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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-06-25, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 CINEMA Un grand film chinois controversé - sur un massacre japonais ' Page E 4 V •/ < / //'¦A' ^ % / festival DE 'ÆlK&AL Hugh Masekela ' La voie de l’héritage 1 K- YVES bernard C% est le conteur / qui chante avec des tripes de gospel, le jazzman qui raconte Ltebughstedes — Saaptintlafresque lapins ïSSanîederAfridued^^^^^^^ «a terre natale, ou il est revenu en 1991 après trois decenni d’exil.PHOTO COURTOISIE FI JM Le rôle de la musique Stae drcSSSdi 8» ftlms et de pieces de ideaire- En Afrique du Sud, ^ of Migration obtient -h rip •succès j’y chante beaucoup de jJ n„pr une chorale de quatorze hersonnes.Je crée également des musicals.Chez nous, la musique ^est toujours avérée le iLntiel pour la transmission de mSmation;ilestdonctresfa-Éde susciter de tels Pmris.Militant anh-apartheM de m KS'pïSSde *¦ oaru en 2002 et auquel Masek^ narSipé, a démontre jus-nu’à quel point les chansons de liberté ont contribué au renver- cpment des années dures ue ïCSrdd.De quelle maniéré minee et les gen^ i-y maintenant à PoPos de touUi_ de rien.On est libres depuis aix sebtans, plusieurs grandes pro- mais les gens ten , Ihansons de notre heritage- Je fuTvun des seuls qui s’ifer s- sent à cela et je ne peux prédire rila tendance s’inverfra.Ft quel message 1 arbste ue sire-t-il laisser à la suis pas obsède par la jlunesse parce que Us maux de notrefcide affec tent tous lesgroufs d age>^ '""îlsTavè Rau.la terre ^ la musique par i ffaUf abusive de la technologie Po» Zus devons au moins demeurer conscients du problème que TurSl^TuS'epu'iUVa réallsé^ «Il ne s agit SkSeZtfetÉlif aux jeunes de se définir.Tondent: nous avons déjà ete Africains, H P pZPla rt publicité, la tochnologfet lan Ueion ont convaincu les :>ua Africains que leur heritage désuet, primitif et païen.» VOIR PAGE E 2: MASEKELA ! LITTERATURE Lire de nuit avec Philippe Haeck Page E 8 à ivres l lAii:-— Lundi soir, le musicien devenu célèbre avec les Grazing in the Grass ^ Up Up QtAway s’arrête au Club Soda avec son entrain de septuagénaire et une bonne dose de sagesse 1, .y •>W\ f ¦ r ¦ -.*v» - • , -J E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 CULTURE Gavés de 3D T Odile Tremblay ême si les premières expériences dataient des années 50, le cinéma en trois dimensions a longtemps rimé pour moi avec écran géant.Dès le début de la décennie 1990, je me farcissais, dans le cinéma Imax du Vieux-Port, des documentaires qui m’entraînaient en pleins abîmes océaniques.Plongeon en avion dans le Grand Canyon, visite de l’épave engloutie du Titanic ou, dans le plus insolite des cas, concert des Rolling Stones.«Comme si vous y étiez», assurait la promo.C’était un peu vrai.Calée dans mon siège, pour mieux vivre le bain d’immersion derrière les lunettes idoines, livrée aux sensations fortes comme sur les pion-tagnes russes.Plaisir coupable?Un peu.Etait-ce du cinéma ou autre chose?Le jeu laissait étourdi et gavé d’images.Pourquoi pas?Est-ce qu’on devient blasé?A croire que oui.Car l’éclatement du genre, ces dernières années, a assouvi nos petites ivresses.On a trop vu de films en 3D, un procédé, veux veux pas, limité.La frénésie du relief qui culmina en 2009 asrecAvatar de James Cameron perd du terrain.Cette semaine, je suis allée voir l’animation Cars 2 {Les Bagnoles 2) de John Lasseter, dans la nouvelle salle Imax équipée 3D du Eorum AMC.Il faut dire que le premier Cars en 2006, tout simple et touchant avec ses autos à mimiques humaines, dégageait un charme fou.Cette suite, sur une intrigue compliquée, s’offre un petit tour du monde et dilue ses émotions.Dommage! Du moins, les effets 3D sont bien utilisés, pas trop racoleurs, même si à l’atterrissage les sensations fortes s’émoussent en douce.Eini, l’effet de surprise.C’est bien pour dire: plus le bassin de salles équipées en Amérique du Nord et ailleurs pour le 3D augmente, moins les spectateurs ont envie de s’en prévaloir.Ça hausse le coût du billet et, comme les gens s’y rendent en famille.Les productions en relief se démultiplient, encore, faut pas croire — même au Québec, Eric Tessier entamera en janvier prochain le tournage de Pee-Wee, un film sur le hockey en 3D —, mais la vogue s’essouffle du côté de la demande.Le bon côté de la chose, c’est ce bassin de salles converties au numérique, servant aussi les productions indépendantes tournées à peu de frais.Mais le but premier de ces conversions fut de dérouler le tapis rouge au 3D.L’influent critique américain Ebert Egbert du Chicago Sun-Times grogne depuis longtemps contre cette technique, si onéreuse pour le spectateur, qui procure à tout un chacun nausées et migraines.Les animations, les grosses productions à effets spéciaux y ont trouvé à boire et à manger.Pas les films dramatiques de haut niveau, sans pétarades, explosions ou objets à tirer sur le nez du client, qui ne gagnent rien à arpenter ce champ-là.Egbert balaie le 3D comme effet de mode, voué à l’éphémère.Il n’est pas le seul et il n’a pas tort.D’ailleurs, Holljrwood, qui a mis trop d’œufs dans ce panier-là, s’arrache les cheveux.De plus en plus de spectateurs rechignent à payer pour l’expérience en trois dimensions et préfèrent s’offrir la version du même film en mode traditionnel.Il faut aussi blâmer la paresse des studios.Rares sont les cinéastes qui tournent en 3D comme le fit Cameron pour Avatar.Ses émules, en bons opportunistes fleurant le pactole, ont opté souvent pour le moindre effort, ni vu ni connu.Ils tournent en deux dimensions, en rajoutent une à l’heure de la postproduction, comme Tim Burton avec Alice in Wonderlands.Et hop là! Sauf que ça paraît.Certains de ces fdms offrent si peu d’effets en relief que le public brûle d’envie de crier à l’at-trape-nigaud.Ce fut le cas avec Hoodwincked, la véritable histoire du Chaperon rouge.Idem SOURCE WARNER BROS.PICTURES Green Lantern, film en 3D de Martin Campbell actuellement à l’affiche pour les derniers volets de Pirates des Caraïbes et de Kung Fu Panda.Les précédentes versions de ces films, qui glanaient 50 % de leurs recettes au 3D, peinent désormais à atteindre ainsi la barre du 40 %.Autant le voir en 2D, pour ce que ça change, ont vite compris, pas bêtes, les amateurs de fdms de divertissement.Même Green Lantern, qui vient de gagner les écrans, fonctionne mieux en deux dimensions qu’en trois.Tout gadget se voit par nature déclassé par un autre.La course du rat commande d’innover sans répit.Haut les cœurs! Les fauteuils vibrants, les souffleries, les brumatisateurs et autres gracieusetés toniques deviennent les nouvelles sirènes jetées à l’eau par l’Amérique pour appâter le client.Mais entre vous et moi, on s’en lassera aussi.Prochaine étape: éliminer les lunettes.Plusieurs s’y affairent au Japon, en Prance et ailleurs.Oui, mais encore.J’ai l’impression qu’Hollywood, leader en matière d’innovations minute, devrait revenir aux bonnes vieilles techniques éprouvées en son âge d’or: un bon scénario, un œil de cinéaste, des performances d’acteurs.Rêvons, mes frères.Là-dessus, notez que cette chronique s’interrompt pour cinq semaines.Bonnes vacances à tous! otremblay@ledevoir.corn MASEKELA SUITE DE LA PAGE E 1 Quel regard porte-t-il sur la réalité politique de son pays?«On ne se fait plus arrêter par la police et on peut demeurer où on veut.Mais le pays ne nous appartient pas.L’establishment qui était l’ami du régime de l’apartheid est devenu l’ami de tous.Seules quelques personnes font de l’argent, pendant que les autres sont devenus de simples consommateurs.» La production de Masekela est abondante et très diversi- fiée.Dans Phola, le plus récent opus qu’il a fait paraître en Amérique du Nord, il explore des grooves plus tranquilles.En dépit d’une présence marquée des musiques sud-africaines qu’il ne renie jamais, il ne s’agit pas de son album le plus excitant.Pour du grand Masekela, il faut peut-être s’en remettre à son tout nouveau Ja-bulani, inspiré par une collection de veilles chansons de mariage, mais surtout à Live at the Market Theatre, le fabuleux double album livré en 2007.a" Hydro Québec présente Le Festival iNTERNAnONAL DU et) DU 25 JUIN AU 4 SEPTEMBRE 2011 Un festival ouvert sur le monde.LE FESTIVAL INTERNATIONAL CB SOIR, 25 juin à 20 h Concert d’ouverture du Festival avec Bernard Labadie, les Violons du Roy et.Mozart! Marie-Andrée Benny, flûte Valérie Milot, harpe Mercredi 29 juin à 20 h Passionnément.flamenco! Les soirées jazz Caroline Planté, guitare flamenco Mariano Cruceta, danseur et leurs musiciens scdrêe >// ^Desjardins Jeudi 30 juin à 20 h Les grands solistes Le guitariste cubain Manuel Barrueco est de retour au Domaine Forget après 15 ans d’absence! Samedi 2 juillet à 20 h Le Domaine danse Les Ballets Jazz de Montréal 3 chorégraphies enlevantes à découvrir! LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l’été! 26 juin : Les grands classiques du monde I 3 Juillet : Zestango INFORMATION ET RÉSERVATIONS 1 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com Une imposante mémoire Tout y est: le jazz spirituel des townships, le soul jazz inspiré, les chants tribaux saisissants, la voix éraillée qui dialogue avec les chœurs et la foule, le mbaqanga plus dansant, le rappel au blues et aux autres grandes musiques africaines, l’afrobeat à la sud-africaine, le conte historique ou politique, l’invocation aux dieux pour cimenter le continent, les hymnes populaires, quelques grands succès internationaux, les louanges aux déshérités, les hommages à Mandela et à Dorothy Masu-ka, autre grande pionnière de la chanson avec Miriam Ma-keba, son ex-épouse.En concert, on a affaire à tout un personnage et le spectacle qu’il avait offert à La Tulipe en 2007 nous l’avait rappelé éloquemment.En se souvenant des victimes du Darfour, il chantait de façon intime avec une sorte d’éclatement ponctué de petits cris et parfois de beaucoup de théâtralité.Son chant rejoignait les hauteurs, pénétrait la poésie orale rythmée, devenait plus éraillé.Il se faisait très jazz avec le son métallique de la clave ou plus léger en écho aux Antilles.C’était pourtant homogène, mordant, pénétrant.Et aussi très drôle: «On vous voit à la télé avec vos parties de hockey, vous jouez les durs, mais attention, les Africains sont en ville», badinait-il.Il est devenu célèbre avec les Grazing in the Grass, Up Up et Away.Il fut du festival pop de Monterrey et de la tournée de Graceland avec Paul Simon.Il porte aujourd’hui une imposante mémoire.Collaborateur du Devoir HUGH MASEKELA Au Club Soda, lundi 27 juin à 19h.Renseignements: 514 286-1010, montrealjazsfest.corn FUM L’intimité, version vedette C’est la première fois que Diana Krall se produit en solo, un art qu’elle n’a pour ainsi dire jamais pratiqué GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Quand elle est venue présenter la grille horaire du Eestival de jazz aux journalistes du Devoir, l’équipe du EIJM a eu cette phrase concernant la chanteuse Emilie-Claire Bar-low: «On prend un gros pari: on lui donne le théâtre Maisonneuve.» L’immense théâtre Maisonneuve.Quelque 1500 places.La consécration.N’empêche: dix minutes plus tard, la même salle était devenue un temple de l’intime.La différence?Diana Krall.Quand Diana Krall se produit au théâtre Maisonneuve, c’est un spectacle intime — elle a quand même fait le Centre Bell en 2004.Mais quand Bar-low ou quelqu’un d’autre tente cette même salle, c’est un risque, une audace, deux doigts croisés.1500 places: une petite folie de producteur.Pour Diana Krall, la femme qui vend des Rolex et des Lexus, c’est le summum du rien du tout.Mentionnons tout de même que, pour accommoder l’intimité de la plus célèbre blonde du jazz, le EIJM a dû programmer trois soirs de ce spectacle solo-piano unique.Trois fois 1500, bien sûr, puisque tout est déjà vendu.Comment pourrait-il en être autrement quand on a écoulé près de 15 millions de disques — dont huit titres ayant débuté directement au premier rang du Billboard —, gagné trois prix Grammy et une pleine cheminée de Juno?Progression Diana Krall connaît bien les scènes montréalaises, et le EIJM.Après tout, elle a enregistré chez Justin Time avant de Québec Si Patrimoine Canadian canadien Heritage Encore quelques places pour.Dimanche 24 juillet SAINT-BENOÎT-DU-LAC et ORFORD Visite de l’abbaye et concert au Centre d’arts Samedi 30 Juillet Une belle Journée à la campagne! MARIE-VICTORIN, sa vie, son pays.Du 11 au 14 août SUR LES RIVES DE L’HUDSON Jeudi 20 octobre Exposition ROME, DES ORIGINES À LA CAPITALE D’ITALIE au Musée de la civilisation de Québec Lesr peaux Aetours CIRCUITS •/* CULTURELS www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont N ./-'T SOURCE EIJM Diana Krall connaît bien les scènes montréalaises, et le FUM.Après tout, elle a enregistré chez Justin Time avant de devenir l’égérie de Verve.devenir l’égérie de Verve.Au Eestival, on compte ainsi une vingtaine de ses spectacles, dont dix à sa première présence en 1995.C’était l’époque Nat King Cole, qui entoura la sortie d’un de ses meilleurs disques, AU For You: jeu impeccable au piano, swing omniprésent, fluide et assuré, et déjà la voix qui touchait juste.Du Cabaret Juste pour rire, elle passa ensuite au Spectrum en 1996, puis à Maisonneuve en 1997, pour aboutir à Wilfrid-Pelletier (1998, 2001 et 2009), au Saint-Denis (en 1999, avec 30 musiciens, pour la sortie de son mégasuccès When I Look in Your Pyes) et au Centre Bell.Mais c’est la première fois qu’elle se produit en solo, un art qu’elle n’a pour ainsi dire jamais pratiqué.André Ménard lui a offert à peu près tous les formats d’expression possible pour son retour en 2011 — notamment la série Invitation, et c’est Krall qui a choisi l’inconnu de l’expression soliloque.Elle en fera quoi?Mystère, puisque aucune entrevue ou conférence de presse n’était prévue aux dernières nou- velles.Le cadre permet toutefois d’espérer un spectacle aux couleurs plus franchement jazz que pop.Qu peut présumer qu’il y aura plus de The Girl in the Other Room (magnifique album réalisé avec son mari Elvis Costello en 2004), moins de The Look of Love (2001) ou de Quiet Nights (2009), des albums noyés dans les cordes et le confort.Parce que le piano solo, c’est l’occasion d’improviser, de saluer les Qscar Peterson et autres Nat King Cole qui l’ont menée au jazz, premier pas de son art hybride de la chanson.Parce que la scène à elle seule, c’est la chance d’entendre en pureté cette voix qui a le grain de la nuit et l’élégance des soirées.Dans l’intimité, évidemment.Le Devoir DIANA KRALL EN SOLO Théâtre Maisonneuve, les 26,27 et 28 juin à 18h.^ ledevoir.com À écouter: Temptation (The Girl in the Other Room) culture/musique LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 E 3 CULTURE Southside Johnny & The Ashury Jukes au FUM Et s’il n’en reste qu’un.SYLVAIN CORMIER Les entrevues téléphoniques pour le Festival de jazz se font plus à l’avance depuis l’an dernier, rapport aux Francos ramenées en juin: j’ai parlé à Southside Johnny fin mai.inévitablement, Bruce Springsteen a surgi çà et là dans la conversation, Miami Steve tout aussi forcément.Eh! Steve Van Zandt a fondé les Asbury Jukes avec Southside et s’est joint à l’E Street Band de Bruce assez tard, au troisième album, celui du succès: Born to Run.Un peu beaucoup pour se faire pardonner, Miami Steve a réalisé le premier disque de Southside Johnny & The Asbury Jukes, le formidable I Don’t Want to Go Home, en 1976.Sur lequel il y a deux chansons de Bruce et trois de Miami Steve.Ni Southside ni moi n’avons évoqué Clarence Clemons, décédé samedi dernier.11 n’y avait pas de raison.Clarence allait de soi, il était dans la famille de musique d’Asbury Park depuis toujours, et parler de Bruce ou de Çteve, c’était l’inclure d’office.Evidemment, maintenant, on commencerait par le Big Man.Lundi, par le truchement du site www.southsidejohnny.com, il envoyait ce mot à ses fans bouleversés: «Hey gang.Ifs been a bad couple of weeks.Kevin, Steve Popovich, and now unbelievably, Clarence.» Trois morts dans la famille, en effet, tous en juin: Kevin Kavanaugh, claviériste des Jukes d’origine.Steve Popovich, l’agent local des disques Columbia durant les années cruciales, et Clarence.«l’m still finding it hard to get out of bed in the morning.But think what all three would say.Don’t let your mourning stop you from enjoying life.» Férocement heureux A n’en pas douter, le show de Southside Johnny & The Asbury Jukes, mardi prochain au Club Soda, sera intensément joyeux.Férocement heureux.Pétaradant de soul, avec sa section de cuivres du tonnerre.Bruce l’a dit, aucun blanc-bec du New Jersey ne chante le soul et le r’n’b comme Southside Johnny.«Dans la rue, je suis comme un poisson hors de l’eau.Je ne sais pas comment me comporter.Sur scène, je n’ai aucune inhibition, aucune retenue.Je suis le gars dans la chanson.» Dans les années 70, quand on a découvert Southside, mon copain Alain et moi (avant Bruce!) , on trouvait que c’était comme si Otis Redding n’était pas mort et que les Jukes étaient les héritiers de M.G.’s de Booker T.avec les Bar-Kays, l’équipe de choc des disques Stax.Je ne suis pas loin de le penser encore.«C’est un peu ce qu’on pensait de nous-mêmes, avec l’arrogance de nos vingt ans!» J’insiste.Ces premiers albums des Jukes, c’était notre lien avec les grands des années 60.Lee Dorsey, les Drifters, Ronnie Spector étaient même Bruce l’a dit, aucun blanc-bec du New Jersey ne chante le soul et le r’n’b comme Southside Johnny invités, et partageaient le micro avec Southside.«Chanter avec les Drifters, can you believe we did that! Stevie et moi, on en rêvait! Tu crois qu’ils diront oui?Tu crois que Ronnie voudra?On pouvait toujours essayer.On a essayé.Tous, ils ont êtê heureux de participer à nos sessions.» Ainsi va l’histoire du rock’n’roll: il y a les pionniers et ceux qui suivent, musiciens, critiques, spectateurs, tous fans.«On a aussi eu Earl “Speedoo” Carroll, le chanteur des Cadil-lacs, ce fabuleux groupe de doowop qui venait de Harlem.The coolest guy in the world.On n’arrêtait pas de lui demander de raconter comment ça s’êtait passé dans les années 50, et lui nous gavait d’anecdotes et on en redemandait.Ça donnait tellement de sens à notre propre musique, à ce que nous percevions çomme une véritable mission!» Echo de la «mission from God» de Jake et Elwood Blues dans le film The Blues Brothers.«C’est exactement comme ça qu’on se sentait.Investis!» Trois décennies et demie plus tard, Southside Johnny célèbre encore et toujours le r’n’b et le rock’n’roll des origines dans son spectacle-marathon, Sam Cooke et Mitch Ryder ne sont jamais loin.«C’est tissé à même notre fibre: oui, on peut se mettre à jouer le Detroit Medley n’importe quand, mais ça va plus loin: toutes les chansons affichent nos couleurs.D’où on vient, ça s’entend.» Et les fans, jeunes et vieux, sont au rendez-vous: Southside et ses Jukes n’ont plus de contrat de disque depuis longtemps mais enregistrent quand même (dans le studio de Jon Bon Jovi, autre fils du New Jersey, fan de la première époque) et distribuent leurs productions par leurs propres moyens.Dans les spectacles, par le site.La communauté des fans est mondiale et active.«Ça nous a sauvés de la ruine de l’industrie du disque.Des fans français, néerlandais, de toute l’Europe et d’ailleurs sont devenus copains avec des fans locaux, et les uns hébergent les autres, et ils nous suivent partout.Et ils propagent la bonne nouvelle.Je suis sûr qu’il y en aura à Montréal.» Montréal, c’est pas trop tôt.La dernière fois, s’en souvient-il seulement?«C’était dans les années 70, non?» Oui, au El Casino.Mon copain Alain et moi n’y étions pas, trop jeunes pour entrer.«Je me souviens seulement que le club était à l’étage, et que l’équipe de hockey de la Russie était arrivée au milieu du show, pleine d’énormes gars édentés qui buvaient beaucoup de bière.» Epoque rock’n’roll.«That’s right.Mais on s’amuse encore pas mal.» Même dans le deuil.«Ifs like Steve Van Zandt wrote, écrivait Southside lundi dernier en hommage à Clarence: Better days are coming.» Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Haute couture pour vieilles cires C’est l’histoire d’un denturologiste devenu enseignant au primaire qui, en transférant dans son salon de Saint-Basile-le-Grand de vieilles cires 78 tours sur disque compact, est en passe de devenir la coqueluche des amateurs et spécialistes d’enregistrements historiques en Europe.11 s’appelle Yves St-Laurent.11 a inventé la haute couture sonore.CHRISTOPHE HUSS Yves St-Laurent, 47 ans, est mélomane depuis ses jeunes années.11 collectionne aussi les enregistrements, à tel point que sa passion pour le pianiste Sviatoslav Richter se décline sur «800 CD et 700 vinyles»! Pour lancer sa collection de disques et son site Internet www.78experience.com, l’enseignant, père de six enfants, a pris une année sabbatique, puis une année à traitement différé.«J’ai opté pour un traitement différé sur quatre ans à 75 % de mon salaire, qui me donne droit à une année à la maison.Et fai commencé par l’année à la maison.» L’aventure a commencé par hasard, lorsque Yves St-Laurent a transféré un disque qu’il pensait n’avoir pas été édité en CD.Le chef d’orchestre et pianiste Jean-Pascal Hamelin et l’animateur de radio Georges Nicholson, des amis proches, l’ont encouragé à persévérer.