Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2010-11-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 THEATRE LE DEVOIR L’ECOLE NATIONALE Un rêve est devenu une réalité PHOTOS: PEDRO RUIZ «Porter une parole, sans répondre à une mode, est devenu un engagement» Il n’y a pas de «cote Z».Il n’y a pas de bulletins avec de belles notes chiffrées.Et pourtant, c’est une école, et non des moindres: ses anciens et anciennes font vivre ici cette belle chose qui a pour nom «théâtre» et qui ont vécu en son enceinte l’aventure d’une formation globale.Bienvenue dans cette Ecole nationale de théâtre qui ouvre cette année ses portes à son cinquantenaire.NORMAND THERIAULT Les anciens et anciennes le disent: de belles années de leur vie.Et ils se souviennent des années 1970: «Il y avait toujours, raconte René-Daniel Dubois, un anglophone en justaucorps qui se promenait en unicycle en jonglant dans le couloir.» Et une autre arrive à la fin des années 1980: «Et je me sentais, dira ainsi Macha Limonchik, comme si j’étais dans la télé-série Fame.C’était un rêve.» Comment s’explique un tel enthousiasme?«Le programme était très ouvert et était fait en fonction de nos besoins», se souvient Christian Lapointe, encore aujourd’hui un jeune diplômé, mais en mise en scène et non en interprétation comme les deux premiers.Et même les futurs auteurs ne sont pas en reste de propos élogieux, comme ceux de Geneviève BiUette, pour qui l’école «a été un creuset de r^exion extraordinaire».Une idée du début des années 1960 Si l’École nationale de théâtre, cet établissement canadien et bilingue, est au- jourd’hui située rue Saint-Denis à Montréal, le fait s’explique par le climat qui prévalait à la hn des années 1950.Le Centre du théâtre canadien a formé un comité-pilote où se côtoient ceux et celles venus des «deux solitudes»: l’objectif est d’implanter un établissement de formation, et non d’enseignement, en théâtre.Et Montréal sera choisi comme site, car ici et on y joue et on y parle dans ce qui deviendra les deux langues «officielles».Pour Jean-Louis Roux, qui fut membre fondateur du Théâtre du Nouveau Monde comme il fut une vedette remarquée de la télévision naissante et qui vit depuis lors sur les planches, il fallait alors donner aux futurs comédiens un lieu de formation, car «les aspirants comédiens devaient suivre des cours privés ou encore partir en Europe ou aux Etats-Unis, où ils pouvaient entreprendre des études en art dramatique».Et ce comité a un expert, le Français Michel Saint-Denis, qui venait d’«ouvrir» des écoles de théâtre à Londres comme en France.Et il propose une philosophie d’enseignement qui prévaut toujours dans ce lieu de formation, dont les premiers locaux se résumaient à trois salles dans l’édifice de la Légion canadienne, rue de la Montagne: «Avant d’enseigner des techniques et des disciplines à des élèves en théâtre, Michel Saint-Denis croyait qu’il fallait développer leur personnalité, rapporte notre Ovide de La Eamille Plouffe.Cette nouvelle démarche nous a conquis.» Théâtre d’id Et, bientôt 50 ans plus tard, la formule prévaut toujours: dans quelle école, au fait, peut-on voir 200 professeurs mandatés an- «À une époque de facilité, faire du théâtre, répéter, tout ça nécessite des efforts.C’est à contre-courant.» — Denise Guilbault née après année pour former 150 étudiants?Car c’est ce nombre qu’il faut avoir en mémoire pour établir la fréquentation d’un lieu dont la première cuvée ne comptait que 26 étudiants.Et l’enseignement s’est étendu car, outre la formation de comédiens et comédiennes, l’école voit sortir en diplômés des auteurs, des scénographes et des gens capables d’exercer les divers métiers de scène, l’éclairage et les costumes faisant aussi partie de leurs bagages.Et si l’école est bénéfique pour le théâtre d’ici, ce dernier lui sert aussi comme un bel outil de promotion.Ainsi, si Michel Gosse- lin, ancien directeur pendant dix ans du programme de production, se retrouve aujourd’hui chez Ex Machina, l’engouement créé par les œuvres d’un Robert Lepage explique en retour que plus d’un des jeunes qui «rêvent», qu’ils viennent d’Israël, de la Colombie ou de l’Australie, a choisi Montréal