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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2011-02-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 EEVRIER 2011 IDEES Vers un « recul tranquille » du français Page B 5 TRAVAIL Des grévistes en toge noire Page B 3 PERSPECTIVES r ¦ * '-132-976?lLE92ai 9325,7231.::ill275 275:3 I HH CM I Sîîft ISS ^ * S"”* ' *M«t 9«4 UT9267 9325 7m >UU3t3 2t53l 9330111 UU CU i «lia-fiyfia-, .1 ZH9 , - ii,.- i itt u-itr 42- 11-217-11 iitt 530+11275-1 uh c2 mti l- 1 L 8113* 760 » iÛKl •_ Iju * 6EUt twt! 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européennes à l’automne 2007, on met la dernière main à de nouvelles règles, d’abord pour façonner un marché continental commun, sans frontières, mais aussi pour favoriser la naissance de joueurs capables de faire concurrence aux grandes Bourses nationales.Le décret tombe en novembre 2007.L’affaire fonctionne à merveille, si bien, même, qu’en 36 mois, la Bourse de Londres voit sa part du marché britannique se pressurer de 95 % à 55 %.Mercredi matin, elle était aux portes de Bay Street, un bouquet de roses à la main, 3,2 milliards dans l’autre.Une tendance lourde L’offre d’achat de Londres pour le Groupe TMX — qui possède la Bourse de Toronto, celle de Montréal et la Bourse de croissance dans l’Ouest canadien — s’inscrit dans une lourde tendance.L’univers boursier, en profonde mutation technologique, est aujourd’hui le théâtre d’un scénario connu consistant à avaler les concurrents pour prendre du poids, faire des économies d’échelle et maximiser le profit.Comme le dit un ancien président de la Bourse de Montréal: «La bataille se fait maintenant sur les coûts.» «Depuis quelques années, on assiste à une vague de fusions internationales, transcontinentales, transatlantiques; alors, on pouvait s’attendre à ce que le TMX se trouve un partenaire de danse», dit Louis Gagnon, un professeur associé à l’Université Queen’s qui, dans une ancienne vie, était cadre supérieur et stratège à la Banque Royale.«J’aurais toutefois imaginé que l’acheteur serait la Bourse de New York, pas celle de Londres.Mais entre Toronto et Londres, il y a des affinités.» Voici un bref récapitulatif — étourdissant, oui — des fusions boursières depuis 2006.L’essentiel: la Bourse de New York (NYSE) a acheté Euronext pour 11 milliards; le Chicago Mercantile Exchange (CME) a acheté le Chicago Board of Trade pour 11,9 milliards; la Deutsche Borse a acheté l’In-ternatiopal Securities Exchange aux Etats-Unis pour 2,8 milliards; le Nasdaq a acheté la Bourse suédoise OMX pour 3,7 milliards; le CME a acheté le Nymex des matières premières pour 8,9 milliards.Mercredi, la Deutsche Borse et le NYSE Euronext ont annoncé qu’ils aimeraient créer la plus grande Bourse du monde.Toronto Sans compter, évidemment, l’achat de la Bourse de Montréal par celle de Toronto, qui a payé 1,3 milliard pour en prendre le contrôle en 2008 sous la surveillance étroite de l’Autorité des marchés financiers du Québec et de la Commission des valeurs mobilière^ de l’Ontario (CVMO).A l’époque, la Bourse de Toronto était à la croisée des chemins.D’une part, elle faisait face à la concurrence de nouvelles plateformes boursières à Bay Street, mais aussi, elle disait vouloir se lancer dans les produits dérivés, chasse gardée de Montréal en vertu d’une exclusivité qui devait se terminer en 2009.«Éventuellement, lorsque toutes les fusions et acquisitions seront terminées, il y aura trois ou quatre Bourses dans le monde, a dit au Financial Times de Londres un ancien membre du conseil d’administration du CME, Jeff Carter.Ce sera comme l’industrie des cartes de crédit.» Parlez-en à Gérald Lacoste, qui a dirigé la Commission des valeurs mobilières du Québec de 1974 à 1981 et la Bourse de Montréal de 1994 à 2000.Il était aux commandes du parquet de la rue Saint-Jacques quand Montréal a compris qu’avec sont maintenant négociées à la Bourse de Toronto.Le système Alpha Trading, démarré par les grandes banques il y a quelques années à peine, occupe 14 % du marché, comparativement à 9,4 % pour Chi-X.La place de Montréal Alors, que penser de la transaction?Les fuseaux horaires jouent un rôle important, dit M.Lacoste.Puisque Toronto et Londres ne partagent pas les mêmes heures ouvrables, les courtiers et investisseurs vont apprécier cette plus grande marge de ma- « Bien qu’il existe un organisme international des commissions de valeurs, ça reste une association, pas une autorité réglementaire » 10 % du marché canadien vis-à-vis du géant qu’était devenue la Bourse de Toronto, il valait mieux se spécialiser.Lire: laisser à Bay Street le monde des actions pour se concentrer sur les produits dérivés, c’est-à-dire les options et les contrats à terme, utilisés par les grands investisseurs.Anticipation «Plus de dix ans avant qu’on commence à restructurer les marchés canadiens, on avait fait des études qui suggéraient que la tendance amorcée au début des années 90 allait générer une consolidation des places boursières à très grande échelle, dit-il.C’est d’ailleurs un des arguments mis en avant pour expliquer le désir de spécialiser les Bourses, afin de tirer notre épingle du jeu.» Cela n’a pas empêché, plus tard, l’émergence de systèmes de négociation alternatifs (SNA), des réseaux d’échange parallèle, rapides et souples, offrant discrétion et escompte sur les tarifs.D’où leurs avancées.Au Canada, 64 % des actions nœuvre pour pouvoir passer des commandes, peu importe l’heure de la journée.«Je ne vois pas d’inconvénient majeur à la fusion», dit-il.D’autant plus que, selon plusieurs spécialistes, le fait que Montréal sera responsable des produits dérivés pour l’ensemble du groupe est une bonne chose.La Bourse de Montréal, qui compte 220 employés, a fait son chemin et est désormais un centre d’excellence en produits dérivés, dit M.Lacoste.Elle détient aussi la Chambre de compensation canadienne des produits dérivés, sorte de guichet unique où l'on établit les gains et les pertes des joueurs du marché.Londres le sait.D’ailleurs, au moment de négocier sa vente à la Bourse de Toronto, en 2007, la Bourse de Montréal avait attiré les regards de deux autres places boursières, qui ne pouvaient toutefois offrir les mêmes garanties au chapitre du maintien des activités à Montréal.D’autant plus que les deux se connaissent déjà, puisque c’est Montréal qui a conçu la plateforme technologique qui permet à la Bourse de Londres de fonctionner.et qui a été ven- due sous licence à d’autres places boursières.L’informatique et la vitesse sont au cœur du modèle d’affaires des Bourses, qui se targuent d’offrir un processus d’exécution qui bat le concurrent par 12 millisecondes.Situation délicate Mais les concurrents disparaissent.Après l’annonce de mercredi matin, le Globe and Mail écrit que «l’époque des Bourses nationales s’achève».Le quotidien torontois a cependant concédé que les fusions vont plus vite que la réglementation.En conclusion, il précise que «les institutions économiques du monde ne sont pas suffisamment prêtes à des Bourses multinationales.Bien qu’il existe un organisme international des commissions de valeurs, ça reste une association, pas une autorité réglementaire».Informée quelques jours avant l’annonce officielle, l’AMF se trouve donc dans une situation délicate.Ayant en main un droit de veto qui lui permet de bloquer la transaction, elle a toutefois besoin d’un argumentaire extrêmement convaincant pour l’exercer.