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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2011-02-15, Collections de BAnQ.

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IMMIGRATION Le Québec a connu un nombre record d’arrivants en 2010 Page A 3 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.CII N°32 ?LE MARDI 15 FEVRIER 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ YEMEN: «APRES MOUBARAK.ALI » KHALED ABDULLAH REUTERS À Sanaa, ajn Yémen, des milliers de manifestants ont réclamé la démission du président Ali Abdallah Saleh et se sont heurtés à des sympathisants du chef d’Etat.Plusieurs milliers de personnes ont également exigé un changement de régime à Taëz et à Aden.IRAK: UN CRI DU CŒUR IRAN: RETOUR DANS LA RUE •f ?., -S'Jj ¦> hl THAIER AL-SUDANI REUTERS REUTERS/YOURVIEW Manifestation de jeunes sur le thème de l’amour du pays, à Bagdad, hier, Téhéran a été le théâtre hier de la première manifestation anti-gouvernementale pour dénoncer la cupidité des dirigeants irakiens.depuis un an.Des milliers de personnes sont descendues dans la rue.Une onde de choc frappe le Moyen-Orient MARCO BELAIR-CIRINO Plusieurs Etats du Moyen-Orient ont été le théâtre, hier, de manifestations anti-régime, s’inscrivant dans la foulée de celles ayant culminé, en Tunisie et en Egypte, avec la chute des autocrates Zine El-Ahidine Ben Ali et Hos-ni Mouharak.Des appels à la mohilisation ont été entendus notamment en Iran, au Yémen, à Bahreïn et en Irak.A Téhéran, des milliers de militants anti-gouvernementaux sont descendus dans les rues, offi- ciellement ahn de faire l’éloge des soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte, mais, dans les faits, ils ont vitupéré la conduite de l’État.Il s’agissait de la première manifestation contre le président de l’Iran, Mahmoud Ahmadi-nejad, depuis un an dans la capitale, malgré les avertissements des autorités qui avaient déployé des forces de l’ordre en grand nombre.Une personne a été tuée, alors que plusieurs autres ont été blessées par des coups de feu, a fait savoir l’agence de presse semi-officielle Ears.Dans la capitale yéménite, Sanaa, des heurts ont opposé des milliers de sympathisants et d’opposants au président.Ali Abdallah Saleh.Des centaines de partisans du Congrès populaire général (CFG), dont fait partie M.Saleh, ont attaqué à coup de bâtons et de pierres les manifestants venus réclamer la démission du chef de l’État, avant que les forces policières n’interviennent pour les séparer, selon le correspondant de l’AEP, qui a fait état de quelques blessés légers parmi les dissidents.VOIR PAGE A 8: MOYEN-ORIENT Entretien avec un ex-ambassadeur israélien aux Nations unies, page B 5 : Entre l’espoir et la crainte de l’après-Moubarak PÉTROLE ET GAZ Hydro voulait continuer à ei^lorer Les libéraux ont mis fin à un programme de 300 millions avant de tout céder au privé ALEXANDRE SHIELDS Avant de céder au secteur privé l’ensemble des permis d’exploration gazière et pétrolière qu’elle possédait, Hydro-Québec prévoyait investir plus de 330 millions de dollars entre 2002 et 2010 ahn d’évaluer le potentiel en énergies fossiles du sous-sol québécois et du golfe du Saint-Éaurent.Les libéraux ont toutefois mis hn aux activités de la division Pétrole et gaz de la Société d’État, un choix qui revient à avoir bradé les ressources en hydrocarbures du Québec, dénonce l’opposition.Comme le révélait hier Le Devoir, le potentiel de vastes zones auparavant sous le contrôle d’Hydro-Québec semble de plus en plus intéressant.Uniquement pour les réserves pétrolières qui pourraient être extraites de rüe d’Anticosti, il s’agit d’une ressource,qui pourrait valoir des milliards de dollars.Bref, l’État « C’est un retour à la période pré-Révolution tranquille», dit le PQ VOIR PAGE A 8: HYDRO ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 6 : Qui répondra ?Sondage Senergis-L^ Devoir L’opposition au gaz de schiste s’amplifie ALEXANDRE SHIELDS \ A deux semaines du dépôt du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement portant sur le gaz de schiste, un nouveau sondage Senergis réalisé pour Le Devoir confirme qu’une majorité de Québécois sont désormais contre l’idée de développer cette filière énergétique.Les appuis à la demande de moratoire demeurent quant à eux très élevés.Plus le temps passe, plus le débat sur le gaz de VOIR PAGE A 8: GAZ SOURCE AMT MONTREAL Le projet de train de l’Ouest est sur les rails À lire en page A 3 INDEX Annonces.B 6 Idées .A 7 Avis publics.B 4 Météo.B 4 Culture.B 8 Monde .B 5 Décès.B 6 Mots croisés.B 8 Économie.B1 Sudoku.B 5 Éditorial .A 6 Télévision.B 7 Jean-Marc Léger (1927-2011) Un père de la Francophonie s’éteint ANTOINE ROBITAILLE Québec — C’est «un des pères fondateurs de la Francophonie» que le Québec a perdu en Jean-Marc Léger, lance l’ancienne ministre Louise Beaudoin, au téléphone.Ancien journaliste à La Presse et au Devoir, M.Léger s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi, à l’Hôtel-Dieu, des suites d’un cancer, à l’âge de 84 ans.Son ami Yves Mi-chaud n’hésite pas à parler d’un «intellectuel remarquable», «un des plus grands hommes que le Québec ait produits».Après avoir créé, dans les années 1950, une organisation de journalistes francophones, Jean-Marc Léger a déployé des efforts «colossaux» (selon les mots de Louise Beaudoin) qui conduiront, dans la décennie suivante, à la création de l’Agence de coopération culturelle et technique des pays de langue française (ACCT), ancêtre de l’Qr-ganisation internationale de la Lrancophonie.Il n’a que 26 ans, en octobre 1953, lorsqu’il se rend à Paris pour faire connaître son idée d’une organisation francophone, entre autres au ministre des Affaires étrangères français de l’époque, Georges Bidault.Les journaux de l’époque sont enthousiastes: on parle de ce jeune «Canadien français», «rédacteur à La Presse», proposant la création «d’un organisme central siégeant à Paris qui convoquerait chaque année une réunion générale dans laquelle les représentants des divers pays où l’on parle le français [notamment le Canada, la Belgique et Haiti] rencontreraient les délégués de la France et des territoires outre-mer pour discuter leurs intérêts culturels communs».La Lrancopho-nie était là en puissance.Au terme des conférences de Niamey, en 1969, Jean-Marc Léger se voit confier un important rôle: il VOIR PAGE A 8: LÉGER ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 6 i JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Marc Léger fut honoré en mai dernier pour le rôle essentiel qu’il a joué dans l’essor de la Francophonie.On le voit ici aux côtés de son épouse, Anne-Marie Ramet.77831302830008 ill k.'t , ¦ < fjF N SEMAI MONTRÉAL DE EN COLLABORATION AVEC RsGbeauté&soins N“20 LA SEMAINE DE MODE DE MONTREAL SOUHAITE SOULIGNER LE TRAVAIL REMARQUABLE DES CRÉATEURS AYANT PRÉSENTÉ À LOCCASION DE CETTE 20^ ÉDITION ADRIANA HANDBAGS AMIMOC ANASTASIA LOMONOVA ANNIE 50 ANOMAL COUTURE BARILÀ BEN ET DICTION BETINA LOU BIRDS OF NORTH AMERICA BODYBAG BY JUDE CARLA MIRANDA ÇA VA DE SOI CHRISTIAN L’ENFANT ROI CHROMOZONE CLUC COUTURE COKLUCH DAVMANI DENIS GAGNON DESIGN WILL BE DINHBA DESIGN ENVERS PAR YVES JEAN LAÇASSE FURI DESIGN HARRICANA PAR MARIOUCHE JOSIANE PERRON LUCKY 7 LILY ROSE M0851 MAËL QUÉBEC MARIE SAINT PIERRE MASABNI MÉLISSA NEPTON MICALLA MISS MAK DESIGNS MONDOR MULCAIR INU.i NADYA TOTO NICOLE & CO NOÉMIAH PLAIN JANE HOMME POST-VERNISSAGE (YING GAO & KARL LATRAVERSE) RACHELF.RALPH LEROY ROUSSEL RUD STYLED BY RUDSAK SAMUEL DONG SAMUEL