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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-05-21, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MAI 2011 - ROMAN Le charme discret d’Amélie Panneton Page F 3 « ROMAN Remarquable John le Carré Page F 5 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Louis Gauthier et le mal du pays L’écrivain ajoute un quatrième volet à son Voyage en Inde avec un grand détour.Inespéré et très attendu.TYVTT,.,TTTTTTTTfmmmmtwTyT'rTfr->TyTTTT’'ftTTTTTTfmyTyyfTTTTT ?•?•?TÎTTTTntTTnTÎTTTTîTTTnTT inmnunimanu::;::;::: HH : ::5:nt«::;:«j«j:{H Hi ¦¦111 'ÎTL f ?4447T7T7nT7T7nTT777777T4TT77T747TTTTTTTTTTTT77 **4444444«4444*44«444*44«4444444««444444444444444444«44* HHHHHHHHH‘::i*******‘‘‘‘‘****d*J**d^îlh:: HHHHHHHHHHHii^************^****^**»****»** ftlillilii xxxxxxx Himi-Hsii IHH HHHHHHHHHH niHH:iiHiiiiim« tnniniH ?114444444 - .CHRISTIAN DESMEULES Son style est juste, limpide, exact, cristallin.C’est même devenu presque un cliché de le répéter.Répétons-le.Il n’y a pas vraiment de gras dans les phrases de Louis Gauthier.Ses livres — il en a signé neuf depuis Anna en 1967 — sont chaque fois le produit d’une patiente décantation.La maigreur du style de cet écrivain, né en 1944, n’a d’égal, peut-être, que la profondeur du gouffre dans lequel il plonge sa plume: son âme, ses doutes, la banalité la plus ordinaire.Voyage en Irlande avec un parapluie (1984), Pont de Londres (1988), Voyage au Portugal avec un Allemand (2002).Trois romans réunis en 2005 sous le titre de Voyage en Inde avec un grand détour, dont Voyage au Maghreb en l’an mil quatre cent de l’hégire constitue aujourd’hui, si l’on veut, le quatrième tome.Et le dernier?Nous sommes en 1980 (ou 1400, selon le calendrier musulman ou hégirien qui s’amorce en 622), quelques mois aussi avant le référendum québécois.Après l’Irlande, Londres et un «détour inutile» par le Portugal, c’est au Maroc, sur le chemin de son sinueux «pèlerinage» vers l’Inde, que nous retrouvons cette fois le narrateur et alter ego des romans voyageurs de Louis Gauthier.Toujours aussi irrésolu, voyageur malgré lui, il zigzague d’une viUe à l’autre, un peu au hasard, selon la force des vents ou des rencontres.Parti de Montréal trois mois plus tôt pour aller chercher ailleurs une vérité qu’il ne trouvait pas en lui, l’écrivain est saisi par le doute à chaque coin de rue, devant chaque monument qui devrait le jeter en extase, dans chaque chambre d’hôtel minable où il se retrouve englué dans sa propre solitude encore plus glauque.L’Inde?«On peut la trouver partout sur son chemin», explique-t-il.«Je n’aime pas les foules, je n’aime pas les partis, les mots d’ordre, les vérités sans nuances» Il sait d’avance l’inutilité de toute chose.Celle de la littérature, bien entendu {«La littérature, si on ne trichait pas, ne pouvait que conduire au silence»), mais plus encore celle de ce voyage absolument sans issue.Ainsi, après avoir fait trois pas en Irlande, le protagoniste de Louis Gauthier s’inquiétait déjà de ne pas être un véritable héros de roman, «juste un pauvre être humain aux prises avec la vie et la platitude, à moins que les héros ne connaissent aussi ces moments dénués de toute grandeur où il faut simplement avancer pas à pas et remonter la pente de notre propre désespoir».C’est déjà beaucoup.Le Maroc, donc, en l’an 1400, avec l’impression «d’avoir été téléporté au Moyen Age»: musiciens ambulants, charmeurs de serpents, boucheries en plein air.Il trouve le pays superbe, mais, grave bémol, l’aimerait encore mieux sans les Marocains.A sa décharge, il faut ajouter qu’il s’aimerait peut-être aussi beaucoup mieux sans lui, sans sa propre image qu’il déteste.Sa morgue portative.Ses journées passent à faire un peu de tourisme, de l’auto-défense contre les magouilles ordinaires, à filer de longues heures élastiques en fumant du haschisch (bien sûr) en compagnie de quelques Occidentaux égarés comme lui en Afrique du Nord.C’est sa seule concession à la sociabilité: «Je n’aime pas les foules, je n’aime pas les partis, les mots d’ordre, les vérités sans nuances.» La réalité de ce «voyage moche» lui renvoie sans arrêt son propre reflet.Il échoue partout, repoussé d’un rivage à l’autre, apparemment sans la moindre volonté.Il voudrait écrire de la fiction (de la vraie), mais se désole de n’être qu’un simple «auteur de livres».«Je ne suis pas non plus un écrivain public, je suis un écrivain privé.Privé d’argent, d’amour, de gloire, privé de tout.» «Chaque fois que je rencontre quelqu’un, c’est comme si je de- vais affronter une réalité plus dense que la mienne, une réalité faite de chair, de muscles, de choses lourdes, d’objets solides, que tout le monde peut voir et palper, une réalité qui ne ressemble pas à la mienne,^ qui me fait douter de la mienne, fait avant tout de mots et d’idées.» Cinq mois plus tard, après l’Algérie et la Tunisie, cherchant en vain et sans grande conviction (et de plus en plus sans le sou) à se rendre en Inde sans devoir prendre l’avion, le constat s’impose: «Au fond, voyager n’a aucun sens, à moins que ce soit pour faire du commerce.Le reste, c’est de la curiosité malsaine.» Est-ce vraiment vendre la mèche, dès lors, que de révéler comment se terminent et le livre et le voyage?«Parti, dit-il, pour se défaire de ce qu’on avait fait de moi», falter ego de Louis Gauthier fait du surplace jusqu’à ce que f argent vienne à lui manquer.Le retour obligé à Montréal, en ce sens, il f accueille comme une bénédiction.Il y rentrera juste à temps pour voter OUI au référendum de 1980 et ajouter, on fimagine, une couche de plus à son accablement millénaire.Avec son économie habituelle, son sens de l’autodérision et son refus d’embeUir la réalité, Louis Gauthier boucle de belle façon sa tétralogie «voyageuse».Et sa position (faussement) paradoxale d’écrivain qui n’a rien à dire ne nous trompe pas: il y a chez lui une densité de silence et de questionnement propre à nous hanter encore longtemps.Collaborateur du Devoir VOYAGE AU MAGHREB EN L’AN MIL QUATRE CENT DE L’HÉGIRE Louis Gauthier Fides Montréal, 2011,192 pages F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MAI 2011 LIVRES Trois éditeurs assignent Google en justice pour contrefaçon MYRIAM CHAPLAIN-RIOU Paris — Trois éditeurs, Gallimard, Flammarion et Albin Michel, ont délivré une assignation pour contrefaçon au géant américain Google, auquel ils reprochent la numérisation sauvage de milliers de titres dans le cadre de son projet de bibliothèque universelle.Cette assignation, qui vise la fdiale française de Google, a été délivrée le 6 mai au Tribunal de grande instance de Paris.«Google Va bien reçue», a confirmé à l’AFP le service juridique de Gallimard.La même assignation sera adressée à la maison mère.Le juge va maintenant fixer un calendrier et ce sera à Google de fournir les conclusions réponses, a-t-il ajouté.Les trois éditeurs réclament 9,8 millions d’euros de dommages et intérêts au moteur de recherche pour la numérisation sans autorisation de 9797 livres.Ce montant «correspond à un tarif fixe de 1000 euros par oeuvre numérisée dont les éditeurs possèdent les droits.Nous nous sommes limités à celles dont nous étions sûrs qu’elles avaient été reproduites», explique le service juridique du plus grand éditeur indépendant français, qui célèbre cette année son centenaire.Ce chiffre change d’ailleurs tous les jours puisque Google continue de scanner les oeuvres, ajoute-t-on.Google «surpris» Google s’est dit la semaine dernière «surpris» de recevoir cette nouvelle assignation et «convaincu de la légalité de Google Livres et de sa conformité avec les lois françaises et internationales en matière de droits d’auteur», ajoute le moteur de recherche dans un communiqué.Poursuivi en France par le BAZ RATNER REUTERS Google a déjà numérisé quelque 12 millions d’ouvrages sans l’autorisation des éditeurs et contre l’avis des ayants droit dans le cadre de son gigantesque programme Google Livres.groupe La Martinière et le Syndicat national de l’édition (SNF), Google avait déjà été condamné le 18 décembre 2009 pour contrefaçon par le TGI de Paris.Aux Etats-Unis, il a aussi essuyé un revers en mars 2011, le règlement à l’amiable entre Google et les auteurs et éditeurs américains ayant été retoqué par le juge fédéral de New York, Denny Chin, lors d’un procès collectif.Plusieurs centaines d’objections avaient été formulées contre ce règlement, notamment par le SNF, le ministère de la Culture français et les ministères de la Justice américain et allemand, ainsi que de nombreux auteurs et éditeurs.C’est ce même juge américain qui a fourni en 2010 aux trois éditeurs français la liste des oeuvres numérisées par Google.Gallimard a recensé dans cette liste 4302 titres, Flammarion 2950 et Albin Michel 2545, précise Livres Hebdo, qui a révélé cette information.De son côté, le p.