Le devoir, 5 mars 2011, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 r PHOTO Michel Campeau documente la mort de la chambre noire Page E 3 CINEMA Claude Legault et Céline Bonnier dans le mensonge jusqu’au cou.Page E 9 CULTURE i PEDRO RUIZ LE DEVOIR MICHEL BELAIR epuis les années 80, la chose refait surface régulièrement, lugubre, sur fond de «métal», de douilles sur le sol et d’odeurs de sang: Columbine, Polytechnique, Dawson, Em-sdetten.Insupportable.Incompréhensible.Comment a-t-on pu en arriver là?C’est un drame de cette ampleur, aussi désespérément ordinaire, aussi provocant, que Brigitte Haentjens et Christian Lapointe nous proposent au théâtre La Chapelle avec 20 novembre.Sur scène, Lapointe redevient comédien et joue Sebastien Bosse, ce jeune lycéen d’Emsdetten en Allemagne qui, le 20 novembre 2006, a fait feu sur ses professeurs et ses camarades de classe avant de s’enlever la vie.«Reject», adepte de jeux vidéo et de «death métal», Bastian B., comme on l’appelait, avait tout juste 18 ans.Un cancer Brigitte Haentjens et Christian Lapointe travaillent ici ensemble pour la première fois même si une profonde complicité les lie depuis plusieurs années.C’est elle qui voulait le voir monter «quelque chose» chez Sibyllines; c’est lui qui lui a proposé ce texte, de le jouer aussi sous sa direction.Un même feu les brûle: la passion pour les terrains périlleux, le don pour l’exploration et la découver te de nouveaux territoires.Deux dérangeants oiseaux.Qui arrivent ici avec une oeuvre noire comme la suie.«Toxique», dira même Lapointe avec son étrange soiuire à mul- tiples facettes.Ils racontent tous deux d’abord que le poète et dramaturge suédois Lars Norén — auteur d’une quarantaine de pièces et metteur en scène, il dirige le Riskteatern, le théâtre national itinérant de Suède — s’est inspiré du fait divers et surtout du journal intime laissé par Bosse.11 a conservé plus des deux tiers du «testament» de celui que tous les téléjournaux, partout dans le monde, ont décrit comme «un autre jeune tireur fou».Christian Lapointe souligne que la fusillade d’Emsdetten, qui a fait 37 blessés, est survenue à peine un mois après celle du collège Dawson, à Montréal.à laquelle Bosse fait allusion dans son journal.Le terrain est périlleux, on le sait: ces «événements» se succèdent à répétition en Europe tout autant que de ce côté-ci de l’Atlantique, et de plus en plus dans tous les pays «mondialisés».C’est une tare Brigitte Haentjens^ de Lars Norén.Un même feu les brûle: la passion pour les terrains périlleux, le don pour l’exploration et la découverte de nouveaux territoires.qui s’amplifie; un fait de société en forme de gène cancéreux.Qu’est-ce qui se passe?Qu’est-ce que nous n’avons pas encore saisi?Eaut-il vraiment revenir là-dessus?«Evidemment!», diront tour à tour le comédien et la metteu-re en scène.Tous deux pratiquent un théâtre qui demande l’engagement et qui n’a rien à cirer du confort et de l’indifférence.Pour eux, le théâtre est là précisément pour ça, et le défi est stimulant.D’autant plus que le discours de Bosse est plutôt troublant: il dénonce d’abord le vide envahissant et l’indifférence ordinaire de la société moderne.Dans la représentation «Mais, précise Haentjens, c’est un territoire sur lequel il faut avancer prudemment, avec précaution.Le désespoir de ce jeune homme est terrorisant! Je comprends que Christian emploie le mot “toxique”.C’est un texte très fort.Très construit, très dur aussi.Comme cette autre pièce de Norén, Catégorie 3.1, qui met en scène des sans-abri vivant sous un pont.[.] Norén ne donne pas beaucoup d’indications, presque pas de didascalies.Il souligne surtout les silences dans ce texte écrit en vers libres, comme la poésie qu’il écrit aussi.On sent tout de suite dans ses mots, qui sont beaucoup ceux de Sebastian Bosse, une sorte de désespoir vi- rulent qui m’a percutée, violemment.Ce texte m’a tout de suite dérangée, mais notre intuition était bonne puisque c’est un objet théâtral qui s’avère de plus en plus fascinant à mesure qu’on le creuse.» Lapointe, qui s’est mis le texte en bouche bien avant de se mettre à travailler avec Haentjens pendant deux mois, dit avoir trouvé là «une violence sans filtre, âcre, insoutenable; une sorte de désespoir toxique».11 poursuit en racontant que Lars Norén place très concrètement l’action de la pièce tout juste avant la fusillade du 20 novembre, alors que Bosse livre son «testament».C’est lui qui demande au comédien qui joue le personnage du jeune tireiu de s’adresser directement au public.«Ainsi, le public est dans la représentation, poursuit Lapointe.Avec des mots en apparence tout simples, ordinaires et quotidiens, [genre: “C’est quoi ton char?”], avec les dénonciations aussi de Sebastian Bosse, l’auteur oblige le spectateur â se situer face â ce texte souvent très déroutant Face au plaidoyer d’un raté.que l’on se surprendra â partager souvent même si, vous et moi, on ne tire pas sur les gens.» Brigitte Haentjens fait remarquer que le texte de Norén par- dans 20 n le Pïesque ^ d’un «l^nne ti testament » le beaucoup aussi, «insidieusement, subtilement», du théâtre, de la mise en forme théâtrale qu’il veut dérangeante.«On n’en sortira pas indemnes, prévient-elle.C’est un texte qui travaille au corps, qui concerne la société en général et qui touche tout le monde.Encore plus dur que Sarah Kane parce que la fiction est mince ici: il n’y a rien d’abstrait.Pas de show.Aucune fuite possible, même si — et peut-être parce que — on est au théâtre.» Intense, comme toujours, Christian Lapointe aura le mot de la fin en disant que le conflit dramatique n’a pas seulement lieu sur la scène, mais aussi entre la scène et la salle.Préparons-nous à travailler fort.Le Devoir 20 NOVEMBRE Texte de Lars Norén mis en scène par Brigitte Haentjens.Avec Christian Lapointe.Une production de Sibyllines présentee au théâtre La Chapelle du 8 au 26 mars.«C’est un territoire sur lequel il faut avancer prudemment, avec précaution.Le désespoir de ce jeune homme est terrorisant! » —Brigitte Haen^ens E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MARS 2011 CULTURE Femmes et lieux Odile Tremblay Puisque le 8 mars offre mardi prochain une fête à celles qui inspirèrent à Simone de Beauvoir les brillants propos: «On ne naît pas femme.On le devient» Puisque le mot «féminisme» semble être accepté, sans déchaîner les rires, durant la période entourant cette fameuse date-là.Puisque, même si la sottise ne cormaît aucune frontière entre féminin et masculin, l’égabté des sexes, côté salaires, côté respect, côté présence dans les hautes sphères dirigeantes, demeure un concept fumerrx, idéal à atteindre et à attendre.Puisque le machisme — aussi sot que le racisme, mais her de lui comme un coq — a même repris de la ^aine.Puisque.Puisque.Puisqu’on a le micro pour la semaine, voilà! Des femmes donc.Mais pas n’importe lesquelles.Jocaste, monologue de Julie Vincent, qui éblouit ces jours-ci son monde sur les planches de l’Espace libre, est une pièce signée Mariana Percovich, au-teure uruguayeime.Depuis longtemps, celle-ci fait parler des voix féminines dans son oeuvre, se référant souvent aux mythes grecs.«Nous avons besoin de références pour nous construire une identité comme créatrices, disait-elle à Julie Vincent.Ces r^érences, nous sommes libres de les choisir.Trop nombreux sont ceux qui se m^ent des femmes talentueuses.» Son interlocutrice en savait aussi quelque chose.Comédienne et metteure en scène, abreuvée au théâtre comme élixir sacré, poussant la roue de projets difhciles, Julie Vincent a fait des séjours multiples à Montevideo autant qu’à Buenos Aires.Elle construit des ponts culturels entre ici et ailleurs, artiste de feu sacré, pêcheuse de perles, comme ce merveilleux Jocaste transmis pas ses soins à Montréal.Parrainée justement par cette Julie Vincent là, j’avais rencontré en 2008 Mariana Percovich dans un café de Montevideo.La grande dramaturge et metteure en scène de l’Uruguay fut directrice de tout ce qu’on voudra au fil de sa carrière: Comédie nationale et petites compagnies théâtrales indépendantes, département d’arts scéniques au ministère de la Culture.Elle a été primée, enseigne le théâtre aussi, exporte son oeuvre, se débat dans sa cour avant tout.Car voilà! Une artiste a beau briller au firmament, Montevideo n’est pas la chic Buenos Aires dans l’Argentine voisine, à quelques heures de bateau.Cette ville plus pauvre, longtemps étouffée, en arrache.Mariana Percovich me parlait de méthode débrouillardise, de pièces jouées au petit bonheur des lieux dé-gotés dans une capitale en manque de plusieurs temples consacrés, mais non d’effervescence artistique.Lorsque les salles traditionnelles affichent complet ou quand le financement fait défaut, des troupes enfiévrées investissent les édifices historiques, des espaces publics.En septembre prochain, sous sa direction, Penthésilée (la reine des Amazones) de l’Allemand Heinrich von Kleist sera monté dans divers terrains sportifs, dont un stade de foot.Jocaste avait été présenté dans le garage de l’hôtel Cervantes.Mis en scène à l’Espace libre par Julie Vincent et Yves Dagenais avec l’appui d’André Brassard, traduit de l’espagnol par Guy Lavigerie, inspiré d’Œ-dipe roi de Sophocle, ce Jocaste, ode au désir et au malheur féminin, est d’une beauté pure.Mariana Percovich a adopté le point de vue de la femme ballottée par les vents du destin, la transformant en icône de modernité.Voici Julie Vincent seule sur scène.Rien de trop, ni dans les mouvements de la comédienne, ni dans cette mise en scène d’épure, où les accessoires: robe noire, écharpe, agrafe de pierre, officient les mariages, les malheurs, l’amour, la mort de cette reine de Thèbes.C’est le fantôme de la mère-épouse d’Œdipe s’embrasant dans les bras d’un fils qu’elle croyait à jamais perdu, qui s’adresse à nous à travers ce texte admirable.La mère incestueuse est notre contemporaine Julie Vincent dans le rôle de Jocaste aussi, instrument des fatalités, femme muette depuis l’Antiquité, parlant enfin pour témoigner de sa passion charnelle pour Œdipe.Bientôt avalée par la machine à ragots, vouée à la morf maudite.«Maintenant je n’ai plus de bouche / Pour raconter mon histoire / Ma voix s’est tue / Je suis la pire des femmes/ Celle de tous les cauchemars/ La reine d’un monde terrible / Pour la conscience de ceux qui viendront», conclut-elle.On la reconnaît, cette femme-là.Dans Incendies, Wajdi Mouawad s’était inspiré du mjdhe de Jocaste pour Narwal, le personnage de la mère, une pièce de modernité campée au Moyen-Orient, portée à l’écran par Denis Villeneuve avec le succès que l’on sait.Trois voix féminines s’élèvent à l’Espace libre par-delà le temps et l’espace: celle de Mariana Percovich, celle de Julie Vincent, celle de Jocaste.Toutes trois bouleversent.FRANÇOIS-REGIS FOURNIER Eête de la femme pour fête de la femme, à souligner: un documentaire de Rozenn Potin, /Mention féministes!, lancé le 8 mars au Cinéma de l’ONP.Vent de fraîcheur, d’humour et de profondeur sur un combat jugé par plusieurs d’arrière-garde, le film donne la parole à de jeunes femmes montées au créneau pour l’égalité.