Le devoir, 14 mai 2011, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 EXPOSITIONS Napoléon Bourassa, un grand seigneur de Fart québécois redécouvert Page E 3 CULTURE 64" FESTIVAL DE CANNES / I Nos ambassadeurs sur la Croisette Seul long métrage québécois sélectionné à Cannes cette année, le documentaire d’Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, La nuit, elles dansent, tourné au Caire, sera lancé à la Quinzaine des réalisateurs mercredi prochain, avant de prendre l’affiche dans nos salles le 20 mai.CAROLINE HAYEUR Stéphane Thibault et Isabelle Lavigne On a pénétré dans un monde dur, mais tellement vivant.J’avais l’impression de me retrouver dans l’univers des Belles-sœurs de Michel Tremblay.ODILE TREMBLAY Je les ai rencontrés avant leur départ pour Cannes, à Montréal, dans le Mile-End.Ils poussaient le landau de leur petit bébé, tout excités et ravis à la perspective d’être de la fête.«On a travaillé assez fort ces dernières années, avec les films, les enfants, évoque Stéphane Thibault.Candies, nous voulons en profiter.» A eux les partys, les rencontres.11 taisait plaisir à voir, ce couple-là, à la veille de découvertes, qui partait en famille vers la Mecque du septième art.Les deux documentaristes sont nos ambassadeurs sur la Croisette.Seul , long métrage québé- Y cois sélectionné au prestigieux festival, La nuit, elles dansent sera présenté en séance spéciale à la Quinzaine des réalisateurs.Retenu sru coup de cœur, qui plus est.Le sélectionneru cannois a vu le documentaire au Québec, l’a proposé à ses troupes à Paris.Choix unanime! Sans même subir les affres de l’attente, Isabelle et Stéphane furent avisés vite fait de Leru herueux sort.Et voilà! A l’heure où vous lisez ces lignes, ils arpentent la Croisette.N’appelons pas ça un conte de fées, juste un très heureux événement.Journalistes et ventriloques La nuit, elles dansent, toruné au Caire, plonge dans l’uitivers d’une famille de danseuses du ventre dominée par Reda, la matriarche, dotée d’une tête à faire du cinéma, qui règne sur sept enfants et toute la smala.Le film capte les chicanes, les amours, la drogue, les joies et les peines au rendez-vous d’un métier qui scintille moins fort, une fois les projecterus éteints, dans un au-jour-le-jour souvent ingrat teinté d’opprobre social.Ils se proclament du cinéma direct mais aussi du documentaire américain, comme du cinéma des frères Dardeime.Les sirènes de la fiction ne les attirent pas.«Le documentaire est un scellent pré-terte pour découvrir le monde, rencontrer les humains dans leur complexité, des êtres que je n’aurais autrement jamais connus en profondeur», estime Isabelle.Tous deux sont de grands voyageurs.Stéphane est un ancien de la Course Europe-Asie.C’est au hasard d’im PHOTOS: FILMS DU TRICYCLE voyage de touristes en Égypte qu’lsabelle a craqué poru le pays, où elle vécut deux ans, apprenant l’arabe, précieux atout à l’heure de nouer des contacts pour La nuit, elles dansent Un article dans un jorunal du Caire avait allumé son œil.11 y était question de danseuses de village vivant en communauté.Mais pas moyen de mettre la main sru ces dames.«Le journaliste avait écrit un texte bidon, n’ayant jamais rencontré ces femmesdà, soupire-t-elle.D’autres nous disaient: les communautés de danseuses n’existent plus.Cet univers a changé et ne relève plus des grandes familles d’artistes, plutôt de femmes inexpérimentées.On a sillonné le delta du Nil, assisté à des mariages, en vain, songeant à laisser tomber.Et puis un jour, dans un mariage, un ventriloque nous a dit: “Oui, je connais une famille de danseuses.”» Comme quoi, mieux vaut faire confiance aux ventriloques qu’aux jorunalistes.Ils sont tombés sur Reda, au charisme extraordinaire, et ses fdles, sa mère, danseuses de génération en génération.«Des femmes lumineuses et fières de l’être, précise Stéphane, qui ont accepté de se livrer.» Beaucoup de gros plans, une caméra de proximité, et des moments de grande vérité, parfois de poésie captée; une belle aventure.Sur la carte Tous deux s’offraient une solide expérience de documentaristes en solo.Qn devait au tandem, notammenti Junior, documentaire sur le hockey des ligues mineures, qui fit grand bruit et les mit en 2008 sur la carte, comme on dit.Ils étaient tous deux aux commandes.Cette fois, Isabelle fut davantage présente de A à Z dans la réalisation de La nuit, elles dansent.«Junior a été plus difficile à tourner que celui-ci, précise-t-elle.Les jeunes joueurs de hockey étaient conscients de la caméra.En Egypte, ils ont vite oublié notre présence, même pour les scènes d’engueulade.On a pénétré dans un monde dur, mais tellement vivant.J’avais l’impression de me retrouver dans l’univers des Belles-sœurs de Michel Tremblay.Et parfois dans un film d’Al-modôvar ou de Kusturica.» VOIR PAGE E 8: DANSENT E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 CULTURE DANSE Tokyo-Séoul-Montréal Dans le cadre du Festival Accès Asie, Tangente reprend son projet Dance X, un programme triple composé de chorégraphies venues de Tokyo, de Séoul et de Montréal.Une occasion de goûter à ce qui se fait, à l’Est et à l’Ouest, en jeune danse actuelle.Et pour les artistes, une occasion de se frotter à l’autre et à l’ailleurs.CATHERINE LALONDE \ A l’automne 2007, le vieux, très vieux directeur du Npo Dam Festival, Seiji Takaya, veut mettre sur pied une plateforme entre l’Amérique du Nord et Tokyo.Stéphane Lab-bé, codirecteur artistique de Tangente, se souvient: «Il appréciait ce qui se passait à Montréal.C’était pour lui une plaque tournante chez les jeunes et il a eu un coup de cœur pour ce qu’on faisait à Tangente.» Avec l’Aoyama Round Theater de Tokyo et le Lig Art Hall de Séoul, une tournée en trois points, fort éloignés les uns des autres, tombe rapidement en place.Chaque diffuseur propose trois artistes.«Ce doit être, pour des questions d’argent, des spectacles légers, précise Labbé.On peut aller jusqu’au trio, mais pas plus, avec peu d’accessoires.Les pièces doivent pouvoir être réduites à vingt minutes» pour s’insérer dans le programme triple.Après analyse des neuf projets par les théâtres de Montréal, Séoul et Tokyo, trois sont retenus.En 2008, Mélanie Demers, Ayako Hamaguchi et Yunjung Kim font, avec Stéphane Labbé, cette première tournée Mont-réal-Séoul-Tokyo.«J’ai eu la chance d’y aller, rappelle Labbé, pour mieux connaître les partenaires et pour voir aussi les lieux, les théâtres en question.» Il refuse, à partir du peu qu’il a vu, de risquer une analyse.Une impression, alors?«Chaque fois que je voyage, ça me permet de mettre en contexte ce qui se passe ici, dans la nouvelle génération.SATORU WATANABE Maki Morishita et son Tokyo Fiat Je ne crois effectivement pas que la danse contemporaine soit partout pareille.Dans le peu de pièces asiatiques que j’ai vues, la gestuelle est encore très, très présente.Alors qu’ici on va de plus en plus vers le performatif J’ai l’impression que les artistes du Japon sont plus engagés.Comme s’ils avaient quelque chose à crier, un carcan à casser, que je n’ai pas retrouvé chez les artistes coréens.Dans les rapports humains, aussi: à Séoul, j’ai trouvé les gens plus friendly, plus détendus, peut-être parce que les relations humaines ressemblaient davantage à ce qu’on vit ici.» Préjugés, chocs et impressions C’est avec le duo Les Angles morts que la chorégraphe et danseuse Mélanie Demers a fait ce voyage.«Il faut comprendre que, dans ce cadre, écrit-elle au Devoir, nous n’avions que quelques jours à passer dans chaque ville.Alors, ne reste vraiment qu’un parcours d’impressions.Un beau mélange de clichés, d’idées reçues et de belles découvertes des contours d’une culture.Un instantané qui malheureusement tend à fixer en certitude ce qui est plutôt impossible à saisir en si peu de temps.S’il y a une différence dans la perception culturelle dans le regard posé sur la danse?De Montréal à Séoul et de Séoul à Tokyo, la réponse est sûrement oui.Pourquoi et comment, je ne saurais dire.Est-ce le rapport au corps et à sa place dans la société coréenne?Est-ce un mélange de politesse et de réserve typiquement japonais?Est-ce notre arrogance à nous approprier et conquérir tout?» L’artiste en est revenu, visiblement, avec plus de questions que de réponses.Et c’est, pour Stéphane Labbé, l’essentiel.«Comme diffuseur, il y ace que tu fais pour ton public et ce que tu fais pour tes artistes.Ce projet de tournée est particulier: il n’est pas axé sur le développement de public ni sur la vente de billets, mais vise à fa- fà /, < i- / Le tandem Park Young-Cool et In Jung-Ju pour Transforming View NIKOL MIKUS voriser les tournées pour les artistes, pour qu’ils bénéficient de cet enrichissement artistique, logistique et organisationnel.Ça leur permet de mettre leur travail en perspective, de voir où se situe leur signature, si elle peut se déplacer, voyager.» Mélanie Demers renchérit: «C’est important d’avoir la chance de vérifier si notre art résonne ailleurs de la même façon qu’ici.Il semble que Les Angles morts a trouvé un écho.Encore là, ce n’est qu’une impression, une façon d’interpréter quelques sourires, l’intensité des applaudissements, la profondeur d’une discussion après une représentation.Des indices épars qui peuvent donner le pouls.» Buto et post-buto Ce n’est pas d’hier pourtant que Montréal se frotte à la danse asiatique.Dena Davida, l’autre directrice artistique de Tangente, à ce poste depuis vingt ans, rappelle qu’«on connaissait déjà le buto: Min Tanaka venait régulièrement en Amérique.D’ici, Jocelyne Mont-petit et Lucie Grégoire ont passé beaucoup de temps là-bas.Mari-ko Tanabe aussi, qui s’est installée ici même si l’essentiel de sa vie en danse s’est déroulé à New York.Mais c’est grâce au [défunt] Eestival international de nouvelle danse qu’on a pu se pencher sur la danse du Japon».D’abord en découvrant le travail de Saburo Teshigawara et sa compagnie Karas; ensuite par l’édition spéciale Japon en 1989.«Je crois que le facteur exotique, poursuit Dena Davida, et c’est peut-être du racisme inversé, joue en faveur de ces propositions artistiques.On voit l’Asie comme une beauté presque outrée.Il nous reste encore bien des communautés à découvrir.Entre autres, il y a la jeune To-momi Morimoto, maintenant ici, à surveiller.» Dance X: tournée Montréal-Séoul-Tokyo, désormais une biennale, reçoit cette semaine Maki Morishita et son Tokyo Elat, une pièce qui flirte avec le performatif; le tandem Park Young-Cool et In Jung-Ju pour Transforming View, eL d’ici, une nouvelle création d’Erin Flynn, Erom Ashes Comes the Day, développée avec George Stamos.Le Devoir DANCE X: TOURNÉE MONTRÉAL-SÉOUL-TOKYO Chorégraphies d’Erin Flynn, de Maki Morishita, de P^rk Young-Cool et d’In Jung-Ju.ATantente, du 20 au 22 mai.SUPPLEMENTAIRES! MERCREDI 1ER + JEUDI 2 JUIN «Grandiose.une mise en scène de Gill Champagne exceptionnelle.Splendide jeu des acteurs, vraiment fantastique ! » - La Première Chaîne, C’est bien meilleur le matin « Une mise en scène très, très, très inventive.» - qS.sFm, Puisqu’iljaut se lever “Denis Bernard gives one of the strongest performances of his career (.)” - The Gazette «Une solide distribution : Marie Michaud admirable, Denis Bernard donne toute son ampleur et toute son humanité à ce personnage; Eveline Gélinas, lumineuse.» - La Première Chaîne, Samedi et rien d’autre «Denis Bernard est puissant; Marie Michaud bouleversante ; Dominique Quesnel campe urie Carmen lumineuse.Cette production confirme la pérennité de cette œuvre de Tremolay ; Marie-Lou est là pour toujours.»