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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-03-24, Collections de BAnQ.

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Libye: la coalition change de cible ¦ Au moins 15 morts en Syrie Page B 5 ?www.ledevoir.com-*- LE DEVOIR Vol.CII N°64 ?LE JEUDI 24 MARS 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ Le Québec n’intéresse pas les partis fédéraux « Si le Bloc existe, c’est parce que les trois autres partis sont nuis », croit le sénateur Jean-Claude Rivest ROBERT DUTRISAC Jean-Claude Rivest est inquiet.Le sénateur indépendant nommé par Brian Mulroney en 1993, ce compagnon d’armes de Robert Bouras-sa, constate que les Canadiens ne s’intéressent plus au Québec.La réalité québécoise ne fait plus partie du discours des trois grands partis fédéraux.Et au Québec, tant les fédéralistes qui veulent renouveler le régime fédéral que les souverainistes qui veulent en sortir sont en hibernation.Il est loin le temps où le Québec définissait les enjeux politiques au Canada.«Ce qui me fatigue beaucoup, c’est l’espèce d’in- conscience des grands partis fédéraux qui ne s’intéressent plus du tout aux réalités québécoises.H n’y a pas de discours majeur de la part de Harper, d’Ignatieff ou de Layton qui porte sur la réalité et les problèmes du Québec», a livré Jean-Claude Rivest dans une entrevue au Devoir lundi dernier, avant que les perspectives d’élections fédérales ne se précisent.Il y a un peu plus d’un mois, à Québec, Jean-Claude Rivest prononçait une allocution, devant les membres de l’Institut québécois d’affaires publiques, sur le thème de l’absence du Québec dans les préoccupations politiques au Canada.VOIR PAGE A 8: RIVEST Hydro-Québec n’exclut plus la fermeture de Gentilly-2 LOUIS-GILLES ERANCŒUR Le dossier de la centrale nucléaire de Gentilly-2 est désormais rouvert et l’éventualité de sa fermeture n’est plus exclue même si l’Assemblée nationale a adopté hier sur une forte division une motion pour la reconstruire.C’est ce qui ressort des déclarations faites hier par le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, en marge de la présentation des états financiers de 2010.«Hydro-Québec, a-t-il dit, va fournir toutes les informations au gouvernement pour qu’une décision éclairée, réfléchie, puisse être prise sur le projet de réfection de Gentilly-2, comme l’a indiqué hier le premier ministre.» Invité à dire si le scénario de fermeture faisait partie de cette réévaluation tout comme la question des coûts, M.Vandal a ajouté que «ça fait partie des informations qu’on va bien sûr communiquer également, dans le contexte où l’évaluation porte sur tous les éléments du projet de réfection».Mardi, le premier ministre Jean Charest déclarait pourtant à La Presse: «La centrale doit subir une réfection et nous procéderons comme prévu.» La révision du projet de réfection a été dévoilée dès vendredi dernier par la ministre des Richesses naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau.Elle avait alors précisé avoir demandé un «état de situation» à Hydro-Québec.C’était trois jours avant qu’elle apprenne, lundi dans Le Devoir, que la chef de l’opposition, Pauline Marois, fermerait définitivement cette centrale en sursis, pour des raisons de coûts, de difficultés techniques et surtout parce que le Québec peut satisfaire autrement et de façon plus sécuritaire ses besoins en électricité.Mme Normandeau avait alors affirmé que son «état de situation» était d’autant plus justifié que la Commission canadienne de sécurité nucléaire (CCSN) venait de demander à tous les opérateurs de centrales atomiques de lui indiquer s’ils pourraient passer au travers d’une catastrophe comme celle de Fukushima au Japon.Cette réévaluation de la sécurité des centrales pourrait ouvrir la por- Thierry Vandal Nathalie Normandeau te à une mise à jour des normes canadiennes de VOIR PAGE A 8: GENTILLY-2 ¦ Les profits d’Hydro-Québec chutent, à lire en page B 1 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.Décès.Economie .B 8 .B 6 .B 1 Idées .A 7 Météo.B 3 Monde.B 5 Mots croisés.B 8 Sports.B 6 Sudoku.B 5 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 ELIZABETH TAYLOR 1932-2011 AGENCE ERANCE-PRESSE Comme actrice, son naturel aura servi Elizabeth Taylor, comme d’avoir épousé les rôles correspondant aux âges de sa vie, avant de tirer sa révérence lorsque son physique et ses excès la trahirent.La dernière reine d’un âge d’or englouti ODILE TREMBLAY Ni Cléopâtre, film qui la sacra impératrice dans le film coûteux et pompeux de Joseph Mankiewicz en 1963, où elle brûla pour son partenaire Richard Burton, ni La Mégère apprivoisée de Franco Zeffirelli en 1967, ni La Chatte sur un toit brûlant en 1958 marquée par sa flamme et sa jeunesse, n’oublieront les reflets de sa splendeur.Car son étoile d’ultime icône des grands studios hollywoodiens brillera longtemps après son départ.Elizabeth Taylor, appelez-la «Liz», n’est plus, emportée à 79 ans par des problèmes d’insuffisance cardiaque.Une santé depuis longtemps chancelante, le fauteuil roulant des dernières années avaient déjà eu raison de sa dégaine affriolante.Qu’importe?Sa beauté sombre aux yeux violets à la double rangée de cils, un tempérament incendiaire, une volonté de briller, une trajectoire de femme fatale, et un talent qui sut se nourrir de diversité auront tissé autour d’elle une légende dorée.La dernière star absolue, à la vie nourrie de luxe, de passions et de détresses comme Marilyn, longévité en plus, appartient désormais à l’histoire non seulement du cinéma, mais d’un XX® siècle d’après-guerre, avide de beaux symboles.Cette actrice aux 50 films et plus, bons ou mauvais, avait pourtant délaissé le cinéma depuis les années, avalée par le tourbillon de sa vie tumultueuse, par des échecs de fin de carrière, par l’alcool qui fait bouffir les femmes et les transforme parfois en leur propre caricature, saucissonnée en des robes criardes, exhibant ses diamants en mode vulgaire.Mais l’écran a la mémoire longue.Comme actrice, son naturel l’aura servi, comme d’avoir épousé les rôles correspondant aux âges de sa vie, avant de tirer sa révérence lorsque son physique et ses excès la trahirent.Elle fit des bides aussi.Les tribulations de sa vie intime aux huit ma- Sa beauté sombre aux yeux violets à la double rangée de cils, un tempérament incendiaire, une volonté de briller, une trajectoire de femme fatale et un talent qui sut se nourrir de diversité auront tissé autour d’elle une légende dorée riages, dont deux avec l’acteur britannique Richard Burton, sur cris et fureurs, ses diamants, ses dépressions, son alcoolisme et même ses engagements de fin de vie pour la Fondation Am-FAR attelée à la recherche sur le sida auront trop fait ombrage à une carrière çertes en dents de scie, mais souvent brillante.A Cannes, jusqu’en 2001, elle s’était faite ambassadrice de cette cause humanitaire, traquée par les paparazzis, éternels compagnons de vie, qu’elle courtisait ou fuyait.Elizabeth Taylor était née à Londres en 1932 d’un marchand d’art et d’une actrice, mais sa famille VOIR PAGE A 8: TAYLOR Harper demeure inflexible Le gouvernement conservateur serait défait demain sur une motion lui reprochant son outrage envers le Parlement HELENE BUZZETTI Ottawa — A ceux qui, comme le chef du NPD, espéraient que le gouvernement conservateur négocie des amendements à son budget afin de se maintenir en poste, le premier ministre a opposé une fin de non-recevoir.Inflexible, Stephen Harper s’est présenté devant les caméras pour inviter ses trois adversaires de l’opposition à reconsidérer leur décision de précipiter le pays en élection.Lui-même ne négociera rien.«Les partis de l’opposition ont un choix à faire entre deux priorités: leur ambition de déclencher des élections inutiles ou d’importantes mesures pour appuyer les Canadiens et l’économie.Malgré leurs déclarations, les partis d’opposition ont encore la possibilité de faire passer les intérêts des Canadiens en premier.Il n’est pas trop tard pour eux pour reculer», a déclaré M.Harper hier en guise de réponse officielle à la menace électorale qui plane depuis mardi soir.Le premier ministre a répété à de nombreuses reprises qu’une élection serait «inutile» et qu’elle menacerait la reprise économique.«Notre économie n’est pas un jeu politique.La reprise mondiale demeure fragile.[.] Bien des menaces planent toujours.Dans un monde interconnecté, le tumulte au Moyen-Orient, le désastre au Japon, la dette européenne, la capacité de nos partenaires commerciaux en difficulté d’acheter nos exportations sont autant de difficultés qui mettent en péril les empbis canadiens.» M.Harper a longuement énuméré les mesures contenues dans le budget 2011 et que les partis d’opposition, par leur vote, empêcheront de se matérialiser.Le premier ministre a seulement répondu à deux questions des journalistes avant de tourner les talons.Il ne s’est pas présenté à la Chambre des communes pour la période de questions.Il a plus tard assisté à Rideau Hall à une cérémonie de sanction royale officialisant VOIR PAGE A 8: HARPER ¦ Un vote en temps de crise ¦ Charest n’enverra pas de lettre ¦ La chronique de Michel David ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux A lire en pages A 3 et A 6 CULTURE Karkwa, des chemins jusqu’aux cendres Page B 8 Stephen Harper -i» ESPACE MUSIQUE Rad io-Ca nada.ca/ musique 77831302832413 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI 24 MARS 2011 ACTUALITES EN BREF Les faillites de Carson Ottawa — Aux prises avec des dettes de milliers de dollars, Bruce Carson a dû déclarer faillite avant de devenir l’un des plus proches conseillers du premier ministre Stephen Harper.Des documents obtenus par la Presse canadienne montrent que M.Carson a déclaré faillite en 1993, avant d’être à nouveau traqué par ses créanciers en 2002 — peu de temps avant de devenir le directeur des politiques et de la recherche de Stephen Harper, alors chef de l’opposition.Les rapports indiquent que M.Carson a déclaré une dette de 103 359 $ dans les années 1990, et une autre de 369 000 $ en 2002.M.Carson, qui fait l’objet d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada en lien avec des allégations de lobbjdsme illégal, soutient que la somme de 2002 correspond à une «entente commerciale».Ce type d’accord permet à un particulier ou une entreprise de rembourser ses créanciers sur une plus longue période de temps.