Le devoir, 10 août 2011, Cahier A
Jean Dion à la Coupe Rogers: Murray perd dès le départ Page B 5 Bras de fer entre les étudiants et le gouvernement au Chili Page B 7 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.CII N°179 LE MERCREDI 10 AOUT 2011 1,09$+TAXES= 1,24$ Crise boursière La Fed s’en mêle ¦ La banque centrale américaine s’engage à maintenir son taux au plus bas jusqu’en 2013 ¦ Les marchés terminent en forte hausse FRANÇOIS DESJARDINS \ A court d’outils pour restaurer la confiance des marchés, qui ont de nouveau évolué en montagnes russes, la Réserve fédérale américaine a rompu avec son langage ambigu et précisé hier que son taux directeur restera très has au moins jusqu’à la mi-2013.la Fed, dont l’annonce a d’ahord été accueillie par une forte chute des indices boursiers, avant que ceux-ci ne se catapultent hors du trou, a affirmé que l’économie américaine va beaucoup moins bien que prévu et que les perspectives s’assombrissent.Ces propos peu rassurants surviennent dans un contexte où des économistes révisent constamment les probabilités d’une nouvelle récession aux Etats-Unis, dont l’économie n’a crû que de 0,8 % en rythme annuel au premier semestre 2011.Le taux de chômage se situe à 9,1 %.Après les lourdes pertes subies lundi, les Bourses nord-américaines ont commencé la journée d’hier en regagnant du terrain, avant de réagir de façon extrêmement négative au moment de l’annonce de la Fed.Or, la suite a étonné, les marchés explosant pour terminer la séance avec des hausses de 3,5 % et 4 % à Toronto et à Wall Street.De manière générale, les Bourses restent tout de même de 10 % à 12 % en deçà du niveau qu’elles atteignaient autour du 22 juillet.L’Europe, où l’endettement de l’Espagne et de l’Italie monopolise l’attention de la Banque centrale européenne, qui a dû racheter les obligations de ces deux pays dans le but de prévenir une crise de confiance à leur égard, a également vu ses marchés boursiers regagner une partie du terrain perdu.Cellule de crise A la Fed, la réunion d’hier était à l’ordre du jour depuis longtemps, mais, à la lumière des dernières semaines, marquées par l’inquiétude des marchés à l’égard d’une économie qui ne redémarre pas, elle a pris des allures de cellule de crise.La décision d’inclure la mention «2013» semble avoir causé une certaine tension au sein du comité de politique monétaire, puisque trois membres ont manifesté leur dissidence, du jamais vu depuis 19 ans.«L’inclusion d’une date envoie le signal que la Fed est très sérieuse, que la situation est très grave», selon Mario Seccareccia, professeur au département d’économie de l’Université d’Ottawa.«En période de crise, une banque centrale a des moyens limités.Mais, en gros, elle s’engage à ce que les agents économiques anticipent que la politique monétaire de la Fed demeure stable pendant tout ce temps-là.» Selon M.Seccareccia, la mention d’une date a déjà eu lieu, «notamment à la Banque du Canada il y a quelques années, mais c’est très rare».Le taux directeur de la Fed, aussi appelé «Fed Funds», est compris dans une fourchette de 0 % à 0,25 %.Concrètement, c’est le taux qui s’applique aux prêts de 24 heures que les banques VOIR PAGE A 8: BOURSES À lire en page B 1 ¦ L’Europe et la Chine réclament des politiques responsables ¦ Harper se fait rassurant INDEX Les Bourses ont étonné en clôturant la séance avec des hausses de 3,5 % et 4 % à Toronto et à Wall Street Actualités.A3 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Carrières.B 3 Culture.B 8 Décès.B 6 Editorial.A 6 Idées .A 7 Météo.B 5 Monde.B 6 Mots croisés.B 4 Sudoku.B 4 Économie .B 1 Télévision.B 8 —M ^ i.-W-i'.