Le devoir, 7 mars 2011, Cahier A
f^W FRANCE ([f/; *’1 J Jacques Chirac comparaîtra ^ ‘ ^ finalement devant ses juges Page B 1 français Enseignants et étudiants se mesurent à la Grande Dictée Page A 2 ?www.ledevoir.com-*- LE DEVOIR Vol.CII N°49 ?LE LUNDI 7 MARS 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ GORAN TOMASEVIC REUTERS Des rebelles libyens tentent d’éviter les tirs de l’artillerie gouvernementale sur la route de Bin Djaouad, ville côtière à 160 km à l’est de Syrte, fief convoité de Mouammar Kadhafi.Les rebelles avaient pris le contrôle de Bin Djaouad samedi, mais ont été repoussés hier.Libye : la pression monte sur Obama Des voix s’élèvent à Washington réclamant un soutien aux rebelles MARCO BELAIR-CIRINO Les appels en faveur d’un soutien militaire aux insurgés libyens opposés au régime de Mouammar Kadhafi se multiplient auprès de la Maison-Blanche, accusée de drainer les pieds» dans ce dossier.La pression sur le président des Etats-Unis, Barack Obama, est montée d’un cran hier afin qu’il prenne fait et cause sans délai pour les rebelles.Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat John Kerry, a fait valoir qu’une zone d’exclusion aérienne devait être décrétée afin d’empêcher l’aviation libyenne de s’en prendre aux rebelles et aux civils.«La dernière chose que nous voulons est une intervention militaire, mais je ne considère pas que la création d’une zone d’exclusion aérienne en constitue une», a affirmé le sénateur démocrate sur les ondes de la chaîne d’information continue CNN.Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi «ne vont pas cesser de retourner la question dans leur tête,^ “que peuvent-ils faire d’autre?” [que de fournir de l’aide humanitaire]», a souligné M.Kerry.VOIR PAGE A 8: OBAMA La chronique de François Brousseau, page B 1: Intervenir ¦ Des manifestants attaqués en Égypte, page B 1 L’opposition durcit le ton au Yémen, page B 2 ¦ Le septième choc pétrolier a-t-il déjà commencé ?, page B 3 Étudiants en difficulté : les cégeps débordés Le nombre de cas de troubles mentaux ou d’apprentissage explose LISA-MARIE GERVAIS Le nombre de cégépiens souffrant de troubles mentaux ou d’apprentissage explose.Et pour leur offrir des services adéquats, la Eédéra-tion des cégeps exige une aide supplémentaire de 13 millions.Toutes catégories de handicaps confondues, physiques y compris, ils sont sept fois plus nombreux qu’en 2000 dans les 48 cégeps du réseau, selon des données fournies par la Eédération.Ainsi, à l’automne 2000,439 jeunes étaient atteints de l’un de ces troubles, contre 3069 moins de dix ans plus tard (puisque les données les plus récentes s’arrêtent en 2009).Alors que le nombre de jeunes aux prises avec un handicap dit «traditionnel» (surdité, cécité, paralysie cérébrale, etc.) connaît une hausse moins marquée, celui des cégépiens atteints d’un trouble de santé mentale ou d’apprentissage (rassemblés sous le vocable «clientèle émergente») est quant à lui quinze fois plus élevé, passant de 136 à 2094.«Le nombre de handicapés traditionnels est assez stable, mais ce qui s’est ajouté de façon marquée depuis cinq ans, ce sont les autres étudiants [avec des troubles de santé mentale ou d’apprentissage]», VOIR PAGE A 8: ÉTUDIANTS Les cégeps réclament 13 millions pour accueillir une clientèle dite «émergente» SANTE La CSN veut syndiquer le premier CHSLD réalisé en PPP À lire en page A 3 I É NIKOLA SOLIC REUTERS FORMATION EN AFGHANISTAN Le Canada aura-tril les restes?¦ À lire en page A 3 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie .B 3 Idées .A 7 Météo.B 2 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 8 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 L’ENTREVUE Au secours du sexe fort Un livre d’Anthony Synnott vise à glorifier les hommes, qui en ont bien besoin, selon le sociologue de Concordia On l’appelait le sexe fort Serait-il devenu le sexe haï?Comme la gent féminine, le sexe masculin est formé à la fois de héros, de scélérats et de victimes.Mais ces dernières années, dans l’imaginaire collectif occidental, il aurait plus souvent qu’à son tour occupé le mauvais rôle.C’est en tout cas ce que défend le sociologue de l’Université Concordia Anthony Synnott, dans son livre Re-Thinking Men.Heroes, Villains and Victims, paru aux éditions Ashgate.CAROLINE MONTPETIT Un peu partout en Occident, au cours des dernières décennies, une certaine misandrie a fait son apparition, entre autres dans la publicité, dit Anthony Synnott.En guise d’exemples.UNIVERSITE CONCORDIA Anthony Synnott, sociologue de l’Université Concordia le professeur mentionne les vignettes utilisées sur des automobiles qui associent tous les hommes à des violeurs, ou encore un certain savon en forme de cochon qu’il avait reçu par hasard en cadeau, et qui portait la mention «cochon macho».Selon lui, cette misandrie est notamment le fait d’une certaine frange féministe, ce qu’il déplore en ajoutant que l’avancée des femmes dans le monde occidental, au cours des dernières VOIR PAGE A 8: SEXE Aéroports Les parents tddnappeurs ont bean jen au Canada La politique fédérale doit être changée, dit un groupe d’aide aux familles d’enfants disparus HELENE BUZZETTI Ottawa — Le Canada met-il vraiment en place tous les moyens pour éviter les enlèvements d’enfants par un de leurs deux parents?La question se pose puisque les autorités canadiennes ne prennent aucune mesure pour s’assurer qu’un parent voyageant seul à l’étranger avec son enfmt a bien obtenu le consentement de l’autre parent avant de quitter le pays.Cette vérification n’est faite.qu’au retour au Canada! Alors que se termine la semaine de relâche souvent synonyme de voyage hors fi*ontières, au moins un groupe d’aide aux familles d’enfants disparus exige un changement de cette politique.Lorsqu’un père décide de voyager seul avec un ou plusieurs de ses enfants, il doit en théorie obtenir de la mère (ou vice-versa) une lettre de consentement parental.Cette lettre, contenant le numéro de passeport de l’enfanfi sa date de naissance, l’itinéraire et la durée du voyage, doit être signée par le parent restant au pays.Des numéros de contact VOIR PAGE A 8: PARENTS 77831302829411 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 7 MARS 2011 ACTUALITES Journée internationale de la femme Le fouillis des garderies nuirait à l’économie Toronto — Sans politique nationale en matière de garderies, l’économie canadienne souffrira, conclut un nouveau rapport de YWCA Canada, qui sera publié dans le cadre de la Journée internationale de la femme.Le document révèle que les femmes ne peuvent intégrer pleinement le marché du travail en raison d’un manque de garderies faciles d’accès et à des coûts raisonnables.La présidente-directrice générale de l’organisation, Paulette Senior, soutient que le système actuel ignore les progrès réalisés par les femmes au cours des trente dernières années, notamment dans le domaine de l’éducation et sur le marché du travail.Comme des femmes au foyer Le gouvernement fédéral «agit encore comme si les femmes étaient au foyer», plutôt que de fournir un soutien à celles qui combinent les rôles de travailleuse et de mère, a indiqué Mme Senior, hier.«A moins qu’Ottawa n’agisse immédiatement, cet écart affectera la prospérité de l’économie canadienne», a-t-elle soutenu.Des données du recensement soulignent que la main-d’œuvre féminine forme 60 % des diplômés universitaires — comparativement à 32 % en 1971 — et près de la moitié de la main-d’œuvre.Les chiffres de Statistique Canada pour l’année 2009 indiquaient que 64,4 % des femmes ayant des enfants en bas âge occupaient un emploi.En 1976, environ 27 % de ces femmes avaient un emploi.Les programmes de gardes d’enfants sont gérés par les provinces et diffèrent d’un endroit à l’autre.Ottawa offre toutefois des avantages et des crédits d’impôt aux parents.Les garderies canadiennes demeureront un fouillis inadéquat sans l’instauration d’une politique nationale en la matière, selon le rapport de YWCA Canada.L’orga-itisme doit publier le document aujourd’hui, veille de la Joiunée internationale de la femme.La Presse canadienne E N BREF La FFQ dénonce la nonvelle taxe santé À l’occasion de la Joiunée internationale de la femme, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) invite les Québécois à contester la nouvelle taxe santé et à exprimer leur solidarité envers les femmes du monde arabe.Deux activités seront organisées par la FFQ pour souligner la journée du 8 mars.À midi, des groupes de femmes et d’organisations syndicales québécoises se réuniront au Complexe Des- jardins, à Montréal, pour manger tout en dénonçant la taxe santé.Selon la FFQ, le gouvernement Charest cherche à instaurer une logique «utilisateur-payeur» dans le réseau de la santé.La FFQ considère également que cette taxe est discriminatoire envers les femmes et qu’elle mine l’intégrité du système public de santé.En soirée, la FFQ invite les Québécois à se joindre à la marche organisée par le Comité des femmes de diverses origines qui débutera à 18h au square Atwater, à Montréal.- La Presse canadienne V Plein gaz sur le schiste animé par Eve-Lyne Couturier et ses invité-e-s Le Québec, pays du gaz de schiste.et du pétrole ?première séance, par Alexandre Shields 7 mars 21 mars Il avril l8 avril à I9h, au café Aux Derniers Humains, 6950, me Saint- Denis upopmontreal.com U R—i mentréel 4® édition de la Grande Dictée Éric-Fournier «Le frasil fond à vau-l’eau» et autres perles québécoises MARCO BÉLAIR-CIRINO Stylo bien en main, quelque 250 enseignants et étudiants en enseignement ont testé leurs connaissances de la langue française en participant samedi à l’UQAM à la 4j édition de la Grande Dictée Eric-Fournier.«On a battu des records.La salle était pleine.C’était super agréable.Il y avait une excellente ambiance», relqte le fondateur de la Dictée Eric-Fournier, Jean-Guillaume Dumont.C’est un texte de plus de 300 mots truffé d’expressions québécoises de l’étudiante de deuxième cycle Stéphanie Lafor-tune — qui a été épaulée par un comité de rédaction formé de Sylvie Marcotte et de Mala Bergevin — qu’a lu Biz, de Loco Locass.«L’idée de Stéphanie Infortune était excellente.Elle a voulu mettre en valeur non seulement les beautés du Québec, mais aussi les trésors de la langue française qui ont été créés ici», souligne Jean-Guillaume Dumont, qui est également membre du conseil exécutif de l’Association des étudiantes et des étudiants de la faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM.Un exemple?En voici un, sucré de surcroît: «Au printemps, lorsque le frasil fond à vau-l’eau dans les ruisseaux dont les orées sont encore tout enneigées, voici déjà venues les parties de sucre, auxquelles tous et toutes sont conviés!» Le «frasil» est une pellicule formée par la glace qui commence à prendre.«Ce n’est pas quelque chose de ringard, une dictée.Ce n’est pas FRANCIS BOURGOUIN Samedi, près de 250 enseignants et étudiants en enseignement ont tenté d’écrire sans faute la Grande Dictée Eric-Fournier, lue par Biz, du groupe Loco Locass.L’exercice vise à accroître la maîtrise du français écrit des participants, mais avant tout à leur donner le goût de toujours la parfaire.quelque chose de quétaine et de passéiste.C’est quelque chose qui peut être fait sourire aux lèvres», a fait valoir samedi Biz, qui a aussi animé une conférence intitulée «Pourquoi continuer à parler français en l’an 2000 au Quqbec?».La Grande Dictée Eric-Fournier — qui a couronné cette année Anne-Hélène Jutras — vise à accroître la maîtrise du français écrit des participants, mais avant tout à leur donner le goût de toujours la parfaire.