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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2010-12-29, Collections de BAnQ.

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ECONOMIE Le spectre d’un baril de pétrole à 100 $ est de retour Page B 1 -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.ci N°295 ?LE MERCREDI 29 DECEMBRE 2010 I,IO$ + TAXES = 1,25$ CÔTE d’Ivoire Ultimatum à Gbagbo 15 pays de l’Afrique de l’Ouest menacent de recourir à la «force légitime » si le président autodésigné persiste à s’accrocher au pouvoir MARCO BELAIR-CIRINO Trois émissaires de la Communauté économique des Etats cJ’Afrique de l’Ouest (CE-DEAO) — les chefs d’Etat du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert — ont servi, hier, un ultimatum au président autodésigné de la Côte d’ivoire, Laurent Gbagbo, exigeant qu’il cède le pouvoir au «vrai» vainqueur de l’élection présidentielle, Alassane Ouattara.M.Gbagbo, dont la réélection a été proclamée par un conseil constitutionnel à sa main dans la foulée du deuxième tour du scrutin, fin novembre, a reçu les présidents du Bénin, Boni Yayi, de la Sierra Leone, Ernest Koroma, et du Cap-Vert, Pedro Pires, non sans avoir auparavant fait savoir qu’il ne tolérerait aucune ingérence dans les affaires intérieures de la Côte d’ivoire.Néanmoins, les 15 pays membres de la CEDEAO ont menacé de recourir à la «force légitime» si Laurent Gbagbo persistait dans son obstination à s’accrocher au pouvoir, même si le porte-parole du président sortant martèle qa’«aucune institution internationale n’a le droit d’intervenir par la force pour imposer un président à un Etat souverain».Tout sourire, Laurent Gbagbo avait assuré, avant la tenue de l’audience à huis clos, qu’il accueillerait en frères et amis MM.Yayi, Bai Koroma «Aucune institution internationale n’a le droit d’intervenir par la force poiu-imposer un président à un Etat souverain», dit le porte-parole de Gbagbo SIA KAMBOU AGENCE ERANCE-PRESSE VOIR PAGE A 8: ULTIMATUM L’homme fort de la Côte d’ivoire Laurent Gbagbo (à gauche) a reconduit à l’extérieur du palais présidentiel les trois émissaires de la CEDEAO, dont le président du Bénin, Boni Yayi, envoyés à Abidjan afin de le sommer de céder le pouvoir à Alassane Ouattara.Sondage Senergis-Læ Devoir Québec n’a convaincu que 20 % des Québécois 60 % de la population juge « nécessaire » un moratoire sur le gaz de schiste ALEXANDRE SHIELDS Les beaux discours du gouvernement Charest et des entreprises gazières n’y ont rien changé.A peine un Québécois sur cinq est «favorable» à l’exploitation des gaz de schiste.Preuve des vives inquiétudes quant aux impacts de cette filière, 60 % de la population estime qu’un moratoire sur cette industrie est «nécessaire», selon ce qui ressort d’un sondage Senergis-Lc Devoir réalisé à la mi-décembre.Si les chiffres n’ont pratiquement pas changé depuis le coup de sonde réalisé à la mi-octobre, ils témoignent néanmoins des craintes au sein de la population quant à la perspective de voir le Québec se lancer dans l’exploitation de cette source d’énergie fossile.Ainsi, seuls 20 % des citoyens de la province se disent «favorables» à l’exploitation du gaz de schiste.Un total de 49 % y sont quant à eux «défavorables», contre 35 % en septembre.Le scepticisme demeure donc très grand, malgré les audiences tenues par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et les propos se voulant rassurants de la part des ministres libéraux Nathalie Normandeau ou 22 % des répondants ont dit ne pas connaître le sujet ou ne pas avoir entendu parler des gaz de schiste VOIR PAGE A 8: GAZ La guignolée comme dans le bon vieux temps Chaque jour jusqu’à vendredi, découvrez les objets qui ont fait l’actualité au cours de l’année INDEX Actualités.A 2 Annonces.B 2 Avis pubiics.B 4 Cuiture.B 8 Décès.B 2 Economie .B 1 Éditoriai.A 6 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde.B 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 5 Téiévision.B 7 La tradition se poursuit dans le quartier du Cap-Blanc à Québec Dans le petit quartier du Cap-Blanc à Québec, on passe la guignolée comme dans l’ancien temps.Avec des cloches, des chansons et même des petits remontants.Le Devoir s’y est rendu pour vivre l’expérience avant qu’elle ne disparaisse.ISABELLE PORTER Québec — 10h30.Le presbjtière grouille de monde.Qn s’est habillés en rouge pour l’occasion, des guirlandes de Noël au cou.Les «guignoleux» attendent Marcel pour la distribution des bas rouges dans lesquels on mettra l’argent des paroissiens.«Tu vas voir, ces bas-là datent de 1900 tranquille!» dit Jean-Patrick, l’ami qui nous a intégrés au petit groupe.Voilà Marcel qui débarque avec sa casquette rouge des Remparts, une cloche du Rouge et Qr et des petits papiers rappelant les paroles de notre hjrnme d’un jour.«Bonjour le maître et la maîtresse / Et tout le monde de la maison / Pour le dernier jour de l’année, la guignolée vous nous devez / Si VOIR PAGE A 8: GUIGNOLÉE YAN DOUBLET LE DEVOIR «C’est petit ici, c’est comme un village.Tout le monde se connaît, c’est pour ça que la guignolée continue.On a toujours eu des bénévoles, ça se transmet de père en fils», raconte Carmen Couture, qui est de toutes les activités de bénévolat dans le coin.77831302382401 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 29 DECEMBRE 2010 ACTUALITES Le Devoir, c’est moi Le lien entre lesidéesetle «vrai monde » Faire partie du Devoir, c’est y travailler, l’appuyer, le lire assidûment.De cette communauté, qui s’est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits, que nous continuons de vous présenter jusqu’à la fin de notre centenaire.Aujourd’hui, une professeure de philosophie pour qui Le Devoir enrichit l’enseignement.JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY Le philosophe haut perché sur sa branche, la tête plantée dans le nuage des idées, bien peu pour Emmanuelle Marceau.Pour cette jeune professeure de philosophie du cégep du Vieux-Montréal, qui ne saurait évidemment se passer du monde des idées, l’intérêt réside surtout dans leur application.Ou, plutôt, dans leur utilité pour guider l’action, ici, maintenant.Et Le Devoir n’est pas étranger à cette démarche.La philosophie chez Mme Marceau fait donc le saut de Rhodes, de la pensée à l’action.Un saut que lui a d’abord inspiré Gandhi, son philosophe fétiche, lors de ses études en droit à McGill, avant qu’elle ne bifurque vers la philosophie à la maîtrise.«Je m’intéressais aux fondements du droit.Au rapport entre le droit et la moralité.Ça m’a amenée aux concepts de paix, de justice, puis à Gandhi.pour réaliser qu’il avait lui aussi fait des études en droit, en Angleterre!» «Je me suis beaucoup identi- !/ 4.P m J J la*» •.—r’ — JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Je suis une boulimique de l’actualité et je défends sa pertinence dans l’enseignement de l’éthique et de la philosophie.C’est utile pour s’informer, mais aussi pour réfléchir aux questions qui nous préoccupent», croit Emmanuelle Marceau, professeure de philosophie du cégep du Vieux-Montréal.fiée à ses valeurs, poursuit la professeure, qui se définit surtout comme une pragmatique.Ce désir de changement, de justice, cette façon simple de chercher un mode de vie en harmonie avec les gens, la nature.Au niveau éthique, c’est une figure très parlante entre le “dire” et le “faire”.» Le spectre philosophique de Gandhi plane toujours sur le travail d’Emmanuelle Marceau, car en plus de donner les trois cours obligatoires de philo au cégep, elle est membre de la Chaire d’éthique appliquée à l’Université de Sherbrooke.L’éthique appliquée, qu’elle définit comme la «réflexion en situation pour trouver des solutions applicables».Décidément ancrée dans le «vrai monde », elle enseigne également la médiation interculturelle dans cette même université et s’occupe du dossier «Ethique de la recherche» m Je choisis LE DEVOIR Libre de penser à l’Association pour cherche au collégial.la re- L’éducation à la citoyenneté C’est là que s’insère Le Devoir, quelque part entre la pensée et l’action.Et dans la salle de cours.Emmanuelle Marceau pige volontiers dans les pages du quotidien de la rue De Bleury — et d’autres aussi, confesse-t-elle — pour éduquer ses ouailles.«Je suis une boulimique de l’actualité et je défends sa pertinence dans l’enseignement de l’éthique et de la philosophie.C’est utile pour s’informer, mais aussi pour réfléchir aux questions qui nous préoccupent.» Comment?En évaluant 100 ans par exemple les étudiants de la façon suivante: sélectionner un article, soulever une question éthique et y réfléchir en faisant des liens avec la matière apprise dans le cours.11 n’est pas rare non plus que l’actualité s’invite de façon moins formelle entre les murs du cégep.La lecture bien personnelle du Devoir le samedi, chez Mme Marceau, peut très bien aboutir dans le cours du lundi matin si un article s’est montré inspirant.Quels types d’articles?Sur quels sujets?«C’est extrêmement varié, assure-t-elle.Des nouvelles, des éditoriaux, des textes d’opinion.» Sans oublier, bien sûr.Le Devoir de philo.«C’est ce de regards sur l'information qui me permet de montrer aux étudiants que la philosophie, ce n’est pas qu’un cours obligatoire au cégep!» Mais faire circuler des articles de journaux dans la salle de cours n’est pas qu’une façon d’atteindre les objectifs inscrits dans le haut du syllabus.Pour celle qui a rédigé son mémoire de maîtrise sur le cours d’éducation à la citoyenneté au secondaire, initier ses étudiants du cégep à la lecture d’un quotidien est un peu comme.les éduquer à la citoyenneté.