«Le second montant ne représente pas une faillite, mais une entente que j’ai soumise à mes créanciers et qu’ils ont acceptée», a soutenu M.Carson dans un courriel, hier.Il n’a pas commenté l’affaire davantage.Le bureau du premier ministre a aussi refusé de commenter le dossier.- La Presse canadienne Pont Champlain : Québec veut une décision avant l’été KATHLEEN LEVESQUE La décision de remplacer le pont Champlain devra être prise avant l’été pour assurer la viabilité du lien entre Montréal et la Rive-Sud, estime le ministre québécois des Transports, Sam Hamad.Devant l’inquiétude que suscite l’état de dégradation du pont Champlain, le ministre Hamad a discuté hier avec son homologue fédéral.Chuck Strahl, qui a la responsabilité politique de la superstructure.M.Hamad a dit avoir obtenu l’assurance que ce dossier est maintenant «prioritaire» et que ce faisant, le gouvernement se mettra en mode solution rapidement, c’est-à-dire après la très probable campagne électorale canadienne.«Il faut que la décision vienne avant l’été.La priorité est de recevoir l’étude de préfaisabilité et qu’on décide ensemble rapidement», a indiqué hier au Devoir le ministre Hamad.Ce dernier a dit avoir offert l’aide du gouvernement du Québec pour aller le plus rapidement possible.«On peut avancer en parallèle.Il y a plusieurs aspects du dossier à étudier: transport en commun, les approches K-igii JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sam Hamad a répété avoir obtenu l’assurance de la part du gouvernement fédéral que le pont Champlain demeure sécuritaire.routières, les travaux de mitigation à prévoir pendant la construction», a-t-il indiqué.Transport collectif Sam Hamad n’a pas écarté la possibilité d’investir dans le transport collectif sans attendre le remplacement du pont Champlain, qui pourrait prendre jusqu’à dix ans.Il a reconnu que l’installation pos- sible d’un système léger sur rail (SLR) sur l’estacade du pont Champlain fait partie des options envisagées.Cela pourrait constituer un incitatif réel vers un transfert modal.«On étudie attentivement le SLR.Mais il faut être très prudent.C’est une décision pour très longtemps.[.] Il y a les entrées et les sorties de l’estacade à considérer.Il faut s’assu- rer qu’on ne sera pas encore dans une congestion majeure», a-t-il expliqué.Des études d’avant-projet ont déjà été menées par l’Agence métropolitaine de transport.L’étude de préfaisabilité attendue par Québec et Qttawa conclut que «la qualité de l’estacade [.] permettrait une utilisation pour le passage d’un train léger».Un investissement de 150 millions serait toutefois nécessaire pour modifier la structure.Par ailleurs, Sam Hamad a affirmé qu’il était hors de question d’éliminer la voie réservée sur le pont Champlain pendant la construction d’une structure de remplacement.«Ce serait une erreur», a-t-il soutenu.Dans l’immédiat, le ministre des Transports essaie surtout de calmer les inquiétudes.M.Hamad a répété avoir obtenu l’assurance de la part du gouvernement fédéral que le pont Champlain demeure sécuritaire et que les investissements annoncés la semaine dernière (158 miUions) permettront de garantir que l’ouvrage ne s’effondrera pas.Le Devoir Laval.Pour les entreprises agroali mental res qui ont du flair! L'AGROPÔLE de Laval, c'est à la fois un territoire dynamique qui offre un environnement d'affaires innovateur, en mouvement et créatif, et une organisation qui propose des outils qui aident les entreprises à réaliser leurs objectifs et à développer leur potentiel.À Laval, vous vous retrouverez au sein d'une ville bien organisée, avec une infrastructure urbaine moderne.Nous sommes au cœur du principal marché du Québec et facilement accessible par un réseau routier efficace.Votre localisation à Laval vous permettra aussi de rejoindre aisément tout le marché québécois, le vaste marché des États-Unis et celui du Canada.L'industrie agroalimentaire, non seulement nous y croyons, mais nous prenons des moyens pour aller plus loin.En 2011 naîtront à Laval les premières cellules de développement d'entreprises agroalimentaires du Québec : un concept flexible, différent de ce qui se fait habituellement et adapté à la réalité des entreprises agroalimentaires.À LAVAL TECHNOPOLE, nous sommes au service de votre avenir.Il y a une place pour vous dans l'AGROPÔLE de Laval.1555, boulevard Chomedey Bureau 100 Laval (Québec) H7V 3Z1 Téléphone : 450 978-5959 Télécopieur : 450 978-5970 info@lavaltechnopole.com LAVAL TfiC+HNOPOLE DES EXPERTS AU SERVICE DES ENTREPRISES DE LAVAL www.lavaltechnopole.com Le Bureau de lutte au crime organisé perd son chef BRIAN MYLES La crise de conbance des procureurs de la Couronne à l’égard du gouvernement Cha-rest a monté d’un cran avec la démission de Claude Chartrand, responsable du Bureau de lutte au crime organisé (BLACQ).M® Chartrand a annoncé à ses troupes, mardi matin, qu’il quittera la Couronne le 2 mai prochain, après 32 années de service, pour devenir syndic adjoint du Barreau.La nouvelle «a eu l’effet d’une bombe», a commenté hier Roger Carrière, procureur en chef adjoint au BLACQ.«C’est une grosse pointure.Il ne sera pas facile à remplacer», a dit M® Carrière.Le président de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP), Christian Leblanc, craint désormais «un effet d’entraînement et d’accélération» des démissions à la Couronne.«Plus les gens partent, plus c’est difficile pour ceux qui restent», a-t-il dit.Qutre Claude Chartrand, au moins trois autres procureurs ont déjà déserté la Couronne depuis l’adoption de la loi spéciale, il y a un mois, dont Jasmin Laperle, un procureur de Drummondville qui a jeté l’éponge lundi.Claude Chartrand, un procureur d’expérience et respecté de ses pairs, sera très difhcile à remplacer, estime M® Leblanc.«Sa démission est un signal de détresse que le gouvernement ne veut malheureusement pas en-tenfire», a-t-il dit.À l’Assemblée nationale, la députée péquiste Véronique Hivon a repris ses attaques contre la stratégie du ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, en l’accusant de manquer de respect à l’égard des procureurs.Le ministre Fournier n’a pas consulté l’APPCP avant d’annoncer mardi la création de 98 postes de procureurs et une augmentation du budget de la Couronne de 80 à 105 millions.Il a fait peu de cas de la vague récente de démissions, réitérant son intention d’améliorer le système judiciaire à sa façon.Désaveu du DPCP De son côté, Claude Char-tand a décliné les demandes d’entrevue.Il a remis sa démission «pour être conséquent avec lui même», a dit son collègue Roger Carrière.Le départ de Claude Chartrand est un véritable désaveu du directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Louis Dionne.Le procureur en chef du BLACQ démissionne pour les mêmes raisons qu’il avait évoquées dans sa lettre coqp de poing du 20 février.À la veille de l’adoption de la loi spéciale, M® Chartrand avait averti Louis Dionne que le manque de ressources humaines et hnancières à la Couronne risquait de mettre en péril la tenue du mégaprocès intenté contre les présumés membres ou associés des Hells Angels à la suite de l’opération SharQc.Le chef du BLACQ priait son patron d’exercer toute son influence «pour éviter le désastre».«Vous savez comme moi que ce n’est pas que le BLACO qui est en péril, mais bien toute l’institution du DPCP», écrivait-il.La démission de M® Chartrand, jumelée au départ à la retraite de Roger Carrière, le 29 avril prochain, laisse le BLACQ dans un état critique.Madeleine Giauque, nommée procureure en chef adjointe en décembre (après le départ de Randall Richmond à la Couronne fédérale), devient en quelque sorte l’épine dorsale de l’équipe.Avec le départ de Claude Chartrand, le BLACQ est maintenant à court de 7 procureurs (sur un total de 16) pour mener le procès des Hells Angels.Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI 24 MARS 2011 A 3 ACTUALITES Les enfants et leurs écrans www.pum.umontreal.ca toutou Michel David Avant même que la campagne électorale fédérale ne soit officiellement déclenchée, le premier ministre Charest a déjà commencé à accuser le PQ de vouloir profiter de l’occasion pour défendre ses intérêts partisans aux dépens de ceux du Québec.C’est précisément ce dont Mario Dumont avait accusé M.Charest durant la campagne de 2008, alors qu’il n’avait pas cessé d’asticoter Stephen Harper, qui n’avait lui-même pas daigné répondre à la lettre que le premier ministre avait adressée à tous les chefs de partis fédéraux.Il est vrai qu’à l’époque, M.Charest n’attendait que la hn de la campagne fédérale pour appeler les électeurs aux urnes à son tour.L’ADQ était en chute libre, et il devait se presser avant que la crise des marchés hnanciers n’entraîne toutes les économies de la planète dans la récession.Dans cette perspective, il avait tout intérêt à se poser en défenseru des intérêts du Québec, quitte à indisposer M.Harper.Il serait toujours temps d’essayer de recoller les pots cassés ime fois réélu.Cette fois-ci, M.Charest n’a aucun intérêt à jouer les matamores.Il n’y arua pas d’élections au Québec avant deux ans.Peu importe qui dirigera le PLQ à ce moment-là, les libéraux doivent mettre ce délai à proht poru améliorer leru bilan au chapitre des relations fédérales-provinciales.Qu’il réussisse ou non à obtenir une majorité parlementaire, M.Harper a toutes les chances de demeruer premier ministre et il a clairement démontré qu’il est contreproductif de le contrarier.Il n’a jamais digéré que les 700 millions de dollars additionnels qu’il avait consenti à verser au Québec au printemps 2007 aient été dilapidés en baisse d’impôt.La revendication québécoise sru l’harmonisation de la TPS et de la TVQ a beau être parfaitement légitime, c’est Qttawa qui a le gros bout du bâton.Encore tout récemment, Raymond Bachand disait vouloir en faire un enjeu électoral, mais M.Charest semble maintenant tout disposé à laisser son vis-à-vis canadien gérer le dossier à son rjqhme.