«Ce n’est pas un événement qui est axé sur la compétition», explique Jean-Guillaume Dumont.D’ailleurs, les dictées apparaissent comme un «bon complément» aux outils développés spécifiquement pour réussir le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE), véritable hantise des aspirants enseignants.«La Dictée Eric-Fournier ne prétend pas préparer au TECFEE.J’ai voulu faire découvrir ce que j’ai moi-même découvert en faisant les dictées de Bernard Pivot, c’est-à-dire redécouvrir les trésors de la langue française tout en retrouvant un plaisir à m’améliorer en français et à enrichir ma culture générale», précise l’étudiant à la maîtrise en éducation de l’UQAM.\ A vos stylos La Grande Dictée, qui honore la mémoire dp l’étudiant en enseignement Eric Fournier, décédé subitement il y a quatre ans à l’âge de 22 ans, est accessible sur le site Web www.dictee.ca, à l’instar de plus de 175 autres exercices, dont une série de «dictées de vocabulaire».«Il s’agit de 25 mots de vocabulaire.C’est comme un petit marathon, qui permet de découvrir de nouveaux mots, mais aussi des mots usuels pour lesquels on fait encore des fautes», dit Jean-Guillaume Dumont.«Non seulement on offre le corrigé, mais, en plus, chaque piège orthographique ou grammatical est expliqué.C’est un outil pour apprendre qu’on a voulu développer.» Le Devoir Amphithéâtre à Québec Le motif du refus d’Ottawa reste inconnu MARIE VASTEL Ottawa — Si le maire de Québec s’est dit déçu, la semaine dernière, d’avoir attendu si longtemps avant de connaître le verdict du gouvernement fédéral quant au financement de la construction d’un nouvel amphithéâtre dans la Vieille Capitale, le processus décisionnel d’Qtta-wa ne sera pas expliqué de sitôt.Des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’Information ont offert peu de réponses en ce qui concerne les délibérations qu’a tenues le gouvernement de Stephen Harper dans le dossier depuis un an.De la soixantaine de pages envoyées à La Presse canadienne, près de la moitié sont noircies.Les recommandations offertes au premier ministre par le greffier du Conseil privé sont entièrement raturées.Seule la date du 15 septembre dernier apparaît sur les pages qui dressent pour le premier ministre les «options pour un appui du gouvernement fédéral aux installations de sports professionnels».La décision du fédéral n’a été annoncée que six mois plus tard, soit la semaine dernière, après que Québécor Media et le maire de Québec, Régis La-beaume, eurent confirmé une entente pour la gestion du futur aréna.Le gouvernement conservateur semble donc avoir étudié la possibilité de participer au projet, mais impossible de savoir l’avis qui lui a été offert, et s’il a réellement été envisagé qu’Qtta-wa finance un nouveau Colisée.Le maire Labeaume et l’oppo- font simplement état des programmes gouvernementaux déjà existants, chez Sport Canada et Infrastructure Canada.«Les programmes fédéraux actuels qui ciblent les infrastructures sportives mettent principalement l’accent sur le sport amateur et ne permettent pas Ottawa semble avoir étudié la possibilité de participer au projet, mais impossible de savoir s’il a réellement envisagé de financer un nouveau Colisée sition bloquiste, à Qttawa, ont accusé les conservateurs du Québec d’avoir donné de faux espoirs aux résidants de la ville lorsqu’ils ont revêtu un chandail des Nordiques l’automne dernier laissant ainsi croire que leur gouvernement investirait de l’argent pour faciliter le retour d’une équipe professionnelle de hockey dans la Vieille Capitale.Et si Qttawa plaide, depuis que le maire Labeaume et le premier ministre de la province Jean Charest ont demandé sa parficipafion au projet, qu’il exige une participation «substantielle» du secteur privé, nulle part dans les passages des documents qui n’ont pas été censurés n’apparaît cette condition.Les notes d’information préparées pour Stephen Harper [passage noirci] d’apporter un appui à des projets touchant les activités sportives professionnelles», rapportent par ailleurs les notes préparées pour la ministre des Aflaires intergouvemementales, Josée Verner.Ce qu’a justement fait valoir le gouvernement Harper au moment d’annoncer, la semaine dernière, qu’il ne financerait pas la construction d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel à Québec.Une note de service sur la «faisabilité de l’amphithéâtre de la ville de Québec», préparée pour le premier ministre le 20 septembre, indique pourtant que la «proposition d’“amphi-théâtre” serait un aréna sportif multifonctionnel servant d’espace pour les événements amateurs et professionnels».«Tenter d’obtenir une équipe de sport professionnelle pour l’aréna est présenté comme une option possible, mais d’attirer une équipe de la LNH [Ligue nationale de hockey] ou toute autre équipe sportive n’est pas une condition sous-jacente à la proposition», reconnaît la note.Pour justifier les ratures, le Bureau du Conseil privé évoque abondamment l’article 14 de la Loi sur l’accès à l’information, qui stipule que le gouvernement peut retenir des informations qui pourraient nuire aux relations fé-dérales-provinciales, ainsi que l’article 21, qui permet de «refuser la communication [.] des avis ou recommandations [et] de comptes rendus de consultations ou délibérations».Les documents réclamés au bureau de la ministre Verner sont eux aussi fortement censurés, les «points de discussion concernant la participation du gouvernement du Canada à la construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec» étant complètement noircis.Des documents qui ont été réclamés sur ce dossier pour la période remontant au 1" décembre 2009, seuls les rappels des faits et le contexte n’ont pas été camouflés, de même que des résumés des recommandations du rapport Rousseau et de l’analyse d’Ernst & Young pour le gouvernement du Québec, des documents qui sont publics depuis des mois.La Presse canadienne AUJOURD'HUI PlayStation, Xbox et Wii : un coup de jeunesse pour les aînés et un outil de travail en réadaptation.Reportage: Robert Frosi RéaI.-coord.: Sébastien Perron (^95,1 PREMIERE CHAINE Radio-Canada.ca/desautels FM LE DEVOIR, LE LUNDI 7 MARS 2011 A 3 ACTUALITES Entre résignation et désespoir Chantal Hébert A deux semaines du budget fédéral et alors que le Canada pourrait être en campagne électorale d’ici la fin du mois, le climat est nettement plus favorable au Parti conservateur et au Bloc québécois qu’au PLCetauNPD.Selon les sondages, la formation de Stephen Harper est en avance dans les intentions de vote dans toutes les provinces, à l’exception du Québec.Récemment, certains sondages ont placé le Parti conservateur au seuil d’une majorité.Ce paysage ne changera pas tellement d’ici au budget du 22 mars.S’il doit y avoir des élections en mai, néodémocrates et libéraux disposeront d’environ cinq semaines pour renverser la tendance.L’expérience de Stephen Harper en 2006 — pour ne nommer que celle-là — a démontré que c’était faisable.Dans l’état actuel des choses, libéraux et néodémocrates seraient vraisemblablement les premiers surpris par un tel revirement de situation.S’il fallait situer l’état d’esprit des troupes de Michael Ignatieff et de Jack La5q;on à l’approche de la minute de vérité pour le 40® Parlement, ce serait quelque part entre résignation et désespoir.Depuis qu’il a mis les libéraux en piste pour un scrutin printanier à la fin de l’an dernier, Michael Ignatieff n’a pas réussi à donner de l’élan à sa formation.D’un sondage à l’autre, un écart important entre sa formation et le Parti conservateur ne se dément pas.Cela n’empêche pourtant pas les stratèges libéraux de garder le cap sur des élections.La théorie ambiante dans l’entourage du chef libéral est que les électeurs ne prendront pas le temps de se faire une meilleure opinion de Michael Ignatieff tant qu’ils ne le verront pas à l’œuvre en campagne électorale.Les députés libéraux ne souscrivent pas unanimement à cette vision optimiste des choses.Mais la plupart voient la tenue d’un scrutin comme un passage obligé avant de passer à un nouveau chef Ils se consolent d’avance d’une éventuelle défaite en se disant que Jack Layton, Gilles Duceppe et/ou Stephen Haiper pourraient ne plus être de la partie aux élections suivantes et que leur parti affronterait alors des adversaires moins coriaces.Plusieurs sont convaincus que, dans le pire scénario, Michael Ignatieff réussira au moins à égaler, la performance de Stéphane Dion en 2008.À la lumière des piètres scores québécois du PLC, même cette modeste prévision comporte néanmoins un élément de risque.S’il faut en croire les sondages, le Grand Soir qu’espérait Jack Layton pour le NPD à la faveur de sa quatrième campagne électorale n’est pas dans les cartes d’un scrutin printanier.Au Manitoba et en Nouvelle-Écosse, les deux provinces où le NPD est au pouvoir, l’impopularité des néodémocrates provinciaux nuit à la formation de Jack Lajùon.En Colombie-Britannique et en Ontario, la base militante néodémocrate est mobilisée par une course au leadership dans le premier cas et par les préparatifs d’un scrutin provincial automnal dans le second.D’autre parf le NPD fédéral n’a pas à sa disposition de grand cheval de bataille susceptible de le porter dans une campagne printanière.Mais à deux semaines de l’échéance, les options qui s’offrent au parti pourraient se résumer à choisir entre deux mauvais scénarios: risquer des élections dans des circonstances difficiles au printemps avec Jack Layton à sa tête, ou risquer d’aller sans lui en campagne électorale dans douze à dix-huit mois.La semaine dernière, le chef néodémocrate a subi une intervention chirurgicale pour réparer une fracture à la hanche.Il jure que ce contretemps ne l’empêchera ni d’être au Parlement pour le budget ni, au besoin, de mener son parti en campagne au cours des prochaines semaines.Dans le débat pour ou contre le budget, l’état de santé de Jack Layton ne serait pas un argument; en réalité, il pourrait militer pour des élections plus tôt que tard.Sur la colline parlementaire, plus personne ne peut fermer les yeux sur le fait que le double fardeau d’une bataille contre le cancer de la prostate et d’un poste de leader aux Communes a sapé l’énergie du chef néodémocrate.Et personne, y compris ses députés, ne peut plus tenir pour acquis que Jack Lajùon sera encore en poste dans douze ou dix-huit mois.Si le rendez-vous électoral est reporté, la prochaine année sera aussi sinon plus intense que la précédente.Par définition, les parlements minoritaires sont des tapis roulants.Aucun poste politique au Canada ne vaut la peine de mettre sa santé et sa vie en danger pendant une période prolongée et indéterminée.En clair, plusieurs libéraux se résignent à des élections printanières risquées pour avoir par la suite le loisir de se débarrasser d’un chef qui n’aurait pas levé dans les sondages, tandis que plusieurs néodémocrates se résignent à la même idée pour être certains de pouvoir compter sur un chef qui est devenu leur valeur la plus sûre.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.ehebert@thestar.ea La CSN veut spdiquer le premier CHSLD réalisé en PPP FRANÇOIS DESJARDINS Le premier centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) à avoir été construit en partenariat public-privé (PPP) fait maintenant l’objet d’une tentative de syndicalisation.Le CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf, qui a ouvert ses portes en octobre dernier, compte 200 lits.Pour les 25 prochaines années, sa gestion sera assurée par le Groupe Savoie, dont la douzaine de «Résidences Soleil» et les 7000 places en font déjà un important acteur des résidences pour personnes âgées et retraitées.Premier de quatre CHSLD à devoir être construits avec la participation du privé, il a fait les manchettes à plusieurs reprises l’an dernier: d’abord, pour la lenteur du recrutement de médecins, ensuite, pour le fait que ses administrateurs ont été des contributeurs du Parti libéral du Québec ef enfin, pour une enquête policière portant sur de présumés attouchements sexuels qui auraient été commis par un préposé.Dans un bref communiqué diffusé vendredi dernier, la CSN a dit que la requête en accrédi- tation syndicale déposée le 3 mars — et qui doit être étudiée par la Commission des relations du travail — couvre tous les employés sauf les infirmières, les infirmières auxiliaires et les professionnels.