Le devoir, 19 février 2011, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 MEDIAS Une première série télé de fiction de couleur aidéqmte: Malenfant Page E 3 Tâ 4-^ CINEMA -1 Un thriller espagnol tourné g à Berlin qui fait penser à Le Carré.H Page E 10 CULTURE MONTREAL EN LUMIERE Il a contribué depuis 15 ans à redéfinir l’art du trio jazz avec une série d’albums qui a fait de lui une des plus grandes vedettes du jazz contemporain.Habitué des scènes du Festival internatio- nal de jazz, c’est pour un autre événement de Spectra que le pianiste Brad Mebl- dau s’arrête cette fois à Montréal mercredi: il se pro- duira avec la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter dans le cadre de Montréal en lumiè- re.Après le trio, voici donc l’art du duo.I RICHARD DUMAS/NAIVE MEHLDAU GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Pour n’importe quel producteur, l’affiche est rêvée: deux des plus grandes stars de leur milieu respectif rassemblées pour un duo qui n’est ni tout à fait l’un ni tout à fait l’autre.Plutôt un peu des deux: mi-Mehldau, mi-von Otter.La genèse?Une commande du Carnegie Hall pour écrire quelques morceaux qu’interpréterait Anne Sofie von Otter.Spontanément, Brad Mehldau a dit oui.Question de respect et d’admiration mutuels.La collaboration est ainsi rapidement devenue un véritable projet commun, tournée et disque à l’avenant.L’album qu’ils ont produit (Love Songs) témoigne de cette rencontre singulière.On y trouve un premier disque constitué de compositions de Mehldau aux élans classiques, sur lesquelles von Otter chante les textes de poètes reconnus — notamment E.E.Cummings et SaraTeasdale.Sur le volume 2, le pianiste et la mezzo touchent plutôt un répertoire carrément populaire, qui va de Eerré (Avec le temps) à Brel (Chanson des vieux amants), de Barbara (Dis, quand reviendras-tu) à Lennon-McCartney (Blackbird), en passant par Joni Mitchell, Michel Legrand ou Leonard Bernstein.Chansons connues et aimées, portées ici par le jeu tout en retenue et en délicatesse de Mehldau, alors que von Otter fait preuve d’une sensibilité bien à propos.Pile dans le ton.Ce sont là quelques élé- ANNE SOFIE VON OÏÏER L’ART DU DUO ments de ce qu’ils présenteront mercredi au théâtre Maisonneuve: la première partie du concert sera purement classique, avec des œuvres de Grieg, de Sibelius, de Brahms ou de Strauss.Nous avons échangé par courriel avec Brad Mehldau sur cette collaboration.Extraits.C’est votre second projet de duo avec une chanteuse classique, après le disque avec la soprano Renee Fleming (Love Sublime, 2006).L’approche et le résultat sont toutefois bien différents ici.Que recherchiez-vous?La musique que j’ai écrite pour ce projet est moins dense.Ça coule un peu plus facilement.Je suis fier du projet avec Renee Eleming: je garde une affection particulière pour cette musique et sa façon de l’interpréter.Mais je crois que ces chansons avec Anne Sofie sont peut-être plus faciles à saisir.Vous avez l’habitude d’écrire pour un trio jazz où vous êtes le leader.Quels défis pose l’écriture pour une chanteuse classique, dans un format où vous êtes accompagnateur?Le défi, c’est le texte.Les mélodies me viennent assez rapidement, mais faire en sorte qu’elles fonctionnent avec un texte donné, c’est une tout autre affaire.Il y a des milliers de règles que vous pouvez suivre, mais au fond, l’idée est d’écouter les grands «songwriters» comme Strauss, Brahms, Eauré ou Schubert.On entend ainsi comment chacun adhère à ces règles.et on les brise ensuite! VOIR PAGE E 2: ART DU DUO SOURCE: MARTIN BOUCHER COMMUNICATIONS La reine Anne Sofie CHRISTOPHE HUSS On l’aura attendue longtemps à Montréal, Anne Sofie von Otter.Après trois décennies de carrière, la mezzo-soprano suédoise, en se produisant mercredi au théâtre Maisonneuve, chantera pour la première fois dans la métropole.Anne Sofie von Otter est une grande dame, dans tous les sens du terme.Elle a tout vu et tout vécu en musique.Elle a chanté et enregistré Monteverdi, Bach et Gluck avec John Eliot Gardiner, Mozart avec Neville Marriner et, au-dessus de tout, Octavian dans Le Chevalier à la rose de Strauss sous la direction de Carlos Kleiber à Vienne, expérience qu’elle considère comme l’une des plus grandes de sa vie.Elle se souvient aussi de Berg et de Mahler avec Claudio Abbado ou de Bartok avec Bernard Haitink.Eille d’un diplomate, elle a été la reine des mezzo-sopranos de l’ère du disque compact, par sa culture très vaste, sa connaissance des styles les plus divers et, siutout, une autorité musicale et une constance de qualité rares.Lorsque nous nous étions rencontrés, il y a une quinzaine d’années en Erance, elle attribuait cette poljwalence à un jlon, «une "oreille" pour les langues et les styles».À la longue, le côté touche-à-tout est devenu un «hobby», selon ses propres termes.Anne Sofie von Otter a combattu le stéréotype de la grande Suédoise glacée en incarnant une Carmen ravageuse à Gljmdeboiune.Ce qu’elle a dû se faire plaisir ce joiu-là! Depuis plusieius années, sa poljwalence touche d’autres genres de musique.Au début de la décennie, elle s’associait à Elvis Costello dans un disque intitulé For the Stars.Cinq ans après, aveci Let the Music Speak, c’est Benny Andersson, l’un des deux «B» d’AB-BA, qui faisait son entrée au catalogue Deutsche Grammophon grâce à elle! Après un album baroque français intitulé Ombre de mon amant, elle a gravé son dernier opus en date.Love Songs avec Brad Mehldau (Naïve).Brel, Eerré, Barbara, Mehldau et d’autres s’y mélangent selon une recette que les deux artistes accommoderont en public mercredi.Le Devoir Fille d’un diplomate, elle a été la reine des mezzo-sopranos de l’ère du disque compact E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 CULTURE Fortin intime ou magnifié Odile Tremblay ntretenir un rapport intime avec des oeuvres d’art est un grand privilège.Les vrais collectionneurs le savent mieux que moi.Me serais-je intéressée à Marc-Aurèle Fortin si dans mon enfance une de ses aquarelles accrochée au mur de la salle à manger larnlliale — achetée jadis pour une poignée de dollars par mon père — n’avait suscité cette curiosité-là?Mes tantes possédaient d’autres toiles de ses paysages de Charlevoix, que je voyais à travers les yeux du peintre durant mes vacances passées dans cette région.Au fil des héritages, les aquarelles ont passé de main en main, intégrées à nos univers.Et je reluque la ligne de maisons aujourd’hui disparues à Saint-Hilarion, les silhouettes humaines à peine esquissées, en tâchant de saisir au vol l’inspiration de cet artiste-là.Le Musée national des beaux-arts du Québec (MBAQ) amorce une grande rétrospective Fortin, sa plus importante en 45 ans.Alors, bravant le carnaval, ses foules et son défilé, j’ai couru dans la capitale admirer la centaine d’œuvres triées sur le volet huiles, gravures, aquarelles, etc., éclatantes et merveilleuses, plantées là, c’est sûr, pour mieux faire rougir mon aquarelle.Ces scènes montréalaises ou campagnardes, ces grands ormes en majesté éclaboussent toutes couleurs unies les salles du musée.Le destin de Marc-Aurèle Fortin, né en 1888, avait frappé mon imagination.Solitaire bougon, créateur maudit— son père juge, allergique aux artistes, l’avait longtemps renié.Mais il promena son chevalet à travers le Québec durant la première moitié du XX" siècle, nationaliste avant la lettre, offrant une poésie aux arbres et aux maisons traditionnelles, au Montréal industriel aussi, avec ciels en folie sur un Québec souvent magnifié.En 1954, un triste sire et Jack of ail trades, Albert Archambault, flairant la bonne affaire, bientôt son mandataire, détruisit et brada plusieurs de ses toiles, l’exploitant jusqu’au trognon.Amputé des deux jambes à cause de son diabète, enfermé dans des conditions de misère, puis sauvé in extremis en 1967 par des admirateurs qui l’ont fait transférer dans un sanatorium abitibien.Fortin y mourut en 1970, sans un rond en poche.Plusieurs œuvres, croûtes ou merveilles, avaient été détruites par des mains ignares, d’autres ayant péri dans un incendie, mais il a tant produit que des pièces maîtresses peuvent s’offrir à notre admiration au MBAQ.Lui qui n’aimait pas l’art abstrait fut parfois jugé d’arrière-garde.Son art de la composition, l’audace de ses couleurs l’ont empêché de se déclasser et il eut toujours ses admirateurs.Un musée privé était consacré à son œuvre dans le Yieux-Montréal, puis ces toiles ont été récupérées par le Musée des beaux-arts de Montréal.Histoire de mieux prolonger l’expo de Québec, ma cousine m’a emmenée voir le Fortin de son père, une huile vraiment jolie acquise autrefois d’un pedler, Archambault peut-être: des maisons colorées de Val-Jalberfi ce village fantôme du Saguenay.Pas inventoriée, elle non plus, la toile en question, comme tant d’œuvres du peintre dont le public ignore l’existence.Certaines remontent à la surface.Michèle Grandbois, la conservatrice de l’expo, affirme présenter des peintures jamais exposées auparavant.Elle a puisé chez des collectionneurs, dans des musées aussi, mais plusieurs proviennent de chez Jean-Pierre Valentin, dont la galerie d’art, rue Sherbrooke QuesL fut incendiée le 30 janvier dernier.Les pompiers ont sauvé les tableaux, des Fortin entre autres.Ce galeriste prépare un catalogue raisonné des œuvres de Marc-Aurèle Fortin.11 me déclare en avoir vu passer 4500 en 36 ans.Six mille autres seraient à son avis chez les uns et les autres, inconnues au bataillon, et il invite leurs propriétaires à les lui signaler.Qn lui parle des acquisitions familiales.Michèle Grandbois pousse à la roue, va voir l’huile de l’oncle.I COLL.MNBAQ © FONDATION MARC-AURELE FORTIN / SODRAC 2011 Marc-Aurèle Fortin, L’Orme à Pont-Viau, 1928 (ou avant), huile sur toile L’expo dépasse l’espace du musée soudain.11 lui pousse des tentacules à nos yeux.Et on se suiprend à imaginer de futures rétrospectives nourries de nouvelles toiles de l’ombre, tout à coup révélées.Puis je retourne à mes propres amours: cette aquarelle de Fortin collée à ma vie.Moins splendide que ses grands ormes, soifi mais presque une amie, et qui me paraît, par la vertu de ce lien intime, soudain sans prix.Mise en abyme A verser au compte du vide médiatique oû sombre parfois la critique de cinéma: une non-nouvelle reprise par nos journaux samedi dernier, tirée d’une dépêche de la Presse canadienne.Le célèbre critique Roger Ebert du Chicago Sun-Times prédisait sur son site Internet quincendies de Denis Villeneuve allait remporter l’Qscar du meilleur film en langue étrangère.11 n’avait pas vu le film, remarquez — point de détail sans doute — , mais des amis lui en disaient le plus grand bien.