Le devoir, 11 décembre 2010, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 CIRQUE On roulera des Mechanics à la TOHU dans le temps des Fêtes! Page E 3 CINEMA Les Chronique de Namia proposent , cette fois une longue traversée.Page E 9 ciim i i s.(La France de Raymond Depardon) Plein la vue RAYMOND DEPARDON/MAGNUM PHOTOS/CNAP Raymond Depardon 1942: Naissance à Villefranche-sur-Saône (Rhône) 1960: Premier reportage en Aigérie, premières photos comme paparazzi 1966: Cofondateur de i’agence Gamma 1975: Documentaire fiimé sur ia campagne présidentieiie de Vaiéry Giscard d’Estaing 1981: Photoreportage sur New York pour ie journai Libération 1990: Début de deux décennies de tournage consacrées aux paysans français.RAYMOND DEPARDON.JEFF WALL.Deux photographes.Deux visions du monde.Deux œuvres monumentaies.Un seui et même engagement pour capter ie monde.SOURCE PHAIDON SOURCE PHAIDON Overpass, 2001.Cibachrome et caisson lumineux.The Thinker, 1986.Cibachrome et caisson lumineux.STEPHANE BAILLARGEON Le Français Raymond Depardon en salle.Le Canadien Jeff Wall en livre.Oserons-nous comparer l’un et l’autre, l’artiste photographe et le photoreporter?Pourquoi pas.Après tout, ces deux-là brouillent allègrement les frontières disciplinaires, Wall en interrogeant sans cesse le rapport à la peinture, au cinéma, au reportage, Depardon en rapprochant de plus en plus le documentaire de l’art.Il y a en plus, chez l’un comme chez l’autre, un goût pour le grand format qui évoque le tableau de genre, un sens aigu de la composition dans un espace parfaitement défini, un rapport assumé à l’esthétique prémoderne ou, en tout cas, une tradition qui franche avec la production contemporaine pointue.Et puis un regard critique sur la vie contemporaine empreint d’un je-ne-sais-quoi sinon de nostalgique, du moins un tantinet désespéré.En plus, pour ne rien gâcher, Jeff Wall comme Raymond Depardon parlent magnifiquement de leur propre travail, en excellents théoriciens de leurs pratiques.A contre-courant L’exposition La France de Raymond Depardon présentée par la Bibliothèque nationale de France à Paris déploie 36 tirages argen-tiques couleur de très grands formats.Accrochés très serrés, ils composent une trame en apparence morcelée autour de thèmes élémentaires (comme l’eau d’une piscine, un bord de mer, une station thermale.), de camaïeux (le gris du ciel, d’un lac, d’une montagne.) et de lieux, bien sûr (des routes, des commerces, des maisons.).Après avoir parcouru le monde, filmé New York comme Addis-Abeba, Raymond Depardon a capté son monde si près, si loin, le chemin de son enfance, entre la ferme et l’école et partout le pays «ordinaire» avec ses rues principales et ses routes monotones, ses commerces survivants (une boucherie, un bistro, un resto), ses institutions banales (une mai- rie, une gare, un centre sportif), ses résidences encore plus quelconques pour ne pas dire insipides.Ce n’est pas la douce France, pas vraiment en tout cas, plutôt un pays âpre, parfois gris, toujours cru, qui semble immuable depuis l’après-guerre malgré la présence d’une voiture neuve ou «J’ai réalisé un travail civique fondé sur l’écoute de la parole des Français dans différentes institutions dans le monde rural.» —Raymond Depardon de capteurs solaires sur les toits.Il s’agit d’une infime partie des trophées ramenés du safari-photo national lancé au milieu de la décennie, sur un coup de tête et une étincelle toute simple: photographier ecteleur ^ proid plein la vue.» Journal de Montréal « [.] un hymne à la beauté de la création scénique et à ses ardsmis.[.] ^nerveil-' unique et onirique.» Le Devoir «LA DIRECTION D'ACTEUR EST FABULEUSE.» Louise Forestier, Je i'ai vu à la radio, SRC «UNE MISE EN SCÈNE EFFICACE DE CATHERINE VIDAL» Francine Grimaldi, Samedi et rien d'autre, SRC «LES QUATRE COMÉDIENS SONT FORMIDABLES.AVEC AMULETO, LE THÉÂTRE DE QUAT'SOUS DÉVOILE ENCORE SON FLAIR QUANTÀ LA DÉCOUVERTE DE SIGNATURES SINGULIÈRES DE L'AMÉRIQUE LATINE.» Olivier Dumas, monthéâtre .qcxa Jusqu au 16 décembre 2010 UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE QUAT'SOUS D'après le roman de ROBERTO BOLANO ÉMILE et NICOLE MARTEL | CATHERINE VIDAL | ROMAIN FABRE | FRUZSINA LANYI | ALEXANDRE PILON-GUAY | FRANCIS ROSSIGNOL | FLORENCE CORNET et CLAUDIA COUTURE Avec RENAUD LACELLE-BOURDON, OLIVIER MORIN, DOMINIQUE QUESNEL et VICTOR ANDRES TRELLES TURGEON THÉÂTRE DE QUAT'SOUS | 100, AVENUE DES PINS EST, AoNTRÉAL I BILLETTERIE 514 845-7277 trices Hiam Abbas et Emmanuel Seigner, les cinéastes Xavier Beauvois et Maijane Satrapi, etc.11 faut dire que cette nouvelle initiative des courts métrages étudiants relève du prince Mou-lay Rachid, frère du roi.D’où sans doute ce jury de prestige et ce prix offert en soirée de gâa et tenue de soirée.Drôle de festival donc que celui de Marrakech, qui fête cette année en grande pompe ses dix ans.Des stars à la volée: Scorsese, Coppola, John Malkovich, Harvey Keitel, Charlotte Rampling, Catherine Deneuve, Kee-nu Reeves, les frères Dardenne et tout le gotha du septième art.Ces illustres viennent ici ravis (même pas payés pour le faire), logés au chic hôtel La Mamou-nia, traités comme des princes étrangers en visite chez le sultan dans la belle ville au pied de la chaîne enneigée de l’AÜas, dont le nom fait rêver.La presse vient de son côté pour les vedettes, qui défdent chaque soir sur le tapis rouge.Mais la compétition des longs métrages internationaux, de bon niveau, composée beaucoup de premiers films, ne parvient guère à créer l’événement sur la planète cinéphile.11 y a ici trop de contrastes entre les stars et les blms.Pire qu’à Cannes, où les deux axes s’affirment en parallèle.Ça paraît disproportionné.En arrière-scène: les éternels relents postcoloniaux.Le Maroc fuf de 1912 à 1956, sous protectorat français, et l’hommage rendu cette année par le festival au cinéma hexagonal ravive des blessures.Les médias algériens, par exemple, se plaignent de ne pas être invités au rendez-vous de Marrakech (des articles négatifs, criant au paternalisme, à la primauté des oeuvres étrangères sur les films du Maghreb, auraient déplu en 2009).Le cinéaste marocain Nabyl Lahlou a envoyé le 3 décembre dernier une lettre à Erancis Eord Coppola, invité d’honneur du festival.11 lui exposait la situation désastreuse du cinéma national: manque d’écoles spécialisées, survivance de 40 salles seulement qui diffusent à 97 % des films américains, production de trois ou quatre films par an, ces statistiques allant à l’encontre des chiffres officiels de 15 ou 20 films annuels.Un article du journal L’Expression à Alger expose l’affaire en ligne et s’enflamme, concluant avec raison qu’un festival ne signifie pas toujours que le cinéma du pays va bien.Toutefois, un rendez-vous comme celui-ci permet quand même des échanges entre les cinéastes marocains et étrangers, en plus d’imposer le Maroc et ses studios d’Ouarzazate, qui accueillent les tournages étrangers aux portes du désert, comme terre du septième art.Et hommage fut rendu cette semaine au cinéaste marocain Abderrahman Tazi (derrière l’extraordinaire Badi^ et à l’acteur disparu Larbi Doghmi.Le bon et le mauvais se mêlent dans un tissu complexe.Quant aux petites dames, voilées ou pas, massées devant le tapis rouge du Palais des congrès, elles rêvent aussi d’être vedettes un jour, une heure, un quart d’heure, sous le crépitement des caméras.Au Maroc comme ailleurs, le vent du star-système balaie tout Majorelle Et tant qu’à séjourner à Marrakech, on va faire un tour au merveilleux jardin Majorelle, joyau luxuriant de la ville, lieu quasi mystique avec ses végétaux issus des cinq continents, dont 400 variétés de palmiers et 1800 variétés de cactus, onze bassins d’eau, des kiosques mauresques ciselés, etc.Qn y court d’autant plus vite que l’expo Yves Saint Laurent et le Maroc a été inaugurée il y a trois semaines.Acquis en 1924 puis développés par l’artiste-peintre Jacques Majorelle, le jardin et ses dépendances menaçaient ruine et un hôtel devait prendre le relais des arbres quand Saint Laurent, avec son compagnon et associé Pierre Berger, l’ont acheté en 1980 pour le restaurer et le sauver.Ils devenaient propriétaires dans un même souffle de la villa Qasis qui le longe, dernière demeure du couturier, mort en 2008.Berger léguait récemment le jardin à leur fondation commune.Qn entre à Majorelle par la rue nouvellement rebaptisée Yves-Saint-Laurent.Les cendres du géant de la mode reposent entre bananiers et bambous, dans un monument commémoratif surplombé d’une colonne romaine.Le jardin ouvre sur un petit musée avec cette expo: Yves Saint Laurent et le Maroc.Qn y voit des robes inspirées des tenues du pays, dont certaines déjà admirées en 2008 à l’expo Yves Saint Laurent du Musée des beaux-arts de Montréal.Caftans, djellabas, burnous sont réinvestis par le couturier, avec les merveilleuses couleurs du Maroc: safran, ocre, prune, rubis, turquoise, etc., transfigurées sur étoffes par sa touche de génie.Mais la partie la plus touchante de cette expo consiste en reproductions manuscrites d’un album souvenir de Pierre Berger sur le rapport que lui et Saint Laurent entretenaient avec Marrakech et le pays.Les mots écrits se mêlent aux photos, aux dessins du couturier, tout en serpents et en arabesques.Un temps joyeux renaît, quand le couple a découvert le Maroc en 1966, achetant tout de suite à Marrakech sa première villa.La rencontre avec la ville ocre releva pour eux du coup de foudre.«Les oiseaux chantaient.L’Atlas barrait de neige l’horizon, les odeurs de jasmin mouraient dans notre chambre.Tout de suite, nous avons aimé cette ville, les gens, le pays», écrit Berger.Et un Saint Laurent dans la splendeur de sa jeunesse renaît sur ses photos, alors que le carnet de Berger rappelle un temps béni, avec les balades sur la place Jemaa el Ena, mais aussi le name dropping de toutes les célébrités qui les fréquentaient ou leur rendaient visite: Andy Warhol, la comtesse de Berteuil, l’écrivain américain Paul Bowles, installé de son côté à Tanger, etc.C’est manifestement là, surtout au cours des décennies 70 et 80, qu’ils ont été vraiment heureux.Sur un cliché.Saint Laurent au jardin Majorelle irradie dans son oasis à lui.Privilège du luxe extrême et du goût.Dans le récent documentaire L’Amour fou de Pierre Thoret-ton, la vie, l’œuvre, les collections et la passion qui liait les deux hommes passent aussi par ce jardin Majorelle, sauvé par eux de la perdition.Qn arpente ses allées une dernière fois, songeant qu’il y a un côté colonialiste français là-dessous et une fortune colossale, mais on admire, que voulez-vous?Ils lèguent à la ville et aux visiteurs un havre de verdure qui sent ici bien bon.otremblay@ledevoir.corn Théâtre à lire En compagnie de.Michel Marc Bouchard Le dramaturge Michel Marc Bouchard dépeint son travail de création avec l'aide de comédiens livrant des extraits de ses pièces.Distribution : Céline Bonnier et François Arnaud Mise en scène : Philippe Lambert GRANDE BIBLIOTHÈQUE f L Le mardi 14 décembre à 19 h 30 À rAuditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal è.