Le devoir, 5 février 2011, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 £ THEATRE Simon Boudreault dénonce les faux rapports entre les êtres Page E 3 CINEMA kj^mLes Triplettes, Sylvain Chomet reprend un scénario de Tati Page E 9 CULTURE m '-a,- & ’ ‘ 4^1.• - - • V - - ¦ i Momentanément SEUL Il aura 30 ans en mai.En septembre, Pierre Lapointe fêtera les dix ans de sa victoire à Granby, qui entraîna la déferlante que l’on sait, flot ininterrompu de mellifluentes mélodies, flopée de trophées, mal-aimés milliers par milliers rassemblés, mutations diverses.Ça sent la fin d’étape.À tout le moins le moment à marquer.Le temps d’une pause piano dans le jardin de ses belles vénéneuses d’bier et d’avant-bier.Profitons-en, demain est déjà après-demain, et il y a foule dans le carré de sable de la création.SYLVAIN CORMIER Depuis le spectacle des cent ans du Devoir, ma ^ande incursion de l’autre côté du miroir, j’ai une nouvelle question pour les chanteurs; je la pose en début de rencontre, c’est plus fort que moi, je veux savoir.Comment vous faites, vous autres, le lendemain?Ce vide abyssal après le trop-plein?«Après Mutantès, fai fait un “burn-ouf, lâche Pierre Lapointe en riant.C’est amusant que tu vives ça à ton tour.» Amusant?Vertigineux, terrifiant.On vit le plus grand soir d’une vie, et puis c’est fini.Comment ne pas mourir un peu?«C’est carrément ça, c’est une mort.Tu ne sers plus à rien.Chaque projet est une vie en accéléré, ça naît, ça grandit, ça se construit, ça a lieu, et puis c’est fini.C’est bien pour ça qu’on se lance le plus vite possible dans un autre projet intense et extraordinaire.Surtout les premières années.» Télescopage Ça m’épuise rien que d’y penser.Les montagnes russes émotionnelles, tout le temps.Et le cœur tient?Et le corps suit?«La grande découverte qu’on fait, quand on a la chance de vivre ça plus qu’une fois, c’est que le vide est réparateur.Avec le temps, ça jînit par être sain, agréable et beau.Ça s’accepte, on finit par vivre le vide avec confiance.T’as pas besoin de le remplir tout de suite.Tes en jachère, tu laisses reposer la terre.Mais je dis ça maintenant, après dix ans de carrière.» Déjà?Dix ans, Pierre?Déjà le temps de l’album qui revisite dix ans de chansons?Déjà le disque anniversaire, un «Pierre Lapointe seul au piano» se promenant dans un répertoire qui remonte jusqu’à La Boutique fantastique (la chanson cachée) .C’était hier, Pierre La-pointe chantant Le Colomba-rium et La Boutique fantastique en finale du Pestival de la chanson de Granby.Pulgi^ance.Ça se télescope, quand j’essaie de mettre ça en ordre dans ma tête: le prix de l’Académie Charles-Cros, c’était quand?Avant ou après la grande bringue symphonique avec Yannick Nézet-Séguin aux PrancoPolies?Je dois consulter la bio: Charles-Cros en 2005, les Prancos en 2007.Et la fois où Brigitte Pontaine vint chanter avec lui à La Cigale?Et la fois du Consort contemporain, les chansons transfigurées?C’était un soir de novembre, puisque c’était au Coup de cœiu francophone, mais quel novembre?Je revois Pierre me hélant d’une auto, dans le demi-cercle débarcadère de Radio-Canada, brandissant un CD maison.JACQUES NADEAU LE DEVOIR avec trois chansons du spectacle dessus.Dont la plus étonnante version de Maman entendue à ce jour.Elle est dans le concert piano.Maman.Deux par deux rassemblés aussi.Je me souviens parfaitement de ma première écoute de La Forêt des mal-aimés, comme si c’était maintenant.Poupée de cire, poupée de son en filigrane de Deux par deux rassemblés, toute une culture de chanson pop en une seule chanson et un seul jeune homme sombre.Dix ans de carrière, la moitié de mes vingt ans au Devoir (j’accuse le coup, décidément).«Pendant tes premiers dix ans, fêtais enfant, fêtais ado, farrêtais pas d’avoir des idées et les gardais en dedans, c’était tout compressé, j’étais une bombe d’idées, fallait que ça sorte, que ça explose.Pt puis pouf, la reconnaissance est arrivée, et c’était grisant et malaisé en même temps parce que je savais que je n’avais rien fait, ou si peu.Ça se bousculait à la sortie, dans l’urgence.» Dans les entrevues, je T’entends encore, tout énervé, fébrile, ça se bousculait au portillon.Embouteillage d’idées, ça fuyait de partout.«L’empressement faisait que je n’étais jamais VOIR PAGE E 2: SEUL Le corps" Wthéâtrefî^* 1 DU l^'^ AU 19 FEVRIER 2011 514 521 4191 www.mimeomnibus.qc.ca m E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 FEVRIER 2011 CULTURE Entre trophées et création \ Odile Tremblay 7i Approche dans le vent d’hiver la saison des trophées au cinéma.Les prétendants au titre sont déjà connus, ils ont ravalé leur émotion, retroussent leurs manches et supputent leurs chances.Car derrière les grandes déclarations du type «l’important n’est pas de l’emporter, mais de participer» — Denis Villeneuve n’y échappe pas non plus —, un rêve fou se prohle.Nos sociétés aiment tellement les gagnants.Bonjour la pression! Certains esprits candides supposent que les prix sont attribués au pur mérite.Que le meilleur gagne! Pas si simple! Pour un cinéaste, se voir sélectionné aux Oscar, aux Génies, aux César constitue une victoire d’étape, déjà prestigieuse il est vrai.Reste à pénétrer le deuxième cercle, chauffé à hloc par la machine derrière le fdm.Des apparences de campagne électorale, avec enjeux économiques et gloire au bout.Beaucoup d’argent, quelques millions dans le cas des Oscar, est dépensé pour influencer les votants, avec appels du pied des producteurs, des distributeurs, des amis de la maison.Un scénario identique précède l’attribution des grands prix littéraires: Concourt, Femina, Booker Prize, etc.Des éditeurs font des bassesses pour extorquer les voix des membres d’une académie ou de l’autre.Rafler la mise change la carrière d’un écrivain, le propulse, le paralyse parfois à l’heure d’écrire son prochain roman, multiplie en tout état de cause les ventes de son livre sacré champion.On est loin de l’inspiration initiale à la base d’une oeuvre, mais dans un processus de marketing troublant pour un artiste.Un hlm, dans sa genèse, relève de l’aventure créatrice en partie solitaire.Survient ensuite la grosse équipe.Au moment de la course aux statuettes, l’industrie occupe le terrain.Le cinéaste, un artiste, introverti parfois, se voit sommé de déployer des facultés de brillant causeur sur les tribunes de prestige, télé surtout, de faire rigoler si possible, d’afficher un détachement réel ou feint.Les grands communicateurs possèdent une longueur d’avance sur leurs rivaux, la présence de vedettes à l’afhche aide aussi, car elles sont lancées dans l’arène.Mais ceci peut compenser cela.L’anglais de Denis Villeneuve n’est pas parfqit (mauvais point pour les prestations télé aux Etats-Unis), mais son hlm (sans stars internationales) plaît beaucoup aux Anglo-Saxons.Car la qualité joue, faut pas croire, aussi le thème et le type de sensibilité d’une oeuvre, qui tombe ou pas à point nommé.La portée politique d’incendies, situé dans un Moyen-Orient encore aujourd’hui à la une des actualités, sert sa cause.Le distributeur américain, Sony Pictures Classes, aime le hlm de Villeneuve et le défendra bec et ongles, augmentant les chances du candidat canadien de remporter l’Oscar.Mais les autres concurrents au meilleur hlm en langue étrangère possèdent leur propre machine et leurs propres mérites.Aux Génies, Incendies affrontera Barney’s Version de Richard J.Lewis.Ce dernier n’a pas les talents de réalisateur de Villeneuve, mais servi par des qualités d’interprétation, heuron de l’année au Canada anglais, avec le puissant producteur Robert Lantos pour pousser à sa roue, le hlm peut monter haut.La nomination aux Oscar d’incendies impressionnera de son côté les votants canadiens.Tire d’un bord.Pousse de l’autre.And the winner is.Vivement le lendemain de la veille! Ça donne envie de faire un pas de côté, loin des trompettes de la renommée et des jeux de coulisse.En pareille période d,e courses aux statuettes, le livre de Bernard Emond II y a trop d’images, qui invite le spectateur à couper les chaînes de la manipulation par l’Image bombardée, relève du plongeon en eau fraîche.Juste pour retrouver les enjeux véritables du cinéma Indépendant, on écoute sa voix.Ce recueil esf une série de textes passionnants sur les hlms d’Emond et sur sa vision du cinéma.ànada TELEFIl ( ADW'Tv 1, Wl U E ^ REUTERS Denis Villeneuve posant pour les photographes à Sundance avec des membres de l’équipe d’incendies Le brillant avant-propos accroche comme un hameçon.«Que peut quelqu’un qui fabrique des images dans un monde soumis à un véritable déluge médiatique et publicitaire et où le réel semble se dissoudre dans le virtuel?», demande le cinéaste de La Neuvaine.A ses yeux, ce trop-plein d’images d’horreur déversées à pleins écrans de télé ou de cinéma huit par anesthésier les esprits, par égarer l’attention du public.11 a raison d’ailleurs, fait tout de même le pari d’un septième art d’attention au monde, invite à voir ce qui est devenu invisible: la délicatesse des liens humains, la profondeur d’un désarroi, etc.Ni cynisme, ni légèreté, ni désir de plaire ou d’émouvoir à tout prix dans son propos.On lit Émond dans le froid de l’hiver, avant de troquer un moment le cinéma pour le théâtre; un art qui échappe plus facilement que le premier aux pièges de la manipulahon, parce que moins coûteux, moins amnésique aussi, collé à ses origines.11 faut voir Le Projet Andromaque à l’Espace Go, pour la mise en scène d’inventivité et de distanciahon de Serge Denoncourt, pour la beauté du texte de Racine, pour la passion dégagée par Anne Dorval en Hermione qui aime sans retour, pour le retour aux sources de la création, masquées trop souvent par les mirages du vedettariat.Que souhaiter aux créateurs, sinon de survivre aux nominations et aux prix?Leurs muses vivent ailleurs.otremblay@ledevoir.corn SEUL « Mes attentes ont changé, ma vision du succès aussi » SUITE DE LA PAGE E 1 vraiment satisfait, je trouvais que je bâclais tout.C’est ça qui a le plus changé, à l’approche de la trentaine.La stimulation, le désir, l’envie de créer, c’est là plus que jamais, les idées ne manquent pas, mais je suis “game” d’attendre.» Des familles de création Il déclare non sans fierté qu’il lui est arrivé de ne pas écrire de chansons pendant un an et demi.«Je suis auteur-compositeur pareil quand f écris pas.Les dix ans de carrière, c’est ça.Une certaine confiance.Mes attentes ont changé, ma vision du succès aussi.C’est le “fun” qui commence.Le vrai travail aussi.Je suis passé de l’autre côté du succès commercial.Je ne sais pas si mes prochains projets vont avoir autant d’impact médiatique et populaire, mais c’est sans importance, et je dis ça vraiment sans prétention.» Vraiment.Pierre Lapointe n’est pas naturellement une vedette.Il faut voir à quel point il passe inaperçu au café où la rencontre a lieu.Pour attirer l’attention, il faut qu’il donne de la lumière.Se transforme en extraterrestre comme dans Mutantes.Autrement, pas d’aura, pas de halo.Tout juste un look étudié.