Le devoir, 27 avril 2011, Cahier C
LE DEVOIR, LE MERCREDI 27 AVRIL 2011 qiierd; 201 ] RESPONSABILITE SOCIALE LE DEVOIR II est difficile d’être un consommateur responsable Le développement à tout prix n’est pas une mesure rentable Si des entreprises, des PME d’abord au Québec, œuvrent dans le secteur des technologies propres, ce n’est pas encore demain qu’on pourra définir notre planète comme un lieu de développement harmonieux.La responsabilité sociale impose d’être vigilant à tous les instants.NORMAND THERIAULT La nouvelle est tombée.Et elle est réjouissante: en marge de la grande rencontre en août prochain, quand Écocité accueillera à Montréal les grands acteurs citoyens dont Tobjectif est de transformer la planète en un lieu où la responsabilité et le respect des gens et de Tenvi-ronnement auront priorité sur le développement pour le développement, un autre grand forum se tiendra simultanément dans la métropole.Denis Leclerc, président d’E-cotech Québec, cet organisme qui regroupe les PME québécoises de la technologie dite propre, a convaincu en novembre dernier les responsables de la jeune Global Clean-tech Cluster Association, un regroupement des plus importantes grappes de technologie propre du monde, de venir de ce côté-ci de TAtlantique pour y tenir leur première conférence internationale.Pour décrire la taille potentielle d’un tel événement, qu’on sache que cette GCCA (c’est son sigle) affiche une liste de membres qui décline les noms de 10 000 entreprises et de 500 universités et centres de recherche.Et, pour le maire en place, celui de la ville qui sera l’hôtesse de cette double conférence, une telle annonce sera comme 0 PHILIPPE LOPEZ La voiture verte Nissan LEAF est un exemple de développement durable en matière de transport, vers lequel on devra se pencher à l’avenir.un velours, lui qui a fait inscrire dans les plans de développement au Québec la formule des «grappes» et qui soutient pour sa ville toute initiative où les expressions «créativité» et «développement durable» se conjugueraient en harmonie.Risques et actions Mais attention! Une semaine en août n’aura pas pour conséquence que le Québec deviendra un paradis social où la responsabilité sera le premier critère d’évaluation des actions individuelles ou entrepreneuriales.Il restera toujours dans le paysage des gens et des économistes, avec leurs grands alliés politiques, pour dire qu’il faut développer à tout prix, indépendamment des conséquences de ces actions en regard de la qualité de vie et du respect de la ressource: n’aura-t-il point fallu que les citoyens envahissent les tribunes pour qu’une certaine exploration gazéifière entende un holà avant que ne se répandent, dans les eaux de surface et autres lieux, les déchets d’une exploitation à la technologie non éprouvée?Pourtant, déjà des actions positives s’inscrivent dans le paysage.Ainsi, pour tous les gestes faits depuis 1983, le Fonds de solidarité FTQ, par la voix de son président, Mario Tremblay, rappellera qu’il doit toujours avoir à l’œil les entreprises dans lesquelles il recommande qu’il y ait investissement: «Cest une question de gestion des risques, dira-t-il.Si on investit, disons, 10 millions dans une entreprise et qu’après il y a une enquête et qu'elle doit finalement revoir ses installations, c'est le principe du pollueur-payeur.Donc, comme investisseur, il y a un risque financier» De plus, le Fonds est ainsi devenu partenaire du Fonds d’amorçage Cycle-C3E, créé en janvier pour investir dans l’amorçage d’entreprises spécialisées dans les technologies propres.Enquêtes Pour que la responsabilité s’inscrive dans les mœurs, il faut toutefois que se développe une conscience citoyenne.Et ici, plus d’un geste sera difficile à poser ou à ne pas poser.Ainsi, le citoyen consommateur doit résister à toutes ces campagnes publicitaires dont le thème premier est établi en sorte de le convaincre que ce qui est moins cher vaut mieux pour lui: on lui demande alors de ne pas s’enquérir de la provenance du produit offert, ni de s’informer des conditions de travail et surtout de ne pas évaluer l’empreinte écologique de ce qu’on lui offre.Pour comprendre la portée de MIKE THEILER REUTERS DANS LES CFER Un système unique de fonnation à l’emploi Page 3 toute action qui irait dans un sens contraire, supposons que, dès demain, à la pompe, non seulement seront inscrits le prix des taxes, la marge de profit et le coût de l’essence, mais aussi s’ajouteront les frais entraînés par les émissions de carbone générées lors de Tutilisation de cette essence, dont les résidus sç répandent dans l’atmosphère.A combien reviendrait alors le litre?Et même alors, un Harper, comme tout autre chef politique favorable à une telle mesure, aurait peu de chances d’être élu ou réélu.Si on sait — car tous, on doit l’admettre, nous sommes en constant déplacement — qu’on fait en sorte de ne pas entendre quand se tient un tel discours, même la personne «responsable» n’est pas au bout de ses peines: il est difficile d’être un consommateur responsable.Quoi qu’on achète, il faut faire enquête pour savoir si l’information qu’on nous transmet est véridique ou simplement publicitaire, car, comme le rapporte Fabien Durit, directeur de l’Observatoire de consommation responsable, «le consommateur québécois qui s'intéresse à la consommation responsable au Québec se trouve confronté à un véritable fouillis d'informations»’, ce secteur fonctionne sans réglementation autre que celle qu’une entreprise déclare.Avec pour résultat que, «si la consommation responsable est en augmentation au Québec, elle est peu développée par rapport à ce qui se fait dans les pays Scandinaves et européens».Dans un tel contexte politique, l’avenir passe donc par une volonté des entreprises de se vouloir responsables.Et plus les citoyens se montreront vigilants, mieux il sera compris que, pour faire des profits et générer de la rentabilité, la seule voie possible est celle de la responsabilité.Le Devoir MARIO TREMBLAY « Nous faisons le bilan social des entreprises dans lesquelles nous souhaitons investir» Page 5 DEVELOPPEMENT DURABLE L’Amérique affiche un retard sur l’Europe Page 3 LUTTES SOCIALES Quelle sera la définition de l’entreprise de demain ?Page 4 SAGUENAY- LAUSAINT- JEAN Coopératives et responsabilité sociale font bon ménage Page 5 SHERBROOKE La consommation responsable a son observatoire Page 6 www.fondsftq.com DES CHOIX QUI ONT DE L’AVENIR En investissant prioritairement dans les PME du Québec, le Fonds s'inscrit dans un sillon de développement socioéconomique qui place l'humain au centre de ses préoccupations.De par son origine, ses valeurs et ses pratiques, le Fonds a adopté une stratégie liée aux objectifs de développement durable, tant d'ordre économique, social et environnemental, contribuant ainsi à FAIRE TOURNER L’ÉCONOMIE D’ICI.FONDS de solidarité FTQ h Wr; LE DEVOIR LE MERCREDI 27 AVRIL 2011 C 3 RESPONSABILITE SOCIALE Centres de formation en entreprise et récupération À l’école du développement durable Vingt et une écoles ont mis en place un système unique de formation à l’emploi Commerce équitable, véhicules à moteur hybrides, vêtements griffés confectionnés avec des matières biologiques.Autant d’exemples qui illustrent, individuellement et collectivement, les transformations en cours dans notre manière de se comporter et de consommer.re d’illustrer un peu le portrait