Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 2011-08-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOUT 2011 MONDE ARABE Comment juger les dictateurs ?Page B 3 IDEES 1 État des routes: l’effet du camionnage Page B 5 PERSPECTIVES INFRASTRUCTURES Revoir les façons de faire au MTQ Le processus d’octroi des contrats en génie doit être examiné, selon Roger Nicolet MARCO BELAIR-CIRINO MÉLISSA GUILLEMETTE Il y a une semaine, ime poutre s’écrasait sur l’autoroute Ville-Marie, entraînant dans sa chute les paralumes qu’elle soutenait.S’il n’y a pas eu de blessés, l’événement a rappelé l’effondrement partiel du viaduc de la Concorde, en 2006, qui a fait cinq morts et sk blessés.Quelles leçons le gouvernement du Québec a-t-il tirées des recommandations de la commission Johnson qui a suivi le drame de l’autoroute 19, dont celle de ne pas laisser les coudées franches aux firmes de génie-conseil?Le ministère des Transports (MTQ) s’affairerait toujours à mettre en oeuvre quelques-unes des propositions de la commission d’enquête dirigée par l’ancien premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson.D’ailleurs, le ministre des Transports, Sam Hamad, aurait en sa possession un «tableau» récapitulant les 17 avis de la commission, puis les actions entreprises concernant chacun par le gouvernement depuis la pubbcation du rapport de 225 pages à la mi-octobre 2007.Rappelons que ces recommandations touchaient à la fois la mise à niveau des codes, des normes et des manuels, l’encadrement juridique de la conception et de la construction des ouvrages d’art, y compris la surveillance, ainsi que la gestion du MTQ.Le Devoir a cherché à mettre la main sur le «tableau» afin de connaître les actions entreprises par le gouvernement à la suite du dépôt du rapport d’enquête, mais sans succès.«Des actions ont été prises pour chacune d’elles [les 17 recommandations]», s’est contentée de répondre la por-t^parole du MTQ, Caroline Larose.L’agente de l’Etat a ensuite fait savoir qu’«MM ingénieur hiérarchique vérifie désormais les plans d’un autre» et que de «la formation continue» est maintenant offerte aux ingénieurs.«Ça, c’est en vigueur.» L’ancien commissaire Roger Nicolet, qui a participé à l’élaboration des recommandations, met un bémol.«Il n’y a pas eu de transformation significative des services du ministère qui étaient touchés par nos recommandations.Sur les 17 avis, certains mériteraient d’être regardés à nouveau», souligne l’ingénieur, qui a une lon^e feuille de route dans les secteurs public et privé.La présidente de l’Qrdre des ingénieurs du Québec (QIQ), Maud Cohen, exhorte le MTQ à «revenir à l’esprit» du rapport de la commission Johnson.L’QIQ a maintes fois rappelé dans le passé l’importance de gérer les infrastructures tout au long de leur cycle de vie et d’accorder plus de ressources à la conception des infrastructures.«On veut souvent économiser dans les frais de conception.Or, sur la vie d’un ouvrage, les frais de conception représentent 5 % des coûts, les frais de construction, c’est 15 % et les frais d’entretien et de maintenance, c’est le reste: 80 %.Quand on fait la conception comme il le faut, ces 5 % nous permettent parfois d’avoir le temps de vraiment envisager des façons de faire qui vont nous permettre d’avoir des infrastructures beaucoup plus durables et qui nous coûtent beaucoup moins cher.» Roger Nicolet fait valoir que le gouvernement doit avant tout s’interroger sur le fonctioimement du MTQ, notamment le processus d’octroi de contrats à des firmes d’ingénierie et de construction privées.«Il y a certaines pratiques, certains services à l’intérieur du ministère qui ont été déficients.Nous l’avons clairement relevé dans le rapport de la commission Johnson», soubgne-t-il.«De plus en plus, le ministère a tendance à donner des contrats pour des blocs de services importants.et de les donner en vase clos, c’est-à-dire que les personnes ou les sociétés habilitées à soumissionner font partie d’une courte liste, note Roger Nicolet.Tout ça engendre un réflexe corporatif qui consiste tout simplement à partager un gâteau [entre les mêmes acteurs, ce qui fait en sorte de ne pas recourir à des] talents plus pointus, à des gens avec d’autres horizons, d’autres points de vue, d’autres compétences», déplore-t-il.VOIR PAGE B 2: REVOIR ê ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le ministre des Transports, Sam Hamad rimm ^ EïSa: MANNIE GARCIA REUTERS Le long débat et Taccord contesté sur la dette ont laissé un goût amer à la Maison-Blanche et dans les rangs des élus démocrates et républicains.Dette américaine Fissures au sein des partis L’accord sur la dette et le déficit, entériné cette semaine au Congrès, reflète et creuse des divisions au sein des deux partis qui dominent la vie politique aux États-Unis MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington — Après le brqs de fer qui a failli mettre les Etats-Unis en état de cessation de paiement pour la première fois de leur histoire, les Américains estiment que leurs élus ont agi en «enfants gâtés».Ils rejettent l’accord issu de négociations de dernière minute et renvoient dos à dos républicains et démocrates.Barack Qbama, qui s’en tire un peu mieux même si sa cote de popularité touche un nouveau plancher, à 40 %, essaie de reprendre l’initiative en appelant le Congrès à se focaliser sur le chômage, coincé au-dessus de 9 % depuis 2009.«Je vais me battre pour de nouveaux emplois et une croissance économique plus rapide», affirme le chef de la Maison-Blanche, qui propose notamment des baisses d’impôt pour la classe moyenne et des mesures pour stimuler la construction d’infrastructures.Mais le problème de la dette et du déficit ne va pas disparaître de la vie politiqpe américaine.Avec le relèvemenp la dette des Etats-Unis a surpassé leur PIB.Par ailleurs, la crise budgétaire accentue une crise politique, non seulement entre la Maison-Blanche et la majorité républicaine de la Chambre, mais aussi entre la direction du Parti républicain et la mouvance du Tea Party, de même qu’entre Barack Qbama et l’aile gauche du Parti démocrate.Barack Qbama reconnaît d’ailleurs que le relèvement du plafond de la dette «n’est qu’une première étape».En fait, l’accord lui-même assure que le thème budgétaire restera au premier plan du discours politique au moins jusqu’au début des scrutins primaires en janvier.En effet, le compromis prévoit que démocrates et républicains forment une «upper commission» qui, d’ici le 23 novembre, devra trouver plus de 1,8 mille milliards de dollars d’économies supplémentaires et produire un plan pour résoudre les questions les plus épineuses, comme la réforme des retraites et des impôts.La Chambre et le Sénat devront voter pour ou contre, sans possibilité d’amendements, sur ce plan d’ici le 23 décembre.Mais, si les sk démocrates et les six républicains de la super commission ne parvenaient pas à s’entendre sur un plan ou si les assemblées votaient contre, le compromis autorise une diminution automatique des dépenses publiques.Manœuvres partisanes Les manoeuvres ont donc commencé en vue de la suite de la saga de la dette et du déficit.Le Tea Party a déjà obtenu des dirigeants républicains l’engagement de ne nommer à la commission que des élus allergiques aux impôts.De son côté, l’aile gauche du Parti démocrate exhorte le président Qbama à arrêter de faire des concessions aux républicains.Mais si l’on en juge par l’expérience récente, le président Qbama n’a pas fini de décevoir sa base.L’an dernier, la commission présidentielle qui s’était frottée aux réductions budgétaires était composée de «Wall Street Democrats» favorables au démantèlement des programmes sociaux tels que la Social Security (retraites), Medicare (couverture médicale pour les plus de 65 ans) ou Medicaid (aide aux indigents et aux handicapés).Cette semaine, le Black Caucus et le Progressive Caucus avaient appelé à voter contre JASON REED REUTERS Le président américain Barack Obama le compromis.Le mécontentement des Noirs et des autres membres de l’aile gauche du parti s’exprime désormais ouvertement envers Barack Qbama, accusé de faiblesse, voire de «trahison», comme le dit l’intellectuel noir Cornel West.De fait, le président avait d’abord insisté pour que le plafond de la dette soit relevé sans révision budgétaire, avant de reculer.11 avait toujours promis de sauvegarder la Social Security, mais il prône aujourd’hui des «ajustements».11 voulait une «approche équilibrée» entre dépenses et recettes, mais il a finalement accepté un accord qui n’inclut aucune augmentation d’impôts.VOIR PAGE B 2: CRISE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOUT 2011 PERSPECTIVES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une commission d’enquête publique présidée par Pierre Marc Johnson a été instituée à la suite de l’effondrement du viaduc de la Concorde, qui a fait cinq morts et six blessés en 2006.REVOIR SUITE DE LA PAGE B 1 Personne ne remet en doute les compétences des firmes de génie-conseil qui récupèrent 90 % du boulot d’inspection des chantiers routiers du MTQ.