comme viUe pour recevoir sa future formation en théâtre.Et là, la rigueur est toujours une vertu première: «C’estfacile, aujourd’hui, de faire n’importe quoi, décrit Denise Guilbault, elle qui chapeaute maintenant toutes les activités de la section francophone de l’école.Porter une parole, poser un geste artistique, sans répondre à une mode, c’est devenu un engagement A une époque de facilité, faire du théâtre, répéter, tout ça nécessite des efforts.C’est à contre-courant.» Mais les efforts consentis permettent à son directeur actuel, Simon Brault, de pouvoir ainsi déclarer que «l’école est même plus proche de ce qu’on rêvait qu’elle soit en 1960».Cinquante ans plus tard, le projet des Roux, Saint-Denis et consorts, s’il est devenu réalité, semble aussi n’avoir pris aucune ride: le nombre des anciens et anciennes qui animent toujours et encore la scène théâtrale établit qu’une bonne école ne s’évalue pas au nombre des diplômes émis, mais à la qualité des réalisations de ceux et celles qui l’ont fréquentée.Le Devoir H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 THEATRE En 1960 une nouvelle école apparaît La démarche de Michel Saint-Denis prévaut tonjonrs Montréal est préféré à Toronto pour l’ouverture d’une école nationale de théâtre Il y a un demi-siècle, l’École nationale de théâtre du Canada ouvrait ses portes afin de favoriser l’éclosion d’un véritable théâtre canadien.Le comédien Jean-Louis Roux, l’un des seize fondateurs de l’établissement, rappelle les faits saillants.CLAIRE HARVEY T ean-Louis Roux explique que Iqs événements J à l’origine de la fondation de l’École nationale de théâtre remontent aux années 1950.«À l’époque, faute d’une école supérieure de théâtre au Canada, les aspirants comédiens devaient suivre des cours privés ou encore partir en Europe ou aux Etats-Unis, où ils pouvaient entreprendre des études en art dramatique, dit-il.Dans bien des cas, ils ne revenaient pas.» Pour contrer cet exode, il fallait créer une grande école nationale.Une conclusion à laquelle était déjà parvenue, en 1951, la Commission royale d’enquête sur l’avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada.Une école «colingue» En 1953, le Festival de Stratford voyait le jour en Ontario.Rapidement, les acteurs des deux groupes linguistiques commencent alors à se côtoyer.«Le festival avait décidé de monter Henri V à l’aide de comédiens francophones québécois, évoque l’homme de théâtre.Pour la première fois, comédiens anglophones et francophones jouaient et vivaient ensemble.Déjà, on parlait de fonder une école “colingue”, où l’enseignement ne serait pas bilingue, mais offert parallèlement en français et en anglais aux élèves des deux groupes linguistiques.» Ce projet figurera en tête des priorités du comité de théâtre du tout nouveau Conseil des arts du Canada, en 1957.Deux ans plus tard, le Centre du théâtre canadien (CTC), un nouvel organisme qui représentait la profession théâtrale sur la scène internationale et dont M.Roux était le président, a formé un comité-pilote.Ses 16 merqbres sont considérés comme les fondateurs de l’École nationale de théâtre du Canada.Outre M.Roux, il s’a^t de David Gardner, Yves Bourassa, Donald Davis, Jean Gascon, Gratien Gélinas, Michael Langham, Pauline McGibbon, Mavor Moore, David Ongley, Tom Patterson, Jean Pelletier, Roy Stewart, Powys Thomas, Vincent Tovell et Herbert Whittaker, ARCHIVES LE DEVOIR Michel Saint-Denis a été une sommité dans le domaine de l’enseignement du théâtre.auxquels il faut ajouter le Français Michel Saint-Denis, principal conseiller du projet Une démarche multidisciplinaire Sommité dans le domaine de l’enseignement du théâtre, Michel Saint-Denis avait déjà mis sur pied une école d’art dramatique à Londres et en Frqnce.On doit à ce dernier le modèle implanté à l’École nationale de théâtre au Canada.«Avant d’enseigner des techniques et des disciplines à des élèves en théâtre, Michel Saint-Denis croyait qu’il fallait développer leur personnalité, explique Jean-Louis Roux.Cette nouvelle démarche nous a conquis.» Il a été également convenu d’enseigner sous un même toit les divers métiers du théâtre: l’interprétation et la production (qui regroupait décoration et technique).Si la démarche pédagogique de Michel Saint-Denis a rapidement fait l’unanimité, le choix du lieu de résidence de la future école pancanadien-ne était loin de susciter un consensus.