À Québec, on a longtemps espéré que Michael Ignatieff arriverait à s’imposer, mais il faut bien se faire une raison.Au corus des prochaines semaines, M.Charest fera donc preuve de la plus grande déférence envers factuel premier ministre canadien.Le molosse de 2007 va se transformer en gentil toutou.D’aillerus, M.Harper lui-même, qui se vante continuellement d’avoir envoyé les souverainistes au plancher, sera mal avisé d’apporter de l’eau au moulin péquiste.Un gouvernement dirigé par Pauline Marois ne tiendrait peut-être pas de référendum, mais les relations entre Québec et le reste du pays seraient inévitablement plus tendues.Ce ne sont pas les dossiers litigieux qui manquent.La longue liste de réclamations totalisant plus de 5 milliards brandie par le Bloc québécois s’inspirait largement de celle que Raymond Bachand avait annexée à son budget de l’an dernier.La quasi-totalité des dossiers que M.Charest avait évoqués dans sa lettre aux chefs de partis en 2008 demeure d’actualité: l’encadrement du pouvoir de dépenser, la maîtrise d’œuvre en matière de culture et de communication, la réforme du sénat, la commission des valeurs mobilières pancanadienne, le protocole de Kyoto, le contrôle des armes à feu, l’exploitation pétrolière dans le golfe, le financement de fenseignement postsecondaire, etc.D’autres sujets de controverse se sont ajoutés plus récemment: le transport des déchets nucléaires ontariens sur le Saint-Laurent, la reconstruction du pont Champlain, la relance du chantier maritime Davie.Sans parler des transferts fédéraux, qui arriveront à échéance en 2014 et sur lesquels le budget Flaherty est resté totalement muet.M.Charest a parfaitement raison de croire que le PQ et le Bloc vont chercher la chicane au corus des prochaines semaines, comme il favait lui-même fait en 2008.Pourquoi s’en priveraient-ils puisqu’il leru abandonne le terrain?Les souverainistes ont beau se défendre de pratiquer la politique du pire, ils ont tout intérêt à ce que le Québec soit le moins représenté possible dans le prochain gouvernement fédéral, et le Bloc a d’excellentes chances de ravir quelques sièges au PC, particulièrement à Québec.À défaut d’être en mesrue de sortir le Québec du Canada, on peut toujorus essayer de sortir le Canada du Québec.De toute manière, un député fédéraliste de moins à la Chambre des communes sera un adversaire que le PQ n’arua pas à affronter sru le terrain lors de la prochaine campagne québécoise.La position dans laquelle se retrouve l’ADQ est plus délicate.Gérard Deltell est un ancien conservateur et il le demeure dans l’âmç.D’ailleurs, le plan de réduction de la taille de l’Etat annoncé par M.Flaherty n’est certainement pas poru déplaire aux adéquistes.Il reste que Mario Dumont n’a rien gagner à se coller aux conservaterus en 2008.Dans la région de Québec, qui est vitale poru l’ADQ, ce n’est pas la meilleure carte de visite ces temps-ci.Même si M.Harper est son seul allié potentiel, il vaudrait peut-être mieux avoir l’amitié discrète.mdavid@ledevoir.corn /à l JACQUES BOISSINOT REUTERS Jean Charest affirme qu’il va réfléchir à la façon de présenter les enjeux qui concernent le Québec lors de la campagne électorale qui s’annonce.Vers une élection fédérale Charest n’enverra pas de lettre ANTOINE ROBITAILLE Québec — Cette fois, Jean Charest n’enverra pas de lettre ouverte aux chefs des partis fédéraux.Le 29 septembre 2008, alors que la campagne électorale fédérale battait son plein, le premier ministre, alors minoritaire Çd sera réélu majoritaire le 8 décembre suivant), avaif dans une lettre, formulé 14 demandes (voir www.ledevoir.com).Le Bloc avait répondu, les bbéraux aussi, quoique tardivemenL mais pas les conservaterus.En 2011, «la formule des lettres», ça «devient usé un petit peu», a soutenu Jean Charest hier matin lorsqu’il a été questionné sur la stratégie qu’il compte adopter une fois que la campagne sera déclenchée.«Il y a des enjeux qui sont du Québec et on va réfléchir sur la façon dont on veut les présenter durant la campagne fédérale», a-t-il dit.Choisissant de mettre en relief un des enjeux, il a parlé des chantiers navals Davie et des «contrats extrêmement lucratijs» que le fédéral s’apprête à octroyer.«Ce sont de gros contrats de plus de 30 milliards de dollars.C’est un enjeu dans lequel nous avons un intérêt très spécial», a-t-il insisté.Quant au reste, le premier ministre s’est montré plutôt optimiste, affirmant que certains dossiers progressaient «bien, comme Old Harry» et l’harmonisation de la TVQ avec la TPS, pour laquelle le Québec réclame 2,2 milliards.Sru ce dernier poinf il ne s’attendait pas nécessairement à ce que le gouvernement fédéral règle l’aflaire dans son budget.«Que ce soit avant, pendant ou après la campagne, l’important c’est qu’il se règle comme il faut dans l’intérêt du Québec.Nous, on ne fera pas de règlement au rabais parce qu’il y a une campagne électorale», a-t-il soutenu.Le ministre des Finances, Raymond Bachand, lui, espère un règlement à court terme: «Il est toujours temps cette semaine, avant le déclenchement des élections, de signer ce projet d’entente que j’ai décrit avec force détails dans le budget que j’ai déposé.» Le budget déposé mardi ne deviendra très probablement jamais loi.C’est poruquoi M.Bachand ne l’a pas commenté le soir même.Hier, il s’est réjoui d’y voir un passage sru les transferts fédéraux, qui viennent à échéance en 2014.Ces dernières années, Qttawa soutenait qu’après cette échéance rien ne garantirait que ceux-ci soient maintenus au itiveau actuel, soit 7,6 milliards en 2011-2012.«M.Flaherty maintient les transferts fédéraux avec leur croissance», même poru raprès-2014.«Ça, c’est quand même majeur pour les Québécois», a-t-il souligné.Le Parti québécois En Chambre, à la période de questions, Pauline Marois a iistigé le gouvernement Charest poru sa discrétion devant rm «budget aussi décevant pour le Québec», soutenant qu’il ne défendait pas les intérêts du Québec et reculait sru tous les fronts.Jean Charest s’est amusé à qualifier sa vis-à-vis de «porte-parole du Bloc québécois».«Elle ne défend pas les intérêts du Québec, elle défend les intérêts du PQ, puis celui d’un référendum dont ne veulent pas les Québécois», a pesté le premier ministre.Le Devoir :-û« 11! s CHRIS WATTIE REUTERS «Notre économie n’est pas un jeu politique», a déclaré Stephen Harper, soutenant que le moment n’est pas opportun pour déclencher une élection.Un vote en temps de crise HELENE BUZZETTI Ottawa — Le gouvernement canadien peut-il se soumettre au test démocratique tout en veillant au bon fonctioimement de l’économie du pays?Le premier ministre Stephen Harper semble croire que non.Encore hier, il a invoqué la précarité de la reprise économique, la crise en Libye, le désastre au Japon et le niveau d’endettement européen comme autant de raisons de ne pas déclencher une élection fédérale «inutile» maintenant.D’autres l’ont poiutant fait.La crise économique mondiale dont Qttawa se vante de s’être mieux sorti que les autres pays a cjébuté à l’automne 2008.Depuis, de nombreux Etats, dont des puissances économiques faisant partie dp club sélect du G7, sont passés aux urnes.Les Etats-Unis ont tenu leurs élections de mi-mandat à l’automne 2010, élection qui a fait perdre au président Barack Qbama sa majorité à la Chambre des représentants.La Grande-Bretagne a vécu une élection générale en mai 2010.Il a fallu cinq jours poru que les chefs, tous minoritaires, concoctent une coalition gouvernementale.Le Japon, lui aussi membre du G7, a affronté l’électorat lors d’élections législatives en août 2009.La liste se poursuit.L’Australie, qui a en partage avec le Canada son parlementarisme britannique, a tenu son élection générale fédérale en août 2010.La coalition gouvernementale en place a été défaite et remplacée par une autre coalition travailliste-verte, qui détient à peine deux sièges de plus que ses adversaires.Côté européen, le Portugal a tenu une élection présidentielle en janvier de cette année et l’Autriche a tenu la sienne en avril 2010.Les Irlandais ont quant à eux renouvelé leru Parlement en février dentier.En plein cœru de la crise économique, au printemps 2009, le géant indien a reporté Manmohan Singh au pouvoir à la tête d’une coalition.Autre économie émergente, le Brésil s’est donné une nouvelle présidente en 2010.Le voisin chilien a aussi organisé une élection présidentielle.Même l’Irak a tenu des élections en 2010.Des menaces N’empêche, M.Harper a déploré hier que l’opposition rejette son budget et plonge le pays en campagne électorale «inutile».«Notre économie n’est pas un jeu politique», a-t-il dit en soutenant que «des menaces planent toujours» telles que le Japon, le Moyen-Qrient et la dette eruopéeime.Les partis d’opposition à Qttawa se sont moqués hier de cette adéquation établie entre élection et risque économique.«C’est absolument hilarant que le premier ministre tente de convaincre les Canadiens que nous ne pouvons pas avoir d’élection parce que cela déstabiliserait l’économie.Nous sommes une démocratie, bon sang!», a lancé le chef libéral, Michael Ignatieff.Il ajoute qu’au contraire, cette élection permettra de juger les choix économiques des conservaterus.Pour Gilles Duceppe, «l’un ne va pas sans l’autre».