«Un ingénieur, c’est une personne qui doit être indépendante dans son opinion professionnelle, qu’elle soit employée par une firme de génie-conseil ou par le ministère», rappelle Maud Cohen, un propos repris par le ministère et le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement (APIGQ), Michel Gagnon.C’est plutôt la «perte d’expertise criante» au MTQ que Maud Cohen déplore.«Que le ministère sous-traite ou non, c’est un choix de gestion.Mais on doit, à l’interne, avoir les compétences pour assurer un suivi adéquat.» Comme elle l’a dit à plusieurs reprises, en tant que donneur d’ouvrage, le ministère doit avoir une bonne connaissance de l’état du réseau routier.Michel Gagnon déplore le fait que les ingénieurs du gouvernement sont désormais en permanence dans leurs bureaux, surtout en région montréalaise.«On n’est même plus sur les chantiers; [pourtant,] la véritable école pour les ingénieurs, c’est le terrain, ce n’est pas de gérer des contrats de firmes.» Le plus grand problème est celui des jeunes ingénieurs qui remplacent des retraités, croit-il, parce qu’ils n’auront pratiquement jamais eu l’occasion de faire du terrain.Quelque 239 ingénieurs sont employés par le ministère pour les inspections, sur un total de 556 ingénieurs à l’emploi du MTQ pour les inspections, la conception et la surveillance des travaux.Des effectifs en progression, certes, puisqu’il y a 10 ans le ministère comptait 442 ingénierus.Le budget du ministère poru les infrastructures était de moins d’un milliard de dollars en 2001, tandis qu’il est aujorud’hui de près de quatre milliards.Le président de l’APlGQ relève un manque de logique ici.«C’est comme si le chiffre d’affaires de Rio Tinto quadruplait, mais qu’on n’augmentait les effectif que d’une cinquantaine d’employés.» C’est plutôt le budget consacré à l’expertise des firmes de génie-conseil qui aurait suivi la courbe budgétaire du MTQ, selon les données de l’association.Comment se compare le Québec avec se,s voisins?Des données concerpant les inspections des ponts aux Etats-Unis révèlent que, dans l’État de New York, la part des contrats décrpchés par les firmes privées est égale à celle des ingénierus de l’ÉtaL et c’esf le même portrait au Miimesota, au Maryland et en Californie.L’État de Washington et celui de l’Qregon se démarquent avec respectivement 90 % et 80 % du travail fait par les ingénierus à l’interne.Le cas du Québec se rapproche davantage de la Floride et de l’Qhio, où 95 % des travaux sont exécutés par des consultants.Et La Presse a révélé cette semaine que le Québec est le champion de la sous-traitance au Canada: en Qntario, en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, au moins la moitié des inspections sont faites par des ingénierus du secteur public.Réduire la taille de l’État Au lendemain de l’élection de 2003, le gouvernement de Jean Charest a manifesté le désir de réduire la taille de l’État.«C’est une façon de faire qui s’inscrit dans une tendance néolibérale de réduire les déficits publics pour permettre les réductions des impôts», rappelle le professeur à la retraite et associé qu Département des sciences économiques de l’UQAM Bernard Élie, avant d’affirmer: «Si on avait maintenu une expertise importante au ministère des Transports, on aurait certainement économisé sur un certain nombre “d’erreurs” qui ont eu lieu ces dernières années dans le cadre des multiples réfections qu’on doit faire dans les infrastructures routières.Mais c’est une question idéologique qui est un vieux débat depuis 200 ans!» Le ministère estime plutôt qu’il est impossible d’avoir de plus grands effectifs en génie civil.«Pour la réalisation de nos travaux, on fait affaire avec des firmes privées dans 90 % des cas, parce qu’on ne peut pas avoir en régie tout ce personnel, a expliqué le porte-parole Réal Grégoire.C’est de la reconstruction, on n’a pas besoin d’avoir cette expertise dans nos bureaux.Ce serait trop de personnel.» L’ancien commissaire Roger Nicolet n’ajoute pas sa voix aux dizaines de milliers de personnes et aux poupes de pression, dont l’APlGQ, qui réclament une commission d’enquête publique afin de faire la lumière sur les travers de l’industrie de la construction.«Je suis bien d’accord qu’il y a un malaise profond dans l’industrie, mais c’est un problème tellement large, tellement multifacette, que je ne vois pas comment une seule commission pourrait intelligemment et correctement, dans un espace de temps raisonnable, embrasser tous les aspects», estime-t-il.Toutefois, «un coup de vent du grand large» serait salutaire afin de «décrisper, désencroûter certaines pratiques, certaines habitudes, certains liens» du MTQ, conclut Roger Nicolet.De son côté, le ministre Sam Hamad a promis de «revoir les façons de faire» du MTQ, afin de faire en sorte que la population québécoise puisse être «assurée que les mandats donnés par le ministère sont réalisés avec de hauts standards de qualité».«Je veux que le ministère me donne l’assurance que, lorsqu’on donne des mandats à l’extérieur du ministère, il y a [tout de même] un suivi serré de tout ce qui est fait», a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence de presse jeudi après-midi.Le MTQ ne compte toutefois pas passer en revue les plans et les devis conçus par les firmes d’ingénierie.«Ça ne donne rien de donner de l’argent à l’extérieur si nous, on prend ensuite la responsabilité de leur travail», a dit M.Hamad.Le Devoir dété ^niNlAUWO^ .CWMÆUBW UNE ÉCOLE DE CITOYENNETÉ AUX AIRS DE FESTIVAL ^ POURLESISÀISANS C^\ 8-ÉIHIION nK INSCBIÏH-ÏOUS! -J www.inm.qc.ca/ee2011 pé X 1877 934-S999 poste 234 P" fflecoledete (avenir du Mnsique etptasieufsautt®*’- > Samian »Main0eneault Eij:ichir Llï LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Libre de penser Le genie pour I industrie CRISE SUITE DE LA PAGE B 1 «Il y a eu capitulation de notre leadership», lance Raul Grijalva, coprésident du groupe progressiste.La capitulation intrigue d’autant plus que les deux tiers de l’opinion souhaitaient une «approche équilibrée».Bien que le groupe progressiste soit le plus important de la Chambre, avec 77 membres, soit près de 20 de plus que le groupe du Tea Party fondé par la candidate à la Maison-Blanche Michèle Bachman, M.Qbama semble se moquer de ce que l’un de ses porte-parole a appelé «la gauche professionnelle» tout en comptant sur elle lors des élections.Qr, dans le contexte d’une économie guettée par une récidive de récession qui frappe surtout les Noirs et les Hispaniques, le louvoiement de M.Qbama sur la défense des acquis du New Deal de Franklin Roosevelt et de la Great Society de Lyndon Johnson pourrait démobiliser,des électeurs à qui il doit la Maison-Blanche.A cet égard, il est remarquable que certains progressistes menacent de ne