-R c,Téiéjournai UNE PRESENTATION DE MICHEL TREMBLAY /MISE EN SCÈNE GILL CHAMPAGNE DENIS BERNARD /ÉVELINE GÉLINAS/MARIE MICHAUD / DOMINIQUE QUESNEL 1 HÉÂTRE DU B OUVEAU JVlOISIDEj À L’AFFICHE JUSQU’AU 2 JUIN /TNM.QC.CA / 514.866.8668 m mi' Temps J ai ete vraiment happe par le spectacle.CHRISTIAN SAINT-PIERRE, VOIR TV J ai été vraiment conquise, louise forestier, JE L’AI VU LA RADIO, RADIO-CANADA On retrouve la très belle poésie de Wajdi Mouawad.katerine verebely, première heure, RADIO-CANADA Texte et mise en scene Wajdi Mouawad continue d explorer les zones sombres de l’humain avec le même doigté JEAN SIAG, LA PRESSE Wajdi Mouawad La mise en scene, qui privilégié une économie de mouvement, est tout a fait Juste.STÉPHANE LECLAIR, LE TÉLÉJOURNAL, RADIO-CANADA Les comédiens portent Temps avec la noblesse du mythique et le souffle poétique du tragique.Sylvie Nicolas, le devoir C est direct, sans ambages, et ça fait mal.CLAUDIA LAR0CHELLE, RUEFRONTENAC Avec Marie-Josee Bastien Jean-Jacqui Boutet Véronique ^Côte Gérald Gagnon Linda Laplante Anne-MariesOlivier Valeriy Pankoy Isabelle Roy BANQUE NATIONALE GROUPE FINANCIER Derniere semaine Du 19 avril au 14 mai 2011 Collaborateurs Alain Roy François Ismert Charlotte Farcet Emmanuel Clolus Isabelle Larivière Eric Champoux Michael Jon FInk Jean-Sébastien Côté Angelo BarsettI SUPPLEMENTAIRES 8, 15, 17, 18, 19, 20, 21 mai Direction artistique Marie-Thérèse Fortin Une creation Theatre du Trident et du Théâtre d’Âujourd’hui Coproduction avec AbéiÇarré Cé Carré (Québec), Au Carr^ii^ l'Hypoténuse (France), le Thl^re frEm^ais du Centre rth (Ottawa) nformations et réservations Partenaires de saison: OCoHébec LE DEVOIR E3 4 TO POUR yJOURS Théâtre d’Aujourd’hui 3900, rue Saint-Denis Montréal-QC T.514 282-3900 theatredaujourdhui.qc.ca http://goo.gl/OZzWI LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 E 3 CULTURE EXPOSITIONS La redécouverte d’un grand seigneur de l’art québécois : Napoléon Bourassa PAUL BENNETT La très belle rétrospective consacrée par le Musée national des beaux-arts du Québec à Napoléon Bourassa (1827-1916) parviendra-t-elle, presque 100 ans après sa mort, à conjurer le mauvais sort qui a grevé tant la carrière que l’œuvre de cet artiste et intellectuel exigeant et ambitieux, relégué dans l’ombre de son beau-père, Louis-Joseph Papineau, de son fils Henri, fondateur du Devoir, et de son élève, le sculpteur Louis-Philippe Hébert?Le public Les quelque 160 tableaux, sculptures, peut enfin dessins, études et , .plans d’architecte ex- apprécier posés jusqu’en janvier i virtiin«P 2012 dans deux salles virmose du Musée des Plaines du dessin devraient enfin permettre à chacun d’ap- et le précier à sa juste va- ^ , leur le talent indé- portraitiste niable de cet artiste mio polyvalent, également ^ romancier, conféren- fut Bourassa cier et critique d’art, dont les projets grandioses, telle la décoration de la cathédrale de Saint-Hyacinthe ou du Palais législatif à Québec, sont le plus souvent restés à l'état d’ébauche en raison du manque de soutien et de vision des autorités publiques et religieuses de l’époque.Tombée dans l’oubli après sa disparition, la production de Napoléon Bourassa, léguée par son fils Henri au Musée du Québec en 1941, est longtemps restée confinée dans les entrepôts de cette institution ainsi que sur les murs de quelques établissements religieux, sans jamais connaître de large diffusion, si l’on excepte son célèbre portrait de Louis-Joseph Papineau, quelques tableaux de genre, tels que Les Petits Pêcheurs, et son œuvre maîtresse, L’Apothéose de Christophe Colomb, dévoîlée seulement en 1983 après avoir été soustraite aux regards.depuis 1917.Grâce au travail patient de Mario Béland, conservateur de l’art ancien au MNBAQ et commissaire de l’exposition, et de ,ses deux complices, Anne-Elisabeth Vallée et Paul Bourassa, le grand public peut enfin reconnaître chez Napoléon Bourassa le dessinateur virtuose, peut-être le plus remarquable de son époque selon M.Béland, le portraitiste raffiné et, surtout, le concepteur de dizaines de monuments, de plans et de décors d’églises et d’édifices publics qui, s’ils ne furent pas toujours réalisés, n’en ont pas moins laissé dans leur sillage une mine Inexploitée d’esquisses, d’études et de dessins préparatoires d’une variété, d’une richesse d’invention et d’une finesse de détail simplement prodigieuses.Notons que les œuvres sur papier seront toutes changées à ml-parcours de l’exposition, à la fin d’août, pour des raisons de conservation.pour subvenir à ses besoins, Bourassa dut le plus souvent se résigner à Investir ses efforts dans ce qu’il appelait de «jolis riens», ces genres mineurs qu’étalent pour lui le portrait ou les scènes de genre.Aussi les quelques petits paysages et les scènes de genre regroupés dans la première salle de l’ex-posltlon sont-ils en général d’une banalité décevante.11 en va tout autrement des portraits, surtout ceux de sa famille et de son entourage, qui sont l’œuvre d’un véritable virtuose, même s’ils lui demandaient, de son propre aveu, beaucoup de temps en raison de son perfectionnisme.Le pastel de sa fille Augustine et le portrait Intimiste de ses enfants Adîne et Henri, peint vers 1878, sont bouleversants de vérité et de lyrisme.Parmi les dizaines de portraits d’eccléslas-tlques réalisés sur commande, le Musée n’en a heureusement retenu que quatre, qui démontrent toutefois que le peintre a bleu retenu les leçons de son maître, Théophile Hamel, ainsi que de son «modèle» européen, Dominique Ingres.SI les quelques compositions religieuses de Bourassa, à l’exception d’une très belle Déposition de croix (1866-1867) appartenant aux Sulplclens, demeurent conventionnelles, les peintures allégoriques qu’il fit dans les années 1890, en particulier La Peinture mystique, captivent l’attention par leur profondeur d’inspiration et leur facture extrêmement soignée.Mais au-delà de ces «pièces de résistance», le visiteur attentif aura plaisir à s’attarder sur les dizaines d’études de tête (aquarelles, lavis, encres), les plans et les dessins préparatoires à tous ces monuments, meubles et décors d’église qui accaparèrent la majeure partie I W COLL.MNBAQ, DON D’AUGUSTINE BOURASSA EN 1928 Napoléon Bourassa, L’Apothéose de Christophe Colomb (1905-1912), huile sur toile en grisaille.Cette immense toile (484 x 734 cm) inachevée se présente comme un panthéon de grands personnages de l’histoire universelle, mais surtout des Amériques, réunis en hommage à Christophe Colomb (au centre, en haut du tableau, coqronné par le personnage allégorique de la Gloire).En bas à droite, on peut reconnaître notamment les Louis-Joseph Papineau, Georges-Etienne Cartier et Louis-Hippolyte La Fontaine.MNBAQ, DON DE LA SUCCESSION BOURASSA EN 1941 Napoléon Bourassa, Adîne et Henri Bourassa, enfants de Partiste (vers 1878), huile sur toile.Restaurée récemment par le Centre de conservation du Québec, cette œuvre montre notamment le futur fondateur du Devoir vers Tâge de 10 ans.de la carrière de ce touche-à-tout atypique.Presque tous ces dessins sont de pures merveilles d’inventivité et de précision, tel ce projet hallucinant de chaire de prédication pour la cathédrale de Saint-Hyacinthe.La deuxième salle de l’exposition est entièrement consa- crée au projet décoratif de Bourassa pour le Palais législatif, dont seuls subsistent des études intrigantes pour Le Naufrage de l’Auguste et, bien sûr, son testament, la monumentale Apothéose de Christophe Colomb, dont le carton — il n’en reste que des fragments — avait été montré à l’Exposition universelle de Paris en 1867 et que l’artiste transféra sur toile vers la fin de sa vie, de 1905 à 1912.Le Musée présente aussi les études préparatoires pour quelques-uns des 69 personnages de ce tableau mythique resté inachevé, «à l’image du parcours de Napoléon Bourassa, marqué par les plus grandes espérances sans aboutir, sur le plan de la reconnaissance publique, ni de son vivant, ni après sa mort», comme le souligne Mario Béland dans l’imposant et très beau catalogue qui accompagne l’exposition.La rétrospective Napoléon Bourassa - La quête d’un idéal, dont la présentation soignée et aérée séduit, rend enfin justice à ce grand seigneur de l’histoire de l’art québécois et à son œuvre qui, malgré son académisme trop souvent convenu, peut encore susciter aujourd’hui curiosité et admiration, et même émouvoir, vraiment.Le Devoir NAPOLÉON BOURASSA -LA QUÊTE DE LTDÉAL Musée national des beaux-arts du Québec Parc des Champs-de-Bataille, Québec Jusqu’au 15 janvier 2012 ^ ledevoir.com Vous trouverez d’autres œuvres de Napoléon Bourassa dans culture/arts visuels Quelques dates importantes 21 octobre 1827: naissance de Napoléon Bourassa à L’Acadie.17 septembre 1857: Bourassa épouse, à Montebello, Azélie Papineau, fille cadette de Louis-Joseph Papineau.Mai 1869: il reçoit la commande du décor de la chapelle Nazareth, dans l’asile pour aveugles et miséreux du même nom, lequel asile sera détruit au début des années 1960 pour faire place à l’actuelle Place des Arts.Septembre 1872: il dessine les plans de la future chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, qui sera érigée sur un terrain de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.Ce projet d’envergure l’occupera pendant dix ans.1911: proposition de vente au gouvernement fédéral de L’Apothéose de Christophe Colomb, laquelle est refusée l’année suivante.27 août 1916: Napoléon Bourassa décède chez son fils Henri, à Lachenaie.Parcours de l’exposition Peintre académique au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire d’un art au service d’un idéal éthique et religieux.Napoléon Bourassa rêva toute sa vie de réaliser des œuvres grandioses à la mémoire des hommes et des faits glorieux de l’histoire nationale et religieuse, comme en témoignent son grand tableau allégorique inachevé L’Apothéose de Christophe Colomb, ou encore l’église Notre-Dame-de-Lourdes, face à l’ancienne église Saint-Jacques, rue Sainte-Catherine à Montréal, dont il a conçu à la fois l’architecture et les décors.Mais, « Un ton joyeux, déjanté, ravageur » Le Nouvel Obs Le Monde , « Israel Gaivân (.) catapulte le flamenco vers son avenir » Midi Libre GARDENIA Alain Platel +Frank Van Laecke/Gand 1, 2, 3,4 juin / Monument-Nationai Surtitres français -h ^ POROROCA Lia Rodrigues / Rio de Janeiro 28, 29, 30 mai / Usine C « Intense et merveilleux » Les Inrocks ,* -7*.0 DEER! Chant! Wadge / Montréal 30, 31 mai + 1 juin Agora de la danse « Des chorégraphies pleines de puissance et d’humour » Journal Frankfurt r" /*” N i il L_ THE YOU SHOW Crystal Rite Vancouver -h Francfort 9, 10, 11 juin / Usine C NEUTRAL HERO Richard Maxwell / New York 4, 5, 6 juin Théâtre Centaur /pLUS DE 30 SPECTACLES TRUST Falk Richter + Anouk van Dijk / Berlin + Amsterdam PHOTOG.AN IMAGINARY LOOK AT THE UNCOMPROMISING LIFE OF THOMAS SMITH Jay Dodge + Sherry Yoon / Vancouver MILLE ANONYMES -création Daniel Danis / Québec WHAT’S NEXT?