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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-01-22, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 THEATRE La Judith biblique.dans le stationnement du marché Jean-Talon Page E 3 DE VISU L’art multiple de Shary Boyle à la galerie de l’UQAM Page E 6 CULTURE FABIEN DEGLISE Le comique belge fait rire et c’est beaucoup la faute du Petit Chaperou rouge, oui, l’iu-offeusif persouuage sorti tout droit de l’imagiuaire de Charles Perrault C’est que la formule emblématique du coûte — qui compreud les mots «chevillette», «bobiuette» et «cherra» — a, uu jour daus sou euiauce, agi sur Bruuo Coppeus im peu comme les Tables de la Loi siu Moïse: «J’ai eu l’impression qu’il y avait quel-que chose de magique dans ces mots, qu’ils avaient une dimension mystérieuse à découvrir si l’on prenait la peine de les apprivoiser, lauce l’artiste à l’autre bout du fil.C’est donc ce que j’ai fait pendant des années, c’est ce qui a guidé mon travail jusqu’à maintenant et que je veux partager avec le public.» L’homme l’assiue: il u’est pas eu croisade, plutôt eu quête de seus, eu jouaut avec sa lau^e, le frau-çais, à laquelle il va uue uouvelle fois faire uue dé-claratiou d’humoiu la semaiue prochaiue sur les plauches du Liou d’or à Moutréal, où l’artiste vieut préseuter sou spectacle drôlemeut cérébral iutitulé Ma terre happy.Avaut de trausporter ses mots à Québec et daus d’autres régious du territoire.«C’est la première fois que je vais rester chez vous aussi longtemps et je m’en réjouis», dit le Belge, que l’ou préseute parfois comme uu croisemeut coutemporaiu eutre le Frauçais Rajunoud Devos et le Québécois Marc Favreau, alias Sol.«J’ai senti lors de mes dernières visites que nos deux pays partageaient beaucoup de choses autour de la langue française, des complues et de la résistance par le mot» L’humoriste eu a d’ailleurs eu uue preuve écla-taute il y a quelques auuées à Gatiueau, se sou-vieut-il, où il a préseuté sou avaut-deruière créa-tiou.Bain zen.«Le public répondait avec éclat à chaque blague.Tellement que j’ai fini par me sentir comme un politicien, un militant plutôt qu’un artiste.C’était comme si la foule me remerciait tout le long du spectacle de défendre notre langue.» Et la même alchimie pourrait bieu à uouveau se produire.La déferlaute auuoucée de jeux de mots et de mots d’esprit marque de commerce de ce rare humoriste qui fait s’activer les sjmapses eu poiufeu-daut le prêt-à-peuser, va bieu sûr y être poiu beaucoup.Daus cette créatiou, Coppeus se préseute siu scèue sous les traits d’uu homme troublé allou-gé sur le divau d’uu psychaualyste: il euteud des voix, s’est reudu compte que les femmes de méua-ge avaieut disparu poiu être remplacées par des technicienues de siufaces et preud aussi uu maliu plaisir à baptiser les objets qui l’eutoureut.Sa bouilloire s’appelle d’ailleius Céliue Diou — «Dès qu’elle chante, tu lui coupes le sifflet!» — et sou dic-tionuaire répoud désormais au uom d’Axelle Red — «Larousse que j’effeuille avec volupté».Jouer pour critiquer Le terreau créatif est fertile.11 permet aussi à Coppeus, eu plusieurs tableaux dout des détails out été culturellemeut adaptés poiu le marché local par Pierre Légaré — «un ami de longue date», précise-t-il —, de disséquer uos comportemeuts humaius, uos paradoxes, la corruptiou, l’altermou-dialisatiou, l’augoisse du quotidieu, la vacuité du temps préseut, les chaugemeuts climatiques.Eu gros et saus préteutiou.«L’humour, c’est comme les essuie-glaces d’une voiture dans la neige, dit-il.Ça n’arrête pas la tempête, mais ça permet d’avancer.Et puis, il ne faut pas trop se prendre au sérieux, surtout quand on prend conscience du décalage qui existe entre ce que l’on met dans ces textes et ce que les gens en retiennent A la fin de chaque spectacle, ce n’est pas l’aspect critique dont les gens me parlent le plus, mais la liberté que j’ai de pouvoir jouer avec les mots.» 11 s’arrête et poiusuit «Pour le commun des mortels, prendre la plume et écrire est un acte important qui fait peur à beaucoup de personnes, dit-il.Elles ont peur d’être jugées sur leur grammaire, leur orthographe, le choix des mots et n’osent pas s’exprimer à cause de ça.Mes spectacles sont peut-être vus comme un espace de liberté ouvert sur la langue.Je suis persuadé que les mots n’appartiennent pas à Robert, Grevisse, Larousse et les autres.Et je veux en faire la preuve en redonnant ces mots aux gens.» Le déballage de verbes, «long flirt tranquille», écrit-il, avec ce laugage du quotidieu qui trouve ici uue uouvelle vie, a été savammeut calculé par Coppeus, qui voit désormais sou approche artistique atypique — faire rire eu stimulaut le cortex cérébral du spectacle plutôt que de l’auesthésier — comme uu acte de résistauce daus uu pays, le sieu, où les tiraillemeuts sociopolitiques eutre Wallous et Elamauds out exacerbé la dimeusiou ideutitaire d’uue laugue.«Cet acte de résistance, je ne l’ai pas imaginé au début de mon travail, dit-il.Mais il est arrivé par la suite.» L’artiste a d’ailleius la complexité qu’il faut poiu donuer à cette missiou la profoudeur et la pertiueu-ce qui depuis des auuées assure le succès de ces créatious comiques tout eu étaut lettrées: «Ma mère est flamande et mon père est wallon, poiusuit Coppeus.Ma langue maternelle, c’était le français, mais ce n’était pas la langue de ma mère, qui parlait flamant avec sa mère au téléphone quand j’étais petit.» Poiu faire rire, il passe par la thérapie — sym-boliquemeuL s’euteud —, ou compreud poiuquoi.Le Devoir MA TERRE HAPPY, DE BRUNO COPPENS Les 25,26 et 27 janvier au liou d’or à Moutréal et 28 et 29 jauvier au théâtre Petit Champlaiu à Québec E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 CULTURE Paris fragments J Odile Tremblay Paris — La ville est fraîche, parfois sous le crachin.Pas de touristes ou presque.C’est en janvier qu’on voit Paris au naturel, souvent à moitié déserté le soir.Mais ses habitants souffrent de sinistrose, il est vrai, dans leur belle ville qu’on aime tant arpenter.Un récent sondage révèle que les Français sont le peuple le plus pessimiste au monde.Sans être pour autant le plus mal pris, songe-t-on in petto.En tout cas, les Parisiens que je rencontre, un échantillon de gauche, gémissent sous le règne de Sarkozy, qui n’adhère en rien aux valeurs traditionnelles de la France.Sauf qu’ils n’ont pas nécessairement envie de défendre lesdites valeurs bafouées par leur président, lesquelles leur paraissent un peu d’arrière-garde et condamnées d’avance par le vent de mondialisation: la culture, le rafhnement, la grandeur du passé, etc.Bref, on a l’impression qu’ils perdent l’estime d’eux-mêmes et ne savent plus où se situer par rapport au monde et contre quoi se battre, eux qui se sont toujours battus si bien.Tout est plus complexe que ça, bien entendu, mais il y a cette sensation de déprime existentielle qui flotte dans l’air et que le badaud attrape au vol.N’empêche qu’on apprécie Paris en grande partie pour sa culture.Tenez, il y a ce coup de cha- peau du Louvre donné à l’homme de théâtre (et de cinéma) Patrice Chéreau.Après une avant-première au musée, reprise au Théâtre de la Ville, la pièce la plus courue — d’autant plus qu’elle se termine bientôt — est Rêve d’automne du Norvégien John Fosse, sur une mise en scène de Chéreau, avec têtes d’afhche sur les planches: Pascal Greg-gory, Valeria Bruni-Tedeschi, Bulle Ogier, etc.Ça se déroule dans un cimetière peuplé de fantômes, mais le décor est celui du Louvre: tableaux aux murs, un banc, quelques chaises, une salle ouvrant sur d’autres salles.La distanciation est mise à proht par Chéreau, avec ces personnages qui parlent de dos ou de prohl, parfois au milieu des morts.Un homme (Greggory) et une femme (Bruni-Tedeschi) se retrouvent en ces lieux après s’être jadis désirés.Et la vie de l’homme le rattrape à l’enterrement de sa grand-mère (un spectre muet).Sa mère est jouée par la merveilleuse Bulle Ogier, clou de la distribution.Bon! La proposition de Chéreau s’essouffle vite.Sans doute à cause de la pièce de John Fosse elle-même, qui, à travers le dialogue du couple, fait plutôt théâtre bourgeois.Puis, Valeria Bruni-Tedeschi habite mieux le grand écran que les planches.La partie chorale est meilleure que le duo, plus hantée, plus absurde avec cette Bulle Ogier vraiment souveraine.Reste la touche Chéreau, tout en brillant décalage.Allez aussi au Centre Pompidou pour la grande rétrospective de Piet Mondrian, figure de proue des néoplasticiens, patriarche de l’abstraction.Cette première rétrospective complète arrime l’œuvre de Mondrian à son berceau créatif, le mouvement artistique De Stijl, dirigé par son com- patriote Théo Van Doesburg, peintre, architecte, critique néerlandais.Que Mondrian ait poussé à ses plus hauts sommets, au cours de sa période parisienne entre 1912 et 1938, la ligne et la couleur est incontestable, et ses œuvres phares sont là pour en témoigner.Mais on constate dans ses tableaux de jeunesse qu’il n’était pas au départ un très bon peintre figuratif (il eût mieux fait de détruire certaines croûtes), à la différence de Picasso, par exemple, qui excellait dans tous les genres.Van Doesburg se révélait multidoué de son côté et a en outre ouvert à Mondrian toutes sortes de portes pour l’abstraction.Bref, par-delà son intérêt indéniable, et sans remettre en cause le génie de Mondrian, épanoui dans une abstraction géométrique qu’il aura maîtrisée — laquelle commandait, il faut croire, un œil d’architecte et de coloriste davantage que de peintre —, cette rétrospective nous rappelle