©©Berri-UQAM Autobus : 30,15 et 125 cead.qc.ca 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 banq.qc.ca ¦ [ll[^ CEEID BiblioUièque et Archives nationales Québec H H mm SAISON 2010-2011 I DÜ24N0VEMeBEyiU Textes : Yvan Bienvenue, Martin Boisclair, Simon Bouleriez, Michel Duchesne, Fabien Dupuis, Etienne Lepage, Véronique Pascal Avec : Jean-Robert Bourdage, Suzanne Champagne, Jean Marc Dalpé, Fabien Dupuis, Frédéric-Antoine Guimond Roger La Rue, Véronique Pascal ^ THEATRE LA Mise en conte : Martin Desgagne Une presentation du Theatre Urbi et Orbi en codiffusion avec le Théâtre Denise-Pelletier __£ EN HIVER COMME AU PRINTEMPS LE THÉÂTRE VOUS ATTEND! Münchhausen + Médée de la Salle Fred-Barry ___________ Offre valide jusqu'au 21 janvier 2011 72 spectacles au choix - 4 spectacles pour 81,( BILLETTERIE 514 253-8974 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 E 3 CULTURE Le retour du Cirque Mechanics ISABELLE PARE Après avoir conquis l’Amérique avec son Birdhouse Factory en 2008, le jeune Cirque Mechanics repasse par Montréal, cette fois pour partir à la conquête de l’Ouest.Avec Boom Town, version circassienne de la ruée vers l’or, la troupe plante ses pics et ses pelles à la TOHU pour le temps des Fêtes.La fascination des créateurs de Cirque Mechanics pour la mécanique et les gréements de tout acabit s’imprime encore une fois tout au long de cette production cartoonesques, droit sortie d’un album de liicky Luck.Après avoir fouillé le hlon de la chaîne de montage dans Bird-house Factory, sorte de fable anticapitaliste campée dans une usine, la troupe créée par Chris La-shua en 2004 se cherchait une nouvelle toile de fond pour rouler ses mécaniques et donner du piston.«Il nous fallait un décor qui soit inspirant pour ces nouveaux gréements.La mine d’or nous fournissait le tableau idéal, avec tous ses appareils mécaniques, ses chariots et surtout, l’esprit d’aventure qui amine la ruée vers l’or», explique le directeur artistique de la troupe basée à Las Vegas.Pour cette création, spectacle familial par excellence durant la période des Fêtes, la complicité entre l’homme et la machine passera donc par le jeu des chariots, des poulies et des pioches, utilisés à toutes les sauces.L’excitation et le danger Dans un bled perdu, où débarquent toutes sortes de personnages avides de pépites d’or, l’histoire se bâtit autour de la guerre que se livrent deux saloons pour s’attirer les prospecteurs du nouvel eldorado.Boom Town, qui n’a rien des grottes chiliennes de l’Atacama, a, en fait, plutôt bonne mine.L’humour est omniprésent dans ce Boom Town, puisant dans l’imagerie des coyotes, road runner et arbustes roulants du Far West.«L’humour est encore plus important qu’avant, car il y a des expbsions et de la dynamite à tout moment, explique Lashua.Il y a un côté très noir à la conquête de l’Ouest, mais nous voulions en ré- véler le côté ensoleillé et humoristique.Mais ce n’est pas du tout un show de cowboy!» Ancien champion de cyclisme acrobatique, Lashua a bidouillé depuis 2008 une série de nouveaux gréements actionnés à l’aide de pédales, dont un mécanisme en forme de grue, d’où se balancera une trapéziste au bout d’un câble mobile.«L’idée, c’était de déplacer le trapèze pour pouvoir le balancer au-dessus de la foule et le faire pivoter en tous les sens», soutient Lashua.Le bricoleur a aussi concocté des mâts chinois inclinables, qui basculent de gauche à droite comme d’immenses manettes, et un trampoline sur rails.Le trampoline, nomade sur la scène, recueille au dernier moment les acrobates dans leur chute.«Cela traduit à la fois l’excitation et le danger qui règne dans la mine», soutient Lashua.La trame musicale puise abondamment dans l’harmonica et le banjo, sans sombrer totalement dans le blue grass, note Lashua.Les numéros de main à main, de rolla-bolla, de voltiges aériennes, de trapèze, de trampoline et les chorégraphies s’élancent plutôt sur du «country qui tourne vite au rock», dit-il.Quatre artistes de la première distribution seront en piste, accompagnés de cinq nouvelles recrues.Boom Town, qui a joué quatre semaines à SeatÜe en octobre dernier, sera de retour en avril prochain à New York, où Birdhouse Factory avait ravi la critique.Malgré sa feuille de route bien remplie, l’équipe du cirque des mécanos reste fébrile à quelques jours de sa venue à Montréal.«Le show est beaucoup plus jeune.Ça nous énerve un peu car Montréal est une ville de cirque.Nous avions tourné trois ans avant de venir à La TOHU pour la première fois.Pour nous, Montréal c’est vraiment comme le Broadway du cirque», soutient le fondateur de Cirque Mechanics.Reste à voir, cette fois, s’il y aura de l’or dans l’engrenage.Le Devoir BOOM TOWN Une production de Cirque Mechanics présentée à La TOHU.Du 15 décembre au 2 janvier.DARREN BASILE THEATRE Ëngage^vous, engagez-vous.Le Ludik Théâtre propose une pièce du petit-fils de Lacan à la Cinquième salle MICHEL BELAIR Cy est une folie, disons-le tout de suite.11 est sans doute déjà arrivé que trois gars trippent tellement sur un texte de théâtre qu’ils décident de former une compagnie pour le monter.Mais il est plus rare que l’on aille jusqu’à louer la Cinquième salle de la Place des Arts tout juste avant le temps des Fêtes pour offrir ledit spectacle à tout le monde.C’est précisément ce qu’ont choisi de faire Patrice Coquereau, Didier Lucien et Mario Morin en formant le Ludik Théâtre pour présenter une pièce du petit-hls de Lacan à la Cinquième salle.Sans filet ou presque Tout a commencé par un voyage en Suisse où Mario Morin visitait l’un de ses amis; il est revenu avec le titre d’une pièce de théâtre.Cravate Club de Fabrice Roger-Lacan, une comédie dramatique créée en France en 2001 et reprise fréquemment depuis.On lui en avait parlé comme d’une pièce sur l’amitié et sur l’engagement, et il la lit dès son retour ici.Morin est rapidement conquis, veut jouer le rôle d’Adrien et fait lire le texte à son ami Patrice Coquereau, qui craque lui aussi, qui se voit tout de suite mettre en scène la pièce à deux comédiens.et qui pense à Didier Lucien pour jouer l’autre rôle, celui de Bernard.dans lequel le comédien se voit tout de suite lui aussi.Comme ça.Une sorte d’élan collectif.Un même «Wow, c’est ça! On le fait! Là là!» Mais où?Mais comment?Et surtout, avec quel argent?Evidemment, le Ludik Théâtre, ça ne dit pas grand-chose aux subventionneurs habituels.Coquereau, Lucien, on connaît bien, mais Morin moins; puis, de toute façon, les «pourvoyeurs de fonds publics» laissent les nouveaux arrivants faire leurs preuves avant de dénouer les cordons de leur bourse.ce qui est un peu normal, convenons-en.Pas de sous, donc.Comme pour toutes les jeunes compagnies naissant chaque année dans la foulée des nouvelles fournées de finissants des écoles de théâtre.Rien.Zéro.Arrangez-vous! Dull au22janvier2011 De Martin McDonagh Mtee en scène Denis Bernard Traduction Fanny Britt Avec Antoine Bertrand, Frédéric Bianciiette, David Boutin, Daniei Gadouas et Audrey Rancourt-Lessard w" ¦% .« Le Pillowman célèbre la puissance de la création.» Le Devoir « Du grand grand théâtre » C'est bien meilleur le matin - SRC « Une mise en scène implacable.Le suspense est consten^ acteurs sont fabuleux (.) Un tableau parfait.» Je l'ai vu à la radio - « Un événement théâtral à ne manquer sous aucun prétexte.» LEDEVim Tâlé-Québec THÉÂTRE DU RIDEAU VERT JACQUES GRENIER LE DEVOIR Didier Lucien, Patrice Coquereau et Mario Morin Quand on vient de mettre le pied dans la quarantaine et que l’on fait sa vie dans le milieu depuis une bonne vingtaine d’années, ce qui est le cas d’au moins deux de nos trois nouveaux «jeunes» — Morin est un ingénieur converti au théâtre depuis peu —, c’est une sorte de gifle.Un défi plutôt.Comme du temps où l’on répondait par un duel en jetant le gant.Tous les trois, unanimes, ils décident de plonger.D’oser.Sans filet, ou presque.Les trois gars s’investissent à bloc dans le projet, bien décidés à produire le spectacle: ils se partagent les tâches et négocient une marge de crédit avec la Caisse d’économie de la culture.Ils font comme ont fait tous les Olivier Choinière, les Francis Monty et les Simon Boulerice des 10 ou 15 dernières années: tout en apprenant leur texte puis en répétant, tout en écrivant souvent, leur enthousiasme est transparent, rassembleur, et les voilà qui recrutent des presque bénévoles aux costumes, aux lumières, au décor et au son.Un autre ami aide bientôt à développer un site Internet (www.cravateclub.ca) et un lien Facebook où l’on peut s’amuser à inventer des répliques du spectacle.Déjà, ils se disent que le show va marcher fort, qu’ils vont rem- plir leur salle et qu’ils pourront ensuite partir en tournée partout à travers le Québec.De vrais petits jeunes.Mordus.Fringants.Qui font comme s’ils tenaient absolument à démontrer la pertinence du texte de Roger-Lacan, qui porte, rap-pelons-le, sur l’amitié masculine et l’engagement.CQFD: pour de vrai dans la vraie vie.Un show de mise au point Les trois complices sont attablés au fond d’un petit café près de la Cinquième salle, dans le ventre de la Place des Arts.Visiblement, le risque les galvanise: l’air devient rapidement électrique, explose en grands bruits de voix.Ils se laissent aller chacun leur tour à des phrases qui dérivent dans l’exagération et la démesure au milieu des éclats de rire.Ils s’amusent.Qn sent la fierté qu’ils ont d’oser.Ils parlent en salve et il est parfois difficile de distinguer qui dit précisément quoi.C’est Lucien, je crois, qui revient d’abord sur le texte de Cravate Club.11 a l’habitude des productions hors normes, lui qui fréquente le NTE et qui a souvent accompagné les délires du «bon docteur Crête», et il tient à dire que le texte de Roger-Lacan joue sur plusieurs registres à la fois.