«La logique de recherche du profit maximum qui prévaut nécessairement dans ce type d’institutions pèse lourdement sur les conditions de travail et les salaires des employés qui y oeuvrent», a affirmé dans un communiqué Guy Dorion, vice-président de la Pédération de la santé et des services sociaux (CS^.«Nous avons l’intention de nous assurer que leurs droits et ceux des bénéficiaires soient respectés», a-t-il ajouté.Il a été impossible de joindre le gestionnaire du CHSLD.Dans un cahier spécial du journal Les Affaires publié à la fin du mois de février, le président-fondateur du Groupe Savoie, Eddy Savoie, avait dit ceci: «Nous croyons que les CHSLD en PPP constituent une formule d’avenir, qui sera rentable pour les Québécois.à condition que les promoteurs ne soient pas affamés de dividendes et de rendements.» Bien que ce CHSLD ait été construit en PPP, sa clientèle vient du réseau public.Au total, l’Agence de la santé de la Montérégie entend développer quatre CHSLD en partenariat public-privé.Qutre Saint-Lambert, il y en aurait donc trois autres à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Châteauguay et à Granby.Au total, ils compteraient 398 lits.Pondé à la fin des années 70, le Groupe Savoie, une entreprise familiale, compte plus de 1000 employés.En entrevue au Devoir, il avait indiqué l’an dernier que le CHSLD de Saint-Lambert compte 280 employés, sans préciser ce que cela inclut.«Ce qui est le plus important, c’est le bien des usagers», a dit hier Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), en marge d’une conférence de presse donnée par la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.«Oui, on est d’accord avec le syndicat, on travaille très bien avec les syndicats, mais le plus important, c’est comment va se traduire le service par la suite?», a-t-il demandé.Le Devoir 11 MILLIONS POUR LES AINES ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR LA MINISTRE responsable des Aînés, Marguerite Blais, que l’on voit ici en compagnie de Gérald Cousineau, membre de l’Association des sports pour aveugles de Montréal, a annoncé hier l’octroi de 11 millions à 170 organismes pour aînés.Cette aide, révélée à un parterre de groupes directement concernés, comme le Regroupement provincial des comités des usagers et l’Association québécoise de gérontologie, vise notamment à «combattre l’âgisme et l’isolement» et à «prévenir la maltraitance et les fraudes».EN BREF Le PQ dénonce l’ntilisation anonyme de Twitter par le PLQ Le président du Parti québécois, Jonathan Valois, a exhorté le Parti libéral du Québec à cesser immédiatement l’utilisation anonjmie du site Internet Twitter.Selon un reportage de l’émission Les Coulisses du pouvoir, diffusé hier sur les ondes de Radio-Canada, des employés du Parti libéral utilisent de façon anonjmie Twitter pour y défendre férocement les actions du gouvernement de Jean Cha-rest.Dans un communiqué diffusé hier, M.Valois a soutenu que cette pratique démontrait un manque d’éthique et de transparence de la part des libéraux.Il a aussi appelé le parti à communiquer à visage découvert.Selon M.Valois, cet anonymat a pour objectif de faire croire aux Québécois qu’il existe un «militantisme spontané et authentique» en faveur des libéraux.Il juge aussi que cette pratique porte ombrage aux autres formations politiques présentes sur ce réseau social.Le prési- dent du Parti québécois estime que la mise en ligne de «tweets» anonjmies ne fait qu’augmenter le cjmisme de la population face au milieu politique.M.Valois demande également au Parti libéral de présenter des excuses aux Québécois.Dans un communiqué de presse publié en fin d’après-midi hier, Michel Rochette, directeur des communications du Parti libéral du Québec, a déploré la réaction du Parti québécois et a noté que plusieurs utilisateurs sur Twitter faisaient appel ouvertement à un nom d’emprunt au lieu de leur nom véritable ou à ime im^e au lieu de leur photo.Un choix nullement interdit, a-t-il ajouté.Selon M.Rochette, à force de s’attaquer sans cesse aux individus plutôt qu’aux messages qu’ils portent, le Parti québécois devrait commencer à prendre conscience qu’il n’encourage personne à débattre publiquement.- La Presse canadienne Saguenay: soirée houleuse en vue Le dossier de la prière et des sjmiboles religieux devrait refaire surface, ce soir, lors du conseil municipal de la Ville de Saguenay.Le collectif «Citoyens pour la démocratie» entend se manifester pour protester contre la décision du maire Jean Tremblay de contester le jugement du Tribunal des droits de la personne, qui empêche la récitation de la prière au conseil municipal.Le Mouvement laïque québécois a aussi donné instruction à son avocat d’entreprendre des procédures d’outrage au tribunal si le maire ne respecte pas l’ordonnance de cesser la récitation de la prière et de retirer les symboles religieux dans la salle du conseil.«Citoyens pour la démocratie» a invité la population à aller manifester son désaccord lors de l’assemblée du conseil, ce soir.- La Presse canadienne AFGHANISTAN Formation : Ottawa pressé de trancher MURRAY BREWSTER o: (ttawa — Le cabinet fédéral se voit demander de décider rapidement des données particulières de la mission de formation militaire canadienne en Afghanistan, alors que d’autres pays manœuvrent pour obtenir des postes de formateurs, affirment des sources de l’QTAN et le ministère canadien de la Défense nationale.Le ministère fera ses recommandations au gouvernement conservateur d’ici peu, et il lui demandera de déployer «un petit nombre» de militaires à des centres de formation régionaux en plus de stationner des soldats dans des salles de classe de la capitale afghane, Kaboul.Les endroits envisagés incluent la ville de He-rati dans l’ouest de l’Afghanistan, Mazar-e-Sharif, dans la partie nord, et Jalalabad, près de la frontière avec le Pakistan.Peu après que le Canada eut fait part de son intention de remplir une mission de formation avec 950 soldats et du personnel de soutien, les Néerlandais ont indiqué être prêts à former des policiers afghans.Le Canada aura-t-il les restes ?La crainte qu’ont certains observateurs est que si le gouvernement Harper tarde trop à prendre une décision, le Canada se retrouve avec ce qui restera, de la même façon que l’hésitation du gouvernement libéral de Paul Martin avait laissé à Qttawa le seul choix de la dangereuse mission de combat de Kandahar.Lorsqu’ils ont annoncé leur mission de formation de trois ans, en novembre dernier, les conservateurs ont assuré qu’elle serait menée dans les environs relativement sûrs de Kaboul.Toutefois, des responsables et des ministres fédéraux ont depuis commencé à dire que le déploiement aurait lieu à Kaboul, mais pas uniquement là.En fait, chacun des centres régionaux de formation envisagés se trouve dans un secteur jugé plus sûr que Kaboul, selon une évaluation militaire.La capitale afghane a été la cible de plusieurs attaques, cet hiver, y compris un attentat suicide ayant fait deux morts dans l’entrée d’un hôtel, le mois dernier.Le gouvernement conservateur a clairement fait savoir, tant en privé que publiquement, qu’il ne voulait pas d’une proposition prévoyant le déploiement de militaires canadiens à des centres de formation à Kandahar ou ailleurs dans le sud du pays.La Presse eanadienne Résultats des tirages du : 2011-03-05 19 21 2Z 33 36 38 Prochain gros lot (approx.) : 3 000 000 $ Eitra 5193691 Structure de lots complète sur lotoquebecxom Résultats des tirages du : 2011-03-04 2344557 Prochain gros lot : 50 000 000 $ + ^AXMILUONS 31 lots de 1 million $ (approx ] ^AXMILUONS 22 lots de 1 million $ SÉLECTIONS NON DÉCOMPOSABLES Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 04 10 25 36 3Z 41 42 05 10 18 25 32 38 40 01 09 13 14 18 20 24 12 14 17 24 25 32 47 01 02 08 10 13 18 44* 09 12 24 37 40 45 47 05 06 12 20 32 35 36 04 09 14 32 34 3Z 48 02 08 iz 26 35 38 48 02 20 26 38 42 43 46 06 OZ 09 16 18 26 28* 17 21 24 26 30 43 49 01 12 13 15 17 27 29 01 07 08 25 26 28 31 02 16 31 39 42 46 48 03 07 18 25 28 36 46 oz 12 19 21 24 26 38* 01 04 08 14 19 45 48 ÜZ 16 25 28 30 32 48 08 25 40 41 42 45 46 02 10 11 12 19 20 37 12 13 15 20 22 34 47 I: ' il y a plus d'un gagnant pour cette sélection, donc ce lot sera partagé.En cas de disparité entre cette liste et la liSl& officielle de LptQ-QuëbSC.cette derni&re a priorité. A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 7 MARS 2011 ACTUALITES Construction de navires de guerre Le Canada ne veut plus collaborer avec Londres MIKE BLANCHFIELD Ottawa — Le gouvernement conservateur a fermé la porte à double tour à une proposition britannique de collaboration entre les deux pays pour la construction de nouveaux navires de guerre.Le Canada ne poursuivra pas la collaboration avec le Royaume-Uni pour une nouvelle flotte ration représentaient de bons moyens d’arriver à maximiser les résultats.Le haut-commissaire avait ajouté qu’il était trop tôt pour discuter de ce dossier dans les détails, mais la possibilité d’un programme conjoint de frégate avait semé l’inquiétude au sein de l’industrie canadienne de la construction navale, aux prises avec des difficultés.Un possible programme conjoint avait semé l’inquiétude au sein de l’industrie canadienne de la construction navale Le porte-parole de M.Mac-Kay a toutefois fait savoir, par voie de com- de navire de guerre de surface, a annoncé Jay Paxton, un porte-parole du ministre de la Défense, Peter MacKay, hier.M.Paxton réagissait aux propos du plus haut diplomate britannique au Canada, qui avait soutenu en entrevue avec La Presse canadienne qu’Ottawa et Londres pourraient utiliser à meilleur escient les fonds publics en s’associant pour la construction de nouveaux navires de guerre.Selon le haut-commissaire britannique Andrew Pocock, il serait logique pour les deux pays de collaborer pour remplacer les frégates de leur marine respective, alors que les contrecoups de la crise économique se font sentir dans les dépenses affectées à la défense.M.Pocock avait souligné que le fait de miser sur des partenariats stratégiques et la collabo- munique, que le Canada ne poursuivrait pas davantage les discussions.«Ce gouvernement est entièrement engagé dans l’acquisition d’équipements adéquats pour les Forces armées canadiennes, à un prix raisonnable pour les contribuables, et impliquant des retombées pour l’industrie canadienne — dans ce cas-ci, il s’agit de la construction de nouveaux navires au Canada», a spécifié M.Paxton.Prenant la parole publiquement pour la première fois sur cette question, M.Pocock avait affirmé que son gouvernement était très intéressé par ce genre de collaboration.