Le devoir, 9 avril 2011, Cahier F
LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AVRIL 2011 IF Salon du :2^A^ m sVj, , NEWSCOM August Macke, La Femme du peintre lisant, 1914.Aquarelle, collection privée.Le Dragon bleu de Robert Lepage en bande dessinée La bête mythique passe des planches à la planche.Trois ans après avoir vu le jour sur la scène de La Comète, un théâtre de Châlons-en-Champagne en France, Le Dragon bleu, pièce signée Robert Lepage et Marie Michaud, trouve aujourd’hui un deuxième souffle dans une étonnante adaptation.en bande dessinée! Fred Jourdain, illustrateur de Québec, assure la réussite de cette transmutation tout en confirmant au passage, planche après planche, que l’esprit du 9® art n’a finalement jamais été très loin de cette introspection dans la Chine moderne et dans les méandres de l’identité.FABIEN DEGLISE Le hall de l’aéroport est vaste.Le personnage principal, lui, est profilé à l’encre de Chine, en clair-ohscur, dans un décor identifié: aéroport international de Pudong - Shanghai.D est au téléphone: «Xiao Ling, c’est Pierre, dit-il./e ne pourrai pas être à la galerie à temps.Je suis retenu à l’aéroport.» L’homme regarde sa montre.D attend, puis se retourne alors qu’une voix féminine l’interpelle.C’est Claire.Elle a une tache de vin sur son chandail.Elle vient de Montréal, va passer une nuit chez lui, mais va peut-être aussi amener tout le monde bien plus loin.La scène est connue.Elle a vu le jour en Eran-ce, en avril 2008, à La Comète, théâtre de Châ-lons-en-Champagne dans le nord-est de l’Hexagone, avant de se frotter, un an plus tard, aux planches du Théâtre du Nouveau Monde (ENM) â Montréal.Désormais, c’est sous le coup de crayon de Ered Jourdain qu’elle poursuit sa route en cases, avec des illustrations majestueuses, faites d’encre diluée sur papier de riz.Le Dragon bleu (éditions Alto), dans une version en hande dessinée de la pièce de théâtre de Robert Lepage et Marie Michaud, va paraître au début de la semaine prochaine.Le bouquin donne d’ailleurs le coup d’envoi d’une nouvelle collection, baptisée «Rubato», qui vise â rendre hommage aux créateurs d’ici et d’ailleurs dans des formats multiples.A la demande de Lepage et de sa compagnie.Ex Machina, Ered Jourdain Entrevue Andrée A.Michaud Peter Pan perdu dans les bois noirs Page F 3 ouvre le bal en s’appropriant le texte intégral de cette pièce qui a donné suite â l’invitation au voyage et â la réflexion sur la condition humaine lancée 20 ans plus tôt par La Trilogie des dragons.Entre tradition et modernité On ferme les yeux et on revient dans un hangar du Vieux-Québec en 1987: â la fin du Dragon blanc — la troisième partie d’une trilogie formée de rouge et de vert —, Pierre Lamontagne quitte son Québec natal pour la Chine et sa culture.Dans Le Dragon bleu, il y est toujours, galeriste dans un Shanghai qui vit entre tradition et modernité.Il est amoureux d’une belle Xiao aux courbes pleines d’équilibre et reçoit son amie Claire Eorçt, publicitaire montréalaise qu’il a connue â l’École des beaux-arts et qui débarque dans l’Empire du Milieu dans l’espoir d’y faire des affaires grâce au boom économique en cours.Et bien sûr, c’est autre chose que l’ambitieuse célibataire va trouver.Jourdain a bossé sur cette adaptation pendant deux ans, dans le plus grand secret.