Le devoir, 10 janvier 2011, Cahier B
LE DEVOIR, LE LUNDI 10 JANVIER 2011 AUTOMOBILE Dix modèles à éviter en 2011 Page B 5 CONVERGENCE La renaissance de Motorola Page B 7 MONDE Intolérance islamique U4 François Brousseau Au Pakistan, des dizaines de milliers de musulmans ont défilé hier dans les rues de Karachi pour célébrer — oui, célébrer — l’assassinat, îe 4 janvier, du gouverneur de la province du Pendjab.Et pour bien faire comprendre à tous ceux qui, comme le défunt, voudraient adoucir l’actuelle loi sur le «blasphème» antimusulman en vigueur au Pakistan, qu’ils pourraient bien bnir comme lui.et que ce ne serait que justice.Le politicien assassiné, SalmaanTaseer, avait osé affirmer qu’il était «exagéré» de condamner à mort une chrétienne pakistanaise, Asia Bibi, qui s’était un peu trop rebiffée, en juin 2009, contre les brimades de voisins musulmans au sujet de sa reb-gion.Le sens de la répartie de cette mère de famille sur les vertus comparées de Jésus et de Mahomet — quelle impudence! — avait abouti à un verdict de peine capitale, non encore appliquée puisque des recours subsistent.j^ia Bibi peut au moins s’estimer chanceuse de ne pas avoir été elle-même «exécutée» par le tribimal de la rue, pour son audace et pour sa foi.Parce que d’autres qu’elle n’ont pas eu la même chance: le 19 juiUet 2010, à Faisalabad, toujours au Pendjab, deux chrétiens qui venaient d’être acqitittés d’accusations semblables de blasphème au r^ard de la loi pakistanaise.ont été tués, juste à leur sortie du tribiuâl! Au Niger, samedi, on a retrouvé les corps de deux jeimes ressortissants français dans la vingtaine, dont un coopérant médecin, qui avaient été enlevés la veille par des mibtants de î’AQMl (Al-Qaïda au Maghreb islamique).Vraisemblablement parce qu’ils étaient des «chiens d’étrangers» blancs et chrétiens, ou «croisés» selon le vocabulaire des musulmans salafistes.Banale suite d’une série funeste qui ensanglante le nord-ouest de l’Afrique, depuis trois ou quatre ans déjà.Au Sud-Soudan, depitis hier et jusqu’à samedi prochain, quelque cinq millions d’électeurs se pressent aux urnes pour dire massivement «oui» à l’option indépendantiste qui devrait aboutir, courant 2011, à l’émergeqce d’un 55® pays africain sur la carte, et d’im 193® Etat ipembre de l’ONU.et à la disparition du plus vaste Etat actuel en Afrique, le Soudan, qui fait ime fois et demie la superficie du Québec.La raison d’un tel empressement, d’une telle ferveur indépendantiste chez cette population archipauvre, malgré les embûches énormes qui,ne manqueront pas dans la construction d’im nouvel Etat souverain?C’est que les Noirs du Sud-Soudan, après quelque 20 ans d’ime guerre nord-sud (1985-2005) ponctuée de massacres Ç millions de morts), après des décennies d’exploitation quasi esclav^ste par les ara-bo-musulmans du nord, n’en pouvaient plus de cette charia (loi canonique de l’Islam) qui leur était imposée, à epx, non-musulmans, chrétiens ou animistes, par im Etat réputé islamiste «dur».Manifestement, l’autonomie appliquée au Sud de-pitis les accords de paix de 2005 ne suffisait pas.L’indépendance du Sud-Soudan, c’est aussi — et peut-être d’abord — im geste de fuite et de refus, devant l’intolérance islamiste incarnée, selon les indépendantistes, par le régime de Khartoum.De cet islam, de cette intolérance, nous ne voulons plus, clament aujourd’hui, quasi imanimes, les Sud-Soudanais! Et on n’a pas encore parlé des sanglantes attaques antichrétiennes qui ont endeuillé, fin octobre à Bagdad — et puis de nouveau en décembre, dans la même ville, à moins grande échelle — et début janvier à Alexandrie, les communautés décimées et désespérées du monde arabe qui veulent encore croire au Christ, et le dire au grand jour.Ces deux gigantesques attentats, véritable délire haineux, perpétrés le 31 octobre à Bagdad et le 1®® janvier à Alexandrie, n’ont provoqué que des çéactions tièdes des Etats concernés — l’Irak et l’Égiqjte — coincés entre, d’une part, des sociétés massivement musulmanes, sous un islam conquérant voire intimidant eL d’autre parti une rhétorique minimaliste et de pure convenance sur l’État de droit et le plurabsme confessionnel.Tout cela commence à faire comme une tendance.Une tendance qui traverse les frontières, et renvoie de l’islam contemporain une image terrible.Et cela explique aussi le déclin catastrophique — sans doute terminal — de ces communautés d’Qrient, soumises selon les mots du pape Benoît XVI à des «abus et intolérances systématiques».Au XXI® siècle, le chrétien d’Qrient est devenu «l’Autre», «le suspect», «l’agent occidental», le proscrit.dans une partie du monde qui semble de plus en plus allergique au mélange et au pluralisme.François Brousseau est ehroniqueur d’information internationale à Radio-Canada.On peut l’entendre tous les jours à l’émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses earnets dans www.radio- eanada.ea/nouvelles/earnets.franeobrousso@hotmail.eom ROBERTO SCHMIDT AGENCE ERANCE-PRESSE Référendum Le Sud-Soudan amorce un vote historique YASUYOSHI CHIBA AGENCE ERANCE-PRESSE Juba — Les Sud-Soudanais ont voté hier sur leur indépendance en masse et dans la Hesse, à l’occasion d’un référendum attendu depuis plus de 50 ans, mais des violences ont terni le premier jour de ce scrutin «historique» sur la partition du plus vaste pays d’Afrique.A Juba, la capitale du Sud- foule d’électeurs, selon des journalistes de l’AFP.«C’est le moment historique que les Sud-Soudanais attendaient», a déclaré le leader sudiste Salva Kiir après avoir voté à Juba sous les yeux du sénateur américain John Kerry et de l’acteur George Clooney.M.Kür a tenu à saluer la mémoire deJohn «C’est le moment historique que les Sud-Soudanais attendaient», a dit Salva Kiir Soudan, l’affluence était telle que les organisateurs se sont plaints de la longueur des queues devant les bureaux de vote, dont la plupart ont fermé à 17h.Plusieurs ont toutefois prolongé leur ouverture de deux heures pour accueillir la Garang, chef de la rébeUion sudiste mort en 2005 peu après avoir signé la paix avec Khartoum.Environ quatre millions de Sudistes, au Sud-Soudan mais aussi dans le Nord et à l’étranger, sont appelés à voter jusqu’au 15 janvier pour le maintien de l’unité ou la sécession.Les résultats définitifs sont at- tendus d’ici à la mi-février.Le taux de participation est déterminant pour l’issue du scrutin: il faut qu’au moins 60 % des électeurs inscrits votent afin que le résultat soit vaHde.Des violences ont jeté une ombre sur un processus qui s’est par qilleurs déroulé dans le calme.A Abyei, une poudrière située à la frontière du Nord et du Sud, des affrontements meurtriers entre tribus rivqles ont fait huit morts.Dans l’État pétrolier sensible d’Unité, des combats ont opposé rebelles et soldats sudistes.Mais, la joie dominait dans les rues de Juba, où les électeurs saluaient un scrutin «historique» par des chants et des danses.Des miUiers d’entre VOIR PAGE B 2 : VOTE SAJJAD HUSSAIN AGENCE ERANCE-PRESSE Un garçon vendait des oignons, hier, dans un marché de Mumhai.Le prix du iégume, qui joue un rôie majeur dans ia cuisine indienne, a douhié du jour au iendemain, suscitant i’inquiétude de ia popuiation.Soupe à Foignon Guy Taillefer Le Devoir en Inde New DeHii — La FAQ, l’Grganisation des Nations unies pour l’aHmentation et l’agriculture, a fait état la semaine dernière d’une flambée des prix agricoles à l’échelle mondiale d’une ampleur comparable à celle qui a provoqué des «émeutes de la faim» dans plusieurs pays pauvres au début de 2008.En Inde, les inquiétudes se cristaUisent depuis la mi-décembre autour de l’explosion du prix de.l’oignon, dont le cours est passé du jour au lendemain de 30 à 60 roupies (presque 1,50 $) le kilo.Le pays est aux abois, le gouvernement du premier ministre Manmohan Singh s’agite.Ce n’est pas seulement que l’oignon joue un rôle incroyablement irremplaçable dans la cuisine indienne.11 est LE légume dont il ne saurait être question pour les Indiens de se passer — ingrédient essentiel, vital, basique entrant dans la préparation d’à peu près tous les plats, du plus ordinaire au plus fin, qu’on soit des bidonvilles ou des quartiers riches.TeUe est sa singularité sur les tables et dans la société indiennes qu’il est doté d’im extraordinaire poids politique, capable même de renverser des gouvernements.M.Singh n’est certainement pas sans mesurer le «pouvoir de l’oignon».Aux élections générales de 1980, c’est en dénonçant l’augmentation du prix du bulbe qu’lndira Gandhi, pourtant discréditée pour avoir imposé l’état d’urgence à la fin des années 1970, avait ravi le pouvoir au gouvernement sortant de l’ancien Janata Party.Elle avait fait campagne avec une guirlande d’oignons accrochée au cou.Fut également attribuée à l’oignon, du moins en partie, la défaite du BJP au scrutin de 1998 dans l’État de DeHii.Le gouvernement de M.Singh a d’urgence interdit les exportations d’oisons dans l’espoir de faire baisser les prix.La crise a pris un tour géo-poHtique la semaine dernière après que le Pakistan voisin, cherchant lui aussi à stabiliser ses marchés agricoles, eut bloqué l’exportation en Inde de centaines de tonnes de bulbes.Qignons, tomates, pommes de terre, fruits, lait.Le prix des denrées abmentaires aura au total enregistré en Inde une inflation de plus de 18 % en 2010.En fait, l’oignon n’est que la partie visible de l’iceberg.Le prix du carburant vient aussi d’être relevé, provoquant un peu partout des manifestations de rue.Seule une petite minorité d’indiens, qui profite directement du boom économique, touche assez de revenus pour digérer sans souci ses répercussions inflationnistes.Pour une grande partie des autres, c’est-à-dire la majorité (plus de la moitié des quelque 190 millions de foyers indiens se débrouillent avec 2000 dollars et moins par année), le boom a des incidences concrètes de paupérisation.Ministre des Chemins de fer dans le gouvernement de coalition centriste de M.Singh, Mamata Banerjee a, eUe, la tête ailleurs.En mai prochain se tiendront des élections générales au Bengale-Qccidental, situé dans le nord-est du pays, où les communistes sont au pouvoir en alliance VOIR PAGE B 2 : OIGNON Israël rase un hôtel à Jérusalem-Est Des bulldozers israéliens ont démoli hier un hôtel délabré de Jérusalem-Est (arabe) et dégagé le terrain pour le chantier de 20 nouveaux logements destinés à des Juifs, au grand dam des Palestiniens et contre l’avis de Washington.Les constructions prévues sur le site de l’hôtel Shepherd, dont la propriété est contestée, sont de nature à aggraver le^ tensions israélo-palestiniennes alors que les États-Unis s’efforcent de remettre sur les rails des pouiparlers de paix bloqués, précisément, par la poHtique d’implantation israébenne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.