à quel point le talent n’est pas tout, mais réclame pour fleurir la volonté, l’ambition, l’occasion saisie, le tempérament aussi.Car Van Doesburg, qui aurait mérité de briller plus fort, s’est laissé supplanter par Mondrian; toute l’expo le crie.Le premier aura manqué de puissance créatrice peut-être, ou n’aura pas été à Paris au bon mo-menti ou ne se sera pas assez battu, etc.Mondrian détestait qu’on remonte le cours de sa carrière et reniait ses œuvres de jeunesse.11 aurait certainement honni cette rétrospective si chargée de mémoire.Elle nous éclaire pourtant beaucoup sur les influences d’une icône de la modernité, comme sur ceux qui l’ont aidé à monter, qui auraient pu, qui auraient dû, mais.Appelons ça la ligne du destin.Je suis venue à Paris dans le cadre des Rendez-vous d’Unifrance, où les journalistes étrangers rencontrent les cinéastes et interprètes français à propos des films qui sortiront sur leur territoire au cours de l’année.Les Français ont beau avoir fréquenté beaucoup leur cinéma en 2010, ça s’est moins bien passé du côté des entrées internationales, en chute de 17,9 %.Au Québec, la débâcle du cinéma hexagonal amorcée depuis longtemps fut tout compte fait minime l’an dernier (peut-il tomber plus bas?), passant de 3,4 % de part de marché à 3,2 %.Qn fut longtemps un territoire captif, à cause de la langue commune, négligé comme tel par Uni-france, puis redécouvert un peu tard.Mais à peu près partout, le film français perd du terrain pour des raisons similaires: vieillissement des cinéphiles, disparition des salles d’art et essai dans les centres-villes, prédominance de Holljrwood qui se renouvelle avec le 3D, manque de films porteurs.Et la cuvée de l’heure ne présage guère de révolution en 2011.Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet, un fdm sur un groupe de copains, fut le plus gros succès de la dernière année en France (près de six millions d’entrées), mais il devrait moins marcher au Québec, où les codes de l’amitié sont différents (on n’aime pas se crier dessus).Quant au merveilleux Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois (ignoré injustement dans la course au meilleur film en langue étrangère aux Qscar), il plaira sans doute chez nous, hélas, à la frange cinéphile avant tout, sans défoncer la caisse, même si on lui souhaite tout le contraire, évidemment.otremblay@ledevoir.corn JAZZ Le grand Small’s SERGE TRUEEAUT Small’s est d’abord un club.D’où?De Nueva Yorke, comme disent les Latinos de Spanish Harlem.L’en-soi du nom propre, pour parler comme parlent les «chicos» de la branchitude, est une information au caractère strictement physique: la physique de l’en- droit ne relève pas de la relativité, mais bien de la petitesse.11 est situé au 183 West lOth Street, à la lisière du cœur de Greenwich Village.Autrement dit, pour être encore plus exact, à 36 pas de marche lente de l’endroit où Edgar Allan Poe, alias le chevalier Dupin, a rendu son âme.Small’s, c’est également une étiquette.Depuis un an au jour d’aujourd’hui ou d’après-demain, Le Petit propose en CD des enregistrements.Tous des live, rien que des live.Ses fondateurs, patrons, animateurs, programmateurs nous les livrent par fournée de trois ou quatre maximum.CQFD: en un an ils ont mis en marché Lectures publiques itinérantes [bmo] LE CENTRE DES AUTEURS DRAMATIQUES ENVAHIT, POUR TROIS LUNDIS, TROIS THÉÂTRES DE HDNTRÉAL AVEC TRDIS TEXTES INÉDITS.à 24 janvier 20h au Théâtre de Quat'Sous Faire des enfants d'Éric Noël 31 janvier 20h au Théâtre d'Aujourd'hui Lapin et compagnie de Pierre Yves Lemieux 7 février 20h à Espace Go Une heure avant de Micheline Parent CONTRIBUTION VOLONTAIRE SUR PLACE INFO www.cead.qc.ca RÉSERVATIONS SUGGÉRÉES ; cead@cead.qc.ca 514 288-3384 poste 221 Catherine Desjardins-Jolin Jean Gaudreau Romain Fabre Linda Brunelle Erwann Bernard Philippe Brault David Ouellet Caroline Laurin-Beaucage Angelo Barsetti Une grande pièce ! Le Devoir A beautifully crafted play The Gazette D’une infinie sensibilité Rue Frontenac Bouchard frappe fort Montréal Express Je retourne la voir! Radio-Canada Photographie Neil Mota .du 11 janvier au 5 février 2011 Une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui informations et réservations : 3900, rue Saint-Denis Montréal-QC H2W 2M2 T.514 282-3900 theatredaujourdhui.qc.ca Partenaires de saison : Q^Sbec LE DEVOIR Eai SUPPLEMENTAIRES! le dimanche 30 janvier à 15h le mardi 8 février à 19h le mercredi 9 février à 20 h a la ferme Michel Marc Bouchard Miseten sc Claude Poissant Evelyne Brochu Éric Bruneau Alexandre Landry Collaborateurs plus de galettes que bien des labels dits gros.Après écoute régulière ou constante de ces disques, on est arrivé à la conclusion, tardivement parce qu’on est couil-lon, que l’esthétique musicale qui distingue Small’s du Blue Note d’aujourd’hui, d’Enja, d’ECM et consorts, était en phase comme en ligne avec celle choisie dans les années 50 par Riverside, Prestige, Pacific Jazz, sans oublier Blue Note.De prime abord, ce constat, qui n’est pas une opinion, paraîtra curîeux parce qu’on pourraît croîre que Small’s cherche à être une copie carbone de ce que faisaient en leurs temps les étiquettes nommées plus haut.Ce n’est pas le cas.En fait, pas tout à fait le cas.En associant Small’s à Riverside et d’autres, on veut juste souligner que les producteurs et musiciens s’en tiennent ou s’attardent à la mise en lumière de ce qu’est le.jazz! Combiner l’antique et le présent Les uns et les autres n’essayent pas de coloniser une esthétique qui n’est pas jazz tout en la présentant comme du SOLO PI jazz.Ils appartiennent à une tradition établie par Ellington, Monk et autres Jazz Messengers qu’ils ne cessent de creuser, de prolonger, d’actualiser afin de ne pas l’ossifier, de ne pas la réduire à un objet de musée.Bref, ils combinent l’antique et le temps présent.Pour vous en convaincre, il suffit d’écouter les parutions ré- immersif.sensoriel TRUE (Japon) UNE NOUVELLE PERFORMANCE DANSE ET MULTIMEDIA SIGNÉE PAR DEUX MEMBRES DU COLLECTIF DUMB TYPE.UNE PRODUCTION DE HI WOOD.À NE PAS MANQUERI «True est remplie de ces rares moments quand vous sentez les spectateurs collectivement prendre leur souffle, quand prouesses techniques, art scénique et performance se réunissent pour transmettre efficacement des images chargées d'émotion.» - Real Time Arts, Singapour 3 soirs seulement ! 27 - 28 - 29 janvier 2011 PARTENAIRE PRMLiSIÉ QUEBECQB.USINE O BILLETTERIE 514 521-4491 USINE-CCOM LIVE AT SMALLS centes du quartet du saxophoniste Jimmy Greene, du quintet du batteur Ari Hœnig, de Spike Wilner seul face à son piano et qui est par ailleurs l’animateur du club comme le producteur de tous ces albums, ou encore d’écouter l’incroyable trio formé par le pianiste Ethan Iverson, le contrebassiste Ben Street et l’immense, le vétéran batteur, Albert Tootle Heath.Par la prestation de ces deux derniers on a été ébloui.Littéralement.Prenez Wilner; il s’amuse à jouer les morceaux syncopés d’il y a cent ans, du Scott Joplin, d’autres écrits par Willie The Lion Smith, Pete Johnson, les artisans du boogie, du Duke Ellington, qu’il intercale avec des standards de Broadway.Et savez quoi?Tous ces morceaux, il les fond dans une technique aussi époustouflante que moderne.CQFD: sous ses mains, ces compositions n’ont pas pris une ride.Iverson, Heath, Street nous ont conquis par cette espèce de manière, de style si singulier que Red Garland avait de faire de la magie ou plutôt du vaudou.Comme leur aîné, encore sî sous-estîmé, ce trîo amorce avec douceur chaque pîèce pour progressîvement atteindre et mettre en relief ce qui en fait la beauté.Ici, il n’y a ni esbroufe, ni machisme musical, mais bien une balade sereine sur les terres labourées par Bud Powell, Lester Young, Tadd Da-meron, Billy Strayhorn, Charlie Parker, Jackie McLean, Gershwin et autres auteurs de standards.Bon.Small’s, c’est enfin un site «ouaibe» à nul autre pareil, car il nous propose d’entendre des dizaines et des dizaines de shows captés live, mais qui n’ont pas été traduits en compacts.AUez-y, allez sur Smallsli-ve.com.Des heures et des heures et des heures d’un jazz qui n’est que ça: du jazz.Et pas autre chose.Le Devoir http://goo.gl/h56rK LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 E 3 CULTURE ê / w% PHOTOS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Catherine De Léan en compagnie de la metteime en scène Geneviève L.Blais THÉÂTRE Judith revue et corrigée Le Théâtre à corps perdus monte un Howard Barker « biblique » dans le stationnement souterrain du marché Jean-Talon MICHEL BELAIR Plusieurs tableaux célèbres racontent la scène tirée de la Bible: on y voit habituellement une énorme tète ensanglantée sur un plateau.Ou encore une femme frêle agrippant la tête d’Holopherne avant de lui trancher la gorge.Judith qui sauve son peuple asservi par l’armée des Assyriens.Le summum même du courage.De la mise en danger.Comme l’explique la metteu-re en scène de Judith (l’adieu au corps), Geneviève L.Blais, c’est à peu de chose près tout ce qui reste de ce passage biblique dans le texte du dramaturge britannique Howard Barker: la mise en danger.Et quel meilleur endroit, pour bien ressentir tout cela dans ses os, qu’un terrain de stationnement souterrain, même chauffé, par une sombre nuit d’hiver?Un choix viscéral On connaît surtout Howard Barker de réputation; on n’a pu voir de lui ici que Gertrude (le cri), à l’Espace Go — comment oublier Anne-Marie Ca-dieux en Gertrude?