-d.g.de Gallimard et président du SNF, Antoine Gallimard, avait annoncé dès mars 2010 qu’il allait attaquer le géant américain en justice, avec deux autres éditeurs français.«Nous allons aller à la bataille à notre tour, avec certains de nos confrères», avait-il dit à l’AFP Hachette Livre (groupe Lagardère) a signé pour sa part en novembre 2010 un protocole d’accord avec Google qui fixe les conditions de la numérisation par ce dernier des oeuvres en langue française épuisées dont les droits sont contrôlés par le premier éditeur français et deuxième mondial.Google s’est engagé à retirer de sa base tous les titres que Hachette ne souhaite pas voir inclus dans ce programme.Le géant américain a déjà numérisé quelque 12 millions d’ouvrages sans l’autorisation des éditeurs et contre l’avis des ayants droit dans le cadre de son gigantesque programme Google Livres.Agence France-Presse LA RETOMBEE DU TEMPS La retombée du temps Alain Médam Colt Chemins de traverse Donner ma langue au chant Madeleine Gagnon Coll.Chemins de traverse Donner ma langue au chant Bienvenue au lancement printanier à la librairie Le Port de tête (262, av.du Mont-Royai Est), le mardi 24 mai à 17ii30.Éditions du Noroît 1 2 FBSTI ^PoESl ^ Venez rencontrer nos auteurs au (métro Mont-Royal), du 26 au 29 juin, sous le chapiteau.Nouveautés www.lenoroit.cam vieNt De paRaitRe Dossier Les racines d’un Québec vert Numéro 749 • |uin20ii Les auteurs sont: Amélie Descheneau-Guay, Clermont Dugas, Jean-François Filion, François L’Italien, Serge Mongeau, Annie Rochette et jean-Guy Vaillancourt.À lire aussi: le carnet de Brigitte Haentjens, la chronique littéraire de Louise Warren, un article de Georges Corm sur le sort des communautés chrétiennes au Machrek, une analyse sur la stratégie du Frente Amplio en Uruguay et une controverse: savons-nous débattre au Québec?Artiste invitée: Mireille Levert Pour consulter le sommaire détaillé : i www.revuerelations.qc.ca j '“'“‘1'‘lui KM une société juste X ^ M ’ ; racines ^ d un Québec .vert K L’urgence d’un changement ae société (Habiter le pays La ville écologique La campagne; cultiver un milieu de vie g Les énergies de l’avenir Jl te communautés chrétiennes au Machrek ^ George Corm 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES Un an : 35 $ Deux ans : 6j $ À l’étranger (un an) : 35 $ Étudiant : 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : icx} $ (un an) (514) 387-2541 p.226 I relations@qf.qc.ca Relations: 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2PiS6 ÉN VENTÉ DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 5,50$ +TAXES Oui, je désire un abonnement de .NOM _______________________ .an(s), au montant de.ADRESSE CODE POSTAL .TÉLÉPHONE (.-) je paie par chèque (à l'ordre de Relations) CH ou carte de crédit D NUMÉRO DE LA CARTE ___________________________________________________ EXPIRATION _________________________ SIGNATURE________________________ Un prix de l’essai Pierre-Vadeboncœur Un prix de l’essai doté d’une bourse de 5000 $ vient d’être créé pour honorer la mémoire de l’écrivain et militant Pierre Vadeboncœur (1920-2010).Auteur d’une trentaine de livres, réputé autant pour ses pamphlets politiques contre «/es grands imbéciles» de ce monde, comme le dit le titre de l’une de ses dernières publications, que pour ses livres de réflexion sur la vie, sur l’art, sur la culture, sur l’indépendance du Québec, sur la spiritualité, Pierre Vadebon-cœur est sans égal dans la littérature québécoise.C’est la GSN, où l’écrivain a oeuvré une bonne partie de sa vie, qui a annoncé la création de ce prix cette semaine lors de son congrès.Le prix Pierre-Va-deboncœur sera accordé annuellement à l’auteur d’un essai en sciences sociales ou en sciences politiques.L’ouvrage JEAN-ERANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le prix de l’essai Pierre-Vadeboncœur sera décerné par la CSN.primé devra avoir été écrit par un auteur québécois et publié en langue française par une maison d’édition québécoise.La CSN déclare vouloir ainsi «encourager et soutenir la ré- flexion autour de questions sociales et politiques qui touchent les aspects les plus importants de notre vie en société».Le Devoir E N BREF Québécor achèterait La Bagnole Groupe Ville-Marie littérature, une entité éditoriale appartenant à Québécor, est en négociation pour acquérir les éditions de La Bagnole, selon ce qu’a appris Ix Devoir.La maison d’édition, fondée par Jennifer Tremblay et le comédien Martin Larocque, se spécialise en albums, livres et romans jeunesse, mais publie également de la littérature québécoise actuelle dans la collection «Parking» sous la direction de Normand de Rellefenille.L’éditeur vient de faire paraître un premier roman d’Amélie Panneton dont notre critique dit beaucoup de bien en page F 3.L’acquisition de La Bagnole, dont l’offre d’achat aurait été acceptée mais qui resterait encore à êtte signée, permettra à Groupe Ville-Marie littérature d’investir le secteur jeunesse.Martin Balthazar, le directeur actuel du Groupe Ville-Marie littérature, est pressenti pour en devenir l’éditeur, tandis que la fondatrice Jennifer Tremblay deviendrait directrice de collection.- Le Devoir La bibliothèque de.La nouvelle émission littéraire La bibliothèque de.est diffusée depuis mardi dernier sur les ondes de Canal Savoir.L’émission, produite par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et rUniversité du Québec à Montréal, consiste en une série d’entretiens où des personnalités québécoises parlent des livres et des auteurs qui les inspirent.L’émission propose ainsi un regard qui porte au-delà des nouveautés littéraires.Jusqu’au 19 juin, on pourra ainsi partager les choix de lecture du chanteur Michel Rivard, du professeur de science politique Claude Corbo, de l’animateur Marc Labrèche et du chanteur lyrique Marc Hervieux.Les mardi à 19h, à Canal Savoir.-Le Devoir Prix printaniers Le récit de fantasy La Tueuse de dragons (Alire) a permis à son auteure Héloïse Côté de remporter le prix Jacques-Brossard 2011.Assorti d’une bourse de 2500 $, ce prix couronne le meilleur livre de l’année en littérature de l’imaginaire.Par ailleurs, Michel Châteauneuf a reçu le prix Gérald-Godin pour son thriller La Société des pères meurtriers (Vent d’Quest).Ce prix récompense chaque année un auteur trifluvien.- Ix Devoir La Penplade a cinq ans Les éditions La Peuplade fêteront le 1" juin leur cinquième anniversaire.Fondée par Mylène Bouchard et Simon Philippe Turcot, la maison, sise à Saint-Henri-de-Taillon au Lac-Saint-Jean, se spécialise en littérature québécoise actuelle: poésie, romans, entretiens sont des quelque 25 titres du catalogue à ce jour.Lan dernier.Cette maison n’est pas la mienne, de François Turcot, remportait le prix de poésie Émile-NeUigan.Simon Dumas, Chantal Neveu, Jean-François Caron et Mélissa Verreault sont des auteurs de La Peuplade.- Le Devoir 75 ans ponrZes Cahiers des Dix Fondée en 1936, la revue Les Cahiers des Dix rassemble depuis ses débuts un groupe d’historiens et d’érudits.Les sociétaires, au nombre de dix, ont çté renouvelés au hl du temps.Ace jour, cette société unique au Québec a publié plus de 16 000 pages de textes dans sa revue.Le numéro du 75® anniversaire présente des articles sur des sujets divers, comme toujours, et regroupés autour de deux blocs: «Culture et société au XX‘ siècle» et «Culture et société au XIX‘ siècle».- Le Devoir lu tXPLORER LA MÉMOIPf FTLHISTOtRF PUQ.CA VICE ET CORRUPTION À MONTRÉAL 1892-1970 Magaly Brodeur 1892-1970 : c'était l'époque de Montréal, ville ouverte, de Montréal, la flamboyante.Les maisons de jeu et les loteries illégales fourmillaient.Cette étude historique plonge au cœur de cette période et révèle le rôle qu'a joué la ville de Montréal dans la légalisation des jeux de hasard et d'argent au Canada.A MDIMTREAL % ^ 144 pages "f Presses de rUniversité du Québec http://puq.ca/catalogue/livres/vice-corruption-montreal-5624.html LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MAI 2011 F 3 LITTERATURE Amélie Panneton, une auteure qui promet et qu’on se promet de suivre E- Danielle Laurin Voici une nouvelle auteure, toute jeune: elle est née en 1985.A Québec.Et elle y vit toujours, nous dit-on.Après avoir «grandi en Acadie, étudié au Québec, vécu au Pays basque espagnol et en Russie».Voici une nouvelle auteure, toute jeune, du nom d’Amélie Panneton, qui débarque avec un livre qui n’a rien à voir avec l’air du temps.Si ce n’est qu’on y perçoit en toile de fond, le portrait d’une génération: la sienne.11 y a bien, aussi, l’aspect mosaïque, la forme morcelée du récit on voit ça de plus en plus en littérature aujourd’hui, pas seulement chez les jeunes d’ailleurs, pas seulement au Québec non plus.L’alternance des narrateurs, le changement de perspective.La pluralité des vok, des points de vue.Tout ça.Mais rien à voir avec l’air du temps, dans le sens que l’écriture, comme telle, porte une signature qui ne ressemble à aucune autre.C’est hors moule, hors d’âge.Et l’on s’étonne de cette maîtrise de la plume, de cette maturité du regard, chez quelqu’un d’aussi jeune.S’il y avait un rapprochement à faire, ce serait avec Georges Perec et sa Vie mode d’emploi, dont l’auteure cite d’ailleurs im extrait en exergue.Rapprochement pour ce qui est du point de départ de l’ouvrage: un immeuble, ses locataires, avec, chacun de son côté, sa vie, son histoire, ses secrets.Pour le reste.gardons-nous de faire d’Amélie Panneton une nouvelle Georges Perec.Nous n’en sommes pas là, vraiment pas.Et c’est tant mieux d’une certaine façon: les étiquettes, les comparaisons, ça tue la singularité, non?Le charme discret du café filtre: le titre est étrange.Le livre l’est tout autant En principe, il s’agit de nouvelles.Mais chacune d’elles concerne.les locataires du même immeuble, comme mentionné plus haut Nous sommes.non pas à Paris, mais à Québec.Dans le quartier Saint-Roch.