«Ce qui compte, désormais^ c’est la démarche de création.A plusieurs.» Il explique.Il aime expliquer.«La musique que je fais pour le film Le Vendeur, de Sébastien Pilote, le Conte crépusculaire que je crée avec David [Altmejd] à la galerie de l’UQAM [représentations du 4 au 7 mai], c’est d’abord le plaisir de travailler avec des gens forts.Mutantès, c’était ça aussi.Rassembler des familles de création fortes, mêler les artistes et les arts.Voir ce que mes idées vont devenir dans la tête des autres, et celles des autres dans la mienne.» L’album seul au piano, en cela, est une sorte d’au revoir au créateur solitaire de l’adolescence, dont le désir d’expression motiva dix ans de carrière.«C’est plus audacieux que Mutantès, pour moi.J’ai longtemps éprouvé un complexe à me montrer seul au piano.Je n’ai jamais su lire la musique, je pochais haut la main mes cours de musique classique.Je ne me trouvais pas intéressant, tout seul.J’avais 1-855-790-1245 ADMISSION.COM THEATRE DENISE-PELLETIER Québec SS œ.D’une rare pertinence Alexandre Cadieux Le Devoir Top 10 du théâtre montréalais 2009 Philippe Couture Voir Texte Annabel Soutar Mise en scène André Perrier et Sophie Vajda Une production de Porte Parole en codiffusion avec le TDP Avec Pierre Collin, Stéphane Blanchette, Alex Ivanovicl, Maude Laurendeau-Mondoux, France Rolland, Paul Stewart, et Brett Watson SEXY BÉTON,ÇA FRAPPE! 4353 Ste-Catherine Est BILLETTERIE 514 253-8974 La 57^M Entrée libre de ¦eu iV Revue de théâtre Le théâtre est-il surtout prise de parole citoyenne ou acte esthétique ?À l’occasion d’un dossier sur « Jouer dans la Cité » à paraître en juin 2011, la revue Jeu s’interroge sur le théâtre engagé, citoyen, militant, et sur le théâtre d’art.TABLE RONDE ANIMÉE PAR MICHEL VAIS INVITÉS : Sylvain Bélanger Michel Lemieux Lorraine Pintal Annabelle Soutar Le lundi 7 février de 17 h à 19 h à Espace Libre 1945, rue Fullum Montréal Métro Frontenac AUCUNS FRAIS D’ENTTRÉE INFORMATION : 514.875.2549 www.revuejeu.org Lapointe seul comme au premier jour, mais différemment, et surtout, momentanément.«Ça me donne juste plus le goût de retrouver mes familles de création, et d’en constituer d’autres.» Les dix prochaines années seront celles des collaborations et des expérimentations en tous genres.C’est une promesse.«J’ai le désir ET les outils.J’ai les capacités intellectuelles, l’expérience, les moyens financiers, la crédibilité pour convaincre les gens que f admire de travailler avec moi.Attachez votre tuque!» Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Lapointe s’attend à ce que les dix prochaines années soient celles des collaborations et des expérimentations en tous genres.quelque chose à régler, je le règle, pas un bête ‘Pest of et qui sou-et ça donne un disque qui n’est ligne les dix ans.» C’est Pierre SEUL AU PIANO Pierre Lapointe Audiogram - Sélect ?») ledevoir.com/culture/ musique Lectures publiques itinérantes [hme] LE CENTRE DES AUTEURS DRAMATIQUES ENVAHIT, POUR TROIS LUNDIS, TROIS THÉÂTRES DE MDNTRÉAL AVEC TROIS TEXTES INEDITS.isv^' .r:>- 24 janvier 20h au Théâtre de Quat'Sous Faire des enfants d'Éric Noël 31 Janvier 20h au Théâtre d'AuJourd'hui Lapin et compagnie de Pierre Yves Lemieux 7 février 20h à Espace Go Une heure avant de Micheline Parent CONTRIBUTION VOLONTAIRE SUR PLACE iNFOvwvw.cead.qc.ca RÉSERVATIONS SUGGÉRÉES ; cead@cead.qc.ca 514 288-3384 poste 221 rr-fm .rm tf LA Trie PAM NVA40 JEUNESSES MUSICALES DU CANADA Dimanche 13 février -11 h et 13 h 30 Brioches, café et jus seront servis aux spectateurs à compter de 10 h 20.rnL./Ajr\MiviiviMi iwiv L.A.;ivirLC i c pdajunior.com MUSIQUE ET THÉÂTRE 3 ans et + Laissez-vous transporter jusqu'au septième ciel avec Annabelle qui, grâce à sa harpe, fait la pluie et le beau temps dans les nuages.LE DEVOIR ^ laplacedesarts.com ^ 514 842 2112/1866 842 2112 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 E 3 CULTURE THÉÂTRE Bon appétit ! Dans Soupers, Simon Boudreault continue d’explorer la difficulté d’entrer en relation avec les autres MICHEL BELAIR Les choses vont plutôt bien pour Simon Boudreault.il vient de créer Sur trois pattes aux récents Coups de théâtre avec le Théâtre de l’Œil; on a repris son Sauce brune, à guichet fermé ou presque, à l’Espace libre en première partie de saison; et voilà qu’il propose sa plus récente création, Soupers, dès mardi, au Théâtre d’Aujourd’hui où il s’installe en résidence pour deux ans avec sa compagnie, Simoniaques Théâtre.On a déjà vu pire.Nous nous sommes rencontrés pour parler de tout ça en début de semaine, juste avant la tempête, dans un petit café près du journal, alors qu’il ne tombait encore que de lourdes plumes blanches dehors.Une structure éclatée La dégaine rapide, et le cheveu grisonnant lui aussi, le dramaturge-comédien-metteur en scène explique d’abord que, malgré les liens entre les mots «soupers» et «sauce brune», il ne faut voir que «des récurrences thématiques» entre les deux pièces.«Bien sûr, ça parle de bouffe encore, mais c’est un peu un prétexte.Quand on est en train de manger au restaurant, que Von coupe son steak et que les gens parlent tout autour, on est moins présent à la personne en face de nous, on s’implique moins.On se cache derrière une foule de petits gestes plus ou moins rituels.On passe d’un sujet à l’autre et l’on ne se parle pas vraiment; on fixe les plantes, les murs ou les visages, sans les regarder.C’est ce genre de thèmes que j’aborde dans toutes mes pièces, oui: la difficulté de communiquer et d’entrer en relation avec les autres.» C’est le nerf de la guerre chez Boudreault, on le sait.Sous son talent pour le mot qui frappe, sous son humour grinçant et son sens de la drôlerie ridicule, ses personnages, qu’ils aient de l’envergure ou non, sont d’abord habités, transpercés même, par un mal-être profond.Dans Soupers toutefois, cela ne s’incarnera pas du tout de la même façon que dans Sauce brune, prévient-il.«Sauce brune avait une structure plutôt classique: unité de lieu, d’action et même de temps, à JEAN-FRANÇOIS LEBLANC LE DEVOIR Simon Boudreault s’installe en résidence pour deux ans au Théâtre d’Aujourd’hui avec sa compagnie, Simoniaques Théâtre.quelques détails près.C’est la langue qui venait tout ponctuer, tout éclabousser, tout rythmer.Ici, c’est différent.La langue de Soupers est classique dans le sens de “norma- le”, ordinaire.C’est la structure de la pièce qui est complètement éclatée.» On y rencontre Marc-Antoine, un obèse dans la trentaine, spécialiste des jeux vidéo: un être fragmenté.disons.On le voit manger au restaurant avec sa mère, parler gauchement avec la serveuse aussi, avec sa sœur qui n’est pas vraiment là et, pourquoi pas, avec son chat mala- de.Son «malaise général» devant la vie dessine le fil conducteur de la pièce.«Les choses ne se passent pas du tout de façon chronologique, poursuit Simon Boudreault.La structure de la pièce est hachurée en petits morceaux, en petits tableaux rapides de deux ou trois minutes, comme dans les jeux vidéo.Marc-Antoine passe d’une table à l’autre pour parler avec les autres personnages, qui eux occupent chacun une table différente.Tout se déroule en fragments.Comme dans la vie alors que tout se bouscule à plusieurs niveaux à la fois.Tout cela trace en fait une sorte de polar de la vie quotidienne», dit-il en souriant du coin des yeux.Déconnecté Un «polar de la vie quotidienne», dans le sens où les choses que l’on apprend, à mesure que Marc-Antoine passe d’une table à l’autre, s’ajoutent les unes aux autres, un fragment à la fois.Comme des événements en résonance qui se répondent.Plus on avancera, plus les morceaux d’histoire se juxtaposeront, plus on en apprendra.La chose est d’autant plus excitante et mystérieuse que Simon Boudreault a choisi de faire disparaître la «bulle» de la scène et, du même coup, de faire sauter le fameux «quatrième mur».Prenez donc note que, dès mardi soir, la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui devient une salle de restaurant, sans gradins ni fauteuils, parsemée de tables qui occupent tout l’espace et auxquelles les spectateurs vont s’asseoir.«Pour moi, la forme doit toujours servir le propos, reprend le metteur en scène.Le rythme que crée ce genre d’espace partagé par tous va venir soutenir l’émotion.C’est un gros défi de mise en scène, mais j’aime le risque même si je doute souvent; ça stimule d’essayer de nouvelles choses, non?[.] Quand le spectateur en saura assez pour saisir le personnage central et le monde dans lequel il évolue, le rythme de la pièce s’accentuera et l’impact sera encore plus déroutant parce que je me suis amusé à mêler un peu les cartes.» C’est le dramaturge cette fois qui ne peut s’empêcher de décrire davantage le personnage étrange de cet obèse devenu mésadapté socioaffec-trf à la suite de sa dépendance aux jeux vidéo.«Les jeux vidéo changent notre rapport au temps; notre rapport à la vie aussi et aux autres.Je le sais parce que j’ai joué beaucoup et que certains de mes amis jouent et travaillent même dans cette industrie.Quand vous passez deux, quatre ou sept heures à jouer, la réalité, “la vraie vie” devient un peu ordinaire, vide, lente aussi.Vous venez de résoudre des tas de problèmes concrets en ayant à réagir très rapidement dans un univers que vous devez contrôler.et puis tout à coup il faut décrocher pour aller prendre un bus, marcher, même rouler en auto ou aller à l’école.C’est un peu ordinaire.» Même très ordinaire.Et c’est surtout incroyablement lourd et lent.ce qui explique le rythme des petits tableaux auxquels on assiste quand le personnage passe d’une table à l’autre, d’un souper à l’autre.Le moins que l’on puisse dire, c’est que Marc-Antoine a un rapport à la réalité et aux autres extrêmement difficile.C’est un personnage déconnecté, débalancé.Simon Boudreault décrit Soupers, tout comme Sauce brune d’ailleurs, comme une «comédie grinçante».Parce qu’il aime jouer de ce qu’il appelle les «con-trastes émotifs», se servir de l’humour et du rire aussi.