«Cette question a fait l’objet de nombreuses discussions animées, rappelle l’homme de théâtre.Le comité hési- tait entre Montréal et Toronto.Einalement, Montréal a été choisi, probablement en raison de la présence des deux communautés linguistiques sur son territoire et de la tenue d’activités culturelles autant du côté anglophone que francophone.» En 1960, le CTC a approuvé le plan de l’École nationale de théâtre du Canada et le Conseil des arts du Canada a accepté de subventionner l’établissement d’enseignement privé.Quelque 50 jeunes aspirants comédiens ont posé leur candidature.De ce nombre, 17 élèves anglophones et 9 élèves francophones ont été admis.Jusqu’en 1965, tous les professeurs et les élèves de l’école déménagent à Stratford durant l’été.«Ces sessions permettaient aux deux groupes linguistiques de se fréquenter davantage et d’assister aux spectacles, souvent exceptionnels, du festival», ajoute l’acteur.Des débuts difficiles Jean-Louis Roux explique que les premières années d’existence de l’école n’ont pas toujours été ladies.«Il a fallu déménager à plusieurs reprises.» En 1961, l’école ne disposait que de trois salles dans l’immeuble de la Légion canadienne, rue de la Montagne.Elle logera par la suite au sous-sol de la Place des Arts, pour s’installer quelques mois plus tard dans un immeuble situé dans le Vieux-Montréal, puis, en 1965, au Monument-National, boulevard Saint-Laurent II a fallu attendre jusqu’en 1970 avant que l’école n’inaugure ses locaux au 5030, rue Saint-Denis, édifice qu’elle occupe toujours aujourd’hui.Les problèmes financiers n’ont pas tardé, eux non plus, à se manifester.«Si les trois paliers gouvernementaux ont rapidement accepté de nous financer, les subventions étaient fort modestes, précise Jean-Louis Roux.Nous sommes parvenus à tirer notre épingle du jeu grâce au génie créatif de Jean Pol Brit-te, à l’époque directeur des finances, qui devait faire régulièrement des miracles.» Des élèves avaient parfois du mal à payer leurs droits de scolarité.La direction, qui s’était engagée à ne refuser aucun élève sur la base de ses finances personnelles, devait souvent prêter de l’afgent en dépit d’une situation financière précaire.A cet égard, le cofondateur se souvient du soutien important accordé par le Bureau des gouverneurs, l’équivalent du conseil d’administration, qui avait pour rôle à l’époque de voir aux orientations et au financement de l’école.Directeur général de l’école de 1982 à 1987, Jean-Louis Roux se rappelle avoir dû plaider à plusieurs reprises la cause de l’établissement, dont la mission et la vocation étaient nationales.«Heureusement, les artistes qui venaient enseigner à l’école étaient dévoués et désintéressés.Ils acceptaient des conditions minimales, participant ainsi financièrement à la survie de l’établissement», précise-t-il.Pendant qu’il était en fonction, le directeur a notamment recruté Gilles Renaud, à titre de directeur du programme d’interprétation, et Michael Eagan, qui a dirigé le département de scénographie de 1987 à 1998.Certains élèves l’ont aussi marqué particulièrement.«Je pense à Martha Henry et Roy Dupuis, pour ne nommer qu’eux», dit-il.Au fil des ans, l’école est devenue une véritable pépinière de talents.Bénéficiant d’un budget de fonctionnement de près de six millions de dollars, elle est aujourd’hui l’un des rares établissements à offrir sous un même toit — autant en français et qu’en anglais — toutes les disciplines du théâtre: interprétation, écriture dramatique, mise en scène, scénographie et production.Ses quelque 160 étudiants y côtoient près de 200 praticiens actifs: metteurs en scène, comédiens, directeurs artistiques, etc., ce qui leur permet de se familiariser avec l’interdépendance des métiers de la scène.Force est donc de constater que, cinquante ans plus tard, la démarche chère à Michel Saint-Denis n’a pas pris une ride.Collaboratrice du Devoir ARCHIVES LE DEVOIR L’homme de théâtre Jean-Louis Roux 50 fois bravo ! La