-création Brigitte Poupart + Dave St-Pierre / Montréal LAST MEADOW Miguel Gutierrez / New York LANX + OBVIE NIXE + OBTUS Cindy Van Acker / Genève 4, 5, 6 juin / Agora de la danse « Un ouvrage d’une extraordinaire puissance » Le Nouvel Obs 4 EL FINAL DE ESTE ESTADO DE COSAS, REDUX Israel Galvan / Séville 27, 28 mai / PDA, Théâtre Maisonneuve FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES DANSE/THÉÂTRE TEMPEST: WITHOUT A BODY Lemi Ponifasio / Auckland 10, 11 juin PDA, théâtre Jean-Duceppe 26 MAI/ll JUIN LA CRÉATION CONTEMPORAINE DANS TOUS SES ÉCLATS BILLETS / 15 $ FORFAITS / 15 à 40 % de réduction INFO-FESTIVAL 514-844-3822 / 1-866-984-3822 / FTA.QC.CA E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 CULTURE JAZZ John Zorn et l’univers SERGE TRUEEAUT Comment fait-il?Comment s’y prend-il?Dort-il?Mange-t-il?Fait-il autre chose que jouer du saxophone alto, que composer, arranger, orchestrer, rassembler, étudier les musiques des Balkans, de l’Orient et du Japon?Non.11 ne fait rien d’autre.Parce que «il», c’est-à-dire John Zorn, est un mutant qui n’a rien de virtuel.n y a peu, le natif de Brook^ a publié deux autres albums.11 en publie tant que suivre ses traces musicales est haletant, dans le sens épuisant, mais toujours palpitant.Car Zorn, en plus d’être constant, nous apprend beaucoup de choses sur les horizons lointains.Zorn est un guide dans le sens voyageur du mot 11 y a peu, donc, il a proposé Nova Express, qui rassemble John Medeski au piano, Kenny Wolle-sen au vibraphone, Trevor Dunn à la contrebasse et le très subtil Joey Baron à la batterie, ainsi que The Goddess, qui regroupe, lui, Rob Burger au piano, Carol Emanuel à la harpe, Marc Ribot à la ^itare.Ben Perowski à la batterie, ainsi que Wollesen et Dunn.Zorn ne joue pas.Mais il a tout écrip peaufiné et animé.11 a aussi choisi les musiciens.Le premier album, soit l’étoile qui parcourt l’espace à la vitesse de l’express, est plus rugueux que le deuxième, soit la déesse non identifiée.Dit à l’envers, ce dernier est plus doux ou mélodieux que le précédent.Les deux présentent toutefois suffisamment de qualités pour être recommandés.Cela étanf on a envie de dire, ou plutôt il laut dire ceci: Zorn est un phénomène à proximité du territoire habité par le génie.Oui, oui, oui, Zorn a quelque chose, un tantinet mystérieux, qui tient du génie.Chose certaine, il occupe d’ores et déjà une place unique ïr.G Ç b -hurx dans les annales du jazz épicé de sonorités géographiquement lointaines, du jazz dans le versant avant-gardiste, du jazz fait d’aventures risquées.C’est comme si sa tête musicale était faite de Sun Ra pour le nombre de productions, d’Or-nette Coleman pour son inclination au free, de Burt Bacharach pour sa science des mélodies accrocheuses, de Duke Ellington pour sa maîtrise de l’arrangement, de Charles Mingus pour ses sursauts révoltés et son inclination pour la beauté, de Thelonious Monk pour son sens de la déstabilisation, de Béla Bartok pour sa curiosité pour les musiques populaires, de Ligeti pour son penchant iconoclaste, sans oublier évidemment les compositeurs de musique pour dessins animés, ceux-ci pour leur amour de la vitesse dans le rjAhme.On exagère?Pas une seconde.11 est multiforme comme il est multitalentueux, Johp Zorn, né le 2 septembre 1953.Etant inclassable, il est donc grand.Qui plus esf il est sacré dénicheur de personnalités musicales fortes.Sans lui, Ribot, le trompettiste Dave Douglas, le percussionniste Cyro Baptista, le trompettiste Léo Smith, les pianistes John Medeski, Burger, Dunn, Steve Bernstein et tous ceux et celles qui enregistrent sur son étiquette Tza-dik ne seraient pas tout à fait ce qu’ils sont désormais.Parce qu’il est aussi à l’aise dans l’univers de Serge Gains-bourg que dans celui de John Cage, dans l’univers de l’AACM de Chicago que dans celui des Beach Boys, dans l’univers d’En-nio Morricone que dans celui du klezmer et de bien d’autres univers, Zorn est im monde.Le 18 mai prochain, à L’Astral pour être exacf à 20h pour être précis, la formation du saxophoniste Dave Liebman se présentera sur la scène.Ce dernier sera flanqué du guitariste Vie Juris, du bassiste Tony Marino et du batteur Marko Marcinko.Bon.C’est pas tous les jours que l’on a l’occasion d’entendre ce saxophoniste au jeu si fin que Miles Davis en fit un des siens.Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Chants libres, 20 ans pins tard En présentant Anas, ce soir au Monument-National, Chants libres brosse le portrait musical d’un parcours créatif de deux décennies CHRISTOPHE HUSS Vingt ans, treize créations.Pauline Vaillancourf directrice artistique de Chants libres, propose ce soir, lors de ce spectacle unique, selon ses propres termes, un «vrai voyage dans le temps».Le périple est présenté chronologiquement à travers des moments reflétant l’esthétique ou racontant l’histoire de chaque ouvrage.«On donne une très bonne idée de chaque opéra à travers 10 à 15 minutes chacun», dit Pauline Vaillancourt.Une nouvelle donne La compagnie Chants libres, fondée et dirigée par Pauline Vaillancourt, affichait il y a quelque temps encore dans sa profession de foi la volonté de «créer aujourd’hui ce qui sera la norme dans 25 ans».L’art et la création sont-ils compatibles avec une approche normée?Bien extralucide qui peut dire quelle est même la norme de la création borique aujourd’hui, à part peut-être un retour, dans l’expression, au Sprechgesang de Berg.Dans ce cadre, on observe un renouveau de l’opéra dans les grandes maisons européennes, ces vieilles structures honnies que Pierre Boulez voulait jadis brûler.Des compositeurs tels que Philippe Boesmans, Peter Eôtvôs, Aulis Sallinen, Hans Werner Henze ou Kaija Saariaho (avec L’Amour de loin) ont donné au genre nettement plus d’œuvres fortes et durables dans les quinze dernières années qu’il y en a eu dans les quarante années de l’après-guerre.Cette donnée, différente de celle des débuts de Chants libres, modi-fie-t-elle la perspective aux yeux de Pauline Vaillancourt?«Rien ne nuit: plus le public comprend que l’opéra fait partie de notre monde, mieux cela vaut Mais si tous les noms que vous avancez sont européens, c’est qu’il y a là-bas une politique de création.Si nous avions cela ici, les choses bougeraient aussi!» En entrevue au Devoir, Pauline Vaillancourt note avec à-propos que, si les compositeurs ont évacué )nnez-vous Ld’Auiourd’hui Artistique rèse Fortin '3@G0,'fù^^nt-Denis MontréaL%uébec H2W2M2 514-2^-3900 theatredaujQÛrdhui.qc.ca Partenaires de saison Québec LE DEVOIR BMO Groupe financier MATHIEU DUPUIS Jean Maheu dans Yby leurs craintes à l’égard du genre, c’est aussi parce que les institutions lyriques ont travaillé fort pour mettre à leur disposition tous les outils leur permettant une grande liberté d’action.Elle constate avec réalisme que «c’est aussi parce qu’en Europe le public est plus exigeant et ne se détourne pas d’un opéra parce qu’il est nouveau».Le fossé de l’Atlantique Le boom de la création institutionnelle européenne n’affecte pas directement Chants libres: «E y a toujours eu, comme au théâtre, des compagnies de création qui vont bouger et amener de nouvelles directions influençant le milieu.Et je constate que cela bouge dans le milieu.Les maisons traditionnelles soignent davantage l’aspect visuel ou vont chercher des metteurs en scène dans d’autres disciplines.Mais le futur restera toujours ouvert sur autre chose.Qu’est-ce qui s’en vient?Je n’en sais rien, mais c’est bien cela qui m’intéresse et c’est pour cela que les compagnies de création sont importantes», plaide Pauline Vaillancourt La légitimité indéniable de Chants libres est d’être un outil pour les compositeurs d’ici, ce que les grandes compagnies d’opéra ne sont pas, en raison de leurs contraintes financières, logistiques et artistiques.«Idéalement, f aurais souhaité que nous devenions une maison de création, parce que les grandes institutions ne peuvent pas imposer de la créa- tion à leur public», résume Pauline Vaillancourt qui déplore que les moyens mis à la disposition de Chants libres ne lui permettent pa^ de créer im opéra par an.A l’heure actuelle, le rythme de croisière est d’un opéra nouveau tous les trois ans: 2012 verra ainsi la création d’un opéra de Zack Settel sur l’exploratrice Alexandra David-Néel.Zack Settel, un fidèle de Chants libres, a déjà composé pour la compagnie L’Enfant des glaces (2000), un «élect/opéra», etPacamanbo, opéra «pour enfants de 8 à 98 ans» (2002), sur un livret de Wajdi Mouawad.Ces deux créations ont lait partie des quatre, sur treize, qui ont franchi les frontières pour être montrées ailleurs.L’exportation des ouvrages créés n’est pas le principal indice de mesure de la réussite des initiatives de Chants libres aux yeux de Pauline Vaillancourt.«Ce qui compte en premier, c’est la qualité de la rencontre des créateurs de différents milieux.Il fallait être persévérant pour continuer.Peu de gens y ont cru —parfois j’étais toute seule —mais les créateurs y croyaient.C’est pour cela que 13 opéras listent et c’est pour cela que, si j’avais eu plus de moyens, il y en aurait davantage.» Il y a vingt ans Dans le credo artistique initial de Chant libres, on trouve l’analyse suivante: «Au début des années 90, on constatait que cette forme d’art total, privilégiée à une certaine époque comme étant l’outil par excellence pour communiquer une parole, était devenue sclérosée et figée.» Le chemin parcouru et élagué est impressionnant.«C’était l’époque où l’on se demandait si l’électronique remplacerait tout; c’était aussi une époque où l’opéra était devenu une forme obsolète.» Pauline Vaillancourt se souvient que les compositeurs ne voulaient pas écrire d’opéra.C’était aussi une époque où on se demandait que faire avec la voix.