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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-02-04, Collections de BAnQ.

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AMIANTE Les mines de l’Inde ont fermé, les maladies demeurent Page A 2 ZEITGEIST À la sueur de l’amitié, ou les complicités masculines Page B 10 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.CII N°23 ?LE VENDREDI 4 EEVRIER 2011 1,09$ + taxes = 1,25$ Non aux forages en territoire urbanisé Québec veut baliser plus sévèrement l’exploration gazière, pétrolière et minière À ABC REUTERS Le président Hosni Moubarak a accordé hier une entrevue exclusive à ABC News.Obama négocie le départ de Moubarak MARCO BÉLAIR-CIRINO N> en dçplaise au président de l’Egypte, Hosni Moubarak, des émissaires de la Maison-Blanche mènent actuellement des pourparlers avec de hauts responsables égyptiens sur les modalités de son départ immédiat et du transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par son bras droit.Omar Souleimane, selon le New York Times.Malgré le refus obstiné du raïs à démissionner de son poste, craignant soi-disant de plonger son pays dans le chaos, des responsables américains et égyptiens réfléchissent à un scénario dans lequel le vice-président.Omar Souleimane, engagerait immédiatement un processus de réforme constitutionnelle, et ce, avec l’assentiment des militaires, explique le Times.Selon le journal, l’idée serait de former un gouvernement de transition auquel seraient invités à participer des groupes d’opposition, les Frères musulmans compris, tout en enclenchant le processus qui mènerait à des élections «libres» et «équitables» en septembre.Pourtant, Hosni Moubarak a répété, hier, à l’envoyée spéciale de la chaîne ABC News, VOIR PAGE A 10: ÉGYPTE ¦ La chronique de Christian Rioux, page A 3 ¦ Cannon conseille aux Canadiens de quitter l’Égypte, page A 3 ¦ Bouteflika lâche du lest; l’Autorité palestinienne interdit les manifestations; pro et anti-Saleh manifestent dans le calme au Yémen, page B 9 OMAR TORRES AEP INTERNET Le CRTC donne nn snrsis aux forfaits illimités ¦ À lire en page A 7 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 7 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 2 KATHLEEN LEVESQUE Le gouvernement Charest envisage de soustraire les «territoires urbanisés» des municipalités du Québec à l’exploration gazière, pétrolière et minière.Comme l’a conflrmé hier au Devoir le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard, le projet de loi 79, qui vise une modernisation de la Loi sur les mines, sera amendé afin de baliser les élans des entreprises qui sondent le sous-sol québécois à la recherche de ressources.«On a entendu les gens des municipalités qui nous ont interpellés.[.] Ce qu’on va suggérer devrait être satisfaisant, car cela va donner aussi aux gens qui veulent investir des directives claires là ils peuvent aller et là ils ne doivent pas aller», a déclaré M.Simard en entrevue téléphonique.Ainsi, de nouvelles clauses dans le projet de loi imposeront des limites géographiques à l’exploration des gaz de schiste, à la recherche de pétrole et à la prospection minière (pour l’uranium, par exemple).Des «territoires urbanisés» ou «territoires municipalisés», selon les expressions utilisées par le ministre Simard, sont dans la mire.«Il n’y a pas vraiment de définition là-dessus.Mais il y aura des articles de loi qui vont éliminer la possibilité [de faire de l’exploration] sur des territoires municipalisés.[.] Quand on va donner des daims, il y aura des contraintes», s’est borné à dire Serge Simard.Pour les précisions, ü faudra vraisemblablement attendre le dépôt des amende- ments.Mais les zones ayant une certaine densité de population pourraient être épargnées.La parole aux municipalités Chose certaine, les municipalités auront leur mot à dire dans le développement des projets.Le ministre parle même d’une «obligation».Lors des audiences tenues l’automne dernier par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPF) concernant le développement durable de l’industrie des gaz de schiste, l’Union des municipalités du Québec ainsi que la Communauté métropolitaine de Montréal ont demandé de définir un cadre de développement VOIR PAGE A 10: MINES ¦ Gaz de schiste: devant la levée de houcliers de la population, la France met le holà à l’exploration sur son territoire, page A 2 CLEMENT ALLARD LE DEVOIR Jean Charest arrive à l’Assemblée nationale entouré de ses nouveaux ministres et de la nouvelle whip en chef.Alain Paquet Le député de Laval-des-Rapides fait son entrée au cabinet en devenant ministre déiégué aux Finances.Il aura la responsabilité des institutions financières.