Ça commence avec des cartes postales.Qui s’adressent à des personnes différentes, sont signées par des personnes différentes.Rien de bien compromettant ni de vraiment palpitant dans le contenu.Ça semble plutôt anodin.Des cartes postales, quoi.Pour donner des nouvelles, à sa sœur, à son ex, à qui de droit dans la distance, l’ailleurs.11 y a ceux qui sont partis.Et il y a ceux qui restent Ceux qui restent dans cet immeuble du quartier Saint-Roch.La plupart sont dans la mi-vingtaine.Beaucoup d’étudiants.Des chômeurs.Et des insatisfaits de leur emploi.Certains partagent à plusieurs le même appartement.Certains vivent en couple, ou l’ont été.Plusieurs histoires là-dessus, qui se recoupent Questionnements sur la fidélité: beau principe, mais difficile à appliquer dans la réalité.Questionnements sur l’engagement évidemment Sur l’amour, finalement Plusieurs histoires d’amitié brisée, aussi.Qu qui le seront un jour au l’autre.Tout ce qui fait qu’on en vient à être déphasé par rapport à une personne qu’on croyait si proche, et pourquoi c’est comme ça.Tout ce qu’on pense tout bas et qu’on ne dit pas.Tout ce qui préoccupe de jeunes adultes qui se cherchent cherchent leurs repères.C’est là, par bribes, par morceaux.Leurs déceptions, leurs manques, leurs aspirations, leurs angoisses.11 y a aussi une mère dans la jeune trentaine seule avec son enfant Le père, qui rôde autour, incertain, maladroit Et il y a un vieillard.Seul.Qui n’a jamais eu d’enfant Qui n’a personne à qui parler.Dommage: «Ce dont il a envie de parler, c’est de toutes les choses que personne ne veut entendre: la fragilité de la jeunesse, et les jours mornes de la vieillesse, et toutes les années entre les deux passées à chercher de grandes raisons de vivre.» Qn les croise, les recroise, tous, d’un texte à l’autre.Parfois de loin.Parfois ils s’expriment directement.Peu à peu, on entre dans leur quotidien.11 y a des sauts dans le temps, des retours - fi YAN DOUBLET LE DEVOIR Amélie Panneton publie son premier ouvrage, Le Charme discret du café filtre dans le passé.11 reste des trous, des énigmes.Qn y met du temps, quand même, avant de comprendre le mécanisme, avant de pouvoir replacer qui est qui.Mais le ton général, les descriptions, le rjHihme du récit l’humour au passage, tout ça nous séduit Et puis cette façon qu’a l’auteure de fouiller derrière la façade que chacun s’est construite, ou tente de se construire.Cette humanité qui se dévoile dans les petits détails.Cette sensibilité exempte de sensiblerie.Ça nous séduit, oui.Mais en même temps, quelque chose agace.Quoi?Pas tellement le casse-tête à mettre en place, non.Quelque chose qu’on attend.Et qui ne vient pas.Tout ça pour ça?Qn voudrait bien dire autre chose une fois le livre refermé.Mais on ne peut pas.Qn a trop attendu que quelque chose se passe.Quelque chose d’autre.N’importe quoi qui aurait embrasé le récit Des tranches de vie et puis c’est tout C’est ce que nous offre Le charme discret du café filtre.Ça n’enlève rien aux qualités du livre.À l’originalité de l’écriture.Mais ça ressemble davantage à un exercice, au final.Un exercice réussi, par une auteure qui promet et qu’on se promet de suivre: voilà ce qu’on retient LE CHARME DISCRET DU CAFÉ FILTRE Amélie Panneton Éditions de la Bagnole Montréal, 2011,152 pages f f LITTERATURE QUEBECOISE Job l’insoumis D’une écriture limpide, serrée, classique.Job & compagnie de Hans-Jürgen Greif est un livre à part SUZANNE GIGUÈRE TU veux que je te dise?Ton Job est si vertueux qu’il me donne envie de vomir.Ses connaissances et amis en parlent comme s’il était un de tes anges.Mais enlève-lui ses biens, et tu verras qui il est vraiment.Acceptes-tu le défi?» Dieu continuait à observer Job, qui était en train de réciter les prières de circonstance [.] Le Très-Haut finit par sourire, puis se tourna vers son invité: «D’accord, faccepte ton défi.Tu peux faire de lui ce que bon te semble.» Qn connaît la suite.Job est soumis à une série d’épreuves.Privé des siens et dépossédé de ses biens, couvert de blessures, couché sur un tas de fumier, il doit mourir pour prouver sa fidélité.Hans-Jürgen Greif, écrivain germano-québécois éclectique, nous entraîne dans le récit fascinant d’un des personnages les plus discutés par les théologiens, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans.Dans la première partie du roman, avec la verve et l’intelligence pétillante qui le caractérisent, le romancier réécrit une partie de la Genèse et de l’Exode, remontant le temps jusqu’au «premier couple du peuple choisi par le Seigneur, même si celui-ci n’aime pas se faire rappeler qu’avant Adam et Eve, il avait produit les Neandertal et les Cro-Ma-gnon».H raçonte l’histoire d’Adam et Eve, de Caïn et Abel, de Noé et d’Abraham avec un humour primesautier, à travers une série de portraits détendus et souriants, lesquels allègent la gravité du propos.Puis, par tours et détours, anecdotes, ricochets et ramifications théologiques, il s’approche de Job.Une joute verbale s’engage alors sous nos yeux, entre le juste persécuté, Dieu et le diable.Cette rencontre tripartite est une invitation au lecteur à prendre parti., Contrairement à Adam, à Eve et aux autres qui ont obéi aveuglément aux ordres du Dieu de l’univers.Job marque un tournant dans la lignée des soumis.Sous l’œil attentif du liANS-JURCiFN (ÎRF.IF Job & compagme Lhilknt même Malin, Job interpelle Dieu, refuse de se résigner devant l’incompréhensible punition que ce dernier lui a infligée.11 lui fait des reproches, lui demande des comptes, met en doute sa miséricorde {«il valait mieux ne pas créer l’homme si c’était pour le torturer et l’abandonner»), se révolte.Job aiguise ses mots.H demande à Dieu où 11 était pendant le plus grand châtiment jamais survenu dans l’Histoire.De ce qu’il en est des six millions de juifs exterminés, sans rédemption possible, et de tous ces Job contemporains qui vivent tout comme le patriarche des épreuves horribles?Puis, il arrive à l’essentiel.«Dieu existes-tu?N’es-tu pas plutôt une invention de mon peuple?[.] Cette faute que tu nous imputes, l’aurions-nous inventée pour que nous nous sentions coupables jusqu’à la fin des temps?» 11 y a dans la protestation de Job, pleine d’éloquence et de passion, un chant murmuré très émouvant et très universel.Que l’on soit croyant, agnostique ou athée.Job représente une figure de la résistance face à toutes les formes de domination.D’une écriture limpide, serrée, classique.Job & compagnie est un livre à part, en dehors des ouvrages littéraires habituels.Hans-Jürgen Greif nous offre une représentation audacieuse, inédite, d’un des archétypes de l’humanité, dans un récit où l’humour le dispute à la réflexion.Quel est le sens de la souffrance?En a-t-elle un?Pourquoi les hommes continuent-ils à être la proie du mal, à s’exterminer mutuellement?Le romancier nous laisse avec ces interrogations lancinantes sur le mystè- re du mal non élucidé, non sans avoir pris un soin minutieux à mêler les vivants et les morts, l’Histoire, l’exégèse, la philosophie et la littérature.Collaboratrice du Devoir R ?l^Gaspard-LE DEVOIR ALMARÈS Du 9 au 15 mai 2011 AUTEUR/EDITEUR Romans québécois 1 A.N.G.E • Tome 9 CenetaDhium Anne Robiiiaid/Weiian -n 2 Au bold de la rivièie • Tome 1 Baptiste Michei David/Hurtubise 1/3 3 Le secret du ceffie bleu Lise Dion/Libre Expression 2/16 4 Femmes de ganpsteis • Tome 1 Le complot de Santa Ana Ma Étienne/tntouchabies 10/5 5 Dans mes yeux à moi Joséiito Michaud/Libre Expression 3/10 6 L'escapade sans retour de Sophie Parent Mviène Giibert-Dumas/VLB 4/6 7 Les marionnettes du destin Marie-Bernadette Dupuy/JCL -n 8 Les héritiers d'EnIddiev • Tome 3 Les dieux ailés Anne Robiiiard/Weiian 9/6 9 Mémoites d'un