Ça se passe derrière les portes closes davantage qu’au cours des manifestations, où ces militantes défilent pourtant.Elles cherchent autre chose que leurs mères, le droit d’être elles-mêmes, de l’imposer et d’aimer ça, en bousculant les rôles traditionnels encore au poste.On y entend aussi im homme las d’avpir considéré les femmes comme de purs objets: «Etre féministe, c’est avoir un regard qui change», lance ce gars-là.On ne saurait mieux dire.otremblay@ledevoir.corn Traduction Maryse Warda Mise en scene lournalmetro.com SIBYLLINES THEATRE DE CREATION A COMPTER DU 8 MARS 2011 A 20H A LA CHAPELLE 3700, RUE SAINT-DOMINIOUE BILLETS EN VENTE A LA BILLETTERIE DE LA CHAPELLE T / 514 843.7738 OU WWW.LACHAPELLE.ORG Collaborateurs / Marie-Hélène Dufort.Mélanie Dumont.Anick La Bissonniêre Claude Cournoyer.Yso, Angelo Barsetti, Anne-Marie Rodrigue Lecours Jean-François Landry, Sébastien Béland PHOTOGRAPHIE / ANGELO DAR8ETTI + DESIGN / STUDIO T-DONE LE DEVOIR UNE PRÉSENTATION Financière Sun Life deSHAKESPEARE /TRADUCTION JEAN MARC DALPE /MISE EN SCÈNE MARC BELAND BENOÎT McGINNIS ENTOURÉ DE FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU / ÉMILIE BIBEAU / FRÉDÉRIC BLANCHETTE / MATHIEU BOURGUET / JEAN-MARC DALPHOND / MARIE-FRANCE LAMBERT / PIERRE-ANTOINE LASNIER / JEAN MARCHAND /WIDEMIR NORMIL /ÉVE PRESSAULT/DAVID SAVARD / RICHARD THÉRIAULT/ALAIN ZOUVI ÉÂTRE DU Nouveau IVIonde MARDI / 514.866.8668 /TNM.QC.CA M“ http://goo.gl/9Si1A LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 E 3 CULTURE Michel Campeau et la mort de la chambre noire La fin de l’ère argentique et de son temple, la chambre noire, est imminente depuis l’avènement de l’outillage numérique.Devant ce constat, le photographe Michel Campeau s’est mis en tête de répertorier, en 2005, les derniers laboratoires fonctionnels.Depuis, la série Darkroom, née de la visite de 125 de ces ateliers de l’obscurité, est l’objet de bien des convoitises dans le monde.JEROME DELGADO Aujourd’hui, en terre galloise, s’ouvre l’exposition Darkroom, composée de 35 photos et d’une vidéo de Michel Campeau.La Ffotogallery de Cardiff, «le principal établissement dédié à la promotion et à la diffusion de l’art photographique au pays de Galles» (wwwffoto-gallery.org), est la troisième adresse en Europe à accueillir ce corpus de l’artiste montréalais.Et ça ne s’arrêtera pas là./.S’offrir la terre promise Il y a un mois, Michel Campeau semblait pourtant étonnamment apaisé.Un petit sourire derrière sa gorgée de café, sans plus.Reste que son projet un peu fou de recenser, en photo, les dernières chambres noires (de la planète) fait mouche.Et lui permet de s’offrir, pour la première fois en quarante ans de pratique, la terre promise.La reconnaissance internationale.Une publication chez Nasraeli Press, grand nom de l’édition d’art, basé en Oregon.Puis, l’Europe et son zénith.Campeau, derrière une bonhomie naturelle, finit par admettre que son rêve le plus cher est au bout de sa lentille.«J’ai toujours voulu appartenir à cette famille d’auteurs et d’éditeurs d’ouvrages de qualité sur la photographie.Au Québec, ça n’existe pas», dit-il, la voix à peine amère.et les yeux brillants au moment d’évoquer un premier contact avec Actes Sud, éditeur de la collection «Photo Poche», la plus vendue dans le domaine.Ses photos, à cheval entre l’approche documentaire et la facture abstraite — «graphique», comme disent les Européens —, s’attardent à toute la brocante (agrandisseurs, calfeutrage de la lumière, cuves, plomberie.), si indispensable et si différente d’un photographe à l’autre.Cet «hommage à la débrouillardise et à l’inventivité» {dixit Campeau) a touché 1 des cordes sensibles.^ î La note dans le dic-îi tionnaire n’est pas encore là.Pas plus que le «Photo Poche».Mais l’Europe se l’arrache.Exposé à Arles et à Toulouse, avant Cardiff, puis à Ham-Michel Campeau bourg et à Berlin.Entré au Centre national des arts plastiques (CNAP), plus grande collection publique en France.Tout ceci suivi, vous n’en douterez pas, de fleurs.«C’est une série exceptionnelle.Par son ampleur, son traitement stylistique, la mise en forme de l’image, les effets graphiques», lance Pascal Beausse, l’homme derrière l’acquisition par le CNAP de sept images de Darkroom.«Ce que j’aime?ajoute-t-il au bout du fil.Son excellence, bien sûr.La manière dont il développe une enquête sur un changement de paradigme en JEAN-GUY THIBODEAU m : MICHEL CAMPEAU Michel Campeau, Sans titre 0310 [Montréal, Québec, Canada], série Dans la chambre noire, 2005-2009, photographie et impression numérique Le poids des livres photographie.» «Les photos sont purement splendides», commente pour sa part François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles, là où l’été dernier les images de Campeau ont commencé leur parcours européen.«Il y documente une pratique qui disparaît.Mais il fait plus.Campeau s’attarde à un endroit solitaire, habituellement dans le noir.Il révèle l’intimité du photographe, ses tics.La dimension graphique est totalement inattendue.L’ensemble a plusieurs entrées, pas de doute», constate-t-il Faire le lien Couleurs prédominantes, volontairement exacerbées par l’utilisation d’un flash frontal, plans rabattus, compositions inusitées.Les images détonnent par rapport au cliché habituel, celui de l’artiste à l’ouvrage.Ici, if briffe par son absence.Michel Campeau ne signe pas un bottin des derniers remparts de fa photographie argentique.«Jusqu’ici, dit celui qui a entamé ce projet au Québec, avant d’atterrir à La Havane, à Niamey ou à Tokyo, JC n’ai jamais voulu identifier les individus avec leur chambre noire.» Darkroom, «un travail sur la nature morte», fui a permis d’introduire dans sa pratique plusieurs éléments.La couleur, fe flash, «fondamental, dit-if, parce qu’il s’agissait d’éclairer un lieu où la lumière est interdite», puis fa caméra.numérique.«Je suis parti de l’idée que l’ar-gentique était sur son déclin.Je me sentais pris entre deux chaises», avoue celui qui n’avait touché au numérique qu’ime seule fois.«Il n’y a pas là de paradoxe, souligne François Hébef.On s’en fout comment s’est faite la prise de vue.La question n’est plus là.La qualité du numérique est telle qu’on ne la conteste plus.L’important demeure l’intention.» Ni fui ni son confrère de fa CNAP ne voient de fa nostalgie dans l’approche de Campeau.De toute façon, cfament-ifs, l’histoire de fa photographie en est une technologique.Aussi bien apprécier les changements.Pour fe premier, «les techniques élargissent la palette des photographes».Pour fe second, f’utifisation de f’appareif numérique fait sens.«Michel Campeau fait le lien entre deux technologies.Il dit que la photographie persiste, malgré le bouleversement d’ordre économique», conclut Pascal Beausse, convaincu, en plus, que fe tirage papier survivra grâce à l’inventivité des artistes.Darkroom demeure à Cardiff jusqu’en avril.Le passage en Allemagne, à fa galerie Robert Morat de Hambourg et de Berlin, est prévu pour l’automne.Et en 2012, ce sera le retour en France, au Musée Nicéphore Niépce, au sud de Paris.Collaborateur du Devoir Bien avant d’arriver sur les murs de l’Atelier de maintenance pour les 41®" Rencontres d’Arles, la série Darkroom de Michel Campeau a été connue par un livre.Pas n’importe lequel: le premier d’une série de dix dirigés par le Britannique Martin Parr pour le compte de Nazraeli Press.L’ouvrage de 2007, un grand format de 80 pages (une photo par page), a sans doute bénéficié de l’aura de Parr, connu pour sa photo à caractère social.«Soudainement, mon travail s’est trouvé valorisé et disséminé un peu partout», fait remarquer Campeau.«Pour un photographe comme moi, qui n’a pas travaillé en chambre noire depuis 20 ans, écrit le célèbre membre de l’agence Magnum, ces images sont horriblement familières.Les taches permanentes dans l’évier, l’angoissante lumière rouge, le bancal agrandisseur [.] Je ne savais pas à quel point la chambre noire me manquait jusqu’à ce que je voie ces photos.» Michel Campeau, lui, ne sait plus comment Parr l’a découvert.Il s’en tient à une supposition: invité par le Mois de la photo à Montréal 2005, Parr aurait été parmi l’auditoire d’une table ronde où Campeau parlait du projet des chambres noires.En 2010, alors que les Rencontres ne sont même pas commencées, les «Découvertes Gallimard», collection encyclopédique en format poche, publient la photographie?De l’argentique à la révolution numérique.Signé Quentin Bajac, chef du cabinet de la photographie au Centre Pompidou, le bouquin s’ouvre sur neuf photos de Darkroom.L’auteur n’analyse pas le travail de Campeau, mais son titre lance un clin d’œil (involontaire?) à un texte du photographe intitulé «De la désuétude argentique à l’ère de sa reproductibilité numérique».Le cénacle de l’édition d’art Michel Campeau semble être entré dans le cénacle de l’édition d’art.Son prochain projet, autour d’une recherche de photos anciennes, sera appuyé par une maison néerlandaise.Et la totalité de Darkroom (environ 80 photos), il souhaite la regrouper, pour la première fois, dans un nouveau livre.Peut-être chez Actes Sud.Au Québec, c’est la revue Ciel variable qui s’est chargée de lui donner une vitrine en librairie.Le numéro actuel, en kiosque jusqu’en mai, lui consacre sa page couverture et plusieurs pages.J.D.mm.MICHEL CAMPEAU Michel Campeau, Sans titre 0059 [Montréal, Québec, Canada], série Dans la chambre noire, 2005-2009, photographie et impression numérique PARCOURS Né en 1948, il vit et travaille à Montréal.11 est représenté par la galerie Simon Blais.Lauréat en 2009 de la bourse Jean-Paul-Rio-pelle (Conseil des arts et des lettres du Québec) et, en 2010, du prix du Duc et de la Duchesse de York en photographie (Conseil des arts du Canada).Connu pour une pratique ancrée dans l’auto-flction.La forme de série a toujours dominé.Notons Mon quartier, Montréal (1971) — son tout premier corpus —, .si je meurs, j’irai en (1994-1996) ou Arborescences (2000-2003), travail sur les jardins où apparaissent des images couleurs.Quelques dates de Darkroom: 2007: publication chez Nazraeli Press.2008: des photos de la série sont exposées pour la première fois, à la galerie Simon Blais.Été 2010: les Rencontres d’Arles.Septembre 2010: expo Abstraction photographique au château d’eau de Toulouse, qui inclut des photos de la série.Mars 2011: Ffotogallery de Cardiff.Septembre 2011: Robert Morat Galerie, Hambourg.Novembre 2011: Robert Morat Galerie, Berlin.ESPACE GO MANHATTAN MEDEA DEDEALOHER AVEC GENEVIÈVE ALARIE DU 29 MARS AU 23 AVRIL 2011 -h PAUL AHMARANI -h ALEXANDRE GOYETTE + GERMAIN HOUDE -h DIDIER LUCIEN UNE PRODUCTION ESPACE GO MISE EN SCENE DE DENISE GUILBAULT transat THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514845-4890 ESPACEGO.COM ADMISSION 514790-1245 ADMISSION.COM E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 Ondinuok présente en codippusion avec le groupe de la veillée mULUSTEK RÉSERVATIONS 514.526.6582 DEeETDun AU THÉÂTRE PROSPERO ou SUR ADMISSION DU 29 MARS AU 16 AVRIL 2011 AU : 1.855.790.1245 CULTURE THÉÂTRE L’héritage du père Vingt et un ans après avoir joué Hamlet au TNM, Marc Béland dirige Benoît McGinnis dans le rôle mythique du jeune prince du Danemark PHILIPPE COUTURE Marc Béland n’est pas encore arrivé quand Benoît McGinnis et moi nous assoyons au-dessus de nos cafés fumants.Juste assez de temps pour cueillir quelques confidences.McGinnis, la jeune trentaine, acteur extrêmement sollicité, travaille pour la deuxième fois avec Béland, après avoir interprété sous sa direction le rôle-titre de la pièce Ix Fou de Dieu de Stéphane Brulotte.Il a la chienne.Normal.Hamlet, c’est le rôle d’une vie, le personnage de toutes les nuances, une affaire complexe et insaisissable, aux innombrables couches.Du ^and Shakespeare.«Rus je travaille et plus je trouve la tâche énorme.