«Je crois qu’en ce moment, il s’agit encore d’un sujet délicat et actuel, avait-il expliqué.H y a de l’intérêt de la part du Canada à l’égard de ce t^e de collaboration.Il y a assurément de l’intérêt de la part du Royaume-Uni» La Presse canadienne E N BREF Moins de tabac, moins d’otites?Atlanta—Le nombre d’ofites a radicalement baissé aux Etats-Unis, et certains chercheurs croient que le recul du tabagisme chez les parents pourrait en partie expliquer le phénomène.Selon les autorités sanitaires américaines, les visites chez le médecin pour des enlants souffrant d’otites ont chuté de 30 % entre 1993 et 2008, passant d’environ 17,5 millions à quelque 12,5 millions.La fréquence de ces visites a également chuté de 32 %, soit de 632 visites liées à une otite par 1000 enfants à 431.Les raisons du déclin de l’otite chez les petits Américains demeurent toutefois un peu nébuleuses même si certains experts ont leur idée sur le sujet Des chercheurs de Harvard croient que le lait que les gens fument moins réduit les risques d’irritation des conduits auditifs chez les tout-petits.Les infections du nez et de la gorge peuvent facilement provoquer une inflammation dans l’oreille, condition tavorable au développement de la bactérie qui cause l’otite.-Associated Press La trisomie 21 détectable par analyse de sang New York — Des scientifiques européens disent avoir été ca- pables de diagnostiquer la trisomie 21 pendant la grossesse à l’aide d’une simple analyse de sang, une méthode qui pourrait un jour épargner aux femmes enceintes de subir les tests actuels, plus longs, pour déceler cette maladie congénitale.Un rapport préliminaire publié en ligne hier dans la revue Nature Medicine constitue la plus récente de plusieurs études permettant de croire qu’il est possible de déceler la trisomie 21 par l’ADN fœtal qui se trouve dans la circulation sanguine de la mère.Dans la plus récente étude, des scientifiques à Chypre, en Grèce et au Royaume-Uni sont parvenus, dans le cadre d’essais à l’insu, à distinguer sans erreur 14 cas de trisomie 21 et 26 cas de fœtus normaux.Selon ces chercheurs, une étude plus poussée est nécessaire pour prouver l’utilité de leur méthode.-AssociatedPress Discovery décroche La navette américaine Discovery s’apprêtait hier à se décrocher pour la dernière fois de la station spatiale internationale 0SS), avant de revenir sur Terre au terme de son ultime mission.Les astronautes devaient fermer les sas entre la navette et l’ISS hier lors d’une cérémonie.Discovery se séparera de Iq station pour la dernière fois.A son retour sur Terre, prévu mercredi, la navette prendra sa retraite et finira ses jours dans un musée.-AssociatedPress La Chine fait le pari du monorail Les autorités soulignent le faible coût et l’automatisation du système LOUIS-GILLES FRANCŒUR Alors que le Québec se demande s’il doit investir dans la mise au point d’un système à moteur-roues en lieu et place d’un TGV, la Chine a décidé de son côté de faire le pari d’équiper plusieurs de ses villes et même de relier certaines d’entre elles sur de courtes distances avec des monorails suspendus.C’est lundi dernier que les travaux du premier monorail suspendu ont débuté dans Beijing.Ils seront suivis de plusieurs autres projets dans des villes de plus petite taille, en raison des coûts de construction moins élevés et de la possibilité de faire fonctionner ces monorails de façon totalement automatique.Ces deux arguments ont été utilisés la semaine dernière par les autorités chinoises pour justifier le choix de cette technologie comme remède à la congestion urbaine croissante en Chine.La construction d’un monorail, ont précisé les responsables d’Air Train International, la société qui a introduit cette technologie en Chine, est nettement moins chère que la percée et l’exploitation d’un métro, et cet équipement collectif peut se superposer facilement aux infrastructures routières urbaines puisque les piliers occupent un minimum de place.Le H-Ban, qui a été retenu pour Beijing, est produit par la multinationale allemande Siemens.Un modèle similaire est en activité depuis 1984 à l’Université de Dortmund et à l’aéroport international de Düsseldorf.Néanmoins, Siemens n’a pas fait une promotion active de cette technologie dans la dernière décennie.Les groupes de quatre cabines, dont le fonctionnement est entièrement automatisé, peuvent transporter 75 personnes chacune à une vitesse Side Rd af ETHing Rd Side Rd of E.3"Ring Rd SHUANGJING Bridfle S M W GUAHGHUA BridgeJ Z30D CLARO CORTES IV REUTERS Pour diminuer la congestion urbaine croissante à Beijing, la Chine a choisi de construire un monorail suspendu, qui pourra se superposer facilement aux infrastructures routières existantes.plutôt lente d’environ 50 km/h grâce à un groupe de quatre moteurs linéaires, qui font en sorte que le train file en lévitation au-dessus de son rail.Le projet québécois de Trens-Québec serait différent et plus simple puisqu’il utiliserait des moteurs-roues scellés, ayant une capacité de traction particulièrement utile dans les pentes.Mais, pour l’instant, aucun groupe financier ou d’entreprises d’ici n’a manifesté la moindre intention d’appuyer les promoteurs de cette nouvelle filière au Québec, une autre invention qui risque de demeurer lettre morte comme ce fut le cas de la voiture à moteurs-roues, laissant la voie libre à de plus audacieux entrepreneurs ailleurs dans le monde.Il existe plusieurs monorails fonctionnels en Amérique et en Europe.En Amérique du Nord, un des plus connus est celui qui dessert la ville de Detroit.En Europe, celui de Copenhague, qui est totalement automatisé, dessert l’agglomération urbaine pratiquement d’une extrémité à l’autre.Les passagers attendent ce métro aérien dans des abris chauffés.Quand le monorail arrive, les portes de la gare et celle du train, de forme et de taille identiques, s’ouvrent en même temps, de sorte que tout le monde est protégé des intempéries, même en hiver.Le Devoir Changements climatiques : ceux qui pèchent le moins écoperont le plus Une nouvelle étude révèle que les populations qui souffriront le plus des impacts des changements climatiques sont celles qui ont le moins participé à la création de ce problème.Des chercheurs de l’Université McGill ont ainsi confirmé ce que plusieurs observateurs soupçonnaient depuis longtemps: à savoir que les pays émettant peu de gaz à effet de serre sont plus vulnérables aux conséquences des changements climatiques.«Nous avons observé, grâce à nos modèles écologiques, que les impacts possibles des changements climatiques seront plus grands dans les pays qui émettent peu de gaz à effet de serre», a indiqué en entrevue avec La Presse canadienne le chercheur principal de cette étude et candidat au doctorat, Jason Samson.Des modèles semblables ont été créés pour l’étude des phénomènes de migration des animaux et des plantes en lien avec les changements climatiques.M.Samson s’est plutôt servi de ces outils pour les appliquer aux êtres humains.Ce modèle est, selon M.Sam-son, le premier indice global permettant de prédire les impacts des changements climatiques sur les individus.Danger à l’équateur Selon cette étude, publiée dans la revue Global Ecology and Biogeography, les populations vivant dans des climats chauds, près de l’équateur, sont plus susceptibles de ressentir les effets des changements climatiques qui se produiront au cours des prochaines décennies.L’étude prévoit qu’une faible hausse de la température, dans certains secteurs de l’Amérique du Sud, de la péninsule arabique et dans la plupart des pays d’Afrique, rendra plus difficile la possibilité de subvenir aux besoins d’une population croissante.Ses recherches lui ont permis de conclure que les effets seront ressentis à une échelle moins grande qu Canada, dans le nord des Etats-Unis et de l’Europe, de même qu’en Asie centrale.M.Samson spécifie que ces prévisions ne signifient pas que le Canada, ou d’autres pays industrialisés échapperont aux changements climatiques.Ils seront simplement mieux équipés pour les affronter, a-t-il ajouté.«Ils observeront tout de même les effets de ces changements, par exemple dans le domaine de l’agriculture», a mentionné M.Samson.Le chercheur affirme que dans des états pauvres, comme la Somalie, une augmentation minime de la température accroîtrait la précarité des récoltes du pays, déjà aux prises avec un climat chaud.Pour déterminer les modifications au sein des populations locales d’ici 2050, M.Samson a combiné des données sur les changements climatiques à celles du recensement couvrant près de 97 % de la population mondiale.Ce nouveau modèle écologique permet d’établir des prévisions plus précises quant aux conséquences des changements climatiques dans certaines régions du globe, a expliqué M.Samson.Bien que le modèle ne permette pas de se pencher sur le cas de petites villes ou de provinces, le chercheur estime qu’il fournira une vue d’ensemble utile lorsque le temps viendra d’adopter des politiques en la matière.«Cela fournit des indications très claires aux décideurs», a souligné M.Samson.Les résultats de son étude pourraient être utilisés lors de négociations internationales sur les changements climatiques, a-t-il ajouté.La Presse canadienne Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com LOGEMENISALOUER CDN- DECELLES - 5 1/2 neuf ! sur 2 étages Ensoleillé Chauffé, eau ch , électros Poss garage 1200$ Mars 514 276-0639 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de et à ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap LAVAL, ST-VINCENT-DE-PAUL Grand 4 1/2, ensol, porte-patio, vue sur rivière, idéal pour personne tranquille Référence 650$/mois 450 664-4140 N.D.G.Monkland Village.rénovés, poéle-frigo, chauffé 3'®= 900$, 4 1®= 1300$ 514-483-3007 APPARTEMENISET LOGEMENISALOUER Près tunnel H-Lafontaine - 41/2 Bus à la porte A/c, 4 électros RÉNOVATION SUPÉRIEURE céramique, plancherterrazo 900$.Poss.meublé : 1100$ Chauffé et éclairé.514 945-1030 Rénové + Garage Grand 7 1/2, Métro Laurier, 2 étages, logement au premier, plan de travail au sous-sol 1500pc, 2 CàC , rangement, plancher merisier teint Douche pluiei-i-bain, convectair -i- gradateurs, luminaires Meublé 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Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU , PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO LA fiSftfATe CHAHLoTteToWN p.»uTC LA Harper: le choix du sous-développement durable! Les choix économiques du gouvernement Harper en matière fiscale, apprêtés à la sauce néoconservatrice, démontrent encore une fois cette incapacité à cibler les besoins fondamentaux d’une société postindustrielle en pleine mutation.Le secteur des services occupait 58 % du PIB canadien en 1965; il avoisine aujourd’hui les 80 %, tandis que le secteur manufacturier n’en représente plus que 11 %.Ces secteurs d’activité, en transition technologique perpétuelle, requièrent plus que jamais une main-d’œuvre hautement qualifiée, capable d’innover; elle est une ressource de premier plan lorsque le «savoir» joue un rôle prépondérant dans l’économie.Les baisses successives du taux d’imposition aux entreprises, aux prétextes grandiloquents de création d’emplois, de facteurs indispensables de rétention, entérinent la «république de bananes» qu’est le Canada; une république qui brade ses ressources naturelles, telle une grande surface, puis tire profit des retombées salariales en saignant l’individu d’une insatiable gourmandise dont elle aura puisé 50,1 % des revenus en 2010.Une vision obnubilée par l’insipide «règle de trois», devenue la panacée du ministre des Fi- LETTRES nances.Jim Flaherty, où seule la baisse du taux d’imposition aux entreprises semble générer des emplois et stimuler l’économie.Un cul-de-sac appréhendé au pays du «roi des bas prix»! Ce n’est pas autour d’entreprises subjuguées par le seul engrangement rapide de profits qu’il faut consolider l’avenir, mais plutôt par le prisme d’entreprises socialement responsables, assise du développement