«On pense que tout le monde lit les journaux, mais ça ne va pas de soi.Pour plusieurs, au cégep, c’est assimilé, mais ce n’est pas la majorité.» Le Devoir Condamnation de Mikhail Khodorkovski Cannon critique Moscou HELENE BUZZETTI Ottawa — Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a critiqué sans détour hier la condamnation de l’homme d’affaires russe Mikhaïl Khodorkovski.Selon M.Cannon, ce procès remet en question l’état de droit russe.«La condamnation de Mikhaïl Khodorkovski peut être vue comme un signal inquiétant sur l’état de droit en Russie, a-t-il déclaré hier par voie de communiqué de presse.Les considérations politiques ne devraient jouer aucun rôle dans le processus judiciaire.Nous continuons à insister sur l’importance de la transparence et le respect de la primauté du droit.Le gouvernement du Canada est inquiet de ce qui semble être l’absence d’un système judiciaire indépendant du gouvernement de la Russie.» 11 s’agit d’une déclaration très musclée dans la mesure où elle vise un allié du Canada, ne serait-ce que par le truchement du G8.L’ambassade de Russie n’a pas rappelé Le Devoir hier pour fournir ses commentaires.Le Bloc québécois juge ces commentaires tout à fait à propos.Sans vouloir «se substituer à la justice et refaire le procès», le député Jean Dorion note: «Il ne s’agit pas nécessairement d’un procès truqué, mais il y a des aspects troublants.» Le Nouveau Parti démocratique accueille lui aussi favorablement ces critiques, qu’il juge justifiées.11 estime toutefois qu’à jouer les matamores avec la Russie dans le dossier de la souveraineté de l’Arctique, le Canada a perdu de la crédibilité comme intervenant dans ce dossier.«On peut se demander si nos critiques seront prises au sérieux», se demande le député Paul Dewar.Le Devoir Montréal (91,3 FM) Rimouski (104,1 FM) Sherbrooke (100,3 FM) Trois-Rivières (89,3 FM) Victorioville (89,9 FM) 506300^audite •f n^oute Céquipe de ^dio ‘Vide-Marie vous souHaitent un fieureîüç temps des fêtes ! ji tQUs.J.(paiXi Amour, Santé, (Prospérité (k nouvedk année ! Radio Ville-Marie 91,3 fm Montréal LE DEVOIR, LE MERCREDI 29 DECEMBRE 2010 A 3 RVM’J ta fréquence ! RADIOVM.COM ACTUALITES Générosité bien ordonnée.A F .Manon CORNELLIER Chaque année, un peu avant Noël, l’Institut Fraser publie ce qu’il appelle un index de la générosité.Chaque fois, on ressent un léger malaise ou un brin d’agacement à voir les Québécois en queue de peloton.Le classement de cette année ne fait pas exception.Selon cet index basé uniquement sur les reçus d’impôt pour dons de charité soumis en 2008, une proportion plus lâible de Québécois donne à des organismes de bienfaisance reconnus comparativement à ce qu’on observe dans les autres provinces.Seulement 21,8 % le feraient, alors que la moyenne canadienne est de 23,6 %.Ceci placerait le Québec au dixième rang parmi les 13 provinces et territoires.Quand on calcrde le pourcentage de tous les revenus des Québécois qui atterrissent dans les coffres des mêmes organismes, le résultat est pire.Le Québec finit douzième.Et pour la valeur moyenne des dons (609 $ comparativement à 1517 $ en moyenne pour le Canada), la province est bonne dernière.Mais peut-on conclure à partir de cette étude que les Québécois sont moins généreux?Et peut-on réduire la générosité à des dons donnant droit à une déduction fiscale?À intervalles régubers.Statistique Canada procède à une enquête sur «le don, le bénévolat et la participation».La dernière a été réabsée en 2007.Bien que l’agence fédérale s’attarde à un plus vaste éventail de gestes altruistes que l’Institut Fraser, ebe ne prétend pas dresser un portrait de la générosité.Ebe dit seulement étudier la teneur et l’évolution des comportements «prosociaux» des Canadiens.Pour cela, ebe s’intéresse à tous les dons en argent (pas seulement ceux donnant droit à un reçu d’impôt).Elle prend aussi en compte les dons en nature et ceux en temps, sous forme de bénévolat et d’entraide informelle.Le portrait qib émerge est nettement plus nuancé.Qn découvre une population généreuse d’un bout à l’autre du pays.Ce sont environ 84 % des Canadiens, et des Québécois, qui ont fait des dons en argent durant l’année précédant l’enquête.Dans la même proportion que les autres Canadiens (84 %), les Québécois ont aidé de leur propre initiative des gens qui ne vivent pas avec eux.Ils ont prodigué des sobis personnels, déneigé, joué les chauffeurs, fait du ménage, des courses.Mais ü y a des différences qui subsistent entre les provmces et à certams égards, les Québécois se retrouvent encore une fois à la traîne.La valeur de leurs dons, bien qu’en hausse, est toujours nettement inférieure à cebe des autres Canadiens (219 $, comparativement à 437 $).(Qn note que plus les dons sont petits, mobis les gens ont tendance à réclamer un reçu d’impôt, ce qui pourrait mfluencer les chiffres de l’Institut Fraser.) Une proportion croissante de Québécois font du bénévolat et y consacrent en moyenne le même nombre d’heures que les autres Canadiens.Par contre, le pourcentage de Québécois qui en font est plus faible que la moyenne canadienne (37 %, contre 46 %).Les Québécois donnent donc moins.Certains attribuent cette tendance au /ait qu’ils soient davantage portés à se fier à l’État pour régler les problèmes.Le 20 décembre dernier, sur les ondes de Radio-Canada, un des chercheurs de l’Institut Fraser, Fibp Palda, offrait une autre explication.Selon lui, les Québécois ne seraient pas moins généreux, mais seulement bicapables de l’être parce que trop taxés.Faudrait-il réduire les taxes pour permettre une plus grande charité?Et si les taxes, élevées mais bien utibsées, étaient une manifestation de générosité cobective?La charité, le bénévolat, le travaü communautaire sont essentiels dans une société pour développer et nourrir la sobdarité entre citoyens, favoriser l’autonomie, la prise en charge et la responsabibté individuebe.Mais ce riche tissu communautaire ne peut remplacer un filet social structuré et financé par nos taxes.Une stratégie contre la pauvreté, le décrochage scolaire, l’itinérance ne peut exister sans soutien communautaire, mais elle ne peut pas non plus s’inscrire dans le long terme, et toucher tout le territoire sans le soutien de l’État.La charité à ebe seule ne pourrait y parvenir.Dans toute pobtique sociale structurante, l’État a un rôle à jouer.Éncore faut-il qu’il en ait les moyens et que la société qu’il gouverne en ait envie.La pobtique des congés parentaux du Québec et celle des garderies subventionnées — souvent critiquées dans certaines provinces peu taxées mais très charitables — sont une façon pour une société d’être généreuse envers les femmes, les enfants, les familles, les démunis.Cette générosité est collective, mais c’est de la générosité quand même.Il y a bien des gens qui rechignent contre cette redistribution forcée de la richesse, mais ebe est essentielle.Tout autant que l’autre, individuelle et volontaire.Peut-être que les Québécois peuvent se demander s’üs ne pourraient pas être plus charitables sur le plan financier et s’investir davantage dans leur communauté.Ça ne pourrait que rendre le vivre-ensemble encore plus agréable et constituerait une façon de secouer cette habitude topte québécoise de s’en remettre d’abord à l’État.Mais quand on regarde le portrait d’ensemble, on ne peut pas dire que la société québécoise soit moins généreuse.Elle l’est, mais autrement, d’une manière qui a ses forces et ses faiblesses.mcornellier@ledevoir.corn Religion: Jedi HELENE BUZZETTI Ottawa — Que la force du recensement soit avec toi.Sur une base volontaire, cela va de soi.En plein cœur de juillet, alors que la colère gronde de plus en plus à propos de la décision du gouvernement conservateur d’abolir le caractère obbgatofre du recensement long, le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, y va d’une de ses parades dont lui seul a le secret: «Vingt et un mille Canadiens ont inscrit Jedi comme étant letfr religion lors du recensement de 2001.» Était-ce censé démontrer que le recensement canadien n’est pas fiable?Qu’en obligeant sous la menace les gens à répondre, ceux-ci répondent n’importe quoi?M.Soudas n’a jamais précisé.Tout comme ü s’est bien gardé d’ajouter qu’en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Grande-Bre-tagne, un nombre encore plus élevé * ' de répondants avaient fait de même (réduisant du même coup le nombre d’athées déclarés), résultat d’une campagne pro-Jedi lancée dans les pays anglo-saxons cette année-là.La controverse a soufflé fort malgré les vacances, mais Qttawa n’a pas reculé.Facultatif, le recensement de 2011 ne sera pas utilisable, avertit la communauté scientifique, parce que ses résultats ne seront pas comparables à ceux des années précédentes.Les francophones ont tenté de faire valoir que sans lui les services obtenus d’Qttawa seront réduits.Ils ont été déboutés en Cour fédérale.Qn dit que, lorsqu’il était à Industrie Canada, le ministre Jim Prentice avait refusé d’effectuer ce changement au recensement proposé par les hautes instances conservatrices.Tony Clement aura été plus réceptif.M.Prentice, lui, a quitté le gouvernement pour le secteur privé.Le Devoir 9^, 20i0.Le plan de Québec sur l’aide juridique qualifié d’échec complet Une coalition dénonce la faible hausse des seuils d’admissibilité PIERRE SAINT-ARNAUD Le plan qubiquennal qib devait favoriser l’accès à l’aide juridique prendra fin le 31 décembre sur im constat d’échec complet «C’est cinq ans d’à peu près rien», lance avec dépit M® Lise Ferland, porte-parole de la Coab-tion pour l’accès à l’aide juridique.Elle ajoute que les seuils d’admissibibté actuels sont tellement dérisoires que «même les pauvres n’ont pas droit à l’aide juridique».Une personne seule doit en effet gagner moins de 12 850 $ par année pour avoir droit à l’aide juridique, soit un peu mobis que les deux tiers du salaire minimum.Pourtant, Québec s’était engagé en 2005 à hausser rapidement les seuils d’admissibilité et à y bijecter à terme une somme de 30 millions.En cbiq ans, ce plan devait permettre d’accroître l’accès à l’aide juridique pour 900 000 personnes.Autrefois, le seuil d’admissibibté était arrimé au salafre minimum et se trouvait même légèrement au-dessus.Les seuils se sont toutefois détériorés avec le temps, pour finalement s’arrbner au plus bas niveau de l’aide sociale.Cette situation avait été dénoncée par le rapport Moreau en 2005, qui avait mené à la réforme et au plan quinquennal.Cinq ans plus tard, force est de constater que la situation n’a pas changé.Tout au plus les seuils ont-ils été indexés au même rjtihme que l’aide sociale.