«Le politique va demander des garanties parce que c’est important pour la place financière», dit M.Lacoste.Il faudra aussi surveiller la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario et le gouvernement canadien, dit-il, qui seront appelés à se prononcer.Et qu’adviendra-t-il de ce droit de veto de l’AMF et des autorités ontariennes acquis en 2008?Imaginons que la Bourse de Londres réussit l’achat de Toronto et de Montréal.Imaginons maintenant que la Deutsche Borse survole la Manche dans deux ans pour offrir d’acheter la Bourse de Londres.Le droit de veto sera-t-il réel ou théorique?Le Devoir NOMINATIONS PARTISANES Les copains d’abord B avait promis une quasi-révolution dans la manière de faire de la politique à Ottawa.Fini le patronage des rouges.Vraiment?Aujourd’hui, Stephen Harper accumule lui aussi les nominations partisanes qui font rager l’opposition.Le CRTC et Radio-Canada y ont goûté cette semaine.Et l’histoire se répète.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa — C’était au soir de son élection, en janvier 2006.«Désormais, nous allons changer pour vrai la façon de faire les choses à Ottawa», lançait Stephen Harper à une foule enthousiaste.Trois mois plus tard, le 11 avril, celui qui se décrivait alors comme «le nouveau gouvernement du Canada» présentait son plan d’action pour l’imputabilité fédérale.La feuille de route établissait cinq priorités, dont une réforme du mode de nomination pour permettre de «nommer des personnes qualifiées».Entre autres dispositions, le gouvernement souhaitait alors créer une Commission des nominations publiques.Composé d’un président et de quatre commissaires, cet organisme aurait été chargé de surveiller le processus de sélection pour les nominations par décret des différents membres des conseils, des cçmmissions ou des sociétés d’Etat H aurait établi un code de pratique et approuvé le processus de sélection que les ministres proposent pour pourvoir des postes vacants au sein des organismes de leur portefeuille.L’objectif?Garantir aux Cana-diens que «En campagne, on se prononce toujours contre le patronage.Mais dès qu’on accède au pouvoir, ça change.» «les nominations par le gouvernement récompensent le mérite, tout en respectant les valeurs que représentent l’équité et la transparence, et réduire le risque de politisation de la fonction publique».Or cette commission n’a jamais vu le jour.Le premier ministre Harper a décidé d’abandonner le projet quand les partis d’opposition ont rejeté la candidature de l’ancien bailleur de fonds conservateur Gwyn Morgan au poste de président, au printemps 2006.Ex-dirigeant de la pétrolière EnCana, M.Morgan avait tenu des propos controversés à propos des immigrants, raison officielle de son écartement Son nom a resurgi dans l’actualité en mars 2009, quand il a été révélé qu’il avait versé 20 000 $ à la National Citizens Coalition — organisme jadis dirigé par Stephen Harper.L’argent a servi à acheter des espaces publicitaires qui ont été utilisés.pour des messages partisans attaquant le chef libéral de l’époque, Stéphane Dion.Partant de cet échec initial d’une commission avortée, le processus des nominations publiques connaît sous le règne conservateur les mêmes remous qu’auparavant Rouges ou bleus, same old, same old.Mêmes accusations de copinage et de favoritisme, mêmes critiques de l’opposition, même défense du VOIR PAGE B 2 COPAIN B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS EEVRIER 2011 PERSPECTIVES Les chemins de la liberté Gil Courtemanche Comme la volonté divine, les chemins de la liberté sont mystérieux et tortueux.Quant à leur destination finale, elle est encore plus imprévisible et incertaine.La bberté se meut comme un électron libre et la dif-bcile tâche de ceux qui la poursuivent est de la canabser vers la bberté.En mai 1989, la frontière électribée qui séparait la Hongrie de l’Autriche fut mise hors d’usage par le gouvernement parce qu’elle était défectueuse.Quelques campeurs est-allemands en probtèrent pour passer à l’Quest.Dans la foulée, des rubbers de citoyens est-abemands se ruèrent vers la bberté à travers cette brèche.Dorénavant inutile, le mur de Berlin tombait en novembre 1989 et le chancelier allemand Helmut Khol déclarait: «Le sol sur lequel repose la porte de Brandebourg est hongrois.» En décembre deriber, le jeune Tuibsien Mohamed Bouazizi s’bnmolait par le feu pour protester contre la dictature tunisienne.11 n’était qu’un chômeur diplômé parmi des dizaines de rubbers, mais c’est sur sa tombe que poussèrent les fleurs de jasmin qui chassèrent Ben Ab.11 y a trois semaines envEon, un jeune cadre égyptien de Google ouvrit une page Facebook intitulée «Nous sommes tous Khaled Saïd», du nom d’un jeune manifestant battu à mort par la pobce.De retour en Egypte, le jeune homme est emprisormé durant douze jours.Son témoignage à sa sortie de prison galvanise les manbestants de la place Tahrb alors qu’on craignait que la contestation s’essouffle.Bien sûr, b n’y a rien de magiquement spontané dans ces événements, car ces étbicebes se seraient étebites dans la nuit si un brasier ne couvait pas.Elles agissent comme l’apport d’au dont un feu naissant a besoin poiu s’embraser et réchauffer toute la pièce.En f979, ils étaient des dizaines de milliers dans les rues de Téhéran, portant la même flamme que les manifestants de la place Tahrir, assob-fés de la même justice et de la même dignité.Le shah, comme le raïs, abandonna la partie.Qn croyait la bberté triomphante.Ebe fut conbsquée par les théocrates et assassinée dans les mêmes rues en 2009 quand des centaines de mbbers de personnes protestèrent contre les élections truquées et la réélection du président Ahmadinejad.C’étaient les pensées qui m’habitaient dans la nuit de jeudi à hier, quelque temps après les discours de Moubarak et de son vice-président.La liesse des heures précédentes s’était transformée en incompréhension et en colère sourde.Parlant de lui à la troisième personne, le président s’était présenté comme l’incarnation de la nation et le dernier rempart de sa stabilité.11 avait demandé aux manifestants de lui faire conhance pour instaurer ce qu’b avait combattu durant trente ans.Le vice-président avait ajouté qu’on avait compris les revendications et qu’il était temps pour les jeunes de rentrer à la maison.11 était quatre heures du matbi ici et quand je me suis résigné à aber dornbr, c’était avec les pues scénarios en tête.Des colonnes de manifestants se duigeaient vers le palais présidentiel et le siège de la télévision d’Etat.Mohamed el-Baradei avait déclaré qu’il craignait une explosion.Les spécialistes évoquaient la possibilité d’une provocation délibérée qui forcerait l’armée à intervenir contre les manifestants.Pour ma part, j’y voyais une autre manbestation de l’inconscience absolue des dictateurs, de leur bica-pacité totale de vivre sur la même planète que leur peuple.Je n’étais pas rassuré sur la suite des choses et craignait de tragiques débordements lors des manbestations qui suivraient la prière du vendredi.Comme tout le monde, j’avais sous-estimé la force tranquille et la conhance que confère parfois l’appropriation de la bberté.J’avais aussi mal évalué l’intelligence profonde qui animait ce mouvement et sa capacité de maintenu cohésion et ordre dans un mouvement qui, en apparence et en réalité, n’était ni structuré, ni hiérarchisé.Si les téléphones portables, les réseaux sociaux et les télévisions satelbtabes avaient pu animer et remplb la place Tahrb, les rues d’Alexandrie et de Suez, ces nouveaux vecteius de la parole bbé-rée pouvaient aussi contribuer à maintemr la cohésion et le choix débbéré du pacifisme comme stratégie.Et c’est en partie ce qui s’est passé.Le peuple égyptien a répondu à la provocation par la défiance tranquille.