durable.Afin de réussir dans cette voie, il devient urgent de favoriser les dispositions qu’elles recherchent: main-d’œuvre diplômée, qualité de vie des employés, avantages technologiques, milieux favorables à l’échange des connaissances, etc.Une telle dynamique n’est envisageable que par un changement radical de perspective, où l’avenir doit s’entrevoir par l’autre bout de la lorgnette, en contenant d’abord l’exode des cerveaux par le déploiement de mesures incitatives: réduction de la charge fiscale familiale, aménagement d’espaces verts, plus grande fluidité des moyens de déplacement écologiques, soins de la santé efficaces, accès à l’Internet haute vitesse dans les régions., Ce sont les fleurs qui attirent les abeilles.A moins que l’on ne se contente sciemment que des éphémères mouches à vinaigre.Gilles Anglehart Montréal, le 3 mars 2011 Le G20 savait-il?On le constate jour après jour, la puissance légendaire des dictateurs s’effrite de jour en jour.Et une question revient à l’esprit des citoyens de tous pays, mais en particulier de ceux du G20: est-ce que nos dirigeants politiques ignoraient et ignorent toujours que certaines de leurs relations privilégiées étaient et sont encore des dictateurs?Est-il possible que certaines de ces relations aient été encouragées par des dirigeants d’entreprises multinationales, qui entretiennent eux-mêmes des relations privilégiées avec les dictateurs, parce que c’est très profitable financièrement?Les dirigeants du G20 peuvent bien se réunir à huis clos, ils ne pourront certainement plus igiiorer très longtemps toutes les questions qui reviendront hanter l’actualité dans les pays du G20 et dans les pays des dictateurs.Nous assistons à l’une des plus grandes transformations du monde, un vent de liberté souffle sur les peuples, comme il a soufflé sur la Révolution française en 1789.Il ne faudra manquer d’ouvrir une fenêtre sur les paradis fiscaux: à qui servent-ils, quelle est leur utilitç à la vie démocratique d’un monde libre?A quelles conditions devrions-nous en maintenir un certain nombre, et où devraient-ils se retrouver?André Mainguy Longueuil, le 4 mars 2011 LIBRE OPINION En mémoire de Gilles Dostaler GILLES BOURQUE, BERNARD ÉLIE, ROBERT NADEAU, JEAN-MARC PIOTTE ET STÉPHANE PALLAGE Professeurs, Université du Québec à Montréal Gilles Dostaler peut être considéré comme l’un des historiens de la pensée économique les plus importants non seulement au Québec, au Canada, mais également dans le monde uifiversitaire international.Gilles Dostaler ne pouvait dissocier ses recherches de son implication sociale et politique.Dès ses aimées de collège, il a été un intellectuel engagé et actif dans les débats de la société.Dans les années soixante, il fut d’abord membre du comité de rédaction de Parti pris, une revue mensuelle animée par de jeunes intellectuels qui eut un impact considérable à cette époque.Il fut l’un des premiers à lier la montée du mouvement nationaliste à la formation de la nouvelle classe moyenne canadienne, conséquence du 4éveloppement des institutions du fordisme et de l’État providence.Il s’est joint à la revue Socialisme québécois dans les années 1960, revue créée en 1964.Après avoir milité au RIN, il fut l’un des fondateurs du CIS (Comité pour l’indépendance et le socialisme), groupe voué à la promotion de l’indépendance du Québec et de l’idée du socialisme démocratique.Il fut aussi l’un des organisateurs de McGill françâs, cette manifestation devenue célèbre qui s’inscrivait dans un mouvement plus large réclamant la création de nouvelles institutions universitaires Ifancophones à la suite duquel lurent créés l’Université du Québec à Montréal et le réseau de l’Université du Québec.Jeune économiste, il s’impliqua très activement dans les associations coopératives d’économie familiale (ACEF), premières organisations de défense des consommateurs au Québec.Discours alternatif Après des études doctorales à Paris, il devint professeur au département de sociologie de rUQAM (1975) avant de passer au département des sciences économiques (1979).Durant la deuxième moitié des années 1970, il fut vice-président et président du Syndicat des professeurs de l’Université du Québec, et président du comité de la grève des professeurs de 1976.Il fut aussi membre du bureau fédéral de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (1976-1978), membre du Comité de coordination des Cent en 1980, comité qui donna naissance à l’éphémère Mouvement socialiste dirige par Marcel Pepin.A la fin des années 1970, Gilles Dostaler fut l’un des fondateurs de l’Association d’économie politique (ÆP) et en fut le premier président.L’AEP avait comme objectif de diffuser un discours économique «alternatif» et critique de la pensée économique «néo-libérale» qui devenait alors de plus en plus dominante.Plus récemment, Gilles Dostaler fut très actif dans la mise en place du Collectif économie autrement, poursuivant ainsi sa volonté d’assurer la diffusion de discours économiques «alternatifs» et critiques dans les débats qui animent la société.Une production scientifique reconnue internationalement La production scientifique de Gilles Dostaler est imposante: pas moins de dix livres traduits en plusieurs langues, une trentaine d’articles dans les meilleures revues de son domaine, une autre trentaine de chapitres de livres, la direction d’une dizaine d’ouvrages collectifs et des collaborations régulières à plusieurs revues.Depuis 2002, il signait dans la revue française Alternatives économiques une série passionnante sur les grands auteurs de l’économie.Ces dernières années, les travaux de Gilles Dostaler ont pçrté sur la pensée de John May-nard Keynes.Économiste, philosophe, philanthrope, Keynes a inspiré les politiques interventionnistes des années 1930 pour sortir de la grande dépression.Qutre La Pensée économique de- puis Keynes (avec Michel Beaud), en 1993 aux Éditions du Seuil, Gilles Dostaler a consacré plusieurs ouvrages à la pensée de Keynes, notamment Kçywes et ses combats (Albin Michel, 2005) traduit en plusieurs lances, dont l’anglais, l’espagnol, l’arabe, le japonais; Capitalisme et pulsion de mort (avec Bernard Maris), également publié chez Albin Michel en 2009, et Keynes par-delà l’économie, chez Thierry Magnier en 2009.Ces livres, qui ont connu un rayonnement impressionnant, sont d’une vibrante actualité.Renouvellement de la problématique Pour Gilles Dostaler, on ne peut comprendre la formation de la pensée d’un auteur qu’en étudiant chaque aspect de sa vie.Dans le cas de Kejmes, il n’a rien laissé de côté.Il a eu un accès privilégié à ses archives au King’s College de Cambridge, a lu chacune de ses lettres, épluché ses agendas, ses écrits de jeunesse, étudié ses contradictions, ses amours, sa sexualité.Gilles Dostaler a véritablement révolutionné la méthodologie de l’histoire de la pensée économique.La nouvelle approche qu’il a mise au point progressivement dans de très nombreuses études consiste à articuler en une synthèse globale deux modèles d’analyse différents, dont voici une brève présentation.Le premier de ces modèles consiste en une reconstitution contextuelle des théories économiques: chaque économiste ayant contribué de manière un tant soit peu originale à l’évolution de la pensée économique ne peut être rendu pleinement intelligible, selon ce que postule Gilles Dostaler, que si le contexte social, politique et culturel dans lequel il a œuvré est minutieusement reconstruit.La pensée d’un seul économiste ne peut être comprise que si l’on scrute son environnement intellectuel (en s’intéressant, par exemple, à ses fréquentations intellectuelles, à ses goûts culturels, à ses liaisons politiques) que si l’on retrace méticuleusement son parcours (les questions qu’il s’est posées, les lectures qu’il a faites, les personnes marquantes qu’il a rencontrées), que si l’on cherche à le comprendre globalement, c’est-à-dire non seulement comme un penseur, mais avant tout comme un être humain.En second lieu, Gilles Dostaler entend tirer rigoureusement parti des outils mis au point dans l’analyse épistémologique contemporaine.Pour Gilles Dostaler, chacune des grandes étapes marquant l’évolution de la pensée économique ne peut être expliquée que si l’on reconnaît qu’elle se produit avec comme toile de fond une rupture parfois fondamentale avec les modes de pensée antérieurs.L’enjeu devient alors de tenter de comprendre pourquoi Marx est en rupture radicale avec Ricardo et les classiques, pourquoi Keynes rompt aussi bien avec les classiques qu’avec les néoclassiques, et pourquoi enfin un économiste comme Hayek, préoccupé plus que tout autre par les limites cognitives de l’acteur économique, en vient à mettre en relief de manière quasi obsessionnelle l’impraticabilité d’une économie centralement planifiée.L’homme Tous ceux qui le connaissent peuvent témoigner que, derrière le chercheur rigoureux, on retrouvait un homme attentif et attachant, un homme engagé, militant depuis toujours pour une société meilleure, un homme qui aimait la vie dans toutes ses dimensions.Le cancer contre lequel il s’est battu ne lui avait rien enlevé de son plaisir de vivre avec une grande intensité à chaque instant.S’il aimait s’immerger dans les archives d’illustres auteurs, Gilles Dostaler aimait tout autant prendre un bon repas ou se mesurer à un saumon d’une rivière de Gaspésie.Il était aussi un grand amateur de tauromachie.La chasse et la pêche sont des arts qui lui permettaient de s’inscrire dans l’équilibre entre l’homme et la nature et lui rappelaient à quel point nous sommes petits face au monde qui nous héberge. LE DEVOIR LE LUNDI 7 MARS 2011 A 7 IDEES Nomination des juges selon la commission Bastarache Le retour du bon plaisir du premier ministre Le commissaire a préféré revenir quarante ans en arrière et réintroduire la politique là où elle n’avait plus de place PAUL BEGIN Ancien ministre de la Justice dans le gouvernement du Parti québécois U mandat de la commission Bastarache, seul le volet «nomination» des juges fera l’objet de mes commentaires.D’entrée de jeu, j’énonce que le commissaire n’a pas rempli son mandat à l’égard de ce volet essentiel de son enquête.Il a plutôt couvert de son silence les nouvelles façons de faire partisanes de Jean Charest.Bien plus, il a fourni à ce dernier la possibilité de donner à ces pratiques partisanes une apparence de légitimité par le biais de leur enchâssement législatif éventuel.Que se passe-t-il donc durant cette courte période se situant entre le moment où le rapport d’un comité de sélection est transmis confidentiellement au ministre de la Justice (courte bste de candidats aptes à être nommés juges) et le moment où le gouvernement rend public le nom de la personne qu’il a nommée juge?Ou, selon les termes utilisés par la commission: comment s’exerce la discrétion ministérielle?Par les témoignages entendus, dont le mien, le commissaire Bastarache a été placé devant deux façons de faire, très différentes l’une de l’autre.La première est celle que j’ai décrite dans mon témoignage devant la Commission le 1er octobre 2010.Le ministre de la Justice reçoit du coordonnateur à la sélection des juges le rapport d’un de ses comités de sélection, il prend connaissance des CV des personnes jugées aptes par le comité et choisit parmi elles celle qu’il considère comme étant la meilleure personne pour occuper le poste à pourvoir.La réflexion du ministre est solitaire.Il ne consulte pas ses collègues ministres, pas plus que le premier ministre.Il ne consulte pas, non plus, à l’extérieur de son cabinet.Par contre, il fait faire les véribcations nécessaires auprès du Barreau et de la Sûreté du