Ça ne finit plus.Il y a toutes les facettes de l'humain là-dedans.Il faut faire des choix difficiles.Personne ne peut jouer un Hamlet total.» C’est bien vrai.Hamlet, fds vengeur qui repousse constamment le moment de passer à l’acte, feignant la folie et s’abandonnant à la mélancolie, est-il un lâche ou un stratège?Faut-il voir en lui un artiste ou un intellectuel, un épicurien ou un dépressif, un véritable prince ou un éternel étudiant?Je pose la question au metteur en scène, qui vient de se joindre à nous, tout sourire.«Sûrement un éternel étudiant, répond-il, et un grand romantique.C’est le jeune homme en contact avec Montaigne, avec les philosophes.Sa connaissance du monde est livresque.Et le voilà tout à coup confronté à la barbarie des hommes.Tout à coup, il perd ses certitudes.» C’est une vision assurément plus romantique que celle qu’il entretenait en 1990 lorsqu’il a joué le rôle dans une mise en scq-ne d’Olivier Reichenbach.A l’époque, comme il le redit dans le programme annuel du TNM, il avait été plus sensible à la colère du personnage devant l’usurpation de son trône par son oncle.«Il faut autant de maturité que de fraîcheur pour jouer Hamlet, ajoute Benoit McGinnis.Marc est imprégné du personnage.Ça s’est déposé en lui avec les années et c’est resté en dormance.Et tout à coup ça se réanime.C’est un personnage avec lequel je vais aussi vieillir, et c’est un beau geste de transmission que Marc est en train de poser.A deux, je crois qu’on arrive à toucher à cette riche opposition entre l’errance de la jeunesse et la sagesse héritée des livres.» De père en fils Béland a voulu conserver toutes les facettes de l’œuvre.Pas question d’escamoter le politique, comme le font certains metteurs en scène en éliminant le personnage de Fortinbras et en écartant ainsi l’enjeu de la guerre entre le Danemark et la Norvège.Mais c’est avant tout parce que Fortinbras, comme Hamlet, est un hls spolié de son héritage paternel.Laërte subira le même sort Trois hls privés de père et enrôlés dans la vengeance.Autant de doubles d’Hamlet, formant une série de rehets plus ou moins hdèles.La mise en scène de Béland devrait insister là-dessus.«C’est très important à mes yeux qu’Hamlet père soit un stratège militaire, un père absent que le jeune Hamlet a idéalisé, mais qui est loin de lui ressembler.Hamlet fils aime les arts et est hypersensible.Il se questionne sur tous les enjeux que contient sa situation, alors que les deux autres fils vengeurs foncent tète première.L'héritage du père est ici en péril.» C’est ça, au fond, monter Hamlet.une série de choix, plus déchirants les uns que les autres.Accentuer ou non le politique, M-re d’Hamlet un jeunot ou un homme mature, le dépeindre comme un comédien qui manipule ses semblables ou le faire plonger sincèrement dans la folie?Béland, en tout cas, s’intéres- Le metteur en scène Marc Béland en compagnie de Benoît McGinnis JACQUES NADEAU LE DEVOIR se fort au père et à la mère.C’est que Gertrude, reine du Danemark, est un personnage au moins aussi intéressant et encore plus énigmatique qu’Hamlet.Aux yeux de Béland, pas de doute, elle avait commencé à tromper son mari bien avant sa mort.Ce qui explique le profond dégoût d’Hamlet devant cette femme à qui, pourtant, il parle comme à une amante.«Gertrude est souillée.Et l’amour devient aussitôt merdique aux yeux d’Hamlet C’est l’amoureuse Ophélie qui va écoper.La pauvre.» LE GROUPE DE LA VEILLEE présente Partenaire de production FASKEN Martineau vL/ ' i'' LA NOCE DE BERTOLT BRECHT Du 22 février au 19 mars 2011 DERNIÈRE CHANCE ! I Quelques places disponibles seulement r que ce sont des tableaux d’Otto qui s® mettent àjp^er et à bouger.[.] Mise en scène Gregory HIady Traduction Magali Rigaill Avec Paul Ahmarani, Alex Bisping, Enrica Boucher, Stéphanie Cardi, Denis Gravereaux, Frédéric Lavallée, Isabelle Leclerc et Diane Ouimet Collaborateurs Vladimir Kovalchuk, Dmitri Marine, Marie-Rerre Poirier Assistance à la mise en scène Annie-Claude Beaudry .iieVabsolumênrfo^r^^^^^^^ 1 L Foœstierfj, tai vu à la rad,o, R.-C.-surréaliste [.] C’est du bon théâtre! I rerrurmaiivisa auiiiiiawvB - F Grimaldi.SamQdi et rien d'autre, R-u I inui du Vianeauit, La Presse ilaîsir, les tensions et pulsions des convives.LJ cruelle, mais jamais loin d’un humour proche du delire.r théâtre^ ON JOUE AU [PROSPERO] / 1371, RUE ONTARIO EST, MONTRÉAL i I etdoM/etùvM lE DEVOIR Partenaire de saison Hydro Québec a" Billetterie : 514 526.6582 www.laveiiiee.qc.ca Réseau Admission : 1 855 790.1245 Gertrude, Ophélie, Claudius, mais aussi Horatio, puis Rosen-crantz et Guildensteirn, et bien d’autres encore.On pourrait en parler des heures durant.C’est sans tin, comme disait McGinnis un peu plus tôt.«Pourtant, poursuit-il, ]e n’arrive pas à définir le personnage aussi clairement que le fait Marc.Car Hamlet est un caméléon qui s’adapte aux courants.Quand les comédiens débarquent, il plonge complètement dans leur univers; quand il parle aux fossoyeurs, il adapte son niveau de langue.Il est sensible à la mobilité de ses propres perspectives, très ancré dans l’instant présent.J’essaie donc d’étre dans une perméabilité constante.Sauf pendant les monologues, qui sont dans un autre espace-temps, où on entre dans sa tète.» Et quels monologues! On les entendra d’ailleurs dans la langue directe et limpide de Jean-Marc Dalpé, qui signe une toute nouvelle traduction «ancrée dans l’action».Collaborateur du Devoir HAMLET Texte de William Shakespeare traduit par Jean-Marc Dak)é et mis en scène par Marc Béland.Une production du Théâtre du Nouveau Monde, à l’affiche du 8 mars au 2 avril COR- RES- PON- DAN- (RESTER OU PARTIR ?) CAROLE, OLIVIER ET EVELYNE VIVENT DANS TROIS PAYS DONT L’IDENTITÉ NATIONALE CHANCELLE.POUR CHACUN D’EUX, IL Y A URGENCE DE DIRE.UN SPECTACLE HYBRIDE ENTRE THÉÂTRE ET MANIFESTE IDENTITAIRE.Texte : EVELYNE DE LA CHENELIÈRE, Québec CAROLE AMMOUN , Liban OLIVIER COYETTE, Belgique Mise en scène MARCELLE DUBOIS au 19 mars 2011 Une production du Théâtre Les Porteuses d'aromates en codiffusion avec Aux Écuries Avec: EMMANUELLE JIMENEZ SOUNIA BALHA OLIVIER KEMEID et MARIE-MICHELLE GARON Équipe de création Paul Bënêteau.Véronique Bertrand, Léa Bismuth, Thomas Godefroid, Emanuelle Kîrouac-Sanche, Stéphanie Leblanc, Caroline Tïjrcot théâtre 1» porteatM AUXÜECURIES 514-ÊCU-RIESill°n 7285, rue Chabot Montréal (à proximité du © Fabre) é GALLOTTA GAINSBOURG BASHUNG CENTRE CHORÉGRAPHIQUE NATIONAL DE GRENOBLE L'HOMME À TÊTE DE CHOU JEAN-CLAUDE GALLOTTA SERGE GAINSBOURG ALAIN BASHUNG 4» 5 *10 «11 «12 MARS 2011, 20 H 13 MARS 2011,14 H AVEC THÉÂTRE MAISONNEUVE DANSEURS, fî 5 RENCONTRE AVEC JEAN-CLAUDE GALLOTTA H SAMEDI 5 MARS À 17 H S ESPACE CULTUREL GEORGES-ÉMILE-LAPALME, PLACE DES ARTS ANIMATRICE : FABIENNE CABADO OAHABCO Québec auxecuries .corn DANSEDANSE.NET Billets à partir de 28,35 $ (Incluant redevanœs, avant frais de service et taxes - aucuns frais de service si achat en personne au guichet) ©laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 E 5 CULTURE DANSE Déjouer l’habitude Corps atypik La danse, on le sait, est l’art du corps.On imagine les héritiers de Terpsichore plutôt sportifs, beaucoup artistes, dotés de corps fins, fuselés et jeunes.Le nouvel événement Corps Atypik court-circuite cette idée, venue du fond de l’histoire de la danse.Corps Atypik cède la scène aux gros, aux vieux, aux petits, aux éclopés.Du 7 au 20 mars, des danses pour corps autres.I SOURCE STUDIO 303 CATHERINE LALONDE L> histoire de la danse, rap-' pelle François Frimât dans Qu’est-ce que la danse contemporaine?(PUF), a longtemps «offert des images de collectijs exécutant rondes, farandoles, sarabandes, proposé 4es chorégraphies chorales».A travers ces mouvements et à travers le corps de ballet s’est développée, toujours selon Frimât, une «sérialisation des corps».Des danseurs identiques, tous sur le même modèle.Un modèle venu d’aussi loin que de Louis XIV.Le Roi-Soleil, grand amateur de ballet, voyait dans «l’art de la danse» la formation idéale du corps, en temps de paix, pour les soldats.Pour des soldats identiques, tous sur le même modèle.Freak show et débat Ce n’est pas d’hier, donc, que la danse propose des corps moulés.Pas d’hier que le spectateur s’attend à voir sur scène un danseur type.L’événement Corps Atypik déjoue cette habitude.Avec Les Gros,,où les chorégraphes obèses Emilie Poirier et Pascal Desparois s’entourent d’interprètes aux minceurs habituelles.Avec Pharmakon, où des trisomiques jouent sur un texte d’Alexis Martin et des gestes de Menka Nagrani.Avec des pièces de Propeller Dance et Corpuscule Danse, qui intègrent des artistes en fauteuils roulants.Avec De la tête au ciel, de Diane Leduc, pour les naines Nancy Duguay et Valérie Tourangeau.Entre autres.Ateliers et tables rondes complètent la programmation.Corps Atypik soulève — c’est aussi le but — bien des questions.Tamar Tembeck est historienne de l’art et artiste.Elle est aussi fille, pour la petite histoire, de feue Iro Tembeck, historienne de la danse d’ici.«Il est tout à fait pertinent, dit Tamar Tembeck, d’élargir le répertoire des corps que l’on voit sur scène.Ces corps différents ont déjà leur place sur la scène chorégraphique contemporaine d’autres pays», poursuit-elle, nommant les compagnies de dansç intégrée Axis Dance aux Etats-Unis, Candoco en Grande-Bretagne, le Nederlands Dans Theater 3 qui fait place aux danseurs âgés, ou bien Lau- Une scène de Tracked de la compagnie Propeller Dance rence Goldhuber, danseur corpulent pour Bill T.Jones.«Ici, nous sommes dans une culture normative et les rapports de pouvoir restent en place tant sur scène que dans la rue.Avez-vous remarqué à quel point Montréal est une ville inaccessible pour une personne en fauteuil roulant?Et on s’étonne de ne pas voir des fauteuils roulants sur scène!» N’est-ce pas un paradoxe de créer un événement Corps Atypik qui, par son nom même, marginalise?«Je pense qu’on n’évite jamais le freak show dans un tel contexte, poursuit Tembeck avec franchise, mais ce n’est pas nécessairement strictement nocif D’une part, ça donne de la visibilité au thème et à ces corps.Ça lance le débat.D’autre part, ça peut faire en sorte que les spectateurs se posent des questions sur leurs attentes par rapport aux corps en scène, sur leurs habitudes de réception de l’œuvre, etc.» Docteur Danse?Quand on regarde une oeuvre dansée par des trisomiques, des handicapés physiques ou un aphasique, doit-on tracer une ligne entre l’artistique et le thérapeutique?«Ce sont deux intentions différentes, répond Tembeck, qui oeuvre également au sein de Dr.Clown, l’association de clowns thérapeutiques qui sévit dans les hôpitaux.L’artistique peut toujours être thérapeutique et le thérapeutique peut devenir artistique.L’art-thérapie vise à promouvoir une transformation par l’expression: il se peut que cette expression soit formellement réussie, qu’elle soit donc perçue par le spectateur pour sa beauté et non pas pour sa valeur thérapeutique.Seulement, le processus d’art-thérapie n’a pas toujours un public.Tandis que l’art professionnel est destiné [au regard].» Comme public, doit-on avoir alors le même regard, les mêmes exigences techniques face aux interprètes qui ont un corps différent?«Cette question ramène à la spécificité de chaque corps, sa biographie propre, son historique.Si je réponds de manière générale, ce serait dire: “Tous les corps [tels] sont [ainsi].” Ce serait justement tomber dans le leurre du freak show, dans le leurre du “ils sont différents de la norme alors ils sont tous les mêmes”.» Pour poursuivre la réflexion, le Studio 303 organise la table ronde Corps multiples le 9 mars prochain.Les spectacles de Corps Atypik sont présentés à Tangente, au Studio 303, au Gesù et à l’Usine C, du 7 au 20 mars.