«Nous fie partirons pas tant que vous ne partirez pas!» À mon réveil, la place Tahrb ne résonnait pas de coups de feu, mais du sbtiement et des lumbieuses explosions des feux d’artifice.Comme par hasard, on apprenait que l’Iran avait fermé les serveius Internet et brouibé les ondes des télévisions étrangères.Les chemins de la bberté sont parfois technologiques.Rien n’est vrabnent gagné poiutant.La bberté peut encore être confisquée.L’armée n’est pas un parangon de vertu démocratique et son adhésion aux prbicipes démocratiques ne s’est pas faite la joie dans le cœur.Comment pour l’opposition mabitenb la vigilance et surtout la pression pour que la transition démocratique se réalise?C’est le prochain défi du mouvement de protestation.Quand la place Tahrb va se vider, les télévisions et les joiunabstes vont partir à la recherche d’une nouvelle crise.Qr, c’est maintenant que l’Histoire commence.Si ce redoutable appareil répressb a dû s’avouer yaincu, c’est bien sûr à cause du courage des Egyptiens, mais aussi, contrabement à l’Iran, parce que le monde entier regardait la, place Tahrb.Peut-être est-il trop tôt pour tous.Egyptiens, télévisions, QNG, de quitter la place de la Libération.Face à la Tunisie et à l’Égypte La diplomatie française en panne On croyait qu’elle était le point fort de Nicolas Sarkozy.Depuis le «printemps arabe», la diplomatie française essuie revers sur revers.Derrière le scandale des ministres qui prennent des vacances aux frais des dictateurs se cache une diplomatie sinistrée.CHRISTIAN RIOUX Paris — Qn a finalement compris cette semaine pourquoi il était hors de question que la ministre des Affaires étrangères de la France, Michèle Abiot-Marie, démissionne.Peu importe qu’ebe ait naïvement proposé le «savoir-faire français» en matière de sécurité au régime policier de Ben Ab alors que le peuple tunisien était dans la rue.Peu importe qu’ebe ait pris des vacances en Tunisie et profité gracieusement d’un avion appartenant à des proches du dictateiu alors que les protestations s’étendaient dans le pays.L’bn-possibibté politique d’une démission est apparue clabement lorsqu’on a appris que le premier ministre, François Fiboq, avait lui-même passé ses vacances de Noël en Egypte aux frais du gouvernement d’Hosni Moubarak.Comment fabe démissionner un ministre quand sa hiérarchie marche dans ses traces?Au moment de dresser le bilan de mi-mandat de Nicolas Sarkozy, la politique étrangère semblait devob être classée dans la colonne des profits.Le président avait utüisé la présidence française de l’Union européenne en 2008 pour obte-nb rapidement un cessez-le-feu dans le conflit opposant la Géorgie à la Russie.11 avait profité de la crise financière pour accélérer la création du G20.Deux ans plus tard, l’explosion du monde arabe, avec lequel la France était censée de par son histobe entretenb une relation privilégiée, révèle au contrabe une politique en déshérence.Une politique en lambeaux «La politique méditerranéenne de l’Europe, que ce soit la politique communautaire, ou celle des Etats membres, notamment la France, est en lambeaux», n’hésite pas à affirmer siu le site Slate.fr.l’ancien chroniqueur de pobtique internationale du Monde Daniel Vernet.Les preuves du retard de la France à l’allumage ne manquent pas.Alors que Hillary Clinton avait exprbné dès,le 13 janvier, à Doha, la sjunpa-thie ouverte des Etats-Unis à l’égard des revendications du peuple tunisien, la France est au contrabe demeurée muette pendant des jours.Tout cela malgré les 600 000 Tunisiens qui vivent en France et les 20 000 Français qui habitent en Tunisie.Même chose pour l’Egypte.11 faudra attendre le 29 janvier pour qu’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et David Cameron parlent de «revendications légitimes» et d’un «processus de changement».Depuis, la pobtique arabe de la France et de l’Europe semble tout entière à la remorque des avancées et des reculs américabis.La position américaine n’est évidemment pas facile.Barack Qbama a navigué à vue entre les engagements répétés du gouvernement américain en faveiu de la démocratie et la nécessifé de préserver le seul albé arabe d’Israël et des Etats-Unis.Mais au moins le président a-t-il le mérite d’avob réagi promptement.En France, plusieurs n’hésitent pas à parler d’aveuglement et de compromissions avec les potentats arabes.Dès le 29 avrü 2008, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas affirmé que «l’espace des libertés» progressait en Tunisie?Les témoignages confirment que, contrabement aux ambassadeius américains, les diplomates français en poste à Tunis n’ont jamais reçu les représentants de la société civile et des organisations de défense des droits de la personne.Ceux-ci étaient persona non grata.Les fuites rapportées par WikiLeaks laissent penser que la pobtique française relevait de l’aveuglement plus que d’un sain pragmatisme.Selon les propos d’un diplomate américain, l’ambassadeur français aurait même affirmé que «la Tunisie n’était pas une dictature».Une autre soiuce, citée par le Nicolas Sarkozy lors de la discussion sur TFl avec des gens du grand public.site Médiapart, décrit ce même diplomate comme «l’ambassadeur de Ben Ali auprès de Sarkozy et non l’inverse».L’ami Moubarak Nicolas Sarkozy s’était pourtant fait ébre avec un programme de pobtique étrangère donnant la priorité à la Méditerranée.Le i3 juillet 2008, il présidait à la créatiop de l’Union méditerranéenne rassemblant les Etats riverabis et censée relancer Lunion économique.Personne ne se doutait alors que ce projet mort-né s’appuyait siu un coprésident en sursis, Hosni Moubarak.