plus soutenir M.Qbama, de lui opposer un conclurent aux primaires démocrates et même de créer un nouveau parti.Camp républicain Dans le camp républicain, le risque de scission existe aussi, y compris entre sous-mou-vances d’un Tea Party qui n’est pas monolithique.La mouvance ultraconservatrice peut proclamer victoire dans le sens où elle a orienté les négociations vers un texte qui soumet le relèvement du plafond de la dette à une baisse des dépenses.Mais certains de ses membres, dont Michèle Bachman, ont voté contre le compromis qui, à leurs yeux, ne comprend pas assez de coupes et aurait dû obliger le gouvernement à présenter des budgets en équilibre.Dans une attitude inédite pour des élus du Congrès, ces irréductibles du Tea Party sont restés sourds aux sirènes de la direction républicaine en affirmant que, contrairement aux politiciens traditionnels, ils tiennent plus à leurs principes qu’à leurs sièges.En même temps, ils JONATHAN ERNST REUTERS John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants ont menacé le président de la Chambre, John Boehner, et d’autres républicains de la vieille garde de représailles aux urnes sous la forme de rivaux d’extrême droite aux primaires.Dans ce camp aussi, un manque de cohésion «pourrait diminuer la participation» aux élections, avertit Karl Rove, ancienne éminence grise de George Bush.Plus qu’une sécession du Tea Party, le scénario probable est néanmoins que le mouvement continuera sa stratégie initiale: cannibaliser le Parti républicain de l’intérieur.Ne serait-ce que parce que cette stratégie fonctionne pour l’essentiel, et de leur point de vue, comme l’ont montré la reconquête de la Chambre et l’accord sur la dette.CoUaboratriee du Devoir 86 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOUT 2011 B 3 PERSPECTIVES i KHALED DESOUKI AEP Rien ne laissait présager la révolte arabe de l’hiver dernier lors du 2® sommet afro-arabe qui se tenait en octobre dernier en Libye.On retrouve dans l’ordre habituel, au premier rang, le président déchu de la Tunisie Zine el-Abidine Ben Ali, le président yéménite Ali Abdullah Saleh, le leader libyen Mouammar Kadhafi et l’ex-président de l’Egypte Hosni Moubarak.Comment juger les dictateurs ?La montée en puissance de la justice internationale a changé la donne MARC SEMO Le jugement du dictateur déchu représente un moment fondateur pour une démocratie en construction.D’où l’importance de ne pas rater un tel rendez-vous.«Le procès a une fonction de catharsis, mais il devrait aussi amener la société à réfléchir sur elle-même et les compromissions de chacun; sur ce qu’il a fait et surtout ce qu’il n’a pas fait», soulignait le père Toma, dominicain de Bagdad et ami de Vaclav Havel, peu avant l’ouverture du procès de Saddam Hussein, seul précédent d’un dictateur arabe devant rendre des comptes.Ce fut une «occasion manquée» — selon la formule de l’ONG Human Rights Watch — dans un pays sous occupation, même si le tribunal était composé de juges irakiens.L’insécurité et l’assassinat de trois des avocats de l’accusé transformèrent la procédure en une parodie de justice dont l’apogée fut la pendaison du dictateur sous les quolibets et les cris de joie.Malgré les efforts des enquêteurs et le dépouillement des archives de la police secrète, le procès de la machine de terreur baasiste n’a jamais eu lieu.Le cas d’Hosni Moubarak est différent, y compris parce qu’il n’est pas un criminel de masse dp l’ampleur de Saddam Hussein.En outre, l’Egypte de l’après-ll février juge son ex-tyran en toute souveraineté.Mais de nombreuses ombres pèsent déjà sur la procédure.La justice à chaud fonctionne souvent comme un exorcisme dans une société traumatisée par des années de peur Le président du tribunal.Ahmed Eamih Rifaat, magistrat à la Cour de cassation, passe pour intègre, mais la machine judiciaire est restée la même.«Pour que le procès représente une rupture significative avec le passif égyptien d’impunité, il doit être à la fois transparent et aussi perçu comme équitable par les familles des victimes», souligne Amnistie internationale.Or des avocats des familles des 846 victimes de la révolution s’indignent de ne pas avoir accès au dossier de l’instruction.Le procès ouvert mercredi se concentre seulement sur les événements de janvier et février, sans tenter de faire la lumière sur trois décennies de répression.D’où le risque, là aussi, de manquer une occasion historique, quel que soit, par ailleurs, le verdict final.Le problème se pose peu ou prou dans les mêmes termes en Tunisie, même si Ben Ali, réfugié avec son épouse, Leila Trabelsi, en Arabie Saoudite, est jugé par contumace.Dans une première procédure pour détournement de fonds publics, il a été condamné, le 20 juin, après une seule journée d’audience, à 35 ans de prison, nettement plus que ne le demandait le ministère public.Mais il fallait donner des gages à l’opinion, alors que la transition s’enlise dans l’attente des élections d’octobre.Ben Ali doit encore répondre dans de nombreuses affaires, dont 35 devant la justice militaire pour son rôle dans la répression, mais un deuxième procès n’a eu droit qu’à quelques lignes dans la presse locale.La justice à chaud fonctionne souvent comme un exorcisme dans une société traumatisée par des années de peur.L’un des pires exemples fut, en décembre 1989, le très expéditif procès, devant une cour militaire improvisée, des époux Ceaucescu, fusillés aussitôt après.Même dans la très démocratique Allemagne, les procédures qui visèrent, après la réunibcation, les anciens dirigeants de la RDA créèrent un certain malaise, car il s’agissait d’une évidente justice de revanche.Cours mixtes La montée en puissance de la justice internationale a changé la donne en matière d’impunité pour les dictateurs.En février 2002, Slobodan Milosevic fut ainsi le premier chef d’Etat déchu à répondre de ses crimes — dont celui de génocide — devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de La Haye, créé neuf ans plus tôt par le Conseil de sécurité.Mais la rigueur de ses procédures a eu pour corollaire d’allonger à l’inbni un procès qui s’acheva, sans verdict, par la mort de l’accusé.Mais la «justice hors sol» est peu à même d’exercer sa fonction cathartique, d’où l’intérêt croissant pour des cours mixtes, mêlant juges nationaux et internationaux, comme celle jugeant les dirigeants khmers rouges ou celle mise en place en Sierra Leone.Un tel tribunal pourrait juger Kadhab, inculpé par la Cour pénale internationale entrée en fonction en 2002, la première juridiction internationale permanente à même de juger les responsables des crimes les plus graves.Libération Regain de la contrebande entre Gaza et l’Égypte La chute d’Hosni Moubarak profite aux Palestiniens SELIM SAHEB ETTABA Rafah, territoire palestinien — Le fourmillement d’activifé dans les tunnels à la frontière entre Gaza et l’Egypte soulève des nuages de fine poussière.Le desserrement du contrôle égyptien sur Rafah depuis la chute d’Hosni Moubarak a débridé le trabc souterrain.Pendant que le raïs déchu gît sur son lit de douleur face à ses juges, les contrebandiers du territoire palestinien, sous blocus israélien depuis juin 2006 avec la coopération tacite du Caire, profitent de leur nouvelle liberté de manœuvre.«Les choses ont beaucoup changé avec la situation en Egypte.C’est le chaos là-bas», commente Mohammad, 27 ans, petite moustache et cheveu ras, gérant d’un tunnel d’où ses ouvriers hissent des sacs de ciment, un des matériaux dont Israël empêche l’entrée à Gaza au motif de leur éventuelle utilisation militaire.«Maintenant, on fait passer 150 tonnes par jour; auparavant, c’étaient de 20 à 30», précise le jeune homme, qui ne veut pas donner son véritable nom.Cette soudaine abondance a fait chuter les cours.«Le sac de ciment vaut maintenant 25 shekels [environ 7 $CAN, NDLR], à raison de 20 sacs pour une tonne; avant le prix montait jusqu’à 200 shekels [55,40 $].