— et Tableau d’une exécution dans le format exercice d’étudiants, tout cela il y a quelques années.Des textes dérangeants.Qui mettent le spectateur en danger, toujours.Par contre, on sait peu que Barker a écrit plus d’une cinquantaine de pièces, qu’il publie aussi des poèmes et des écrits théoriques sur le théâtre tout en faisant de la peinture et de la mise en scène en dirigeant sa compagnie de théâtre de la main gauche depuis une bonne trentaine d’années déjà.Pour Geneviève L.Blais, Barker est pourtant un des dramaturges majeurs de notre époque.«J’ai d’abord lu le texte de Judith en anglais.J’ai tout de suite été interpellée par la ré-interpré-tation du mythe: Barker fait de sa Judith une femme beaucoup plus complexe et en même temps beaucoup plus actuelle, une contemporaine.C’est un personnage très riche, moderne et envoûtant, qui gravite au-delà de l’opposition simpliste entre le Bien et le Mal que l’on retrouve dans la Bible.» La metteure en scène et directrice du Théâtre à corps perdus raconte que Judith a été monté en Erance il y a deux ans (la pièce date de 1992), mais que la traduction qu’on en a faite alors ne collait pas à sa perception du texte: elle a donc demandé à Maryse Warda de rendre au texte de Barker sa dureté et son côté cru en se servant de la langue d’ici, moins fleurie, plus rêche que le franco-français.«Monter ]udith a toujours été pour moi une sorte de choix viscéral, de besoin pas du tout intellectuel, poursuit-elle.Barker traite de choses qui me touchent beaucoup, de thèmes qui me parlent: la mort, l’omniprésence du corps, la soif de pouvoir et d’absolu.Des choses intimes, intenses.J’ai retrouvé dans son texte une langue, une façon d’aborder le théâtre et la vie en général, qui me rejoint profondément: fai tout de suite su qu’il fallait que je monte ce spectacle.» Sa compagnie en sera à sa cinquième production depuis sa sortie de l’École nationale proposant, chaque fois, des spectacles atypiques, souvent dans des lieux «non théâtraux»: un bar pour Quelques éclats de verre d’après Botho Strauss ou le Bain Saint-Michel pour Combats, un collage sur la guerre.Pour elle, le fait de présenter le texte de Barker dans un stationnement souterrain {«Chauffé! Dites-le à vos lecteurs!») colle à la langue, à l’esthétique et à l’aspect rugueusement signifiant de l’ensemble.S’il faut en croire un détail d’un tableau de Barker {Knowing him imprisoned, I was overcome with sex) qui illustre le dossier de presse, elle a tout à fait raison.Pulsions contradictoires A ses côtés, Catherine De Léan, qui sera Judith, participe activement à la conversation dès que nous prenons place dans un petit café près du journal.Cette jeune comédienne dont la carrière se fait de plus en plus remplie (théâtre, cinéma, télévision) a elle aussi été séduite par le personnage de Judith.et par la vision développée par Geneviève L.Blais.«C’est le côté résolument moderne du personnage qui m’a plu tout de suite.Ce n’est pas un personnage tragique classique comme on les connaît.Judith parle une langue crue, elle a un gros ego.C’est une femme fière: la simple idée du risque l’allume et la fait réagir et ressentir de façon tout à fait incohérente.J’aime bien.», dit-elle en souriant.Judith découvrira rapidement en elle une inconnue, littéralement, une excitation aussi, à mesure que la pièce avancera.«Ce n’est pas un personnage qui incarne des valeurs ou qui joue un rôle comme dans la Bible, reprend la comédienne.Au contraire, c’est l’action qui la transforme; c’est en posant des gestes qu’elle se révèle à elle-même.Elle vit des changements radicaux et elle devient un être porté par un torrenj de pulsions contradictoires.A travers elle, on peut dire que Barker explore les limites de l’être humain.» On devine que c’est un déh fascinant pour une comédienne.Les deux complices parlent avec passion du travail déjà accompli en répétition dans le stationnement du marché Jean-Talon et, selon elles, le lieu génère «une atmosphère incroyablement puissante».Geneviève L.Blais explique que, pour la scéno, elle n’a pas cherché à faire du théâtre dans un stationnement mais qu’elle a plutôt tenté de théâtraliser le lieu.Elle parle d’un décor épuré (conçu par Angela Rassenti), jouant sur les contrastes à partir des sources lumineuses du lieu; la scène est isolée du reste du stationnement par des pans de rideaux à l’intérieur desquels on a installé des gradins dans un espace chauffé.«Judith descend en elle-même en pre- Les deux complices parlent avec passion du travail déjà accompli en répétition dans le stationnement du marché Jean-Talon et, selon elles, le lieu génère «une atmosphère incroyahlement puissante».nant tous les risques lorsqu’elle traverse le camp de l’armée assyrienne pour se rendre chez Holo-pherne.On sentira bien tout le danger qui menace cette descente dans la musique de Jimmie Leblanc résonnant sur les murs de cet étrange endroit.» Soulignons en terminant que.sur «scène», Catherine De Léan sera entourée par Élisabeth Chouvalidze dans le rôle étrange de la servante et par Pierre-Antoine Lasnier (qui sera aussi de la distribution d’Hamlet au TNM) en Holopherne.Le Devoir JUDITH (UADIEU AU CORPS) Texte de Howard Barker mis en scène par Geneviève L.Blais.Une production du Théâtre à corps perdus présentée du 29 janvier au 17 février, du samedi au mercredi à 20h30.Audience limitée à 60 personnes; on réserve au 514 9104420.Collectif (dif]FRACTION présente www.colleclifdiffraction.com ON JOUE AU [PROSPERO] ! 18.01.11 au 05.02.11 Terre Cenfite Billetterie 1514.526.6582 Réseau Admission 1514.790.1245 LE I H i 11 I B E DE L O P S I S BAR DE Spiro Scimone Pierre-François Legendre et Mare Beaupre .I belle complicité dans cette partition a deux vwx.» ” La HrossQ c’est une pièce qui nous fait rire .tout est très punché.» - C’est bien meilleur le matin - SRC avec Marc Beaupré et Pierre-François Legendre du 10 janvier au 5 février 2011 ON JOUE AU [PROSPERO] / 1371 Ontario Est Billetterie : 514-526-6582 I Admission : 514-790-1245 ou au 514-522-9393 / wvvw.theatreopsis.com E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 CULTURE DANSE Mélaiüe Demers : bonheur aveugle et beauté DoUarama CATHERINE LALONDE Je commence toujours une création avec une question, raconte la chorégraphe Mélanie Demers, pendant que les flocons tombent an-dehors.Pour Junkyard/Paradise, je me suis demandé comment réconcilier grâce et désolation, comment être heureuse après avoir vu ce qui se passe aux nouvelles.Est-ce que j’ai droit, moralement, au bonheur?» Lucidité et aveuglement Mélanie Demers a fait ses preuves comme danseuse pendant sept ans au sein d’O Vertigo, mais elle s’est toujours pensée, depuis l’école, chorégraphe.Depuis 2006 et la fondation de sa compagnie, elle signe ses pièces.Les Angles morts, duo monté cette année-là avec son complice et collaborateur Jacques Poulin-Denis, lui ouvre, après une pré- LARRY DUFRESNE Le danseur Jacques Poulin-Denis sentation aux réputées Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint- DaMitÉ A la trace des créateurs [Coprod] mumonoligny iTRACES-CHWtu'îï;' UN PROJET DE DANSE-CITÉ EN COPRODUCnON AVEC LA SOCIÉTÉ DES ARTS TECHNOLDGIQUES ET EN COLLABORATION AVEC MANON FAIT DE LA DANSE.« Ceci est mon corps livré pour vous.» - la bible DIRECTION ARDSTIQUE ET CHORÉGRAPHIE MANON OUGNY EN COLLABORATION AVEC YANICK MACDONAID, SIMON LAROCHE ET LES INTERPRÈTES ANNE LE BEAU, MIRIAH BRENNAN, KARINA IRAOLA SCÉNOGRAPHIE ET LUMIÈRE YANICK MACDONALD DÉVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE ET TRAITEMENT VISUEL EN TEMPS RÉEL SIMON LAROCHE MUSIQUE CRÉATION EX NIHILD CHANTEUSE LYRIQUE FLORIE GAUIHIER-VAUQUETTE RÉPÉRTRICE CHRISTINE CHARLES ACCESSOIRISTE MARIE-PIER F0HI1ER “^5 -3$ m: 19 AU 22 ET 26 AU 29 JANVIER 2011 /20 H Société des arts technologiques ^ biiietiorie T 201, boulevard St-Laurent^St-Laurent @ Articulée 514.871.2224 www.danse-cite.org LE DEVOIR CIRQUE DU SOLEIL Denis, les portes de l’Europe.Depuis, Les Angles morts a été repris au moins cinquante fois, la plupart du temps à l’étranger.«Je n’avais pas anticipé que mon travail allait tourner, ce n’était pas dans mon champ de vision», admet la jeune chorégraphe, tout sourire devant le tour des événements.«On a tous eu cette expérience un jour, poursuit Mélanie De-mers.Alors qu’on fait la fête avec des copains, un quêteux nous aborde.Combien de temps ça nous prend pour l’oublier, pour en revenir?Est-ce qu’on peut l’oublier?Peut-être que la vraie lucidité, c’est choisir de ne pas regarder.Est-ce que, comme certaines de mes amies, je dois choisir de cesser de regarder les nouvelles du soir?La lapidation d’une femme au Moyen-Orient que j’y vois, est-ce que ça appartient à mon quotidien?» La créatrice pose ces questions, nées entre autres de ses voyages dans l’hémisphère sud, sans lourdeur, avec philosophie et franchise.«Dans Les Angles morts, pour survivre, je ne voulais pas voir.Powr JunlQ^ard/Paradise, fenlève les oeillères et me demande comment concilier et réconcilier un bonheur personnel dans ce monde.Comment vivre, sachant ce que je sais et voyant ce que je vois?» Pour mettre en corps ces interrogations éthiques, Mélanie Demers s’est entourée de quatre danseurs collaborateurs aux parcours et qux corps des plus différents.A partir d’improvisations et de mises en situation, l’équipe a tissé des lignes entre le confort et l’indifférence, le bidonville et l’éden, la détresse et l’enchantement.La beauté des bâtards «La pièce est hyper-théâtrale», indique Demers, avec un côté performatif fort.Le geste est cru, rauque.«J’ai une façon de bouger que je bâtardise avec celle des autres.Je cherche l’état de corps avant la chorégraphie.Je m’intéresse moins aux steppettes qu’â l’impulsion qui les motive.