Æ 'Si » tïÿ ' MW V ANDREW COWIE AGENCE ERANCE-PRESSE Un policier parcourt une rue dévastée par les émeutiers dans Croydon, au sud de Londres.Immeubles et voitures incendiés, vitrines fracassées.Outre de nombreux dégâts matériels, les émeutes des derniers jours ont fait bier leur premier mort quand un bomme de 26 ans, blessé par balle lundi, a succombé.La police londonienne a quant à elle fait état de plus de 110 blessés dans ses rangs.Violences en Grande-Bretagne Au tour de Manchester de s’embraser La tension reste vive à Londres, où 16 000 policiers ont été déployés hier pour cette quatrième nuit d’émeutes MARCO BELAIR-CIRINO Les rues de Londres, qui ont été secouées par trois nuits d’émeutes, étaient relativement calmes la nuit dernière, tandis que des étincelles de violence ont notamment enflammé la quatrième ville du pays, Manchester.Des centaines de jeunes encapuchonnés ont affronté les policiers antiémeutes, semant la pagaille dans cette ville du nord-ouest du pays.Certains d’entre eux ont fait voler en éclats des vitrines de magasin avant de les piller, alors que d’autres ont lancé des projectiles contre les agents de police.«Nous avons été attaqués plusieurs fois, a déclaré à la BBC le gérant du principal centre commercial de Manchester, Glen Barkworth.J’ai vu deux magasins attaqués, pillés, incendiés.C’était surréaliste.» «C’est une zone de guerre», a ajouté un commerçant dont la boutique a été mise à sac, tandis que des policiers s’affairaient derrière lui à disperser des protestataires.«Ces dernières heures, la police du Grand Man- chester a dû faire face à des actes d’une très grande violence commis par des groupes de criminels», a souligné le chef adjoint du Service de police du Grand Manchester, Garry Shewan.M.Shewan, qui a rejoint le corps de police à l’aube des années 1980, a évoqué une intensité dans les affrontements qu’il «n’qvait jamais observée auparavant».A Londres, aucun incident n’avait été signalé, après le déploiement de 16 000 policiers, c’est-à-dire 10 000 policiers de plus que la veille.Mais VOIR PAGE A 8: ÉMEUTES L’éditorial de Serge Truffaut: Le désespoir, page A 6 ¦ Angleterre: une longue série d’inégalités, page B 6 Recycleurs d’images sur le Web Le mash up, version visuelle du remix sonore, cherche sa légalité sur Internet Certains de leurs films ont été plus vus sur YouTube que la version originale des oeuvres qu’ils recomposent, recyclent, triturent et détournent.Art détourné ou détournement de propriétés?Proche cousin du remix sonore, le mash up d’images fait un tabac sur le Web, que même les spécialistes du 7® art ne peuvent plus se permettre d’ignorer.ISABELLE PARÉ Hitler qui sermonne DSK, Mary Pop-pins converti en film d’horreur ou Stephen Harper inspiré par les vilains de La Guerre des étoiles: l’image fait feu de tout bois quand les adeptes du mash up s’amusent à tronquer la réalité avec leurs échantillons sonores et leurs baguettes virtuelles magiques.Proche cousin du remix musical, le mash up — littéralement inspirés du terme «purée» — consiste à recycler, amalgamer, substituer ou superposer les images et les bandes sonores de films originaux, de télévision, ou d’images VOIR PAGE A 8: MASH UP You Parcourir Ajouter THE ORIGINAL Scary 'Mary Poppins' Reçut Trailer moviemker 5 vidéos S’abonner ^ «40 0:31 i 1SM\à(chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frederique Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Enc Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Gerald Dallaire (jiupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy T^L^\[e^er (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques,), Emilie Folie-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier, Etienne Plamondon-Emond (commis internet) , Amelie Gaudreau (secretaire a la redaction), Genevieve Tremblay et Sophy Lambert-Racine (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITÉ , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amelie Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Monn, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur JLfeW,Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service