Banque Nationale est fière de souligner l’apport à la scène de l’École nationale de théâtre du Canada qui depuis 1960 a formé plus de 1900 artisans de la scène.BANQUE NATIONALE GROUPE FINANCIER ET ACTION! LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 H 3 THEATRE Dès 1960 Des corps, des voix, mais aussi des sentiments «L’École nationale de théâtre (ENT) est la plus importante dans le milieu québécois, estime Hervé Guay, professeur de théâtre du XXe siècle à l’Université du Québec à Trois-Rivières.C’est la mieux dotée, son budget est considérable, et il faut voir les locaux dont elle dispose.Pensez seulement que c’est le Monument-National qui lui sert de salle de représentations!» HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Un budget annuel qui s’élève déjà à plus de 400 000 dollars dans les années 1970.Et un monument national, propriété de l’école depuis 1978 et acheté 412 000 dollars.La même année, les locaux du 5030, rue Saint-Denis sont inaugurés.Avant cela, l’école avait d’abord loué des locaux dans l’immeuble de la Légion canadienne, rue de la Montagne, puis s’était installée dans l’édifice Le Royer, tout près du port.«On n’avait pas grand-chose.Presque rien, confiait Jean-Pierre Ronfard, premier directeiu de la section française, à Robert Lévesque dans des entretiens parus chez Liber en 1993.Il y avait dans tout ça une simplicité enthousiasmante.» Une simplicité de laquelle sont sortis de grands noms du théâtre mais aussi du cinéma et de la télévision.Monique Bélisle, Guy Boucher, Jean-Luc Bastien, Louise Forestier, Monique Rioux, Roger Blay, Claude Grisé font tous partie des deux premières cohortes.Louisette Dussault également.«J’avais été acceptée la première année, se souvient-elle.Moi, je voulais faire la carrière, alors j’ai décliné.Mais on ne m’offrait que de la figuration, il me fallait plus d’expérience.J’ai repassé les auditions l’année suivante.Je n’étais pas très satisfaite de moi, mais j’ai réussi à faire rire Jean Gascon, le premier directeur général de l’école.J’ai été prise! Ça été trois ans fous, extraordinaires, poursuit-elle.Jean-Pierre Ronfard, nous l’avons adoré, Marcel Sabourin, Powys Thomas, qui dirigeait la section anglaise.Tous nos professeurs étaient intéressants.Ils étaient aussi acteurs.Ils nous donnaient vraiment une idée précise de la manière dont fonctionnait le milieu du théâtre au Québec.» Hors les murs Une formation pratique, pragmatique.De 1961 à 1965, l’école va hors les mius chaque été pour s’établir au festival Shakespeare de Stratford (Ontario).«On s’installait dans une high school quelconque et on y restait deux mois, rapportait Jean-Pierre Ron-fard.Ces déplacements étaient extraordinaires, car ils apportaient une sorte de respiration au train-train de la vie de l’école.D’un point de vue pédagogique, l’^pé-rience était très intéressante.La structure d’une école repose sur un rythme scolaire hebdomadaire.Or ce rythme n’est pas celui de la vie théâtrale, dont l’unité de base est le spectacle [.].Ensemble, dans une petite ville de l’Ontario aussi plate que toutes les autres petites villes de l’Ontario, une fois qu’on avait épuisé toutes les possibilités délicieuses de Stratford by night, deux restaurants, deux bars, on faisait du théâtre!» Louisette Dussault se souvient elle aussi de ces ex- « L’ENT est le premier fournisseur de professionnels de la plus haute qualité» périences hors les mius comme d’une chance in-ouïé.«En 1964, à la sortie de l’écok, j’ai fait le tour du Canada en autobus.Nous étions neuf il y avait notamment Nicole Leblanc, Sophie Clément Jean-Pierre Ronfard avait monté des scènes d’amour de Molière, des plus douces aux plus méchantes.Une ^périence jabu-leuse.Dès ma sortie, j’ai joué pas loin de250fois!» Formation complète Une formation qui se veut complète.Bilingue tout d’abord, elle accueille des élèves et des professeurs provenant de tout le Canada francophone et anglophone et de toute la planète également.«Mais sa principale force, c’est qu’elle cumule l’ensemble des profils de la profession, souligne Hervé Guay.Le jeu, bien entendu, mais aussi la scénographie, la technique, l’écriture dramatique, la mise en scène et la production.C’est important, car les élèves peuvent se constituer un réseau solide dans tous les corps de la profession.» En 1975, Jean-Claude Germain crée l’atelier d’écriture dramatique.Il en restera le professeur pendant 15 ans.