¦ Toute la programmation sur www.corps-atypik.ca.Le Devoir I Mi^e en scène Micnel-Maxime Legault www.meaciilpatheatre.org lAttS, M M DRAGONFLY corps-üt^ypfe 514-360-3640 1 23 févner au 12 mars mardi au vendredi 20h samedi 16h et 20h an Drader Traduction Emil lie Beaudry LESTÜROS Pascal Desparois et Emilie Poirier + Projection de leçons, Espace 4001 4001 rue Bern, Montréal LE MAKING-OF MENKA NAGRANI 10, TT ,,12 MARS 2011 À 19 H 30 840, rue Cherrier, Montreal métro Sherbrooke Québecnn 1*1 Photo © Christine Rivard www.tangente.qc.ca BMIetterie 514-S2S-1500 GRANDE BIBLIOTHÈQUE billets 514 845-48)10 admission.com 514 790-1245 cead.qc.ca banq.qc.ca ¦ [E[^ BÊbiÊomeque etArchiws nationales CEE1Ï] Québecnn Théâtre a lire En compagnie de.Evelyne de la Chenelière La dramaturge Evelyne de la Chenelière dépeint son travail de création tandis que les comédiens Daniel Brière et Sophie Cadieux ponctuent son récit avec des extraits de ses pièces.Mise en scène : Philippe Lambert TEXTE LARRY TREMBLAY MISE EN SCÈNE CLAUDE POISSANT DU 22 FÉVRIER AU 19 MARS 2011 PRÉSENTÉ À ESPACE GO 4890 BOUL Sr-UUREIfT, MONTRÉAL mardi.à 19 h mercredi au vendredi.à 20 h samedi.à 16 h uniquement OUVERTURE D'_.„ sdppiémentaÏhe SAMEDI 12 MARS 2011A 20H KtiSERVEZVITE 'UNE THEATRE Le mardi 8 mars à 19 h 30 À rAuditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal è.® ©Berri-UQAM ou autobus : 30,15 et 125 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 AVEC DANY BOUDREAULT ::: PAIRICE DUBOIS DANIEL PARENT ::: ÉTIENNE PILON ::: MANISOLEYMANLOU ¦ COLLAUOHATEUliS Catherine LA FRENIÈRE ::: Olivier LANDREVILLE ::: Marie-Chantale VAILLANCOURT ::: Erwann ' BERNARD ::: Éric FORGET ::: David OUELLET ::: Florence CORNET Caroline LAURIN-BEAUCAGE ::: Vincent ROUSSELLE ::: Maryse WARDA THEATREPAP.COM “Rection artistique CIAUDE POISSAIir ET MimiCE DUBOIS Une coproduction du Théâtre PÀP et du Festival Trans Amériques QuâsecQQ LEDEVOni http://www.youtube.com/watch?v=zux_xALxmm4 E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MARS 2011 CULTURE MEDIAS Le produit dérivé à toutes les sauces Zeste lance un magazine pour compléter la chaîne et le site Internet STEPHANE BAILLARGEON Une idée, une œuvre, une production peut en engendrer une autre.La déclinaison mise alors sur la notoriété de la source pour écouler son embranchement.En marketing, on parle de produit dérivé.En voici un de plus.Zeste, le magazine, évidemment lié à la chaîne culinaire spécialisée du Groupe Serdy, elle-même à la veille de fêter son premier anniversaire de 21 mars).La publication apparue en kiosque ces jours-ci tire à 25 000 exemplaires, à moins de 7 $ pièce.11 y aura quatre éditions par année, une par saison quoi.«Ce magazine était dans nos projets dès le départ, explique Catherine Dupont, directrice générale des médias du Groupe Serdy.C’est dans l’air du temps de vouloir créer une marque médiatique et de la proposer sous différentes formes spécialisées.La chaîne est forte, le site Web a sa personnalité et maintenant le magazine se distingue avec ses photos originales, son contenu neuf C’est vraiment une production complémentaire.» La télévision, y compris la télé québécoise, offre tous les cas de figure d’association avec des magazines, y compris la télé.La défunte émission Les Saisons de Clodine a accouché d’une publication du même nom, comme Tout simplement Clodine mainte- ijSItCRfËMU zeste m nant.Urbania a sa version Web TV et Voir, son émission hebdomadaire à Télé-Québec.L’animatrice Patricia Faquin a son mensuel (Moi & de), un peu comme O: The Oprah Magazine s’appuie sur la fabuleuse notoriété de la vedette américaine, qui elle-même a maintenant sa propre chaîne télé.Oprah Winfrey est une marque très, très profitable.Une autre voie Le produit dérivé semble encore plus naturel pour les émissions de cuisine, ne serait-ce qu’avec le bon vieux livre de cuisine, une évidence qui a fait la fortune de Daniel Pinard à la fin du siècle dernier.Le site Internet demeure incontournable, les marmitons du dimanche cherchant toujours inspirations, conseils et recettes.A la di Stasio et « Billets Métropolis 59, rue Sainte-Catherine E$t 1 855 790-1245-adniission.com Beii SS?BS ^Nouve^lburr^ samedi 9 avril, 20h Métropolis lazzDeil JazzFesLcom ^ ?.LV.Viui ' Curieux Bégin l’ont bien compris.Zeste encore plus, puisque son site compte déjà 10 000 abonnés, «mon Zeste» bénéficiant de contenus originaux gratuits et de gadgets interactifs personnalisant tout le contenu.Le produit dérivé sur bon vieux support papier en rajoute.La publication Ricardo place franchement déjà la barre très haut en offrant finalement une seule chose, ou presque: des recettes éprouvées, des conseils astucieux et juste ce qu’il faut de mise en contexte des aliments.Le récent et très beau numéro spécial «décadent» consacré au chocolat s’ouvrait par exemple sur un article traitant de l’origine du cacao.Zeste a choisi une autre voie.«On a voulu créer une extension de toute l’antenne au lieu de se concentrer sur un seul chef», explique alors Catherine Dupont pour montrer comment se démarque son produit dérivé du concurrent toujours centré (au moins en une) sur l’animateur-vedette Ricardo Larrivée.Le Zeste volume 1, numéro 1 du printemps 2011 propose un portrait de Daniel Vézina et un autre de Curtis Stone, tous deux à l’antenne.11 y a aussi un reportage de voyage en Champagne et un autre sur l’art de la table, une section de cuisine à l’érable, des propositions de techniques et des recettes en abondance, évidemment.Pas de critique de vins ou de restaurants cependant, mais des suggestions de blogues intéressants.«Dans certaines rubriques, on sort carrément de la cuisine, conclut la directrice générale.Et notre magazine va évoluer, évidemment.On va faire grandir nos trois produits liés à la marque, la chaîne, le site et le magazine, et on verra pour la suite.» Le Devoir iPVLT.Le piano rouge SERGE TRUEEAUT Le pianiste Red Garland ne fait plus l’actualité depuis longtemps.Depuis qu’il a rejoint, pour reprendre l’expression consacrée, le grand orchestre de Duke Ellington en 1984.11 ne fait plus les manchettes mais, contrairement à beaucoup d’autres, son jeu demeure intemporel On vous en parle aujourd’hui parce qu’on souhaite vivement que ceux qui ne le connaissent pas ou le connaissent peu goûtent à leur tour l’art de la retenue, de la simplicité, du lyrisme sans le gnangnan, qui distinguent (rarland de bien de ses confrères d’alors et des vivants «du jour d’aujourd’hui».Son style étant très personnel, les emprunts y sont absents.Trop souvent, on a réduit les traces qu’il a laissées dans l’histoire du jazz à la rencontre qu’il a provoquée entre Miles Davis et John Coltrane, ou encore aux disques qu’il a réalisés en leur compagnie.Quoi d’autre?L’adoration dont son contemporain Bill Evans est encore et toujours l’objet lui fait de l’ombre.Autant Evans était romantique, autant Garland était blues.Toujours est-il qu’après avoir quitté le quintet de Miles, l’homme aux cheveux rouges entreprit pour Prestige et Riverside une série 4’enregistrements avec les fines lames de l’époque.A la batterie, c’était Philly Joe Jones ou Art Taylor; à la contrebasse, c’était Paul Chambers ou Sam Jones.CQED: Garland savait s’entourer.Avec eux il a gravé un ensemble de pièces écrites par d’autres et de morceaux composés par lui qui constituent un catalogue à part entière.Un catalogue qui reste exemplaire parce que le charme, ou plutôt son art de la séduction, est constant.Autant Elmo Hope ou Hampton Hawes, ses collègues de l’époque, se distinguaient par leur virtuosité, Thelonious Monk par le style déhanché.Tommy Elanagan et Hank Jones par le classicisme, Bill Evans par la sensibilité, autant lui se caractérisait par un jeu à la fois épuré et chaleureux.Parmi la douzaine de productions en trio, on RED GARLAND/Thc P.C.Blues PAUL CHAMBERS/ARTHUR TAYLOR/PHILLY JOE JONES VOUS conseille plus particulièrement The P.C.Blues, Bluesville, The Nearness of You, Blues in the Night ou encore les albums réalisés en compagnie des saxophonistes Eddie «Lockjaw» Davis ou Coleman Hawkins.Tous sont des trois étoiles.Des Michelin.Nom dé diou! 11 aura fallu attendre trente aps, au minimum, pour qu’enfin un président des Etats-Unis d’Amérique reconnaisse l’art de Sonny Rollins.Quand on pense au nombre de p’tits Blancs qui ont eu droit avant lui à cette médaille sans avoir accompli le quart de ce qu’a fait Rollins au cours des soixante (60!) dernières années, on se dit., on décline le chapelet des gros mots.Amen! Le Devoir MUSIQUE DU MONDE La proximité africaine YVES BERNARD ' est la célébration de la guitare et des instru- C’ ments africains.Habib Koité, fils de griot et artiste de formation classique, fut l’un des premiers à concevoir une musique panmalienne.Qliver Ntukudzi, prolifique auteur-compositeur shona et humble éveilleur de consciences, est un libre-penseur à la métaphore aiguisée.Afel Bocoum, un préféré du regretté Ali Earka Toure, vient comme lui de Niafunké.Les Hydro Québec présente Lundi, le 7 mars 2011 à 19h 30 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts Vdmtim Lisitsa ^no les séries I mA trois guitaristes partagent la volonté de faire transparaître l’héritage et se relancent ce soir au Club Soda pour la soirée Acoustic Africa.Le concert s’inscrit dans la suite logique de la compilation du même nom parue chez Putumayo en 2006, de même que de la tournée qui a suivi avec Dobet Gnahoré, Vusi Mahlase-la et le directeur musical Habib Koité, qui en explique le parcours: «C’est la deuxième édition.Chaque leader invite deux membres de son groupe.Lors de la soirée, chacun vient deux ou trois fois, et nous faisons quelques créations ensemble.» Koité connaît bîen Bocoum, Malîen comme luî.11 le raconte.«Il est l’un des rares musiciens qui jouent encore la musique de Niafunké assez profondément dans les racines.Je touche aussi à cette musique, mais il y est pim ancré que moi.C’est la ville où se retrouvent plusieurs ethnies, comme les Sonrhaïs, les Peuhls et les Tamasheks.Les gens de cette région jouent toutes leurs musiques.» Et qu’est-ce qui touche Koité chez Mtukudzi, l’un des principaux chantres du Zimbabwe?«D’abord sa voix, puis les modes qu’il utilise, qui ressemblent souvent à la musique malinké de chez nom.Les deux pays sont très éloignés l’un de l’autre, et pourtant, on y retrouve même des expressions qui ont la même signification.C’est très étonnant.Nous avons d’ailleurs créé une pièce autour de ça.» Bien prometteur, tout cela.Collaborateur du Devoir ¦ Au Club Soda, samedi 5 mars à20h ¦ Renseignements: 514 286-1010 , Sonate 11° 7 en lé majeur, op, 10, n° 3 Sctiumann, Études Symptioniquesop, 13 Chostakovitch, Sonate n° 2 en si mineur, op.61 Ractimaniiioff, Moments Musicaux op.16 Renseignements : promu8ica.qc.ca 514-845-0532 Billets en vente à: ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 066 842 2112 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL VIVA/OCE Peter Schubert, chef La Passion de Gesuaido Le samedi 5 mars 2011 519h30 Salle de concert Redpath 3461, rue McTavish, Montréal Les Répons des ténèbres de Carlo Gesuaido Summa de la Perfecciôn, une nouvelle œuvre de Peter-Anthony Togni «.intonation d'une pureté absolue, homogénéité des voix et discipline polyphonique.l'auditeur se souviendra longtemps de ces chants d'une incroyable beauté spirituelle.» - New Classik Reviews, Atlanta Billets: 30$/25$/10$ 514 398-4547 ou ADMISSION 514 790-1245,1 800 361-4595 www.vivavoce-montreal.com STANDARD LIFE Ld Scena Musicale etmseff des arts etdntettna Québec 00 Conseil des Arts du Canada LE DEVOIR CI® ©IBfea fell I Canadian FBttnans mt uiwwiiw I Herilajs sanadtn " "’’A: .