«Nous nous sommes aperçus que, dans les enregistrements 78 tours, il y avait une qualité incroyable qui n’avait pas été révélée jusqu’à aujourd’hui.» C’était il y a cinq ans.Une esthétique en évolution Ses trésors, Yves St-Laurent les trouve sur eBay, mais aussi dans des collections particulières.11 estime à environ à 30 000 $ sa mise de fonds.Sa banque de données est constituée d’environ 7000 disques 78 tours.Par chance, le vent tourne: «De plus en plus de gens me confient leurs trésors», se réjouit celui qui, à ses heures perdues, a numérisé les archives personnelles de Gilles Vigneault et de François Dompierre.Parmi ceux qui font confiance à Yves St-Laurent pour tirer le meilleur parti des vieux sillons, il y a Philippe Morin, un éminent spécialiste Irançais, qui pilota jadis les rééditions de l’étiquette Andante.Mais même les prêts gracieux sont chers: un aller-retour depuis Paris d’enregistrements d’Igor Stravinski en boîtiers bien protégés vient de coûter à notre esthète sonore près de 250 $! La philosophie sonore d’Yves St-Laurent est très proche de celle que Philippe Morin défendait dans ses propres productions: un filfrage minimal ou inexistant.A cette esthétique s’oppose celle, dominante il y a quinze ou vingt ans, d’un bruit de fond évacué au maximum.Mais les procédés électroniques de filtrage et de «nettoyage» entachent la clarté et l’intégrité sonore.11 suffit de comparer la réédition par Yves St-Laurent des premiers enregistrements de sonates de Beethoven de Wilhelm Kempff (1936) avec ceux réalisés en 1754: Bon-Secours 2003 par l’étiquette allemande Haenssler.Dans un cas on entend un piano, dans l’autre, de la boue! Entre le purisme de Morin et St-Laurent et le filtrage à outrance, il y a une voie médiane, consensuelle, incarnée par l’Américan Ward Marston et défendue notamment sur l’étiquette Naxos Historical.Les secrets Beaucoup de détails jouent dans la qualité de la reproduction sonore.«La première est la prise en compte du fait que la courbe d’égalisation RIAA n’a été standardisée que dans les années 50.» Quand on lit un disque 78 tours en passant par un préamplificateur d’aujourd’hui, le son est amplifié selon un schéma inconnu à l’époque.Résultat: «Les basses et hautes fréquences sont amplifiées et le son bourdonne.» 11 y a aussi la nature des aiguilles, le poids du bras de lecture.«Souvent, le son est au fond du sillon et il faut mettre des pesées sur le bras en fonction de l’usure de la face.» On sait également que toutes les faces n’ont pas été précisément gravées à 78 tours, mais parfois à 76 ou 80.Pour maîtriser cela, Yves St-Laurent peut remercier le ciel d’avoir l’oreille absolue.La principale découverte de ce passionné tient à l’importance du centrage.«À 78 tours minute, un léger mouvement de l’aiguille de gauche à droite, parce que le trou n’est pas exactement SOURCE STUDIOS ST-LAURENT Yves St-Laurent dans son studio au centre, a beaucoup d’effet En rectifiant le centrage, le son qui était petit prend une dimension extraordinaire.Parfois une interprétation qui semble maniérée devient naturelle.» Yves St-Laurent s’extasie devant les talents de pianiste de Prokofiev.Catalogue et concurrence Outre Philippe Morin, les rééditions dTves St-Laurent ont convaincu l’historien du violon Jean-Michel Molkhou et séduisent à présent la BBC.«Cela fait près d’un an que le site est monté et j’ai 170 clients partout dans le monde qui sont bouleversés par cesondà.» 11 va en falloir, du bouche à oreille, pour Yves St-Laurent, car le marché de l’enregistrement historique repose plutôt sur la rareté des documents que sur la qualité du transfert.Les clients de la haute couture sonore achètent des enregistrements dont ils ont déjà parfois deux ou trois moutures.Et c’est sur les documents que l’on croyait connaître que la «touche St-Laurent» est la plus Impressionnante.Entre son édition des Suites pour violoncelle de Bach par Pablo Casals et celle de l’éditeur officiel du violoncelliste catalan, EMl, il n’y a pas photo.L’instrument prend, dans l’édition St-Laurent Studio, un relief inouï.Yves St-Laurent vend ses repiquages exclusivement par l’entremise de son site Internet www.78experience.com.Le «surmesure» se paie un peu plus cher que les disques du commerce, mais vaut le coup pour tous ceux qui chérissent tel ou tel interprète.La plus grosse menace pour le modèle économique dTves St-Laurent risque de venir d’autres passionnés qui, sur divers blogues, s’adonnent, avec moins d’obsession sonore, au partage gratuit de leurs raretés.Nous avions déjà parlé dans ces colonnes du magistral site quartier-des-archives.blogspot.com d’un passionné français.Benoit Duhoux, et du site américain nealshistori-cal.wordpress.com.On y ajoutera un Ali Baba hollandais, à l’adresse coot, mais aussi les heures d’écoute en streaming permises par le «National Jukebox» de la Bibliothèque du Congrès de Washington, par Gallica, le département numérique de la Bibliothèque nationale de France, et par le Charm (Centre for the History and Analysis of Recorded Music) du King’s College de Londres.Le Devoir ‘f' 9 ^ ^ tS S L’EMPEREUR GUERRIER DE CHIbÆ ET SON ARMÉE DE TERRE CUITE^- MAINTENANT OU JAMAIS I L’EXPOSITION SE TERMINE DIMANCHE ! V S TEZ LE JUSQU’AU 26 JUIN HATEZ-VOUS DE LES VOIR DE TRÈS PRÈS AVANT QU’ILS NE REPARTENT EN CHINE ! BILLETS suRempereurdechine.ca Tournées découvertes Mardi au dimanche en après-midi l®''juin au 4 septembre 2011 \/\snE Site archéologique MUSEE MARGUERITE- BOURGEOYS 400, me Saint-Paul Est, Vieux-Montréal 514-282-8670 © Champ-de-Mars www.marguerite-bourgeoys.com Baladodiffusion MUSËE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL PAVILLON JEAN-NOËL DESMARAIS Grand donateur r—n n [lI THE ROBERT H.N.HO "-' FAMILY FOUNDATION Une présentation de & La Capitale Groupe financier Gratuit pour les enfants de 12 ans et nnoins* • Accompagnés d'un adulte.Non applicable aux groupes.metro 3^ www.marguerite-bourgeoys.com/l 754 onfon Tsmimne Québec El n Montréal! Ce projet a été réalisé dans le cadre de l'Entente Partenaire média LE DEVOIR sur le développement culturel de Montréal ubredepenser Une exposition organisée par le Musée royal de l’Ontario, en partenariat avec le Bureau des reliques culturelles et le Centre de la promotion du patrimoine culturel de la province du Shaanxi, République populaire de Chine, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.De gauche à droite: Fantassin, officier de rang supérieur et cheval de cavalerie (détails).Dynastie des Qln, 221-206 av.J.-C Musée de l’Armée en terre culte du Premier Empereur.Photos © Bureau des reliques culturelles de la province du Shaanxi et Centre de la promotion du patrimoine culturel du Shaanxi, République populaire de Chine, 2009 http://bit.ly/jzTRqe E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 FESTIVAL y SE MUSIQUE mpntreal baroque .corn CULTURE POISON VIOLENT Avec Clara Augardo Michol CINEMA Inoffensif mais plaisant LES EMOTIFS ANONYMES Scénario: Jean-Pierre Améris.Réalisation: Jean-Pierre Améris.Scénario: Jean-Pierre Améris et Philippe Blasband.Avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde, Lorella Cravotta, lise Lamétrie, Swann Artaud, Stéphan Wojowicz, Jacques Boudet.Image: Gérard Simon.Montage: Philippe Bour-gueü.Musique: Pierre Adenot.100 min.ODILE TREMBLAY On les avait déjà vus réunis dans l’excellent fdm noir d’Anne Fontaine Entre ses mains-.Isabelle Carré, au prohl solaire et lisse, Benoît Poelvoorde, grand escogriffe de toutes les névroses à la gueule de guingois.Cette fois, c’est dans une comédie romantique inoffensive mais plaisante du Français Jean-Pierre Améris {Les Aveux de l’innocent, Mauvaises fréquentations) que le duo se retrouve, en mode «je suis timide mais je me soigne».Avec des clins d’œil à The Sound of Music dans une scène chantée d’Isabelle Carré, le hlm joue sur les bons sentiments (aucun méchant, uniquement des personnages bien intentionnés) avec charme et une bonne idée de base.Celle de l’hjqier-émotivité: timidité mâtinée de phobie sociale et de crainte de l’échec, dont souffrent les héros au comportement d’enfants, qui les empêchent d’accéder au succès et à l’amour.Ce mal est celui du patron d’une chocolaterie (Poelvoorde) et d’une grande chocolatière incognito qu’il engage comme vendeuse (Carré), à l’heure où son entreprise frise la banqueroute.Du moins.dans le cercle des Émotifs anonymes, la belle peut-elle confier ses affres.Certaines scènes du tandem, surtout un premier dîner au restaurant, avec gags de Grand-Guîgnol, et la chanson russe Les Yeux noirs entonnée plus tard par le patron amoureux, sont drôles et fort bien rythmées.La nervosité et la peur, mêlées de fausse hardiesse, offrent une partition comlco-mélancollque aux deux comédiens, toujours à contretemps, ce qui rend leur pas de deux claudiquant si suave.La chocolaterie elle-même, modeste et démodé décor (à l’opposé de celui de Tlm Burton dans Charlie and the Chocolate Factory, si baroque et foisonnant), ajoute à l’atmosphère surannée dans cette petite ville quasi de pain d’éplces.Le chœur grec des employés qui observent le cours des sentiments amoureux, les chassés-croisés participent au parti pris de la fable Intemporelle.Rapidement, la comédie révèle toutes ses ficelles, qu’elle ne tente pas, au reste, de camoufler.On devine à l’avance les réparties.Qu’Importe?Les Emo-tijs anonymes joue de légèreté en mordant dans un morceau de chocolat.Ces deux grands Interprètes, qui auraient pu sombrer dans le ridicule, parviennent, dans des demi-tons de fragilité, à rendre leur romance touchante et à nous entraîner à leur suite dans ce joli conte qui ne jette jamais de poudre aux yeux, mais glisse doucement vers son dénouement heureux.Le Devoir SOURCE METROPOLE EILMS Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré dans Les Emotifs anonymes, de Jean-Pierre Améris «DRÔLE, CHARMANT ET SPIRITUEL! UNE ODE À LA BEAUTÉ DE PARIS DANS LAQUELLE MARION COTILLARD EST SÉDUISANTE DE SUBTILITÉ.» Marc Cassivi, La Presse ^ , ?yr -, «LE FILM LE PLUS ROMANTIQUE DE WOODY ALLEN !» Normand Provencher, Le Soleil «DES DÉCORS À FAIRE RÊVER ! UNE RECETTE GAGNANTE POUR UN DIVERTISSEMENT GARANTI !» -i Véronique Harvey, ICI ^ : jVJ | BÉ jt «'M « 'WfÇ'TB Kathy Batd^ Adrien Tirpd" Caria TirtmL Marion CotilTart Kachel McAdanî Michael Sheen OwenWil.son u î venlan française de MiolUgat ID Paris Écrit et réalisé par Woody Allen jjîJC ?S - PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! ¦ VERSION FFIANÇAISE ¦ rCINEPlfX DIVSTnSSEMSfT-iMËQA-PLEX" QUZZO —I rCilEPL£XDIVBniSSEMBn-i,-CINÉMA-1 |-CINÉMA LAURIER-1 I QUARTIER IJVnN I rPONT-VIAU lell BOUCHERVILLE II BELOEIL I IviCTORIAVILin ^MAISON DU CINÉMA^ ^—CINÉMA CAPrrOL^^ i CINÉMA i r CIWPLEX DIVBTnSSEMBin'^ r LES PROMENADES DE LËVISi I SHERBROOKE IIDRUMMONPyiU-E II LE CLAP II BEAUPORT l| CINÉMA LIDO SION ORIGINALE ANGLAISE AVEC SOUS-TITRES FFtANÇAIS 1 -MÊQA-PLEX™ QUZZO' — I pCIhEPŒXDIVEnTlSSmENrT I—MÊQA-PLEX™ QUZZO—11-CINÉMA PINE-il-CINÉMA-1 G IQUARTIERLATINIIsPHERETECHIaII STE-ADËLE II LE CLAP I ¦ VERSION ORIGINALE A i— CINÉMMAMC ^^rCilEPLEXDMERnSSEMEMTnrCINÉMA DU PARClrCMS'LEXDIVEnTISSEMEMTnrCIFEPLEXDIVERTISSaiENrn Ile forum ËËirCOUSÉEiqRKLANDll 357SDuPafe 814-261-190011 COLOSSUS LAVAL 11 CAVENDISH (MalD I CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ^metropolefi lms.com ^ SOURCE CINEMA DU PARC Le film chinois City of Life and Death évoque le massacre de Nanjing, en Chine, par les Japonais en décembre 1937.Fin du monde CITY OF LIFE AND DEATH Réalisation et scénario: Lu Chuan.Avec Du Ye, Gao Yuanyuan, Hi-deo Nakaizumi, Fan Wei, Jiang Yiyan, Ryu Kohata, Du Bin, John Paisley.Image: Cao Yu.Musique: Du Tong.Montage: Teng Yiin.En mandarin, en japonais, en anglais et en shanganais, avec s.