«C’est le message que le Canada, supposé-ment, envoie à plusieurs pays quand il fait des interventions telles qu’en Libye.» Le Devoir Bataille de chiffres autour des F-35 ALEC CASTONGUAY La bataille concernant les coûts d’acquisition de l’avion de chasse F-35 se poursuit, alors que deux nouveaux rapports viennent alimenter le débat.Hier, le directeur parlementaire du bud-geti Kevin Page, a rendu public un document de dix pages pour répondre au ministère de la Défense, qui conteste ses estimations.Le 10 mars dernier.Kevin Page a affirmé que le coût des F-35 sera de 29,3 milliards de dollars, ce qui comprend l’acquisition des 65 appareils et leru entretien pendant 30 ans.Le ministère de la Défense nationale (MDN) juge ces chiffres «irréalistes» et non fondés.Les Forces canadieimes affirment que la facture sera de 14,7 milliards avec l’entretien pendant 20 ans.La Défense juge la méthodologie de Kevin Page erronée.Le directeur parlementaire du budget (DPB) a cru bon d’effectuer une mise au point hier.«Le MDN a publié les coûts liés à l’achat, à la préparation logistique initiale, ainsi qu’à l’expbitation et au soutien.Le MDN n’a cependant pas fourni le détail de sa méthodologie, ni les hypothèses, incertitudes ou risques associés aux chiffres publiés», écrit-il.Kevin Page estime le coût unitaire moyen d’un F-35 à 128 millions de dollars lorsqu’il sera en phase de production complète, en 2016.Le MDN affirme plutôt qu’il payera 75 ntiUions de dollars l’unité.Qr, un nouveau rapport en provenance des Etats-Unis, celui du Government Accountability Qffice (GAG), publié le 15 mars, l’équivalent du directeru parlementaire du budget au Canady affirme que le coût unitaire du F-35 sera de 133 millions de dollars.Kevin Page affirme que le MDN sous-estime aussi les coûts d’exploitation et d’entretien des appareils, fixés à 5,7 milliards sru 20 ans.Gr, le GAG des Etats-Uitis estime qu’il faut prévoir 2,5 fois le coût d’acquisition poru bien refléter la facture d’entretien et d’utilisation.Appliqué au Canada, cela représente 23 milliards, et non pas 5,7 milliards.Kevin Page dit avoir coupé la poire en deux poru être prudent dans ses prévisions, à 1,4 fois le coût d’acquisition.M.Page recoimaît qu’il a chiffré les coûts d’acquisition du F-35, et non pas son prix de vente, soit l’une des critiques du MDN.«Toutefois, il faut faire preuve de prudence devant la suggestion selon laquelle le Canada pourrait être en mesure de négocier un prix inférieur au coût d’acquisition unitaire moyen», dit M.Page.D’abord, les lois fédérales américaines interdisent la vente d’équipement militaire à des clients interpationaux à un prix inférieur au prix payé par les Etats-Uitis.Ensuite, «les partenaires internationaux ne voudront probablement pas payer plus cher que le Canada», dit-il.FinalemenL étant doimé que le Canada a l’intention de procéder à ses achats assez rapidemenL soit en 2016, «le coût unitaire d’achat pourrait être abrs plus élevé que celui de l’ensemble du programme», ditM.Page.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE JEUDI 24 MARS 2011 ACTUALITES Le dépistage du cancer colorectal se met en branle Il faudra encore deux ans pour que le programme soit déployé partout au Québec LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Quoi qu’en dise la rumeur, le programme de dépistage du cancer colorectal est bel et bien sur les rails, a affirmé hier la Direction de la lutte contre le cancer, du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.Invité à faire le point devant l’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC), son directeur, le D'^ Antoine Loutfi, a fait valoir que le temps consacré à la préparation était «crucial pour établir des bases solides», un premier travail qui aurait déjà rapporté gros.Sur la défensive, le D" Loutfi a commencé par nier tout retard dans la phase de démonstration en cours dans huit établissements de santé.«Beaucoup de choses ont été accomplies.Les gens ont fait un vrai travail de moine pour implanter un système de mesure de la qualité.» Mais il en reste encore beaucoup à abattre avant de passer au déploiement du programme, qui se fera par la recherche de sang occulte dans les selles, prévient-il.La direction estime qu’il faudra encore un an avant de pouvoir commencer les premiers dépistages, et un an de plus pour compléter le déploiement du programme à la grandeur du territoire.En attendant, on meurt encore beaucoup du cancer colorectal au Québec — plus que dans plusieurs autres endroits au monde — faute d’un programme de dépistage digne de ce nom permettant un diagnostic précoce, souligne le président l’ACCC, Barry Stein.Impatience Ce dernier ne cache pas que les patients et leurs proches, tout comme plusieurs gastroen-térologues, s’impatientent.Mais ils doivent comprendre qu’un bon programme de dépistage est d’abord un programme rigoureux, a-t-il affirmé en marge d’une conférence consa- On meurt davantage au Québec du cancer colorectal que dans plusieurs autres endroits au monde faute d’un programme de dépistage permettant un diagnostic précoce bilisation, la demande pour des colonoscopies est en hausse au Québec, comme en témoignent les listes d’attente.«En mesurant les délais en fonction des priorités, on va gagner des colonoscopies, croit le D'Loutfi.Nous estimons qu’il suffira d’en récupérer 20 % pour répondre aux nouveaux besoins générés par le programme de dépistage.C’est ça, le but de la première phase.» D’ici là, Barry Stein rappelle que le dépista- crée aux soins offerts aux Québécois atteints de cancer colorectal et organisée par l’ACCC.«Je pense qu’il faut aussi être certain qu’on n’abandonnera personne, c’est-à-dire que le dépistage ne se fera pas au détriment du diagnostic et du suivi.» Il n’y a aura pas de bris de services, promet le D"^ Loutfi.Un des grands défis sera de déterminer quels sont les délais raisonnables en fonction des degrés de priorité, explique le D" Loutfi.«Il y a des gens qui ont besoin d’une colonoscopie tous les dix ans.Mais il y a aussi des données internationales qui disent qu’il y a trop de gens — en fait près du tiers — qui font faire leur colonoscopie dans un délai plus rapproché que nécessaire.» Il faut dire qu’avec la sensi- ge — qui pourrait faire chuter de 15 à 30 % les taux de mortalité — devra être doublé d’un meilleur programme de prévention.L’accès aux traitements de troisième intention, qui améliorent la qualité de la vie et la prolongent un peu, devra aussi être revu.«Ces médicaments existent, ils sont utilisés par d’autres provinces, mais ils sont encore à l’étude au Québec.» Un non-sens, selon le D" Benoît Samson, hémato-oncologue à l’hôpital Charles-LeMoyne, qui estime «qu’offrir l’accès à des traitements de qualité en fin de vie et assurer l’accès aux traitements pouvant prolonger la durée de vie tout en offrant un confort, en particulier lorsqu’il s’agit d’un cancer de stade avancé, devrait constituer un objectif hautement prioritaire pour le gouvernement québécois».Le Devoir « Je suis ici pour être utile.Lorsque je vois que cela donne de bons résultats, ça me donne envie de continuer.Merci Oxfam-Québec ! » Jeanne Mangani est coopérante en République Démocratique du Congo pour ie projet Viiiage Assaini.Elle a aussi été choisie par ies iecteurs de La Presse comme personnaiité de ia rubrique Des gens d’ici qui vont loin en décembre 2010.Vous aussi, vous avez le pouvoir d’agir pour changer le monde.Vivez une expérience unique et faites une différence dans un pays en développement.Soyez coopérante ou coopérant volontaire ! oxfam.qc.ca facebook.com/oxfamquebec x) Oxfam Québec Le pouvoir d'agir I Ë JOHN MACDOUGALL AGENCE ERANCE-PRESSE La Fédération des syndicats de l’enseignement soutient que les problèmes liés à un stress aigu sont répandus non seulement dans la profession enseignante, mais également chez tous les employés du milieu scolaire.Dans les écoles, le stress est bien réel Ensemble, nous avons le pouvoir d agir ! P EISA-MARIE GERVAIS Les problèmes de détresse psychologique et d’épuisement professionnel sont bien réels sur le terrain, a rétorqué la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) aux conclusions d’une étude rapportées dans Le Devoir d’hier.Les résultats de cette enquête menée par des professeurs du département de psychologie de î’Université de Montréal, qui sont en fait des analyses préliminaires de données, démontraient que, contrairement à la croyance populaire, la grande majorité des enseignants (94 %) étaient en bonne santé psychologique et moins de 2 % des enseignants ne l’étaient pas.L’article scientifique traitant de cette analyse préliminaire et publié récemment en France, dans le Journal des psychologues, arrivait à la conclusion que «la problématique de la santé psychologique au travail fait l’objet de surenchère».«On va laisser les chercheurs discuter entre eux, parce qu’il y a d’autres recherches qui ne vont pas du tout dans le même sens de ce qu’on constate, nous, sur le terrain.Les sondages qu’ont a menés ne vont pas dans ce sens-là», a dit Mme Bernard.«On a des études, par exemple de Michel Vézina [chercheur à l’Université Laval sur l’organisation du travail et la santé], qui parlent des effets du manque de reconnaissance chez les travailleurs.Ça fait dix ans que les enseignants vivent changement par dessus changement.» Luc Brunet, professeur au département de psychologie de l’Université de Montréal et coauteur de l’étude, ne nie pas les conséquences des changements sur le moral des enseignants.«Ixs changements rapides et multiples vont provoquer beaucoup plus de tensions au travail.Mais l’impor- tant, c’est qu’on ait du soutien et qu’on ait des groupes d’appartenance sur lesquels se rabattre comme moyen de survie à l’intérieur du système», a-t-il indiqué.Dans la plupart des écoles, on y arrive plutôt bien, a-t-il laissé entendre.Pas seulement les enseignants La présidente de la FSE soutient que les problèmes liés à un stress aigu (épuisement professionnel, dépression) sont répandus non seulement dans la profession enseignante, mais également chez tous les employés du milieu scolaire.