à surprises 1957 II était une chaise 1960 Festival international dn film 1961 Télé-Métropole 1963 À tout prendre 1964 Le Chat dans le sac 1965 La Vie heureuse de Léopold Z1966 Télévision en conlenr 1968 Radio-Qnébec 1968 Zcs Voitures d’eau 1971Mo/i oncle Antoine 197S Réjeanne Padovani 1974Zcs Ordres 1977 Coop Vidéo 1986 Qnatre Saisons 1988 TV5 Qnébec-Canada Des ondes aux pixels «Quelle Québécoise ne se reconnaîtrait pas dans le personnage qu’interprète si magnifiquement Geneviève Bujold?» Le cardinal Léger récitait en 19501^ Chapelet en famille Le cinéma et la radio naissent à peu près en même temps, et la télévision, quelques décennies plus tard.Au fil des ans.Le Devoir, à peine plus jeune que les deux premiers, a suivi leurs parcours parallèles, leurs soubresauts et leurs états d’âme.FRANÇOIS LÉVESQUE Objet de luxe, le poste de radio ne se retrouve que dans très peu de foyers québécois quand, le 2 octobre 1922, Jacques-Narcisse Cartier, un nom prédestiné s’il en est, fonde à Montréal la première station de radio francophone en Amérique du Nord: CKAC.Dès janvier 1925, on peut écouter en direct un match des Canadiens.Pendant plusieurs années, CKAC occupe un rôle-clé dans la vie socioculturelle de la province: Roger Baulu «interprète» l’actualité, Gratien Gé-linas et Ovila Légaré égayent la Grande Dépression, on livre quotidiennement les bulletins de nouvelles pendant les jours sombres de la Deuxième Guerre mondiale et, en 1950, le cardinal Léger récite Le Chapelet en famille.C’est également à CIC\C qu’on fera lecture, des années plus tard, du manifeste du FLQ en octobre 1970.Créée dans le sillage de la commission Aird, la Société Radio-Canada voit le jour en 1936 et, rapidement, se taille la part du lion dans le paysage radiophonique québécois, lançant ici à peu près toutes les innovations qui marquent les rpédias.En 1939, la chaîne d’Etat lance un feuilleton radiophonique qui durera 23 ans: Un homme et son péché, d’après l’œuvre de Claude-Henri Grignon.Le succès de l’émission est tel qu’on la diffuse toujours au moment où le bras télévisuel de la Société Radio-Canada se fend d’une incarnation fdmée: Les Belles Histoires des pays d’en haift, en 1956.A cette époque, il y a déjà quatre ans que la télévision de Radio-Canada a vu le joiu.Tout le Québec se ralliera autour d’émissions aussi diversifiées que Le Survenant, La Soirée du hockey ou Pépinot et Capucine, qui ouvrira la voie à l’importante section jeunesse qui caracté- risera longtemps la télévision de Radio-Canada.D’emblée, l’informatioq y joue aussi un rôle capital.A la barre de son Téléjournal de 1970 à 1998, Bernard Derome en est longtemps l’incarnation.La concurrence Mais bientôt la concurrence se profile, alors qu’est fondée en 1961 Télé-Métropole, rapidement connue sous le surnom de «canal 10».Chaîne populaire, qui promeut ses vedettes maison, Télé-Métropole trônera rapidement au sommet des cotes d’écoute.L’année 2010 marque le début des célébrations du 50® anniversaire de la chaîne.Le réseau TVA, de son nom actuel, est le premier à nommer une femme, Sophie Thibault, au prestigieux poste de chef d’antenne du bulletin de fin de soirée.En 1968, c’est la naissance de Radio-Québec (devenue Télé-Québec en 1996).La chaîne se retrouve plus souvent qu’à son tour à l’avant-garde avec des émissions-phares telles Passe-Partout et Droit de parole, l’une des premières plateformes ci-toyenpes en télévision au Québec.A la table de Parler pour parler ou à l’écriture ôjAvec un grand A, Janette Bertrand aborde tous les tabous.Au milieu des années 1990, Pignon sur rue donne un avant-goût de l’ère de la télé-réalité.1986: fondation de TQS, une chaîne qui se voulait ouverte à bien des expérimentations — les joiunalistes-caméramans, par exemple, ou les enquêtes qui frappent avec les différentes séries de l’émission Caméra.Mais l’impertinent mouton noir croule sous les dettes et connaît maints changements de propriétaires.Jean-Luc Mongrain y devient une star.Depuis son acquisition par Remstar, le