«Quand j’ai vu la pièce, la première fois, je me suis dit que ça ferait un film ou une bédé incroyable, les codes étant similaires, a-t-il indiqué au Devoir.On retrouve dans la trame narrative un découpage très proche de la bédé», un univers que la mise en scène a également exploité avec son action rythmée par des cases s’éclairant et s’éteignant pour faire apparaître personnage ou texte, en fonction des besoins du récit.VOIR PAGE F 10: DRAGON Littérature Catherine Leroux Portrait de famille Page F 5 ILLUSTRATIONS FRED JOURDAIN Histoire Denis Vaugeois La famille Hart Page F 11 Essai Tzvetan Todorov L’expérience totalitaire Page F 13 www.silq.ca #1, ¦ ational de Québec 13 au 17 avril 2011 Centre des congrès de Québec Musée national des beaux*arts du Québec C^ÉBEC Québec d q QiiébecSS leSoleil ^ Desjardins $iQuébec ;.=:0 «!• 106,3" É »fflci*itiuriM>«4.QutkK rrAnN^Alo la francophonie télévision première chaîne zoommedu F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AVRIL 2011 SALON Dü LIVRE DE L’insoutenable, l’inadmissible, l’inconcevable 1 1 Le neuvième roman d’Andrée A.Michaud est criant de vérité tragique et hallucinant de beauté Danielle Laurin At r tous les enfants qui ne sont pas rentrés pour le souper.» Le neuvième kroman d’Andrée A.Michaud, criant de vérité tragique et hallucinant de beauté, s’ouvre sur cette dédicace.Une dédicace qui en dit long.Mais qui aurait pu aussi se lire comme suit: À tous ceux dont la vie a basculé après la disparition d’un enfant.C’est d’abord de ceux qui restent qu’ü est question dans Rivière Tremblante.C’est leur douleur aux limites de l’insoutenable, leur blessure qui refuse de guérir, leur deuil impossible qu’explore avec finesse et sensibilité l’auteure du Ravissement, lauréate d’un Prix du Gouverneur général en 2001.Deux.11 y a deux disparitions d’enfant dans ce roman.Et bientôt trois.Ils sont deux adultes à ne pas s’en remettre, chacun de leur côté.Dans les faits, ils sont beaucoup plus.Mais deux d’entre eux racontent en parallèle l’événement tragique qui les concerne.Je dis " Ai.rcc'l fuun ler __ I rS, ; Des écrits de combat toujours d’actualité F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AVRIL 2011 SALON Ilü LIVRE DE Découvrir Gabrielle Roy ANNE MICHAUD La très grande majorité des jeunes lecteurs d’aujour-d’iiui ne savent pas qui est Gabrielle Roy et ne connaissent pas son oeuvre.Pour combler cette lacune, l’auteur Pierre Roy (aucun lien de parenté avec la célèbre écrivaine) propose une biographie qui se lit comme un roman, Gabrielle Roy.Une histoire à peine inventée.Pour écrire ce livre, Pierre Roy a relu toute l’œuvre de Gabrielle Roy, en plus de consulter d’innombrables ouvrages et documents audiovisuels qui lui sont consacrés.Une fois familiarisé avec sa vie et sa prose, il a imaginé l’histoire d’un cousin de l’écrivaine, lui aussi prénommé Gabriel, qui fait la connaissance de la jeune fille alors que celle-ci est à la veille d’qntre-prendre ses études à l’École normale.Entre les deux jeunes gens, qui ne sont pas indifférents l’un à l’autre, se noue une grande amitié et débute une correspondance qui va s’étaler sur plusieurs décennies.Grâce à ce procédé littéraire, Pierre Roy peut faire parler l’écrivaine en émaillant ses lettres fictives de véritables citations, empruntées à ses romans, à son autobiographie et q sa véritable correspondance.A travers ces écrits, on découvre l’histoire d’une femme éprise de liberté et amoureuse des mots, mais qui est souvent déchirée entre ses devoirs, surtout familiaux, et ses passions.C’est une excellente introduction à la vie et à l’œuvre