Québec.N’a-t-il pas déjà en mains toutes les cartes requises pour une prise de décision éclairée?Il connaît les besoins spécibques du poste à pourvoir (couronne/défense, favorable/moins favorable à la réhabilitation des jeunes, juriste de haut niveau/empathie aux petites créances, hommes/femmes, très jeunes/plus vieux, etc.).Il a la conbance du premier ministre qui connaîL au moment de le nommer à ce poste, ce rôle très particulier que son ministre aura à jouer.Enfin, à l’étape suivante, il n’y a aucune discussion au Conseil des ministres sur la recommandation du ministre de la Justice.Si un ministre a une objection, la candidature est retirée, sans discussion.Cette façon de faire a été suivie par tous les gouvernements qui se sont succédé depuis son instauration en 1978 par le ministre de la Justice, Marc-André Bédard, jusqu’en avril 2003, soit pendant 25 ans.La manière Charest La seconde façon de faire est celle que Jean Charest a introduite en avril 2003 après l’entrée en fonction de son gouvernement.Il a chamboulé les pratiques établies depuis 25 ans.Il a fait cela sans procéder à des changements législatifs ou réglementaires.Il a introduit une nouvelle procédure que lui-même et ses quatre ministres de la Justice successifs ont eu beaucoup de peine à décrire clairement et semblablement dans leurs témoignages respectifs.Regardons ce que les témoignages nous ont appris: ¦ un premier ministre qui a accès à la liste des candidats jugés aptes et à leurs CV, sous le motif (prétexte?) qu’il est le chef du gouvernement et qu’à ce titre il doit être informé de tout; ¦ l’embauche d’une «madame post-it» chargée d’indiquer au premier ministre, par un post-it apposé sur le dossier, l’appartenance politique du candidat recommandé par le ministre de la Justice: bbéral, péquiste; ¦ une «madame post-it» qui discute avec un ministre autre que le ministre de la Justice pour avoir des suggestions ou des recommandations; ¦ un ministre de la Justice qui ne fait pas de recommandation, ce qui n’empêche pas le gouvernement de faire une nomination; ¦ une ministre de la Justice qui discute des candidatures avec le premier ministre avant d’avoir fait sa recommandation; ¦ des financiers du parti qui se sentent tout à fait à l’aise de faire des recommandations pour la promotion d’un juge en fonction au poste de juge en chef, ou de juge en chef associé ou adjoint, recommandations tellement efficaces que le juge en question est nommé juge en chef associé.Ce flou dans la description du processus ouvre la porte à de nombreuses questions.Y {j- MATHIEU BELANGER REUTERS Dans son rapport, le commissaire Michei Bastarache couvre de son siience ies nouveiies façons de faire partisanes de Jean Charest en matière de nomination des juges.avait-il un seul candidat soumis au premier ministre ou plusieurs?Pas évident.Par contre, on sait que, dans deux cas au moins, le ministre de la Justice n’avait pas fait de recommandation et que «madame post-it» a consulté un ancien ministre de la Justice pour connaître sa recommandation.Les quatre ministres consultaient-ils le premier ministre avant de faire leur recommandation au Conseil des ministres?L’informaient-ils seulement au préalable?Parlaient-ils ou non à des collègues?Manifestement, les témoignages devant le commissaire Bastarache ont révélé l’introduction d’un nouveau processus de nomination des juges rempli d’imprécisions, de contradictions et de subjectivisme, manifestement propice aux abus, à l’arbitraire, aux entourloupettes de la petite po-btique à toutes sortes d’influences.Une énormité Le commissaire considère les deux façons de faire qui lui avaient été soumises comme deux modèles d’exercice de la «discrétion ministérielle» et il les estime toutes deux légitimes: «J’estime que le choix à faire appartient à l’Assemblée nationale, les deux conceptions étant légitimes.» C’est cette petite phrase-là, seule, qu’il faut retenir.Elle dit tout.Elle avalise et couvre du manteau de la respectabilité tout ce que le gouvernement Charest a fait depuis son arrivée au pouvoir en ce qui a trait à la nomination des juges.Tous ces gestes étaient-ils vraiment légitimes?Pour énoncer une telle énormité, il faut que le commissaire fasse comme s’il n’avait pas vu ce qui se passait depuis 2003, à savoir que le politique intervenait ou pouvait intervenir tout au long du processus de nomination des juges, avec la bénédiction du premier ministre.C’est comme s’il avait fallu qu’un crime grave ait été commis pour que le commissaire trouve qu’il y avait matière à reproche, critique et recommandation! Pourtant, il est manifeste que des pressions plus ou moins fortes ont été exercées sur le ministre Bellemare.Pour réprouver de telles pressions, il suffisait qu’elles soient non prévues par le processus de nomination des juges.La recommandation du premier ministre Voici ce que le commissaire propose pour empêcher les «influences indues».Ces peu nombreuses recommandations sont bienvenues, mais sont loin de couvrir l’essentiel.Le commissaire recommande que si le législateur adopte la façon de faire du gouvernement Charest depuis 2003, «.il faudrait que l’on encadre et limite le rôle du personnel politique et que l’on évite tout débat au Conseil des ministres».De plus, une nouvelle règle d’éthique édictée par le premier ministre interdirait aux membres du Conseil des ministres et aux députés de faire toute démarche pour favoriser un candidat (r.30).Enfin, une nouvelle règle de déontologie édictée par le Barreau «interdirait aux avocats, directement ou indirectement, d’exercer des influences indues pour eux-mêmes ou pour d’autres en vue d’une nomination comme juge ou membre d’un tribunal administratif» (r.31).Loin de rendre plus difficiles encore les possibles intrusions de la politique dans le processus de nomination des juges, le commissaire ouvre toute grande la porte à un retour de la politique là où elle avait disparu depuis 1978.Il recommande en effet «que le ministre de la Justice puisse faire des consultations auprès de diverses personnes, notamment avocats, juges employeurs ou d’autres personnes pouvant fournir une information pertinente aux critères de nomination».De plus, il ne réprouve d’aucune façon le fait que le premier ministre se mêle activement du processus de nomination des juges.Le premier ministre pourrait donc échanger sans réserve avec son ministre de la Justice sur les candidats jugés aptes par le comité de sélection.Qr, si ces échanges devaient se tenir avant que le ministre de la Justice ait fait sa recommandation au Conseil des ministres, pourrait-on continuer à parler de la «recommandation» du ministre de la Justice ou ne devra-t-on pas plutôt parler de celle du premier ministre?Peut-on parler de nominations apolitiques quand deux personnes doivent se parler et s’entendre pour qu’une recommandation puisse être formulée?En l’occurrence, qui du premier ministre ou du ministre de la Justice devrait céder devant l’autre en cas de désaccord entre les deux personnes?Pourtant, en ce qui concerne la nomination des juges, quelle compétence particulière et pertinente le poste de premier ministre donne-t-il pour choisir la meilleure personne à être nommée juge?Ne serait-il pas préférable de laisser cette tâche à celui qui détient la formation, la compétence et les informations pertinentes pour faire le meilleur choix et conséquemment la meilleure recommandation au Conseil des ministres?Ni inadvertance ni faiblesse Curieusement, le commissaire dit bien peu de choses sur ce qui se faisait avant 2003.Il invoque une supposée imprécision qu’il décèlerait dans le premier alinéa de l’article 26 du règlement sur la sélection des juges pour légitimer l’introduction du premier ministre dans le processus de nomination des juges.Pourtant, jusqu’en 2003, on a toujours interprété cet article 26 comme signifiant qu’il appartenait au ministre de la Justice, et à lui seul, de présenter «sa recommandation» au Conseil des ministres, et ce, sans consulter au préalable le premier ministre.Ce n’est certainement pas par inadvertance, par erreur ou par faiblesse que cinq premiers ministres différents et successifs, à savoir René Lévesque, Robert Bourassa, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, ont unanimement et intégralement maintenu et respecté pendant plus de vingt-cinq ans la volonté clairement exprimée en 1978 de changer radicalement les comportements gouvernementaux antérieurs en ce qui concerne la nomination des juges.Ils savaient pertinemment que la loi et le règlement de 1978 avaient voulu modifier, sinon abroger, la prérogative royale, mettant ainsi un terme aux nominations de juges selon le bon plaisir du gouvernement.N’est-il pas étonnant que le commissaire n’élabore aucunement sur la possibilité de restreindre la prérogative royale plus encore qu’elle ne l’avait été en 1978 en édictant formellement qu’on ne conserverait de la prérogative royale que le pouvoir du Conseil des ministres d’approuver ou de désapprouver, sans débaf la recommandation du ministre de la Justice?Le commissaire a plutôt préféré revenir quarante ans en arrière et réintroduire la pobtique là où elle n’avait plus de place.C’était la seule manière d’agir qui lui permettait de ne pas condamner des comportements introduits sous Jean Charest et qui rappelaient trop bien des comportements disparus de nos moeurs politiques depuis des dizaines d’années.QUESTIONS D’IMAGE Le monde change «Q Jean-Jacques Stréliski ue voulez-vous, mon bon monsieur, le monde change.» Cette réplique de mon poissonnier m’est destinée.’Elle ne passera sans doute pas à l’histoire, bien qu’illustrant avec justesse un constat auquel chacun se livre par l’obseryation des événements qui bousculent la planète.Evénements multiples et de tous ordres.Tandis donc que je m’inquiète de la provenance et du prix fluctuant des poissons, ce sophisme à faire frémir Socrate — lui qui ne les appréciait guère — se grave davantage dans ma mémoire que le montant dont je dois m’acquitter pour deux belles darnes de saumon frais.Ma conclusion est sans appel.J’ai vraiment un excellent poissonnier.grec.Non seulement me procure-t-Û le meilleur de la mer, mais encore, fier de ses origines, me donne-t-il en prime l’aphorisme du jour qui me permettra de méditer sur mon chemin de retour.Sur le frajet qui me sépare de cette agora aux effluves marins jusqu’à mon domicile, mille sujets envahissent alors mon esprit.Je pense aux pays du Maghreb et à ceux de ce Proche-Qrient que j’affectionne tant, à la révolution des souris, à l’impensable mobilisation citoyenne contre des tyrans «tétanisés» par l’ampleur de conta^ons dues, en grande partie, à Eacebook et à Twitter.Je pense cjmi-quement à toutes ces analyses politiques officielles qui transpirent l’incompréhension totale devant l’ampleur et la soudaineté de ces mouvements.