«Le message gouvernemental est que l’aide juridique, on ajuste ça au plus bas des plus bas des revenus.On indexe ça à l’aide sociale», conclut M® Ferland.La conséquence, déplore-t-elle, est un système judiciaire discriminatoire: «Ça fait un régime à deux vitesses au chapitre de la loi.Ça fait en sorte qu’il y a des gens qui peuvent utiliser les tribunaux et qu’il y en a plusieurs autres qui disent: je vais laisser faire.Ou encore ils se représentent eux-mêmes.» La Coalition signale que le Barreau du Québec en était venu aux mêmes conclusions dans une étude sur le sujet rendue publique en octobre dernier.La Coalition demande au ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, de rehausser immédiatement les seuils d’admissibilité au niveau du salaire minimum, faisant valoir que toute personne garant moins que le salaire minimum est assez pauvre pour avofr de l’aide si ebe doit s’adresser aux tribunaux.La Coalition, qui regroupe 47 organismes, a aussi obtenu récemment l’appui de 150 regroupements divers sous forme de lettres au mbiistre de la Justice dénonçant la situation.Le ministre Fournier n’a jusqu’ici tenu aucun compte des demandes de rencontres et d’bitervention de la Coabtion.La Presse eanadienne FRANCOIS PESANT LE DEVOIR La Coalition pour l’accès à l’aide juridique demande au ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, de rehausser immédiatement les seuils d’admissibilité à l’aide juridique au niveau du salaire minimum.E N BREF Un groupe antitabac dénonce la publicité des cigarettes Vogue La Coabtion québécoise pour le contrôle du tabac revient à la charge contre British American Tobacco, qui fournit à ses détablants des pubbcités visant à promouvofr sa cigarette de marque Vo^e comme étant «la cigarette la plus féminine qui soit».La pubbcité n’est pas destinée au grand pubbc, mais bien aux détablants eux-mêmes, qui sont bivités à l’afficher dans l’arrière-boutique.L’objectif, en défi- nitive, est d’amener le détablant ou son commis à retransmettre le message du fabricant au consommateur.De plus, la pubbcité signalant le premier anniversafre de Tbitroduction de la marque Vogue au Canada montre une jeune femme très mbice et vêtue en tenue de soirée descendant d’une bmou-sbie.Il s’agit, selon la Coabtion, d’une pubbcité de genre «style de vie», expressément biterdite par la Loi sur le tabac.La Coabtion, qui note que d’autres pubbcités de même nature ont fait leur apparition auprès des détablants, demande au ministre de la Santé de remettre à jour la loi afin d’biterdire cette nouvebe tentative de promotion du tabagisme.-La Presse canadienne Travailleuses enceintes Le programme de retrait préventif est à revoir Un rapport commandé par la CSST juge que le programme est pratiquement devenu un congé de maternité LIA LEVESQUE Le programme de retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite devrait être «recentré», ce programme étant devenu pratiquement un congé de maternité.C’est l’une des constatations qui ressort d’un rapport de plus de 150 pages d’un groupe de travail chargé par la CSST de fane des recommandations concernant le régbne québécois de santé et de sécinité du travab, qui a 30 ans d’existence.Ce programme, appelé Pour une maternité sans danger, permet à une travableuse enceinte ou qui abaite et qui croit que son travail comporte des dangers pour sa grossesse ou pour la santé de l’enfant de demander à son employeur une autre affectation.Elle doit alors obtenir un certificat de son médecin traitant, qui est remis à son employeur.Si l’employeur « Rien est dans l’bnpossibbité d’ébmi- ,, ,, ner le danger ou d’affecter la ® indique travableuse à d’autres tâches, jg celle-ci peut alors bénéficier ^ d’un retrait préventif et rece- Ouébec voif des bidemnités.A mots couverts, le rapport se démarque laisse planer un doute sur l’ef- , ficacité de cette mesure, soub- autres gnant que «30 ans plus tard, «j-Qy!«ppc aucune autre commission d’ac- ^ cident du travail n’a cru bon de 0ji matière reproduire cette mesure de prévention».Il ajoute qu’une telle de mortalité couverture est «unique en • f pi Amérique du Nord».imantlle «Bien que le programme soit pi nprinatalp en vigueur depuis 1981, rien ^ ’ n’indique que le Québec se dé- de marque des autres provinces en matière de mortalité infantile prématurité et périnatale, de prématurité , .ou de faible poids à la naissan- taiDle ce» relèvet-on.poids à la Le rapport conclut aussi que la Commission de la santé naissance » et de la sécurité du travail (CSST) «a progressivement abdiqué son pouvoir de gestion du programme au profit des avis des médecins traitants et des médecins du réseau de la santé publique.Ainsi, bon an mal an, 95 % des réclamations sont acceptées».La jurisprudence a fait qu’b y a eu «glissement» de la notion de danger à une notion de risque, vofre de prbicipe de précaution.Il s’en est suivi une «augmentation considérable du nombre de demandes et des coûts qui en résultent», ce qui a préoccupé le groupe de travab.Abisi, entre 1981 et 2008, le nombre de réclamations acceptées en vertu du programme Pour une maternité sans danger est passé de 1146 à 32 532, pour des déboursés qui sont passés de 2,6 mil-bons à 208,2 mbbons pendant cette période.«De l’avis d’un grand nombre de travailleuses et d’employeurs, ce programme est considéré comme un congé de maternité», soulève-t-on dans le rapport.On y donne l’exemple de la grippe A(H1N1), qui a occasionné le retrait et l’indemnisation de 2718 travailleuses en vertu de ce programme, soit un coût supplémentafre de 23,2 mbbons.Le président du groupe de travail, Viateur Ca-miré, se défend de remettre en question la pertinence des objectifs du programme, mais croit qu’b y a beu «que la CSST reprenne le leadership qu’elle n’assume plus en la matière et que le programme soit recentré sur ses objectijs de départ».Il propose donc de modifier la loi afin de conférer à la CSST le pouvoir de déterminer les normes relatives à l’exercice du droit de retrait préventif de la travaibeuse encebite ou qui abaite, notamment des situations qui justifient un retrait ou une réaffectation.Pas de consensus Les représentants sjmdicaux du groupe de travail ont relativisé la hausse du coût de ce programme, rappelant que les femmes sont beaucoup plus nombreuses sur le marché du travail aujourd’hui qu’en 1981 et qu’il est donc normal quç les coûts aient augmenté.À leurs yeux, s’il y a tant de retraits préventifs, c’est que les dangers pour la travableuse enceinte n’ont pas été ébmbiés dans son mibeu de travail.«Si, 30 ans après l’adoption de la loi et des dispositions du programme Pour une maternité sans danger, les risques identifiés sont encore présents dans les milieux de travail, il est permis de se questionner sur la volonté réelle d’agir en prévention», concluent les représentants sjmdicaux.Fait à noter, le groupe de travail chargé de faire des recommandations concernant le régime québécois de santé et de sécurité du travab n’est pas parvenu à fane consensus sur les solutions proposées; les parties patronales et sjmdicales ne s’entendant pas sur les solutions proposées et, parfois même, sin d’autres aspects.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 29 DECEMBRE 2010 ACTUALITES ./ Al I.t ».n ANDREW BURTON AGENCE ERANCE-PRESSE New York, où il a neigé pendant 17 heures d’affilée, était encore recouvert par endroits d’une couche de 50 cm.Depuis la création des archives météorologiques, en 1892, la métropole n’a connu que cinq chutes de neige plus importantes.Les New-Yorkais coincés dans la neige Les vols ont repri hier soir, mais la situation restera difficile pendant quelques jours Le blizzard qu,! a balayé le nord-est des Etats-Unis est remonté hier en direction du Canada, laissant les New-Yorkais dans la neige jusqu’aux genoux.Les vols au départ et à l’arrivée des aéroports JF Kennedy, Newark Liberty et LaGuar-dia, fermés dimanche à l’arrivée de la tempête, ont repris lundi soir, mais le trafic aérien reste perturbé et il faudra quelques jours avant un retour à la normale.