Le devoir, 8 janvier 2011, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 SCENES Un dossier spécial sur les femmes en colère qui envahiront nos scènes Page E 3 LITTERATURE Louis Hamelin se penche sur le plus récent livre de Günter Grass Page E 9 LE MENSONGE Avec Tom à la ferme ^ Michel Marc Bouchard poursuit sa charge contre la violence et les murs de silence dont elle s’abreuve MICHEL BELAIR Il neige en ce mardi de la fin de décembre, à quelques jours des vacances de fin d’année et du retour armuel de Michel Marc Bouchard à ses sources saguenéennes, chez lui.Même s’il est surchargé de travail, ce passionné des origines est en grande forme.Selon ses bormes vieilles habitudes, il bricole plusieurs trucs en même temps, tout en assistant depuis quelques jours aux enchaînements de son texte le plus récent, Tom à la ferme, qui prend l’affiche du Théâtre d’Au-jourd’hui de l’autre côté du temps des Fêtes, ce mardi qui vient.Depuis quelques mois, par exemple, il bosse de façon intensive à un scénario de film sur la reine Christine de Suède, pour le cinéaste finlandais Aki Kaurismâki.Fatalité Mais nous sommes plutôt là — il y a presque trois semaines déjà! — pour parler de ce Tom qui se voit soudain confronté à la mort de son amant décédé bêtement dans un accident de la route.Tom qui décide d’assister aux funérailles à la ferme familiale dans un bled perdu du Québec profond, qui se rend compte brutalement que la famille de son conjoint ne sait rien de lui et que celui qui n’est plus là a entouré sa vie d’un épais mur de mensonges.«Le personnage de Tom est une sorte d’incarnation de la fatalité», explique Michel-Marc Bouchard, dans cet étrange mélange de passion et de raison, de calme et de précipitation qui caractérise son discours tout autant que ses oeuvres dramatiques.Chez lui, on le sait depuis au moins L’Histoire de Voie et Les Muses orphelines, la frontière est mince entre l’apparence de calme plat le plus ordinaire et la tragédie grecque.Bouchard cultive les moments charnières, les crises et les tensions en tous genres.«Si on dit que f écris “bleu” habituellement, eh bien, ici, fai écrit dans un bleu un peu plus foncé.Tout nous rattrape toujours; c’est ce que je veux dire aussi en parlant de fatalité.Avec la même grammaire émotive et en utilisant des formes différentes, fai JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le dramaturge, Michel-Marc Bouchard toujours exploré la même gamme de thèmes: l’absence, le deuil, le mensonge et l’homophobie.Ici, le personnage de Tom est un être naïf d’une totale sincérité.Il ne prend aucune distance: son sous-texte est son texte.Ce qui rendra encore plus terrible le choc avec l’environnement dans lequel il se retrouvera!» De son écriture et des transformations qui l’ont marquée jusqu’à aujotud’hui, le dramaturge dira qu’il fait maintenant beaucoup plus confiance à la situation et aux personnages qu’au moment de ses débuts, alors qu’il se laissait plus facilement aller au lyrisme.«C’est probablement mon travail de scénariste qui influence ici l’auteur de théâtre, mais j’essaie maintenant de bâtir la représentation entre les répliques de mes personnages, en me servant des silences tout autant que des mots.Les silences construisent un volet important du spectacle puisqu’ils sont en quelque sorte la parole du public.» Mais il n’y a certes pas que des silences dans ce Tom à la ferme, bien au contraire.Bouchard y aborde la violence de plein front, comme il le dit.«Parce que je veux qu’on parle de cette violence dirigée encore contre ceux qui assument leur différence.Sauf que tout de suite la question s’est posée pour moi: comment parler de l’homosexualité 20 ans après Les Feluettes.^ Comment parler de ce mensonge premier et fondateur des premiers pas d’un homme vers un autre homme dans lequel il cherche d’abord l’acceptation de ce qu’il est?Dans cet élan, l’un comme l’autre se transforment pour plaire.et la même vérité, le même mensonge plutôt!, vaut pour tous.Ce que je dis, c’est que ce mensonge est proactif, devient finalement une écriture: il n’y a certainement pas de hasard à ce que ce soit, partout, l’un des principaux moteurs du théâtre.» Un choc brutal Tom vit donc dans la grande ville avec son compagnon dont on ne satua jamais le nom.11 accepte difficilement sa mort.Son absence si brutalement définitive l’amène à tenter de renouer le fil qui s’est cassé et à vouloir retrouver aussi le disparu à travers les membres de sa famille qu’il ne connaît pas.Précisons que Tom est un homme d’aujoiud’hui, un petit bourgeois plutôt à l’aise fi-nancièremenfi il pourrait habiter sur le Plateau ou dans le Vieux-Montréal.11 a un look d’enfer, comme tient à le préciser Michel Marc Bouchard, et il est surtout beaucoup trop «habillé» poiu le petit village et la ferme laitière où habite la famille de son amant décédé.Le choc sera brutal.Presque suicidaire.Claude Poissant signe ici pour la première fois la mise en scène d’un texte de Michel Marc Bouchard, ce qui est quand même étonnant puisque les deux hommes se connaissent et se fréquentent depuis plusieurs éternités — Poissant avait produit pour le PàP la première version des Feluettes mise en scène par André Brassard en 1987.Bouchard souligne que les deux hommes se sont «choisis».«J’ai remis le texte à Claude en ne lui disant pas un mot, mais je brûlais qu’il me dise, après l’avoir lu, qu’il tenait absolument à le monter.et c’est exactement ce qui s’est passé! Claude est, pour moi, l’homme de tous les défis: c’est un metteur en scène exigeant qui n’a pas peur de fouiller au fond des âmes.Il me connaît bien, je le connais bien.Je sais que c’est un créateur qui s’approprie les textes qu’il travaille et j’ai senti dès le départ l’ampleur de l’engagement qu’il prenait envers le texte de Tom et envers moi.Je sais ce qu’il a investi pour réécrire l’histoire à sa façon en la faisant passer du texte brut à la scène.Je me répète, c’est précisément ce que je souhaitais.Sur- tout pour le personnage de Tom, qui est un homme qui ne fait jamais le tri de ses émotions et de ses mots et qui vit en quelque sorte la violence qui lui tombe dessus comme une sorte de profond épisode névrotique.» Les deux hommes planchent sur Tom à la ferme depuis mai dernier, discutant autant de détails infimes que de vues d’ensemble.Bouchard dit qu’il a retouché quelques passages de son texte mais que, à ce stade, l’opération «Je veux qu’on parle de cette violence dirigée encore contre ceux qui assument leur différence» tient de la haute couture, «comme si on ajustait un bouton sur le costume d’un acteur».On aura compris qu’il sent son Tom entre bonnes mains.Mais tout cela n’empêche pas Michel Marc Bouchard d’être Michel Marc Bouchard jusque dans le bout des mots.En fin d’entrevue, il a tenu à souligner son inquiétude en dénonçant le peu de place occupé aujourd’hui par les arts dans les médias.On ne se refait pas.Le Devoir TOM À LA FERME Texte de Michel Marc Bouchard mis en scène par Claude Poissant.Une création du Théâtre d’Au-jourd’hui présentée du 11 janvier au 5 février.514 282-3900. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Les dix disques classiques de l’année 2010 CHRISTOPHE HUSS Le fait artistique important de l’année ptionograptiique classique 2010 est la richesse sans cesse creusée du répertoire ancien et baroque.Trois des cinq premiers disques du palmarès concernent de la musique de l’époque de Bach ou antérieure à cette époque.Les anniversaires de Mahler, Schumann et Chopin nous ont donné de rares nouvelles références, mais elles figurent à ce palmarès.1.Bach: Passion selon saint Jean.La Chapelle rhénane, Benoît Haller.Zig Zag 2 CD ZZT 100 301.2 (SRI).Dès que nous imaginions ce bilan, ce disque s’imposait comme l’incontournable sommet.Benoît Haller et sa Chapelle rhénane réinventent une forme de théâtre sacré, d’une expressivité si forte, si judicieuse, d’une incarnation si évidente qu’elle laisse pantois.Le moindre protagoniste de l’enregistrement chante comme si sa vie en dépendait.2.Schumann: Intégrale de la johann Sebastian Bach PASSIO SECUNDUM JOHANNEM LA CHAPELLE ’’rhénane [ Benoît Haller ] musique pour piano, et de chambre (vol.XI).Eric Le Sage.Alpha 2 CD alpha 169.Pour l’année Schumann, le pianiste français Eric Le Sage parachève l’intégrale désormais référentielle de sa musique pour piano.Ce onzième et dernier volume comprend notamment Fondation! Or 1 le Carnaval, les Scènes d’enfants, la