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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-03-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MARS 2011 INRRIATTONAI FRANCOPHONIE Le Devoir / Et s’il était une planète OÙ partout le français se laisserait entendre.L’Agence universitaire de la Francophonie compte aujourd’hui 774 établissements membres répartis dans 91 pays En 1953, c’était une idée, un «rêve » auquel Jean-Marc Léger allait donner forme.Aujourd’hui, au moment où l’Agence universitaire de la Francophonie devient cinquantenaire, il est une planète à la fois française et francophone.À propos d’un combat pour l’affirmation des identités et des différences.NORMAND THÉRIAULT Il serait paradoxal, et pour le moins incohérent, de prétendre organiser et développer une communauté mondiale de langue française si, dans le même temps, nous laissions se dégrader cette langue dans chacun de nos pays, se multiplier les chevaux de Troie clandestins et s’affaiblir ou s’étioler les instruments de sa défense et de sa promotion.» Nous étions en novembre 1986 et, en cette année où on célébrait alors le 25" anniversaire de la fondation de l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française, l’AUPELF, un homme était honoré par la Sorbonne qui lui remettait un doctorat honoris causa, le premier ministre français du temps, Jacques Chirac, se trouvant même dans l’assistance: Jean-Marc Léger prononçait ainsi une allocution pour la réception du titre.Car c’est à lui qu’on devait l’initiative de cette association universitaire dont il avait eu l’idée dès 1953, constatant alors que, si les universités québécoises étaient regroupées dans un organisme du Commonwealth, il n’en était rien du côté français.Car c’était du français qu’il était d’abord question pour celui qui considérait qu’un parlant français au Québec était un Québécois français et surtout pas un Québécois francophone: il fallait Au long des décennies à venir, le Québec se battra encore pour survivre en français établir et démontrer le respect des origines.Et vint l’OIF Et, au temps de cette fondation, ce Jean-Marc Léger ajouta un autre titre en tant que premier secrétaire, en 1969, de l’Agence de coopération culturelle et technique, cet organisme dont allait émerger l’actuelle Organisation internationale de la Francophonie.Localement, au Québec, au temps d’une révolution tranquille, on lui confie aussi une première présidence, celle de l’Office de la langue française.C’était en 1962.Mais ce discours d’acceptation ne s’arrêtait pas là.Et, dès la phrase qui suit ce qui précède, il annonce les luttes à venir: «Nous avons d’autant plus en la matière une ardente obligation de vigilance et d’intervention que le français n’est pas seul en cause et que son évolution aura valeur exemplaire.» Déjà, le débat était ouvert pour ce qui deviendra le dossier de la «diversité culturelle», ce combat imposé par une future mondialisation où, au nom de l’hégémonie économique, il avait été pensé que nulle frontière ne devait tenir et que le rouleau compresseur d’une autre lingua franca, l’anglais pour la nommer, pouvait faire fi des différences.Aussi, au moment où il décède, c’était le mois dernier, les hommages fusent, localement certes, mais aussi de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique, car c’est son action passée qui explique qu’aujourd’hui cet- te AUPELF devenue l’AUF, l’Agence universitaire de la Francophonie, compte aujourd’hui 774 établissements membres répartis dans 91 pays, dont 55 sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie.«Rêvez» n existe donc une planète francophone, à défaut d’être entièrement française.Et elle englobe les continents, faisant le lien entre le Nord et le Sud, car l’univers universitaire a la qualité d’être moins dominateur, moins contraignant qu’un autre, l’économique, qui fait fi des différences et envisage les régions d’abord comme des lieux de diffusion de produits: on ne vend pas la connaissance, on l’acquiert Et cette planète qui se transforme, où hier encore tout semblait se façonner sous forme de grandes et de petites puissances, voit son univers se configurer autrement.Ainsi, demain le français sera peut-être une affaire africaine: ne prévoit-on pas que, dès 2050, ils seront dans la seule Afrique près de 600 millions à utiliser cet idiome, alors que sans doute, au long des décennies à venir, le Québec se battra encore pour survivre en français et que la France, la patrie mère, n’aura plus le poids démographique pour justifier toute préséance dans les matières d’autorité.Aussi, au pouvoir de l’argent, il faut en opposer un autre.Et le premier qu’on voit serait celui de la connaissance, à égalité avec un autre qui permettrait d’être fier de ce qu’on est, français ou francophone, mais à la culture propre.C’était le rêve d’un Jean-Marc Léger, et comme l’avait dit Gilles Vigneault à l’occasion de la présence du Québec au Salon du livre de Paris, c’était celui de 1999, «rêvez, parce que le mot “rêve” contient la possibilité de la réalité».Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS MARS 2011 FRANCOPHONIE Organisation internationale de la Francophonie La Francophonie prône l’imiversalisme par l’ouverture et le savoir « Nous avons besoin que toutes les opinions s’expriment, mais dans un cadre républicain » Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a prononcé une conférence sur le thème de la Francophonie associée à la gouvernance mondiale, à l’occasion d’un déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal, lors de son récent passage au Québec, en février dernier.De retour à Paris, il a répondu aux questions du Devoir portant sur la thématique de la Francophonie et du haut savoir.REGINALD HARVEY \ A Montréal, M.Diouf a rappelé que les francophones s’étaient ouverts au monde avant même que ne prenne forme et ne se déploie le courant de la mondialisation; à cet égard, il a notamment cité en exemple l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), dont les cinquante ans d’existence seront sous peu célébrés ici; d’autres organismes rattachés à la grande famille de cette organisation internationale de prestige ont également retenu son attention et ont servi à étoffer son discours dans le sens de cette ouverture d’avant-garde aux autres.Délaissant son texte, il a tenu ces propos au sujet des événements qui secouaient à ce mo-ment-là des pays de la Francç-phonie comme la Tunisie et l’Egypte, pour lancer encore une fois un appel à la démocratie et à Tuniversalisme: «Il ne faut pas que cette révolution partie du peuple égyptien puisse être récupérée par des forces obscurantistes, par des forces extrémistes, parce que fappelle des idéologies destructrices.Nous avons besoin que les sociétés politiques de demain soient vraiment des sociétés laïques, démocratiques et sociales.Nous avons besoin que toutes les opinions s’expriment, mais dans un cadre républicain, dans une citoyenneté qui en sera une de partage et de tolérance.» 