MERCURE SCHWIING SECOND CLOTHING SÉRUM PAR MARTA M SOÏA & KYO SYMBIOSE PAR HINDA A.TÉLIO THE RIGHT HAND GAL THOMAS.VALÉRIE DUMAINE VÉRONIQUE MILJKOVITCH MERCI ÉGALEMENT À NOS PRÉCIEUX PARTENAIRES ET COLLABORATEURS D’AVOIR CONTRIBUÉ À L’IMMENSE SUCCÈS DE CETTE 20^ ÉDITION PsGbeauté&soim FROLUeOTc Québec S S •Ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation • Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du ten'itoire le château Heinekeri MONDOh?Bureau de la mode Montréal I PLACE VILLE MARIE HungariA CENTRE EATON MONTRÉAL 'place ' MONTRÉAL _ TRUST _ TOURISME Montréal % SoeU Cdm yr Vie Vieux-Montréal COMPLEXE LES AILES LeWestin COLLEGE LASALLE mi.m W Ml rC^ep Msrüe-WetOfÿfi Savdrhvsnterdamaln ÉCOLE DE MODE LA SMM EST UNE PRODUCTTION GROUP6 SGNSRTION MODe REVIVEZ LA SMM, VISITEZ: Lt[^BLOG.SEMAINEMODEMONTREAL.CA LE DEVOIR, LE MARDI 15 EEVRIER 2011 A 3 ACTUALITES Pointe-de-l’île Le transfuge Rocheleau crée des remous au Bloc Les militants déplorent le parachutage du candidat HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Les militants blo^quistes de la circonscription Pointe-de-l’île, dans l’est de Montréal, ne tolèrent pas que l’ancien néodémocrate Jean-Claude Rocheleau leur soit imposé comme candidat à la prochaine élection fédérale.Ils demandent la tenue d’une investiture en bonne et due forme afin que les membres, et non l’entourage du chef Gilles Duceppe, décident qui portera les couleurs du parti au prochain scrutin.La circonscription fédérale Pointe-de-l’île est représentée par Francine Lalonde depuis 1993, mais Mme Lalonde est atteinte d’un cancer et a donc décidé de ne pas se présenter à la prochaine élection.Son siège, un bastion bloquiste qu’elle a remporté en 2008 avec 56 % membres de des vok contre 16 % pour son plus proche adversaire, est l’exécutif de très convoité.„ ., J Trois personnes désirent Pomte-de-1 lie prendre la relève: Ginette nnt védirté Beaudry, Nicolas Montmo- uiii reuige Yannick Lefebvre.Le une lettre parti a plutôt jeté son dévolu sur Jean-Claude Rocheleau, exigeant un transfuge du Nouveau Par- , ti démocratique de Jack Lay- qu une jqji.Encore à l’automne 2009, M.Rocheleau s’est présenté à l’élection partielle pour le NPD contre la vedette bloquiste Daniel Paillé dans Ho-chelagua-Maisonneuve., , , Selon les informations ob- aans les plus tenues par Le Devoir, les brefs délais de Pomte-de-l lie ont rédigé dimanche une lettre adressée au parti exigeant qu’une course à l’jnvestiture soit tenue dans les plus brefs délais.À défaut de quoi, ils menacent de démissionner en bloc.Toujours selon nos informations, l’entourage de Gilles Duceppe a demandé à Ginette Beau-dry de se retirer de la course pour laisser la voie libre à M.Rocheleau.M.Duceppe lui-même a formulé cette demande à Mme Beaudry ce week-end, à Saint-Hyacinthe, alors que se tenait le conseil général élargi du parti.Devant le refus de cette dernière, M.Duceppe lui aurait prédit qu’elle «va perdre».Mme Beaudry est considérée comme la candidate ayant le plus d’assises dans le parti.Elle a été bénévole pour la campagne électorale de Erancine Lalonde en 1993 et présidente de l’exécutif de la circonscription de 1995 à 2005.Son conjoint est encore trésorier de l’exécutif.course a l’investiture soit tenue Une solution de rechange viable La logique derrière le choix de M.Rocheleau réside dans la symbolique de ce transfert du NPD vers le Bloc.M.Rocheleau ne sert pas tant à rameuter les électeurs néodémocrates de Pointe-de-l’île, peu nombreux, qu’à prouver aux progressistes d’ailleurs au Québec attirés par le discours de Jack Layton que le Bloc québécois est la seule solution de rechange viable à Stephen Harper.En entrevue avec Le Devoir, Mme Lalonde a indiqué qu’elle appuyait M.Rocheleau parce qu’il permet de regrouper les forces progressistes du Québec.«Une candidature n’est pas une récompense, c’est la recherche du meilleur candidat qui permet de mobiliser et d’élargir la base d’un parti», dit-elle.Elle doit envoyer une lettre aux militants de la circonscription aujourd’hui indiquant sa préférence.En entretien avec Le Devoir, Jean-Claude Rocheleau assure que sa candidature a très bien été reçue par les militants de la circonscription.Il assure qu’investiture il y aura, mais ne se formalise pas qu’elle ne soit pas appelée, malgré la probabilité d’une élection printanière.Ce n’est pas la première fois que le Bloc québécois se retrouve tiraillé entre le désir des militants de choisir eux-mêmes leur représentant et celui de l’entourage du chef de désigner le candidat de son choix.En 2000, Gilles Duceppe avait bloqué la tenue d’une investiture dans Chi-coutimi-Le Ejord pour imposer son candidat.La querelle a été telle que le parti a perdu l’élection au profit du Parti libéral.En 2002, d’autres tiraillements lors de l’investiture opposant le poulain du chef et celui des militants locaux, sur fond d’irrégularités, ont conduit à une très courte victoire du candidat du chef dans un bastion remporté d’habitude par de généreuses avances.Le Devoir Michel David La ehronique de Miehel David fait relâehe aujourd’hui.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jamais le Québec moderne n’a reçu autant d’immigrants en une seule année, et ce, même si le vérificateur général du Québec affirmait récemment que le gouvernement «n’utilise pas d’indicateurs socioéconomiques pour bien cerner la capacité réelle du Québec» à intégrer ses immigrants.Le Québec a connu une immigration record en 2010 La province a accueilli 54 000 arrivants, 21 % de plus qu’en 2006 ALEC CASTONGUAY Le Québec a accueilli un nombre record d’immigrants en 2010, atteignant presque la limite qu’il s’est lui-même fixée.Et la croissance est rapide, puisque la province a reçu l’année dernière 21 % plus de nouveaux arrivants qu’il y a cinq ans à peine, soit une des plus fortes croissances parmi les grandes provinces du Canada.En 2010, le gouvernement du Québec souhaitait recevoir entre 50 000 et 55 000 immigrants.Selon les chiffres du gouvernement fédéral transmis au Devoir hier, le compteur s’est arrêté à 53 981, tout près du plafond.Un chiffre qui inclut toutes les catégories d’immigrants, mais qui exclut les réfugiés.Jamais le Québec moderne n’a reçu autant d’immigrants en une seule année. titre de comparaison, en 2006, le Québec avait reçu 44 684 nouveaux arrivants.En 2007, c’était 45 200.En 2008, 45 219.Puis en 2009,49 491.Entre l’année 2006 et celle de 2010, le Québec a donc reçu 21 % plus d,’immigrants.Il s’agit d’une croissance rapide.À titre de comparaison, l’Qntario a reçu 6 % moins d’immigrants en 2010 qu’en 2006.La province voisine a même atteint des creux entre 2007 et 2009.En 2010, l’Qntario a reçu 118 116 immigrants.En Colombie-Britannique, la croissance entre 2006 et 2010 est de 4,9 %.La province de l’Quest a reçu 44 176 immigrants l’an dernipr.La plus forfe croissance a été enregistrée à l’Ile-du-Prin-ce-Edouard (+ 357 %), qui a reçu 2581 immigrants en 2010, comparativement à 565 en 2006.Les provinces à forte croissance économique, comme la Saskatchewan (+179 %) et l’Alberta (+ 57 %), se démarquent.