Quartier • Tome 6 Lauta, la suite Louise TiembiayOEsiambte/Guv Saint-Jean 7/5 10 Revenir de loin Marie Laberge/Botéal 5/29 Romans étrangers 1 L’éttanpe voyage de monsieur DaUry Marc Lévy/Robert Laffont -n 2 L'appel de l'ange Guiiiaume Musso/XO 1/5 3 Le cimetière de Prague Umberto Eco/Grasset 3/3 4 Mini-accrp du shopping Sophie Kinseiia/Betidnd -n 5 Dôme * Tome 1 Stephen King/Atbin Michei 5/8 6 Des gens très bien Atexandre Jardin/Giasset m 7 Tempête sur Cape Cod.Une enquête de Regan Reilly Garni Higgins Ctarit/Aibin Michei 6/2 8 L'épée de véiitê * Tome H Lombre d'une inquisitrice Teny Goodtcnd/Drageienne 4/3 9 Les eniants de iaTene* Tome 6 Le pays des grattes sacrées Jean M.Auei/Presses de ia Cité 7/7 10 Duo à trois Emily Giüîn/Michel Lafen -n "?Essais québécois 1 Poing à ia iigne Nomtand Lester/lntouchables 1/7 2 Le retour turbuient de Dieu.Poiitigue, reiigion et Ntiitê SamiAoun/Médiaspaul 9/2 3 Maiia inc.Grandeur et misère du cian siciiien au Québec André Cédilot I André Noël/Homme 2/29 4 À Tombie du mur.Tiaiectoiies et destin de la génération X Stéphane Ketiv/Boréai 7/8 5 II y a trop d'images.Textes épars 1993-2010 Bernard Émond/Lux -n 6 L'état du Québec 2011 Coiiectif/Boréat 6/6 7 Le Québec : tenitoire incertain Henri Doion 1 JeaiFfU Lacasse/Seplenlini -n 8 Manifeste pour une école compétente Louise Lafbrtune et aiJPUQ -n 9 Troisième miiiénairo.Biian finai - Chroniques impertinentes Jean-Froncois Lisée/Atain Stanké 3/7 10 Cyberpédophiles et autres agresseurs virtuels IMce Cotriveau | Francis Fbrtin/VLD -n "?^Essais étrangers 1 Les mots de ma vie Bernard PM/Atbin Michei -n 2 Notre poison quotidien Marie-Monique Robin/Alain Stanké -n 3 Demain, qui gouvemeia ie monde ?Jacques Attaii/Fayani 6/2 4 indigneavous ! Stéphane Hessei/tndigène 2/16 5 L’oiigarchie ca suiüL vive ia démecratie Henré Kempf/Seuii 1/14 6 Une brève histoire de i'avenir Jacques Attaii/LGF 3/11 7 Y a-t-ii un grand architecte dans i’Univets?Stephen Wiiiiam Hawking/Odiie Jacob 5/6 8 La phiiosophie du porc et autres essais Un Xiaobo/Gaiiimani 9/2 9 La voie.Pour l'avenir de fhumanite Edgar Morin/Fayard 4/2 10 Amour.Déconstroction d'un sentiment Richard David Precht/Betfond -n Lü BUF (SociëË de gestni de la Banque de titres de langue fiangalse) est gnipridtalre du sj^me d'intainatlcn et d'analyse fispm/ str les venles de livres ftançais au Canada.Ce palmarès est extrait de et est constué des relevés de caisse de 171 points de venta La BTLF reçoit un soutien financier de Pairimohe canadien pour le projet ÆtryMf.© BUF, toute reprodurriion totale ou partielle est inlerdita JOB & COMPAGNIE Hans-Jürgen Greif L’Instant même Québec, 2011,242 pages 12' porY/F VOTEZ SUR MAISONDELAPOESIE.QC.CA lePRlXdes LJECTEURS par chacun des et courez la chance Votez pour votre ^ poète pour lequel de gagner l’oauvre complète ou pu VOUS aurez voté.FR&çSs CHARRON Écrits des Forges At'lNTENTlON DAVID Les Herbes Bouges ""fSüTsfSiSSr® Éditions du Noroît 1 ES CHEVAUX APPROXIMATIFS ^MICHEL CARNEAU l’Hexagone S^Tebivest Écrits des Forges Présenté par ia M^ONdela P©EStÊ dejVlontréal et la caissede laculture 1 Desjardins CaisM du Mont-Royal Québec d Québec g g BMuOaKMKtl 11 Montréal^ Québec S ¥ (,|.:|)f:vo||{:L_ Montréal® M médiacat ¦sité fHl (Aud cataUiVriQurbrc Université rm #rHEXAGOME de Montréal ' ” F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MAI 2011 LITTERATURE Lauréat du prix Émile-Nelligan 2011 Philippe More, lucide HUGUES CORRIVEAU Ce qui frappe avant tout dans la poçsie du nouveau lauréat du prix Émile-Nelligan 2011, c’est cette tendresse immense qui se dégage des textes, cet amour infini pour le vivant brisé, pour l’étincelle qui éclaire l’œil des morts en sursis, pour ceux que la douleur étreint au cœur de leur désir de vivre.Médecin urgentiste, passionné de poésie, ses mots écoutent, pénètrent au plus près la passion spasmodique qui tient l’être en équilibre au-dessus du vide.Le Laboratoire des anges assume pleinement la dimension médicale du propos, transforme avec bonheur cette difficile approche d’un monde qui, d’office, n’est en rien un lieu attendu du poétique.Mais voilà, le talent du poète doit toujours savoir accéder à la part secrète du monde.«Tassé au fond de la petite fièvre / où tu te recroquevilleras / pour jaunir avec tes prophéties», nous dit-il à chacun, l’œuvre de chair et de conscience n’en est pas moins exaltante.Ici, la mort miroir de la vie, paisible accomplissement ou délaissement délétère, passe sur les choses une main implacable, «avec le rythme à peine cardiaque / de la vie qui accède à l’invisibilité / et qui se soustrait à la vigilance des machines / et qui échappe même à l’attention des anges».On pense au travail artistique d’Andres Serrano ou aux audacieuses reconstitutions de Gunther von Hagens qui provoquent un genre d’envoûtement très proche de cette force d’évocation poétique.La métaphore filée de la maladie et de la mort lente et sous-jacente laisse cette impression de fascination qui pourtant n’est jamais morbide puisque attentive aux signes vitaux, aux soubresauts de la vie qui bat malgré tout.En fait, il s’agit d’y «voir les assises de la douleur duns toute leur innocence / toute leur pureté cellulaire au fond du dégel/ la tragédie jouée à froid pour seulement / quelques synapses abandonnées à leur sort».Le recueil est beau, appelle ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Philippe More, Prix Émile-Nelligan 2011 à la méditation, et «c’est là-dessus que tombe le rideau / pendant qu’on recoud la nuit derrière».Capsules autour de la jeune poésie Ouanessa Younsi est médecin résidente en psychiatrie et étudiante en philosophie, née à Québec malgré son nom algérien.Voilà pour les présentations, voilà aussi pour cette parenté improbable avec le poète More.Car le propos de Prendre langue est bien loin du recueil précédent.Ici, les lieux s’ancrent l’amour de l’autre comme des mots, des paysages est au cœur de la pulsion d’écriture.«Je suis femme avortée / Qui déterre / Les roses des sables / Prunelles perdues / Dans le voyage», confie-t-elle.Du désert au Québec, du plus lointain au plus proche, la quête de soi et de l’ancrage fondamental s’effectue dans la langue somptueuse des images migrantes au creux du monde.Marines ou aériennes, terrestres ou érotiques, les dérives s’accomplissent dans l’opulence.Qn pourrait bien s’étonner un peu du retour du calligramme, qui ne se renouvelle pas ici, mais ne chicanons pas trop, l’écho de Miron venant parfois susurrer dans la brise: «Fragile fresque de froment dans tes iris / Tu ne sais pas dire les mots courtepointes.» Geneviève Gosselin-G.aime les mots, les déguste avec délice dans son premier recueil.Devant mon corps, qui, en de très courts vers, souvent constitués d’un seul mot, sursaute, nerveux, sur les coups et recoupes des émois.La question est posée: «l’exigence / de vivre / peut-elle / se capturenP.Sans aucun doute, puisqu’elle est parfaitement consciente face au «prolongement/ de l’intarissable // autopsie / d’une mort /fragmentée [.] dévorée / sur la page / réverbère», évoquant en cela «l’assu-mation» de Philippe More.Pulsion de vie, intense poursuite d’une vérité provocatrice, cette poésie à la fois dramatique et optimiste sait découvrir sa voix, car nous «trouvons / la lumière / en effilochant/les étoiles».Poésie inquiète qui traduit le tremblement devant le réel, poésie minimaliste au bord du gouffre, car il s’agit bel et bien de savoir que «le beau embrasse le terrible».Collaborateur du Devoir LE LABORATOIRE DES ANGES Philippe More Poètes de brousse Montréal, 2010,64 pages PRENDRE LANGUE Ouanessa Younsi Mémoire d’encrier Montréal, 2011,70 pages DEVANT MON CORPS Geneviève Gosselin-G.Le Noroît coll.«Initiale» Montréal, 2011,76 pages E N BREF Un prix pour Lucia Ferretti Le prix Gérard-Parizeau a été attribué à Lucia Ferretti.Ce prix, financé par le Fonds Gé- rard-Parizeau, figure marquante de l’assurance au Québec, récompense cette année l’œuvre d’une universitaire dont les travaux portent principalement sur le phénomène religieux, de la Nouvelle- LES ADIEUX DU MAESTRO En librairie le mardi 24 mai Dans ses mémoires, le maestro Yoav Talmi, qui a dirigé les plus grandes formations orchestrales à travers le monde, raconte son parcours avec sincérité et révèle une multitude de facettes insoupçoimées de sa carrière et de sa personnalité.Au fil des pages, maestro Talmi rapporte nombre d’anecdotes aussi amusantes qu’étonnantes dans un récit plein de verve et de rebondissements.PARCOURS D’UN CHEF D’ORCHESTRE Du kibboutz à Québec AUSSI DISPONIBLE EN FORMAT PDF 1^ | FEUILLETAGE EN LIGNE: 3352 France jusqu’au Québec contemporain.Il est doté d’une bourse de 30 000 $.Lu-cia Ferretti est professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières.File a annoncé, à l’occasion de la réception de cet hommage, vouloir se consacrer à la rédaction d’une nouvelle synthèse de l’histoire du Québec.