«Très souvent on allait chercher des comédiens, car les chanteurs jouaient mal, avaient peur pour leur voix et n’osaient pas expbrer.» «La fin du théâtre musical a amené l’établissement de compagnies expérimentant de nouvelles formes, mais cette fois avec des chanteurs lyriques.» Chants libres fut créé «pour montrer que les chanteurs lyriques devaient évoluer», mais aussi pour inciter les compositeurs «à créer pour les artistes lyriques dans cette forme d’apt total».A tout cela s’ajoutait un élargissement des possibilités expressives par l’intermédiaire de la technologie.Le but de Chants libres était de «mettre sur scène tous les modes d’expression, tout en profitant des recherches en électronique et en informatique pour représenter le son de manière différente.» Chant libres est vu par sa directrice artistique comme «un bassin de recherche».Le rappel est important puisque Pauline Vaillancourt se souvient «qu’en 1990 on nommait création contemporaine des choses populaires, faites avec des chanteurs populaires, qui n’avaient rien à voir avec le milieu lyrique ou l’emploi de la technique vocale».En vingt ans, la perspective a changé, ici et ailleurs.Le parcours original de Chants libres rassemble les noms de Claude Ballif, Bruce Mather, Louis Du-forL José Evangelista, John Oliver, Jean Piché, Serge Provost, Giacinto Scelsi, Zack Settel, Alain Thibault et Gilles Tremblay.Pauline Vaillancourt souligne avoir «toujours tenu à ouvrir la porte et à chercher des compositeurs qui allaient dans des directions opposées», sans vouloir instaurer une esthétique particulière.Panorama, en raccourci, ce soir au Monument-National.Le Devoir ARIAS Samedi 14 mai, 20h, salle Ludger-Duvernay du Monument-National {umm chantslibres.ofÿ) \ Le THÉÂTRE DE LA MANUFACTURE présente DU 3 AU 28 MAI Marie ^‘émotions avec! de sensations et ^ gfre beaucoup de delicatesse.i /w i très bons acteurs.I La Presse , IStudeetànosdémons.1 vvww.canoe.com .Dutrisacl’après-midi,9ü.!> _ Atteridt-moi TEXTE KRISTEN THOMSON TRADUCTION OLIVIER CHOINIÈRE MISE EN SCÈNE MARIE CHARLEROIS AVEC VALÉRIE BLAIS + NORMANO OANEAU + RACHEL GRATON + MARIE-FRANCE LAMBERT theatrelallcorne.com Télé-Québec LE DEVOIR LA MANUFACTURE DIRECTION ARTISTIQUE DE -1 LA LICORNE Théâtre ESPACE GO 4890, BOUL.ST-LAURENT, MIL BILLETS; 514 845-4890 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 E 5 CULTURE MEDIAS Le paradoxe de la poule Gatinorama, une webradio de haute tenue sur les enjeux socioculturels de l’Outaouais STEPHANE BAILLARGEON La dernière émission diffusée revient sur une autre.La station de webradio Gatinorama se concentre sur l’aventure de l’émission de télévision Sur le vif, produite par Ra-dio-Canada/Ottawa de 1967 à 1973.La vieille production au «canal 2» offrait «trente minutes de contre-pouvoir cathodique trois soirs par semaine».La nouvelle production sur Internet offre trente minutes de contre-pouvoir radiophonique toutes les deux semaines.Avant cet hommage aux pionniers de la télé à coups de marteau, Gatinorama a consacré un épisode au rôle des journaux de proximité dans les villes excentrées en interviewant les directeurs du Canada français et du Mouton noir.Un autre épisode livrait les propos et confidences du cinéaste Pierre Falardeau sur le thème des difficultés de tourner, sinon en région, en tout cas en dehors de Montréal.11 a aussi été question de décrochage scolaire, de développement économique régional, de santé et d’urbanisme.Pas mal pour la production d’un seul homme.«Le but, c’est de donner de l’espace à des gens qui articulent déjà un discours autour d’un sujet, explique Stéphane Vigneault, créateur à tout faire de Gatinorama.Ce n’est donc pas une émission d’actualité.Quand fai rencontré Pierre Lapointe [le musicien, qui a grandi à Gatineau], nous n’avons pas parlé de l’impact des conservateurs sur la cultu- re, mais d’art contemporain, en fait de sa mission pour populariser l’art contemporain.Il fait une tournée avec l’artiste David Altmedj, mais je pense que fai été le seul à obtenir une entrevue de fond avec Pierre Lapointe sur le sujet.Le montage final dure 35 minutes.Le but est donc d’écouter quelqu’un qui a des choses à dire sur un sujet intéressant et de le laisser parler.» Gatinorama donne la parole à des personnalités connues, mais aussi à des négligés des idées.En juin 2010, la «station» recevait l’architecte suédois Klas Tham pour discuter de la reconversion de l’ancienne friche industrielle de Malm O en quartier maintenant mondialement célébré pour sa qualité de vie.Un exemple à suivre pour Gatineau, qui devrait développer le secteur central allant de Lusine Scott à Lusine E.B.Eddy.«J’aime la radio, son pouvoir d’évocation, poursuit le radio-phile./’af choisi le nom Gatinorama pour sa sonorité.Après, j’ai constaté que “orama” désigne ce que l’on voit.C’est paradoxal, mais oui, c’est ça que je veux faire avec ma petite radio: je veux donner à voir autre chose, permettre d’imaginer d’autres façons de faire.» Ici radio Vigneault Le média, on ne peut plus indépendant autour de propositions fortes et originales, vient d’inaugurer sa deuxième saison, en mars en fait, grâce à une combinaison d’enveloppes discrétionnaires de quelques élus ayant fourni 6000 $.A sa première saison, la très, très.U I I ' S.M.M.PILOTAS Stéphane Vigneault, créateur à tout faire de Gatinorama très petite entreprise culturelle fonctionnait sans revenus.La fonction crée l’organe.M.Vigneault, originaire de la région, est diplômé en sciences politiques et gestionnaire contractuel d’organismes culturels.11 a développé Gatinorama en constatant la faiblesse de l’offre radiophonique de qualité dans son coin.Au mieux, les émissions intéressantes viennent de Montréal ou d’Ottawa.Au pire, la production «montréa- lisée» et «ottawisée» isolent et marginalisent encore davantage les régions.Ce que le fondateur de Gatinorama illustre avec le paradoxe de la poule: «Quand quelqu’un élève des poules sur le Plateau Mont-Royal, c’est un sujet national, dit-il.Quand quelqu’un élève des poules à Gatineau, c’est de l’anecdote locale.» Le slogan de la webradio dit: «Rendre audible un autre Gatineau.» La photo du site {gati-norama.com) où attendent les 840, rue Cherrier, Montréal métro Sherbrooke www.tangente.qc.ca Billetterie 514-525-1500 DANCE-X : TOURNÉE MTL-SÉOUL-TOKYO (2^ ÉDITION) Erin Flynn Montréal Park Young-Cool ET In JUNG-JU Séoul, kr Maki Morishitatokyo.jp 20, 21 MAI 2011 A 19 H 30 22 MAI À 16 H ASiE LldARfHALf L.r ^ i W ^ yHI/EIDÜ ''‘“oottecfîn 1*1 ÏSC* SSSr Transforming View 0 Kl M Doo Young JUSQU'AU ^EUD119 MAI Texte LUC TARTAR en collaboration avec ERIC JEAN ERIC JEAN I CYNTHIA BOUCHARD-GOSSELIN | PIERRE-ETIENNE LOCAS | CYNTHIA ST-GELAIS | MARTIN SIROIS | VINCENT LETELLIER | OLIVIER GAUDET-SAVARD | ANGELO BARSETTI | EMMANUEL JOUTHE Avec CATHERINE AUDET, FRÉDÉRIKE BÉDARD, MATTHIEU GIRARD, _ STÉPHANE JACQUES, SIMON-XAVIER LEFEBVRE et AUDE RIOLAND II (// 'WWW.QUATSOUS.COM THÉÀndpE Q^i^OUS | TOO AVENUE DES PINS EST | MONTRÉAL ^ T.514845 7277 "Le pouvoir d'évocation de ia mise en scène ne fait pas de doute.Eric Jean et ses coilaborateurs.jouent habilement avec les atmosphères, traçant des lignes floues, mais perceptibles, entre ce qui est perçu et vécu." - ALEXANDRE VIGNEAULT, LA PRESSE "La musique omniprésente de Vincent Letelller est un puissant véhicule d'émotion.Le chant aussi.Sans oublier la danse, convulsive, désespérée, qui occupe une place de choix." - CHRISTIAN ST-PIERRE, VOIR En compagnie de.Alexis Martin Alexis Martin a signé une vingtaine de pièces, dont plusieurs ont été montées par le Nouveau Théâtre expérimental, qu'il codirige depuis plus de 10 ans.Il nous parle de son parcours de création tandis que les comédiens Guylaine Tremblay et Pierre Lebeau ponctuent son récit avec des extraits de ses pièces.Mise en scène : Philippe Lambert Le mardi 17 mai a 19 h 30 À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque Entrée libre cead.qc.ca banq.qc.ca ¦ [E[^ Bibliothèque et Archives nationales 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal è,® ©Berri-UQAM ou autobus : 30, 15 et 125 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 ceEID Québec an balados (podcasts) montre une partie de la ville à la brunante, en hiver.Une étrange agglomération, en vérité, avec quelques gratte-ciels nains, une autoroute géante, un immense terrain vague.Néophyte, Stéphane Vigneault a vite et bien appris.Dès sa première émission, le 4 février 2010, consacrée à Lise Bissonnette, ex-p.-d.g.de Bibliothèque et Archives qatio-nales, une diplômée de l’École normale Saint-Joseph de Hull, il montre une bonne maîtrise de la construction sonore d’un reportage.Mme Bissonnette y explique pourquoi Gatineau devrait se bâtir une bibliothèque.Elle rappelle aussi l’adversité médiatique parfois «ordurière» suscitée par le projet de la Grande Bibliothèque.Les émissions attirent déjà quelques centaines d’auditeurs chacune.Certains se branchent à l’autre bout du monde, jusqu’en Chine, où sont rejoints des Gatinois en exil pour les études ou le travail.«Je n’ai pas trouvé de modèle au Québec», explique finalement Stéphane Vigneault.Il cite alors le,s exemples à suivre aux États-Unis, où Transom.org et Prx.org (il y en a d’autres) nourrissent la radio publique de qualité en facilitant la diffusion, y compris par les grands réseaux, des émissions produites par de multiples sources, dont les réalisateurs indépendants.«Il n’y a rien de semblable ici, regrette finalement le fondateur et animateur de Gatinorama.Ici, la radio, c’est une affaire commerciale ou publique, mais pas assez une affaire communautaire.» Le Devoir du U au Trois Tristes Tigres MISE EN SCENE ET INTERPRETATION Olivier Kemeid et Geoffrey Gaquère 1945 rue Fullum, Montréal Billetterie I I I www.espacelibre.qc.ca 514 521-4191 espace avec le soutien du Cnnseil des arts et des lettres du Québec LIBRE et du Cnnseil des Arts de Montréal 1945 rue Fullum, Montréal www.espacelibre.qc.ca DU 24 AU 28 MAI 2011 A ESPACE LIBRE Une pièce de théâtre mise en scène par José Pliya DE LA R^E EN AMÉRIQ^tJE Le discours de Philadelphie de Barack Obama Texte Barack Obama.Traduction Megan Fischler.Mise en scène José Pliya.Avec Eric Delor et la voix de Laure Adler (France Inter).Lumières Babylone Aidi.Présentation Espace Libre.Production La Caravelle DPI (France, Guadeloupe) avec le soutien de l’Institut français.Échanges animés par Éric Delor à la suite de chaque représentation.INVITÉS SPÉCIAUX Mardi 24 : DANY LAFERRIÈRE, écrivain.Mercredi 25 : RICHARD HÉTU, correspondant de la Presse à New York.BILLETS : 28,253.Étudiants : 21,253 PRÉVENTE (jusqu’au 24 mai 18h) ; 2 billets/35,508 Spectacles du 24 et 25 mai.