«Les gens du Hamas ne collectent pas de taxe pour l’instant, précise le jeune entrepreneur, en référence au mouvement islamiste qui exerce le pouvoir à Gaza.Ils se contentent de vérifier que nous ne faisons rien entrer d’illégal, comme de la drogue.» Le Hamas a récemment installé des barrages pour filtrer l’accès à la zone frontalière.11 aurait également entrepris de recenser les tunnels et de fermer ceux qui sont inachevés ou désaffectés, afin d’appliquer la prohibition de produits tels que la drogue ou l’alcool, et de percevoir une taxe sur les autres.«Le Hamas vient inspecter chaque semaine et il prélève environ 20 shekels [5,50 $] par tonne, indique un adolescent de 18 ans, qui se présente comme Mohammad.Il n’y a plus de contrôles depuis quelques semaines.» Des tonnes de fer Par le puits insondable soigneusement étayé qui s’enfonce à 25 mètres de profondeur, sur une longueur de 750 mètres, à l’abri de bâches plasti-bées, transitent des tonnes de fer, désormais disponibles à la demande de l’aube côté de la frontière.«La sécurité était beaucoup plus présente du côté égyptien auparavant», confirme le jeune homme, qui bavaille au sein d’une équipe de 12, par roulements de 12 heures, pour environ 250 shekels (environ 69 $) par jour.«Le boulot est beaucoup plus facile à présent».précise Abou Mohammad Qechta, 42 ans, qui orchestre au téléphone la sorbe, grâce à un système de poulies, de chargements de gravier d’un tunnel qui pénèbe horizontalement dans la terre.«Avant, il fallait faire jusqu’à 700 mètres sous la surface; maintenant, on petit approcher jusqu’à 150 mètres, dit-il, monbant du doigt un palmier solitaire vers la bonbère.On faisait entrer 30 à 40 tonnes par jour, désormais on en est à 120 tonnes.» L’ouverture permanente du terminal de passagers de Rafah, décrétée en mai par le nouveau pouvoir égypben, n’a pas modibé la situabon pour les marchandises, faute d’installations pour les acheminer.Les voyageurs à Rafah, seul accès de Gaza qui ne soit pas conbôlé par Israël, doivent se faire enyegisber pour obtenir l’autorisabon de passer en Egypte, deux ou bois mois plus tard.Selon le dernier rapport hebdomadaire du Bureau de coordination des affaires humanitaires de rONU, 700 personnes en moyenne quittent Gaza par Rafah chaque jour, 600 y entrent, et près de 30 000 se sont inscrites pour traverser dans les prochains mois.«C’est difficile dans les deux sens, affirme Rami Abou Ctiiaa, venu accueillir des parents.Il faut au moins trois heures pour entrer et sept heures pour sortir.» Agence France-Presse Nucléaire japonais D’Hiroshima à Fukushima PHILIPPE PONS Le 6 et le 9 août 1945 — jours des bombardements atomiques sur Hiroshima puis sur Nagasaki — sont des dates qui hantent la mémoire des Japonais.Une autre est appelée à scander l’histoire nationale: le 11 mars 2011, jour du séisme et du tsunami qui ont entraîné à la centrale de Eukushima la plus grave catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl, le 26 avril 1986.Il n’y a certes pas de commune mesure entre un pays vaincu, rasé, avec des centaines de milliers d’atomisés morts sur le coup et d’aubes qui allaient souffrir tout le reste de leur vie, et un désastre nucléaire, dont on ne fait certes encore qu’enbevoir les dramabques conséquences.Les témoignages des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki lors des cérémonies d’hommage aux victimes n’en prennent pas moins cette année, un caractère encore plus poignant.Comment un Etat dont le peuple a connu dans sa chair l’horreur du feu nucléaire a-t-il pu être aussi peu attentif aux risques présentés par l’atome — a forbori dans un pays soumis aux forces telluriques?Au bl de témoignages, de révélabons et d’opinions d’experts longtemps osbacisés par le lobby nucléaire et ignorés des médias, les Japonais commencent à entrevoir l’arrière-plan de la catas-bophe dont ils mesurent chaque jour un peu plus l’ampleur.Ils prennent conscience du coupable «pari» de leurs élites qui ont minimisé le risque.Au-delà des problèmes de bonne gouvernance de l’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co.et de la quesboq «pour ou conbe le nucléaire» se pose celle d’un Etat qui n’a pas su protéger la nabon et d’élus qui ont bahi les abentes légitimes de sécurité de ceux qu’ils représentent.Le premier comme les seconds ont ignoré, sinon conbs-qué, le droit de la populabon à êbe alertée.Cinq mois après l’accident, on cherche vainement des responsables à un désasbe dans lequel se mêlent insufbsance de précaubon, dissimulabons, Msibcabons de documents, mensonges et manipulation de l’opinion.«Pas plus qu’à Tchernobyl, personne n’assume de responsabilité», estime Kenzaburo Oe, Prix Nobel de littérature.Comment en serait-il aubement?L’incurie se dissout dans une nébuleuse de collusions enbe adminisbation, opérateurs, fabricants de réacteurs et grands médias, qui répercutaient les assurances des experts de ce que l’on nomme ici le «village nucléaire».La catastrophe de Eukushima ouvre une crise de conbance qui touche les institutions: une bureaucratie, qui, depuis la restauration de Meiji (bn du XIX" siècle, époque du basculement dans l’ère moderne), a géré le pays non sans morgue, reléguant le politique à la seconde place.Avec succès, certes.Le «triangle de fer» (administration, politique et milieu d’affaires) a fait du Japon vaincu l’une des premières puissances économiques du monde.Mais «sans casse» non plus, comme en témoignent les maladies de la pollution des années 1960-1970, dont celle de Minamata (contamination par le mercure organique déversé dans la mer par une usine chimique) : des milliefs de morts et d’handicapés à vie.Déjà, alors, l’Etat n’avait pas défendu les citoyens: ce sont les victimes qui ont lubé durant des années pour qu’on mette bn au déni du lien enbe la pollution et la maladie.60 ans plus tard Comme les habitants de Minamata, qui, après avoir cru que l’usine chimique apportait la prospérité à leur région, découvrirent qu’elle était aussi porteuse de morf beaucoup de Japonais prennent conscience qu’ils se sont bercés d’une conbance immodérée en une technologie dont on vantait la sûreté jusque dans les manuels scplaires.Les Nippons découvrent que l’Etat ne s’était pas doté des instruments pour maîtriser un «outil» dangereux — les instances de surveillance de J’in-dustrie nucléaire dépendent du ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI), chargé de promouvoir celle-ci.— et qu’il a laissé se constituer de puissants monopoles régionaux formés par les compagnies d’électricité, qui imposaient leurs «normes».Lorsque, à la bn des années 1990, des fonctionnaires du METI essayèrent de les briser, une levée de boucliers des politiciens étouffa la tentative.L’État a persuadé les collectivités locales d’accepter les cenbales par un déluge de subventions.Tous les habitants n’y étaient pas favorables: depuis 1973, des opposants ont intenté des actions en justice conbe les opérateurs, arguant des risques de séisme et de tsunami.Ils ont toujours perdu et leurs arguments ont été ignorés des médias.Soixante-six ans après Hiroshima et Nagasaki, le Japon est à nouveau victime de l’atome.Mais, cette fois, il est responsable du désastre.Et cette année, le Congrès du Japon contre la bombe atomique (Gensuikin), le plus important mouvement antinucléaire de l’archipel, créé en 1965, ajoutera à son slogan «No more Hiroshima! No more Nagasaki!» un «No more Eukushima!».Le Japon a démonbé par le passé sa capacité à se réinventer.Et ce sera vraisemblablement encore le,cas.Mais, cette fois, le contrat social enbe l’État et la nation a été entamé.Le Monde À la recherche de radiation KIM KYUNG-HOON REUTERS B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOUT 2011 EDITORIAL Chute boursière Coûteuse inaction Au cours des derniers jours, les Bourses ont dévissé à un rythme si prononcé qu’il a réveillé les frayeurs de 2008.Le moteur de cette angoisse mondialement partagée