«Faites le tour des commissions scolaires et deman-dez-leur le pourcentage de gens qui demandent des allégements de tâche.C’est phénoménal.On ne l’invente pas!» a-t-elle dit.Vérification faite, selon la Fédération des commission scolaires du ()uébec (FCSQ), 50 % de tous les congés maladies octroyés aux employés des commissions scolaires (cadres, enseignants, professionnels, etc.) l’ont été pour des problèmes de santé mentale, un taux qui se compare à celui des employés de grands réseaux, comme celui de la santé.Les enseignants ne seraient pas plus nombreux que les autres employés des commissions scolaires à demander des congés pour ce type de problèmes.Même si elle ne partage pas l’avis des chercheurs, Mme Bernard est néanmoins en accord avec l’un de leur constat, à savoir que le climat de travail est un facteur organisationnel qui joue un rôle important dans la détresse.«C’est une conclusion intéressante.Et j’attire l’attention sur les questions de leadership des directions d’école», a-t-elle indiqué.Le Devoir CÉRIUM Choisissez la personnalité internationale de l'année.et soupez avec elle! Le Cérium, Le Devoir et l'émission Une heure sur terre vous invitent à participer au choix de la personnalité québécoise qui a, au cours des dernières années, fait une contribution exceptionnelle pour ouvrir le Québec sur le monde ou faire connaître le Québec au monde.Les candidatures doivent être transmises avant le 30 mars.Le prix sera remis lors d'un banquet bénéfice auquel vous êtes conviés, le jeudi soir 21 avril.Si votre candidat est choisi, vous serez convié à sa table.» Toutes les informations sur Cerium.ca « LE DEVOIR CENTRE D'ÉTUDES ET DE RECHERCHES INTERNATIONALES Université de Montréal LE DEVOIR LE JEUDI 24 MARS 2011 A 5 ACTUALITES ECOQUARTIERS Québec met sa tournée sur la glace ISABELLE PORTER Québec — La tournée internationale que prévoyait organiser la Ville de Québec pour faire connaître ses projets d’écoquartiers à l’étranger a été mise sur la glace.Pour justifier ce revirement, le responsable du dossier, Charles Marceau, dit en avoir déjà plein les bras avec les demandes des promoteurs d’ici.«Il reçoit énormément d’appels, donc il va se concentrer là-dessus pour l’instant, explique la porte-parole de la Ville, Marie-Christine Magnan.Il y a beaucoup d’intérêt local et certains sont déjà en lien avec des promoteurs étrangers pour développer le projet en consortium.» À la fin décembre, M.Marceau avait révélé dans les médias qu’il préparait une tournée de présentation dans le but d’aller à la rencontre d’investisseurs potentiels à l’extérieur du Québec.Prévue pour février, cette tournée cjevait le conduire à Toronto, aux États-Unis et en Europe.Réticences Depuis la présentation des projets en décembre, les promoteurs locaux manifestaient quant à eux davantage de réticences que d’enthousiasme.En janvier.Le Devoir révélait que beaucoup de promoteurs hésitaient à se lancer dans l’aventure parce qu’ils jugeaient les exigences trop nombreuses, n’avaient pas les reins assez solides ou manquaient d’expérience dans le domaine.Trois promoteurs avaient toutefois manifesté de l’intérêt pour les projets: Logisbourg, Allégro et l’industrielle Alliance.Logisbourg était alors la seule à être déjà en contact avec une entreprise étrangère, sa compagnie sœur Peikko qui a participé au développement du quartier d’Hammar-by en Suède, une référence dans le domaine.Selon Mme Magnan, les réticences affichées dans le passé par les promoteurs locaux découlaient surtout du fait qu’ils manquaient de temps.La Ville a d’ailleurs déjà reporté à la fin juin l’échéance pour la remise des offres préliminaires pour les promoteurs intéressés.Les écoquartiers de Pointe-aux-Lièvres et D’Estimauville doivent être livrés pour 2016 et totaliseraient selon les dernières estimations des investissements de près de 2 milliards (80 % privés, 20 % publics).Par ailleurs, le comité exécutif vient de donner le feu vert à des dépenses importantes pour l’écoquartier D’Estimauville, le plus gros des deux chantiers.Une dépense de 2,3 millions vient d’être autorisée pour la réalisation des plans et devis d’un nouvel «espace culturel et communautaire» qui serait situé en plein cœur du quartier.Le centre, dont l’emplacement exact reste à définir, inclurait une bibliothèque, une salle multifonctionnelle et des installations sportives.La Ville compte en outre regrouper dans ce complexe tous ses employés de la direction du développement durable, soit environ 400 personnes.Le Devoir ISSEI KATO REUTERS Des femmes cherchent des effets personnels parmi les décombres à Ofunato.Le bilan du séisme et du tsunami du 11 mars s’élève maintenant à près de 23 000 morts et disparus.JAPON Inquiétudes sur l’impact sanitaire de Fukushima MAYUMI NEGISHI KAZUNORI TAKADA Tokyo — De nouveaux cas de contamination alimentaire ont renforcé hier l’inquiétude quant à l’impact sanitaire de l’accident de la centrale nucléaire de Eukushima, où la situation demeure fragile.Les autorités japonaises ont interdit la consommation de certains légumes produits dqns les régions voisines de Eukushima, et les États-Unis ont bloqué leurs importations de lait et de produits frais en provenance des alentours de la centrale endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars, dont le dernier bilan s’élève à près de 23 000 morts et disparus.Dans le nord du Japon, les pluies, parfois vergla-çantes, les pénuries de carburant et les coupures d’électricité persistantes ralentissent les efforts d’aide aux populations sinistrées.La catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire de l’humanité — évaluée par le gouvernement à ime fourchette de 200 à 310 milliards de dollars $US — a fait à ce jour 9199 morts confirmés et dans les 13 786 disparus.Et 268 000 personnes ont passé ime nouvelle nuit dans les centres d’hébergement.Des traces de radioactivité supérieures aux normes de sécurité ont été détectées sur onze types de légumes produits dans la préfecture de Éukushima, où se ùouve la centrale endommagée.La municipalité de Tokyo a aussi annoncé que des purificateurs d’eau étaient affectés par des niveaux trop élevés de radiation à Tokyo et dans cinq communes périphériques.L’eau ne doit pas être donnée aux nourrissons, a-t-elle dit.De l’iode radioactif en laible quantité a été détecté par ailleurs dans l’eau du robinet à Tokyo, et des traces de substances radioactives ont été trouvées dans l’océan Pacifique, au large de la centrale.Deux blessés L’opérateur de la centrale de Eukushima, Tokyo Électric Power (Tepco), a déclaré qu’il lui faudrait du temps avant de pouvoir dire si les réacteurs pourraient être stabilisés.Au chapitre des améliorations, la piscine pour combustible usé du réacteur 2 a pu être remplie d’eau, ce qui empêche le dégagement de radioactivité.Et les six réacteurs de la centrale sont désormais reliés par des câbles électriques, élément clé pour relancer le processus de refroidissement des cartouches de combustible.Dans l’un des réacteurs, le pompage d’eau a repris.Cependanf la température est remontée à 400 °C dans le cœur du réacteur 1, conçu pour fonctioimer à 300 °C, et deux techniciens ont été blessés alors qu’ils tentaient d’y rétablir le courant.Les travaux ont également dû être interrompus dans le réacteur 2 en raison d’un pic de radioactivité trop dangereux, dépassant 500 millisieverts par heure.Reuters E N BREF Un nom ponr le métro À l’instar de Toronto qui a son «Rocket», Montréal veut trouver un nom pour ses nouvelles voitures de métro.La Société de transport de Montréal (STM) a donc décidé de solliciter les suggestions du public dans le cadre d’une consultation qu’elle lancera lundi prochain.Le nom devra être court (pas plus de 16 caractères), original, sympathique, facile à retenir et avoir un lien avec le développement durable, précise la STM.A l’heure actuelle, les nouvelles voitures de métro, qui seront construites par le consortium Bombardier-Al-stom, portent le nom de MPM-10 (pour Matériel pneumatique de Montréal acquis en 2010).Les internautes pourront faire leurs suggestions à la STM en se rendant sur le site Web de la société de transport (www.mouve-mentcollectiforg).Cette consultation n’est pas sans rappeler le concours qu’avait lancé en 2008 Stationnement de Montréal pour trouver un nom au vélo en libre-service.C’est finalement Bixi qui l’avait emporté.- Le Devoir La Ville de Québec perd sa directrice des communications La directrice du service des communications de la Ville de Québec, Marie Lavoie, quittera son poste la semaine prochaine.Mme Lavoie qu’on disait très appréciée à l’interne était en poste depuis à peine sept mois.Avant d’œuvrer à la Ville, elle a été directrice des communications au ministère de l’Éducation et au ministère du Développement économique, entre autres.11 nous a été impossible hier de connaître les motifs de son départ.- Le Devoir porter Nul besoin d’arriver tôt pour votre vol Porter.Mais c’est tentant.L’aéroport de Toronto est à quelques minutes du centre-ville.L’enregistrement et le contrôle de sécurité sont rapides et bien rodés.Pourtant, de nombreux passagers arrivent plus tôt.Sans doute pour profiter du confort de notre salon, de l’Internet sans fil gratuit, de nos consommations et collations gratuites.Laissez-vous tenter.Porter.Raffinée sur toute la ligne.porter U4 14- Vols au départ de Montréal.Réservez avant le 30 mars.TORONTO 20 par jour HALIFAX ST.JOHN’S SAULT STE.MARIE SUDBURY THUNDER BAY WINDSOR 2 par jour 3 par jour Dès le 4 mai Dès le 27 avril BOSTON $149* $154* I $179* I $159* | $169* | $149*1 $149*| $199^ CHICAGO MYRTLE BEACH NEW YORK Réservez en ligne, appelez au 1-888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.