ÛÛÛ QuêbecHR WL: LE DEVOIR Espace Libre 1945 rue FuUum BiUetterie 514 521 4191 www.espacelibre.qc.ca E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 mm \ li \ «.?fii iSil'JRîH ! PASCAL GRANDMAISON ET FREDERIC BOUCHARD/GALERIE DE L’UQAM ET PRODUCTIONS 3PM INC.Pierre Lapointe et David Altmedj ont travaillé ensemble sur le projet Contes crépusculaires^ présenté à la galerie de PUQAM.L’antre du loup-garou CONTE CREPUSCULAIRE Pierre Lapointe et David Altmedj ET EACTION Anne-Marie Ouellet Galerie de l’UQAM 1400, rue Berri, salle J-R120 Jusqu’au 11 juin MARIE-ÈVE CHARRON Ce sont plus que des vestiges, mais ils en sont aussi.Le «dispositif sculptural et [les] traces du projet musical et visuel», comme il est écrit sur le carton de vernissage, désignent l’objet hybride de cette exposition, laquelle est aussi peu commune que ce dont elle découle: le conte crépusculaire.Présenté à guichet fermé la semaine dernière à la galerie de l’UQAM, le projet — moins un spectacle qu’une performance — réunissait le chanteur Pierre Lapointe et l’artiste David Altmejd.En signant l’univers visuel, l’artiste est celui qui a mis sa touche à l’ensemble, donnant sa «couleur» à la scène, aux accessoires, aux cos- tumes et aux personnages.Aussi, les habitués du travail d’Altmejd ne seront pas dépaysés.Ce qui faisait office de scène et de décor a en fait beaucoup à voir avec les installations habituelles de l’artiste, dont les bases tiennent à la fois du socle, de la table, du podium ou du simple volume déposé au sol.Outre les surfaces en miroir, brisant le rapport frontal à la scène lors de la performance, ont été mis à profit d’autres matériaux chers à l’artiste, tels le plexiglas (dont les usages ici semblent ne pas avoir de limites) et des fleurs naturelles.Ce dispositif allie la clarté d’une structure linéaire et le désordre de micro-événements aménagés ici et là, amas de cristaux, coulisses de cire colorée et débris de végétaux.Presque tout atteste par ailleurs un travail laissé en plan, rendant encore manifestes des composantes centrales du conte, tels un laboratoire ayant permis de sécréter un mystérieux nectar et une cuirasse encombrante devenue le sarcophage d’un personnage, le roi déchu incarné par Lapointe.L’ensemble du dispositif est aussi traversé par un réseau de fils colorés et de chaînettes dorées qui symbolisent chez Altmejd la circulation de l’énergie.Pendant le conte, le concours de l’ensemble à cordes du Quatuor Molinari venait sensiblement faire écho à ce motif récurrent dans le travail de l’artiste.Les lutrins et les partitions sont d’ailleurs là poiu rappeler la présence des musiciens dans le projet.David Altmejd, dont l’univers est déjà porté sur le thème de la transformation, a su donner corps à ce conte lyrique mettant en scène un rite de passage.S’ajoute ici l’habileté de l’artiste à avoir entrevu le potentiel de permutation des accessoires et des costumes en objets sculpturaux.Dans le dispositif, vient également en renfort une armada de libellules en plexiglas qu’un mécanisme, les soirs de performance, animait d’une danse frôlant le mauvais goût.Le kitsch, la préciosité et les métaphores parfois grossièrement appuyées, cela dit pleinement assumés par l’artiste, ne plairont certes pas à tous.Il res- te qu’il faut saluer l’inventivité avec laquelle la matière a été manipulée, un bricolage sophistiqué capable de puissantes évocations.Identité trouble Avec cette exposition, c’est un retour dans le giron uqa-mien pour David Altmejd, qui y a présenté sa dernière expo- faite par Pierre Lapointe il y a quelques années.Pour ce projet interdisciplinaire où tous les collaborateurs, visiblement, ont quitté leur zone de confort, la galerie de l’UQAM s’est avérée un terrain de jeu parfait, en ce sens que rien n’a été fait pour dissimuler, ou freiner, le caractère exploratoire et expérimental du projet.L’attache- David Altmejd, dont Tunivers est déjà porté sur le thème de la transformation, a su donner corps à ce conte lyrique mettant en scène un rite de passage sition en solo à Montréal en 2007.Cette année-là était aussi celle de la prestigieuse Biennale de Venise où le tandem galerie de l’UQAM-Altmejd avait représenté le Canada.Alors que sa carrière est bien lancée à l’étranger — il vit à New York où il est représenté par la galerie Andrea Rosen —, l’artiste est revenu à la maison, en quelque sorte, pour se lancer dans cette aventure risquée issue d’une proposition Nicole Tremblay Carré de sable Jusqu’au 22 mai Démonstration de pose de feuiiies d’or ie 14 à 14 hrs g- Galerie d'Art Gala 5157, boul.Saint-Laurent Galere d Arl T 514 2794247 gala@qc.aira.com Art et musique : ici et aiiieurs.g juillet FESTIVAL DE LANAUDIÈRE Grand concert Inaugural : BEETHOVEN 17 Juillet LECARAVAGE, exposition à Ottawa Prix spéciai jusqu’au 17 mai 24 Juillet SAINT-BENOÎT-DU-LAC et ORFORD du 24 septembre au 10 octobre Voyage à BERLIN, LEIPZIG et DRESDE Prix spéciai pour l’acompte jusqu’au 21 mal Les, peaux idgtours www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Livres d’artistes i983-20ii Louis-Pierre Bougie DU 5 MAI AU 12 JUIN 2011 Salle de diffusion de Parc-Extension 421, rue Saint-Roch ^?nK ENTRÉE LIBRE SAMEDI 28 MAI, 14 H Rencontre et démonstration en présence de l'artiste.Résenration requise RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS : 514 872-6131 Villeray Saint-Michel Parc-Extension Montréal 1 ment de la galerie, et de sa directrice Louise Déry, pour Altmejd y est sûrement pour beaucoup.En complément au dispositif du conte, îa présentation de l’œuvre Loup-garou 1 (1999) est un prétexte idéal pour rappeler que la collaboration avec ce diplômé de l’UQAM n’est pas née hier.Grâce au Prix de la dotation York Wilson remporté en 2010, la galerie est maintenant propriétaire de cette œuvre qu’elle a montrée en 2001 dans l’exposition Point de chute.Par cette acquisition, Louise Déry poursuit son indéfectible et stratégique appui envers le travail de l’artiste.Non seulement l’œuvre n’ira pas ainsi entre les mains dp collectionneurs privés aux Etats-Unis, mais elle constitue une pièce-clé de collection, puisqu’elle est un jalon important dans le travail de David Altmejd.Y apparaît pour la première fois la figure du loup-garou, que l’artiste affectionne pour son identité trouble due à sa légendaire capacité à se métamor- phoser.Cette figure mythique, c’est aussi l’aller ego de l’artiste, qui a d’ailleurs performé en loup-garou dans Conte crépusculaire.La boucle n’aurait pas pu être mieux bouclée.Anne-Marie Ouellet Pour son projet Faction, qui viendra couronner sa maîtrise en arts visuels et médiatiques (UQAM), Anne-Marie Quelle! a transformé le petit espace de la galerie en quartier général.Tout y est: uniformes et formulaires attendent les participants qui voudront bien se prêter au jeu de l’artiste voulant interroger les usages et les modalités d’occupation des espaces urbains.Le design, froid et impersonnel, mime, pour les critiquer, ce qui, dans les sociétés, bureaucratise les processus et enrégimente les individus.Une organisation réglée semble d’ailleurs présider à ce projet dont l’ampleur diffère des réalisations antérieures de l’artiste.Dans différents contextes, elle intervenait alors seule, marquée par un vêtement qui avait la double fonction d’abri et d’interface.Si on reconnaît là tous les repères de l’art d’intervention et de la participation, rien ne nous dit encore comment ces sorties urbaines s’incarneront.Il faudra en suivre le développement au cours du mois, notamment sur le site Web, qui fournit également plus de détails pour ceux qui voudraient se porter volontaires, (www.oc-cupation-sim ulation.com) Collaboratrice du Devoir GdB GALERIE DE BELLEFEUILLE DALE CHIHULY Expositions 23 avril - 21 mai DAMIEN HIRST 1367 avenue Greene, Montréal Tél: 514.933.4406 www.debellefeuille.com art@debellefeuille.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 E 7 CULTURE EN BREF Un avant-goût dn complexe Arsenal C’est lait, le complexe d’art dans Griffintown est prêt Ou presque.Aujourd’hui, la galerie Division inaugure sa nouvelle adresse avec le premier solo au Canada de l’artiste américaine Allison Schulnik, dont la peinture traitant de la marginalité a fait la renommée.Baptisé «Arsenal», le nouveau pavillon n’ac-cuedlera ses autres occupants qu’en septembre, à l’occasion du Mois de la photo.L’exposition de Schulnik, Performance, ouvre à 15h et se poursuit jusqu’au 18 juin.Le complexe Arsenal est situé tout près du canal de Lachi-ne, au 2020, rue William.(www.galeriedivision.com) Le hasard en photo La Biennale de Montréal, dont l’édition actuelle a lieu jusqu’au 31 mai, a toujours eu im volet grand public.Celui de cette année consiste en im concours de photo ouvert à tous sur le thème du hasard.Un jury a sélectionné dix des meilleures propositions, exposées à partir d’aujourd’hui.Au 3450, rue Saint-Urbain.{www.Uennalemontreal.org) La Centrale fête La Centrale, un des plus vieux centres d’artistes autogérés du Québec, et le seul résolument féministe, célèbre ces jours-ci ses 37 ans.De manière grandiose: avec une soirée à 150 $ le billet, bon pour l’acquisition d’une oeuvre parmi un lot de 37.L’événement Art prêt-à-partir est, on l’aura compris, une collecte de fonds.Jeudi 19 mai, à 19h, réservations requises.La Centrale est située au 4296, boulevard Saint-Laurent.{www.lacen traie, ori) EXPOSITIONS Jouer aux caméléons MOITIE MOITIE, UNE EXPOSITION À 50 % GUILLAUME LA BRIE Guillaume La Brie YOU CANT BE AN ARTIST IE YOU ARE AFRAID OF GETTING DIRTY Yugi Higashino Au centre Clark, 5455, avenue de Gaspé, jusqu’au 11 juin.JÉRÔME DELGADO Souvent spectaculaires, parfois insolentes, les installations de Guillaume La Brie révèlent la fragilité de l’architecture, voire son côté oppressant, contraignant.Ce sont comme des châteaux de cartes, des structures tirées d’un monde impossible, qui font rêver, mais dont on imagine qu’elles ne tiendront pas debout longtemps.C’est dans cet esprit que l’on visite une exposition de Guillaume La Brie, en sachant que, devant des problèmes bien concrets d’espace et de relation à un environnement donné, les solutions pour les résoudre prendront la voie du fantasque et de l’irréel.Sa nouvelle aventure, au centre Clark, ne fait pas exception.Intitulée Moitié moitié, une exposition à 50 % Guillaume La Brie — les titres chez lui prennent toujours ce ton déconcertant —, l’installation se compose essentiellement de deux éléments.Deux modules bien distincts: une chaise et son double translucide d’une part et, d’autre part, une colonne, ou une tour, dont l’échine est un classeur, banal mobilier de bureau.I f BETTINA HOFFMANN Vue générale de l’exposition de Guillaume La Brie Ce qui caractérise ces deux objets-meubles détournés — on dirait du Michel Goulet, le côté extraverti en sus —, ce sont leurs matériaux.La Brie a puisé à même les lieux pour composer ses oeuvres, pour déformer, ou allonger dans le cas du classeur, les deux meubles.Il s’est servi du gjqt-se, du bois et d’autres composantes qui forment les couches de la structure du bâtiment et a laissé les murs de la petite salle de Clark avec des stigmates bien frais.Un trou bien creux permet même de voir le corridor extérieur à la galerie, rendant celle-ci presque vubiérable.Plus près de la destruction que de la construction — de la «déconstruction», si on veut y voir du Derrida —, le sculpteur natif de Saint-Hyacinthe donne à son intervention in situ une variété de sens.Ce n’est pas la première fois qu’il cherche à outrepasser le cube blanc, ou à le défoncer de la sorte.En 2008, ce membre de Pique-nique, collectif qui surgit bon an, mal an dans les espaces publics, avait introduit cette manière d’utiliser les parois du lieu qui l’expose.Sans être aussi radical que Gordon Matta-Clark et ses coupes de bâtiment bien réelles des années 1970, La Brie revisite l’es-pace-galerie avec audace.Comme en 2008 — l’œuvre Le Repli des oeuvres —, puis comme en février dernier, lors d’une présentation laboratoire dans Saint-Henri, les découpes sur les murs prennent