«Tout simplement parce que le rire est une sorte de soupape: quand on rit, on respire, on baisse la garde.C’est à ce moment que l’on risque d’être touché plus directement.D’être déstabilisé.C’est cela, le contraste émotif: il permet de faire saisir les enjeux à chaud.» Une grande respiration par le nez.Le Devoir SOUPERS Texte et mise en scène de Simon Boudreault.Avec Sophie Clément, Alexandre Daneau, Carole Lavigne et Catherine Ruel.Une création de Simoniaques Théâtre en résidence à la salle Jean-Claude-Germain, présentée jusqu’au 26 février.On se renseigne sur l’horaire assez particulier et l’on réserve au 514 282-3900.Tisser sa toile LES SENS Texte de Michel-Marc Bouchard, Sylvie Bouchard, Daniel Danis, Jean-Rock Gaudrault, Larry Tremblay et Herre-Michel Tremblay.Mise en scène de Benoît La-grandeur.Une production du Théâtre La Rubrique.Au centre culturel du Mont-Jacob (Saguenay) jusqu’au 12 février.PHILIPPE COUTURE Réunir six auteurs, leur imposer un thème et tisser une toile scénique englobante: c’est le projet casse-gueule de La Rubrique, qui veut par là rendre hommage aux auteurs dramatiques originaires du Sa-guenay-Lac-Saint-Jean.Et pas les moindres.On ne s’épanchera pas ici à redire que cette région est incubatrice de talents; la chose est devenue cliché.Casse-gueule, disais-je?Ouais.Après avoir invité chaque auteur à écrire sur l’un des cinq sens (et sur un mystérieux sixième sens), le metteur en scène Benoît Lagrandeur semble s’être perdu dans la multiplicité des propositions.Pas facile, quand on embrasse autant à la fois, de rendre justice à la singularité de chaque écriture, de creuser les bons sillons et de créer un objet cohérent.La confrontation de ces textes, plutôt que d’en ouvrir les réseaux de sens, tend ici à les refermer sur eux-mêmes.Dans tout théâtre éclaté, la mise en scène a encore le devoir de coller les morceaux et de créer un univers signihant qui agira comme révélateur.Rien de tel ne se produit ici: trop sage, trop prudent, trop premier degré.La chimie n’opère particulièrement pas avec le texte de Daniel Danis.Ce n’est pas son meilleur: une histoire de relation mère-hlle sur fond de sorcellerie autochtone.On sent que l’auteur veut pencher du côté du rituel et du sensoriel, mais la mise en scène se cantonne à une vision caricaturale.Et cette langue, ces mots inventés ou télescopés ont besoin d’être traités avec soin et de fracasser les murs avec vigueur.Ici, ils sont presque banalisés.Pierre-Michel Tremblay propose un saut chez une famille qui se déchire autour d’un nouveau fruit au goût affriolant: le kiwi.Dans un univers tout aussi réaliste et télévisuel, la scénariste Sylvie Bouchard {Louis 19 le roi des ondes) met en question la courte vue d’un couple épanoui par le confort matériel et soudain confronté à la nouvelle lunette que leur tend un ami bouleversé par un séjour en Afrique.Dans les deux cas se dégage de manière peu subtile l’opposition entre repliement sur soi et ouverture au monde.Jean-Rock Gaudrault, lui, fait se «toucher» deux personnages opposés, dans un renversement dramatique irréprochable.Michel-Marc Bouchard s’attaque à l’odorat en remuant quelques ingrédients gagnants: famille dysfonctionnelle, personnages énigmatiques et narration soignée.Mais le clou de la soirée vient sans surprise de la plume de Larry Tremblay.Au téléphone, deux couples se croisent et se décroisent, se consolident et se détruisent, dans une mécanique parfaitement alignée.Le thème des sens, il faut le dire, sied parfaitement à Tremblay, qui sait mieux que quiconque déconstruire le corps, ses organes comme ses prolongements sensoriels, affectifs ou identitaires.Avec, en prime, une petite dose d’érotisme.Collaborateur du Devoir JEAN BRIAND Les personnages du texte de Jean-Rock Gaudrault sur le toucher PIGEONS INTERNATIONAL GRACE A DIEU, QWEN BELTON STÉPHANE MÉNIGOT MARCELLE HUDON CLAUDE RODRIGUE ««wnres mn Québec Ein CONSEIL DES ARIS DE MONTRÉAL théâtre danse www.pigeonsintsmatianQl.o:m ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Un spectacle de théâtre danse de PAULA deVASCONCELOS NATALIE ZOEY GAULD BENJAMIN KAMINO ERIKA MORIN DAVID RANCOURT PAUL-ANTOINE TAILLEFER Du l" au 19 février 2011, 20h Cinquième salle de la Place des Arts Spectacle pour 15 ans et plus E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 CULTURE DANSE Un mélange de viscéral et d’intellect Le Britannique Wayne McGregor nous revient avec Entity, une pièce bien rodée et bardée de prix CATHERINE LALONDE C> est en 1994 que le chorégraphe Wayne McGregor a dansé à Montréal pour la première fois.Il présentait alors Xeno 1, un solo petite forme, à Tangente.Dix-sept ans plus tard, devenu depuis un des noms qu’on s’arrache tant en danse, en opéra ou sur les plateaux de cinéma, le Britannique revient avec Entity.Neuf danserus souples, surarticulés jusqu’à sembler élastiques.Un dispositif qui permet les projections vidéo et une grande précision lumineuse.La musique electronica de Jon Hopkins, qui a travaillé avec Cold-play, et les partitions classiques contemporaines de Joby Talbot.Entity de Wayne McGregor n’a rien à voir avec la petite forme de son premier passage ici.La pièce, créée en 2008, arrive bien rodée et bardée de prix.La critique de The Australian, qui a vu mi-janvier la pièce, soub-gnait quEntity avait été poru elle comme «de se faire laper par la rugueuse et humide langue d’une panthère pendant une révision de mathématiques.Ce mélange de viscéral et d’intellect, de cerveau droit et gauche, de sensuel et de rigoureusement académique définit McGregor.» L’ultime outil C’est que Wayne McGregor est autant chorégraphe que penseur.En entrevue téléphonique avec Le Devoir, très éloquent, jl lance rapidement ses idées.A l’origine à’Entity était le désir de créer un «avatar chorégraphique autonome».«Nous cherchions une nouvelle façon de composer, de se sortir des patterns créatifs, de s’en défaire, de voir comment entraîner les danseurs et les spectateurs hors du prévisible.Car même lorsqu’on se croit libre, dans l’improvisation par exemple, le corps et la pensée utilisent des réseaux connus.» Wayne McGregor s’est fasciné, au début de son parcours choré^aphique, pour les technologies.Vidéos, cyberréalité, figures numériques et virtuali- tés étaient, autant que les corps, des parts essentielles de ses pièces.Il revient maintenant de plus en plus à la machine humaine.Les neurosciences remplacent ordina- la vitesse, une trace, un résidu où on peut lire également la lenteur.» McGregor a travaillé avec des spécialistes en coordination corps-cerveau et en psychologie expérimentale 12° ÉDITION gFESTÎVM EN LUMl 18-19 FEVRIER 20 h Gesù «il» 20 FEVRIER Salle Wilfrid-PcII présenté par Al RF aborat bn 1.E FESTIVAL DEBUTE DANS 12 JOURS ' OYEZ DE IJVTETE! 17 AU 27 FEVRIER 22-24 FEVRIER 20 h Théâtre Maisonneuve, PdA en collaboration avec PELCHAT PREMIÈRE PARTIE : BRIGITTE BOISJOLI 26 FEVRIEBcaulh^ Salle Wnfrld-Pelletler, PdA ¦ CONCERr DE CL&IURE préienté par _______ Simlife njriu-ruiiuuw,/ » i ^ i DUO MÈRE-FILLE POUR LA PREMIÈRE FOIS RÉUNIES SUR SCÈNE «FLORENCE ^ et NATALIE V CHOQUETTE THEMANILOÆ M0NTREALENLUMIERE.COM Q ISMO^) AIRFRANCSy Flnandtie^ ŒC ^ RacSoCanacla dIemÂcome -lîRM LORÉAL Québec 88 IKÔMriai Monti«aio CanaÆC INFD-LUMIÊRE 514288-9955 1 85LUMIERES “’arJs dère Financière Sun Life BILLETTERIE ACHATS mRIÉlÉPHONE PLACE DESARIS OUSURIHTERNEr: 514 842-2112 1855 790-1245 1 866842-2112 admission.com ¦ticketmaster.ca laplacedesarts.coin FEMMES A L'HONNEUR lÔréÂl «Je me sers de plus en plus de la technologie pendant la création et de moins en moins pour les spectacles» - Wayne McGregor leurs et logiciels, les axones et les nerfs l’hypnotisent davantage que les filages et la fine pointe.«Le corps demeure l’ultime outil technologique, l’interface la plus sensible à ce jour.Je me sers de plus en plus de la technologie pendant la création et de moins en moins pour les spectacles.» Les danseurs de Wayne McGregor sont virtuoses, sa gestuelle, très rapide.«C’est mon rythme naturel, dit-il, le sourire dans la voix.Je parle vite, je pense vite, je crée vite.Il y a quelque chose aussi dans poru vou comment décoder la danse et le chemin qu’elle se trace chez les interprètes.Il est chercheur associé depuis 2003 au Département de neruoscience de l’Université de Cambridge, en Grande-Bretagne.L’artiste souhaite tellement sortir des codes — même ceux de la représentation théâtrale — et des conventions qu’il ne craint pas, dans ses toutes récentes créations, qui ont laissé les critiques plus perplexes, de faire violence aux habitudes du spectateru.La carrière de Wayne McGregor, ces dernières années, s’est littéralement envolée.Formé à la technique Limon, il est le premier chorégraphe > ;1^ 1 Différentes vues d’Entity, de Wayne McGregor venu du contemporain à être invité, depuis 2006, en résidence au Royal Ballet.Il flirte avec l’opéra, a monté Didon et Enée à la Scala de Milan et La Bohème, Le Mariage de Eigçro, Orphée et Eurydice en Ecosse.Entre autres.Il a signé les mouvements du film Harry Potter et la Coupe de Peu.Ici, le Ballet national d’Ottawa a monté il y a peu Chroma, morceau du répertoire McGregor.Des discussions sont en cours, confie le chorégraphe, pour une prochaine création.Petit détail amusant en terminant: Entity est la première chorégraphie offerte, depuis décembre 2010, en version vidéo intégrale sur ITunes.Le Devoir ENTITY Une chorégraphie de Wayne McGregor présentée par Danse Danse à la Place des Arts de Montréal du 10 au 12 février, au Grand Théâtre de Kingston le 5 février et au Centre national des arts d’Ottawa le 8 février.RAVI DEEPRES Dite COURONNÉE DE PLUSIEURS PRIX INTERNATIONAUX, LA CHORÉGRAPHIE ENT/TYMÊLE ANIMATION, VIDÉO, TECHNO, 3D, DANSEURS RÉELS ET VIRTUELS.UN MUST\ WAYNE McGREGOR / RANDOM DANCE ENTITY Wayne McGregor 10 «11 «12 février 2011 Théâtre Maisonneuve O DANSEDANSE.NET Billets à partir de 24,80 $ (induant nsdevanœs, avant taxes et frais de service - aucun frais de service si achat en personne au guichet DANSE JEUNE PUBLIC - 5+ présente Courez voir L’atelierlJ-^ .SlSptelJew SAMEDI 12 FEVRIER A 15H00 ^ au studio de L’AGORA DE LA DA DARSE' > en codiffusion avec TANGEN Direction et conception chorégraphique HÉLÈNE LANGEVIN avec la collaboration des interprètes AUDREY BERGERON NICOLAS LABELLE, JEAN-FRANÇOIS LÉGARÉet JESSICA SERLI .' S.www.bouged^la.orgI^ laplacedesarts.com ***' 514 842 2112/1 866 842 2112 AGORA DE LA DANSE 840 rue Cherrier (métroSherbrooke) AGORADANSE.COM RÉSERVATIONS : 514 525-1500 ^angênt^l tangente.qc.ca EN TOURNEE MONTRÉAL - THÉÂTRE OUTREMONT Dimanche 20 février -16 h LONGUEUIL - THÉÂTRE DE LA VILLE Dimanche 13 mars -15 h LAVAL - MAISON DES ARTS DE LAVAL Dimanche 20 mars -14 h LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 E 5 CULTURE MEDIAS Les réconciliations cultiu*elles du capitalisme En définissant la théorie de la société postindustrielle, le sociologue-thaumaturge Daniel Bell (1919-2011) avait prophétisé l’avènement de la société de l’information et même envisagé la naissance d’Internet.Il croyait cependant irréconciliables l’hédonisme contemporain et l’hypercapitalisme.Même les géants de la prospective peuvent se tromper.STEPHANE BAILLARGEON Quand le jeune et brillant sociologue Daniel Bell a rempli son formulaire de demande d’admission au cycle supérieur d’études à l’Université Columbia, après la Deuxième Guerre mondiale, il a été obligé d’indiquer quel serait son champ d’intérêt principal, sa spécialisation quoi.Il écrivit alors cette formule synthétique et prophétique, devenue célèbre dans le petit monde universitaire: «Je vais me spécialiser dans les généralisations.» Le grand analyste a tenu ses belles promesses.Le professeur Daniel Bell, qui vient de mourir dans sa résidence de Cambridge au Massassuchets, à l’âge vénérable de 91 ans, a rédigé plusieurs ouvrages phares de la sociologie de la deuxième moitié du dernier siècle, disons de la période de la guerre froide, pour faire court.Il a connu une brillante carrière de journaliste et d’homme de revue en dirigeant The New Leader pendant la guerre, puis Fortune (1948-1958) et The Public Interest (1965-1973).Juif new-yorkais d’extraction très modeste, Daniel Bolotsky, devenu Daniel Bell, était une sorte de Raymond Aron américain.Le professeur émérite de la prestigieuse Université Harvard a, par exemple, prédit la chute du communisme et de la tentation totalitaire dans La Fin de l’idéologie (1960), où il annonçait également le triomphe à venir des technocrates et de l’utilitarisme.Il est également considéré comme un des pères (avec le Français Alain Touraine) du concept de société postindustrielle, une idée élaborée dans son maître ouvrage The Coming of Post-industrial Society (1973).Pour lui, ce nouveau type sociétal, le nôtre quoi, se réorganise autour des connaissances et de l’information comme la société industrielle dépend des matières premières et des machines.La cause est entendue.Internet en 1967 Daniel Bell a, sinon forgé, en tout cas disséminé le concept de société de l’information.Dès la fin des années 1960, alors que les PC et les Mac n’existaient pas encore, il a par exemple entrevu la mutation profonde se préparant avec la dématérialisation et les réseaux.