(Plus de détails concernant les autres provinces sur notre site Internet) Montréal a reçu 86 % des immigrants Dans le cas du Québec, on constate que Montréal continue d’agir tel un aimant sur les nouveaux arrivants, alors que 46 460 immigrants ont choisi de s’établir dans la métropole, soit 86,1 % du total.La ville de Québec a accueilli 2629 immigrants, soit 4,9 % du lot.Gatineau (1536), Sher- brooke (1148) et Trois-Rivières (314) suivent daps l’ordre.Etant donné qu’il s’agit de données préliminaires, le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du gouvernement fédéral n’est pas en mesure d’analyser le profil linguistique et économique des immigrants.Québec et Qttawa ont une entente qui permet à la province de sélectionner une partie de ses immigrants et de fixer les critères de recrutement.Capacité d’intégration Ce nombre record d’immigrants pourrait ranimer le débat sur l’intégration des nouveaux arrivants.Dans son rapport déposé en mai dernier, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, affirmait que le gouvernement «n’utilise pas d’indicateurs socioéconomiques pour bien cerner la capacité réelle du Québec» à intégrer ses immigrants.«Sans évaluation, le ministère ne peut s’assurer que la province est capable de supporter les hausses progressives des volumes d’immigration», écrivait-il.Le taux de chômage élevé chez les immigrants, le manque d’arrimage entre leur formation et le marché du travail ou encore le fait qu’ils occupent souvent des postes pour lesquels ils sont surqualifiés sont autant de signes que le vérificateur a mis au jour et qui devraient inciter Québec à bien analyser ses capacités d’intégration, a-t-il dit De plus, en avril dernier, le gouvernement Charest a supprimé 30 classes de francisation des immigrants afin d’économiser cinq millions de dollars par année.Emploi-Québec a également aboli des classes de français en raison de réductions budgétaires.Ces compressions visaient 35 classes à temps partiel dans la région de Montréal, une économie de 600 000 $.Le Devoir Immigration au Québec Montréal: 46 460 (86,1 % du total) Québec: 2 629 (4,9%) Gatineau: 1 536 (2,8 %) MONTREAL Le train de l’Ouest demandera de nouvelles voies ferrées JEANNE CORRIVEAU Le projet de train de l’Quest est maintenant sur les rails avec le lancement, hier, des études d’ingénierie préliminaires qui permettront de préciser les coûts des travaux visant à améliorer la desserte vers l’ouest de l’île de Montréal.La construction de nouvelles voies dans l’emprise du chemin de fer du Canadien Pacifique (CP) sera nécessaire pour ce train qui doit entrer en service au plqs tard en 2016.A l’heure actuelle, ce sont les trains de banlieue de la ligne Vaudreuil-Hudson qui desservent l’ouest de l’île, mais comme ils doivent partager les rails avec les trains de marchandises du CP le nombre de départs est limité à 26 par jour en semaine.«On va tripler le nombre de voyages, avec 86 voyages par jour, et le nombre de passagers va tripler, pour passer de 3,6 millions à 9,1 millions de personnes [par année]», a indiqué hier le ministre des Transports, Sam Hamad, lors d’une conférence de presse en compagnie du p.-d.g.de l’Agence métropolitaine de Montréal (AMT), Joël Gauthier, et de plusieurs députés de l’ouest de l’île.Aux heures de pointe, le train passera toutes les 12 minutes eti pendant les autres périodes de la journée, les départs se feront toutes les 30 minutes.Une somme de 22 millions sera consacrée aux études d’ingénierie qui s’échelonneront sur 18 mois.Le ministre Hamad a indiqué que le train devrait entrer en service en 2015 ou en 2016, mais il n’a pas voulu s’aventurer à en préciser les coûts.Qn s’attend toutefois à ce que le projefi qui nécessitera la construction de nouvelles voies et l’achat de voitures supplémentaires, entraîne des investissements de plusieurs centaines de millions.Ce projet cheminera indépendamment de celui de la navette ferroviaire que pilote Aéroports de Montréal pour relier l’aéroport Montréal-Trudeau à la gare Centrale.Rappelons que le train de l’Quest aura pour destination la gare Luden-L’AUier.«Je suis très heureux, mais en même temps, il faut être vigilant pour être sûr que la suite se réalise.a commenté Clifford lincoln, ancien ministre de l’Environnement et porte-parole du regroupement Train de l’Quest.Les plans d’ingénierie, c’est la première étape-clé, mais il faut que nous nous assurions que l’argent suive.» M.Lincoln souhaite toutefois que le train de l’Quest soit prêt pour 2014 en raison des travaux de construction du complexe Turcot qui risquent d’entraîner d’importants problèmes de congestion automobile.À ce sujeti Joël Gauthier a indiqué qu’un comité réunissant le ministère des Transports du Québec, l’AMT et la Société de transport de Montréal était déjà à l’œuvre pour définir les mesures de mitigation qui seront mises en place pendant le chantier du complexe Turcot: «Il y a du service additionnel qui est déjà prévu, nonobstant l’annonce de ce matin, a-t-il dit.Il y aura ajout de trains, aménagement de voies réservées pour autobus et stationnements incitatijs supplémentaires.On est capables de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.» Le Devoir Situation «intenable» à l’urgence de LaSalle LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Les problèmes de salubrité, de prévention des infections et de confidentialité sont devenus la règle à Turgence de IHôpital LaSalle, qui accuse durement son âge.Dans une vidéo mise en ligne hier au www.urgmcelasalle.org, le chef du service, le DMony J^souline, dénonce une situation «intenable».Ce n’est pourtant pas faute d’avoir multiplié les cris d’alarme, fait valoir le D"^ Erançois Langlais, président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens du CSSS Dorval-Lachine-LaSalle, complice du D"^ Assouline dans ce coup de gueule bien senti.«Nous ne pouvons plus tolérer ça.La qualité des soins est compromise, et ce sont les patients qui en font les frais.» La situation paraît d’autant plus choquante aux deux hommes que remettre les installations aux normes coûterait 38 millions.Qn est loin des 200 millions que le gouvernement Charest a réservés à l’amphithéâtre de Québec.«Ça me choque d’autant plus qu’on voit très bien que c’est un jeu politique, dénonce le D" Langlais.Ici, c’est un comté libéral, il n’y a pas de votes à gagner.Abrs, on ne nous écoute pas.» Pour étayer leur point de vue, les D'® Assouline et Langlais convient le public à une visite guidée des lieux qui n’ont pas été rénovés depuis 1983.Ici, «l’urgence ne respecte plus les normes québécoises actuelles en raison de son exiguïté et de la vétusté de ses équipements» eux-mêmes à l’origine de problèmes de salubrité, de prévention des infections et de confidentialité, résume le D"^ Assouline.En lambeaux Cubicules exi^s en nombre insuffisanL tables d’examen déchirées, rideaux en lambeaux, poubelles à proximité des civières, matériel stocké sur des chariots échoués dans les corridors, devant les portes de sortie et la porte d’entrée des ambulances.La liste dressée par le D"^ Assouline donne le vertige.«Ici, le plafond est plein de moisissure.Il est sale.On peut voir une ventilation défectueuse.» En matière de prévention des infections, c’est le désert.L’urgence n’a qu’une seule civière d’isolement, mais impossible d’y mettre un patient instable puisqu’elle est trop loin du poste des infirmières et qu’il n’y a pas moyen d’en assurer le monitorage.«Il faut choisir entre la prévention des infections ou la surveillance du patient», déplore le D" Assouline.Quant à la salle de réanimation, elle n’en a que le nom.Deux civières occupent presque tout l’espace, forçant les équipes soignantes à se marcher sur les pieds si par malheur deux réanimations doivent être faites en même temps.Un mince rideau sépare les deux civières, masquant à demi le moniteur.Et impossible de les bouger, ce qui complique certaines manœuvres.