11 a insisté sur un point: «Encore une fois, seule la laïcité peut permettre que toutes les religions, que toutes les opinions s’expriment, mais dans le cadre d’un Etat qui soit impartial sur le plan politique.» L’AUF a 50 ans Le secrétaire général explique comment, selon lui, s’inscrivent les 50 ans de l’AUF dans le paysage de la Francophonie: «Ce cinquantenaire est un grand moment de dialogue et de réflexion solidaire.De nombreuses manifestations seront organisées.Elles sont des carrefours où discuter de nos valeurs de diversité culturelle et linguistique, de solidarité et de partage.L’Agence universitaire de la Erancophonie est un laboratoire de tout premier plan de la construction du projet francophone, qui allie créativité, innovation et excellence.Elle représente aujourd’hui le plus grand réseau mondial d’établissements d’enseignement supérieur: 774 établissements à travers 91 pays, dont 55 sont des pays membres de l’Organisation internationale de la Erancophonie.» Forces et limites Abdou Diouf apporte d’abord cette distinction sur le haut savoir dans l’univers francophone: «Il convient de distinguer la recherche de haut niveau au sein de la Erancophonie de la recherche universitaire dont la Erancophonie est matière d’étude.Dans ce deuxième cas, des instituts et réseaux y veillent, comme les Chaires L.-S.-Senghor par exemple.La situation de la recherche francophone est évidemment liée à la place du français dans le monde en général, dans l’univers des sciences en particulier.Elle est donc tributaire de la place dominante occupée par l’anglais, à laquelle nous répondons par le plurilinguisme.L’AUE a ainsi engagé, sur cette base, une démarche prioritaire dans les sciences dures destinée à favoriser l’expertise francophone dans les revues scientifiques en regard des autres langues de recherche.» 11 fait le point sur les efforts consentis envers les pays du Sud: «Le rôle fondamental exercé par l’enseignement supérieur, dans le développement des pays du Sud et des échanges universitaires Sud-Sud, inspire à l’AUE l’action qu’elle conduit désor- «De la même façon qu’il n’y a pas une langue française, il n’y a pas une francophonie.L’une et l’autre évoluent, et c’est tant mieux.» Benoît Melançon Directeur Département des littératures de langue française A Université ffn de Montréal Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie mais sur le terrain.Partout, les gouvernements investissent dans l’éducation supérieure et la recherche pour stimuler la productivité.En Afrique, il reste beaucoup à faire.En tant que réseau, l’AUE a mis en place des actions visant à enrayer la fuite des cerveaux et à renforcer la recherche dans les pays du Sud.L’Agence universitaire de la Erancophonie est également du nombre des grandes associations universitaires qui soutiennent le projet de chaires pour l’Afrique porté par le professeur Strangway, un universitaire canadien, connu et reconnu, qui plaide actuellement, dans l’optique des G8 et G20, pour la mise en place d’un projet de chaires universitaires pour l’Afrique sur le modèle qu’il a développé au Canada.» 11 s’agissait ici, par un programme de chaires spécifiques, d’encourager l’essor de jeunes universités canadiennes, situées loin des métropoles, qui peinent à attirer un corps professoral de talent.Si le programme du professeur Strangway était retenu, il est évident que les universités africaines francophones seraient parmi les principaux bénéficiaires.Le recteur de l’AUF est d’ailleurs membre du Comité de pilotage.Dans la foulée d’un monde en mutation Comment mesurer les retombées du haut savoir sur le maintien ou l’essor de la Francophonie dans le monde pour le futur?«En se faisant l’interprète direct et reconnu de la communauté scientifique internationale de langue française, l’Agence contribue aussi à souligner l’importance du rôle de la société civile qu’elle a pour mission d’instruire et de former.Or l’actualité de ce début d’année est marquée d’un signe très fort: celui d’aspirations à l’état de droit et à la démocratie.» La Francophonie s’inscrit dans cette mouvance: «L’avenir de celle-ci passe par la prise en compte des aspirations citoyennes de la jeunesse et de Vattente générale à l’égard de l’Etat de droit.Notre programmation y veille; la recherche menée en français par l’AUE l’éclaire et la consolide.Un des rôles essentiels de l’agence est la valorisation de l’expertise francophone.Une langue et des valeurs universelles s’appuient sur INTERNATIONAL FRANCOPHONIE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAÜLT ntherianlt@ledevoir.ca 2050, me de Blenry, 9' étage, Montréal (Qnéhec) H3A 3M9.Tél.: (5 14) 985-3333 redaction@ledevoir.com FAIS CE QUE DOIS JACQUES GRENIER LE DEVOIR une recherche en mesure d’accéder à tous les domaines du savoir.En ce sens, le savoir qui importe est celui que dictent les besoins du développement, d’un développement durable, s’entend.L’AUF est également partie prenante d’initiatives communes avec VOIE (Organisation internationale de la Erancophonie) ayant trait à la formation des instituteurs africains ou encore à la didactique dite de convergence des langues, où le français est enseigné en s’appuyant sur les langues nationales africaines.L’AUE s’y montre acteur de développement, mais aussi partenaire pour l’évaluation scientifique des projets-pilotes et partenaire de recherche concernant ces derniers.» Finalement, M.Diouf se montre plutôt confiant devant les percées scientifiques en matière de communication: «Le rôle fondamental exercé par l’enseignement supérieur, dans le développement des pays du Sud et des échanges universitaires Sud-Sud, inspire à l’AUE une action de terrain résolument déconcentrée, reposant notamment sur les ressources des Campus numériques francophones qui font, à juste titre, sa fierté.Les technologies de l’information, dont on voit partout comment la nouvelle génération en maîtrise le bon usage, permettent d’accéder au savoir francophone mondial, encouragent l’expression des talents et des forces innovantes, mais ces technologies ont su également s’imposer comme des instruments au service de la liberté de pensée et de parole.N’oublions pas que ces principes citoyens sont aussi la condition même de la recherche universitaire.» Collaborateur du Devoir Il y (3 les dangereuses, les maladroites avec la langue, les coupables, les extraconjugales iroiS Id seule gui doit vraiment VOUS intéresser.Liaisoni m Cesî 1(3 LIAISOM en revue En librairie 23.03.11 ABOnriEZ-VOUS • WWW.REVUELIAI50N.CA Il y d ceux qui onî le dOD du chunî, de Id comédie, de Id peinture.Et VOUS ?Vous dvez peuî-êîre un don à faire fructifier en encourdgednî L’Interligne et Liabonl æ Les ÉDITIONS LiaisoD U Interligne Lq revue des arts I Acadie lOnlarlol ouest 0)0)0).inîerligne.ca • ojo)oj.revuelidi5on.cd 613 748-0850, poste 3 • ddministPcitrice@inferligne.cd LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS MARS 2011 G 3 FRANCOPHONIE L’Agence universitaire de la Francophonie Il y a 50 ans à Montréal.L’AUF construit et consolide un espace scientifique français En septembre prochain, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) soufflera ses 50 chandelles.Depuis sa fondation au tournant des années 60, elle contribue à la construction et à la consolidation d’un espace scientifique français, autant au Québec qu’ailleurs dans le monde.Présente sur tous les continents, elle s’impose aujourd’hui comme l’un des plus importants acteurs de la Francophonie.EMILIE CORRIVEAU Regroupant des établissements d’enseignement supérieur et de recherche qui ont choisi le français comme langue d’enseignement, l’AUF est une association mondiale qui a aujourd’hui pour mission de lavori-ser l’avancement de l’enseignement supérieur et de la recherche en français dans le monde en misant sur la coopération et la solidarité multilatérales.Fondée à Montréal en 1961 et d’abord désignée sous le nom d’Association des imiversités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF), l’AUF est née dans un contexte particulier, alors que la province étajt en pleine ébullition.