«La principale préoccupation de ces dirigeants n’est pas d’intégrer un club de démocraties méditerranéennes, mais de sanctuariser leurs régimes et de maintenir leurs clans au pouvoir», écrivait alors dans Le Figaro l’analyste Antobie Basbous.L’Europe «a commis une énorme bévue en percevant les régimes autoritaires arabes comme un rempart à l’islamisme», a estimé cette semaine l’universi-tabe tunisien Azam Majoub.Devant la liste des ministres français qui entretiennent des liens étroits avec ces régimes dictatoriaux, le mot «compromission» vient spontanément à la bouche.Selon Jean-Marie Colombani, «l’accent mis par Nicolas Sarkozy sur ses relations personnelles avec Ben Ali et avec Moubarak l’a empêché de concevoir que l’un puis l’autre puissent être si rapidement déstabilisés».Et l’ancien directeur du Monde de se demander: «Mais où est donc passé le Quai d’Orsay?» De nombreux observateius attribuent ces ratés Les diplomates français en poste à Tunis n’ont jamais reçu les représentants de la société civile à un autre facteiu moins visible mais non moins déterrnbianf à savob la crise grave que traverse le ministère des Affabes étrangères français depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.En juillet dernier, l’écrivabi et ancien ambassadeiu Jean-Christophe Ruffin parlait 6!«un ministère sinistré», à cause notamment d’une centrqbsation excessive de la pobtique étrangère à l’Elysée.Au même moment, dans une tribune du Monde, les anciens ministres des Affabes étrangères Alabi Juppé et Hubert Védrine décrivaient un «instrument sur le point d’être cassé» et donc incapable d’analyser avec précision les évolutions de la conjoncture mondiale.Au beu de revenb siu l’ensemble de ces ratés, Nicolas Sarkozy a préféré nommer en catastrophe un nouvel ambassadeur à Tunis, Boris Boillon.Cet ancien conseiller du président a promis une «ère nouvelle» dans les relations avec la Tunisie.Plusieurs diplomates ont cependant noté que sa nomination avait été unilatérale et n’avait pas respecté la tradition qui veut qu’un ambassadeur ne soit jamais désigné sans avob d’abord consulté le mbiistè-re des Affabes étrangères du pays qui l’accueillera.Une fois de plus, la France semble fabe peu de cas de l’opbbon des pays arabes.Les vieux réflexes ne se perdent pas facüement.Hier sob, en apprenant le départ d’Hosni Moubqrak, Nicolas Sarkozy a été un des rares chefs d’Etat à rendre «hommage» à la «décision courageuse» du dictateur ég5q)tien.Correspondant du Devoir à Paris COPAIN SUITE DE LA PAGE B 1 gouvernement (les gens nommés sont qualifiés, etc.).Cette semaine, les nombiations de l’avocat-cri-mbiabste Torn Pentefountas à la vice-présidence du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et de l’ancien député adéquiste Pierre Gbigras au conseü d’administration de la Société Radio-Canada/CBC ont fait grbicer bien des dents et relancé les protestations de l’opposition.C’est qu’au cours de sa carrière, M.Pentefountas n’a jamais touché de près ou de loin à des dossiers bés aux télécommunications.Le gouvernement l’a reconnu lui-même.non sans vob un réel avantage à ce manque d’expérience.«Ça veut dire qu’il n’a pas de conflit d’intérêts» avec les différents intervenants paradant devant le CRTC, a souligné le ministre du Patrimoine, James Moore.Position immédiatement tournée en dérision par les bbéraux: «La logique, c’est que moins vous en savez sur un dossier, meilleur vous êtes pour être nommé», a riposté le député Pablo Rodriguez.De bons copains La nomination de M.Pentefountas a d’autant plus étonné que tous ses prédécesseurs étaient des gens du milieu, habitués de traiter des enjeux de télécommunications.Mais elle surprend peut-être moins lorsqu’on sait que l’avocat est un proche du sénateur conservateur Léo Housakos, qu’il connaît bien le directeur des communications de M.Harper, Dimitri Soudas, et qu’il a été président de l’Action dé- mocratique du Québec (ADQ) entre 2007 et 2008, à une époque oû l’ADQ avait des liens serrés avec les conservateurs.Même chose pour Pierre Gingras, qui débarque à Radio-Canada sans la moindre expérience pertinente.L’ancien maire de Blainvibe a été député adéquiste de la circonscription du même nom durant le bref règne de l’ADQ comme opposition officiebe à Québec.11 a certes mbi-té pour le Parti bbéral du Canada — candidat défait en 2004 —, mais c’est aux conservateurs qu’ü a prêté main-forte lors de la campagne fédérale de 2008.M.Gingras connaît bien le sénateur conservateur Claude Carignan, ex-maire de Sabit-Eustache.Des exemples de ce type, ü y en a des dizaines quand on examine les nombiations faites sous les conservateurs.Au Sénat — que M.Harper avait promis de réformer —, les amis du régime ont été choyés depuis 2006.Le grand organisateur conservateur des campagnes de 2006 et de 2008, Doug Finley (par ailleurs époux de la ministre Diane Finley) a été nommé en 2009.Les anciens candidats conservateurs ou albancistes Stephen Greene, Michael MacDonald, Fabian Manning, Yonah Martin, Michel Rivard, John Wabace, Léo Housakos ou Claude Carignan ont tous reçu un appel du premier mbbstre.Le nouveau venu Larry Smith a quant à lui inversé le processus: il sera candidat aux prochaines élections dans l’ouest de Montréal.Sa nomination lui permet de fabe campagne tout en profitant de son salabe de 432 000 $.La tendance se vérifie également dans le secteur judiciaire: jeudi, la nomination de Brian Abrams comme juge à la Cour supérieure de l’Qntario a beaucoup fait jaser à Qttawa.Cela parce que M.Abrams était jusqu’à Noël candidat conservateur désigné pour la prochabie élection.11 avait finalement annoncé qu’ü ne se présenterait pas pour différentes raisons personnelles.Mais les bbéraux croient qu’il savait déjà qu’il serait nommé juge.Ce sont là des «pratiques d’un siècle passé», estime Donald Savoie, titulabe de la Chabe en administration pubbque et gouvernance à l’Université de Moncton.«Mais plus ça change, plus c’est pareil.Tous les chef récents ont fait la même chose, que ce soit Mulroney, Chrétien ou Martin.En campagne, on se prononce toujours contre le patronage.Mais dès qu’on accède au pouvoir, ça change.Il y a des amitiés à récompenser.Alors, on voit réapparaître toujours les récompenses politiques aux militants du parti.Au fond, on peut remonter jusqu’à MacDonald et aux débuts de la Confédération et on trouvera toujours la même chose.» M.Savoie croit pourtant que Stephen Harper avait une bonne carte en mabi pour régler le problème avec la Commission des nominations publiques.«Il y aurait eu un élément de transparence, dit-ü.L’idée était bonne.Mais on dirait que M.Harper s’est senti complètement dédouané de faire un effort après l’échec de la candidature de M.Morgan.On sent qu’au fond de lui, il était content que ça se termine ainsi.Il a ainsi les mains libres pour continuer le même vieux système.» Et pour s’en sortir, pas de solution mbacle: «Ça va prendre un chef politique avec un courage politique immense, dit M.Savoie.Et depuis 1867, on n’en a pas vu.» Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS EEVRIER 2011 B 3 PERSPECTIVES JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 2005, les procureurs ont vécu comme un affront le fait d’être inclus dans la loi 43 fixant les conditions de travail de tous les employés du secteur public alors qu’ils n’étaient même pas en négociation.Des grévistes en toge noire La justice ne peut être rendue sans les 450 avocats au service de l’État À qui profite une Couronne affaiblie?demandent les grévistes en toge noire.