> ?Québec nn Arlbn Orchestre Baroque uLe Sanguirret /e Mélancolique direction artistique ClairG Guimond Mars 2011 à 20h Mars 2011 à 14h Salle Redpath, 3461 McTavish Chef invité : Mahan Esfahani, claveciniste « exceptionnellement doué », The Time.Claire Guimond, flûtiste « Claire Guimond donne une performance virtuose > The Early Music Review.POWER CORPORATION DU CANADA irTTTTTH 514-355-1825 | www.arionbaroque.com 9td9$lmttr»$ Québec¦ Conseil des Arts CsnadsCoun CONSEIL DES ARTS duCanada forthcArts DE MONTRÉAL LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 E 7 CULTURE JAZ^ S^lnîn —ir ÉDITION — 16»19*24.„36MAES 2011 WWW.JAZZENRAFALE.COM MUSIQUE CLASSIQUE Les Jeunesses musicales ont 60 ans CHRISTOPHE HUSS Mercredi prochain, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, l’Orchestre symphonique de Montréal, dans sa série «Les grands Québécois», rendra hommage à notre basse nationale, Joseph Rouleau, et aux Jeunesses musicales du Canada CMC), qui fêtent leurs 60 ans d’existence.Iæ concert-hommage à Joseph Rouleau, soulignant les 60 ans des JMC, sera dirigé par Jean-Philippe Tremblay et permettra d’entendre, en première partie, des oeuvres concertantes jouées par Andrew Wan, Alexandre Da Costa et Serhiy Salov, puis, en seconde, des airs d’opéra qui ont marqué la carrière de la basse québécoise.Figure majeure de la scène lyrique québécoise, Joseph Rouleau est président des JMC depuis 1989 et cofondateur, avec André Bourbeau, du Concours musical international de Montréal.Il est en quelque sorte le paterfamilias des JMC.Le pied à l’étrier En entrevue au Devoir, le directeur général des Jeunesses musicales, Jacques Marquis, souligne bien ce rôle et cette présence: «Joseph Rouleau est depuis 21 ans président des Jeunesses musicales.Il est arrivé dans un contexte de difficulté et a apporté une crédibilité artistique par sa nature, sa carrière, son expérience et ses contacts.Non seulement il est une figure de proue artistique, c’est un homme qui croit beaucoup à la relève.» Comme un grand retour de balancier, la première tournée organisée par Gilles Lefebvre, le fondateur des JMC, il y a soixante ans, le fut pour un jeune chanteur: Joseph Rouleau.«Il gagnait, je crois, 50 $ par concert et amassait ainsi ses sous pour aller étudier en Italie», rappelle Jacques Marquis.On comprend donc que la force de conviction de Joseph Rouleau est ancrée dans des racines profondes.«C’est avec cette passion qu’il va cogner à toutes les portes pour avoir des sous.André Bourbeau, qui sait collecter des fonds, et Joseph Rouleau, qui personnifie la passion, ont remis les JMC à flot sur le plan financier», résume Jacques Marquis.Le tandem a, depuis, créé le Concours musical international de Montréal, une des initiatives qui, selon M.Marquis, a permis de «pénétrer les marchés urbains et fait connaître la marque Jeunesses musicales».Car l’activité des JMC s’est très longtemps uniquement déployée en région.«Il y a 60 ans, nous étions les premiers à faire des concerts en région», constate le directeur des JMC.La première des deux activités majeures des JMC est de cibler les talents du futur et de leur permettre une tournée québécoise ou canadienne entre la fin de leur forma- 7 f , N;'' 12' w t GUNTHER CAMPER Joseph Rouleau, président des Jeunesses musicales du Canada (au centre), en compagnie d’André Bourbeau, président de la Fondation des JMC, et de Jacques Marquis, directeur général et artistique tion et le début de leur carrière.Cette aide concerne chaque année sept ou huit chanteurs dans une production d’opéra, plus un trio, un quatuor et un soliste, soit environ 20 jeunes artistes.La dimension pancanadienne a été développée, notamment en Ontario et en Colombie-Britannique, et le comité artistique s’est élargi également.Outre l’audition nationale annuelle, c’est un véritable réseau qui surveille désormais en continu l’émergence des jeunes talents.Reconfiguration Mais si le dépistage des musiciens s’optimise, les débouchés deviennent de plus en plus volatils.«Hier, les centres bénévoles des Jeunesses musicales recevaient des concerts.Il en reste 20 à 25, qui nous achètent les quatre concerts annuels les yeux fermés.Mais aujourd’hui, si l’on veut croître, il faut travailler avec des diffuseurs dans les petites et moyennes villes, dit M.Marquis.Ces diffuseurs sont tous des directeurs artistiques en puissance, mais qui connaissent mieux Jean-Marc Parent que Beethoven.En plus, maintenant, nous sommes en compétition avec Angèle Du-beau et la Pietà, Alexandre Da Costa ou Marc Hervieux.Oui, Marc Hervieux chante en Abitibi, à La Sarre! C’est pour cela que nous proposons des produits clés en main et formons les jeunes artistes pour qu’ils apprennent à faire une présentation claire en français et en anglais.» Aux JMC, on constate qu’une fois que le public est dans la salle, tout va bien.Le problème est en amont.«Vendre trois inconnus en trio, même s’ils sont fantastiques, voilà ce qui est difficile.Et pour cela, les centres bénévoles des JMC sont fidèles, mais les diffuseurs ne le sont pas.Par exemple, en 2012, nous allons proposer Carmen, avec décors, costumes et mise en scène.Tout le monde va acheter ce spectacle.Mais si en 2013 nous programmons Les Contes d’Hoffmann, avec exactement la même qualité, nous aurons toutes les peines du monde à convaincre des diffuseurs, car ils ne connaissent pas cette oeuvre d’OffenbachI», résume Jacques Marquis.Le jeune public Le double plan d’action des Jeunesses musicales est resté fidèle aux axes tracés par le fondateur, Gilles Lefèbvre: soutenir les artistes en début de carrière, mais aussi faire découvrir la musique à un jeune public.Forcément, au vu de la démission du système éducatif en ce qui concerne l’enseignement musical, cet aspect s’est beaucoup développé dans les dernières années.«Nous offrons des concerts jeune public très ciblés par catégories d’âge: de 3 à6 ans, de 6 à 9 ans, de 9 à 12 ans», précise le directeur des JM(J.La nature de l’offre a entraîné une évolution de la nature du travail de l’organisme.«Hier, nous étions diffuseurs; aujourd’hui, nous sommes producteurs.Nous produisons trois ou quatre concerts jeune public avec mise en scène et costumes.Nous les mettons sur YouTube, réalisons des cahiers pédagogiques — car, désormais, il faut éduquer l’enfant, mais aussi le professeur!» Parfois les plus petits se déplacent dans la salle de la maison des Jeunesses musicales, avenue du Mont-Royal, qui accueille ainsi 140 concerts par année.Parfois Joseph Rouleau les accueille lui-même de sa voix caverneuse.Jacques Marquis souligne le rôle social des JMC, puisqu’il est reconnu que la musique est facteur de réussite scolaire.«Si '4.i.'G(Fà>rTion PE LA F/THMO^ILE JEUNESSES MUSICALES DU CANADA PROGRAMMATION COMPLÈTE partenaire média ¦ • • DE LA UIBIfla DES ARTS pdajunior.com LE DEVOIR Dimanche 13 mars 11 h et 13 h 30 MUSIQUE ET THEATRE 3 ans + À la recherche de rythme, le précieux carburant de la Rythmo-bile.Pataquès et Patatras s'arrêtent dans une contrée ne figurant sur aucune carte.Que trouveront-ils dans ce lieu inconnu?Des collations seront servies àiOhlOetUhSO.^ laplacedesarts.com 514 842 2112/1866 842 2112 sur 500 écoles à Montréal 300 n’ont pas un seul concert par année, c’est que quelque chose ne va pas.Il faut que les jeunes voient ce qu’est un trombone à coulisse, qu’ils soient exposés au concert et à la musique pour se détacher de leurs iPod; il faut leur donner la chance de savoir ce qu’est la musique.Pour cela, il faut trouver une fondation, des sources de financement pour pénétrer les écoles, car la barrière, c’est l’argent.Trop souvent, à la fin de l’année, quand il reste quelques sous, les écoles vont prendre n’importe quoi: un magicien, une improvisation théâtrale poche — et j’en ai vu! — tout simplement parce que nos concerts sont un peu plus chers.Mais il faut considérer la qualité et le matériel pédagogique!» Dernière initiative en date, en région: les JMC sont en train de rétablir des réseaux de jeunes accueillant de jeunes musiciens, durant les 48 heures précédant un concert.Cela s’appelle Branche-toi au réseau! On trouve sur Internet le descriptif de ce projet «qui implique les jeunes avec des moyens de jeunes, par exemple les réseaux sociaux».Le coût de toutes ces activités?Un budget de 2 millions de dollars qui couvre 800 concerts et 700 ateliers.La construction des esprits coûte assurément moins cher que celle des ponts! Le Devoir DISQUE g» 1^1 Siffler en trucidant SYLVAIN CORMIER S> il y avait du son en plus des mots, on m’entendrait siffler.Mal, plutôt cafetière que gazouillis, mais joyeusement.Quand vient le tour de La Barbe Bleue, la deuxième des douze chansons du nouveau Thomas Fersen, je ne peux m’empêcher de siffler la partie sifflée en même temps qu’Olivier Daviaud.Je vous enjoins à l’essai sans frais sur le site ledevoir.com.La petite mélodie jolie vous saisit par la glotte et ça y esL on sifflote.Ft on gigote de joie dans sa hotte, même si dans la chanson en question «ça sent l’pourri», rapport à ce qu’il y a dans la penderie du dénommé Barbe Bleue.«Il a apporté beaucoup de fraîcheur dans la penderie, Olivier», concourt l’ami Thomas de là oû il est, tout là-bas dans sa Bretagne d’adoption.«Il s’est ajouté à notre petite famille, aux côtés de Pierre Sangrà, de Lionel Gaget et de votre cher FredEortin.» La communication n’est pas très bonne.Ça griche.Je le dis à Thomas, qui rigole.«Tu entends la friture?» S’il y avait du son en plus des mots, on entendrait la friture sur la ligne.«C’est de la vraie friture, je suis en train de faire cuire des côtelettes.» Je lui demande s’il s’agit des côtes d’une jeune Jemme découpée en morceaux.A son bout du fil, un rire carnassier.«Qui sait?» Peut-être Thomas Fersen s’est-il inspiré de sa très secrète vie personnelle pour créer le personnage de sa chanson Ix Balafré.Troublant et attachant balafré qui joue de la scie musicale dans un cabaret de Pigalle et qui, passant par le parc Monceau, débile une bourgeoise.«C’est un grand sensible, commente notre cuisinier.Il joue les yeux fermés pour mieux entendre son instrument.Un assassin, oui, mais pas méchant» Extraordinaire ! On n’a pas demandé l’avis de la bourgeoise.Voici le mien: Je suis au paradis, le huitième album studio de Thomas Fersen, est extraordinaire.Plus extraordinaire que les précédents, j’entends.Mélodies gravées illico dans le ci-bouloL cordes qui au lasso vous ravissent fines touches qui partout font mouche, c’est un disque de chanson pop souriante et agréable qui «allège exprès des histoires un peu sombres mais délicieuses», mettant en scène une galerie de personnages singuliers, tous aussi troublants et attachants que Le Balafré.Continuons les présentations.Il y a Sandra le fantôme sans drap SOURCE SIX MEDIA MARKETING Thomas Fersen (notez le jeu de mots) qui n’arrête pas de chaparder voilages et mousselines.Il y a un empoisonné, squelette dans le placard qui sort le soir pour faire crier les femmes dans le train fantôme à la foire du Trône et qui revient en rasant les murs pour ne pas que les chiens lui «volent un frmur».Il y a un centenaire «encore vert» quijouiti quijouiti quijouiL «c’est inouï».Il y a une momie égyptienne qui était «le clou du musée» jusqu’à ce qu’on découvre que son crâne n’était pas son crâne mais bien celui d’une dénommée Lucienne, concierge «née à Cla-mart» (notez le détafi).Ftc.L’affection de Thomas envers ses créations, personnages dignes des gazettes illustrées fin XTX®, est manifeste.