-t.anglais ou français.133 min.ODILE TREMBLAY Ce film chinois tourné en noir et blanc en cinémascope, sur des prises de vue d’une virtuosité spectaculaire, aborde le massacre de Nanjing, en Chine, par les Japonais en décembre 1937.Il n’a pas eu la vie facile en Chine.Il a fallu quatre ans à Lu Chan pour obtenir le feu vert et un financement.D’ailleurs, cer-taine§ scènes furent censurées.À sa sortie, le hlm fut violemment attaqué par une par- tie du public, qui lui reprochait d’avoir adopté le point de vue d’un Japonais dans la seconde partie du film.Œuvre controversée, donc, mais vue par des millions de Chinois.C’était la première fois que ce massacre, qui fit de 200 000 à 300 000 victimes en six semaines, était évoqué dans son pays, pomme de discorde entre le Japon et la Chine.Film, soit, mais également acte politique, qui coïncidait avec le 70® anniversaire du massacre en question.Étrange objet filmique, d’une ^ande beauté plastique nourrie de plans parfaits rehaussés par le noir et blanc, magnihés par le format scope, porté par un climat à la fois solennel et presque irréel.Car les innombrables viols et meurtres qui en composent la trame sont chorégraphiés.Chaque victime tombe et meurt sans soubresaut.On voit très peu de sang, tout en volant d’atrocités en atrocités.Dans la première partie, la plus forte, la tuerie est générale, la foule presque sans visage, le décor et la violence mariés à une sorte de chaos fascinant et terrifiant.On assiste alors à la résistance des Chinois, mâtée dans le sans.Ensuite, le film plonge dans la psychologie de certains personnages et se met à hauteur d’homme, en n’évitant pas certains pièges de l’émotion à traquer.Nous entrons en «zone internationale» dirigée par John Rabe Qohn Paisley), un Allemand nazi mais humain, chargé de protéger des prisonniers chinois, souvent des femmes et des enfants, sans pouvoir faire grand-chose, laissant les dames partir se prostituer auprès des soldats japonais.Un soldat japonais, Kadokawa (Hideo Nakai-zumi), s’entiche d’une prostituée et tente de conjurer, si faire se peuL la pulsion destructive des troupes.Cette immense fresque guerrière, très documentée, nourrie des témoignages recueillis dans les deux camps, essaie de trouver en fin de parcours des gouttes d’humanité salvatrice, comme cet adjoint chinois de John Rabe qui, après avoir collaboré avec les Japonais, se sacrifie au profit d’un autre.Surtout à travers le profil d’un enfant, survivant à toutes les horreurs, qui assure au film son dénouement de rédemption.Le cinéaste évite, et c’est à son honneur, de sombrer dans le manichéisme — bons Chinois, méchants Japonais — pour aborder surtout la folie des hommes.Ce film très long, très dur, possède une ambition et un souffle épique pourtant filtrés par la beauté de ses images de fin du monde qui hypnotisent davantage qu’elles ne touchent.Le Devoir Leçon sur l’art d’être heureux BEGINNERS Écrit et réalisé par Mike Mills.Avec Ewan McGregor, Christopher Plummer, Mélanie Laurent, Goran Visnjic, Kai Lennox, Mary Page Keller.Image: Kasper Tuxen.Montage: Olivier Bugge Goutté.Musique: Roger NeiU, Da-yid Palmer, Brian Reitzell.États-Unis, 2010,105 minutes.MARTIN BILODEAU L> Américain Mike Mills est ' un francophile.En faisaient déjà foi ses vidéoclips pour le duo versaillais Air, qui a d’ailleurs donné son nom à une de ses chansons (sur l’album Talkie Walkié).En témoigne à nouveau Beginners, un second long métrage de fiction qui nous arrive cinq ans après l’étonnant et réussi Thumbsuc-ker, et dont la forme et l’esprit s’inspirent des trésors de la Nouvelle Vague, première génération.Nous parlons ici d’À bout de souffle, pour le sens de la digression savante, d’Hiroshima mon amour, pour la mélancolie du souvenir, et de Tirez sur le pianiste, cité presque textuellement par l’apparition dans l’image de Mélanie Laurent déguisée en Marie Dubois «la locomotive».Trois mois à peine après la mort de son père Hal ((Jhristo- PLUSDE TOMBES SOUS LE CHARME! ?«Une comédie tout en finesse qui, autour d’un thème original et sérieux, réussit la parfaite alchimie du rire et de l’émotion.» T6I6 7 Jours lili'DÎl THI'iOOM PRÉSENTEMENT À L'AEEICHE! LyUAHTICH^jririJ | 238S.Beaubien e.721-0000 11 PONT-VIAU 1 O 11ST-EUSTACHE I rCINEPLEX DIVERTTISSEMENTt ^ MAISON DU CINÉMA —\ \ CINÉMA PINE 11 CINÉMA IBOUCHERVILLE II SHERBROOKE II STE-ADËLE II LE CLAP CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS métropolefMms.com T pher Plummer), un conservateur de musée qui lui avait révélé son homosexualité à l’âge de 75 ans, Oliver (Ewan McGregor), un graphiste de Los Angeles, fait la connaissance d’Anna (Laurent), une actrice française.Leur relation, fragilisée par les longues absences de la jeune femme pour des raisons professionnelles, déclenche en lui un torrent de souvenirs, facilités par la présence à ses côtés du jack russell qui appartenait au défunt, et qui devient son confident.Ainsi, le mélancolique Oliver repense à la fureur de vivre qui a animé son père durant les dernières années de sa vie, à la suite du décès de celle qui avait vécu à ses côtés durant 45 ans — un personnage hautement original que le film fragmenté nous fait également revisiter.Les souvenirs de sa longue maladie et de ses obsèques se mêlent à ceux, plus heureux, où, entouré de ses amis et de l’amoureux plus jeune qui a partagé ses derniers jours, le vieillard a sans le savoir prodigué à son hls une leçon sur l’art d’être heureux.On devine à chaque plan le haut degré d’intimité qui lie Mike Mills à cette histoire inspirée de sa propre relation avec son défunt père.Plus qu’un hlm autobiographique, avec escales convenues et dénouement rédempteur, Beginners est une œuvre ambitieuse et originale, affranchie du «je» par une construction complexe, un peu voyante et marquée par des références qui font parfois obstacle à l’émotion.Cela dit, l’af fection du cinéaste pour ses personnages, l’un qui résiste à la mort, l’autre qui résiste à la vie, est palpable et porteuse de nombreuses questions, à commencer par celle-ci: qui sont ces étrangers qui composent notre famille?Christopher Plummer, qui vient dq tourner sous la direction d’Érik Canuel dans une captation pour le grand écran de la pièce à succès Barrymore, trouve ici un rôle à sa mesure, qui exploite son autorité tout en révélant un profil fragile, vulnérable.Mais c’est Ewan McGregor qui, dans la peau du hls mal dans sa peau, donne au film son élan et son unité.L’acteur britannique, révélé en 1994 par Danny Boyle dans Shallow Grave, a atteint sa pleine maturité artistique, comme le suggérait déjà l’an dernier l’épatant Ghost Writer de Roman Polanski.Espérons que ce Beginners réussi marque pour lui un nouveau départ.Collaborateur du Devoir lin ___________________________________________ SOURCE ALLIANCE Christopher Plummer et Ewan McGregor dans Beginners, de Mike Mills 259001 http://www.minuitaparis-lefilm.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 E 5 CULTURE CINEMA Un modèle à suivre ?FRANÇOIS LEVESQUE Les principaux artisans derrière la websérie La Reine rouge, Olivier Sabine et Patrick Se-nécal, ne s’en cachent pas: s’ils ont développé leur projet pour Internet, c’est surtout parce que celui-ci, très explicite rayon sexe et violence, n’aurait jamais reçu l’aval des bailleurs de fonds télévisuels et cinématographiques.Concocté pas Senécal, ce récit macabre conte les pérégrinations meurtrières de Michelle Beaulieu, la fdle adolescente du psychopathe croisé dans 5150, rue des Ormes.Inédite, l’intrigue reprend là où 5150, rue des Ormes avait laissé.«Patrick et moi avons financé la série de notre poche, explique Olivier Sabino au Devoir.Une trentaine de professionnels ont travaillé gratuitement, en alternance, pendant les 23 jours qu’a duré le tournage.» Ajoutez à cela des apparitions sanguinolentes de Dany Turcotte, de Marie Eykel et d’autres, ainsi qu’une chanson pour le générique composée par Mara Tremblay.Même l’ami Podz, qui a porté Les 7jours du talion au grand écran, a mis en scène un épisode.Sabino en a réalisé quatre et Senécal, qui enseigne le cinéma, trois.«La Reine rouge m’a permis de me familiariser et d’expérimenter avec la technique et, surtout, de côtoyer des pros, confie Patrick Senécal, qui effectue ici des débuts prometteurs.Et si je me plante, ç’aura été avec mon argent et pas avec celui des contribuables.» L’internaute peut visionner les huit épisodes au coût de 99 cents chacun ou acheter la websérie complète, dont le dernier chapitre était mis en ligne mercredi, pour 5 $ {reinerou-ge.tv).«Le but n’est pas de faire un profit, souligne Olivier Sabino, mais juste de pouvoir payer l’équipe en différé.» Le principe de l’utili-sateur-payeur permet en outre de régir l’accès à un contenu réservé aux 16 ans et plus.