a la clientele), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Mane-Lune Houde-Bnsebois Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Beliveau (adjointe administrative), Celine Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevner, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 10 AOUT 2011 ACTUALITES BOURSES SUITE DE LA PAGE 1 s’accordent entre elles.Tout ajustement de ce taux, cependant, finit par influencer les taux d’intérêt sur les emprunts contractés par les entreprises et les consommateurs, ce qui peut encourager la croissance économique ou la ralentir.La Fed écrit que «les conditions économiques — y compris un bas taux d'utilisation des ressources et des perspectives modérées en matière d’inflation sur le moyen terme — sont susceptibles de garantir un niveau exceptionnellement bas des Fed Funds jusqu’à la mi-2013 au moins».Elle ajoute que «la croissance économique a été considérablement plus lente cette année que ne l’avait prévu le comité».En guise de comparaison, le taux directeur de la Banque du Canada est de 1 %.Au cours des trois premiers mois de 2011, l’économie canadienne a progressé de 3,9 % en rythme annualisé.Harper réagit En tournée au Brésil, le premier ministre Stephen Harper a déclaré qu’il faut se concentrer sur les «fondamentaux de l’économie» plus que sur le «bruit du marché».Ne pouvant plus agir sur les taux, la Fed a jusqu’ici mis en place deux rondes A’«assouplissement quantitatif y ce qui consiste en gros à racheter à des établissements financiers des centaines de milliards en obligations gouvernementales afin de leur fournir des liquidités pour qu’ils poursuivent leurs opérations de prêt.Beaucoup d’économistes s’attendent à ce que la Fed annonce un jour une troisième ronde.«Le fait que la Fed annonce qu’elle prévoit maintenir son taux directeur à un niveau exceptionnellement bas au moins jusqu’à la mi-2013 reflète une préoccupation majeure concernant la reprise économique américainCy écrit le Mouvement Desjardins dans une note d’analyse.Si les perspectives économiques continuent de se détériorer et que le mouvement de panique se poursuit sur les marchés financiers, la Fed agira rapidement par des actions plus directes, dont possiblement de nouvelles mesures quantitatives.» Le Devoir RECENSEMENT SUITE DE LA PAGE 1 Quant au formulaire court — le recensement comme tel, qui demeurait obligatoire —, la collecte des données est pratiquement terminée.Un suivi est encore effectué auprès des résidants de certaines répons touchées par des incendies de forêt La décision du gouvernement conservateur de rendre volontaire le questionnaire long du recensement a fait les manchettes tout au long de l’été 2010.Ottawa arguait que le caractère obligatoire du quesr tionnaire représentait une intrusion dans la vie privée, et qu’il était injustifiable de menacer de prison les Canadiens refusant de répondre aux questions.Le gouvernement a maintenu sa décision malgré un véritable barrage de critiques.Les partis d’opposition et des dizaines d’organismes et de groupes ont fait valoir qu’aucun citoyen n’a jamais été emprisonné pour ce motif, et ont offert de simplement abolir cette sanction.Sans succès.La seule concession faite par Ottawa fut de transférer deux questions d’ordre linguistique du questionnaire long volontaire au questionnaire court obligatoire, de manière à respecter la Loi sur les langues officielles.Pour le reste, aucun des arguments soulevés par la communauté scientifique n’a eu d’effet.Plusieurs craignaient que le caractère facultatif de l’ENM ne fausse les données en aboutissant à une surreprésentation de certains groupes.En 2006, 94 % des ménages choisis pour remplir le questionnaire long avaient fourni l’information demandée.Dans une note transmise au ministère de l’Industrie à la mi-mars 2010, la secrétaire générale du Bureau du