de l’une des figures marquantes de la littérature d’ici.Collaboratrice du Devoir GABRIELLE ROY Une histoire à peine INVENTÉE P’ierre Roy Édifions Hurtubise Montréal, 2011,176 pages (12 ans et plus) SOURCE ARCHIVES NATIONALES DU CANADA Gabrielle Roy (1909-1983) DRAGON SUITE DE LA PAGE E 1 La symbiose entre Le Dragon bleu et la bédé était pour ainsi dire inscrite dans l’ADN de cette pièce, pensée à l’origine par Lepage et Michaud comme un hommage au Lotus bleu de Tintin.Des clins d’œil visuels à l’œuvre d’Hergé avaient même été planifiés dans la première mouture de la pièce.Mais, à quelques jours de la première mondiale, en France, les créateurs ont dû faire marche arrière, faute d’avoir obtenu pour ces quelques emprunts l’imprimatur des gardiens du patrimoine du bédéis-te belge, Moulinsart SA Inspiré par la bédé, ce dragon n’a toutefois pas été une bête facile à dompter pour Fred Jourdain, connu dans le monde du pinceau et de la gouache pour ses portraits illustrés de grands musiciens — Miles Davis, Jimmy Hendrix et Bob Marley sont du nombre.«C’est un défi, lance-t-il.Il y a eu des contraintes», comme l’obligation de prendre la pièce au complet, du premier au dernier mot, avec tous ses dialogues, dont plusieurs auraient pu donner des planches répétitives peuplées d’interminables champs et contre-champs.Lourds et ennuyeux.L’écueil a été habilement contourné par le jeune créateur, qui a décidé de jouer avec la marge — où plusieurs dialogues se poursuivent parfois —, mais aussi d’exploiter les grandes pages illustrées, des tableaux souvent extraordinaires, qui viennent durant tout le récit se substituer aux métaphores, aux ellipses et aux souvenirs exprimés sur scène par la musique, les projections et les jeux de lumière.CONCOURS DU LOISIR LITTÉRAIRE 2V édition Prose ou poésie 200 à 500 mots AU BOUT DELARUE.Date limite 1^'' mai 2011 www.litteraire.ca info@iitteraire.ca 514 252.3033 1 866 533.3755 Québec l www.pum.umontreal.ca Université rm de Montréal Salon du livre de Québec 13 au 17 avril 2011 (stand Dimedia 600-601) Venez rencontrer les auteurs de Lévesque éditeur Renald Bérubé, Les caprices du sport Samedi 16 avril de I I h à 15 h jacques Cardinal, Filiations.Folie, masque et rédemption dans l’œuvre de Michel Tremblay Samedi 16 avril de 19 h à 21 h Dimanche 17 avril de 15 h à 17 h Hugues Corriveau, De vieilles dames et autres histoires Vendredi 15 avril de 18 h 30 à 20 h 30 Samedi 16 avril de 15 h à 16 h Esther Croft, Les rendez-vous manqués jeudi 14 avril de 19 h à 21 h Vendredi 15 avril de 14 h à 16 h Dimanche 17 avril de 13 h à 15 h Sergio Kokis, Dissimulations et Clandestino Vendredi 15 avril de 19 h à 21 h Samedi 16 avril de I I h à 15 h Henri Lamoureux, Orages d’automne Vendredi 15 avril de 17 h à 19 h Samedi 16 avril de 15 h à 17 h Guillaume Lapierre-Desnoyers, Pour ne pas mourir ce soir Samedi 16 avril de 17 h à 19 h Andrée Laurier, Le Romanef Dimanche 17 avril de I I h à 17 h Nicolas Tremblay, L’esprit en boîte Samedi 16 avril de 19 h à 21 h Dimanche 17 avril de II h à 13 h DISTRIBUTION: DIMEDIA INC.Coumel : general@dinnedia.qc.ca Site Internet: www,dimedia.qc,ca l: evesque éditeur Une jolie balade Le résultat, lui, se savoure comme une balade dans un univers riche, complexe et en mouvement que Éred Jourdain, avec l’aide de Robert lœpage — qui a suivi de loin le développement de ce projet —, a documenté avec une précision savoureuse.