«Nous allons probablement voir un système national d’ordinateurs, des dizaines de milliers de terminaux dans les maisons et les bureaux connectés à des centres géants fournissant les données et les informations», écrit le sociologue-thaumaturge en 1967.Par contre, ce fin observateur de la postmodernité en gestation ne croyait pas aux promesses de bonheur et d’avenir radieux contenues dans certaines mutations sociales fondamentales.Dans Les Contradictions culturelles du capitalisme (1976), un autre ouvrage phare, le spécialis- te des généralisations soutenait que les crises sociales contemporaines, celles des sociétés postindustrielles et postidéologiques, s’enracineraient dans les tensions entre trois sphères essentielles, le domaine technoéconomique, le champ politique et le^monde culturel.«A chaque époque de l’histoire, l’un des domaines (économique, politique, religieux, culturel) peut devenir prépondérant», expliquait Daniel Bell dans une entrevue au magazine Sciences humpines en 1995.«Ainsi, au Moyen Age, le religieux tient une place centrale.Dans les sociétés à Etat dirigiste, c’est l’ordre politique qui devient prépondérant.Aujourd’hui, c’est le système économique qui joue un rôle premier et conduit le reste.[.] La culture d’un pays est toujours le produit d’un certain syncrétisme.Le mode de changement est différent dans le domaine culturel et dans celui de l’économie.En technologie, si un nouvel appareil est moins cher mais plus efficace que l’ancien, vous l’adopterez en abandonnant l’autre: c’est une logique de substitution.Mais en musique.Boulez ne remplace pas Bach: il enrichit simplement le répertoire esthétique.Vous avez donc différentes sortes de changements, et qui se déroulent dans des temporalités différentes.» Woodstock et la surconsommation Pour lui, la culture post-soixante-huitarde ne pouvait qu’introduire des discordances de plus en plus fondamentales dans le système socioéconomique fondé sur la rationalité et la performance.Les «contradictions culturelles» menaçaient le capitalisme reposant depuis des siècles sur une morale du travail, la fameuse «éthique protestante» analysée par le sociologue Max pi, ARCHIVES LE DEVOIR Daniel Bell croyait que Woodstock saignerait les tours à bureaux: c’est exactement le contraire qui s’est produit Weber.Bref, et pour faire très court, Woodstock saignerait les tours à bureaux.Pierre Bour-gault a écrit et Robert Charle-bois a chanté: «Enfdeux joints tu pou,rrais faire qu’qu’chose.» Evidemment, c’est exactement le contraire qui s’est produit.Les mutations des dernières décennies montrent que la disjonction entre les normes économiques et les normes socioculturelles n’existe plus.La culture n’est pas le contre-poids du système économique, mais bel et bien un de ses plus forts facteurs d’expansion.Mieux: la marge artistique (ou ce qui en tient lieu) et les industries culturelles avancent en cordée.La surconsommation, ce narcissisme matérialiste exacerbé, devient du même coup l’esprit du nouveau capitalisme mondialisé.Y compris la surconsommation culturelle qui fait qu’un hippie craint par Bell possédait deux douzaines de disques de rock et trois chemises indiennes achetées au bazar tandis que ses petits enfants croulaient sous les marques et d’innombrables bébelles et gadgets plus ou moins électroniques, le îPad, succédant au iPod avec la bénédiction des médias évidemment.Les nouvelles technologies ont d’ailleurs tendance à transformer chacun en «über-consommateur» épié partout.Une autre idée centrale (et toujours toute simple) de ce livre observe que «le plus grand instrument de destruction de l’éthique protestante fut l’invention du crédit».Là encore, la prophétie s’est étrangement réalisée.Dans la logique du capitalisme naissant, il fallait d’abord économiser, puis acheter.La montée en force du système bancaire a renversé la pra- tique, l’investissement et la dépense précédant l’épargne.Nous venons de subir les conséquences planétaires des dérives incontrôlées de cette mutation.Avec ce geme d’analyse, Daniel Bell était naturellement considéré comme un des pères du néoconservatisme américain.Cette réputation découle en bonne partie de ses prises de position en faveur d’une certaine tradition économique, politique et culturelle, appuyant les réformes lentes et progressives de la société.Lui-même répliquait à ses détracteurs tentant de le caricaturer par une formule synthétique avec une autre expliquant qu’il se considérait comme «un socialiste en économie, un libéral en politique et un conservateur en culture».Le Devoir szmnnzRQUES thertre preserte mm [g]g ECEfUE SIHOH BOUDREnULT nvBc Sopms CLSHSHTi nLswnHSRs Dniisnug CnBOLme LnwioiiBg CnTHBRiiie Rusi.DTrnirnRriT™2i5™iFWiJHTEii™""2iiTjL AU THEATRE D’AUJOURD’HUI mm W-G) Slmonlaques iSfg.,., 0 Desjardins y H www.simoniaques.oom SIHONIAOUES THËATDE EST EN HËSIDENCE À LA SALLE JEAN-CLAUDE GEHNAIN DU THË^TOE D’AUJDUHD’HUI DANSE CNA présente KIROV MARIINSKY BAEEET AVEC L'ORCHESTRE DU CNA 0^ «Du Jamais vu.«C'est comme si on était «.Us enchaînent Unique en son genre.» dans un autre univers.On est littéralement le public à Reg,Muiigue piui presque dans un fUm.» leurs lèvres.» Anouk MeunlOT, TVA Clônwncg Bourgrt, PromiàFe chains, R.-C.Les hommes à scie 10au26 février 20h30 CABARET METALLURGIQUE En équilibre instable sur la lame de régoïne branchée au pylône électrique, les Hommes à scie oscilient constamment entre conte atypique, musique au fer blanc et autres modes d'expression inusités.avec les conteurs Jean-Marc Massie et Simon Gauthier accompagnés par le bruit-colleur Benoit Rolland É monumentniitional La Balustrade | ' *02, b(.)ul.saint-Laurent, Montréal Billetterie: (514) 871-2224 (sans frais) 1-866-844-2172 I A' -iif'inii A' î I r ••'V CENTRE NATIONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE i UNE CHANCE EXCEPTIONNELLE DE VOIR CETTE PRODUCTION SOMPTUEUSE 24-27 FÉVRIER SAEEE 50UTHAM BIEEET5 À PARTIR DE 701 ?Une commandite de TRINITY dance danse 2010-2011 www.cna-nac.ca BILLETTERIE DU CNA lundi-samedi 10 h à 21 h GROUPES 10-E 613-947-7000 x6341 grp@nac-cna.ca Avec ie soutien de www.monument-national.qc.ca Sharje, Hôtei partenaire LORD ELGIN ticketmaster.ca 613-755-1111 E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 CULTURE L’oiseau de Lovano SERGE TRUEEAUT AU cours des douze derniers mois, peut-être moins, le saxophoniste Joe Lovano a réalisé un beau coup double.Dans un premier temps, il a mis son talent au service de Steve Khun lorsque celui-ci a décidé de slever son chapeau à John Col-trane.Et voilà qu’aprés Trane, Lovano vient de consacrer tout un album à Charlie Bird Parker intitulé Bird Songs, que publie l’étiquette Blue Note.Avant de souligner en quoi ce dernier mérite plus d’une écoute, il faut souligner que, bizarrement, les programmes faits uniquement des thèmes composés par Coltrane et Bird sont rares.Autant Monk a été le sujet d’une foule de disques, autant ceux dédiés à la remise à jour des ballades confectionnées par le prêtre du be-bop et par le sculpteur de musiques spirituelles se comptent sur les doigts des deux mains.Et encore.Toujours est-il que, pour ces clins d’œil à Bird, Lovano a eu l’idée, la très bonne idée pour être exact, de s’entourer de deux batteurs, Otis Brown et Erancisco Mêla, augmentés du pianiste James Weidman et d’Esperanza Spalding à la contrebasse.L’autre trouvaille, voire l’astuce, c’est que notre homme, lorsqu’il n’a pas le ténor entre ses mains, n’a pas pour autant l’alto sur lequel Bird déclinait ses passions musicales.Au ténor, il a ajouté le soprano et d’autres cuivres.Malin! Pour ce qui est du programme, Lovano n’y est pas allé par quatre chemins.Il a repris les morceaux les plus célèbres de l’homme originaire de Kansas City.C’est-à-dire?Passport, Donna Lee, Barbados, Moose the Mooche, Lover Man, Birdyard, Ko Ko, Dexterity, Dewey Square et Yardbird Suite.Autrement dit, l’essentiel de l’œuvre écrite de Parker a été rassemblé.Son interprétation se démarque évidemment par la puissance percussive, ou plus exactement par le dialogue subtil entre les deux batteurs et par l’échange entre eux et le solis- te.Avec la complicité du pianiste et de la contrebassiste, tout a été fait pour que Lovano domine dans le sens aérien du terme et non machiste.Ce Bird Songs commence bien l’année.Ce disque mis à part, Lovano va faire l’actualité prochainement, ici même à Montréal.Le 19 février il sera l’invité de l’Année du jazz Schulich.De fait, il sera sur la scène de la salle Poliak de l’Université McGill.Il jouera tout d’abord en compagnie de l’Orchestre de jazz de McGill dirigé par Gordon Poo-te, puis de l’Ensemble de jazz de McGill animé par l’excellent Joe Sullivan.?Ce soir au Upstair’s, la saxophoniste Christine Jensen sera accompagnée par le pianiste new-yorkais George Col-ligan.C’est bien simple, ce dernier est si apprécié par ses pairs qu’il fait rarement relâche.Quand il n’est pas aux côtés de Randy Brecker, il est avec Jack Dejohnette.Bref, il est polyvalent.?Petite rappel: la maison de la culture Côte-des-Neiges a donné carte blanche au saxophoniste et compositeur Jean Dero-me pour tout le mois de février.Les 9, 11 et 15 du mois, il se produira en quartet avec Ca-loia, Ceccarelli et Dostaler, puis avec les Dangereux Zhoms et enfin avec