«Si le succès est au rendez-vous, j’aimerais écrire une deuxième saison, précise Patrick Senécal.Mon rêve est d’amener l’histoire jusqu’à celle d’Alyss, où Michelle figure, et dont j’espère réaliser l’adaptation.» -0 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Patrick Senécal, écrivain et réalisateur de quelques épisodes de la websérie La Reine rouge Les romans de l’écrivain s’étant vendus à plus de 500 000 exemplaires, gageons que les fidèles assureront le devenir de cette deuxième saison.Quant au modèle mis en avant par la production à l’heure des contenus gratuits (mais pas forcément rentables), l’avenir nous dira s’il fera des petits.Collaborateur du Devoir 1^ SOURCE WALT DISNEY PICTURES Les Bagnoles 2: cette fois, c’est la remorqueuse Mater qui occupe l’avant-scène.La revanche des tacots LES BAGNOLES 2 (V.E.DE CARS 2) Réalisation: John Lasseter, Brad Lewis.Scénario: Çen Queen.Musique: Michael Giancchino.Etats-Unis, 2011,113 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Elles sont de retoqr, les colorées bagnoles du studio Pixar.A la différence que, cette fois, la position de tête est occupée par Mater, la remorqueuse rouillée croisée dans le premier opus.Non loin sur le fd de départ vrombit Plash McQueen, vaillant bolide relégué ce coup-ci à la seconde place.Du moins en théorie, le scénario de Cars 2 rendant compte d’hésitations sur la question.En 2006, Cars connut le genre de succès qu’on attend d’office de toute production estampillée du sceau de qualité Pixar.Tout juste si on releva les nombreuses similitudes que le scénario (écrit à douze!) partage avec celui du fdm Doc Hollywood.Ben Queen, auteur du thriller de série B Proximity, est le seul à avoir planché sur l’histoire de Cars 2 et il a considérablement élargi le champ d’action du récit.Seront donc visités, comme dans le film Grand Prix de John Pran-kenheimer, différents circuits mondiaux réinventés avec faste, minutie et un sens marqué de l’exotisme.Un prologue galvanisant en haute mer permet d’anticiper une suite supérieure, plus ambitieuse.Malheureusement, une intrigue bavarde et dispersée prend le relais, comme si l’ampleur du canevas était inversement proportionnelle à la somme d’idées trouvées pour Sur le plan visuel, Cars 2 fourmille de trouvailles graphiques amusantes et jouit d’une technique remarquable le remplir.Tel que mentionné, c’est la remorqueuse Mater qui occupe l’avant-scène, mais on insiste pour allouer environ la moitié du temps d’écran à Plash, dont les péripéties s’avèrent nettement moins intéressantes.C’est que, pendant que le bolide rouge participe à une nouvelle course commanditée par l’inventeur d’un carburant écologique, un sombre complot ourdi par une association de citrons (Passer, Gremelin, etc.) menace de compromettre l’événement.L’agent secret Pinn McMissile (Michael Caine parodiant son Harry Palmer dans la version originale) veille au grain, mais, en prenant par mégarde Mater pour un confrère espion, il déclenchera toute une série d’aventures dignes d’un James Bond.L’apport vocal de Jacques Villeneuve en commentateur dans les deux versions françaises, largement publicisé, constitue une belle idée correctement exécutée.Sur le plan visuel, Cars 2 fourmille de trouvailles graphiques amusantes et jouit d’une technique remarquable.Le rythme en dents de scie engendré par le déséquilibre entre les deux récits concurrents, celui de Mater et celui de Plash, nuit par contre considérablement à la cohésion de l’ensemble.Une trame sentimentale développée à la va comme je te pousse déçoit en outre autant que le dénouement laisse songeur.Car si les tout-petits sont à peu près certains d’y trouver leur compte, les plus grands se questionneront en revanche peut-être sur le fait qu’à la fin, le carburant vert est gentiment écarté au profit du pétrole.«Pétrole un jour, pétrole toujours», déclare même un des «gentils».Dès lors, qui gagne vraiment?Tout cela relève bien sûr de l’éthique et non de l’esthétique, mais comme Cars 2 prétend ailleurs inculquer de belles valeurs, telles l’importance de l’amitié et l’acceptation des autres ainsi que de soi-même, autant mentionner ce bout-là aussi.Collaborateur du Devoir LE FESTIVAL DÉBUTE AVJOURD’HIJII 10 JOURS DE FETE AU CŒUR DU CENTRE-VILLE FESTIU mTERMnr deT A 99 800 CONCERT^ • 600 AQMTÉS ET ANIMATIONS GRATUITES ! fj/|jri/l ^ , 25 JUIN AU 4 JUILLET DEMMBEAL Aj - t, < fîf5îr.!i _ 32® ÉDITION ¦.TCljKil , RioTinto Alcan ÉVÉNEMEN1S SPÉCIAUX / ¦‘i 'rîK.-i SALIE WILfRID-PELLETIER, PdA -19 h Preimere partie : BELLE BRIGADE DEMAIN SOIR! fRElîURNTO I FOREVER IV, , avec CHICK COREA STANIEY CLARKE IINIW WHII^ JEA^-LUC PONIjr et HIANK ^BA1£ DIMANCHE 26 JUIN • 20 h LUNDI 27 JUIN UNE SOIRÉE MÉMORABIE AVEC LE CROONER A LA VOIX INOUBLIABLE! DIRIGÉ PAR MÉLANIE LÉONARD SAMEDI 2 JUILLET *201130 RYTHMES Bell METROPOLIS-201130 CHAI^PlÔli^ ps^G-STRINGS ____ Resistance*iÿl^'UÊn CE SOIR À19h30! 4 i- Première partie: BLOODSHOT BILL .y.1 msssnm MERCREDI 29 ET JEUDI 30 JUIN SAMEDI 25 JUIN THEATRE MAISONNEUVE, PdA -18 h UNE DES PUIS IMPORTANTES INTERPRÈTES DE FADO AU MONDE! SAMED 2 JU LLET LES GRANDS CONCERIS QUARTET MARDI 28 JUIN ' ¦ COLIN JAiyiES f T 3 up Close and Personal: WfchÀRD An Acoustic Duo GALLIANO JEUDI 30 JUIN &'F, f IPt ÿ GONZALO UChARD RUBALCABA ALLIANO DUO VENDREDI 1" JUILLET -.jciEm«Ainr i"- ^ ^orllll^orliïa ^ \ LA 4" CLASSIQUE \ ANNUELLE DU BIG V ' -BAND AMÉRICAIN ^ ^ DIMANCHE 26 JUIN *1411 SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA GYPSY BOMA UBBAN BALKAN BEATS 24 ARTISTES du 27 JUIN au 2 JUILLET à 20li CENTRE PIERRE-PÉLADEAU DE L'UOAM.SALLE PIERRE-MERCURE LE FESTIVAL VOUS OFFRE CET EVENEMENT EXTERIEUR LE SPECTACLE D'OUVERTURE ¦Ql-T T 17irfirfll7-o T-|7i POUR TOUT CONNAITRE DE NOS CONCERTS ET DE NOS EXCLUSIVITÉS, DlLiLiUà l lUiLliJli INSCRIVEZ-VOUS À L'INFOLEHRESPEaRA: MONTREAUAZZFEST.COM/INFOLEnRE MÉTROPOLIS PLACE DES ARTS CENTRE PIERRE-PÉLADEAU DE L'UQAM 1 855 790-1245 514 842-2112 SALLE PIERRE-MERCURE ticketmaster.ca • admission.com laplacedesarts.com • admission.com 1 855 790-1245 • admission.com -montrealjazzfest.com Bdl r#:i LOTO QUÉBEC Tk- Heinékeif SAQ CBC w Radio-Canada infbjazz Bell Canada Montréal f ¦TOURISME Montréal Québec ?El El E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 LIVRES EXPOSITIONS Images de Barda, de Frédéric Lavoie SOURCE CINEMATHEQUE QUEBECOISE Redoutables trompe-l’ouïe La première année de la résidence du centre Dazibao à la Cinémathèque se termine sur une note d’élégance BARDA Frédéric Lavoie Cinémathèque québécoise, 335, boulevard de Maisonneuve Est, jusqu’au 26 juin.JÉRÔME DELGADO La salle Norman-Maclaren de la Cinémathèque québécoise est plongée dans un certain brouhaha.11 n’y a pourtant qu’une seule oeuvre sonore sur trois oeuvres exposées.L’aire ouverte contribue fortement à les rapprocher et à les confondre, sans pour autant nuire ni à leur lecture ni à leur autonomie.Reste que nos yeux et nos oreilles sont stimulés en simultanée, presque en synchronie parfaite, par des sources opposées et contradictoires.C’est toute la hnesse de l’art de Frédéric Lavoie, qui passe en grande partie par une mise en espace très soignée.L’exposition Barda, composée d’une oeuvre vidéo et audio, d’une vidéo sans son et sans images (!), et d’une suite photographique, conclut la première année de la résidence du centre Dazibao à la Cinémathèque.Avec élégance: les références ciné, désormais incontournables au «centre de photographies actuelles» jadis sur le Plateau Mont-Royal, sont avec Lavoie autant littérales et cinéphiles (extraits de Blow Out de Brian De Palma) que formelles.L’artiste puise dans les rapports image et son l’essentiel de ses éléments discursifs et narratifs.Lauréat de la bourse PRIM-Dazibao 2010-2011, Frédéric Lavoie est un vidéaste proMque dont les monobandes courent les festivals.En mode installatlQn, ses oeuvres ont également un bon potentiel.À preuve, tous ses solos en galerie depuis 2005 et son projet L’Angle mort autour d’une petite boîte lumineuse.L’an prochain, une exposition-bilan au Musée régional de Rimouski est même annoncée.Un beau leurre Au cœur de l’expo en cours — mais qui se termine demain, prenez-en note —, l’œuvre-titre.Barda, ouvre des perspectives au départ insoupçonnées.Deux écrans et trois haut-parleurs, sur pied, la rendent déjà incontournable.Si les images représentent des scènes tirées de l’ordinaire (un jardin, un chantier.), le son, lui, interpelle et nous force à garder l’œil ouvert.La séquence du chantier est remarquable.Le bruit des outils, les déplacements des ouvriers.Un simple mouvement nous parvient dans son rendu le plus fin.Comme si l’artiste, qui a travaillé avec des bruiteurs (on est presque dans le cinéma), avait placé des micros sous les pieds des travailleurs.Le brouhaha ambiant (ou l’impression de brouhaha) vient de cette œuvre, véritable pièce composite malgré les apparences.Deux écrans, deux sources d’images (presque identiques, légèrement décalées) et deux bandes-son composées en studio.L’œuvre, un «trompe-l’ouïe» osera-t-on dire, est un beau leurre dans lequel on se méprend, habitués que nous sommes à voir dans l’image un son.Les scènes, aussi familières soient-elles, prennent du coup une teinte d’ambiguïté.Au centre de la salle, un écran ne montre rien, sinon des sous-titres.Uniquement.L’ambiguïté se double d’un malaise, comme si on voulait, ou devait, comprendre à la fois la source des bruits de chantier et la teneur de ces phrases qui défilent au rythme de n’importe quel classique du cinéma.Cette œuvre muette, intitulée Le bruit et le silence dans les livres de Marguerite Duras, recense toutes les phrases de l’œuvre de l’écrivaine française qui contiennent des mots à connotation sonore.Un travail de l’ordre de la démesure, à la manière de Rober Racine, duquel naît une histoire alambiquée et unique.La troisième œuvre de l’expo fait aussi dans la citation, mais d’images cette fois.11 s’agit d’un découpage, plan par plan, de l’ouverture du hlm Blow Out (1981) de Brian De Palma.La mosaïque s’intitule 146 secondes d’écoute avec John et fait ressortir le rôle très visuel du protagoniste Gohn Travolta), un preneur de son qui assiste à un accident d’automobile.La séquence photo est très parlante.Mais au-delà de l’évocation sonore, elle offre un joli contrepoids au diptyque Barda, œuvre en mouvement, mais aux plans plutôt bxes.Le tout arbitré par les sous-titres de l’autre pièce, une affaire très descriptive, portée par le poids et le mouvement des mots.Ensemble, les trois œuvres extirpent un élément de cinéma en favorisant sa réalité d’art du non-dit et du leurre.Du trompe-l’ouïe?Collaborateur du Devoir -Tr " ¦ * SOURCE CINEMATHEQUE QUEBECOISE Une scène de 146 secondes d’écoute avec John CATALOGUE D’EXPOSITION 90 artefacts pour 90 ans CATHERINE LALONDE Le Musée McCord publie, pour célébrer son 90® anniversaire, une mono^aphie consacrée à sa collection: 90 trésors.90 histoires.90 ans.Y sont présentés certains des objets que le fondateur, David Ross McCord, glanait bien avant l’inauguration du musée en 1921.L’avocat était à l’époque fasciné par les artefacts qui témoignent du quotidien et de l’histoire, que ce soit celle des Premières Nations, de la Nouvelle-Prance ou du Canada.11 collectioimait: un panier perlé de crins de cheval micmac, une mèche de cheveux du major général James Woke, premières acquisitions, sont encore aujourd’hui exposés.Quand, héritier, David Ross McCord se retrouva à gérer la maison familiale, il y accumula ses objets, transformant peu à peu la résidence en musée.L’histoire du Musée McCord est faite de ruptures, d’interruptions et de recommencements jusqu’en 1992, où son fonctionnement est assiué.Au-joiud’hui, le lieu abrite quelque 1 440 000 images, objets ou documents manuscrits.Les conserva-teius en ont choisi 90 parmi les plus représentatifs.Les belles et grandes illustrations en couleius permettent de s’attarder sur le motif en babiche de caribou tissée dans une raquette crie.Ou sur un étonnant livre de prières de mariage micmaques en hiérogl^hes, probablement transcrit par un missionnaire qui aurait composé un alphabet de quelque 2700 idéogrammes.