est double: le risque de récession aux Etats-Unis et la contagion de la crise de l’euro à l’Espagne et l’Italie.Et qui montre-t-on du doigt?Les politiciens.Plus précisément, l’inaction de ces derniers.D Serge Truffaut ans sa dernière livraison, l’hebdomadaire The Economist a orné sa une d’un dessin.La chan-celière allemande, Angela Merkel, et le président Barack Obama sont côte à côte habillés de vêtements traditionnels japonais.Le titre est le suivant: «Devenir japonais - Dette, défaut et les nouvelles politiques occidentales de la paralysie» par référence à la longue agonie économique du Japon qu’une succession de chefs de gouvernement ont alimentée en n’imposant pas les réformes nécessaires.Pour le célèbre magazine britannique, ainsi que pour un contingent imposant d’économistes de renom, la faiblesse dont Merkel, Obama et d’autres dirigeants ont fait preuve en matière de politique économique, ainsi que le démontre une erreur de diagnostic, risque d’avoir pour grave conséquence l’émergence d’une deuxième récession — le fameux double dip — en moins de trois ans.Alors qu’il y avait u^êence à agir vite et avec puissance, les uns ^ ' et les autres se sont contentés de faire le ser- 7 ~ - vice minimum qu’ils ont justifié par un boule- versement dans la hiérarchie des priorités.Mais encore?Au lieu d’être obsédés par la stimulation de la croissance économique commandée justement par la dernière récession, ils ont fait de la dette publique, certes problématique, la reine des obsessions.Dans sa version brutale, la réalité vient de rattraper tout ce beau monde, mais nous aussi.Hélas! Si les marchés sont tombés en vrille ces jours-ci, c’est qu’un chapelet de mauvaises nouvelles a distingué la dernière quinzaine.Un, le Bureau américain de la statistique vient de révéler que la profondeur de la crise de 2008 avait été plus aiguisée qu’avancé jusqu’ici et que la récupération serait plus longue.Deux, la croissance du PIB des deux dernières années a été révisée à la baisse.Trois, la taille de l’économie américaine reste inférieure à ce qu’elle était en 2007.A cela, on ajoutera que la croissance du PIB ayant été de seulement 0,8 % au cours du premier semestre de la présente année, les Etats-Unis sont pour ainsi dire en stagnation.Sur le front du chômage, on a constaté que la situation demeurait dramatique.Pire, qu’il est probable que ce fléau s’installe, si l’on peut dire, pour longtemps, longtemps, longtemps.Si on s’attarde au taux de chômage, on se consolera en rappelant que les chiffres publiés hier indiquent qu’une baisse a été enregistrée.Mais lorsqu’on jette un regard sur le nombre d’adultes ayant un emploi en proportion du nombre d’habitants, le tableau s’avère empreint de grisaille.En juin 2007: 63 % des adultes avaient un boulot; en juin dernier, ils étaient 58,2 %.CQED: jamais depuis la crise des années 1930, on aura compté autant d’Américains aux prises avec le chômage de longue durée.Simultanément à cette avalanche de chiffres, les marchés ayant trouvé nébuleux le plan de secours apporté à la Grèce et jugé insuffisant le programme d’aide élaboré pour les pays en difficulté, ils sont partis à l’assaut de l’Espagne et de l’Italie.Et comme ils ont également jugé insuffisant l’accord entre démocrates et républicains sur la dette américaine, üs ont redoublé de violence dans leurs attaques.Voilà, cela fait plus de deux ans maintenant que la planète économique évolue cahin-caha parce que les élus n’ont pas pris le taureau par les cornes alors qu’au lendemain de la débandade symbolisée par l’implosion de Lehman Brothers, un boulevard s’était ouvert devant eux.On avait la chance de rétablir un certain équilibre entre, symboliquement causant, une économie de financiers et une économie d’ingénieurs.On n’a rien fait.La crise grecque aurait pu être résorbée en bonne partie au printemps 2010.Merkel ayant freiné des quatre fers, la zone euro est tétanisée.Obama aurait pu régler le problème de la dette en décembre dernier.Il a tardé à chercher un compromis impossible avec les républicains avant d’accepter un plan qui ajoute de la pression financière à une majorité d’Américains sous forte pression depuis l’éclatement de la bulle immobilière.C’est à se demander si les uns et les autres ne sont pas dans le déni de rationalité.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO c Au pays du MTQ Depuis 2007, plusieurs consultations publiques se sont tenues dans le cadre de divers projets d’autoroute dans la région de Montréal, entre autres celle de Notre-Dame, l’échangeur Turcot et le pont de rA-25.Lors de ces consultations, deux visions de l’aménagement urbain se sont fait ime chaude lutte: celle des résidants des quartiers centraux, de groupes enviroimementaux et des milieux de la santé, qui défendaient le transport en commun, une qualité de vie urbaine basée sur un aménagement offrant un véritable milieu de vie aux gens qrd y habitent, et la vision du MTQ, qui voit la ville de Montréal, et ses quartiers, comme une plaque tournante pour les automobiles provenant de la banlieue, dont les routes ont d’abord une vocation économique.La mobilité se réduit, pour ces gestionnaires des voies publiques, à des échanges marchands dont il faut préserver la croissance économique même au détriment de la qualité de vie.Dans la même période que ces consultations publiques, en octobre 2007, le rapport Johnson était déposé à la suite de l’effondrement du viaduc de la Concorde, sur la Rive-Nord.Ce rapport proposait d’investir davan-t^e dans l’entretien des infrastructures routières.Le ministère des Transports y a vu une occasion rêvée d’ajouter des voies à plusieurs de ses projets d’entretien, qui se sont transformés en projets de développement autoroutier à la faveur des consortiums que l’on connaît bien.Ainsi, la route 175 traversant le parc des Laurentides deviendra ime vraie autoroute à quatre voies qui aura occasionné des dépenses de 400 millions de dollars addi-tionneUes pour s’élever à 1,1 milliard.Pour le Bas-Saint-Laurent seulement, le MTQ compte investir 102 millions pour l’amélioration et la conservation du réseau routier, mais on dépensera 166 millions pour du développement routier avec le prolongement de l’autoroute 20 et le réaménagement de la route 185 au Témiscouata en autorou- LETTRES te.Qn pourrait énumérer ainsi toute une série de projets qui ne sont plus des projets d’entretien, mais du développement et du surdimensionnement de voies routières.Pendant que s’accumulent les rapports accablants sur le réchauffement climatique et la perte de biodiversité mondiale, le gouvernement Charest nous annonce la construction d’une route qui entraînera la destruction d’une partie de la forêt boréale sur une étendue de 250 kilomètres au coût de 300 millions de dollars pour une mine de diamants.Décidément, au pays du ministère des Transports, toutes les routes mènent au développement d’autoroutes et au déni de la réalité.Sylvie Woods Montréal, le 5 août 2011 La Libye oui, mais la Syrie?Et ailleurs.en Somalie?L’QTAN s’est sentie le droit et le devoir d’intervenir en Libye, bon certes en invoquant des raisons sûrement défendables, quoiqu’il serait bien de réussir à savoir s’il n’y a pas des motifs plus ou moins dissimulés d’intérêts économiques et de profits (du péfrole?), à rapprocher des motivations à l’origine des interventions en Irak et en Afghanistan.Pendant ce temps, en Syrie, les droits de la personne les plus simples et les plus fondamentaux sont non seulement bafoués, mais de nombreuses vies humaines sont supprimées sur ordres d’un dictateur affamé de pouvoir — pourrait-on parler de poli-ticides?Et que font l’QTAN, l’ONU, et, sans aucun espoir, le Canada harperien?Si le droit à l’usage de la force est admissible en Libye, il devrait l’être au moins tout autant en Syrie.Et tout autant en Somalie, s’il est bien démontré qu’un certain régime en place (les shebab, radicaux islamistes) empêche sans aucune pitié les interventions humanitaires et les distributions d’aliments et denrées essentielles pour sortir ce peuple de,cette situation de famine chronique.A cet effet, on nous demande, à titre de citoyens, de contribuer généreusement à cette cause.Bien.Mais, encore là, le concert des Nations et les instances internationales concernées, dont la EAQ et l’QNU, ont-elles pensé à obliger les riches nations toutes voisines de cette pauvre Somalie à fournir des ressources nécessaires?Tout près, et tout riches, il y a l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, Dubaï, Bahréin, le Koweït, etc.