«Et s’ils ont raison, Incendies devrait triompher», de conclure Ebert.Qn ne demande pas mieux, mais enfin! Faut-il qu’on soit colonisés pour s’agenouiller devant les prédictions à l’aveugle d’un critique américain.Comme quoi la notoriété s’accommode souvent du vide sans broncher.Comme quoi on est surtout bien bêtes de le relayer.otremblay@ledev(nr.co LE GROUPE DE LA VEILLEE présente Partenaire de production Fasken ^ Martineau vL/ LA NOCE DE BERTOLT BRECHT Du 22 février au 19 mars 2011 etdgifg»iM Mise en scène Gregory HIady Traduction Magali Rigaill Avec Paul Ahmarani, Alex Bisping, Enrica Boucher, Stéphanie Cardi, Denis Gravereaux, Frédéric Lavallée, Isabelle Lederc et Diane Ouimet Collaborateurs Vladimir Kovalchuk, Dmitri Marine, Marie-Pierre Poirier Assistance à la mise en scène Annie-Claude Beaudry LE DEVOIR P théâtre^ ON JOUE AU [PROSPERO] / 1371, RUE ONTARIO EST, MONTRÉAL Partenaire de saison Hydro Québec QU Billetterie : 514 526.6582 Réseau Admission : 1 855 790.1245 www.laveillee.qc.ca Les prix RIDEAU récompensent Tinnovation, la persévérance et Taudace en diffusion des arts de la scène 4 2911 PRIX RIDEAU RECONNAISSANCE Normand L'Écuyer, Diffusions de la Coulisse, Beloeil PRIX RIDEAU/XM Canada DIFFUSEUR Les Arts de la scène de Montmagny PRIX RIDEAU/XM Canada INITIATIVE La Maison de la culture Villeray-St-Michel-Parc-Extension pour Hors les Murs PRIX RIDEAU/XM Canada PARTENARIAT Le Centre des Arts de Baie-Comeau, la Commission scolaire de l'Estuaire et la communauté innue de Pessamit pour Le Clou du Théâtre PRIX RIDEAU TOURNÉE Les Productions Bros pour URS KARPATZ PRIX RIDEAU HOMMAGE Daniel Lemire RIDEAU, le Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis www.rideau-inc.qc.ca LC:)TO QUEBEC (((XM))) (Québec S S ¦ ^ ¦ Gouvernement Government 1^1 du Canada of Canada Québec musicaction CamdH 0 GALAXIE ART DU DUO SUITE DE LA PAGE E 1 Vous dites qu’il vous a fallu clutter pour ne pas laisser la densité du geste musical avaler le texte et son histoire».Il a fallu contenir votre jeu?Tout à fait.J’aime les harmonies, j’aime les contrepoints.Mais parfois la musique n’a pas besoin d’autant d’activité.Il faut simplement laisser la place à la voix, devant.Les arias de Mozart sont de bons exemples de la façon de créer des textures simples et transparentes derrière le chanteur.Jusqu’à quel point votre formation classique a-t-elle influencé l’écriture pour ce projet?Encore aujourd’hui, la plus grande partie de ce que je pratique est de la musique classique.J’étudie cette musique et l’écoute tout le temps.Cela a certainement influencé la façon d’écrire pour Anne Sofie.Mais en même temps, je ne suis pas sûr que ces chansons soient vraiment du classique.Il y a assurément des touches pop qui sont présentes.C’est vous qui avez suggéré à von Otter d’inclure Avec le temps dans le répertoire du deuxième album.Qu’aimez-vous dans la musique et l’œuvre de Léo Ferré?Le caractère désespéré des paroles, leur grande humanité — le lien avec la mort.J’aime ces espèces «d’harmonies circulaires» qu’il utilise dans plusieurs de ses chansons, notamment dans Avec le temps.Cela donne un sentiment d’in-hnité, il y a une sorte d’extase dans cette tristesse, cette mélancolie.C’est très présent également dans La Mémoire et la Mer, qui est selon moi une des chansons les plus profondes du XX" siècle.Ferré était un génie, un poète quasi prophétique qui n’a pas toute la reconnaissance qu’il mérite.Le Devoir Spectacle de la série classique de la Place des Arts présenté dans le cadre du festival Montréal en lumière, mercredi 23 février au théâtre Maisonneuve.Km Le dtoii: d'apprendre depuis 1966 aQeta.ac.ca LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 E 3 CULTURE Bravo Raymond Malenfant I T I MICHEL TREMBLAY Le clan Malenfant MEDIAS Le « capoté » de La Malbaie Malenfanttraœ un portrait somme toute flatteur du grand pourfendeur des syndicats des années 1970-1980.S’agit-il de la première minisérie adéquiste de l’histoire de la télévision québécoise?STEPHANE BAILLARGEON La vie des entrepreneurs québécois a fourni à la télé peu de matière à feuilletons biodramatiques.Il y a eu récemment (2006) Bombardier, sur Joseph-Armand Bombardier, inventeur de la motoneige.En étirant un peu le concept de l’homme d’affaires, on pourrait remonter jusqu’à Alphonse Desjardins en 1990.Mais à part ça?La figure de l’industriel semble avoir plus de succès du côté de la fiction totale, par exemple avec Les Bâtisseurs d’eau (1997) ou L’Or et le Papier (1989-1992).On pourrait même faire une petite place à Elvis Grattan et à son gros garage.Eaudrait-il imputer cette disette relative de la biographie romancée à l’absence de grandes fi^es inspiratrices, les Québécois n’étant pas particulièrement réputés pour leur entrepreneu-riat?Ce serait aller bien vite et plutôt mal en affaire.Il existe au contraire de bien beaux modèles complexes à explorer par le docudrame ou la fiction.Par exemple, Paul Desmarais de Power Corporation, réputé grand manipulateur de politiciens.Ou Pierre Péladeau, papa de Québécor et de PKR doublé d’un diable d’homme à femmes.Ou mieux encore, les empereurs de la boisson John Molson et surtout Samuel Bronfman, qui a inspiré Solomon Gursky Was Here à Mordecai Richler.Citons aussi Ben Weider, roi de la pompette, et bien sûr Guy Laliberté, fondateur du plus grand cirque du monde, premier clown de l’espace, noceur des nuits les plus folles du vaste monde.En attendant de voir les producteurs se déniaiser autour de ces vies aussi trépidantes qu’inspirantes, voici donc la minisérie Malenfant.La production fait son entrée publique jeudi de cette semaine sur la chaîne Séries +.La production en quatre parties rappelle les hauts et les bas de Raymond Malenfant (né en 1930), soudainement devenu la coqueluche du monde des affaires comme des médias et d’une partie de la population au milieu des années 1980.Il venait d’acheter au gouvernement du Québec le Manoir Richelieu pour vite en expulser les «capotes de la CSN», selon sa fine formule.Ils furent 300 à perdre leur emploi et à batailler ferme pour le retrouver.L’ambitieux propriétaire de la chaîne de motels Universel a fait faillite en 1994 après d’autres ambitieuses acquisitions minées par des taux d’intérêt exorbitants.Une tentative de sauvette populaire orchestrée par l’ineffable animateur de radio André Arthur a alors lamentablement échoué.La série se présente comme «librement inspirée» de la vie du «toffe» de La Malbaie, comme le désignait en une le magazine L’Actualité.Les deux premiers épisodes refont au pas de charge le parcours du self-made-man jusqu’à l’achat du joyau hô- telier de Charlevoix.Les deux derniers montrent la lutte féroce au manoir, jusqu’à mort d’homme, puis la déchéance du potentat de l’hôtellerie.De bas en haut, aller-retour C’est ce parcours erratique qui a plu au comédien Luc Picard.«J’ai choisi d’incarner Raymond Malenfant pour l’aspect tragique et très théâtral de son existence, dit-il.Ça pourrait être l’histoire d’un boxeur qui part de rien, arrive au sommet et retombe.» N’empêche, le choix de camper ce pourfendeur de syndicats après avoir joué le syndicaliste Michel Chartrand à l’écran en a étonné beaucoup.«Ce débat ne m’intéresse pas vraiment, poursuit M.Picard, rencontré au vi-sionnement de presse des deux premiers épisodes.Je suis comédien.Un comédien se glisse dans la peau d’un personnage.» Dans certaines autres entrevues, il a rappelé avoir déjà joué Roch Thériault, alias Moïse, chef de secte tortionnaire et assassin.Dans le cas MalenfanL il faudrait plutôt parler d’un chef de clan.Toute l’action, ou presque, tourne autour de sa farnille, des liens plus ou moins tendres avec sa femme Colette Perron Üulie McClemens) et ses enfants.La propre enfance difficile de Raymond sur une terre à roches est très rapidement esquissée.Rien n’est dit de Marcel AubuL une autre figure centrale de Québec, qui habitait la ferme voisine du rang de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup.Qn passe vite aux premières audaces entrepreneuriales dans la capitale, à ses coups de dés profitables, aux premières oppositions fermes avec les syndicats.Les motifs personnels, politiques ou idéologiques de l’entêtement antisjmdical précoce et primaire de M.Malenfant ne sont jamais expliqués.Dommage.D’avant à maintenant, aller-retour L’histoire sert des leçons à ceux qui s’en souviennent comme à ceux qui l’utilisent et la dé-tournent.En fiction comme ailleurs.En racontant Raymond Malenfant, la série parle-t-elle en fait de nous, de l’époque actuelle?En tout cas, les parallèles ne manquent pas.L’industrie de la construction, animée par des béotiens véreux, y semble corrompue jusqu’à l’infrastructure.Les syndiqués, dirigés par des calculateurs, ne reculent pas devant le vandalisme et les menaces de mort.Les médias soufflent sur le feu et enveniment les tensions.L’entrepreneur se révèle grand adepte du pot-de-vin, capable de payer sous la table pour obtenir le dézonage d’un terrain ou l’arrêt d’une enquête fiscale.Les politiciens mangent dans sa main.Il a même un gros bateau sur lequel il organise ses magouilles.Tout cela sonne étrangement familier.Qn dirait un