«Quelque 4500 vols n’ont pas pu décoller ou atterrir comme prévu ces deux derniers jours, il faudra deux ou trois jours pour retrouver une situation normale», a déclaré un porte-parole de l’opérateur aéroportuaire.Un appareil de British Airways a dû patienter, hier, près de huit heures sur l’aire de trafic de l’aéroport international John F.Kennedy après son atterrissage en provenance de Londres.La compagnie a expliqué cet incident par l’encombrement des portes de débarquement et l’insuffisance des agents de l’immigration et des douanes.L’agglomération new-yorkaise, l’est du New Jersey et l’ouest de Long Island ont été les régions les plus touchées par le blizzard.La couche de neige a atteint jusqu’à 75 centimètres.New York, où il a neigé pendant 17 heures d’affilée, était encore recouvert par endroits d’une couche de 50 cm.Depuis la création des archives météorologiques, en 1892, la métropole n’a connu que cinq chutes de neige plus importantes.Le sénateur Cari Kruger, un démocrate qui représente Brqok-lyn au Sénat de l’Etat de New York, a qualifié la gestion de la tempête par la Ville 6j«échec colossal».Le maire de la ville, Michael Bloomberg, a pour sa part défendu les efforts de nettoyage, affirmant que le déneigement était ralenti par les voitures abandonnées dans les rues.«Il n’y a pas de raison de paniquer, a-t-il dit.Notre administration fait exactement ce que vous voudriez qu’elle fasse.» Boston, Philadelphie et d’autres villes de la côte est se remettent aussi lentement de la tempête de neige, l’une des plus importantes en intensité dans les archives météorologiques.Les conditions de circulation, particulièrement difficiles en raison de la glace et de vents violents qui ont atteint jusqu’à 95 km/h, ont provoqué Dans les provinces atlantiques, la situation revenait lentement à la normale, notamment dans les aéroports le décès d’une douzaine de personnes dans des accidents de la route.Les températures devraient rester sous le point de congélation jusqu’à la fin de la semaine sur la côte est, alors que la tempête s’est déplacée dans la nuit de lundi à hier vers les provinces côtières du Canada et se dirigeait hier matin vers Terre-Neuve.La vague de froid toucl)ait aussi le sud des Etats-Unis.Victimes collatérales des intempéries, huit sans-abri de La Nouvelle-Orléans sont morts dans la nuit dans l’incendie du bâtiment désaffecté où ils avaient trouvé refuge, la température étant tombée en dessous de zéro dans la métropole de Louisiane.Le Canada touché Dans l’est du Canada, plus de 12 000 foyers étaient privés d’électricité hier, certains depuis plus de 24 heures.Dans l’ensemble des provinces atlantiques, la situation revenait toutefois tranquillement à la normale, notamment dans les aéroports, alors que la neige et le vent avaient beaucoup diminué d’intensité.Jusqu’à 40 cm de neige sont tombés dans le nord du Nouveau-Brunswick, tandis que cerjaines régions de la Nouvelle-Ecosse et de Terre-Neuve ont reçu près de 50 mm de pluie, avec des vents soufflant en rafales à 150 km/h, selon Environnement Canada.Dans le sud-est du Nouveau-Brunswick et sqr une partie de l’Ile-du-IYince-Édouard, les précipitations, d’abord solides, sont devenues liquides avant de se rechanger en neige, transformant les routes en patinoires.Alors que la tempête remontait vers Terre-Neuve, la situation revenait à la normale dans les aéroports de la région, notamment à Halifax, où seuls quelques retards étaient signalés hier.Lundi, la paralysie des aéroports de la région et de ceux de la côte est américaine avait provoqué des centaines d’annulations en cascade à Toronto et à Montréal.Cette tempête, la quatrième depuis le début du mois de décembre à frapper les provinces maritimes canadiennes, n’a pas été aussi forte que la précédente, qui avait causé la semaine dernière pour plus de 50 millions de dollars de dégâts seulement au Nouveau-Brunswick.Le Devoir D’après Reuters et l’AFP Vague de froid Les sans-abri se pressent anx portes des refnges LISE MILLETTE Alors qu’une petite vague de froid s’étend sur le Québec, les sans-abri se pressent au3^ portes des refuges.À la Mission Old Brewery, dans le Vieux-Montréal, les 200 lits sont occupés et le directeur général, Matthew néral est d’avis que les organismes d’aide à l’itinérance se trouvent dans une meilleure posture financière.«La ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, a annoncé cet automne un financement accru pour les trois prochaines années.Cela nous aidera à mieux gérer les débordements et à mettre en La Mission Old Brewery doit user d’ingéniosité pour trouver des espaces et aménager des lits de camp pour ne laisser personne à l’extérieur Pearce, affirme user d’ingéniosité pour trouver des espaces et aménager des lits de camp pour ne laisser personne à l’extérieur.Quand la température chute et que les vents soufflent, le facteur de refroidissement est décuplé et les risques d’engelures augmentent.M.Pearce soutient que la situation est comparable à pareille date l’an dernier, ce qqi préoccupe les intervenants.À l’hiver 2009-2010, les intervenants avaient noté une croissance importante causant des débordements.Le même scénario se répète maintenant.Les refuges pour hommes et femmes débordent et les lits non occupés par les clientèles du programme d’accompagnement pour sortir de l’itinérance sont réquisitionnés.11 y a là 120 lits supplémentaires.Malgré tout, le directeur gé- branle nos programmes d’accompagnement pour réduire le nombre de personnes qui se présenteront aux refuges», croit M.Pearce.11 a donc bon espoir de connaître une croissance de la capacité d’accompagnement poiu 2011, pour permettre ainsi à un plus grand nombre de s’en sortir de façon durable.Au cours des derniers mois, la Mission Qld Brewery a permis la réinsertion sociale de quelques centaines d’itinérants.«Nous avons déjà sorti 444 clients de la rue en un an», a mentionné, pas peu fier, Matthew Pearce, convaincu que les efforts peuvent se poursuivre dans cette voie.La Mission souhaite également ouvrir un centre de jour au cours de l’année prochaine, puisque présentement les usagers doivent quitter l’établissement après la nuit.Ces temps-ci, ils sont donc retournés à la rue dans le froid, en attendant le soir.La Presse eanadienne Six skieurs blessés dans la chute d’un télésiège dans le Maine ^a/N&ùer'ù& Game' - t-Not&ettez tenons'en/imyentaif^ L'AGENDA MODERNE.q^fendci/ MIGNON. Patiner en français Des patineurs de tous âges se donnent rendez-vous en hiver sur la belle petite patinoire de la place D Youville à Québec.Qui plus est, on patine en français.Lors de mon récent passage, la belle voix rauque de Daniel Lavoie résonnait dans les haut-parleurs.Par la suite, on entendit Marjo, Daniel Bélanger, Luce Dufault, etc.Lors d’un autre de mes passages à Québec, en 2009, j’avais remarqué qu’on ne faisait jouer que de la chanson francophone à la place D Youville.Je voulais saluer cette initiative.C’est l’image même de notre capitale française d’Amérique qui s’en trouve ravivée.Cela pourrait avoir des échos dans plusieurs restaurants, cafés et bars de Québec, où malheureusement on n’entend trop souvent que de la chanson anglophone.11 me semble que c’est une question de respect pour la population de la ville, qui est majoritairement francophone.Pour les touristes, ça les situe.Non?Yvan Giguère Saguenay, le 27 décembre 2010 Merci Benoît Lacroix Lorsque Noël et Pâques arrivaient.Le Devoir offrait sa page éditoriale au père Benoît Lacroix.Nous étions plusieurs à goûter cette cohabitation, d’autres moins, ce qui est normal dans une société pluraliste comme la nôtre.Que cette parole «reliante» trouve ainsi sa place dans un journal pour souligner deux grandes fêtes chrétiennes, cela était rafraîchissant, voire rassurant.En ce 24 décembre LETTRES 2010, le dominicain nous avoue candidement à la fin de son texte sur Marie que c’est le dernier.A 95 ans, cinq de moins que l’illustre quotidien, ça devait bien arriver un jour.11 me semble qu’un éditeur pourrait rassembler ses textes dans une belle anthologie.Je tiens à remercier la direction du Devoir d’avoir accueilli les méditations du père Lacroix.Merci surtout au religieux qui ne cherchait pas à convaincre, à avoir raison, encore moins à convertir.Benoît Lacroix s’ouvrait au mystère, tel un mystagogue qui s’émerveille à la manière des enfants, à qui appartient le Royaume, nous dit Jésus.11 invitait à sa table ceux et celles qui leur ressemblent: les s^es, les poètes et les mystiques.11 savait boire à son propre puits et désensabler la source de la tradition chrétienne en l’ouvrant à la poésie et aux autres religions.Sa plume va me manquer, mais je respecte son silence, «ce langage sacré dans lequel on goûte l’amour», écrivait Marie de Hncarnation.Jacques Gauthier Auteur et animateur du Jour du Seigneur Gatineau, le 26 décembre 2010 Mission accomplie ! Il fallait bien sûr lire jusqu’au bout votre éditorial de Noël intitulé «IJlle» pour apprendre que c’était le dernier.A 95 ans, après nous avoir tant donné, vous prenez votre retraite de l’écriture.Votre décision est sûrement réfléchie et compréhensible.Mais puis-je vous dire que pour plusieurs personnes de ma génération, vous étiez le seul lien qui nous restait avec le phristianisme?Nous avons été déçus par l’Église et continuons de l’être, nous avons délaissé toute pratique religieuse et il y a longtemps que le bras religieux ne s’abat plus sur nos têtes.Mais nous conservons de fortes valeurs humanistes d’amour, de justice et d’aide envers les hommes et les femmes qui habitent notre planète, quelles que soient leurs origines, leurs couleurs ou leurs croyances.C’est ce message que vos écrits nous rappelaient deux fois par année: à Noël et à Pâques.Ils vont vraiment nous manquer.Solange Chalvin Montréal, le 27 décembre 2010 Bravo Gamotte Abonnée à la version électronique du journal, je peux commenter, quand et si je le veux, tous les articles, éditoriaux et chroniques, sauf les caricatures de Garnotte.Ce qui me désole souvent, tellement j’aimerais lui communiquer mon admiration