«C’est vraiment du sport de réanimer quelqu’un dans cet espace exigu.» Le plan de rénovation ficelé en 2010 après des années de réflexion et d’attente a pourtant été déposé en mai dernier au Conseil du Trésor.Depuis, plus rien.«Ce qui me fâche, c’est qu’on ne peut rien commencer, déplore le D" Langlais.Il m’est arrivé de critiquer la direction locale, mais je vous assure que, dans ce dossier, elle a travaillé de façon impeccable.C’est à Québec que ça bloque.» Au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bol-duc, on invite le personnel à patienter encore un peu.Le dossier suit son cours et une annonce est attendue «très prochainement», promet son attachée de presse, Karine Rivard.Québec dit vouloir s’assurer que le suivi du contrôle des coûts sera adéquat avant de faire son annonce officielle.Le Devoir 250 000 signataires contre Jean Charest ANTOINE ROBITAILLE Québec — Presque 250 000 personnes auront signé en trois mois la pétition en ligne pour réclamer la démission de Jean Charest.L’instigateur du projet.Steve Brosseau, invite ces citoyens mécontents à se présenter sur la colline parlementaire le 22 février, jour oû il compte déposer des versions électronique et papier: «Vous avez signé la pétition?Passez de la parole et des écrits aux actes! Arrêtez de vous vautrer devant la télé avec votre bière et vos sacs de chips! Bougez, calvaire! Les Tunisiens et les Egyptiens ont pris leur vie en main.A vous de prendre vos vies en main! Seul ou en famille!», écrivait-il récemment dans un communiqué.La période de signatures se terminait à minuit hier soir (elle avait débuté à la mi-novembre).Au moment d’écrire ces lignes, le nombre de signataires était exactement de 248 095.C’est un record absolu pour le système de pétition électronique qui a été ajouté au site Internet de l’Assemblée nationale (assnat.qc.ca) l’an dernier.«Mon objectif, c’était entre 50 000 et 100 000 [signatures] en trois mois.On en a amassé plus de 200 000 en 48 heures!», se réjouissait M.Brosseau, joint par Le Devoir, hier.Préposé aux bénéficiaires dans la région de Montréal, M.Brosseau estime que la pétition, qui a semblé plafonner dans les deux derniers mois, avait atteint un «niveau de saturation».Selon ses dires, presque tous les internautes québécois actifs sur Pacebook (d’oû il la publicisait) l’auraient signée.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MARDI 15 EEVRIER 2011 ACTUALITES Bev Oda avoue être intervenue pour bloquer le financement du groupe Kairos HELENE BUZZETTI Ottawa — La ministre de la Coopération internationale, Beverley Oda, a finalement admis hier que c’est elle qui a refusé de financer l’organisme Kairos.Elle a reconnu que ses fonctionnaires lui avaient recommandé de poursuivre le financement de Kairos, mais qu’elle n’était pas d’accord.Elle admet par la bande que des documents officiels ont été falsifiés par son équipe politique.«Les ministres ont la responsabilité de prendre des décisions au nom du gouvernement.Dans ce cas-ci, je n’étais pas d’accord avec la recommandation de mon ministère», a déclaré Mme Oda à la Chambre des communes hier.11 s’agit d’un revirement complet pour la ministre, qui avait soutenu jusqu’à présent que la proposition du groupe Kairos avait été évaluée «selon nos standards d’efficacité» et qu’elle «ne satisfaisait pas à ces standards».La semaine dernière, le président de la Chambre, Peter Mil-liken, avait reconnu que les déclarations passées de la ministre pouvaient amener une personne «à douter de l’intégrité du processus de prise de décisions» au gouvernement.Sans pouvoir trancher la question de privilège pour un point de détail, le président n’en concluait pas moins que les «hauts fonctionnaires de l’ACDI concernés doivent être profondément troublés par des documents falsifiés dont on a donné l’impression qu’ils les avaient signés».Le groupe Kairos, qui fournit de l’aide en développement notamment au Moyen-Orient, cherchait à renouveler un financement fédéral de 7 millions de dollars sur quatre ans.Le gouvernement conservateur a refusé sa demande.La première explication publique fournie à l’époque était que le groupe était trop critique d’Israël.Le gouvernement s’est ensuite ravisé pour dire que les projets de Kairos ne cadraient plus avec ses objectifs.Or un document officiel obtenu par des journalistes en octobre a démontré que les fonctionnaires de l’ACDl avaient approuvé ce financement.La recommandation anglaise dactylographiée et signée par la présidente de l’ACDl, Margaret Biggs, et la ministre Oda a été modifiée, un «not» ayant été ajouté à la main.Mme Biggs a affirmé que ce mot, transformant complètement sa recommandation, n’était pas présent 1 CHRIS WATTIE REUTERS La ministre Bev Oda a finaiement admis hier que c’est eiie qui a refusé de financer i’organisme Kairos, qui fournit de i’aide en déveioppement, notamment au Moyen-Orient au moment de sa signature.Les partis d’opposition estiment que la ministre a menti aux parlementaires.«Donner des documents qui laissent croire que quelqu’un a signé quelque chose qu’il n’a pas signé, c’est de la fraude», lance le député libé- ral Bob Rae.Le néodémocrate Paul Dewar estime que la ministre «nous a induits en erreur parce qu’elle nous a dit qu’elle avait signé le document quand le mot “not” était là».Le Devoir Montréal a enquêté sur son propre vérificateur JEANNE CORRIVEAU Le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, a fait l’objet d’une enquête interne au cours de laquelle sa correspondance par courriel a été passée au peigne fin.M.Bergeron qualifie d’illégale l’intrusion à laquelle s’est Hvrée l’équipe d’enquêteurs dirigée par l’ancien directeur du Capital humain, Pierre Reid.Les informations révélées hier après-midi par La Presse ont eu l’effet d’une bombe à l’hôtel de ville.L’enquête a été lancée en mars 2010, à la suite d’une plainte anonyme faite auprès du président du comité de vérification de la Ville, André Harel, et signalant des irrégularités commises par le vérificateur général.Au cours de l’enquête, les courriels de M.Bergeron ainsi que les pièces jointes ont été consultés par les membres de l’équipe d’enquêteurs dirigée par M.Reid.La plainte portait sur l’octroi par M.Bergeron de deux contrats de 2500 $ à un membre de sa famille et au fait que le vérificateur aurait scindé un contrat de plus de 25 000 $ dans le but d’éviter le recours à tm appel d’offres.Les relations sont extrêmement tendues entre le vérifica- SIMON EN TRAIN D’ÉPARGNER.L’ESPRIT TRANQUILLE EPARGNE VOTRE PLACEMENTS QUEBEC A100% 1 800 463-5229 | www.epq.gouv.qc.ca BONI DE 1% la première année pour les nouveaux fonds REER, FERR, CRI et FRV Ouvert du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de février, de 10 h à 16 h.Épargne Placements I E9 ES Québec es es teur et l’administration du maire Gérald Tremblay.Rappelons que c’est Jacques Bergeron qui avait rédigé le rapport accablant sur le contrat des compteurs d’eau.Puis, en mai 2010, le directeur général de Ville, Louis Roquet, avait transmis une partie du rapport annuel du vérificateur à Telus, visée par une enquête, malgré la nature confidentielle des documents.Le plus récent épisode concerne le transfert de la ligne éthique au bureau du nouveau contrôleur général, Pierre Reid.Le vérificateur général n’a pas voulu commenter les allégations de la Ville hier, mais son porte-parole, Gilles Corri-veau, a indiqué que les informations avaient été obtenues de façon illégale.