«Les volcans ne préviennent pas de leurs éruptions», dira Bernard Kouchner — ancien ministre des Affaires étrangères «démissionnaire» du gouvernement français — comme pour dédouaner les Etats occidentaux de leurs atermoiements lamentables ou de leur indifférence devant les véritables courants mobilisateurs de ces populations écharnées par des décennies de soumissions colonialistes ou tyranniques.Je pense à cette totale incompétence à ne jamais lire correctement les besoins réels et les évolutions civiles des populations.Trop occupés que furent ces gouvernements à marchander, outre du pétrole, une fausse paix (la Erance et l’Italie sont les principaux vendeurs d’armes de Kadhafi) et à entretenir d’hypothétiques peurs de menaces intégristes.Les internautes, eux, partageaient cela depuis belle lurette.Comme il faudra désormais composer avec Wi-kileaks et autres sites de la catégorie, il faudra également faire avec les médias sociaux.Ils ne sont certes pas la panacée, mais en cas de manipulations de tout acabit, ils constituent des signaux d’alarme bien plus fiables que les circuits diplomatiques établis.Le monde change.Ce faisant je pense également à la cybercivilisa-tion en marche.Plus jeune, je ne l’anticipais qu’à travers l’affabulation géniale et effrayante d’Aldous Huxley ou de George Qrwell.Voici que je peux alors en saisir plus précisément les contours et la véritable portée.Pas forcément plus rassuré, même si je m’y sens nettement plus impbqué.Je constate la place que le Web prend dans nos vies.Trop de place, diront certains.C’est fort possible, la cyberdépendance est aujourd’hui très marquée chez toutes les générations.Nous sommes, je le crois, dans une phase d’excitation totale procurée par la pratique de ces nouvelles technologies.Cette phase évoluera au fur et à mesure que nous nous acclimaterons à ces nouvelles capacités, à ces nouveaux usages.Mais, là encore, force est de constater combien les sociétés civiles, privées et gouvernantes adaptent leur rapport quotidien à cette nouvelle réabté.Le cas de Jean Tremblay, le maire de Saguenay, me vient à l’esprit.De façon justifiable selon moi, on s’inquiète là-bas de l’image que projettent sur la région les pratiques pubbques d’ime conviction religieuse personnelle de l’élu.Et voici que des citoyens opposés à ces positions ont réussi à déplacer un fait local en une cause nationale.Avec évidemment l’intérêt et la contribution de tous les médias du Québec.Une vidéo, empreinte de dignité et d’affirmation toute saguenéenne, circule désormais sur le Web.Qutre une décision de justice, je crois que cette pression supplémentaire de la part de ses concitoyens devrait inciter M.Tremblay à opérer une modification stratégique de son comportement.S’il ne le fait pas, il en paiera alors le prix, tôt ou tard.Le monde change.Chez moi n’est pas si loin, et le monde est tout proche.Arrivé à destination, mon réflexe de cyberdépendant me conduit à l’ordinateur.Une nouvelle m’interpelle.Dans une boutique Nespresso de Montréal, un cbent mécontent de la lenteur du service a déclenché une tempête par un simple message qu’il partage sur Twitter.Sa surprise fut grande de voir le directeur de l’établissemenL intimé par le siège social en Europe, venir s’excuser et lui offrir son café et ses biscuits.Ce client fera tout par la suite pour s’assurer que son geste n’aura pas coûté l’emploi du serveur négligent.Cybersur-veillance, paranoïa des entreprises?Délation ou plainte normale?Ça fait réfléchir.Anastasio, j’ai compris.Le monde ne change pas.Le monde a changé.Jean-Jacques Stréliski est professeur associé à HEC Montréal et spécialiste en stratégie d’images.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société) ,Ie.an Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel Dav\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine RobitaÜle et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), ÉmÜie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site internet), Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier, Emilie Parent-Bouchard et Étienne Plamondon-Émond (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Geneviève Tremblay et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint),'Se.axi de BÜly, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISl'KATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Euro y, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR LE LUNDI MARS 2011 ACTUALITES ETUDIANTS SUITE DE LA PAGE 1 confirme Carole Lavallée, directrice adjointe des études au Cégep du Vieux-Montréal, un établissement qui a développé une expertise auprès de ces clientèles handicapées au fil des ans.Le nombre d’étudiants faisant partie de la clientèle émergente a d’ailleurs crû de façon encore plus fulgurante au cours des dernières années.De 577 qu’ils étaient en 2007, ils sont trois fois et demie plus nombreux (2094) à peine deux ans plus tard.La clientèle émergente est composée de personnes atteintes de troubles d’apprentissage (dont les plus connus sont la dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie) et de maladies mentales diverses (schizophrénie, psychose, etc.) Non pas que ces étudiants soient apparus comme par magie.Mais la politique gouvernementale d’intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage et le dépistage précoce, qui tend à se faire plus systématiquement, ont certes aidé à repérer ces étudiants atteints de ces troubles qui sont arrivés au cégep.«Avant, ceux qui arrivaient jusqu'au cégep étaient les très persévérants», constate Mme Lavallée qui est aussi responsable du Service d’aide aux étudiants en situation de handicap (SAIDE) au cégep.Aujourd’hui, il y en a plus qui y parviennent, car ils sont soutenus aux niveaux primaire et secondaire.Comme les dossiers reçus par le Service régional d’admission du Montréal métropolitain ne contiennent pas d’information sur les possibles handicaps ou difficultés d’apprentissage des étudiants, le cégep constitue, pour la plupart d’entre eux, un nouveau départ.Mais, tôt ou tard, leurs problèmes à l’école les rattrapent.Moins de tabous Ces problèmes sont toutefois de moins en moins tabous et sont davantage déclarés, reconnaît Carole Lavallée.«Je ne suis pas sûre qu'il y en a plus; c'est seulement que, comme c'est moins tabou, on en parle plus et on les voit plus, note-t-elle.Il y en avait il y a 25 ans, mais on les mettait dehors ou [l’étudiant] démissionnait de lui-même parce qu'il était tellement gelé par sa médication qu'il ne pouvait plus étudier Les professeurs ne toléraient pas toujours leurs hospitalisations fréquentes alors que, là, on fait des accommodements.» n y a cinq ans, le Collège du Vieux-Montréal et le Collège Dawson se sont entendus avec le gouvernement pour mettre sur pied des projetsrpilotes afin de mieux répondre aux besoins particuliers de la clientèle émergente.Une vingtaine de projetsrpilotes ont été menés dans 45 cégeps.«Cela faisait en sorte que les jeunes avaient accès à des services.Mais ils se sont mis à s'identifier, et les collèges ont réalisé qu'il y en avait pas mal pim qu'ils pensaient qui avaient besoin d'aide», explique Mme lAvallée.Depuis trois ans, le financement par étudiant octroyé par le ministère de l’Éducation n’est plus suffisant.«Ces jeunes-là ont eu des portables et [le logiciel] Antidote au primaire et au secondaire», sou-ligne-t-elle en indiquant que la continuité des services doit être assurée.Pour pouvoir offrir un accompagnement éducatif particulier, comme des logiciels spécialisés, un soutien aux examens et une aide aux déplacements dans le collège, le manque à gagner est estimé à 13 millions par la Fédération des cégeps.«On veut pouvoir continuer à offrir de bons services aux étudiants», souligne Caroline Tessier, la directrice des communications.Le Devoir PARENTS SUITE DE LA PAGE 1 doivent également être fournis.Cette lettre vise à s’assurer que tous les jugements concernant la garde de l’enfant, par exemple, soient respectés.Elle vise aussi en théorie à éviter qu’un parent en froid avec l’autre s’enfuie dans son pays d’origine avec sa progéniture.Mais voilà.Seule l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a la consigne de demander cette lettre.Or, lorsqu’un voyageur quitte le Canada, il ne rencontre pas les agents de l’ASFC.Il s’enregistre seulement au comptoir de la compagnie aérienne puis passe la sécurité, gérée par l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA).Ce n’est qu’au retour au pays qu’il «passe les douanes», comme on dit, c’est-à-dire qu’il doit s’adresser à un représentant de l’ASFC.C’est alors que la lettre est demandée.Récemment, l’auteure de ces lignes a effectué seule avec son enfant un voyage à l’étranger l’ayant amenée dans trois pays et deux continents différents.Ce n’est qu’au retour au Canada, à l’aéroport de Montréal, que la lettre de consentement parental lui a été demandée.Lorsqu’il a été interrogé à propos de l’utilité d’exiger la lettre au retour des parents voyageurs, l’employé de l’Agence des services frontaliers a eu cette réponse: «On se dit que les gens, sachant qu'on va la demander au retour, l'auront à leur départ.» Le cas d’enlèvement parental le plus spectaculaire aura certainement été celui de la fille de 12 ans de My-riam Bédard en 2006.L’ancienne championne olympique avait gardé sa fille près de deux mois aux ÉtatSrUnis contre la volonté du père.Mais ces enlèvements ou rétentions illicites à l’étranger sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le croit.Le ministère des Affaires étrangères du Canada gère à l’heure actuelle 613 dossiers de mineurs disparus à l’étranger.La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a recensé en 2009 (année la plus récente pour laquelle les chiffres ont été compilés) 237 cas d’enlèvement parental, ce qui représentait «le 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au Canada, un parent qui voyage seul à l’étranger avec un enfant n’a pas à présenter la lettre de consentement de l’autre parent au moment du départ.Le document n’est exigé qu’à son retour au pays.total le plus bas de la décennie».«n n'y a pas de loi canadienne qui requière qu'un parent présente une lettre de consentement pour quitter le Canada», confirme la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuelle Lamoureux.En fait, si cette lettre est fortement recommandée, c’est non pas tant pour sortir du Canada que pour entrer dans un pays étranger.«Le but premier de la lettre de consentement est de faciliter l'entrée d'un mineur dans un pays étranger, poursuit Mme Lamoureux.C'est pourquoi cette lettre devrait être préparée dans l'intention de la présenter aux autorités de ce pays.» En fait, soutient le ministère, la lettre «n'est pas un instrument qui empêche l'enlèvement ou la rétention illicite d'un enfant à l'étranger».Le Canada est signataire de la Convention sur les enjeux civils reliés aux enlèvements d’enfants (Convention de La Haye).Cette Convention stipule les moyens que doivent prendre les pays pour faciliter le retour des enfants dans leur patrie.Le ministère canadien de la Justice est d’ailleurs formel à cet égard: la Convention n’a pas pour objectif de prévenir les enlèvements, mais de les résoudre.«Elle n'impose aucune obligation spécifique aux pays signataires pour prévenir les enlèvements, explique la porte-parole du ministère, Carole Saindon.La Convention entre en ligne de compte après que l'enlèvement a eu lieu, et son objectif est de permettre un retour prompt et sécuritaire des enfants à leur lieu de résidence habituel.» Compagnies aériennes Toutes ces excuses agacent au plus haut point Pina Arcamone, la directrice générale de la section québécoise d’Enfant-Retour.«On voit chaque année de 300 à 400 cas.Il doit bien y avoir quelque chose qui ne fonctionne pas dans le système! [.] C'est un enjeu majeur.On aimerait que la lettre soit demandée systématiquement avant qu'on sorte du pays, dit Mme Arcamone.On aimerait que ça devienne une loi pour éviter les enlèvements.» Selon elle, ce sont les compagnies aériennes qui devraient faire les vérifi- cations au comptoir d’enregistrement N’est-ce pas trop leur demander?Elle rétorque que les compagnies aériennes vérifient déjà que le nom de leurs passagers ne figure sur aucune liste de voyageurs indésirables (les no-fly lists américaine et canadienne) et transmettent aux autorités américaines les informations personnelles de leurs clients si leur avion doit survoler le territoire américain.Alors, pourquoi ne pas aussi s’assurer que l’enfant a le OK de ses deux parents pour voyager, demande-t-elle?Mme Arcamone raconte qu’il y a deux ans, une rencontre pancanadien-ne a été organisée par le ministère des Affaires étrangères sur cette question.Selon le compte rendu qu’elle en fait, les fonctionnaires hésiteraient à rendre la lettre obligatoire de peur de créer des tensions dans un couple.