«Robert m’a donné carte blanche, mais il m’a aussi donné des pistes», dit l’illustrateur, déniché par l’équipe d’Ex Machina lors des fêtes du 400® de Québec.Au bon endroit au bon moment: Jourdain exposait alors dans un troquet de la Vieille Capitale, pas très loin du Moulin à images.«Il m’a aidé à localiser l’action, en m’amenant des photos, des livres sur la Chine en mutation, sur les quartiers traditionnels malmenés par la modernité».Il en résulte une mise en image exceptionnelle, avec plusieurs scènes qui pourraient facilement être accrochées à un mur, comme un tableau.Confidence: l’illustrateur avoue avoir hésité à dire oui lorsqu’il a reçu un coup de téléphone de Robert Lepage lui proposant de mettre en image sa créature scénique.«La bande dessinée, j’ai fait ça en amateur quand j’étais jeune, dit celui qui a aussi participé au collectif Le Front (Éront froid) en 2008.Je ne me sentais pas à l’aise non plus d’embarquer dans une bédé de style classique comme Robert l’aurait aimée au départ.Mais comme j’avais la liberté de faire ce que je voulais, j’y suis allé», sans bien sûr le re^etter.C’est qu’à l’image des grandes œuvres de Lepage, La Face cachée de la lune ou Le Projet Andersen, Le Dragon bleu exploite le thème de la quête identitaire de l’artiste, qui finit par se trouver lui-même en passant par Tailleurs.Une trajectoire connue de Pierre, Claire et Xiao, mais aussi aujourd’hui de Tillustrateur-peintre de Québec qui, le temps d’une bédé, est sorti de son cadre traditionnel pour faire entrer ces personnages dans un nouvel environnement.Le Devoir LE DRAGON BLEU Robert Lepage, Marie Michaud, Ered Jourdain Édifions Alto/Ex MacLiina Québec, 2011,176 pages MICHEL LEFEBVRE Le double et son notaire MICHEL LEFEBVRE LE DOUBLE ET SON NOTAIRE LES HERBES ROUGES / ROMAN « Ne possède une identité que celui qui en possède les papiers.» DOMINIQUE ROBERT Chambre d’amis DOMINIQUE ROBERT CHAMBRE D’AMIS LES HERBES ROUGES / ROMAN Si la vie est comme un roman, à quoi ressemble-t-il?LES HERBES ROUGES / ROMAN 5252 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AVRIL 2011 F 11 SALON DU LIVRE DE QUEBEC Entretien avec Fhistorien Denis Vaugeois Les mystères de la grande famille d’Aaron Hart JEAN-FRANÇOIS NADEAU Historien, homme politique et éditeur, Denis Vaugeois s’intéresse à la communauté juive du Canada depuis le temps de sa jeunesse à Trois-Rivières.Auteur prolifique, il vient de faire paraître un livre de vulgarisation consacré à Y «extraordinaire histoire de la famille Hart», des Juifs parmi les premiers à s’être installés au pays, dans la foulée de la Conquête anglaise.Pourquoi ce livre consacré à l’histoire de la famille Hart, les premiers Juifs installés au pays?Je m’intéresse à l’histoire de cette famille depuis la fin des années 1950! M®" Albert Tessier avait à l’époque récupéré des archives extraordinaires au sujet de la famille Hart.Tout était trempé.Il a fallu faire sécher les documents.Les Juifs ne se sont pas beaucoup intéressés à l’histoire de cette famille extraordinaire.Lorsque le D" Jacob Rader Marcus, directeur des archives juives à Cincinnati, est venu pour voir les documents, il n’en revenait pas! Il y a environ deux ans, en regardant tout ce que j’avais accumulé à ce sujet au fil des années, j’ai décidé de m’y remettre et d’écrire un livre.J’avais déjà rédigé les notices biographiques de nombre de membres de la famille Hart pour le Dictionnaire biographique du Canada [la bible des historiens canadiens].Dans Les Premiers Juijs