Toccata et VArabesque, mais aussi des raretés comme les Etudes sur un thème de Beethoven.Ce que Le Sage a de plus?Une détente naturelle dans la respiration.Pianiste de l’équilibre, du goût et de la liberté, Le Sage triomphe ici comme ailleurs dans cette intégrale magique.3.Le Concert spirituel au temps de Louis XV.Le Concert des Nations, Jordi Savait Alia Vox SACD AVSA 9877 (Pelléas).Enregistré en février 2010, ce CD «populaire» de Jordi Savall — le premier après une longue série de projets très intellos — comporte le Concerto grosso op.6 n° 4 d’Arcangelo Corelli, deux ouvertures et un concerto pour flûte de Georg Philipp Telemann et la Suite des airs à jouer tirée des Indes galantes de Rameau.Servi par une prise de son spectaculaire, il se distingue par son éloquence musicale, mais avant tout par l’extraordinaire et moelleuse richesse sonore.4.Mahler: Symphonie n° 4.Sunhae Im, Orchestre symphonique de Pittsburgh, Manfred Honeck.Exton EXCL-00048 (Allegro) .Année Schumann, année Chopin, année Mahler.Le meilleur CD de Mahler est consacré à cette 4‘ Symphonie très creusée — contrastes rythmiques et dynamiques — de Manfred Honeck et son joyau de Pittsburgh.Eric Le Sage La vision du chef est à la fois paysanne (mouvements 1 et 11) et très viennoise dans un Ruhevoll très lent 11 y a une finalité expressive dans les mises en relief qu’une prise de son de concours nous permet d’apprécier.5.«Et la fleur vole»: Airs à danser et airs de cour autour de 1600.Les Musiciens de Saint-Julien, Erançois Lazarevitch.Alpha CD 167.Le tact ainsi que la science des rythmes et des coloris distinguent Les Musiciens de Saint-Julien des nombreux ensembles de musique ancienne, VOIR PAGE E 4: DISQUES Série de la Place des Arts Ler Studio lUtiraùer Un espace pour les mots Lundi 17 janvier • 19 h 30 Cinquième Salle de la Place des Arts Alexis IViartin lit Louis-Ferdinand Céiine Alexis Martin prête sa voix à l'auteur du Voyage au bout de la nuit et de Bagatelles pour un massacre, au pamphlétaire antisémite, au pacifiste et au collabo, au romancier génial au style émotif qu'était Céline.©Iaplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Entrée: 15 $* Étudiants: 10 $* *Taxes incluses.Une coproduction Les Capteurs de mots Place des Arts Qâees FONDATION DElASÏiSlOESAKrS Dull au22janvier2011 NATURE MORTE, DANS UN FOSSÉ SL if: TEXTE FaualD Paravidino TRADUCTION ET ADATHATTON Fïul Lsfebvre MISE EN SCÈNE ChiMIan LapoInlB B Dfieonrai INOimiElsin mir ItalH ! MOmÉAL I BarûQ Splro Sclmone Production Tliéâtre de rOpsis À Prospero — 10 janvier au 5 février 2011 ÉQUIPE DE CRÉATION Jean Hazel Huguette Lauzé CollectKCINAPS: (Lionel Arnould Mathieu Campagna Jean-François Labbâ) AVEC Marcia Babineau Stéphanie David Jean-Michel Déiy Christian Essiambre Kevin McCoy Mario Mercier ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE Adèle Saint-Amand COPRODUCTION Théâtre Diane (Québec) Théâtre l’EscaouetlB (Monebn) ÎV U biariçM, ESPACE LIBRE 1945, rue Fullum, Montréal Billetterie: 514 521-4191 espacelibre.qc.ca QuébecE Conseil des Arts MONCTON I Desfardins li |)i\()IH BELLE 0 7 GUEULE • l rn EîUrlHA ?\T tio concm^ K u/fjiur 11 QÛébecuci LE T H E 11 T n E DE E ' O P S I S - n BAR IDE Spiro Scijvione MISE EN SCÈNE DE LUCE PELLETIER avec Marc Beaupré et Pierre-François Legendre Traduction Jean-Paul Manganaro Collaborateurs Francesca Chamberland, Catherine Gadouas Kathleen Gagnon, Claire L’Heureux, OHvier Landreville, Jocelyn Proulx du 10 janvier au 5 février 2011 Mardi, jeudi, vemjreiji, samedi à 20 h - Mercredi à 19 h H tIféâtreH ON JOUE AU [prospero] ! 1371 Ontario Est Billetterie : 514-526-6582 I Adiiûssion : 514-790-1245 ou au 514-522-9393 / www.theatreopsis.com -THEATRE- DENISE-PEILETIER SAISON 2010-2011 I , UN THÉÂTRE A > DECOUVRIR I www.denise-pelletier.qc.ca MÜNCH^gl'tS % Après LViseau vertex La Princesse Turandot te Théâtre Tout â Trac se mesure aux fabulations du baron de MQnchhausen.Honnis soient ceux qui pensent qu'â l'impossible nul n'est tenu.Les sceptiques seront con-fon-dus! D'après l'univers du baron de Münchhausen Texte et mise en scène d'Hugo Bélanger Une production du Théâtre Tout à Trac présentée par le TDP Avec Eloi Cousineau, Cari Poliquin, Philippe Robert, Audrey Talbot, Marie-Ève Trudel LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 E 3 CULTURE Voir rouge.Exploser.Mettre le poing sur la table.Sacrer.S’arracher les cheveux, jeter des insultes: les colères sont encore des déflagrations mal vues.«Comme si d’être en colère signiGait que les propos tenus étaient insensés», dit l’auteure Martine Delvaux.Comme si on ne pouvait envisager être à la fois dans la pensée et la passion.Alors qu’Hermione, personnage de grande colérique par excellence, sort de VAndromaque de Racine dans quelques jours pour faire résonner encore sa fureur à l’Espace Go, la colère, et encore plus celle des femmes, demeure bannie de la pensée.Regard sur quelques chiennes qui, de leur plume, dans le livre ou le théâtre, refusent de ne pas hurler.Femmes en colère PHILIPPE COUTURE Le théâtre serait-il encore le lieu d’expression par excellence d’une colère féminine réprimée dans l’espace social?A voir le nombre de femmes qui rugiront sur la scène montréalaise cet hiver, on aurait tendance à le croire.Après Projet Andromaque, de Serge Denoncourt, c’est Médée qui explosera, suivie de près par des femmes contemporaines à Vhybris tout aussi enflammé.Violence ou hystérie?Expression démesurée de l’ego ou discours social?Des questions vibrantes quand vient le temps d’analyser le courroux des personnages féminins.Pris dans l’affect A deux semaines de la première de Projet Andromaque, la comédienne Julie McClemens n’est pas certaine de pouvoir utiliser le mot «colère» pour définir l’entêtement du personnage tel que l’a dessiné Jean Racine.Andromaque, c’est vrai, n’agit pas avec autant de violence que sa rivale Hermione (interprétée par Anne Dorval).Elle est néanmoins coincée dans une situation qui ne peut que la mener à de furieux emportements.Gardée prisonnière par Pyrrhus, fils de l’assassin de son mari, elle n’a plus qu’une seule raison de vivre: protéger son fils Astyanax.Quand Pjrrhus fait de l’enfant l’objet d’un chantage amoureux pour la forcer à céder à ses avances, elle ne flanche pas.Mais elle n’exprime pas sa rage aussi puissamment que ne le ferait une Antigone ou une Médée plongée dans la même situation.«C’est une acharnée, une résistante, dit Julie McClemens.Mais je ne crois pas qu’Andro-maque soit motivée par la colère, elle cherche plutôt à transcender sa colère face à la cruauté des hommes.Dans le monde d’Andromaque, la colère des hommes est acceptée, considérée comme de l’héroïsme.Dans un tel contexte, son combat pour sauver son fils et l’honneur de sa patrie ne peut pas s’exprimer dans une colère incontrôlable, qui ne serait assurément pas écoutée.Bien sûr, elle peut exprimer sa douleur, mais je crois qu’elle est dans une tentative de maîtriser sa colère pour trouver une solution à sa situation.Ce n’est pas une colère vengeresse comme celle d’Hermione, qui ne peut pas supporter que son Pyrrhus se soit entiché d’une ennemie.» Voilà bien le paradoxe dans lequel baignent la plupart des personnages féminins chez les Anciens (ou chez les auteurs classiques qui s’en inspirent, comme Racine).Si les grandes figures féminines de la mythologie grecque trouvent sur le proscenium un formidable lieu où déverser leur fiel, la colère féminine n’en est pas mieux considérée, plutôt perçue comme néfaste dans une société où Aristote et Platon chantent les vertus de la rationalisation et du contrôle de soi.Comme l’explique Catherine Mavrika-kis, romancière et professeure, «les stoïques bannirent la colère puisqu’elle est contre nature et est un obstacle à la pensée.Dans ce sillage, pour toute la philosophie et la psychanalyse, le féminin devient porteur de ce qui sera perçu comme hors de contrôle, colérique, hystérique et pris dans l’affect.» «Mais c’est précisément parce que la colère féminine est réfrénée qu’elle explose», poursuit la comédienne Violette Chauveau, qui jouera l’infanticide Médée en mars au Théâtre De-nise-Pelleder, dans une mise en scène de Caroline Binet.