«Ce qui se passe aujourd’hui s’inscrit dans le programme du gouvernement israélien visant à hypothéquer toute solution sur Jérusalem», commente le négociateur palestinien Sajeb Erekat dans un communiqué.Les négociations directes entre les deux parties étant au point mort, Israël a annoncé qu’un émissaire du premier ministre Benjamin Netanyahu et un représentant palestinien se rendraient dans les prochains jours à Washington pour étudier les moyens de relancer les discussions.Toutefois, «ces réunions, si elles ont lieu, se dérouleront de façon séparée avec l’administration américaine», ce seront des échanges «palestino-améri-cains [et] israélo-américains», souligne M.Erekat.Reuters Les heurts en Tunisie font au moins 23 morts ISABELLE MANDRAUD Les troubles s’amplifient en Tunisie.Après avoir reconnu dans un communiqué, hier, la mort de 8 civils tués par balle lors d’affrontements avec la poHce, cinq dans la viUe de Thala et trois autres dans la viUe de Kessarine, le gouvernement a évalué à 14 le nombre de victimes en fin de journée.En début de soirée.Le Monde a de son côté identifié 23 victimes tuées par baUe, dont il a recueiUi les noms, dans les viUes de Kas-seribe, Thala et Regueb.L’opposition, qui s’est réunie en urgence à Tunis, avait avancé dans la journée le chiffre de vingt morts.«Nous marchons vers l’inconnu», déclare au Monde l’ancien candidat à l’élection présidentielle Ahmed Brahim, premier secrétaire d’Ettadjdid, un parti postcommuniste qui compte deux députés au parlement.«Il faut que le pouvoir se ressaisisse et retire les forces des villes qu’elles ________________ encerclent.» Ces «affrontements se poursuivaient [hier] matin», a précisé Ahmed Nejib Chebbi, chef du Parti démocratique progressiste (PDF), sans représentant parlementaire.Plusieurs témoignages ont affirmé que l’armée avait pris position autour de plusieurs bâtiments administratifs et bancaires, notamment à Thala, dans l’ouest du pays, près de Kasserine.Pour l’heure.Le Monde a pu recueillir l’identité de 23 personnes tuées par baUe à Thala, Ragueb et Kessarine.Mais le bilan pourrait s’alourdir.«J’ai pu visité l’hôpital de Kasserine, fai vu beaucoup de blessés, et aussi des morts, mais je suis incapable de donner le nombre», déclare Chabari Mezi, un instituteur syndicaliste, bouleversé, joint par téléphone hier après-midi.Selon des témoignages sur place, les quatre autres personnes été tuées à Regueb sont une femme de 26 ans, Manel Bouallagui, et trois hommes: Raouf Kaboussi, 33 ans, Mohamed Jab-beb, 22 ans, et Nizar Slimi.Un peu plus tôt hier, le gouvernement tunisien avait fini par sortir de son silence en annonçant la mort de deux civils tués par baUe.«La police a ouvert le feu en état de légitime défense après avoir procédé à des tirs de sommation pour empêcher des manifestants de s’en prendre à des bâtiments gouvernementaux», a indiqué le ministère de l’intérieur dans un communiqué cité par l’agence Tunis Afrique Presse (TAP).Les autorités tunisiennes avaient aussi évoqué huit blessés parmi les forces de sécurité, dont trois graves.La Tunisie connaît depuis le 17 décembre une vague de révolte à travers tout le pays, après le suicide d’un jeune vendeur ambulant qui s’était immolé par le feu à Sidi Bouzid, au cœur de la Tunisie.Depuis, des manifestations ont lieu tous les jours dans plusieurs villes et au moins cinq autres personnes se sont suicidées, souvent par immolation par le feu.Le Monde B 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 10 JANVIER 2011 lE MONDE La fin de l’autocensure John R.MacArthur Jm avoue n’avoir pas été étonné d’ap-^ prendre, grâce à Julian Assange et à sa source dans la bureaucratie fédérale américaine, que le roi de l’Arabie Saoudite souhaitait voir l’Amérique «couper la tête du serpent» iranien avec des frappes violentes contre son projet nucléaire.Il y a longtemps que l’on connaît la crainte d’Abdallah al-Saud à l’égard de son ambitieux rival iranien.Mahmoud Ahmadinejad.Aucune personne suivant de prés la politique du Proche-Orient ne serait choquée de la candeur de ce puissant chef arabe, si à l’aise avec ses amis américains qu’il n’hésite pas à leur demander d’entreprendre une troisième gqerre dans une région où — il faut le dire — les Etats-Unis n’ont pas brillé ces derniers temps.En revanche, j’étais vraiment surpris par la colère d’un copain exprimée le mois dernier dans le vestiaire du YMCA, outré non par la possibilité d’une Amérique déclenchant une autre guerre potentiellement catastrophique — encouragée par une famille royale grotesquement riche, autocratique dans sa politique intérieure et extrémiste dans son interprétation du Coran —, mais plutôt par les fuites «indiscriminées» de WikiLeaks.Selon mon ami, normalement de gauche et agrégé d’un doctorat de Princeton en littérature française, un «gouvernement ne peut pas fonctionner» sans pouvoir garder des secrets.Un gouvernement, que ce soit celui de l’Amérique ou celui des princes pétroliers de Riyad, doit pouvoir travailler en privé pour maintenir la confiance, voire la paix, entre nations.En cela, mon copain de gauche tenait exactement la position d’Hillary Clinton, faucon centriste et anti-iranien, qui a dénoncé la dernière fuite de WikiLeaks, disant que «de voler des documents confidentiels et les publier sans tenir compte des conséquences ne sert à personne».C’est sûr que ça ne sert pas à la secrétaire d’Etat américaine ou à l’Arabie Saoudite, mais Clinton a aussi parlé d’une menace contre la paix posée par la révélation des désirs meurtriers du roi Abdallah contre l’Iran: «Il n’y a rien de louable, rien de courageux à saboter des relations pacifiques, dont dépend notre sécurité commune.» Pris au piège dans ma tenue d’après-basket, les cheveux toujours dégoulinants, j’ai fait de mon mieux pour riposter au nom de la liberté.Ma réponse, toutefois, a manqué de perspective historique qui aurait pu corriger la méconnaissance de mon ami au sujet de son propre pays.Déjà, il avait oublié (comme notre chef de la diplomatie qui parle de câbles diplomatiques comme étant des biens privés) qu’en Amérique, contrairement à l’Arabie Saoudite, le peuple est souverain — qu’il n’existe pas de gouvernement juridiquement distinct des citoyens.Les érudits se disputent depuis toujours sur l’étendue de la souveraineté populaire, mais on ne peut pas esquiver la première phrase de la Constitution, «We the People of the United States.».En 1765, bien avant la révolution américaine, John Adams, l’un des pères fondateurs, a prononcé le plus éloquent sommaire de notre histoire sur l’importan- ce et la nécessité d’avoir un peuple informé: «La liberté ne peut pas être préservée sans une connaissance générale parmi le peuple.Ils ont un droit, un droit incontestable, inaliénable, irréversible, un droit divin à ce plus redoutable et enviable genre de connaissance, je veux dire des caractères et de la conduite de leurs dirigeants.» Cela dit, du côté pratique, est-ce que Hillary Clinton et mon ami auraient raison de soutenir que les révélations de WikiLeaks entravent sérieusement les relations entre l’Amérique et ses alliés?Remontons en 1971 à l’affaire de Daniel Ells-berg, le Julien Assange de l’époque.Lorsque le New York Times et le Washington Post ont publié des extraits, fournis par Ellsberg, de l’histoire secrète de la guerre au Vietnam commanditée par Robert McNamara, secrétaire de la Défense dans l’administration Johnson — un lamentable récit de mensonges et d’échecs cachés au grand public —, Ellsberg a été l’objet d’accusations de crimes et de trahisons encore plus violentes que celles lancées contre Assange.Mais, en fin de compte, et c’est Ellsberg lui-même qui me l’a affirmé, son défi spectaculaire n’a pas accéléré la retraite des troupes américaines d’un pouce.En tout cas, les alliés de l’Amérique dans la guerre froide contre l’Union soviétique lui sont restés fidèles, et l’Amérique a continué son agression contre la gauche marxiste, là où ses intérêts se trouvaient menacés.La publication des «Pentagon Papers» et l’humiliation de l’armée américaine au Vietnam n’ont pas, par exemple, empêché Richard Nixon et Henry Kissinger d’encourager le coup d’Etat contre le président marxiste Salvador Allende au Chili en 1973.Parallèlement, il n’y a aucune indication que la publication des fuites de WikiLeaks par le New York Times au sujet de la guerre qui pourrit en Afghanistan va accélérer la retraite des forces militaires des Etats-Unis, pas plus que celles du Canada, de la Erance, et de l’Allemagne, où l’opposition populaire contre la guerre est plus forte qu’en Amérique.En fait, le grand changement provoqué par WikiLeaks et la Toile mondiale se présente dans les relations entre médias traditionnels et gouvernements.En 