Ça donne un dessin au fusain qu’on aurait floué du bout des doigts, le sens émerge de l’intention.J’aime la vitesse, le contraste avec les moments où rien ne se passe, faime les accessoires bâtards, faime chercher â faire de la beauté avec des objets Dollara-ma déjà prêts â jeter, poursuit-elle d’un seul flot.On a une scène, la Trash Queen, où Brianna [Lombardo] est déguisée en reine avec un sac-poubelle, du papier d’aluminium et une couronne en foam cheap.» Cette friction du beau et du laid, Demers la cherche aussi dans les éclairages, «très crus».Mélanie Demers parle de la beauté qu’elle trouve aux choses bâtardes, et ramène le mot à chaque détour.«Le casting de Junkyard est bâtard: pas un corps, pas un esprit n’est formaté.C’est un ail colors united, sans le côté mercantile ni bien-pensant, la vraie beauté des différences mises ensemble.» Toutes couleurs et toutes folies unies.Le Devoir JUNKYARD/PARADISE Une chorégraphie de Mélanie De-mers avec Angie Cheng, Mélanie Demers, Brianna Lombardo, Ni-çolas Patry, Jacques Poulin-Denis.A l’Agora de la danse, du 26 au 29 janvier.MEDIAS Le rock est mort ?STEPHANE BAILLARGEON Les origines du rock se perdent dans la brume historique.Chose certaine, en 1951, il y a donc tout juste soixante ans, le disque-jockey Alan Freed de Cleveland commençait à populariser le mot et la chose auprès de la populeuse jeunesse blanche d’Amérique.La belle affaire culturelle a ensuite très vite connu gloire et fortune, comme la génération du baby-boom qui la portait.Et maintenant?Franchement, le genre ne se porte pas mieux que ses plus vieux adeptes si on se he aux signes vitaux des ventes.«Le rock est mort», titraient le quotidien britannique The Guardian et le site de la BBC, la semaine dernière, en révélant les compilations pour 2010.Au Royaume-Uni, le «top 100» des chansons les plus populaires ne comptait l’an dernier que trois pièces estampillées pur rock.On répète: trois.Et la chanson Don’t Stop Believin’ du groupe Journey se retrouve dans ce trio de survivants uniquement parce que la très populaire émission de télé musicale Glee en a proposé une reprise.n y avait 13 tonnes du genre en 2009 et 28 en 2008.En 1970, huit des dix premières places provenaient des rockeurs.«C’est clair, ce n’est pas seulement quelque chose de cyclique», a tranché Ben Car-dew, jeune directeur du Music Week, la revue de référence pour les professionnels de l’industrie musicale au pays de Sa Majesté.Aujourd’hui, le hip-hop et le R’n’B dominent (47 %) la charte british, suivis par la pop (40 %) et la musique techno (10 %).Les données américaines et françaises vont dans le même sens: même si les bands résistent et persistent très profitablement en salle, leurs musiques agonisent sur les listes de popularité.Et ici?Le «top 100» actuel au Canada compilé par Nielsen donne la même impression.Un seul album rock se hisse dans le «top 20», soitüoM Jovi Greatest Hits, du rock à papa (en 9" place).Dans la grande région de Montréal, la compilation accorde la faveur des dix premières places à de la pop (Mane Motiatt ou Shakira), à du hip-hop (Kanye West), et même à de l’opéra,(Mariejosée Lord).Le rockeur Eric Lapointe n’occupe que la 19" place.Bref, le rock semble moribond partouL mais ce n’est pas le passionné de musique Claude Rajotte qui va brailler sur cette mort annoncée.«Du rock, c’est très rare que f en fais jouer parce que ça me donne l’impression de retourner vingt-cinq ans en arrière, dit l’animateur d’Espace Mu- LA DANSEUSE MALADE «.Montpetit joue de pureté subtile, œuvre dans une grammaire spécifique avec une grande présence.» Catherine Lalonde, LE DEVOIR «Jocelyne Montpetit : à l'apogée de son art» «En six tableaux d'une Indicible beauté.elle offre une heure méditative qui maintient le spectateur sous emprise.» Aline Apostolska, LA PRESSE DH [ BJM DANSE MONTRÉAL m[ LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL ROSSINI CARDS • Mauro Bigonzetti ZERO IN ON • Cayetano Soto ZIP ZAP ZOOM • Annabelle Lôpez Ochoa 20*21 *22 janvier 2011 Théâtre Maisonneuve 18 AU 29 JANVIER 2011 UNE PRODUCTION DE JOCELYNE MONTPETIT DANSE EN CODIFFUSION AVEC LE THÉÂTRE DE QUAT'SOUS Conception, interprétation et chorégrap/i/e JOCELYNE MONTPETIT | Conseiller dramaturgique FRANCESCO CAPITANO | Éclairages MARC PARENT RENCONTRE AVEC LQUIS ROBITAILLE SAMEDI 22 JANVIER A 17 H GRAND FOYER CULTUREL DE LA PLACE DES ARTS ANIMATEUR : PHILIP SZPORER Iaplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 DANSEDANSE.NET Billets à partir de 23,25 $ (avant taxes et frais d'acquisition) théâtre de QUAT'SOUS | 100, AVENUE DES PINS EST, pONTRÉAL | BILLETTERIE S14 84S-7277 duCansda IbrOuAm " m lElJEVniR sique, de Radio-Canada.Ça fait longtemps que je ne suis plus lâ.Je suis plus dans le techno, le dubs-tep, le reggae, la dance ou le house: il y a tellement de genres que ce serait se restreindre que de se concentrer sur un seul.Ou alors je ne vois pas la musique de cette façon, par grandes cases: le rock n’est nulle part et il est partout, fusionné â tout le reste.» Ce qui meurt N’est-ce pas, au fond, la meilleure question: qu’est-ce qui disparaît quand (on dit que) le rock se meurt?«Je pense que le rock, c’est une énergie rebelle et indomptable que les ados portent en eux», répond Yuani Fragata, réalisateur de Bande â part.La galaxie radio-canadienne de productions radiophoniques dédiées aux découvertes musicales fête ce mois-ci son dixième anniversaire de mise en ondes.On peut consulter le programme des festivités sur www.bandeapart.fm.«Le rock, c’est cathartique, poursuit M.Fragata.Le théologien Jacques Ellul parle de ce sacrifice du musicien sur scène.C’est cet échange existentiel qui compte le plus pour caractériser le rock.Cette énergie vitale se retrouve par exemple dans la performance de musique électronique du groupe français Justice, un des grands hits actuels.Justice, c’est un peu du rock avec synthétiseurs.» Pour lui qui en mange depuis plus de 25 ans (et il en a 37), le rock, comme toutes les formes artistiques, se transforme par cycles, avec ses hauts et ses bas.«Quand Nirvana arrive en 1991, la scène musicale est dans un état pitoyable, avec du technotronics, du glamrock effroyable.En dedans de six mois, les compagnies ont déniché des dizaines de groupes qui vivaient dans l’ombre.By a des tendances et des phases.L’Américain Jay Reatard aurait pu refaire le coup de la surprise avec son rock punk abrasif, mais il est mort d’une surdose l’an dernier.On a peut-être perdu un sauveur.B y en aura d’autres.» En documentant l’agonie, The Guardian a diagnostiqué une cause inattendue de la chute de la maison rock liée aux mutations de l’industrie musicale.En clair, l’effondrement des grands empires du disque combiné à la démocratisation des studios (et c’est parti mon ordi.) favoriserait moins le long et patient travail des groupes qui peuvent mettre dix ans et trois ou quatre disques avant de percer.Ce qui survit «La scène émergente québécoise est encore très rock, ajoute alors M.Fragata, d’accord avec l’argument économique.Nous, â Bande à part, on reçoit dix â vingt CD par semaine.Les productions d’ici sont très fortes en hip-hop et en rock.C’est la même chose au Canada anglais: la scène indie rock émergente y est très forte.Arcade Eire, c’est la grosse exception qui confirme la règle du bouillonnement dans la marge.Je dirais donc que le rock est en excellente santé ici, mais qu’il est en dessous du seuil de reconnaissance populaire.» Est-ce donc une particularité du Québec?«Ici, j’ai l’impression qu’on est toujours en retard musicalement, répond M.Rajotte./e me fais haïr quand je dis ça, mais bon, je le répète: quand f écoute un groupe rock du Québec, j’ai l’impression d’entendre un groupe brit-pop d’il y a quinze ans.Comme Karkwa, c’est plate â dire, même si c’est le groupe canadien de l’année: c’est Radio Head quinze ans plus tard.» Vince Peake, qui carbure au genre depuis vingt ans, se réjouit au contraire que le Québec continue dans la veine tout en la renouvelant.«On est un peuple rock: ici, on pourrait faire monter les ventes â 4 ou 5 % sans problème, dit en rigolant l’ancien bassiste de Groovy Aardvark, passé chez Grim-J’espère même que le Québec ne représente pas la tendance mondiale.Ici, on a notre propre star-système et une proportion de musiciens parmi les plus élevées au monde.Des groupes rock québécois, dans tous les sous-genres, je pourrais en nommer 600.» La base de données de Bande â part regroupe 4000 artistes et plus de 20 000 pièces musicales.«Le métal aussi est resté très fort ici, conclut le musicien.En tout cas, le rock n’est pas mort au Québec.» Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 E 5 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Werther autrement CHRISTOPHE HUSS Pour une seconde année consécutive, après Cendrilkm la saison dernière, Massenet est à l’honneur de la programmation française de l’Opéra de Montréal, qui affiche dès ce soir et pour quatre autres représentations le fameux opéra Weriher.Cette série de représentations est un peu particulière, puisque l’Opéra de Montréal affichera pour la première fois la version avec baryton, réalisée un peu moins de dix ans après la création de l’opéra (1892), par Massenet.Le compositeur a taillé cette adaptation sur mesure pour le célèbre Mattia Battistini (1856-1928), aussi appelé «le roi des barytons».L’idée de la transposition n’est pourtant pas venue à Massenet lors de sa rencontre avec Battistini.Elle lui trottait dans la tête depuis la création.Voyant la dif-hculté qu’il avait eue à trouver un ténor à la mesure du rôle, il avait pensé alors à Victor Maurel, un chanteur français créateur du rôle de lago dans Oteïlo de Verdi, en 1885, et, en 1893, premier Falstaff de l’histoire.Très longtemps oubliée, cette mouture pour baryton est soudainement revenue à la mode ces dernières années, notamment sous l’impulsion du baryton américain Thomas Hampson, qui a pu ainsi chanter Werther au Metropolitan Opera en 1999.Son incarnation a été immortalisée en vidéo lors d’une version concert donnée en 2004 au Théâtre du Châtelet à Paris sous la direction de Michel Plasson.Kent Nagano l’a dirigée à l’Opéra de Paris en 2009, avec le baryton JoidovicTe-zier dans le rôle-titre.A Montréal, Phillip Addis incarnera cet archétype romantique.Le choix est a ^nbn très avisé.Une autre couleur Le fait pour le compositeur de reprendre son opéra une décennie après sa création aurait pu être synonyme de grands remaniements.Ce n’est pas le cas: le travail de Massenet se limite à une adaptation du rôle de Werther pour un baryton doté d’une extension de registre dans l’aigu.L’écriture vocale est abaissée en conséquence alors que l’orchestration n’est guère retouchée, ce qui amène parfois le chanteur à devoir s’imposer davantage face aux instruments qu’un ténor domine naturellement par la brillance de sa voix.On peut trouver que le fameux poète gagne au change une certaine sobriété et intériorité.Christian Merlin, critique du Figaro, a très bien formulé cette impression en commentant la prestation de Ludovic Tezier à Paris: «La voix de baryton peut paraître moins romantique, mais sa couleur plus sombre correspond bien au ténébreux poète suicidaire inspiré par le roman de Goethe, et elle évite tout risque de débordement d’affects.» Massenet, en faisant plaisir à un baryton italien, a donc donné une nouvelle coloration, très typiquement Irançaise, à ce rôle.Jusqu’à Debussy {Pelléas et Mélisan-de) et Poulenc, en passant par Du-parc, le répertoire lyrique et mélodique français fait un usage avisé et quasi unique de ces barytons ténorisants, dont la manifestation physiologique la plus aiguë (celle idéalement adaptée au rôle de Pelléas) porte le nom de baryton-Martin.Or, depuis la première fois que nous l’avons entendu, Phillip Addis nous semble né pour chanter Pelléas, qui sera sans doute le rôle de sa vie.Werther pourrait bien en être un autre.De (joethe à Massenet Le personnage de Werther est le fruit de l’imagination de Goethe, qui l’a créé en 1774.Massenet (1842-1912) s’y intéressa un siècle plus tard.La légende veut que ce fut lors d’un séjour à Bayreuth en 1886, au détour d’une visite de l’endroit où le poète allemand avait écrit son roman.C’est un peu trop beau — et romantique —pour être vrai, car, en réalité, Massenet s’intéressait au personnage depuis cinq ou six ans.L’Opéra comique de Paris reii-sa le «triste sujet» et l’opéra fut créé à la Hofoper de Vienne en février 1892.Paris monta Werther l’année suivante, mais bouda l’œuvre pendant une décennie, se laissant convaincre par la suite, devant le succès international.Werther est l’un des rôles de ténor les plus éminents du répertoire français.Le nom du ténor français Georges Thill (prise de rôle en 1929, enregistrement en 1931) lui reste indissociablement lié, de même que celui de l’Espagnol Alfredo lîuus, «le» Werther des années 1970 et 1980.Massenet a articulé son opéra en quatre actes et cinq tableaux.Chaque acte est amorcé par un prélude.Le premier tableau de l’acte W n’est en lait que cela: un entracte orchestral de moins de cinq minutes intitulé La Nuit de Noël.En effet, la mort de Werther a lieu à Noël L’action est centrée autour du caractère du poète.Mais pour les besoins dramatiques de son ouvrage, Massenet confère au personnage de Charlotte une incarnation supplémentaire, alors que dans Les Souffrances du jeune Werther de Goethe le poète suicidaire occupe l’avant-scène.Pour le reste, le livret de l’opéra calque JACQUES GRENIER LE DEVOIR Werther de Massenet prend l’affiche dès ce soir à l’Opéra de Montréal.le roman.Lors d’un bal dans la localité de Wetzlar, le mélancolique poète Werther tombe amoureux de Charlotte, hile du bailli (représentant de l’autorité) du lieu.Mais, sur son lit de mort, la mère de Charlotte avait promis la main de sa fille à Albert.Ce dernier vient de revenir au village.Trois mois plus tard (acte 11) Albert et Charlotte sont mariés, Werther se languit et Charlotte ne veut pas l’entendre parler d’amour.Elle lui dit de faire un voyage jusqu’à Noël.L’acte 111 se déroule justement le 24 décembre.Charlotte lit les lettres de Werther.Ce dernier apparaît.La scène la plus célèbre est celle où Charlotte rappelle à Werther les vers du poète Ossian que Werther avait traduits.11 chante son fameux air Pourquoi me réveiller, inoubliable dans sa version pour ténor, un peu banalisé dans la version baryton.Charlotte enlace Werther puis se repent et s’enfriiL Werther demande à Albert de lui prêter ses pistolets et, à l’acte W, se donne la mort pour délivrer Charlotte de leur mutuelle attraction.Le roman de Goethe eut un immense et immédiat succès et, dans un phénomène de mimétisme, donna lieu à une vague de suicides.En psychologie sociale, l’accroissement de la prévalence des suicides après le suicide médiatisé d’une personnalité célèbre et populaire est très officiellement appelé «effet Werther» depuis une quarantaine d’années.Werther, l’opéra, a été présenté à l’Opéra de Montréal en 1982 et en 1994.Les représentations de 2011 seront dirigées par Jean-Marie Zeitouni.La mise en scène d’Elijah Moshinsky a pour cadre les décors de Michael Yeargan et les costumes de Barilà, designer montréalais.Le Devoir WERTHER Avec Phillip Addis (Werther), Michèle Loâer (Charlotte), Stephen Hegedus (Allrert), Suzanne Rigden (Sophie), Alain Coulombe Çœ Bailli), Orchestre sjmphonique de Montréal, Jean-Marie Zeitouni.Les 22,26,29,31janvier et 3 février 2011 à 20h, à la salle WiUrid-Pelletier de la Place des Arts.Rens.: 514 842-2112.¦ Aécouter (avec ténor): Roberto Alagna, Angela Georghiu dirigé^ par Antonio Pappano (EMl).¦ A regarder (avec ténor) : Jonas Kaufmann et Sophie Koch, dirigés par Michel Plasson à l’Opéra de Paris en 2010.DVD Decca.présente Hydro Québec mai «¦^NTOCULTURaS 3680.RUE JEANNE-MANCE WWW.M-A-LQC.CA BILLEHERIE OUVERTE DU MARDI AU SAMEDI DE15HÀ18H ET 1H AVANT LES SPECTACLES http://T1CKET.B0XX0.INF0 514 982-3386 Lundi le 24 janvier 2011 à 19h 30 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts !Mane[i ^rzadefi (Pkïïiste MuSS Aü programme: Liszt, 2ème année de Pèlerïoage-Italie Sctiumanil, Grande sonate n°1 op.11 en fa dièse Renseignements : promusica.qc.ca 514-845-0532 SAMEDI 2 JANVIER 2011 A 20H CONCERT ENREGISTRÉ ET DIFFUSÉ PAR CBC RADIO 2 # 935^ Billets en vente à: ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 066 042 2112 Montréal @ S du Canada for tha Arts CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL STANDARD LIFE’ La Scena Musrrale SAMEDI LES MEILLEURS MOMENTS DU FORUM 2010 5 FEVRIER PALAIS MONTCALM | QUEBEC vwvw.palaismontcalm.ca SAM ED NEM & SIXTRUM AU FESTIVAL MNM 2011 26iEEVRIER SALLE PIERRE-MERCURE | MONTRÉAL www.festiva I m n m .ca MERCREDI SOIREE BÉNÉFICE LE NEM DANS TOUS SES ÉCLATS! 30MARS CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR | MONTRÉAL ENCORE PLUS D'EVENEMENTS A VENIR SUR www.lenem.ca INFO 514 343-5636 / info@lenem.ca Université de Montréal CONSEILDESARTS JE MONTRÉAL ComeJf OH artf etdMtottra* Québec titi Chapelle historiQMC du Bon-Pa$(eur videQraphe PALAIS MONTCALM Montrea LE DEVOIR 31 JANVIER 2011 TOURBILLON ORCHESTRAL CHOSTAKOVITCH LISZT ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN 30E SAISON A.m A THEATRE MAISONNEUVE 19 H 30 CHEF KERI-LYNN WILSON • PIANO NAREH ARGH/UVIANYAN CHOSTAKOVITCH OUVERTURE DE FÊTE • SYMPHONIE N°5 • LISZT TOTENTANZ POUR PIANO ET ORCHESTRE «CONCERTO POUR PIANO N°2 CONCERT AUSSI PRÉSENTÉ DANS LE CADRE DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL EN TOURNÉE DANS 3 ARRONDISSEMENTS ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM y MontréalO lE DEVOIR laplacedesarts.com 514 842 2112/1 I 3 842 2112 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 mm Questions d’apparence PETIT LOSANGE LAQUE VEINÉ Valérie Blass Parisian Laundry 3550, rue Saint-Antoine Ouest Jusqu’au 19 février MARIE-ÈVE CHARRON Les coïncidences entre les programmations font parfois bien les choses.Alors que Shary Boyle expose à l’Université du Québec à Montréal, Valérie Blass présente une deuxième exposition en solo à la Parisian Laundry.Les deux artistes ont déjà été réunies lors du Symposium international de peinture de Baie-Saint-Paul en 2009.Sous l’intitulé Incroyables et merveilleuses, le commissaire Martin Dufrasne avait choisi des pratiques ayant un certain goût pour le fantastique, le bizarre et l’excès s’exprimant au moyen de savoir-faire techniques, de matières et de procédés narratifs.Cette mouvance est plus que dans l’air et cela contribue au véritable engouement poiu le travail de Valérie Blass depuis, disons, sa participation à la Triennale du Musée d’art contemporain de Montréal (MACM).Pour l’artiste dans la quarantaine, les succès s’accumulent.Et les sculptures aussi.C’est peut-être pourquoi, parmi la nouvelle production présentée à la Parisian Landry, aucune oeuvre ne se détache vraiment de l’ensemble.Sauf la Femme panier, qu’il est impossible d’ignorer tant sa posture et ses attributs confrontent dès le premier regard.On retrouve des compo- La démarche de Blass en est plutôt une de bricolage intuitif, de manipulation amusée, et parfois insolente, de la matière ou des objets GUY L’HEUREUX Valérie Blass, La somme en rondelette, 2010, bois, peinture et vis santés chères à Blass, à savoir l’usage des jambes d’un mannequin et la présence d’accessoires féminins, comme ici les bas résille.L’image stéréotypée est toutefois distordue par l’ajout d’autres objets trouvés, dont un panier d’osier et un outil de jardinage qui, dans les mains de cet étrange personnage, ressemble davantage à une arme.Cette oeuvre a été acquise par le MACM qui, justement, réservera en 2012 à l’artiste sa première exposition en solo au Musée.Le mensonge Bien que les sculptures ne se laissent pas aborder facilement et qu’elles empruntent, par leur thème et leurs matériaux, plusieurs directions, la question du mensonge pourrait bien être le point commun ,qui les rattache.