$199l$259* $149* Réservez avant le 30 mars 2011 pour vos trajets avant le 23 juin 2011.Porter peut exiger un achat jusqu'à 21 jours à l’avance.L’aller simple en classe Fixe n’inclut pas les taxes, frais et surcharges.Ce tarif aller-simple n’exige pas l’achat d’un aller-retour.Les sièges à ce tarif sont en nombre limité et peuvent ne pas être disponibles sur tous les vols ou pour toutes les dates.Offre valable pour les nouvelles réservations seulement.flyporter.com A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 24 MARS 2011 EDITORIAL Élections fédérales « Je vous ai apporté des bonbons.» Le suspense tire à sa fin.Dans quelques heures, quelques jours tout au plus, le sort en sera jeté: nous serons en campagne électorale.Ces élections, que les Canadiens ne désirent pas a priori, les forceront néanmoins à faire un choix entre des visions nettement opposées.Voudra-t-on, selon l’image utilisée hier par Michael Ignatieff, ouvrir la porte hleue ou la porte rouge?On optera alors pour des priorités et un mode de gouvernance qui vaudront pour de nombreuses années.L l\ Bernard Descôteaux es événements qui se déroulent à la Chambre des communes depuis mardi ont été soigneusement scénarisés par Stephen Harper qui souhaitait, quoi qu’il dise aujourd’hui et dira tout au long de la campagne électorale, être poussé vers des élections.Le budget Flaherty de mardi a été rédigé de telle sorte que l’opposition soit conduite à défaire le gouvernement afin de pouvoir la tenir responsable du déclenchement d’une élection inutile et de pouvoir lui reprocher de priver les Canadiens de tous les bienfaits que le gouvernement était disposé à leur accorder.Dans ce budget se trouve toute la trame de la campagne conservatrice consistant à séduire un électorat découpé en une série de groupes cibles par des mesures conçues spécifiquement pour chacun.En exergue de son discours.Jim Flaherty aurait pu mettre le «Je vous ai apporté des bonbons parce que les fleurs c’est périssable.» de Jacques Bref Des bonbons, c’est concret et, comme ce n’est pas cher, on peut en donner à tout le monde: aux persoimes âgées, aux pompiers volontaires, aux parents poiu des activités culturelles, aux anciens combattants, aux étudiants en médecine, aux détenteurs _ d’armes à feu.Personne n’a été oublié, si ce n’est le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, qui devra patienter avant J d’avoir ses 2,2 milliards poiu l’harmonisation de ¦ Ife TVQ.Peut-être l’aiua-t-il durant H .^ la campagne si le gouvernement Charest ne H \ 1 vient pas faire les trouble-fête.La stratégie des conservateurs est transparente.Cette élection, ils la feront groupe cible par groupe cible, circonscription par circonscription, comme le laissait deviner leur dernière campagne de publicité.Leur espoir, atteindre le chiffre magique de 155 circonscriptions qui leiu donnera la majorité qui leur a échappé ces deux dernières élections.Pour gagner les 12 circonscriptions qui leur manquent aujourd’hui, le discours sera très terre-à-terre, centré sur des intérêts particuliers.Ils feront tout pour s’éloigner des grands enjeux que veulent soulever les partis d’opposition, tout particulièrement les questions d’éthique et de gouvernance, qui sont leur talon d’Achille.C’est justement sur ces questions que le Parti libéral, le Bloc québécois et le NPD veulent que s’amorce la campagne électorale, plutôt que sur le budget.L’atout dont ils disposent est cette motion de censure qui demain sera débattue, et certainement votée, pour outrage au Parlement.Par celle-ci, ils auront l’occasion de mettre en cause les valeurs démocratiques du gouvernement Harper, son autoritarisme et son mode de gouvernance.Leur message est simple et limpide: il y a des principes qu’on ne peut et ne doit pas brader.11 y a là certes des enjeux de grande importance, mais toujours difficiles à soutenir dans un débat électoral de cinq semaines.L’appétit des électeurs pour des questions de principe est toujours moins grand que pour des mesures bonbons bien enrobées, même si ceux-ci savent intuitivement qu’elles auront perdu leur saveur dans quelques mois.C’est ce sur quoi compte Stephen Harper.bdescoteaux@ledevoir.corn Procureurs de la Couronne Départs significatifs e ministre québécois de Injustice, Jean-Marc Fournier, minimisait l’affaire à la période de questions hier, mais il est clair que le départ du procureur en chef au Bureau de lutte au crime organisé (BLACO) est un i désaveu total de la manière dont le gouvernement gère le dossier des procureurs de la Couronne.M® Claude Chartrand prend techniquement sa retraite, mais en fait, il s’en va travailler ailleurs, au Barreau du Québec.Et il maintient ses sévères critiques faites il y a un mois: vu les conditions de travail actuelles, il devient impossible de poiuvoir tous les postes de procureur disponibles au BLACQ.Ce qui laisse aussi présager de l’inefficacité du nouveau Biueau de lutte contre la corruption et la malversation, lié à l’Unité permanente anticorruption que vient de mettre en place le gouvernement Charest, bonbon qui doit remplacer la commission d’enquête sur la construction que les Québécois souhaitent.Les prociueius de la Couronne maintiennent leur refus de joindre les rangs de ce Bureau alors que le Directeur des poursuites criminelles et pénales, M® Louis Dionne, mise tou-JosÉE jours sur des embauches à compter de juin.Boileau Pour résoudre l’impasse, il n’aura donc pas d’autre choix que de puiser parmi les recrues promises mardi par le ministre Fournier.Comme personne du secteur privé ne se ruera sur ces postes, il s’agira d’avocats débutants.Le crime organisé et ses avocats de renom ne trembleront pas de sitôt! La question se pose donc: le gouvernement Charest est-il sérieux quand il affirme miser sur cette Unité anticorruption pour faire le ménage au Québec?Prend-il même l’administration de la justice au sérieux quand, alors que les procureurs de la Coiuoime font face à des défis particuliers et à un retard salarial historique avéré, il s’en tient à des augmentations identiques à ce qui est offert poiu l’ensemble de la fonction publique et qu’il ne fait qu’ajuster le paiement des heiues supplémentaires à la Loi siu les normes du travail?Et qui le ministre Foiunier croit-il convaincre quand, en réponse aux questions de la députée péquiste Véronique Hivon à l’Assemblée nationale, il a soutenu hier qu’il n’y avait pas à s’inquiéter puisqu’on ne comptait que trois départs à la retraite, déjà prévus, chez les prociueius?Hier, on lisait pourtant dans La Tribune qu’un procureur de la Couronne de Drummondville quittait ses fonctions non pour se retirer mais pour passer au privé, en raison notamment du dernier conflit.Les manifestations de procureurs cette semaine font aussi voir leur démobilisation: faire leur travail, soit, mais certainement pas s’embarquer dans de grands défis.Qr la lutte, nécessaire, indispensable, aux magouilles et à la corruption qui sévissent demanderait de l’enthousiasme.Qui vient avec le respect.Qui se traduit par des conditions de travail à la hauteur de la commande.j boileau@ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO (.iQUEi-Lfe SuPû-er A Une élection risible Le printemps 2011 sera donc électoral.Après trois ans d’hypocrisies et de mollesses, les partis d’opposition tenteront au cours des prochaines semaines de convaincre l’électorat québécois qu’ils sont dignes de confiance et de respect.Les Québécois auront une fois de plus à choisir entre un parti néo-démocrate foncièrement centralisateur, un parti libéral qui n’offre absolument rien de nouveau, un parti nationaliste qui n’arrive manifestement plus à imposer au gouvernement le respect des intérêts du Québec et un parti conservateur dont on mesurera l’impact sur la démocratie canadienne dans l’éventualité d’une majorité.Qu’ont à proposer ces partis au Québec?U réponse est simple: un enlisement économique, social, culturel et constitutionnel accru.Pour ceux qui ne l’auraient pas déjà fait, cette élection grotesque représente une bonne occasion, une de plus, de conclure à la nécessité pour le Québec de s’émanciper de ce désordre canadien qui n’a de fédération que le nom.Je me résignerai pour ma part à offrir à M.Duceppe un vote en hommage à tout ce temps perdu à défendre son réel pays.Hubert Rioux Montréal, le 22 mars 2011 La logique implacable Mais où s’en va donc la société québécoise et les acquis de notre révolution tranquille?Avec l’ouverture d’une nouvelle clinique à Québec, on vient permettre à la médecine familiale privée de poursuivre son ascension.La logique est implacable sur ce plan: plus nous faisons de place au privé et plus notre système en sera affaibli.La propriétaire de la nouvelle clinique, la D”" Leclerc, affirme que sa clinique «n’est pas en concurrence avec le système public, mais complémentaire».Vraiment?11 me semble qu’au contraire cette clinique est en concurrence directe avec le système public, puisque le système privé va chercher la LETTRES grande majorité de ses ressources, notamment humaines, dans le réseau public.La D”" Leclerc laisse elle-même entendre qu’elle a déjà approché des collègues, les invitant à se joindre à elle.Ces professionnels qui passent de l’autre côté de la clôture et donc qui ne travaillent pas dans les hôpitaux que l’État subventionne représentent une lourde perte pour les contribuables, qui ont investi dans leur formation.De plus, une clinique privée ne peut sûrement pas prétendre être complémentaire alors que son mandat est en totale contradiction avec celui du secteur public, qui est de permettre l’égalité des chances à la population, par un accès universel et gratuit aux soins de santé.Le plus triste là-dedans est que cette incursion du privé aura comme répercussion inévitable de favoriser les riches et de délaisser les plus pauvres.Cela ne va-t-il pas à l’encontre des valeurs de la province?Etienne Boudou-Laforce Québec, le 22 mars 2011 Mauvais présage ?Quelqu’un a trouvé un nom poétique