2004, pas longtemps avant l’élection Bush-Kerry, un journaliste du New York Times, James Risen, a obtenu un énorme scoop: l’administration Bush, gonflée d’arrogance par le 11-Septembre et l’invasion de l’Irak, avait autorisé des écoutes illégales par l’Agence nationale de sécurité de nombreuses conversations de téléphones privées.Au lieu de publier ces informations capitales, qui auraient pu faire basculer l’élection en faveur de Kerry, le directeur et le rédacteur en chef du Times se sont pliés à la demande dç la Maison-Blanche de conserver un secret d’Etat prétendument essentiel dans la lutte antiterroriste; au fond, c’était la même logique employée par Hillary Clinton contre WikiLeaks.Plus d’un an après, le «peuple souverain» a appris la vérité à la une du Times, largement parce que Risen allait la dévoiler dans un livre.En octobre 2004, il n’y avait pas de WikiLeaks auquel la source de Risen aurait pu faire appel.Aujourd’hui, je pense que le New York Times ne pourrait choisir l’autocensure.John R.MacArthur est éditeur de Harper’s Magazine.Sa chronique apparaît dans nos pages le premier lundi de chaque mois.Sahel: Paris rejette le « diktat des terroristes » après la mort de 2 otages La Erance a rejeté hier «le diktat des terroristes» et mis en garde ses ressortissants au Sahel au lendemain de l’échec d’une opération militaire franco-nigérienne pour tenter de sauver deux otages, probablement exécutés par leurs ravisseurs à la frontière malienne.«Les démocraties, c’est leur honneur, c’est leur noblesse, doivent lutter pied à pied contre ces barbares venus d’un autre âge qui veulent terroriser le monde entier.Nous n’accepterons jamais le diktat des terroristes et du terrorisme», a déclaré hier le président français Nicolas Sarkozy, en visite dans les Antilles.li rapt n’a pas été revendiqué, mais tous les soupçons se portaient hier sur la branche maghrébine d’al-Qaida, Aqmi, déjà responsable de plusieurs enlèvements de Erançais au Sahel.Interrogé sur une éventuelle responsabilité d’Al-Qaïda dans cet enlèvement, le ministre français de la Défense Alain Juppé a déclaré hier soir sur la chaîne de télévision TEI qu’il n’y avait pas encore de revendication, mais que «compte tenu des circonstances dans lesquelles s’est déroulé cet enlèvement, il y a peu de doutes».Le porte-parole de l’état-ma-jor des armées, Thierry Bur-khard, avait fait état auparavant ôi’«un faisceau de présomptions» pour imputer la mort des deux otages français à Aqmi, en soulignant toutefois qu’il n’y a «pas de certitudes pour l’instant».Antoine de Léocour et Vincent Delory, deux Erançais de 25 ans, ont été enlevés vendredi soir dans un restaurant de Niamey par des hommes armés qui les ont emmenés vers la frontière malienne, au nord.M.Léocour avait vécu au Niger et travaillait depuis six mois pour l’organisation humanitaire Aide médicale internationale (AMI) en Centrafrique.H était en congés à Niamey où il devait épouser une jeune Nigérienne.Son ami d’enfance, M.Delory, l’avait rejoint et devait être son témoin.Ils ont péri samedi au cours d’une opération réalisée par la garde nationale nigérienne et coordonnée par des militaires français, au nord de la localité de Tiola, à la frontière du Mali.Leurs corps ont été rapatriés hier à Niamey, selon une source ^sécuritaire nigérienne.A Niamey où M.Juppé est atttendu aujourd’hui, une source sécuritaire nigérienne a affirmé à l’AEP que quatre ravisseurs avaient été tués et évoqué plusieurs morts du côté des forces de sécurité nigériennes.Agence France-Presse J ERIC FEFERBERG AGENCE FRANCE PRESSE Le couple présidentiel se trouvait dans les Antilles au moment de l’opération funeste dans le Sahel où deux Français sont morts.OIGNON SUITE DE LA PAGE B 1 avec d’autres partis de gauche depuis trente ans — un record de longévité mondial pour un gouvernement communiste démocratiquement élu.Or, le pouvoir use, y compris, finalement, à Calcutta.On re proche largement aux communistes bengalis d’avoir sapé le développement du Bengale au cours des dernières décennies, au contraire du P^ti communiste qui tient le pouvoir au Kerala, cet Etat du sud doté d’indices de développement humain comparables à ceux des pays occidentaux.Mme Baneijee, entrée en politique dans les années 1980, est en même temps chef de l’opposition à la législature du Bengale.li double emploi n’est pas l’exception en politique indienne.La vie politique de Delhi et celle des Etats individuels sont beaucoup plus interconnectées qu’elles ne le sont dans le système fédéral canadien.Jamais, apparemment, n’a-t-il été aussi possible que cette femme de 55 ans soit élue en mai prochain à la tête du Bengale-Occidental et de ses 90 millions d’habitants.Elle prépare le terrain depuis longtemps.Elle ne s’est pas gênée, à titre de ministre fédérale des Chemins de fer, pour favoriser ouvertement la modernisation çt l’extension des services ferroviaires dans son Etat d’origine.Décisions budgétaires bien ordonnées commencent par soi-même.Un article publié ce week-end dans le quotidien Hindustan Times indique que «Didi» (grande sœur), ainsi qu’elle aime à se faire appeler, s’emploie maintenant à soigner son look, ce à quoi elle n’a jamais accordé une très grande importance.Elle fait de l’exercice et s’est mise au régime.Et puis, ajoute la nouvelle, elle aurait décidé d’ajouter un «a» à la fin de son nom, sur le conseil des numérologues.«Ils lui ont affirmé qu’un nom de sept lettres avec un double “a” améliorerait ses chances», s’est laissé dire l’Hindustan.On n’est jamais trop prévoyant Les communistes partagent le pouvoir au Bengale-Occidental depuis 30 ans Le Devoir VOTE SUITE DE LA PAGE B 1 eux n’ont pas fermé l’oeil de la nuit pour être les premiers à voter à l’ouverture des bureaux de vote à 8h.«Nous avons combattu pendant trop d’années, mais aujourd’hui ce vote pour la séparation est aussi un vote pour la paix», se réjouit Wilson Santino.Dans le Nord, les Sud-Soudanais votaient discrè tement et en petit nombre, souvent sous le regard triste et désapprobateur des Nordistes.La partition semble inévitable à l’issue de ce référendum prévu par l’accord de paix conclu en 2005 entre le Nord et le Sud, qui a mis fin à une guerre civile de plus de 20 ans à l’origine de deux millions de morts.La naissance d’un nouvel Etat sud-soudanais pourrait intervenir dès juillet, date de la fin de la pé riode intérimaire de six ans fixée par l’accord.Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège ont qualifié dans un communiqué commun le début du référendum de «pas historique», louant \«énorme travail» de la commission et la coopération entre les dirigeants nordiste et sudiste.Les ministres des Affaires étrangères des trois pays, Hillary Clinton, William Hague et Jonas Store, ont même souligné V«engagement» du président soudanais Omar el-Béchir, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre au Darfour.Le président américain Barack Obama a promis de son côté \ «entier soutien» des Etats-Unis au Soudan, tout en appelant les parties à ne pas céder à la tentation des provocations.L’ex-patron de l’ONU Kofi Annan, qui observe le processus pour le compte du Carter Center, a dit espérer que «toutes les parties respecteront les résultats lorsqu’ils seront annoncés».M.Béchir s’est engagé à reconnaître la sécession du Sud, voire à aider à bâtir un Etat dans le Sud, région de plus de 8,5 millions d’habitants, qui serait amené à devenir l’un des pays les plus pauvres de la planète, malgré la présence de pétrole dans son sous-sol.Agence France-Presse Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel: petitesamionces@ledevoir.coin 1 «N •D «E «X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100*199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 -150 Achat vente échangé 160 -199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat vente échangé 251 -299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces(a)ledevoir.com Conditions de paiement cartes de crédit APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu un logement est offert en lo cation (ou sous location) toute per sonne disposée a payer le loyer et a respecter le bail doit etre traitée en pleine égalité sans distinction exclusion ou preference fondée sur la race la couleur le sexe la gros sesse I orientation sexuelle I état civil I age du locataire ou de et a ses enfants la religion les convie tiens politiques la langue I origine ethnique ou nationale la condition sociale le handicap ou I utilisation d un moyen pour pallier 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Un don d’espoir pour la vie |) Lrj ULUPU LES PETITES ANNONCES PROCHfilhîRfilPî’ vuww ArmeeduSa ut ca 514 985-3322 18:38 petitesannonces@ledevoir.com FtxK > St ceci ressemble a un test de maths, visitez mathscourantes ca ou appelez le 1 8ÜÜ 303-1ÜÜ4 La sohitwii pat les maths LE DEVOIR, LE LUNDI 10 JANVIER 2011 B 3 ECONOMIE 1 PERSPECTIVES La colère La fin de l’année dernière a donné lieu à d’impressionnantes manifestations de colère populaire qui risquent de se répéter, et même de s’intensifier, à mesure que les gouvernements tenteront concrètement de rétablir l’équilibre des finances publiques.Espérons qu’ils sauront entendre les appels à une démarche équilibrée et rester sourds aux habituelles solutions simplistes.Les rues de nombreux pays européens ont été le théâtre d’importantes manifestations et de grèves contre les plans d’austérité des gouvernements à la fin de l’année dernière.Les plus dures ont eu lieu en Grèce, au Royaume-Uni et en Irlande, mais on en a vu aussi en Espagne, au Portugal, en France, en République tchèque, au Danemark et ailleurs.