scénario inspiré par les récentes révéla- tions de l’émission Enquêtes ou les articles de la collègue Kathleen Lévesque.Très bien et bravo pour le sous-texte audacieux.Seule-menfi l’impression laissée par la production télé semble moins bien balancée qu’un reportage honnête.Au total, elle affiche une sorte de parti pris pro-Mal-enfant qui va certainement finir par en agacer plusieurs, même si la fiction «librement inspirée» conserve tous ses droits de dérivas, évidemment.A certains moments, le portrait tombe dans ce qu’on pourrait qualifier de blanchiment de personnalité.Les producteurs et le réalisateur Ricardo Trogi (dont la mère a travaillé au restaurant du motel Universel de Sainte-Eoy, le premier, l’original) désignent plutôt cette volonté assumée comme une tentative à’«humanisation» du personnage.Malenfant morÈre donc le «toffe» au bord des larmes (et sa femme qui pleure) quand le syndiqué Gaston Harvey meurt après son arrestation par la SQ, pendant une manifestation.C’est possible.Mettons.Mais quand Colette lui parle d’un rival, son mari, reconnu poiu son expression pour le moins relâchée, le décrit de manière trop littéraire en expliquant qu’il s’agit A’«un inconscient qui va faire banqueroute».C’est pourtant le même homme bien embouché que le chroniquem Michel David a récemment décrit dans Le Devoir comme un «self-made-man, vulgaire et sans scrupule».Cela fait-il donc de Malenfant une première série antisyndicale et pro-patronale comme ce vrai de vrai Prix d’entrepreneur de l’année remis à l’original en 1987?S’agit-il même d’une sorte de première production de fiction de la télé québécoise en odeur adéquiste?Il y a un peu de ça, effectivement.N’empêche, honnêtement, le portrait global s’avère plus complexe, plus nuancé, irréductible à une simple formule-choc.Une scène montre Rajunond Malenfant ridiculisé par un autre homme d’affaires de la région de Charlevoix qui le traite de «petit Adolf>.Les abondantes scènes de corruption des autorités balancent encore plus la présentation d’un homme finalement rendu sympathique dans la fiction, mais moins par ses options politico-idéologiques que par sa personnalité de fonceur et de défonceur, y compris des sjmdi-cats et des petites gens bloquant son ascension.Sa femme Colette a le mot de la fin quand elle dit en gros que son mari était «bien loin d’être un saint», mais qu’il incarnait surtout le courage.C’est plutôt le portrait d’un entêté que fait cette série, si entêté qu’il a toujours refusé d’incorporer ses compagnies pour se mettre personnellement à l’abri en cas de faillite.Le clan Malenfant a donc tout perdu en 1993-1994.«On a dit de lui qu’il était un dinosaure avec une monstrueuse tête de cochon», dit alors le personnage de l’animateiu de radio André Arthur, en citant les adversaires de son héros.«Un homme vulgaire, une brute bourrue manquant totalement de solidarité sociale.Un hors-la-loi immoral même.Si Raymond Malenfant est tout ça, c’est qu’il correspond assez bien au Québécois type.» r Le Devoir Malenfant à la réception du motel Universel MICHEL TREMBLAY ¦ THEATRE.J O SAISON 2010-2011 SftUIDBlISE-PfllH'® iiimifin'iiTii lliiin" I , UN THÉÂTRE À > DECOUVRIR I www.denise-pelletier.qc.ca D'Euripide Traduction de Florence Dupont Mise en scène de Caroline Binet Une production du Théâtre Denise-Pelletier Avec Violette Chauveau, Alexandre Frenette, Stéphane Gagnon, Alexandre Landry, Hélène Mercier, Gaétan Nadeau, Pier Paquette, Johanne Haberlin, Sarah Desjeunes, Chantal Dumoulin, Diane Langlois, Meggie Proulx Lapierre,Anne Sabourin, Cynthia Wu-Maheux I (Médée) est une femme redoutable L Celui qui affrontera sa haine n'est ^ pas prêt de chanter victoire I (Tiré du Prologue de Médée") 1-855-790-1245 ADMISSION.COM BILLETTERIE 514 253-8974 E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 CULTURE THEATRE V A pieds joints dans l’inconscient Gregory Hlady propose une plongée onirique dans un texte de jeunesse de Bertolt Brecht MICHEL BELAIR C> est un Brecht qu’on ne connaît pas, qu’on ne joue jamais.Un Brecht dans la jeune vingtaine qui vient de découvrir le plaisir de faire suer les bourgeois petits et grands.Un Brecht qui n’est pas encore Brecht, sans la théorie, sans la vision brechtienne du théâtre.Ce jeune baveux n’a pourtant pas l’intention de se gêner pour dénoncer la pourriture du monde, qui se relève à peine de la guerre et qui accouchera bientôt des premiers balbutiements du national-socialisme.Déjà, il y a eu un énorme scandale autour de la première de Baal en 1918, une pièce provocatrice, «pornographique» selon certains.Et l’année suivante, voilà qu’il écrit La Noce chez les petits bourgeois {Die Klein-burgerhochzeif).Une courte pièce très premier niveau, mince mais pétaradante.Une grosse farce.Partir du sous-texte Paul Ahmarani et Gregory Hlady ont commencé à travailler ensemble sur un plateau de cinéma, celui du Marais de Kim Nguyen.La rencontre a été bénéfique puisque les deux hommes se vouent depuis un profond respect tout en cultivant les occasions de travailler ensemble.Ce qui nous a valu à nous, spectateurs, un des tandems les plus intéressants des dernières saisons avec Cœur de chien d’après Boulgakov, dans lequel Hlady dirigeait Ahmarani.Ce n’est pas par hasard qu’on les retrouve ici, au Prospero, dans une pièce de jeunesse de Brecht.«Nous voulions absolument retravailler ensemble, explique Ahmarani, continuer à explorer ce que nous avons commencé à creuser avec Cœur de chien.Une façon de travailler.Un univers.Les idées de Gregory sur la mise en scène me plaisent beaucoup.J’aime son imaginaire bizarre, différent de tout ce que Von se fait proposer habituellement.Son approche symbolique, son attrait pour tout ce qui est souterrain, sa façon de plonger et d’explorer l’inconscient d’un comédien comme d’un personnage.» Le metteur en scène poursuit en disant d’abord tout le bien qu’il pense de l’équipe qui l’entoure pour ce spectacle.Plusieurs de ceux qui ont fait Cœur de chien travaillent à La Noce: des concepteurs comme Vladi- genre de vocabulaire scénique, ce genre de langage, multiple par définition, qui situe tout dans l’irrationnel et fait appel aux pulsions.» «Ici, acquiesce le metteur en scène, c’était une des seules façons de faire parler le texte.Il a fallu beaucoup travailler à partir du sous-texte parce que la pièce du jeune Brecht est très premier niveau, très mince, grossière même duns sa forme: certains pourraient être tentés de la monter comme un boulevard.Nous avons choisi de C’est dans le non-dit du sous-texte que Gregory Hlady et son équipe sont allés inscrire ce climat de peur, de volonté de pouvoir et de manipulation mir Kovalchuk (scéno, costumes, lumières) et Dmitri Marine (sono), jusqu’au comédien Denis Gravereaux.On retrouve là une partie de la «filière slave» de La Veillée qui, depuis le départ, s’inspire de l’approche de Grotowski en donnant une couleur particulière aux productions maison.C’en est une.Là-dessus, Ahmarani reprend en parlant lui aussi du plaisir de travailler avec une équipe que l’on connaît bien, mais il tient à souligner l’originalité avec laquelle Hlady aborde la mise en scène.Il parle d’une approche «unique, quasi onirique», lui donnant comme comédien «la trop rare occasion de plonger duns l’inconnu».«Gregory aime bien nous laisser toute la place pour nous lancer.sans vraiment savoir où l’on va.Avec lui, on essaie des choses, on voit jusqu’où telle attitude ou tel geste peut aller.Quand il dirige les comédiens sur le plateau, le symbolique chevauche le narratif II peut, par exemple, créer une simultanéité d’actions qui va provoquer une forte réaction du spectateur duns le but de le voir abdiquer l’idée de comprendre et s’abandonner.Il aime bien utiliser ce FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES ET ENFANTS tout “remodeler”, si je puis dire, en creusant les relations entre les personnages et en nous inspirant du contexte historique.C’était l’époque de Freud, d’Otto Dix et de Dada aussi.Le texte est implanté dans un monde dur, cruel, chargé, laid.Un monde qui sent la fin d’époque, le chaos, la peur.Un peu comme le monde d’aujourd’hui.» Brun, noir, rouge Il n’y a évidemment aucune allusion aux nazis dans le texte de Brecht puisque c’est plus tard, durant les années 1920, qu’ils commenceront à se manifester.C’est donc plutôt dans le non-dit du sous-texte que Gregory Hlady et son équipe sont allés inscrire ce climat de peur, de volonté de pouvoir et de manipulation qui caractérisera la montée du parti national-socialiste.Dans le texte qu’il a écrit pour le programme du spectacle, le metteur en scène parle de la perte de repères et de valeurs des personnages, souligne «la fragmentation, le danger, l’angoisse qui émanent de La Noce».Paul Ahmarani dira, lui, que le brun, le noir et le rouge sont clairement les couleurs du show.«Rapidement, tout craque durant la noce.La volonté de pouvoir, la provocation, la peur, les références à la sexualité et à la domination, tout cela amène les personnages à se révéler à eux-mêmes.Gregory sait déclencher des processus rituels et toucher ainsi aux motivations profondes et obscures des personnages.J’aime qu’un metteur en scène passe les œuvres à la moulinette de ses obsessions esthétiques et que cela débouche sur des procédés scéniques.[.] Durant les répétitions, il m’est même arrivé d’avoir l’impression d’être plongé dans un rêve profond.» i; ¦•¦T.Gregory Hlady et Paul Ahmarani sur le plateau du théâtre Prospero JEAN-FRANÇOIS LEBLANC LE DEVOIR Dans cet univers, tout est potentiellement dangereux, tout se cache derrière tout.Les deux hommes donnent l’exemple de l’armoire de la chambre des jeunes mariés qui intrigue beaucoup de monde.Est-ce qu’elle cache T/î/1/VCE ONTARIO QUÉBEC.TtfS DRAGONFLY TEXTE LARRY TREMBIAY MISE EN SCÈNE CIAUDE POISSAIIT DU 22 FÉVRIER AU 19 MARS 2011 PRÉSENTÉ À ESPACE GO 4890 BOUL Sr-UUIREIIT, MONTRÉAL mardi.à 19 h mercredi au vendredi.