À l’époque, l’idée de réunir des établissements d’enseignement supérieur partageant l’usage de la langue française s’avérait particulièrement novatrice et n’avait aucun pareil dans le monde.Elle témoignait non seulement d’une affirmation politique des identités culturelles à l’échelle internationale, mais aussi de la volonté des Québécois de revendiquer une souveraineté en matière linguistique et éducative.«Ce n’est pas un hasard si l’agence est née à Montréal en 1961.A l’époque, on était dans un contexte de montée en puissance de la revendication souverainiste québécoise.Jean-Marc Léger, qui a eu l’idée de créer une association d’universités de langue française, souhaitait désenclaver les universités québécoises, comme il souhaitait désenclaver le Québec.Pour lui, l’université était un lieu de création et de recréation de la société.C’est pour cette raison qu’il a fait le choix de passer par le milieu universitaire pour engager le changement.Pour ce faire, il a sollicité l’appui de M^' Irénée Lussier, recteur de l’Université de Montréal, qui a accueilli la réunion fondatrice, et celui de M.André Bachand, qui était son directeur des relations internatio- nales et qui a porté le projet», explique Bernard Cerquiglini, recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie.Si M.Léger a eu un rôle déterminant à jouer dans la création de l’AUF, M.Mohammed el-Fasi, ancien recteur de l’Université Qaraouyine et créateur de l’Université Mohammed-V à Rabat, a pour sa part été un acteur-clé du développement de l’agence à l’étranger, particulièrement au Sud.Grâce à lui, l’organisation a fait le choix de s’adresser non seulement aux universités francophones, mais aussi aux universités partiellement francophones, ce qui n’avait pas été prévu au départ et qui a permis à l’agence d’élargir considérablement son champ d’action.«On lui doit aussi la solidarité francophone Nord-Sud, ajoute M.Cerquiglini.Lors de la fondation de l’Agence, c’est lui qui a apporté le point de vue des pays en développement.Grâce à lui, l’AUF permet aujourd’hui aux universités du Sud de rejoindre sur tous les plans la communauté internationale universitaire francophone.» Le français comme langue de formation Cinquante ans après sa fondation, l’AUF fédère un réseau de 774 établissements répartis sur tous les continents.Présente dans 91 pays, dont plus du tiers ne font pas partie de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’AUF rejoint des francophones et des francophiles dans des lieux aussi surprenants que la Chine, la Russie, le Brésil et l’Iraq.Chaque année, elle propose plusieurs programmes de coopération et distribue plus de 2000 bourses dans le cadre de son programme de mobilités.D’après M.Cerquiglini, cette adhésion massive et diversifiée à l’AUF d’universités provenant de pays qui ne sont pas francophones témoigne du succès de l’agence et démontre que, mal- H JACQUES GRENIER LE DEVOIR Bernard Cerquiglini, recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie gré l’omniprésence de l’anglais en milieu universitaire, la lan^e française est plus que jamais attrayante dans ce milieu.«Ces universités ont compris que le monde est plurilingue, qu’il y a des communautés scientifiques différentes dans le monde et que la Francophonie est l’une d’entre elles.Files ont compris que l’AUF permet à leurs universitaires d’évoluer dans des réseaux différents.Pourquoi veulent-elles adhérer à l’AUF?Parce que leurs universitaires pourront participer à des colloques, à des rencontres et à des échanges dans un réseau qui est différent de ceux auxquels ils adhèrent généralement», affirme M.Cerquiglini.Il faut dire que l’AUF soutient largement la création de réseaux institutionnels, lesquels sont d’une importance capitale pour stimuler la recherche et développer des programmes d’études.Grâce à ses campus numériques implantés dans une cinquantaine d’universités, elle favorise aussi grandement la circulation des connais- Universités francophones canadiennes Que deviendraient les francophones hors Québec sans leur réseau universitaire ?À travers le Canada, les treize universités qui enseignent en français jouent un rôle déterminant dans la survie des communautés francophone hors Québec.«On constate aisément que, là où il y a une certaine vitalité dans les communautés francophones, c’est souvent où se trouve un établissement universitaire francophone, relate Yvon Fontaine.Il faut comprendre que notre mission est unique au Canada parce que nous œuvrons dans des milieux minoritaires.» CLAUDE LAELEUR Yvon Fontaine est un ancien président de l’Association des universités francophones canadiennes, qui regroupe ces treize établissements situés hors du Québec.Il préside actuellement l’Agence universitaire de la Francophonie, qui regroupe 774 établissements universitaires situés dans 91 pays.Il est en outre le recteur de l’Université de Moncton, qui dessert la communauté acadienne.Il est par conséquent au fait de ce que vivent les minorités francophones d’un bout à l’autre du pays.«Savez-vous que les Acadiens sont l’un des groupes les plus scolarisés au Canada?, lance-t-il.L’Acadie s’est transformée de façon extraordinaire ces cinquante dernières années grâce au fait, me semble-t-il, que l’Université de Moncton y est présente.» Réalités méconnues L’Association des universités francophones canadiennes.dont M.Fontaine est toujours membre, compte deux établissements dans les provinces de l’Atlantique: l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, et l’Université,Sainte-Anne, en Nouvelle-Ecosse.L’Ontario compte huit établissements: l’Université d’Ottawa, l’Université Saint-Paul et le Collège universitaire dominicain (tous à Ottawa), l’Université laurentienne et l’Université de Sudbury (à Sudbury), le Collège universitaire Glendon associé à l’Université York de Toronto, l’Université de Hearst ainsi que le Collège militaire royal du Canada à Kingston.Enfin, l’Ouest canadien compte trois établissements: le Collège universitaire de Saint-Boniface (Manitoba), le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta et l’Institut français de l’Université de Regina (Saskatchewan).