- Le Devoir Un stylo pour le Labrador J e m’étais pourtant juré de ne plus jamais laisser une situation me surprendre sans livre, aussi bien dire tout nu.Sans un livre à portée de main, dans un paysage urbain aussi repoussant que l’extrême est de la rue Sherbrooke, je suis sous l’orage de bitume comme un promeneur sans parapluie.Repoussé au fond de moi-même, j’avais oublié ma lampe en format poche.N’importe quel ouvrage de 80 pages aurait fait l’affaire.Ça se passait dans un McDo, pour ne rien arranger.Sauf utilisation subreptice des urinoirs, c’était la première fois que j’y mettais les pieds depuis environ un siècle.Ft la grande surprise fut de constater que le café destiné à servir de simple compensation pour l’emprunt d’une place de parking était un bon deux ou trois coches au-dessus du jus de chaussette ordinaire.J’avais une heure à tuer.Coincé entre un Jean-Coutu et un Belle Pro, engoncé dans mon ensemble table-chaise au design minimaliste près de la zone d’atterrissage de la glissade des petits et séparé par une seule baie vitrée d’une espèce de centre d’achats de trois kilomètres de long.Nouveau coup d’œil dans mon porte-documents.Deux stylos.Une pile de signets.Une bouteille d’eau.Fin de l’inventaire.Ft c’est ici qu’il faudrait placer la pub pour la super-plaquette de lecture électronique.Homme d’une autre époque, j’ai ramassé ce qui tramait et distraitement feuilleté la récente livraison du Métro éditorialisée par Lady Gaga.Tous les vrais littérateurs vous le diront: le grand plaisir, c’est lire.Comme second choix, écrire demeure une activité parfaitement respectable, mais je n’avais même pas enfilé la bonne veste, celle avec le calepin fourré dans la poche où d’autres préfèrent glisser un mouchoir parfumé.Fn désespoir de cause, j’ai pris un stylo et écrit sur un des signets: «Un stylo pour le Labrador».Commencer avec le cyclo sauvage, enchaîner avec Charest, finir avec le stylo.Le cyclo sauvage, je l’ai rencontré sur le traversier Mata-ne-Baie-Comeau par une pluvieuse et houleuse journée du début mai.Fntre Rimouski et Matane, ce matin-là, les vagues qui déferlaient sur les grèves du Louis Hamelin Ça s’est déjà vu au Québec, des routes qui ne mènent nulle part INVITATION revue de poésie f^SEPTENTRION.QC.CA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC i Les Jeudis littéraires eudi 26 mai 19 h 30 Dans ce numéro, vous pourrez lire un dossier fascinant: Sonnets organiques Dans le cadre du ^2P Festival de la poésie de Montréal, Exit vous invite au lancement de son numéro 63 Venez nous retrouver le vendredi 27 mai à compter de 19 h 30 sous le chapiteau du Marché Place Gérald-Godin (Métro Mont-Royal) Lectures des poètes sur place 1 2 S\^'V%ikdd'/oit Jean-Fcançois Beauchemin Le temps qui m’est donné Le temps qui m'est donné Avec jean-François Beauchemin, écrivain Animation : Véronique Marcotte RESISTER Dix ans d'actions et de textes pour la libération du Québec Beaucoup plus qu^une librairie! Salle de conlerences et café-resto 2661 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 âUlinCS Contribution suggérée de 5$ Patrick Bourgeois Que Faveur K T£Xî£S Auteur : Patrick Bourgeois Dans ce recueil, Patrick Bourgeois raconte ses années de militantisme.En soi, ce livre constitue une page d'histoire du mouvement indépendantiste, incontournable pour ceux qui en ont plus qu'as-sez des politiciens mièvres qui ne disent jamais vraiment ce qu'ils pensent.Bour geois, lui, ne lait certes pas l'unanimité, mais une chose demeure et c'est qu'il défend toujours ses idées très honnêtement et librement.Une bouffée d'air frais.EN VENTE EN LIBRAIRIES ISBN : 978-2-923365-39-8 300 pages - 25,99$ 0 LES ÉDITIONS DU QUÉBÉCOIS grand golfe essayaient de rivaliser avec celles du Pacifique à Long Beach.Sur le bateau, ça donnait de longues et hautes ondulations dont le mouvement faisait penser à la patiente escalade d’une colline par un char à bœufs, tandis que la coursive bougeait comme un tonneau qui roule sous nos pieds.Ce n’était pas encore Typhon de Conrad, ni même le coup de tabac essuyé à bord du Fort-Min-gan sur le grand banc de Natashquan en 1980, la fois où le quartier-maître tiré à quatre épingles complimentait mon «beau teint vert» avec un sourire amusé.Mais on avait quand même une pensée pour le frein de sécurité du bazou rangé dans les intestins grinçants du ferry.J’ai croisé le cyclo sauvage tandis que je zigzaguais d’une vague à l’autre le long du pont couvert avec mon gobelet de café: du jus de chaussette pour mon pied marin.Ft j’ai mis son beau sourire sur le compte de la vieille habitude qu’ont les voyageurs d’une certaine allure (un peu de barbe en désordre, des vêtements plus griffés par les épines de la rose des vents que par les marques à la mode) de se saluer entre eux.Quand il est venu causer, plus tard, il m’a rappelé qu’on s’était déjà rencontrés, devant le Cabaret de la dernière chance en Abitibi, été 2003, à la Saint-Jean.Il était là-bas pour planter des arbres, moi j’y plantais ce que je pouvais: laitues promises à la dent des lièvres.Il a ajouté qu’on s’était croisés une autre fois, à un lancement au Port de tête.Il s’appelle Martin.Il a déjà fait le tour du monde à vélo.Il a écrit deux livres, dont un intitulé Chemin d’hiver.(Vous voyez bien qu’on est dans une chronique littéraire, ici).Je ne l’ai pas lu.J’espère qu’il va me l’envoyer.Il m’a donné l’impression d’être un voyageur plus occupé à vivre qu’à vendre des livres.Je l’avais vu passer sur son vélo pendant que nous attendions à la queue leu leu sur le quai de Matane.Il arrivait de Gaspé.Fn vélo-camping, comme on disait à l’époque, celle où j’ai tâté de la chose sur mon Appa-lache toujours chargé comme une mule.Martin voyage léger, et plus on lui parle, plus on trouve qu’il voyage léger.Parti de Gaspé, il s’en allait à Natashquan.De là, le Nordic-Express jusqu’à Blanc-Sablon.Fnsuite, il prévoit filer au Labrador, entrer dans les terres à Goose Bay et suivre la Trans-Labrador jusqu’à la Ma- nicouagan, pour boucler l’immense boucle à Baie-Comeau par la 389.Entre-temps, il aura visité ses amis qui vivent dans les parages des monts Grouk, où ils dévorent de gros traités de philosophie dans des cabanes bénéficiant de toutes les commodités qui existaient déjà il y a trois ou quatre siècles.Ét il aura peut-être fait un bout de chemin avec cet ami russe qui s’est donné pour mission de pédaler la boule terrestre en suivant toujours la route passant le plus au nord.Je n’ai pourtant pas pensé à eux quand j’ai croisé, dimanche dernier à Sherbrooke, Jean Charest qui faisait son épicerie au Végétarien.Il ne faut pas se fier au nom: on y trouve de bonnes petites poitrines de poulet de grain et d’excellentes escalopes de veau.Quand j’ai aperçu CharesL il était au rayon des grosses légumes.Des moyens légumes, pour être plus précis.Et en faif c’était une impression tout à fait saisissante que de tomber ainsi, à l’improviste, sur un chef de nation aussi solitaire en apparence, que ce fût par modestie naturelle ou isolement politique.Je me serais attendu, au minimum, à un début d’attroupement, à un peu de cette onde nerveuse et de cette fébrilité contagieuse que propage d’habitude une personnalité aussi connue, et qui annonce sa présence à l’avance et à la ronde, à plus forte raison si elle règne sur un peuple de huit millions d’halpitants.Mais rien de tout cela.A part l’écha-las, probable chauffeur et garde du corps, se tenant un peu en retrait, mon premier ministre se promenait quasiment comme le dernier des quidams, s’entretenant avec une personne à la fois, sans bousculade autour, tout le contraire: comme s’il déplaçait avec lui un vide de quelques mètres de rayon.Qn aurait dit un curé de village profitant de sa saucette pour confesser quelques paroissiens.Ma blonde et moi avons laissé cette occasion de parler du Plan Nord et de nos amis dissidents d’Ekuanitshit et de Mati-mekosh nous filer sous le nez.Mais je n’avais presque rien à vous dire, monsieur le premier ministre, à part ceci: votre projet me fait plus penser à Mirabel qu’à la Baie-James.Vous allez construire les routes et les infrastructures d’abord, et espérer que les compagnies et la volatile conjoncture vont suivre.D’accord.Mais ça s’est déjà vu au Québec, des routes qui ne mènent nulle part.Sauf pour Martin, évidemment.Je voulais lui laisser mon e-mail, mais je n’avais pas de stylo.Il m’a prêté le sien.Tu peux le garder, qu’il m’a dit.Et moi, en le lui rendant: Tu vas peut-être en avoir besoin.lhamelin@uottawa.ca 0 , *• avec Charles Juliet poète, écrivain et dramaturge invité d'honneur du 12^ Festival de la poésie de Montréal animée par Thierry Renard, poète et directeur de l'Espace Pandora le jeudi 26 mai à 17 h 30 librairie