pour son génie de la critique, pour son art de laire apparaître d’im trait de crayon et d’un mot l’essence du sens d’un événement, en suscitant l’éclat de rire en même temps que la réflexion.Ainsi ce matin, sa «Première procréation assistée de l’histoire» me transporte de joie devant une si parfaite intelligence du phénomène actuel de l’enlântement, soi-disant problématique.J’utilise donc la lettre, version papier, pour exprimer ma reconnaissance à Garnotte.Et je profite de l’occasion pour suggérer au webmestre de la version électronique de nous offrir la possibilité de réagir immédiatement à ses caricatures.Andrée Ferretti Le 23 décembre 2010 LIBRE OPINION L’effondrement des « contrats béton » ANNE-FRANCE GOLDWATER Avocate qui représente Lola dans la cause touchant le versement de pensions alimentaires entre ex-conjoints issus d’une union libre En réponse au texte «Affaire Lola contre Éric —Aucune cause ne peut faire fi de la vérité» signé du président de la Chambre des notaires, Jean Lambert {Le Devoir, 23 décembre 2010), je tiens à souligner que la Chambre des notaires a été parmi ceux qui ont le plus souvent soutenu, en commissions parlementaires, la nécessité de protéger les conjoints de fait et leur famille, sans discrimination, et ce, depuis plusieurs années.Ceci est tout à leur honneur.De surcroît, en octobre 2007, la Chambre des notaires a fait réaliser un sondage sur l’union libre, sensibilisant le public à la confusion qui règne à propos des lois qui gouvernent les conjoints de fait.Alors, on ne peut pas dire que les notaires ne s’inquiètent pas du sort des «familles de fait».Quant à moi, je n’ai jamais dit que les «contrats de vie commune» n’étaient pas valides.Ceci ne reflète pas ma pensée.Ma crainte est que les mêmes lois protectrices qui balisent les relations familiales ne s’appliquent pas aux contrats de vie commune.Nous nageons dans l’inconnu, le Code civil s’aveuglant volontairement quant au sort des relations entre conjoints de fait, car il porte toujours les stigmates du péché d’antan à l’égard des relations hors mariage.Pourquoi cherchons-nous à protéger les époux, les consommateurs, les ouvriers, les locataires, mais non les conjoints non mariés?L’échec de la liberté contractuelle Je cite les mots de M® Lambert contre son ar- gument: «depuis plus de 30 ans en effet», les notaires étaient les témoins privilégiés de l’échec des contrats de mariage, dont la «mission» leur était confiée.Puis-je faire mieux que de citer la Cour suprême sur ce point?L’honorable juge Gonthier a constaté ceci en 1990: «Le droit québécois reconnaît depuis fort longtemps la liberté des conventions matrimoniales et la faculté pour les époux d’opter pour le régime de la séparation de biens.Les injustices nombreuses et flagrantes ayant découlé de ce régime sont bien connues; l’un des époux, généralement la femme, se retrouvait souvent démuni au moment du divorce alors que son conjoint avait capitalisé pendant toute la durée du mariage en profitant d’apports en argent et de labeurs non rémunérés.» L’honorable Gonthier dressait l’historique depuis les années 1970 des efforts du législateur et des tribunaux afin de pallier les injustices causées par les contrats de mariage.Le législateur, frustré, a réglé le problème pour la grande majorité des couples mariés en imposant la loi sur le patrimoine familial en 1989.A ma connaissance, les notaires n’ont jamais reconnu leur responsabilité quant aux injustices causées par la «liberté contractuelle» lors des contrats de mariage en séparation de biens.Et sachez, mesdames et messieurs, qu’en 30 ans de pratique, je n’ai aucun souvenir d’avoir rencontré une femme qui a vraiment compris ce à quoi elle renonçait lorsqu’elle signait son contrat de mariage, souvent le jour ou la veille de son mariage — moment oû, croyez-moi, une femme ne pense pas à autre chose que de consacrer son union avec son amoureux.Devant l’échec profond de la «liberté contractuelle» entre époux mariés que nous, juristes, avons vécu depuis des décennies, per-mettez-nous de douter que les répercussions des «contrats de vie commune» seront meilleures pour les générations à venir de conjoints non mariés.Des contrats sans encadrement Est-ce qu’il y a une obligation pour chaque conjoint de recevoir des conseils juridiques indépendants avant de conclure ces contrats de vie commune?Non.Est-ce qu’il y a une obligation de divulgation financière par les deux conjoints afin que les décisions soient prises en toute connaissance de cause?Non.Les autres provinces encadrent juridiquement les «contrats de vie commune» et s’assurent que les ententes lésionnaires peuvent être annulées.Cette protection légale existe-t-elle ici?Non.Cette protection n’existe que pour les conjoints mariés.Et que dire de la cause (datant de 1997 et portant sur un contrat de vie commune d’un couple sans enfant) citée avec fierté par M® Lambert (pour démontrer que ces contrats sont reconnus par les tribunaux)?De grâce, il s’agit de l’exemple en or de l’imprévisibilité de ces contrats! Le conjoint, dans cette cause, s’est retrouvé avec une pension alimentaire payable à vie à madame — superbe pour la conjointe, mais certainement pas ce à quoi s’attendait monsieur lorsqu’il a conclu le contrat! Et il n’a aucun droit de faire diminuer la pension, même s’il n’a plus les moyens de la payer! Et le droit d’usage d’une maison qu’il a accordé à madame (entente fréquente entre conjoints mariés sur une base temporaire) a été déclaré permanent par le tribunal! Enfin, le don de meubles d’une valeur de 25 000 $ par monsieur à madame a été annulé par le tribunal.Le résultat?Les conjoints ont signé une entente qui ressemblait à une entente typique entre conjoints mariés, mais se sont retrouvés à la fin de leur union avec une interprétation de leur contrat par le tribunal qui ne relevait pas du droit de la famille, et qui devait donc être une méchante (ou très belle) surprise pour les cocontractants! J’ajoute que la Cour d’appel ne s’est pas opposée, dans une autre cause (2001 RJQ 2047), à ce que des conjoints de fait se constituent un patrimoine familial et un patrimoine d’entreprise.Le juge Brossard a déclaré qu’il s’agissait «essentiellement d’un contrat innommé en vertu duquel les parties, en considération de leur apport respectif à la vie commune, conviennent de conférer à celui des deux qui aurait été financièrement défavorisé dans cette vie commune un droit de créance contre l’autre».Alors, dans la mesure oû une telle entente reproduirait la philosophie protectrice du Code civil à l’égard des conséquences économiques de la vie conjugale, je suppose qu’aucun mal n’en découlerait.Mais qui viendra protéger le conjoint ou la conjointe de fait lésé par un contrat de vie commune?Poser la question, c’est y répondre: personne.Sommes-nous condamnés à revivre les décennies d’injustice que les épouses mariées ont vécues?Gu plutôt, pourrons-nous choisir de faire mieux, et de demander au législateur d’offrir la même panoplie de protections à toutes les familles québécoises?Et peut-être, en même temps, pourrons-nous enfin améliorer les règles gouvernant les contrats de mariage, en ajoutant une référence aux contrats de vie commune dans le même chapitre, et apporter les correctifs nécessaires: droit aux conseils juridiques indépendants, droit à la divulgation financière, droit de demander la nullité du contrat lésionnaire? LE DEVOIR LE MERCREDI 29 DECEMBRE 2010 A 7 IDEES S JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sans l’hiver, qui empêcha longtemps l’arrivée des immigrants pendant une moitié d’année, il est fort probable que le flux d’immigrants anglo-saxons aurait été plus important et que la nation canadienne-française serait devenue minoritaire plus rapidement au sein du Canada.L’hiver et la «destinée manifeste» des Québécois ALAIN BRUNEL Sociologue chez Technologia de Paris, Québécois exilé ayant vécu 30 hivers entiers au pays eige, verglas et traumas.Deux semaines d’affilée, la France bloquée par une dizaine de centimètres de neige.De quoi susciter la moquerie des Québécois habitués à bien vivre avec bien pire.Mais dans la France des plaines, il n’y a pas assez de saleuses et de déneigeuses, pas de pneus à neige, pas d’organisation rodée, iref peu de moyens et pas d’apprentissage de la vie au froid.D’où la paralysie sur les routes et dans les airs et des milliers de personnes obligées de dormir dans les aéroports, dans leurs entreprises ou leur voiture.Une économie à flux tendu qui dérape au premier flocon.Dire qu’il tombe plus de quatre mètres de neige tous les ans à Québec.Les Français, comme les Québécois, peuvent ainsi mieux percevoir les immenses obstacles que l’hiver a fait peser sur le développement du Canada et la formidable énergie qu’il fallut déployer pour les surmonter.L’hiver canadien n’a rien d’anodin et l’exilé qui songe au retour au pays sait qu’il devra «se marier avec l’hiver» comme le dit joliment le poète.J’ai déjà évoqué dans ces pages (le 14 avril 2008) l’importance sous-estimée de l’hiver dans l’identité et le destin des Québécois.Je voudrais ici souligner les influences géopolitique et démographique de l’hiver dans notre histoire.Hiver refiige En Nouvelle-France, quand les mâchoires de glace se refermaient sur le golfe du Saint-Lau- rent pour six mois, il fallait au minimum un an pour recevoir réponse de Paris avec les cinq mois de navigation aller-retour de cette époque.Pour ceux qui vivaient autour des Grands Lacs — et au-delà —, c’était au minimum deux ans.Ce fait primordial pourrait fonder à lui seul l’affirmation