À quoi servent les procureurs?pourrait-on rétorquer.L’un des enjeux centraux du conflit est escamoté par l’ampleur des revendications salariales.BRIAN MYLES Les procureurs de la Couronne font sentir leur utilité dans les palais de justice par leur simple absence depuis quatre jours.Causes reportées, acquittements séance tenante: leur grève a des effets bien réels sur le système judiciaire.Mais la stratégie pourrait vite se retourner contre eux.Après deux journées de grève seulement, La Presse faisait état jeudi de quatre cas d’acquittement potentiellement imputables à la grève.Des detnandes de remise ont toutes été rejetées.A Longueuil, un homme qui s’est déplacé de Toronto a été acquitté d’un excès de vitesse.Encore à Longueuil, deux individus accusés de vol, de voies de fait et de menaces ont été libérés des accusatiops pesant contre eux à l’enquête préliminaire.A Montréal, un autre homme accusé de vol et d’entrée par effraction a été acquitté.Enfin, à Sherbrooke, une femme accusée de menace de mort a aussi été libérée des accusations pesant contre elle.La chef de l’opposition, Pauline Marois, a fait part de ses préoccupations jeudi.«Cette situation est très grave.Elle fait très mal au système de justice et cela mettra des années avant de s’en remettre.Ce qu’on a compris du gouvernement, c’est qu’il fait plutôt des ultimatums, alors qu’il devrait s'asseoir et négocier sérieusement avec les procureurs», a affirmé Mme Marois.Le premier ministre, Jean Charesfi a annoncé subito presto la nomination d’un médiateur, Jean-Pierre Gosselin, qui a convié les deux parties à une première rencontre hier.Pas de justice sans procureurs Ces récents développements font la preuve, sans l’ombre d’un doute raisonnable, d’une équation toute simple.Justice ne peut être rendue sans la participation des procureurs de la Cpu-ronne.C’est à ces 450 avocats au service de l’État qu’incombe la tâche de prouver la culpabilité d’un accusé.Sans oublier d’épauler les victimes, autant que possible, dans les procès se déroulant sm fond de tragédie humaine.Mais avant de plaider leur cause à l’étape ultime du procès, les procureurs supervisent le cheminement d’un accusé dans les méandres du système judiciaire.Comparution, enquête pour remise en liberté, enquête préliminaire: ils ont une main dans tous les dossiers.En amont, ce sont aussi eux qui étudient les rapports d’enquête de la police et qui autorisent le dépôt d’accusations criminelles, le cas échéant.Depuis le début de la grève, une cinquantaine de procureurs doivent assurer le maintien des services essentiels, c’est-à-dire la poursuite des procédures lorsqu’il y a des accusés détenus, l’examen des plaintes pouvant tomber sous le coup d’un délai de prescription dans les 30 prochains jours, la poursuite des procès devant jmy, la présentation des demandes de remise.Les cadres du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) contribuent, tant bien que mal, au maintien des services.Comme le démontre la première semaine de grève légale dans l’histoire de la Couronne, la machine judiciaire, déjà embourbée dans la «procédurite» et l’industrie du pro forma (les remises de date), va s’enliser davantage.Et vite une loi spéciale A peine les procmems amorçaient-ils lem première journée de grève, mardi, qu’ils craignaient de se faire imposer une loi spéciale par le gouvernement Charest, dont ils ont toutes les raisons de se méfier.Plus la grève s’avère efficace pour paralyser les palais de justice, plus la tentation d’une loi spéciale sera forte pour ce gouvernement que les procureurs ne portent décidément pas dans leur cœur.En 2003, Québec a refusé de donner aux procureurs le droit à l’arbitrage, la voie par excellence pour obtenir un rattrapage salarial.La Couronne a plutôt reçu un cadeau empoisonné dont elle ne voulait pas: le droit de grève, et des augmentations de 10 % sur trois ans.Plus la grève s’avère efficace pour paralyser les palais de justice, plus la tentation d’une loi spéciale sera forte L’Association des procmems aux pomsuites criminelles et pénales (APPCP) n’était ni organisée ni préparée à faire une grève.Selon les calculs de l’APPCE l’arbitrage «liant» constituait une solution nettement plus avantageuse pom obtenir le rattrapage réclamé depuis maintenant.dix ans.A l’heure actuelle, les procureurs du Québec gagnent de 44 000 $ à 103 000 $.Pour rattraper la moyenne canadienne, comme ils le réclament, il faudrait que le Conseil du trésor leur accorde des augmentations d’epviron 36 %.A ce chapitre, Québec a fermé la porte à double torn, d’une part en excluant l’arbitrage, d’autre part en adoptant l’impopulaire loi 43.En 2005, les procureurs ont vécu comme un affront le fait d’être inclus dans la loi 43 fixant les conditions de travail de tous les employés du secteur public.L’APPCP n’était même pas en négociation; la convention collective était bonne pour encore deux ans.La loi 43 fut pour les procureurs un véritable camouflet.En plus de se voir imposer des salaires, ils ont été privés de la possibilité d’exercer lem droit de grève pendant près de cinq ans.Lorsqu’ils ont voté à l’unanimité en faveur d’une grève, le 22 janvier dernier, ils avaient en mémoire cet épisode peu glorieux qui a valu au gouvernement Charest une condamnation ferme, mais symbolique, du Bureau international du travail (BIT), une agence de l’QNU.Les déclarations de la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, selon lesquelles l’APPCP n’a pas la volonté de négocier, laissent présager une nouvelle escalade dans les relations acrimonieuses qu’entretiennent Québec et l’APPCP L’empressement de Jean Charest à nommer un médiateur confirme que les effets nuisibles de la grève sont réels et suffisamment sérieux pour que la menace d’une loi spéciale ne soit pas dénuée de fondements.Quant à savoir si les revendications des procureurs seront prises au sérieux, c’est une tout autre affaire.Le Devoir La guerre du temple Les militants cambodgiens et thaïlandais ont repris les hostilités à la frontière commune Ce sont les combats les plus intenses en 20 ans.Ils opposent depuis quatre joms les militaires thaïlandais et cambodgiens sur leur frontière commune à proximité de l’ancien temple khmer de Preah Vihear.Côté thaïlandais, plusieurs écoles et maisons ont été détruites par des tirs d’artillerie lourde.Environ 15 000 villageois ont été évacués dans des temples bouddhiques ou des g5unnases à l’intérieur des terres.Sept personnes ont été tuées de part et d’autre, dont trois militaires et deux villageois.Selon un commandant militaire cambodgien, le temple lui-même, un site hindouiste du XI® siècle, a été sérieusement endommagé.