à 20 h samedi.à 16 h uniquement biilets 514 845-4890 admission.com 514 790-1245 quelque chose?Qu’est-ce qu’on va trouver là?Des vêtements de bébé?La jeune femme est-elle déjà enceinte?Pour marquer le coup, le metteur en scène fera sortir de l’armoire des bruits étranges, «symboliques», laissant deviner que «quelque chose» va se passer, quelque chose «qui sent le totalitarisme».Pour décrire ce type d’approche, Ahmarani parle de «proposi- tion archétypale»-, Hlady, de «réalisme magique».Dès mardi, on pourra se faire sa propre idée là-dessus.Le Devoir LA NOCE Texte de Berthold Brecht mis en scène par Gregory Hlady.Une production du Groupe de la Veillée présentée au théâtre Prospero du 22 février au 19 mars.Compagnie Mobile Le Dura: FeSTIVAL.CASTELIERS.CA RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 THÉÂTRE OUTREMONT 514.495.9944 THEATRE Con«ild«Arts Can«teCou«il r- ““Sicai l#l du Canada forlIiQAit* MOIltrealQlÿ ItI canadien Herllags (^éb LED^M Montréal^ Québecnn CCMSELPCSARTS enunc DEMOMinÊAL SWEDISH nnnïiw A ARTSCOUNOL kumstem ¦Bl ARTS FUKC NL AVEC DANY BOUDREAULT ::: MHIICE DUBOIS DANIEL PARENT ::: ÉRENNE PILON ::: MANISOLEYMANLOU COLLAUOHATEUKS Catherine LA FRENIÈRE ::: Olivier LANDREVILLE ::: Marle-Chantale VAILLANCOURT ::: Erwann BERNARD ::: Éric FORGET ::: David OUELLET ::: Florence CORNET Caroline LAURIN-BEAUCAGE - Vincent ROUSSELLE ::: Maryse WARDA TllEATREDADf*niUI DIRECTION ARI1STIQUE I ncHi ncmniium cuuide poissant et mhiice dubois Vne coproduction du Théâtre PÂP et du Festival TransAmériques LE DEVOIR orne 22 >26 FEV MARDI AU SAMEDI À 20H SUPPLÉMENTAIRE 26FEVSAMEDIÀ16H THÉÂTRE LACHAPELLE 3700, RUE SAINT-DOMIMIQUE VVWVV.LACHAPELLE.ORG 514-843-7738 ht ^ ^ Ai&neito IbrtlisAi» LÀCHAPËLLË www.compagniemobilehome.com MISE EN SCÈNE : STEEVE DUMAIS ET LUCASJOLLY LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 E 5 CULTURE MUSIQUE Aller se faire voir (et entendre) à Anstin Le Québec unit ses forces au festival South By Southwest PHILIPPE PAPINEAU Comment attirer l’attention quand, autour, c’est la cohue?En se regroupant.C’est la nouvelle stratégie québécoise lors du monumental festival South By Southwest (SXSW), qui se tient en mars à Austin, au Texas.Habitués de s’y rendre chacun de leur côté, les groupes de musique, les cinéastes et les pros de la technologie seront cette année représentés sous la bannière «Planète Québec».SXSW est une créature étrange, tentaculaire, chaotique, où se retrouvent des gens du multimédia, des fous du septième art et surtout des musiciens voulant faire voyager leurs oeuvres ailleurs dans le monde.Devant eux, des milliers de programmateurs, de gérants, de maisons de disques et de médias provenant de tous les continents.C’est paradoxal: tous les gens importants y sont, mais attirer leur attention relève du miracle.Cette convergence Planète JOSEPH KARMUSH Malajube Québec a été mise sur pied à l’initiative du gouvernement québécois et de sa délégation à Atlanta, dont le champ d’action couvre le Texas.L’approche plaît à Sébastien Nasra, qui est présent depuis cinq ans au SXSW avec l’événement M pour Montréal, qu’il a fondé.C’est à lui qu’a été conhé le volet musical de Planète Québec.«C’est tellement la jungle là-bas: il y a à peu près 3000 groupes qui jouent en quatre jours, il y a environ 10 000 professionnels, plus de 75 clubs officiels même s’il y a des spectacles partout, dans des stationnements, des sous-sols de café, explique Nasra.Alors, c’est dur de ressortir du lot.En s’identifiant au Québec, à une scène en quelque sorte, ça aide à piquer la curiosité et ça permet de mettre en commun nos forces, nos expertises.Comme on dit en anglais: Tt’s a bigger bang!"» Le QG fleurdelisé Il y aura une quarantaine de groupes de musique québécois à Austin, du 15 au 20 mars.Parmi ceux choisis par le festival, notons Karkwa, Malajube, Poirier, Random Recipe, The Dears, Braids, Les Handclaps, Karim Quellet, Emilie Clepper, Miracle Eortress, Misteur Va-laire et Meta Gruau.«Pour les Québécois, le “timing” ne pourrait pas être meilleur pour la musique, avec Arcade Pire qui est partout en ce moment, avoue Sébastien Nasra, aussi patron d’Avalanche Productions et de Vega Musique.On ne pouvait pas le prévoir, mais en ce moment, le mot se passe: “Montréal?Québec?Il se passe quelque chose.”» L’élan créé par l’appui de Québec permet aussi aux groupes d’avoir accès à de meilleurs outils de promotion, à un attaché de presse américain, et surtout d’avoir un quartier général, au Spill Bar de la 6® Rue, à Austin.«D’avoir un lieu à nous, c’est la clé.Tout se passe pas mal dans cette rue-là; alors, si tu es excentré, c’est beaucoup plus dur d’attirer l’attention.» 1-855-790-1245 ADMISSION.COM '1 CICI (oftMilMAiti CrndiCMixN Quebec Cl Cl ^ duc*ft»di WtNArt» D’une pertinence absolue Alexandre Vigneault, La Presse Rare, essentiel et courageux Philippe Couture, Le Devoir Annabel Soutar Mise en scène André Perrier et Sophie Vajda Une production de Porte Paroie en codiffusion avec ie TDP Avec .suspense captivant Pierre Collin, Stéphane 4 voir absolument Blanchette, Alex Ivanovici, Yves Brousseau, Le Quatrième Laurendeau-Mondoux, France Rolland, Paul Stewart, et Brett Watson SEXY BÉTON,ÇA FRAPPE! 4353 Ste-Catherine Est BILLETTERIE 514 253-8974 THEATRE- DENISE-PEliniER i iH/NMl lèE POTTMom PE (o Ho&EMAPI LES RENDEZ-VOUS DU CINÉMA QUÉBÉCOIS Dimanche 20 février -15 h CINEMA:3à6ans PROGRAMMATION COMPLÈTE r ^1.,-v.ivir i_i_ i i_ DE IXjÊmDES pdajunior.com mk PARIïNAiRE MÉDIA LE DEVOIR Entrez dans le merveilleux monde animé de Co Hoedeman, cinéaste canadien primé aux Oscars, qui fait rêver les enfants depuis plus de trente ans.Des classiques à voir ou à revoir ! ^ laplacedesarts.com ^ 514 842 2112/1866 842 2112 Karkwa Ultime tactique Les concerts officiels du SXSW se déroulent de 18h à Ih du matin, mais le jour n’est pas synonyme de tranquillité pour autant dans les rues de la ville texane.Il s’y met en branle une panoplie de spectacles parallèles, les Daytime Parties, en plus des événements plus formels au Palais des congrès (discussions, conférences.).C’est souvent l’occasion de conclure une bonne affaire lancée la veille avec un programmateur.Brasser des affaires, c’est le principal but des groupes qui jouent au SXSW.«L’objectif initial, c’est de se trouver une équipe pour développer différents marchés, expbque Nasra.Trouver un agent américain, par exemple, ou réussir à se faire inviter dans des festivals européens.C’est aussi un endroit pour trouver des contrats de distribution pour son disque.» Le mois de mars est aussi un moment propice pour les programmateurs de festivals d’été, qui doivent boucler leur liste d’invités.«Les gros noms sont déjà sous contrat, mais il leur reste souvent des places pour des ALEXANDRE COURTEAU coups de cœur, des découvertes», dit Sébastien Nasra.Et s’ils ne peuvent pas convaincre uniquement par la musique, les gens de Planète Québec ont une ultime tactique: la poutine! «Ça devient une tradition: les deux dernières années, il y avait 100, 125 personnes en file, raconte Sébastien Nasra Le mot se passe, et on se ramasse avec plein de gens importants.Alors, la poutine devient une occasion de réseauta-ge.On les prend par le ventre!» Le Devoir Jocaste TEXTE MARIANA PERCOVICH • TRADUCTION GUY LAVIGERIE ATELIER PRÉPARATOIRE ANDRÉ BRASSARD JULIE VINCENT MISE EN SCÈNE JULIE VINCENT + YVES DAGENAIS • DISTRIBUTION JULIE VINCENT PRODUCTION SINGULIER PLURIEL • CODIFFUSION ESPACE LIBRE DU 24 FÉVRIER AU 12 MARS 2011 espace LIBRE tTH SAISON DE THÉÂTRE 2010-2011 BILLETTERIE-^514 521-4191 + espaceUbre.qc.ca 1945 RUE FULLUM À MONTRÉAL Traduction Maryse Warda Mise en scene lournalmetro.com r\ Hydro Québec http://goo.gl/9Si1A E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 CULTURE Festival Montréal/Nouvelles musiques Le big bang des nouvelles musiques, 50 ans après CHRISTOPHE HUSS Hier soir s’est ouvert le 5" Festival Montréal/Nouvelles musiques avec la reprise de La vie qui bat, chorégraphie de Ginette Laurin sur Drumming de Steve Reich.Ce spectacle donne le ton d’une manifestation sous-titrée Musiques en mouvements, qui se prolongera jusqu’à samedi prochain.Montréal/Nouvelles musiques, MNM pour les intimes, c’est un mouvement en soi; un flux continu d’événements qui pourtant ont l’air de se télescoper, notamment en fin de parcours.Walter Boudreau, directeur artistique de la Société de musique contemporaine du Québec et du MNM, ne nie pas qu’en soulevant cela Le Devoir pointe ce qu’il appelle lui-même «l’enfer»-.«Tout le monde veut aller au ciel.Mais on s’est fendu en quatre en faisant l’horaire; c’est un tour de magie.» Parmi les 28 concerts de cette semaine, neuf comprennent de la danse.S’y adjoignent des expositions et un important colloque, du 23 au 26 février, sur le thème «50 ans de création musicale au Québec».C’est en effet il y a cinquante ans, en août 1961, que Pierre Mercure organisa à Montréal la Semaine internationale de musique actuelle Cellule originelle Walter Boudreau est heureux que son confrère Jean Lesage ait rappelé à tout le milieu de la ROGERIO BARBOSA Marc Béland, que l’on aperçoit à la gauche de Walter Boudreau, participera au concert «Apportez votre cellulaire».m aÛ^ÊVRIERAUT mise en sceneJULIE VINCENT + YVES DACSmAIS texte_MARIANA PERCOVICH avec_JULIE VINCENT ^ prévente'2 billets pour35,50$ _514'521-4191 valable pour les représentations du 25 février au 2 mars « Du Jamais vu.« C’est comme si on était «.Us enchaînent Unique en son genre.» dans un autre univers.On est littéralement le public à Reg, Muiiqud Plui presque dans un film.» leurs lèvres.» Anouk Meunier, TVA Clémence Bourget, r Première chaîne, R.-C.Supplémentaires 3,4 et 5 MARS Les hommes à scie CABARET MÉTALLURGIQUE 10au26 février 20h30 avec les conteurs En équilibre instable sur la lame de l’égoïne branchée au pylOne électrique, les Hommes à scie oscillent constamment entre conte atypique, musique au fer blanc et autres modes d’expression inusités.Jean-Marc Massie et Simon Gauthier accompagnés par le bruit-colleur Benoit Rolland É monumentnational musique contemporaine l’anniversaire de cet événement fondateur.