selon laquelle la saison froide a largement forgé la «destinée manifeste» des Québécois en Amérique, par-delà même les facteurs sociopolitiques, culturels ou religieux, à l’influence indubitable.La comparaison avec les colonies anglaises d’Amérique est édifiante.Lçs colonies britanniques, qui allaient former les Etats-Unis, disposaient d’un accès permanent à l’océan.Les Carolines et la Géorgie sont à la latitude du Maroc! C’était un atout géopolitique majeur.L’exprçssion «destinée manifeste» a été formulée aux Etats-Unis en 1844 à l’occasion de l’annexion du Texas.L’expansion continue vers l’ouest fut alors interprétée par certains Anglo-Américains comme le signe qu’une mission de droit divin leur incombait de «civiliser» (et de dominer) le continent.Gsons un parallèle.Si la vision d’une «destinée manifeste» des Québécois a quelque sens, cela ne pouvait être, sur le plan de la morphologie sociale, que de former une petite nation isolée en terre d’Amérique; les fortes contraintes associées au climat de la colonie ne pouvaient qu’en ralentir le développement et affecter l’attractivité du pays pour les Français.Mais inversemenL et cela est moins bien perçu, en gelant les échanges pendant une moitié de l’année, l’hiver eut longtemps aussi un effet protecteur pour la culture québécoise.La saison froide joua ainsi un rôle analogue à celui de la notion de «montagne refuge» en ethnologie: l’isolement géographique préserve les minorités culturelles de l’environnement dominant et contribue ainsi à renforcer leurs caractéristiques propres.Géopolitique du froid Les avantages stratégiques et économiques d’un accès permanent à la mer furent très bien perçus dès l’origine.Ainsi, le premier intendant de la colonie royale de Louis XIV, Jean Talon, formula un projet d’achat de New York (voir Marcel Trudel, Mythes et réalités dans l’histoire du Québec, tome 1, chap.VI).Son successeur, l’intendant Duchesneau, alla jusqu’à proposer en 1679 de conquérir du même coup New York et la Nouvelle-Angleterre.Ses ar^ments: une navigation toujours libre, un climat tempéré, des terres fertiles, des pêches abondantes, des commerçants prospères.L’idée est prise au sérieux par les autorités françaises.En 1689, le projet détaillé du tenace gouverneur Callières est finalement approuvé par Louis XIV qui remet à Frontenac, le 7 juin, le plan d’invasion de New York et d’expulsion d’une partie de sa population.Mais les préparatifs traînent.Les vents retardent la traversée, qui dure 52 jours.Frontenac arrive à Québec le 12 octobre.Trop tard pour enclencher le plan avant l’hiver.L’année suivante, l’armada anglaise de Phipps se présente devant Québec le 16 octobre, trop tard aussi.Le mauvais temps favorise cette fois les Français et la flotte anglaise lève l’ancre le 24 octobre.Plus tard, sous le régime anglais, Québec est assiégée par les troupes américaines de Montgomery et Arnold pendant l’hiver 1775-1776.Mais leurs soldats, affaiblis par le siège hivernal et la maladie, seront facilement repoussés par les renforts anglais arrivés en mai.Voilà trois conflits aux issues scellées en partie par l’hiver, sans lequel on peut imaginer que New York aurait pu devenir possession française en 1689, Québec tomber sous domination anglaise dès 1690, ou américaine en 1776.Le bouclier de glace Sous le régime anglais, l’afflux d’immigrants britanniques change le paysage démographique du Québec au début du XIX® siècle.Dans son ouvrage Genèse de la société québécoise (Boréal), Fernand Dumont souligne que pendant les mois d’été et d’automne, les anglophones prédominaient à Québec.La proportion de la population anglo-saxonne atteint près de 40 % à Québec à partir de 1861 (p.101).L’objectif du rapport Durham et de l’Union de 1840 est clairement de placer en situation de minorité les francophones.Sans l’hiver, qui empêcha longtemps l’arrivée des immigrants pendant une moitié d’année (les brise-glaces feront leur apparition sur le fleuve à partir de 1908), il est fort probable que le flux d’immigrants anglo-saxons aurait été plus important et que la nation canadienne-française serait devenue minoritaire plus rapidement au sein du Canada, en dépit de sa forte fécondité.D’autant qu’au XIX® siècle, près d’im million de Québécois s’exilent vers les «Etats» en raison du manque de terres arables et d’emplois.Le tropisme du Sud est ancien au «pays de l’hiver».Par conséquenL si «l’hiver de force» fiit d’évidence ime croix à porter pour le développement du pays, il constitua également un bouclier de glace contre les invasions et le cocon protecteur d’ime vaillante et ré-siliente nation qui a essaimé quelque 16 millions de defendants sur le continent (hors Québec).A l’heure des grands bouleversements climatiques et de la menace d’extinction qui pèse sur l’hiver d’antan, les Québécois sont ainsi plus que jamais fondés à faire de l’hiver leur étoile.Une étoile des neiges, sjunbole écologique d’appartenance et d’indépendance, afin de regarder leur passé, leur avenir — et le Goliath anglo-américain — droit dans les yeux.La spiritualité athée existe Les humanistes ne fêtent pas Noël, mais la «Lumière humaniste» JEAN DELISLE Professeur émérite de l’Ecole de traduction et d’interprétation de l’Université d’Ottawa et membre de l’Association humaniste du Québec 1 est de tradition que les prêtres et les évêques catholiques livrent leur point de vue sur Noël et la crèche dans leurs messages annuels publiés dans les journaux.J’aimerais faire entendre ici un autre son de cloche sur cette fête, celui des humanistes.Un humaniste croit volontiers au message d’amour et de paix d’un homme appelé Jésus, mais pas à sa nature divine ni aux circonstances entourant sa conception et sa naissance.Difficile, en effeL de croire à l’Annonciation (premier cas de «procréation assistée»?), de croire que l’enfant né d’une vierge est le fils d’un être invisible appelé Dieu, que cet homme-dieu meurL ressuscite et remonte au Ciel.Plusieurs peuples avant notre ère ont inventé des mythologies semblables pour juguler leur peur de la mort et prolonger la vie dans un au-delà imaginaire et paradisiaque.Cela dit, l’humaniste respecte ceux qui éprouvent le besoin d’adhérer à cette vision des choses.La foi en l’homme Au Québec, comme partout en QccidenL Noël a perdu son caractère religieux, sauf pour un faible pourcentage de la population.Mais Noël est demeuré pour tous un temps de festivités et de réjouissances passé en compagnie de ses proches et de ses amis, un temps d’échanges où l’on s’oublie un peu pour penser aux autres, une période propice à l’entraide et aux gestes de générosité.Bien qu’il ait rejeté toute croyance fondée sur des dogmes ou la révélation divine, Ihumanis-te n’en proclame pas moins la grande dignité de l’homme et reconnaît sa responsabihté sociale.Depuis une dizaine d’années, les humanistes nord-américains célèbrent la «Lumière humaniste» le 23 décembre par des agapes fraternelles et diverses activités.La lumière perce les ténèbres de l’obscurantisme.L’arbre de Lumière humaniste Les célébrations humanistes des rituels rigides et laissent à la créativité de chacun est celui de la connaissance, de la recherche sincère de la vérité sur l’homme et son évolution.Sous cet arbre, pas de crèche.La Lumière humaniste qui illumine cet arbre est celle des grands penseurs et philosophes ayant fait progresser l’humanité en luttant pour la liberté d’expression et les droits démocratiques, souvent malgré l’opposition des religions.Les célébrations humanistes s’éloignent des rituels rigides et laissent libre cours à la créativité de chacun.Qccasion d’une réflexion sur la solidarité humaine, elles sont l’expression d’une vision optimiste du monde éclairé par la science et la raison, d’un monde tolérant qui se construit sans le recours à des entités surnaturelles et dans le respect des s’éloignent libre cours plus hautes valeurs morales.Comme le croyant, l’humaniste cultive lui aussi l’espoir de voir advenir un monde meilleur, mais ici-bas, sans promesse de récompense après la mort.L’humaniste se reconnaît produit de l’évolution, non la création d’un Dieu.La fête de la lumière est essentiellement profane, mot dont l’étymologie signifie «devant le temple»; elle se tient donc hors des lieux de culte traditionnels.Fondement de la morale Il est faux de prétendre, comme le pape Benoît XVI dans son dernier ouvrage Lumière du monde, que Dieu et la «vérité révélée» sont les seuls fondements de la morale.Cette conception prétentieusement restrictive de la morale heurte les humanistes incroyants.Tous les chemins ne mènent pas à Rome.L’humaniste n’est ni amoral, ni immoral.La valorisation de l’être humain et l’amélioration de la condition humaine peuvent emprunter d’autres voies.D’autres Lumières éclairent le monde.L’histoire le prouve amplement.Le philosophe André Comte-Sponville est un de ceux qui en ont la conviction: «Sincèrement, est-ce que vous avez besoin de croire en Dieu pour penser que la sincérité vaut mieux que le mensonge, que le courage vaut mieux que la lâcheté, que la générosité vaut mieux que l’égoïsme, que la douceur et la compassion valent mieux que la violence ou la cruauté, que la justice vaut mieux que l’injustice, que l’amour vaut mieux que la hai- ne?Bien sûr que non! [.] Ceux qui n’ont pas la foi, pourquoi seraient-ils incapables de percevoir la grandeur humaine de ces valeurs, leur importance, leur nécessité, leur fragilité, leur urgence, et de les respecter à ce titre?» Qui, une spiritualité athée existe bel et bien.L’archevêque de Gatineau, Roger Ebacher, a écrit dans son message de