la forme de dessins.Ce sont des figures géométriques assez sommaires, mais, répétées plus d’une fois, elles ont un certain effet.Ce sont des signes, en creux, en négatif, qui peuvent encore faire penser que Michel Goulet, avec ses surfaces remplies de symboles et d’emblèmes, n’est pas loin.Que les «sculptures» au centre de la galerie figurent, elles, des objets plus ou moins reconnaissables, cela importe peu.Elles jouent un rôle d’appât visuel, presque secondaire.Guillaume La Brie ne prétend pas exhiber ses talents de menuisier.Ses objets sont davantage caméléons, capables de s’adapter à un lieu.Mais ils ne font pas que puiser dans l’environnement habité.Ils imposent aussi leur présence, leur forme.D’où le titre de l’expo: la moitié des choses à voir vient de l’artiste, l’autre du lieu.C’est une question d’échange.Se confondre en citations L’expo dans la grande salle est l’œuvre d’un jeune artiste japonais (né en 1984), établi en Europe et actuellement en résidence à la Eonderie Darling.Yugi Higashino, à l’invitation du centre Clark, a produit une série d’œuvres presque aussi caméléons que le mobilier de La Brie.Mais Higashino s’abreuve dans le vaste champ de l’art, de la citation et de la culture pop.Un mur éclaboussé de peinture en guise d’accueil, tableautins à voir comme des chefs-d’œuvre, des lieds pour l’ambiance sonore.La manière est éclatée.Et un peu nébuleuse.Qn ne sait trqp où l’artiste veut en venir.A une critique du populisme, ou de l’élitisme culturel?Les quatre tableautins ex- posés sont des copies conformes d’œuvres signées Joni Mitchell ou Miles Davis.Et dans le cas des Mitchell, les peintures respirent «à la manière de».Un autoportrait rappelle ainsi le Van Gogh à l’oreille cassée.Qn est dans la citation de la citation.Mais à quoi bon?Pour dénoncer l’art sans grande originalité de ces vedettes de la musique (ou d’autres disciplines) qui cherchent un second souffle dans la peinture?Un peu facile.En fait, la pièce la plus intéressante, et originale il va sans dire, est une série de textes qui tentent d’expliquer l’origine du titre et de la pochette de l’album de New Qr-der Power, Corruption & Lies (1983).La réponse à l’énigme n’est pas simple et suppose que le groupe britannique a pu autant s’inspirer d’une expo de Gerhard Richter que de l’œuvre de George Qrwell.Dans les faits, Higashino mêle plus les cartes qu’autre chose, comme si le temps et la diffusion des connaissances par Internet (y compris lors d’une correspondance par courriel) ne pouvaient qu’accumuler des contradictions.Plus on en apprend, moins on en sait.Aussi, il pose la question: est-ce nécessaire de savoir qui s’inspire de quoi?Gu, comme le dit l’énoncé de l’expo: «Qu’est-ce qu’écoute Gerhard Richter en peignant?» A ne pas oublier que le centre Clark a aussi une programmation audio.Actuellement, c’est une œuvre tout en paroles de Sophie Castonguay qui est à l’écoute.Collaborateur du Devoir francofolies.com PLUS DE 50 SPECTACLES EN SALLE DONT Le choc du rock et du classique! Première partie stromoi SPECTACLE D’OUVERTURE Première partie: WESLI H quatuor,.r^molinan LES ÉVÉNEMENTS FOCUS - ŒM?THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA • 20 h fEspa,çne) HOMMAGE A GAIHSBOURG DIRECTION MIS11QUE PIERRE LAPOINTE AVEC BÉATRICE BONIFASSI, FRANNIEetFAB DE RANDOM RECIPE, CLARA FUREY, MONIACHOKRLetc Il ïi' DI ' .S Première partie: Première partie: PATRICE MICHAUD ETIENNE DAHO Prgmiire partie: «ml ET JEANNE MOREAU NUMERO#-l£ CONDAMNÉ À MORTifr^r^ encoiiaDoration |MJ:l4iH4 H -En lever de rideau: - vû -V PIERRE isftn lAi IV LAPOINTE ™ _ - - SEULAU PIANO JEAN-PIERRE FERLAND lESNOCESD’OR DEL’AlBUMmm Un âvénement inespéré; la recréation de son album mythique! BILLETTERIE BÉNÉFICIEZ D'AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RÉCOMPENSES VISA DESJARDINS AU 1 877 BILLETS metropolis 1 855 790-1245 •admission.com • ticketmaster.ca PLACE 0ES ARTS 514 842-2112 • 1 866 842-2112 • laplacedesarts.com OOesjaKlins El BVSKISPJ SB .fÔCAld I I sacemf Tonalité us Htnnahté ^ Hétu, Schoenberg et Debussy ^ Dialogue ; Samedi 14 mai 14h ^ Chapelle historique du Boli-Pasteur, 1QB est,fue Sherbrooke._Entrée Concert : Samedi 21 mai 20 h Conseruatoire de musique de Montréai, 4750, auenue Henri-Juiien Biiiets : 25$, 20$, 10$^iuujui.admission.corn T 514-790-1245 Info.: ujuiuj.quatuormolinari.qc.ca T 514-527-5515 CONSËÎÎVS ARTS ^ StiS'iSS.T’ afe CONSERVATOIRE AlfacJ D.ll.ir.Soiqon Québec Hn IBBSniiaMMEMORIA VeVivier libre.ECOLE SUPÉRIEURE DE BALLEr CONTEMPORAIN DIRECTION ARTISTIQUE ANIKBISSONNE^E 18 MAI SOIREE-BENEFICE CENTRE PIERRE-PÊLADEAU DE L’UQÂM SALLE PIERRE-MERCURE RÉSERVATIONS 514 849-4929 POSTE 235 SPECTACLE ANNUEL CENTRE PIERRE-PÉLADEAU DE L’UQÂM SALLE PIERRE-MERCURE RÉSERVATIONS 514 987-6919 | WWWADMISSION.COM CailPtd^ ISontrônl Montréal @ Québec C3E 514 876-0989 1 055-FRANCOS francofolles.com Québec S S ssr NWOlAIREt ÉCOLESAmT-JOAEPHIPENMONNArOUaAlKT-NOM-DE-lilAnEICËGEPDUVIEUXMONTnÉAL E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 CULTURE CINEMA Une vérité sous le chapeau EYES WIDE OPEN (V.E.: TU N’AIMERAS POINT) Réalisation: HaimTabakman.Scénario: Merav Doster.Avec Zohar Shtrauss, Ran Danker, Tinkerbell.Image: Axel SchneppaL Montage: Dov Steuer.Musique: Nathaniel Mechaly.Israël-Allemagne-France, 2009,91 min.ANDRÉ LAVOIE Dans le documentaire Trembling Before G-d, de Sandi Simcha Dubowski, des juifs témoignent de leurs désirs homosexuels, et dans certains cas de leur double vie, avec une pudeur souvent proche de la peur.Leurs confessions, certaines sous le sceau de l’anonymat et derrière un voile quasi opaque, révèlent le poids de traditions et de principes étouffants, comparables à ceux qui régissaient le Québec d’avant la Révolution tranquille.C’est ce même sentiment d’asphyxie qui imprègne Eyes Wide Open, le premier long métrage du cinéaste israélien Haim Tabakman, une délicate et pudique plongée au cœur d’une communauté de juifs orthodoxes de Jérusalem, où tout semble immuable, même les pulsions sexuelles.Aaron (Zohar Shtrauss, une interprétation sans fausse note, sans excès mélodramatique) en incarne d’ailleurs la rigidité, car cet époux lointain et père aimant de quatre enfants gère sa boucherie avec la même fermeté.Tout cela commence timidement à changer avec l’arrivée soudaine, et sous la pluie, d’Ez-ri (Ran Danker, jouant avec ménagement la carte du séducteur), un étudiant dont la beauté énigmatique se compare à celle des personnages de Pasolini et de Visconti, ceux qui fissurent les certitudes morales de leur proie par leur seule présence.Ezri est de cette trempe, mais il n’agit jamais par simple calcul.Rejeté par les siens, éconduit par un amant de son clan qui refuse de reconnaître son désir pour lui, il goûte l’hospitalité d’Aaron comme l’occasion d’une renaissance.Ce sera aussi une occasion de changement pour son patron, dont on découvre une chose rare chez lui: le sourire.L’intensité de cette attirance, vue au départ par Aaron comme un défi à la solidité de sa foi, se transforme peu à peu en jeux de regards, en frôlements délibérés et en de rares étreintes volées au lourd conformisme ambiant.Mais on n’y retrouve guère la sensualité et le lyrisme de Brokeback Mountain d’Ang Lee, fdm que certains comparent, un peu vite, à Eyes Wide Open, pour des raisons thématiques, mais sûrement pas esthétiques.Il est vrai que le monde des cow-boys n’a rien à envier à celui des religieux en ce qui concerne le strict respect des règles et la lourdeur des stéréotypes.Le regard de Haim Ta-b^man est d’ailleurs empreint de cette obéissance qui frôle la timidité paralysante, le climat qu’il décrit imprégnant totalement la mise en scène, quelque peu statique.Il a su toutefois fouler le seuil d’un univers d’une réelle opacité, révélant sans tambour ni trompette certaines vérités se cachant derrière quelques chapeaux noirs et de longs manteaux.Collaborateur du Devoir SOURCE CINEMA DU PARC Zohar Shtrauss dans Eyes Wide Open ENSEMBLE INSTRUMENTAL APPASSIONATA DANIEL MYSSYK DIAECTION ARTISTIQUE EN PRIMEUR À MONTRÉAL La 8^ symphonie Je Schubert «achevée» Pour la 1“^ fois à Montréal, le ckef d’oeuvre en quatre mouvements et la Sérénade pour cordes de Dvorak.Un concert sympkonique festif! Jeudi 26 mai 2011, 20 k Conservatoire de musique de Montréal, 20 $ à 39 $ Daniel Myssyk, cnei tillets : www.appassionata.ca v.ad www.admission.com.514 388-5876 Québec na HOMMAGE À PIERRE GAUVREAU l i ê Animé par MICHEL DESAUTELS Au THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE 84, rue Ste-Catherine Ouest (angle St-Urbain) LE DIMANCHE 15MAIà 14li30 ENTRÉE LIBRE TNM.QC.CA Le trophée d’Ozon POTICHE De François Ozon.Avec Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Gérard Depardieu, Karin Viard, Judith Godrèche, Jérémie Renier.Scénario: François Ozon, d’après la pièce de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy Image: Yorick Le Saux.Montage: Laure Gardette.Musique: Philippe Rombi.France, 2010,103 minutes.MARTIN BILODEAU Des deux François Ozon que je connais, je préfère de loin celui des œuvres psychologiques fines et en sourdine, telles Sous le sable, 5X2 et Le temps qui reste, à celui des exercices de style flamboyants et poseurs façon Gouttes d’eau sur pierres brûlantes et 8 femmes.Voilà donc que Potiche, qui appartient résolument à cette deuxième catégorie, m’a conquis.Que penser de ce revirement?Il est vrai qu’Ozon maîtrise ici ses effets, pour plus de nuance.Son fdm tout entier est dédié, d’une part au texte, tiré d’une pièce de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy, d’autre part aux acteurs, Catherine Deneuve en tête, que le décor rétro et la mise en scène chic mettent en valeur.L’Ozon osé nous a jusqu’ici habitués à une géométrie inverse, où la forme l’emporte sur le fond.En outre, le cinéaste a actualisé avec finesse un texte délicieusement désuet — sur l’émancipation d’une bourgeoise de province — pour articuler une réflexion chabrolienne, très vieille France «coupée en deux», sur les obstacles sociaux des femmes, la nostalgie de la gauche (en France comme ailleurs) et l’acte de sincérité dans l’engagement politique.Plus encore, Potiche, dont l’action nous reporte au temps de la pièce, soit 1977, est une J Une scène de Potiche, de François Ozon comédie beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît sur la prise de parole d’une femme, Suzanne Pujol (Deneuve), considérée par ses enfants et son mari comme une potiche.Affreux patron d’une usine de parapluies reçue en dot, ce dernier (Fabrice Luchini) tombe malade sous l’assaut de ses ouvriers mécontents, forçant Suzanne, ménagère sans compétences connues, à le relayer temporairement à la direction de l’entreprise.Avec l’aide de la secrétaire et maîtresse de son mari (Karin Viard à son meilleur) et d’un médiateur communiste (Gérard Depardieu) dont elle fut autrefois la maîtresse, elle calme la tempête.Avec celle de ses enfants, l’une à droite toutes Qudith Godrèche), l’autre à gauche que-veux-tu Üérémie Ré nier), elle