«On est bien en leur compagnie, non?Ils nous font un peu peur, mais c’est très sain, je trouve.Le sang circule.Quand on a peur, l’imagination se met en route.» Il avoue préférer nettement «leur vie si particulière» à la sienne, comme sujet de chanson.«Mon quotidien est plat Quand on prend la vie comme elle est, elle est brutale, sans raffinement Ça manque d’ambiance.» Pour l’ambiance, il y a aussi les illustrations du fivreL décors de cauchemar signés Christophe Blain, l’illustre bédéiste, créateur de Gus et Isaac le pirate.Accointance de plus dans le domaine: Johann Sfar et Keras-coët avaient animé le clip de Hyacinthe, et le festival d’Angou-lême a présenté un «concert illustré» de Fersen avec Sfar, bien avant que celui-ci ne soit césarisé pour son Gainsbourg (vie héroïque).«J’aime ces gens.Ils ont le sens du récit et l’imagination très libre.Ce sont mes frères de fiction.Et quand je me vois dessiné par Blain, je deviens moi aussi un personnage.» Troublant et atta-chanL bien évidemment.Le Devoir JE SUIS AU PARADIS Thomas Fersen Tôt ou tard Jfs Tilles électriques présentent FESTIVAL AMERIQUES 11-18 MARS 2011 VENDREDI 11 MARS 20H LA TULIPE 101 MELISSA AUF OER MAUR Un spectade intimiste créé spécialement pour les 10 ans du FVA! Avec: Alex Grow et Wül Tendy.Projections: Foumalade.Première partie: Andrew Whiteman et Ariel Engle présentent In The Pines.JEUDI 17 MARS ZOH - LA TULIPE - 101 COMBAT CONTRE LA LANGUE DE BOIS 5 minutes pour faire taire l’ineptie! Pas de droit de réphque, pas le droit de s’excuser.7e ROUNO Animé par Stéphane Crête.^ Avec: Robin Aubert, Louise Beaudoin, Mathieu Beauséjour, Michelle Blanc, Christiane Bonneau, Léa Qermont-Dion, Patrice Coquereau, Michel Faubert, Rémy Girard, Monique Giroux, Emilie Lafiberté, Jacques L’Heureux, Ariane Moffatt et Monique Simard.Accompagnement musical: Fred Fortin, Jocelyn TeUier et Robbie Kuster.Ms 5t4 495-1515 10 ANS D'AUDACE ET DE TRANSGRESSION La Tulipe: 4530 Papineau Billeuerie: 514 529-5000.Admission: 1855 790-1245.www.admissioucom.è 10 ANS DE PAROLE AUTHENTIQUE ET INDOCILE LE DEVOIR E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 DEM Diversion et dispersion ART SOUTERRAIN Parcours de 6 km entre la Place des Arts et le complexe Les Ailes, jusqu’au 13 mars {www.larochejoncas.corn) {www.artsouterrain.coni) JÉRÔME DELGADO Les mauvais tics de l’expo-événement Artcité.Quand Montréal devient musée (Musée d’art contemporain, 2001) viennent de refaire surface.Pour sa troisième édition, la manifestation Art souterrain, inaugurée lors de la Nuit blanche, a peut-être pris de l’ampleur (un kilomètre de plus), elle tombe parfois très bas.Les échanges de services, du genre «tu me donnes de Vargent, je te donne de la visibilité», mine le parcours.C’est ce qui avait jeté, à l’époque, de l’ombre sur les œuvres (^Artcité.La zone 6, par exemple: pourquoi?Pourquoi sinon pour remercier le gentil mécène.Ce détour par le siège de Québécor, hors terre en plus, manquait de retenue.Certes, l’ogre entrepreneur avait résolu le matin même le conflit avec ses employés en lock-out, mais.Peut-on soutenir financièrement et accepter de rester dans l’ombre?Le pire: l’édifice fermait à 23h.Tant pis pour les deux œuvres clouées à l’intérieur.Les visites du complexe Les Ailes, du centre Eaton ou de la Tour de la Bourse donnent cette impression que l’art sert d’appât.Alors que ça devrait être le contraire: le commerce au service de la création.Ne nions pas non plus une chose: cette large diffusion d’art est salutaire.On doit reconnaître à son instigateur, Frédéric Loury, le propriétaire de la galerie SAS, l’énergie et l’enthousiasme qu’il déploie, malgré les embûches et les sourdes oreilles qui l’attendent.Art souterrain a réussi à intégrer la Nuit blanche et, à ce qu’on a pu noter, à devenir une activité courue.Pêle-mêle Sans le support ni d’un thème ni d’un lieu mieux circonscrit, l’ensemble est cependant un véritable pêle-mêle.Evénement confiné à la diversion pendant une Nuit d’une part, expo de durée moyenne d’autre part.Art souterrain donne l’impression que l’art public peut être n’importe quoi.Œuvres expérimentales, pièces dissonantes, d’autres camouflées.On ose même inclure, sans gêne, les œuvres permanentes qui se sont greffées avec le temps au paysage.Il ne faudrait quand même pas s’attribuer la qualité de leur intégration.La multiplication des interventions sonores vient sans doute ouvrir les esprits des néophytes, mais le bruit ambiant les empêche de se démarquer.Ça prend un contexte.On ne peut pas lâcher un chien dans une foule.Une fois la Nuit m’as-tu-vue terminée, certaines pièces souffrent de leur isolement quotidien.A la Place des Arts, l’autoportrait sculpté de Francis Mon-tillaud a bel et bien été touché et frappé par la foule nocturne, tel que le souhaitait l’artiste.Mais depuis, l’œuvre d’apparence classique a peu d’effet.Constat similaire devant les miniatures de La-lie Douglas, devenues invisibles à la gare sans les longues vues de la nuit inaugurale.Côté réussites, notons, au complexe Guy-Favreau, une mini-expo thématique autour de notre expérience de la nature.Les artistes réunis (Thomas Kneubühler, Philippe Allard, Andreas Rutkauskas) se répondent entre eux en jouant sur les mêmes notions d’émerveillement et de fragilité.Les photos Stationnement de Jean-François Gratton occupent le passage vitré vers le Palais des congrès.Sur le ton documentaire, elles pointent avec acuité la prédominance de l’automobile et le manque de planification urbaine.A l’orée du Vieux-Montréal, le propos a toute sa raison.D’autres artistes intègrent leur environnement avec un cynisme semblable.Patrick Béru-bé, maître en la matière, y va avec une BMW à la Place Vîlle-Marîe.Habitués à la présence de voitures en démonstration, les passants ne notent pas l’anomalie du tuyau d’échappement.Jeffrey Poirier, lui, a Installé deux masses organiques, pour le moins répugnantes, dans un recoin du Centre de commerce.Enfin, France Dubois, déjà remarquée l’an dernier, propose une autre Installation lumineuse qui transforme un banal corridor souterrain en paysage extérieur.Collaborateur du Devoir SOURCE ART SOUTERRAIN Une installation de Karine Payette m ® VascQ Araûjo OPercurso, 2009 Image tirée de la vidéo MUSEE D'ART DE JOLIETTE HIVER 2011 VASCO ARAUJO DU 30 JANVIER AU MAI 2011 LYNE LAPOINTE Organisée en collaboration avec la Société des médecins de l'Université de Sherbrooke DU 30 JANVIER AU A SEPTEMBRE 2011 AU-DELÀ DU REGARD DU 23 JANVIER AU 24 AVRIL 2011 .CES VOCATIONS SPONTANÉES Organisée et mise en circulation par l'Agnes Etherington Art Centre DU 23 JANVIER AU MAI 2011 145, rue du Père-Wilfrid-Corbeil, Joliette (Québec) J6E 4T4 450 756-0311 I www museejoliette org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h Québec H w- w.% 4 it s SIMON BILODEAU Le ton de l’exposition de Simon Bilodeau est donné par cet imposant conteneur à déchets trônant au centre de la salle.Il s’agit plutôt de sa réplique grandeur nature, ou presque, faite de bois et peinte en blanc.La charge insolite d’un conteneur LE MONDE EST UN ZOMBIE Simon Bilodeau Maison des arts de Laval, 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval Jusqu’au 17 avril 2011 MARIE-ÈVE CHARRON Pour sa nouvelle exposition en solo, Simon Bilodeau confirme sa propension à la mise en scène.Habituelle ment ingrate à occuper, la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval s’efface cette fois derrière le dispositif efficacement déployé par l’artiste.Le monde est un zombie propose une immersion dans un univers d’un blanc en apparence immaculé qui, paradoxalement, traite des plus sombres préoccupations actuelles.Le ton est donné par cet imposant conteneur à déchets trônant au centre de la salle.Il s’agit plutôt de sa réplique grandeur nature, ou presque, faite de bois et peinte en blanc.Une première contradiction s’impose avec cet objet issu du monde industriel, que l’artiste a fait passer du côté du champ artistique par le truchement d’une fabrication qu’il a voulu personnaliser, comme le souligne d’ailleurs la signature en lettres commerciales.Ostentatoire par ses dimensions, cette signature se lit sur le socle qui soulève l’objet du sol avec la fonction symbolique d’affirmer l’autonomie de l’art.La facture aseptisée de l’objet, elle, ne fait pas oublier que son modèle avait pour usage d’entreposer ou de transporter des déchets.L’étrange monument informe donc sur les recoupements possibles entre l’économie générale et l’économie symbolique de l’art.Le travail de Bilodeau, depuis la fin des années 2000, explore cet écheveau complexe de relations qu’il met en forme dans SIMON BILODEAU Vue d’ensemble de l’exposition Le monde est un zombie, de Simon Bilodeau un langage plastique désormais reconnaissable.Systématisé à travers le temps, l’emploi du blanc, ou des camaïeux de gris, sur des toiles et dans des constructions qui oscillent entre la sculpture minimaliste, les paysages artificiels et l’architecture en ruine, élabore des représentations évoquant un monde à la dérive, un monde, pour reprendre l’expression de l’artiste, qui «est un zombie».Bilodeau multiplie d’ailleurs les allusions fantomatiques par la blancheur, certes, mais aussi dans ses toiles où, par un patient travail d’application en couches, il fait disparaître les figures pour n’en révéler que des fragments.Parmi les 12 tableaux accrochés sur un caisson les détachant du mur, certains motifs semblent surgir du néant, tels des avions de guerre, des étoiles et 4es citernes Industrielles.A certains endroits, de la peinture fluide ou appliquée en aérosol a engendré de subtiles nuées et des voiles blanchâtres.Les figures féminines aguichantes — objet du regard masculin — qui peuplaient les tableaux antérieurs de l’artiste se font, elles, plus rares, voire absentes.Un registre abstrait s’impose davantage Ici avec des tableautins dénués de fi- Un printemps d’art et de nature et la chance de voir.20 avril Les œuvres de MARC-AURÈLE FORTIN au Musée national des beaux-arts du Québec Bonne nouvelle! Nous ajoutons des places! du 4 au 7 mai NEW YORK - NEW YORK Musées : Collection Frick, MoMAet Cloîtres, Musique : Metropolitan Opera, Carnegie Hall.Quelques places seulement ! Les, peaux ^détours CIRCUITS CULTURELS www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont guration que Bilodeau a travaillés sur la frontallté du plan, grattant la surface, semble-t-11, pour engendrer des textures aux finis Irréguliers.La décoloration appliquée à toutes les représentations est quant à elle évocatrice d’affadissement et d’absence de vie.Allusions à la mort Face au conteneur, le spectateur verra une avalanche de cailloux facettés en miroir, autre matériau de prédilection de l’artiste.Cette curieuse marchandise, ou déchet trans-hgnré, est révélatrice d’une vacuité étroitement liée à l’accumulation de biens matériels et de produits de luxe, y compris l’art.Nombreux et brillants, ces minéraux artificiels ne sont pourtant que mensonges.La réflexion des miroirs entre eux provoque une myriade de points lumineux qui éblouit le spectateur, lequel verra rarement son propre