réseau repaît.V comme vivant?A ce joiu, et bien qu’on la réfute sans grande conviction, il subsiste entre les deux premières chaînes, SRC et TVA, une rivalité certaine.Avec leurs miniséries et téléromans respectifs, l’une comme l’autre documentent, a posteriori, l’air du temps et les mœms de chaque époque.De l’importance de la cellule familiale {La Famille Plouffe, Quelle famille!.Peau de banane, L’Héritage) à l’émancipation par la vie en appartement {Moi et l’autre.Chop Suey, Chambre en L'ÉLOQUENCE DU QUOTIDIEN GABOR SZILASI Organisée par le Musée d'art de Joliette et le Musée canadien de la photographie contemporaine Au Musée McCord, du 8 octobre 2010 au 6 février 2011 VENEZ RENCONTRER L'ARTISTE AU MUSÉE! MARDI 2 NOVEMBRE À 18 H, EN ANGLAIS // JEUDI 4 NOVEMBRE A 18 H, EN FRANÇAIS ENTRÉE GRATUITE.PLACES LIMITÉES.Passe-Partout était une des émission-phares de Radio-Québec.ville) en passant par un apparent besoin de revenir fréquemment aux sources {Le Temps d’une paix.Les Filles de Caleb, Nos étés), les préoccupations d’une nation imprègnent ses «programmes» favoris.Le cinéma En parallèle à l’implantation de chaînes de radio et de télévision, le septième art tel que lancé par les frères Lumière en 1895 suscite, au Québec comme dans le reste du monde, une vive popularité.En 1906, Léo-Ernest Ouimet ouvre son Ouimetoscope, la première salle de cinéma digne de ce nom à Montréal.Cinéaste dans l’âme, Ouimet met en scène sa famille dans des courts métrages prisés du public.En of frant des projections le dimanche, il s’attire l’ire du clergé, mais ü persiste.L’Eglise ne manquera d’ailleurs pas de dénoncer les salles obscures avec une véhémence renouvelée quand, le 9 janvier 1927,78 enfants périssent tragiquement dans l’incendie du Laïuier Palace, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Bien qu’il convienne de signaler le travail de l’abbé Maurice Prouk poLu sa documenta- tion de la colonisation de l’Abitibi, la production cinématographique québécoise demeure marginale jusqu’à la fondation de l’Office national du film (ONP) en 1939, et ce, malgré plusieurs tentatives au temps du muet.Son mandat propagandiste rempli une fois la guerre terminée, l’ONP se développe et, en 1952, Norman McLaren reçoit l’Oscar pour Neighbours, le premier d’une longue série pour le studio d’animation de l’ONP.L’ONP servira d’école et de terrain de jeu à quantité de cinéastes importants, dont les regrettés Gilles Groulx, Claude Jutra et Pierre Perrault.Comptant également parmi les enfants disparus de l’ONP, Gilles Carie, qui y débute avec La Vie heureuse de Leopold Z, représente régulièrement le Québec à Cannes, où on l’invite en sept occasions.Jean-Claude La-brecque, Michel Brault, Anne-Claire Poirier, eux, tournent toujoLus.Deux distinctions cannoises et un Oscar plus tard, Denys Arcand aussi.Des succès Le cinéma québécois verra naître des succès grand public.PATRICK BERUBE EN VAIN.JUSQU'AU 19.12.10 Centre d'exposition de Saint-Hyacinthe www.exprBSSion.qc.ca T 450.773.4209 9xpression@expression.qc.ca JVlAisoN Saint-Gabriel Musée et site historique iirB .ii>» Mil II Il -II.-.flÙH î !f'-Jli Musée McCord m MUSEE D'ART DE JOLIETTE www.musee-mccord.qc.ca PLEINE DEVIE A Expositions, événements et contes.participez en novembre et décembre à une programmation passionnante pour toute la famille! Visites guidées du mardi au dimanche.Fermé le lundi.2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles, Montréal (Québec) H3K 2A2 Renseignements : 514 935-8136 • wvvw.maisonsaint-gabriel.qc.ca En 1952, le Québec pleure les malheurs de La Petite Aurore, l’enfant martyre dans des salles combles.Moins de vingt ans plus tard, autres temps, autres mœius: Valérie se dénude, Jean-Claude Lord parle d’amoiu avec la langue acérée de Michel Tremblay, en 1974, Jean Lapointe et Hélène Loiselle brillent dans Les Ordres, de Michel Brault, et en 1977 Monique Mercure rentre de Cannes avec le prix d’interprétation pour son rôle daps J.A Martin, photographe.A la même époque, dans le luxe