(tiens, encore du pétrole.) L’Qccident industrialisé, dont nous sommes, a grandement pris le pli de se responsabiliser, plus, de se culpabiliser dans ces situations d’iniquité mondiale.Mais d’autres aussi disposent de ressources qu’ils peuvent partager pour soulager les plus pauvres et, même si cela reste largement utopique dans un système mondial fondé sur le capitalisme dont le Eonds monétaire international est trop malheureusement un représentant-exploitant, travailler à une meilleure égalité entre nous tous citoyens du monde.Alain Lalonde Montréal, le 3 août 2011 Une farce Ils ont fière allure, les Plamondon, ancien conservateur.Bob Rae, ancien premier ministre de l’Qntario sous la bannière du NPD, etc.Même Stephen Harper a déjà été membre du Parti libéral.Pourtant, chacun d’eux et bien d’autres transfuges n’ont pas raté de jouer les vierges offensées devant le fait que Mme Turmel, du NPD, a déjà eu sa carte du Bloc québécois.Il n’y a vraiment aucun mal à changer d’avis lorsqu’après réflexion, nos convictions s’accordent mieux avec une politique qu’une autre.Moi, je perçois un tel geste comme une évolution qui n’appartient qu’à celui ou celle qui prennent la décision.Tout le bruit que cette situation crée n’est que du vent.Jean Chenay Sherbrooke, le 4 août 2011 LIBRE OPINION Les employeurs québécois, gras dur?LOUIS FORTIN Consultant en ressources humaines,chargé de cours à McGill, ex-vice-président aux ressources humaines dans le secteur manufacturier Jean Claude Rocheleau, syndicaliste et exprésident et conseiller des travailleurs de Shell, affirmait dans sa «libre opinion» du 1®" août intitulée «Les salariés québécois, gras dur?» que «nos lois du travail, supposément si généreuses, sont somme toute bien insuffisantes face à la nouvelle réalité d’un marché mondialisé», ajoutant: «qu’attend le gouvernement pour mieux protéger les travailleurs?» Il suggérait également que le gouvernement devrait «mettre des dents à certains programmes destinés aux entreprises, comme d’exiger des garanties quant au maintien des emplois», concluant qu’il fallait aussi «procéder au resserrement de certaines de nos lois» (du travail, présumément).Sur son premier point, il n’a pas tout à fait tort, sauf qu’il ne reconnaît pas le fait que nos travailleurs sont déjà parmi les mieux «protégés» au monde.Sur son deuxième point, il a aussi en partie raison, mais toute garantie d’emploi exigée dans la Belle Province pour la création ou le maintien d’emplois qui n’est pas requise ailleurs me fait penser au vieux dicton anglais «Be careful what you wish for, you might get it», car pareille garantie peut rapidement se transformer en garantie de fuite d’emplois.En outre, on remarquera que, si les syndicats et les gouvernements ne tardent jamais à dénoncer de tels comportements de la part de multinationales étrangères, il en va tout autrement quand des entreprises québécoises, comme Transcontinental, soutenues à coups de centaines de millions de dollars par les fonds de travailleurs, la SGE et la Caisse de dépôt, en font tout autant.Qû étaient en effet les M.Rocheleau de ce monde pour décrier les nombreuses fermetures et mises à pied au sein de ces entreprises et demander qu’on rembourse l’argent versé par les travailleurs?Des protections existent Là oû M.Rocheleau me perd, par contre, c’est lorsqu’il propose le resserrement de certaines de nos lois.En effet, si nos salariés sont si peu protégés, comment se fait-il qu’ils peuvent se syndiquer sans vote au scrutin secret, obtenir gratuitement les services d’un avocat spécialisé en droit de travail lorsqu’ils sont remerciés avec plus de deux ans de service et ont le droit de démissionner de leur emploi sans accorder un préavis à leur employeur, car la Loi sur les normes du travail n’en exige pas?Lors de fermetures définitives, la vaste majorité des employeurs au Québec accordent d’ailleurs à leur personnel un préavis collectif et un préavis individuel, leur versent des indemnités de licenciement, et mettent sur pied, avec l’encouragement de l’État, des comités de reclassement afin d’aider leurs employés à se trouver un autre emploi convenable.Entre-temps, plusieurs employés et employeurs au Québec sont loin d’être «gras dur».De nombreux sjmdiqués ne le sont pas par choix mais parce qu’il s’agit d’une condition de travail sine qua non.Et que dire de ceux et celles qui, à cause de la formule Rand, sont obligés de payer des cotisations sjmdicales en dépit de leur préférence personnelle de ne pas être représentés par une tierce partie?Demandes des employeurs Quant aux employeurs, plusieurs apprécieraient énormément des réformes fondamentales à notre Code du travail, en particulier: ¦ s’assurer d’avoir un préavis écrit de grève à l’employeur de 72 heures; ¦ créer l’obligation de tenir un vote de grève au scrutin secret dans les 15 jours qui précèdent le déclenchement d’une grève; ¦ obliger la tenue de votes de grève parmi tous les membres de l’unité de négociation et non seulement parmi les membres du sjmdicat (idem pour la ratification d’une convention collective); ¦ introduire la garantie de la liberté d’e^ression de l’employeur dans ses communications avec ses employés pendant une campagne d’accréditation sjmdicale.Compte tenu de tout ce qui précède et de la vaste expérience de M.Rocheleau, «qui a travaillé de nombreuses années à défendre les droits des travailleurs et travailleuses pour savoir combien les lois du travail ne les protègent pas tant que ça», comment peut-il soutenir sa thèse devant une véritable montagne de recherches sérieuses, notamment de la part du Comité sur la productivité et la prospérité des HEC, qui a conclu que «le Québec occupe la dixième position du classement global, c’est-à-dire qu’en comparaison des autres provinces, sur plus de 30 années, la législation du travail du Québec apparaît davantage restrictive qu’ailleurs au Canada.Ce résultat supporte l’hypothèse que le niveau de rigidité de la législation du travail au Québec pourrait expliquer une partie de son retard économique par rapport aux autres provinces»? LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOUT 2011 B 5 IDBES Etat des routes Des causes: aussi l’effet d’un camionnage sans limite VICTOR-LEVY BEAULIEU Ecrivain état pitoyable de notre infra- L structure routière n’a pas pour seule raison l’incompétence pré-sumée de nos architectes, de / nos ingénieurs et de nos entreprises de construction.11 tient aussi à im lacteur fort important I dont on ne semble pas tenir k compte dans les anaty^ses que je 4 lis dans les journaux, entends à la radio et à la télévision.Quand furent construits nos réseaux routiers, que ce soit dans les grands centres urbains ou partout ailleurs au Québec, c’était à une époque où le camionnage était marginal par-devers ce qu’il est devenu.Mais nos gouvernements ayant privilégié le corporatisme du camionnage et lui ayant cédé pratiquement le transport de toutes nos marchandises, sans considération pour l’effet que ça aurait sur notre infrastructure routière, ont déterminé la catastrophe dont nous sommes désormais les prisonniers.Jusqu’à la fin des années 1950, on se servait beaucoup du fleuve pour le transport des marchandises: nous possédions une flottille de goélettes qui cabotaient efficacement, de Montréal jusqu’aux régions les plus éloignées de