«C’est un texte qui, à partir de petits détails, descend parfois en des spirales très profondes jusqu’au centre des choses.Il interroge les limites de l’amitié masculine, oui, mais c’est toutes les formes de l’engagement qu’il remet aussi en question.» «C’est aussi une réflexion sur l’étape de la quarantaine, poursuit Coquereau.L’âge qui nous fait nous demander, souvent, si l’on ne s’est pas trompé en faisant les choix qu’on a faits.Si l’on investit vraiment dans ce que l’on veut faire plutôt que de se laisser porter par la routine.» Morin enchaîne en soulignant à quel point on en arrive parfois à tenir les autres, et surtout ceux qui sont souvent le plus près de nous, responsables de tout ce que nous n’osons pas faire.«C’est un show sur la dépendance affective et l’apitoiement sur soi-méme.Un show de mise au point, de mise à jour, de ménage», dira Coquereau avec un drôle de geste des mains qui fait s’escMfer tout le monde.Ils foncent, donc,, trois hommes et un projet.A moins d’une semaine de la première, ils sont confiants, heureux des risques qu’il reste encore à affronter.Ils plongent dans l’aventure parce qu’ils y croient, parce qu’elle est pour eux nécessaire.«Parce qu’il faut faire les choses auxquelles on croit», dit je ne sais plus qui.«C’est une sorte d’anti-j’aurais-donc-dû; d’antidote à la frustration», réplique un autre.11 est réjouissant de voir que le théâtre peut toujours prendre la forme de l’audace et du risque.Encore plus quand c’est l’engagement qui le définit.Le Devoir CRAVATE CLUB Un texte de Fabrice Roger-Lacan mis en scène par Patrice Coquereau, avec Didier Lucien et Mario Morin.Une production Ludik Théâtre présentée à la Cinquième salle de la PdA du 14 au 23 décembre.On se renseigne au 514 842-2112.DÉJÀ COMPLET À PLUS DE 60 %.FAITES VITE ! ESPACE GO PROJET ANDROMAQUE & DE JEAN RACINE AVEC ANNE DORVAL MISE EN SCÈNE DE SERGE DENONCOURT DU 18 JANVIER AU 12 FÉVRIER 2011 + LOUISE CARDINAL + JEAN-FRANÇOIS CASABONNE + FRANÇOIS-XAVIER DUFOUR + JULIE MCCLEMENS + MARIE-LAURENCE MOREAU + OLIVIER MORIN + MANISOLEYMANLOU UNE PRODUCTION ESPACE GO THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTREAL 514845-4890 ESPACEGO.COM ADMISSION 514790-1245 ADMISSION.COM 4664, rue Saint-Denis BILLETTERIE 514 844-1793*’ CHAT EN LIGNE rideauverl.qc.ca L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE CHOISISSEZ UN MINIMUM DETROIS SPECTACLES PARMI LES CINQ ENCORE DISPONIBLES. E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 CULTURE DANSE Le jour d’enfer de Casse-Noisette CATHERINE LALONDE Quand elle est arrivée, nouvelle recrue des Grands Ballets Canadiens de Montréal, Valentine Légat a été étonnée de voir day from hell au calendrier de travail : la générale, le jour de l’enfer de Casse-Noisette, seule répétition en théâtre, la veille de la première, où petits pas, petits rats, costumes et orchestre, doit tomber en place.Elles sont trois, longilignes dans leurs survêtements noirs.Trois noisettes professionnelles, certaines aux pointes plus cassée^ que d’autres.Comme Marie-Eve Lapointe, demi-soliste, qui entame cette année son dixième Casse-Noisette, après l’avoir dansé, émerveillée, pour la première fois, à douze ans.Alors que la toute jeune Valentine Légat, timide apprentie, le fera pour la première fois, même si elle a tâté, en Estonie, d’une autre version du sucré classique des Eêtes.Xuan Cheng, soliste, est du ballet de Noël pour la deuxième année.IL En répétition Doigts de pieds Ce n’est pas parce que le conte d’Hoffmann, version Eernand Nault, revient GBC depuis 1964 que les danseurs ronronnent comme des machines bien huilées.Au contraire, expliquent les trois interprètes, la reprise est un de leur stress de l’année.Deux semaines de répétitions seulement sont consacrées à l’apprentissage, ou au ré-apprentissage JOHN HALL des rôles.Une comparaison?Le montage de Léonce & Léna, il y a quelques semaines, s’est étalé sur huit semaines.Vrai que plusieurs danseurs connaissent leur Casse-Noisette sur le bout des doigts de pieds.Mais les rôles permutent d’une année à l’autre et, comme toujours aux GBC, pour que les corps et les esprits restent frais, d’un soir à l’autre, les cent cin- Nâîssâîices SSe SS Sua»n, de De et avec: FRANCINE ALEPIN, GARY BOUDREAULT, SIMON BOULERICE, STÉPHANE DEMERS, CATHERINE VIDAL Direction artistique: DANIEL BRIÈRE ET ALEXIS MARTIN 9SDace - LE DEVOIR Du 30 novembre au 18 décembre 2010 A Espace Libre 1945 Fullum, métro Frontenac Réservation: 514 521-4191 www.nte.qc.ca Jl/NloR J Yves Renaud ACTIVITE DES FETES Af€A(ANTo LES WétoPIES PU BoNHevR 27 et 30 décembre - 11 h (fr) 28 décembre 11 h (fr) - 15 h (ang) 29 décembre 11 h (ang) - 15 h (fr) CHANSON ET THÉÂTRE 5 ans et + ATELIER LYRIQUE De l'opéra au jazz en passant par la musique populaire, des chanteurs, comédiens et musiciens vous entraîneront dans un univers de fête foraine où tous les rêves sont permis.quante personnages sont répartis en deux distributions différentes.Ainsi, chaque danseur peut interpréter jusqu’à sept rôlçs, dit Marie-Eve Lapointe.A chaque apnée, souligne encore Marie-Eve Lapointe en riant, cette multiplication des charges entraîne une part de confusion.«On a toujours droit à quelques entrées paniquées,» indique-t-elle, de danseurs qui en-hlent le mauvais costume et se rattrapent à la dernière minute, oublis qui créent de rigolos ballets catastrophes en coulisse.Casse-Noisette, c’est aussi la musique assurée par l’orchestre des GBC.Comme il serait trop lourd, hnancièrement, de faire les répétitions avec les musiciens, les danseurs pratiquent sur la musique enregistrée, en présence du maestro Allen Lewis.Ce n’est qu’à la générale que les interprètes bougent sur la musique live.Une seule journée, donc, dans le trac de veille de spectacle, pour que tout tombe en place: la musique, les pas, les costume et les enfants, et ce, pour les deux distributions.A day from hell, reconnu par la compagnie et indiqué, tel quel, au calendrier.Et elles pouvaient, chacune, choisir leurs rôles pour Tan prochain?Valentine aimerait, dit-elle doucement, faire les Chinois.«Quoi?Really?mais c’est masochiste!» s’exclament de concert Lapointe et Cheng en riant.En anglais, Cheng précise: «Comme les Gouttes de rosée, les Chinois ne sont sur scène que quelques minutes, et doivent, à partir de rien, être spectaculaires et puncher.Dans un pas de deux, tu as le temps de prendre la scène et l’espace.Mais les Chinois.tu es en coulisse, tu as froid, tu entres dans une boîte même,» et il faut pétiller, d’un coup, toutes étincelles dehors.Après dix Casse-Noisette, com-pient garder la flamme?Marie-Eve Lapointe: «Je fais encore la Jête avec les enfants.C’est le travail avec eux, si émerveillés, que faime encore.» Et le déh de garder le niveau de professionnalisme avec des petites souris parfois endormies, parfois surexcitées à cause du chocolat gobé avant le spectacle.«Cette année, ils me semblent particulièrement tannants,» avoue-t-elle, tout sourire, «surtout les garçons.» Ça promet, pour le jour d’enfer de Casse-Noisette.Le Devoir CASSE-NOISETTE Chorégraphie de Fernand Nault présentée par Les Grands Ballets Canadiens de Montréal à la Place des Arts, du 11 au 30 décembre.SPECTACLES Beast : la bête reprend son souffle Betty Bonifassi et Jean-Phi Goncalves offrent trois derniers concerts avant de prendre une pause PHILIPPE PAPINEAU Repasser en accéléré les 45 minutes de notre rencontre avec Betty Bonifassi donne une image plutôt fidèle des 24 derniers mois de l’aventure du duo montréalais Beast, complété par Jean-Phi Goncalves.11 y a beaucoup de rires, d’intensité, une dose de confession, une autre de bonheur éclatant et, au final, l’aveu d’une certaine fatigue.C’est que deux ans après le lancement de leur premier disque — et 200 concerts plus tard —, les deux Montréalais d’origine française sont mûrs pour une année en jachère.Mais avant de partir, ils offrent trois derniers concerts aux Québécois.Le dernier tour de piste commencera mercredi à la Chasse-galerie de Lavaltrie, puis au Métropolis de Montréal le lendemain et au Grand Théâtre de Québec vendredi.Sa tuque verte un peu rasta sur la tête, Betty Bondassi assure que ces derniers spectacles seront «différents de ce que les gens ont vu au Festival de jazz et avant».Musicalement, depuis les premiers concerts, la musique a bien sûr pris de l’ampleur, mais Beast a aussi décidé de laisser tomber les séquences vidéo.«Je voulais beaucoup plus d’éclairage, surtout pour le Métropolis, explique celle que Ton a déjà entendue avec Champion et aussi dans Les Triplettes de Belleville.J’ai donné carte blanche à l’éclairagiste Mathieu Roy.Souvent il y avait des conflits entre la vidéo et sa construction de lumière.Là, on lui a donné tout l’espace.» Des espoirs parfois déçus Quelques jours avant la parution en magasin de leur album «trip-rock», en novembre 2008, Betty Bonifassi et Jean-Phi Goncalves (Plaster, Afrodizz, Ariane Moffatt) ont reçu l’appui tout numérique d’iTunes dans 22 pays.Leur morceau Mr.Hurricane étant même choisi «single of the week» dans six d’entre eux.Le téléphone s’est mis à sonner, et l’espoir d’un succès international a retenti.«Toutes les grosses maisons de disques ont voulu nous faire pré-si-gner, raconte la Niçoise./e te parle d’Island Record, de Verve, de Mercury.On s’est entendus avec tous ces gens-là en distribution, une maison de disques par territoire.Mais la grosse claque, c’est qu’on a fait une tournée pour consolider ça, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande.mais on n’a rien consolidé.Island Record voulait juste me faire signer moi, me comparant à la prochaine Shirley Bassey, mais j’ai refusé.Je veux qu’il marche, ce banddà.» Parti plein d’espoir.Beast est revenu les mains presque vides, et a reconstruit au Québec.«Ce sont les Québécois qui ont fait de nous ce qu’on est.Pas les Canadiens, les Québécois.C’est au Québec que ça marche grave, c’est ici qu’on scelle tout et qu’on fait le party.» Le cœur d’une mère Les bons coups de Beast sont nombreux.Entre autres faits d’armes, le duo a été nommé aux Granunys pour un de ses vi-déoclips, récompensé à TADISQ cette année, et certifié disque d’or avec ses 40 000 copies vendues.Ce qui n’est pas de la tarte.La suite.Beast veut qu’elle se déroule différemment.D’abord, Bonifassi et Goncalves envisagent déjà leur deuxième disque avec une approche plus orchestrale, et les prochains mois leur permettront de faire leurs classes en la matière.Betty rode d’ailleurs un projet de cabaret musical burlesque.Mais surtout, elle veut que le groupe optimise davantage ses activités.Et c’est le cœur d’une mère d’un jeune garçon qui prend plus de place ici.«Il faut préparer les coups.Si on part pour un mois et demi, il faut qu’il se passe de quoi.Si je n’ai pas vu mon enfant pendant un mois et demi, il faut qu’il se produise quelque chose.