au Québec.Orthopédagogue de formation, Mme Castonguay a assuré la direction du CFER de Bellechasse de 1997 à 2004, avant d’être nommée à la direction générale du réseau, dont les bureaux administratifs sont situés à Québec.VALERIE R.CARBONNEAU Vers la fin des années 1980, des enseignants québécois réunis autour du désir de faire l’école autrement cherchaient déjà à monter un programme menant à la création de bonnes habitudes et pratiques de travail pour des élèves en difficulté.Une réflexion orientée sur le développement durable qui a mené à la création de ce qu’on appelle aujourd’hui les centres de formation en entreprise et récupération (CFER).Plutôt que d’asseoir ces jeunes sur les bancs d’école à raison de plusieurs heures par semaine, les CFER ont décidé de les former à l’emploi.Cela dit, en plus d’offrir des cours comme le français et la géographie, le réseau, qui regroupe aujourd’hui 21 écoles affiliées à travers la province, a mis en place un système unique de formation à l’emploi, soit des écoles-usines où enseignent des professeurs dits généralistes qui en plus assurent cette formation.La mission très intégrée du CFER tire ses assises de trois objectifs fondamentaux: le développement de personnes autonomes, de citoyens engagés et de travailleurs productifs.«Il existe une bonne proportion de la clientèle scolaire qui n’accroche pas à l’école», admet la directrice générale du réseau CFER, Sylvie Castonguay.Découragés, ces jeunes décident souvent de décrocher une fois leurs seize ans sonnés.En effet, encore aujourd’hui, environ 20 % des jeunes ne finissent pas leurs études secondaires, alors que 30 % n’arrivent pas à les terminer dans le temps prévu, d’ajouter cette dernière, histoi- Après une troisième secondaire Les élèves qui fréquentent les centres ont 15 ans quand ils se présentent pour la première fois.Et souvent ils n’ont pas terminé leurs études primaires, précise-t-elle, en rappelant que, s’ils ont suivi le cours «normal» des choses, les jeunes âgés de 15 ans ont habituellement en poche une troisième année de secondaire.Reçonnus par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), tous les programmes donnés par les CFER font dans le développement durable et accordent aux jeunes qui réussissent la formation de trois ans le certificat de formation en entreprise et récupération.Et nombreux sont les marchés d’emplois qui recourent à une main-d’œuvre semi-spécialisée ou non spécialisée pour mener à bien leurs activités.Sylvie Castonguay avance d’ailleurs que, actuellement, 23 % des emplois au Québec ne nécessitent pas d’avoir terminé la cinquième année de secondaire.Un premier CFER à Victoriaville Né d’une initiative de récupération du papier et du carton, le premier CFER à voir le jour en 1990 est celui de Victoriaville.«Les jeunes se sont mis à amasser le papier et le carton d’abord dans les écoles et ensui- La directrice générale du réseau CFER, Sylvie Castonguay te à travers la ville pour le vendre à Cascades», explique-t-elle.L’école-usine est ainsi devenue le premier centre de tri du Québec.Rappelons que la ville ayant été sacrée championne du recyclage est considérée comme un exemple d’efficacité dans la cueillette et le traitement des déchets domestiques.Elle atteignait déjà en 2005 les objectifs fixés par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles sur dix ans, adoptée en 1998.«Nos usines sont toujours un prétexte de formation à l’emploi, alors si l’usine a des objectijs de production qui dépassent nos objectifs de formation, on va la laisser aller et en ouvrir une autre dans un autre secteur d’activité.» C’est ce qui est notamment arrivé avec le centre de tri de Victoriaville, racheté par la famille Gaudreau, qui en a pris la relève et l’exploite d’ailleurs toujours.Les enseignants alors à la recherche d’un autre concept de formation ont proposé de commencer à ramasser les vieux contenants de peinture.Au fil du temps, il s’est produit le même scénario: l’école-usi-ne qui récupérait la peinture et la teinture inutilisées pour des fins de réemploi a pris de l’ampleur.Elle a ainsi été vendue à l’entreprise Laurentide ReSource au début des an- PHOTOS SOURCE CFER EN BEAUCE En Beauce le CFER a formé un partenariat avec le distributeur d’accessoires de salle de bain MAAX.nées 2000.L’entreprise fabrique désormais les produits recyclés de marque Boomerang (latex, alkydes et teintures) qu’on retrouve en plusieurs teintes et finis sur les tablettes des quincailleries.Pendant ce temps, en Beauce Un autre exemple intéressant est celui de la Beauce, où le CFER a formé un partenariat avec le distributeur d’accessoires de salle de bain MAAX.L’entreprise, qui recourait à des palettes de 12 pieds composées de pin jaune de Californie pour importer ses produits, devait débourser des sommes considérables pour ensuite les enfouir, étant donné qu’elles n’étaient pas standard.Or, plutôt que de perdre cette matière première — du bois qui ne pourrit pas — le CFÉR beauceron récupère les palettes, à partir desquelles les élèves fabriquent surtout des meubles et des quais.Bien entendu, les partenariats d’écoles-usines sont nombreux.Sylvie Castonguay parle notamment d’un CFÉR où on procède au tri des déchets de téléphonie de Bell et d’un autre où on fait le traitement de la quincaillerie de lignes électriques d’Hydro-Québec.On a entamé d’ailleurs depuis peu un nouveau projet de revalorisation du textile des vêtements de travail usagés ou non conformes, des employés de la société d’État.Des retombées pour aujourd’hui et plus tard Tandis que le premier CFER accueillait 40 élèves en 1990, chaque établissement compte aujourd’hui entre 80 et 100 élèves inscrits.«Quelque 80 % de nos jeunes obtiennent le diplôme et ont un emploi dès qu’ils terminent la formation, à 18 ans.» Un taux de réussite dont se réjouit l’équipe administrative du réseau.«Dans les CFER, on part du principe qu’il n’y a pas de déchets mais juste des ressources, termine Mme Castonguay.Au même titre, si la société ne s’occupe pas de ces jeunes, ceux-ci donneront lieu à des coûts sociaux très élevés.Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas fait d’études supérieures qu’ils ne peuvent pas devenir des travailleurs productifs.» Collaboratrice du Devoir Changements climatiques et développement durable L’Amérique affiche un retard sur l’Europe «Les autorités réglementaires exigent que les entreprises divulguent correctement le risque écologique» «La responsabilité sociale n’est pas un luxe pour une entreprise, dans bien des cas, c’est une nécessité», constate André Boisclair, consultant en développement stratégique et en affaires publiques.«11 s’agit pour une entreprise de réfléchir aux risques écologiques et sociaux auxquels elle s’expose, poursuit l’ex-chef du Parti québécois.C’est en outre une bonne façon de gérer de manière rigoureuse les coûts associés à la production de biens et de services.» CLAUDE LAFLEUR André Boisclair dirige la pratique québécoise d’Ernst & Young en matière de changements climatiques et de développement durable.Après avoir été ministre de l’Environnement et de l’Eau, il a obtenu une maîtrise en administration publique à la Harvard Kennedy School of Government «Dans le cadre de ma maîtrise en affaires publiques, dit-il, je me suis concentré sur les questions écologiques, secteur que je connaissais déjà du fait d’avoir été ministre de l’Environnement C’est ma façon de contribuer à l’intérêt public et au bien commun.» Comme consultant son travail consiste à cerner les risques écologiques qui guettent les entreprises.