d'Amérique, mon nouveau livre, je n’ai pas voulu faire un travail lourd et savant, avec des notes de bas de page et tout, mais plutôt raconter aux gens une histoire méconnue.Je raconte une histoire familiale très riche et j’explique beaucoup de choses en marge, dans des encadrés: la Conquête, le SOURCE SEPTENTRION Aaron Hart, tiré d’A.T.Hart, The Jew in Canada, 1926 Traité de Paris, les pratiques juives, etc.Qui est Aaron Hart, cet homme dont on ne connmt pas, en fait, les origines avec précision?Il est arrivé vraisemblablement au pays en suivant l’armée anglaise, avec les troupes de Jeffery Amherst.De petits commerçants suivaient alors l’armée.Aaron Hart devait être du lot.Frederick Haldi-mand semble le tenir en estime.Il le protège et, chose certaine, ces deux parlent allemand.Aaron Hart ne semble pas avoir un statut particulier lorsqu’il arrive à Trois-Rivières.Il apprend l’anglais et se comporte comme un sujet britannique.C’est un pourvoyeur de l’armée.Je crois qu’il n’a rien d’autre en arrivant au pays qu’un certificat maçonnique reçu à New York.Mais très rapidement, il va faire fortune.Le coupable?La France! Dans le traité qui règle la défaite, le Traité de Paris, on dit qu’on honorera la ARCHIVES LE DEVOIR Selon rhistorien Denis Vaugeois, «il n’y a pas vraiment d’antisémitisme, pas vraiment de préjugés non plus» à l’époque où Aaron Hart s’établit à Trois-Rivières.monnaie de papier.Dans les faits, ce n’est absolument pas le cas.L’argent qui reste ici est dévalué.Ceux qui en avaient perdent leur fortune en même temps que leur pouvoir.Dans son inventaire après décès, on se rend compte qu’il avait ramassé tout ce qui restait de monnaie dans la colonie! Ceux qui prétendent que la Conquête n’a pas eu d’effets sur la population racontent n’importe quoi! Les gens sont démunis, battus.Soudain, plus personne n’a de ressources financières.Alors, Hart rachète tout pour une bouchée de pain.Il arrive à faire honorer à l’étranger la monnaie dévaluée qu’il reprend.Il achète ce que les gens n’arrivent plus à retenir.De la sorte, il peut même devenir seigneur à Trois-Rivières! Il les met à genoux.C’est un touche-à-tout.Il va même se lancer dans le commerce de la fourrure.Il aura au moins trois esclaves noirs.Puis sa descendance aura des domestiques.Est-ce que les gens lui en veulent?Pas du tout! C’est ça qui est extraordinaire.Sa descendance va se marier avec des gens de l’endroit.Un de ses fils, Ezekiel, sera le premier député juif de l’Empire britannique, élu par des Canadiens français.Habile, Aaron Hart soutient les ursu-lines, une des principales forces politiques de Trois-Rivières.Il leur prête de l’argent sans intérêt.Bien que juives, ses filles vont être éduquées chez les ur-sulines.Mais ses garçons sont envoyés à New York et à Philadelphie pour leurs études.Aaron Hart a le projet de fonder une dynast-ie.Deux de ses fils, Moses et Ezekiel, vont lancer une banque, faire du transport sur le fleuve, etc.Selon vous, il n’y aurait donc pas d’antisémitisme à l’époque?C’est une période où il n’y a pas vraiment d’antisémitisme, pas vraiment de préjugés non plus.Il faut savoir qu’il y a très peu d’étrangers sur le territoire.Très peu d’Anglais aussi.Alors, on les absorbe! Les,ca-tholiques sont prosélytes.A la troisième génération de Hart à Trois-Rivières, on perd leur trace.Ils sont pourtant à l’origine de bien des choses, y compris de la fondation du Séminaire de Trois-Rivières! Certains d’entre eux s’assimilent aux catholiques.D’autres se marient et vpnt vivre à Montréal ou aux Etats-Unis, deviennent protestants.C’est le 250*^ anniversaire de la communauté juive au pays.Mais les Juifs s’intéressent assez peu à cette part de leur passé ici parce qu’il n’y a pas eu de drame.