Ça veut dire préméditation, calcul, préparation, organisation.» Cette pause d’un an rend Bonifassi un peu triste, mais la chanteuse est sereine.«Moi, Beast, je le pense à long terme.Et pour ça il faut ménager sa monture.Jean-Phi et moi, on n’était plus ouverts à la créativité de chacun.Mais on finit en beauté, à la maison, avec des gens qui nous aiment, et qui vont remplir les salles et nous donner tout l’amour du monde.Et vice versa! Et j’ai hâte! dit-elle en martelant la table.J’en.peux.plus!» Le Devoir ¦ A Lavaltrie le 15 décembre (25 $); à Montréal le 16 décembre (29 $) et à Québec le 17 décembre (31,50 $, prix étudiants disponibles).PROGRAMMATION COMPLÈTE pdajunior.com FARTENAIRE MÉDIA LE DEVOIR ^ laplacedesarts.com ^ 514 842 2112/1 866 842 2112 17 AU 27 FÉVRIER 2011 12° ÉDITION FESTVM Financière Sun Life mtmtO'ÿfieoèata.SOfi FEMMES A L'HONNEUR BILLETS EN VENTE MAINTENANT! L'ORÉAL RIER 20h ThBlMieiniibimiieuve.PdA lavobdu Bueno Vista SocM Club D’HONNEUR 20 FEVRIER 20h 26 FEVRIERS Théâtre Maisonneuve.PdA TheatreiMiisenneuve.PdA présenté par AIRFRANCE^ en collaboration avec PREMIERE PARTIE: ALBIN DE LA SIMONE MONTREALENLUMIERE.COM l»;ljjU1-l nMO A AIRFRANCEy FtanncUR^ ACHATS EN PERSONNE A LA BILUHERIE CENTRALf DU FESTIVAL: MÉTROPOUS 59, rue Sainte-Catherine Est (sauf pour les événements présentés à la Place des Arts) /\chats par téléphone ou sur Internet: 514 790-1245 * admlsslon.com , .« 514 790-1245 • tlcketmaster.ca 11 TMsurfecelX)Ok.OTn/nnc«itrBalenlumière INFD-UIMIËRE 51428a.9955 185LUMIERES PLACE DES ARTS 514 842-2112 • 1 866 842-2112 laplacedesarts.com DMO Q AIRFRANCE./ R>^« L'ORÉAL IlioRMal MontréalO CanadS LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 E 5 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Quelques idées pour les Fêtes Suggérer un cadeau pour un mélomane n’est pas forcément aisé.Néophyte ou spécialiste?Musique ancienne ou romantique?Voici quelques idées pour tous les goûts, tous les budgets et tous les niveaux.CHRISTOPHE HUSS Dans un premier tour d’horizon, dans notre cahier Cadeaux il y a trois semaines, nous avions surtout évoqué les «gros objets», comme cette réédition de l’intégrale Bach Haenssler en 172 CD, finalement vendue au pays entre 253 et 390 dollars selon les enseignes, ou le coffret en édition limitée Musique sacrée d’Harmonia Mundi.Il faut ici aussi rappeler le meilleur choix 2010 des œuvres classiques liées à Noël: le surprenant et pétulant Oratorio de Noël de Bach par Riccardo Chailly à Leipzig (Decca).Le marché des nouveautés des «disques de Noël» est dominé, sur le plan vocal, par le CD Carols & Christmas Songs de Bryn Terfel chez Deutsche Grammophon et, sur le plan ins-trumental, par une parution québécoise, le Noël d’Angèle Dubeau et La Pietà.Le premier est un disque traditionnel dans l’esprit des fêtes, le second un disque d’accompagnement à écouter calmement pendant les Fêtes.J’aimerais ici ajouter une parution atypique mais glorieuse: Santo du ténor péruvien Juan Diego Florez (Decca), qui continue un sans-faute discographique.Santo n’est pas à vrai dire un «disque de Noël», mais un CD d’airs sacrés contenant quelques classiques de Noël: Minuit chrétien, Adeste Fidèles, et un suprême Every Valley du Messie de Haendel.Fortement conseillé.Retour à rancien Un lecteur, monsieur Jacques Desrosiers, me posait récemment la question suivante: «Durant la période des Fêtes, on écoute beaucoup d’œuvres écrites pour l’occasion, comme L’Oratorio de Noël, Le Messie.Mais il y a aussi toutes ces heures tranquilles, dans les creux entre les festivités, où l’on écoute autre chose.En ce qui me concerne, c’est souvent des sonates pour piano, comme celles de Mozart ou Clementi Auriez-vous des suggestions?Quels interprètes et quelles autres musiques?» Pour sortir du répertoire pia-nistique, voici deux disques suprêmes de musique ancienne et baroque.Le premier, nous en avons déjà parlé dans ces colonnes, est une nouveauté 2010 signée Jordi Savall: Le Concert spirituel au temps de Louis XV, regroupant des œuvres de Corelli, Telemann et Rameau (Alia Vox).Le second, qui vient de paraître est aussi sublime qu’émouvant.Il s’intitule Et la fleur vole.Ces «airs à danser et airs de cour autour de 1600» sont enregistrés pour l’étiquette française Alpha par Les Musiciens de Saint-Julien sous la direction de François Lazarevitch.Sublimes: le tact et la science des rythme^ et des coloris des interprètes.Emouvant, car c’est le dernier disque produit par le fondateur d’Alpha, Jean-Paul Combet.Ce «pur», en 167 CD, est entré dans l’histoire de l’édition phonographique.Sa fin de carrière — ce disque — est à la hauteur de son parcours.Si vous appréciez la «Musique de table» baroque, rappelons que Telemann est l’inventeur du concept de Tafelmusik et que l’intégrée de cette Tafelmusik vient de trouver sa version de référence, par l’Orchestre baroque de Fribourg, en un élégant coffret de quatre CD Harmonia Mundi.De un à onze Du disque isolé au coffret, élargissons nos suggestions à la musique symphonique et au piano.Si vous aimez la musique symphonique et recherchez une «perle rare», à la fois sur le plan musical et sur le plan technique, tournez-vous vers le choc de l’été musical québécois: l’Orchestre symphonique de Pittsburgh.Avec son chef Manfred Honeck, il vient d’enregistrer pour le label japonais Exton, distribué au Canada par Allegro, une divine 4e Symphonie de Mahler, véritable livre d’images sonores.C’est le grand CD symphonique de cette fin d’année.Le coffret que nous recommandons à tous les amateurs d’orchestre est un coffret de 11 CD édité par FMI: Rudolf Kem-pe, Shy Genius of the Podium.L’humanité de Rudolf Kempe (1910-1976) est exceptionnelle et son art se caractérise par une véritable mise en lumière de la polyphonie orchestrale.Le coffret mêle des enregistrements connus — Richard Strauss à Dresde, une référence pour l’éternité, ou des extraits de ses intégrales d’opéré — et des raretés, comme le premier Don Quichotte de Strauss, à Berlin en 1958 avec Tortelier, ou les trois derniers disques (Wagner, «bonbons symphoniques», valses et polkas) avec le Philharmonique de Vienne, des sommets qui à eux seuls valent le prix du coffret Pour les amateurs de piano, deux coffrets de quatre CD chacun.D’ici, Mon coffret Radio Canada d’Alain Lefèvre, ses enregistrements devenus introuvables, datant d’une époque (1996-1999) où il était tout sauf une vedette reconnue dans son mn KifliiiiiE KMSfUtit f |ljlMEilVIN-S09 ,/7 , i, i J tfV ' ' i; •M l ¦ I 2010 SÉ|ftYlOMI|9Oi80lftlE aes^lièatré des fiasB» Wdndss 7289 rsé sha8ot tmétrs lalifèi Les deuxnnondes USINE @ rudolî^ turn S?seethoven SRAHMS MEUOHLSSOHN dvôrAk STRAUSS ir WAGNE J.STRAUSS 1 pays.Le doute et la douleur affleurent notamment dans des Ballades poignantes de Chopin et Brahms.Destiné aux amateurs de raretés historiques, un coffret révèle enfin le legs d’une pianiste hongroise qu’un CD paru chez Pearl avait sauvée du total oubli: Sari Biro.L’étiquette Cambria (distribution Naxos) a tout rassemblé de cet héritage gravé essentiellement entre 1944 et 1954.Ce coffret pour happy few, révélera aux oreilles tolérantes une «Rudolf Kempe du clavier».Enfin, pour les mélomanes lecteurs, signalons la réédition en coffret, dans la collection Bouquins de Robert Laffont, des deux volumes du Mozart de Théodore de Wyzewa et Georges de Saint-Foix, ouvrage ancien, mais toujours impressionnant.Le Devoir BLUES L’île de Manx Harry de son prénom n’a pas son pareil pour créer une atmosphère, un climat SERGE TRUEEAUT La compilation du voyageur est arrivée.Pile, poil avant «nos-elles».Le voyageur?Harry Manx, le David Livingstone du blues touillé à la sauce indienne, celle de Madras ou du Taj Mahal.C’est au choix.Elle a été baptisée Isle of Manx, la compilation en question que publie le label Dog My Car Records.Isle of Manx parce que Harry de son prénom habite une île située au large de Vancouver.Isle of Manx parce Manx est né sur l’île de Man, un des paradis fiscaux de sa Majesté britannique situé en mer d’Irlande.Toujours est-il qu’entre cette dernière et celle de sa résidence, le chanteur qui joue d’un instrument bâtard, dans le sens noble du terme, parce qu’il est à la fois guitare et sitar, a fait un détour aussi long que Christophe Colomb.Bref, il a fait la route des Indes.Oui, oui, après avoir fait la manche, guitare aidant, sur la place Beaubourg et dans les rues de Tokyo à une époque où l’économie du pays était florissante, Manx a étudié pendant des années les gammes et harmonies indiennes au- L’ART NEUF www.artoeuf.com ^ CONCERT DE CLÔTURE * DES FESTIVITÉS DE LA XX® SAISON MUSICALE ?Le Chœur de l'Art Neuf présente ^ MAGNIFICIENCES PE NOËL ?UNE ÉPOUSTOUFLANTE REVUE DES CHANTS TRADITIONNELS DE NOËL COURONNÉE PAR LE MAGNIFICAT DE J .S.BACH Église Saint-Pierre Apôtre, 1201 de la Visitation (métro Beaudry) Samedi 11 décembre à20h dimanche 12 décembre à 14h Billets : 30$, 25$ en pré-vente et de 6 à 18 ans 5$ (514) 518-1668 ou www.artneuf.com Ou La Vitrine (514) 285-4545 www.lavitrine.com Presses de l’Université Laval Irène Brisson Les Violons du Roy A la mesure d'un rêve Irène Brisson Les Violons du Roy À la mesure d'un rêve Ce livre est accompagné d'un disque compact comprenant quelques enregistrements inédits LES VIOLONS DU ROY COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE C^uébecnn BILLETTERIE 514 521-4493 I USINE-CCOM 148 pages 39,95 $ Abonnez-vous à INFO-PUL vvvvw.pulaval.com près d’un maître indien, qui font qu’aujourd’hui Gentleman Harry est unique au monde.Pour s’en convaincre, au cas où on le connaîtrait pas, il suffît de s’approprier cette compilation qui regroupe 15 pièces pigées dans six albums que Maux a enregistrés au cours des dix dernières années.Sur certaines d’entre elles, il est seul.Sur les autres il est accompagné par un autre guitariste, le fin Kevin Breit, des percussionnistes inclinant pour le genre indien plutôt qu’africain auxquels se greffent parfois les mélopées chantées par deux ou trois vocalistes.Le tout débute avec Tijuana de l’immense J.J.Cale.Et le tout se termine avec un morceau dont on apprécie particulièrement le titre: Forgive & Remember.Il est en phase avec notre époque, le titre.Entre les deux, on nous propose surtout les compositions originales.En fait, pour être précis, on compte deux chansons empruntées à autrui.HARRY MANX ISLE of Manx Toujours est-il (bis) que ce Isle of Manx c’est le blues de la lenteur, de la méditation longue.Il n’a pas son pareil pour créer une atmosphère, un climat.Dire cela c’est dire surtout que Maux est unique.Unique au monde, on insiste.Il a une manière d’être musicien et chanteur à nulle autre pareille.On aime Harry Maux parce qu’il est lui et pas un autre.Mine de rien, cela est très rare.Le Devoir ENSEMBLE INSTRUMENTAE APPASSIONATA DANIEL MY5SYK DIRECTION ARTISTIQUE Aventure au pays de amour, jeudi 10 décembre à Pointe-Claire.Mozart, Grieg et airs de Noël, 20 h Concert jeunesse au Jardin botanique Le Carnaval Jes animaux Avec narration, projections et nouvelles musiques! Suivez Zita! Enfants de 6 à 12 ans Dimancke 12 décemkre 2010, 11 k 15$ ( pour 1 adulte et 2 enfants ) infos : 514 388-5876 www.appassionata.ca Conseil des Arts du Canada «tdnietCref Québec I a" Hydro Québec MuSS présente îmnmlM.rencontre Sckkrt Le 14 février 2011 m Théâtre Ümormme ‘Evénement èénéfice Soirée St-Vakntin ?