À tout le moins, c’est ce que l’œuvre La somme en rondelette suggère.Comment, en effet, ne pas penser aux soupçons de corruption dans le milieu de la construction devant la sculpture, qui se présente comme une grue-bâtiment et dont la siuface ressemble à un grossier appareillage de briques?Mais l’artiste n’a pas l’habitude de faire dans la critique de l’actualité.Elle s’intéresse d’abord à la sculpture, qu’elle pratique en en reprenant les conventions classiques, celle du socle, de la taille et du monolithe.Elle s’ingénie ensuite à les pervertir en recouvrant les socles de tissu et en trompant le spectateur avec des faux finis.Ce qui semble être du bois n’en est pas, et c’est la même chose pour la pierre.La simulation et le mauvais goût s’emparent de la tradition.En jouant avec les apparences par des effets de surface, l’artiste soumet des œuvres qui semblent aussi se moquer des discours savants qui s’efforcent de cerner son travail.C’est ce qui arrive dans les textes du catalogue nouvellement réédité (avec la théoricienne Helena Reckitt et l’artiste Jake Moore).La démarche de Blass en est plutôt une de bricolage intuitif, de manipulation amusée, et parfois insolente, de la matière ou des objets.Du reste, il faut profiter de l’occasion pour revoir Elongation en forme d’éclair d’une tête de rousse, une œuvre de 2007.Collaboratrice du Devoir T m ® Vasco Araûjo, O Psrcurso, 2009.Image tirée de la vidéo MUSEE D'ART DE JOLIETTE HIVER 2011 VASCO ARAUJO DU 30 JANVIER AU F MAI 2011 LYNE LAPOINTE Organisée en collaboration avec la Société des médecins de l’Université de Sherbrooke DU 30 JANVIER AU 4 SEPTEMBRE 2011 AU-DELÀ DU REGARD DU 23 JANVIER AU 24 AVRIL 2011 .CES VOCATIONS SPONTANÉES Organisée et mise en circulation par l'Agnes Etherington Art Centre DU 23 JANVIER AU MAI 2011 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I www.museejoliette.org i Mardi au dimanche, 12 h à 17 h JjoivgïïUE^ D’obscurs enchantements LA CHAIR ET LE SANG Shary Boyle Galerie de l’UQAM Pavillon Judith-Jasmin, salle J-R120 1400, rue Berri, Montréal, jusqu’au 12 février MARIE-ÈVE CHARRON Pour leur premier contact avec le travail de Shary Boyle, les visiteurs à Montréal seront bien servis.La galerie de rUQAM présente une exposition monographique majeiue réunissant plusieurs œuvres oû abondent les détails hguratifs et les références au fantastique de celle qui, depuis quelque temps, récolte les prix et les honneurs au Canada.Organisée par la directrice de la galerie, Louise Déry, l’exposition La Chair et le Sang a d’abord été montrée cet automne dans la ville de Shary Boyle, Toronto, au Musée des beaux-arts de l’Ontario.Elle fera ensuite escale cet été à la Contemporary Art Gallery de Vancouver.Voilà un programme de diffusion ambitieux qui s’inscrit d’ailleurs dans une série de projets similaires — exposition et catalogue monographiques — menée par la galerie de l’UQAM au cours des années.La différence ici réside dans le fait que Shary Boyle est la première artiste hors Québec à profiter d’une telle attention.L’intérêt de Louise Déry pour la pratique de Boyle ne surprend guère en ce qu’elle a, de toute évidence, une sensibilité parente avec celle d’un autre protégé de la directrice, l’artiste David Altmejd.Sauf que Boyle propose un univers résolument au féminin dont la singularité s’afhrme au moyen de thèmes et de techniques qu’elle marie de manière étonnante.Techniques anciennes Un des mérites de cette exposition se trouve dans la mise en espace des œuvres, un déh de taille étant donné que l’artiste a quelque chose d’une touche-à-tout.Passant par la pratique du dessin, de la peinture, de la sculpture et de l’installation, Boyle est à la source d’un travail hétéroclite que la commissaire a su déployer avec brio dans la galerie, permettant une compréhension intuitive et sensible, plus que rationnelle.AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE ET DE JESSICA BRADLEY ART + PROJECTS Shary Boyle, The Blind, 2010, pâte polymère et perles de verre d’une trentaine d’œu-vres réalisées depuis 2006.Le visiteur verra des réalisations hguratives huffées de références à la mythologie, aux contes pour enfants, à la bande dessinée et à l’histoire de l’art.D’œu-vre en œu-vre se développe une galerie de personnages auxquels Shary Boyle prête des attributs étranges et énigmatiques, hybridant les composantes humaines et animales.Mièvre en apparence, ce travail fouille l’humanité pour en révéler les dessous plus obscurs, créant parfois trouble et inconfort.C’est -vrai pour la série de miniatures en porcelaine qui sont abritées dans des -vitrines.Délicates et lustrées, les pièces montrent des situations oû la cruauté côtoie le merveilleux, comme dans Family, une scène oû un couple assis autour d’un feu re- AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE ET DE JESSICA BRADLEY ART + PROJECTS Shary Boyle, Live Old, 2010, porcelaine, peinture à porcelaine, lustre, perles de verre du 31 mars au 3 avril NEW YORK ŒîSSl du 4 au 7 mai un r voyage à NEW YORK Programmation détaillée disponible T'-15 et 29 mai trois CONFÉRENCES - trois villes BERLIN, LEIPZIG, DRESDE en vue du du 24 sept, au 10 oct.VOYAGE EN ALLEMAGNE Les, peaux www.lesbeauxdetours.com ^détours CIRCUITS CULTURELS 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont garde des têtes d’enfant (leur progéniture?) s’empiler dans une marmite.D’autres Belle au bois dormant, joueuse de guitare électrique et femme-éléphant peuplent ces miniatures que l’on dirait issues d’une époque lointaine.La technique, apprise selon une tradition ancienne, y est pour beaucoup.Que l’artiste elle-même en ait assuré la fabrication ajoute une dimension à ce travail qui participe d’une tendance de l’art actuel oû les savoir-faire et la matière sont de plus en plus prisés.Un autre groupe de miniatures retient l’attention.Et même plus encore que les miniatures précédentes, à cause de leiu caractère sombre, voire morbide.Il s’agit de délicates sculptures de pâte polymère montrant des figurines complétées par du per-lage, qui suggère la déjection d’une substance par la bouche ou encore le prolongement du regard en sombres fleurs.L’artiste allie ainsi le décoratif à l’abject, ne limitant pas de la sorte son travail aux effets de séduction qui, de prime abord, sont omniprésents dans l’exposition.Au féminin Parmi les thèmes abordés par l’artiste, il y a celui du corps féminin qu’elle représente poiu évoquer des enjeux touchant la sexualité, la vie, la mort et l’animalité.À certains égards, Boyle remet ainsi en question des stéréotypes rattachés à l’imagerie de la femme véhiculée dans la culture populaire autant que savante et historique.Ainsi, White Light se présente comme ime femme-araignée toute puissante qui surplombe le -visiteiu- et le fixe de son regard perçant.L’installation du personnage plus grand que nature dans une pièce sombre confère à l’œuvre une dimension dramatique qui alimente néanmoins certains clichés du féminin, tels la séduction et le mystère.En plus des miniatures, l’artiste fait donc aussi dans l’installation.Elle passe habilement d’une échelle à l’autie.Les installations se laissent toutefois aborder plus difficilement Peut-être en raison de lem facture qui esL en apparence, dénuée de délicatesse.Cet aspect moins soigné accentue le grotesque qui les caractérise également C’est le cas de Scarecrow, bien en -vue au centre de la galerie, oû se vautrent sur une botte de foin un homme et une femme (un couple amoureux ou en lutte) qui ne sont en fait que des poupées, de chiffons et de fragments de porcelaine.Le dispositif de l’installation n’est pas si nouveau pour l’artiste, qui l’a exploré auparavant lors de performances qu’elle exécute au moyen de rétroprojecteurs pour raconter des histoires.Dans ses performances, qui partagent des affinités avec celles du gagnant du prix Sobey 2010 Daniel Barrow, Boyle intègre également le dessin, pratique que la commissaire dit être fondamentale dans sa production.L’installation Virus (White Wedding) donne un aperçu de ces performances.Dessins colorés et rétroprojecteur s’y trouvent, animant et fransformant sporadi-quemenfi ^âce à une minuterie, un nu féminin étirant un filet de sa bouche.Gare à son piège! Ce piège est peut-être encore celui de la séduction et des prouesses techniques que Shary Boyle, elle, sait visiblement éviter.Il reste que c’est ce poiu-quoi le travail de l’artiste semble d’abord apprécié.Inutile toutefois de bouder son plaisir devant la beauté que les dessins et les peintures de l’exposition dégagent aussi.La série des Highland, reprenant une technique à l’huile des maîtres anciens, et les deux encres et gouaches sm papier représentant des scènes de forêts maléfiques époustoufienL mais ne font pas oublier la culture plus crue et irrévérencieuse des fanzines que l’artiste a aussi