statisticien en chef prévoyait que le taux de réponse de l’ENM volontaire ne dépasserait pas 65 % à 70 %, et que ce ne serait «toujours pas acceptable pour un recensement».La polémique a entraîné le 21 juillet 2010 la démission fracassante du statisticien en chef de Statistique Canada, Munir Sheikh, qui se disait incapable de défendre la décision du gouvernement — alors que ce dernier affirmait depuis des semaines que Statistique Canada était d’accord avec le changement proposé.Mais une fois la tension retombée, le successeur de M.Sheikh, Wayne Smith, a estimé qu’un taux de réponse de 50 % serait suffisant pour dresser un juste portrait des choses, vu l’ampleur de l’échantillonnage.Reste maintenant à voir quelle sera la qualité des informations recueillies: le caractère volontaire du questionnaire permet en effet aux citoyens de remplir les sections qu’ils veulent bien remplir, a reconnu hier Marc Lemay.C’est notamment pour veiller à avoir le plus de réponses possible que Statistique Canada fait des rappels ciblés auprès des foyers choisis.«Yaura-t-il des biais?Nous le saurons plus tard, mais nous croyons que nous pourrons pondérer pour corriger», dit-il.Le questionnaire long a été envoyé dans 4,5 millions de foyers canadiens, soit 30 % de ceux-ci.Lors du recensement de 2006, 20 % des foyers l’avaient reçu.Le Devoir EMEUTES SUITE DE LA PAGE 1 une forte tension était perceptible: un grand nombre de magasins avaient notamment baissé leurs rideaux avant l’heure de fermeture habituelle dans Canning Town, un quartier très défavorisé de l’est de la capitale.La police a fait face à des groupes de jeunes, mais aucun affrontement n’avait eu Ueu au moment de mettre sous presse.D’autres incidents ont toutefois éclaté pour une deuxième nuit consécutive dans la seconde ville du Royaume-Uni, Birmingham (nord-ouest de ^Londres), et dans sa banlieue.A Nottingham (au nord-est de Birmingham), un poste de police a été incendié à coups de cocktails Molotov sans que personne soit blessé.Cameron convoque le Parlement De retour au 10 Downing Street, le premier ministre, David Cameron, qui a écourté ses vacances, a convoqué le Parlement en séance extraordinaire demain.D’ici là, il présidera aujourd’hui une nouvelle réunion d’urgence du gouvernement «La population ne doit avoir aucun doute sur le fait que nous ferons tout ce qui est nécessaire pour rétablir l’ordre dans les rues et les rendre sûres pour ceux qui respectent la loi», a-t-il affirmé avec fermeté devant la résidence officielle du chef du gouvernement «Si vous êtes assez vieux pour commettre de tels crimes, vous êtes également assez vieux pour être punis», a-t-il souligné aux jeunes émeutiers, dont certains n’ont guère plus de 15 ans.Si la classe politique y voit de la «violence gratuite et du vol opportuniste, ni plus ni moins», selon les termes du vice-premier ministre, Nick Clegg, certains commentateurs attribuent les émeutes aux tensions entre les jeunes et les forces de l’ordre, aux difficultés économiques en cette période d’austérité et aux écarts de richesse croissants.De nombreux émeutiers, qui viennent souvent de quartiers où le chômage règne en maître, se disent marginalisés.«On n’a pas de boulot, pas d’argent.On a entendu que des gars prenaient des trucs gratos, alors pourquoi pas nous?», a dit E.Nan, entouré d’autres jeunes gens dans un quartier populaire de l’est de lindres très touché par les émeutes.Le gouvernement britannique a fait tomber le couperet sur les dépenses sociales et a augmenté les impôts, tout cela dans l’espoir de faire fondre le déficit budgétaire.Jusqu’à présent, le premier ministre, David Cameron, a résisté aux appels à freiner cette cure d’austérité.Un recours à l’armée est pour l’instant exclu, même si les émeutes ont fait tache d’huile ces derniers jours dans Londres et dans le pays face à des policiers qui en ont visiblement plein