^citd et souper ^ c(mcerts@promumLqc.ca 514-845-0532 Récital seulement laplacedesarts.com Billets en vente à : 5143422112/18668422112 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 DE VISU L’art conceptuel illustré Le texte ne rend pas hommage à l’art conceptuel, mais fait plutôt écho à ses détracteurs 3 CANONS Clément de Gaulejac Occurrence, espace d’art et d’essai contemporain 5277, avenue du Parc, Montréal Jusqu’au 22 janvier MARIE-ÈVE CHARRON Clément de Gaulejac compte encore peu d’expositions en solo à son actif, la dernière en galerie remontant d’ailleurs en 2007.Celle que présente Occurrence depuis samedi dernier pourrait toutefois marquer d’une pierre blanche le parcours de l’artiste, qui semble avoir trouvé ici l’expression juste pour des enjeux qu’il explore depuis ses débuts.De surcroît, ce que Gaulejac fait participe d’une tendance observée dans les pratiques actuelles consistant à réévaluer l’héritage de l’art conceptuel.Les trois canons annoncés par le titre de l’exposition désignent en effet trois projets qui revisitent des figures canoniques de l’art conceptuel des années 1960-1970.Alors que Gaulejac se propose de faire de telles relectures, circule depuis l’automne l’exposition Trafic.L’art conceptuel au Canada 1965-1980.Ce projet, visant à présenter un récit qui se faisait manquant de l’art conceptuel au Canada, témoigne d’un regain d’intérêt pour ces pratiques dont les résurgences actuelles, qualifiées de concep-tualistes, ont par ailleurs souvent été montrées ces dernières années chez Vox et à la galerie Leonard & Bina Ellen.Gaulejac trouve sa place dans cette mouvance en empruntant un ton humoristique et en appuyant mais parfois trop, sur la simplicité de sa lecture, enlevant ainsi à l’art conceptuel son caractère sévère et élitiste.Déjà intéressé, dans ses travaux antérieurs, par le détournement de signalétiques et les jeux à partir d’expressions toutes faites, dans l’esprit du readymade duchampien, Gaulejac aligne ses plus récentes productions autour de l’héritage conceptuel.Il atteste son existence à travers une fréquentation très personnelle, différée et volontairement décalée de ses conventions.Bien que l’artiste s’approche de ces canons artistiques par un traitement trivial, il semble néanmoins entretenir envers eux une fascination qui s’apparente à celle que l’on retrouve dans d’autres pratiques de la reprise, chez Thérèse Mastroia- covo et Sophie Bélair-Clément par exemple.Cette fascination tient peut-être au fait qu’une part de l’art conceptuel reste insaisissable.En résistant à la matérialisation, l’art conceptuel s’est transmis à travers de la documentation et les récits de ses protagonistes, entraînant de ce faît une brèche, une ouverture propîce à la fiction et à la relecture.Gaulejac emprunte cette ouverture par le truchement de l’illustration, activant ainsi un autre héritage, celui d’Hergé.De Hergé à Buren La plus claire mention à Hergé se révèle dans l’œuvre Fonds, un diptyque reprenant sur toile encadrée le motif des pages de garde de la série des aventures de Tintin.Le motif est un accrochage de cadres, une galerie de portraits vidée de ses visages.Gaulejac ne retient donc que le dispositif, le cadre qui, par métonymie, évoque le contexte (physique et muséal) de l’art.C’est lui que l’art conceptuel a largement contribué à rendre visible dans une de ses fonctions primordiales qui consiste à désigner ce qui est, ou non, de l’art.Indirectement, l’influence de Hergé se manifeste aussi dans la série Le Livre noir de l’art conceptuel, des vignettes qui évoquent des jalons de l’histoire de l’art conceptuel.Les artistes notoires et leurs énoncés artistiques deviennent les personnages de chroniques illustrées au moyen de lignes épurées et d’aplats colorés.Leur facture légèrement surannée a pour effet de rappeler qu’il s’agit d’un dialogue avec le passé qui s’avère irrémédiablement perdu.L’artiste en profite pour reprendre à sa guise des documents photographiques ou bien invente l’imagerie d’œuvres dont l’existence n’a été que relatée.Des énoncés textuels complètent les images où l’artiste démontre ses talents d’illustrateur, qu’il exerce d’ailleurs aussi pour certains journaux.Le texte ne rend pas hommage à l’art conceptuel, mais fait plutôt écho à ses détracteurs.C’est comme si, tout en cherchant à comprendre et à relever l’importance de cet héritage, l’artiste voulait en pointer les limites et les paradoxes par le ridicule.Toutes les vignettes ne font pas mouche, les énoncés textuels ayant parfois trop peu de rapport avec l’image ou simplifiant à outrance les enjeux de l’œuvre citée.OFFREZ UN BEAU DÉTOUR POUR NOËL ! -13 mars lancement de notre 25° saison -17 avril le Requiem de Duruflé au temps de Pâques - 20 avril l’exposition Marc-Aurèle Fortin à Québec - Mai en préparation au voyage de i’automne, conférences sur Berlin, Leipzig et Dresde.jF' Les, peaux detours www.iesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont ANDRE JASMIN IM FERNANDTOUPIN, r.ca.Rétrospective d'œuvres miniatures période matiériste (1968-1991) I will nci make onj mm 1 will not make more • tr'r Fart conceptuel ne tient pas ses promesses CLEMENT DE GAULEJAC Deux vignettes de la série Le Livre noir de l’art conceptuel, de Clément de Gaulejac, vignettes qui évoquent des jalons de l’histoire de l’art conceptuel.Malgré le ton naïf, cet art s’adresse encore à un public aimant jouer avec les références de l’art.La facture des images donne l’apparence de rendre son contenu abordable, mais celui-ci ne sera que difficilement décodé, faute d’avoir les références.Pour minimiser ces lacunes, l’artiste fournit une liste des figures auxquelles renvoient ses vignettes, non pas pour enseigner avec justesse les sources, mais pour signaler le caractère personnel de sa lecture.Acconci, Duchamp, Smithson, Baldessari, Piper et Weiner figurent notamment dans la série Le Livre noir de l’art conceptuel, dont l’intégralité sera d’ailleurs publiée dans le livre du même nom, qui sortira prochainement aux éditions du Quartanier.Le troisième canon est Daniel Buren.L’œuvre Les Drapeaux de Buren est une vidéo s’inspirant de Neuf couleurs au vent, installation située dans le parc Lafontaine à Montréal.Buren a défendu une forme d’art inséparable de son contexte de présentation à travers la notion de Vin situ, formulant ainsi une critique de l’institution muséale.C’est moins cette contribution qui semble retravaillée par Gaulejac dans son œuvre que le rejet du «faire».Celui-ci découle de l’usage des rayures standardisées que Buren a érigées en signature.La vidéo filme le chant d’une chorale dont les paroles évoquent justement le travail d’un «nous», ceux qui tissent, plient et livrent les drapeaux de Buren.Voilà des acteurs que l’histoire de l’art conceptuel avait oubliés et que Clément de Gaulejac fait ressurgir d’amusante façon.Collaboratrice du Devoir Cheminer dans l’herbe haute Françols^avler Marange RÉTROSPECTIVE 2000-2010 I .^ Fart conceptuel a peur de tout CLEMENT DE GAULEJAC savoirs, 20CO, acrylique sur toile, 47 x 142 cm (Courtoisie de la Galerie Simon Biais) DU 2 DÉCEMBRE 2010 AU 9 JANVIER 2011 Cette exposition est produite par ia Maison de la culture de Viiieray-Saint-Michei-Parc-Extension Salie de diffusion de Parc-Extension 421, rue Saint-Roch 514 872-6131 Heures d'ouverture Mercredi : 13 h à 20 h Jeudi et vendredi : 13 h à 18 h Samedi et dimanche : 13 h à 17 h Lundi et mardi : fermé GALERIE BERNARD 3926, rue Saint-Denis, Montréal jeudi et vendredi 11 h à 19h samedi et dimanche 12h à 17h (514)277-0770 Villeray Saint-Michel ftirc-Extension Montréal! La revue INTER, ART ACTUEL tient à féliciter RICHARD MARTEL, son rédacteur en chef, lauréat du Prix Videre « Reconnaissance » remis à un artiste en arts visuels de la Capitale nationale du Québec pour l'ensemble de sa carrière dans le cadre des Prix d'excellence des arts et de la culture décernés par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches et remis par l'organisme Manifestation internationale d'art de Québec.www.inter-lelieu.org LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 E 7 DE VISU EXPOSITIONS Rouge de maturité ROUGES Françoise Sullivan Galerie Simon Blais, 5420, boulevard Saint-Laurent Jusqu’au 24 décembre JÉRÔME DELGADO La grande aire d’exposition de la galerie Simon Blais baigne dans le rouge.Un rouge lumineux et éclatant qui émane des peintures récentes de Françoise Sullivan — toutes de 2010, sauf erreur, et réalisées en trois mois.Même le banc en bois au milieu de la salle donne l’impression d’en être imprégné.A 85 ans, l’artiste ne fait pas qu’éblouir par sa vivacité.Ce corpus, d’une vingtaine de tableaux, grands formats (les «Rouges») et petits (des «Séries»), est d’une belle cohérence, et non pas seulement à cause de la thématique chromatique.L’artiste vogue sur le même élan qui l’anime depuis quelques années.Une peinture monochrome, aux couleurs très vives et appliquées sous la répétition d’un geste, à la manière d’un Mark Rothko, qui a éclos tardivement.C’est par la danse qu’elle est arrivée, c’est par la sculpture qu’elle s’est assuré une visibilité, c’est par la peinture qu’elle atteint une nouvelle maturité.ANDREANNE ROY Vue générale de l’exposition Rouges, de Françoise Sullivan Une judicieuse exploration Sullivan pratique la peinture depuis un certain temps, depuis les années 1980 et ses «tondi», qui ont acquis une certaine re- nommée, ou même avant si on pense aux tableaux hguratife précédant la révolution automatiste à laquelle elle a participé dans les années 1940.Mais le penchant pour ime facture plus, disons, ré- duite ou retenue, est apparue par petits coups.Il a vraiment pris de l’ampleur avec la série Hommages (2003), dévoilée lors de la rétrospective que lui a consacrée le Musée des beaux-arts.Entre