«Les Mi’kmaq, y apprend-on, nomment ces caractères komqwejwi’ka-sikl ou “écriture d’esturgeon”, en référence aux traces laissées par ce poisson dans le limon des rivières.» Photos, robes et costumes, plan d’un Montréal fortifié, porcelaines et vaisselles, meubles ainsi que l’un des chandails du Canadien porté par Maurice Richard figurent parmi les cinq chapitres de ce riche catalogue.Le Devoir COLL dî ’«Lût-’-' X- I '} fjtf— ->-»K.cDa^ ^ 2—- Afi- -^-y,.: — O ^ c3 ' D s-':— 4 ëj - ' gr - -ç;-J.V SOURCE MUSEE McCORD Page d’un livre de prières micmaques en caractères hiéroglyphiques, vers 1790 90 TRÉSORS.90 HISTOIRES.90 ANS.Collectif Musée McCord Montréal, 2011,270 pages LITTERATURE QUEBECOISE Critique sociale à l’arrache-clou CHRISTIAN DESMEULES Barman au «tempérament narcissique» et programmeur musical au Port des Vagues, un petit bar situé au carrefour de deux grandes artères de Montréal, Joseph Morneau semble avoir la mèche aussi courte que ses ambitions.11 porte aussi plutôt bien son nom de famille — de «morne», mara-bouL renfrogné, immobile.Le héros cynique du premier roman de Danny Plourde, «en bon célibataire au seuil de la trentaine», vit seul dans un trois et demie du Plateau Mont-Royal.Passionné de musique et de pourboires, «apatride dans son propre pays», Morneau a vite abandonné ses études de lettres à l’université et se contente de baises faciles à la fin de ses quarts de travail en rêvant d’un long voyage qu’il ne fera peut-être jamais.Musiciens barbus, poètes amers, filles désorientées et «amis» innombrables — les meilleurs étant bien entendu ceux qui laissent les pourboires les plus généreux — ^avitent ainsi autour du bar où il rayonne comme un petit roi.Certains portraits sont plus développés: Amandine, une Prançaise plantureuse et bisexuelle, surnommée Bouche-de-Velours, venue à Montréal pour apprendre l’anglais aux frais de ses parents.Une étudiante chinoise, une artiste lesbienne.Un prof de littérature au cégep au statut précaire, amoureux d’une caissière d’épicerie à laquelle il n’a jamais osé adresser la parole et qui essaie, dans ses temps libres, de pondre un essai capital sur l’indépendance du Québec.Quelques drames imprévisibles viendront dévoiler, chez certains, des fissures que l’on pouvait deviner.Multipliant aussi les remarques (plus que les réflexions) sur l’anglicisation de Montréal et sur l’indépendance du Québec, Joseph Morneau a parfois la critique sociale aussi lourde qu’un parfum bon marché.Le contraste est plutôt saisissant entre le vertigineux vide existentiel que traînent les personnages de Danny Plourde et leurs discours identitaires qui cherchent à l’aveugle les «vrais coupables de l’inertie et de l’état lamentable de la civilisation québécoise», entre leur romantisme puéril et les effluves de merde, de vomi, de sueur et de vieille bière qui embaument leur quotidien.À ces drames individuels se greffe une curieuse histoire de kidnapping d’un ministre libéral provincial, mêlé à une affaire nébuleuse de corruption dans l’industrie de la construction, apothéose chaotique d’une virée aussi violente que désespérée.Curieuse histoire plaquée, qui semble pousser dans ses derniers retranchements Morneau avec son apparente indifférence, qui se transforme en adepte du pied-de-biche pour régler quelques comptes en souffrance et exprimer sa révolte sans cause, avant de reprendre docilement sa place en «sauveur du statu quo».Déjà connu comme poète et «artiste engagé», auteur de quelques recueils, dont Vers quelque (sommes nombreux à être seuls) et Calme aurore (s’unir ailleurs, du napalm dans l’œil), qui lui a valu le prix Émile-Nelligan en 2007, Danny Plourde n’est pas vraiment, en fiction, un adepte de la subtilité.Au moyen d’un art du roman plutôt limité, l’auteur de trente ans ausculte la bohème urbaine montréalaise, chaussant en 2011 les grandes bottes que d’autres — Mistral, Hamelin ou Brisebois — ont déjà portées avec beaucoup plus de style.Collaborateur du Devoir JOSEPH MORNEAU Danny Plourde Vlb éditeur Montréal, 2011,288 pages 40 heures en direct Festival international de jazz de Montréal Programmation spéciale de 14 à 18 hres en semaine et de 12 à 16 hres les fins de semaine Entrevues, prestations LIVE, invités surprises, du bonbon en perspective Les meilleurs spécialistes Jazz à Montréal depuis 30 ans L'EQUIPE spcau Radio- 'W Montréal CIBL1015.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 E 7 LIVRES Secrets enfouis à la sauce Maud Graham ^ W.Danielle Laurin eux enfants disparus.À plusieurs années de distance.L’un a survécu, il vient d’avoir 18 ans.L’autre, une fillette de 7 ans, vient tout juste d’être enlevée.C’est le point de départ de Double disparition.Rien de commun, en apparence, entre ces deux histoires qui nous sont racontées en alternance.Sinon que, dans les deux cas, l’en-quêtrice Maud Graham entrera en jeu.Et, avec elle, tout ce qu’on aime retrouver dans la série policière que lui consacre la romancière Chrystine Brouillet depuis bientôt une quinzaine d’années.C’est d’ailleurs la grande particularité des Maud Graham: ce contraste entre, d’un côté, l’horreur, la violence sans nom qui sévit de toutes les façons et, de l’autre, le quotidien de la policière, amoureuse de la vie, de la bonne chère.Chaque roman de la série nous la montre entourée des siens, qu’on voit évoluer au hl du temps.11 y a le jeune Maxime, son fds adoptif devenu ado, avec qui la communication a de plus en plus de ratés.11 y a Grégoire, l’ex-prostitué qu’elle avait pris sous son aile et qui hle le parfait amour avec un collègue à elle.11 y a l’amou- reux, aussi, ce pathologiste bienveillant, plus jeune qu’elle.Et il y a Léo, le chat.De livre en livre, on prend un plaisir fou à les retrouver, tous.A partager leurs repas, leurs conversations, leur chaleur.Cette ambiance bon enfant, ce clan tissé serré qui forme une vraie famille, celle que Maud Graham s’est créée.De livre en livre, le suspense est là, bien sûr.Tout est là qui indique que nous sommes bel et bien dans un polar.Les enquêtes qui piétinent, qui ne vont pas assez vite au goût de la fougueuse et impulsive enquêtrice.La tension qui monte.Tout ça.Puis il y a cette façon d’être à la fois dans la tête des bourreaux et dans celle des victimes.Davantage dans la tête des victimes, dirait-on, en fait, avec les années.Davantage du côté de leur désarroi, de leurs souffrances, de leurs angoisses.Ici, c’est la mère dévastée par la disparition de sa hile de 7 ans enlevée dans un centre commercial bondé.Cette mère à laquelle on ne peut s’empêcher de s’identifier, même si on sait, nous, précisément, contrairement à elle, contrairement à l’enquêtrice, aussi, ce qui se trame d’horrible derrière.Les pédophiles, on les a à l’œil: l’auteure a déjà mis la table.Quel lien avec ce garçon de 18 ans à qui on a menti toute sa vie sur sa véritable identité?Ce garçon victime d’inceste, enfermé en lui-même, honteux, déboussolé, qui en veut au monde entier?C’est compliqué.Tortueux.Et ça semble parfois un peu arrangé avec le gars des vues.Ce qui est sûr, c’est que ce garçon a sa propre quête à mener, tandis que, de son côté.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Avec Double disparition, Chrystine Brouillet poursuit sa série policière amorcée il y a une quinzaine d’années.Maud Graham enquête.Maud Graham qui, même une fois rendue chez elle, a du mal à «laisser son travail au poste», à se détendre.Et ne peut s’empêcher de tout analyser, tout le temps.Elle a beau être «fatiguée d’elle-même», elle ne peut faire autrement que de se questionner.Qui est ce nouvel ami du jeune Maxime, pour commencer, que cache-t-il derrière ses silences et son look gothique?Ce qui est sûr, c’est que tout finit par se recouper.Mais pas là oû on s’y attendait, pas de la façon qu’on l’imaginait.Les liens se tissent peu à peu, sans en avoir l’air, à notre insu.L’action ne manque pas.Le danger est partout.Qn ne sait pas quand, on ne sait pas oû ça va frapper.Même les proches de Maud Graham ne seront pas épargnés.Entre-temps, on aura plongé dans d’autres drames.Avec leurs non-dits, leurs secrets inavoués.Ce genre de secrets qui gâchent la vie.Dont on a honte.Dont on est prisonnier.Ce pourrait être la trame de fond du roman.Le passé.Le passé que l’on cache, mais qui huit par ressurgir.L’habileté de l’auteure consiste à nous montrer sous plusieurs aspects à la fois les ravages du secret.Bien sûr que c’est d’enlèvements qu’il s’agit.De pédophilie, d’inceste, d’abus de toutes sortes.De meurtres.Mais ce n’est pas vraiment là que ça se passe, hnalement.C’est dans le drame intérieur des victimes que ça se joue, avant tout.Comme si Maud Graham, ses enquêtes, les crimes sanglants qu’elle côtoie, tout ça, toute cette mise en scène de l’auteure, finalement, existait de plus en plus pour ça.Pour ce regard-là, plein d’humanité, que pose Chrystine Brouillet sur le monde.Malgré l’horreur.DOUBLE DISPARITION Chrystine Brouillet La Courte Echelle Montréal, 2011,307 pages POLARS Un Fred Vargas pour l’été : quel bonheur ! MICHEL BÉLAIR Depuis Un lieu incertain en 2008 — une histoire de vampire à vous couper le souffle sans l’aide de quelque incisive que ce soit —, Ered Vargas s’était fait muette.En douce, lentement comme son héros auquel elle doit bien ressembler un peu, elle préparait ce livre si riche, si dense qu’il est impossible à résumer décemment.Le silence en valait la peine puisque la récolte est littéralement époustouflante.Comme si la réserve de ces histoires impossibles s’entremêlant, en des liens encore plus improbables surgissant à tout moment dans le cerveau de Jean-Baptiste Adamsberg, commissaire de police de son état, était, par définition, inépuisable.Tout est là et ils sont tous là: une intrigue fascinante, multiple, et les personnages, inimitables, fidèles à eux-mêmes.Adamsberg, bien sûr, avec son nouveau fils de 28 ans, Zerk; Danglard et Veyrenc aussi, et Retancourt, l’immense, la Déesse mère immémoriale; et le chat qui dort sur la photocopieuse, oui.L’hypersomniaque aussi et tous les autres, même Momo-mèche courte.Dès le premier paragraphe de cette Armée furieuse, le bal des histoires impossibles s’amorce avec une vieille femme, Tuilot Lucette, assassinée à la mie de pain par son mari qui lui a préféré un couple de rats: Toni et Marie.Pas évident comme ça en (démarrant, mais irrésistible.Evidemment, Adamsberg règle le mystère en moins de deux, mais ce n’est que pour se retrouver plongé jusqu’aux yeux, sans qu’il le veuille, dans trois enquêtes à mener de front: celle d’un pigeon aux pattes attachées, celle d’un riche industriel carbonisé dans sa voiture et enfin,^ tout droit sortie du Moyen Age, celle qui met en scène les fantômes et les corps putréfiés de la Mesnie Helle-quin, la Grande Chasse, l’Armée furieuse.Fred Vargas Comme d’habitude, Ered Vargas prend un plaisir fou à mêler les intrigues compliquées, les personnages incroyables et