«Nous avons tergiversé quant à savoir s’il fallait recréer l’événement ou y faire allusion», résume le directeur de MNM.L’idée de recréation n’a pas fait long feu.«Certaines des œuvres présentées en 1961 sont mort-nées.Par contre, des gens qui ont participé à cette semaine ont produit par la suite des œuvres qui ont survécu au goût du jour.» Dans ce processus de sélection, Walter Boudreau inclut son prédécesseur, maître et ami Serge Garant: «Pour moi, l’œuvre de Garant présentée par Maurizio Kagel en 1961 a très mal vieilli, mais Plages (1981), son avant-dernier opus [que Paolo Bellomia dirigera le 25 février dans le cadre de MNM], est tout à fait réussi; c’est un condensé de son esthétique, tant et si bien qu’à la fin, Garant, après tout son parcours sériel, est revenu aux modes à transposition limitée de Messiaen.» Boudreau se souvient, amusé, d’une de ses dernières discussions avec Serge Garant au hord du lac Massawippi: «Je suis comme un serpent qui se mord la queue: fen reviens aux premiers modes que f utilisais quand f avais 20 ans!», disait Garant.Et Walter Boudreau de poursuivre: «Je lui ai demandé: “Ça ne te tenterait pas d’écrire de beaux accords de si bémol mineur?” Il m’a dit: “Jamais!”, mais en riant.Je regrette qu’il n’ait pas survécu; il en aurait fait, de beaux accords de si bémol mineur, car c’était un admirateur de Mahler, même s’il ne le criait pas sur les toits!» Pas de retour à 1961, donc.Aux yeux du directeur de MNM, il s’agit de se nourrir et de s’inspirer de ce que les pionniers ont fait, mais sans forcément se replacer dans le contexte.Parfois, cela vaut mieux.«À l’époque, les gens faisaient caca sur scène; Stravinski et Picasso pissaient sur les portes de l’Opéra de Milan et Louis Andriessen et Reinbert de Leeuw lançaient des tomates pourries à Amsterdam.» Soyons prudents.Walter Boudreau voit 1961 comme «la cellule originelle d’un grand développement de la vie musicale au Québec», qui a notamment mené à la naissance de la SMCQ.«Pierre Mercure a posé des questions fondamentales.Il faut se les reposer et voir ce qui s’est passé en 50 ans.» Le successeur de Mercure relève qu’il y a aujourd’hui 200 compositeurs au Québec et 30 ensembles à Montréal qui œuvrent dans la musique de création, «alors qu’à l’époque, Serge Garant, François Morel et Otto Joachim payaient de leur poche pour se faire un concert dans le sous-sol de la bibliothèque Saint-Sulpice.» La musique et le peuple L’objectif principal de Walter Boudreau est de parvenir à intégrer la musique contemporaine dans la société.«Le festival tient compte de la réalité sociale politique et économique du Québec et je cherche à donner avec nos moyens un portrait instantané de ce qui se fait; un portrait sous un angle plus large que ce que peut donner chacun des ensembles séparément» Parmi les grosses curiosités de cette édition 2011 de MNM, il y aura demain, dimanche, à 14h, à l’église Saint-Jean-Baptiste (entrée libre), le concert-événement Apportez votre cellulaire.C’est évidemment nul autre que Walter Boudreau qui est à l’origine d’une telle idée.«J’aime beaucoup équilibrer ma folie musicale entre les choses que je fais dans une grande solitude et sans contraintes autres que celles que je m’impose en tant que compositeur et ma position d’activiste très intéressé par la problématique qui existe entre la musique de concert et le peuple.» Cette même réflexion avait donné lieu à la Symphonie du Millénaire il y a une décennie.«Je fais beaucoup de gestes — peut-être pour racheter mes péchés compositionnels! — afin de faire prendre conscience du phénomène musical autrement qu’en étant assis dans un concert d’orchestre à écouter une symphonie de Brahms ou debout dans une discothèque avec un groupe pop.» En demandant à chaque spectateur d’apporter son cellulaire, Boudreau cherche à associer à la musique des sons de notre époque dans CINQUIEME SALLE TEIEATRE NIVEAU PARKING DU 2 ad 12 mars MISE EN SCÈNE / MICHEL NADEAU Comédie grinçante qui nous plonge dans le quotidien nocturne d'un jeune père écrivain en panne d'inspiration.« On s'en fait pour nos carrières et nos cours de Piiates, nos doubles cafés iatte et nos sites Internet, et le bonheur.on s'en crisse-tu ?» John F., dans Insomnie La Balustrade Billetterie: (514) 871-2224 (sans frais) l-a56-844-2172 m cinquiemesalle.com 514 842 2112/1 866 842 2112 l’esprit d’Edgar Varèse, pour lequel «la musique est l’art d’organiser les sons» — indépendamment, donc, de toute nécessité de la rendre agréable à l’oreille.«J’ai décidé de structurer des sonneries à l’intérieur d’une composition très sérieuse réalisée avec mon ami Yves Daoust, qui en assure la partie électroacoustique», dit Boudreau.L’œuvre est construite à partir du Prélude et fugue en do du Clavier bien tempéré de Bach, joué dans un premier temps au clavecin par Geneviève Soly, puis déconstruite.Dans la fugue, Boudreau et Daoust ont incorporé «des contrepoints de téléphones cellulaires».Læs compositeurs espèrent réunir 12 groupes de 100 personnes avec leurs téléphones.Un «sous-chef» sera posté devant chaque groupe.Tous ces «sous-chefs» seront reliés à une piste temporelle qui leur donnera la battue et les entrées.Chacun de ces 12 groupes réagira donc aux signaux de son chef en faisant sonner les téléphones.«On va demander que les sonneries soient de vraies sonneries et qu’elles soient brèves», précise Walter Boudreau, qui a conçu 45 transformations de la fugue avant de revenir au Prélude en do joué par le clavecin.Il se réjouit à l’avance de l’effet: «Les gens vont être captifs; ils vont devoir porter attention à leur chef de section.J’appelle cela la “leçon de musique”.Il s’agit de montrer que la musique, c’est du son organisé.Il faut se rendre compte de la pollution sonore, mais en même temps de la beauté des sons qui habitent notre environnement si l’on peut parvenir à les contrôler et à les organiser.» Le Devoir MONTRÉAL/NOUVELLES MUSIQUES Du 18 au 26 février.Renseignements: www.festivalmnm.ca ALLEN MCINNIS Walter Boudreau a Tœuvre 'mm Les femmes de Clémence '/• - d'extraits de chansons et^morm- milieux et de tout l^^^ çhistoire des f ^ leurs tiraillements leu » wncïteur-réalisateur www.clemencedesrochers.ca ÏACBBOOK.COU/CINQUIEMESALLE Place des Arts La saison Cinquièmg Salle est présentée grâce à l'appui financier de la Fondation de la Place des Arts.Renaud-Bray www.monument-natlonal.qc.ca Avec l'accord de La Société Radio-Canada, Première chaîne. LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 E 7 CULTURE DANSE Mondes fourmillants et mondes écroulés Annie Gagnon se penche sur le monde grouillant, à six pattes et à deux antennes, des insectes CATHERINE LALONDE Pas étonnant que sa première chorégraphie soit titrée Cocoon: Annie Gagnon tient un peu de la bibitte.Elle a commencé sa formation en danse à 27 ans, un âge où les interprètes pensent à raccrocher plutôt qu’à débuter.La voilà qui se penche, comme chorégraphe, sur le monde grouillanL à six pattes et à deux antennes, des insectes.Une danse des insectes?«Je cherchais une façon d’élaborer un geste qui ne me viendrait pas naturellement, quelque chose d’atypique, expliquait au Devoir Annie Gagnon au téléphone, la veille de la première.Ses quatre danseuses sont donc «rarement sur deux pieds, dans une gestuelle très nerveuse, rapide, minuscule».Pas de minimalisme, pourtant, rien de larvé ni de larvaire, mais un autre moyen d’ouvrir sur une grande énergie physique.«Je veux aller chercher les spectateurs par la sensation, explique la chorégraphe.C’est sûr qu’en partant des insectes, je ne vais pas les chercher par le sentiment! Au début de la pièce, les danseuses sont sous les gradins, le public, plongé dans le noir, ne fait que les entendre.» Un fourmillement, l’idée de petites bêtes qui rognent leurs vies sous le lit.Viendront ensuite l’infestation et le retour au cocon.«On a développé l’idée des membranes à travers la scénographie de Guylaine Petitclerc, poursuit Gagnon, avec ces longs tissus où les filles vont ramper» pour se faire cocon et tirer, tranquilles, leurs fils.Alice au pays des fourmis Sur le plateau, des accessoires hétéroclites: pelles à neige métalliques, brouette démanchée, bûches, tronc de bouleau, chariot Fisher Price.Une brocante ramenée en partie du chalet de Gagnon.«J’ai fait bouger les filles dans des espaces confinés.Les objets semblent devenir surdimensionnés et les danseuses, toutes petites», explique-t-elle, les idées claires et le bagout assumé.Si, à trente-trois ans maintenant, Annie Gagnon est une danseuse et une chorégraphe débutante, elle arrive avec quelques vies derrière elle.«Mon bagage, je le traîne: mes études en anthropologie, mes voyages, tout ça m’a permis de penser librement.Je créais i SOURCE LA ROTONDE Les danseuses d’Annie Gagnon se retrouvent rarement sur deux pieds.bien des pièces à l’université, mais sans rien connaître de la danse ou des muscles, sans rien savoir ni de l’en dehors ni de l’en dedans», se remémore Gagnon, le sourire dans la voix.Son corps supporte jusqu’à maintenant très bien cette danse tardive.«Plus vieux, l’apprentissage se fait plus lentement», précise-t-elle, admettant aussi qu’elle a l’avantage de ne pas être usée par la répétition des mouvements.La jeune chorégraphe a de grands projets.«Au doctorat, j’ai étudié les gens qui ont vécu le communisme, qui ont travaillé toute leur vie pour une idéologie qui a finalement sauté et qui se retrouvent à s’inventer des façons de survivre.On voit maintenant de vieilles babouchkas qui gagnent leur vie en tricotant, en faisant du petit commerce de fortune.J’aimerais prendre le Transsibérien, chorégraphier dans les endroits où il arrête, faire un film entremêlant les entre- vues de ces gens-là, l’anthropologie et la danse.» Une passion pour la Russie Cette passion pour la Russie a inspiré la chorégraphe Louise Bédard, conviée à composer un duo pour Gagnon et Jean-François Duke afin de compléter le programme de la soirée.Bédard n’a pas hésité devant l’invitation.Elle travaille depuis longtemps avec la relève, par l’entremise des écoles de formation ou des stages.