«Ces plans d’austérité sont injustes, ils frappent les victimes de la crise et pas les responsables», disait, durant l’une d’elles, le dirigeant d’un important syndicat belge cité par Les Echos.Ces manifestations ne seront pas les dernières et risquent fort de s’étendra à d’autres pays, comme les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud et le Canada, à mesure que se préciseront les moyens devant être mis en place pour renverser la vapeur du train des déficits qui s’est emballé avec la crise financière et économique.I Les causes de cette brutale dégradation des finances publiques sont nombreuses.On pense évidemment aux coûts des plans de sauvetage des banques et des mesures de relance économique.Mais, dans la plupart des cas, les gouvernements ont surtout été victimes de l’impact désastreux de la récession sur leurs revenus et de l’explosion du nom|)re des personnes forcées de demander l’aide de l’État.Ces causes liées à la conjoncture mondiale n’empêcheront pas le retour en force de vieilles explications toujours très populaires en pareilles circonstances.Une cible de prédilection sera les fonctionnaires et leurs sjmdicats, accusés de se la couler douce aux frais des contribuables même s’ils étaient là aussi quand les gouvernements ne faisaient pas de déficit et même si l’essentiel des dépenses publiques, dans la plupart des pays développés, passe en salaires de médecins, d’infirmières ou d’enseignants ainsi qu’en chèques d’assistance sociale.Réapparaîtront aussi toutes ces histoires sur les chômeurs qui refusent les emplois affichés dans les vitrines des magasins, sur les «Bougon» qui abusent du filet social et sur tous ces gens qui n’ont rien de mieux à faire que d’encombrer les salles d’urgence des hôpitaux au moindre bobo.D’autres diront que le problème vient des riches qui ne payent pas assez d’impôt, même si, par exemple, seulement 3,2 % des contribuables gagnaient plus de 100 000 $ par année au Québec en 2006, selon le Cirano.Les immigrants font aussi habituellement de bons boucs émissaires.Tout comme les agences de notation et les spéculateurs étrangers quand l’ampleur de la dette commence à peser sur les conditions de financement des pays.La Chine et les autres puissances commercides en émergence seront aussi accusées plus que jamais de pratiques commerciales déloyales.Éric Desrosiers y Simplisme et complexité Sensibles à l’humeur de la population, les élus n’arrivent pas toujours à résister à la tentation de se servir de ces arguments simplistes.Le défi sera d’autant plus grand cette fois qu’im vent de populisme de droite souffle sur plusieurs démocraties occidentales et qu’ils penseront peut-être se mettre ainsi à l’abri des critiques dont ils font également l’objet Les exemples de tels dérapages au Congrès américain sont tellement nombreux ces jours-ci qu’on ne saurait pas par où commencer à en faire la liste.Le discours anti-immigrants se fait aussi de plus en plus entendre dans plusieurs parlements européens.Le nouveau gouvernement britannique a déjà annoncé, quant à lui, son intention de sabrer les effectifs de la fonction publique et de couper les vivres aux assistés sociaux qui ne feraient pas assez pour se trouver im nouvel emploi.Selon l’OCDE, le retour à l’équilibre des finances publiques ne doit pas se faire en augmentant les impôts ni en compromettant les principaux services publics sur lesquels reposera la croissance économique future, comme la santé, l’éducation, le développement d’infrastructures et l’investissement en R&D.Pour accomplir cet exploit, disait récemment son économiste en chef Pier Carlo Padouan, il suffit «d’améliorer l’efficience du secteur public et d’obtenir plus de résultats avec moins d’argent».Si une hausse des revenus est quand même nécessaire, mieux vaudra augmenter les taxes à la consommation ou créer des taxes suscitant un virage vers une économie verte, plutôt que de recourir à d’autres formes d’impôts réputées plus nuisibles pour la croissance.Seulement la moitié des pays ont dévoilé à ce jour des détails sur leur plan de retour à l’équilibre budgétaire, observait en novembre le Fonds monétaire international (FMI).La quasi-totalité d’entre eux comptent concentrer leur effort sur la réduction des dépenses, notamment par le gel des salaires dans le secteur public, une réduction du nombre de fonctionnaires et une baisse des transferts sociaux.La plupart des pays disent vouloir protéger leurs populations les plus vulnérables, sans toutefois préciser comment Le temps dira comment on parviendra à se tirer de cette délicate situation dans laquelle la crise a plongé nos gouvernements.Espérons seulement qu’ils ne se laisseront pas guider par la colère ou le simplisme.¦.W2 D Le devoir de rigueur « L’année du centenaire a été un point central pour faire ressortir que ce journal est toujours tout aussi nécessaire et peut-être encore davantage dans le type de société qu’on a maintenant » CLAUDE TURCOTTE Lors de la première journée de son deuxième centenaire.Le Devoir n’a peut-être jamais été en meilleure situation pour faire face à son avenir.Les célébrations fort bien réussies du 100® anniversaire ont certes contribué à rehausser l’image de l’institution, et les bouleversements profonds qui ont ébranlé l’industrie des médias ces dernières années n’ont pour ainsi dire eu aucun impact sur cette petite entreprise, qui au fil du temps a survécu tant bien que mal aux crises nombreuses qui l’ont affectée.Bernard Descôteaux, qui est directeur de ce journal depuis 1999 et qui y est arrivé comme journaliste en 1974, peut témoigner lui-même de certaines périodes difficiles et bien sûr du virage administratif qui a donné un souffle nouveau à cette entreprise: «Notre plus belle réussite, et ç’a pris 20 ans à l’obtenir, a été de transformer ce qui était un cercle vicieux en cercle vertueux.Le Devoir porte beaucoup d’histoire et d’attentes, mais il a porté aussi beaucoup de préjugés, dont celui d’un journal qui est pauvre et qui vit des problèmes financiers incessants.La réaction était de dire: on va aider Le Devoir, mais on n’y investira pas.Les problèmes n’attirent pas les gens, et nous étions toujours à quêter.On ne pouvait pas convaincre que ça pouvait marcher.C’était mauvais pour la vente de publicité, mauvais pour les abonnements.Nous avons réussi à démontrer le contraire avec la restructuration.Ce fut un très gros job et ça prenait une main forte comme celle de Lise Bisson-nette pour tenir la barre.» Ainsi est né Le Devoir Inc., qui a pris la relève de l’Imprimerie populaire Ltée comme société éditrice du journal.Celle-ci en est toutefois l’actionnaire majoritaire et conserve le privilège de nommer le directeur du journal, à qui elle confie les droits de vote de son bloc d’actions majoritaire dans le but de garantir son indépendance.Les résultats tangibles de cette restructuration sont apparus au grand jour depuis deux ans, alors que les médias concurrents ont été plongés dans des difficultés financières, tandis que Le Devoir a traversé cette turbulence sans broncher.La réaction de plusieurs fut de dire: «On ne comprend pas, expliquez-nous.» M.Descôteaux constate qu’on a réussi à faire taire les vieux préjugés et le climat d’insécurité qui existait chez les employés du journal, ce qui se reflétait à l’extérieur.«Ce climat a disparu, ce qui améliore l’image du Devoir et aide aux abonnements.L’année du centenaire a été un point central pour faire ressortir que ce journal est toujours tout aussi nécessaire et peut-être encore davantage dans le type de société qu’on a maintenant», avance le directeur, en notant qu’au premier semestre de 2010 le tirage du journal a monté de 8 % en semaine et de 9 % le samedi, selon les compilations de l’ABC.Les chiffres pour l’ensemble de l’année ne sont pas encore disponibles.Divers facteurs ont contribué à la hausse constante du tirage depuis quelques années, mais il est indéniable que la création du Devoir « On a mis en place une équipe de gestion et un mode de gestion très moderne.Mais la clef du succès du Devoir a toujours été le contrôle des dépenses.» Inc.en 1993 a été «un gros changement administratif».M.Descôteaux, qui était alors rédacteur en chef, rappelle les faits: «Le Devoir était en faillite.On a fait appel aux amis du Devoir, mais de façon beaucoup plus importante, parce qu’on avait besoin de capitaux importants.En quelque sorte, on a reparti la machine à zéro.On gardait les principes d’autonomie de la rédaction, le contrôle de l’entreprise par le directeur, mais en donnant la garantie aux investisseurs actionnaires que ça allait marcher.Il y a eu des conventions entre actionnaires donnant le droit de participer au comité exécutif et des sièges au conseil d’administration.Ces gens nous ont aidés à prendre un certain nombre de bonnes décisions».Toutefois, dès l’été 1993, il y a eu une nouvelle crise financière.Le nouveau conseil d’administration a conclu qu’il fallait ajouter un poste de contrôleur pour suivre en permanence le niveau de l’encaisse, soit un contrôle rigoureux des revenus et des dépenses.Il y a au conseil des gens qui ont des expertises variées: avocat, économiste, comptable, gestionnaire d’entreprise et même un représentant des employés.Les décisions se prennent au comité exécutif chaque mois.