une peinture gestuelle et la géométrie minimâiste, les huiles de Françoise Sullivan peuvent donner l’impression de ne ressasser que de vieux dis-coius.Il en allait ainsi de sa première expo chez Simon Blais, en 2007.Cette fois, aidé sans doute du liant rouge, l’ensemble e^osé se révèle comme une judicieuse exploration autant de la couleur et de la lumière qui en émane que des richesses et limites de la peinture.Le motif du triangle, ou d’une figure géométrique qui se poursuit hors champ, ainsi que ses toujours troublantes compositions qui confondent fond et forme, sont un signe récurrent dans cette variation sur le même thème.Autant que toutes ces nuances de rouge: amarante, brique, carmin, cerise, magenta, écarlate, vermillon, grenat.Nommez-les, elles ont toutes été vues et recensées, y compris J’azoïque et l’onde de fer, par Eve Dorais, qui signe le texte du fascicule publié pour l’occasion.C’est non sans raison que le titre de l’expo porte le «s».Sullivan pointe aussi la simple question de la dénomination d’une couleur.Là où elle voit du rouge, des rouges, d’autres verront de l’orangé, du rose, du jaune même.Collaborateur du Devoir la collection la Peau de r Ou rs www.lapeaudelours.com à la maison de la culture Frontenac jusqu’au 16 janvier 2011 (info: 514.910.8906) H ^ ^ IS ^ UEMPEREUR GUERRIER DE ET SON ARMEE DE TERRE CUITE À MONTRÉAL! OFFREZ LA CHINE À NOËL! FORFAITS BILLETS ET CADEAUX DISPONIBLES empereurdechine.ca Petits Fonnats (chefs d’œuvres) jusqu’au 30 décembre Dallaire Perron Fortin Gagnon Krieghoff Franchère Lemieux Letendre McDonald Pellan Riopelle Suzor-Côté Jean-Paul Lemieux -«Jeune Fille au bandeau rouge», huile 14”X10” Achetons immédiatement tableaux canadiens.Grande valeur offerte.Galerie Claude Lafitte depuis 1975 • 514.842.1270 2160 me Crescent, Montréal, www.lafitte.com y /'t, m H S M Une présentation de MUSÉE de: BEAUX-ARTS MONTRÉAL PAVILLON JEAN-NOEL DESMARAIS piment ^ roi^ La Capitale groupe financier DES LE 11 FEVRIER 2011 La plus extraordinaire découverte archéologique de la Chine et l’une des plus importantes dans l’histoire du monde présentée pour la première fois au Canada! Ne manquez pas cette opportunité unique d’admirer les trésors nationaux, inestimables, issus du mausolée de Qin, considéré comme la Huitième Merveille du monde.Près de 250 artéfacts archéologiques, couvrant 1 000 ans d’histoire de ia Chine, dont 10 scuiptures de terre cuite pius grandes que nature.Une exposition organisée par le Musée royal de rOntario, en partenariat avec le Bureau des reliques culturelles et le Centre de la promotion du patrimoine culturel de la province du Shaanxi, République populaire de Chine, avec la collaboration du Musée des beaux-arts de Montréal.De gauche à droite : Fantassin, officier de rang supérieur et cheval de cavalerie (détails).Dynastie des Qin, 221-206 av.J.-C.Musée de l'Armée en terre cuite du Premier Empereur.Images © Bureau des reliques culturelles de la province du Shaanxi et Centre de la promotion du patrimoine culturel du Shaanxi, République populaire de Chine, 2009.EVITEZ LES FILES D’ATTENTE,-^CHETEZvV^.BILLETS EN LIGNE DÈS AUJOURD’HUI SURI empereurdechine.cd 4f ¦ •=RADCLLFFEL^ ANQtlR-r E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 CULTURE VIE SUITE DE LA PAGE E 1 monde.Oubliez les documentaires sur les châteaux et autres merveilles patrimoniales que diffuse ici régulièrement l’émission Des Racines et des Ailes.Oubliez la France en ballon ou vu des airs des beaux livres de Noël.«C’estça la France.vu du soi!», note l’éditorial de l’excellent numéro spécial que consacre la revue Télérama au labeur et au laboureur.Là où vivent les gens En rendant hommage aux travaux pionniers de Walker Evans et Paul Strand, l’exposition fait aussi une belle place aux sources d’inspiration de Raymond Depardon.Dans le même magazine, il explique sa passion pour la photo américaine, antithèse de l’école humaniste à la française.Ici, le paysage sert aussi de propos sociopolitique, puisqu’il montre «où vivent les gens».Jeff Wall n’est jamais mentionné.Et pourtant.«Pour faire un paysage, nous devons nous retirer à une certaine distance, assez loin pour nous détacher de la présence immédiate des autres (des figures), mais pas assez loin pour perdre la capacité de les distinguer comme agents dans un espace social, écrit l’artiste.Rus précisément, c’est exactement au point où nous commençons à perdre de vue les figures comme agents que le paysage se cristallise en un genre.» L’artiste-théoricien dit encore que pour lui le paysage demeure «lié au fait qu’il rend visible la distance que nous devons maintenir les uns avec les autres afin de pouvoir nous reconnaître mutuellement pour ce que nous paraissons être dans des situations sans cesse changeantes».Cette citation est tirée d’un texte de 1995 intitulé Sur la création des paysages reproduit dans le très, très beau livre proposant SOURCE PHAIDON D’après Neige de printemps, par Yukio Mishima, chapitre 34, 2000-2005, photographie de Jeff Wall la collection la plus complète à ce jour de textes et de reproductions consacrés à son immense oeuvre.Jeff Wall est, et de loin, l’artiste visuel canadien le plus célèbre dans le monde.11 a d’ailleurs largement contribué à élever la photographie au sommet de la scène artistique contemporaine.Toutes les grandes collections s’arrachent ses travaux de grand format marqués par un sens surpuissant de la composition dramatique, évoquant tout à tour le cinéma et la peinture de genre.L’ouvrage a été dirigé par Thier- ry de Duve, hn connaisseur de l’artiste depuis des années.11 signe lui-même l’essai central.Trois autres essais sont signés par d’éminents historiens de l’art.On trouve aussi des entretiens et des écrits de Jeff Wall et bien sûr de très alléchantes reproductions de ses oeuvres.Evidemment, au total, la démarche de Wall s’avère très différente de celle de Depardon.Celui-ci se présente comme témoin photographique captant un événement-monument.Celui-là photographie des mises en scène souvent longuement plani- n y a 111 ans, Emile Berliner fondait à Montréal la première compagnie de disques au Canada: la Berliner Gramophone Co.Peu d'hommes ont marqué autant le domaine de l'enregistrement et la reproduction du son qu'Emile Berliner.a inventé le phonographe, le microphone et le disque plat et il a fondé trois des plus grandes compagnies de disque: EMI, Deutsche Grammophon et Victor.Fondée en 1900, la Berliner Gramophone Co.fut la première compagnie de disque canadienne.On retrouve sur ce disque plusieurs enregistrements marquants de la Berliner - RCA Victor et un livret illustré qui raconte l'histoire de la compagnie, l'évolution des technologies du son et une histoire sociale du quartier Saint-Henri où la compagnie était située.B.HUN.«toRCAV.CT=h CANADA naissance isIDOSTB TnutAy D VIfîfD I I V.( U h t,\UL[,BtHU\LK Disques Gala, la maison du patrimoine sonore www.galarecords.ca Aussi disponible en magasin Au CŒUR çle la VIE MONTREALAISE l'v! Si PAUL-ANDRÉ LINTEAU M.la rue SAINTE-CATHERINE jln' b Appuyé par de nombreuses illustrations en couleurs et par des photographies tirées d’archives, cet ouvrage nous fait revivre les étapes de révolution de la rue Sainte-Catherine qui ont forgé son caractère et son unicité.LES EDITIONS DE L’HOMME Une compagnie de Québécor Media www.Gditions-hommG.corn hées, toujours bourrées de références historico-esthétiques.L’un tend vers «l’objectivité», l’autre vers la «subjectivité».Les deux témoignent.Dans un texte assez récent (2005), Jeff Wall revient sur le terme «cinématographie» qu’il préfère appliquer à sa propre production d’images fixes.«“Cinématographie” nous suggère également que la photographie ne connaît pas de style dominant, écrit-iL Elle inclut tant le reportage que le documentaire, sans se laisser dominer par l’un ou l’autre.Il existe de nombreux exemples de films qui passent de l’un à l’autre.Le cinéaste n’a pas à choisir entre le “fait” et la “fiction”— deux termes que je trouve assez agaçants lorsqu’on les oppose l’un à l’autre, ce que font souvent les gens persuadés de porter des jugement d’importance sur la photographie.» Le Devoir REFERENCES ¦ La France de Raymond Depardon, exposition à la Grande Galerie de la Bibliothèque François-Mitterrand, jusqu’au 9 janvier.¦ Jeff Wall, l’édition complète, Phaidon, 277 pages.¦ La France de Raymond Depardon, Télérama Horizons, numéro hors série, 98 pages.CINEMA Trio de choc Après une longue absence qui l’a vu s’illustrer aux Etats-Unis et en France, le cinéaste Yves Simoneau revient avec une production québécoise donnant la vedette à Guy A.Lepage et Rachid Badouri.ERANÇOIS LÉVESQUE Yves Simoneau le dit d’emblée: il est heureux de recommencer à tourner au Québec, d’où il pilote dorénavant ses projets étrangers.Amorcé par hasard, écrit sous l’impulsion d’une vision commune, L’Appât, une comédie policière mettant en vedette Guy A.Lepage et Rachid Badouri, suit les frasques d’un flic montréalais gaffeur à qui l’on vient d’adjoindre un stagiaire français qui se trouve être en réalité un redoutable agent secret.Rencontrés une semaine avant la sortie du hlm, le réalisateur et ses deux comédiens semblent déjà prêts à remettre le couvert tant fut joyeuse pour eux l’aventure.Complicité palpable «On disposait d’un mois avant le tournage pour se rencontrer et discuter, explique Guy A.Lepage./'ai posé plein de questions; j’avais besoin de m’assurer que tout avait un sens.C’était l’insécurité de l’auteur en moi qui demandait à être apaisée.Je peux être très obstineux!» Pour Yves Simoneau, dont l’acteur assure qu’il a été d’une infinie patience, la courte plage de tournage (26 jours) qui a suivi ne posait pas de réel problème.Fort d’une feuille de route variée où la fresque historique à grand déploiement (Napoléon) côtoie le thriller psychologique (Mother’s Boy) et l’adaptation littéraire soignée (Les Fous de Bassan), Yves Simoneau a en ef- fet appris les vertus de la polyvalence.Ainsi, il a collaboré aux scénarios de tous ses longs métrages québécois et il coproduit désormais tout ce qu’il tourne.«Cela me fait gagner un temps précieux.Investir un scénario qu’on me propose me permet de m’approprier l’histoire et de déterminer, parfois, certains éléments qui ne me conviennent pas.» Quant à la production, savoir exactement ce qui se passe sur le plateau engendre des décisions plus éclairées, voire simplement plus rapides.