les bras.Les émeutes, qui ont démarré samedi soir à Londres, ont fait leur premier mort hier, tandis qu’un homme âgé de 26 ans, blessé par balle au cours de violences lundi, a succombé à ses blessures.La police métropolitaine (MET) a de son côté fait état de plus de 110 blessés dans ses rangs depuis le début de ce qui est désormais quaMé de «pires violences depuis plus de 20 ans».Pour décourager les émeutiers, la police a diffusé les photos de fauteurs de troubles prises par les caméras de surveillance et a à l’œil les réseaux sociaux qui sont le moyen de communication privilégié des perturbateurs.D’autre part, les images de jeunes gens masqués pillant des magasins et des immeubles en «f.s'.'»''.'.! < '1 ' ff’i 5 ^ \ ' gi.,4 ^ 1 ^ iLSç; .J m TOBY MELVILLE REUTERS Un homme ramasse les débris laissés par les émeutiers dans un magasin d’Ealing, dans l’ouest de Londres.flammes passent en boucle sur les télévisions, ternissant l’image du pays à un an des Jeux olympiques de Londres.Les premiers troubles avaient éclaté samedi dans la foulée d’une manifestation réclamant «justice» après la mort de Mark Duggan, tué d’une balle lors d’un échange de coups de feu avec la police.D’ailleurs, la colère des émeutiers pourrait être alimentée par les conclusions rendues hier soir par la commission chargée d’enquêter sur les conditions dans lesquelles la police l’a abattu.Les premiers rapports faisaient valoir que l’homme, âgé de 29 ans, avait tiré sur les forces de l’ordre avec un pistolet retrouvé à ses côtés, mais selon une commission indépendante, «il n’existe à ce stade aucune preuve que l’arme retrouvée sur la scène [de crime] a été utilisée».«Nous sommes dégoûtés, a affirmé la famille de la victime.Nous sommes très, très en colère, et nous voulons des réponses de la police [afin de savoir] pourquoi il [Mark Duggan]^ été tué.» Le Devoir D’après Reuters, VAFP et la BBC MASHUP SUITE DE LA PAGE 1 d’amateur glanées sur Internet pour en tirer une œuvre nouvelle.L’art du copier/coller/recomposer fait autant dans l’humour facile que dans la satire politique, mais il se régale surtout du détournement de bandes-annonces de films célèbres et du mixage parodiant les classiques du grand écran.Les plus sophistiqués pondent même des œuvres musicales complexes, recréées à l’aide d’images et d’échantillons tirés de bandes originales, repassés en boucle ou à l’envers.De véritables courtepointes virtuelles façonnées au clavier.Un mash up techno à’Alice au pays des merveilles a même valu à son remixeur des temps modernes un contrat à temps plein chez Pixar! «A notre époque, les images structurent nos univers mentaux, il est donc peu étonnant que ce soit avec des images que les gens s’expriment.Tout cela est pratiquement à la portée de tous, même si ça n’est pas juridiquement utilisable», observe Jean-Yves Lépinay, directeur des programmes au Forum des images à Paris.Le genre a fleuri après la naissance de YouTube, immense réservoir d’images mises en ligne par des millions d’amateurs.Inspiré par les émeutes qui enflammaient alors les banlieues françaises, Alex Chan créait en 2005 The French Democracy, un des premiers mash up conçus à partir d’images d’un jeu vidéo.Depuis, les émules du recyclage visuel sont légion.AMDS films lançait aussi un pavé dans la mare tranquille des géants d’Hollywood en créant Terminator VS.Robocop, un remix satirique des deux mégasuccès cinématographiques.Le style a donné depuis de nombreux rejetons du même lot, dont Broke Back to the Future, une parodie gaie du film Back to the Future, The Shining, version comique du thriller, et d’innombrables relectures du Seigneur des anneaux, de Matrix, de Star Trek, etc.Plusieurs mash up s’ingénient aussi à dénoncer le plagiat en superposant à dessein les bandes-annonces de films (j\.vatarYe\:s\xsPocahontas).Des millions d^adeptes sur YouTube En juin dernier, le Forum des