«On est passé de l’âge de la gestion de bon père de famille que M.Ryan avait à l’époque en surveillant chaque compte de dépenses.Ce n’est pas au directeur à faire ça.On a mis en place une équipe de gestion et un mode de gestion très moderne.Mais la clef du succès du Devoir a toujours été le contrôle des dépenses.Les profits viennent des dépenses que tu ne fais pas, m’avait dit un dirigeant d’entreprise», explique le directeur, qui se refuse par ailleurs à tenir quoi que ce soit pour acquis, puisque Le Devoir, par son statut de journal indépendant, devra toujours composer avec la précarité.De journal à entreprise de production de contenus A la fin des années 1960, dans l’incapacité d’investir dans une nouvelle imprimerie, il s’est tourné vers des imprimeurs extérieurs, puis au début de 1980 il a fait de même pour la distribution du journal, ce qui s’est avéré très judicieux, puisque désormais presque tous les journaux ont recours à l’impartition.Il y a une dizaine d’années, il a commencé à développer son site Internet «avec des bouts de ficelle», en refusant d’offrir un service gratuit, comme le prônait le modèle d’affaires pratiqué par les autres.Par crainte de voir ses lecteurs de la version papier se tourner complètement vers Internet, il a préféré faire payer ceux qui optaient pour une lecture virtuelle.«Nous avions raison.Notre modèle tient toujours la route», assure M.Descôteaux, en proclamant que désormais «Le Devoir n’est plus un journal, mais une entreprise de production de contenus».Actuellement, il le fait sur trois plates-formes: le papier, Internet et des bases de données, notamment Eureka.«Il y a toutes sortes de possibilités qu’il faut être capable 100 ans de regards sur l’information MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR d’exploiter.D’ici quelques années, probablement qu’on fera du documentaire télé dans notre site Internet», mentionne le directeur, qui parle aussi d’une nécessaire évolution de la mentalité des journalistes, habitués qu’ils sont de ne voir leurs articles et leur nom que sur la version papier.Cette évolution est du reste en cours.Il donne notamment l’exemple de la balado-diffusion d’entretiens sur les livres que lisent certains auteurs, par exemple Claude Meunier.On peut entendre ces propos dans le site du Devoir.Des efforts importants ont été faits également pour enrichir Le Devoir traditionnel sur papier, particulièrement pour l’édition du samedi, avec l’ajout de divers cahiers, dont Perspectives, l’Agenda, etc.Cela a eu pour résultat que «ce qui était notre faiblesse, en étant un journal de niche, est devenu notre force», souligne le directeur, qui n’en demeure pas moins le patron d’une petite entreprise, avec quelque 120 employés et plus de 40 collaborateurs pigistes.Les revenus de l’entreprise se situeront cette année à environ 18 millions.Depuis quelques années.Le Devoir enregistre des bénéfices nets, ce qui devrait être encore le cas cette année.Le Devoir conserve après 100 ans son caractère unique d’être une entreprise qui n’appartient pas à un groupe, ni privé, ni étatique.A la limite, il n’appartient à personne, si ce n’est à la société tout entière.Ses statuts font en sorte que le directeur agit comme l’actionnaire majoritaire.Il prend possession de ces actions lorsqu’il est choisi comme directeur, mais il les laisse aux mains d’une fiducie lorsqu’il quitte ses fonctions.Il ne perçoit aucune redevance sur les actions, qu’il ne peut d’ailleurs pas vendre.Pour leur part, tous les 15 membres du conseil d’administration ne reçoivent aucune rémunération, ni jetons pour leur présence aux réunions du conseil, ù Devoir demeure une entreprise frugale à tous les niveaux.Pour sa part, M.Descôteaux aura été en fonction comme directeur depuis 12 ans le mois prochain.C’est encore le fondateur, Henri Bouras-sa, qui aura été en fonction le plus longtemps, soit 22 ans, suivi de Gérard Filion pendant 16 ans et de Georges Pelletier pendant 15 ans.Le directeur du Devoir occupe simultanément les fonctions d’actionnaire majoritaire de l’Imprimerie populaire, de patron de l’entreprise et de premier journaliste et éditorialiste de la maison.Personne ne peut lui ordonner de quitter ses fonctions à la suite d’une prise de position éditoriale qui serait contestée par qui que ce soit.Le Devoir étant une PME, le directeur doit forcément être au courant d’un peu tout ce qui se passe dans l’entreprise, mais il est épaulé pour la rédaction par une rédactrice en chef.Josée Boileau, et pour l’administration par une vice-présidente, Catherine Laberge.Une fois choisi par un comité formé des membres du conseil d’administration de l’Imprimerie populaire et de trois membres de la fiducie, soit au total huit personnes, le directeur reçoit un mandat sans fin.«J’ai promis aux membres du conseil de ne pas me rendre à la fin de mon mandat!», ajoute celui qui en est le détenteur maintenant.Collaborateur du Devoir B 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 10 JANVIER 2011 LES SPORTS HOCKEY ASSOCIATION OE L’EST Section Nord-Est G P DPFBP BC Pts Boston 21 12 7 113 91 49 Montrai 23 16 3 105 99 49 Buffalo 18 18 5 113 119 41 Ottawa 16 20 6 93 126 38 Toronto 16 20 4 105 121 36 Section grise Philadelphie 26 10 5 137 107 57 Pittsburgh 26 13 4 136 101 56 N.Y.Rangers 25 15 3 126 107 53 N.Y.Islanders13 21 6 94 130 32 New Jersey 11 29 2 78 133 24 Section Sud-Est Tampa Bay 25 13 5 128 137 55 Washington 24 12 6 123 109 54 Atlanta 22 16 7 140 140 51 Caroline 20 15 6 121 123 46 Floride 18 20 2 109 106 38 ASSOCIATION OE L’OUEST Section Centraie G P DPFBP BC Pts Detroit 27 10 5 14511859 Nashville 22 13 6 106 97 50 Chicago 23 18 3 13612149 St.Louis 20 14 6 10711246 Columbus 20 18 3 10312443 Section Nord-Ouest Vancouver 27 8 6 141 99 60 Colorado 21 15 6 13913448 Minnesota 21 16 5 10711847 Calgary 18 20 4 11212340 Edmonton 13 20 7 10113833 Section Pacifique Dallas 25 13 5 12411855 Anaheim 23 18 4 11712350 Los Angeles 23 17 1 12410547 Phoenix 19 13 9 11311747 San José 21 17 5 11911847 Hier Caroline 4 Atlanta 3 (P) New Jersey 6 Tampa Bay 3 Dallas 4 Minnesota 0 Anaheim 1 San José 0 Chicago 5 N.Y.Islanders 0 Aujourd’hui Boston à Pittsburgh, 19h Phoenix à St.Louis, 20h Detroit au Colorado, 21h30 Toronto à Los Angeles, 22h30 Demain Ottawa à Boston, 19h Philadelphie à Buffalo, 19h Vancouver à N.Y.Islanders, 19h Montréal à N.Y.Rangers, lOh Calgaiy en Caroline, 19h Phoenix à Columbus, 19h Washington en Floride, 19h30 Minnesota à Nashville, 20h Edmonton à Dallas, 20h Toronto à San José, 22h Mercredi Pittsburgh à Montréal, 19h30 Washington à Tampa Bay, 19h30 Colorado à Chicago, 20h30 St.Louis à Anaheim, 22h EN BREF Kostopoulos est suspendu pour six matchs L’attaquant des Flames de Cal-gary Torn Kostopoulos a été suspendu pour six matchs par la LNH hier pour son coup à la tête porté contre le défenseur des Red Wings de Detroit Brad Stuart.Stuart s’est blessé au cours de la troisième période de la victoire de 5-4 des Red Wings en tirs de barrage à Calgary vendredi soir.11 devrait rater au moins six semaines d’activités, victime d’une fracture de la mâchoire.- La Presse canadienne TOUR DE Sm Les Canadiens Kershaw et Harvey finissent au 7" et 10® rangs Alpe Cermis — Les fondeurs canadiens Devon Kershaw et Alex Harvey ont conclu le Tour de ski aux septième et dixième rangs.11 s’agissait, hier, de la huitième et dernière étape, qui a débuté à Val di Fiemme pour se terminer à Alpe Cermis.C’était une poursuite de 9 km style libre, se déroulant principalement dans des pentes ascendantes.Kershaw, de Sudbury, et Harvey, de Saint-Fer réol-les-Neiges, étaient respectivement cinquième et septième avant de prendre le départ de l’étape ultime.Comme l’avait prédit Harvey la veille, c’est le Tchèque Lukas Bauer qui a remporté l’étape avec 31,6 secondes d’avance sur l’Italien Roland Clara.Le Suisse Cur-din Perl a complété le podium.Au classement général, c’est le Suisse Dario Cologna qui a mérité la victoire, lui qui était premier avant de prendre le départ.Le Norvégien Petter Nor- thug a conservé la deuxième place pendant que Bauer réussissait à grimper au troisième rang, lui qui était dixième après sept étapes.De tous les représentants de l’unifolié, c’est Ivan Babikov qui a été le plus rapide dimanche.11 a terminé la course au sixième échelon.Kershaw a pris le 12® rang alors que Harvey s’est classé 20®.«Je suis vraiment content de m’être maintenu dans le top 10 parce que ça donne vraiment n ALBERTO PIZZOLI AGENCE ERANCE-PRESSE Le fondeur canadien Devon Kershaw a pris ie 12® rang, iors de ia dernière étape du Tour de ski, hier, aiors qu’Alexandre Harvey s’est classé 20®.beaucoup de points pour la Coupe du monde, a lancé Harvey.Ce n’est vraiment pas ma force de grimper de la sorte.Quand j’ai parlé à notre farteur en chef, Yves Bilodeau, après la course, il m’a dit qu’il se demandait si j’allais me rendre en haut de la côte.» «Je me sentais vraiment bien ce matin, a-t-il continué.Disons que si ça avait été une vraie course de ski de fond, ça aurait été une super bonne course pour moi.» Grande popularité Le Tour de ski en était seulement à sa cinquième édition, mais déjà la popularité est là.«Au niveau médiatique, c’est ce qui a de plus gros durant l’hiver, a lancé Harvey Ici, ils peuvent savoir les cotes d’écoute et c’est meilleur que lors des Championnats du monde.» Les fondeurs accordent également de plus en plus d’importance à cette course de huit étapes.