«Par exemple, en ce moment, je travaille avec une grande entreprise québécoise, dans le secteur du génie civil et de la construction, qui est soucieuse de répondre à la demande de ses clients qui cherchent à diminuer leur empreinte écologique», explique M.Boisclair.Il souligne par le fait même que les entreprises qui font preuve d’une bonne gouvernance en matière de développement durable ont souvent davantage de chances de remporter des appels d’offres.Les entreprises ont tout intérêt à se doter de stratégies pour André Boisclair engager un dialogue avec leurs «parties prenantes», insiste André Boisclair.«Il n’y a qu’à se rappeler le dossier des gaz de schiste», dit-il pour illustrer à quel point l’absence d’un dialogue avec les citoyens peut mener à un fiasco.Les entreprises sont en outre sujettes à une multitude de pressions, particulièrement celles inscrites en Bourse.«Dans le cadre du Carbon Disclosure Project, relate M.Boisclair, un regroupement de grands investisseurs — notamment la Caisse de dépôt, OMERS et Teachers — demande aux entreprises de divulguer leur empreinte de carbone et de rendre publiques leurs stratégies pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.En outre, pour des entreprises publiques, la pression est d’autant plus grande que les autorités réglementaires et de valeurs exigent qu’elles divulguent correctement le risque écologique qui pourrait avoir des conséquences sur le cours de leurs actions.» Les pressions proviennent même des employés, particulièrement les plus jeunes, qui aspirent non seulement à une bonne rémunération et à leur épanouissement professionnel, mais qui recherchent également des entreprises exprimant des valeurs proches des leurs.«Or, dans les domaines où JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les entreprises ont tout intérêt à se doter de stratégies pour engager un dialogue avec leurs «parties prenantes, dit André Boisclair en évocant le fiasco avec les gaz de schiste.la main-d’œuvre se fait rare, rai> porte M.Boisclair, chaque petit atout peut faire la différence.» Il y a enfin les pressions sociales qu’on voit apparaître dans des dossîers sensîbles pour l’opînîon publîque, ajoute-t-îl, telle que l’acceptabîlîté sociale des gaz de schiste.«Pour de grands projets-clés, dît-îl, il faut des stratégies qui permettent de discuter intelligemment et sereinement avec l’ensemble des parties prenantes.» Sociétés d’État exemplaires C’est ainsi que les grandes entreprises qui sont d’importantes émettrices (notamment les alumineries) ont mis en place diverses stratégies afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.L’introduction de nouvelles technologies moins polluantes permet en même temps d’augmenter la productivité ainsi que de diminuer la consommation d’énergie, sou-ligne-t-il au passage.Il y,a aussi de grandes sociétés d’État qui donnent le ton, relate M.Boisclair, telles qu’Hy-dro-Québec qui, depuis des années, s’inspire des meilleures méthodologies disponibles, notamment celle du Global Reporting Initiative.Celle-ci préconise un ensemble d’indicateurs qu’une entreprise doit utiliser pour évaluer sa performance en matière de responsabilité sociale.M.Boisclair observe que les gouvernements, les grands donneurs d’ordres et même les syndicats sont de plus en plus sensibles à la responsabilité sociale des entreprises avec lesquelles ils font affaire.«Désormais, tout le monde est à la fois sensible aux aspects écologiques et sociaux de l’activité des entreprises, insiste-t-il, c’est-à-dire, entre autres, à leurs contributions à la vie économique de la nation en matière de création d’emplois et d’investissement, mais également à leurs contributions en matière de philanthropie et d’engagement social et communautaire.» C’est ainsi que, dans leur rapport d’états financiers, les entreprises couvrent à la fois leurs activités de nature économique, sociale et écologique.M.Boisclair note que si, dans certains cas, de telles préoccupations représentent parfois des dépenses importantes à court terme, elles génèrent souvent des économies à moyen et à long terme.Dix ans de retard C’est d’ailleurs pourquoi, au Québec, de plus en plus d’entreprises assument leurs responsabilités sociales.«On voit de belles percées de la part d’entreprises qui donnent le ton, indique avec satisfaction M.Boisclair./g pense entre autres à Bombardier, Rona, Cascades et à plusieurs entreprises du secteur financier.» Par contre, observe-t-il, on est très en retard par rapport à ce qui se fait en Europe.«On remarque, d’une façon générale, qu’en Amérique du Nord, et particulièrement au Canada, on est en retard sur les meilleures pratiques européennes, indique l’analyse.Je dirais même qu’on est en retard d’une bonne dizaine d’années.On a du chemin à faire par rapport à ce qui se fait en Europe!» Collaborateur du Devoir C 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 27 AVRIL 2011 RESPONSABILITE SOCIALE Un MBA pour décideurs responsables Le défi actuel est d’intégrer le développement durable à la gestion même de l’entreprise «Le public est très mal informé de ce qui se passe dans les entreprises» «Beaucoup d’entreprises, si elles n’intègrent pas les dimensions sociales et écologiques du développement durable, vont disparaître», affirme Olivier Boirai.ANNE-LAURE JEANSON Le responsable du MBA en responsabilité sociale et environnementale des organisations de l’Université Laval raconte la nouvelle donne qui définit Tunivers entrepreneurial: «Dans certains secteurs d’activité, c’est un enjeu stratégique qui engage la survie des entreprises.» A Detroit, les trois grands de l’automobile ont failli disparaitre parce qu’ils fabriquaient des voitures trop grosses et trop lourdes qui consommaient trop d’essence.«Ils n’ont pas du tout su intégrer le virage écologique, alors qu’en Europe, au Japon, on a su mieux négocier ce virage, pour différentes raisons», Leg dit Olivier Boirai.Le MBA en responsabilité so-enü*eprises ciale et environnementale des organisations forme ainsi des et les gestionnaires capables d’inté- grer ces enjeux.Le but n’est pas administrations former des spécialistes desti- niihliniinés à ne faire que du «conseil».^ ^ Selon lui, le Québec regor- ont de la ge de consultants en environ- nement.Aujourd’hui, le défi difficulté est d’intégrer le développe- ment durable à la gestion même de l’entreprise.C’est ce place des ^ accomplir rUniver- ^ sité Laval en offrant ce MBA.politiques de , Verdir les emplois développement Le titulaire de la Chaire de diirohle recherche du Canada sur les auraoie normes de gestion du dévelop- et à les pement durable n’a jamais cru aux emplois verts, en vogue ces respecter dernières années.«Je crois plu- tôt au verdissement des emplois.» Depuis 15 ans, il ne cesse de répéter que les écoles de gestion et les écoles de génies ont un gros défi à relever en matière de formation, car ce sont leurs étudiants qui détermineront les investissements de leur entreprise, les choix de produits et l’orientation du marketing.Pour changer en profondeur les pratiques actuelles des organisations, il faut que ça vienne de l’intérieur.Olivier Boirai travaille sur le développement durable depuis 1989.A l’époque, il faisait figure de dissident.L’école de gestion n’était pas en phase avec la culture du développement durable.