fréquentée.Le catalogue conçu pour cette exposition est aussi remarquable; les images abondent et tout dans la conception graphique, signée Dominique Mousseau, transmet avec éloquence le travail de Shary Boyle.Collaboratriee du Devoir LE DEVOIR DE VISU AcCnTTUîüQTcSlÿ-TAeuvreSsï - TnT a rtl s 11Û U€ , -iwj-rinfiiv,iprti»aai— De visu en balado Dans la série des baladqdiffu-sions du Devoir, Marie-Eve Charron nous propose aujourd’hui ime balado sur im secret bien gardé: les 25 œuvres d’art public qui ont été intégrées au fil des ans aux bâtiments de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Une balado réalisée par Eabien Deglise, qu’on peut écouter sur la page d’accueil de ledevoir.com ou sur iTunes à l’adresse http://bit.ly/fiicuMd. LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 E 7 CULTURE CINEMA fi.SOURCE MAPLE PICTURES Made in Dagenham est le récit, authentique, du combat d’un groupe d’ouvrières anglaises pour obtenir l’égalité salariale avec leurs collègues masculins dans une usine de la compagnie américaine Ford.Les femmes d’abord ! MADE IN DAGENHAM Réalisation: Nigel Cole.Scénario: William Ivory.Avec Sa% Hawkins, Bob Hoskins, Miranda Richardson, Geraldine James.Image: John de Borman.Montage: Michael Parker.Musique: David Arnold.Grande-Bretagne, 2010, 112min.ANDRÉ LAVOIE On pourrait les surnommer les «working class comedies» et, en cette matière, les cinéastes britanniques peuvent faire la leçon à bon nombre de leurs collègues, y compris ceux de Holljwood.Mike I^igh {Life Is Sweet, Secrets & Lies) demeure l’un des rois du genre, mais d’autres ont signé quelques petits bijoux qui font toujours sourire {The Full Monty, Waking Ned Devine, etc.).Nigel Cole avait lui aussi fait une incursion plus ou moins réussie avec Calendar Girls, l’aventure de femmes d’âge mûr prêtes à se dénuder pour une bonne cause.Il afhche cette fois plus d’ambition, et de souffle, dans Made in Dagenham, le récit, authentique, du combat d’un groupe d’ouvrières anglaises pour obtenir l’égalité salariale avec leius collègues masculins dans une usine de la compagnie américaine Ford.En 1968, dans cette petite ville industrielle, cette revendication n’était pas banale et allait vite devenir un enjeu national.Au cœiu de cette bataille rangée, on retrouve Rita (Sally Hawkins, le nouveau rayon de soleil du cinéma anglais après Happy-Go-Lucky, qui en a bien besoin), une jeune femme timide qui n’a rien d’une Jeanne d’Arc du prolétariat.Inspirée par un représentant syndical (Bob Hoskins, l’œil joliment malicieux) et plus ou moins soutenue par son époux qui travaille au même endroit, elle déclenche une petite guerre aux conséquences multiples: fermeture totale de l’usine, remous au sein du gouvernement britannique, division dans les rangs des contestataires, soutien surprenant d’une bourgeoise aux ambitions personnelles frustrées, etc.Cette bagarre, portée par le vent révolutionnaire d’une époque et discrètement scandée par les succès musicaux du moment, ne manque jamais d’humour, surtout dans l’accumulation de détails sur le quotidien pas toujours idyllique de ces travailleuses.Au cœur de ce chaos émergent, diverses figures féminines, issues de tous les milieux (Miranda Richardson et Rose-mund Pike incarnent avec assurance les femmes les plus sophistiquées de ce clan disparate), et révélant au passage une misogynie qui ne craignait pas de s’afficher ouvertement, un peu partout.La volonté de Nigel Cole de signer un hlm rassembleur, aux limites du simplisme (les patrons n’ont rien d’une vulgaire caricature, mais ne suscitent aucune sympathie), le pousse aussi à parsemer ce parcours du combattant de petites tragédies trop vite balayées pour laisser une réelle empreinte émotionnelle.Il sait toutefois trouver le ton juste lorsqu’il s’agit de décrire, avec aisance et drôlerie, la mise au monde d’une héroïne qui n’a rien à envier à Norma Rae ou à Erin Brockovich, le savoureux accent british en prime.Collaborateur du Devoir Trop retenu UNE VIE QUI COMMENCE Ecrit et réalisé par Michel Monty.Avec Charles-Antoine Perreault, François Papineau, Julie Le Breton, Raymond Cloutier, Rita Lafontaine.Image: Michel La Veaux Montage: Dominique Fortin.Musique: Robert Marcel Lepage.Québec, 2010,103 minutes.MARTIN BILODEAU On peut difficilement trouver thèmes plus en vogue, dans le cinéma québécois, que le deuil et les rapports père-hls, ni, après C.R.A.Z Y, et Maman est chez le coiffeur, décor plus familier que celui des années 1960.Le cinéma québécois chercherait-il à amortir une grosse dépense en recyclant de hlm en hlm le même mobilier?Je ne poserais pas la question si, dans le hlm autobiographique de Michel Monty, racontant l’impact du décès du père (François Papineau, au meilleur de sa forme) sur son hls préadolescent qui l’idéalisait (Charles-Antoine Perreault), le mobilier en question ne poussait pas les acteurs au second plan.Habituellemenf la direction artistique définit l’espace et le temps, plante un décor physique et psychologique que les personnages vont ensuite habiter, éclairer et, autant que possible.m SOURCE ALLIANCE La famille d’Une vie qui commence, de Michel Monty souiller et faire oublier.À l’inverse, l’homme de théâtre Michel Monty traite son décor signé Gaudeline Sauriol (La Neuvaine) comme une illusion qu’il ne faut pas perturber par crainte de le faire tomber.Si bien que la maison de banlieue, puis l’appartement en ville, théâtres successifs de l’action échelonnée sru près d’un an, ressemblent ici à des musées du temps d’avanf à peine piétinés par les personnages, costumés du reste avec un soin exagéré.Plutôt que de sortir du réel de l’époque, ceux-ci semblent émerger d’un souvenir idéalisé par un J.A Martin des villes.Le scénario de l’auteur, sur les thèmes de la hliation et du tabou de la mort au dernier acte de la Grande Noirceur, déroule son récit avec une assurance indéniable, abordant au passage le phénomène du mimétisme d’un garçon vis-à-vis de son papa, un mottf plutôt inattendu dans un cinéma québécois habitué de renvoyer dos à dos les pères et les hls.À l’inverse, la mise en scène est constipée et les dialogues surécrits sonnent souvent faux — tout particulièrement ceux avec lesquels l’excellente Julie Le Bre- ton, en maman forcée de trouver un emploi à la suite du décès par surdose de son mari médecin, est contrainte de se débattre.Entre le souvenir rapporté (Monty n’avait en lait que trois ans quand son père est décédé) et sa représentation, quelque chose s’est hgé, qui me fait penser que le cinéaste n’a pas tant fait ce fdm pour lui-même que pour les autres.Toute vie au cinéma commence par un premier souffle.Celui de Michel Monty est encore trop retenu.Collaborateur du Devoir LE CONSEIL QUEBECOIS DE LA MUSIQUE FELICITE LES FINALISTES POUR LA SAISON 2009-2010! DECOUVREZ-LES EN CONSULTANT LE WWW.PRIXOPUS.QC.CA CONSEIL QUEBECOIS DE U LES LAUREATS SERONT DÉVOILÉS LORS DU 14» GALA DES PRIX OPUS LE 30 JANVIER 2011 Québecü • SodW de divelsppoKiil des enbcpilKS oiuKlIes • MnbMn âs la Cultm des ComMnkaUoM et de la CsnsIKIon liiiHne Gwiseil des Arb Canada Council du Canada for the Arts CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL mi^actlon #MüSIOUE LE DEVOIR LaScenaMualcole E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 JANVIER 2011 «Intelligence, humour et intensité^> tr ITVIAiaM]/VI ' UN FILM DE GERMAN GUTIERREZ ETCARMEN GARCIA e* ^ "5L- ml CINÉMA 2396, BeaC^len E.721-0060 | CINEMA LUNDI -Théâtre Outremont vous ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU de Woody Allen États-Unis/Grande-Bretagne.2010.98 min.(G) 1248 avenue Bernaid Ouest n» « InforniEition 514 495-9944 Montréal® wwMAadmlssionxom 514 790-1245 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le réalisateur de Funkytown, Daniel Roby (à l’arrière), et le scénariste Steve Galluccio À l’ère du disco Avec Funkytown, le réalisateur Daniel Roby et le scénariste Steve Galluccio se sont appliqués à faire revivre un Montréal disco encore inédit au cinéma.FRANÇOIS LEVESQUE Le restaurant-bar Koko, à l’angle de Sherbrooke et de Saint-Laurent: un décor étudié, type Versailles kitsch.Avec ses murs et ses drapés hlancs comme neige, le lieu se révèle idéal pour discuter de Funkytown, film dans lequel, Montréal de l’ère disco oblige, la poudre vanillée tombe à gros flocons.En s’intéressant à une époque et à une faune particulièrement festives, le réalisateur Daniel Roby et le scénariste Steve Galluccio reconnaissent d’entrée de jeu avoir surtout voulu montrer l’autre versant de la besta: la gueule de bois.Celle qui étreignit les fêtards jadis, mais aussi celle qui sonna le glas d’une mode, d’un rêve.Circonscrite entre 1976 et 1980, l’intrigue de Funkytown démarre l’année des Jeux olympiques et se conclut avec la délaite référendaire.Voilà pour le Jen-demain de veille collectif.A ce propos, le scénariste Steve Galluccio explique qu’il avait dès le départ une vision dramatique très ctoe.