«On aime bien la formule, même si la dernière étape n’est pas vraiment une course de ski de fond, mais c’est bon pour la télé.» Le fondeur de 22 ans viendra passer les deux prochaines semaines au Québec avant de remettre le cap sur l’Europe pour prendre part à des camps d’entraînement qui mèneront aux Championnats du monde des moins de 23 ans, à la hn janvier, et aux Championnats du monde seniors à Oslo, en Norvège, du 23 février au 6 mars.La Presse eanadienne FOOTBALL Le Temple de la renommée ouvre ses portes Canton, Ohio — Les demis offensifs Curtis Martin, Jerome Bettis et Marshall Faulk sont parmi les 15 hnalistes pour l’intronisation de 2011 au Temple de la renommée du football.Les autres finalistes annoncés hier sont le demi de coin Deion Sanders, le plaqueur Willie Roaf, les ailiers espacés Tim Brown, André Reed et Cris Carter, le joueur de ligne offensive Dermontti Dawson, les se-condeurs Richard Dent, Cortez Kennedy, Charles Haley et Chris Doleman, l’ailier rapproché Shannon Sharpe et le réalisateur Ed Sabol.Les élus au Temple seront connus le 5 février, la veille du Super Bowl.La cérémonie d’intronisation aura lieu au mois d’août Curtis Martin a pris sa retraite comme membre des Jets de New York, après avoir amorcé sa carrière en Nouvelle-Angleterre.11 est au quatrième rang pour les verges au sol en carrière, avec 14 101 en 11 saisons.L’un des demis les plus constants de son époque, il a récolté au moins 10 000 verges par la course pendant 10 saisons de suite.Assoeiated Press E N BREF Les Hurricanes battent les Thrashers 4-3 Erik Cole a marqué à 2 min 9 s de la prolongation pour procurer aux Hurricanes de la Caroline im gain de 4-3 lace aux Thrashers d’Altanta hier.Tuomo Ruutu, Zac Dalpe et Jeff Skinner ont également marqué pour les Hurricanes, qui ont ime fiche de 5-0-2 à leurs sept derniers matchs, alors qu’ils sont à la poursuite du Canadien de Montréal et du dernier rang qui donne accès aux séries dans l’Association est Joe Corvo a amassé deux mentions d’aide et Justin Peters a remporté son deuxième départ d’affilée.Bryan LitÜe a inscrit im doublé et Niclas Berg-fors a complété le pointage pour les Thrashers, qui ont tout de même effacé im déficit de deux buts pour amasser im point On-drej Pavelec a réalisé 30 arrêts.Atlanta tentait de rebondir après avoir subi im cuisant revers de 9-3 aux mains des Maple Leafs de Toronto vendredi.-AP HOCIŒY Scott Gomez reconnaît «enfin» qu’il doit lancer plus souvent au filet Sudoku par Fabien Savary 9 6 5 2 3 1 3 9 8 3 4 6 9 1 2 5 8 9 6 7 5 1 2 7 9 4 2 3 4 1 Niveau de difficulté : MOYEN Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.1664 Solution du dernier numéro 5 7 8 1 4 3 9 6 2 6 4 9 7 2 5 8 3 1 1 2 3 9 8 6 4 5 7 2 8 5 6 7 4 3 1 9 4 3 7 8 1 9 6 2 5 9 1 6 3 5 2 7 8 4 3 9 2 4 6 1 5 7 8 8 5 4 2 3 7 1 9 6 7 6 1 5 9 8 2 4 3 1663 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com MARC TOUGAS Le but de Scott Gomez, samedi face aux Bruins, a beau avoir été réussi au moyen d’un tir plutôt faiblard, c’est l’illustration parfaite de ce que Jacques Martin prêche — parfois dans le désert — depuis le début de la saison: dans le doute, on lance au but.«C’est l’exemple parfait que ça n’a pas besoin d’être un dur lancer», a fait remarquer l’entraîneur du Canadien après la victoire de 3-2 des siens en prolongation.Brian Gionta, lui, n’était pas certain si c’est une bonne chose de demander à un joueur comme Scott Gomez, dont le premier instinct est d’effectuer une passe, de lancer plus souvent.«S’il lance toujours comme ça, je n’aime pas nos chances!», a lancé le capitaine à la blague.Gomez, lui, a néanmoins reconnu avoir reçu les taquineries de quelques coéquipiers, à l’effet qu’il devrait varier ses jeux et tirer davantage, au lieu de toujours chercher à effectuer une passe quand il arrive en zone adverse.Plus tôt cette semaine, le vétéran attaquant a d’ailleurs apporté une variante à son jeu habituel en décochant, à l’occasion, des tirs en s’amenant à la ligne bleue.Qui étaient plus solides que celui de samedi.«Quelques coéquipiers m’ont piqué un peu l’autre jour et m’ont dit que je me mets dans le trouble quand f essaie trop de passer la rondelle.On a tous vu mon tir, on a vu certains des buts que j’ai marqués cette saison», a ajouté Gomez en parlant des quelques buts qu’il a obtenus à l’aide de faibles tirs.«Mais c’est vrai qu’on ne sait jamais.Ça aide Brian et Max Pacioretty quand je tire un peu plus.» «Quand [Gionta] ne marque pas malgré des filets ouverts, je n’ai d’autre choix que de lancer plus souvent», a par ailleurs blagué Gomez.«Je blâme Brian, dans le fond, parce qu’il se démarque toujours.Alors, le jeu le plus facile, c’est de lui donner le disque.» Gomez a aussi enfilé les blagues pince-sans-rire en dé- P.CHRISTINNE MUSCHI REUTERS Le capitaine du Canadien, Brian Gionta, fait i’accoiade à ses coéquipiers Max Pacioretty (67) et Scott Gômez (droite).li a inscrit ie but égaiisateur, en troisième période, 34 secondes après que Scott Gomez eut marqué.crivant les circonstances de son but de samedi.«Tim [Thomas] a été excellent, on a tout tenté contre lui.Ça montre qu’il ne faut jamais relâcher.Je vais dire à mes amis, ce soir, que c’était tout un tir dans le haut du filet.Dans les faits, je tentais une passe vers [Mathieu Darche]», a dit Gomez de son tir qui a dévié sur les patins de deux joueurs des Bruins avant de se fauhler derrière Thomas.«On a profité d’un petit coup de chance, mais on va le prendre.» Gomez s’est retrouvé face à Zdeno Chara après que Pacioretty eut allumé le feu en donnant un coup dans le dos du grand défenseur des Bruins immédiatement après son but.Hal Gill s’est retrouvé impliqué, ce qui a eu pour résultat de lui mériter une inconduite.Chara a aussi écopé d’une inconduite de 10 minutes à l’occasion de cette fin de match houleuse.Reste à savoir si la LNH jugera que des sanctions supplémentaires sont indiquées.Malgré lui Gomez s’estretrouvé dans une situation où Chara était en colère et voulait s’en prendre à quelqu’un.«C’est l’un des gars les plus coriaces de la ligue.Quand tu vois son poing s’en venir, tu sais que ce ne sera pas très joyeux», a lancé Gomez.«Mais heureusement, l’arbitre ne cessait de crier que si on se battait, on serait suspendu en vue du prochain match.» Gomez a été plus qu’heureux de se conformer aux ordres! L’intelligence de Wisniewski Gionta a par ailleurs louangé l’in-telligence de James Wisniewski sur la séquence qm a mené à son but de dernière minute.«Il a effectué une feinte, question de me laisser le temps de me rendre au filet.J’étais dans le coin alors s’il avait lancé tout de suite, je n’aurais jamais eu le temps de me rendre devant Thomas, a-t-il noté.Il a bien manœuvré pour écouler quelques secondes, puis ç’a ricoché sur mon patin.«Il a le don de trouver les couloirs et il nous donne souvent la chance, grâce à sa patience, de créer un peu de circulation devant le filet» Tous s’accordaient pour dire que le but refusé à Darche, même s’il n’a rien fait pour changer le score (0-2 à ce mo-ment-là), s’est avéré un tonique pour l’équipe.«Même s’il n’a pas compté, on a finalement vu la rondelle rentrer dans le filet et ça nous a donné de l’élan», a noté Martin.La remontée de fin de match ne doit pas faire oublier le match solide qu’a disputé Carey Price, a par ailleurs souligné Martin.«Les Bruins dominaient, mais à 2-0, Carey nous a gardés dans le match», a-t-il dit.«On a ensuite joué avec plus de détermination.» Même si le Canadien a récolté sept points sur une possibilité de huit au cours des quatre derniers matchs, en revenant de l’arrière chaque fois, Martin préférerait que ses joueurs gagnent des points au classement de manière plus classique.«La clé, c’est de bien jouer dès le début du match», a-t-il rappelé.«Les matchs sont si serrés dans la Ligue nationale qu’il faut être préparé à tout donner dès le départ» La Presse eanadienne LE DEVOIR LE LUNDI 10 JANVIER 2011 B 5 AUTOMOBILE Dix modèles à éviter en 2011 Philippe Laguë Le 43" Salon international de l’auto de Montréal débutera vendredi au Palais des congrès.Véritable salle d’exposition géante, il permet à ceux et celles qui y viennent en vue de l’achat d’un nouveau véhicule de faire une pré-sélection.L’occasion est belle, V puisque tous \ îes modèles * , ' offerts sur le * marché qué-' ' *¦ , i bécois sont ^ sur place.On peut donc magasiner, comparer et se renseigner; il ne restera plus qu’à faire l’essai routier.Notre chroniqueur Philippe Laguë a pu conduire, lui, la grande majorité de ces véhicules.11 commence par ceux qu’il faut éviter: voici sa sélection des modèles les moins intéressants de la cuvée 2011.¦ ACURAZDX Voilà un nouveau concept avec lequel j’ai beaucoup de difficulté.Des véhicules multisegment qui aspirent aussi à jouer aux berlines,de luxe et aux voitures sport.A vouloir tout faire, ils ne font rien comme il faut, et l’Acura ZDX en est la preuve: c’est gros, mais l’espace à l’arrière est compté, surtout pour la tête, en raison de la forte inclinaison du toit.Le compartiment à bagages est tout aussi décevant.La visibilité, médiocre.Quant au comportement, il est tout sauf sportif.A quoi ça sert?Poser la question, c’est y répondre.Et en plus, ce gros machin a des airs de Pontiac Aztek, référence absolue en matière de laideur.¦ BMWX6 Ici, on peut presque faire un copier-coller du paragraphe précédent: c’est gros, laid, peu spacieux et peu logeable.Par contre, les prestations routières sont dignes de BMW.Mais ces trois lettres se paient chèrement, surtout avec les innombrables options.Et ça consomme, mes amis! Même la version hybride ne fait pas de miracle.Tant qu’à acheter un pseudo-VUS, prenez un X5: au moins, il y a de l’espace à l’intérieur.¦ BMW SÉRIE 5 GT Prenez une berline de luxe réputée — une BMW Série 5, par exemple.Soumettez-la à un régime engraissant, affublez-la d’une robe d’une consternante banalité et vous obtenez ce multisegment sans âme, sorte de Toyota Venza ou Honda Crosstour travesti en BMW.En plus, ils ont poussé l’audace jusqu’à le baptiser GT, alors que son comportement n’a rien de sportif.La Série 5 comptait auparavant une version familiale dans sa gamme, et celle-ci faisait très bien le travail, mais la mode est aux multisegments, alors on suit le mouvement.C’est raté.r ¦ CHEVROLET AVEO (et SUZUKI SW1FT+) Les Daewoo, ça vous dit quelque chose?La marque coréenne n’est plus commercialisée en Amérique du Nord, mais elle est passée dans le giron de GM.La Chevrolet Aveo est donc une Daewoo Kalos rebad-gée.Elle est aussi vendue sous la marque Suzuki, en vertu d’un partenariat avec GM.