«Il s’agissait d’un véritable tournant à l’école, estime-t-U.André Pagé en avait pris les rênes, Michelle Rossignol dirigeait la section d’interprétation.Leur objectif est clairement de donner une formation plus québécoise, de rompre avec l’enseignement classique français.Grâce à cet atelier, le répertoire québécois s’est étoffé.Notre langue parlée populaire a fait son entrée au théâtre.Ça également influé sur le jeu parce que les élèves-auteurs écrivaient pour les élèves-acteurs.L’auteur était inclus à la maison du théâtre, il n’était plus un étranger.Il a appris à écrire en fonction des exigences pratiques du théâtre.Ça donné des auteurs comme Dominique Champagne, des acteurs comme Michel Côté, Guy Na-don, etc.Et un esprit de collaboration entre les différentes professions.» «Si les premiers comédiens étaient destinés à jouer le répertoire comme on le ferait en Erance, l’école s’est transformée dans les années 1970 pour permettre aux acteurs de jouer le répertoire québécois, confirme Hervé Guay.Elle a été associée de très près au nationalisme culturel.André Brassard y a enseigné.Toute une génération d’acteurs a été marquée par cette nécessité de se rapprocher du public.Par rapport au conservatoire, par exemple, l’Ecole nationale forme des acteurs plus atypiques, qui ont un registre plus large.L’ENT est le premier fournisseur de professionnels de haute qualité.» Tellement vrai que, à une certaine époque pas si lointaine, les critiques de théâtre allaient voir les spectacles des finissants pour repérer les vedettes de demain.Tellement vrai que l’école a fait de Montréal la métropole du théâtre d’expression française au Canada.Si les locaux de la rue Saint-Denis disposent de plusieius salles de coins, on y trouve également une bibliothèque très achalandée et même un g5unnase.«L’ENT a contribué fortement à développer ce type de comédiens et de comédiennes que beaucoup de pays nous envient, concluait Jean-Pierre Ronfard.Des gens qui savent utiliser leur corps et leur voix, qui font appel à la spontanéité de leurs sentiments, qui apportent à la scène une liberté et une rapidité de réaction remarquables, qui aiment prendre des risques.» Collaboratrice du Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Étudier à l’École nationale de théâtre Portes ouvertes à toute la planète Banderoles d’oiseaux de papier suspendus, musique entraînante, étudiants souriants à l’entrée: on est samedi matin, un 25 septembre, et c’est de cette façon que l’École nationale de théâtre (ENT) ouvre ses portes au grand public en cette Journée de la culture.Il faut dire que l’établissement n’a rien d’une école ordinaire.Le Devoir a décidé de profiter de cette journée pour aller à la rencontre de ces étudiants hors du commun.MARTINE LETARTE Lorsque je sms arrivé à l’école au début de l’année, fêtais un peu inquiet.Je pensais que f allais devoir me justifier, prouver que j’avais de la crédibilité, faire mes preuves et rendre des comptes! Einalement, j’ai compris que ce n’était pas ça du tout.Dans le fond, si tu es choisi, c’est parce que tu as du potentiel, et tu es là pour apprendre», raconte Benjamin Pradet, étudiant de première année en écriture dramatique.Si Benjamin était un peu intimidé lors de la rentrée, plusieurs auraient été carrément terrorisés! C’est parce que, s’il y a plusieurs appelés à l’ENT, il y a très peu d’élus.Dans le programme d’écriture dramatique, il y a seulement deux étudiants.Il y en a autant dans le programme anglophone.Ils sont aussi deux en mise en scène, mais en alternance entre les programmes francophone et anglophone.Ils sont huit en scénographie, huit en production et douze en interprétation, avec toujours le même nombre d’étudiants dans le pendant anglophone.Le nombre moyen des demandes d’admission est pourtant de plus de 1000! Choisir l’ENT Benjamin travaillait comme intervenant social lorsqu’il a dé-çidé de tenter sa chance à lENT.A 27 ans, il avait toujours écrit un peu, mais jamais une pièce complète.Il a passé un an à travailler sur l’œuvre qu’il allait déposer pour tenter d’être accepté.Pourquoi a-t-il choisi l’ENT?