Tanguay, Guilbeault, Bourassa et Karen Young.Le Devoir i Hydro L Québec MuSS présente îEn grande primeur, Lmanuef rencontre ScUert Le 14 février, 19fi^ THéâtre Maisonneuve (*Lyceptionne[[ement ce récitaCdébutera à 19b) V Çmnî à sept Çmmj fimé, Billets en vente à laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 [ Renseignements: Muso 514-845-0532 promusica.qc.ca MUSIQUE CLASSIQUE Samson François, la légende de l’Icare du clavier CHRISTOPHE HUSS En octobre dernier, le monde musical français commémorait les 40 ans de la disparition du pianiste Samson Prançois.Un coffret de 36 CD, plus intégral que jamais, retrace l’ensemble du parcours discographique de ce pianiste-poète libre et incomparable, que l’art consuma et qui mourut dans sa quarante-septième année, fatale, avant lui, à Schumann et Baudelaire.Le coffret de 36 CD publié par EMI Prance en octobre dernier nous arrive enfin ici.Auprès des grandes enseignes de vente de disques du pays, la grosse boîte se détaille entre 62 et 99 $.Une journée et demie ininterrompue de musique reproductible pour le prix d’une paire de billets de concert?Voilà un achat qu’il vaut la peine de considérer! Chopin, Ravel et les autres Singulier raccourci: lorsque EMI Prance avait publié en 1995 «l’intégrale Samson Prançois», le coffret — 33 CD à l’époque — coûtait près de 500 $.Aujourd’hui, à un cinquième du prix, il est plus complet encore, avec l’ajout d’inédits en CD et de concerts.Ce nouveau coffret, dont l’édition a également été pilotée par EMI Prance, s’inscrit dans une lignée qui nous a valu, il y a un an, l’intégrale des enregistrements d’Aldo Ciccolini et, plus récemment, le coffret de musique française par Michel Plasson.Le tout fait suite à une vague inaugurée avec la mise en boîte — par la maison mère d’EMI en Angleterre — de tous les enregistrements de Herbert von Karajan à l’occasion du centenaire de ce dernier.Depuis, des coffrets Oïstrakh ou Rostro-povitch ont vu le jour.Samson Prançois (1924-1970) a souvent été réduit au rôle de pianiste français qui jouait Chopin comme personne et qui a signé l’enregistrement de référence des Concertos de Ravel.C’est en juillet 1959 que Samson Prançois et André Cluytens entraient à la salle Wagram pour cet enregistrement légendaire.Un peu plus de cinquante et un ans plus tard, tuant le temps avant un concert à la salle Pierre-Mercure, je fouinais dans les rayons du magasin Archambault, près de la station Berri à Montré^.En mu- SOURCE EMI Samson François au piano et André Cluytens sique de fond, le Concerto en sol de Ravel.Un premier mouvement lumineux et évident me fit craindre d’avoir mal jugé une nouveauté (deux ou trois versions venaient de paraître que j’avais cordialement détestées).Mais non.Le responsable du rayon s’était replongé dans les références: ce sont bien Samson Prançois et André Cluytens qui, de manière unique, transfiguraient cette œuvre.Outre Chopin et Ravel, on découvre des concertos de Prokofiev, de Schumann et de liszt, du Schumann, un peu de Mozart et même un Beethoven {Sonates 8, 14, 23) plus de circonstance que de cœur.D y a aussi cette intégrale Debussy à jamais inachevée (il manque^notamment un Prélude et sept Études) que Sam-son Prançois édifiait encore deux jours avant sa mort en enregistrant Berceuse héroïque et Rêverie (CD 21, plages 8 et 16).Parmi les inédits de ce nouveau coffret, brillamment remas-térisé par le Studio Art et Son en 2010, on trouve quelques enregistrements mono jamais réédités — 2 Sonate (enregistrement hélas un peu saturé de 1955) et extraordinaires Valses de Chopin en 1958; P' Concerto de Liszt avec Georges Tzipine en 1954; deux faces de 78 tours (deux études et deux préludes de Chopin).Tout aussi inédits en CD, des enregistrements publics, parmi lesquels notamment le le coup de cœurdelaswnt-va^ CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Québec c La Scena Musicale STANDARD LIFE' ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE Daniele Gatti, Chef Un des concerts les plus prestigieux et les plus attendus de la saison Un programme séduisant Oeuvres de Beethoven, Strauss, Debussy, Ravel 10 avril, 19 h Salle Wilfrid-Pelletier Jean-Efflam Bavouzet, pianiste Deux grands noms de la scène musicale internationale OFFRE SPECIALE DU 9 AU 13 FÉVRIER 15 % DE RÉDUCTION Téléphonez au 514-842-2112 Mentionnez le code GATTI Ne s'applique pas aux commandes en ligne laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Concerto de Schumann avec Charles Munch en 1957, le 2 de Bartôk avec David Zinman en 1969, le 5” de Prokofiev dirigé en 1958 par Lorin Maazel et les Variations symphoniques de Frank menées par André Cluytens.Des extraits de concerts au Japon et à la salle Pleyel ferment le ban.Le récital du 16 novembre 1969 au Nissay Theatre de Tokyo, publié au Japon en 2003 par le fils du pianiste et l’éditeur Weit-blick, semble bien être la dernière rareté non incluse ici! Un personnage Au sein de l’école française de piano, Samson François est un personnage atypique.Par rapport au style clair fluide et souvent objectif, comme on peut l’entendre chez les plus purs représentants de ladite école, Samson François apparaît comme un singulier poète romantique.Sa manière est inimitable, car subjective, une subjectivité qui n’est pas un «ego trip» mais une éthique musicale.Hors des Etats-Unis, qui ne juraient que par Robert Éasadesus, Samson Erançois fut «le» pianiste français des années 50 et 60: le premier invité en URSS (1956), le premier à aller en Chine (1964).Par chance pour nous aujourd’hui, son talent avait été repéré par Pathé-Marconi (devenu EMI) dès 1952.Au fil des années soixante, la vie nocturne parisienne et surtout un art qui s’accommode de plus en plus mal de jaillir précisément à 20h30, tel soir sur telle scène, rongent l’artiste.La musique déteint sur la vie de cet Icare du clavier, qui se brûle les ailes.On ne peut s’empêcher de penser à Christian Eerras, le vio- loniste, tout aussi génial, tout aussi perdu.Engager Samson Erançois représente alors un risque pour les promoteurs.Ce qui reste de cette vie de scène l’épuise, alors qu’il reste impeccable et suprême en studio.En février 1968, à Strasbourg, il a un premier infarctus.Mais il ne ralentit pas.Son cœur lâchera définitivement le 22 octobre 1970.Le pianiste libre Sans forfanterie, Samson Erançois a imposé un style, un vent de liberté qui, sans détourner les œuvres, accorde à la narration un rôle primordial.Les partitions deviennent comme de petites scènes de vie.C’est pour cela que la redécouverte des valses de Chopin de 1958 (CD 2) est importante, car ces 14 valses concentrent à elles seules l’essence de cet art de la réinvention.«Un achat qu’il vaut la peine de considérer», avons-nous écrit un peu plus haut.Et, à une époque d’objectivité et de perfection technique, c’est cela qu’on achète avec ce coffret: un peu de liberté, d’air, d’audace et d’invention.Que l’on soit d’accord ou pas, Samson Erançois respire la musique pour mieux la raconter et, parfois, la réinventer.Ce qui a changé depuis?Le «respect» de la lettre et, surtout, l’exploration purement sonore du piano et des univers musicaux.C’est pour cela, par leur recherche millimétrée de l’effet so-nore, qu’aujourd’hui des pianistes comme Alexandre Tha-raud ou Jean-Efflam Bavouzet sont précieux.Il ne me viendrait pas à l’idée de dire que l’un ou î’aqtre est «meilleur».A l’opposé, Samson Erançois travaille sur la phrase et son mouvement.Ce qui est évocateur d’images lui réussit, ce qui est contraint ou formaté semble parfois l’ennuyer.C’est pour cela que, dans Ravel, son Gaspard de la nuit estjAiénoménal alors que, dans les A la manière de.ou le Tombeau de Couperin, il n’a en fait rien à dire.Le défi technique (Prokofiev) ou le diabolique (Liszt) lui réussissent fort bien aussi.Profitons de cet art de la réinvention de l’éphémère: l’apparition d’un Samson Prançois de notre temps est quasiment inenvisageable.Qui accepterait de se dévoiler ainsi et de prendre de tels risques?Le lavoir ¦ Samson Prançois: L’édition intégrale.EMI 36 CD 50999 6401062 7.¦ A écouter sur notre site Internet: Chopin, Valse op.64n° 1 quatuor,.¦ > ¦ molinan pointaedre Vu pour neid Pentaèdre et le Quatuor Molinari réunis dans un programme contemporain Oeuvres de Ligeti, Bartok, Vivier et des créations de Oesterle et Ristic Vendredi il février 2011 [ 20 h Salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal 4750, avenue Henri-Julien Billets : 25 $ rég 20 $ aînés J10 $ étudiants CMM 514-873-40311 Admission 514-790-1245 www.pentaedre.com | www.quatuormolinari.qc.ca Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts Conseil des arts et des lettres Québec g g CONSEIL DES ARTS DE «musique 10a7" OGILVY LE DEVOIR DIFFUSEUR OFFICIEL ai®® Alfred Dallaire MEMORIA La Scena Musicale C (^) Saison N ^UeVivier ' ’ CENTRE DE MUSIQUE CANADIENNE CANADIAN MUSIC CENTRE CONSERVATOIRE de musique de MoTitréal LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 E 7 DE VISU SOURCE GALERIE DONALD BROWNE Untitled #1, de Mark Igloliorte Doubles visions Mark Igloliorte et Juan Ortiz Apuy, deux artistes en émergence, présentent leurs premiers solos à Montréal TWO WAYS OF SEEING Mark Igloliorte Galerie Donald Browne, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, suite 528 Jusqu’au 5 mars LE MANUEL DU COMBATTANT LIBRE Juan Ortiz Apuy Galerie Push, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 425 Jusqu’au 27 février JÉRÔME DELGADO Question observation et emprise sur le spectateur, certains artistes sont maîtres.Les meilleurs nous clouent devant leurs œuvres et nous imposent des rapports d’intimité avec elles.C’est le cas de deux expos en cours dans deux galeries du Belgo presque voisines.L’une explore le potentiel mimétique de la peinture et multiplie les détails.L’autre accentue ce côté événementiel, unique, que peut devenir la rencontre avec l’art.Autant dans l’une comme dans l’autre, les artistes donnent à leur travail une dimension sociale.La capacité de voir et d’interpréter, de vivre une réalité.Le principe du diptyque Avec les tableautins de l’exposition Two Ways of Seeing, sa première à la galerie Donald Browne, Mark Igloliorte nous invite à ne pas nous cantonner derrière une seule vision.Il s’appuie pour cela sur le principe du diptyque.Chacune des huit paires exposées représente le même lieu, le même coin de son atelier.Ce sont deux manières de voir, comme le dit le titre de la série: parfois l’angle varie un peu, parfois le cadre, un petit zoom là, un détail de plus ici.Les séquences ont quelque chose de cinématographique, comme lors de longs plans sur un sujet qui incitent à l’observation minutieuse.Au lieu de la progression narrative, Igloliorte extirpe de la répétition le caractère subjectif du regard.Chaque petit pan peint est unique, comme chaque œil qui s’y attarde et qui le lit à sa manière.Dans ses notes de travail, le jeune peintre originaire du Labrador se montre redevable de la vision de l’Allemand Gerhard Richter pour qui voir est l’acte décisif, acte qui place à égalité le créateur et le spectateur.