l’estuaire; nous privilégions aussi le transport par voie ferrée, de sorte que nos routes servaient d’abord et avant tout aux citoyens désireux de se déplacer d’un lieu à l’autre.Si on avait développé notre transport fluvial et notre transport ferroviaire, plutôt que de céder au corporatisme du camionnage, nous n’en serions pas là aujourd’hui.Quelle formidable aberration que celle-là! Alors que nos voies ferrées et nos trains sont si vétustes que ça ne cesse pas de dérailler et d’être toujours en retard, nous sommes fiers de la société Bombardier qui fabrique des trains ultra-performants partout dans le monde, sauf au Québec! Surchargés et pressés Nous avons plutôt préféré mettre sur nos routes d’énormes fardiers, souvent surchargés, qui roulent à grande vitesse en toutes saisons, peu respectueux du respect des lois et des règlements.Exemple: dans mon coin de pays, quand je roule sru la route 132 à 100 kilomètres à l’heure, je me fais constamment doubler par ces monstres routiers qui filent à 120 et à 130 kilomètres à l’herue.Les temps des dégels, des redoux et des pluies ne changent rien au fait qu’ils se considèrent comme les rois de la route et qu’ainsi, ils peuvent tout se permettre.Tous les étés, on doit donc «repatcher» des kilomètres et des kilomètres de routes défoncées, pleines de trous, de brèches et de fendillements.11 ne faut donc pas croire que cette politique aberrante du transport ne concerne que les grands centres.11 y a quelques années, pour permettre à l’industrie du camionnage de pouvoir y aller à fond de train, on a refait, dans l’arrière-pays des Trois-Pistoles, la route qui mène aux grandes entreprises forestières.Trois mois après son inaugma-tion, c’était en si piteux état à cause des camion-neius déchaînés qu’on a dû tout refaire! Autre exemple de notre incurie en matière de transport Dans les années 60, le gouvernement a versé de généreuses subventions aux cultivateius qui abandonnaient lerus terres poru qu’ils démolissent lerus maisons et lerus bâtiments, même celles et ceux qui étaient en bon état et dont on aruait pu se servir à d’autres fins.Mais le plus stupide de l’affaire, c’est qu’ime fois les cultivateius en allés, on a remodelé les routes de tous les rangs en les élargissant en les surélevant au moyen de milliers de tonnes de gravier, en ¦Em À l’entrée du tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine les asphaltant même! Et pourquoi donc, dans des rangs où l’on ne trouve plus que deux cultivateurs?Pour rien d’autre que la satisfaction des entreprises de camionnage: rouler plus rapidement toujours de plus en plus rapidement! L’automobiliste qui s’aventure sur ces nouvelles routes-là doit constamment faire face à ces monstres roulant à la fine épouvante, et dont les conducteurs preiment plaisir à le serrer de près, sans ralentir, en faisant venir le plus de nuages de poussière qu’ils peuvent! Les forces policières chargées de surveiller les routes?Les effectifs sont si peu nombreux dans l’arrière-pays que les ca-mionnenrs peuvent y circuler, même dangereusement en toute impunité.Le (bon) exemple américain Nos fonctionnaires du ministère des Transports, si américanistes, auraient pu prendre exemple sur ce que plusieurs Etats américains font depuis plusieurs années pour préserver leur infrastructure routière: une réglementation fort sévère, un contrôle pour ainsi dire permanent des fardiers, des amendes très onéreuses pour celui qui défie la loi.JACQUES GRENIER LE DEVOIR D’autre part ces États ont amélioré et améliorent encore leur système de voie ferrée et là où c’est possible de le faire, le transport maritime.Des villes comme Boston, par exemple, ont démoli leur infrastructure autoroutière qui faisait de leur cité une catastrophe quotidienne; ces autoroutes laides et encombrées sont devenues de superbes parcs et des lieux de résidence où il fait à nouveau bon de vivre.Un réseau ferroviaire renouvelé et l’amélioration du transport maritime font aujourd’hui de Boston un exemple à suivre, particulièrement en ce qui concerne la diminution de la pollution: moins de smog, plus de verdure.les dirigeants d’une ville ayant enfin compris que le citoyen doit être la priorité, et non le corporatisme du camionnage.Au lieu de simplement refaire ce qui ne tient plus debout tout seul, pourquoi nos fonctionnaires, nos architectes et nos ingénieurs ne feraient-ils pas preuve d’inventivité plutôt que d’une paresse crasse qui, une fois les travaux faits, laissera Montréal, nos autres grands centres urbains et nos campagnes aussi crasseux que leur peu d’imaginadon et d’inventivité?Des solutions : changer les méthodes de gestion de grands projets E SERGE G.MORIN Ingénieur retraité et gestionnaire de grands projets n France, et éventuellement dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique, à la suite d’une série d’effondrements spectaculaires d’infrastructures routières, de bâtiments et d’équipements de levage, les gouvernements établirent des lois et règlements forçant le contrôle technique dans l’industrie de la construction, reformant ainsi les méthodes d’exécution des projets.Ces modifications contribuèrent fortement à la prévention de sinistres devenus endémiques et coûteux, comme nous en sommes actuellement témoins au Québec.Le contrôle technique a pour objet d’analyser les étapes et les différents constituants techniques d’un projet dans le but de prévenir et de corriger les erreurs ou omissions, et d’améliorer ainsi la conception des ouvrages.Par la suite, le contrôleur s’assure que l’exécution des travaux s’effectue en conformité avec les plans approuvés selon des normes sécuritaires pour les travailleurs et le public.C’est un deuxième niveau d’experts indépendants dont les prestations sembleraient s’additionner aux coûts des ouvrages, mais dont la résultante a démontré que l’investissement préventif est moins onéreux que la rectification des catastrophes.Le contrôleur technique, sous l’autorité directe du maître d’ouvrage, soit celui qui investit les fonds (gouvernement, entreprises ou individus), non seulement veille au contrôle d’une conception prévoyante et parachevée, mais sur- tout examine et surveille l’exécution sécuritaire des travaux et leur conformité aux plans et devis.11 devient alors difficile pour les décideurs de plaider l’ignorance lors d’un sinistre.De même, les bureaux d’ingénieurs-conseils et les entrepreneurs généraux, qui agissent selon les cas comme simples consultants ou comme exécutants des travaux (maîtres d’œuvre), ont une surveillance professionnelle indépendante et constante qui aide à prévenir les erreurs ou omissions (qu’elles soient volontaires ou accidentelles).Afin d’éliminer tout conflit d’intérêts potentiel, nous soulignons que, dans les pays où le contrôle est obligatoire, les lois interdisent aux organismes de contrôle de faire de la conception et aux organismes de génie-conseil de faire du contrôle technique.A Tout va très bien, monsieur le ministre llo, allô, Jean, quelles nouvelles?Absent depuis trois jours.Au bout du fil je vous appelle.Que trouverai-je à mon retour?» «Tout va très bien, mon très cher ministre.Tut va très bien, tout va très bien.’ourtant il fauL il faut que l’on vous dise Qn déplore un tout petit rien Un incident, une bêtise La chute d’un petit paralume.Mais à part ça, monsieur le ministre.Tout va très bien, tout va très bien.» «Allô, allô.Norman, quelles nouvelles?Un paralume qui tombe?Expliquez-moi, délégué fidèle.Comment cela s’est-il produit?» «Cela n’est rien, monsieur le ministre.Cela n’est rien, tout va très bien.Pourtant il fauL il faut que l’on vous dise Qn déplore un tout petit rien.11 est tombé sur l’autoroute Et il a bloqué la 720.Mais à part ça, monsieur le ministre.Tout va très bien, tout va très bien.» «Allô, allô, Gérald, quelles nouvelles?La 720 serait bloquée?Expliquez-moi, monsieur le maire.Comment cela s’est-il passé?» «Cela n’est rien, monsieur le