«Et c’est pareil aujourd’hui, ajoute-t- «Mais c’est précisément parce que la colère féminine est réfrénée qu’elle explose» - Violette Chauveau JACQUES GRENIER LE DEVOIR Violette Chauveau elle.La colère des femmes est toujours aussi inacceptable qu’à l’époque d’Euripide.On ne la tolère que si la femme agit pour sauver des êtres plus fragiles, si elle ne fait que jouer son rôle maternel.C’est fascinant de se plonger dans le personnage de Médée aujourd’hui, et je pense même qu’Euripide, même si on l’a cru misogyne, peut presque de nos jours être vu comme un féministe: il met en lumière cette propension que nous avons à considérer chaque colère féminine comme de l’hystérie ou de la folie.Il me semble plutôt que la colère de Médée est active, elle la force à poser des gestes, c’est une colère qui cherche à se répercuter dans l’espace public et à avoir une utilité sociale.» Dans l’espace public La colère des femmes n’au-rait-elle donc toujours pas droit de cité?Si Violette Chauveau cerne déjà chez la Médée d’Euripide des traces d’une colère moderne, on aura aussi droit en mars à une transposition du même mythe sur le territoire new-yorkais contemporain, dans la pièce Manhattan Medea, de Dea Loher, que la metteure en scène Denise Guilbault présentera à l’Espace Go.D’autres femmes encore profiteront de la scène pour exprimer une colère socialement inacceptée.Le cas le plus intéressant est peut-être celui de la courte pièce Ta yeule Kathleen, de Sébastien David, présentée en programme double avec En attendant Gaudrault au Théâtre d’Aujour-d’hui, vers la fin du mois.Là s’exprimera une colère actuelle et toute québécoise, celle d’une laissée-pour-compte qui crie sa rage d’être mère.La comédienne Marie-Hélène Gosselin est est convaincue, «la colère n’est pas acceptée chez la femme autant que chez l’homme, surtout quand une femme se plaint précisément de son rôle de femme et de mère.Ce n’est pas très bien vu pour une mère d’exprimer son sentiment d’inadéquation.Or, dans notre pièce, Lynn la monoparentale décide de s’attribuer ce droit de parole qu’on réserve plus naturellement aux hommes, comme le fait d’ailleurs Médée dans un registre plus classique.Alors, oui, parfois je me demande si le théâtre est le seul lieu où l’on ne considère pas la colère féminine comme de l’hystérie, comme une manifestation excessive qu’il faut à tout prix étouffer.En tout cas, je serais contente que cette colère théâtrale ait des répercussions dans l’espace public, qu’elle se prolonge et ait une existence dans la société.» Michel Tremblay, qui a l’habitude de ce genre de personnage de femme s’exprimant sans filtre, aurait certainement pu faire le même souhait.Une chose est sûre, on ira goûter à la colère de sa Marie-Lou vers la fin de la saison au TNM, alors que Gil Champagne s’attaque, pour une^deuxième fois en carrière, à À toi pour toujours ta Marie-Lou.Le cycle de la colère féminine n’est pas près de s’arrêter.Chiennes d écrivaines enragées Collaborateur du Devoir CATHERINE LALONDE Les femmes en deuil, dans l’enceinte de la cité grecque, étaient interdites.Trop dangereuses: leurs plaintes, leurs hurlements appelaient la colère, attiraient les Erynies, terribles chiennes vengeresses.Des siècles plus tard, les femmes en colère font encore mieux de se taire.Elles travaillent toutes deux, de concert et chacune pour soi, sur la colère des femmes en littérature.Des harpies?Non.Deux professeures et auteures, menues derrière les lunettes, sans rien au corps, sinon la vivacité de l’intelligence, qui n’appelle l’explosion.Catherine Mavrikakis, de l’Université de Montréal, est une habituée, depuis Deuils cannibales et mélancoliques et Le Ciel de Bay City (Héliotrope), du récit empoisonné.Martine Delvaux, de l’UQAM, fait avec Rose amer (Héliotrope) dans le faux sucré, vraiment acide.Mais toutes deux en appellent à «une écriture de la colère», à plus de femmes vociférantes.Bien sûr, il y eut les grands éclats des années 1960 et 1970.Les nouvelles écrivaines de la colère écrivent de façon très différente.Les Louky Bersia-nik (L’Euguélionne, Stenké éditeur) , Denise Boucher (Les fées ont soif, Typo), Monique Bosco (New Medea, L’Actuelle) levaient à l’époque une furie, oui, mais une furie collective et communautaire, rappelait Catherine Mavrikakis il y a quelques semaines, lors d’une conférence donnée à l’observatoire de littérature contemporaine Salon double.Comme si la colère des femmes devait passer par la lutte pour de grandes causes — contre le racisme, le sexisme ou pour les opprimés — pour se retrouver justifiée.Et déjà un peu domptée.Déjà dénaturée.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Catherine Mavrikakis Gueuler et s’arracher les cheveux «Il y a, poursuit Catherine Mavrikakis, dans la pensée actuelle, le besoin de recourir à des figures archaïques de femmes: des chiennes vengeresses, des Gorgones, des Phèdre, des Cly-temnestre, des Médée, des héroïnes qui se réclament de l’animalité.» 11 y a un besoin pour les auteurs d’assumer la grimace, la rougeur et la laideur, de ce «chant de la colère, toujours théâtralité et excès», poursuit-elle.Un besoin aussi de triturer le langage jusqu’à ce qu’il devienne bégaiement, jappement: «L’indicible et l’interdit ne demandent pas seulement à venir au langage, à être dits clairement, ils exigent d’être hurlés, aboyés», affirme la conférencière.Et ce langage, si social et si formel, est déjà une façon de domestiquer les élans.Quelles auteures, maintenant, rugissent?La Erançaise Christine AngoL Asns,L’Inceste (Stock), «le corps qui parle par la syntaxe, la voix, le souffle, le rythme», selon Martine Delvaux.Elfriede Jelinek ÇVctes Sud), Autrichienne et Prix Nobel de littérature, qui a pondu La Pianiste et Les Amantes, parfois illisibles de dureté.Elle dit en entretien que «l’écriture a évidemment quelque chose de violent, d’agressif Elle naît de la transformation d’une frustration en agression.Je me suis toujours demandé pourquoi le sang ne giclait pas davantage dans les textes de femmes.» Chloé Delaume, de la Erance aussi, qui, dans Le Cri du sablier (Gallimard), déploie une phrase plus contrôlée et exploite le pouvoir d’agression féminin.Et Alice Massat (Denoël), Lorette Nobé-court (Grasset).Et toute la génération, Virginie Despentes en tête, qui joue de post-pornogra-phie et fait «entendre la voix colérique en l’associant à du ludique et du plaisir, dit Martine Delvaux.Elles font tout à la fois: crier et jouir, crier de colère comme de jouissance.» Et ici?Catherine Mavrikakis, bien sûr.Hélène Monette (Boréal) aussi.Les jeunes Mélikah Abdelmoumçn (Marchand de feuilles) et Emilie Andrewes (XY^.«Peut-être que les dramaturges et les poètes sont plus aptes à manifester la colère», suggère Martine Delvaux.Vrai qu’en poésie Josée Yvon, dans les années 1970, a ouvert les vannes avec La Chienne de l’Hôtel Tropicana et autres Eilles-commandos bandées (Herbes Rouges).Michèle La-londe a suivi, de toute la fulgurance de son Speak White.Maintenant, les poètes Kim Doré, pu-Ijliée chez Poètes de Brousse, Elise Turcotte (Le Noroît), feues Geneviève Desrosiers (L’Qie de Cravan) et Geneviève Amyot (Le JACQUES GRENIER LE DEVOIR Nelly Arcan Noroît) ont la plume enragée.Trempée dans une colère, rappelle Catherine Mavrikakis, qui peut se tourner contre son auteu-re.Elle cite à nouveau Elfriede Jelinek: «Ma seule protection, la langue, se retourne toujours contre moi.Elle me tire comme un chien en laisse, la langue, souvent elle me saute à la gorge, elle est en train de me dévorer.» La haine de soi Qn ne peut alors que penser à Nelly Arcan.«Quand je parle d’elle, je ne peux le faire qu’en faisant entendre ma propre colère, confie Martine Delvaux, celle qu’elle suscitait chez moi par son oeuvre et son personnage, et celle qu’a suscitée sa disparition.» Catherine Mavrikakis: «Les écrivaines actuelles du bruit, celles qui participent à la cacophonie, au rugissement, à l’aboiement de la langue, sont dans un rapport colérique, en volonté d’agression, de faire de la littérature un espace dangereux, un espace violent Une littérature qui peut aussi être un danger pour elle-même, jamais très loin de l’autosacrifice.» Des exemples dynamités?L’Américaine Kathy Acker, qui, dans Hannibal Lecter, My Eather (Semiotext), utilise des textes de meurtrières, revendique le plagiat et se réclame d’un terrorisme littéraire.Gu la Chilienne Diamela Elût, qui, pour dénoncer les tortures de Pinochet, a fait une lecture publique de son Lumperica (Gru-po Editorial Planeta) en se mutilant et se lacérant.Et pour Mavrikakis en tant qu’écrivaine et chercheure?