«En temps et lieu et le cas échéant, M.Bergeron sera en mesure d’expliquer des informations qui sont en partie présentées pour rencontrer un agenda particulier», a-t-il indiqué.L’administration du maire Tremblay s’est empressée de nier être à l’origine de l’enquête.«Le maire et l’administration ont été informés il y a quelques jours qu’une telle enquête avait été menée», a-t-on précisé par voie de communiqué.«Quelle intrusion illégale!, s’est exclamée la chef de l’opposition, Louise Harel.Espionner le vérificateur général et pirater son ordinateur! Le vérificateur n’est pas un employé.Son statut est protégé par la Loi des cités et villes.C’est honteux!» Le Devoir Décrochage scolaire Montréal commence sa lutte EISA-MARIE GERVAIS Prête à relever le défi, Montréal entend dépasser la cible de 77 % de diplomation chez les jeunes de moins de 20 ans fixée avec Québec.Le Réseau réussite Montréal et la Conférence régionale des élus (CRE) de Montréal ont d’ailleurs confirmé hier leur engagement formel dans la lutte contre le décrochage à l’occasion du lancement des Journées de la persévérance scolaire GPS) qui prendront fin vendredi.C’est une somme de 9 millions de dollars sur trois ans qu’ils se sont engagés à verser, aux côtés de douze autres partenaires tels que les cinq commissions scolaires de Pile, l’Agence de santé et des services sociaux et le forum jeunesse de l’île de Montréal.«Jamais un tel engagement n’avait été pris pour une si longue période», a soutenu Christian G.Dubois, membre du comité exécutif de la CRE Montréal.Nées en Montérégie il y a cinq ans, les JPS se tiennent pour la première fois à Montréal, qui s’est concocté un programme de plus de 260 activités (conférences, lettres aux parents, etc.).Quatorze régions du Québec sur dk-sept y feront écho à leur manière.Par exemple, la région de Laval emboîte le pas avec «Réussite Laval», une instance dotée d’une enveloppe de 2 millions de dollars sur trois ans, qui regroupe divers acteurs de la communauté autour du même objectif de réussite scolaire.Présente qu lancement, la ministre de l’Éducation (MELS), line Beauchamp, a défendu les conventions de partenariat (ces ententes entre les commissions scolaires et le MELS qui fixent des cibles de diplomation).11 ne suffira pas aux écoles d’alléger la correction pour pouvoir atteindre les objectifs.«Il y a un programme à suivre, des examens du ministère et un bulletin unique.Tout est mis en place pour qu’on ne puisse pas contourner les règles du jeu», a dit Mme Beauchamp qui croit, à l’inverse, que de ne pas se fixer d’objectifs n’aiderait en rien au progrès.Pour la ministre, toute la communauté a des devoirs à faire même si «la réussite, ça commence d’abord à l’école.» Le Devoir LE DEVOIR LE MARDI 15 FEVRIER 2011 A 5 ACTUALITES A chaque ville ses soucis de logement Le FRAPRU lance une tournée du Québec CAROLINE MONTPETIT Des logements pour les personnes seules à Shawini-gan et à Trois-Rivières, des logements pour les familles immigrantes à Montréal, des logements dans les villes où ils sont nombreux mais trop chers, comme à Sherbrooke, des logements dans les villes où il n’y en a plus, comme à Québec, des logements pour les nouveaux banlieusards ayant fui la cherté des villes à Châteauguay, des logements pour les autochtones dans le Nord et ailleurs.C’est ce que revendiqueront tout le long de la semaine les participants à la caravane du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRA-PRU), qui sillonnera le Québec toute la semaine pour réclamer des logements sociaux.C’est à Gatineau que la caravane s’est ébranlée, cette ville qui est aussi la région métropolitaine du Québec où les logements sont les plus chers.En général, le logement social est un logement public auquel le locataire consacre de 25 à 30 % de son revenu.Qr, le prix moyen des logements au Québec a grimpé de 34,5 % depuis 10 ans, alors que le salaire hebdomadaire des Québécois ne s’est élevé pour sa part que de 27 % au cours de la même période.Pour leur part, les prestations d’aide sociale pour les per-sonnes considérées comme aptes au travail n’ont augmenté que de 18 %.C’est à Montréal que la hausse du prix des logements a été la plus marquée, s’élevant à 39 % pour les logements en général, et à 40 % pour les logements familiaux.Qr, les familles les plus mal logées de la région de Montréal sont souvent des familles d’immigrants, qui sont plus vulnérables à l’exploitation.«On voit des gens payer 700 $ par mois pour des taudis infects», dit François Saillant, porte-parole du FRAPRU.Dans l’ensemble, on recensait récemment 37 265 familles qui avaient des besoins impérieux de logements au Québec.A Montréal, le centre de référence relocalisera la plupart d’entre elles, tandis que les personnes seules prendront le chemin des ressources pour itinérants.Par ailleurs, les villes les mieux nanties sont souvent celles qui comptent le moins de logements sociaux pour les démunis.«À Westmount, par exemple, il n’y a qu’un seul édifice de logements sociaux, et encore, il est réservé aux personnes âgées», dit François Saillant.Par opposition, la ville de Châteauguay s’est démarquée récemment par son activisme en matière de logement social, re-marque-t-il.De nombreux nouveaux arrivants y arrivent en provenance de Montréal à la recherche de logements moins chers.Parallèlement, dans la ville de Québec, la relative prospérité économique récente a attiré beaucoup de nouveaux habitants attirés par le travail, créant du coup une pénurie de logements.Le FRAPRU occupait hier une partie de l’îlot Voyageur, à Montréal, pour appuyer ses revendications.11 maintiendra les actions d’éclat toute la semaine, et prévoit par exemple rendre visite au bureau de comté de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, à La Tuque.Le Devoir Un chef syndical aux funérailles de Nick Rizzuto La FTQ convoque Bérubé KATHLEEN LEVESQUE La FTQ-Construction, dont l’image est mise à mal depuis plus de deux ans, prend très au sérieux les possibles liens entre le président d’un de ses syndicats affiliés et la mafia montréalaise.En réaction aux révélations de Rue Frontenac, le site Web des lock-outés du Journal de Montréal, la FTQ-Construction a convoqué Dominic Bérubé pour une rencontre d’ici demain.«Lés statuts et règlements de la FTQ-Construction ne permettent pas d’ingérence dans les affaires d’un syndicat affilié, mais entre gens de la même industrie, on peut se parler», a déclaré hier le porte-parole de la FTQ-Construction, Eric Demers.Dominic Bérubé a été vu, et photographié par Rue Frontenac, le 2 janvier dernier, aux funérailles de Nick Rizzuto, fils aîné de Vito Rizzuto, chef présumé du crime organisé italien emprisonné aux États-Unis depuis 2006.Nick Rizzuto a été assassiné à la fin de décembre, soit un peu plus d’un mois après le meurtre de son grand-père, Nicolo Rizzuto, considéré comme le patriarche de la mafia sicilienne au Canada.M.Bérubé dirige l’Association nationale des travailleurs en tuyauterie et calorifugeurs (section locale 618) depuis sa fondation en 2006.C’est à l’initiative de l’ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, que ce syndicat a été mis sur pied.Jocelyn Dupuis est accusé de fraude à l’encontre de la FTQ-Construction.Dominic Bérubé a tenté de prendre la relève de Jocelyn Dupuis lors des élections syndicales de 2008.Selon Radio-Canada, M.Bérubé a retiré sa candidature sous la pression des Hells Angels.Le Devoir Grève des procureurs et des juristes De nouvelles audiences sont reportées BRIAN MYLES La valse des reports d’audiences s’est poursuivie hier dans les palais de justice du