pour l’opération militaire des Qccidentaux en Libye: «Aube de l’Qdyssée».Celui qui a baptisé cette mission a-t-il lu Homère?C’est qu’avant L’Odyssée, pour ainsi dire à l’aube de l’Qdyssée, il y a eu la guerre de Troie, relatée dans l’Iliade du même illustre Homère.La guerre de Troie a duré dix ans.Laissant derrière lui la ville détruite et la population massacrée, le pauvre Ulysse a erré en Méditerranée avec ses compagnons pendant dix autres années.Lorsqu’il est revenu à la maison, après vingt ans de déboires, il n’y a que son chien qui l’a reconnu.Prévoit-on, craint-on un tel sort pour la mission de l’Qccident en Libye?Jatia Havrankova Saint-Lambert, le 22 mars 2011 L’euphorie d’un «sport» En fin de semaine, j’ai regardé du coin de l’œil le Red Bull Crashed Ice présenté sur les réseaux de RDS.Ce «sport», dont le but est de dévaler une pente glacée en patins, nous offre des sensations ultimes.Précisément.Des sensations, oui, c’est bien le mot à utiliser, car il s’agit bien d’un «sport» sensationnel.Entre autres, pendant les interviews et les arrêts de jeu, on nous présente une foule en délire, des automobiles à gagner, de la musique forte, des g5Tophares, de l’alcool, du Red bull, André Roy (je n’ai rien contre André Roy), du pain, etc.Et pourquoi pas des combats de gladiateurs?En somme, il s’agit bien d’un divertissement.Et devinez quoi?Ils osent dire que ce «sport» est sérieux.Laissez-moi rire.André Roy nous affirme que ce «sport» demande beaucoup d’agilité.J’en conviens, mais le but n’est-il pas de voir des gens s’écraser tête première sur la glace afin d’en rire?Tout comme pour la NASCAR on applaudit lorsqu’un véhicule en feu, tourbillonnant dans les airs, entraîne dans sa culbute majestueuse deux, trois ou même quatre voitures.Si le Québec se voit comme une entité différente du reste de l’Amérique du Nord,, il faudra le prouver davantage, et ce, non pas en réclamant du pain et des jeux.Guillaume Landry Kingston, le 22 mars 2011 Bizarre, bizarre Quatre heures du matin.La lune brille au sommet.Une réflexion m’allume.Vite vite, il faut la mettre sur papier avant de l’oublier.Voilà que je focalise sur le Japon et la Libye.D’un côté, le plus petit souffle de vie est un triomphe.De l’autre, on s’emploie à l’écraser avec un sang-froid glacial.Qui donc sommes-nous pour passer aussi allègrement de l’ombre à la lumière.Ce lancinant tandem dure depuis la nuit des temps.Certains appellent cela le prix de la liberté.Je trouve parfois que ce prix est insoutenable.L’homme serait-il tout aussi démuni vis a vis ses frères qu’il peut l’être face à un tsunami! Charles Gagné Ste Anne de Beaupré, le 22 mars 2011 LIBRE OPINION Pour le Club des petits déjeuners du Québec SABRINA PROVOST Ex-membre du Club des petits déjeuners du Québec et étudiante en médecine à l’Université de Montréal, l’auteure est âgée de 19 ans Lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle du dimanche 20 mars, Ricardo Larrivée a tenu des propos qui remettent en question la pertinence du Club des petits déjeuners du Québec.Je dois avoper que j’ai été choquée de l’entendre.Étant moi-même une enfant qui a fréquenté le Club, j’aimerais témoigner ici de mon expérience.Je me souviens que c’était un matin de septembre.J’avais demandé à ma mère de m’inscrire au tout nouveau Club qui devait ouvrir sous peu et elle avait refiisé.Déçue, j’en avais tout de même parlé à la dame responsable du Club et elle m’avait annoncé que je pouvais y faire du bénévolat et en profiter pour déjeuner.Et j’y suis allée tous les matins pendant trois ans.Ça m’a lait un bien énorme! Aujourd’hui, je sais qu’au fond, le problème de ma mère ce n’était pas l’argent, car un petit déjeuner coûte quelque chose comme 30 sous par jour.Non, ce qui lui faisait peur, comme à bien d’autres parents, je crois, c’était les préjugés, tels que ceux soulevés par monsieur Larrivée.C’était la peur d’être montrée du doigt parce que son enfant mangeait au Club.J’ose à peine imaginer la réaction des parents qui ont entendu ses propos dimanche dernier.Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le Club est présent uniquement dans les milieux défavorisés et, afin d’éviter d’étiqueter les enfants, son service est ouvert à tous les enfants des écoles ayant un club, et je peux vous assurer, pour l’avoir vécu, que ce ne sont en effet pas que les plus démunis qui s’y inscrivent, mais que ceux-ci attirent ceux qui le sont.Je déjeunais avec des enfants dont les parents n’avaient apparemment aucun problème d’argent.Mais le Club, de par son approche JeunEstime favorisant l’estime de soi, a quelque chose à offrir aux enfants de tous les milieux.Et je peux vous dire que c’est merveilleux pour un enfant plus démuni de se retrouver enfin égal à un enfant plus favorisé.J’imagine que ceux et celles dont j’enviais les beaux vêtements à la mode et les cartables tout neufs venaient chercher la même chose que moi au Club: une ambiance extraordinaire de conviviali- té, d’amour et de joie.Malheureusement et pour toutes sortes de raisons, je sentais le besoin d’aller chercher un peu plus que ce que mon foyer avait à m’offrir.J’y ai découvert un endroit où m’épanouir, où grandir sainement.J’y ai appris de belles valeurs, qui me serviront tout au long de ma vie et qui me seront utiles pour pratiquer mon futur métier, celui de médecin.Quand je pense que j’aurais pu ne jamais faire partie du Club, je me dis que je serais passée à côté de toutes ces expériences qui ont tellement contribué à forger qui je suis aujourd’hui.C’est grâce au Club, tout ça! C’est parce qu’on a pris un peu de temps pour s’occuper de moi, pour me rappeler que j’étais quelqu’un et que j’avais le droit de passer une vie heureuse.Alors, quand j’entends des gens comme M.Larrivée s’attaquer au Club, je ne comprends tout simplement pas, parce qu’au fond, nous avons tous avantage à mettre nos forces et nos idées en commun pour lutter efficacement contre la pauvreté des enfants.11 y a mille et une raisons qui amènent un enfant au Club, et croyez-moi, elles sont toutes valables. LE DEVOIR LE JEUDI 24 MARS 2011 A 7 IDEES Les dessous de l’intervention en Libye Il y a derrière cette démonstration de force des considérations politiques qui n’obéissent pas forcément au grand jeu de la politique étrangère CHARLES-PHILIPPE DAVID Professeur au Département de science politique de rUQAM et titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques ÉLISABETH VALLET Professeure associée au Département de géographie à rUQAM et directrice de recherches en géopolitique à la Chaire Raoul-Dandurand es premières images des attaques sur la Libye rappellent celles, il y a vingt ans, du début de la guerre du Golfe, ou encore, cinq ans auparavant, de l’attaque américaine contre Kadhafi en représailles à un attentat terroriste à Berlin.Il aura pourtant fallu bien du temps pour aboutir à la mise en place d’une zone d’interdiction aérienne sur la Libye, à la suite de longues tergiversations des chancelleries occidentales et de redoutables batailles diplomatiques.Un mois de manœuvres dilatoires qui auront fait perdre un temps précieux, permettant à Kadhafi de reprendre le dessus sur les rebelles retranchés à Benghazi, faisant planer sur le pays le spectre d’un génocide.Ce retard complique déjà la stratégie des semaines à venir et hypothèque le renversement du régime libyen.Or, si les gouvernements ciblent volontairement le chef paria du monde arabe, c’est qu’il y a également derrière cette démonstration de force des considérations politiques qui n’obéissent pas forcément au grand jeu de la politique étrangère.Les considérations stratégiques L’attaque de la coalition contre la Libye est une illustration de la mise en œuvre de la diplomatie coercitive, à mi-chemin entre la résolution pacifique d’une crise et la conduite d’une guerre, avec tous les risques de dérapage que cela comporte, à l’instar des expériences menées dans les années 1990.En effet, en Irak et en Bosnie, les opérations d’interdiction de l’usage de l’espace aérien ont été des échecs.Dans les deux cas, les alliés n’ont pu faire l’économie du recours à d’autres formes d’intervention.En Bosnie, la diplomatie coercitive a réussi et a conduit aux accords de paix de Dayton, qui ont prescrit une opération au sol avec la mise sur pied d’une mission de paix.En Irak, par contre, la diplomatie coercitive composée de sanctions et de zones d’exclusion aérienne n’a pas même ébranlé le régime de Saddam Hussein, légitimant aux yeux des faucons américains l’intervention au sol de 2003.Sur l’opération libyenne plane le spectre du Kosovo: lorsqu’on 1999 Clinton lance l’opération aérienne dans les Balkans, il exclut tout déploiement au sol.Pourtant, l’OTAN finit par choisir l’option terrestre pour protéger les populations kosovares.Ainsi, rien ne permet à ce stade d’affirmer, comme le fait le ministre de la Défense Robert Gates qu’il n’y aura aucune opération au sol en Libye.Car en diplomatie coercitive, on sait où ça commence, mais pas où cela finira.Le spectre de l’échec au Rwanda Pourquoi l’administration Obama choisit-elle d’intervenir, mais assez frileusement et tardivement en limitant ses propres opérations au ,T*' 4^ heures le président Obama.En amenant la participation d’Etats arabes, l’appui du Conseil de sécurité, en obtenant la participation plus ou mqins active d’une coalition d’une douzaine d’Etats (dont des champions des missions de paix comme la Norvège), Hillary Clinton a donc obtenu l’accord — limité — du président.Et qu’importe si les Etats-Unis tentent de minorer leur rôle et de donner le sentiment aux opinions publiques qu’ils ne jouent que les seconds couteaux, rien n’aurait été fait — et ne pouvait l’être — sans l’accord et la puissance de feu des Américains.Ainsi, cette décision est significative car elle est véritablement la première de Barack Obama comme commandant en chef des armées et pourrait avoir un impact