«La colère chez moi est une éthique, une politique, un facteur de changement.» Elle aspire, comme d’autres, à la colère comme réponse immédiate, spontanée, à la dépense folle devant les situations intolérables.Un appel à la sainte colère, quoi.Le Devoir E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 CULTURE DISQUES SUITE DE LA PAGE E 2 bien plus monochromes.C’est ici le dernier disque produit par le fondateur d’Alpha, Jean-Paul Combet.Sa fin de carrière est à la hauteur de l’ensemble de son parcours.6.Chopin: Lés Nocturnes.Nelson Freire (piano).Decca 2 CD 478 218 2.(Je carnet intime accompagne toute la vie de Chopin.Nelson Freire, par son toucher infiniment variable et la manière de nourrir le son sans en avoir l’air, nous y livre le grand disque de l’année Chopin.Le miracle sonore de l’interprétation de Claudio Arrau est surpassé par un grand poète.7.Dvorak: Les Poèmes symphoniques.Orchestre philharmonique tchèque, Charles Mackerras.Supraphon SU 4012-2 (Gillmore).Le testament musical du grand Charles Mac- kerras, mort le 14 juillet 2010.Voici le chef dans toute sa grandeur et son humilité, dans toute sa musicalité, avec un orchestre illuminé de l’intérieur, des rythmes acérés.Et les Poèmes symphoniques sont le sommet aussi absolu qu’inconnu de la production de Dvorak.8.Sheppard: Media Vita et autres oeuvres sacrées.Stile Antico.Harmonia Mundi HMU 807509.Apparition majeure dans le paysage discographique, Stile antico est un jeune ensemble anglais spécialisé dans la musique de la Renaissance.Son style interprétatif le rapproche de l’Ensemble Huel-gas, de Paul van Nevel: indivi- Dull au 22 janvier 2011 De Martin McDonagh Mtee en scène Denis Bernard Traduction Fanny Britt Avec Antoine Bertrand, Frédéric Bianciiette, David Boutin, Daniei Gadouas et Audrey Rancourt-Lessard Liimz_________ « Le Pillowman célèbre la puissance de la création.» Le Devoir O' î « Du grand grand théâtre » C’est bien meilleur le matin - SRC VUn^rüseenMène implacable.Le suspensee^consten^ acteurs sont fabuleux (.) Un tableau parfait.» Je l'ai vu à la radio^ « Un événement théâtral à ne manquer sous aucun prétexte.» LE DEvnm Télé-Québec THÉÂTRE DU RIDEAU VERT 4664, rue Saint-Denis ^ BILLETTERIE 514 B44-179r^ CHAT EN LIGNE rideauverl.qc.ca dualisation, mais fusion des voix, longues lignes à la pulsation douce, dynamiques creusées.L’inspiration de John Sheppard (1515-1558) n’a rien à envier à celle du grand Thomas Tallis.9.Schumann: Quintette avec piano.Marc-André Hamelin, Quatuor Takacs.Hyperion CDA 67631.Un disque majeur de l’année Schumann.Le (Quatuor Takacs et Marc-André Hamelin re- nouvellent l’interprétation du fameux Quintette par leur densité, leur vigueur, la beauté sonore et l’inventivité coloriste.10.Ravel: Concertos pour piano.Jean-Efflam Bavouzet, Orchestre symphonique de la BBC, Yan Pascal Tortelier.Chandos CHSA 5084.Jean-Ef-flam Bavouzet poursuit son sans-faute avec 3 CD majeurs en 2010: les Concertos de Ravel, les Concertos de Bartok et un premier volume de Sonates de Haydn.Couplée à h Fantaisie de Debussy et à des pièces de Massenet, voici la plus grande version des Ravel depuis 1959, date du miraculeux disque de Sam-son François et André Cluytens.Et aussi.Le chef Stéphane Denève dans la fin de l’intégrale symphonique d’Albert Roussel (Naxos), ainsi qu’un disque de la musique de Guillaume Connesson (Chandos); Neeme Jarvi nous révélant la musique du Norvégien Halvorsen (Chandos) et de l’Estonien Tamberg (Bis), et Frieder Ber-nius révélant la Missa votiva de Zelenka (Carus).Du côté canadien, le récital d’airs français de Marie-Nicole Lemieux chez Naïve s’impose.Le Devoir SCHUMANN STRING QUARTET 01’ 41 NO 3 PIANO QUINTET OP 44 TA LACS quartet MARC-ANDRÉ HAMELIN Nature morte dans un fossé E FAUSTO PARAVIDINO • TRADUCTION PAUL LEFEBVRE • MISE EN SCÈNE CHRISTIAN LAPOINTE TION MARCIA BABINEAU + STÉPHANIE DAVID + JEAN-MICHEL DÉRY + CHRISTIAN ESSIAMBRE + KEVIN MCCOY + MARIO MERCIER • PRODUCTION THÉÂTRE BLANC (QUÉBEC) + THÉÂTRE L’ESCAOUETTE (MONCTON) • PRÉSENTATION ESPACE LIBRE DU 11 AU 22 JANVIER 2011 espace LIBRE riB ^ SAISON DETHÉÂTRE 2010-2011 BiLLETTERiE^514 521-4191 + espaceUbre.qc.ca 1945 rue fullum à Montréal IMPRO • L’impro : formation ou déformation ?Points de vue de Gilbert Sicotte, Michel Nadeau, Francine Alepin et Bernard Lavoie • Réflexions de Raymond Cloutier et de François-Étienne Paré • Robert Lepage et l'impravisation • Entretien avec Robert Dion de DynamO Ttiéâtre • La LNI à la croisée des chemins, selon son dg, Étienne St-Laurent • Carte blanche à Alain Knapp AUSSI • Hommage à Jean Dalmain par Marcel Pomerlo et Robert Lévesque • L'œuvre de l'écrivain suédois Lars Norén • Balade nocturne avec Wajdi Mouawad • Incendies a\s cinéma • Festivals 2010 : Petits Bonheurs, TransAmérIques, Carrefour, Avignon 176 pages, 100 photos, 16 $ En vente dans les Maisons de la presse, en librairie et à nos bureaux Abonnement 1 an, 4 numéros:47,41 $(t.i.) Renseignements : 514-875-2548 www.revuejeu.ot8 I amceMENT • LE JEUDI 13 JANVIER 2011 À 17H a la ferme Michel Marc Bouchard .Mise en scène! SUPPLEMENTAIRES LES DIMANCHES 30 JANVIER ET 6 FÉVRIER 2011, À 16 H ESPACE GO PROJET ANDROMAQUE ë] DE JEAN RACINE AVEC ANNE DORVAL Evelyne Brochu Éric Bruneau Alexandre Landry .Collaborateurs, Catherine Desjardins-Jolin Jean Gaudreau Romain Fabre Linda Brunelle Erwann Bernard Philippe Brault David Ouellet Caroline Laurin-Beaucage Angelo Barsetti DU 18 JANVIER AU 12 FEVRIER 2011 + LOUISE CARDINAL + JEAN-FRANCOIS CASABONNE + FRANÇOIS-XAVIER DUFOUR + JULIE MCCLEMENS + MARIE-LAURENCE MOREAU + OLIVIER MORIN + MANISOLEYMANLOU UNE PRODUCTIQN ESPACE00 Claude Poissant MISE EN SCENE DE SERGE DENONCOURT du 11 janvier au 5 février 2011 THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514845-4890 ESPACEGO.COM ADMISSION 514790-1245 ADMISSION.COM Une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui informations et réservations : 3900, rue Saint-Denis Montréai-(JC H2W 2M2 T.514 282-3900 theatredaujourdhui.qc.ca Partenaires de saison: GC^oSbec LE DEVOIR Eai L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE CHOISISSEZ UN MINIMUM DETROIS SPECTACLES PARMI LES CINQ ENCORE DISPONIBLES.http://goo.gl/h56rK LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 E 5 CULTURE SORTIE DVD Noir Yorkshire MEURTRES DU YORSHIRE (Jied Riding—In the Year of Our Lord 1974) —1980 (Red Riding— In the Year of Our Lord 1980) — 1983 (Red Riding—In the Year of Our h)rd 1983) Réalisation: Julian Jarrold pour le premier film, James Marsh pour le second et Anand Tucker pour le dernier.Scénario: Tony Grisoni, d’après le roman de Da\id Peace.Avec plusieurs équipes techniques et comédiens divers.Grande-Bretagne, 106,97 et 104 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Publiée entre 1999 et 2002, la quadrilogie Red Riding, du romancier britannique David Peace, brosse un portrait au vitriol des forces policières du Yorkshire durant les années 1970-1980 en greffant quelques faits à beaucoup de fiction.L’an dernier, cette chronique procédurale au souffle quasi balzacien a joui du meilleur type d’adaptation envisageable pour une œuvre de cette densité: une minisérie télévisée tournée avec les moyens et selon les codes du cinéma.Dans l’aventure, la quadrilogie s’est muée en une trilogie: Red Riding—In the Year of Our Lord 1974, Red Riding — In the Year of Our Lord 1980 et Red Riding — In the Year of Our Lord 1983.Décision heureuse: on a confié à trois cinéastes aux sensibilités distinctes chacune des produc-tjons.Distribuée en salle aux Etats-Unis, la trilogie est parue chez nous directement en DVD cet automne, après un pas,sage-éclair au cinéma du Parc.Avoir absolument, si ce n’est déjà fait.1974 Réalisé par Julian Jarrold, Red Riding 1974 se révèle être le film le plus achevé des trois.La mise en scène assurée du cinéaste est ponctuée de beaux élans oniriques.lœ sordide n’est jamais loin, mais une âpre élégance domine au niveau de la forme.Red Riding 1974 épouse le point de vue d’un jeune journaliste ambitieux dont la superbe finit par se flétrir au contact de l’horreur ordinaire dans laquelle il baigne.En effet, il semble être le seul à vouloir dresser des parallèles entre la disparition récente d’une fillette et les disparitions de trois autres gamines survenues depuis 1969.Tant au Yorkshire Post qui l’emploie qu’au commissariat du comté, on se montre peu intéressé à faire toute la lumière sur la question.Et qui est cet entrepreneur local dont tout le monde parle mais qu’on ne voit jamais?D’entrée de jeu, le scénario