«Nous regroupons deux types d’établissements, souligne Yvon Fontaine.Il y a, d’une part, des universités autonomes qui offrent la gamme des programmes et, d’autre part, les établissements affiliés à de grandes universités anglophones.Je dirais que chacun fait face aux mêmes défis — aux mêmes difficultés — que les universités anglophones de leur province respective.» Par contre, ajoute-t-il, les universités francophones ont davantage de difficulté à recruter de nouveaux étudiants.«Dans le cas de l’Université de Moncton, par exemple, notre bassin de recrutement est bien entendu l’Acadie.» Toutefois, la population de celle-ci est en déclin constant, de sorte que l’université doit recruter hors de son bassin naturel.«Il est difficile pour nous de recruter au Québec, étant donné que les droits de scolarité y sont plus “raisonnables” que les nôtres, lance M.Fontaine en riant.Nous nous sommes par conséquent orientés vers la francophonie internationale.» C’est ainsi que son établissement figure parmi les 20 % de toutes les universités canadiennes qui ont le plus haut pourcentage d’étudiants étrangers.«Nous accueillons des étudiants de l’Furo-pe, du Maghreb, de l’Afrique de l’Ouest et subsaharienne ainsi que quelques étudiants asiatiques», dit-il.Elle compte mê- VOIR PAGE G 4: CANADA sances dans l’espace universitaire francophone.Perspectives Interrogé sur les défis qui animeront l’AUF au cours des prochaines années, le recteur de l’agence juge que deux grands objectifs seront au cœur des préoccupations de l’organisme, soit l’animation de la vie associative et le passage de l’aide individuelle à l’aide structurelle.«Maintenant que nous avons uni près de 800 universités à travers le monde, nous devons animer davantage la vie associative.Nous devons trouver les moyens de la développer encore plus, car elle est fondamentale, autant historiquement que politiquement», répond le recteur.«Notre second défi, ce sera d’approfondir notre dialogue avec chacune des universités, notamment du Sud, afin de connaître ce dont elles ont besoin dans une perspective globale, poursuit M.Cerquiglini.Leur stratégie implique-t-elle qu’on installe un campus numérique, qu’on forme mieux certains de leurs professeurs ou encore qu’on offre plus de bourses de doctorat afin de développer une discipline en particulier?Je crois que, en entretenant un dialogue structurel complet avec nos membres, nous pourrons parachever l’évolution que je perçois depuis quelques années.» Festivités Les 23 et 24 septembre prochains, l’agence réunira ses membres à Montréal afin de célébrer son demi-siècle d’activité.À cette occasion, un colloque international sera tenu à l’Université de Montréal et accueillera plus de 600 participants.Sous le titre général «La Francophonie des savoirs, acteur du développement», les activités s’articuleront autour çles thèmes «Santé publique», «Etat de droit et démocratie», «Diversité culturelle et linguistique» et «Développement durable et climat».Les festivités seront couronnées par un grand ban-quef le 24 septembre en soirée, au Centre des sciences.Collaboratrice du Devoir ¦ Pour plus de détails: http://auf-SOans.org/50ans.VIVEZ A FRANCO HONIE JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE 20 MARS 2011 ZW^- -'W + DE CULTURE + DE DÉMOCRATIE + D’EDUCATION + DE DÉVELOPPEMENT IL Y A DES MOTS QUI FONT AVANCER LE MONDE 75 890 ETATS ET GOUVERNEMENTS MILLIONS DE PERSONNES SUR LES 5 CONTINENTS 220 MILLIONS DE LOCUTEURS DE LANGUE FRANÇAISE 20% DU COMMERCE MONDIAL ORGANISATION INTERNATIONALE DE O 20mars.francophonie.org la francophonie L’UdeM dans la Francophonie Dans le cadre des célébrations des 50 ans de l’Agence universitairede la Francophonie, l’Université de Montréal (UdeM) est fière d’être un membre associé à l’Agence depuis ses premiers débuts.I L’UdeM joue un rôle de premier plan partout dans le monde francophone : I Hébergement du bureau de l’Agence universitaire de la Francophonie sur son campus; I Contrats de solidarité avec des universités francophones du Sud; I Participation à la mise en place du Conseil franco-québécois de coopération universitaire; I Des centaines de projets conjoints de recherche avec des équipes francophones des quatre coins du monde; I Création du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP); I Activités de l’Unité de santé internationale (USI); I Membre du comité organisateur d’un des Rendez-vous de la coopération québécoise et canadienne dans la Francophonie.Plus grande université francophone et comptant parmi les plus grandes universités de recherche au Canada, l’Université de Montréal comprend 16 facultés, plus de 65 départements et 2 écoles affiliées : HEC Montréal et l’École Polytechnique.www.umontreal.ca A Université de Montréal G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS MARS 2011 FRANCOPHONIE Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone « L’avenir démographique de la francophonie va se jouer en Afrique » Il y aura 700 millions de francophones sur la planète en 2050 Créé en 2009, l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone (ODSEF) a lancé un travail d’observation et de documentation sur la place de la francophonie dans le monde.Sous la direction de Richard Marcoux, professeur au Département de sociologie de l’Université Laval, cet observatoire est amené à jouer un rôle important dans notre connaissance de la francophonie et des moyens à mettre en œuvre pour assurer son avenir.ASSIA KETTANI En 2010, une vaste étude internationale intitulée La Langue française dans le monde 2010, publiée chez Nathan, à laquelle a participé l’ODSEF, a révélé les bouleversements sociodémographiques de la francophonie à venir.Cette étude montrait notamment que, à l’échelle mondiale, la langue française se porte plutôt bien.Avec 220 millions de francophones dans le monde, répartis sur les cinq continents, le français est non seulement une langue parlée et étudiée mondialement, elle est aussi une langue de plus en plus utilisée.Associée à un univers culturel réputé riche, elle est dotée d’ime dimension prestigieuse qui en fait dans cerjtains pays, comme l’Iran ou les Emirats arabes uni^, une langue réservée à l’élite.A ce titre, elle apparaît comme ime langue qui peut faire la différence dans un univers où tout le monde parle anglais.Mais c’est surtout l’ampleur de l’évolution démolinguistique que souligne Richard Marcoux: en 2050, il y aura 700 millions de francophones sur la planète, dont 85 % sur le continent africain.«L’avenir démographique de la francophonie va se jouer en Afrique.Il s’agit d’une population qui connaît une forte croissance démographique — contrairement aux pays occidentaux — qui est de plus en plus scolarisée et dont la langue d’ençeigne-ment est le français.» A titre d’exemple, le directeur de l’OD-SEE remarque, à travers les recensements successifs, la croissance phénoménale de la francophonie au Mali: 66 000 personnes savaient lire et écrire en français en 1960, au moment de l’indépendance, contre deux millions au dernier recensement, en 2009.L’équilibre actuel des continents se verrait ainsi bouleversé: alors qu’au-jourd’hui plus de la moitié des francophones se trouvent en Europe, cette part chuterait à 12 % dans 40 ans.Enquêtes Eoyer de la plus grande augmentation des populations francophones, l’Afrique est donc au cœur des travaux menés par rODSEE et ses chercheurs.Ainsi, le premier objectif de rODSEF est un travail de sauvegarde du patrimoine démographique, particulièrement menacé en Afrique, qui passe par la numérisation des données recueillies par recensements.