les faits d’observation anodins sur le battement des ailes de papillon ou encore sur la façon de ranger les papiers enveloppant les cubes de sucre.Et comme d’habitude, on ne pourra qu’être ébloui par son art et son savoir-faire, qui nous mènent par le bout du nez tout en établissant clairement la différence entre les insectes, les arachnides et les crustacés terrestres, quand elle ne se prononce pas, avec texte à l’appui, sur les causes de la mort de Richard Cœur de lion, blessé par un carreau d’arbalète.Qn sera séduit surtout par sa maîtrise de tous les aspects de ses personnages, en profondeur comme en surface, par sa précision chirurgicale dans la description des décors comme des êtres, et par la hnesse et la pertinence insoupçonnable de la moindre de ses observations, toujours.C’est tout cela et bien plus encore qui rend Ered Vargas unique, inépuisable et merveilleuse.Quel bel été en perspective! Le Devoir L’ARMÉE EURIEUSE Ered Vargas Viviane Hamy éditeur Paris, 2011,428 pages Dans la bibliothèque.d’Isabelle Hudon FABIEN DEGLISE Pas besoin de prendre un train en compagnie de Joselito Michaud pour se livrer.Que non! Isabelle Hudon, elle, le fait très bien en passant par les nombreux livres qui peuplent sa bibliothèque.Dans ce dernier épisode de la série en baladodiffusion «Dans ma bibliothèque», la présidente du Collectif des festivals montréalais (CEM) finit par en dire beaucoup sur sa vie et ses lectures.Avec pour toile de fond les bouquins de Guillaume Musso, de Marc Levy — «on ne peut pas lire du Proust tous les jours», dit-elle —, de Kim Thuy, de Gil Courtemanche, d’Eric-Emmanuel Schmitt, ou encore la surprenante Prophétie des Andes, bc-tion ésotérique aux accents nou- velâgeux de James Redbeld datant de 1993, l’ambitieuse et hyperactive ex-présidente de la Chambre de commerce de Montréal aborde plus que la diversité de ses choix littéraires.Elle évoque aussi sa vie avec un homme plus âgé qu’elle, ses 18 mois passés en Erance, «sans travail et sans le sou», la table à café du chalet de ses parents «toujours recouverte de livres et d’essais», les rapports père-bile, l’amour incondibonnel, sa culpabilité de mère qui travaille trop.Sur un banc, bercée par le cri des oiseaux du mont Royal, elle feuillette et dit ne pas croire au hasard — «les gens que l’on rencontre dans la vie, on ne les rencontre pas pour rien» —, dénonce un peu son ancienne polyvalente, celle de Beauhamois, parce qu’elle ne lui a fait lire «que deux livres», ou encore parle des immigrants qui se saignent pour assurer une vie meilleure à leurs enfants.«C’est ça, le sacrifice!» Celle qui préside actuellement à la destinée de la Einan-cière Sun Life pour le Québec clôture, en 20 minutes, cette série en balado du Devoir qui, dans les derniers mois, a mis le nez dans les bibliothèques de l’écrivain Yann Martel, de l’humoriste Claude Meunier, de la syndicaliste Régine Laurent et LOUISE OLIGNY / VIVIANE HAMY ED Fred Vargas Presses de l’Université Laval Cette anthologie recueille des textes de Nancy Huston, Céline Galipeau, Benoît Pelletier et plusieurs autres bous la - CLAUDE COUTURE TISSER DES LIENS entre canadiens Conférences LOUIS-DESROCHERS en études canadiennes Collection *1 ’ iTN'^wtives I lUuest (X) Z PL^ J X PP Q Z PP X X I—( H 260 pages 39,95 $ Abonnez-vous à INFO-PUL www.pulaval.com SOURCE CHAMBRE DE COMMERCE DE MONTREAL Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life de la chanteuse Diane Tell.La série est également dispo- L’objet sonore se lit.en for- nible sur le site du Devoir.mat numérique sur son iPad, http://www.ledevoir.com/dans-son iPhone, son lecteur de mp3 ma-bibliotheque/.en s’abonnant gratuitement à la balado: http://bit.ly/eyLOjj.Le Devoir T) iilGaspard-LE DEVOIR JTalmarès Du 13 an 19 juin 2011 Romans québécois 1 II Double disparition.Une enquête de Maud Graham Chrvsüne Brouillet/Courte échelle -n 2 Les folles années • Tome 4 Eunénie et l'enfont retmuvÉ i Jean-Pierre Chariand/Hurtubise -n 3 Au bord de la rivière * Tome 1 Baptiste Michel David/Hurtubise m 4 AN.G.E • Tome 9 Cenotaphium Anne Robillatd/Wellan 1/B 5 Mémoires d'un quartier • Tome 8 Laura, la suite Louise TremblaiHTEssiambre/Guy Saint-Jean -71 6 Les héritiers d'Enkidiev • Tome 3 Les dieux ailés Anne Robillatd/Wellan 7/0 7 Dans mes veux émoi Josélito Michaud/Libre Expression 3/15 8 Lescapade sans retour de Sophie Parent Mylène Gilbert-Dumas/VLB 4/0 9 Le secret du cofire bleu Lise Dion/Libre Expression 5/21 10 Marie de la mer • Tome 1 Sur la plage Annie Lavigne/Intouchables -/I Romans étrangers Il Létmnqe voyage de monsieur Daldry Marc Lévy/Robeit Laffont 1/B 2 Les neuf dragons.Une enguéte de Harry Bosch Michael Connellv/Seuil 2/3 3 La confession John Grisham/Robert Laffont 3/3 4 Quand mviendms-tu ?Mary Higgins Clark/Albin Michel 4/4 5 Lappel de l'ange Guillaume Musso/XD 5/10 6 Une enguéte philosophigue Philip Kerr/Uu Masgue B/3 7 Larmée furieuse Fred Vargas/Viviane Hamy -n 8 Le cimetière de Prague Umberto Eco/Grasset 9/8 9 Moonlight mile Dennis Lehane/Rivages 7/3 10 MIni-accm du shopping Sophie Kinsella/Belfond fl/B Essais québécois 1 il Mafia inc.Gmndeur et misère du clan sicilien au Québec André Cédilot 1 André Noél/Hommu 1/34 2 Les vieux.La vieillesse : une metveilleuse étape de notre vie Rose Legault/Québécor 3/2 3 Poing à la ligne Normand Lester/Intouchables 5/12 4 Tmisième millénaire.Bilan final - Chrunigues impertinentes Jean-Fmnçois Lisée/Alain Stanké 9/2 5 Le retour turbulent de Dieu.Politigue, tellglon et laïcité Sami Aoun/Médiaspaul 2/7 6 foiiluGiGf^iiéitpæbfitMéibQiâecdaxiiiiinkEnbi^^ Guy Dumnd/Des Dliviets -/I 7 Létat du Québec 2D11 Collectif/Borèal 4/0 8 II y a trop d'images.Textes épars 1993-2010 Bernard Émond/Lux B/B 9 Tintin et le Québec.Hergé au cœur de la Révolution tmngullle Tristan Demers/Hurtubise -/I 10 Le Québec : teiritoire incertain Henri Dorion|JeaiEPaulLacasse/Seplenlrion 7/2 "?"Essais étrai^rs Tl Notre poison guulidien Marie-Monique Robin/Alain Stanké 1/B 2 Les mots de ma vie Bernard Pivot/Albin Michel 2/B 3 Demain, qui gouvemem le monde ?Jacques Attali/Fayard 4/7 4 Indignez-vous ! Stéphane Hessel/Indigéne 3/21 5 Une brève histoire de l’avenir Jacques Attali/LGF 5/1B 6 Le paradoxe amoureux Pascal Bruckner/LGF -/I 7 Y a-t-il un grand architecte dans l'Univers ?Stephen William Hawking/Ddile Jacob 1 B/2 8 La plus belle histoire des fommes Françoise Héritier et alJSeuil -n 9 Loligarehie ca suffit vive la démocratie Hervé Kempf/Seuil 7/19 10 La Chine dans vingt ans et le reste du monde Pierre Picquart/Favre 8/2 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d’information et d'analyse Æipnf sur les ventes de lines français au Cartada.Ce palmarès est extrait de tëss&û et est consiué des relevés de caisse de 171 polnb de vente.La BRF reçoit un soutien financier de FMrimolne canadien pour le pnjet fitpnf.® BRF, toute reproduction totale ou partielle est irrlerdlta E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2011 LIVRES ESSAIS QUEBECOIS Lire de nuit avec Philippe Haeck Louis Cornellier « I pourquoi lis tu au milieu de la nuit / suffit de m’empêcher de lire pour me tuer», écrit le poète et essa^dste Philippe Haeck, dans Pourquoi lis-tu au milieu de la nuit, pour résumer son rapport au monde.«Une journée sans lecture est une journée épuisante — j’ai besoin d’arrêter, d’écouter, de me recueillir», ajoute-t-il pour être clair.Haeck ne lit pas pour se divertir, pour passer le temps, pour avoir de la culture; il lit «pour connaître ce qui tremble [en lui qu’il] n’arrive pas à nommer», pour se «maintenir en selle sur le cheval de vie».________________ Bref recueil de notes — un genre prisé par le poète parce qu’il «saisit la pensée-rêverie au vol, dessine une esquisse, n’explique pas, donne à entendre, bâtit un pont flottant» —, Pourquoi lis-tu au milieu de la nuit est un plaidoyer sensible en faveur de la vie avec les livres.En 96 courtes méditations, Philippe Haeck y témoigne de son besoin vital, maniaque, de lecture.«Je ne lis pas trop: je mets ma vie en jeu, écrit celui qui se lève la nuit pour lire.La plupart du temps les voix des livres me tiennent plus compagnie que celles de mes proches occupés à leurs soucis quotidiens.» La dureté du monde Heurté par la dureté du monde, Haeck veut cultiver ce qu’ü appelle sa «parole verte», une sorte de parole aimante qui choisit le souffle et la bonté plutôt que l’argumentation et la quête rugueuse de la vérité.Le poète et essayiste, qui avoue que son manque de force physique a été un cadeau parce que cette déficience l’a mené à se faire «athlète de la langue», recherche tellement la douceur qu’ü en devient parfois doucereux.Il confesse ne pas lire les journaux pour «ne pas être envahi par les actualités», comme si ces dernières méritaient le mépris alors qu’elles par- ticipent elles aussi à la trame de nos vies.De plus, cette espèce de retrait monastique s’accompagne, chez Haeck, d’un anti-intellectualisme désolant.Pourquoi, en effet, opposer «la route du cœur» au désir de comprendre?Il n’y a pas que de la froideur et de la dureté dans les discours systématiques qui permettent souvent, au contraire, de ne pas s’égarer dans la foire aux sentiments.Haeck, presque à son corps défendant, reconnaît cela au passage, comme on confesse un péché.«Je reste attiré, écrit-il, par les philosophes systématiques même si je suis depuis que f écris du côté des poètes-penseurs qui préfèrent un arbre à la logique, les choses aux idées, l’amour ondoyant à la réflexion méthodique, l’intuition à la raison.» Il est légitime que le poète choisisse l’intuition, mais il est déplorable qu’il laisse entendre, ailleurs, que la raison est un éteignoir.En lecteur complaisant qui refuse de dénigrer un livre au nom d’une molle amitié universelle, Haeck irrite.En lecteur compulsif qui lit, toujours, même la nuit, pour mieux vivre, il est un ami précieux.«Quand tu lis, loin d’être absent, tu es plus présent que jamais», écrit John Berger que cite Haeck en ouverture de son ouvrage.Cette idée de la lecture comme un retrait du monde nécessaire à un vrai engagement dans ce monde est admirablement développée par l’essayiste.«La prière, la lecture mettent en retrait du monde, pourtant c’est pour ce monde que l’on prie, pour mieux vivre dans ce monde que je lis», écrit-il.Etre plusieurs Partisan de la diversité des lectures, Haeck fréquente des ouvrages provenant de tous les horizons parce qu’ü aime «être plusieurs».Le lecteur, que les non-lecteurs perçoivent comme un individu en quête d’isolement, est, au contraire, un être en quête d’humanité élargie.«Les livres, note Haeck, donnent à sentir l’histoire de notre espèce; je cherche dans ces trente siècles des compagnons, des amies qui m’aident à trouver le cœur de ma vie, à tisser des liens aimants avec mes proches — je n’ai que des proches: chaque livre me l’apprend.» Dans un livre de Margaret Laurence, par exemple, Haeck fréquente une femme amoureuse de son mari qui rêve néanmoins de coucher avec d’autres hommes pour savoir comment ils sont L’essayiste se reconnaît dans le personnage.