instaure des réformes radicales qui transforment l’usine et la poussent vers de nouveaux sommets.Le retour du mari entraîne une série de trahisons et de ruptures qui font débouler le récit sur le terrain politique, où la royale Deneuve «émulera» Ségolène.François Qzon aurait-il, dans l’extravagance, trouvé son centre de gravité?Tout ce qu’on connaît de lui réapparaît ici, à doses mesurées: l’ironie dans les détails, la saveur dans les costumes, l’impeccable livraison des gags éclairs, les dialogues de qualité Truffant.Et puis, parlant SOURCE SEVILLE de lui, les retrouvailles De-neuve-Depardieu (Lui: «Et moi qui vous voyais sur un piédestal.» Elle: «U m’est arrivé d’en descendre.») nous renvoient en écho le souvenir ému du Dernier Métro.Sans vouloir prêter à Potiche plus d’envergure qu’il n’en possède réellement, disons que le cinéaste semble ici avoir trouvé les instruments qui expriment le mieux ce que son cinéma a toujours aspiré à être: un miroir, déformé par l’ironie, de la comédie humaine.Au centre de sa filmographie, tel un trait d’union entre les deux Qzon, cette Potiche risque de prendre valeur de trophée.Collaborateur du Devoir DANSENT En Égypte, sous Moubarak, il fallait montrer patte blanche SUITE DE LA PAGE E 1 Ils ont découvert aussi le climat baroque et coloré des mariages égyptiens, où chantent les filles minimalement vêtues, avec de la bière, du hash, de la musique forte, vraie soupape dans une société remplie d’interdits.Le couple s’asseyait par terre, à l’instar de ses hôtes, adoptant les coutumes, et il fit bientôt partie des meubles.Trois mois de tournage, c’est trois mois d’intimité en équipe réduite: Stéphane à la caméra, Isabelle à la prise de son.Des éclairages naturels, et une souplesse de Sioux.Lorsqu’un événement survenait, Reda appelait — quand sa fille Hind s’est fait arrêter, par exemple — et les cinéastes rappliquaient dare-d^e.En Egypte, sous Moubarak, il fallait montrer patte blanche.«A l’intérieur des maisons, on pouvait filmer tout ce qu’on voulait, explique Stéphane, mais sur la place publique, ça prenait une autorisation.L’E^pte avait toutefois permis le tournage de Le couple n’a que de bons mots pour Benoît Charest, qui a refait la musique des mariages L’Immeuble Yacoubian en 2006, où il est question d’homosexualité.Le pays voulait paraître plus ouvert.» Ce qui n’empêchait pas les agents du bureau de la presse (traduisez: bureau de la censure) de les filer au-dehors.«Quand fai filmé dans la rue une dame et ses chiens, une belle lumière nous éclairait, évoque Stéphane.C’est la police qui voulait nous arrêter.La cérémonie religieuse entourant le 4(L jour de la mort du mari de Reda, on n’a jamais pu la filmer.Mais c’est la seule interdiction vraiment subie.» Le couple n’a que de bons mots pour Benoît (?harest, qui a refait la musique des mariages et réussi à créer des moments de lyrisme.Leurs projets: aucun pour le moment.Stéphane Thibault travaille à temps plein comme réalisateur à l’émission Les Erancs-ti-reurs.Ils peuvent laisser monter l’inspiration, quant au reste, inch’Allahl Le Devoir f JACQUES NADEAU LE DEVOIR Stéphane Thibault et Isabelle Lavigne dans la vraie vie, avant leur départ pour Cannes ColpWoV» COMMANDITAIRE OFFICIEL PREMiERF www.premieremoissonxom STYLUS FANTASTICUS Musique italienne et autrichienne du XVIP siècle Avec wniiam Dongois, cornet à bouquin JEUDI 19 MAI 2011,20 H Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal Billetterie Admission : 514 790-1245 www.admission.com www.boreades.com LE DEVOIR M LISTE» Cbfwetf def aitf etdafMfrcs LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 E 9 CULTURE CINEMA Le joueur et l’assassin THE TWO ESCOBARS Réalisation: Jeff et Michael Zimba-list.Scénario: Nick Sprague, J.&M.Zimbalist.Photo: J.Zimba-list.Montage: Greg OToole, J.Zimbalist.Musiqpe: Michael Fur-janic.Colombie-Etats-Unis, 2010, 100 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Lors de la 15" Coupe du monde de la FIFA le Colombien Andres Escobar commit l’impensable en comptant dans son propre but.Stupéfaction, huées.Qu’est-ce qui avait bien pu passer par la tête du joueur-vedette de l’Atlético National?Quelques jours plus tard, le corps d’Andres Escobar fut criblé de douze projectiles.L’incident survint à l’été 1994.Six mois plus tôt, un autre citoyen célèbre de Medellin, celui-là connu pour des motifs fort différents, le narcotrafiquant Pablo Escobar, avait été abattu après une longue chasse à l’homme.Les liens étonnants, et aucunement filiaux, qui unissaient les deux hommes sont mis au jour dans le documentaire The Two Escobars.Sans entacher la mémoire du premier, et sans davantage mythifier la vie du second, The Two Escobars brosse les portraits d’Andres et de Pablo Escobar en s’arrimant aux diffé- SOURCE COLUMBIA rents points de jonction de leurs parcours respectifs.Eait notable, Pablo Escobar aurait été pratiquement le vrai propriétaire de l’Atlético National de Medellin.Qrand amateur de foot devant l’Éternel, il n’hésitait pas à faire descendre un arbitre qui s’était rendu coupable d’une décision douteuse.Injecté dans l’équipe en amont, l’argent de la drogue ressortait blanchi en aval, fournissant toutefois à l’Atlético National les moyens de conserver ses meilleurs joueurs et d’acquérir de grosses pointures.D’où, sug-gère-t-on, la fulgurante montée de l’équipe à partir de 1987.Qr, à la mort de leur principal commanditaire en décembre 1993, l’AÜético National et ses joueurs ne jouissaient plus de la protection de ce dernier.Avec les mafias et leurs parieurs qui attendaient une victoire, la tension lors de la Coupe du monde était devenue intenable.Au moyen d’une mise en scène élaborée faisant un usage avisé d’images d’archives souvent saisissantes, les documen-taristes Jeff et Michael Zimbalist échafaudent une démonstration concise et limpide, souvent stylisée; en témoignent l’occasionnel recours à des filtres chromatiques et autres techniques de vieillissement de pellicule.L’incontournable procédé des têtes parlantes est employé avec discernement: sœurs, cousins et autres accointances professionnelles se souviennent; certaines réminiscences glacent, d’autres émeuvent.Le dénouement vient en premier, l’ascension de l’un précède l’enfance de l’autre, et les frères Zimbalist de privilégier une approche non linéaire où chaque élément d’information relance leur documentaire un peu plus loin dans le passé.Ainsi le canevas de leur enquête s’élargit-il plutôt que de se rétrécir.Du coup, ce qui débute comme une biographie à échelle intime se meut en une chronique historique fascinante.Collaborateur du Devoir Drôle, mais.) BRIDESMAIDS Réalisation: Paul Feig.Scénario: Kristen Wiig, Annie Mumolo.Avec Kristen Wiig, Maya Rudolph, Rose Byrne, Chris O’Dowd, Melissa McCarthy, Wendi McLendon-Covey, EUie Kemper, Jill Clayburgh, Maù Lucas, Rebel Wilson.Photo: Robert D.Yeoman.Montage: William Kerr, Mike Sqle.Musique: Michael Andrews.Etats-Unis, 2011,121 min.FRANÇOIS LÉVESQUE La mi-trentaine tristounette, Annie exècre les couples naissants qu’elle sert (ou plutôt traumatise) dans la bijouterie où elle a échoué après la faillite de sa pâtisserie.Heureusement, la jeune célibataire déprimée peut compter sur son amie d’enfance, Liban, qui la comprend, la conforte et, surtout, la supporte.Mais voilà que Liban lui annonce qu’elle convolera sous peu.En plein désarroi existentiel, Annie se crêpe le chignon avec une demoiselle d’honneur rivale, se brouille avec la mariée et, dans l’intervalle, croise la route d’un garçon qui la trouve à son goût, une excellente nouvelle.pour peu qu’Annie cesse de croire qu’elle est plus douée pour le malheur que pour le bonheur.Bridesmaids aurait pu être une comédie sentimentale bien rose et bien mièvre n’eût été la présence, à l’écriture et à l’écran, de l’humoriste Kristen Wiig et, à la production, de Judd Apatow.Contemporaine à l’émission Saturday Night Live de Tina Eey et d’Amy Poheler, Kristen Wiig (McGrubber) se spécialise dans les rôles de filles ordinaires qui doivent bûcher un peu plus que les autres pour obtenir ce qu’elles désirent.Qn craque d’autant plus pour cette battante qu’elle ne semble même pas avoir conscience d’en être une.Producteur de toute une vague de comédies à succès souvent désopilantes (Knocked-Up, Super-bad, Eoregetting Sarah Marshall) dont il a réalisé et/ou scé-narisé certaines, Judd Apatow a pour sa part fait sa marque dans un créneau à forte teneur en testostérone et en blagues sous la ceinture.Bridesmaids, bien que par moments franchement hilarant, fusionne ces deux influences avec un bonheur mitigé.L’approche humoristique décalée de Kristen Wiig, qui re-pose notamment sur des mimiques discrètes, s’accorde mal avec celle, frontale, de l’écurie Apatow.Certaines séquences, dont une infâme séance d’essayage faisant suite à un repas chez le Mexicain, illustre bien cette ambivalence de ton.Certes, ladite scène suscite un rire gras, mais n’en jure pas moins avec ce qui a précédé et ce qui suivra.L’attitude «fille qui vit à côté de la fille d’à côté» de Kristen Wiig trouve, cela dit, un équivalent masculin plausible en la personne de l’Irlandais Chris Q’Dowd {Gulliver’s Travels), qui compose un charmant flic timide.Qn regrette toutefois le manque de vigueur dans la réalisation de Paul Eeig, qui a pourtant tenu la barre de nombreux épisodes de The Office et de Nurse Jackie.Au final.Bridesmaids constitue une comédie relativement drôle, le mot-clé étant ici l’adverbe et non l’adjectif.Collaborateur du Devoir ÆS"'- \ ' SOURCE INEORMACTION Scène tirée de L’Est, pour toujours Un quartier pour la vie L’EST, POUR TOUJOURS Réalisation et scénario: Carole La-ganiére.Image: Phibppe Lavalet-te.Montage: France Rlon.Musique: Bertrand Chénier.Canada, 2011,80 min.ANDRÉ LAVOIE L> amour de Carole Laganiè-' re pour ses personnages en chair, en os et souvent en souffrances cachées s’affiche d’un film à l’autre avec la même constance.Peu importe qu’elle aborde des enfants confrontés à la mort (La Eiancée de la vie) ou des artistes oubbés (Un toit, un violon, la lune), elle se fait attentive et respectueuse, donnant la chance à ses interlocuteurs de montrer autant leurs forces que leurs faiblesses.C’était cette position d’écoute (attentive et active) qu’elle avait adoptée dans Vues de l’Est (2003), le portrait d’une enfance sur le bitume du quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.Des garçons et des filles se confiaient avec toute la spontanéité propre à la jeunesse, mais aussi avec une gravité typique des gamins issus des secteurs défavorisés, percevant avant tous les autres que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.Et qu’elle ne leur fera peut-être pas beaucoup de cadeaux, à moins qu’ils n’aillent eux-mêmes les chercher.La documentariste ne fut pas FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL Fondateur et àincteur artistique DENIS BROTT 16" ÉDITION EXTRAORDINAIRES GAGNANTSDE CONCOURS Timothy Qlooi Mehdi Ghazi Conrad Tao samedi 14 mai, 20 h CÉLÉBFWION ^ BEETHOVEN L'INTEGRALE DES QUATUORS À CORDES Quatuor Tokyo mardi 17 et mercredi 18 mai, 20 h vente de pianos à l’UQAM PIANOS à partir de 1295$ Venez rencontrer NOS EXPERTS Profitez de conseils personnalisés lors de la vente de pianos sur rendez-vous du 20 au 22 mai 2011.Trouvez le piano de vos rêves à un prix inégaié! PRENEZ RENDEZ-VOUS MAINTENANT! 