met la table pour une critique cinglante des mœurs policières et petites-bourgeoises en province où la loi protège l’argent, et vice-versa.Chabrol n’aurait pas dédaigné ce noir cocktail.1980 Red Riding 1980 voit un inspecteur londonien dépêché dans le nord du pays afin de «soulager» les autorités locales de l’enquête sur l’Éventreur du Yorkshire, qui stagne.Or, ce faisant, notre homme compte bien régler un vieux contentieux, avec les policiers de l’endroit, en lien avec les événements de 1974.Pessimiste, voire désespéré, ce second volet devient, entre les mains inspirées de James Marsh (Jhe King, Man On a Wire), l’étude complexe d’une quête obsessionnelle de la vérité.Eeutrée et enveloppante, sa mise en scène devient graduellement étouflante.1983 Red Riding 1983 clôt la trilogie de belle façon, bien qu’il en constitue le maillon le moins solide.Le scénario de Tony Grisoni, qui signe par ailleurs les trois, tend ici à se perdre en circonvolutions narratives avec force retours en arrière.Cela étant dit, le réalisateur Anand Tucker (flila-ry and Jackie, Shopgirl) s’acquitte de la délicate tâche de la résolution avec intelligence, équilibrant le drame et le suspense avec finesse lors du dénouement.L’interprétation est uniformément solide et plusieurs personnages, dont ceux des excellents David Morrissey, en flic tiraillé, et Robert Sheehan, en jeune prostitué narrateur, apparaissent dans tous les épisodes.Bref, une expérience très réussie, un peu glauque mais non dénuée de lumière, à consommer à la pièce ou consécutivement.Collaborateur du Devoir SOURCE REVOLUTION EILMS Red Riding 1974 se révèle être le film le plus achevé des trois.‘-11''-s"’ ’ ’fi,».DENIS ROUDEN Plus parodie que pastiche, Imogène McCarthery se moque gentiment de ces intrigues d’espionnage vieillottes où une néophyte sauve la mise.Inclassable délice IMOGENE MCCARTHERY Scénario et réalisation: Alexandre Chariot et Frank Magnier, d’après le roman de Charles Exbrayat.Avec Catherine Frot, Lambert Wilson, Danièle Lebrun, Michel Aumont, Donel Abelanski.Photo: Denis Rouden.Montage: Philippe Bour^eil.Musique: Alexandre Azaria.France, 2009,82 min.ERANÇOIS LÉVESQUE Ces dernières semaines, les cinéphiles auront très certainement remarqué, sur les tablettes de leur club vidéo, l’arrivée d’une nouveauté mettant en vedette la star française Catherine Frot {La Dilettante, La Tourneuse de pages).Difficile, en effet, de rater la jaquette du film Imogène McCarthery, avec son gros point jaune sur fond fuchsia.Vous ne l’avez pas vu passer en salle?Normal: il n’y fut pas présenté.Mais que cela ne vous dissuade pas de jeter un coup d’œil à cette comédie inclassable et pimpante.Imogène McCarthery est une quadragénaire écossaise au tempérament bouillant dont le patriotisme exacerbé a eu raison de tous les soupirants qui se sont risqués à la courtiser.Secrétaire efficace mais prolixe aux services du renseignement à Londres, l’impétueuse demoiselle se voit un beau jour confier la délicate mission d’aller remettre des plans ultrase-crets à un contact en Ecosse.Lequel se trouve, par le plus grand des hasards, à habiter non loin du village de son enfance.Or l’endroit fourmille d’agents russes (nous sommes en 1962).Heureusement pour elle, et pour nous, l’intrépide Imogène pourra compter sur l’assistance dévouée de Samuel Tyler, son amour de jeunesse.Vous l’aurez compris, on nage en plein exercice rétro.Plus parodie que pastiche, Imogène McCarthery se moque gentiment de ces intrigues d’espionnage vieillottes où une néophyte sauve la mise.Le résultat s’avère absolument délicieux.Et cette langue! Littéraire, fleurie! Imogène, piquée par une collègue sur son célibat: «Figurez-vous que je préfère être seule que mal accompagnée.» L’autre de lui répondre: «De ce point de vue, Imogène, votre vie toute entière n’est que béatitude.» C’est pas be^u, ça?A la direction artistique et aux costumes (hideusement carreautés, ilya sans dire), on ne force pas la note kitsch.A la musique le soin de camper le champ référentiel! Ainsi, la trame sonore d’Alexandre Azaria s’inspire un peu beaucoup de celles d’Henry Mancini pour Charade, Arabesque et même Peter Gunn, et c’est très bien.Mais c’est surtout le jeu des comédiens qui assoit, et maintient, ce ton de nostalgie composée.Il faut du talent pour jouer convenablement le second degré; il en faut davantage pour établir une connivence avec le spectateur et lui signifier qu’on sait qu’il sait.Qui aime Catherine Frot ne voudra pas manquer l’occasion de la voir faire son numéro d’agent secret en goguette.Pour allier la verve et l’humour physique, la star n’a pas son pareil; cette voix, cette diction.Avec un allant conquérant, l’actrice prend l’improbable prémisse à bras-le-corps et finit par nous faire avaler qu’elle est plus écossaise que Sean Connery.Le procédé, il va sans dire, vise un peu beaucoup à se payer la tête de cette convention cinématographique, surtout hollywoodienne, qui permet à des acteurs anglo-saxons de jouer mille nationalités dans la langue de Shakespeare.Judicieusement, les producteurs ont opté pour une affiche en continuité avec celles de deux succès récents de la vedette: Mon petit doigt m’a dit et Le crime est notre affaire.Une décision graphique avisée, dans la mesure où Imogène McCarthery distille le même chqrme désuet fabriqué et conscient de l’être.A cet égard, si le souvenir de ces films vous fait sourire, vous êtes d’ores et déjà assuré d’apprécier la balade.En revanche, si leur simple évocation vous donne de l’urticaire.Collaborateur du Devoir IDEE ORIGINALE SYLVAIN BEIANGER SOPHIE CADIEUX MISE EN SCÈNE SYLVAIN BÉLANGER AMÉUE BONENEANT SOPHIE CADIEUX ROSE-MAflÉERKOREKA MAIHIEUGOSSEUN RENAUp LACELIE-BOURDON .133, .Mjlia la'/l SIMON ROySSEAU ASSISTANCE A LA MISE EN SCENE ET RÉGIE OUVIERGAUDETSAVARD SCÉNOGRAPHIE ÉVELYNE RAQUETTE COSTUMES MARC SÉNÉGAL CONCEPTION SONORE ANNE-MARIE LEVASSEUR CAROUNETURCOT LAURIER RAJOTTE LUMIÈRES ANDRÉ RIOUX MOUVEMENT FRÉDÉRICK GRAVEL INTÉGRATION VIDÉO YVES LABELIE DIRECnON TECHNIQUE ANNIE BÉANGER 1£S MARDIS À19 H DU MERCREDI AU VENDREDI A19 H 30 ET LES SAMEDIS A16 H DU 11 AU 22 JANVIER MM BJM DANSE MONTRÉAL LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL ROSSINI CARDS • Mauro Bigonzetti ZERO IN ON • Cayetano Soto ZIP ZAP ZOOM • Ânnabelle Lôpez Ochoa 20*21 *22 janvier 2011 Théâtre Maisonneuve LA DANSEUSE MALADE ©DANSEDANSE.NET Billets à partir de 23,25 $ {avant taxes et frais d'acquisition) laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 18 AU 29 JANVIER 2011 UNE PRODUCTION DE JOCELYNE MONTPETIT DANSE EN CODIFFUSION AVEC LE THÉÂTRE DE QUAT'SOUS Conception, interprétation et chorégraphie JOCELYNE MONTPETIT Conseiiier dramaturgique FRANCESCO CAPITANO | Éciairages MARC PARENT théâtre de QUAT'SOUS | 100, AVENUE DES PINS EST, nONTRÉAL | BILLETTERIE 514 845-7277 ^ lEDBVim THEATRE ESPACE GO (SALLE 2) 4890, BOUL SAINT-IAURENT BlimiERIE : 514 845-4890 ADMISSION : 514 790-1245 E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 CULTURE CINEMA Pauline pour les nuis, et les disciples Un gros ouvrage en deux volets rappelle la pertinence de la voix de la critique de cinéma Pauline Kael ANDRE LAVOIE Elle a souvent fait trembler les bonzes et les stars de Hollywood, affichant ses goûts, ses couleurs et ses préférences avec une ferveur qui a fait d’elle l’icône des critiques de cinéma aux Etats-Unis.De 1967 à 1991 au prestigieux magazine The New Yorker et dans bien d’autres publications tout au long de sa carrière {The New Republic, Sight and Sound, etc.), Pauline Kael va installer son autorité, et sa légende, en défendant le cinéma de Brian De Palma et de Jean-Luc Godard, et plus encore en détruisant des œuvres marquantes de Fellini {8 1/2), de Resnais {L’Année dernière à Marienbad), d’Anto-nioni {La Notte) et de Stanley Kubrick (de 2001: A Space Odyssey à Full Metal Jacket, rien ne trouve grâce à ses yeux).Ce ne sont là que quelques-unes des célèbres victimes de Kael, et on passera vite sur sa haine viscérale à l’endroit de Clint Eastwood, celui qui ne pouvait être un piètre acteur, car il aurait d’abord fallu qu’il en soit un, et dont elle résumait le statut de cinéaste à «a delicious joke».En voilà d’ailleurs un qui, le 3 septembre 2001, jour de la mort de Pauline Kael, ne devait pas pleurer à chaudes larmes.Un immense corpus Jusqu’à maintenant, ses ma- Directement du Pérou, 22 artistes sur scène \ La légendaire Eva Ayllôn etoutmgeusenwttt bonne» - New Yoei Times ¦ Peril Negro - nominé pour un Grammy «Aiii&assoifeurfaiftiireb de h altme péruvienne » f i gnifiques coups de griffes et ses analyses percutantes (la dame possédait une mémoire phénoménale et ne visionnait les films qu’une seule fois), réunis dans plusieurs recueils publiés au fil des décennies, ne circulaient que dans le monde anglo-saxon.C’est pourquoi il faut se réjouir de voir enfin traduits en français quelques-uns des grands textes qui ont forgé sa réputation.Une partie de son immense corpus est divisée en deux volumes.Chroniques américaines et Chroniques européennes, le premier consacré aux fdms de ses compatriotes et le second aux cinéastes marquants du Vieux Continent, particulièrement français (Truffaut, Rohmer et Godard) et italiens (Antonioni, les frères Ta-viani, Bertolucci, Visconti).Loin d’être exhaustif, mais suffisamment complet pour offrir une introduction à tous ses futurs disciples, cet ouvrage en deux volets présente le travail d’une passionnée qui, d’une érudition évidente, se méfiait des approches trop intellectuelles.En entrevue, elle affirmait: «If you’re afraid of movies that excite your senses, you’re afraid of movies.» Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’éprouvait aucune crainte à se laisser guider par ses enthousiasmes, parfois démesurés.Elle affichait i ! RALPH GATTI AFP Pauline Kael (au centre) en compagnie de l’actrice Marthe Keller et des cinéastes Jacques Demy et Youri Ozerov, membres du jury du 15® Festival de Cannes, en 1977 une grande estime pour les barbus de Hollywood des années 1970 (les Spielberg, De Palma, Coppola, Scorsese) et c’est avec vigueur qu’elle a ratissé son sac à qualificatifs pour porter aux nues Dernier tango à Paris, de Bernardo Bertolucci.Ce fut sans conteste une de ses critiques les plus dithyrambiques et, selon elle, il s’agissait d’un choc comparable à la création du Sacre du printemps d’Igor Stravinski, le 29 mai 1913.rien de moins! Pauline Kael, c’est aussi un 3680, RUE JEANNE-MANCE WWW.M-A-I.QC.CA Ml SAMEDI DE15HA18H ET 1H ADMIT 1£$ $PECTACI£$ sens aiguisé de la formule, et les deux livres regorgent de perles qui étaient déjà jouis-sives en version originale.L’Année dernière à Marienbad: «ce film expérimental haute couture, ce joyau glacé, cette Belle au bois (formant au pays de la jet-set»-, Eric Rohmer: «le spécialiste de l’érotisation des histoires platoniques»-, Jean-Luc Godard, celui des années 1980: «l’artiste dont la maîtrise de son art gagne en assurance au fur et à mesure que son intérêt le quitte»-.Woody Allen, à propos de Manhattan: «Quel quadragénaire autre que Woody Allen pourrait faire passer pour une quête des vraies valeurs une prédilection pour les adolescentes?» On ne compte plus les critiques d’ici et d’ailleurs qui se réclament de Pauline Kael.Se replonger dans son œuvre, même traduite, révèle à la fois la beauté fielleuse de sa plume.et le chemin à parcourir pour soutenir la comparaison.Collaborateur du Devoir CHRONIQUES AMÉRICAINES CHRONIQUES EUROPÉENNES Pauline Kael Sonatine éditions Paris, 2010,569 pages et 376 pages L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES ¦pérarienie SAMED115 JANVIER 2011 - 20H Théâtre Maisonneuve - Place des Arts VENDRED114 ET SAMED115 JANVIER 2011 A 20H CONCERT ENREGISTRÉ ET DIFFUSÉ PAR CBC RADIO 2 f gtsi Montréal® ^ Huritage canadien Gratuit (dans Le Devoir du samecdi LE DEVOIR laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 traquen^^^^ V Li: DKVOIK solutionurbaine JOSHUA BELL VIOLON SAM HAYWOOD, PIANO 16 JANVIER, 14 H 30 Programme Brahms : Sonate pour violon et piano n“ 2, opus 100 Schubert : Fantaisie pour violon et piano opus 159, D.934 Grieg : Sonate pour violon et piano n° 2, opus 13 Aussi, autres œuvres à confirmer.Joshua BeU est reconnu pour sa remarquable interprétation de la trame sonore du film Le Violon rouge (Oscar de la meilleure musique de film, 1999) Salle Wilfrid-Pelletier laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Concert présenté par The Gazette RENÉE FLEMING SOPRANO HARTMUT HÔLL, PIANO 25 JANVIER, 20 H Programme Œuvres de Mehidau, R.Strauss, Korngold, Duparc, Puccini, Leoncavallo et Zandonai.« Voix parfaite, souffle infini, intonation sensuelle.elle est la perfection incarnée.» Le Monde ji serieglassique 0 Mercedes-Benz Le meilleur ou rien.fSSSimB cyberpresse.ca montreaigazette,com Photos : 1 Marc Horn, 2 Decca/Andrew Eccles 10 JANVIER 2011 FLÛTE ET FRANCE BIZET, IBERT, CHAUSSON iiirtHill POUR ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN 30E SAISON SALLE WILFRID-PELLETIER 19 H 30 CHEF BENOÎT FROMANGER • FLÛTE JULIETTE HUREL AVEC LECTURE DES LETTRES DE MON MOULIN D'ALPHONSE DAUDET PAR LE GRAND COMÉDIEN FRANÇAIS PHILIPPE NAHON BIZET L’ARLÉSIENNE - EXTRAITS • IBERT CONCERTO POUR FLÛTE • CHAUSSON SYMPHONIE CONCERT AUSSI PRÉSENTÉ DANS LE CADRE DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL EN TOURNÉE DANS 2 ARRONDISSEMENTS • PROMOTION DISPONIBLE SUR L'ACHAT DE 2 BILLETS POUR CE CONCERT EN TÉLÉPHONANT À LA BILLEHERIE DE LA PLACE DES ARTS ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM _ laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Quâ>ecn MoTitréal0 lEDEVIini ^^+/14+68-^^ LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 E 7 «Intelligence, humour et intensité.» UN FILM DE GERMAN GUTIERREZ ET CARMEN GARCIA ' Ifel A l’AEEl^UEl rciNÉMA rCiNÉMADU PARC] I IJgLI #% L #%rrl^l1C8 I 2396 Beaur?lan&721-a000 I l3676DuPai; S14-2O1-1S0OI I LE CLAP I HOROIRESDES CINEMA -Théâtre , Outremont TOURNEE de Mathieu Amalric France.2010.111 min.Avec Mathieu Amalric, Mirartcla Coldasure, Suzanne Rams^, Damien Odoul, Simon Roth, Joseph Roth, Aurélia Petit, Ulysse Notz et Pierre Grimblat.(13 ans +).1248 avenue Bernard Ouest Information 514 495-9944 WMniKadmissionxom 514790-1245 Outremont ^ Montréal^ m SOURCE GOETHE-INSTITUT Scènes de chasse en Bavière (1966), de Peter Fleischmann Le cinéma critique d’une Allemagne tourmentée Carte blanche à Denis Chouinard au Goethe-Institut ANDRE LAVOIE Le choix de Denis Chouinard comme programmateur invité au Goethe-Institut relevait autant de la simple logique que de la grande cohérence.Logique, parce que le réalisateur de Délivrez-moi a passé plusieurs années à dévorer le cinéma de l’Europe de l’Est lorsqu’il étudiait à l’UQAM et passait une bonne partie de son temps à la Cinémathèque québécoise.Cohérent, parce que cette ciné-philie gourmande, il la partageait avec le cinéaste Louis Bélanger {Gaz Bar Blues, Route 132), celui qui s’est livré au même exercice l’hiver dernier.Les titres sélectionnés par Bélanger étaient très personnels, audacieux, parfois déroutants.Ceux qu’a choisis Denis Chouinard, qui illumineront la petite salle de la rue Sherbrooke du 13 janvier au 18 mars, reflètent les préoccupations politiques, et esthétiques, d’un réalisateur connu pour ses partis pris en faveur des exclus et des démunis.Ceux-ci étaient d’ailleurs évidents dans le claustrophobique Clandestins, cosigné par Nicolas Wadimoff, et L’Ange de goudron, sur les mi- sères d’une famille d’immigrants algériens à Montréal.Nouveau cinéma Denis Chouinard reconnaît que sa passion pour le cinéma allemand lui fut surtout transmise par un artisan légendaire de l’industrie cinématographique allemande de l’entredeux guerres, le monteur Jean Denis Chouinard reconnaît que sa passion pour le cinéma allemand lui fut transmise par un artisan légendaire de l’industrie cinématographique allemande de l’entre-deux guerres, Jean Oser Oser.