de la sélecte île des Sœurs, David Cronenberg tourne son premier long métrage.Shivers: les frissons de l’angoisse.En même temps que son triomphe français chez Resnais, De Broca et Malle, Geneviève Bujold nage Entre la mer, et l’eau douce avant d’incarner Elisabeth, Thé-roïne tragique de Kamouraska, «[.] femme assoiffée de liberté que tout contribue à étouffer.Quelle Québécoise ne se reconnaîtrait pas dans le personnage qu’interprète si magnifiquement Geneviève Bujold?», demande alors dans nos pages Pierre Val-lières.Plus tard, Carole Laïue chante et danse La Mort d’un bûcheron, de Gilles Carie, siu la Croi-sette.«La jeune vedette a été entourée dès sa sortie du palais par la foule qui lui décernait déjà le prix d’interprétation», rapporte l’envoyé spécial du Devoir, Robert Guy Scully.Quelque trois décennies plus tard, Marie-Josée Croze et Marc-André Grondin les suivront, Tœil ouvert sur le monde, des prix plein les mains.Deux beaux films et puis s’en vont Jean-Claude Lauzon meiut bien trop tôt.Son contemporain Yves Simoneau part quant à lui chercher fortune à Holljrwood, où il réussit brillamment, avant de rentrer chez lui.Gouailleur, tendre révolté, Pierre Palardeau s’en est allé.Aujourd’hui, les subventions ne suffisent pas devant l’effervescence créatrice: Robin Aubert, Louis Bélanger, Charles Binamé, Manon Briand, Lyne Charlebois, Denis Côté, Denis Chouipard, Xavier Dolan, Bernard Emond, Philippe Palar-cjeau, Yves-Christian Pournier, Emile Gaudreault, Julie Hivon, Erancis Leclerc, Jean-Pierre Lefebvre, Catherine Martin, Robert Morin, Yves Pelletier, Benoît Pilon, Podz, Léa Pool, Ricardo Trogi, Denis Villeneuve.Sur la planète Cinéma, une nouvelle génération de cinéastes d’ici apprivoise les projecteurs, car parfois la planète Cinéma tourne dans une galaxie près de chez nous.Collaborateur du Devoir jusqu’au LA TRAITE DES fourrures au canada é7Z9-rsjr Jusqu’au 6 février 2011 Visitez aussi nos six expositions permanentes et participez a notre .programmation diversifiée.I www.civilisations.ca J, V\E, culture '°®‘'°rrpNsde , U 23 ianvier jusqu au Z l MUSÉE CANADIEN DES aVILISATIONS CANADIAN MUSEUM OF CIVILIZATION CanadS 100, rue Laurier, Gatineau 1 800 555-5621 G 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 CULTURE 1922 Ozias Leduc à Sherbrooke 1922 Alfred Labberté à l’École des beaux-arts de Moutréal 1935 Premier prix à Paris pour Alfred PeUau 1939 Société d’art coutemporaiu 1940 Galerie Do-miniou 1941 Les ludépeudauts 1943 Les Sagittaires à la Galerie Dominiou 1946 Les Automatistes 1948 Refus global Qt Prisme d’yeux 1950 Galerie Aguès-Lefort 1951 Ceutre d’arts d’Orford 1953 Paul-Émile Borduas aux États-Unis.Place des Artistes 1954 La Matière chante 1955 Espace 55.Galerie L’Actuelle.Manifeste des plasticiens 1957 Galerie Denyse-Delrue à Montréal 1961 Rétrospective Borduas à Amsterdam 1962 25 ans de peinture au Canada français à Spolète 1963 Galerie du siècle à Montréal 1975 Québec 75 ARTS PLASTIQUES Au début, il y avait le paysage.puis du passé il fut fait table rase Pour plusieurs, l’automatisme du Refus global et de son chef de file, Paul-Émile Borduas, reste le repère historique le plus important du développement des arts visuels au Québec.11 permet d’examiner, en amont, la mise en place progressive d’une modernité culturelle dont le mouvement se voudra l’expression aboutie.Après lui, un éclatement tous azimuts donnera d’autres couleurs au désir d’internationalisation.MARIE-ÈVE CHARRON Dans les années 1910, une bonne part de la production artistique en peinture au Québec se consacrait à la représentation du territoire,national, tendance découlant de la création de l’État canadien.Cette pratique, chez Clarence Gagnon, Marc-Aurèle Fortin et Maurice Cullen, sera entre autres transformée au contact de l’impressionnisme français.Malgré le caractère novateur de la touche, l’importance attribuée au sujet peint, à la ruralité et aux paysages québécois ralentit l’ouverture à la modernité et tient plutôt lieu d’académisme national, le