déterminant sur sa présidence.Elle pourrait lui donner cette confiance qui lui a cruellement manqué depuis le début de son mandat en politique étrangère, et lui rapporter des dividendes à moindre coût.En ef- La cible en est une de prédilection: en choisissant fet, si l’opération Aube de l’Odyssée a peu de chances de s’en prendre au paria du monde arabe, (mais ne sait-on jamais) de ies dilemmes geopolibques étaient moindres versement du régime de Kha- dafi, la cible, par contre, en est seul espace aérien, et pour un temps très court?Les désaccords à l’intérieur de l’administration depuis les débuts du printemps arabe sont marqués.Les militaires du Pentagone, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, le conseiller pour la sécurité nationale, Thomas Donilon, et le conseiller spécial sur l’antiterro-risme du président, John Brenan, redoutant un nouvel enlisement américain dans le monde arabe et la présence d’éléments de l’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) dans l’est de la Libye, y sont farouchement — et parfois publiquement — opposés.Leur «défaite» tient au revirement spectaculaire d’Hillary Clinton convaincue par les arguments de Samantha Power qui est au Conseil de sécurité nationale, et de Susan Rice, ambassadrice aux Nations unies.Ces deux dernières ont en tête le génocide rwandais lorsqu’elles prennent position en faveur d’une intervention en Libye: la première a mené une recherche remarquable sur l’échec de la politique étrangère américaine au Rwanda (publiée sous le titre A Problem from Hell), tandis que la seconde en a été le témoin en tant que conseillère pour l’Afrique du président Clinton.C’est sans doute cette analogie avec l’intensification de l’offensive menée par Khadafi qui a conduit Hillary Clinton à se ranger du côté de l’intervention et à convaincre en quelques une de prédilection: en choisissant de s'en prendre au paria du monde arabe, les dilemmes géopolitiques étaient moindres.Bien entendu, les pays qui dépendent lourdement du pétrole libyen, comme l’Italie, devront se réajuster.Mais derrière ces aspects purement stratégiques résident des considérations politiques que certains chefs d’Etat occidentaux ont choisi d’exploiter.Les considérations politiques De toute évidence, les révolutions syrienne, jordanienne, yéménite ou bahreïnie continueront à se dérouler à huis clos: point d’intervention occidentale, particulièrement dans la péninsule arabique.Cela ne veut pas dire que l’opération militaire en cours ne finira pas par y avoir des répercussions.Mais le coût d’une intervention serait politiquement beaucoup plus élevé: la Libye représentait une cible nécessaire, mais facile.Aux Etats-Unis, les tergiversations de l’administration Obama déchirée entre la protection des intérêts nationaux et la défense de la démocratie, l’inconsistance d’une politique tour à tour ferme, prudente ou silencieuse, ont alimenté la critique tant à gauchç Qohn Kerry) qu’à droite Üohn McCain).A moins de neuf mois du début de l’année électorale, alors que les républicains commencent à se chercher un chef, le président Obama ne ILLUSTRATION CHRISTIAN TIFFET peut plus se donner le luxe de paraître faible en politique étrangère.En Erance, c’est contre l’avis de son premier ministre et d’une partie du ministère de la Défense que le président Sarkozy, avec l’appui de son ministre des Affaires étrangères (et de Bernard-Henri Lévy!), précipite la Erance en première ligne au risque de froisser les alliés: c’est le gouvernement français qui, selon des diplomates américains, aurait retardé la mise en œuvre de l’opération, en insistant sur la tenue du sommet de Paris, en s’opposant à la participation de l’OTAN, tout en déclenchant les premières frappes avant que les 12 Etats réunis dans la capitale française aient conclu.Au plus bas dans les sondages, en pleine élection cantonale et à un an des prochaines élections présidentielles, Sarkozy est marqué par ses errements dans les révoltes tunisienne et égyptienne et les liaisons de ses ministres avec les despotes arabes.Il s’érige un peu tard en défenseur des assiégés de Benghazi: «Wag the dog» s’écrit peut-être en version hexagonale.Même en Grande-Bretagne, pour le premier ministre Cameron, l’affaire libyenne n’en est pas une mauvaise: fustigé pour son amateurisme en politique étrangère, pris entre le vote d’un budget d’austérité et un référendum polémique sur la réforme électorale, il a à gagner dans cette nouvelle posture.Pour autant, l’instrumentalisation de la situation libyenne pourrait avoir un coût à terme.Diplomatie A être trop prudents (en intervenant trop peu, trop tard), trop sélectifs (en s’en prenant au seul maillon faible des despotes arabes), trop pusillanimes (à établir un statu quo sans vraiment pousser au départ de Kadhafi), les chefs de la coalition pourraient s’empêtrer dans la question libyenne plus qu’ils ne l’auraient imaginé.Les scénarios d’un possible effet boomerang de cette politique évoquent tour à tour le terrorisme libyen, la «somalisation» de la Libye, la décrédibilisation des chancelleries occidentales sur l’autel de la règle du double standard.Au bout du compte, la clé de la réussite stratégique de l’opération repose sur la préservation de la région de Benghazi et sur l’influence de l’interdiction des vols sur l’allégeance des militaires libyens.Or, si la diplomatie coercitive ne parvient pas à enrayer l’accentuation de la répression, et la commission de crimes contre l’humanité, la coalition pourrait être contrainte à une intervention terrestre qu’elle redoute tant et qu’elle aura tout fait pour éviter.L’importance de la confidentialité Norman Spector La semaine dernière, à la réunion du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes, le député Pat Martin a dit au sujet des documents réclamés au gouvernement: «Si c’est la volonté du Parlement de savoir quelque chose, nous avons le droit de le savoir.» Pour se donner bonne mesure, le député néodémocrate de Winnipeg-Centre avait ajouté que les députés ont le droit de divulguer ces documents «même si ce n’est pas dans le meilleur intérêt du pays».Le plus choquant pour quelqu’un comme moi qui ai passé une large part de sa carrière au sein de la fonction publique, c’est qu’en vertu des deux récentes décisions du président de la Chambre des communes, M.Martin avait raison.Au sujet des documents sur les détenus afghans, par exemple, le président de la Chambre, Peter MiUiken, a jugé que le pouvoir de la Chambre des communes ou de ses comités permanents d’ordonner la production de documents et de dossiers est «général» et «absolu» et «ne comporte a priori aucune limitation».Devant le comité, le légiste et conseiller parlementaire de la Chambre, Rob Walsh, a pour sa part indiqué que la confidentialité ministérielle n’existe pas au Canada.«Cette information [demandée par les députés], qu’elle soit ou non considérée comme une information confidentielle du cabinet, est une information à laquelle la Chambre a droit, comme l’a dit le président [.], l’attestation qu’une information est une information confidentielle selon le cabinet ne prime pas le privilège parlementaire ni le droit de la Chambre de la recevoir du gouvernement pour qu’elle lui réclame des comptes.» Heureusement, ce n’était pas le cas lorsque j’ai travaillé au sein de deux gouvernements provinciaux et au gouvernement fédéral.En fait, devant ce même comité la semaine dernière, mon ancien collègue Mel Cappe, greffier du Conseil privé sous le premier ministre Jean Chrétien, a réaffirmé la nécessité de préserver le secret du cabinet tout en faisant en sorte que le Parlement ait l’information nécessaire pour faire son travail.«Je précise tout de suite que je suis un ardent défenseur de la confidentialité des documents du cabinet et il est important, pour qu’un gouvernement puisse gouverner, que lors des réunions du cabinet, chacun puisse s’exprimer en toute franchise.» M.Cappe a fait valoir que ce principe a été reconnu par le Parlement «lorsque le législateur a adopté la Loi sur l’accès à l’information [.] en exemptant les documents confidentiels du Conseil privé, et c’est donc à bon droit que le gouvernement invoque le caractère confidentiel de ce type de document».Ceci est vrai, mais cette loi ne s’applique pas au Parlement, pas plus que les autres reconnaissant ce même principe.M.Walsh a indiqué que le gouvernement a le droit de refuser de fournir des documents.Mais «dans ce cas, il tente sa chance avec la Chambre, car si celle-ci n’est pas satisfaite de cette réponse, c’est à elle de décider ce qu’elle veut faire à ce sujet».Dans ses décisions, le président MiUiken a indiqué que la seule façon de freiner ce droit se ferait par la mainmise d’un statut spécifique.Ce qui, d’après moi, devrait être une priorité du prochain Parlement.Si cette voie s’avère impossible, advenant un gouvernement minoritaire et un Parlement identique au Parlement actuel, le gouvernement devra renvoyer l’affaire devant la Cour suprême du Canada.En 1992, dans la cause Thomson c.Canada, celle-ci statuait que «même si certains gouvernements sont plus ouverts que d’autres, il reste qu’ils doivent tous, pour bien fonctionner, maintenir, jusqu’à un certain point, la sécurité et la confidentialité de diverses informations.Même le régime démocratique le plus ouvert doit assurer un niveau élevé de sécurité et de confidentialité en ce qui concerne bon nombre de questions, notamment la défense du territoire et les négociations commerciales».Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail nspector@globeandmaiL ca Écrivez-nous ! Le Devoir se lait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Louis-Güles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel 'Davïd(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyop et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Ta)éA.
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