Ça va, vous suivez toujours?Au chapitre de la qualité, ces jumelles se situent une coche en dessous de la concurrence.Autre point qui joue contre elles: leur consommation, décevante pour ces petits formats.Une nouvelle Aveo est attendue sous peu, tandis que la Swift-i- pourrait être remplacée par une Suzuki 100 % japonaise.¦ DODGE CALIBER Une abonnée à ce «palmarès».La presque-totalité des modèles Chrysler, Dodge et Jeep ont été renouvelés, sinon rafraîchis, mais pas la Caliber.Signe que l’on a sans doute jeté l’éponge dans son cas.Handicapée par ses moteurs rugueux, lents et bruyants, ainsi qu’une finition risible, la Caliber n’a jamais été dans le coup.¦ INEINITI EX Le troisième membre du trio des «inutüitaires», avec l’Acura ZDX et la BMW X6.Bon, d’accord, la EX est plus spacieuse à l’arrière.Mais il y a moins d’espace pour les bagages que dans une bonne vieille familiale.Et c’est à peine plus beau que la ZDX — moins laid, disons.C’est gros, lourd (forcément), encombrant, ça consomme beaucoup (EX35), voire énormément (FX50).A quoi ça sert?Poser la question.¦ JAGUAR XE La XE est certes une voiture plus moderne que sa devancière, la S-Type; mais elle n’a pas le cachet de cette dernière.De plus, son design ne lui permet pas de se démarquer.Èlle est belle, certes, mais elle pourrait très bien être une Mazdati.De toute façon, cela est tout à fait subjectif.Ce qui l’est moins, ce sont les piètres résultats de la XE au chapitre de la fiabilité.Déjà que Jaguar traîne sa réputation comme un boulet, voilà qui n’alde en rien.De plus, les Jaguar se vendent au compte-gouttes dans notre province.¦ LAND ROVER A éviter: la gamme au complet.Pourquoi?C’est cher, c’est gros et ça consomme beaucoup (surtout les LR3 et Range Rover) .Et la réputation est peu reluisante, en raison d’une fiabilité aléatoire.Jaguar et Land Rover appartiennent maintenant au groupe Indien Tata, mais leur présence au Québec demeure confidentielle.¦ MERCEDES GLK Mercedes a connu sa part de problèmes au cours de la 11 SOURCE INEINITI UInfiniti FX: e troisième membre du trio des «inutilitaires».S:0W4782 r U, y-/ ¦ Y W-J!^ A-J ¦¦ A' 'WTC SOURCE ACURA L’Acura ZDX: un véhicule multisegment qui aspire aussi à jouer aux berlines de luxe et aux voitures sport dernière décennie.La fiabilité s’est améliorée au cours des dernières années, mais certains modèles ont de moins bons résultats d’autres à ce chapitre.Selon Consumer Reports, les utilitaires GL et GLK en arrachent à ce chapitre.Prudence, donc.¦ SMART PQRTWQ Une autre abonnée à ce palmarès.Le principal handicap de la Smart, c’est son prix, qui peut dépasser la barre ,des 20 000 $, avec les options.A ce prix, vous avez un véhicule qui n’a que deux places et qui propose un niveau de confort et de performances nettement inférieur à celui d’une sous-compacte.En résumé, c’est bien cher payé pour un véhicule à vocation strictement urbaine.Dans le contexte nord-américain, la Smart est avant tout un fashion statement, comme la MINI ou la future Eiat 500.¦ MENTIQNS «HQNQRA-BLES»: tous les gros VUS de luxe, quintessence du bling bling et du mépris de l’environnement.11 est désormais mal vu de se pavaner à bord de ces monstres opulents et énergivores; en espérant que leurs propriétaires finiront par le comprendre.La semaine prochaine: les SOURCE BMW La BMW X6: c’est gros, laid, peu spacieux et peu logeable.Par contre, les prestations routières sont dignes de BMW.10 meilleurs véhicules de la cuvée 2011 Collaborateur du Devoir SOURCE MERCEDES La Mercedes GLK: peu fiable.MOTS CROISES 1 23456789 10 11 12 Sept-Mes 1/ .eteo.Baie-Comeau 2/-7 Saguenay -6/-13 Val d’Or Quebec -9/-15 -1/-12 Trois-Rivieres rbrooke (iaiineau Lever du soleil: 7h33 Coucher du soleil: 16h31 Montreal Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd-htJj, -4 iCiei var& Québec Aujourd-Jjut -1 Passages [nuageux.Gatineau Aujourd-h^ -7 Ciei varié Auj.Nua Nei Soi Sol Var Nei Demain -19/-25 Var -19/-25 0/-6 Var 1/-7 Var -5/-11 Nei 0/-4 Var -14/-18 Var 0/-4 -1/-2 -5/-8 1/-3 -12/-21 Le Monde Londres Los Angeles Mexico New York Paris Tokyo ©MétéoMédia 2011 Auj.Nua 7/4 Ce soir -12 Généralemèi dégagé.Demain -6/-8 Passages nuageux Ce soir Demain 6/-10 Passages nuageux.Demain -6/-10 Ciel va Demain 18/10 Jeudi -5/-11 Ciel va Ce soir -13 Ciel dégai Mercredi -4/-10 Quelques tlo-cons, pdp 60%.Mercredi ; -3/-14f NuageiA-avéfe percées de soleil.Mercredi.^ -5/-12 Quelques flo-' cons, pdp 40%.Jeudi -5/-15 Quelques fie cons, pdp 40%.Jeudi -7/-13< Ciel varf Ce texte pourrait s’avérer très important.Textez votre ville (ex.: Alma) au 68896 pour recevoir les alertes et prévisions météo sur votre mobile?*Premier mois gratuit.3,00 $ par la suite.) Météo ’ Média 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.Parler avec volubilité -Jusqu'au niveau du bord.2.Partie d'un cours d'eau - Destitué.3.Composition musicale -Consommer.4.Accessoires de cuisine.5.Compartiment - Ville des Pays-Bas.6.Faire un gros plan -Mettre en sûreté.7.Mille-pattes - Chef islamique.8.Entre dans la mortaise - Sert à passer certains aliments.9.Chrome - Opère.10.Chat sauvage - Réglé par une coutume immuable.11.Être près de sa fin -Voie urbaine.12.Groupement religieux - Essayer.VERTICALEMENT 1.Bain à remous - Trou d'une aiguille.2.Grave Entassement offense.Maîtrise - Pierre.Pilastre cornier - Ne disent pas la vérité.Groupe de vers -Plante piquante.Catherine la Grande.Palmier - Ce n'est pas un don.Gloussé - Héritier.Changement de peau -Partenaire.10.Rouer de coups -Disparaît.11.Change chaque année - Bravade - Trompée.12.Pincer - Faire payer trop cher.1 23456789 101112 S A N A N T \Ô\ N Q O ¦ A c H A L O U E m B A R H A B 1 T E Hll R A T E R E N A m E R A F U R E H ¦ B A R 1 L m 1 S 1 S EIW 1 ¦ E T m E T R A 1 E m 1 m E T N A A L L G R E s S E II T_ Z O O A U R A ¦ R A 1 A T L S mjâ R O ü D O D I E m E H 1 L 1 E N E N S ril B R rËi ¦ P E R S 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 ________________________ 1541 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO 7 B 6 LE DEVOIR LE LUNDI 10 JANVIER 2011 ETHIQUE ET RELIGIONS Séparatisme sexuel en Israël Des rabbins secouent les fondements de l’Etat juif Jean-Claude Leclerc Une autre menace est apparue, au sein même d’Israël, venant cette fois d’un «séparatisme» judaïque.Près de 300 rabbins y avaient, en décembre, appuyé un interdit, lancé aux Juifs de Safed, de louer ou vendre des appartements à «d’autres qu’à des Juifs».Voilà que plusieurs de leurs épouses viennent d’inciter les femmes juives à ne pas fréquenter en privé, ni côtoyer au travail, d’hommes «arabes».La déclaration de Safed avait suscité la réprobation de dirigeants politiques et religieux, en Israël et à l’extérieur.Le message des épouses, visant les Arabes, a été accueilli plus fortement encore.L’ex-premier ministre et titulaire de la Défense, Ehoud Barak, l’a stigmatisé comme faisant partie «d’une vague de racisme, qui menace d’emporter la société israélienne en des endroits sombres et dangereux».A Safed, de jeunes ultrareligieux avaient placardé «Mort aux Arabes».Il y a quatre ans, un rabbin de Safed, Samuel Eliahu, avait interdit aux Juifs de sa cité de louer à des «Arabes».Menacé de poursuite pour racisme, il avait dans son message remplacé cette mention par celle de non-juifs en général («Gentils» ou Goyim).Ces femmes, elles, statuent, en plus, que les filles juives doivent éviter supermarchés et lieux de travail fréquentés par des hommes «non juifs».Mais leur lettre va plus loin.Si elle a été bien traduite, elle vise aussi les «travailleurs arabes» qui se donnent des noms juifs et se rapprochent des filles juives.«Le moment où vous êtes dans leur main, dans leur village, sous leur contrôle, préviennent ces femmes influentes du Lehava, tout change.» Ce mouvement lutte notamment contre l’assimilation des Juifs.Une de ses manifestations protestait récemment contre la présence de citoyens arabes à Bat Yarn, au sud de Tel-Aviv.Pareil courant n’est pas représentatif du judaïsme conservateur en Israël.Ainsi, le rabbin Mau-ricio Balter tient la lettre des épouses pour «contraire au judaïsme», montrant même, à son avis, «une touche de racisme et de xénophobie».Le judaïsme favorise les mariages entre Juifs, mais, dit-il, «nous ne voyons pas de problème à travailler avec des gens qui n’en sont pas ou d’avoir des amis parmi eux».Dénonciations Les conservateurs sont en minorité dans le pays.Mais l’interdit de louer aux non-juifs aurait obtenu, d’après un sondage, l’appui de 44 % des Juifs israéliens.C’est beaucoup, bien que 48 % disent s’y opposer.Aussi, à Bat Yarn, le maire Samuel Shlomo déclare-t-il avoir «honte» de ces manifestations.Devant l’ampleur du mouvement, même le premier ministre.Benjamin Nétanyahou, dénonce cette campagne.Il y a là plus qu’un incident.Les propos du rabbin de Safed n’auraient pas eu une telle réponse ni un si grand retentissement s’il n’avait remué un élément vital en Israël.Certes, il attribue aux Arabes l’insécurité que vivraient, la nuit venue, les Juifs de Safed, surtout les filles.Mais il blâme surtout les Arabes et les musulmans de s’établir dans le seul pays que Dieu, dit-il, a donné aux Juifs alors qu’ils en ont 22 autres où vivre.Or, les fondateurs d’Israël avaient, pour la plupart, tourné le dos au judaïsme des rabbins.Ils voulaient, pour sauver les Juifs des persécutions en Europe, créer un Etat national à l’européenne.Des Juifs religieux, gardant plutôt leur confiance en Dieu, avaient cette idée en horreur.Du reste, Théodore Herzl, le génial auteur de L’Etat juif (1896) n’a pas conçu ce pays comme une théocratie.Sa vision, sans écarter la foi juive, n’entendait aucunement céder aux «velléités théocra-tiques» de certains.Au sein de l’État qu’il envisage, Herzl en écrit pour ses futurs citoyens, dans le style de l’époque, un principe fondamental: «Chacun est aussi complètement libre dans sa foi ou dans son incrédulité que dans sa nationalité.Et