Gallimard 3700, Boulevard Saint-Laurent, Montréal Un entretien sur le ton de l’amitié pour parler de poésie, des choix et des goûts de Charles luliet, de ses influences, lui qui pratique le carnet, le récit, la nouvelle.RÉSERVATIONS SVP: ibrairie Gallimard 514.499.2012 librairie@gallimardmontreal.cotn www.gallimardmontreal.com Charles Juliet a publié une trentaine d'ouvrages, tous aux Éditions P.O.L (5 titres en Folio) dont un journal personnel en six tomes, plusieurs recueils de poèmes, deux récits : L'Année de l'éveil et Lambeaux, deux pièces de théâtre et des essais sur des peintres. LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MAI 2011 F 5 LIVRES LITTERATURE FRANÇAISE Petits formats, notes justes On les a tous déjà aimés, Marie NDiaye, Bertrand de la Peine et Jacques Tournier, car ils sont gens de lettres.Leurs derniers-nés tiennent dans la poche.Faciles à lire d’une traite, ils vous accompagneront longtemps.GUYLAINE MASSOUTRE La première, Marie NDiaye, donne Y penser sans cesse, un poème berlinois écrit pour la scène.Accompagnée par les photos du plasticien et performeur Denis Cointe, la romancière et dramaturge campe en deux langues un discours indirect entre une mère et son enfent L’écriture discursive bascule du souvenir au présent, l’adulte redevient enfant, tandis que l’enfant adopte la posture sage.L’une chante, l’autre pas, disait la cinéaste Agnès Varda.NDiaye va et vient sur le thèrne «ouïr ou ne pas ouïr Berlin».A quoi penser, entre obsession et oubli, du temps fragile de l’espoir à l’autre, irréversible, du passé ignominieux?Regardez les enfants jouer; mais comment oublier le drame historique, dans la chambre même où un autre enfant, jadis assassiné parce qu’il était juif, a dormi là — «le petit Wellenstein qui a trouvé refuge dans le cœur de mon enfant>R Ces enfants de l’écrivaine, devenus un peu Allemands aujourd’hui puisque la famille vit à Berlin, ces fils adoptés de Berlin réparent, étrangers à l’histoire, un peu de l’effroi tangible issu du passé.Car comment ne pas sentir planer ce petit être absent dans la touffeur de l’été?Et comment en parler, comment l’expliquer?NDiaye a mis, de sa propre voix, la meilleure part de son être dans ce bref texte intense.Sur la scène de Bordeaux, elle a dit son poème en prose, Y penser sans cesse, alors intitulé Die Dichte (la densité).Sa manière de l’habiter fait peser le poids de chacun des mots.Fraîcheur Seconde perle littéraire, signée Bertrand de la Peine, Bande-son est un roman minimaliste comme on en faisait jadis, au temps des recettes littéraires éprouvées.L’histoire, captivante parce qu’originale et sans prétention, raconte les allers et venues d’un artiste qui enregistre des nano-bruits, ceux des feuilles, des insectes, et jusqu’aux pierres-qui-chantent dans leur madère trouée.C’est mené avec astuce et joliesse.Science-dction douce et mélodieuse, cette tendre apologie de la nature est mise en écho dans une dction où de singulières installations trouvent, par magie, leur public comme en rêve.L’ambiance de féerie tait correspondre aux énigmes, par un jeu de hasards loufoques, des référents réels.La sensorialité inventive, surréelle, de ce conte vient après un premier roman remarqué.Les Hémisphères de Magdebourg (2009).Sourions à nouveau, car voici le monde des découvertes dont nous rêvions entants.FidéUté Troisième trouvaille parmi ces petits bonheurs, voici un livret de souvenirs: Jacques Tournier, fier de ses 88 printemps, l’intitule La Maison de thé.D’un genre convenu, il a fait un exercice d’adresse et de légèreté, puisque ce texte au style enchanteur, adressé à un petit garçon, évoque des acteurs et actrices, des metteurs en scène et des cinéastes qu’il a fréquentés et aimés au cours de sa vie d’écrivain.La plume est si allègre, si charmante, qu’on aimerait rencontrer chacun de ces êtres, si précieux vus des coulisses qu’ils honorent le florilège.11 y a Alain Resnais, Suzanne Flon et François Périer, Robert Redford et John Huston, mais aussi Jane Avril et Toulouse-Lautrec, Car-son McCullers et la famille Fitzgerald, dont il fut traducteur.Comme s’il les invitait à prendre le thé, ils défilent dans ce ballet d’ombres chinoises bien dirigé.Pourquoi l’aimer?Pour l’absence de flonflons et de fanfaronnades, d’ego déplacé.Ce romancier de Noëlle aux quatre vents, dont le feuilleton en 85 épisodes a bercé ma jeunesse, était alors connu sous le pseudonyme de Dominique de Saint-Al-ban.Jacques Tournier n’y fait pas allusion, évidant sa vie comme un bois gravé.Un trait noir est ainsi tracé, et des mots généreux en suivent les courbes; les pensées font revenir fantômes ou disparus.Peu importe qu’on les ait ou non connus: ils glissent entre les pages en ribambelles, pour mieux s’échapper.Et ils courent toujours.Collaboratrice du Devoir Y PENSER SANS CESSE Marie NDiaye FArbre vengeur Talence, 2011,111 pages BANDE-SON Bertrand de la Peine Minuit Paris, 2011,123 pages LA MAISON DE THÉ Jacques Tournier Seuü Paris, 2011,85 pages POLAR Un sale parfum d’argent Le plus récent John le Carré est un livre profond, humain et remarquable MICHEL BELAIR Plusieurs considèrent John le Carré comme un des romanciers les plps importants du XX" siècle.Étudiant à Oxford, professeur à Eton, membre du Foreign Office et des services de renseignement de Sa Majesté britannique, cet homme qui publie son 22" roman à l’âge de 80 ans est, pour le moins, un témoin privilégié de notre époque.Depuis la publication de sa série des Smiley puis de L’homme qui venait du froid, on le voit souvent comme un des meilleurs analystes pour saisir les grands enjeux déchirant la planète depuis l’avènement de ce que l’on a appelé la guerre froide.Au cours des dernières années, les livres de le Carré se sont centrés sur les «dommages collatéraux» engendrés par la création des grands ensembles planétaires, qu’ils soient politiques, économiques ou idéologiques.C’est chez le Carré, par exemple, que l’on a pu comprendre clairement, au-delà de l’horreur des enfants soldats, l’implication des spéculateurs internationaux dans les guerres du Kivu {Le Chant de la mission).Chez lui aussi, bien avant les enquêtes officielles sur le sujet, que l’on a saisi les intérêts cachés de certains grands conglomérats pharmaceutiques en Afrique {La Constance du jardinier).Voici maintenant que le Carré nous propose une histoire particulièrement tordue sur la corruption et le pouvoir de l’argent, même sale.Tout débute de façon plutôt élégante, légère, autour d’un court de tennis, avec deux MARTIN BUREAU AFP L’écrivain britannique John le Carré publie son 22" roman, Un traître à notre goût jeunes Anglais en vacances dans les Caraïbes, Perry et Gail.Lors de ce presque voyage de noces, ils rencontrent l’étrange et attachante smala d’un milliardaire russe.qui se révèle être un grand bonze de la mafia, amateur de tennis: Dima.Ce personnage fabuleux tout droit sorti du goulag vit selon un code d’honneur rigoureux qui l’amène, dit-il, à confier aux jeunes Anglais des choses qu’ils ne devraient pas savoir.En fait, Dima est piégé et cherche clairement à sauver sa peau et celle de sa famille avec ses «révélations».De retour à Londres, Perry et Gail seront happés rapidement dans une spirale frénétique qui les amènera à se mettre en contact avec les services secrets britanniques.qui mettront beaucoup de temps à se montrer intéressés par les révélations du «gros poisson» russe.Pourtant, on parle ici de sommes d’argent colossales menaçant de se retrouver investies et blanchies en plein cœur d’une City qui, comme par hasard, est aux prises avec la terrible récession que l’on connaît.Comme d’habitude, l’analyse de le Carré est pénétrante, dévastatrice même; on se demande quand un grand groupe financier international se fera prendre les poches pleines d’argent blanchi.L’intrigue nous fera passer par les Internationaux de tennis de Roland-Garros, puis nous amènera au fin fond des Alpes suisses, et le dénouement sera terrible, on vous prévient.Mais ce qui frappe encore plus dans Un traître à notre goût, c’est l’élégance de la langue de John le Carré, rendue dans ses moindres nuances par une traductrice éclairée.On sera touché par les personnages du roman: Dima et Hector, un officier des services de renseignement britanniques, sont des personnages épiques.Gail et Perry, tout comme les membres de la famille de Dima, sont attachants jusqu’à la fin.C’est tout cela à la fois — la profondeur de l’analyse, la vérité des personnages et la qualité de la langue — qui fait du plus récent John le Carré un livre profond, humain, remarquable.Le Devoir UN TRAITRE À NOTRE GOÛT John le Carré Traduit de l’anglais par Isabelle Perrin Seuil Paris, 2011,373 pages LITTERATURE ETRANGERE Au scalpel GUYLAINE MASSOUTRE Née à Genève en 1961, Pascale Kramer avait écrit un ouvrage déstabilisant