«Il est venu enseigner à l’UQAM lorsque j’y étudiais dans les années 1980, se souvient le cinéaste.Il avait alors 85 ans et celui qui a vécu l’âge d’or du cinéma berlinois des années 1920 et 1930 est arrivé avec une extraordinaire sélection de films de cette époque, de vrais bijoux visuels.Aujourd’hui, c’est pratiquement impossible de retrouver des copies des trésors qu’il nous a fait découvrir.» Le Goethe-Institut a toutefois pu mettre la main sur Variété (1925), de E.A.Dupont, un fdm muet mettant en vedette l’illustre Emil Jannings (devenu célèbre pour son rôle de professeur envoûté par Marlène Dietrich dans L’Ange bleu), accompagné au piano par Gabriel Thibodeau et présenté exceptionnellement à la Cinémathèque québécoise le vendredi 4 février à 18h30.C’est sans doute un hasard de programmation, mais il illustre le dé- sir de Chouinard de présenter une facette importante de cette cinématographie, celle de son «nouveau cinéma», un courant qui est né dans les années 1960 et qui connaîtra son apogée dans les années 1970.Une des grandes actrices de ce mouvement fut Angela Winkler, et on aura le bonheur de la retrouver dans Scènes de chasse en Bavière (1966), de Peter Eleischmann, le premier film au programme, et dans L’Honneur perdu de Katharina Blum (1975), de Volker Schlôndorff et Margarethe von Trotta, le dernier titre présenté, les 17 et 18 mars à 19 heures.On y verra à l’œuvre une co- SOURCE GOETHE-INSTITUT Les Assassins sont parmi nous (1946), de Wolfgang Staudte médienne remarquable, abonnée aux personnages à l’intensité foudroyante, versant ténébreux de cette Allemagne hantée par ses démons.Car, dans Scènes de chasse en Bavière, les monstres de l’intolérance et de l’homophobie sévissent au cœur d’une petite collectivité rurale, tableau d’une violence rare, loin d’être démodé.Avec L’Honneur perdu de Katharina Blum, c’est plutôt la page sanglante du passé terroriste en ex-Allemagne fédérale qui vient éclabousser le visage de Winkler, incarnant ici la victime involontaire d’un système pourri et d’une époque paranoïaque.Encore là, tout semble d’une triste actualité.Ces films, et d’autres comme Les Assassins sont parmi nous (1946), de Wolfgang Staudte, tourné dans le Berlin en ruine d’une Allemagne nazie écrasée, reflètent un aspect qui a depuis longtemps gagné le respect de Denis Chouinard.«J’admire le peuple allemand, car, malgré ses choix politiques et les détours qu’il a pris au cours de son histoire, il n’a jamais eu peur de se remettre en question, de se regarder en face; c’est très sain.» Il ne cache pas non plus son admiration pour ses illustres réalisateurs, ceux qui ont pu atteindre «une certaine forme de poésie visuelle, jamais grossière ou éculée, toujours en lien avec l’histoire racontée».C’est pourquoi, entre deux fantaisies musicales, l’une d’Uli M.Schüppel {Off Ways, sur un groupe ouest-allemand débarquant à Berlin quelques jours après la chute du Mur) et Eatih Akin {Crossing the Bridge, un périple à travers la musique turque sous toutes ses formes), il se devait de rendre hommage à Eritz Lang, le grand maître allemand du film noir {M le maudit) et de la science-fiction {Metropolis).De son imposante filmographie, il a tiré The Woman in the Window (1944), selon lui «son meilleur film américain».Et un exemple parmi d’autres de l’in-fluence remarquable d’une grande cinématographie, de ses figures légendaires, et qui ne fut pas sans laisser des traces dans l’imaginaire de plusieurs cinéastes québécois, dont Denis Chouinard.Pour connaître l’ensemble de la programmation, consultez www.goethe.de/montreal.Collaborateur du Devoir Au bûcher ! LA SORCIERE NOIRE (V.F.DE SEASON OF THE WITCH) Réalisation: Dominic Sena.Scénario: Bragi Schut Jr.Avec Nicolas Cage, Ron Perlman, Claire Foy, Robert Sheehan, Stephen Campbell Moore, Stephen Graham.Photo: Amir Mokri.Montage: Mark HeUrich, Dm Zimmenpan.Musique: Adi Ôrvarsson.Etats-Unis, 2010,94 min.ERANÇOIS LÉVESQUE Au XIIL siècle, à l’entrée d’une ville fortifiée, un prêtre s’apprête à faire pendre trois présumées sorcières du haut d’un pont de pierre.Après que l’une d’elles l’a maudit, l’ec-clésiaste procède à l’exécution des malheureuses, mais il omet de compléter un rituel destiné à empêcher toute résurrection inopinée.Quand on peut prédire par le menu les développements à venir dès les premières minutes d’un film, ce n’est jamais bon signe.En cela.Season of the Witch affiche une triste constance.L’intrigue à trois sous annonce un drame fantastique moyenâgeux, puis elle bifurque le temps de s’offrir un deuxième prologue (!) avec une reconstitution des croisades n’ayant d’épiques que les ambitions, avant de revenir sur sa voie d’origine, avec châteaux sis dans la brume, pestilence, jeune fille accusée de sorcellerie, chevalier en quête de rédemption, vieux grimoire et lointain monastère à la clé.Arcanes guère mystérieux déclinés avec tout le sérieux de celui qui croit qu’on ne l’a pas vu venir.Loin de s’améliorer en progressant, l’intrigue laborieuse va périclitant.Avec ses moines zombis qui marchent au plafond, le dénouement évoque ime parodie gore du film Le Nom de la Rose.Malheureusement, on se prend, à ce stade, très au sérieux.Au fil de ses périls emprimlés.le récit oppose maladroitement la raison à la superstition, la morale à la foi et, de manière on ne peut plus prosaïque, le bien au mal.Ambivalence révélatricq: le scénario bavard harangue l’Eglise chaque fois qu’il le peut par la bouche de son héros en énonçant l’évidence, les horreurs, les injustices, etc., avant de donner raison par défaut à la sainte institution, à la fin.Mais peut-être cette subtilité-là aura-t-elle échappé à la production, l’ensemble ne péchant pas par excès de finesse.En fait, la ringar-dise de l’exécution en général engendre chez le spectateur une sorte de stupeur incrédule.Season of the Witch part d’une prémisse intéressante et rarement explorée au cinéma autrement que d’une manière sensationnaliste: les motifs douteux invoqués pour tuer de manière sadique, après les avoir torturées, quantité de femmes lors de la première Inquisition.Malheureusement, le film de Dominic Sena {Kalifornia, Gone in Sixty Seconds) ne se soucie pas d’approfondir un contexte qui n’est en définitive là que pour servir d’écrin vaguement lugubre à une action lourdingue.Histoire de rompre davantage le charme, on «améliore» la jolie campagne hongroise, photographiée en automne pour le meilleur effet, au moyen de très apparentes images de synthèse.Après l’échec du remake malavisé de The Wicker Man, le trop occupé Nicolas Cage devrait se tenir loin de l’épouvante.Dans le rôle d’un croisé à la conscience tiraillée, l’acteur se fend d’une interprétation non pas retenue, mais monotone, avec un phrasé parfois médiéval, le plus souvent contemporain.On souhaiterait le voir revenir à des projets plus stimulants, tels Matchstick Men et The Weather Man.Mais peut-être la star se trouve-t-elle sous l’emprise d’im mauvais sort.?Collaborateur du Devoir SOURCE ALLIANCE Nicolas Cage dans La Sorcière noire, de Dominic Sena NOMME AUX GOLDEN GLOBE' 2011 MEILLEUR ACTEUR ?«EPATANT!» -Joe Nenmaier, NYDAILYNEWS « GIAMATTI et HOFFMAN livrent deur des MEILLEURES PERFORMANCES de l’ANNÉE.» - Drendan Kelly,THE GAZETTE ^ TRIOMPHE ! «ON RIT BEAUCOUP!» LAISSEZ-VOUS CHARMER ! » -ChimtdGi^iLAFRESSE - Deny Sliiirte)^ LOS ANGELES TIMES Paul Giamatti Le Monde de Bamey Rosamund Pike Minnie Driver Racheiie Lefevre Scott Speedman et Dustin Hoffman ^LVUIFimS I PRESENTEMENT A MONTREAL.PARTOUT AU QUÉBEC LE 14 JANVIER ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 mm © CLAUDE-PHILIPPE BENOIT Claude-Philippe Benoit, Sans Értre, une des 21 photographies de la série Société de ville À l’orée des bois, à l’entrée des villes SOCIETE DE VILLE Claude-Philippe Benoit Maison de la culture Côte-des-Neiges, 5290, chemin de la Côte-des-Neiges, jusqu’au 16 janvier.JÉRÔME DELGADO Un boisé, ici, en bordure d’un immeuble à logements.Un autre, là, dont les arbres semblent en compétition, en hauteur, avec les tours voisines.Ou ailleurs, un ruisseau, un jardin, tous et chacun d’entre eux près d’un bâtiment, luxueuse demeure (avec sa rampe en pierre) ou premier pan d’une cité tout en gratte-ciels.Pour son retour en ville, le photographe Claude-Philippe Benoit, absent depuis 2005 et une exposition chez sa galeriste Lilian Rodriguez, revisite le genre du paysage.Le paysage urbain.Un même ton En réalité, dès 2005 l’artiste dévoilait les prémices de la série intitulée Société de ville.La totalité a été exposée en 2008 en Ontario, aux Oakville Galleries.La voici pour la première fois à Montréal, à la Maison de la culture Côte-des-Neiges.Un lieu peu hasardeux.Les sites photographiés, à mi-chemin de la nature et du milieu urbain — à l’orée des bois ou à l’entrée de la ville, c’est selon — correspondent bien au quartier Côte-des-Neiges et au mont Royal qui le déhnit.Connu pour ses photos sur les lieux de pouvoir et d’autorité (la série Lieux maîtres, réalisée dans des cours de justice ou à rONU, entre autres), Benoit change de cap, à première vue, avec Société de ville.Pas tout à fait.Certes, il a abandonné la forme du diptyque et la photographie d’intérieur a cédé la place à des prises de vue exclusivement en plein air.Le ton demeure toutefois le même.Images noir et blanc.Figure humaine toujours absente.Prise sur le réel en apparence très documentariste.Mais une manière de cadrer et de jouer avec la lumière qui accentue la mise en scène.11 y a dans ses images une tension très forte, jamais explicite, entre fascination (pour l’architecture, la nature) et critique de la ville moderne.Derrière cette «société», il y a quelque chose de secret, d’ambigu et de quelque peu troublant.Ses arbres sont majestueux, mais, comme dans ces salles de ré- union où le sort du monde se dessine qu’il photographiait, ils ont le bras tout aussi long et dominant.Déjà en 1994, la critique et commissaire Marie Perrault soulignait le caractère au^ste des photos de Claude-Philippe Benoit.