ministre.Cela n’est rien, tout va très bien.Pourtant il fauL il faut que l’on vous dise.Qn déplore un tout petit rien.Si le paralume chuta, monsieur.C’est que les murs étaient pourris.Mais à part ça, monsieur le ministre.Tout va très bien, tout va très bien.» «Allô, allô, Michelle, quelles nouvelles?Les murs étaient pourris?Expliquez-moi, car je chancelle.Comment cela s’est-il produit?» «Eh bien voilà, monsieur le ministre.Apprenant qu’elle était coupée.C’est l’inspection qui a tout lâché.Les entrepreneurs ont tout bâclé.Et c’est en comblant la caisse Que tout a été oublié.Le béton s’est mis à couler Pas trop vite, mais pas cher.Et les ponts se mettent à tomber.Mais à part ça, monsieur le ministre.Tout va très bien, tout va très bien.» Adaptation contemporaine de Tout va très bien.Madame la Marquise (Ray Ventura, 1935) Luc Desnoyers Montréal i ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sam Hamad, ministre québécois des Transports L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)YeAA&n Deglisef'soc/é^éJ, Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel Dav\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), ADto\r\& RobitaiUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane BaÜlargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters'), Gérald DaUaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emilie Folie-Boivin (pupitre') ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier, Étienne Plamondon-Émond (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Geneviève Tremblay et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ;Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOUT 2011 JEUXdeMtS Chaque samedi pendant la saison estivale, pour une troisième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances, et surtout leur patience, à l’épreuve en complétant les jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy {michelroy77@vMeotron.ca), spéciaUste de la langue et ancien professeur de français.En règle générale, les amateurs de mots croisés retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.Un pour tous À partir d’un certain nombre de mots donnés, il vous faut trouver un autre mot qui pourra s’associer successivement avec chacun de ceux-là, de façon à former une locution ou une expression française.Exemple: Avec les mots RIRE, CROCODILE et ŒIL, on trouve comme réponse le mot LARME(S), car on peut RIRE aux LARMES, verser des LARMES de CROCODILE et avoir la LARME à L’ŒIL.Dans les cinq exercices suivants, on indique les mots de départ auxquels on ajoute comme indice la sorte de mot à trouver, celui-ci pouvant être un nom, un adjectif qualificatif ou un verbe.1- BATTERIE, BAGAGES, REVOLVER, NAVIRE Mot à trouver: un verbe 2- DENTS, PAYS, MER, TETE Mot à trouver: un nom commun 3- BATTRE, DEPASSER, TEMPS, UNITE Mot à trouver: un nom commun 4- ASSIETTE, CALME (nom), TOIT, TALONS Mot à trouver: un adjectif qualificatif 5-AVION, TETE, FONDS, CONVERSATION, COURS D’EAU Mot à trouver: un verbe Domi-Mots Voici un jeu de dominos plutôt original.11 comprend dix plaques sur lesquelles les points habituels ont été remplacés par des lettres.Si on assemble correctement ces plaques, c’est-à-dire si on les met l’une à la suite de l’autre, on pourra découvrir le message que hvre le proverbe.Bien entendu, il faudra ensuite faire le découpage des mots aux bons endroits.Exemple: TDE NNE RIR Si on place ces trois dominos en ordre et qu’on sépare les mots aux bons endroits, on va trouver le début du proverbe «RIEN NE SERT DE COURIR, il faut partir à point».ONE MME NTL Mots-croisés du samedi 3 4 5 67 8 9 10 11 12 MOTS CROISÉS II III IV V VI VII VIII IX X I.Même au Monde elle occupe de plus en plus de place IL L’Etourdi, sa première comédie a été montée à Lyon Les gros sont les premiers servis in.Ramassé sur le tapis Fragments de roches IV.Bonne pour la sardine pas pour le ton Anneau V.Ont du mal à passer Pour faire de |olis ponts VI.Essence africaine Au sol VII.Trois points sur quatre Bien mal accueillie Sa pointe relève VÜI.Assure le maintien Se fait aussi du bout du pied IX.On la préfère légère Auxiliaire Point dans l’eau X.Ouvertures sur l’extérieur Pour mettre la main au panier Verticalement 1.indispensable pour avoir Le Monde en mains 2.Zone occupée Renforce l’accord 3.Pas beaucoup de vendeurs pour beaucoup d’acheteurs 4.Négation Montre le bout de la queue Voyelles 5.Donne le temps à contresens Fille de Chronos, elle épousa son frère 6.Tout va bien quand il est plein Mis en couleur en remontant 7.De quoi faire tout un plat Celui d’avant 8.Dessous de table 9.loliment mis en formes 10.Invité Faiseur de croûtes 11.Met le feu aux organes Ouvertures en façade 12.A perdu ses feuilles Philippe Dupuis Solution du n° 47 Horizontalement I.Cheval-vapeur II.Lote Ailette in.lrone Dédain IV.Nautile Allô V.Sipo Oral Eu VI.Dressé ion VII.Oe Epsom Eté VÜI.Est Osier Al K.Art Elle X.Législatrice Verticalement 1.Clins d’œil 2.Horaires 3.Etoupe Tag 4.Ventôse Ri 5.Ei Spots 6.La Lœss 7.Vider Oira8.Ale Aimé 9.Pédalo Rer 10.Etal Ne Li 11.Utile Talc 12.Renouvelée MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 48 Philippe Dupuis est egalement l’auteur des mots-croises du Monde 123456789 1011 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 ¦ .¦ _ ¦ ¦¦ ¦ > ¦ 1 ¦ ¦__1 1 HORIZONTALEMENT 1.Engourdi - Exprime l'indifférence.2.Cri de chat - Scie.3.Contravention - Détroit entre l'Espagne et le Maroc.4.Déesse jalouse -Fautes d'orthographe.5.Anticosti - Appareil de levage.6.Chevroter -Conservation illégale.7.L'abeille en est un -Traditions.8.Se dit d'une dose mortelle - Sherpa.9.Percevoir des sons -Par la voie de - Textuel.10.D'une importance considérable - Éclair lumineux.11.Groupe d'atomes -Homogène.12.Barre qui relie les roue d'une voiture - Canard marin.VERTICALEMENT 1.Double sens.2.Aplani - Monnaies d'Europe.3.Kaon - Rapports.4.Discipline indienne -Dispersés.5.Pronom personnel -Barbecue - A très chaud.6.Sous un navire en réparation - D'un verbe signifiant passer à un autre état.7.Appareil de fermeture.8.Qui a perdu sa route -Bourde.9.Interjection espagnole -Direct - Règle.10.Soûlerie - Ruminant de montagnes.11.Libertaire - Jeu.12.Appareil d'éclairage -Manquer un cours.2 3 4 5 6 7 ILIOI 8 9 101112 Ëlsl ?nmiiDDBs CinQIlB [l]E]BDBI1 ?ns ?db BBQBBBnBB BBnB nnciB b ?BB BBDB DQBBB ?BBnB BBDBnnBB BBD BQB BBBBnBB BDB BBD B BBDB niBBIlBIIB BQB BBBBB Mots croisés Voici une grille de mots croisés complétée, sauf qu’on a oublié d’indiquer les cases noires.Sur la grille, vous devez noircir une case par ligne horizontale Donc 7 en tout.- Et la lumière se fera.II III IV V VI VII 6 7 A G I R D 0 S M A L A C T E 0 R E M A I N R E N A N T I T A I D U E L I L E A L L E S E I N E E S Antonymie d’anagrammes Pour chacun des deux mots de départ, trouvez une anagramme, ie.un mot formé des mêmes lettres, mais disposées autrement.Ces deux anagrammes deviendront des antonymes, ie.des mots de signification opposée.Exemple: À partir des mots RUINE et SOURCIER, on obtient les anagrammes NUIRE et SECOURIR, qui sont en fait des antonymes.BEUGLA et EVITER CARTEL et NOURRICE CERTAIN et CADEAU CHÉRI et NUIRE CRACHE et SANGLIER DÎNEURS et RIMERA Chaîne de mots À partir d’une liste de mots, il faut former des groupes nominaux qui, à l’aide d’une préposition (le plus souvent DE), s’accrochent comme les maillons d’une chaîne.Exemple : Liste de mots : CINÉMA, CROIX, ÉTOILES, GUERRE ET SIGNE LE MOT DE DÉPART : SIGNE DERNIER MOT UTILISÉ : CINÉMA On obtiendra les groupes nominaux suivants : SIGNE DE CROIX CROIX DE GUERRE GUERRE DES ÉTOILES ÉTOILES DE CINÉMA Voici la liste à partir de laquelle il faut former une chaîne : BOIS - CERF - COLLECTION - DISQUE - FREIN -MAISON - MAÎTRE - TABLEAU(X) - TAMBOUR.MOT DE DÉPART: TAMBOUR • DERNIER MOT DE LA CHAÎNE: CERF TAMBOUR____________________________________ DU CERF.O O c/2 O -d- rlj CO LiS ci) S îiill
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.