«J’ai toujours aimé ce partage d’une certaine information, mais ça va aussi au-delà de ça.» Elle aime la passa- tion, le contact des générations.«On se retrouve maintenant à faire beaucoup de consommation de danse et on voit beaucoup de choses sur les scènes qui s’y sont faites par le passé.» Y aurait-il des lacunes en histoire de la danse?«Je pense que oui.Il y a de plus en plus d’initiatives pour y remédier, comme les entretiens Visages de la danse [qui s’attardent au parcours des chorégraphes] et le travail de la Fondation Jean-Pierre Perreault, par exemple.» Louise Bédard et Annie Gagnon s’étaient rencontrées déjà comme interprète et chorégraphe autour A’Osez! à Newport, au pays de Galles.Ensuite, à la création des Larmes d’Anna K., «pour la toute première improvisation, fai demandé qu’on me raconte en mouvements un souvenir de voyage», se rappelle Louise Bédard, qui a aimé entendre Gagnon parler russe.«J’avais en tête de faire trois tableaux pour Anna Karénine, mais la prémisse qui est restée, finalement, est celle du voyage.» Dans un décor d’une simplicité désarmante, où deux chaises et deux boîtes de carton deviennent matière esthétique ou rythmique, le duo se confine, se coince volontairement dans des espaces restreints.«Ils investissent ce petit espace.Comme lorsqu’on souhaiterait que l’autre déménage, qu’il parte, mais qu’il ne le fait pas.» Deux courtes pièces qui jouent, petits mondes, sur les espaces réduits.Le Devoir COCOON Chorégraphie d’Annie Gagnon avec Maryse Damecour, Caroline DroleL Jeanne Dubé-Blanchet et Eve Rousseau-Cyr présentée à La Rotonde jusqu’au 26 février.LES LARMES D’ANNA K.De Louise Bédard, avec Jean-François Duke et Annie Gagnon, en première partie.i fDmÔN i Hydro ^ Québec FESTIVAL 17 AU 27 FEVRIER Ak'V'd' 11 m LE FESTIVAL SE POURSUIT ! ^ anpaemrbtnvK LA FETE JUSQU’AU 27 FEVRIER! L'ÔréÎ^ SOYEZ DE présente MusiS SÉRIE topa2;e Dimanche, 27 février 2011,15h30 Cinquième Saiie, Race des Arts QUATüORATCAN Jû^n • Idmmratov • !Mmâlssolm SÉRIE EMERAUDE Lundi, 28 février 2011,19h30 Théâtre Maisonneuve, Piace des Arts PLUS DE 90 SPECTACLES  L’AFRCHE 19 FEVRIER 20 h Théâtre Maisonneuve, PdA 20 FEVRIER 20 h Salle Wilfrid-Pelletier, PdA 19 FEVRIER.20IK Gesù présenté per AIRFRANCB./^ CE SOIR! BOUQUET PREMIERE PARTIE ALB N DE LA SIMONE LETTRES A GENICfl, FOUES D’AMOUR (BORAfT D'AffTONIN ARTAUD) Fineincière m Sun Life CONCERT DE CLÔTURE i»r LA MÈRE ET LA RLLE POUR LA PREMIÈRE FOIS RÉUNIES SUR SCÈNE 26 FEVRIER 20h XI Salle Wllfrid-Pelletler, PdAi* FLORENCE?et NATALIE CHOQUETTE THE MAN I LOVE FÊTEoELALUMiÈRE- BMO fiû Banque de Montréal .DANS LE VIEUX-MONTRÉAL ‘ ET SUR LES QUAIS DU VIEUX-PORT Une programmation étoffée d’activités d'activités gratuites servies avec un bon bol d’air: braseros, marche aux flambeaux, spectacles et activités pour enfants! I SPECTACLES I EVENEMENT SPECIAL DU SAMEDI L'tUtNGmGNT L cvciiciiicni MISSTRESS BARBARA QlBmJORPRA2;AK 1.tfüâ ^eeâom • %atm • Smtm Renseignements : promusica.qc.ca 514-845-0532 Billets disponibles à: ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LES ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX DU VIEUX-PORT Sous la direction de L'Entracte r.I;ÎMIÏÏll — ENTRÉE QUAI JACQUESCARTIER LES FEUX i.ini En collaboration avec iDriii lli" le Groupe FlatIwtAmpleman ENTRÉE QUAI JACQUESCARTIER SAMEDI 4 O FEBRUARY Parade du Festival TAMS-TAMS D’HIVER! PETITE FEUX D’ARTIFICE DE LA FÊTE DE LA LUMIÈRE GRATUITI SCÈNE BMO ENTRÉE QUAI JACQUESCARTIER LES SAMEDIS ET DIMANCHES DU FESTIVAL LES SPECTACLES BMOi SPECTACLES EXTÉRIEURS fiRATUITES or no SCÈNE BMO QUAI JACQUESCARTIER ENTRANCE lES SOIREÉE ELECTRO ¦¦¦ En collaboration avec TelrMllinii^ O** SPHÈRE AXA ENTRÉE QUAI JACQUES-CARTIER 0 ŒES?^ BMO Q CBC A RodloCanada DHsjARrjjs ^ jpg’] , HaeednAn Art et êsir2011 du 17 février au 15 mai GALERIE ra LOUNGEm 3ARD LIFE' ÎE] Québec cm cm ® $ Montréal© 9^ ÎŒ CanadS Malton du Festival Rio TInto Alcan 305, rue Sainte-Catherine Ouest, Mcntréal, 2^ étage 514 2GE1-08G2 • gaLedstûungetüjnontreeljazzfaLccni BILLETTERIE MÉTROPOLIS 1 855 790-1245 admission.com • ticketmaster.ca PLACE DES ARTS 514 842-2112 • 1 866 842-2112 laplacedesarts.com l*9FEVRlE^i^ UN GRAND HAPPENINCyU^AIN CAFÉ DES ÉCLUSIERS DÈS 21 H 30 (COIN RUES DE LA COMMUNE OUEST ET MCCIÜ, AU PIED DU SILO NP 5) Suivez d'abord MIsstress Barbara et sa DJ Mobile dans un DÉAMBULATOIRE MIX MÉDIA SPECTACULAIRE! DÉPART DU SITE DU FESTIVAL, QUAI JACQUES-CARTIER 21 h IVIONTREALENLUMIERE.COM INFO-LUMIÈRE: 514 288-9955 ¦ 1 85LUMIERES GESÙ - CENTRE DE CRÉATIVITÉ f3Toutsur1ac8book.conT/morTtiBalenlumièn3 514 861-4036 1 855 790-1245 • admission.conn E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 mm Attention au concept DHC/ART propose une signature radicale et simple, parfois simpliste et souvent humoristique CEAL PLOYER DHC/ART Fondation pour l’art contemporain, 451, rue Saint-Jean Jusqu’au 16 mai.www.dhc-art.org JÉRÔME DELGADO U n interrupteur ici, son image plutôt, de taille réelle et à son emplacement habituel.Là, l’illusion d’un rideau de scène sous les feux d’un projecteur.Ou encore, par là, une lumière qui donne l’impression de venir de l’autre côté d’une porte fermée.La nouvelle exposition à la fondation DHC, inaugurée cette semaine, est une affaire d’image et de sa plus simple réalité: l’apparence de réalité.Vous suivez?Voici l’art tout en paradoxes de Ceal Ployer, artiste formée au célèbre Goldsmiths College de Londres, mais moins connue que ses pairs du label Young British Artists.Un verre à moitié plein versus un verre à moitié vide.Littéralement: la photo Half Empty et son alter ego Half Full montrent le même contenant.Ce n’est qu’une question de point de vue.L’expo Ceal Ployer regroupe dix-sept oeuvres, anciennes et récentes, qui s’entremêlent dans un univers où la projection d’images (et d’idées) concurrence la matérialité des moyens (rudimentaires).Quelques photos et installations sonores complètent ce survol de plus de quinze ans de pratique.L’inspiration vient du banal, une situation (lumière ambiante) ou un objet (interrupteur).De nature conceptuelle, avec des relents de minimalisme, et même de modernisme (l’œuvre pour l’œuvre, autoréférentielle) , la signature Ployer est A Things, une installation audio de Ceal Ployer radicale et simple.Parfois simpliste, souvent en humour.Sur les escaliers de la DHC, l’artiste y va d’un conseil aussi approprié qu’absurde: «Attention à la marche», lit-on, sur chaque mar-che de chaque escalier.Pas de détour, chez la Britannique basée à Berlin.L’interrupteur, son image, est indissociable du dispositif qui la/le projette.Ni détour ni leurre: le spectateur est autant confronté à la source de l’image.Même que cette œuvre qui ouvre l’expo, Light Switch (1992-1999), telle que mise en place à la DHC, se découvre d’abord par son dispositif.C’est ce qui fait dire au commissaire de l’expo, John Zeppettelli, que Ceal Ployer ne fait pas dans le trompe-l’œil puisqu’elle révèle tout.Le processus et le dispositif font, sont l’œuvre.Ça fonctionne en circuit fermé, dans une sorte d’autoréflexion.À plat L’astuce de Light Switch est reprise plus d’une fois.D’abord, dans ce premier étage marqué par la réversibilité, où l’œuvre Highlight (2006) joue encore sur l’éclairage éclairé.Ailleurs aussi.Dans Door (1995), la lumière derrière la porte n’est qu’une illusion révélée par la présence incongrue d’un projecteur au sol.Bien que toutes ces différentes propositions fassent sou- rire, elles bnissent par tomber à plat.Une bonne blague se perd dans la répétition.L’effet de Mind the Step {Attention à la marche) est de cet ordre.Il n’y a pas que ça.Derrière, ou devant, l’astuce optique, comme celle de Double Act (2006) — le rideau de scène —, c’est le manque de profondeur qui accable.Oui, ici, au quatrième étage, l’occupation de l’espace n’est pas hasardeuse, fait cohabiter le rouge intense de Double Un peu de printemps pour œmmencer notre 25^ saison! 17 avril Un REQUIEM au temps de Pâques Art et spiritualité à Repentigny du 4 au 7 mai LesD peaux tdéîpnrs NEW YORK : 1°' prix jusqu’au 25 février Musées : Collection Frick, MoMAet Cloîtres, Musique : Metropolitan Opera, Carnegie Hail.www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont I J SOURCE DHC-ART Double Act (2006) m ® Vasco Araûjo, O Percurso, 2009.Image tirée de la vidéo MUSEE D'ART DE JOLIETTE HIVER 2011 VASCO ARAUJO DU 30 JANVIER AU 1'MAI 2011 LYNE LAPOINTE Organisée en collaboration avec la Société des médecins de l'Université de Sherbrooke DU 30 JANVIER AU 4 SEPTEMBRE 2011 AU-DELÀ DU REGARD DU 23 JANVIER AU 24 AVRIL 2011 .CES VOCATIONS SPONTANÉES Organisée et mise en circulation par l'Agnes Etherington Art Centre DU 23 JANVIER AU l'- MAI 2011 145, rue du Père-Wilfrid-Corboil, Joliotte (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I vwvw.museejoliette.org i Mardi au dimanche, 12 h à 17 h QuébecH Huguette Vachon, Louis Lacerte et Yves Laroche présentent RIOPELLE Exposition en cours jusqu’au 16 mars 2011 Catalogue d’exposition disponible Lacerte ART CONTEMPORAIN 1, Côte Dinan, Québec (418) 692-1566 • info@galerielacerte.com www.galerielacerte.com De la terre au bronze, un même écho SCULPTURES ESTAMPES COLLAGES PEINTURES SOURCE DHC-ART Act avec la lumière presque imperceptible de Door.Une mise en scène bien étudiée.Soignée, méticuleuse, perfectionniste même, (Jeal Ployer.Malgré les outils employés — une technologie presque désuète (des projecteurs de diapos) —, son art frôle l’hyper-léché.Le design, le BCBG.Ses idées sont des flashes, des coups de