Québec, alors que les procureurs de Iq Couronne et les juristes d’État amorcent leur deuxième semaine de grève.A Montréal, l’enquête préliminaire de Jocelyn Dupuis, accusé de fraude, a été reportée en raison du débrayage.L’ex-directeur général de la FTQ-Construction est en liberté durant son procès; le maintien des services essentiels ne s’applique donc pas à sa cause.Jocelyn Dupuis a été accusé, le 10 mars dernier, de fraude et fabrication de faux documents.11 aurait réclamé à son syndicat des remboursements de 125 000 $ en frais de repas.Une autre affaire retentissante a aussi été reportée en raison de la grève.Carey Isaac Régis et Terrell IJoyd Smith, auteurs présumés de la fusillade ratée visant le caid Du-carme Joseph, dans le Vieux-Montréal, devaient subir leur en- quête préliminaire pour complot, meurtre et tentative de meurtre.,L’Association des juristes de l’État, également en grève, a fait état du report d’une soixantaine de dossiers dans des affaires impliquant des travailleurs non syndiqués, et du report de 600 dossiers à la Régie du logement, à kjontréal seulement.Selon Éric Dufour, porte-parole de l’Association, les retards risquent de s’accentuer dans les prochaines semaines, et il sera difhcile pour le système ju-dicjaire de faire un rattrapage.A l’instar des procureurs d,e la Couronne, les juristes de l’État réclament un rattrapage salarial d’environ 40 %.Ils gagnent présentement les mêmes salaires que la Couronne (de 44 000$ à 102 000$).Les juristes reprendront les négociations cet après-midi.Quant aux procureurs, ils ont tenu une deuxième séance de médiation hier en après-midi.Le Devoir Avec La Presse canadienne Fraude fiscale des entreprises Simard-Beaudry et Louisbourg Revenu Québec veut le dossier d’enquête de l’Agence de revenu du Canada La Régie du bâtiment du Québec a entamé une enquête sur ces entreprises appartenant à Tony Accurso KATHLEEN LEVESQUE Revenu Québec enjoint à l’Agence du revenu du Canada de lui transmettre le dossier d’enquête qui a prouvé la culpabilité de fraude fiscale des entreprises en construction, Simard-Beaudry et Louisbourg, toutes deux appartenant à Tony Accurso.Mercredi dernier.Revenu Québec a déposé une ordonnance de communication de preuve auprès de son homologue fédéral afin de mener à bien sa propre enquête.11 s’agit de vériher si les entreprises de M.Accurso ont éludé de l’impôt provincial comme elles l’ont fait pour le hsc canadien.Par cette requête.Revenu Québec souhaite donc obtenir la partie du dossier à laquelle il n’a pas eu accès jusqu’à maintenant.Pour l’instant, «les conseillers juridiques de l’Agence du revenu du Canada examinent l’ordonnance», s’est-on borné à dire à l’organisme fédéral.Du côté de Revenu Québec, on précise que c’est une procédure courante.Depuis cinq ans.Revenu Québec a exécuté 500 ordonnances semblables afin d’obtenir des informations détenues, par exemple, par des corps poli- Revenu Québec veut vérifier si les entreprises de M.Accurso ont éludé de l’impôt provincial comme elles l’ont fait pour le fisc canadien la compagnie BT Céramique de Francesco Bruno.Ce dernier a plaidé coupable, la semaine dernière, à huit chefs d’accusation pour avoir mis sur pied un système de fausse facturation dont ont bénéficié les entreprises de M.Accurso.ciers ou des particuliers.Simard-Beaudry et Louisbourg sont sous la loupe de Revenu Québec depuis au moins décembre dernier.C’est à ce moment que les entreprises de l’homme d’affaires Tony Accurso ont reconnu leur culpabilité pour avoir éludé 4,1 millions d’impôt fédéral entre 2003 et 2008.Elles ont inscrit des dépenses non déductibles, notamment pour le désormais célèbre bateau de luxe de Tony Accurso, le Touch.Elles ont également payé de fausses factures fournies entre autres par Enquête de la Régie Tout ce dossier a également entraîné l’ouverture d’une enquête au sein de la Régie du bâtiment du Québec.La semaine dernière, on assurait d’ailleurs que les enquêteurs avaient «tous les éléments nécessaires pour travailler».Depuis l’adoption en décembre 2009 de nouvelles dispositions de la Loi sur le bâtiment pour lutter contre la criminalité dans l’industrie de la construction, les entrepreneurs coupables de fraude ou d’autres crimes peuvent voir leur licence suspendue, restreinte ou annulée.La Régie reçoit une subvention gouvernementale de 2 millions par année pour les trois prochaines années pour faire le ménage.L’aide financière a permis de doubler les effectifs de l’équipe d’enquête.Ces nouvelles ressources serviront notamment à fouiller le dossier de Simard-Beaudry et Louisbourg.La Régie doit établir un lien entre la fraude fiscale et les activités de construction des entreprises de M.Accurso.Si cela s’avérait, Simard-Beaudry et Louisbourg pourraient être sanctionnées.Les chantiers de construction menés par ces entreprises seraient alors stoppés, le temps que la caution d’exécution, c’est-à-dire l’entreprise garantissant que le travail sera effectué quoi qu’il survienne, s’applique.Pour les entreprises de M.Accurso, ce sont les assureurs Aviva et Zurich qui agissent comme caution d’exécution.Le Devoir Asselin J I 1 rii 'I CAPITAL 100 % GARANTI EXCLUSIF A DESJARDINS LE PLACEMENT GARANTI ATAUX BONIFIÉ « 5 DANS 1 » : UNE EXCELLENTE MANIÈRE DE RÉALISER VOS PROJETS.Un placement rachetable dont le capital et le rendement sont garantis pendant 5 ans.Vous pouvez ainsi investir à long terme tout en profitant annuellement de l'évolution des taux et d'une bonification fixe.Rencontrez votre conseiller de Desjardins pour en discuter et ajouter ce placement à votre REER ou à votre CELL PLACEMENT GARANTI À TAUX BONIFIÉ « 5 DANS 1 » 1 800 CAISSES desjardins.com/ReerCeli Le rendement peut vaner d'une année à l'autre, car les taux de l'épargne à terme d'un an peuvent augmenter ou diminuer Le rendement total du placement ne sera connu qu'à l'échéance Le placement est rachetable ou convertible chaque année à certaines conditions Desjardins Coopérer pour créer l'avenir A 6 LE DEVOIR LE MARDI 15 EEVRIER 2011 EDITORIAL Pétrole Qui répondra?Après le gaz de schiste, voilà que l’exploration du pétrole de schiste fait la manchette alors que les sociétés Pétrolia et Corridor Resources viennent de publier un communiqué des plus optimistes au sujet des réserves d’hydrocarhures exploitables sur l’île d’Anticosti.Un autre dossier qui pose plus de questions qu’il n’offre de réponses.E rfy f ^ : - Jean-Robert Sansfaçon n janvier 2008, la petite société Pétrolia de Ri-mouski acquérait «toics les droits d’Hydro-Québec sur les permis d’exploration pétrolière et de gaz situés sur l’île d’Anticosti [.] en contrepartie d’une redevance prioritaire sur la production», précisait le communiqué diffusé sur le fil de presse Marketwire.Trois années plus tard, cette décision d’Hydro-Québec paraît encore plus suspecte qu’au moment de son annonce._______________On se souviendra qu’après l’échec du projet de centrale thermique du Suroît, le gouvernement Charest s’était éloigné de la filiale des hydrocarbures au profit de l’éolien et de la relance tous azimuts des projets hydroélectriques.Malgré cela, dans La Stratégie énergétique du Québec 2006-2015 préparée par le ministre des Ressources naturelles du temps, Pierre Corbeil (celui-là même qui allait devenir l’homme des compagnies minières après sa défaite, l’année suivante), le gouvernement Charest réitérait le mandat d’exploration pétrolière confié à Hydro-Québec en précisant toutefois qü’«un partenariat avec le secteur privé est une condition à la poursuite des activités dans ce secteur».Or, voilà que, moins d’une année plus tard, la filiale Pétrole et Gaz d’Hydro-Québec, qui avait dépensé seulement 30 des 300 millions de dollars mis à sa disposition jusqu’en 2010 pour l’exploration, n’était plus qu’une «coquille vide» selon les rapports de presse de l’époque.Puis, en janvier 2008, on apprenait qu’Hydro-Québec venait de céder tous ses droits sur les permis d’exploration qu’elle détenait dans l’Est à des sociétés privées.Un cadeau, comme ça, à des intérêts privés sans liens de partenariat.Trois ans plus tard, plusieurs questions se posent à la lumière des récentes découvertes effectuées par ces mêmes sociétés: ¦ Qu’en est-il de l’exploration du «pétrole de schiste» sur un territoire fragile comme celui de l’île d’Anticosti?