«La peinture, écrit Mark Igloliorte, est une expérience visuelle qui se partage.» C’est sur ce principe du partage qu’Igliolorte travaille, lui qui demeure proche de sa communauté et sensible à ses drames — le Labrador connaîtrait un très haut taux de suicide, en particulier chez les jeunes.Sa pratique du diptyque, entamée par une mosaïque d’œuvres sur pages d’annuaire téléphonique exposée dans l’arrière-boutique de la galerie, découle du besoin d’aider ses concitoyens.Il n’y a pas qu’une façon de voir la vie, semblent dire ces doubles représentations du banal quotidien (des étagères, un tapis roulé, un livre d’images, le pied d’un meuble.).La plupart d’entre nous ont découvert Mark Igloliorte à la fin de 2009, lors de l’exposition L’Étincelle du phénix.Jeune peinture canadienne, montée par Robert Enright pour la galerie Simon Blais.Le futur diplômé de l’Université Concordia (il vient de compléter sa maîtrise) exposait de grands tableaux, quasi monochromes, tirés de photographies de paysages du Labrador.Richter n’était pas loin.Two Ways of Seeing surgit dès lors, et à plusieurs égards, en rupture avec ce premier corpus.Peints par petits coups, dans l’urgence de les exécuter, les tableautins se situent à mi-chemin des genres, entre abstraction et souci pour l’objet peint.Par leur format et l’approche presque documentaire, ils font penser au travail de Michael Merrill.On n’est pas dans l’hyperréalisme, mais le principe du mimétisme est palpable.Et avec ces (fausses) copies conformes.Mark Igliolorte pousse l’audace plus loin en jouant sur la notion d’œuvre unique si chère à la peinture.Un moule et ses multiples, un négatif et ses tirages, la sculpture et la photo sont évoqués.D’ailleurs, en 2005, la sculptrice Valérie Blass avait joué sur ces apparences entre la première version et sa suite (l’expo Presque ça, galerie B-312).Manipulation Voir est une question d’observation.Et de patience.Avec l’expo Le Manuel du combattant libre à la galerie Push, Juan Ortiz Apuy impose aux visiteurs une certaine discipline.Il faut rester immobile pour pouvoir observer les œuvres, des reproductions des pages d’un manuel illustré.Le dispositif d’éclairage s’active en effet dès qu’il détecte un mouvement.Et comme ces pages sont dotées de teintes fluorescentes, elles ne sont lisibles que dans le noir.L’astuce mise en place par ce jeune artiste d’origine cos-taricaine établi à Halifax (après des études, lui aussi, à Concordia) pourrait être plus fastidieuse qu’autre chose.Sauf que le propos et le matériel à la base de l’expo (un manuel de la CIA adressé aux Nicaraguayens à l’époque de la révolution sandiniste) l’excusent.Dans ce jeu d’apparition et de disparition, de lumière et de pénombre, voire de camouflage et de révélation, il est question de manipulation.Le texte de la CIA parle de «techniques subtiles de sabotage», très simples à appliquer — et qui peuvent faire rire aujourd’hui (de fausses alertes d’incendie, par exemple).Le travail repose sur un habile renversement des symboles et des mots.L’ensemble n’est lisible que dans le noir, comme un document secret, mais il a besoin de la complicité de chacun des visiteurs.Tout dépend de la bonne entente de la collectivité, du succès de l’acceptation de l’autre.Les attitudes individualistes mènent à l’échec.Collaborateur du Devoir SOURCE GALERIE PUSH Vue générale de l’exposition Le Manuel du combattant libre Marie-Chrystine Landry La légèreté des paysages 5 février au 19 mars 2011 PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN Notre 25^ saison avec vous! 13 mars LANCEMENT de la saison 17 avril Un REQUIEM au temps de Pâques 20 avril MARC-AURÈLE FORTIN à Québec du 4 au 7 mai Un 2® voyage à NEW YORK : musées, conférences, Metropolitan Opera, Carnegie Hall.Documentation détaillée disponible ^^%eaux ^détours CIRCUITS CULTURELS www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Fictions de la pose ÊTRES À L’ŒUVRE Martha Wilson Galerie Leonard & Bina Ellen Université Concordia, 1400 boni, de Maisonneuve Ouest, LB165 Jusqu’au 19 février MARIE-ÈVE CHARRON Dans son rôle d’artiste comme dans celui de galeriste, Martha Wilson n’a sans doute pas été assez reconnue.La galerie Leonard & Bina Ellen corrige en partie cela en lui consacrant une exposition où les deux rôles de Wilson sont abordés de front, révélant sa contribution à la scène artistique.Dans ses œuvres du début des années 1970, elle préfigurait le travail de Cindy Sherman et de toute une génération d’artistes qui feront de l’invention de soi et de l’identité des thèmes de prédilection.Comme galeriste, elle a appuyé avec audace des pratiques défiant les conventions.Couvrant 40 ans de carrière, l’exposition Êtres à l’œuvre se découpe en trois volets, départageant les œuvres de jeunesse des projets plus tardifs ou réalisés en collectif, alors que Martha Wilson dirigeait la galerie Eranklin Eurnace qu’elle a fondée à New York en 1976.C’est d’ailleurs à cette dimension du travail de Wilson qu’une bonne partie de l’exposition se dédie, nous faisant voyager de Halifax, où l’artiste a fait ses premières œuvres, à New York, où elle s’est illustrée à la barre de cette galerie sans but lucratif située dans le quartier de Tribeca.Le commissaire de l’exposition Peter Dykhuis a cru bon confier à Martha Wüson le soin de présenter la Eranklin Eurnace, chose qu’elle a faite en sélectionnant les archives de 30 projets qui ont été déterminants dans l’histoire du centre.Elle en explique par ailleurs les raisons dans un texte touffu qui accompagne les documents.Pour le commissaire, cette section est comme un autoportrait révélant ce qui, pour Wilson, est significatif sur les plans intellectuel, politique, social et personnel.Et il faut convenir de l’engagement de Wilson dans ses choix.Même en y jetant un regard partiel, car les archives sont nombreuses et leur consultation, à la longue, fastidieuse, la sélection révèle les intérêts de la directrice pour l’art novateur de son temps.Au début, c’est surtout l’art conceptuel, avec notamment une collection de livres d’artistes et des projets se situant à la jonction de la performance comme avec le travail de Tehching Hsieh.La Eranklin Eurnace diffusait aussi des pratiques féministes et soutenait des œuvres qui, dans les années 1980, résistaient au conservatisme du gouvernement de Ronald Reagan et à ses menaces de censure.Au fil du temps, la galerie s’est ajustée aux transformations des pratiques sans jamais, de toute évidence, se scléroser.En 1997, Wilson juge qu’il faut mettre la clé sous la porte et prendre le virage numérique.C’est désormais sur le Web que la galerie a sa vitrine.Le moi en construction Ce retour documentaire sur l’apport de la galeriste militante est crucial.Il reste que ce sont les sections de l’exposition consacrées aux œuvres qui sont les plus captivantes.Wilson réalise au début des années 1970 plusieurs œuvres portant sur l’image de soi.Au moyen de la photographie et de la vidéo, qu’elle aborde avec les stratégies conceptuelles en vigueur à la NSCAD à Halifax où elle fait ses études, Wilson interroge les notions de genre et d’identité qui sont alors rattachées aux enjeux féministes.Aux énoncés textuels et à la réflexivité de l’art conceptuel, Wilson ajoute le corps, son corps en faifi qu’elle transforme pour révéler le caractère cons-truifi «processuel» et instable de l’identité.Outre une référence à Marcel Duchamp dans son personnage de Rrose Sélavy, Wilson se met en scène dans un jeu de mascarade et de poses pour explorer la question du genre {Posturing Drag, 1972), mais aussi du vieillissement.Dans Posturing Age Transformation (1972), elle simule la femme de 50 ans qui veut avoir l’air de 25 ans, son âge réel.Dans plusieurs œuvres, l’artiste exploite une technologie récente de cette époque, la vidéo qui permet, en circuit fermé, de capter, de produire et de diffiiser en simultanée l’image.Tourné vers elle, le dispositif est le prétexte à une réflexion sur le décentrement de soi ou sur l’absence de coïncidence entre l’image que l’on a de soi et celle que les autres voient de nous.Le miroir tendu par la vidéo intervient aussi dans Deformity/Deformation (1974) où, en direct, l’artiste procède à l’enlaidissement de son visage.L’artiste femme s’affirme comme le sujet de son œuvre résistant à l’objectivation de son image.Une unité se dégage de ces œuvres qui s’avèrent encore pertinentes aujourd’hui.Le second volet d’œuvres ne l’est pas moins, insolence et audace en plus.Les performances que Wilson réalisait à la fin des années 1970 avec son groupe DISBAND et ses personnifications parodiques, des premières dames des Etats-Unis des années 1980 savent critiquer tout en déridant Le samedi 19 février, Martha Wilson donnera une conférence en anglais sur la recherche féministe.Elle aura lieu à la galerie à 17h.L’entrée est libre.Collaboratrice du Devoir AVEC LAIMABLE CONCOURS DE ICI NEW YORK Martha Wilson, Working Girl (From a Portfolio of Models), 1974 Charles Sucsan PRÉSENTE EN 12 GRANDS TABLEAUX : L’exposition Gilgamesh, Vivant ! À la Galerie « Le - Rendez- Vous » Espace Art et Création, des Promenades Cathédrale de Montréal, L'exposition aura lieu tous les jours du 1 au 28 février 2011, durant les heures d’ouvertures du Centre.Chartes Sucsan vous invite à voir l'exposition ¦ «Gilgamesh vivant» consistant en douze tableaux grand formats, ainsi quelques oeuvres représentant 50 ans de carrière en art visuel C'est aussi une commémoration exceptionnelle avec ces oeuvres dont la création est inspirée de l'épopée de Gilgamesh Exposition du 1 au 28 février inclusivement à la Galerie Le Rendez vous, Espace Art et Création Au centre Promenades Cathédrale de Montréal, durant les heures d'ouverture du Centre Entrée 625 Ste Catherine Ouest 514-793-2526 450 670 7733 Le la Gilgamesh avec Inkdou son anv attaquant le monstre Humbaba E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 CINEMA Pour le plaisir CULTURE LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES D’ADÈLE BLANC-SEC Réalisation et scénario: Luc Besson, d’après deux albums de Tar-di.Avec Louise Bourgoin, Gilles Lellouche, Mathieu Amalric, Jean-Paul Rouve, Nicolas Giraud, Philippe Nahon, Laure de Clermont-Tonnerre.Image: Thierry Arbogast.Montage: Julien Ray.Musique: Eric Serra.Effets spéciaux: Noël Chainbaux et Stéphane Vogel.Ih47 ODILE TREMBLAY Nul besoin de connaître les bandes dessinées de Tar-di, nées au cours des années 70, pour apprécier le film de Luc Besson, qui se savoure comme un bonbon à croquer par pur plaisir.Mais les admirateurs de la célèbre et intrépide journaliste française du début du XX" siècle n’y égareront pas trop leurs repères; encore que Besson ait arrondi les angles pour