«C’était et c’est encore très centré sur les valeurs économiques.Mais dire aujourd’hui qu’il faut prendre au sérieux ces enjeux ne fait pas de nous des hurluberlus», selon lui.Il y a des défis urgents à relever.«On a passé la phase de parler du développement durable.Il faut maintenant agir.Le public commence à être lassé des discours pompeux sur cette thématique.Les gens sont soucieux d’action.Il y a urgence d’agir, de à mettre en CARLOS BARRIA REUTERS À Detroit, les trois grands de l’automobile ont failli disparaître parce qu’ils fabriquaient des voitures trop grosses et trop lourdes qui consommaient trop d’essence.donner des résultats et d’être capable de les démontrer», ajoute l’enseignant-chercheur.Connaissances techniques Faire du développement durable, c’est très complexe.«Il y a des connaissances techniques à avoir: savoir faire une analyse du cycle de vie du produit, connaître la norme ISO 14001.Intégrer la loi québécoise sur le développement durable exige aussi des compétences», note Olivier Boirai.Les entreprises et les administrations publiques ont de la difficulté à mettre en place des politiques de développement durable et à les respecter.Une grande partie d’entre elles adoptent des politiques passe-partout qui veulent «tout dire et ne rien dire du tout.Alors qu’il faut que ces politiques soient adaptées aux activités de l’entreprise», insiste M.Boirai.Les principaux enjeux d’une aluminerie, d’une raffinerie de pétrole ou d’une quincaillerie sont très différents.Ce cours permet aux membres des conseils d’administration d’évaluer les réalisations des dirigeants sur l’atteinte d’objectifs de développement durable, un indicateur de la bonne gestion de l’entreprise.«Peut-être qu’à long terme le développement durable sera tellement intégré qu’on n’aura plus besoin de cours là-des-sus», espère-t-il.SOURCE UNIVERSITE LAVAL Le responsable du MBA en responsabilité sociale et environnementale des organisations de l’Université Laval, Olivier Boirai L’image verte «Se donner une bonne image, c’est beaucoup plus facile que de faire du développement durable en substance», poursuit Olivier Boirai.Une étude récente des Amis de la Terre montre que 98 % des produits vendus comme «produits verts», c’est du greenwashing ou «écoblanchi-ment».Le produit ne correspond pas à l’étiquette.Un cours intitulé «Marketing responsable» propose d’étudier un certain nombre de principes éthiques, comme l’utilisation des enfants dans la publicité ou l’écoblanchiment.L’objectif est d’intégrer ces préoccupations au niveau de l’image de marque et du produit.«Les sociétés pétrolières ont de gros problèmes de développement durable», affirme le Français, qui a notamment travaillé sur les rapports de développement durable de BP.«Il y a énormément d’hypocrisie, a-t-il constaté, après avoir relevé de nombreuses contradictions.Elles sont beaucoup centrées sur le marketing vert.Certains gestionnaires voient ça comme une mode, du marketing.Le public est très mal informé de ce qui se passe dans les entreprises.» Le MBA en responsabilité sociale et environnementale des organisations, créé en 2006, ouvre les mêmes portes qu’un MBA généraliste.Au total, 21 crédits sont dédiés à l’acquisition des connaissances de base en gestion des entreprises.Le programme forme une quinzaine d’étudiants par an, sur le plan des compétences mais aussi des valeurs.Collaboratrice du Devoir Luttes sociales et mutation Quelle sera la définition de l’entreprise de demain ?La responsabilité de l’investisseur se limite à la valeur de sa mise initiale Pour tenter de déterminer ce que sera la définition de l’entreprise de demain, un groupe de chercheurs travaille à faire des liens entre certains débats sociaux contemporains et des mutations historiques vécues par les entreprises.MARTINE LETARTE Comme le reste de la société, les entreprises évoluent à travers les différentes luttes sociales.Et tout indique qu’elles continuent et qu’elles continueront de le faire.C’est du moins ce que croit Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l’UQAM, chercheuse principale et coordonnatrice du projet «La responsabilité sociale: une redéfinition de l’entreprise comme institution sociale».«Bien des gens regardent les entreprises comme si elles avaient toujours eu la définition actuelle assez uniforme d’une société privée par actions à responsabilité limitée.Or l’entreprise est le résultat de mutations qui se sont produites au fil de l’histoire, à travers les luttes et les débats sociaux», explique la chercheuse qui travaille sur ce projet avec des collègues de l’UQAM, de l’Université de Montréal, de l’Université McGill et de l’Université Ryerson à Toronto.Mutations dans la gouvernance Premier exemple: l’élargissement du concept d’intérêt des entreprises.«E y a 20 ans, on réduisait beaucoup l’intérêt des entreprises à l’intérêt des actionnaires, remarque Mme Gendron.Toutefois, si on regarde certaines décisions prises par les tribunaux, on voit que la situation a beaucoup évolué depuis.Maintenant, on distingue l’intérêt des actionnaires de celui des entreprises, qui inclut aussi d’autres acteurs, comme les travailleurs, les consommateurs, les populations avoisinantes, etc.» Un exemple de cette tendance est la décision rendue en 2008 par la Cour suprême à propos de BCE.Ses obligataires avaient intenté un recours dans la foulée de la transaction prévue avec Teachers qui obligeait BCE à se privatiser en faisant un emprunt important.Cela aurait eu pour effet de réduire la valeur de leurs débentures.La Cour suprême a finalement estimé que l’intérêt des obligataires avait été considéré même si les administrateurs avaient décidé d’aller de l’avant avec la transaction.Elle a noté que la privatisation de BCE constituait une décision prise dans l’intérêt à long terme de la société.«Les administrateurs disposent maintenant d’une marge de manœuvre accrue dans leurs décisions, puisque celles-ci n’ont pas à viser strictement l’avoir des actionnaires.On considère la société dans son ensemble», explique Stéphane Rousseau, cochercheur dans le projet et titulaire de la Chaire en gouvernance et droit des affaires à la Faculté de droit de l’Université de Montréal.La mutation possible envisagée par les chercheurs du projet est que ce genre de lutte pourrait amener la gouvernance à s’ouvrir à d’autres acteurs.«On pourrait éventuellement voir arriver des mécanismes pour que, systématiquement, la gouvernance prenne en compte non seulement les intérêts des actionnaires, mais aussi ceux d’autres acteurs», explique Mme Gendron.Le groupe de chercheurs compare cette tendance avec une grande mutation historique: l’arrivée de la responsabilité limitée.«Le fait que l’actionnaire n’est pas responsable au-delà de la valeur de son investissement dans l’entreprise a changé énormément de choses», affirme Corinne Gendron.Mutations dans le système comptable Le groupe se penche aussi sur la lutte concernant les externalités écologiques.SOURCE UQAM Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l’UQAM «De plus en plus, on demandera aux entreprises d’assumer les coûts de ce qu’elles engendrent comme pollution.Ça viendra bouleverser tout le système de comptabilité qui vient délimiter les coûts, la répartition des actijs, etc.», affirme Mme Gendron.En guise de comparaison, le groupe de chercheurs regardera le concept d’amortissement.