¦ Qui a demandé à Hydro-Québec de se retirer alors que le plan stratégique reconnaissait la présence d’hydrocarbures dans le sous-sol du Québec?¦ Qui a décidé de fermer la filiale Pétrole et Gaz d’Hydro-Québec au lieu de signer de réelles ententes de partenariat comme le voulait la stratégie gouvernementale fraîchement adoptée?¦ Qui a demandé à Hydro-Québec de céder les droits qu’elle détenait sur tous ses permis en échange de «redevances prioritaires» dont personne ne veut préciser la nature et la hauteur?Le mystère s’épaissit de jour en jour dans le dossier des hydrocarbures.Plus le temps passe, plus la question qui vient à l’esprit est de se demander à qui profite le crime.Quant à la réponse, elle pointe toujours vers ces mêmes élites qui n’ont de cesse de nous rebattre les oreilles avec le faux problème de la création de richesses.Voilà des gens qui semblent trop bien s’entendre pour ne pas être soupçonnés de complicité pour l’exploitation de richesses qui ne leur appartiennent pas.j-rsansfacon@ledevoir.ca Jean-Marc Léger L’activiste de la francophonie est un lieu commun de dire que la Révolution tranquille ne fut d’aucune façon spontanée.Celle-ci a plutôt lentement mûri dans le Québec de l’après-guerre, où de jeunes Québécois réfléchissaient et œuvraient au Québec de demain.Qn constate à quel point leur contribution fut déterminante lorsque l’on retrace le parcours de certains d’entre eux.Jean-Marc Léger, décédé dimanche à l’âge de 84 ans, fut l’un de ces jeunes rêveurs impatients eje transformer le monde au lendemain d’une guerre meurtrière.À la sortie de l’université, il avait de l’avenir de la société québécoise une vision bien arrêtée et autant de détermination à lui donner forme.Son rêve, qui se confondit rapidement avec sa propre vie, se résume dans le seul mot «francophonie».Ce terme ne faisait pas partie du vocabulaire des années 1950, mais c’était à cela qu’il pensait en 1951 à son retour de Paris où il avait étudié à Science po.Dès ce moment, il imaginait la mise sur pied d’une organisation internationale des peuples de langue française.A 25 ans, on croit que tout est possible.Aussi ^ Jean-Marc Léger s’attache à mettre sur pied en I w 1953 l’Union culturelle française.11 n’a qu’une H , -.v vague idée de ce qu’elle sera.Ne manquant pas rv -1 d’audace, il frappe à la porte du gouvernement français qui, tout sympathique qu’il soit à sa cause, préfère ne pas s’engager.Les gouvernements ont à cette époque d’autres soucis.Qu’importe, il en fera une association volontaire de citoyens, une QNG, dont on dirait aujourd’hui qu’elle était une avant-première de la «francophonie des peuples».Son activisme n’allait pas s’arrêter là.Avec le concours de son ami André Bachand, de l’Université de Montréal, il entreprend en 1957 de mobiliser les milieux universitaires autour d’un regroupement des universités entièrement ou partiellement de langue française.L’AUPELF naîtra officiellement en 1961.Ce sera le premier noyau dur de la francophonie internationale.Trente universités participent à sa création.Aujourd’hui, devenue l’Agence universitaire de la Francophonie, elle compte plus de 300 membres.Le secrétariat de l’AUPELF qu’assure Jean-Marc Léger le conduira à poursuivre son action en faveur de la francophonie à travers les pays francophones d’Afrique.Unanimement, tous se tournent vers lui en 1969 pour assurer le secrétariat de l’Agence de coopération culturelle et technique, première incarnation d’une francophonie institutioimelle, qu’il dirigera jusqu’en 1974.L’ambition première de Jean-Marc Léger à travers son militantisme pour la francophonie était de consolider la situation du français comme langue nationale et internationale.Journaliste chargé des affaires internationales à La Presse puis au Devoir, il n’a jamais participé à cette idée reçue voulant que le Québec ait besoin de s’ouvrir au monde.De tout temps, les Québécois ont été ouverts au reste du monde.Ce qui leur manquait, c’est une présence au monde.Dont acte.Le Québec a une grande dette envers cet homme.c 1\ ' Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO LA Vî ivios foLtTjcîrNg.et U LîmSo- (riLbfS DuCCPPf rr U saut A UA PfRCHf • / Le français à l’Université de Montréal Manifestement, M.CossetteTrudel n’a pas navigué très longtemps sur le site de l’Université de Montréal (UdeM).Bien qu’il ait aperçu que l’anglais était un préalable pour y étudier, il a réussi à oublier la politique linguistique de l’UdeM.C’est en 2001 que l’Université s’est dotée de cette politique qui prévoit, entre autres, que le français est la langue d’enseignement au 1er cycle et la langue normale de l’enseignement aux cycles supérieurs.En pratique, certes, il y a place à l’amélioration, et il n’est pas rare de voir les associations étudiantes réagir aux accrocs faits à cette politique.Nous réclamons d’ailleurs que la qualité du français fasse partie de l’évaluation des enseignants.La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) est tout aussi soucieuse du respect de cette politique puisqu’elle a mis à la disposition des 33 000 étudiants qu’elle représente un formulaire pour dénoncer anonymement ceux qui ne se plient pas à cette exigence d’enseigner adéquatement en français.Il ne faut pas oublier que c’est grâce aux innovations trouvées ici et publiées mondialement en anglais que nous pouvons manifester notre fierté d’étudier au sein d’une université francophone d’excellence.Karim Bouayad-Gervais Président de l’Association des étudiant(e)s en sciences biomédicales de l’Université de Montréal, le 13 février 2011 LETTRES Liberté au Caire, liberté au Québec Le mot de liberté a un pouvoir extrême.Sitôt qu’on le prononce, les cœurs battent, et comme on voudrait qu’on lui ouvre les portes sans résistance et qu’elle advienne partout! Elle ne vaut justement que ce qu’elle a coûté.La liberté politique pose le plus de problèmes, car l’histoire enseigne que les peuples ont la liberté de changer de maître et non celle de n’en point avoir.Qu’on relise la dernière scène du Lorenzaccio de Musset, ou celle, à’PIamlet.L’Egypte avait une identité nationale bien définie, jamais mise en dçute, un territoire précis et incontesté, un Etat bien à elle et une institution clé, son armée.Elle s’est donc soulevée pour des raisons secondaires, accidentelles, mais avec quelle ferveur, sur l’assise de cet essentiel d’un peuple pleinement maître de lui-même! Imagine-t-on le Québec se soulever pour exiger son essentiel: identité, territoire et gouvernement complet?Nous aimons le mot, mais que savons-nous de la chose?Liberté de parole, liberté politique.L’histoire nous a domestiqués en nous enseignant la prudence de ne jamais pratiquer ni l’une ni l’autre.Si nous étions libres, que