régionalisme, idéologie soutenue par les élites clérico-nationales.Le Québec est encore réfractaire à la peinture d’avant-garde développée en Europe.Le prouvent les virulentes réactions suscitées par une exposition de facture fauve, inspirée de Matisse, du peintre John Lyman, en 1913, qui fut qualifié de «barbouilleur».Devant cette frilosité ambiante, Lyman préférera l’exil en France.La résistance au régionalisme conservateur s’exprimera plutôt au sein de la revue Le Nigog, qui réunira un groupe d’intellectuels Il reste d’artistes en 1918 véhicu- lant un certain désir d’ouver-encore à ture internationale en ap- puyant les peintres Ozias Le-faire pour duc et Adrien Hébert.Le pre- niip Ips arts empruntait au symbolis- que les tu is gj- ^ nouveau; le se- visuels soient représentait des thèmes urbains et industriels.reconnus Comme l’a exposé dans ses travaux Esther Trépanier, his-dans la torienne de l’art et actuelle di- «npîptp rectrice du Musée national société ^gg beaux-arts du Québec, québécoise l’apport de la communauté de ^ peintres juifs, dont Louis et aussi Muhlstock, est considérable , dans cette intégration des a 1 etranger thèmes de l’urbanité à l’art.Dans les années 1930, le Québec, explique aussi Mme Trépanier, se livre à un «rattrapage culturel».La Société d’art contemporain, créée en 1939 par John Lyman, en sera l’un des plus importants moteurs.S’y développe ce qu’on appelait alors «l’art vivant», auquel contribua notamment Marian Scott par des représentations géométrisantes de la ville.Le Québec allait s’ouvrir à la peinture non figurative.Projections libérantes L’émergence de la peinture abstraite survient dans les années 1940 avec l’introduction de la pensée surréaliste, qui sera toutefois portée par deux vojx différentes, celles d’Alfred Pellan et de Paul-Émile Borduas.Revenu de Paris en 1940, Pellan expose une quarantaine de tableaux figuratifs de facture cubiste et surréaliste qui ne passeront pas inaperçus.Il signe en 1948 le manifeste Prisme d’yeux rédigé par Jacques de Tonnancour, tenant lui aussi d’un surréalisme figuratif, mais cette tendance sera éclipsée par ,1e Refus Global qu’a lancé la même année Paul-Émile Borduas.Plus radical dans son désir de faire table rase du passé, le manifeste arrive après les fameuses gouaches de 1942, point tournant à partir duquel Borduas liquide la figuration dans ses toiles au proht du geste et des manifestations de l’inconscient.Le tableau Sous le vent de Vile, de 1947, donnera son nom au mouvement, l’automatisme, qui, d’un membre à l’autre, s’avérera hétérogène dans sa facture.Mais rien n’est vraiment gagné dans le contexte de la «Grand,e Noirceur».Borduas est renvoyé en 1948 de l’É- f'' .COLLECTION MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL ©SUCCESSION PAUL-EMILE BORDUAS/SODRAC (2010) Paul-Émile Borduas, Sans titre, 1942, gouache sur papier, 152 x 198,5 cm.cole du meuble, où il enseignait depuis 1937, et part à New York en 1953.D’autres, comme Rio-pelle, choisissent l’exil à Paris.L’automatisme s’implante néanmoins au Québec.Lors de l’exposition La Matière chante en 1954, deux participants sont les auteurs d’un canular qui révélera la sclérose du mouvement.Il est temps de passer à autre chose, avancera alors Rodolphe de Repentigny, critique d’art à La Presse, qui cosignera d’ailleurs le Manifeste des plasticiens, publié en 1955.Rejetant la facture IjTique des automatistes, ces peintres optent pour l’objectivité des éléments plastiques avec des aplats de couleurs froidement découpés.Les plasticiens de la deuxième génération.Gui-do Molinari et Claude Tousignant, donneront à ce mouvement tout son prestige.Tandis que des factions postautomatistes s’affirment en parallèle, à travers les œuvres de Rita Retendre et de Lise Gervais par exemple, les plasticiens sont accueillis dans 100 clIlS des expositions au-delà des frontières du Québec.de regards sur l’information Éclatement du modernisme Le rejet de la peinture abstraite, toutes allégeances confondues, survient en 