Noël: «[Je] trouve dans la crèche de Noël un Dieu qui se fait proche de moi.» Qu’il me soit permis de lui rappeler que ceux qui ne croient pas à la belle histoire du bœuf et de l’âne ne sont pas moins proches des humains, à défaut d’être proches de Dieu.Tout autant que les croyants, les humanistes se préoccupent des démunis; ils ne sont pas moins généreux, ni moins honnêtes, ni moins soucieux de spiritualité.Se pourrait-il que les catholiques n’aient pas le monopole de la vertu?Leur crèche ne les invite-t-elle pas à l’humilité?L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andree Choumard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cirmo (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société) ,'Se.an Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Carobne Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaüle et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frederique Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardms, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site internet), Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier, Emilie Parent-Bouchard et Etienne Plamondon-Emond (commis internet) , Amehe Gaudreau (secretaire a la redaction), Genevieve Tremblay et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Sylvam Gnmard (directeur adjoint) de Büly, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Ehman, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amehe Maltais, Mana M Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fihon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathahe Fihon, Marie-Lune Houde-Brisebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 29 DECEMBRE 2010 ACTUALITES GAZ «Je crois que la population a besoin d’un geste très fort de la part du gouvernement.Je crois que ce geste, c’est un moratoire.Les gens ont besoin d’informations crédibles, d’analyses rigoureuses», dit le sondeur.SUITE DE LA PAGE 1 Pierre Arcand.Même le passage très remarqué du premier ministre Jean Charest à Tout le monde en parky où le sujet a été amplement abordé, n’a pas atténué les inquiétudes.Sur le plateau de l’émission phare de Radio-Canada, il avait répété qu’il n’y aurait pas de moratoire ni d’exploitation avant l’adoption d’une loi propre aux hydrocarbures, en plus de rejeter toute idée de nationalisation.«Le gouvernement et l’industrie n’ont pas rassuré [la population], résume Daniel Lemieux, associé à la firme de recherche Senergis.Beaucoup de questions demeurent sans réponse.Est-ce que les conclusions du BAPE rassureront la population et feront augmenter les appuis à l’exploitation du gaz de schiste?C’est difficile à dire.Mais je crois que la population a besoin d’un geste très fort de la part du gouvernement.Je crois que ce geste, c’est un moratoire.Les gens ont besoin d’informations crédibles, d’analyses rigoureuses.» Sur la question du moratoire, maintes fois rejeté par le gouvernement Charest, les résultats du sondage sont d’ailleurs on ne peut plus clairs.Un total de 74 % des répondants — un chiffre qui équivaut à 58 % de la population, selon la méthodologie de Senergis — jugent qu’une telle mesure est «nécessaire», dont 45 % qui considèrent qu’un holà aux activités d’exploration est «absolument nécessaire» afin que «des études rigoureuses et indépendantes évaluent les impacts environnementaux dus à l’extraction».Aucune étude du genre n’a été réalisée au Québec.Ce souhait de la population s’est aussi exprimé dans deux pétitions qui ont connu un grand succès au cours des dernières semaines.En date d’hier, plus de 113 000 personnes avaient signé celle réclamant que Québec «ordonne un moratoire complet sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste» et lancée par le député Amir Kha-dir.Quant à celle exigeant la démission de Jean Charest, elle avait recueilli un peu plus de Attitude à l’égard de l’exploitation du gaz de schiste Favorables Ne connaissent pas le gaz de schiste ou le débat actuel Favorables (très + as Pas d'opinion Défavorable?Défavorables (très + assez) Ne connaissent pas le gaz de schiste ou le débat actuel Pas d'opinion Septembre 2010 Décembre 2010 246 000 signatures.Elle se base notamment sur le fait que «le premier ministre du Québec, député de Sherbrooke, et le gouvernement libéral refusent d’accéder à la demande populaire et des différents partis de l’opposition concernant la mise sur pied d’un moratoire sur les gaz de schiste».Eait à noter, seulement 6 % des répondants se sont rangés du côté de la position défendue par le gouvernement et l’industrie, soit qu’un moratoire n’est «absolument pas nécessaire».Au total, 19 % des répondants sont contre l’idée d’un moratoire.Le gouvernement a donc tout à gagner à stopper temporairement les activités de l’industrie, selon M.Lemieux.«Si des études rigoureuses et indépendantes concluaient qu’il est possible d’exploiter le gaz en prenant des mesures sérieuses d’encadrement, il serait possible d’aller chercher davantage d’appuis», explique-t-il.Selon les résultats du sondage, «si certaines conditions étaient réunies», les appuis à l’exploitation du gaz de schiste pourraient effectuer un bond marqué, passant de 20 % à 52 %.Donnée plutôt étonnante, 22 % des répondants ont dit ne pas connaître le sujet ou ne pas avoir entendu parler du débat qui fait rage depuis maintenant six mois au Québec.Des chiffres qui ne surprennent pas le sondeur, qui estime que ce taux est similaire aux résultats obtenus dans le cadre d’autres études, notamment celles portant sur le développement de la filière éolienne.Ce sondage exclusif au Devoir a été réalisé sur Internet entre le 17 et le 19 décembre 2010.Un total de 1000 personnes ont répondu au questionnaire.La marge d’erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.Le Devoir GUIGNOLEE SUITE DE LA PAGE 1 VOUS voulez rien nous donner, dites-nous lée.» Ce n’est pas le dernier jour de l’année et le mot «lée» n’est pas dans le dictionnaire, mais on chantera cet air avec toute la force possible.Agés dans la trentaine, Jean-Patrick et sa copine Stéphanie en sont à leur deuxième guignolée du Cap-Blanc.Seuls «jeunes» parmi les fenévoles, ils sont probablement aussi les seuls non-pratiquants, mais ça ne les rend pas moins prosélytes.«Ça permet de rencontrer les gens du quartier qu’on connaît pas», résume Stéphanie.Jean-Patrick a gardé un souvenir spécial de l’année dernière à cause du «petit boire» de brandy d’un autre voisin, Georges.On raconte dans le coin qu’il faut faire très attention dans les escaliers en sortant de chez lui.Une chose est certaine, lui et Stéphanie ont dû bien faire ça l’an dernier parce que Maureen, la voisine, est venue porter sa contribution jusque chez eux avant la guignolée.Pendant qu’on distribue les tâches au presbytère, Jean-Patrick s’assure d’avoir George sur sa route.Dans la cuisine, deux dames préparent la soupe et le pâté de viande qu’on nous offrira au retour.L’ambiance est fébrile.Notre petit bout de papier à la main, on pratique l’air une dernière fois en groupe, et nous voilà partis.Dans la rue déserte, on n’entend que nos cloches et nos voix qui faussent.Méconnu de bien des gens à Québec, le quartier du Cap-Blanc est situé entre la côte Gilmour et le port.Collée sur la falaise en bas des Plaines, cette curiosité locale compte moins de 700 habitants et tourne essentiellement autour d’une seule rue, la rue Champlain.Le quartier compte beaucoup d’anglophones, des familles d’Irlandais pour la plupart, qui anciennement travaillaient dans le port.«La plupart des gens c’était des marins, des débardeurs.Ils travaillaient au chantier maritime.Ils vivaient du fleuve», nous a raconté Carmen Couture, qui est de toutes les activités de bénévolat dans le coin.«C’est petit ici, c’est comme un village.Tout le monde se connaît, c’est pour ça que la guignolée continue.On a toujours eu des bénévoles, ça se transmet de père en fils.» Contrairement à d’autres collectes de fonds comme la Guignolée de médias par exemple, l’argent est distribué dans le coin.«L’argent qu’on collecte reste dans la paroisse, ça devient notre fonds de la Saint-Vincent-de-Paul pour les familles plus démunies.» Mais les temps changent.Pour la guignolée du Cap-Blanc, c’est probablement la fin d’une époque, concède-t-elle.«On commence à avoir de la misère à recruter des jeunes parce que ce n’est plus la même mentalité qu’avant.Avant, les jeunes suivaient les parents.» Beaucoup de familles du Cap-Blanc sont là depuis des générations et dans bien des cas, les derniers descendants sont propriétaires de mai- sons qu’ils n’auraient jamais les moyens de se payer avec les prix d’aujourd’hui.Les nouveaux acheteurs ne participent peut-être pas à la guignolée, mais beaucoup décorent toujours la devanture de leur maison de bateaux, en hommage au passé maritime de l’endroit Les gens nous accueillent parfois en bo-bettes, l’air interloqué.On en rencontre de tous les genres.Comme ce monsieur qui ouvre la porte, nous fait chanter puis nous dit qu’il n’a rien à donner.Ou cette vieille dame qui sort de chez elle pour nous dire à quelles portes frapper dans son bloc.«Allez au deuxième, y a personne au rez-de-chaussée.» Le monsieur du rez-de-chaussée a l’air d’avoir mille ans.«Attendez, je suis pas prêt», dit-il en ouvrant la porte.Doucement, pas après pas, il disparaît dans le fond de son logement et revient avec sa contribution.On nous l’avait dit, mais c’est confirmé: les gens sont très généreux.Malheureusement, une grande déception nous attend: George n’est pas là.Il faut bien se résigner: on n’aura pas de brandy cette année.Or il ne faut pas sous-estimer le quartier.Deux maisons plus loin, notre petit groupe se fait accueillir par une dame très enthousiaste.