serait-il arrivé en 1982?Comment recevrions-nous les jugements de la Cour suprême sur la loi 101?Le Tribunal des «droits de la personne» pourrait-il pu- nir impunément une expression de notre identité historique?Hubert Larocque Gatineau, le 13 février 2011 Jean-Marc, mon frère Après plusieurs semaines d’intenses douleurs, Jean-Marc Léger est décédé.Je retiens entre autres son implication familiale, son implication internationale comme premier secrétaire général des pays qui ont en commun la langue française, son implication nationale dans le difficile combat pour un Québec français, sa carrière de journaliste d’abord, à La Presse puis au Devoir, dont il avait la responsabilité des dossiers internationaux.Par-dessus touL un frère aîné attentif et impliqué, au cœur vibrant d’ime famille de onze enfants.Il avait publié chez Hurtubi-se Le Temps dissipé, où il retrace magnifiquement les contours d’une vie au service des causes qu’il estimait correspondre à l’essentiel de tant de rêves souvent achevés, parfois en attente d’accomplissement Dans ce récit de sa vie, au dernier chapitre intitulé «Pour prendre congé», il conclut par ces mots: «Ce qu’il y a dans chaque instant de fragile et de furtif me désole et m’enchante à la fois.Déphé-mère est accablant et merveilleux: lui seul autorise, appelle et prépare les difficiles, souvent douloureuses, mais nécessaires et fécondes métamorphoses.» Adieu, mon frère.Jacques Léger Montréal, le 14 février 2011 LIBRE OPINION Le Québec et le LOUISE BEAUDOIN Députée de Rosemont et porte-parole de l’opposition officielle en matière de Relations internationales et de Francophonie, de Laïcité et de Condition féminine Dans ces pages, vendredi dernier, le professeur Denis Saint-Martin, de l’Université de Montréal, affirmait que la décision unanime de l’Assemblée nationale d’interdire le port du kirpan dans se^ murs est une «vile stratégie partisane».A titre d’initiatrice de cette motion, M.Saint-Martin m’accuse de trahir l’héritage social-démocrate de mon parti en m’inspirant des refus du multiculturalisme affichés par les conservateurs britanniques, français et allemands.J’ai été accusée de beaucoup de choses dans ma vie, mais c’est la première fois qu’on me dit de droite.M.Saint-Martin, qui dirige un Centre d’études sur l’Europe, devrait pourtant savoir que les premières salves portées contre le multiculturalisme l’ont été par des travaillistes.Dès 2007, Tony Blair affirmait dans un discours majeur intitulé «Le devoir d’intégrer» qu’aucune «culture ou religion n’est plus importante que notre devoir de faire partie d’un Royaume-Uni commun».Avant encore, en 2003, le célèbre sociologue de gauche Alain Touraine était membre de la commission Stasi qui a proposé l’interdiction de signes ostentatoires, y compris le voile, dans les écoles françaises.Blair, Touraine.je me trouve en bonne compagnie à gauche.D’autant qu’au Québec, pour les Québécois de ma génération, le combat pour la laïcisation de la société a cheminé de concert avec l’émergence du mouvement souverainiste, ce que M.Saint-Martin semble ignorer.Il a im autre argument pour justifier le titre de son texte «Totale hypocrisie politique».Il souligne que le kirpan est désormais interdit à l’Assemblée nationale, mais permis dans les écoles.«Devons-nous croire que notre société accorde soudainement plus d’importance à la sécurité de ses politiciens qu’à celle de ses enfants?» tonne-t-il, content de sa blague.Je ne croyais pas devoir donner un cours de fédéralisme à M.Saint-Martin, naguère conseiller du premier ministre libéral fédéral Paul Martin.S’il n’en tenait qu’à moi, à mon parti, à l’immense majorité des Québécois et aux juges de la Cour d’appel du Québec, le kirpan serait en effet interdit dans les écoles du Québec.Mais il n’en tient pas qu’à moi, car depuis 1982 le Canada a imposé au Québec une nouvelle constitution et une nouvelle Charte des droits qu’interprètent des juges de la Cour suprême nommés unilatéralement par Qttawa.Qr c’est cette Cour qui force les établissements scolaires du Québec à accepter le kirpan.C’est cette Cour qui fait fi de l’évolution de la société québécoise sur cette question.Entre autres innovations, M.Saint-Martin essaie de nous faire croire que le mouvement souverainiste serait une des raisons de l’apparition du concept canadien de multiculturalisme.Je le renvoie aux travaux du politicologue canadien Kenneth McRoberts qui a bien démontré que Trudeau a utilisé ce concept pour mieux rejeter celui des «deux nations», qu’il abhorrait.C’est le refus de reconnaître l’existence de cette nation qui l’a conduit à vouloir diluer son existence dans un ensemble plus vaste, avec les effets pervers que reconnaissent maintenant beaucoup de Canadiens anglais, à gauche comme à droite.M.Saint-Martin use d’un raccourci surprenant pour un européaniste lorsqu’il asso- cie notre refus de signes religieux comme le kirpan au Parlement à un «démon du nationalisme ethnique» qu’il qualifie 6?«abject» (les libéraux de Jean CharesL qui ont voté pour la motion, apprécieront).Or, la Cour européenne de justice a établi que les pays membres de l’Union européenne, et la Turquie, pouvaient s’appuyer sur les principes de laïcité et d’égalité des sexes pour: interdire tout signe religieux dans la fonction publique et dans les services publics, y compris l’éducation, interdire même le hidjab (le voile), perçu comme contraire à ces valeurs.Les juges européens sont-ils d’abjects promoteurs du nationalisme ethnique?Non, j’oubliais, ce geme d’insultes ne vaut que pour les souverainistes québécois.Enfin, parlons du jugement du Tribunal des droits de la personne rendu le jour même de la publication de la diatribe de M.St-Martin.Ce jugement interdit la récitation de la prière et la présence du crucifix dans la salle du conseil municipal de la ville de Saguenay.Pourquoi alors la Cour Suprême permet-elle dans nos écoles et nos institutions publiques le port de signes religieux ostentatoires, kirpan, voile, etc.?Le gouvernement Charest porte une large part de responsabilité dans cette politique incohérente de deux poids deux mesures.Car il soutient une laïcité à deux vitesses, à la carte, à la pièce et refuse, malgré la recommandation, il y a déjà trois ans, de la commission Bouchard-Taylor en ce sens, de déposer un livre vert sur la question.Quant à nous, nous tiendrons ce débat, le moment venu, à partir d'im projet de Charte de la laïcité qui, ime fois adoptée par l’Assemblée nationale, deviendra un texte de référence pour les juges et qui surtout nous donnera des règles communes nous permettant de mieux vivre ensemble.99999^^ LE DEVOIR LE MARDI 15 EEVRIER 2011 A 7 IDEES Le CRTC et les «fausses nouvelles» De quoi réjouir les journalistes! PIERRE TRUDEL Directeur du Centre d’études sur les médias et titulaire de la Chaire L.R.Wilson sur le droit des technologies de l’information et du commerce électronique à l’Université de Montréal 1 est préoccupant de voir des associations de journalistes telles que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) se mettre à dénoncer le projet de modifier les vieilles dispositions des Règlements sur la radio et sur la télédiffusion du CRTC et qui punissent la diffusion de «nouvelles fausses ou trompeuses» («Mensonges autorisés sur les ondes?», Le Devoir, 9 février 2010).Le projet du CRTC vise à remplacer cette disposition ancienne rédigée de la même façon que la disposition du Code criminel concernant la publication de
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