Ézekiel Hart, ce premier député juif de l’Empire britannique, sera tout de même empêché de siéger au Parlement par des Britanniques qui le rejettent en vertu de sa religion.Ce n’est pas exactement ça.Il est surtout empêché de siéger pour une histoire de vote.Ezekiel est élu par des Canadiens français, mais il vote avec les Anglais.Ses allégeances vont aux Anglais, au «parti des bureaucrates».Or certains Anglais, au nom de ce qui se fait alors à Londres, voudraient éliminer ce Juif du Parlement.Mais ils sont divisés entre eux sur cette question.Du côté des Canadiens, Pierre Bédard prend beaucoup de temps à se prononcer et finit par exprimer des préjugés antijuifs.Mais il n’y a pas de préjugés à l’époque.On ne sait même pas comment écrire le mot «juif»! Même Aaron Hart ne semble pas savoir comment l’écrire! Qu’est-ce qui advient de la famille Hart?C’est très complexe.La famille au complet a eu une grande influence.Le fils aîné d’Aaron, Moses, est par exemple tout un numéro! J’ai produit un petit arbre généalogique pour m’y retrouver avec lui.C’est un séducteur redoutable auprès des femmes: il a eu des enfants d’au moins neuf lits différents! Il fonde même une religion et écrit un livre sur le sujet Moses Hart invente le «demi-mariage», ce qui légitime, pense-t-il, ses relations multiples.Il va reconnaître ses nombreux enfants et ses différentes femmes.On l’accuse de tenir un bordel! Il sera déclaré non coupable à la suite d’un procès.Il faut dire que Moses Hart est un habitué des cours de justice.Il ne paye pas ses dettes, entre autres choses.J’ai reproduit la liste de toutes les causes L VZR.SO BIBLIOTHEQUE ET ARCHIVES CANADA/SOURCE SEPTENTRION La monnaie de carte fut introduite en Nouvelle-France pour pallier le manque de numéraire.Ci-dessus, copie d’une carte à jouer, attribuée à l’artiste Henri Beau.dans lesquelles il a été mêlé.C’est impressionnant L’histoire de cette famille est vraiment fascinante.Ça fait très longtemps que je m’y intéresse et je me suis dit que, si je n’en parlais pas maintenant, personne ne le ferait à ma place.Le Devoir LES PREMIERS JUIFS D’AMÉRIQUE 1760-1860 L’extraordinaire histoire DE LA EAMILLE HART Denis Vaugeois Septentrion Québec, 2011,378 pages BTLF SOCIETE DE GESTION DE LA BANQUE DE TITRES DE LANGUE FRANÇAISE Accueil A propos de nous Nos services Espace clients Espace éditeurs L'Espace éditeurs.UNE SOLUTION EN LIGNE POUR FAIRE PARVENIR VOS MÉTADONNÉES À LA BTLF.Une façon rapide et efficace de référencer vos ouvrages sur Memento, la vitrine du livre francophone par excellence.GRATUIT ET ACCESSIBLE 24/7.ERIC-EMMANUEL SCHMin ALBIN MICHEL STAND 523 f Invite d honneur du Salon international du livre de Québec Infolettres Nous joindre Conférence Centre des Congrès  quoi sert la littérature ?Mardi 12 avril à18h00 Pour en savoir plus, rendez-vous au www.btlf.qc.ca.Cliquez sur «Espace éditeurs» et découvrez ce service à l'aide des tutoriels vidéo.BTLF www.btlf.qc.ca www.gaspardlivres.com 514 288-0991 Mercredi 13 avril de I6ii30 à I7h3a Jeudi 14 avril de 19h30 à 20h30 Vendredi 15 avril detohoo àllhOO etdeigh00à20h00 Samedi 16 avril de i3hoo à i5hoa Dimanche 17 avril de I2h00 à I3h30 F 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AVRIL 2011 SALON DU LIVRE DE .