«Auparavant, si une entreprise faisait une grosse dépense, comme une voiture à 10 000 $, elle devait la déduire au complet en une seule année.Maintenant, grâce au mécanisme comptable de l’amortissement, les entreprises peuvent étaler l’investissement sur toutes les années d’utilité.Ça fait une grosse différence pour les résultats de l’entreprise, donc pour les profits réalisés et les dividendes versés aux actionnaires», explique Corinne Gendron.Mutations dans la sphère d’influence Enfin, le groupe se penchera sur la sous-traitance.«De plus en plus, on reconnaît une responsabilité des entreprises par rapport à la sous-traitance, remarque Mme Gendron.Si une entreprise se rend compte qu’un sous-traitant fait travailler des enfants, elle ne peut pas seulement dire que c’est la faute du sous-traitant.La tendance est de reconnaître que l’entreprise a une responsabilité à l’égard de ses sous-traitants, même si c’est une entité distincte.» L’entreprise est donc maintenant de plus en plus en réseau.«La sphère d’influence de l’entreprise est de moins en moins rattachée à sa frontière», ajoute la chercheuse.Cette lutte actuelle sera mise en parallèle avec le fordisme des années 1945-1975.«Pendant ces années, toute une relation s’est organisée entre le patronat et les travailleurs.On donnait aux travailleurs de meilleurs salaires pour qu’ils puissent accéder à plus de biens de consommation et cela permettait aux entreprises de faire plus de ventes.C’était une forme de compromis social», explique Mme Gendron.En faisant des parallèles entre ces mutations historiques et ces luttes actuelles, le groupe de chercheurs, dont le projet est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, souhaite anticiper la configuration de l’entreprise de demain.«Le but, ce n’est pas de dire si les changements actuels sont positifs ou négatifs, mais de les analyser en faisant des liens avec les luttes passées, précise Corinne Gendron.C’est tout un nouveau territoire de recherche que nous débroussaillons et plusieurs nouveaux projets pourront être lancés par la suite.» Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LE MERCREDI 27 AVRIL 2011 C 5 RESPONSABILITE SOCIALE Fonds de solidarité FTQ Le Fonds préféré changer les comportements des entreprises plntôt qne de senlement les boycotter «Depuis 1983, nous faisons le bilan social des entreprises dans lesquelles nous souhaitons investir» Le Fonds de solidarité FTQ a toujours eu une mission sociale, mais, au fil des ans, de plus en plus d’éléments se sont greffés à ses politiques.MARTINE LETARTE Le Fonds de solidarité FTQ a publié l’an dernier son premier rapport annuel et de développement durable avec l’intégration de la grille d’analyse de la Global Reporting Initiative (GRI), une organisation internationale multipartite mise sur pied en association avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement.«En nous joignant au GRI, nous devions faire rapport d’une liste d’éléments liés à notre performance sociale, écologique et économique.Nous avons eu près de 20 000 visites au petit site spécialisé où nous l’avons mis en ligne», indique Mario Tremblay, vice-président affaires publiques et corporatives du Fonds de solidarité FTQ.Est-ce une initiative qui sert à se donner bonne conscience ou est-ce que cela engendre de réels changements?«Ça nous force vraiment à faire le bilan, à faire des actions concrètes pour nous améliorer et à nous fixer des cibles pour l’avenir, parce qu’on sait qu’on devra faire un rapport à la fin de chaque année», affirme-t-il.Un exemple concret d’amélioration: le Fonds de solidarité FTQ utilise dorénavant unique- ment du papier EnvirolOO de Cascades.«C’est le premier papier québécois 100 % recyclé, précise M.Tremblay.Nous nous étions fixé l’an dernier la cible d’utiliser seulement ce papier, et là nous l’avons atteinte.Il y aura d’autres initiatives du genre.» Un impact mondial Le Fonds de solidarité FTQ a aussi adhéré en 2009 au Pacte mondial des Nations Unies et, depuis, il se doit de respecter 10 principes relatifs aux droits de l’homme, aux normes du travail, à l’environnement et à la lutte contre la corruption.Ce geste est dans la même lignée que le code de conduite international adopté par le Fonds en 2002.«A ce moment-là, c’était la montée de la Chine et certaines entreprises d’ici commençaient à produire à l’étranger.Nous nous sommes dit que, si nous avions des règles sévères à suivre au Québec et au Canada, il ne faudrait pas que nous ayons un autre standard pour les entreprises d’ici qui vont produire en Chine ou au Salvador», explique Mario Tremblay.Ce code de conduite pousse les entreprises à analyser le comportement de leurs partenaires à l’étranger.«Elles doivent regarder par exemple si leurs fournisseurs offrent des conditions de travail décentes, s’ils font travailler des enfants, s’ils respectent les normes de l’Organisation internationale du travail», indique-t-il.SOURCE FTQ Mario Tremblay, vice-président affaires publiques et corporatives du Fonds de solidarité FTQ La grande question demeure toutefois de savoir si les partenaires d’affaires à l’étranger respectent réellement ces grands principes.«Il existe des firmes spécialisées qui vont dans les entreprises à l’international pour s’assurer que les codes de conduite adoptés sont bien appliqués et elles font des rapports.Les entreprises d’ici n’ont donc pas à se rendre sur place pour vérifier tout ça», précise M.Tremblay.Il semble d’ailleurs que le choix des partenaires à l’étranger soit fait avec grand sérieux parles entrepreneurs québécois.«Il y a un risque.Tout le monde connaît le cas célèbre de Nike.Mal choisir ses fournisseurs, c’est dangereux pour une marque d’entreprise et les entrepreneurs sont beaucoup plus sensibilisés à cette question qu’au début des années 2000», affirme-t-il.Le bilan social Les entreprises actives dans des pays à risque sont tout de même minoritaires parmi les investissements du Fonds.Les autres PME doivent tout de même se surveiller de près.«Depuis pratiquement nos débuts, en 1983, nous faisons le bilan social des entreprises dans lesquelles nous souhaitons investir.Nous regardons les relations de travail, les accidents de travail, le climat de communication, l’imbrication de l’entreprise dans la société, etc.», explique Mario Tremblay.Dans le domaine écologique, le Fonds peut demander différentes études.«Par exemple, pour des entreprises manufacturières ou dans le domaine des ressources naturelles.C’est une question de gestion des risques.Si on investit disons 10 millions dans une entreprise et qu’après il y a une enquête et qu’elle doit finalement revoir ses installations, c’est le principe du pollueur-payeur.Donc, comme investisseur, il y a un risque financier.» Pour le Fonds de solidarité FTQ, le développement durable et l’investissement responsable signifient aussi investir en région: «58 % de nos investissements se font à l’extérieur de Montréal.Notre territoire, il faut l’occuper et le rendre économiquement dynamique.E faut avoir une métropole forte, mais aussi des régions-res-sources», affirme M.Tremblay, lui-même originaire du Saguenay.Le Fonds de solidarité investit aussi dans des entreprises d’économie sociale issues de partout dans la province, à tra- vers la Fiducie du Chantier de l’économie sociale.Il est également partenaire du Fonds d’amorçage Cycle-C3E créé en janvier pour investir dans l’amorçage d’entreprises spécialisées dans les technologies propres.Les portefeuilles de placement Dans ses portefeuilles de placement dans les grands marchés, le Fonds de solidarité FTQ a aussi des politiques.