pub.Pensez aux verre vide/verre plein.Ployer semble agir comme une professionnelle du concept.Celle qui trouve, qui ne se mouille pas.Les avis dans les escaliers sont bien posés de la première à la deux centième marche.L’installation audio Things (une compilation du mot «thing» dans la chanson pop) peut porter sur le vide, elle manque d’agressivité.C’est plus joli et amusant que critique.Quelques pièces s’extirpent quand même de cette zone de confort.Ink on Paper (2009), par exemple.Comme son nom l’indique, c’est de l’encre sur papier.De l’encre de feutres que l’artiste a fait couler jusqu’à les vider.Ici, elle s’investit.Et le résultat, une longue série de cercles chromatiques qui correspondent au contenu d’un paquet de crayons, est aussi hasardeux qu’imparfait.Le monochrome Till Receipt, un insignifiant reçu d’IGA (un vrai), recense l’achat de produits uniquement blancs (du sucre au tampon).Une action (Ployer s’y est encore investie) en clin d’œil à l’utopie moderniste.Enbn, 1-25, la projection qui ferme l’expo, pourrait encore être vue comme un job concept superb-ciel (chaque nombre s’afbche à l’écran pendant autant de secondes qu’indique sa valeur).La trouvaille, inspirée par le nombre d’images/seconde en vidéo, dorme au temps sa puissance magnétique.Plus l’œuvre avance, plus eUe semble ralentir.EUe nous suspend alors dans un espace-temps hors de toute réab-té.Et pourtant.Chez Ceal Eloyer, tout est dans la perception.Dans la bonne volonté du spectateur à croire, ou non, au subterfuge.Collaborateur du Devoir RECTIFICATIF On notera que l’une des œuvres de Jonathan Plante dont parlait notre coUaborateur la semaine dernière porte le titre Open Widow et non Open Window, comme nous l’avons écrit.Nos excuses. LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 E 9 DE VISU ûiîiisi) 1*^ l! M BETTINA HOFFMAN La Bunk Bed City montée à Clark est une sorte d’extension du Mini-Bar, une version «améliorée» puisqu’au comptoir des consommations l’artiste Dean Baldwin a ajouté des espaces de repos.Abris de fortune BUNK BED CITY Dean Baldwin POST NATURAL Virginie Laganière Au centre Clark, 5455, avenue de Gaspé, suite 114, jusqu’au 26 février.JÉRÔME DELGADO Entre un gîte ouvert (à tous) et son antithèse la plus imperméable — l’abri antinucléaire —, il y a tout un monde, sans doute.On savoure la vie d’un côté, on se prépare au pire de l’autre.Pourtant, ils ont des points en commun: le partage des denrées, l’exiguïté des lieux.voire la précarité du bonheur.Le bonheur, cet idéal auquel on aspire tous.La galerie Clark, qui a pris des airs de reiige en cette saison froide, met côte à côte deux conceptions utopistes du bunker, deux installations, l’une de Dean Baldwin, l’autre de Virginie Laganière.La chaleur du bric-à-brac du premier, avec son bois de qualité secondaire, son mobilier recyclé et son décor kitsch, versus l’enclos froid et aseptisé de la seconde, ancré dans une Suisse belle et onéreuse.Consommer pour de vrai Depuis quatre ans, Dean Baldwin, un artiste torontois diplômé de Concordia, fait parler de lui par ses oeuvres disjonctées où l’on sert bouffe et alcool pour attirer les foules du type «com-ment-ça-va-quoi-de-neuf», comme certaines langues sales désignent les vernissages.Mini-Bar, l’installation qui a fait sa renommée, est le paroxysme de cette volonté d’exacerber l’activité de consommation.Mini-Bar, que Baldwin qualifie A’«environnement à la Alice au pays des merveilles, accueillant mais quelque peu claustrophobe», existe en de multiples versions, dont celle qu’il a imposée à la Biennale de Venise 2009 sous l’apparence d’une hutte amérindienne.La Bunk Bed City montée à -, VIRGINIE LAGANIERE Une partie de l’installation Post Natural, de Virginie Laganière Clark est une sorte d’extension du Mini-Bar, une version «améliorée», puisqu’au comptoir des consommations il a ajouté des espaces de repos.Une sorte de dortoir avec ses huit couchettes.Gîte ouvert à tous.Les întéres-sés peuvent passer plusîeurs heures et même une nuît au complet, selon le communiqué de la galerie.L’Installation est pensée pour fonctionner en autonomie.Un évier permet d’évacuer l’eau sale (il faut bien laver la vaisselle) et on ne consommerait que ce qu’on y trouve.Deux frigos (un étant exclusif à la bière) font partie des meubles.On consomme pour de vrai.Plus d’un souper y a été prévu depuis l’inauguration fin janvier, dont un festin Super Bowl et une soirée pâtes fraîches «maison».Les repas font partie de l’œuvre.La socialisation, et donc la présence des gens, est son élément moteur.Visiter Bunk Bed City le jour, seul, donne ainsi l’Impression de se trouver dans un lieu un lendemain de party.Les restes dans les assiettes et les fonds de bouteille sont courants.Sur le ton de la fête, Baldwin se fait critique, non pas tant des affaires mondaines de son milieu que de nos activités ou-tranclères de consommation.Rassembler autant de clichés de la débauche, avec ce bar aux allures de cabane au bord de mer, n’empêche pas, par contre, d’ouvrir de nouvelles perspectives sociales.Un sans-abri pourrait bien profiter du repas offert et du Ht en place pour sortir de sa réalité.Bunk Bed City peut aussi prendre la forme d’un pays des merveilles.Un pays où l’on partage.Belle utopie.L’idée plus que la chose Virginie Laganière s’est Inspirée du contexte alarmiste et quelque peu dépassé (quoique.) des bunkers antinucléaires, à partir de leur mise en place en Suisse — une loi obligerait les propriétaires à en créer un et à y entreposer des denrées.L’Installation Post Natural ne reconstitue pas dans le détail l’abri sous terre (Laganière n’est pas Baldwin).11 s’agit plus de l’Idée que de la chose véritable.La vision qu’elle propose joue néanmoins sur deux plans, celui de la réalité (elle agit en documentarlste) et celui de la projection Imaginaire (paysage en carton compris).Des photos de ces lieux, sur fond d’Alpes Idylliques, les témoignages écrits et la liste Idéale de provisions à amasser (un kilo de riz, un kilo de pâtes, trois boîtes de thon, etc., à accumuler en temps de paix) qui y figurent donnent à l’ensemble son côté ambigu, entre rires et peurs.L’utopie, dans le fin fond, est cette petite fortune qu’on tente de se procurer.Que ce soit sous la menace d’une guerre ou sur Invitation à la célébration.Ici un kilo de riz, là-bas une caisse de 12.Une petite fortune bien éphémère, il faut l’avouer.Collaborateur du Devoir E N BREF Une randonnée de ski nrbain en prime Dean Baldwin ne conçoit pas que des bars.Ses idées de collégialité, ses moyens pour rameuter les gens sont multiples.Dans le calendrier d’activités au menu de l’expo à Clark figure une randonnée de «ski urbain (location d’équipement incluse)».Pour l’après-ski, au bunker, on servira une fondue préparée par Thomas Kneubühler, artiste d’origine, eh oui, suisse.La date est à déterminer (garder le site www.clarkplaza.org ouvert) et l’arrivée hâtive cette semaine du printemps n’est pas pour faciliter les choses.Cette escapade en ski garde néanmoins son intérêt si on présume de soq ton subversif et iconoclaste.À Venise, Baldwin avait organisé un tour des canaux en.canots apportés du Canada.Et pour clore son Bunk Bed City, l’artiste nous convie le 26 février, en guise de mise en bouche de la Nuit blanche, à détruire l’installation.Cocktails Molotov seront servis à compter de 17h.- Le Devoir Snow en solo Michael Snow (né en 1929), la grande figure de l’art contemporain canadien, n’avait pas eu d’exposition individuelle de l’envergure d’une rétrospective depuis le début des années 1990.Voilà donc que la galerie de l’UQAM crée l’événement avec l’expo Solo Snow.Mais c’est en France qu’elle a lieu, au Fresnoy, Studio national des arts contemporains (à Tourcoing, près de la frontière belge).Une trentaine de photographies, de projections, d’installations vidéographiques et d’œuvres sonores ont été regroupées «pour rendre compte du caractère multidisciplinaire et expérimental de ce pionnier des arts médiatiques», selon le communiqué de fUQAM.L’expo porte la signature de Louise Déry, la directrice de la galerie universitaire, invitée pour l’occasion par Alain Fleisher, directeur du Fresnoy.Inaugurée début février.Solo Snow, qui est accompagnée d’un catalogue distribué ici par ABC Livres d’art Canada, roule jusqu’au 24 avril.- Le Devoir Dernières heures Parmi les expos qui se terminent aujourd’hui, voici certainement celles qu’on regrette de ne pas les avoir signalées plus tôt.Au centre Optica (372, rue Sainte-Catherine Ouest), Pavel Pavlov propose une visite singulière (à deux caméras) de .la dté du Havre, alors que Nelly-Eve Rajotte y va d’une exploration visuplle et «électro-organique».À Plein sud (150, rue de Gentilly Est, Longueuil), il iaut oser se frotter à la touche minimaliste du sculpteur Alexandre David.-Le Dewïr 4^ H ^ ^ ü L’EMPEREUR GUERRIER DE 9.ET SON ARMEE DE TERRE CUITE Une présentation de K MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL La Capitale UNE CHANCE UNIQUE DE LES VOIR DE TRES PRES DÈS MAINTENANT! BILLETS SUR empereurdechine.cd PAVILLON JEAN-NOËL DESMARAIS Groupe financier Grand donateur « C’est SUBLIME ! [.] Toute la mise en scène l’est d’ailleurs.» - René Homier-Roy, Six dans la cité, Radio-Canada THE ROBERT H.N.HO FAMILY FOUNDATION métro 3 Al R CANADA O Nocturnes les mercredis (a moitié prix), jeudis et vendredis soirs (à prix régulier) jusqu’à 21 h Une exposition organisée par ie Musee royal de l'Ontario, en partenariat avec le Bureau des reliques culturelles et le Centre de la promotion du patrimoine culturel de la province du Shaanxi, République populaire de Chine, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.REJOIGNEZ LES TROUPES AU CENTRE-VILLE Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* •Accompagnés d’un adulte.Non applicable aux groupes.EN BUS ET EN METRO.kSa Guy-Concordia ISSJPeel De gauche a droite: Fantassin, officier de rang supérieur et cheval de cavalerie (details), Dynastie des Qin, 221-206 av.J.