1964, sur fond bien sûr de Révolution tranquille.Serge Lemoy-ne en est le principal instigateur à travers la création d’une galerie.Le Bar des arts, d’un groupe, le Nouvel j^e, et d’un événemenf la Semaine A.Serge Lemoyne et sa troupe désacralisent l’art en décloisonnant les disciplines par des événements où s’allient improvisation et esprit dada.Dans cette foulée foisonnent des œuvres à l’iconographie pop ou qui font appel aux technologies récentes stimulant un art cinétique, d’environnement et de participation.De ces projets transpire la préoccupation des artistes de redéfinir leur rôle dans la société, réflexion qui s’incarnera à travers diverses occupations étudiantes, mais surtout l’Opération Déclic en 1968.Ces événements participent d’un mouvement plus général en faveur de la démocratisation de la culture; l’art se rapproche des gens et sort dans l’espace public, comme le montrent la sculpture des années 1960 ou les projets d’intégration de l’art à l’architecture, par exemple dans le métro, avec Marcelle Ferron et Jean-Paul Mousseau.L’événement Corridarf déployé rue Sherbrooke en 1976, en est une autre expression, mais sa censure par les autorités municipales témoignera d’une résistance à la nouveauté encore à l’œuvre dans la société.Un autre coup de barre survient en 1975 avec la création de la revue Parachute et l’exposition Québec 75 au Musée d’art contemporain, pilotée par Normand Thériault, qui préconisent une internationalisation de l’art, reléguant au second plan la question de l’idendté québécoise introduite par Lemojme — laquelle du reste est pratiquement absente des débats aujourd’hui.Au cours des années 1980, dans le giron des centres d’artistes autogérés — véritable vivier de la création, dont les premiers ont vu le jour en 1972 et par lesquels les différentes régions du Québec participent de plus en plus à la scène artistique — et au sein d’événements comme Les Cent Jours d’art contemporain (maintenant la Biennale de Montréal) et le Mois de la photo, les pratiques se diversifient encore avec la vidéo, la photographie, la performance et les installations de tout acabit.S’y expriment des mythologies personnelles (à travers le thème du corps, notamment) qui, dans les années 1990 et encore maintenant, seront le lieu d’affirmation de cultures métissées et migrantes.On assiste dans les années 2000 à une redéfinition de l’art dans l’espace public et à d’autres formes d’engagement, par des interventions disséminées ou furtives renouant avec la dimension participative des années 1960.Les pratiques médiatiques et sonores prennent également un essor lors de cette décennie où, en gé- PATRICK ALTMAN, MUSEE NATIONAL DES BEAUXARTS DU QUEBEC Alfred Pellan, Quatre Femmes, 1944 - 1947, huile sur toile, 208,4 x 167,8 cm.Collection Musée d’art contemporain de Montréal néral, coexistent plusieurs tendances, parmi lesquelles certains voient un retour en force de l’objet et de la matière.Le présent survol n’est que le récit partiel, qu’un des récits possibles, des aspirations et affirmations multiples qui animent les arts visuels au Québec.Chose certaine, il reste encore à faire, pour leur reconnaissance au sein de la société québécoise et aussi à l’étranger.Collaboratrice du Devoir Hoclielaqa-Maisonneuve en trois temps.2*^ temps : Des années folles à I après-guerre (l918-1950) Au Musée du Château Dufresne Du 24 novembre 2010 au 24 avril 2011 MUSEE DU CHATEAU DUFRESNE 2929, Jeanne d'Arc, Montréal (Qc) H1W3W2 g|| 514 259-9201 www.chateaudufresne.com pig-ix Une exposition de l'Atelier d'histoire d'Hochelaga-Maisonneuve Desjardins Caisse populaire d ' Hochelaga-Maisonneuve Culture, Communications et Condition féminine Québec oo MontréaI @ dépenser ‘’‘ïïlwinii Aussi ne ratez pas notre programmation dédiée à Chopin et à la Pologne 12 novembre Récital Chopin (quatuor à cordes) 26 novembre Conférence sur les relations judéo-polonaises 10 décembre Récital Chopin (piano) www.chateaudufresne.com
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