______________I_______Xi______ ESSAIS QUEBECOIS Radiographier la génération X Stéphane Kelly se livre à une critique conservatrice de la société québécoise d’après la Révolution tranquille Louis Cornellier A l’ombre du mur.Trajectoires et destin de la génération X est un livre déroutant.Son auteur, le sociologue Stéphane Kelly, le présente comme un ouvrage «à mi-chemin entre l’essai et la monographie scientifique» dont le but est de «cerner la signification que cette génération a donnée à son destin collectif».Après François Ricard, qui avait interprété le parcours et la vision du monde des boomers dans La Génération lyrique, Kelly propose donc un exercice semblable, appliqué à sa propre génération, celle qu’on désigne par la lettre X.L’essai de Kelly, toutefois, n’a pas l’unité de ton et de propos de celui de Ricard.Il est constitué d’une «juxtaposition d’essais» plutôt hétéroclites (notamment de longs et ennuyeux portraits fictifs de X types), dans lesquels les considérations sociologiques sont accompagnées d’opinions personnelles aux fondements fragiles.Kelly annonce un portrait des X, mais se livre surtout à une critique conservatrice de la société québécoise d’après la Révolution tranquille, sans trop de souci chronologique.Aussi, le résultat d’ensemble est plutôt déconcertant.On en retient quelques pistes d’interprétation originales et riches, mais on reste sur notre faim.Qui sont les X?En général, on identifie comme membres de la génération X les individus qui sont nés entre 1966 et 1976.Kelly élargit le bassin en y faisant entrer ceux qui sont nés à partir de la fin des années 1950.Le choix peut se défendre, mais il a le défaut de ratisser très large.Les Québécois qui sont entrés dans la vie adulte en 1990 ne s’identifient pas facilement à ceux qui y sont entrés en 1980.Cette génération, donc, serait celle, suivant l’idée reçue, des sacrifiés, des frustrés, des individualistes.Kelly, en choisissant la métaphore du Mur, corrobore cette vision.«Le Mur, écrit-il, surgit à mon esprit comme un symbole puissant illustrant les nombreux obstacles qui sont venus briser l’élan que la génération précédente avait imprimé à la société.» Les X viennent au monde dans une société animée par «un puissant mouvement antiautoritaire» qui mine les institutions traditionnelles.Ils assistent à une «critique sociale dévastatrice du modèle parental traditionnel», à une révolution scolaire qui transforme l’école «méritocratique» en une école de l’expression et de la créativité et à un affaissement de la vieille éthique chrétienne.vieNt De paRaitRe Dossier L’emploi : l’étau de la précarisation Numéro 748 • mai 2011 Les auteurs sont: Manfred BischofF, Louise Boivin, Catherine Caron, Léa Fontaine, Dominique Méda, Rolande Pinard, Jean-Claude Ravet, Isabelle Renaud et Guylaine Vallée.À lire aussi: le carnet de Brigitte Haentjens, la chronique littéraire de Louise Warren, un article de Louis Balthazar sur le Tea Party, une analyse sur la question nationale en Catalogne et une controverse sur l’engagement social : est-ce sacrifier sa liberté?Artistes invités: des graveurs de Xylon-Québec Pour consulter le sommaire détaillé : www.revuerelations.qc.ca ReLatiONs L’emploi: étau de la précarisation L’Ëtat au service J, ATTf des entreprises Précarité, femmes r » mppi»!.de wÇM V.* .y H* H y au travail?i Æi
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