«On ne peut pas espérer mieux qu’Yves Simoneau, assure Guy A.Lepage.Le projet avait ceci de particulier qu’il nous plaçait tous dans une zone d’inconfort.Yves a réalisé plein de films, mais la comédie lui est moins familière.A l’inverse, Rachid et moi connaissons la comédie, mais le cinéma nous est moins familier.» Rachid Badouri, qui n’en est qu’à sa seconde incursion devant la caméra, abonde en ce sens: «Yves a bien su me diriger.Moi, quand je fais une imitation sur la scène, la dernière rangée doit me voir.Au cinéma, le moindre haussement de sourcil est magnifié.» La formule du tandem dépareillé a maintes fois fait ses preuves; toutefois, une complicité palpable demeure nécessaire à sa réussite.Yves Simoneau en avait d’ailleurs déjà tâté avec Dans le ventre du dragon, avec le duo Rémy Girard-Michel Côté.«J’ignorais si on obtiendrait cela avec Guy et Rachid, confie le réalisateur.Parfois, le courant ne passe pas et il faut avoir la sagesse de ne pas insister.Dans le cas de L’Appât, le délai était si court que cette chimie-là devait être spontanée.» Qr, entre Guy A.Lepage et Rachid Badouri, ç’a «cliqué», comme on dit.L’Appât prend l’affiche vendredi prochain.Collaborateur du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cinéaste Yves Simoneau (au centre) en compagnie de Rachid Badoury et de Guy A.Lepage Samedi 1er JANVIER 14 H 30 ^mmqgcà^km^ LE CONCERT DU NOUVEL AN 2011 Orchestre Strauss de Montréal Alexander Steinitz chef (Vienne) Marc Hervieux Mônika FischI soprano (Budapest) ténor m 12 D JM Danseurs du BALLET ST.PÔLTEN (Autriche) et Champions internationaux de danse sociale Pelletier esarts.co 2/1 866 842 2 salutetovienna.com LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 E 9 CINEMA MAMMUTH de Gustave Kervem et Benoît Delépine France.2010.92 min.Avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani, Benoît Fbelvoorde et Bouli banners.(G, déconseillé aux jeunes enfants) Théâtre .inuciut; , Outremont 1248 avenue Bernard Ouest ^ Information514495-9944 Outremont .Montréal^ www.admlsslonxom 514 790-1245 SOURCE 20™ CENTURY EOX Qui a mordu aux films après avoir lu les romans ne boudera sans doute pas son plaisir cette fois-ci encore.Une bien longue traversée LES CHRONIQUES DE NARNIA -UODYSSÉE DU PASSEUR D’AURORE Réalisation: Michael A^ted.Scénario: Christopher Markus, Stephen McFeely, Michael Petroni.Avec Géorgie Henley, Skandar Keynes, Ben Barnes, Will Poulter, Gary Sweet Photo: Dante Spinotti.Montage: Rick Shaine.Musique: David Arnold.Etats-Unis, 2010,115 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Ils sont de retour au royaume enchanté de Narnia, les enfants Pevensie; ou plutôt, partiellement de retour.En effet, dans ce troisième volet des bien-aimées chroniques de C.S.Lewis cam- pées en pleine Deuxième Guerre mondiale, les cadets Lucy et Edmund tiennent le haut du pavé.Coincés aux Etats-Unis pour cause d’océan infesté de sous-marins, leurs aînés Susan et Peter ne feront, eux, qu’une brève apparition.Ironiquement, c’est sur la mer du monde merveilleux où ils viennent à nouveau d’être parachutés en compagnie de leur teigneux cousin Eustace que Lucy et Edmund vivront l’essentiel de leurs nouvelles péripéties.llte Chronicles of Narnia - The Voyage to Down Treader devrait convaincre les amoureux de la première heure de la série qui ont vieilli en même temps que les jeunes héros.Cinq années se sont écoulées depuis l’opus original et, avec elles, les préoccupations des personnages ont évolué, surtout celles de Lucy, jadis gamine intrépide, aujour- d’hui préadolescente en mal de féminité.Avec son galion rempli de gaillards aux mines patibulaires et ses créatures marines, le film évoquç par moments la série Pirates of the Caribbean.Evidemment, les romans de Lewis sont venus bien ayant, reste qu’il est difficile de ne pas comparer.À ce chapitre, The Voyage to Down Treader ionit sans doute de la mise en scène la mieux calibrée des trois productions.De fait, le vétéran Michael Apted {Gorillas in the Mist, Amazing Grace) insuffle une certaine majesté au film qui faisait défaut aux précédents Tdie Witch, The Lion and the Wardrobe et Prince Caspian.Au rayon du jeu, rien d’extraordinaire, sinon la formidable composition de Will Poulter {Son ofRambow) qui, dans le rôle du détestable Eustace, éclipse tous ses parte- naires, jeunes et vieux, ce qui crée un déséquilibre.Pour opulente que soit la production, le rythme n’est tout simplement pas au rendez-vous.Ça traîne, ça accélère.ça sent le point culminant.puis ça s’écrase avant de reprendre.Qui a mordu aux films après avoir lu les romans passera probablement outre cette faiblesse.Cela étant, on Imagine mal l’adolescent galvanisé par les plus trépidants Plarry Potter (exception faite du plus récent) ne pas s’agiter d’impatience sur son fauteuil, et ce, en dépit du raffinement des effets 3D.Idem pour les tout jeunes, qui seront au demeurant peut-être effrayés par l’impressionnant serpent de mer combattu lors du dénouement.Collaborateur du Devoir Trop avec trop peu THE TOURIST (LE TOURISTE) De Florian Henckel von Donners-marck.Avec Angelina Jolie, Johnny Depp, Paul Bettany Timothy Dalton, Steven Berkoff, Rufus Sewell.Scénario: Florian Henckel von Donnersmarck, Christopher McQuarrie, Julian Fellowes, d’après le film de Jérôme Salle.Image: John Seale.Montage: Joe Hutshing, Patricia Rommel.Musique: James Newton Howard.Etats-Unis, 2010,103 minutes.MARTIN BILODEAU Refaire Anthony Zimmer, le modeste thriller du Eran-çais Jérôme Salle, en mettant Angelina Jolie et Johnny Depp devant l’objectif, ainsi que le réalisateur de La Vie des autres (Elorian Henckel von Donnersmarck) derrière, c’est un peu comme tuer une mouche avec un bazooka.C’est faire trop avec trop peu.Or, on a beau voir le piège, ce jeu de masques et de poursuites dans la cité des Doges nous renvoie à des modèles de thrillers indémodables et haut de gamme tels To Catch a Thief ou Charade.Eorcé-ment, on se laisse prendre.Au même titre que son héros malgré lui.Américain moyen (Depp) en voyage en Europe qui, sur le TGV le conduisant à Venise, est interpellé par une mystérieuse Anglaise Üolie).(Jelle-ci a pour but de faire croire aux autorités britanniques qui l’épient sans relâche que sous l’apparence de cet homme se cache Alexander Pierce, un escroc recherché par la Couronne (représentée par Paul Betta- ny et Timothy Dalton) pour impôts impayés, ainsi que par son mentor (Steven Berkoff), un gangster redoutable qu’il a fraudé de plusieurs centaines de million^ d’euros.Arrivée à Venise, Elise referme son piège sur sa proie et les poursuivants mordent à l’hameçon, déclenchant dès le lendemain un jeu de chat et de souris dans les canaux de la ville.Exception faite d’une lamentable et paresseuse poursuite en yacht, qui révèle les compétences limitées de Henckel von Donnersmarck pour le genre, promptitude et apparence demeurent tout du long les maîtres mot de l’affaire.L’in-trlgue déboule assez rapidement pour qu’on ferme les yeux, consciemment ou pas, sur les Incohérences et Illogismes dont elle est cousue.The Tourist se défend mieux en surface: glamour rétro, décors de carte postale au fini glacé, musique belle et entêtante (et utile) de James Newton Howard.Le directeur photo John Seale {Le Patient anglais) exploite en touriste le paysage (c’est le but) et la silhouette statufiée par la chirurgie plastique d’Angellna Jolie — le moulage final ayant été supervisé par une exceptionnelle équipe de maquilleurs et de costumiers.Dans le rôle-titre, vêtu durant la moitié du film d’un pyjama à rayures, Johnny Depp se la joue ahuri (son personnage vient du Wisconsin, Imaginez).Ça le change un peu.Sqns toutefois nous surprendre.A l’Image du film, en somme.Collaborateur du Devoir Luxueux téléthéâtre empoussiéré THE KING’S SPEECH (LE DISCOURS DU ROI) Réalisation: Torn Hooper.Avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, Guy Pearce, Jennifer Ehle, Derek Jacobi.Scénario: David Seidler.Image: Danny Cohen.Montage: Tariq Anwar.Musique: Alexandre Desplat.Grande-Bretagne / Australie, 2010,118 minutes.MARTIN BILODEAU Tom Hooper connaît son rang.Comme tout bon sujet de sa majesté, le cinéaste anglais surdoué et hyperproductif de 37 ans n’est pas sans savoir que, ses lettres de noblesse acquises au petit écran {Elizabeth I, John Adams, beau pedigree), son ciel au septième se gagnera à coups de films d’époque.Après le mal avisé Red Dust et le très applaudi The Damned United, sur le monde du football anglais dans les années 1970, le cinéaste revient à ce qu’il a fait de mieux à la télévision, ainsi qu’à ce qui plaît le plus outre-AÜantique: la peinture historique teintée d’humour.La preuve étant qu’après avoir remporté le prix du public au dernier Festival international du film de Toronto, The King’s Speech semble bien en selle pour la saison des récompenses, où ses interprètes ont de bonnes chances de concourir aux Oscars.Colin Firth au premier chef.Celui-ci campe le duc de York, futur George VI et père d’Elizabeth IL Afin de vaincre un grave problème d’élocution dont n’ont pas su le guérir toutes les ressources officielles de Buckingham, il a fait appel, par l’inter- SOURCE ALLIANCE Ce sont les acteurs qui donnent un peu de profondeur à ce luxueux téléthéâtre.médiaire de son épouse Elizabeth (Helena Bonham Carter), à un thérapeute du langage, Lionel, Logue (Geoffrey Rush).A travers le processus par lequel le duc parviendra à surmonter son handicap (et ainsi accepter son destin de roi à la suite de l’abdication de son aîné Edward VIII) — laquelle victoire passe par un cheminement psychothérapeutique d’éveil à sol —, le film fait patiemment la chronique d’une amitié Inattendue entre le futur monarque et son orthophoniste, cette amitié survolant pour sa part la période durant laquelle George VI est passé de l’état de quasi aphone, dans l’ombre, à celui de roi doué de parole, dans la lumière.Le propos, cela dit, reste plutôt mince.Une fols franchies les étapes attendues du traitement, dont chacune marque l’affranchissement du monarque, le scénario effleure la surface des personnages et des situations, montre Ici un tic royal amusant, annonce là un enjeu qui aura un poids historique dans un avenir ultérieur à l’action du film.Paradoxalement, ce sont les acteurs qui donnent un peu de profondeur à ce luxueux téléthéâtre, et du lustre à ces figures empousslérées.Elrth, un acteur qui vieillit drôlement bien, est remarquable de justesse en handicapé social, qui cherche sa vole et sa voix dans le labyrinthe piégé de la royauté.Geoffrey Rush est à son tour très solide en orthophoniste coloré et peu orthodoxe qui, sujet lointain de sa majesté (le scénario revient à plusieurs reprises sur ses origines australiennes), se permet des