«Les recensements sont des outils riches pour les démographes.Ils permettent d’avoir des informations précises sur les pratiques linguistiques, culturelles, sociales et économiques des populations», souligne Richard Marcoux.Pour cela, c’est l’expertise québécoise et canadienne qui sera mise à contribution: «Nous avons une expertise en matière de sauvegarde des recensements: nous disposons d’informations sur notre démographie depuis 400 ans.Nous avons voulu rendre cela accessible et répéter ces programmes dans d’autres pays de la francophonie.» L’observatoire vient de terminer avec succès la sauvegarde du premier recensement au Mali, en 1976, qui s’est soldée par la numérisation cje 1,2 million de documents.A l’avenir, les efforts se tourneront vers les recensements de 1987, de 1998 et de 2009, ainsi que l’implantation de projets similaires en République démocratique du Congo et au Sénégal.L’ODSEF a également des échanges avec le Cameroun, le Bénin, le Burkina Faso et le Niger.Le deuxième axe de recherche de rODSEF est un travail de documentation des dynamiques démolinguistiques et de la place du français dans le monde.L’ODSEF déploie, pour ce travail d’analyse démographique à grande échelle, un arsenal méthodologique précis, permettant d’obtenir désormais une idée plus juste de l’évolution de la francophonie.«Nous travaillons avec des organismes Fondation Humanitas 10^ Anniversaire Cours de latin et de grec ancien offerts aux étudiants et au grand public par La Fondation Humanitas 28 juin au 15 juillet (lundi au vendredi - jour) 7272, Sherbrooke Ouest, Montréal 100$ par cours Renseignements : 450 445-8897 braultd@loyola.ca SOURCE ODSEF Richard Marcoux, professeur au Département de sociologie de l’Université Laval de statistiques qui ont des contacts sur toute la planète et nous nous appuyons sur des réseaux de chercheurs, notamment de l’AUF.L’ODSEF accueille par exemple une dizaine de chercheurs par an, surtout en provenance de l’Afrique.Nos travaux, utilisés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), améliorent l’estimation du nombre de francophones et de la place du français dans le monde», explique Richard Marcoux.Contrastes Le travail mené par les chercheurs de l’ODSEF éclaire des réalités démographiques et linguistiques contrastées.En effet, même si le français est la langue officielle dans une trentaine de pays, il se déploie dans des dimensions différentes: «Il y a une pluralité de rapports à la langue française.En Afrique, le français n’est pas toujours la langue parlée à la maison.Au Mali, par exemple, le français est la langue officielle, elle est la langue de la justice, des débats à l’Assemblée nationale et des médias écrits, mais elle côtoie une douzaine de langues nationales, dont la plus importante est le bambara.Le rapport à la langue française n’est pas le même en Algérie, où, pendant 70 ans, il a été interdit d’enseigner l’arabe, ou encore au Québec, où le rapport à la langue est un rapport militant.» Ce minutieux travail d’observation mené par l’ODSEF permet de mettre en place des stratégies claires pour assurer l’avenir de la francophonie mondiale.«Notre travail s’inscrit dans une lutte pour que la langue française continue d’être une langue importante», estime Richard Marcoux.Sur la scène internationale, le Québec bénéficie d’une expérience utile en matière de réflexion sur la place de la langue dans l’espace démographique.«Nous avons une expertise dans le domaine de la démolinguistique: nous avons une réelle politique linguistique, qui passe notamment par la loi 101 et l’Office québécois de la langue française.Aucun autre pays ne pose autant de questions sur la langue.» Ces stratégies d’intervention en matière linguistique seraient donc amenées à intégrer des politiques différentes selon les pays et à tenir compte notamment de l’articulation de l’apprentissage du français avec les langues locales, africaines et créoles.Alors que, en 2050, 92 % des jeunes francophones seront en Afrique, le maillon incontournable de l’avenir de la francophonie sera l’éducation.Pour augmenter la proportion de gens scolarisés en français, l’investissement dans l’éducation, l’appui de la communauté internationale et la coopération Nord-Sud joueront un rôle déterminant.Collaboratrice du Devoir CANADA SUITE DE LA PAGE G 3 me le plus grand nombre d’étudiants haïtiens avec visa.«Notre stratégie a en fait porté des fruits.» Appelant que le Canada est réputé sur la scène internationale pour la qualité de ses établissements d’enseignement, le président de l’Agence universitaire de la Francophonie constate que c’est un avantage dont cherchent à profiter toutes les universités.En ce qui concerne la sienne, elle tire en outre avantage du fait que, en 19I|9, elle a accueilli les chefs d’Etat du Sommet de la Francophonie.«Beaucoup de politiciens étrangers ont alors découvert l’université d’une ville de taille humaine dotée d’installations modernes et extraordinaires, explique fièrement fe recteur.Je crois que ce fut un beau tremplin pour nous à l’international, et on en profite encore!» En outre, à travers fe Canada, les universités francophones cherchent à recruter un certain nombre d’anglophones issus des programmes d’immersion en français.«Nos universités ont beaucoup de succès auprès des anglophones qui désirent étudier dans leur langue seconde», dit-if.Synergie Québec-Canada Etant donné que beaucoup d’universités francophones canadiennes n’offrent pas de programme d’études de maîtrise et de doctorat, bon nombre de leurs étudiants viennent compléter leur formation au Qué- bec.«Je m’en réjouis, lance M.Fontaine.Je pense que la présence des universités francophones hors Québec est très bénéfique pour le système québécois, puisque, si nous n’existions pas, moins de nos étudiants feraient leurs études universitaires en français au Québec.C’est une belle synergie qui permet à nos jeunes de saisir les réalités québécoises.» If déplore cependant f’absen-ce de programme de mobilité qui permettrait, entre autres, aux étudiants québécois de passer une année ou un semestre dans une université francophone hors Québec — comme certains fe font à Paris ou ailleurs dans fe monde — ainsi qu’à ceux du reste du Canada de séjourner au Québec.