sur l’absence du sentiment maternel dans L’Implacable Brutalité du réveil (2009).Un homme ébranlé raconte le cancer de Claude, un homme atteint du cancer du poumon, l’érosion de sa maladie, sa vie qui s’étiole dans les nausées et sa colère contre l’agonie montante.Simone, sa compagne, a elle aussi envie de fuir le monde plus que de l’accompagner.Mais un petit garçon de dix ans arrive dans le paysage froid de banlieue où se passe l’action et le face à face, tant des uns et des autres qu’avec la mort.Dans un tourbillon d’émotions contenues, sise au cœur des destructions environnantes, Kramer laisse planer la re- cherche d’une salvation, qui n’arrive jamais.Récit court et anxiogène, sans dialogue, d’une vie privée qui se défait au milieu d’une cité sordide, Kramer pose la question de savoir comment affronter la responsabilité de laisser un enfant et la dernière chance qu’est peut-être cette réfrigérante maladie.Le style est dur et sec, obsessif, et tire au centre de la cible.Ce bref roman s’apparente au genre de la nouvelle, de la novella, tant le réalisme est incisif: les personnages sont tristes comme le corps anguleux de Claude, qui étreint malgré lui l’impuissante amertume de son supplice.Collaboratrice du Devoir UN HOMME ÉBRANLÉ Pascal Kramer Mercure de France Paris, 2011,133 pages LA LITTERATURE QUEBECOISE VOUS PASSIONNE?ABONNEZ-VOUS A lettres québécoises Entrevues, portraits d’auteurs, critiques et comptes rendus de romans, de recueils de nouvelles et de poésie, d’essais et plus 1 1 AN/4 NUMEROS INDIVIDU INSTITUTION Canada 30$ Canada 40$ États-Unis 45$ États-Unis 60$ Étranger 60$ Étranger 80$ 2 ANS/8 NUMÉROS INDIVIDU INSTITUTION Canada 50$ Canada 70$ États-Unis 75$ États-Unis 100$ Étranger 100$ Étranger 135$ 3 ANS/12 NUMÉROS INDIVIDU Canada 72$ INSTITUTION Canada 95$ Quebec ran Nom CanadS S> y' États-Unis 108$ États-Unis 144$ Étranger 144$ Étranger 192$ Les prb( sont toutes taxes comprises et sont sujets t changement sans préavis.Adresse Ville Code postal Tel.Courriel Ci-joint Q Chèque ü Visa Q Mastercard N" Exp.Signature Date ATTENTION : SVP libeller votre chèque à : SODEP / Lettres québécoises RETOURNERA: SODEP • Service d’abonnement • Lettres québécoises C.P.160, suce.Place d’Armes, Montréal (Québec) H2Y 3E9 tel.: 514-397-8670 • téléc.: 514-397-6887 • abonnement@sodep.qc.ca ill' (UuUjov Au> â/v iûj âjv yVljyMbUcJL, iMcx*aSui^ lo' ooigy iUnjpiJji âjv yi/\aAjileb\A' 'TJjov btanaiMii’ Alo ébv tefr^gu^ni’ it Aiv Ioj ynztrjyiHjv, éLargy tuv (uÆoj^ ébv yig tivgjtefy.'Itl/tiM' e*v !yah^Jl' yyiojùdtoj Jeudi le 26 mai à 19h30 Grande Bibliothèque (475, bout De Maisonneuve Est, métro Berri-UQAM) l’HEXAGONE editionshexagone.com 1 2' FBSTjVALJ^j^PoésiU h FïhnUhMji ^on ALLEZ ZOU! Jeudi 26 mai 2011, 20 h 30 CASAD’ITALIA 505, rue Jean-Talon Est (métro Jean-Talon) Des poètes de l’Acadie, de l’Ontario et du Québec ont votre bonheur comme mandat AVEC LES POÈTES François Baril Pelletier Rose Després Chantal DesRochers Daniel Dugas Xavier Jacob Andrée Lacelle ANIMATION Bertrand Laverdure MUSIQUE Francis Brunet Turcotte Venez également rencontrer les poètes et découvrir leurs œuvres au stand du RECF sous le chapiteau du Festival de la poésie, du 26 au 29 mai 2011.Un partenariat de ia Maison de la poésie et du Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF) avec le concours du Secrétariat des affaires intergouvemementales canadiennes (SAlC).^RECF MAISONdOla HifcfBoovemainentato POESIE “^QuébeeSe F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 MAI 2011 ESSAIS ESSAIS QUEBECOIS La science de demain : rêve ou cauchemar ?Louis Cornellier La science et ses potentielles applications technologiques ont longtemps fait rêver.Elles portaient des promesses de puissance humaine et de victoire contre les aléas et inconvénients de la vie.L’ombre de Frankenstein n’était jamais loin, mais la figure d’un Pro-méthée bienveillant, dévoué à libérer les humains de la tyrannie de la matière, dominait.Est-ce la bombe H qui a tout changé?Elle marque en tout cas une prise de conscience: la science et la technologie sont des créations humaines qui peuvent se retourner contre les humains.Aujourd’hui, devant les OGM ou l’énergie nucléaire, ce sentiment de jouer avec le feu nous tourmente.Et si la quête scientifique, toujours récupérée par le marché sous sa forme technologique, préparait notre perte?Journaliste scientifique, Mathieu-Robert Sauvé connaît cette crainte.«La science est empreinte de pessimisme après avoir longtemps suscité des espoirs démesurés, écrit-il.Quand on se projette dans le futur, des images apocalyptiques nous envahissent.L’avenir ne fait plus rêver.Ou c’est un cauchemar.» La recherche, néanmoins, se poursuit, plus intensément que jamais, et continue de porter des promesses, malgré les doutes qu’elle suscite.La science fait peur, c’est vrai, mais fascine toujours.Mathieu-Robert Sauvé a voulu, à l’incitation de la radio de Radio-Canada, aller voir ce qu’elle LE nous réserve pour les années à venir.En 17 chapitres qui abordent autant de thèmes distincts.Le Futur prêt-à-porter.Comment la science va changer nos vies explore des avancées scientifiques susceptibles de modifier notre rapport au monde.Sauvé se fait donc futurologue, mais non sans une certaine prudence, comme le souligne son préfacier, Pierre Chaste-nay.«Loin de nous projeter dans un avenir de science-fiction dont on se gaussera dans un siècle 1.1, Sauvé s’appuie au contraire sur une documentation solide pour étayer une vision de l’avenir proche qui, qu’elle nous réjouisse ou nous désole, n’en est pas moins plausible et intrigante» , écrit l’astrophysicien.Il ne s’agit pas, dans cette démarche, que de nous informer de ce qui vient, mais aussi de nous inviter à nous en mêler.L’anticipation, explique le journaliste, «est un travail qui peut servir à construire un encadrement éthique ou à poser, dans les secteurs les plus risqués, le principe de précaution.» Faut-il se réjouir, par exemple, de la conception d’un utérus artificiel qui permettrait de créer des humains en laboratoire, une possibilité scientifique qui pourrait se concrétiser d’ici 10 à 30 ans?Cet utérus permettrait de mieux gérer les complications liées à la grossesse, d’éviter le recours aux mères porteuses et contribuerait même, selon certaines féministes, à la libération de la femme.La sociologue québécoise Sylvie Martin a des réserves.«D’où vient, demande-t-elle, cette volonté de se débarrasser du corps de la femme?» Que fait-on, dans ce processus, des liens affectifs liant la mère à l’enfant qui se développent durant la gestation et au moment de la naissance?Expérience humaine à la fois exaltante et remplie d’obstacles, la sexualité est aussi sous la loupe FUTUR PRÊT-À-PORTER des scientifiques.Des futurologues cités par Sauvé annoncent que, bientôt, «les humains auront des relations sexuelles complètes et satisfaisantes avec des objets issus de la technologie», comme d’irrésistibles poupées de silicone.David Levy, spécialiste britannique de l’intelligence artificielle, croit même que les robots «vont évoluer jusqu’à devenir des partenaires amoureux exceptionnels».D’autres chercheurs affirment toutefois que «même les plus perfectionnés des robots n’arrivent pas à s’adapter aisément à un élément imprévu».On peut donc s’attendre à des relations amoureuses robots-humains orageuses! Blague à part, cette affaire soulève des questions éthiques.«Faudra-t-il imaginer, demande Sauvé, des robots enfants qui plairont aux pédophiles?» En attendant, des scientifiques prétendent avoir mis au point la «Viagrette», une molécule visant à accroître la libido chez la femme en lui jouant dans le cerveau.«Conjecture précoce», conclut le British Medical Journal, selon lequel ce médicament miracle n’existe toujours pas.En médecine, l’arrivée du traitement personnalisé serait imminente, grâce aux avancées de la génomique.Chaque patient subirait un test génétique qui permettrait de prévoir sa réaction à divers médicaments.Les nutraceutiques, ces aliments qui allient nourriture et médicaments, ont aussi le vent dans les voiles.Prudence, lancent toutefois les éthiciens Béatrice Godard et Thierry Hurlimann devant ce marché en développement accéléré.Leur groupe de recherche, rapporte Sauvé, «a examiné plus de 200 articles scientifiques et n’a rien trouvé permettant de déclarer qu’un aliment consommé régulièrement aurait un effet curatif sur telle ou telle affection».Les sportifs qui souhaitent gagner des médailles olympiques ne pour- ront donc pas se contenter de manger des bleuets et devront continuer à tricher, notamment en s’exposant à la thérapie génique.En matière de communication, la science, depuis quelques années, n’a pas déçu, suggère Sauvé.Même s’il prévoit l’échec de la télé en 3D, le journaliste prédit un bel avenir aux productions audiovisuelles.La télévision traditionnelle s’éteindra, écrit-il, mais les émissions seront regardées sur ordinateur et s’agrémenteront de fonctions encyclopédiques, se réjouit Sauvé, qui semble croire que les gens voudront désormais apprendre en écoutant Lfô Tudor.L’écriture, quant à elle, n’est pas près de disparaître, même si le support papier devra partager l’espace avec les supports électroniques.Le développement d’Internet et des réseaux sociaux, selon les spécialistes consultés par Sauvé, contribuera à la démocratie en permettant une meilleure circulation de l’information.Ainsi, le renversement de Ben Ali «aurait été impossible sans les réseaux sociaux».On se demande bien, en lisant une telle idée technophile, comment les révolutionnaires d’hier faisaient.Avec prudence, donc, mais au risque de se tromper, Mathieu-Robert Sauvé essaie de nous dire où la science s’en va.