«Une aile de notre temple de Preah Vihear s’est effondrée», a-t-il assuré.Le premier ministre cambodgien, Hun Sen, a jugé le conflit suffisamment sérieux pour demander au Conseil de sécurité des Nations unies de convoquer une réunion d’urgence pour «arrêter l’agression thaïlandaise».Son homologue thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, affirme, lui, que son armée n’a fait que se défendre après avoir été prise sous le feu des Cambodgiens.Le secrétaire général des Nations unies.Ban Ki-moon, se dit «fortement inquiet» et appelle à «une retenue maximale».Ces affrontements dépassent clairement en intensité les accrochages qui ont eu lieu sporadiquement depuis l’inscription du temple sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCQ, en juillet 2008, à la demande du Cambodge.Cette démarche avait ravivé les tensions frontalières latentes depuis des décennies.Les deux armées semblent vouloir, cette fois-ci, prendre possession de la zone environnant le temple, qui est à la fois revendiquée par Bangkok et Phnom Penh: 4,6 kilomètres carrés de broussailles et de ruines autour du sanctuaire, établi en surplomb d’une falaise à pic.Le temple a pourtant été attribué au Cambodge par une décision de la Cour internationale de justice de La Haye en 1962, laquelle s’était appuyée sur une carte franco-siamoise établie en 1908.La Thaïlande conteste sa validité et se réfère à des cartes américaines plus récentes.Le gouvernement du premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, est sous la pression intense d’un mouvement ultranationaliste, l’Alliance populaire pour la démocratie (ou les «Chemises jaunes»), dont les membres estiment qu’il «brade la souveraineté du pays».Ces militants, qui appartiennent pour beaucoup à une secte bouddhiste rigoriste, ont établi un campement face au palais du gouvernement depuis début janvier et fustigent quotidiennement Abhisit Vejjajiva pour sa «mollesse» face au Cambodge.«Abhisit nous assure que nous n’avons cédé aucune portion de territoire au Cambodge, mais comment explique-t-il qu’avant nous pouvions cultiver nos champs près du temple et que maintenant l’armée [thaïlandaise] nous empêche d’y accéder», s’indigne Kaenfa Senmuang, un paysan venu de la province frontalière de Sisaket pour se joindre aux manifestations à Bangkok.Ironiquement, le Parti démocrate d’Abhisit Vejjajiva, alors dans l’opposition, avait attisé en 2008, et sans états d’âme, la ferveur nationaliste et la controverse sur le temple à l’encontre du gouvernement de l’époque.Les nationalistes des Chemises jaunes, qui avaient contribué à porter Abhisit au pouvoir en décembre 2008, utilisent aujourd’hui cette même arme contre lui pour faire tomber son gouvernement.Libération Le vote nordique 'i Michel David Il n’est pas inhabituel qu’un gouvernement aille à l’encontre des vœux de la population.Celui de Jean Charest le fait presque quotidiennement.Ce qui est plus rare, c’est de voir l’opposition en faire aussi bon marché en même temps.Déjà, l’automne dernier, un sondage Léger Marketing-Le Devoir indiquait que près, de 60 % des Québécois s’opposaient à ce que l’État finance entièrement le nouvel amphithéâtre que le m^ire Labeaume voulait construire à Québec.A en juger par les réactions à l’annonce de jeudi, ils n’ont pas changé d’idée.Bien entendu, les avis étaient diamétralement opposés selon que les personnes interrogées résidaient dans la région de Québec, où 75 % étaient favorables à l’idée, ou à Montréal, où 67 % s’y opposaient.Profondément allergique à la contrariété, le maire Labeaume avait décrété que le sondage était dans l’erreur.Tout le monde reconnaît les talents de vendeur de M.Labeaume.Il arrivera sans doute à convaincre ses électeurs des mérites de son plan de gestion de la dette, qui doit permettre de financer la construction du nouvel amphithéâtre sans hausse de taxes.De toute manière, la population de Québec semble pfête à payer le prix du retour des Nordiques.A plus forte raison s’il est possible de refiler la moitié de la facture à d’autres.Il appartenait au premier ministre Charest de fixer les limites de la participation de l’État.Il a déclaré que tous les Québécois admiraient la capitale pour sa brillante performance économique des dernières années.Précisément, il y a d’autres régions où les besoins sont plus criants.Et dans toutes les régions, il y a des gens plus mal pris que les propriétaires du club de hockey qui s’installera — peut-être — dans un édifice dont le coût réel demeure inconnu, mais qui pourrait facilement atteindre le demi-milliard.Bien sûr, Québec n’est pas Montréal.Qn ne peut pas s’attendre à ce que le secteur privé assume la totalité des coûts, comme cela a été le cas du Centre Bell.De là à ne pas y mettre un sou.M.Charest a déclaré qu’il s’agissait d’une «décision mûrement réfléchie», fondée sur une «étude sérieuse», en l’occurrence celle d’Ernst & Young, qui avait provoqué un éclat de rire général lors de sa publication.C’était bien la première fois qu’on présentait Charlottetown comme une «agglomération avoisinante» de Québec.La seule conclusion qui semblait indiscutable était que l’amphithéâtre ne ferait «rentable» qu’à la seule condition que l’État assume tous les coûts de construction.Une parfaite illustration de ce qu’on appelle la nationalisation des risques et la privatisation des profits.Il y a dix ans, Bernard Landry avait préféré sacrifier le zoo de Québec plutôt que d’y laisser flotter le drapeau canadien.L’épisode de la reconstitution de la bataille des plaines d’Abra-ham a cependant démontré que le PQ est maintenant prêt à toutes les compromissions pour reconquérir la capitale.Il est impossible de dire dans quelle mesure le départ des Nordiques peut expliquer la performance décevante du QUI lors du référendum de 1995, mais plusieurs n’ont pas pardonné au gouvernement Parizeau de les avoir laissés partir.La députée de Taschereau, Agnès Maltais, s’est indignée de l’absence de toute participation financière d’Qttawa, mais elle s’est bien gardée de reprocher au gouvernement Charest d’avoir augmenté sa propre participation en conséquence.Si toute occasion de blâmer le fédéral est bonne pour le PQ, cela ne change rien à la question de fond.Quelle que soit la façon dont les différents paliers de gouvernement se répartissent la facture, il s’agit toujours de fonds publics.Même si le Canadien déménageait à Hawaii, cela ne changerait probablement rien à la répartition des sièges entre les différents partis à Montréal.Sauf pour une ou deux circonscriptions, la carte électorale de la métropole est presque immuable.Il en va tout autrement de Québec et, plus généralement, de l’est du Québec, où les allégeances politiques sont nettement plus changeantes.Coïncidence, ce sont également les régions où les Nordiques étaient les plus populaires.C’est ce vote nordique qui va déterminer le résultat des prochaines élections.Le maire Labeaume a vanté le «courage politique» de Jean Charest.Il est vrai que le premier ministre n’est pas d’un naturel peureux, mais cela n’a rien à voir.Vous souvenez-vous de la dernière fois que M.Charest a signé des autographes?S’il y en a un qui a fait preuve de courage dans les circonstances, c’est plutôt Gérard Deltell.D’un point de vue adéquiste, construire un amphithéâtre sans la moindre participation du privé constitue une véritable hérésie, mais il n’y a point de salut pour l’ADQ hors de la région de Québec.Les choses auraient été plus compliquées pour M.Deltell s’il était en mesure d’empêcher quoi que ce soit, mais il a au moins fait un effort pour acqorder son discours à ses principes.A Québec, on fait le pari que Stephen Harper, qui n’a pas l’excuse de l’impuissance, ne pourra pas être aussi scrupuleux.C’est possible, mais Qttawa peut maintenant s’en tirer à bien meilleur prix.mdavid@ledevoir.corn B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS EEVRIER 2011 EDITORIAL Départ de Moubarak La mutation Le départ de Hosni Moubarak est le symbole d’une mutation: ce qui était une révolte est maintenant une révolution.Le changement de régime qu’il a induit, l’assurance formulée par les militaires que l’aspiration démocratique du peuple égyptien serait respectée permettent d’avancer que le printemps arabe est désormais à l’borizon.L’borizon du court terme.A Serge Truffaut morcé le 25 janvier dernier par deux mouvements laïques, le soulèvement des Egyptiens vient d’atteindre son premier point d’orgue: Moubarak a démissionné.En fait, si l’on en croit des conseillers de la Maison-Blanche, leurs homologues égyptiens leur ont assuré qu’ü avait été.