«A la guignolée, ils donnent de la boisson pour se réchauffer, est-ce que vous en voulez?» C’est ainsi que nous avons pu déguster «une liqueur hollandaise» à llh du matin.Et rebelote à la porte suivante, où une chanteuse nous donne son dernier album et de très grands verres de.cognac.On se serait crus dans le Pas-de-Calais, avec les Ch’tis livrant le courrier.En quelques portes, on a ramassé bien des 20 $ qui ont fait honneur à notre bas.C’était comme une Halloween pour adultes, avec en prime une bien bonne action et une chanson qui vous reste dans la tête pendant très très longtemps.Le Devoir Guignolée comme dans «gui l’an neuf» ISABELLE PORTER Québec — A l’origine, la guignolée n’était pas portée par des bénévoles.Les pauvres eux-mêmes passaient de porte en porte pour réclamer des dons.Et pour convaincre les gens de donner, ils les menaçaient parfois d’aller pisser dans leurs récoltes! A l’origine, la guignolée avait lieu au Nouvel An et provient de l’expression «O gui l’an neuf».«Le mot était une espèce de cri, de souhait pour la nouvelle année», explique Robert Bouthilier, un expert de ce qu’on appelle le patrimoine vivant.Pourquoi le gui?Parce qu’à l’époque, comme dans Astérix et Obélix, le gui était considéré comme une plante magique porteuse de santé.«C’est une plante qui ne meurt pas.Malgré l’hiver, elle ne se défeuille jamais.» Les premières traces du terme «guignolée» remontent à 1403 et on y fait notamment référence dans l’œuvre de Rabelais.«C’est une fête très ancienne qui n’était pas religieuse, mais de tradition populaire.On la retrouvait dans énormément de régions françaises comme la Bretagne, le Poitou, la Normandie, la Savoie.» En cette époque de grandes inégalités, «l’année était parsemée de moments départagé» comme Pâques, la fête de la Passion et la guignolée du 31 décembre.«Des gens parmi les plus pauvres de la société passaient de maison en maison.Ils recevaient ce qu’on leur donnait, raconte-t-il.On donnait des œufs, des pièces de viande, de monnaie.» Au rituel se sont jointes toutes sortes de chansons qu’on assortissait parfois de menaces du genre «si vous ne donnez rien, on va pisser dans vos choux ou enlever vos filles».Lui-même chanteur et conteur, Bouthilier a participé à des guignolées typiquement traditionnelles en Bretagne, la nuit.Et là-bas comme chez nous, le forfait comprenait de l’alcool.«A chaque maison, ils ouvraient la bouteille de cidre.» Au Québec, la guignolée est apparue au tournant du XIX"^ siècle.«Ici, nous n’avions pas la masse critique sédentaire nécessaire pour perpétuer ça, explique M.Bouthilier.Ça semble avoir été récupéré par la Saint-Vincent-de-Paul au tournant du XIX\ Ça s’est ensuite décliné dans les paroisses comme une tradition annuelle.» A partir de ce moment, ce ne sont plus les pauvres mais des bénévoles qui passent la guignolée.Quant à la chanson de la Guignolée telle que nous la connaissons, il s’agit de la version d’Ernest Gagnon, auteur du recueil Les Chansons populaires du Canada paru en 1865.«Il a écrit un beau texte là-dessus, c’est une des chansons qu’il commente le plus longuement.» Très répandue pendant près d’un siècle, la traditionnelle guignolée perd ses adeptes avec la Révolution tranquille et la désaffection religieuse.Aujourd’hui relativement marginale, elle revit sous de nouvelles formes, comme la Guignolée des médias.«On trouve ce genre de quêtes rituelles dans toutes les sociétés occidentales depuis le Moyen-Âge», ajoute M.Bouthilier.Dans le monde anglo-saxon, la tradition se vit dans les villes.Or là, «ce sont de petits enfants qui allaient chanter aux portes.» «L’Halloween est aussi un vieil avatar des quêtes rituelles païennes du monde celtique», ajoute-t-il.La tradition s’est perdue, puis elle est revenue «à travers le commerce au XX" siècle».La guignolée se distingue toutefois de la vieille fête de la Mi-Carême à l’Isle-aux-Grues, lors de laquelle des adultes costumés vont de maison en maison.«C’est un autre type de tournée où il n’y avait pas de quête.La Mi-Carême est essentiellement ludique et s’apparente plus à la mascarade ou au Carnaval.» Le Devoir ULTIMATUM SUITE DE LA PAGE 1 et Pires, et qu’il écouterait le «message» qu’ils avaient à lui transmettre.«Tout s’est bien passé», s’est contenté d’affirmer Boni Yayi, à l’issue de la rencontre.Après l’entretien avec M.Gbagbo, les trois envoyés spéciaux de la CEDEAO se sont assis avec Alassane Ouattara, à l’hôtel du Golf, où il s’est retranché.En fin de journée, après des discussions d’environ trois heures, ni les trois chefs d’Etat ouest-africains ni M.Ouattara n’ont fait de déclaration.Le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi, a indiqué que «le statut de président de la République d’Alassane Ouattara [n’étant] pas négociable [.] il s’agit maintenant de négocier les conditions de départ de l’ancien président Laurent Gbagbo».La visite des dirigeants du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert à Abidjan apparaît comme le «dernier geste» de la CEDEAO afin d’obtenir le retrait de M.Gbagbo de l’avant-scène de la vie politique de la Côte d’ivoire au profit de M.Ouattar^ qui a été reconnu chef de l’État par la communauté internationale.Le Nigeria, qui possède la plus importante armée de la région, pourrait jouer un rôle majeur si une opération militaire est lancée pour le déloger.«Ce n’est pas du bluffi>, avait dit avant-hier un haut conseiller de M.Ouattara sous le couvert de l’anonymat «Les soldats s’en viennent beaucoup plus rapidement que certains ne le pensent», avait-il ajouté.La CEDEAO est déjà intervenue en Afrique par le passé, notamment lors de la prise de Eree-town, la capitale de la Sierra Leone, en 1998.Elle est aussi intervenue au Liberia en 1990, où ses forces armées sont restées pendant plusieurs années, ainsi qu’en Guinée-Bissau.Certains analystes craignent qu’une éventuelle mission militaire de la CEDEAO en Côte d’ivoire n’exige une invasion à grande échelle qui pourrait faire un grand nombre de victimes civiles.Par ailleurs, un Casque bleu a été blessé, hier, lorsqu’une foule a encerclé un des convois de la mission de l’ONU en Côte d’ivoire et mis le feu à l’un des véhicules.Des observateurs craignent de plus en plus que les violences ne visent les Casques bleus depuis que Laurent Gbagbo a appelé, plus tôt ce moisrci, la force onusienne à quitter le pays.Des ambassadeurs persona non grata Le gouvernement Gbagbo a menacé hier de renvoyer des ambassadeurs d’États qui, à la demande de son rival Alassane Ouattara, «entendent mettre fin à la mission» de ses propres représentants, pointant du doigt la Erance, mais sans la nommer.«Il nous revient que certains gouvernements, disant agir sur la base de correspondances émanant de M.Alassane Ouattara, entendent mettre fin à la mission de nos ambassadeurs dans leurs Etats», a indiqué le porte-parole du gouvernement, Ahoua Don Mello, à la télévision publique RTL «Eace à de telles décisions [qui sont] contraires à la pratique diplomatique [le gouvernement] se réserve le droit d’appliquer la réciprocité en mettant fin à la mission des ambassadeurs des pays concernés», a-t-il poursuivi.Pour sa part, le gouvernement français a engagé la procédure d’agrément d’un nouvel ambassadeur ivoirien à Paris désigné par M.Ouattara.La Belgique a, elle, décidé de reconnaître comme nouveau représentant ivoirien à Bruxelles une chargée d’affaires, également nommée par M.Ouattara.Laurent Gbagbo avait soutenu à plusieurs journaux français êfre victime d’un «complot» de la Erance et des États-Unis, mené par leurs ambassadeurs à Abidjan.Complot fomenté par Washington et Berlin?D’ailleurs, les États-Unis ont dû démentir hier avoir convoyé des mercenaires en Côte d’ivoire pour se débarrasser de lui, jugeant «absurdes» les accusations de complot visant à l’écarter du pouvoir lancées par des partisans de Gbagbo.«Nous continuons d’appeler le président Gbagbo à respecter la volonté du peuple ivoirien et à laisser le pouvoir au président élu [Alassane] Ouattara», a affirmé Mark Toner, jugeant «ridicule» l’idée d’un «complot malfaisant» pour se débarrasser de lui.Le ministre de l’Intérieur, Émile Guiriéoulou, avait soutenu dimanche qu’un avion américain, censé transporter des experts chargés d’évaluer les conséquences d’un tir de RPG (rqcket-propel-led grenade) contre l’ambassade des États-Unis à Abidjan il y a près de deux semaines, s’était en fait posé à Bouaké, dans le centre du pays, fief de l’ex-rébellion des Eorces nouvelles (EN), qui soutiennent M.Ouattara.«Nous avons des raisons de penser que les dix Américains qui ont débarqué sont des mercenaires», avait-il lancé.De son côté, la presse pro-Gbagbo soutient que l’avion transportait une dizaine de mercenaires allemands financés par Washington et dont la mission serait d’éliminer Laurent Gbagbo.Une porte-parole de la diplomatie d’Allemagne, où l’appareil en question avait décollé, a réfuté ces accusations «absurdes et complètement fausses».Les violences qui ont suivi le deuxième tour du scrutin en Côte d’ivoire ont fait au moins 173 morts, selon les Nations unies.Le bilan pourrait toutefois s’alourdir, puisque l’ONU a indiqué qu’elle était actuellement incapable d’enquêter sur des allégations faisant état de fosses communes à cause des restrictions imposées aux déplacements de son personnel.Le Devoir D’après VAFP, TAP et Reuters LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par 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