«Je savais que j’aurais la possibilité de travailler avec des professionnels du milieu, d’avoir des genres de mentor.Aussi, c’est une école vivante.On sait tout de suite en entrant ici qu’il se passe quelque chose de stimulant.J’aime aussi que ce soit une école d’art qui accueille plusieurs disciplines, et c’est intéressant parce qu’on travaille beaucoup avec les étudiants en interprétation», explique celui qui est originaire du Bas-Saint-Laurent.Kevin Williamson était aussi convaincu depuis longtemps que c’était à l’ÊNT qu’il voulait étudier.«Mais j’avais peur du rejet, donc j’ai postulé partout.Einalement, j’ai été accepté partout! Mais le choix n’a pas été difficile à faire», affirme-t-il.Et il est satisfait: «Je me suis senti tout de suite bien accueilli.Il y a une belle chimie et les projs travaillent dans le milieu, donc c’est superintéressant de les entendre parler de leurs expériences.» Anne-Catherine Simard, étudiante de première année en scénographie, est aussi bien contente de son choix et elle est particulièrement heureuse que l’apprentissage se fasse dans L'École nationale de théâtre.50 «M/ jéjuv.L'École nationale de théâtre du Canada, par son offre de formation professionnelle dans toutes les disciplines liées au théâtre, contribue, depuis 50 ans, à l'épanouissement d'artistes qui arrivent à nous divertir et à stimuler notre imagination par leur énergie créatrice.La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre Québec EaE3 EaE3 PEDRO RUIZ LE DEVOIR l’entraide plutôt que dans la concurrence.«On a tous des styles très différents, donc on ne se compare pas.Certains sont meilleurs dans les costumes, d’autres dans les décors ou dans l’éclairage.Moi, par exemple, j’étais assez bonne avec les décors, l’éclairage et la vidéo, mais je n’avais jamais touché à une machine à coudre! Heureusement, une autre étudiante, une Israélienne, est couturière, donc elle m’a donné des cours les soirs.» La réputation traverse les frontières Une Israélienne à l’ENT?Pourquoi pas?Cette étudiante, c’est Shlomit Gopher.Elle a découvert l’école grâce à un ami qui lui a envoyé un lien menant au site web.«J’ai beaucoup aimé la description des cours en création de décors et de costumes.J’ai été chanceuse d’être acceptée», affirme celle qui est arrivée à Montréal il y a quelques mois et qui trouve les différences culturelles très importantes.L’ENT attire bien sûr toujours de nombreux étudiants francophones du Québec, mais on s’aperçoit rapidement sur place que l’ENT jouit d’une solide réputation dans tout le pays.Par exemple, Grace Fit^a-trick, originaire de l’Australie, a entendu parler de l’école lorsqu’elle faisait des études en théâtre à Edmonton (Alberta).«C’est un professeur qui m’a conseillé de venir poursuivre ma formation ici», affirme-t-elle.Il y a aussi Harper Snedden, étudiante de première année en scénographie, qui a entendu parler de l’ENT à son école secondaire ontarienne.«J’étais dans le programme d’arts à l’école et tous les professeurs me parlaient de cette école qui avait un très bon programme en scénographie, mais où il était très difficile d’être admis.Pour me donner une chance, j’ai commencé à faire du bénévolat pour de petites productions et fai pris des cours de couture», raconte la jeune fille âgée de 19 ans, la benjamine de l’école! Pour sa part, Yevgeniya Fal-kovich, originaire de l’Ukraine, a entendu parler de l’ENT lorsqu’elle étudiait le théâtre à l’Université de Toronto.Elle s’est installée à Montréal deux semaines avant le début des classes, mais comme elle n’a jamais eu la chance d’apprendre le français, elle trouve parfois difficile la communication avec les Montréalais! «Mais j’ai choisi l’école parce que très peu d’endroits au pays offrent une formation de si haut niveau en mise en scène», affirme-t-elle.On retrouve donc à l’ENT un mélange de gens de différentes origines, mais aussi de parcours particuliers.Par exemple, Diana Uribe, âgée de 35 ans, était designer d’intérieur dans son pays, la Colombie.Lorsqu’elle a décidé de venir s’installer au Québec avec son amoureux, elle a voulu retourner aux études et elle a choisi l’ENT Elle est maintenant en troisième année du programme de scénographie.