«démissionné» par l’armée.Ce scénario semble d’autant plus en phase avec l’évolution des événements que, tandis que les membres du gouvernement se livraient avant-hier à une valse-hésitation, les bonzes de l’état-major se réunissaient d’urgence.Simultanément, les sous-offiders elles sans-grade poursuivaient l’expansion, au sens le plus géographique du terme, du contrôle de toutes les villes du pays.Toujours est-il qu’à la suite des basculements observés au cours des dernières heures, l’armée a les rênes du pouvoir entre les mains.Signe de son emprise, le numéro 2 du régime, nommé par Moubarak il y a une quinzaine, soit Omar Souleimane, a été écarté du premier ^ cercle.Quoi d’autre?L’article constitutionnel 1 ' afférent à la passation du pouvoir a été relé- T gué au statut de hction, de légende.Dans une allocution succincte, le général généraux a indiqué que les revendications du peuple étaient au rendez-vous de la gestion des affaires au cours des prochains mois.Qu’il y aura donc des discussions, voire des négociations, avec les représentants des divers courants qui ont animé la fronde des dernières semaines, une révision de la Constitution et l’organisation, après coup, d’élections libres.Le tout devrait être précédé dans les prochains jours par la levée de la loi d’urgence que réclame à cor et à cri la rue égyptienne.Jusqu’à présent, l’armée a revêtu le costume de la neutralité.Va-t-elle le conserver?Rien n’est moins sûr.Si les promesses faites deviennent réalité, alors on va assister à un remodelage, à un partage des pouvoirs affaiblissant ceux de la présidence au proht de l’assemblée.Qn va assister à la confection d’un gouvernement composé de civils qui tôt ou tard sera confronté à un rapport de force musclé avec les militaires.Ces derniers, il faut le souligner deux fois plutôt qu’une, ont des intérêts signihcatifs à défendre.Qu’on y songe: sur le flanc économique, l’armée est propriétaire d’Egyptian Air, de chaînes d’hôtels, de vêtements, d’alimentation, elle détient le monopole de la distribution du gaz, etc.En un mot, dans les affaires de l’argent, du fric, son poids oscille, bon an, mal an, entre 10 % et 20 % du PIB.Dans un cas comme dans l’autre, c’est énorme.Cette prépondérance laisse entrevoir des pourparlers rugueux avec la société civile égyptienne bien avant la communication des résultats de l’élection, si élection ü y a.Qn le sait, l’armée mise à part, les Erères musulmans s’avèrent le groupe le mieux organisé et le plus apprécié du pays grâce au travail effectué depuis des années en matière de santé, d’éducation, de formation syndicale et d’autres sphères sociales.Ici et là, on postule que les Erères pourraient récolter environ 40 % des votes lors d’un scrutin réalisé selon les règles de l’art.En Qccident, bien des voix se sont élevées pour crier au danger.Lequel?Qu’à l’instar de l’Iran il y a 31 ans, on assiste à l’émergence d’une république islamique.C’est aussi court.C’est aussi court que malhonnête.Tracer la diagonale entre Téhéran et Le Caire, c’est nier les dissonances, dans certains cas énormes, qu’il y a entre le chiisme et le sunnisme.Autant le premier a une structure verticale, très hiérarchisée, autant le deuxième est travaillé par quatre écoles juridiques et théologiques souvent en concurrence entre elles.En Egypte, l’école chahite a plus d’ascendant que les autres.Et alors?A la différence de certaines d’entre elles, elle reconnaît l’importance du raisonnement et de la déduction.Cela étant, sur un plan plus terre à terre, confondre Le Caire avec Téhéran, c’est omettre qu’aux yeux des Egyptiens la mainmise des ayatollahs pendant 31 ans, on le répète, a valeur d’exemple.Prétendre que ce qui a cours aujourd’hui en Egypte est un écho à ce qui s’est passé en Iran revient à faire l’iUustration de l’adage qui enseigne que comparaison n’est pas raison.Eaut-ü le rappeler, quand l’histoire se répète, elle se répète autrement.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO Un amphithéâtre de 1,1 milliard de dollars Quel est le coût de l’amphithéâtre multifonctionnel annoncé hier par le premier ministre du Québec et le maire de Québec?Faut-il prendre le coût de construction, le coût de financement ou le coût économique?Le coût de construction prévu s’élève à 400 millions de dollars.11 comprend habituellement les coûts suivants: terrain, honoraires professionnels, contrats de construction, financement temporaire.Le coût de financement se compose du coût d’emprunt et des paiements comptants.11 faut savoir que le coût d’emprunt totalise les annuités qui remboursent le capital et les intérêts.U somme du capital à être financée serait de 325 millions, répartie entre le gouvernement du Québec pour 200 millions et la Ville de Québec pour 125 millions.Après 20 ans, à un taux d’intérêt de 5 %, le coût d’emprunt total serait de 520 millions.En plus des 75 millions versés comptant par la Ville de Québec et le groupe J’ai ma place, le coût de financement de ce projet atteindrait 595 millions.Le coût économique du projet doit inclure, en plus du coût de financement, d’autres charges liées à cet investissement public.Ainsi, il faut calculer la perte de la taxe foncière non résidentielle sur cet immeuble.Basé sur le coût de construction, le montant estimé de cette perte serait de 200 millions sur 20 ans.Pour la même période, il faudrait mettre de côté, chaque année, un montant de 2 % basé sur le coût de construction afin de créer normalement un fonds pour financer les dépenses majeures de réparation.A cette fin, un montant de 160 millions devrait être accumulé.Enfin, certaines dépenses d’entretien général non liées aux opérations devraient être payées annuellement comme le chauffage, l’électricité, la LETTRES climatisation, etc.Durant 20 ans, cela représenterait environ 60 millions.Le coût économique de cet amphithéâtre multifonctionnel s’élèverait à 1,1 milliard de dollars.Voilà le coût qui devrait être retenu par les citoyens de Québec et du Québec.André Letendre Ex-directeur général de la Ville de Beauport, ex-conseiller municipal de la Ville de Québec et ex-membre du comité de transition de la Ville de Québec responsable des finances Le 11 février 2011 Spécialistes ou pas, et après?Triste