Élu en 2003, ü est économiste et a enseigné àl’UQAM.Geoffrey Kelley Le député de Jacques-Cartier fait un retour au cabinet en tant que ministre responsabie des Affaires autochtones, un domaine qu’il connaît bien puisqu’il avait été ministre délégué aux Affaires autochtones entre 2005 et 2007.Pierre Moreau Le député de Châ-teauguay et ancien whip en chef devient ministre responsabie des Affaires inter-gouvernementaies et de ia Francophonie.Il sera également responsable de la Réforme des institutions et de l’Accès à l’information.Lucie Charlebois La députée de Boulanges depuis 2003 remplace Pierre Moreau comme whip en chef du gouvernement.Un poste qui ne lui sera pas étranger, puisqu’elle a été whip adjointe entre 2005 et 2007.Pierre Corbeil Le député d’Abitibi-Est perd son poste de ministre des Affaires autochtones et devient ministre de i’Agricuiture, des Pêcheries et de i’Aii-mentation.Il conserve la responsabilité des régions de l’Abiti-bi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec.Charest veut « regagner la conflance » des électeurs Le premier ministre procède à un léger remaniement de son cabinet, qui passe de 23 à 26 membres ANTOINE ROBITAILLE Québec —Jean Charest a effectué hier un petit remaniemenL aux objectifs multiples, qui l’a conduit à augmenter la taille de son cabinet.L’exercice s’insère dans un plan de plus en plus manifeste du premier ministre pour redonner un élan à son gouvernement, pour reprendre l’initiative du débat politique et en somme, «regagner la confiance» des Québécois.D’ailleurs, hier soir, son bureau convoquait les médias à un point de presse ce midi, à Montréal, qui suivra une rencontre avec les «partenaires du Plan Nord».Cinq ministres l’accompagneront.Lors du remaniement d’hier, Jean Charest a voulu montrer qu’il n’avait aucun désir de quitter son poste, faisant fl de son impopularité en répétant une énième fois qu’il fallait se méfier des sondages: «Je sais où je m’en vais.J’aime ce que je fais.Il y a des choses que je veux réaliser pour le Québec», a-t-ü insisté.Dans son remaniement d’hier, Jean Charest a cherché tout à la fois à alléger la tâche de trois ministres et à amener au Saint des Saints quelques nouveaux visages tout en faisant une fleur à des clientèles électorales clés, les anglophones et les couronnes de Montréal.Pour ce faire, il a dû sacrifier la parité puisque son nouveau cabinet comptera 14 hommes et 12 femmes.A la mort de Claude Béchard en septembre, Nathalie Normandeau et Laurent Lessard VOIR PAGE A 10: CABINET ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 8 Marteau porte ses premières accusations Sept personnes sont arrêtées, dont l’ex-mairesse de Boisbriand BRIAN MYLES KATHLEEN LÉVESQUE L> homme qui ne voulait pas d’élections munici-t pales.Lino Zambito, et sa coterie de Boisbriand sont tombés dans les filets de la Sûreté du Québec (SQ) hier.Sept personnes, dont l’ex-mai-resse Sylvie Saint-Jean, les Zambito père et fils et des employés des firmes d’ingénierie BPR-Triax et Roche font face à 28 accusations pour avoir ourdi un système bien huüé de corruption et de favoritisme dans l’octroi de contrats publics.Les enquêteurs de l’escouade Marteau refusent de parler de crime organisé dans cette affaire, tout en admettant que le système était très bien organisé.