audaces et une familiarité avec le roi qui seront en grande partie responsables du succès de sa thérapie.Cela dit, avec cinq ou six répliques senties, qui auraient bien plû à la Helen Mirren de The Queen, Helena Bonham Carter vole souvent la vedette.Sa contribution, par l’humour et l’émotion, donne à ce film, somme toute modeste et historiquement négligeable, le poids dramatique qui lui manquait.Collaborateur du Devoir SOURCE SONY PICTURES Le film se défend mieux en surface: glamour rétro, décors de carte postale, musique belle et entêtante.SAGNIER SCOTT THOMAS ?Le Nouvel Observateur Le Parisien «n ne faut surtout pas manquer Crime D’amour! » ICI CRIME D’AMOUR UN FILM DE ALAIN CORNEAU .AVic PATRICK MILLE tTlétrOpOlG i rCINEPLEXDIVERTlSSEMEMTT CONSULTEZ LES A L AFFICHE! rQUARTiERlatin] Emmanuel Bilodeau Un film de Denis Côte «Emmanuel Bilodeau est excellent Rempli de scènes envoûtantes.» Odile Tremblay, Le Devoir !?.A L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINEMAS ^metropolefilms.com^^ «WALL STREET COMME VOUS NE L'AVEZ JAMAIS VUE!» VINCENT BROUSSEAU-POUUOL lA PRESSE ?KAEWRINE MONILIW GAZETn «À VOIR!» ERICA ADEEL HUmHGTON POST «AUDACIEUX!» T SANCHEZ SAN FRANCISCO (HRONKU «DÉFINITIF!» OWENGUBERHAN, UN FILM DE CHARUS FERGUSON SSSSUa- WWW.INSIDEJ0DnLJIÆ0M métlDQOje Il-1 1 VERSION OfWSlNALE ANGLAISE ^ A L’AFFICHE! [ CONSULTA LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ^^^^^^^metropoiefilrns.corîT^^^^^^^ E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2010 CINEMA SOURCE FOX SEARCHLIGHT Vincent Cassel et Nathalie Portman dans une scène de Black Swan, Une œuvre splendide et vénéneuse BLACK SWAN Réalisation: Darren Aronofsky.Scénario: Mark Heyman, Andres Heinz, John McLaughlin.Avec Nathalie Portman, Vincent Cas-sel, Mila Kunis, Barbara Hershey, Winona Ryder.Photo: Matthew Dhatique.Montage: Andrew WeisHum.Musique: Oint Mansell.Etats-Unis, 2010,107 min.FRANÇOIS LEVESQUE Dans un bar de Manhattan, une jeune femme se laisse draguer par un jeune homme.Que fait-elle dans la vie?lui de-mande-t-il en la regardant partout sauf dans les yeux.Elle est ballerine et on vient de lui confier la vedette du prestigieux Lac des cygnes.Qu’est-ce que ça raconte, ce ballet?de s’enquérir le type.C’est l’histoire d’une princesse qu’un mauvais sort a changée en cygne et que seul l’amour peut libérer.Ôr le prince qu’elle aime en choisit une autre.Cette scène survient à peu près au mitan de Black Swan, le plus récent opus de Darren Aronofsky, et, même s’il serait réducteur d’afhrmer que là réside la clef de voûte d’interprétation du hlm, disons qu’il s’agit d’une scène pivot.Vous croyez en savoir déjà trop?N’ayez crainte: il y a dans Black Swan matière à plusieurs visionne-ments tant le long métrage se révèle riche a posteriori.De re-toiu chez soi, à mesure que décroît son envoûtement, lentement, très lentement, on revoit une myriade de petits moments dont on n’avait pas perçu, à chaud, à quel point ils étaient significatifs.Miroir, miroir Nathalie Portman incarne Nina, une danseuse dont la discipline et la maîtrise font écran à l’émotion.Elle possède une grâce et une pureté de cœur qui s’accordent parfaitement au personnage de la princesse, appelée Reine des cygnes, mais est incapable d’abandon.Lequel, seul, lui permettrait d’incarner convenablement la cousine diabolique de la Reine des cygnes, le Cygne noir, qui ravit le prince et précipite la chute de la belle ensorcelée.À l’opposé, une nouvelle venue dans la troupe, Lily, n’a pas la rigueur de Nina mais exsude la liberté et la sensualité qui lui font défaut.Elle est l’incarnation même du Cygne noir.Tout comme Thomas, le chorégraphe manipulateur, représente vite poiu elle le gentilhomme de l’histoire.Un redoutable jeu de miroirs, figuré dans le récit et montré à l’image, se met alors en branle dans l’existence de l’héroine.Qn apprécie la maestria discrète, à l’opposé de l’affectation, de Darren Aronofsky, qui signe là une étude d’un cas pathologique se comparant avantageusement à Répulsion, une inspiration avouée de l’auteur avec Le Double de Dostoïevski.Trop forte, la pommade?11 faut voir le film, assurément l’un des meilleurs de l’année, et certainement le plus achevé d’Aro-nofsky.Vrai que le cinéaste a déjà tâté de la névrose illustrée, et de brillante façon, dans Pi et Requiem for a Dream.Plus récemment, après le maniérisme du ravissant mais incohérent The Fountain, Aronofsky a opéré un virage vers un naturalisme finement étudié avec The Wrestler, et c’est la technique de ce dernier film, jumelée à certaines idées germées dans les deux premiers, qui font de Black Swan une production aux assises extrêmement solides du point de vue de la mise en scène.Le scénario, commandé par Aronofsky d’après un vieux projet à lui demeiué au stade de la gestation, se révèle aussi limpi- de que redoutable du pqint de vue de la construction.À l’instar de la réalisation, l’interprétation s’avère, elle, très dense, propice au second regard.Nathalie Portman prouve ici, hors de tout doute, le talent que beaucoup lui avaient spontanément prêté, gamine, à l’époque de Léon.Entre la petite chose fragile et la machine à performer, la jeune star maintient un équilibre délicat.Mila Kunis fait merveille dans la partition ambiguë, et certes plus aisée, de la rivale Lily.Idem poiu Vincent Cassel, qui module de belle façon la partition du chorégraphe.Chapeau bas, enfin, à Barbara Hershey, qui décline une variation maternelle de son personnage de madame Merle dans Portrait of a Lady.Rarement la monstruosité se sera-t-elle insinuée avec tant de douceur.11 en va de même pour Black Swan, œuvre splendide et vénéneuse.Collaborateur du Devoir SÉLECTION ^ OFFICIELLE ^ r-A_ FESTIVAL a NÉMA^ ' N 7 INTERNATIONAL ' afcMbt-Mmtiianilnaie L qgtoKitCAWïA à ^2010^ FIIM D’OUVERTURE 'érI I IdIM^ 2010 Xavier Delmas et Jean-Luuis Livi présentent ?Métro Libération Le Psui^en « CE FILM FLEURE LE BONHEUR DE VIVRE ET D’AIMER.» - 20 Minutes « UN BEAU FILM OUI PARLE D’AMOUR ET DE LIBERTÉ.» - Le Joumai du Dimanche «.un film captivant.» - Stéphane Leclair, Le Téléjournal (tRC) LES PETITS RUI^UX UN FIM DE PASCAL RABATÉ D'APRÈS SA BANDE DESSINÉE idiri I UN FILM DE STÉPHANIE LANTHIER BULLE OGIER HELENE VINCENT PHIUPPE NAHON n JULIE-AAARIE PARMENTIER m À UAFFICHE DÈS LE VENDRED117 DÉCEMBRE 'CINÉMA fsHlMMOOKËnr LES FROS DES DÉBROUSSAILLEURS D'ESPÉRANCE Produit par DOC PRODUCTIONS INC.en coproduction avec L’OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA DOC PTDductions Inc.onf.ca/les-fTOS g g ^ 28Se.Beaubien E.721-aoeO I LE CLAP m PRESENTEMENT A UAFFICHE ! CINEMA PARALLELE 3536 DOUlEVDRD SAIRHAURENT 514-047-2206 -CINÉMA- LE CLAP ] CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS Silences assassins J’AI OUBLIE DE TE DIRE.Réalisation et scénario: Laurent Vinas-Raymond.Avec Omar Sharif, Emilie Dequenne, Frank Gourlat, Olivier Brun.Image: Gérard Stein.Montage: Agathe Cau-vin.Musique: Call, Georges Moustaki, Joanna Bruzdowiz.France-Belgique-Espagne, 20f 0, 95 min.ANDRE LAVOIE Le temps des Fêtes incite (fortement) à s’accrocher un grand sourire et, du même coup, làvorise les excès dégoulinant de sentimentalisme.C’est poiuquoi les mélodrames ont la cote, siu-tout s’ils mettent en scène un entant malade ou un vieux sage laissant derrière lui une descendance éplorée.C’est dans ce contexte que s’inscrit le premier long métrage du cinéaste Laurent Vinas-Raymond, J’ai oublié de te dire.Le titre fait référence à tous ces silences volontaires qui brouillent la qualité des relations humaines, mais s’explique aussi par la condition du héros ridé et fatigué de cette histoire, également ancien coureur cycliste, qui voit peu à peu sa mémoire s’envoler, de même que sa dignité.Comme dans plusieurs drames à caractère médical, la maladie, ici l’Alzheimer, apparaît comme un personnage à part entière; les exemples récents de cette recette {Oxygène, Love and Other Drugs, etc.) abondent.Le cadre enchanteur de ce hlm offre un joli contraste à cette rencontre atypique, celle de Jaume (Qmar Sharif, en mode Monsieur Ibrahim, à quelques variantes près), ce peintre malgré toutfrmganL bourru, créatif, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée d’une jeune artiste déterminée, mais sans technique.Marie (Emilie Dequenne, pleine d’entrain, mais plus consciente de ses effets qu’à l’époque de Rosetta), traîne avec elle un lourd pas- sé de familles d’accueil, de séjours en prison et de fréquentations plus ou douteuses.Loin de Paris, elle croit pouvoir saisir sa chance, et après avoir piqué une bonne bouteille de vin à Jaume, s’accroche à lui comme à une bouée de sauvetage.lœur relation, curieuse, voire improbable aux yeux de l’entourage du peintre, passe rapidement de la méhance à la complicité, mais ime intruse vient modi-her la djmamique.lœs signes de la maladie sont de plus en plus visibles et ravageurs, forçant Marie à une plus grande maturité, et surtout à plus d’abnégation.Laurent Vinas-Raymond af-hche une sensibilité certaine à observer les liens parfois tortueux qui se tissent entre ces deux êtres qui ne devaienfi bien sûr, jamais se croiser.Il ne ménage pas ses efforts pour en montrer les facettes les plus rudes et les plus sensibles, même sa démarche semble télégraphiée telle une comédie romantique: les contraires (extrêmes) hnissent toujours par s’attirer.Et c’est justement le caractère hautement prévisible du récit et une abondance rarement contrôlée de clichés (sur la vie d’artiste, la condition des aînés, la jeunesse en déroute, etc.) qui paralysent la véritable émotion qui devrait nous étreindre devant J’ai oublié de te dire.Même si nous assistons à la rencontre de deux acteurs qui, chacim dans leur registre, offrent le meilleur d’eux-mêmes, ils ne peuvent rehausser, par leur seule présence, un scénario hcelé de manière conventionnelle, morcelé par un montage abrupt Çe personnage du copain malveillant de Marie disparaît sans crier gare).Dans une atmosphère de dépaysement enchanteur, car l’amour du cinéaste pour ce coin de pays est palpable.J’ai oublié de te dire laisse une impression jamais désagréable, mais très fugace.Collaborateur du Devoir AGENCE ERANCE-PRESSE Omar Sharif et Laurent Vinas-Raymond Gaumont «t Légende prénnMnt JEAN RENO MÉLANIE LAURENT GADELMALEH RAPHAËLLEAGOGUÉ ?«UNE INTERPRÉTATION TENDUE ET «IMPRESSIONNANT, « D'UNE BOULEVERSANTE DÉCHIRANTE DE MÉLANIE LAURENT» SPECTACULAIRE, PRENANT» AUTHENTICITÉ» LÂ^FLE.iir paris, 16 3uilie-È 1942, heures du matin ROSE BOSCH A L'AFFICHE DES LE VENDRED117 DECEMBRE !
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