«En Colombie, la scénographie, ça ne s’étudie pas! Je suis chanceuse d’être ici.Pour moi, le retour aux études a été magique.» Il y a aussi Daniel Séguin qui, à 33 ans, travaillait déjà dans le domaine des costumes avant de tenter sa chance à l’ENT.«Je voulais ajouter la partie conception de décors à mon travail et aller plus loin dans ma démarche», affirme-t-il.Et le retour aux études n’est pas lassant pour quelqu’un qui connaît déjà bien le domaine?«Pas du tout! Par contre, je trouve parfois que je me laisse moins aller que les autres parce que, par exemple, je connais les contraintes du milieu.En fait, c’est intéressant parce que chacun a son parcours différent et apporte quelque chose au groupe.» Collaboratrice du Devoir CONSERVATOIRE de mtisique et d’art dramatique du Québec souhaite longue vie quinquagénaire.Bonne fête ^"^a l’Ecole : I .nationale ^e théâtre duCànada ! cfe musique et a'art dramatique Québec H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2010 THEATRE Interprétation « À une époque de facilité, faire du théâtre uécessite des efforts » Le souhait de l’école est de former des artistes autonomes En poste depuis 2001 à l’École nationale de théâtre, la directrice artistique de la section française et directrice du programme d’interprétation nage manifestement dans son élément.Il faut dire qu’elle était bien préparée: ses 22 ans d’enseignement à Jean-de-Brébeuf, auprès d’étudiants parfois rébarbatifs au théâtre, la servent «énormément».Elle y a développé sa démarche de pédagogue, une façon de convaincre sans imposer.«Je suis très douce mais extrêmement têtue.» Les jeunes, c’est son monde.Elle parle leur langage.«J’ai une très bonne mémoire de mes propres 20 ans.» MARIE LABRECQUE Engagée à l’École nationale de théâtre pour diriger trois programmes, Denise Guilbault s’est vite retrouvée à chapeauter toute la section francophone, lorsque le directeur, Simon Brault, a suggéré d’unifier tous les volets, y compris la scénographie et la production, sous une même direction artistique.D’ainsi donner une vision globale à des programmes qui de toute façon sont soudés, qui s’interpénétrent {«les acteurs ont un cours d’écriture, les auteurs suivent une classe d’interprétation en première année», etc.).La metteure en scène a réussi à faire le lien enfre les secteurs, à frire en sorte que les étudiants dans les différents volets œuvrent dans im esprit de collaboration.LENT vit donc «un peu un moment de grâce actuellement.Tous les programmes sont en constante communication.Ça n’a pas toujours été le cas.Ey a eu des moments où c’était davantage en circuit fermé.» Des acteurs créateurs Denise Guilbault estime que son rôle consiste à veiller à ce que la formation en interprétation réponde aux exigences actuelles du marché, tout en produisant des acteurs «polyvalents, engagés, qui savent pourquoi ils font du théâtre et qui s’y tiennent».Bref, qui n’abandonnent pas leur rêve de départ, malgré la sirène de débouchés plus lucratifs.«C’est facile, aujourd’hui, de faire n’importe quoi, note-elle.Porter une parole, poser un geste artistique, sans répondre à une mode, c’est devenu un engagement.A une époque de facilité, faire du théâtre, répéter, tout ça nécessite des efforts.C’est à contre-courant.» «Ainsi, j’ai coupé dans la formation une production, au profit de projets libres: les étudiante doivent poser un acte théâtral, sans se reposer sur un répertoire éprouvé.Ont-ils quelque chose à dire?De là sont partis certains projets.» C’est aussi le souhait de l’école de former des artistes autonomes, qui n’attendent pas les appels des théâtres.