«Pendant plusieurs années, un système aurait été mis en place pour favoriser certaines firmes dans le partage de contrats municipaux très lucratifs.Ce système visait aussi à fournir des avantages à certains anciens conseillers ou à des élus municipaux de la ville de Boisbriand, en échange de décisions favorables dans l’octroi de contrats», a expliqué hier l’inspecteur de la SQ Denis Morin.Entre 2003 et 2009, l’entrepreneur en construction Lino Zambito et son père, Guisep-pe, auraient manœuvré illégalement pour obtenir de gros contrats à Boisbriand, notamment pour les projets Grande tourelle et Côté sud.Ils auraient écarté des soumissionnaires, parla force brute ou l’attrait de l’argent.Ils auraient également consenti des avantages (voyages, cadeaux, argenf etc.) à l’ex-mairesse, Sylvie Saint-Jean, pour obtenir leur part du gâteau.«C’est des contrats lucratifs, des gros contrats.Les avantages qu’ils recevaient étaient en fonction du contrat émis», a commenté l’inspecteur Morin.Lino Zambito a acquis une certaine notoriété grâce au travail de l’émission Enquête, à Radio-Canada.En octobre 2009, Enquête avait diffusé VOIR PAGE A 10: MARTEAU r JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’inspecteur Denis Morin, de la Sûreté du Québec 77831302833106 A 2 LE DEVOIR LE VENDREDI EEVRIER 2011 ACTUALITES L’amiante en Inde Des malades qui n’existent pas L’exploitation minière de l’amiante est officiellement bannie en Inde depuis le milieu des années 1980.Les mines ont fermé les unes après les autres.Y survivent ses malades — dont on préférerait apparemment ne pas savoir qu’ils existent.Dernier de deux textes.GUY TAILLEFER Le Devoir en Inde Netaji Ka Bara, I?ajas-than — Une centaine de personnes sont assises sous im grand mangous-tier, à l’abri du soleil.La mousson a été exceptionnelle cette année dans cette région désertique du sud de l’État du I^jasthan.Le hameau strié de sentiers est tapi au fond d’une petite vallée couverte de fleurs de moutarde.Bucolique, certes, mais franchement trompeur.La majorité de ces gens, hommes et femmes, ont développé des problèmes respiratoires chroniques et les chances sont que plusieurs d’entre eux, pour avoir travaillé pendant des dizaines d’années dans les mines d’amiante de la région, souffrent d’asbestose.Ils en ont toujours été i^orants.Ils commencent à peine à comprendre ce qui leur arrive.Ils pensaient que c’était ime mauvaise grippe qui s’accrochait En 1986, prenant acte des dangers de l’amiante pom la santé, le gouvernement indien met fin à l’octroi de nouveaux permis d’exploitation, sans par aÛleins en interdire l’usage commercial.Les mines en exploitation — essentiellement dans les États du Rajasthan, du Karnataka et de l’Andhra Pradesh — ont été autorisées à poursuivre leius activités jusqu’à extinction des baux.Les derniers auraient expiré vers 2005, encore qu’une poignée de petites mines continuerait de fonctionner illégalement.L’une d’entre elles, propriété d’un «riche homme d’affaires d’Udai-piu», se trouverait de l’autre côté des montagnes qui encerclent Netaji Ka Bara et emploierait une vingtaine de mineurs.«Ils creusent le jour et transportent le minerai la nuit, dit Rana Sen Gupta, de l’ONG locale Mine Labor Protection Campaign (MLPC).B n’y a personne au gouvernement pour les en empêcher.» Au demeurant, le gouvernement du Rajasthan ne cache pas qu’il aimerait bien que cette interdiction soit levée.Il a fait de multiples pressions auprès de Delhi poiu que le «Centre» en autorise à nouveau l’extraction.On évalue à plus de 13 millions de tonnes la quantité d’amiante qui dort encore dans le sous-sol rajasthani.Des réserves invitantes, vu l’attrait de l’amiante-ciment pour l’industrie de la construction indienne, qui n’arrête pas de croître et qui poiu ses besoins importe le minéral du Québec et de la Russie, principalement Pendant son âge d’or, dans les années 1980, l’industrie de l’amiante dans cet État comptait 187 mines et employait «officiellement» 2300 travailleius.Ruplal n’était pas l’un d’eux.Son employeur ne l’a pas déclaré.GUY TAILLEFER LE DEVOIR Ruplal, «entre 50 et 55 ans», avec sa petite-fllle.Il a respiré de la poussière d’amiante pendant 30 ans.omission répandue en Inde pour éviter d’avoir à payer des charges sociales.Ruplal est un grand homme émacié, droit comme un piquet qui dit