«Nous votons toujours nos actions lors des assemblées d’actionnaires et c’est le Groupe investissement responsable qui nous conseille par rapport à ça», précise M.Tremblay.Y a-t-il des exclus?«Oui, tout ce qui touche à l’armement Aussi, les entreprises qui ont un historique de comportements non responsables sur le plan écologique, sur le plan des droits de l’homme ou du travail.Il nous arrive à l’occasion de retirer certains titres de nos grands portefeuilles, comme ce fut le cas pour Monsanto, Walmart et Halliburton.» Le Fonds préfère toutefois changer les comportements des entreprises plutôt que de seulement les boycotter.«Nous ne prenons pas de décisions intempestives, ajoute M.Tremblay, mais si elles ne veulent pas changer, il faut prendre des décisions et on peut décider de se retirer.» Collaboratrice du Devoir Au Saguenay-Lac-Saint-Jean et Nord-du-Québec Coopératives et responsabilité sociale font bon ménage Être près d’une population impose d’avoir à cœur son bien-être Le mouvement coopératif a de tout temps fait preuve de vigueur dans la région des bleuets, où s’activent actuellement quelque 250 coopératives de différentes natures dans de nombreux milieux.Les entreprises de ce type possèdent un caractère de responsabilité sociale dans les structures et les valeius mêmes qui assiuent leiu existence.REGINALD HARVEY Une région qui renferme 3,7 % de la population du Québec compte plus de 8 % de l’ensemble des coops réparties sur le territoire de la province.Directeur général de la Coopérative de développement régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean et Nord-du-Québec (CDR), Dominic Deschênes fournit sa définition de la responsabilité sociale: «C’est un type de gouvernance que les entreprises se àmnent volontairement cfin de ne pas prendre juste en considération un objectif de maximisation de la rentabilité, donc, par voie de conséquence, afin de ne pas se fixer pour seul objectif la rentabilité des profits pour les actionnaires.Cette gouvernance tente d’intégrer dans ses décisions et dans ses actions les différents intérêts des groupes de personnes qui sont les parties prenantes très proches d’une organisation.» n fournit l’exemple de la collectivité à l’intérieur de laquelle une entreprise vient s’installer pour exploiter la ressource forestière: «Elle veut que celle-ci pense en fonction du long terme en procédant à du reboisement pour préserver ou augmenter le nombre d’emplois; au bout du compte, ce sont le milieu et la région qui seront en mesure de profiter de cette façon d’agir.» De plus, les gens sont de plus en plus sensibilisés à l’empreinte écologique: «Es vont donc vouloir que les déchets produits soient récupérés et traités en même temps que soient utilisées les technologies les moins polluantes.» Il en va du développement durable: «Si on regarde les préoccupations des différentes parties prenantes, elles sont d’ordre économique, social et écologique; ce sont les trois axes de ce développement En quelque part, la responsabilité sociale amène les entreprises qui veulent bien cheminer dans ce sensdà à faire du développement durable.» De la théorie à la pratique Les coopératives tissent un lien naturel avec la responsabilité.Dominic Deschênes explique de quelle façon: «Celles-ci se développent à partir de valeurs et de principes sous-jacents que toutes partagent et appliquent à un certain niveau; il s’agit de la démocratie et de l’égalité dans l’exercice de cette dernière, en ce sens qu’on accorde la priorité à l’individu plutôt qu’au capital financier, ce qui au départ témoigne d’un respect envers celui-ci.Il s’agit aussi de l’équité dans le partage des excédents.» Il énumère d’autres valeurs importantes: «C’est la prise en charge, la responsabilisation personnelle et collective, c’est l’engagement dans la communauté, c’est l’éducation des gens du mouvement coopératif et de la population en général et c’est également de l’intercoopération.Voilà ce qui représente en quelque sorte le code génétique du coopératisme qui rejoint la responsabilité sociale.» Il se penche sur un élément de base: «La première raison de créer une coopérative repose sur le fait que le milieu a identifié un besoin socioéconomique qui est commun; celle-ci est vraiment à la source d’un besoin profond des gens d’une communauté donnée et, pour y répondre, ils doivent se prendre en main; pour ce faire, ils montent un plan d’affaires et de financement, ils mettent en place un conseil d’administration et ils agissent.» Il recourt à une expérience vécue pour témoigner de l’engagement social: «Il s’est créé une coopérative de proximité dans un petit village de la région: le dépanneur, la station-service et le petit restaurant étaient sur le point de fermer; voyant cela, les citoyens se sont mobilisés autour d’un projet d’achat des trois commerces pour garder ces services offerts à un prix décent et à proximité des lieux.» L’histoire de leur engagement initial ne s’arrête pas là: «En plus de créer la coopérative, par la suite il faut consentir une mise de fonds pour être capable d’acheter les infrastructures et il faut diffuser cette idée pour que le bien acquis soit consommé.» Ce projet a servi à maintenir et même à créer des emplois là où il a été implanté.De la même famille Le directeur général utilise d’autres interventions, notamment dans le secteur forestier, pour illustrer les bienfaits que la coopération apporte au tissu social.Selon lui, il ne fait pas de doute que responsabilité sociale et coopération vont de pair; il tient mordicus à tirer cette conclusion: «Les coops sont comme prédisposées à avoir une responsabilité envers le milieu; ce sont leurs valeurs qui permettent de prendre en considération les besoins ou les différents intérêts des parties prenantes.E appartient aux dirigeant par la suite de développer ces valeurs pour aller plus loin dans les retombées sociales, mais, au départ, il existe une prédisposition favorable aux coopératives.» Au Saguenay-Lac-Saint-Jean comme ailleurs, Dominic Deschênes a été en mesure de constater qu’il reste bien du travail à accomplir pour mettre en valeur la responsabilité sociale: «E y a encore des résistances et les entreprises iront aussi loin dans l’appropriation de ce concept-là que les différentes parties prenantes vont en être conscientes; plus elles vont l’être, plus elles se montreront exigeantes envers les entreprises; si celles-ci veulent se distinguer, elles n’auront d’autre choix que d’être responsables socialement, parce que ce comportement joue sur leur image et leur réputation.» Il ajoute que, lorsqu’elles peuvent miser sur cette respectabilité, «il leur devient plus facile d’attirer une main-d’œuvre compétente, de la conserver plus longtemps, de mettre en marché de nouveaux produits, de les vendre plus facilement et d’aller chercher une marge bén^ciai-replus importante».Collaborateur du Devoir R E S P 0 C I A L CE CAHIER SPECIAL EST PUBLIE PAR LE DEVO Responsable NORMAND THERIAÜLT ntheriaultialedevoir.ca 2050, rue de Bleury, 9' étage, Montréal (QuéLec) H3A 