-C.Musee de l'Armee en terre cuite du Premier Empereur.Photos © Bureau des reliques culturelles de la province du Shaanxi et Centre de la promotion du patrimoine culturel du Shaanxi, République populaire de Chine, 2009 E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 EEVRIER 2011 CULTURE Un mur dans la tête UNKNOWN (V.F.: HORS DE MOI) Réalisation: Jaume Collet-Serra.Scénario: OHver Butcher, Stephen Cornwell, d’après le roman de Didier Van Cauwelaer t.Avec Dam Neeson, Diane Kruger, January Jones, Aidan Quinn, Bruno Ganz.Image: Flavio Labiano.Montage: Tim Alverson.Musique; John Ott-man, Alexander Rudd.Etats-Unis-Grande-Bretagne-Alle-magne-France, 2011,114 min.ANDRÉ LAVOIE La guerre froide serait-elle toujours brûlante d’actualité?Devant Unknown, du cinéaste espagnol Jaume Collet-Serra {House of Wax), on pourrait le croire tant il règne dans ce film un climat paranoïaque qui se superpose au voile de brouillard enveloppant Berlin en novembre.On y croise autant d’espions, et de personnages louches, que dans un roman de John Le Carré.Pourtant, ce sont surtout les films de Roman Polanski et SOURCE WARNER Liam Neeson dans Hors de moi, de Jaunie Collet-Serra d’Alfred Hitchcock qui nous viennent en mémoire tout au long de ce thriller palpitant, mais qui ne résiste jamais longtemps à la moindre grille de vraisemblance.On y retrouve une ambiance kafkaïenne proche de celle de Frantic (remplacez Paris par Berlin) et quelques scènes, dont celle du musée où triomphe la blondeur de l’actrice January Jones (la beauté désespérée de la série Mad Men), ne cherchant même pas à dissimuler les em- prunts faits à Vertigo ou à North by Northwest.Comme chez ces deux maîtres, mais avec un degré moindre de virtuosité, un personnage tente de retrouver son amoureuse, ses objets personnels, son innocence, et surtout sa véritable identité.Car Martin Harris (Liam Neeson, solide), un scientihque américain, croit l’avoir perdue dans un accident de voiture à Berlin et, après quatre jours dans le coma, son épouse ne le reconnaît plus tan- dis qu’un autre homme à ses côtés prétend être.Martin Harris.Avec la complicité d’une immigrante bosniaque (Diane Kruger dans une timide performance vocale à la Meryl Streep) qui conduisait le taxi réduit en miettes, l’homme va découvrir que son passé est moins idyllique qu’il l’imaginait, surtout avec des tueurs à ses trousses et d’anciens espions de la Stasi pour le guider (Bruno Ganz, étonnant).Jamais en panne d’imbroglios qui feraient parfois baver d’envie Jason Bourne, Unknown ne souffre d’aucune baisse subite de tension dramatique, feu roulant d’épisodes spectaculaires et de croisements incongrus entre prince du pétrole, scientibques, truands et beautés glaciales.Un cocktail explosif, rarement original mais mené avec compétence et où Berlin apparaît souvent comme la vraie vedette, star énigmatique préférant étaler ses charmes sous un ciel gris et un manteau de neige souillée.Collaborateur du Devoir Sur un fil entre rêve et terre ferme.CANINE (DOGTOOTH) Réalisation: Yorgos Lanthimos.Scénario: Yorgos Lanthimos et Ef-temis Filippou.Avec Christos Stergioglou, Michelle Vakeyr, Ag-geliki Papoulia, Mary Tsoni, Hris-tos Passalis, Anna K^aitzidou.Image: Thimios Bakatakis.Montage: Yorgos Mavropsaridis.ODILE TREMBLAY Primé dans plusieurs festivals, dont à Cannes où il a remporté le prix dans la section Un certain regard et au Festival de nouveau cinéma de Montréal (Louve d’or), le film avait suivi la route des rendez-vous de cinéma en 2009.Le voici qui atterrit (un an plus tard) au côté d’incendies de notre cinéaste Denis Villeneuve en nomination pour l’Oscar 2010 du meilleur film en langue étrangère.Canine, sans être du calibre de Biutiful d’Inàrritu ou d’incendies, est un excellent et troublant petit hlm d’auteur, mais il serait étonnant qu’il coiffe ses concurrents aux Oscar.Ce qui ne lui retire pas sa valeur pour autant.Entre Bunuel, Pasolini et Haneke, entre théâtre de l’absurde et celui de la cruauté, il décrit un huis clos familial ouvrant par extension sur des dimensions collectives de lavage de cerveau: métaphore fine et efficace du fascisme.Cette histoire de chef de famille qui garde son monde en autarcie, sans jamais le laisser sortir hors du jardin, désarçonne.L’épouse est soumise, les trois adolescents, plus ou moins abrutis.Toutes les infor- ENSEMBLE INSTRUMENTAL APPASSIONATA DANIEL MYSSYK DIRECTION ARTISTIQUE m I il était deux fois Quatre saisons en musique et poésie Les Quatre saisons de Vivaldi et PiazzoUa avec le violon Laroque d’Olivier Brault et le Landonéon de Denis Plante.Same di 26 février 2011 Conservatoire de musique de Montréal, 20 k, 39 $ Lillets : www.appassionata.ca www.admission.com 514-388-5876 Conseil des Arts du Canada Québec [ VRKIOS Spectacle multidisciplinaire de André Hamel, Guy Laramée, Martine Beaulne et Claire Gignac Avec Frédérike Bédard, soprano Claire Gignac, voix et instruments urnossiens Élise Guay, Pierre Langevin et Liette Remon, cornemuses et instruments urnossiens Patrick Graham, percussions Michel Rochon, chroniqueur scientifique Geneviève Martin, chorégraphe et danseuse Carole Nadeau, vidéographe Anne-Catherine Simard-Deraspe, lumières Version spatialisée présentée en coproduction avec MINMIlSS et Espaces Sonores Illimités Une production de La Mef Mardi 22, mercredi 23 et jeudi, 24 février 2011 à 21h Agora de la Danse, 840, rue Cherrier, Montréal Billets : Régulier 25 $ | Aînés 20 $ | Étudiants 10 $ Agora de la Danse 514-525-1500 wwwJa-nef.com mations données aux enfants se révèlent faussées.Un zombie est une fleur jaune, une carabine, un oiseau blanc, les avions qui volent au-dessus de la propriété sont des objets de mystère (comme dans Les dieux sont tombés sur la tête).Les chats qui se risquent dans le jardin sont considérés comme des bêtes féroces dévorant les humains, à assassiner avec un sécateur.Voici qu’une femme venue d’ailleurs les yeux bandés, pour aider le bis à assouvir quelques besoins sexuels, précipite l’explosion du noyau en faisant pénétrer des éléments extérieurs dans la boîte close.On pense à Samira Makhmalbaf qui avait filmé dans La Pomme des petites captives dans un vrai-faux documentaire, mais ici la perversion davantage que la sottise se trouve au cœur du drame.Force plans fixes, sauf quand l’un ou l’autre des enfants tente de fuir, aucune quête d’effet, des répliques fines, sans vaines explications: nous voici dans un fascinant monde parallèle, où les règles sont inversées et où le propos, sous des dehors insensés, exhibe les plus terribles dérives de la manipulation humaine.Plus Canine avance, plus les mises en scène du père (Christos Stergioglou, seul personnage agissant et unique acteur à avoir un rôle de complexité) deviennent élaborées et ses agissements, violents.La distanciation de jeu est de mise.Les interprètes semblent avancer sur un fil entre surface du rêve et terre ferme.Canine révèle un cinéaste de concision et de contenu, qui lâche ses bombes par petites salves troublantes, à coups de détails insolites, de dérives, dans un monde du quotidien campé posément, histoire d’accentuer l’horreur qui n’en huit plus de le gruger.Le Devoir ENTREVUE A Etienne Comar explore l’engagement et la spiritnalité Le film remarquable de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux prendra l’affiche vendredi prochain dans nos salles.Couronné à Cannes du Grand Prix du jury, favori pour les prix César le 25 février, cette œuvre d’art, de silences, de questionnements et de lumière fît un malheur aux guichets français et est vendue dans 60 pays.Son scénariste, Etienne Comar, remonte le cours de cette aventure belle et sanglante.ODILE TREMBLAY Ai u dernier Festival de .Cannes, où le hlm était lancé en compétition, le cinéaste Xavier Beauvois ignorait encore que Des hommes et des dieux allait bouleverser le public, glaner tant de prix et marquer sa carrière.Depuis quelques mois, il refuse d’accorder des entrevues à son sujefi ayant l’impression d’avoir tout dit.En adaptant l’aventure fiagique de moines deTibhirine, dont sept furent tués en Algérie en 1996 dans la foulée d’affrontemepts enùe terroristes islamistes et Etat algérien, le cinéaste de N’oublie pas que tu vas mourir et du Petit Lieutenant sentit qu’il entrait en pleine maturité.Lui, l’agnostique, plongea dans le quotidien de moines cisterciens, après avoir fait une refiaite dans une abbaye de Savoie.Mais tout avajt commencé avec le scénario d’Etienne Comar.Ce producteur, qui se remettait en question après la mort de son père, voulait réorienter sa carrière en des zones plus artistiques.«L’assassinat des sept moines français dans leur monastère de Tibhi-rine m’avait beaucoup marqué, explique-t-il.On ne parlait que de leur mort atroce, mais ce qui l’avait précédé était peu connu du public.Je voulais expbrer l’engagement, la spiritualité, le courage de ces hommes-là.» Il avait vu le documentaire d’Emmanuel Audrain, Le Testament de Tibhirine, en 2006, explorant les raisons qui avaient poussé les moines à demeurer en Algérie quand tout les invitait à fuir.D’autres documentaires, des livres, le journal de frère Christophe, ont nourri sa recherche.«Le contexte du monde avait A QUEBEC 24 ET 25 FÉVRIER I 20h PALAIS MONTCALM A MONTREAL 27 Février! i5h ÉGLISE UNIE ST-JAMES 463, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal FFSTIVM FWIlIMlfRL D’ICI ILLEURS LES PLUS CÉLÈBRES CANTATES DE BACH La Chapelle de Québec et Les Violons du Roy s’unissent pour interpréter avec brio quelques-unes des plus belles œuvres chorales de Bach.Bernard Labadie La Chapelle de Québec PALAIS mOntcalm 418 641-6040 1-877-641-6040 billetterie ^ Articulée 514 844-2172 1 866 844-2172 LES VIOLONS DU ROY PARTENAIRE DE SAISON A QUÉDEC BERNARD LABADIE LE DEVOIR a" Hydro Québec Québec I Akc b [xrtld[Qtlcfl du: TÉLÉVISION .
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