«J’ai toujours pensé qu’il serait très intéressant pour la solidarité francophone du Canada qu’on développe un programme de mobilité entre nous, dit-if.En principe, rien n’empêche quelqu’un qui étudie à l’Université Laval de passer un semestre ou une année à Moncton.et ce serait bon pour tout le monde.Pourquoi valorise-t-on le séjour de nos étudiants à l’étranger mais pas à l’intérieur même de notre propre réseau?!» «Je pense que nous avons des richesses extraordinaires à partager autant entre nous, francophones, qu’entre francophones et anglophones à l’intérieur du Canada, estime Yvon Fontaine.Nous avons beaucoup à recevoir et beaucoup à donner!» Collaborateur du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS MARS 2011 G 5 FRANCOPHONIE Collaborations interuniversitaires « On essaie de développer des relations qni ne sont pas à sens nniqne » L’Université de Montréal souhaite mettre sur pied des programmes conjoints Des universités québécoises entretiennent des liens avec des établissements universitaires de divers pays de la francophonie, tant au Nord qu’au Sud.C’est notamment le cas de l’Université de Montréal.Coup d’œil sur ces échanges et collaborations.BRIGITTE SAINT-PIERRE Ly Université de Montréal a ' conclu diverses ententes avec des universités de la France, de la Belgique et de la Suisse, qui donnent lieu à des échanges d’étudiants et de professeurs, sans compter les recherches conjointes.Elle entretient aussi des liens avec des établissements de pays de la francophonie au Sud.«De plus en plus, on essaie de développer des relations qui ne sont pas à sens unique», indique le directeur de la Direction des relations internationales (DRI) de l’Université de Montréal (UdeM), Yves Guay.L’UdeM peut par exemple aider des établissements de pays francophones du Sud à mettre au point des programmes.Elle souhaite aussi que certains de ses étudiants puissent y faire des stages.«Je rentre du Sénégal et du Maroc.On cherche des lieux de stage pour nos étudiantes en sciences infirmières, en sciences de l’éducation.Aller faire un stage dans des pays comme ceuxdà, c’est vraiment un enrichissement pour les gens d’ici, pour des étudiants qui ne seraient pas normalement exposés à des réalités comme cellesdà», estime M.Guay.L’Université de Montréal souhaite aussi favoriser les échanges de professeurs, pay exemple avec l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar au Sénégal.Des professeurs de l’Université de Montréal s’y rendraient pour y enseigner et, en échange, des professeurs de cet établissement donneraient des cours à l’UdeM.Les étudiants de l’Université de Montréal pourraient ainsi «bénéficier d’un autre point de vue sur leur discipline, d’une autre façon de voir les choses, fait valoir M.Guay.Il n’y a pas de frontières pour les maladies.Puis, évidemment, que nos étudiants soient en contact avec des réalités d’autres pays, géographiquement éloignés, c’est très important.» Liens privil^és au Burkina Faso et en Haïti Dans sa stratégie d’internationalisation rendue publique en 2006, l’Université de Montréal a indiqué vouloir établir des «contrats de solidarité» avec deux universités du Sud.Les deux établissements en question sont l’Université d’Ouagadougou, au Burkina Faso, et l’Université d’État d’Haïti.Grâce au soutien de l’Université de Montréal et en particulier du professeur Claude Carignan, un pro^amme d’astrophysique a vu le jour à l’Université d’Ouagadougou en 2007.Cet établissement du Burkina Faso compte aussi désormais un observatoire d’astrophysique.Et, dans le cadre d’une entente entre l’Université de Provence-Aix-Mar-seille-1, l’Université de Montréal et l’Université d’Ouagadougou, un télescope a pris le chemin du Burkina Faso en 2009.L’objectif est qu’il soit fonctionnel d’ici la fin de l’année 2011.Outre l’astrophysique, l’Université de Montréal a également des collaborations avec l’Université d’Ouagadougou en sciences biologiques, en démographie et en sciences de l’éducation.La Faculté de médecine de l’Université de Montréal a pour sa part développé des contacts en Haïti depuis environ une quinzaine d’années.Aussi, créée sous l’égide de l’UdeM, l’Unité de santé internationale offre un soutien dans ce pays.M.Guay mentionne que la Faculté de médecine de l’Université de Montréal collabore avec celles de Laval et de Sherbrooke dans le but d’apporter une aide à la mise à niveau de la formation médicale en Haïti.L’Université de Montréal souhaiterait pouvoir bénéficier de plus de fonds externes pour soutenir des établissements francophones du Sud.«L’ACDI [Agence canadienne de développement international] ne finance pas la mise à niveau des systèmes d’enseignement supérieur dans les pays en développement, alors que par exemple la France le fait.Donc, on joue à armes inégales», déplore le directeur de la DRI de î’UdeM.r Echanges avec l’Europe francophone Par ailleurs, M.Guay souligne qu’une des particularités de l’Université de Montréal, à l’instar probablement des différentes universités québécoises francophones, est que ses chercheurs entretiennent des liens importants non seule-ipent avec des collègues des États-Unis, mais aussi de l’Europe francophone.De nombreuses collaborations de recherche en découlent.Des professeurs de l’Université de Montréal ont obtenu des fonds pour développer des collaborations de recherche avec des chercheurs d’autres pays francophones, notamment dans le cadre d’un programme propre à l’établissement et d’un programme du Conseil franco-québécois de coopération universitaire (CFQCU).Des projets de Michel Bouvier, professeur au Dé-partement de biochimie, de Christian Reber, du Département de chimie, et de Monique Desroches, de la Faculté de musique, mis en partenariat avec des collègues français, ont par exemple bénéficié d’un financement dans le cadre du concours 2œ9-2010 du CFQCU.La France est en outre le pays qui attire le plus grand nombre d’étudiants de l’Université de Montréal en échange.C’est aussi le pays d’où proviennent la grande majorité des étudiants étrangers en échange avec l’UdeM, suivi de la Belgique.Programmes conjoints et cotutelles Pour l’avenir, l’Université de Montréal souhaite mettre sur pied des programmes conjoints.«Notre département de communication est en train de développer un diplôme conjoint avec l’Université libre de Bruxelles en Belgique, indique M.Guay à titre d’exemple.C’est une tendance de fond.De plus en plus, il y a des diplômes conjoints qui se développent.Ça vient de l’Europe pour des raisons politiques, mais c’est en train vraiment de se développer à travers le monde.» L’Université de Montréal aimerait pouvoir aller de l’avant avec ce type de programmes.«Il y a des problèmes de diplômes et de fiéclarations au ministère [de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec], qu’on essaie de régler.Quand ça va être réglé, ça va se développer très rapidement», mentionne le directeur de la DRI.Les programmes conjoints ne seraient pas limités à la francophonie.«Mais c’est sûr que notre point d’ancrage premier, ce seraient la France, la Belgique et la Suisse», précise M.Guay.L’UdeM désirerait aussi étendre le programme de cotutelles de thèses à un plus grand nombre de pays, notamment à certaines grandes universités de la francophonie du Sud, par exemple l’Université de Cheikh-Anta-Diqp à Dakar.A l’heure actuelle, des cotutelles se font avec des établissements français, belges et suisses.