3M9.TéL: (514) 985 3333 redaction@Iedevoir.com FAIS CE QUE DOIS S Andre Lacroix, professeur en philosophie et éthique appliquée mène des recherches sur la finance socialement responsable.fait partie du programme Analyser et comprendre les enjeux sociaux contemporains.Nouveau doctorat en philosophie pratique (Ph.D.) Des axes de recherche orientes vers : * le raisonnement pratique au cœur de l’éthique Réussir • le discours et sa place dans la société les rapports entre individus et collectivité grace a un encadrement de recherche personnalisé UNIVERSITE DE SHERBROOKE USherbrooke.ca/philosophie C 6 LE DEVOIR LE MERCREDI 27 AVRIL 2011 RESPONSABILITE SOCIALE À rUniversité de Sherbrooke La consommation responsable a son observatoire Souvent, «celui qui est vert est celui qui le dit le plus fort» La consommation est le moteur des économies occidentales.Dans la foulée du développement durable est apparue la notion de consommation responsable.Le nouvel Observatoire de la consommation responsable permettra de mieux comprendre ce nouveau comportement en sol québécois.PIERRE VALLÉE T a consommation respon-sable est en augmentation au Québec, mais elle est peu développée ici par rapport à ce qui se fait dans les pays Scandinaves et européens.De plus, au Québec, c’est la dimension écologique de la consommation responsable qui est populaire, la dimension sociale est moins importante», explique Fabien Du-rif, professeur à la Faculté d’administration de rUniversité de Sherbrooke et directeur de l’Observatoire de consommation responsable.La consommation responsable On définit la consommation responsable comme l’acte de consommer un produit en tenant compte de son impact écologique et social.Trois comportements sont associés à la consommation responsable.«Le premier comportement est le comportement d’achat.Le consommateur choisit d’acheter un produit parce qu’il répond à certains critères.C’est un produit vert ou équitable ou même local.» Le second comportement est celui du non-achat.«Dans ce cas, c’est le consommateur qui boycotte une marque parce qu’elle ne répond pas aux critères écologiques ou sociaux auxquels il tient C’est aussi le cas du consommateur qui, par simplicité volontaire ou non, choisit de réduire sa consommation.» Le comportement post-achat est le troisième comportement associé à la consommation responsable.«Dans ce cas, c’est ce que fait le consommateur une fois a r ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Fabien Durif constate que, sur 1000 produits d’entretien ménager, «certains ie sont, d’autres moins, certains i’ont toujours été mais ne i’ont jamais dit et ie disent aujourd’hui puisque ieurs concurrents ie font.» un produit acheté et consommé.Est-ce qu’il le recycle, le réutilise ou le donne?» n s’agit ici, selon Fabien Durif, d’une définition large de la consommation responsable.«Avec ces trois comportements, on tient compte du cycle de vie de la consommation.On peut être un consommateur responsable en n’achetant que des produits verts ou équitables, mais on peut aussi l’être en recyclant tous les produits qu’on achète.La consommation responsable reconnaît l’importance économique de la consommation.On veut que les consommateurs continuent à consommer, mais on veut qu’ils consomment mieux.» L’Observatoire de consommation responsable Créé en septembre 2010, l’Observatoire de consommation responsable est affilié à la Faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke.«Cela fait maintenant six ans que nous travaillons sur la consommation responsable et la création de l’observatoire vient donner une structure à notre recherche.» L’équipe de l’observatoire compte une dizaine de professeurs-chercheurs, plusieurs en provenance de l’Université de Sherbrooke, mais certains en provenance de rUQAM et d’universités françaises ou néerlandaises.La mission première de l’Observatoire de consommation responsable est d’effectuer la cueillette de données concernant la consommation responsable et ensuite d’en faire l’analyse.«En tant qu’éta- blissement universitaire, la recherche scientifique est au cœur de nos activités.Les résultats de nos recherches et études sont ensuite publiés dans des revues scientifiques.» C’est ainsi que l’Observatoire de consommation responsable a pu brosser un premier portrait de la consommation responsable au Québec.«Notre étude a démontré que la consommation responsable au Québec est surtout une affaire de femmes.Ce sont elles les premières à adopter des comportements de consommation responsable.Ensuite viennent les personnes plus âgées, car il apparaît que plus on vieillit, plus on consomme de façon responsable.De plus, on a appris que le revenu du consommateur avait un effet minime ou nul sur la consommation responsable.» Aider le consommateur Mais l’équipe de l’Observatoire de consommation responsable n’a pas voulu se restreindre à la seule sphère universitaire.«Dès le départ, nous avons voulu mettre en place un important volet de vulgarisation scientifique à l’attention des consommateurs.Nous nous sommes donc associés à la revue Protégez-vous, ce qui nous permet de rejoindre les consommateurs et de leur donner de l’information sur la consommation responsable.Nous avons mis en place un outil de mesure, le Baromètre de la consommation responsable, dont les résultats sont publiés dans Protégez-vous.» Ce souci de vulgarisation se veut une réponse aux questionnements des consommateurs québécois en matière de consommation responsable.«Le consommateur québécois qui s’intéresse à la consommation responsable au Québec se trouve confronté à un véritable fouillis d’informations.Prenons par exemple les écolabels.Qn en compte une cinquantaine au Québec mais un seul, EcoLogo, relève d’Environnement Canada.En Europe, ce sont les Etats qui régissent les écolabels, mais, au Québec, ce sont souvent l’autoréglementation et l’autodéclaration.Comment alors départager le vrai du faux?Si le gouvernement ne réglemente pas, c’est la loi du marché.Dans ce cas, celui qui est vert est celui qui le dit le plus fort.Le consommateur a donc besoin d’outils pour s’y retrouver, et c’est le rôle que l’observatoire s’est donné.Aujourd’hui, le principal frein à la consommation responsable, ce n’est plus le prix du produit, puisqu’on trouve sur le marché des produits responsables à prix abordable, mais plutôt le manque d’informations qui empêche le consommateur de faire un choix responsable.» Parmi ces outils figurent des études exhaustives selon les produits.