«Une des craintes serait que les parents signent la lettre sous pression, voir la menace de mort, ou encore qu'il y ait de fausses signatures.» Pina Arcamone écarte ces arguments du revers de la main, faisant valoir que si tensions il y a, elles existeront que la lettre soit exigée par les autorités au départ ou au retour.Elle reconnaît toutefois que la lettre de consentement ne règle pas tout puisque des enlèvements surviennent parfois même lorsque l’autre parent a donné son accord au voyage.Êlle note qu’aucun pays n’est plus susceptible qu’un autre d’accueillir des parents kidnappeurs.Les parents ont tendance à se rendre dans leur pays d’origine.Les pays de destination les plus fréquents sont l’Égypte, l’Algérie, le Liban, l’Arabie Saoudite, la France, le Mexique et la Tchécoslovaquie.Notons enfin que si la plupart des parents voyageurs confirment ne se faire demander la lettre qu’au retour au pays, il existe une exception: les États-Unis.Ce pays, comme le Canada, exige de voir la lettre de consentement lors de l’entrée sur son territoire.Or, dans la plupart des aéroports canadiens, les autorités américaines sont sur place pour faire «passer la douane» aux voyageurs.La vérification de la lettre est donc faite à ce moment, en sol canadien, avant que l’avion n’ait décollé.Le Devoir SEXE SUITE DE LA PAGE 1 décennies, ne devrait pas avoir pour conséquence le recul de l’autre sexe.«Nous ne sommes pas comme sur un tape-cul où l'un descend parce que l'autre monte», dit-il.Statistiquement, avance-t-il, les hommes vivent moins vieux que les femmes et les garçons sont plus nombreux à décrocher de l’école.Les dernières années ont également été témoins du déclin de secteurs industriels où les emplois étaient généralement occupés par des hommes, comme l’industrie du bois, par exemple, au profit du secteur des services où les femmes sont majoritaires.Anthony Synnott ne s’en cache pas: son livre vise, entre autres choses, à glorifier les hommes, qui, croit-il, en ont bien besoin.Citant une étude effectuée en 1990 par l’American Association of University Women, il établit que les jeunes filles seraient plus souvent complimentées que les jeunes garçons par leurs professeurs.Selon les filles et les garçons interrogés dans le cadre de cette étude, les professeurs pensent que les premières sont plus intelligentes, ils préfèrent être en leur compagnie et leur donnent plus d’attention.L’étude a finalement été publiée dans un livre intitulé The War Against Boys.How Misguided Feminism Is Harming Our Young Men, par Christina Hoff Sommers, en 2000.Et Christina Hoff Sommers a souvent été étiquetée comme antiféministe à cause de ses vues sur la question.Angéliser, diaboliser Quant à Anthony Synnott, il écrit: «Au cours des cinquante dernières années, les définitions des hommes sont devenues de plus en plus négatives, à la fois dans la culture populaire et dans certains domaines du féminisme.Les caricatures dépeignent souvent les hommes comme étant stupides et idiots, comme d'ailleurs plusieurs comédies télévisées, livres de blagues et publicités.[.] La litanie des invectives est sans fin et, en fait, le dénigrement des hommes [male-bashing], comme on appelle joliment ce mépris et cette haine, est maintenant institutionnalisé dans la culture populaire.» Le sociologue dénonce une certaine angélisa-tion des femmes et une certaine diabolisation des hommes.S’il est vrai que les hommes sont plus souvent à l’origine des homicides, par exemple, ils en sont aussi bien plus souvent les victimes.A titre d’exemple, au Canada, en 2007,73 % des victimes d’homicides étaient des hommes.En matière d’homicides survenant dans un couple, précise-t-il, des hommes avaient tué leur conjointe dans 80 % des cas, alors que des femmes avaient tué leur conjoint dans 20 % des cas, «soit beaucoup plus que ce que les gens croient», écrit-il.Anthony Synnott avance même qu’une bonne proportion des suicides chez les hommes pourrait être le fait d’une certaine violence psychologique féminine.Par ailleurs, en matière de divorce et de garde d’enfants, il salue le système québécois qui favo- rise d’abord et avant tout la médiation entre les parties.Un nouvel humanisme Le professeur a la prudence de n’englober, dans son analyse, que la société dite «occidentale», se gardant bien de définir l’ensemble des hommes sur la planète.Jusqu’à il y a une cinquantaine d’années, ceux-ci régnaient plus ou moins en maîtres sur le monde des idées.«Historiquement, ils ont été définis comme le sexe fort, tout au moins par les hommes», note-t-il.Il cite Platon comme étant un égalitariste, alors qu’Aristote, son disciple, était un suprématiste masculin.Il cite aussi Darwin, qui désignait l’ancêtre de l’homme comme un hermaphrodite.Puis il rappelle la thèse de la bisexualité psychologique développée par Freud et par Jung.Tous ces chercheurs sont cependant des hommes.«Les préoccupations de Freud, de Jung et des jungiens sont très loin de la misogynie et de la misandrie», écrit-il.A la veille de la célébration du 8 mars.Journée internationale de la femme, il prend la défense d’un nouvel humanisme dans le cadre duquel les sexes se compléteraient plutôt que de s’opposer.«Si les féministes disent vrai, écrit-il, c'est-à-dire que ce qui bénéficie aux femmes bénéficie également aux hommes, alors peut-être que l'inverse est aussi vrai, et que ce qui bénéficie aux hommes bénéficie également aux femmes.» Une sorte de rêve idéal dans un monde toujours à la recherche d’une tendre moitié.Le Devoir OBAMA SUITE DE LA PAGE 1 Le sénateur républicain John McCain a aussi défendu l’idée d’une zone d’exclusion aérienne.Elle permettrait «d'envoyer un signal» de fermeté au dirigeant libyen, avait-il dit L’ancien gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, s’est fait on ne peut plus clair, hier, en soutenant qu’il était temps «d'armer secrètement les rebelles».Même son de cloche de l’ancien conseiller à la sécurité nationale de George W.Bush, Stephen Hadley, pour qui Washington doit s’impliquer activement, y compris en armant les insurgés.«S'il est possible de mettre des armes dans les mains des rebelles, si nous pouvons leur fournir des moyens anti-aériens pour qu'ils puissent mettre en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus de leur propre territoire, ce serait utile.» Pour l’ancien ministre libyen de l’Immigration Ali Errishi, qui a claqué la porte du gouvernement peu après le début de la révolte, les EtatSrUnis «traînent des pieds» pour aider l’opposition en Libye, manquant peut-être l’occasion de faire tomber le régime du colonel Kadhafi.«Nous avons demandé de l'aide quand [M.Kadhafi] était dans les câbles.J'ai dit [aux Étatsr Unis].- ''donnez-nous un peu d'aide, là, maintenanf», a affirmé M.Errishi, avant d’ajouter: «Us ont traîné les pieds, pour une raison que j'ignore.» Contre-offensive Sur le terrain, les rebelles ont fait face hier à une contre-offensive des forces armées loyales au colonel Kadhafi.Les pro-Kadhafi ont lancé une contre-attaque à Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, et repoussé les anti-Kadhafi hors de Bin Djaouad, sur la route de Syrte.Les troupes libyennes, appuyées par des chars, de l’artillerie, des avions de chasse et des hélicoptères, ont également poursuivi leur offensive sur Zaouia, à 50 km à l’ouest de Tripoli.La capitale.Tripoli, s’est réveillée au son de tirs de mitrailleuse qui fêtaient ce que l’entourage du colonel Kadhafi a présenté comme sa victoire sur les rebelles dans des villes clés du pays.A l’aube, des milliers de fidèles du «chef de la révolution» se sont répandus dans les rues en brandissant des drapeaux et en tirant des coups de feu en l’air.Le porte-parole du dirigeant libyen, qui s’est de nouveau présenté comme un rempart contre les djihadistes d’al-Qaida, a affirmé que les forces loyales à Kadhafi avaient pris le contrôle de toutes les régions autour de la capitale de la Cyrénaïque, Benghazi, et se dirigeaient tout droit vers l’épicentre de l’insurrection qui menace son pouvoir depuis la mi-février.Benghazi reste fermement sous le contrôle de la rébeUion, ainsi que le port pétrolier de Ras Lanouf, selon Reuters.Les rebelles ont en revanche été chassés de la ville de Bin Djaouad.En contrepartie, les insurgés ont par ailleurs dit avoir repoussé les forces kadha-fistes dans la plus importante des villes en dehors de l’Est libyen passées aux mains de l’insurrection, Misrata.«Les brigades [pro-Kadhafi] ont essayé d'atteindre le centre de la ville, mais les révolutionnaires ont réussi à les repousser», a fait savoir un témoin.D’autres ont déclaré que l’assaut avait été mené par des unités de la milice dirigée par Khamis Kadhafi, un des fils du colonel Mouammar Kadhafi.A Zaouia, théâtre de violents combats ces 48 dernières heures, les insurgés encerclés par les forces de Kadhafi ont affirmé avoir repoussé hier une nouvelle attaque.«La bataille a duré une heure et demie.Deux personnes ont été tuées dans nos rangs et il y a de nombreux blessés», a déclaré le porte-parole des rebelles, Youssef Chagane.Samedi, les insurgés libyens avaient affirmé avoir repoussé à deux reprises les assauts des forces régulières sur la ville.Combat contre le terrorisme Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Mouammar Kadhafi a soutenu q}ji«en Libye, on n'a tiré sur personne» et a présenté la crise en cours dans son pays comme un «combat contre le terrorisme» d’al-Qaida.«Que la France prenne vite la tête de la commission d'enquête, qu'elle bbque la résolution de l'ONU au Conseil de sécurité, et qu'elle fasse arrêter les interventions étrangères dans la région de Benghazi», a-t-il déclaré.Le Quai d’Orsay a toutefois apporté hier son soutien au Conseil national libyen (CNL) créé par l’opposition dans l’Est et a encouragé ces opposants à poursuivre leur action.LAUemagne s’est de son côté prononcée pour un durcissement des sanctions contre Mouammar Kadhafi par le Conseil de sécurité, qui a adopté une résolution imposant un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs du colonel et de ses proches le 27 février dernier.Hier, les Nations unies ont réclamé l’arrêt des «attaques aveugles» contre les populations civiles et mis en garde le régime de Mouammar Kadhafi contre les conséquences de violations du droit international.Le secrétaire général.Ban Ki-moon, «observe que les civils subissent l'essentiel des violences, et appelle à un arrêt immédiat de l'usage disproportionné de la force et des attaques aveugles contre des cibles civiles de la part du gouvernement», a indiqué l’ONU par voie de communiqué.Le secrétaire général de l’ONU a confié à l’ancien chef de la diplomatie jordanienne, Abdelilah Al-Kha-tib, la tache «d'engager des consultations urgentes avec les autorités de Tripoli et de la région sur la situation humanitaire», précise-t-il.Par ailleurs.Ban Ki-moon s’est entretenu avec le ministre libyen des Affaires étrangères.Moussa Koussa, obtenant le feu vert de ce dernier sur l’envoi sans délai d’une équipe des Nations unies à Tripoli afin d’évaluer la situation humanitaire.Le Devoir D'après VAgence France-Presse et Reuters LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir corn La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 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