reflet.Même en fouillant des yeux les polyèdres réfléchissants, son Image s’avère fuyante, comme s’il était déjà parti de ce monde ou en vole de disparaître.Quelque part, avec ses allusions à la mort et au dépérissement de la matière, Bilodeau revlslte le genre de la vanité.Ce dispositif rappelle à certains égards l’Installation montrée à la maison de la culture Frontenac en 2009, la dernière exposition en solo de l’artiste.Dans Échecs luxuriants, c’est un cube suspendu qui, sur une de ses facettes éventrée, se voyait ouvré en miroir.La zone encombrée de débris de plâtre qu’il fallait fouler pour s’appro-cher du cube suscitait une sensation d’inconfort rendant palpable la tension provoquée par la mise en scène.Une telle tension n’est pas reconduite à la Maison des arts de Laval, mais l’artiste atteint autre chose.Il magnifie le dispositif, lui donne une prestance trompeuse qui accentue l’apparence de stérilité.L’artiste se joue ainsi plus à fond de l’esthétique commerciale, lisse et sans contenu, qui efface les traces de la production et de la distribution des marchandises, leurrant le consommateur sur les enjeux sociaux et environnementaux Inhérents.Mais à voir les taches et les Imperfections qui parcourent le socle, par exemple, les dégoulinades sur les pourtours des tableaux dénués de cadre, on constate que Bilodeau conserve néanmoins une facture artisanale.Celle-ci alimente le caractère Insolite de ce travail et, surtout, sa dimension critique.Comme le souligne avec justesse la jeune commissaire Katrle Chagnon dans le texte Intelligent et sensible qui accompagne l’exposition, Bilodeau «exploite le potentiel de résistance que recèle le “faire” artistique face aux moyens de l’industrie.Or sans se couper de ce système, il expose plutôt la difficulté insensée de l’artiste à y prendre part, en raison — justement — de Timproductivité” de son travail».Le travail de Simon Bilodeau est bien faussement vaniteux; il parodie le monde de l’art et la mise en spectacle qui lui fait partager des espaces communs avec le monde de la marchandise.Ayant poursuivi cette veine thématique depuis quelques années, Simon Bilodeau arrive, avec la présente exposition, à révéler la complexité de sa démarche tout en atteignant un raffinement de bon aloi dans la réalisation matérielle des œuvres.Le dosage entre la grandiloquence de la mise en scène et la modestie des matériaux, entre le propos sur l’industrie et la confection à la main, entre l’apparence d’aseptisation et les traces de souillure tient le tout ensemble, exprimant ici d’une honnête façon un équilibre qui pourrait toutefois s’avérer périlleux à maintenir.Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 E 9 CINEMA I I LUNDI I 7 f ^ MARS ^ 19h30 Théâtre COPACABANA de Marc Fitoussi France.2009.107 min.Avec Isabelle Huppert, Lolita Chammah, Jurgen Delnaet, Aure Atika (G) Outremont 1248 avenue Bemaid Ouest Infoimatlon 514 495-9944 Montréal© vvww.admission.com 514790-1245 French kiss sur l’oreiller La comédie romantique French Kiss fournit aux acteurs Claude Legault et Céline Bonnier l’occasion de se donner la réplique pour la première fois FRANÇOIS LEVESQUE Vue depuis le dernier étage de l’hôtel Saint-Germain, l’avenue du Président-Kennedy a des allures de grand canyon blanc tant la neige dehors tombe drue et cotonneuse.Dans la suite, les attachées de presse s’affairent; ici, le réalisateur Sylvain Archambault termine une entrevue, là, le comédien Didier Lucien descend de la mezzanine en arborant un air faussement catastrophé.«Céline Bonnier veut un thé vert! Un thé vert pour Céline!», annonce-t-il en feignant la panique.Là-haut, la comédienne et son partenaire à l’écran, Claude Legault, reçoivent les médias au lit.Y’a plus qu’à plonger! Construit sur la formule du malentendu amoureux, French Kiss met en scène une bibliothécaire un brin timorée qui s’éprend d’un courtier qui, après qu’elle l’a pris pour un ancien camarade de classe, décide de devenir pour elle le type en question.Or la supercherie ne s’arrête pas là.«Ça repose sur le mensonge de gens honnêtes», de résumer joliment Claude Legault.Changer de registre «French Kiss s’est tourné dans la bonne humeur absolue», assure Sylvain Archambault.On veut bien le croire, à en juger par l’atmosphère ambiante.Année faste sur le plan professionnel pour le réalisateur, qui a enchaîné coup sur coup Pour toujours les Canadiens, Fiché: entre ciel et terre et maintenant French Kiss.«Espacer les projets convient à certains, mais moi, je ne suis bien que dans le travail constant.J’ai besoin de tourner.J’aime expérimenter avec différents genres», explique le réalisateur.Séduit par le scénario, Sylvain Archambault voit très tôt ses têtes d’afhche.«J’avais tra- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Claude Legault, Céline Bonnier et Didier Lucien tiennent la vedette dans French Kiss, de Sylvain Archambault vaillé avec Céline et Claude sur le projet des Canadiens, mais ils n’y partageaient pas de scène.» Si au cinéma la chimie entre les comédiens est souhaitable, elle devient carrément nécessaire dès lors qu’il s’agit de faire croire au rapport amoureux.«Déjà, au moment de la lecture commune, je sentais que le courant passait», relate un Claude Legault confortablement adossé à son oreiller de plume.«Je déconnais, je faisais des “jokes” parfois limites, question^ de voir à qui j’avais affaire.» A ses côtés, Céline Bonnier s’anime: «Et fai ri! Et c’est vrai que ce fut rapidement évident que la chimie était au rendez-vous.» Plus volontiers associée au drame, Céline Bonnier {Monica la mitraille, Délivrez-moi) se dit ravie de donner dans la comédie.«Le drame demande beaucoup, mais comporte aussi une dimension exutoire.La comédie.c’est un peu des vacances; c’est comme avoir la permission de manger des bonbons toute la journée», confie-t-elle.L’humour, Claude Legault connaît, lui dont les débuts furent marqués au sceau de l’improvisation.Ces dernières années toutefois, il s’est surtout illustré dans des rôles dramatiques très intenses; on pense à Minuit, le soir, aux 7 jours du talion et à 10 1/2.«De la comédie, fen ferais tous les jours.» D’autant plus que French Kiss lui permet de travailler de nouveau avec Didier Lucien, son complice de la série Dans une galaxie près de chez vous.Ce dernier, langoureusement installé sur l’édredon, s’amuse d’ailleurs ferme à commenter les réponses des deux autres.Et c’est ainsi qu’on laisse les copains de chambrée à leurs réminiscences, amusé à rebours par le contexte insolite de l’entretien.French Kiss prend l’affiche le 11 mars.Collaborateur du Devoir Best of bestiaire RANGO De Gore Verhinski.Avec les voix de Johnny Depp, Isla Fisher, Abigail Breslin, Ned Beatty, Alfred Molina, Bill Nighy.Scénario: John Logm.Montage: Craig Wood.Musique: Hans Zimmer.Etats-Unis, 2010,107 minutes.MARTIN BILODEAU 1 a la tête d’E.T, affronte un .Far West qui semble tout roit sorti de Star Wars et vit es aventures dignes du poisson Nemo.Rien ne préparait Rango, le lézard domestiqué au centre du film d’animation du même nom de Gore Ver-binski (Le Piratç des Caraïbes), à un tel destin.Echappé de son vivarium en plein désert du Nevada, le petit animal échoue dans un village sans foi ni loi où, certain de crever, il fait le pari fou de s’enhardir comme le coq de Poulets en fuite.Vous aurez compris, à la lecture de ce premier paragraphe, que Rango est une sorte de best o/de motifs extraits du bestiaire américain.Le mot d’ordre du scénario de John Logan (The Aviator, Sweeney Todd)! Familiarité.Comme Verhinski, Logan est un nouveau venu dans le genre.Quiconque attendait d’eux une révision des codes, voire une réforme en profondeur, sera déçu.Les autres avanceront en pays de connaissance.De fait, le scénario de western traditionnel se décline en trois actes, accrochés à une intrigue écologique sur la propriété de l’eau, ressource dont le village est privé par un maire corrompu et à qui Rango, élu shérif par accident, va faire le serment de la restituer.Chacune des escales le conduisant de la défaite au triomphe est commentée par un choeur grec for- SOURCE PARAMOUNT PICTURES L’animation par ordinateur de Rango ne manque pas de panache.mé de mariachis fatalistes rappelant les rongeurs de L’Ère de glace.C’est là l’élément narratif le plus amusant de ce récit aux thèmes archiconnus (trouver son héros intérieur, vaincre les despotes, dénoncer l’injustice, partager la richesse, etc.), qui piétine par moments malgré un minutage excessif pour ce genre de production.L’animation par ordinateur ne manque cependant pas de panache.La palette savamment choisie évoque celle des westerns en Technicolor de l’âge d’or.Aussi, les expressions faciales sont d’une grande précision, ce qui tient de l’exploit étant donné la très large panoplie de physionomies représentées.Enhn, dans la version originale, Johnny Depp communique avec brio, par un trémolo maîtrisé, la nervosité de son personnage, dont les gestes et la personnalité sont en contradiction jusqu’au dénouement.Le petit lézard cherchait sa voie.Avec sa voix, Johnny lui a montré le chemin.Collaborateur du Devoir Hydro Québec ¦ présente Dimanche, le 13 mars 2011 à 15h 30 Cinquième Saiie, Piace des Arts loue imbre jns ars 30^ saison 2010-2011 piano Dorothy Fieldman Fraiberg clarinette Simon Aldrich violons Nadia Francavilla Alexander Lozowski alto Elvira MIsbakhova violoncelle Sheila Hannigan Oeuvres de Mozart, Peres et Shostakovich jeudi 10 mars, 20 heures Saiie Redpath, Université McGiii Entrée libre www.allegrachambermusic.com MuSS Valérie Mlot Harpe Mkfim • im • ^ournkr Renseignements : promusica.qc.ca 514-845-0532 Billets en vente à : ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 886 042 2112 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Partition à deux vok DOLLY PARTON, MA MÈRE ET MOI (V.F.DE THE YEAR DOLLY PARTON WAS MY MOM) Scénario et réalisation: Tara Johns.Avec Macha Grenon, Julia Stone, Gil Bellows, Rebecca Croll, Rebecca Windheim.Photo: Claudine Sauvé.Montage: Jean-François Bergeron.Musique: Dolly Parton.Canada, 2011,126 min.ERANÇOIS LÉVESQUE Elizabeth, 12 ans, se languit d’avoir ses premières règles.Dans les toilettes des filles de son école, elle s’enquiert auprès de sa meilleure copine de ce que celle-ci ne les a pas encore eues non plus; moins embarrassant.Cela peut sembler banal, mais à cet âge, c’est le centre de l’univers — avec la poussée des seins, enjeu capital abordé dans la même scène.Or, quand elle apprend qu’elle a été adoptée, Elizabeth voit inexorablement se déplacer le point de fuite qui régissait jusque-là la perspective de son petit monde.Lequel se trouve loti dans une petite ville des Prairies canadiennes, vers 1974.A la mdïo,Jolene, le tube de Dolly Parton, joue en boucle.Jje fdm se nomme The Year Dolly Parton Was My Mom: ce n’est pas pour rien.Elizabeth connaît par cœur l’œuvre de la plantureuse princesse de Nashville, dont elle admire aussi les talents d’auteure et de compositrice; elle-mêmç nourrit des velléités artistiques.A la maison, sa mère Marion règne en fée du logis aimante et digne, parfaite en tout et prisonnière de cette perfection qu’elle s’impose autant que des codes désuets qu’elle continue de suivre par crainte de perdre pied si elle s’abandonne aux mœurs de son temps.Au bout de la table, le père d’Elizabeth annonce des couleurs plus progressives que sa femme de Stepford, entre autres détour- nements heureux de figures archétypales.Ce récit d’apprentissage classique donne initialement la