rendre son Adèle Blanc-Sec plus humaine.Ici, elle veut sauver sa sœur, se montre capable d’émotions (concession commerciale qui la rend plus politically correct sans convaincre vraiment).Mais Louise Bourgoin, dans la peau d’une Adèle plus physiquement flam- boyante que l’originale d’encre et de papier, montre une impétuosité qui sied fort bien au profil de l’aventurière.L’adaptation de Besson est très amusante.Paris fut beaucoup capté en décors naturels, avec des scènes au très photogénique Jardin des Plantes.L’ordinateur s’est chargé d’y insérer des éléments fantastiques.Il faut prendre ce fdm comme une bédé nourrie de fantaisie pure.Cette histoire d’un ptérodactyle (habilement recréé au numérique et clou du film) pondu à Père jurassique, qui sort de son œuf et sème la terreur sur la Ville lumière en 1912, donne lieu à des scènes hautes en couleur: vol de l’héroïne sur le dos de l’oiseau géant fort bien conçu, apparition de la bête sur la tour Eiffel, etc.Lç scénario s’aventure aussi en Egypte, où la belle est aux prises avec de vilains pilleurs d’or et des momies, dont on retrouvera les consœurs au Louvre.Tout cela est fort réjouissant et mené sur un rythme d’enfer.Ce segment dans les sables et les temples enfouis remplis de sarcophages fait songer aux Aventuriers de VArche perdue de Spielberg.Anachronisme puisque les bédés de Tardi sont antérieures à Adèle Blanc-Sec s’aventure en consœurs au Louvre.ce film, mais Besson a joué quand même visuellement avec ces références, comme il lance un clin d’œil sur fond lunaire au SOURCE FILMS SEVILLE Egypte, où la belle est aux prises avec de vilains pilleurs d’or et des momies, dont on retrouvera les ES VIOLONS À ne pas manquer ce soir SAMEDI 5 FÉVRIER 2011 | 19 H30 ÉGLISE UNIE ST-JAMES 463, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréai LE MONDE SELON THARAUD* Alexandre Tharaud, l'un des pianistes les plus importants de sa génération, met sa virtuosité et sa rigueur au senrice de l'émotion.* L/ne séance de signature avec Bernard Labadie suivra ce œncert Une belie occasion de vous procurer le livre 25“ anniversaire et de le faire aulagraphier.Labadie Alexandra Tharaud billetterie Articulée 514 844-2172 1 866 844-2172 LES VIOLONS DU ROY Québec Avec b pgitUpatlon du: • Bureau de b Capitale-Nationale * Conseil des arts d des lettres an ^ ^ VILLE DE Québec LE DEVOIR Conseil des Arts Canada CoundI du Canada for the Arts E.T.du même Spielberg.Mais les deux histoires, ptérodactyle et momies, bien imbriquées au départ, peinent plus loin à se marier de façon fluide.Mais ne boudons pas notre plaisir.Besson a tiré des leçons de ses expériences américaines dans cette production ambitieuse, qui réclame les codes des films d’action, à la réalisation et au montage.L’esthétique d’Amélie Poulain n’est pas loin non plus.On sait gré au cinéaste de Nikita d’avoir gardé le carac- tère très français des dialogues de Tardi avec des expressions de politesse surannées et toujours délicieuses quand elles s’adressent à ce Tintin en jupons.Mathieu Amalric, méconnaissable en vilain Dieuleveu, égyptologue haineux, avec des oreilles en chou-fleur et des dents pourries, ou Gilles Lellouche, en stupide et affamé inspecteur Caponi, sont fort comiques.Belle galerie d’archétypes sur deux pattes.Besson, qui convainquait moins du côté de l’animation ces derniers temps, livre ici une œuvre sans prétention mais non sans allant, avec une mise en scène dynamique, colorée, sur cet univers foufou à souhait.Bref, on rigole en saluant au passage le travail aux effets spéciaux, pas mal réussis, et la fraîcheur de cette trépidante envolée au royaume de l’humour, du fantastique et de l’aventure dans un surréaliste Paris d’antan.Le Devoir VIOLONSDUROY.COM uatuor ozzini qb Musique et cinéma Mercredi 9 février 2D11.20 h Chapelle historique du Bon-Pasteur [514)845-4046 www.quatuorbozzini.ca Montréal^-: Michael Oesterle /Jean Detheux Daydream Mechanics V Bernard Falaise / Nathalie Bujold Les petites portes [création) ?aniei Janke River [création) IBRIralab liste- LEDEVOIR 13 FEVRIER 2011 AIRS DE JEUNESSE CONCERT-FAMILLE I ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NEZET-SEGUIN ^ 30E SAISON PRÉSENTÉ PAR A \ Financière Sun Life THEATRE MAISONNEUVE 14 H CHEF JULIEN PROULX • VIOLON LADUSA CHANG OU (14 ANS) CLARINETTE NICHOLAS KERR-BARR (17 ANS) PERCUSSION NOAM BIERSTONE (20 ANS) MENDELSSOHN, PAGANINI, MOZART, MAYUZUMI, DVORÂK ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM ________ laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Québec a Montréal® lEDEViini COPRÊSIDENTE D’HONNEUR SAMEDI 19 février 2011 • THÉÂTRE MAISONNEUVE, PM FESTIVAL MONTRÉAL FAI LUMIÉRL 12» ÉDITION LESADTC Finandère^f 17 AU 27 FÉVRIER Sun Life INFO-LUMIÈRE 514 28^9955 MONTREALENLUMIERE.COM 185LUMIERES lÔrëÂl MARIE- L^ORCHESTRE IVIETROPOUtAIN ndëre^^ 17 AU 27 FÉVRIER BILLETTERIE MMES A L'HONNEUR laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 E 9 CULTURE CINEMA Triste et beau L’ILLUSIONNISTE Réalisation: Sylvain Chomet.Scénario inédit de Jacques Tari, adaptation de Sylvain Chomet.Musique et montage: Sylvain Chomet.80 minutes ODILE TREMBLAY uatre années qu’il a mises, vy Sylvain Chomet, le cinéaste des merveilleuses Triplettes de Belleville, pour adapter ce scénario de Jacques Tari vieux de 50 ans, qui dormait dans les archives du Centre national de la cinématographie.fille du cinéaste de Mon oncle et des Vacances de monsieur Hulot, Sophie Tatischeff, a trouvé en Sylvain Chomet le plus perfectionniste, le plus respectueux, le plus hrillant des animateurs pour redonner vie au grand Tari.La longue silhouette voûtée, le profil lunaire, les gestes un peu gauches, les pantalons écourtés ressuscitent monsieur Hulot.Voici Tari, qui quittait pourtant la piste en 1989, de retour entre rires et larmes.Llllusionniste se retrouve en nomination aux Oscar dans la catégorie du meilleur long métrage d’animation.Oh! Inutile de rechercher ici l’exuhérance joyeuse et le punch qui ont fait le succès des Triplettes de Belleville.LTllu-sionniste, tissé de poésie fine et de grâce discrète, joue sa partition sur un tout autre ton, empreint de mélancolie, de tendresse, de déceptions, et repose sur un scénario fragile, en grande partie autobiographique, sans vrais dialogues, laissant au personnage ta-tiesque son art du mime.L’univers visuel de Chomet enchante une fois de plus nos yeux, avec son graphisme de perfection et d’humour burlesque, sa façon extraordinaire de jouer avec le bruitage, la musique.Cette rencontre féconde entre Chomet et Tati, qui se tendent la main par-delà les époques, se joue sur un air de nostalgie.Le héros, prestidigitateur, se voit de plus en plus déclassé à la fin des années 50 par les nouveaux groupes rock à la mode, désormais chouchous du music-hall (des rockers londoniens à couettes et à dents balaient la concurrence), reléguant les vieux bateleurs aux salles vides puis aux tournées de province.Chomet dessine avec art les trajets, en train, en bateau, dans une voiture bringuebalante, pour trimballer son homme d’un trou perdu à l’autre.Le cinéaste a apporté quelques modifi- 30° saison 2010-2011 violon Yukari Cousineau violon Alexander Lozowski alto Brian Bacon violoncelle Alexandre Castonguay Oeuvres de Dvorak, Beethoven et de Falla jeudi 10 février, 20 heures Salle Redpath, Université McGill www.allegrachambermusic.com NOMINATION AUX OSCAR f MEILLEUR FILM - UUIOUE ÉTRANGÈRE J, ?-lAmESæ-MUHNflLlXMafn^-LESOLEa.-Cffi0aiECaiil-ia\IKB(m)(24H)-LATfæiffllE -isxmtVLCA-EaiosmxnES D'APRÈS lA PIÈCE DE WAJDI MOUAWAD iNCENDiES UN FILM DE DENIS VILLENEUVE www.incendies-lefilm.com S A L’AFFICHE! CONSULIEZ lÈS GUIDES.HORAIRES DES CINÉMAS cations au scénario de Tati, troqupnt notamment Prague pour Edimbourg.Le prestidigitateur ayant atterri dans un pqtit village des Hébrides en Écosse (avec hommage à Llle noire d’Her-gé), il rencontre une jeune fille candide, Alice (clone de la propre fille de Tati, Sophie), qui croit aux talents magjques du héros.Elle le suit à Édim-bourg et le réchauffe de son innocence admirative, qu’il nourrit en la comblant de cadeaux trop chers.Chomet excelle à peindre des trognes et, comme dans Les Triplettes, croque avec ravissement les vieux accessoires rétro: mobilier, guitares, papier peint, devantures rococo des music-halls.Et ce gros lapin qui refuse de sortir du chapeau, compagnon avant tout du vieil artiste et de sa protégée, qu’il finira par libérer dans la nature.Tout cela est triste et beau, magnifiquement dessiné à la main, sur une trame simplissi-me.Les publics de tout âge peuvent aimer ce film, mais sans chercher le gag à tout prix, fl y en a plein, mais en mode feutré.Le Devoir La longue silhouette voûtée, le profil lunaire, les gestes un peu gauches, les pantalons écourtés; L’Illusionniste, de Sylvain Chaumet SOURCE METROPOLE EILMS monsieur Hulot ressuscite dans I 3 000 000$ AU BOX OFFICE! | GAGNANT DE 11 PRIX INTERNATIONAUX -7»E GAZETTE -lajERmimu: «UN GRAND FILM QUÉBÉCOIS.» • MARC CASSM, IA PRESSE LE CONSEIL QUEBECOIS DE LA MUSIQUE FELICITE LES LAURÉATS DES PRIX OPUS 2009-2010 www.prixopus.qc.ca CONCERT DE L’ANNÉE - MONTRÉAL X Le Quatuor selon Schnittke, Quatuor Molinari, 20 mars 2010 CONCERT DE L’ANNÉE - QUÉBEC X Concert du 25° anniversaire.Les Violons du Roy, 14 octobre 2009 CONCERT DE L’ANNÉE - RÉGIONS X Coups de coeur d'Alain Lefèvre, Festival de Lanaudière, 16 juillet 2010 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES MÉDIÉVALES, DE LA RENAISSANCE, BAROQUE X Messe en si mineur de J.-S.Bach, Ensemble Caprice, 3 décembre 2009 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE X Pagliacci/Schicchi, Opéra de Montréal, 3, 5 et 8 octobre 2009 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE X Le Quatuor selon Schnittke, Quatuor Molinari, 20 mars 2010 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES ACTUELLE, ÉLECTROACOUSTIQUE X AKOUSMA 6 - Éclats de vie.Réseaux des arts médiatiques, 20 novembre 2009 CONCERT DE L’ANNÉE - JAZZ, MUSIQUES DU MONDE X Dans les cordes, Musique Multi-Montréal, 16 avril 2010 CRÉATION DE L’ANNÉE X Opéra féerie - L’eau qui danse, la pomme qui chante et l’oiseau qui dit la vérité, Gilles Tremblay, compositeur.Chants Libres, 19, 20 et 21 novembre 2009 PRODUCTION DE L’ANNÉE - JEUNE PUBLIC X La Fugue, Société de musique contemporaine du Québec et Qui va là, 8, 9 et 10 avril 2010 DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES MÉDIÉVALES, DE LA RENAISSANCE, BAROQUE X Porpora Arias, Karina Gauvin, soprano.Il Complesso Barocco, Alan Curtis, chef, ATMA Classique DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE X Bruckner 8, Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin, chef, ATMA Classique DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE X Le printemps sacré des slaves, Serhiy Salov, piano, Analekta DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES ACTUELLE, ÉLECTROACOUSTIQUE X Études pour Kafka, Francis Dhomont, empreintes DIGITALes DISQUE DE L’ANNÉE - JAZZ X Treelines, Christine Jensen Jazz Orchestra, Justin Time Records DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES DU MONDE X Tempi con Variazioni, Suzie LeBlanc, soprano, Helmut Lipsky, violon, Mélosphère, Chestnut Hall Music LIVRE DE L’ANNÉE X Chronologie musicale du Québec 1S3S-2004, Marie-Thérèse Lefebvre et Jean-Pierre Pinson.