«Nous allons bientôt sortir une importante étude sur les produits d’entretien ménager.Pendant un an, nous avons examiné 1000 produits d’entretien ménager.Aujourd’hui, presque tous les produits d’entretien ménager se disent verts.Certains le sont, d’autres moins, certains l’ont toujours été mais ne l’ont jamais dit et le disent aujourd’hui puisque leurs concurrents le font.L’étude permettra aux consommateurs de mieux s’y retrouver et surtout de bien comprendre les mécanismes derrière la mise en marché de produits verts.» Avis aux intéressés: l’Observatoire de consommation responsable tiendra, le 13 mai prochain, la première Journée de réhexion sur la consommation responsable, dans le cadre du prochain congrès de l’Acfas.Collaborateur du Devoir Écotech Québec Les acteurs de la technologie propre seront à Montréal en août Un nouveau regroupement créé en Finlande réunit 10 000 entreprises et 500 universités et centres de recherche Le secret demeure trop bien gardé, selon Écotech Québec: le milieu québécois des technologies propres s’ouvre au reste du monde, et vice-versa.Pour s’y prendre, Denis Leclerc a convaincu les plus importantes grappes industrielles de ce secteur de se réunir à Montréal, en marge du sommet mondial Écocité prévu cet été.ETIENNE ÉMOND PLAMONDON La jeune Global Cleantech Cluster Association (GCCA), un regroupement des plus importantes grappes de technologie propre du monde, a élu Montréal comme hôte pour sa première conférence internationale.Denis Leclerc, président et çhef de la direction de la grappe Écotech Québec, affiche son emballement «Je suis le d’Artagnan du GCCA, lance à la blague M.Leclerc, parce que j’étais toujours là, mais je ne faisais pas partie des trois mousquetaires», dit-il en évoquant les grappes dç la Finlande, de la Suisse et des États-Unis qui ont fondé l’associahon.Alors que l’alliance se concrétisait, M.Leclerc a pris de court les grosses pointures en leur proposant de tenir la première réunion du GCCA à l’occasion du sommet mondial Écocité 2011, qui s’élaborera autour de la thématique des villes écologiques, du 22 au 26 août prochain.La candidature de la métropole québécoise fut approuvée et sa suggestion de conférence fut révélée en novembre dernier à Lahti, en Finlande, le joiu’ même de l’annonce officielle de la création du GCCA qui réunit dorénavant 10 000 entreprises ainsi que 500 universités et centres de recherche de la planète.«C’est une association en émergence.Alors, l’idée, c’est de prendre cette occasion pour se dire ce qu’est le mandat du GCCA, ce que vont être les objectif, comment on va la structurer et comment on va travailler ensemble.Et ce qui est bien, c’est qu’on fait ça ici.» La rencontre sera ouverte à tous les participants du sommet dans une optique de partage des meilleures pratiques et de développement des partenariats.Mais Denis Leclerc vise surtout à faire d’une pierre deux coups pour ceux qui travaillent dans le domaine des technologies propres au Québec.«Je ne veux plus que notre secret soit bien gardé et je veux m’inspirer des meilleures pratiques des autres grappes.» Se placer sur la carte En inyitant la crème du domaine, Écotech Québec espère ouvrir les horizons de ses 85 membres, comme la grappe l’a fait lorsqu’elle a organisé une rencontre avec des représentants britanniques en mars dernier, à Montréal.Le Royaume-Uni de David Cameron prévoit investir massivement dans les technologies propres et les infrastructures électriques pour atteindre les objectifs de son ambitieux plan de réduction des gaz à effet de serre.Son gouvernement est donc venu explorer ce que l’expertise québécoise avait à proposer en la matière.Par la même occasion, explique M.Leclerc, la démarche a «permis à des entreprises d’ici de s’apercevoir Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec JACQUES NADEAU LE DEVOIR comment le Royaume-Uni pouvait faire partie de leur planification stratégique, de leur mar-ché^ potentiel».A une échelle plus vaste, Écotech Québec répond au même mandat qu’il s’est donné à l’intérieur du Québec, c’est-à-dire faire du «réseautage structuré et structurant».Ainsi, la grappe donne une vitrine aux entreprises, laboratoires et chercheurs en technologie propre pour qu’ils puissent trouver ceux dont le travail semble propice à la collaboration.«Quand je travaillais dans une grande entreprise, lorsqu’on avait des problèmes ou des possibilités, on ne savait pas où cogner pour voir quel type de technologie propre existait», dit celui qui fut vice-président, développement durable et environnement, à Abitibibo-water, qvant de prendre les rênes d’Écotech Québec.Une des premières réalisations de la grappe fut d’ailleurs de créer une carte interactive {www.ecotechquebec.com/fr/carte-interactive/) qui, littéralement, place sur la carte géographique 400 entreprises et 200 centres de recherche qui œuvrent dans l’innovation et le transfert de technologies respectueuses de l’environnement.Au dernier Cleantech Forum de San Francisco, Denis Leclerc a d’ailleurs distribué un carton avec l’adresse dudit site Internet, plutôt qu’une carte d’affaires.11 certifie que les réactions passèrent de l’étonnement à l’enthousiasme.«Il y a même des investisseurs de Silicon Valley qui sont intéressés à venir dans nos entreprises et, après ça, d’en emmener quelques-unes dans Silicon Valley pour faire une tournée de la région.» Coopération et compétition Mais, à travers tous les échanges, alliances et partenariats qui se concluront entre les grappes de technologie propre dans la GCCA, Denis Leclerc rappelle qu’entre eux ils sont aussi des «compétiteurs.Il y a plusieurs morceaux de nos mandats dans lesquels on a une certaine concurrence.» En réaction à ce cocktail en- gendré par la crise économique, les changements climatiques et la hambée des prix du pétrole, les nouvelles percées en technologie propre stimulent de plus en plus l’intérêt.Une situation qui a enclenché une course vers la conquête de ce marché en pleine expansion, dont les investissements ont depuis quelques années surpassé ceux effectués dans le secteur de la biotechnologie.Le Russell Mitchell Group a estimé qu’au Canada le taux de croissance annuel du secteur des technologies propres fut de 47 % au cours de la récession de 2008-2009 et il a prévu que cette croissance allait atteindre 117 % entre 2010 et 2012.Écotech tente aussi de propulser le Québec dans ce sprint.«Dans nos efforts, on veut voir jusqu’où les innovations en technologie propre peuvent devenir une niche stratégique pour le Québec», à l’instar de secteurs comme l’aérospatiale et le multimédia.Même à l’intérieur des technologies propres, Denis Leclerc espère resserrer le créneau qui sera exploité par le Québec.«Les pays mettent des milliards en efficacité énergétique, ce qui est très bien d’ailleurs, mais il y a d’autres domaines: il y a l’eau qui devient une préoccupation de plus en plus importante, la gestion des matières résiduelles, et il y a l’air.L’idée, c’est de se demander, avec ce qu’on a, comment on se situe dans le spectre de l’offre, de la demande et de la qualité à l’échelle de la Terre.Ensuite, c’est de déterminer quels sont nos secteurs en émergence, quelles sont les filières stratégiques qu’on a déjà au Québec.Avec cette analyse, ça va nous aider, chez Écotech, à pouvoir mieux calibrer nos efforts sur des filières porteuses.Parce que, en bout de ligne, ce qu’on veut, c’est jouer un rôle significatif pour la prospérité du Québec.» Le président d’Écotech Québec précise tout de même qu’il «faut regarder ce qu’on a, mais aussi le marché potentiel, ce qui se développe ailleurs et quelles sont les demandes».Pour revenir à cette image de Xp course, comme la grappe Écotech est essentiellement composée de PME, Denis Leclerc souligne que le Québec y entre sur le mode de la course à relais, plutôt que d’adopter l’attitude du marathonien.«L’idée, c’est de voir avec qui on a le plus d’affinités et avec qui notre offre de service peut être complémentaire [.].Il y a certains pays et territoires, comme Singapour et Israël, qui font toujours des partenariats avec d’autres.» Écotech Québec cherche donc à faire équipe, «parce qu’on veut que nos entreprises atteignent leur plein potentiel».Le Devoir
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