«[Son] travail nous laisse parfois tout à fait muets tant tout ce qui s’y joue, s’y joue dans l’ordre du regard et défie en cela le discours», écrit-elle dans le catalogue de l’expo 0-Nu, présentée à la Galerie d’art d’Ottawa.Le silence prend de l’ampleur aujourd’hui, avec ces paysages d’automne autour de la montage.Devant cette terrasse un peu humide, qui sait si on est un lendemain d’Hallo-ween ou une veille de tempête.Tour de ville Claude-Philippe Benoit travaille sur le long terme.Son corpus précédent, ces Lieux maîtres qui se composaient de plusieurs «chapitres», s’est étalé sur onze années (1992-2003).Le temps, pour ce photographe qui imprime encore des épreuves argentiques, semble d’ailleurs une préoccupation primordiale.Ses prises de vue, si réelles, ne jettent pas tant un commentaire sur le présent, comme le ferait un do- CLAUDE-PHILIPPE BENOIT cumentariste pur et dur.Son choix pour des lieux vétustes, chargés d’histoire, ne tient pas non plus à la simple nostalgie, bien que parfois il semble jouer aux romantiques.Chez lui, il y a néanmoins autant trace d’une activité passée qu’une interrogation quant au devenir.Les vingt et une photographies qui forment l’expo Société de ville (identifiées seulement par un numéro) forment un tout cohérent, à la manière d’un panorama, d’un tour de ville.Dans le texte publié pour le compte des Oakville Galleries, Emily Falvey notait avec justesse que Benoit agit ici à la manière du flâneur de Baudelaire.La version exposée à la maison de la culture permet en tout cas ce regard à la fois distant, évasif et engageant.L’artiste a privilégié deux formats, sans que ça nuise à la lecture.Deux images détonnent de l’ensemble, du fait qu’elles ne montrent pas, ou peu, de verdure.La Sans titre 70, avec sa cabane en arrière-cour, garde néanmoins ce commentaire sur nos rapports ambigus avec la nature, sur notre besoin de prendre possession du territoire.La véritable dissension vient en réalité de trois plus petites images — les Sans titre (citrouille).Exposées un peu en retrait, presque cachées, elles montrent un amas au sol.C’est une citrouille décortiquée (lendemain d’Halloween, finalement) .Dans la manière serrée de la photographier, et par ce noir et blanc si poétique, Claude-Philippe Benoit tombe dans une illustration de la violence plus directe.La citrouille a des airs de volaille dont la chair a été abandonnée au sol, comme une vilaine dépouille.Le mariage nature-ville peut aussi se traduire par des scènes d’horreur.On croirait Poe ressuscité.Collaborateur du Devoir Chasseurs de tableaux LA PEINTURE DANS LA PEAU/LA PEAU DE L’OURS, 15 ANS DE COLLECTION Maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est, jusqu’au 16 janvier.JÉRÔME DELGADO S> il en existait dix comme celui-là, le marché de l’art au Québec se porterait très bien.La Peau de l’ours, collectif de collectionneurs, joue, quelque part, les modèles.Non seulement le groupe ne cesse d’acheter depuis quinze ans, les œuvres acquises (d’artistes vivants, exclusivement) appartiennent à chacun des vingt membres qui le composent.Le partage est la noble règle qui les guide.Pour célébrer ses quinze ans d’activités, La Peau de l’ours s’est payé la vitrine qu’il ne possède pas.Une salle d’exposition publique.Habituellement, les œuvres circulent d’un membre à l’autre, pour être appréciées dans des espaces, suppose-t-on, privés.Les voici donc réunies (du moins une bonne part de la soixantaine qui composent la collection) à la Maison de la culture Frontenac.Les deux salles lui sont même attribuées.Bel hommage.Le titre de l’expo le dit bien: c’est la peinture que la Peau aime.Petit constat décevant.Comme si les autres moyens d’expression aux formats similaires (photo, dessin, estampe) n’en valaient pas autant la peine.En salle, la chose est heureusement contredite (un peu).11 y a autre chose que de la peinture: une installation en livres pliés (les mangas trafiqués de Jérôme Fortin), un dessin sur du papier découpé (les si fragiles compositions d’Ed Pien) et même de la sculpture (les faciès en cire, si tordus et tordants, de Louis Fortier).Alignés sur un mur, ceux-ci ont certes une dimension bidimensionnelle.Ça demeure de la sculpture, une question de volume et de texture, de série et de modulation.Deuxième constat: O.K.pour la peinture, mais pourquoi privilégier un genre?La plupart des tableaux exposés sont densément peuplés.Des figures ici (avec Kittie Bru-neau), des formes là (Michel Boulanger), les deux superposées et bien entassées parfois (Michel Beaucage).Les couleurs et les coulis s’accumulent Qean-Sébastien Denis), le geste de l’artiste est bien présent.Le titre de l’expo le dit bien: c’est la peinture que les collectionneurs de la Peau aiment Densément peuplé On est dans l’expressivité la plus totale.Et c’est l’expression d’une violence qui domine.Violence dans l’application de la matière (Marcel Saint-Pierre) ou la coloration de la surface (André-Pierre Arnal), mais aussi dans l’iconographie (Daniel Erban).Ce qu’on comprend, c’est que la collection n’est pas le reflet de vingt personnalités, mais de l’œil et du goût d’une seule personne (Robert Poulin), guide et éclaireur du groupe.Et si le contenu est déjà dense, pourquoi montrer autant d’exemples?Une paire d’yeux ne sufht plus à une telle explosion.C’est le troisième constat: si la collection se vit au quotidien comme elle habite les salles de Frontenac, aussi bien garder ça en privé.Sous ces cieux bien couverts, il n’est pas étonnant que ceux qui se démarquent sont ceux qui font autre chose.Les Fortin-Pien-Fortier déjà nommés.Ou alors, en peinture malgré tout, une artiste peu connue, Milly Ristvedt, qui travaille des juxtapositions chromatiques à la manière des Moli-nari et Gaucher.Elle, par contre, laisse son geste visible.Dans le contexte de cette expo, la mosaïque Implications of the Grid, de 1996, a en tout cas une valeur salutaire.C’est une ^ille rjAhmée et progressive qui détonne en présence des compositions narratives voisines.Autre cas à parf bien en vue puisqu’il accueille les visiteurs, le tout aussi méconnu Jean-Marie Martin, Québécois exilé dans l’anonymat de New York.Son Blah, Blah, Blah, une huile sur bois et néon, fait sourire malgré son premier degré.Ces mots en lumière qui font le titre de l’œuvre pointent le vide des discours (théoriques?).Ils font de l’ombre au fond texturé et coloré, volontairement très décoratif, sur lequel ils ont été posés.Qn peut palabrer tant qu’on veut, ce n’est que de l’éclairage superhciel, un flash momentané.Cette œuvre, qui semble une des dernières acquises (elle date de 2009), ne dit rien, par contre, des propos enflammés laissés au pinceau.Déclaration de guerre, de ceux qui font l’art envers ceux qui en parlent?Peut-être pas jusque-là, mais en la plaçant à cet endroiL en intro, La Peau de l’ours fait de ce Blah, Blah, Blah son emblème.Ce n’est pas innocent.Les collectionneurs, c’est connu, sont du côté des artistes.L’expo en est la preuve.Un modèle à suivre, en partie.Collaborateur du Devoir GUY L’HEUREUX Vue partielle de l’exposition La Peinture dans la peau, à la Maison de la culture Frontenac la collection Une autre photo de la série Société de ville, de Claude-Philippe Benoit la Peau de l’Ours www.lapeaudelours.com à la maison de la culture Frontenac jusqu’au 16 janvier 2011 (info: 514.910.8906) LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 JANVIER 2011 E 9 LIVRES Feuilles de Grass Louis Hamelin Une de mes résolutions du jour de l’An: faire des phrases plus courtes.Qui sait, je pourrais peut-être voler un ou deux lec-terus à Patrick Lagacé?J’ai pris cette décision après avoir relu ma chronique de la semaine dernière, écrite le pied au plancher.Le style faisait penser à ime auto lancée
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