«Au bout des cours, ce qu’on veut vraiment, ce sont des acteurs créateurs.Qui prennent leur métier en main.Quand les LE THEATRE DU TRIDENT le théâtre de la capitale 40 Ah5 xr r> KLINIKEN de Lars Norén (CRISES)* JUSQU’AU Tl NOVEMBRE 2010 Une coproduction avec le Théâtre Blanc MISE EN SCÈNE Gill Champagne TRADUCTION Arnau Roig-Mora, Jean-Louis Martinelli et Camilla Bouchet DISTRIBUTION Louise Allaire, Frédérick Bouffard, Lise Castonguay, Fabien Cloutier, Linda Laplante, Roland Lepage, Kevin McCoy, Christian Michaud, Klervi Thien-pont, Marjorie Vaillancourt et Réjean Vallée CONCEPTION Jean Hazel, Dominic Thibault, André Rioux et Marc Vallée •> L’Arche Editeur A VOIR ABSOLUMENT Lecture-spectacle La Détresse et l'enchantement, de Gabrielle Roy Avec Marie-Thérèse Fortin Le dimanche 7 novembre à 16h Direction artistique GILL CHAMPAGNE letrident.com 418 643 8 13 1 i PEDRO RUIZ LE DEVOIR La metteure en scène Denise Guilbault Québecl Vlll£DE*^ Québec comédiens arrivent avec des textes ou lancent des petites troupes: là on reconnaît l’école.» Des visions claires Le théâfre reste donc au cenfre de la formation dispensée, lENT y tient mordicus.Prendre la parole devant un public comporte un «aspect sacré qui parle encore beaucoup à des jeunes avec une soif d’absolu.Vous n’avez pas idée à quel point les étudiante adhèrent aux projs qui ont une pensée claire, une vraie direction.Même s’ils ne sont pas en accord avec elles.On est un peu en manque d’une véritable vision dans notre pays.La pensée est plus molle.» Et plus les artistes qui leur enseignent ont des démarches affirmées, plus les étudiants ont la possibilité de se définir par rapport à elles.«Ça m’indique que je dois engager des gens aux personnalités franches.Leurs visions doivent être très claires, parce que les étudiants sont tellement exposés aux flashs éphémères qu’ils ont besoin d’une nourriture intellectuelle plus importante.J’ai vu ce changement à travers les ans.» El à ce chapitre, l’ENT a une marge de manœuvre car son personnel compte peu de profs permanents.«Ça nous donne la liberté de voir par ^mple qu’un groupe est particulièrement fort ou faible en quelque chose; de pouvoir combler ses lacunes ou de renforcer ce qui est déjà là.Je me rappelle ainsi une classe que je trouvais très figée.Abrs, j’ai embauché des créateurs qui travaillent au niveau des corps.On s’assure que nos jeunes artistes vont pouvoir déployer leur talent au maximum.» De la création Marchant dans les traces d’André Brassard, l’humble directrice dit qu’elle n’avait pas la «prétention» de chambouler l’école.Depuis son entrée en fonction, elle a néanmoins décidé d’accorder davantage d’espace à la création, à la voix des acteurs.«Je trouvais qu’on enchaînait les productions à un rythme effréné.Ça ne respirait pas assez, les idées n’avaient pas le temps de se déposer.Les étudiants disposent désormais de plages où ils ne sont pas dirigés et décident ce qu’ils vont faire.» L’un des éléments sur lesquels elle souhaite d’ailleurs travailler avec ses collègues, c’est de tenter d’assouplir les modes de production, afin «qu’ils soient plus près du rythme de création.Actuellement, on demande les maquettes préliminaires du décor avant même que les répétitions ne soient commencées.Et, au sein même des théâtres professionnels, on répète très peu en salle.Je pense que ce manque de temps pèse sur les metteurs en scène.» Êlle espère qu’un changement dans les conditions de formation entraînera éventuellement une modification dans la pratique elle-même.Langue écrite, langue parlée Autre préoccupation de plus en plus présente à l’école: un grand souci par rapport à la langue, autant chez les acteurs que les auteurs.«On s’est rendu compte que la langue des étudiants bougeait d’une drôle de façon: dans une même phrase, on peut retrouver quatre niveaux de langue différents.» L’ENT a d’ailleurs prévu d’organiser l’an prochain un colloque réunissant auteurs, linguistes et autres spé- cialistes, afin «qu’on puisse avoir une discussion ouverte sur la langue écrite, parlée».Et peut-être définir des conventions permettant de transcrire la langue orale populaire québécoise.L’école n’échappe donc pas aux débats sociaux.Prenant pour métaphore les fenêtres ouvertes de Î’ENT non climatisée, Denise Guilbault explique l’importance pour l’établissement de pouvoir jauger la température extérieure, le pouls de la ville.Et de demeurer au courant des tendances théâtrales.L’un des prochains pas de l’école sera d’embrasser le virage coûteux des nouvelles technologies, tout en s’assurant qu’on
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.