avoir «entre 50 et 55 ans».Nous invite chez lui boire un bol de lait chaud.Montre hèrement du doigt ses chèvres et ses deux vaches.Nous désigne les limites de sa terre.Sa maison en dur est sur une colline.Pas d’électricité.T .’homme n’a jamais connu même une seule journée d’école.Tout petit paysan qui a commencé à travailler dans les mines à l’âge de dix ans.Marchait quatre kilomètres pour se rendre au travail.Fut au départ payé une roupie par jour, puis éventuellement deux.Pas question de refriser, encore moins de revendiquer.Il a perdu son travail en 1997 quand la mine a fermé.Il avait neuf bouches à nourrir.Apparurent lentement mais sûrement les premiers symptômes — l’asbestose peut être en latence pendant des décennies avant de se développer.Sait-il que l’Inde importe de l’amiante québécois en bonne quantité?«Non», évidemment Pour bien des experts en santé et les ONG anti-amiante, l’his- toire des hommes malades de ce petit village du bout du monde, frissent-ils d’anciens travailleurs de mines aujourd’hui disparues, et de leurs épouses souffrantes elles aussi pour avoir lavé les vêtements blancs de poussière de leur mari, n’est certainement pas un phénomène isolé.Plutôt la pointe de l’iceberg d’un enjeu de santé publique qui n’ira pas en s’amenuisant quoiqu’en disent les porte-parole de l’industrie, vu la latence des cancers induits par l’amiante, la croissance de l’industrie du hbrociment (armée d’un puissant lobby), l’ignorance du danger dans lequel se trouvent les travailleurs qui manipulent le matériau dans l’industrie de la construction et l’inapplication, généralisée en Inde, des normes de santé et de sécurité au travail.À partir de 2005 Le MLPC a commencé à s’intéresser à ce qui arrivait à ces petites gens en 2005 et à tenter d’obtenir pour eux soins et compensations.Défi légal majeur, explique M.Sen Gupta: des hommes comme Ruplal sont pour ainsi dire sans existence ci- 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compensation — ce qui aboutit rarement en Inde.«On essayait d’enterrer l’histoire, bien entendu», affirme Gorana Dharmender, du MLPC.En décembre, ils ont fait grève pendant plusieurs jours devant des bureaux gouvernementaux, à Jhadole.Mince espoir, le National Institute for Occupational Health (KIOH) vient d’accepter de revoir le dossier, auquel il n’avait pourtant pas donné suite après 2005.C’est cette tournure des événements en forme de retour à la case départ que Gorana était en train d’expliquer aux gens réunis sous le grand arbre quand nous sommes passés, il y a deux semaines.Confusion En 2006, l’Organisation mondiale de la santé avait évalué à 90 000 le nombre de morts que font par année les maladies causées par l’amiante — y compris de type chrysotile.Elle a depuis relevé son évaluation à 107 000 décès annuels.En Inde, selon l’OMS, 8000 Indiens en mourraient chaque année.Encore que le drame pourrait avoir encore plus d’ampleur que ne l’indiquent ces chiffres, faisait-on valoir dans un article publié début 2009 par la revue médicale The Lancet.Des quelque 300 écoles médicales en Inde, une seule offre un programme d’études en santé du travail, disait The Lancet.Consé-quemmenf l’asbestose est souvent confondue avec la tuberculose ou la bronchite.«Il y a beaucoup d’études sur le sujet en Inde, Monsieur, beaucoup d’études», se défend le D" Nag.Le site Internet du NIOH ne lait état que de trois recherches (non datées) .Celle portant sur l’industrie du fibrociment relève un taux de prévalence de l’asbestose de 3 à 5 % dans les 18 usines que les chercheurs ont visitées et des niveaux de fibres d’amiante dans l’air supérieurs à la limite acceptable.L’institut, qui a des antennes à Calcutta et Bangalore, compte au total une quarantaine de médecins.