«On aimerait vraiment développer ces programmes-là, sauf que les règles actuelles du ministère font en sorte que chaque étudiant qui est inscrit nous coûte une fortune à nous.Les gens du ministère sont au courant.On a fait des démarches de façon bilatérale et on a fait des démarches via la CREPUQ [Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec] pour faire modifier ces choses-là», mentionne M.Guay.Collaboratrice du Devoir A-i- ¦-Ay EDUARDO MUNOZ REUTERS Le Centre hospitalier du Sacré-Cœur, au centre de Port-au-Prince.La Faculté de médecine de l’Université de Montréal collabore avec celles de Laval et de Sherbrooke dans le but d’apporter une aide à la mise à niveau de la formation médicale en Haïti.Fenêtre sur notre planète.Vitrine de la francophonie.D’ici et d’ailleurs. G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MARS 2011 FRANCOPHONIE LIVRES Gallimard ou Mémoire d’encrier ?La Francophonie « a permis de décentraliser la littérature francophone » Le concept de Francophonie existe depuis 1969.En plus de quarante d’ans d’existence, donc, la Francophonie a-t-elle su transformer le monde de la littérature francophone?Entretien avec Rodney Saint-Eloi, écrivain et directeur-fondateur de la maison d’édition québécoise Mémoire d’encrier.PIERRE VALLEE La Francophonie réunit tous ceux qui ont reçu en héritage la langue française.Elle réunit donc tous ceux qui écrivent en français, qu’ils proviennent de la France ou de l’Europe, de l’Amérique, de l’Afrique ou des Caraïbes.La Francophonie a donc joué un rôle important en permettant le décloisonnement des littératures francophones, estime Rodney Saint-Eloi.Et cela est propre à la littérature même, dont l’un des rôles essentiels est d’ouvrir des fenêtres.» La Francophonie a aussi permis de mettre fin à un certain colonialisme culturel.«Il fut un temps où la France était le grand cousin et tous les autres n’étaient que des petits cousins.C’était la métropole littéraire à l’égard des villages littéraires.Mais la Francophonie a créé plus de fluidité entre les littératures, ce qui a permis de mettre fin à une certaine condescendance.Elle a aussi permis à la littérature francophone d’entrer dans l’ère postcoloniale.» Rodney Saint-Eloi croit que la Francophonie a aussi permis de décentraliser la littérature et d’élargir la littérature française.«On n’a qu’à regarder la rentrée littéraire française pour s’en convaincre.On compte aujourd’hui, parmi les auteurs publiés chaque année, un nombre toujours croissant d’auteurs qui ne sont pas d’origine purement française.Elle a aussi permis de décentraliser la littérature francophone.Paris, malgré son importance, n’est plus le centre littéraire francophone.On peut maintenant réussir ailleurs qu’à Paris.» 11 donne en exemple Felwi-ne Sarr, un jeune auteur sénégalais.«Le premier roman de Felwine Sarr a été publié chez Gallimard.Mais il a choisi de publier son second roman, ici au Québec, chez Mémoire d’encrier, ma maison d’édition.Felwine Sarr habite toujours Dakar, mais il a choisi une maison d’édition québécoise plutôt que française, ce qui aurait été impensable il n’y a pas si longtemps.» Un nouvel imaginaire Le décloisonnement des littératures amené par la Francophonie a non seulement favorisé les échanges, mais il a aussi permis de créer davantage d’ouverture.«Cela a créé un espace de diversité en mettant l’imaginaire de l’un en présence de l’imaginaire de l’autre.Cette proximité a permis la permutation et le transfert de l’un à l’autre, avec pour conséquence d’importantes avancées au niveau de l’imaginaire.» 11 donne en exemple la question de la territorialité.«Les auteurs francophones sont de moins en moins limités dans le choix des sujets qu’ils abordent et la question territoriale est de moins en moins importante.L’espace imaginaire s’est élargi et tout le monde est libre de choisir son sujet.Les contraintes ethniques s’estompent, tout comme l’obliga- tion d’écrire de telle ou telle manière, selon l’endroit d’où l’on provient.Dany Laferrière a même intitulé un de ses romans Je suis un écrivain japonais.Les écrivains africains vont au-delà du folklore africain.Il existe une certaine altérité qui fait que l’autre n’est plus fixé dans son seul territoire.» De plus, les écrivains d’origine étrangère qui vivent ailleurs que dans leur pays prohtent aussi de ce nouvel espace de liberté imaginaire.«Il est aujourd’hui possible de poser un regard critique sur le pays d’accueil.Ce n’est plus nécessaire d’être né au Québec pour écrire sur le Québec.» Soutien de l’État Mais cette littérature francophone, pour prendre racine, doit s’inscrire dans le réel, c’est-à-dire être éditée et publiée.Les éditeurs québécois peuvent-ils compter sur le soutien des pouvoirs publics?«Si un éditeur québécois choisit de publier l’œuvre d’un auteur étranger, il le fait en assumant tous les risques financiers.Les programmes québécois comme canadiens de soutien à l’édition sont conçus pour promouvoir uniquement les auteurs québécois et canadiens, c’est-à-dire ceux qui sont nés ici ou qui ont la citoyenneté canadienne.» Mais l’État n’est pas pour autant entièrement absent dans cette littérature francophone décloisonnée.«Je pense notamment au programme Québec Edition, de l’Association nationale des éditeurs de livres, qui est soutenu par les organismes publics, comme la SODEQ, et qui permet d’assurer la présence d’éditeurs francophones québécois et canadiens aux foires internationales du livre, tel le Salon du livre de Paris.Ce sont des occasions qui nous permettent de tisser des liens avec des éditeurs étrangers.» Des liens utiles, puisque la coédition devient de plus en plus la voie à suivre lorsqu’on veut publier un auteur étranger.«Il se fait beaucoup de coédition et c’est moi-même une formule que j’utilise.Par exemple, dans le cas de Felwine Sarr, je suis présentement à la recherche d’un éditeur sénégalais.Il y a plusieurs avantages à la coédition, dont le plus apparent est le partage des risques financiers.Mais la coédition a aussi d’autres avantages, dont celui de permettre le livre solidaire, c’est-à-dire de varier au prix du livre selon le pays.Un livre qui se vend 20 dollars à Montréal ne peut pas se vendre le même prix à Dakar.De plus, la coédition permet une meilleure gestion éditoriale et un meilleur suivi sur le terrain de la distribution.Contrairement à une livre de beurre, qu’on place là, dans le présentoir du magasin, et que les gens achèteront, on ne peut pas faire la même chose avec un livre.Il faut au livre un suivi personnalisé, car le livre est avant tout un produit de proximité.» Collaborateur du Devoir PATRICIA LAMY Rodney Saint-Eloi TELEVISION « Les chaînes francophones devraient être traitées à parité avec les chaînes anglophones » TV5 Québec Canada est une chaîne privée dont la mission est publique.Ce télédiffuseiu travaille avec un partenaire eiuopéen qui est TV5 Monde.Ce phare de la diffusion d’une télé francophone à travers le monde est en bonne santé financière ici et souhaite rejoindre davantage l’auditoire canadien de langue française.RÉGINALD HARVEY La présidente et directrice générale de l’organisme à but non lucratif qu’est TV5, Suzanne Gouin, laisse voir la nature du partenariat avec TV5 Monde: «Nous procédons à des échanges d’émissions, mais nous avons deux structures de fonctionnement entièrement autonomes et qui diffèrent quelque peu quant au mode d’activité et de financement; par contre, nous sommes complémentaires sur le plan de la mission.» 