s’il arrive que des fidèles d’une autre confession, des membres d’une autre nationalité habitent aussi chez nous, nous leur accorderons une protection honorable et l’égalité des droits.» L’histoire, toutefois, suivra un cours très différent.Un État démocratique Né dans la guerre, Israël fut néanmoins un pays démocratique.S’il reste injuste pour les Palestiniens qui en furent expulsés, les musulmans et les chrétiens qui en devinrent citoyens y obtinrent les mêmes droits que les Juifs.Mais SU BAZ RATNER REUTERS Juifs ultra-orthodoxes devant une synagogue, dans la vieille ville de Jérusalem l’État, malgré son nom, fut séculier.Or, la guerre-éclair de 1967 et l’occupation militaire de territoires restés palestiniens allaient changer la situation.Une question va dès lors se poser: un grand Israël peut-il rester démocratique et juif en même temps?Plutôt que d’accepter un État palestinien, les dirigeants israéliens, à gauche comme à droite, ont alors entrepris de coloniser la Cisjordanie et Gaza.Nombre de Juifs qui s’y établirent, même s’ils n’étaient aucunement persécutés en Prance, aux États-Unis et ailleurs, ont justifié leur implantation en «terre biblique» — au mépris du droit international et de la théologie judéo-chrétienne — par un «don divin» qui, encore aujourd’hui, vaudrait seulement pour des Juifs.On venait de renverser l’un des fondements du pays.D’abord, des Israéliens venus de commu- nautés ultrareligieuses ont non seulement voulu y vivre selon leur tradition, mais aussi entrepris d’imposer leurs règles aux autres Juifs du pays, fussent-ils modernes et laïques.Puis, plusieurs d’entre eux ont résolu d’imposer aux Juifs l’obligation de vivre séparément des autres habitants d’Israël, notamment des Arabes.On comprendra les Juifs démocrates d’Israël de s’inquiéter d’une telle évolution.Non moins inquiétante n’est-elle pas aussi la mobilisation de la diaspora juive, y compris au Canada, derrière les politiques jusqu’au-boutistes à l’origine d’une si grave impasse?redaction@ledevoir.corn Jean- Claude Leclerc enseigne le journalisme à VUniversité de Montréal.VATICAN Le pape exprime son soutien aux Coptes égyptiens Cité du Vatican — Le pape Benoît XVI a exprimé hier sa «proximité» aux Coptes égyptiens, une communauté chrétienne victime d’un attentat il y a une 4izaine de jours à Alexandrie, en Égypte, et a salué une manifestation d’élus italiens en faveur de la liberté religieuse dans le monde.«Je salue le groupe de parlementaires italiens ici présents et je les remercie pour leur engagement, ensemble avec d’autres collègues, en faveur de la liberté religieuse.Je salue en même temps les fidèles coptes ici présents auxquels je renouvelle l’expression de ma proximité», a dit le pape à l’issue de la prière dominicale de l’angélus, devant des milliers de personnes réunies par une journée ensoleillée sur la place Saint-Pierre.A la suite de l’attentat en Égypte, Mgr Lorenzo Leuzzi, prêtre de la Chambre des députés ita- liens, a lancé un appel aux élus à assister à l’Angélus du pape en signe de défense de la liberté religieuse dans le monde.De nombreux parlementaires de droite et de gauche ont annoncé leur participation à la messe.Quelques heures après la messe, un millier de Coptes, venus de plusieurs villes italiennes, ont manifesté dans le centre de Rome en faveur de la liberté religieuse et pour dénoncer le terrorisme.«Nous sommes ici pour demander de l’aide et pour manifester notre douleur», a dit le chef du diocèse copte orthodoxe de Rome et de Turin, Bar-naba El Soryany, à l’origine de cette manifestation.Deux représentants d’une association de jeunes musulmans d’Italie sont venus apporter leur soutien aux Coptes, mais pour des raisons de sécurité ils sont restés de l’autre côté du cordon de policiers chargés de veiller au bon déroulement de la manifestation.Dans la nuit de la Saint-Sylvestre, un attentat devant une église copte d’Alexandrie, pour lequel les autorités égyptiennes privilégient la piste d’al-Qaïda, a fait 21 morts.Dès le lendemain de l’attentat, le pape avait déclaré que «face aux discriminations, aux abus et aux intolérances religieuses, qui frappent aujourd’hui en particulier les chrétiens [.] les paroles ne suffisent pas, il faut l’engagement concret et constant des responsables des nations».Les tensions s’accroissent depuis un an entre les cornmunau-tés confessionnelles en Égypte.Agence France-Presse OSSERVATORE ROMANO / REUTERS Le pape Benoît XVI a célébré hier une messe dans la chapelle Sixtine, au Vatican.NIGERIA Les affrontements reprennent entre chrétiens et mnsulmans T os, Nigeria — De nom-J breuses maisons ont été brûlées et six personnes blessées hier dans le centre du Nigeria au cours d’incidents consécutifs à l’attaque vendredi, dans un village chrétien, de deux cars transportant des passagers musulmans, a annoncé la police.«De nombreuses maisons ont été incendiées, et six personnes ont été grièvement blessées et hospitalisées» a déclaré Abdulrah-man Acano, le chef de la police de l’État de Plateau, dont Jos est la capitale.Les deux cars, qui transportaient des gens de retour d’un mariage, se sont apparemment égarés et sont arrivés tard vendredi soir dans le village chrétien de Dogo Nahauwa, où des dizaines de gens avaient péri dans des affrontements interreligieux début 2010.L’un des cars avait réussi à s’échapper, mais le second n’a pas été retrouvé.«Mes hommes n’ont pas retrouvé le véhicule non plus que ses occupants, j’en conclus que huit personnes ont été tuées», a déclaré le commissaire Akano à la presse.Jos, dont la population est répartie pour moitié entre chrétiens et musulmans, est l’épicentre des affrontements qui secouent le pays depuis des mois et ont fait, selon des groupes locaux de défense des droits de l’homme, plus de 1500 morts et des dizaines de milliers de déplacés.Agence France-Presse AVIS LEGAUX ET APPELS D'OFERES Étude Guillaume Thébei^, Huissiets de justice COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO ; 500-22-176406-109 COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL Partie demanderessec.DEUX CAFÉ S.E.N.C., HAOITIM CAO ET MOHAMED SEIF-EL-ISLAM Partie défenderesse ASSIGNATION 139 C.P.C.Avis est donné à la partie défenderesse que la partie demanderesse a déposé au grefiê de la Cour du Québec, du district de Montréal, une requête introductive d'instance.Une copie de cette requête et de l'avis au défendeiu ont été laissés à l'intention de ly>ar-tie défenderesse, au grefie du tribunal, au palais de justice de Montréal, Local 1.120, situé au 1 Notre Dame Est, Montréal.Il est ordonné à la partie défenderesse de comparaître dans tm délai de 30 jours de la publication de la Erésente ordonnance.À dé-lut de comparaître dans ce délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expiration de ce délai.Soyez aussi avisé que la requête introductive d'instance sera présenté pour décision devant le tribunal, le 9 février 2011 à 9H00 en la salle 2.06 du palais de justice de Montréal.À Montréal, le 5 janvier 2011 ANNIE OUELLETTE GrefKer adjoint, C.Q Étude Guillaume Thébei^, Huissiers de justice COUR DU QUÉBEC PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO ; 500-22-173202-105 COMMISSION DES NORMES DU TRAVAIL Partie demanderessec.DEUX CAFÉ S.E.N.C.ET HOAITIMCAO Partie défenderesse ASSIGNATION 139 C.P.C.Avis est donné à la partie défenderesse que la partie demanderesse a déposé au grefiê de la Cour du Québec, du district de Montréal, une requête introductive d'instance.Une copie de cette requête et de l'avis au défendeur ont été laissés à l'intention de ly’ar-tie défenderesse, au grefie du tribunal, au palais de justice de Montréal, Local 1.120, situé au 1 Notre Dame Est, Montréal.Il est ordonné à la partie défenderesse de comparaître dans un délai de 30 jours de la publication de la Erésente ordonnance.À dé-lut de comparaître dans ce délai, un jugement pat défeut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expiration de ce délai.Soyez aussi avisé que la requête introductive d'instance sera présenté pour décision devant le tribunal, le 9 février 2011 à 9H00 en la salle 2.06 du palais de justice de Montréal.À Montréal, le 5 janvier 2011 ANNIE OUELLETTE Greffier adjoint, C.Q Montréal-Nord Montréal APPEL D’OFFRES PUBLIC Des soumissions dans des enveioppes sceilées portant inscription : SOUMiSSION - Fourniture de Service de contrôie animaiier - Contrat n° 2011-100 et adressées à ia secrétaire de i’arrondissement de Montréai-Nord, M“ Marie Marthe Papineau, avocate, 4243, rue de Charieroi, Montréai-Nord, (Québec) HIH 5R5, seront reçues jusqu’à 11 h le 26 janvier 2011.Contrat n° 2011-100 : Fourniture de Service de contrôle animalier, pour une période de 12,24 ou 36 mois.Les personnes intéressées peuvent se procurer les documents relatifs à cet appel d’offres à compter du 10 janvier 2011, de 8 h à 12 h et de 13 h à 16 h 30 du lundi au jeudi et de 8 h à 13 h le vendredi, à la mairie d’arrondissement de Montréal-Nord, 4243, rue de Charleroi, Montréal-Nord (Québec) HIH 5R5.Si vous désirez obtenir des renseignements, vous pouvez communiquer avec M.Ahmed Yasmi au 514 328 4000, poste 4053.La Ville de Montréal ne s’engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n’assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement à la salle du conseil de Montréal-Nord, 4243, rue de Charleroi, le 26 janvier 2011, à 11 h 15, en présence des soumissionnaires désireux d’y assister.Marie Marthe Papineau, Secretaire d’arrondissement Ce 10 janvier 2011.Pour soutenir l'effort quotidien des personnes atteintes de dystrophie musculaire, il faut beaucoup plus que des mots.FAUT UNE ACTION, UNE ACTION MUSCLÉE 1 i.soo.567.2236 AAA Dysttopliie www.niuscle.ca musculaireCanada 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