parole à la petite, mais rapidement la voix de la mère devient tout aussi importante, alors que chacune se mesure à l’inconnu.Elizabeth, hllette expressive à présent fermée à ses parents, fugue à vélo dans l’espoir de provoquer une rencontre avec son idole, copvaincue d’être sa progéniture.A l’inverse, Marion sort de sa coquille étriquée et s’ouvre à sa hile, au monde et, forçémenf à elle-même.Ecrits de manière crédible, ces passages confèrent un surcroît d’émotion au premier long métrage de la Montréalaise Tara Johns.Son scénario, qui met un moment à retrouver son erre d’aller en seconde partie en plus d’être un peu trop économe en péripéties, a pour lui une psychologie crédible, une sincérité manifeste et un souci réel du devenir de cette mère et de cette fille à la croisée des chemins.En privilégiant une légèreté de touche, un humour, en contrepoint à la gravité des thèmes abordés.Tara Johns a eu la main heureuse.De même, ses choix de distribution paient.Dans le rôle d’Elizabeth, la nouvelle venue Julia Stone dégage une candeur désarmante qu’on se chagrine de voir s’émousser au contact du mensonge parental.L’absence de repère filmographique aide au surplus à l’identifier complètement au personnage.En mère terrorisée à l’idée d’avoir perdu l’amour de sa fille, mais aussi en femme désemparée devant une société qui évolue trop vite pour elle, Macha Grenon va au-delà de la note juste.Elle canalise une sorte de vérité émotionnelle qui élève tout ce qui se trouve autour d’elle: ses partenaires, le film.Collaborateur du Devoir SOURCE METROPOLE EILMS Julia Stone dans Dolly Parton, ma mère et moi ¦(^ébecSS OE® Ld Scena Musicale STANDARD LIFE DAME KIRI TE KANAWA, SOPRANO ANDRÉ PREVIN, chef d'orchestre ORCHESTRE SYMPHONIQUE NHK,tokyo Programme Takemitsu : Green R.Strauss : Quatre derniers lieder Prokofiev : Symphonie no 5 « .musicalité magique qui donne à la diva sa noblesse autant que son titre de Dame.» Andre Peyregnc André Previn est un chef d’orchestre, compositeur et pianiste de grand renom, récipiendaire du Grammy Lifetime Achievement Award 2010.18iiiars*20h Salle WiHrid-Pelletier SËRIEGLASSIQUE Mercedes-Benz Le meilleur ou rien.laplacedesarts.com im-j-illu 514 842 2112/1 066 &12 2112 .b. E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2011 CINEMA L’audace de Jeanne Labrune Son film Sans queue ni tête, opposant et liant prostitution et psychanalyse, prend l’affiche chez nous vendredi ODILE TREMBLAY Depuis longtemps, la Française Jeanne Labrune n’avait pas tourné.De cette cinéaste discrète et brillante, derrière des oeuvres tantôt ironiques, tantôt graves, aux dialogues ciselés, comme C’est le bouquet! et Si je t’aime prends garde à toi!, on a salué au fil des réalisations le regard d’acuité et l’audace.Son dernier film.Cause toujours, une comédie, remontait à 2004.Mais rien n’est simple dans ce métier.Un projet avait avorté pour des raisons financières et elle s’était lancée corps et âme dans l’écriture du rommL’Obscur.Or voici qu’un jour Jeanne Labrune tomba sur un livre du psychanalyste Jacques Lacan qui abordait «la passe», ce moment charnière où l’analysé se fait analyste.«J’ai fait neuf ans de psychanalyse, plus une année d’analyse didactique, explique-t-elle.Pour moi, ce passage était intéressant et f en ai mesuré les dangers.Et puis le mot “passe” m’a fait penser à la prostitution.Les deux univers ont des lieux dramatiques en commun: le sofa, le lit, l’argent qui établit une frontière en indiquant qu’il s’agit de travail, d’un service vendu pour combler des manques et non de sentiments.Dans la psychanalyse, on parle de sexe.Dans la prostitution, on agit le sexe.Le parallèle m’a séduite comme proposition d’écriture et de cinéma.» Dans Sans queue ni tète, les deux métiers se font donc écho.La prostituée Alice (Isabelle Huppert) et le psychanalyste Xavier (Bouli Lanners) en ont marre de leurs clients.Leur rencontre ouvre sur de nouveaux horizons.Trois psychanalystes entreront en scène, gravitant autour du personnage d’Isabelle Huppert.«Dans mon film, je voulais sou- SOURCE K FILMS AMERIQUE Jeanne Labrune lever un peu le masque rieur des comportements en société, précise la cinéaste.Rien n’est si drôle que ça, mais je n’avais pas envie de montrer une prostituée victime (plusieurs le sont).Hutôt une femme responsable, en contrôle, mûre, donc capable d’une certaine forme d'humanité et s’autorisant à parler aux hommes, dotée aussi d’un côté fragile.J’avais déjà approché Isabelle Huppert à deux reprises, qui n’était pas libre.Ce personnage est à sa mesure.Il possède une dignité, une clarté.Mais son attirance pour le second psychanalyste qui refuse de la traiter lui fait exprimer cette frustration qui pèse au-dessus d’une femme prostituée: la honte.Elle s’était protégée en conservant une distance, une sorte de paravent, mais en se retrouvant, il lui devient impossible de jouer encore le jeu.» En France, Sans queue ni tète, qui peine il est vrai à prendre son envol, fut assez mal reçu.«C’est le risque du métier», dit-elle, tout en conspuant certains articles qu’elle a jugés odieux et stupides.Le Devoir Notre journaliste s’est rendue à Paris à l’invitation d’Unifrance pour réaliser l’entrevue.Chargé d’électricité THE ADJUSTMENT BUREAU (LE BUREAU DE CONTRÔLE) De George Nolfi.Avec Matt Damon, Emily Blunt, Terence Stamp, Anthony Mackie, John Slattery, Michael Kelly.Scénario: George Nolfi, d’après la nouvelle de Philip K Dick.Image: John Toll.Montage: Jay Rabinowitz.Musique: Thomas Newman.Etats-Unis, 2011,106 minutes.MARTIN BILODEAU En 1982, année de sa mort, Philip K.Dick a inspiré au cinéma une de ses plus grandes oeuvres: Blade Runner.Ses romans et nouvelles de science-hction ont depuis servi de matière première à une douzaine d’adaptations plus ou moins h-dèles et satisfaisantes, dont l’éventail va de Total Recall à Minority Report, en passant par A Scanner Darkly et Impostor.The Adjustment Bureau, tiré d’une nouvelle de l’auteur parue pour la première fois en 1954, s’ajoute à cette liste.Reporté à l’hiver après un décollage prévu à l’automne, ce premier long métrage de George Nohi (scénariste A’Ocean’s Twelve et de The Bourne Ultimatum) n’a pas l’envergure espérée.Le scénario est un agencement, plutôt captivant malgré tout, d’éléments réussis et maladroits, enchaînés à une intrigue singulière, mais un peu brouillonne, dont les dimensions existentielle et métaphysique ont été négligées au profit de l’intrigue sentimentale, moteur dramatique du film et enjeu de chaque instant.Le destin a de grands projets pour David Norris (Matt Damon) .Cet élu du Congrès, orphelin surdoué, n’en avait aucune idée avant sa rencontre inattendue avec la danseuse Elise Sellas (Emily Blunt), le soir de sa défaite à l’élection au poste de sénateur de l’État de New York.11 en tombe amoureux sur-le-champ, mais elle dispq-raît sans lui dire son nom.A Scène tirée du film The Adjustment Bureau cause d’une erreur d’aiguillage providentielle, il la retrouve un mois plus tard.Mais avant que l’affaire ne puisse aller plus loin, les agents du destin, qui le suivent pas à pas, lui mettent la main au collet et, jouant franc jeu avec lui, passent aux menaces: sous peine de voir sa mémoire effacée complètement, Norris doit promettre de ne pas essayer de revoir Elise.Trois ans passent avant qu’il ne la retrouve, et qu’aussitôt la flamme se ranime.Les agents, dépassés et n’entendant plus à rire, font appel à Thompson (Terence Stamp), leur pugnace supérieur, ahn qu’il mette un frein à cette idylle qui risque de compromettre l’ascension politique de Harris, et par la même occasion la prometteuse carrière de danseuse d’Elise.Si dès le départ on s’étonne que l’enjeu sentimental occupe tout le terrain dramatique et psychologique de l’affaire, on se réjouit en revanche que les scènes qui y sont directement consacrées soient les plus réussies du fdm.La chimie entre les deux vedettes opère, mais à un niveau inattendu.Nolfi accentue leur dissemblance; lui avec sa carrure athlétique et son visage de totem, elle avec ses traits réguliers et sa silhouette délicate, de façon à inverser les pôles magnétiques.Ils sont au contraire soudés par une pensée jumelle et un sens de l’humour hautement compatible, communiqués par des dialogues bien écrits et des échanges de regards chargés d’électricité.Pour leur part, les personnages des agents du destin SOURCE UNIVERSAL semblent sortir tout droit d’un Hitchcock de la première période.Ou d’un film noir de série B des années 50.Ou de la série Mad Men, impression que renforce la présence de John Slattery.Dans les trois cas, la comparaison est désavantageuse: la majorité des scènes les impliquant sont mal calibrées et manquent d’impact.Elles conduisent en outre vers un dénouement expéditif et guère subtil.Peut-être Philip K.Dick avait-il une autre idée en tête?Collaborateur du Devoir FABRICE LUCHINI • LOS ^ DO mon PORO UN FILM DE ANNE LE NY You Tub?* I f \ VERSION ORIGINALE FRANÇAISE I^PRESENIEMENTAL'AFRCHEI r8iBss5i5aiiii3s.^Æ^i oeerdcenient drôlè.i www.azfilms.ca UN FILM DE EVEUMONT Invoquer la nchesse ^ ' et la liberté des %! femmes dans la ‘ prostitution, voilà L’IMPOSTURE! DAPluE PRiniTPAR DI Auj?[ISPRODUCIIDNS BLANC DDÜAPIDEBUUICINC AVEC LA PARTICIPAHON nNANCIÈRE DE : SODEC - SOCIÉIE DE ' .O^DPPEMENT DES ENTREPRISES CUIIURELLES- DUÉBEC • QUÉDEC ^CRÉDIT DTMPOT CINÉMA ETTÉLÉVISIDN - EESTION SDDEC • FONDS DES MÉDIAS DU CANADA • CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC • CANADA - CRÉDIT DTMPOT POUR FILM OU VIDÉO CANADIEN AVEC LA COLLABORATION DE RADIO-CANADA 3“ SEMAINE! CONSULTEZ '^‘4 CINEMA MRALLELE 3536 BOOŒWUiD SAMT-LAUREKT 514-647.221)6 TOURNEE QUEBECOISE www.rapideblanc.ca LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS «Un vrai film de filles que je reverrais n’importe quand!» Annie-Soleil Piuteau, C’est bien meilleur le matin «Brillante Macha Grenon.» Véronique Harvey, ICI MACHA GRENON GIL BELLOWS JULIA STONE r m FILM DE CLOTURE LES RENDEZ-VOUS DU TARA JOHNS BARBARA SHRIER BANDE SONORE ORISINALE DISPONIBLE SUR DJ DASH ET DISIDIDUnON SELECT -Palomar RS?aP ________ “SS" ^3 ill ©»» msüï méLiqaoLe I VERSION FRANÇAISE i pCINEPLEXDWEFfnSSEMEMr-i .— MAISON DU CINÉMA-1|-CINÉMA- I QUARTIER LATIN 11 SHERBROOKE 11 LE CLAP V.O.SOUS-TTTRES FRANÇAIS rciNÉMA Seaui^iesi;\ I 2396, Beaubien E.721-eoeo I -1 _ m m m.version originale anglaise M A L^AFFICHE! oréduiszTi CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ¦'’metropolefilms.com !¦ #1 AU BOX-OFFICE FRANCOPHONE! 3GAGNANX AUX CESAR -rxDNX- MEILLEUR FILM INSPIRÉ DE FAITS VÉCUS ?«Remarquable! Des Hommes et des Dieux est un grand film, atteint par la grâce.» Marc-André Lussier, La Presse LAMBERT WILSON MICHAEL LONSDALE DES HOMMES ET DES UN HLM DE XAVIER DEAUVOIS PRESENTEMENT A L'AFFICHE! 1 rCINEPLEXDIVBTnSSEMBfTn rCINEPLEX [QIVEnnSSEMEm'- I IsTARcni MomnfeLil I boucheiwlle [CINEPLEX CIVWIBSEMENT^ i— MÉQA4=1£)C™ QUSO^ ^ MÉOArPLEX™ QUZZO ^ pCXNEPLEX DIVSTTISSEMEHT- BROSS^RP 11 JACQUES CACTIER14 11 PONT-VIAU 16 11 COLOSSUS LAVAL I- CINÉMAS -|pONEPl£XDIVERn88EMEPn-|rCINEPL£XE»ERT1S8mEHT-i,-MAISON DU CINÉMA— IqATÏNEAU II STARCITÉ HULL II SHERBROOKE || SHERBROOKE ^CAFIREFOUH DU NORD CINÉMA BIERMANS^^ ^CINÉMA ST-LAURENT^ |-CINÉMA- I ST-JÉRÔME IISHAWINIGAN II SOREL-TRAÇY II ST-BASILE rCINEPLEX DIVERnmEMENTn | CINÉMA CAPITOL-1 LE CARREFOUR 10 i CINÉMA PINE ItROIS-RIVIERESIIdRUMMQMDVILLEII JOLIETTE II STE-ADËLE pCINBUXDIVERnSSEMBir'^ fLES PROMENADES DE LEVISn °'*®”"®®™""! 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