11 fut un temps où TV5 Québec Canada a éprouvé des difficultés financières, mais cette période est révolue: «Qn se porte très bien à l’heure actuel- le.Qn a effectué notre entrée dans le monde de la publicité il y a maintenant près de cinq ans et nos revenus publicitaires ne cessent d’augmenter depuis, ce qu’on doit à un effort important à l’interne des gens de la production et des ventes; on est aussi tributaire de ce succès grâce à la compréhension de plus en plus grande de nos annonceurs envers la qualité du produit que représente TV5.» Dans le domaine de la télédistribution, les revenus sont également en croissance.11 tombe sous le sens que cette petite télévision indépendante demeure plus fragile que des chaînes appartenant à des empires comme ceux de Québécor ou de Rodgers, mais elle tire profit de sa structure de fonctionnement: «Qn est la seule chaîne à but non lucratif, indépendante et francophone qu’on retrouve sur le marché canadien.» Par contre, il est possible de tirer profit de ce statut: «Comme on est un organisme à but non lucratif, tous les profits que nous faisons sont réinvestis automatiquement dans la programmation ou la promotion de nos activités; dans ce sens, la mission pu- SOURCE TV5 Suzanne Gouin, p.-d.g.de TV5 blique que nous avons est renforcée par notre capacité de pouvoir générer des revenus.» Nouvelle donne A compter de septembre 2011, les règles du jeu vont changer avec la déréglementation imposée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) : les télédiffuseurs entreront dans une nouvelle ère.Suzanne Gouin éprouve une certaine appréhension dans ce contexte: «Nous sommes présentement soucieux par rapport à la distribution hors Québec, étant donné que, malgré les demandes de plusieurs chaînes francophones canadiennes, le CRTC n’a pas forcé les distributeurs anglophones à offrir celles-ci dans un bouquet unique pour que les consommateurs ailleurs au Canada aient accès à un produit francophone à un prix abordable.» La majorité des «télédistributeurs» anglophones placent présentement les chaînes francophones dans un bouquet thématique, «de telle sorte que le téléspectateur doit acheter un produit global qui comprend un paquet de chaînes anglophones pour une seule qui soit francophone».TV5 se trouve de la sorte pénalisée: «Pour la bonne raison que nous sommes la seule chaîne spécialisée qui soit généraliste; on travaille donc très fort pour que soit présentée l’originalité de notre produit» Ce mode de fonctionnement semble quelque peu inusité dans un pays officiellement bilingue: «Qn devrait favoriser le rayonnement de nos produits à travers le pays.Toutes les chaînes francophones devraient être traitées à parité avec les chaînes anglophones.Ici, au Québec, les anglophones bénéficient de toutes les chaînes anglophones disponibles; je ne crois pas qu’il y ait un problème d’approvisionnement de ce côté-là à un prix abordable.» Collaborateur du Devoir La télé québécoise francophone regorge de talents, mais.Loin de faiblir, l’écoute des productions télévisuelles francophones augmente.La tarte de la télévision francophone québécoise se divise grosso modo comme suit: TVA occupe 30 % des parts du marché, Radio-Canada, 15 %, Canal V, 10 %, et Télé-Québec, 3 %.De son côté.Astral Média a été le premier à se lancer dans les chaînes spécialisées et payantes; il s’est positionné comme le leader dans ce domaine en devenant propriétaire de huit chaînes francophones de ce type; ce à quoi s’ajoutent les 4eux chaînes payantes Super Écran et Cinépop, ce qui totalise 20 % d’une assiette télé québécoise bien garnie.Voilà le portrait que dresse Judith Brosseau, vice-présidente principale programmation, communication et médias numériques chez Astral: «C’est nous qui avons mis la table il y a une vingtaine d’années pour ce que l’on vit aujourd’hui en spécialisation et, en même temps, on est devenu le joueur qui, parmi les télé-dijfuseurs, est le partenaire le plus important auprès des producteurs indépendants québécois, pour la bonne raison qu’on ne produit rien à l’interne.» Et si, «partout dans le monde, ce sont les chaînes spécialisées qui sont en croissance, et non les traditionnelles», il y a un problème à être francophone: «Ce sont les mêmes pour tout le monde, autant les télévisions publiques que privées: c’est toute la question du financement.» Des émissions coûteuses à réaliser ne sauraient exister sans le soutien d’un financement public.Une véritable mine de créateurs Mais est-il compliqué de le faire en français?«Qui, mais, en même temps, je suis toujours profondément éblouie par la qualité de la création québécoise en télévision.Il est extraordinaire de constater à quel point il existe ici du talent dans tous les genres.» Si le problème en est un de financement, rien n’empêche que le succès est au rendez-vous: «Celui-ci se traduit en matière d’écoute et il est unique au monde.Au-delà du fait que nous sommes protégés par la barrière linguistique, c’est parce que notre télévision est d’une grande qualité, ce qui doit continuer d’être.» Ce mode de communication est actuellement placé en position de diffusion éclatée, ce qui l’amène à poser d’abord le constat que l’écoute télé n’a pas diminué mais plutôt augmenté en matière d’heures par semaine, celle-ci oscillant autour de 29 heures par personne: «Les gens regardent des écrans en tous lieux, mais ce qui est écouté, c’est de la télé.Il faut donc que collectivement, dans un monde qui est en profonde mutation, on préserve nos moyens pour produire de la bonne télévision qu’on va pouvoir regarder partout.» À cet égard, force est d’admettre une réalité qui cause un problème pour l’instant: «Il n’y pas un sou à faire du côté de la webtélé, mais produire des émissions de qualité qu’on en- voie ensuite en diffusion dans toutes les directions, ça coûte de l’argent, alors qu’il n’y en pas plus dans le système.» R.H.FRANCOPHONIE UNIVERSITAIRE L'Agence universitaire de la Francophonie fête ses 50 ans Cet anniversaire sera l'occasion de célébrer la communauté académique et scientifique francophone dans le monde, à travers de multiples évènements.« Très tôt, j'ai eu le sentiment qu'une langue commune pouvait solliciter la solidarité » énonçait le regretté Jean-Marc Léger, l'un des fondateurs de l'AUF, dans une entrevue accordée au Devoir, en 2005.De nombreuses célébrations permettront de mettre en lumière et de valoriser les réalisations de l'Agence, opérateur de la Francophonie pour l'enseignement supérieur et la recherche, d'apprécier ce qui a été accompli au cours de ce demi-siècle et de construire les orientations futures de l'Agence.À Montréal, un colloque international consacré à « La Francophonie des savoirs, acteur du développement » réunira les 23 et 24 septembre 2011, les représentants des universités francophones ainsi que les partenaires de la Francophonie, au pavillon Roger
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