«Si j’ouvre tant de livres, réfléchit-ü, n’est-ce pas pour coucher avec plusieurs âmes.» Dans ce monde souvent tapageur où la quête éâ jf © JOSEE LAMBERT Philippe Haeck: «Le poème est du côté de la photo, de la toile: il prend un fragment du monde, en fait le monde entier, me force à m’arrêter.» d’intensité est une injonction, Philippe Haeck trouve un rythme humain dans les livres.«Jeune, note-t-il, je me suis intéressé â l’alchimie; vite l’or ne m’a plus tenté: un peu d’eau au creux de la main me suffit.» Un peu d’eau et des «amours tranquilles qui se déploient lentement» parce que la passion épuise.D’un genre littéraire à l’autre, ce rythme humain connaît des variations qui permettent au lecteur des pauses signifiantes ou des marches exploratoires.«Le poème, suggère l’essayiste, est du côté de la photo, de la toile: il prend un fragment du monde, en fait le monde entier, me force â m’arrêter.Le roman est du côté du cinéma, de la musique: il m’enveloppe, me force â suivre, je suis au milieu d’un monde qui va vers sa disparition.» Magnifique autoportrait du lecteur en veilleur qui lit «pour connaître jusqu’à la fin l’ivresse de [se] laisser toucher par toutes sortes d’esprits», «pour [se] dire oui, ne pas [se] perdre».Pourquoi lis-tu au milieu de la nuit, mal^é une petite dérive anti-intellectuelle, est une invitation au plus beau, au plus essentiel de tous les voyages, celui de la littérature.louisco@sympatico.ca POURQUOI LIS-TU AU MILIEU DE LA NUIT Philippe Haeck L’Hexagone Montréal, 2011,72 pages / / BEDE Dingos sur la route FABIEN DEGLISE Ce n’est pas nous, c’est la page couverture qui le dit L’histoire aurait dû s’intituler Folie douce, ou Le Secret du polichinelle.Mais finalement, Christophe Chabouté a choisi un autre titre.Les princesses aussi vont au petit coin (Vents d’Ouest), comme pour perturber un peu plus le lecteur devant sa toute dernière création.C’est que, sous la couverture, les fiUes de roi sont plutôt rares, contrairement à ces cases en noir et blanc qui méthodiquement conduisent une nouvelle fois dans les méandres de la condition humaine.Avec finesse, intelligence, découpage efficace et la dose d’intrigue nécessaire pour donner un corps savoureux à l’ensemble.Nous sommes quelque part en France, où un couple dans la quarantaine et dans une fourgonnette a décidé de s’extirper de son existence paisible et prévisible pour vivre à fond le reste de son existence.H est barbu.Elle a l’air douce.La trajectoire de leur fuite va croiser celle de Jorn, dit le dingo, un jeune homme armé, troublé, se disant pourchassé parce qu’il a en main des documents compromettant pour le pouvoir en place.Rien de moins.Sur cette base, Chabouté, qui est passé maître dans l’art de car-to^aphier la psyché humaine en évitant les scénarios convenus — comme son Tout seul l’a si joliment démontré en 2008 —, livre ici un nouveau fi'agment d’humanité tout en profondeur où les an-goisses des uns rencontrent celles des autres pour mieux se reconnaître, sur fond de road-mo-vie et de théorie du complot.C’est parfois noir.Parfois comique.Souvent troublé.Mais forcément toujours aussi attachant Un piège qui sent le réchauffé Attachant C’est certainement le concept qui fait encore et toujours avancer, pas forcément avec le même plaisir, Philip Mortimer et Francis Blake qui, près d’un quart de siècle après avoir survécu à leur géniteur, le bédéiste belge Edgar P Jacobs, poursuivent leur déambulation dans le monde de l’enquête et du coup fourré dans Le Piège machiavélique (Dargaud).Présentée comme une interprétation libre, plutôt qu’une suite logique de l’œuvre de Jacobs, l’histoire püotée par Pierre Veys au scénario et Nicolas Barrai à la plume place nos héros face à une drôle de machine, un chrono-scaphe rencontré dans Le Piège diabolique à la belle époque des années 60, qui va les confronter à un drôle de destin: un monde dans lequel Olrik est devenu le premier ministre d’une société britannique où les chauffeurs de taxi sont tous aveugles et où les autobus à deux étages en ont désormais trois.Loufoque, vous avez dit?Loufoque.Prémisses amusantes, ce piège, qui se promène entre narration inventée et relecture assez grossière des composantes narratives fortes imaginées par le père fondateur de la série, peine toutefois à convaincre avec son coup de crayon à des années-lumière de l’original, sa facture faussement classique et surtout sa trame narrative qui s’enfonce parfois dans le cabotinage et la fr-cî[ité, donnant ainsi du poids aux bédéphiles de stricte obédience qui rêvent d’un monde où, à l’image de Tintin, les grands personnages du 9® art n’auraient plus le droit de faire des bulles sans la présence des mains qui ont toujours façonné leur univers.Le Devoir LES PRINCESSES AUSSI VONT AU PETIT COIN Christophe Chabouté Vents d’Ouest 2011,112 pages LE PIÈGE MACHIAVÉLIQUE Texte de Pierre Veys, illustrations de Nicolas Barrai Dargaud 2011,56 pages Montréal au temps du vice et des affaires louches SEBASTIEN VINCENT Durant les premières décennies du 5ÔC® siècle, «Montréal, ville ouverte» constituait l’une des métropoles les plus corrompues de l’Amérique du Nord avec son Red Light, ces centaines de maisons de jeu et de paris illégaux, ces célèbres «barbettes», ces loteries clandestines et son système de copinage entre les gangsters et les autorités.Pendant que les caids de la pègre engrangeaient des millions, l’administration municipale devait faire preuve d’inventivité en matière de fiscalité sur fond de crise budgétaire quasi permanente.La légalisation des jeux de hasard et des loteries, qui représentait un intéressant potentiel fiscal, devint un enjeu important, souligne Magaly Brodeur dans ce bref essai.L’auteure explore un aspect méconnu de Thistoriographie montréalaise et québécoise en s’intéressant aux incidences politiques et socioéconomiques de la prohibition des jeux de hasard et d’argent au sein de la ville entre 1892, date d’entrée en vigueur de l’interdiction des jeux au Canada, et 1970, année de la création de Loto-Québec.Elle décrit aussi le contexte économique et législatif qui a favorisé la légalisation du jeu en tant que source de financement municipal, puis provincial.Plusieurs individus jouèrent un rôle déterminant au cours de ces décennies qui virent le statut du jeu passer progressivement de vice crappleux à un loisir encadré par l’État Le maire Camilien Houde lança une campagne en faveur de la légalisation des jeux de hasard dès 1928 afin de combler le déficit financier qui minait la métropole.Quelque vingt ans plus tard.Pacifique Plante incarna la figii-re d’un Eliot Ness québécois.À titre de directeur adjoint de l’escouade de la moralité de la police de Montréal, il procéda au «nettoyage» de la ville et arrêta Harry Ship, le «roi» de la pègre montréalaise.Sa retentissante série d’articles publiés dans Le Devoir mit au jour le monde du crime organisé qui sévissait aux quatre coins de la cité à la fin des années 1940.Incontournable source journalistique, Magaly Brodeur s’y réfère abondamment, ainsi qu’à des documents d’archives juridiques et municipales, dont le fond du service des finances et du contrôle budgétaire.Celui-ci comprend les dossiers sur la «taxe volontaire» de Jean Drapeau, autre pourfendeur de la corruption et de la pègre.Ce livre est issu d’un mémoire de maîtrise en histoire qui a valu à son auteure le prix Chercheur-Auteur de la relève 2010 remis par l’ENAP Malgré sa forme scolaire, il propose un détour historique documenté, éclairant et fort à-propos, alors que les questions de la lutte contre la corruption et le crime organisé, de la gestion responsable de l’offre de jeu par Loto-Québec et celle du financement des dépenses publiques occupent plus que jamais l’actualité.Collaborateur du Devoir VICE ET CORRUPTION À MONTRÉAL 1892-1970 Magaly Brodeur Presses de lUniversité du Québec Québec, 2011,129 pages iLiiMMif 0ilioffîBQ¥Ar~ LITTERATURE ANGLAISE Un homme double Le livre sans doute le plus ambitieux du grand romancier britannique NAIM KATTAN Solaire, le dernier roman d’Ian McEwan, est sans doute le plus ambitieux de cet auteur, qui est le plus marquant des romanciers britanniques actuels.Son héros Michael Beard est un homme divisé, déchiré, double.Prix Nobel de physique, ses ambitions scientifiques sont vivaces même s’il exploite surtout sa réputation pour se faire payer des honoraires exorbitants pour les conférences qu’il consent à donner un peu partout Sa vie privée n’est point reluisante.Chauve, rondouillard, il est rendu à son cinquième mariage.Il délaisse sa dernière femme.Au seuil du divorce et ne se gênant pas de solliciter les faveurs d’autres femmes, il s’aperçoit que son épouse ne se cache pas pour le tromper.Paradoxalement, sa jalousie est intense.Il traque ses amants, dont le premier l’affronte violemment Le deuxième meurt par accident sous ses yeux et il s’arrange pour faire passer cet accident pour un assassinat commis par le premier.Celui-ci est condamné à la prison.Cela n’apaise point son ressentiment et sa jalousie.Un héros pathétique Pour relancer sa carrière.Beard s’embarque dans une grande aventure pour sauver l’humanité du désastre du réchauffement climatique.Il se rend au pôle Nord et ensuite dans le désert pour mettre au point son entreprise, qui n’est qu’une aventure.lan McEwan met en scène un homme pathétique qui joue malgré lui le rôle d’un aventurier inconscient dans un drame burlesque.La science ne suffit pas pour lui faire éviter les pièges d’un narcissisme forcené.Dans ses rapports avec les femmes, il est animé par une vanité dont le désir n’est qu’un mince ingrédient.Le romancier a visiblement recueilli une ample et exhaustive documentation sur la physique, le désert, les glaciers.Cela ralentit l’action et réduit l’intérêt du lecteur.Il se rattrape par le comique qui imprègne l’existence triste de son héros.Collaborateur du Devoir SOLAIRE lan McEwan Traduit de l’anglais par France Camus-Hchon Gallimard Paris, 2011,390 pages UNE REVOLTE OUBLIEE Marcel Labellc ^ L’Insurrectton d« patriotes a Beauharnois en iS3S Unt; révolte oubbée Dans la nuit du 3 au 4 novembre 1838, environ 500 hommes convergent vers Beauharnois, Ils sont armés de fusils ou d’outils transformés en armes de fortxme.Ce sont les patriotes qui cherchent à se hbérer du joug de l’impériaUsme britannique.A partir de récits croisés des témoins de l’époque, souvent antagonistes, les événements sont racontés de façon vivante par ceux qui les ont vécus.AUSSI DISPONIBLE EN FORMAT PDF FEUILLETAGE EN LIGNE! 3033 Qu ^SEPTENTRION.QC.CA
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