«Reste à savoir si c’est bel et bien là que nous voulons aller individuellement et collectivement», rappelle avec raison Pierre Chastenay.louisco@sympatico.ca LE FUTUR PRÊT-À-PORTER Comment la science va changer nos vies Mathieu-Robert Sauvé Préface de Pierre Chastenay Multimondes Québec, 2011,148 pages Hans-Georg Gadamer, 1900-2002 La biographie d’un géant GEORGES LEROUX Contemporain et grand ami de Raymond Klibansky, dont il était l’aîné de cinq ans, Hans-Georg Gadamer a partagé avec lui les peines et les joies d’une exceptionnelle longévité: né en 1900, il est décédé à Tâge vénérable de 102 ans.Tous deux attachés à Heidelberg, ils connurent cependant des destins très différents.Juif allemand, Klibansky dut s’exiler dès 1933.Installé à Londres durant la guerre, il choisit Montréal comme patrie d’adoption en 1946 et, tout en voyageant beaucoup, y demeura jusqu’à sa mort en 2005.Gadamer vécut en Allemagne et il n’en sortit que tardivement, pour des tournées d’enseignement et de conférences, notamment au Canada.Il traversa la période nazie sans participer à l’épuration des universités et il maintint, durant la guerre autant qu’après, une attitude de résistance passive qui lui donna ensuite une grande autorité morale.La lecture de sa brève autobiographie parue en 1977 (Mes années d’apprentissage philosophique, trad, fr., 1992) pouvait laisser insatisfaits ceux qui voulaient comprendre comment un élève aussi proche de Martin Heidegger avait pu, non seulement choisir un autre chemin, mais surtout ne pas être inquiété par le régime.Ce mémoire empreint de modestie et de réserve ne pouvait répondre à toutes les questions et il faut être reconnaissant à Jean Grondin, dans la riche biographie de son maître, parue en allemand en 1999 et maintenant accessible en français, de n’en avoir évité aucune.Méticuleusement documentée, cette biographie est à la fois une traversée de l’histoire de la culture, durant un siècle marqué par la terreur, et un retour sur la crise de la pensée allemande, associée intimement depuis Hegel et Fichte à l’histoire politique.Le premier mérite de Jean Grondin, lui-même philosophe et interprè- te reconnu de la pensée de Gadamer, est d’avoir accepté de fouiller par le menu cette histoire.À ceux qui seraient tentés de lui reprocher un intérêt excessif pour la politique universitaire, il faut répondre que cette enquête était essentielle: la question de la culpabilité des intellectuels, et en particulier des professeurs, dans la soumission à l’appareil nazi est une des plus difficiles qui soient La recherche des exceptions héroïques, comme celle fournie par Kurt Huber, un professeur de philosophie de Munich qui inspira le mouvement de la Rose blanche et fut exécuté en 1942, ne dispense pas de comprendre l’histoire vécue au quotidien dans les universités.Jean Grondin fait voir, par exemple, que même le choix d’un thème pour un cours pouvait avoir des répercussions directes: ce fut le cas pour Gadamer, qui non seulement ne se compromit jamais avec l’idéologie nazie et s’éloigna de Heidegger pendant plusieurs années, mais présenta un enseignement dans lequel tous ses auditeurs reconnaissaient une position de résistance.Sa participation à des cercles proches de ceux qui participèrent au complot de juillet 1944 montre assez les risques qu’il prit durant ces années terribles.La lente éclosion d’une pensée Formé dans la grande tradition classique, Gadamer grandit à Breslau.Son éducation fut influencée par la pensée du cercle de Stefan George.Comme Klibansky, il se passionna pour l’œuvre du poète indien Tagore, qu’il rencontra lors de ses études avec Paul Natorp à Marbourg en 1921.Ce détail a son importance, car il signale l’intérêt de Gadamer pour la poésie, où il pensa d’abord s’engager.Mais ses études à Marbourg, entre 1919 et 1923, lui permirent de rencontrer des philosophes comme Nicolai Hartmann et Martin Heidegger.La richesse intellectuelle de la vie universitaire durant la période de Weimar est éblouissante; pensons seulement aux grandes figures de Karl Reinhardt, de Ludwig Curtius.Mais c’est auprès de Heidegger que le jeune Gadamer confirma sa vocation philosophique.Jean Grondin montre la lente éclosion de sa pensée et les racines multiples de ce qui allait devenir le thème central de ses travaux: l’interprétation, l’herméneutique.Heidegger ne reconnut pas tout de suite le génie de son étudiant et Gadamer pensa s’orienter vers la philologie grecque.Il dut cependant à ce détour de pouvoir approfondir les sources de sa pensée, comme on le constate en lisant son chef-d’œuvre, Vérité et méthode, paru en 1960.Dialoguant avec Platon et Hegel, Gadamer s’y révèle le critique profond de TiÙusion systématique de la pensée allemande.En cela, il apparaît, avant Habermas avec qui il a développé un débat important, comme le premier penseur démocratique allemand.La phrase qui le présente comme un philosophe urbanisé libA rant la pensée allemande de son provincialisme est peut-être une boutade, elle n’en illustre pas moins les qualités d’ouverture au débat et l’engagement dans le dialogue qui peut être considéré comme le fruit le plus riche de l’herméneutique.Les rencontres avec Jacques Derrida, malgré tant de non-dits, et en particulier sur Paul Celan, en témoignent Pour préparer cette biographie, Jean Grondin a pu compter sur le soutien de Gadamer lui-même, mais il a su, dans son récit, nuancer ce témoignage.Sa r^ cherche ne laisse d’impressionner, par sa rigueur, par son abondance, par sa sensibilité philosophique exceptionnelle.Plusieurs épisodes demeurent troublants, on pense à cette conférence de Gadamer sur Herder et l’esprit national, dans Paris occupé.Ernst Jünger était-il dans la salle?Mais au-delà de ce récit com- plexe et soucieux de présenter un regard juste, il y a surtout le portrait moral d’un homme dont l’intégrité était d’abord soutenue par une responsabilité de penser le présent, de comprendre l’événement même de l’histoire.L’héritage de Gadamer, tout en étant moins radical, est en ce sens peut-être plus actuel que celui de son maître Heidegger, dans la mesure où il s’adresse à l’expérience ordinaire du sens, à la tâche même du dialogue.Collaborateur du Devoir HANS-GEORG GADAMER Une biographie Jean Grondin Grasset Paris, 2011,535 pages puacA MARCEL BRISEBOIS ET LE MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL (1985-2004) Bernard Chassé et Laurent Lapierre Afin de révéler les principes de gestion du Musée d'art contemporain de Montréal, profondément marquée par la personnalité de son ancien directeur, les auteurs nous livrent la biographie de Marcel Brisebois.Ils mettent en lumière sa volonté acharnée de constituer une collection d'importance et son désir d'ouvrir l'institution au plus large public possible.MARCEL BRISEBOIS et le Musée d'art contemporain de Montréal (1985-2004) BERNARD CHASSE ET LAURENT LAPIERRE 144 pages Presses de l'Université du Québec < Emile TION N E LL I GAN PRIX Émile-Nelligan NOMINATION DE MICHEL GONNEVILLE La Fondation Émile-NelIigan a le plaisir d’annoncer la nomination du compositeur émérite et lauréat du prix Serge-Garant (1994) Michel GonneviUe à son conseil d’administration.Il succède ainsi à Gilles Tremblay qui doit se retirer pour des raisons de santé.Les membres du conseil d’administration Michel Dallaire et Marie-Andrée Beaudet tiennent à remercier chalemeusement Gilles Tremblay et à lui exprimer leur plus vive reconnaissance pour sa longue et précieuse présence au sein du conseil d’administration.Félicitations au lauréat 2010 LE D.BüRfilülRE Ü£6 ANGES PHILIPPE MORE, Le laboratoire des anges, Poètes de brousse FRÉDÉRIC MARCOTTE ÉVANGILE LES HERBES ROUGES / POÉSIE T t LES OCCIDENTALES FRÉDÉRIC MARCOTTE, Évangile, Les Herbes rouges MAGGIE ROUSSEL, Les occidentales, Le Quartanier http://puq.ca/catalogue/livres/marcel-brisebois-musee-art-contemporain-montreal-5605.html
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