«Jamais plus d’un ou deux ne travaillent à la fois sur les maladies de l’amiante en milieu de travail», dit le D" Nag sur le ton d’im homme qui s’en excuse.Il faut comprendre ensuite, ajoute-t-il, que «moins de 10% de l’économie indienne fait partie du secteur formel, organisé.» La France met un holà au gaz de schiste ALEXANDRE SHIELDS Pendant que le gouvernement du Québec refuse d’imposer un moratoire sur l’exploration gazière, bien qu’il soit réclamé par la majorité de la population depuis des mois, la France vient d’imposer un holà à l’industrie.Inquiète des conséquences que pourrait avoir le développement de cette filière de plus en plus controversée dan^ l’Hexagone, la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a d’abord annoncé avoir demandé à l’administration de mener une mission sur les enjeux environnementaux de l’exploitation des gaz de schiste.L’éventuelle exploitation de ces gaz implique «des enjeux environnementaux locaux», relatifs notamment «aux nappes phréatiques» et «aux paysages désolés, que nous ne sommes pas prêts à supporter en France», a rappelé hier la ministre.Dans ce contexte, «est-ce qu’il est raisonnable de mettre en exploitation ces gisements?», tant d’un point de vue environnemental que paysager, a demandé Mme Kosciusko-Morizet.«Compte tenu de la façon dont ça s’est passé aux Etats-Unis, il y a lieu d’avoir des analyses complémentaires.» Le rapport définitif est attendu en juin.Tant que ces travaux d’analyse n’auront pas été complétés, il n’est pas question de permettre quelque exploration que ce soit, a assuré la ministre française.Précisant qu’un moratoire est «juridiquement impossible», elle a toutefois assuré qu’il sera fait en sorte que les autorisations de travaux «ne puissent pas avoir lieu avant le rapport de la mission».La France a octroyé trois permis de prospection en mars 2010 au groupe pétrolier Total et au texan Schuepbach Energy, associé à GDF Suez.Ces permis couvrent plus de fO 000 km^ dans les départements de l’Hérault, de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Drôme.Le son de cloche est pour le moins différent de ce qu’on entend du côté du gouvernement Charest, qui répète depuis des mois qu’il n’est pas question d’imposer un frein aux travaux exploratoires.Bien que la ministre Nathalie Normandeau semble durcir le ton, dans les faits, ce sont toujours les mêmes lois qui dictent les façons de faire à l’industrie depuis des années.Un projet de loi sur les hydrocarbures est attendu d’ici quelques mois.Le Devoir Avee l’Agenee Franee-Presse Il n’y aura pas d’exploitation tant que les travaux d’analyse n’auront pas été complétés -Iff Illlflf f I Gagnez un voyage pour 2 en Belgique Vol aller/retour, transferts 2 nuits en café-couette à Bruxelles Transport en train aller/retour pour la Wallonie 2 nuits en Waiionie - hôteilerie régulière 2 nuits à Bruxelles - hôtellerie réguiière Visite de la maison des maîtres chocolatiers à Bruxelles Pour participer au concours, rempiissez ie formuiaire en iigne et répondez à ia question.www.l6devoïr.coin/concours D’undvalsur do 3800$ AIR CANADA office de Promotion du Tourisme Le Devoir hiiii ]] y n il-SH nu P ______________________________ .DU _____ _____ 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le message, c’est encore la main de l’homme qui en trace les lettres, peu importe qu’elle écrive sur un écran tactile ou à la plume sru une simple feuille de papier.Ces longues descriptions naïves d’une jeunesse musulmane qui twitterait à tout-va et passerait sa vie à caqueter au téléphone portable ne sont-elles pas la projection de nos propres lubies sur les événements du monde arabe?Celles, rêvées dans un bungalow de Laval, d’une jeunesse mondialisée, instruite, éprise de transparence, de démocratie et de nouvelles technologies qui n’attendrait que l’occasion de renverser les vieux dictateurs pour enfin s’amuser comme elle le veut sur Infernet.On en finirait presque par oublier que l’Egypte compte plus de 30 % d’analphabètes et que, selon certains rapports, la grande majorité des femmes y ont été excisées! Mercredi soir, les policiers en civil qui ont envahi la place Tahrir avaient aussi leur iPhone en poche.Cela ne les empêchait pas de vouloir casser du manifestant.Les événements dramatiques qui se déroulent depuis deux jorus en Egypte se sont chargés de nous ramener aux véritables enjeux qui déchirent ce pays.Dans l’océan d’informations qui nous inonde ces jorus-ci, retenons