«Je voulais mettre le faste de la vie nocturne des protagonistes et leurs lendemains amers en parallèle avec l’^ervescence que connaissait Montréal à ce moment-là.Entre l’Expo 67 et les Jeux olympiques, il y a eu cet âge d’or où Montréal était la ville au Canada.Et simultanément, le disco a connu son apogée, puis son déclin.» Mosaïque Sans être une oeuvre à clef, Eunkytown brosse un portrait de groupe où l’on devine des traits connus sous certains visages bc-tifs.Ainsi, l’animateur-vedette Bastien Lavallée interprété par Patrick Huard rappelle un peu beaucoup Alain Montpetit, tout comme le Jonathan de Paul Dou-cet évoque immédiatement le souvenir de Douglas «Coco» Leopold.Enbn, le bar Starlight est manifestement calqué sur le légendaire Limelight, le premier ayant été qui plus est construit dans l’ancien local du second, rue Stanley.Et même si tout cela relève de la bction, des cartons prégénériques informent le spectateur du devenir de chacun des personnages.Bref, on se plaît à brouiller les pistes.C’est le producteur exécutif Simon Trottier qui, après avoir effectué des recherches considérables sur la période en question, a approché Daniel Roby.D’abord circonspect, le jeune cinéaste s’est laissé séduire par la perspective d’explorer une facet- L£S CRITIQUES SONT UNANIMES! DES HISTOIRES VRAIES DE CgPlDITÉ, DE CORRUPnOR F D’EFFORDREMEHT ECONOMIQUE.FOR lis RÉAUSATEURS DR FUJI PRIMÉ NO END IR SIGHT, AREC UN COOT IDIAL DE PUIS DE 20A)0IMXX)mn0$ VOICI ENFIN UN FILM QUI EXPUQUE L’IHEXPLICABIL ?¦^«lEFlURESSERllEl QUE L'ON ATTENDAIT SUR IA DERNIÈRE CRISE ÉCONOMIQUE.UN DOCUMENTAIRE ÉPIQUE, ÉMINEMMENT NÉCESSAIRE F TERRIBLEMENT CHOQUANTE) CUIIUUME lOUBNELVOIR VOUS NE L'AVEZ J 3 3: ii.Lii WWWJCtmiLAMMMSIXCM \ SONTFICTUBES CLASSICS' ITlStrOPOl© g A L'AFFICHEI CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS metropolefilms.com te méconnue de Lhistoire du Québec.«Quand j’ai vu tout le matériel que Simon avait rassemblé, j’ai vraiment eu un déclic.Une fois à bord, fai moi-même poussé les recherches, rencontré des gens.Et j’ai tout de suite dressé la liste des chansons que je voulais», conbe le réalisateur en faisant allusion à l’enblade de tubes contenus sur la trame sonore.En s’attaquant aux années 1970, Daniel Roby savait pertinemment que le piège de l’outrance guettait.«J’ai passé une commande précise aux décors et aux costumes.Ils devaient s’en tenir à une certaine palette, point final.Mon but, c’était que les gens qui ont vécu ce qu’on cherchait à reproduire trouvent l’évocation juste.» Qui a suivi l’évolution de Steve Galluccio s’étonnera peut-être de voir son nom associé à un récit aux accents aussi sombres.Pourtant, du joyeux Mambo Italiano, pièce et scénario, à Surviving My Mother, déjà empreint d’une certaine part d’ombre, la plume de l’auteur tend à se noircir.«Eunkytown m’a fourni l’occasion de revisiter une époque que fai connue, conbe le scénariste.Rapidement, le scénario a pris la direction du récit choral.Deux protagonistes ne suffisaient pas.Plusieurs points de vue imbriqués donnaient un panorama plus complexe.» Ainsi s’ajoutèrent d’autres personnages destinés à enrichir la trame narrative, notamment celui de Mimi, la chanteuse déchue défendue par Geneviève Brouillette.«J’ai beaucoup fréquenté les chanteurs et les chanteuses, les mannequins.J’avais l’occasion de mettre tout ça dans l'histoire», résume Steve Galluccio, qui précise n’avoir surtout pas voulu récrire Studio 54.D’ailleurs, c’est bien plus du côté du cinéma d’alors, celui de la bn des années 1970, qu’il est allé lorgner.«J’ai revu Saturday Night Lever et, contrairement à l’image qu’on en garde, c’est un film assez glauque!» Eunkytown prendra l’afbche le 28 janvier.Collaborateur du Devoir «Un bÿou de comédie! Tïuffée de dialogues drôiissimes!» Le Parisien MICHEL BLANC MIOU MIOU MELANIE GILLES DOUTEY LELLOUCHE UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES G A L’AFFiCHE! pCINEPLEX DIVERnSSEMEhrr-i I QUARTIER LATIN I CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS fmetropolefilms.com Du goulag au Taj Mahal THE WAY BACK Réalisation: Peter Weir.Scénario: E Weir, Keith Clark, d’après les mémoires de Stawomir Rawicz.Avec Jim Sturgess, Ed Harris, Colin Farrell, Saoirse Ronan, Dragos Bucur, Mark Strong.Photo: Russell Boyd.Montage: Lee Smith.Musique: Burkhard Dallwitz.États-Unis, 2010,133 min.FRANÇOIS LÉVESQUE L> Australien Peter Weir ' constitue un cas à part dans le paysage cinématographique mondial.Réalisateur ayant très tôt démontré un talent considérable et un goût pour l’insolite avec Picnic at Hanging Rock et The Last Wave, ses oeuvres les plus envoûtantes à ce jour, Weir a rapidement fait son chemin jusqu’à Hollywood.Depuis, sa filmographie offre du très bon injustement oublié {The Mosquito Coast, Pearless) et du fort divertissant un peu surestimé {Witness, The Truman Show).Les aptitudes narratives déployées sont parfois telles qu’on confond volontiers grandeur et compétence irréprochable {Dead Poets Society).Noblesse du sujet aidant, The Way Back, sa plus récente production, rencontrera peut-être ce type d’accueil.Basé sur les mémoires de Stawomir Rawicz, The Way Bock ra- Une scène de The Way Back, de Peter Weir conte comment un groupe de sept hommes parvint à s’échapper d’un goulag de la Sibérie à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.Tous ne survécurent pas à l’équipée, mais trois d’entre eux atteignirent.l’Inde! 6500 kilomètres de forêts glacées puis d’un désert aride, et THimalaya planté au bout du chemin.Étonnant de voir comment un cinéaste aussi expérimenté laisse un récit d’aventures d’une telle portée s’embourber dans les longueurs.Au moins Weir n’a-t-il pas trop recours aux violons, quoique lorsque ceux-ci surgissent, c’est systématiquement là où on les attendait.Quiconque s’attendrait à voir The Great Escape version Soljénitsyne en sera quitte pour une grosse déception.En effet, la séquence d’évasion, qui jouit d’une montée dramatique un brin laborieuse, survient de manière si expéditive qu’on met un moment à réaliser qu’elle a eu lieu, il en va de même pour le dénouement, émouvant, mais précédé de tout un pan de pérégrinations escamotées.Malgré la durée, il se dégage du film une impression d’inachèvement.Il reste des images de belle facture, gracieuseté du directeur photo Russell Boyd, un vieux compli- SOURCE NEWMARKET EILMS ce du cinéaste qui a su rendre toute la magnibcence de décors naturels spectaculaires.Habitué de tourner en extérieur dans des conditions souvent rudes {Gallipoli, The Year of Living Dangerously), Peter Weir aime montrer l’homme isolé face à la nature et aux éléments, comme dans Master and Commander: The Par Side of the World.À l’instar de ce dernier film, The Way Back mise sur une approche d’un classicisme vieillot qui plaira ou tombera souverainement sur les nerfs, selon les dispositions de chacun.Collaborateur du Devoir Anecdotes UNE PETITE ZONE DE TURBULENCE Réalisation: Alfred Lot Avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey, Gilles Lellouche, Cyril Descours, Vladimir Yordanoff.Scénario: Alfred Lot, Michel Blanc, d’après le roman de Mark Haddon.Im^e: Jérôme Alméras.Montage: Virginie Bruant.Musique: Nathaniel Mechaly.France, 2009,108 minutes.MARTIN BILODEAU Cette comédie sur les classes sociales et la dictature des apparences nous reporte, à tous points de vue, 30 ans en arrière.On se demande en effet ce qui a pu motiver, en France en 2009, la production d’une oeuvre aussi désuète sur le plan des idées et aussi conventionnelle sur le plan de la forme.D’autant que l’acteur et scénariste Michel Blanc, qui en a eu l’initiative, a déjà démontré qu’il pouvait être un cinéaste inspiré et un fin analyste du comportement {Grosse fatigue, Embrassez qui vous voudrez).Une petite zone de turbulences, dont la réalisation a été conbée à Alfred Lot {La Chambre des morts), ressemble au contraire à ces téléfilms français qui repassent à la chaîne sur RFO et brassent sans cesse les mêmes idées à l’intention d’un public qui a l’âge de trouver choquant que la femme (Miou-Miou) d’un bourgeois retraité de Saint-Germain-en-Laye (Blanc) le trompe avec un ancien collègue (Vladimir Yordanoff), que leur bile (Mélanie Doutey) épouse un homme issu de la classe ouvrière (Gilles Lellouche) et que l’amoureux de son frère gai (Cyril Descours) soit convié à la noce.Des enjeux de société cruciaux, en somme, servant à colorer une chanson anecdotique poussée ici par un duo d’acteurs chevronnés issus du boulevard (Blanc vient du Splendid et Miou-Miou, du Café de la Gare), qui ont bousculé les idées reçues dans le passé et qui les accueillent telles des nouveautés aujourd’hui.La série noire se déclenche avec la découverte, par le mari cocu et hypocondriaque, d’une tache d’eczéma sur sa hanche.Il est convaincu qu’il s’agit d’une tumeur cancéreuse, ce qui affecte son équilibre déjà fragile.Les mauvaises nouvelles énoncées plus haut mettent ensuite en marche les mécanismes d’une crise neurasthénique qui menace d’éclater, tandis que le scénario inconstant, qui défend une idée dans une scène et son contraire dans la suivante, nous conduit en claudiquant vers la noce.Quf Collaborateur du Devoir FRANK LE WITA et MARC DE BAYSER GÉRARD DEPARDIEU POELVOORDE LAUTR r DOMINIQUE BLANC LHISTOIRE D'ALEXANDRE DUMAS ET D’AUGUSTE MAÛUET '.?^ ^ ^DEPARDIEU INCARNE À LA PERFECTION LUN DES GÉANTS LFRÉRÂIRES DE LA FRANCE.POELVOORDE EST AU SOMMET DE SON ART ET ON NE POUVAIT RÊVER D’UN PLUS GRAND TANDEM ! — LE FIGARO — SAFYNEBBOU MELANIE THIERRY ^ WWWLRaCEBOOK.CC)M/LaUTREDUNU)S «KsDn» tS M PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS L’AGENDA L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES d’art dramatique de Montréal www.conservatolre.gouv.qc.ca Gratuit dans Le Devoir du samedi KROUM LE DEVOIR VOIR VENEZ .il ïî- de Hanokh Levin mise en scène de Claude Lemieux mettant en vedette les finissants 2011 28, 29 janvier • 19 h 30 1, 2, 3, 4 février* 19 h 30 5 février • 15 h et 19 h 30 Théâtre Rouge 4750, av.Henri-Julien (métro Mont-Royal) Billets: 10$, étudiants 5$ à la billetterie du Consen/atoire, à l'entrée et sur Admission ADMISSION.COM Conserveitoin de musique et d*art dramatique Québec n a
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