images donnait vie au premier Mash Up Film Festival, un événement voué à ce genre hybride.Plus possible de fermer l’œil sur un phénomène qui fait la pluie et le beau temps sur des sites où défilent plus d’un milliard de vidéos.chaque jour.Le hic, c’est que ces puzzles visuels, créés tant par des amateurs que par des artistes de haut vol, pigent allègrement dans des œuvres protégées, sans égard aux droits d’auteur.Pour son premier festival, le Forum s’est résolu à projeter des films produits à partir de sa propre banque d’images et à discuter de ce phénomène qui surfe aux frontières de la légalité.La question est d’autant plus pertinente que les remixages de films de Disney sont parmi les proies favorites des mash up.Le jeune Australien Nick Bertke, plus connu sous le nom de Pogo, est devenu une star mondiale du genre en s’inspirant du monde merveilleux de Walt Disney.Ses minutieux remixages du classique de 1951, Alice au pays des merveilles (visionné 6,5 millions de fois en ligne), lui ont même ouvert les portes des studios Disney.«Ce n’est pas un hasard si les films de Disney sont les plus utilisés dans les mash up, car ce sont des images originelles qui ont peuplé l’enfance de ceux qui les utilisent aujourd’hui», pense M.Lepinay.Plutôt que de se battre contre le délinquant, la boîte d’animation Pixar a commandé au jeune traficoteur de 22 ans une version remaniée de son succès UP.Intitulée Upular, l’œuvre a fait un tabac sur YouTube, regardée 4,5 millions de fois à ce jour, soit plus que la version originale de Pixar! Porté aux nues, Pogo a même fait son entrée sur iTunes, où certaines de ses pièces peu- vent être achetées.Le musée Guggenheim lui a déroulé le tapis rouge en 2010 en projetant Gar-dyn, un premier mash up fait d’images filmées dans sa maison natale, à Perth, en Australie.Accès bloqué Mais d’autres grincent toujours des dents devant ce phénomène qui fait fi des lois sur la propriété intellectuelle.Plusieurs mash up célèbres ont été bloqués sur des sites d’hébergement.Dont Hook, une œuvre de Pogo dérivée du film produit par Spielberg, dont Sony a suspendu en 2009 la diffusion sur YouTube.«Les grandes maisons de production sont tentées de bloquer le phénomène, mais plusieurs ont renoncé.Car au final, ces mash up publicisent leurs œuvres.Ce sont plutôt des ayants droit qui rechignent.Mais contrairement au piratage, qui vise uniquement à obtenir une œuvre sans payer, le mash up est un geste de pure création», estime le fondateur du Mash Up Film Festival.Après une pétition lancée par des internautes, le géant Sony a finalement baissé les bras, doublé par les réseaux sociaux qui se sont occupés de relayer à la vitesse de l’éclair l’œuvre censurée.Depuis, le jeune recycleur d’images a créé son propre site Internet pour assurer la diffusion de ses œuvres et a délaissé le merveilleux monde de Disney pour s’attaquer à Remix the World.Un projet de composition musicale collectif construit à l’aide de sons glanés sur tous les continents: bruits d’animaux, de craquements de glaces en Antarctique, de voix de tribus africaines.Le tout financé par ses admirateurs.Le Devoir V ledevoir.com Pour visionner differents exemples de mash up Culture/Cinema LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au telephone 514-985-3346 Par telecopieur 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété d organisations reconnues dont la cause les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage Montreal (Quebec) H3A3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc 12 800 rue Brault St Janvier de Mirabel Quebec division de Québécor Media 612 rue Saint Jacques Montreal qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media 612 rue Saint Jacques Montreal —Enregistrement n 0858 Depot legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec 2007
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