spectacle que celui que nous offrent des représentants des médecins spécialistes tentant de rabaisser le statut des omnipraticiens dans un débat prétendument autour du titre de spécialiste, alors que l’enjeu réel est l’argent: plus le gouvernement en cédera aux omnipraticiens, moins il en restera pour eux, craignent-ils sans doute.Les spécialistes avancent généralement deux arguments pour maintenir l’écart actuel entre leur rémunération et celle des omnipraticiens: la complexité plus grande de leurs tâches et leurs études plus longues.L’argument de la complexité est discutable, car s’il ne fait pas de doute que les spécialistes utilisent des méthodes et technologies de pointe, cela ne signifie pas que l’application en soit toujours complexe.En outre, leur travail se fait la plupart du temps dans un domaine maîtrisé en profondeur, mais plus limité de la médecine.De leur côté, même si les omnipraticiens n’utilisent pas aussi souvent des technologies complexes, leur tâche de diagnostiquer en première ligne, chez des êtres humains pris dans leur globalité, une panoplie de problèmes de santé physique ou mentale parmi l’éventail immense de toutes les possibilités, en fonction de symptômes multiples, s’avère souvent complexe.Quant à la longueur des études, si elle doit être déterminante pour fixer le salaire, pourquoi alors les chercheurs scientifiques et les professeurs d’université qui ont fait des études aussi longes, parfois plus, que les médecins spécialistes gagnent-ils beaucoup moins?11 faut plutôt chercher la raison de cet état de fait du côté de l’importance perçue par la population des services que leur rendent les médecins.Or, pour le public, un médecin est un médecin.Les gens vouent un grand respect à tous les médecins, omnipraticiens comme spécialistes, et ils expriment un besoin égal de l’expertise et des soins des deux groupes.Dans ce contexte, le trop grand écart de salaire actuellement entre le traitement moyen des spécialistes et celui des omnipraticiens n’est tout simplement pas justifiable.Et qu’on donne ou non aux omnipraticiens le titre de spécialistes n’y change rien.Jean Piuze Père d’une spécialiste et d’un omnipraticien Québec, le 10 février 2011 J’ai mon lit Comme plusieurs Québécois, j’ai assisté jeudi matin à la conférence de presse surréaliste de Jean Charest et du jovialiste maire de la ville de Québec, Régis Labeau-me.Plus tard, j’ai aussi vu et entendu Mario Bédard, initiateur du projet J’ai ma place.On visait ainsi à construire un nouvel amphithéâtre sportif et culturel et lancer une série de mesures dans le but de mieux répondre aux besoins d’éventuels acheteurs de sièges.J’invite M.Bédard à venir à Montréal pour relancer la construction du CHUM promis pour l’année XXXX avec un nouveau slogan: «J’ai mon lit».Robert Giroux Lachenaie, le 10 février 2011 Maximania REVUE DE PRESSE Manon Cornellier Les sujets de réflexion n’ont pas manqué cette semaine.Du périmètre de sécurité nord-américain aux règles du CRTC en matière d’information, tout y a passé, mais, malgré l’embarras du choix, impossible de ne pas tenir compte de la réaction aux propos de Maxime Bernier sur la loi 101 et ce qu’elle révèle sur la perception qu’on en a dans le reste du pays.Naomi Lakritz, du Calgary Herald, était aux anges.Selon elle, la réaction au Québec et dans la classe politique prouve seulement que la vérité fait mal.La loi 101 n’a pas permis de sauver la langue française au Québec, mais plutôt poussé vers Toronto des gens, du capital et des entreprises, dit Lakritz.Alors qu’elle vivait à Montréal en 1977, elle dit avoir vu des immigrants établir des écoles anglophones clandestines pour leurs enfants «parce qu’ils savaient, comme Bernier, que maîtriser l’anglais était un atout important quand vous vivez sur une île linguistique entourée d’une mer de 350 millions d’anglophones».Elle se souvient de ses voisins francophones dont le mauvais anglais limitait les chances d’avancement et qui ne pouvaient envoyer leurs enfants à l’école anglaise pour éviter qu’ils vivent la même chose.«Et pendant ce temps, dans les écoles francophones, ils étaient trop occupés à bourrer le crâne des élèves avec des absurdités séparatistes pour donner à l’enseignement de l’anglais autre chose qu’un traitement expéditif», écrit-elle sans rire.L’avenir du français dans tout cela?Pas un mot.Pour Lakritz, «la loi 101 est depuis 34 ans une loi régressive, répressive, qui n’a pas de place en démocratie», et elle remercie Bernier de le dire.L’Ottawa Citizen a pour sa part ouvert ses pages au très conservateur Gerry Nicholls, un ancien président de la National Citizens Coalition.Ce dernier croit, comme Bernier, qu’il n’est pas nécessaire «d’enfreindre les libertés individuelles pour protéger la langue et la culture».A écouter les autres politiciens, dit Nicholls, il semble toutefois «qu’il ne soit pas approprié de défendre ses principes et la liberté face aux bizarres règles linguistiques québécoises».11 tente donc de deviner pourquoi Stephen Harper laisse aller son député.11 est vrai que ses propos n’ont rien de radical pour la base conservatrice et que ses positions «sonnent beaucoup comme celles de Stephen Harper, du moins le Stephen Harper d’il y a dix ans».La première théorie de Nicholls est que «Harper donne de la marge de manoeuvre à Bernier parce qu’il est secrètement d’accord avec lui».Ses autres thèses sont que Harper le laisse faire parce que cela permet d’amadouer une base insatisfaite d’une gestion gouvernementale trop «libérale» ou simplement parce qu’il ne peut arrêter son député.Un rare député, au dire de Nicholls, qui a le «courage de se tenir debout pour ses convictions.[.] S’il y a une chose, c’est que le Canada a besoin de davantage de politiciens comme Bernier.» Nuances John Ivison, du National Post, ne se prononce pas directement sur les mérites de la position de Bernier, préférant s’intéresser aux raisons de sa grande marge de manœuvre sous un chef à la poigne de fer.Faisant en partie écho aux hypothèses de Nicholls, Ivison fait remarquer que le premier ministre serait mal venu de punir le député «pour défendre des vues qui ont déjà été les siennes et le sont peut-être encore».Mais il a appris durant les élections de 2008, dit le chroniqueur, «qu’il fallait laisser tranquilles les paniers de crabes, garder fermées les boîtes de vers et ne pas toucher aux vaches sacrées, et il n’y a, bien sûr, aucun bovin plus sacré que la loi 101».Bernier a fait d’autres sorties qui faisaient fi du pragmatisme du pouvoir mais plaisaient à la base.L’homme est populaire, «mais tant qu’il ne sera pas perçu comme une menace, il semble que le premier ministre tolérera que M.Bernier se positionne, à certains égards, à droite de son gouvernement», pense Ivison.Originaire du Québec, Tasha Kheiriddin, du National Post, estime que Bernier a raison de dénoncer la loi 101.«C’est une loi draconienne, discriminatoire, qui contrôle la langue que les gens parlent au travail et à l’école.» Elle évoque le départ de 100 000 anglophones, ce qui a affecté l’économie et
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