514.380.3113 ou 1.877.371.2323 iiifbpiano@archambault.quebecor.com ÉGLISE ST.GEORGE ANGLE PEEL ET DE LA GAUCHETIÈRE BILLETTERIE éSH MÉTRO BONAVENTURE RII I FTTFRIF laplacedesarts.com 514 B42 2112 /1 866 842 2112 INFO : 514 489 7444 festivalmontrealiavideotron.ca • www.festivalmontreal.org / ARCHAMBAUITSI #YAMAHA Une présentation de tellement surprise de voir le chemin parcouru depuis quelques années par ces petits héros du quotidien.Car entre Vues de l’Est et son nouveau documentaire, L’Est, pour toujours, elle n’avait jamais complètement coupé les ponts.Ce ne sont donc pas de typiques retrouvailles explosives dans ce nouveau chapitre cinématographique de la vie de Samantha, Maxime (le jeune héros du Ring, d’Anaïs Barbeau-Lavalet-te), Marianne, Vanessa, Valérie, Jean-Luc et Maxime.Ils ont grandi, et si certains ont gagné en sagesse (comme Jean-Luc, qui a plus d’une fois viré une salle de classe sens dessus dessous) ou retrouvé leur père biologique (celui de Marianne vit depuis longtemps à Vancouver et ne parle que l’anglais), d’autres semblent toujours au bord du précipice, pourchassés par des idées noires.Celles-ci collent beaucoup à la peau, et à l’âme, de Vanessa, qui expose avec franchise son désarroi, nourri par sa petite taille malgré ses 20 ans, son absence de diplôme, sa difficulté de dénicher un emploi ou simplement d’être prise au sérieux.Mais le film n’est surtout pas un pabnarès de la misère, car le portrait d’ensemble se présente davantage dans les teintes grises que férocement noires ou blanches.Certains de ces jeunes font preuve d’une réelle créativité, par l’entremise de la musique ou de l’écriture, même si le manque de persévérance apparaît chez eux comme un trait dominant.Tous affichent une nécessaire lucidité face à l’avenir, héritée sans aucun doute de la dureté légendaire du quartier, même si cet état de fait n’a rien d’inéluctable.Carole Laganière le prouve sans optimisme forcé, célébrant les rêves et les ambitions de cette petite faune qui ne trouve pas toujours les mots justes et précis pour exprimer ses insatisfactions, mais dont la parole, souvent ponctuée de silences révélateurs, illustre une vérité toujours importante à dire.C’est d’abord celle d’une enfance marquée par des parents démunis, irresponsables ou absents, et d’un milieu qui transforme profondément, et pas qu’en mal, ceux qui y vivent.Pour toujours.Collaborateur du Devoir Hydro Québec présente les séries f H MuaS Saison 2011*2012 Zukerman et Chang Trio Wanderer Quatuor Talich Quatuor St, Lawrence Lise de la Salle Quatuor Hagen André Laplante Mathieu Lussier Trio Reiner DavIdJalbert au Çtâmm Surveillez la brochure de Pro Musica dans Le Devoir de samedi 21 mai Renseignements / Abonnements PROMUSICA.QCCA S14.84S.0S52 CbmoB dai arti CONSEIL DES ARTS H Québec DD y STANDARD LIFE* E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 DES HOMMES ET DES DIEUX deXavierBeainois France.2010.123 min.Avec Lambert Wilson, Mict^l Lonsdale, Olivier Rabourdin, Philbpe Laudenbach, Jacques Heiiin, Lo'b Pk^oi, )^vier Ma^ et Jean-Mane Frin.(13 ans+).GRAND PRIX et PRIX DU JURY OECUMÉNIQUE au FESTIVAL DE CANNES 2010.Somptueuse méditation sur le temps LE QUATTRO VOLTE Ecrit et réalisé par Michelangelo Frammartino.Avec Giuseppe Fuda, Bruno Timpano, Nazareno Timpano.Image: Andrea Locatel-li.Montage: Benni Atria, Maurizio Grillo.It^e, 2010,88 minutes.MARTIN BILODEAU Un berger.Un chevreau.Un conifère.Un tesson carbonisé.Ce sont là les quatre supports de l’âme, invisible mais combien présente, au cœur de Le Quattro Volte, l’œuvre sublime de l’Italien Michelangelo Frammartino, applaudie l’an dernier à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes et maintes fois récompensée depuis.Le fdm, sans paroles, nous fait suivre son transport et son évolution en quatre étapes, en quatre états, afin d’illustrer le cycle de la vie.Un vieux berger des montagnes de Calabre accompagne chaque jour son troupeau de chèvres au pâturage, puis s’endort le soir dans son lit après avoir avalé, mêlée à un verre d’eau, la poussière du sol de son église qui, croit-il, va apaiser les souffrances de sa santé défaillante.Sa mort coïncide avec la naissance d’un chevreau qui, une fois passée la petite enfance dans l’enceinte de la ferme, suivra le troupeau en montagne, pour aussitôt se perdre et s’éteindre sous un immense sapin.Lequel sera abattu par les villageois afin qu’il serve d’emblème dans une fête païenne, avant d’être tronçonné et carbonisé dans la charbonnière, selon une méthode ancestrale que le cinéaste documente avec patience en exploitant avec grâce et économie son immense potentiel visuel.Le Quattro Volte est une œuvre de paradoxe.Son rythme est lent, en phase avec celui du quotidien d’un village perché de la Calabre, région aux traditions bien enracinées auxquelles le cinéaste rend un bel hommage.En même temps, c’est un film qui, grâce à une caméra active, à un montage invisible mais serré, ne perd pas de temps.Chaque plan est mesuré, chaque mouvement d’appareil (toujours sur son axe) est calibré, de façon à ce que l’œil et la pensée du spectateur suivent le même flu^ continu.À travers cette méditation active sur le sacré et le païen, le temps et la patience, les traditions séculaires et les mutations imminentes, plus encore sur la nature et les humains, Frammartino a voulu nous faire comprendre que «l’homme n’est pas le seul être vivant sur terre».En revanche, les œuvres f: : ?' ^ ¦¦ jC-r SOURCE EQUINOXE Le Quattro Volte, de l’Italien Michelangelo Frammartino, est une magnifique méditation sur le cycle de la vie.qui nous font sentir aussi vi- spectateur qui n’y verra rien Mais celui qui tentera d’en exa- la Calabre et le septième ciel, vants que Le Quattro Volte ne d’autre qu’une illustration du miner de plus près le sens et courent pas les rues.Ainsi, le cycle de la nature sera comblé, les résonances voyagera entre Collaborateur du Devoir Parler des autres à travers soi Lauréat des César du meilleur scénario original et de la meilleure actrice, le film Le Nom des gens revêt un caractère autobiographique pour le cinéaste Michel Leclerc FRANÇOIS LEVESQUE Comédie d’amour usant de la formule des contraires qui s’attirent.Le Nom des gens relève autant du sentimental et du social que de l’observation de mœurs.Imprévisible et frais, le second long métrage de Michel Leclerc (J’invente rien) prend pour toile de fond deux pages douloureuses de l’histoire de la France: la collaboration sous l’Occupation et la guerre d’Algérie.Joint à Paris, le coscénariste et metteur en scène est revenu sur la dimension personnelle du projet.Le Nom des gens oppose, avant de les unir, Arthur Martin, un épidémiologue propre sur lui, et Bahia Benmahmoud, une jeune femme bohème adepte de l’amour libre.et intéressé.En effet, Bahia ne couche qu’avec des hommes de droite afin de les ramener dans la voie de gauche.La mère d’Arthur, née Juive, a perdu ses parents sous l’Occupation; un passé funeste entouré de mystère.Le père de Bahia, pour sa part, a assisté à l’exécution de ses parents en Algérie.Réfugié en France, il a épousé une pa-sionaria de Mai 68.Supputant à tort des sympathies politiques d’Arthur sur la foi de son nom, Bahia fait du quadragénaire réservé sa nouvelle cause.Ce faisant, chacun se retrouve à farfouiller dans son placard familial, ne manquant pas d’y trouver un proverbial squelette.«Ma compagne Baya et moi voulions parler de cette obsession nationale concernant ce qui est français et ce qui ne l’est pas, révèle Michel Leclerc.Or, en nous basant sur les histoires de nos familles, nous avions plus de chances d’éviter les clichés et d’être justes puisque nous saurions de quoi nous parlions.Les parcours de nos parents étaient suffisamment complexes pour déjouer les lieux communs.» Montrer les acteurs Calqués grosso modo sur leurs créateurs, Arthur et Bahia ont connu certaines modifications en cours de route, particulièrement la seconde.«Sara Forestier ne correspondait pas du tout à l’image que nous avions de Bahia, mais ma directrice de casting a insisté pour que je la rencontre.C’était limpide que Sara possédait l’énergie et la gouaille du personnage.Et comme le film traite à plusieurs niveaux des apparences trompeuses, sa présence se trouvait en fin de compte renforcer notre propos.» Constamment en réaction face à Bahia, Arthur est in- GAGNANT DE L'OSCAR I MEILLEURFIIMEN LANGUI ÉTRANGÈRE (INABEnERWORLD) UN FILM DE SUSANNE BIER GAGNANT DU A -NS GOLDEN S GLOBE i • .MEILLEUR FILM ¦ EN LANGUE ¦ ÉTRANGÈRE J||L V>7v wwi¥.soNYCiia8ics.coM ITlétrDQOle PRESENTEMElVr A L'AFFICHE! 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LAMBERT WILSON MICHAEL LONS ms.UN FILM DE XAVIER DEAUVOIS terprété par le polyvalent Jacques Gamblin ((Tenue correcte exigée.Au cœur du mensonge) .«Jacques se voyait impartie la tâche difficile déjouer la page blanche.Sara fait naître le gag, mais c’est lui qui, comme le public dans la salle, le reçoit.Il est le pôle d’identification.» De ruptures de ton (comédie, mélodrame, fantaisie) en multiplication des formats et des textures (faux films maison, retours en arrière en noir et blanc «sépiassé», etc.), Michel Leclerc souhaitait s’éloigner des poncifs, surtout visuels, qui dominent le genre de la comédie ces dernières an- nées.«Je remarque qu’on filme tout en gros plans, comme si on ne pensait qu’en termes télévisuels, déplore-t-il.On suréclaire et on souligne les gags.C’est manquer d’élégance vis-à-vis du spectateur.Je préfère lui donner le loisir de faire un effort.» Ainsi Michel Leclerc privilégie-t-il le plan d’ensemble afin que l’humour puisse s’épanouir aussi grâce au contexte et que ses interprètes, jouissant du plein usage de leurs corps, puissent s’y livrer avec autre chose que des grimaces.Par son approche narrative où le personnel contemple l’universel et ses choix de mise en scène à contre-courant développés en décortiquant le travail de Jacques Tati et de Woody Allen, Michel Leclerc a pris un risque, à l’instar d’Arthur, qui finit par se décoincer.Un beau risque; en témoignent les Cé- sar remis à la comédienne Sara Forestier et au cinéaste ainsi qu’à sa conjointe Baya Kasmi pour leur scénario.Le Nom des gens prend l’affiche vendredi prochain.Collaborateur du Devoir DUPONTEI «Le Brun des Glaçons est un grand Blier.Et un grand film tout court.» François Lévesque, LE DEVOIR «Un film très drôle avec des répliques cinglantes.» Sophie Durocher, JOURNAL DE MONTRÉAL LE BRUIT DES GLAÇONS DE BERTRAND BLIER ^ UN FILM MORTEL www.lebrultdesglacons.ca ITlétrDQQlG M PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! 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