ce qu’écrivait une universitaire française nommée Sophie Pommier, auteu-re de l’excellent livre intitulé Egypte, l’envers du décor, (La Découverte).Selon ce fin connaisseur de rEg5q)te, l’armée ég5q)tienne, dont sont issus tous les présidents égyptiens depuis le renversement du roi Farouk par «les officiers libres», cherchait depuis longtemps une façon d’assurer la succession de Moubarak.Elle voulait à tout prix éviter que le raïs mette son fils, Gamal Moubarak, sur le trône.Avec sa bande de jeunes réformateurs, les «Gamal Boys», il était soupçonné de ne pas pouvoir «tenir» le pays sur le plan de la sécurité et de vouloir mettre en cause l’empire de la dixième armée du monde, qui contrôle des pans entiers de l’économie.Paradoxe parmi d’autres, les soulèvements populaires venus de la Tunisie pourraient avoir fourni à l’armée égyptienne une occasion en or.Ils lui auront permis de maintenir sa mainmise sur le pays, tout en se débarrassant d’un succes-seiu encombrant qui, malgré ses penchants monarchistes, affichait sa volonté de libéraliser l’économie et de démocratiser le pays.On saisit dès lors mieux poruquoi les caciques de l’armée se sont si vite affichés du côté du peuple.Cela aide aussi à comprendre la neutralité de façade affichée par l’armée.Rien ne pouvait mieux servir ses intérêts que les affrontements entre opposants et partisans de Moubarak qui se poursuivaient hier encore sur la place Tahrir.Déjà adulés par la population — même les Frères musulmans ont rendu hommage à la «grande armée égyptienne» —, les militaires ont maintenant toute la légitimité nécessaire pour rétablir l’ordre.L’évolution récente du pays laisse aussi penser qu’on a tort d’opposer de façon trop manichéenne l’islamisme au régime en place.Malgré des périodes de répression ,des Frères musulmans, l’islam est partout en Egypte.Jusque dans sa Constitution.Moubarak lui-même n’a cessé de l’instrumentaliser.C’est lui qui a autorisé les Frères musulmans à investir les sjmdicats, et les organisations populaires à mpsure que l’Etat se retirait de ces secteurs.À l’approche des échéances électorales, il faisait régulièrement des concessions à la censure islamiste.Le gouvernement a donc lui aussi participé à sa façon à la réislamisation en cours en Egypte depuis deux décennies.Cet islamisme est par ailleurs inséparable des formes arrogantes que prend souvent la mondialisation dans les pays arabes.Il suffit d’en avoir visité quelques-uns pour constater comment l’envahissement de la culture de masse anglo-saxonne met l’identité de ces pays à rude épreuve.Qu’on pense par exemple à l’omniprésence de l’anglais dans l’éducation supérieure.Au Caire, les meillerues universités sont allemandes, françaises, mais d’abord américaines.Même le Canada subventionne dans ces pays des universités anglophones qui forment des élites mondialisées prêtes à travailler à l’ONU, mais sans ancrage réel dans le pays.Mohamed el-Baradei en est un bel exemple.On cherche encore le pays arabe qui aurait trouvé le moyen terme permettant, entre l’intégrisme et l’insolence de la culture de masse importée, de donner une forme acceptable à la mondialisation.Chose certaine, Facebook et Twitter ne seront pas la solution.crioux@ledevoir.corn SUHAIB SALEM REUTERS Un manifestant pro-Moubarak tabassé par des opposants a été extrait de ia fouie par i’armée hier à ia piace Tahrir, au Caire.ÉGYPTE Le Canada joue de prudence Les ressortissants devraient tous quitter l’Égypte, dit Cannon GUILLAUME B O U R G AU LT-C OT E Ottawa — Les ressortissants canadiens devraient tous quitter rEg5q)te, a indiqué hier Lawrence Cannon, préoccupé par l’escalade de la violence.Mais le ministre des Affaires étrangères s’est encore une fois gardé de réclamer le départ du président Moubarak.M.Cannon a «chargé [ses] représentants de convoquer l’ambassadeur de l’Egypte à Ottawa pour lui exprimer mes profondes inquiétudes concernant le fait de cibler des journalistes étrangers», a-t-il mentionné lors d’un point de presse où il a exhorté les manifestants et le gouvernement à
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