Éditions du Septentrion, 2009 ARTICLE DE L’ANNÉE X «Charting Memoriale: Paradigmatic Analysis and Harmonie Schemata in Boulez’s ‘.explosante-fixe.’», Jonathan Goldman, Music Analysis, vol.XXVII, no 2-3, 2009 PRIX HOMMAGE X Élise Paré-Tousignant COMPOSITEUR DE L’ANNÉE X Gilles Tremblay DÉCOUVERTE DE L'ANNÉE X Rafael Zaldlvar DIFFUSEUR SPÉCIALISÉ DE L’ANNÉE X Club musical de Québec DIFFUSEUR PLURIDISCIPLINAIRE DE L’ANNÉE X Corporation Hector-Charland DIRECTEUR ARTISTIQUE DE L’ANNÉE X Jean-François Denis ÉVÉNEMENT MUSICAL DE L’ANNÉE X Opéra féerie - L’eau qui danse, la pomme qui chante et l’oiseau qui dit la vérité INTERPRÈTE DE L’ANNÉE X Ensemble Caprice RAYONNEMENT  L’ÉTRANGER X L’Arsenal à musique RECONNAISSANCE  UN FACTEUR D’INSTRUMENTS X Mario Lamarre CONSEIL QUEBECOIS DE U Québec H n • Conseil des arts et des lettres • Société de dévetoppement des entreprises oiltuielles • Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine Conseil des Arts Canada Coundl du Canada for the Arts CONSEIL DES ARTS DE M0N1 S™e«l mudcaction #rusiouE LE DEVOIR g L/cinana.1007™ La Scena Musicale E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 EEVRIER 2011 CINEMA ^^^m^BTTÏÏTïïîi LA DANSE.LE BALLET DE L’OPÉRA I V ^ DADIS Ho EroHoriHr lAfieomnn I DE PARIS de Frederick Wiseman France.2009.158 min.Documentaire.(G).Frederick Wiseman, pionnier du cinéma documentaire, a installé sa caméra durant douze semaines au coeur de l'Opéra de Paris.Théâtre , Outremont 1248 avenue Bernard Ouest „ _ .information 514 495-9944 Montréal® wvnKadmission.com 514790-1245 SOURCE FILMS DU 3 MARS Ce cœur qui bat, de Philippe Lesage: un film nu, libre et personnel.Coup de cœur CE CŒUR QUI BAT Documentaire écrit, réalisé et photographié par Philippe Lesage.Montage: Mathieu Bouchard-Malo.Québec, 2010,82 minutes.MARTIN BILODEAU Puisqu’il est encore nécessaire de démontrer que le grandiose peut naître de la simplicité, que la vie peut fuser d’un simple regard et qu’un point de vue peut s’imposer d’un simple coup de ciseau au montage, érigeons Ce cœur qui bat en exemple.Le documentaire de Philippe Lesage {Pourrons-nous vivre ensemble?) , tourné presque entièrement entre les murs de l’Hôtel-Dieu de Montréal (avec introduction symbolique sur la jeunesse qui bat dans le parc situé sous ses fenêtres), est à la fois une œuvre exquise, accessible à tous les publics et, presque contre son gré, une vigoureuse leçon de cinéma, de l’ordre de celles que donne, outre-Atlantique mais elles remontent parfois jusqu’à nous, Raymond Depardon.Que cela soit dit: avec la docu-mentariste Céline Baril et la programmatrice de Hot Docs Lynne Ferule, je faisais partie en novembre dernier du jury qui a décerné à Ce cœur qui bat le Prix de la Cinémathèque québécoise pour la meilleure œuvre québécoise ou canadienne lors des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.Ce choix s’est imposé d’emblée, malgré rme sélection rigoureuse qui aurait pu nous diviser.Or le hlm de Philippe Lesage appelle cette unanimité, suscite cette admiration immédiate, par la grâce et la simplicité de sa proposition.Le cinéaste, qui partage son temps entre Montréal et Copen- hague, où il enseigne le documentaire au European Film College, s’intéresse ici à la relation entre patients et médecins: la souffrance, la détresse et la solitude des premiers, le dévouement et la patience des seconds.Son intervention dans cette relation est minimale, pour ne pas dire invisible.Sa caméra posée dans la salle de consultation ou d’opération, dans un couloir ou dans une chambre, semble être, pour toutes les personnes filmées, un appareil oublié là, inanimé.Le cinéaste, juste derrière, se fait lui aussi oublier.Or cette illusion d’absence devient, au montage, par la force de l’assemblage des segments captés, des échanges enregistrés, une présence enveloppante, bienveillante.Quel besoin aurait le film d’rm récit criblé de témoignages explicatifs ou, pire, d’une voix hors champ, quand les images parlent d’elles-mêmes, que les micros enregistrent jusqu’au cri des silences, et que la musique de Schubert (la Sonate pour piano rf 20) et de Beethoven (la Symphonie rf 7) puise l’ensemble?Film nu, libre et personnel (parce qu’inspiré d’un séjour du réalisateur à l’hôpital).Ce cœur qui bat est forcément drfbcile à décrire.De fait, on a moins de mal à dire ce qu’il n’est pas: un documentaire didactique sur le milieu hospitalier ou un pamphlet militant pour l’amélioration des soins de santé au Québec.C’est au contraire un complément à l’actualité qui bat les médecins, une œuvre de cœur, antijournalistique, à l’écoute de ceux et celles qui mettent leur bien-être entre leurs mains.Le voir est à mon avis indispensable.L’aimer viendra tout seul.Collaborateur du Devoir Fluides plus ou moins turbulents DESTRICTED Une compilation de huit courts métrages érotiques réalisés par Matthew Barney, Cecily Brown, Larry Clark, Santé D’Qrazio, Ma-rifyn Minter, Caspar Noé, Richard Prince etTunga.Au Cinéma du Parc du 4 au 17 février.Durée totale: 129 minutes.ANDRÉ LAVOIE On dit de la pornographie qu’il s’agit d’une forme d’érotisme «la lumière allumée».Qu’en est-il alors de la porno «d’auteur»?Elle n’existe pas pour vous titiller, car sous le regard de ceux qui la créent, l’obscur objet du désir devient souvent obscur.tout simplement.L’enjeu principal n’est plus le soulagement expéditif des masses laborieuses, mais la contemplation d’une expression artistique suscitant les émotions les plus contrastées.Et l’excitation primaire n’en fait pas partie.Ce sont ces savantes considérations qui nous viennent en tête devant Destricted, une collection de courts métrages sur le thème de l’érotisme dans sa version fortement éclairée.Le caractère répétitif et lancinant de la démarche de plusieurs cinéastes étirant indûment des idées et des concepts nous pousse à des réflexions jamais embrumées par des poussées de désir et autres obsessions libidineuses.C’est le cas par exemple de Santé D’Orazio avec Scratch This, le camouflage volontaire, et rudimentaire, des yeux et des parties intimes de trois actrices pornos en vedette dans une production 16 mm puisée dans le riche corpus des années 1960.Certes, le spectateur se voit contraint de regar- > 3 F SOURCE CINEMA DU PARC Destricted est une collection de courts métrages sur le thème de l’érotisme dans sa version fortement éclairée.der «ailleurs», mais où?Peut-être doit-il contempler le grain de la pellicule avec un soupçon de nostalgie à défaut de détailler celui de la peau de ces trois beautés désespérées dans un décor à faire rêver les concepteurs de la série télévisée Mad Men.Notre esprit vagabonde également devant les propositions de l’artiste brésilien Tunga (Cooking) et de l’Américain Matthew Barney (Hoist).Dans les deux cas, l’acte sexuel, seul ou avec d’autres, apparaît comme une chorégraphie aux gestes stylisés, cérémonial étrange dans un lieu en marge de la te-nalité (croisement entre une galerie d’art branchée et un sous-sol de bungalow du futur SOURCE CINEMA DU PARC Une scène de House Call, un des courts métrages de Destricted 3m iliiIiSS: LE FLAGUA m 1 „ le V.A' Ile 9“'"* d"-'].’.;, AI,;.';, / , DUE INiÈrPRÉIÉE far ELION JCH'I et l(5vnÉS SP^IAUX' ' ) .GnomeoetiuHettelTOm^ ^ -k '^Uê *.NOMINATION AUX OSCARS' MEILLEUR LONG METRAGE D’ANIMATION -GAQNANT- MEILLEUR LONG METRAGE D’ANIMATION NEW YORK FILM CRITICS CIRCLE • NOMINATION AUX CRITICS' CHOICE AWARDS EUROPEAN FILM AWARDS • NOMINATION DU CHICAGO FILM CRITICS ASSOCIATION ?«Un pur joyau d'animation.» Télé 7 jours «Un film touchant, intelligent et fin, comme ranimation nous en offre rarement.» L'écran fantastique DU RÉAUSATEUR DE LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE [ILLUSIONNISTE LE NOUVEAU FILM DE SYLVAIN CHOHET D'APRÈS UN SCÉNARIO ORIGINAL DE JACQUES TATI metroQole PRESENTEMENT A L’AFFICHE! VERSION FRANÇAISE VERSION ANGLAISE G pCINEPLEX DIVERTISSEMENT-1 rgmÉMA I- CINÉMAS AMC -1 _._J rQUARTIER latin! I 2396 BoaublonE.721-0080 | [le forum âzl Jm et ropole+i lms.com CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS pour le premier; intérieur d’un gigantesque camion dont la mécanique devient objet sexuel pour le second).Au-delà des images-chocs et de quelques tours de force, l’étonnement cède vite la place à l’ennui.Si le coup de crayon de la peintre anglaise Cecily Brown dans Four Letter Heaven évoque celui, plus précis et plus puissant, de Michèle Cour-noyer dans son remarquable film d’animation Le Chapeau, ses descriptions graphiques de l’acte sexuel, aussi détaillées soient-elles, ne semblent destinées qu’à choquer le bourgeois — qui commence à en avoir vu d’autres.Même sentiment d’embarras plus que de dégoût devant la nouvelle gifle du Français Gaspard Noé (Irréversible, Seul contre tous) intitulée We Fuck Alone; faut-il préciser que la présence d’une poupée gonflable donne au titre toute sa portée symbolique?Seul titre vraiment digne de mention dans ce long exercice d’onanisme cinématographique, Impaled, du photographe et cinéaste américain Larry Clark (Bully, Kids), a même réussi à choquer son auteur, ce qui n’est pas rien! Suite de témoignages de jeunes adultes dont la sexualité a été forgée par la porno, l’un d’entre eux b-nit par assouvir ses fantasmes avec une actrice engagée pour l’occasion; l’expérience ne s’avère pas tout à fait «comme dans les vues».Répétons-le: c’est le véritable morceau de bravoure et d’audace de cette collection plus masturbatoire qu’érotisante.Collaborateur du Devoir NOMINATION AUX OSCARS® MEILLEUR SCENARIO (ORIGINAL) - Mike Leigh Another year • I I * I > vF version origboale avec / unfiimde mike leigh «Mike Leigh au sommet.» Martin Bilodeau, Le Devoir / son8>titres -ÿffAiWVOIViiiiS v.U.AVEC SÜUS-TITRES FRANÇAIS VERSION ORIGINALE ANGLAISE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES A|/ACCI^LJC I rCINEPL£XDIVERT1SSEMENr-| ,- «NÉM/^AMC -1( LArrl^nC! I quartier latin I [le forum 2^ rmGtropolGfilms.com J 2010 OFFICIAL SELECTION hQtDOCS nENC9NinESINTERMATICiMALES Pour souligner la Journée internationale contre l'utilisation des enfants soldats MUXLKY-KSFtUTnS SILinES UN FILM DE RAYMONDE PROVENCHER http://fr.grace-milly-lucy.tv AMNISTIE .Ô^P-«= OQO uam I A LAFFICHE DES LE 11 FEVRIER! Précédé du court-métrage La tranchée de Claude Cloutier CINEMA PARALLELE 3536 BOULEVARD SAINT-LAURENT 514-847-2206 CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS m
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