Le devoir, 20 août 2011, Cahier A
Un bateau mythique pour remonter le fleuve Sénégal et le temps Cahier Plaisirs Labyrinthe Une entrevue avec le cinéaste et producteur Guillermo del Toro Cahier Culture www.ledevoir.coni LE DEVOIR Vol.CII N°188 ?LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOUT 2011 2,63S+taxes=2,99 Gil Courtemanche 1943-2011 L’homme aux douces colères LISA-MARIE GERVAIS D% une fou^e impétueuse, obstiné, / parfois intraitable mais toujours brillant.Le journaliste, essayiste et écrivain Gil Courtemanche aura dit cent fois tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas.Nul n’oubliera sa voix posée et rauque, à l’âpreté accentuée par les multiples traitements reçus pour combattre un cancer du larynx.A la fin, elle n’était qu’un souffle.Un souffle finalement éteint, car l’auteur du célébré Un dimanche à la piscine à Kigali est mort dans la nuit de jeudi à hier d’une hémorragie cérébrale.Il avait 68 ans.Lui qui ne voulait pas mourir seul, comme le dit le titre de son autofiction si personnelle, aura rendu son dernier souffle en état d’abandon.Sentant encore les relents d’une peine d’amour.«H avait appris son cancer peu après sa séparation.Oui, c’était une crainte pour lui de finir sa vie seul, de ne pas avoir d’amour.En ce sens, il s’est sûrement senti seul, a raconté sa sœur Sylvie Courtemanche, la voix brisée.Mais on était une grosse famille et il y avait toujours quelqu’un qui passait le voir, nous ou nos conjoints.On lui amenait ses journaux.E ne pouvait pas parler.On ne l’a pas laissé seul.» Né à Montréal, Gil Courtemanche embrasse la vocation de journaliste alors qu’il a à peine 20 ans.A compter de 1962 et pendant près de 30 ans, on le verra sur plusieurs scènes, notamment à Télé-Québec, où il conçoit en 1978 Contact, la première émission d’affaires publiques de la VOIR PAGE A 10: COURTEMANCHE «Il était en colère tout le temps, mais c’est ce qui faisait sa force.Il n’est pas de ces gens qui se satisfont béatement.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Il ne disait pas toujours les choses de façon élégante et ça lui posait problème.Il pouvait aussi refuser des emplois payants parce que c’était contre ses principes.Ils étaient plus importants que tout», dit sa fille Anne-Marie Courtemanche.C’est aujourd’hui un legs dont elle s’enorgueillit.Une chronique de Gil Courtemanche: Les petits bonheurs ¦ Rebelle! Sans doute, pardi! Uindomptable ¦ Uéditorial de Josée Boileau : Uhomme des paradoxes > à lire en pages B 4 et B 5 Crise financière Flaherty garde le cap Le ministre des Finances exclut un plan de relance.pour l’instant GUILLAUME B O U R G AU LT-C ÔTÉ ERANÇOIS DESJARDINS Ottawa — La crise financière qui agite les Etats-Unis et l’Europe aura des impacts au Canada, a reconnu hier le ministre des Einances, Jim Ela-herty, mais le pays est bien armé pour y répondre et n’a ainsi pas besoin d’un plan spécial, estime-t-il.M.Elaherty témoignait hier matin devant le Comité des finances, réuni en plein été pour discuter des menaces de récession et de la fragilité de l’économie mondiale.Le ministre s’est montré le plus rassurant possible, en mettant en avant la situation plus solide du Canada.Pressé de questions par fi h l’opposition qui cherchait à Tlaherty savoir si le gouvernement conservateur serait prêt à mettre sur pied un nouveau plan de stimulation de l’économie si la situation se détériorait, M.Elaherty a rétorqué qu’Ottawa «agira de manière pragmatique, comme [le gouvernement Ta] déjà fait dans le passé».VOIR PAGE A 10: ELAHERTY ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon: Qui dit vrai?, page B 4 REUTERS PERSPECTIVES L’outrance des républicains pourrait favoriser Obama A lire en page B 1 INDEX Actualités.A 2 Annonces.C 8 Avis publics.C 5 Bourse.C 2 Carrières.C 4 Décès.C 8 Économie.Cl Éditorial.B 4 Idées .B 5 Monde.C 8 Mots croisés.B 6 Météo.C 7 Perspectives.B 1 Rencontres.D 4 Sports.C 10 Sudoku.D 5 La toponymie comme champ de bataille Il n’y a rien d’innocent.Nommer, c’est donner une réalité aux lieux comme aux êtres et aux choses.Seulement, il y a la manière, les modes, les pressions et les passions.Faut-il donc reconnaître Mordecaï Richler et oublier Pierre Falar-deau?Pourquoi Pie K, pape misogyne et antidémocratique, a-t-il son boulevard à Montréal, mais pas Thérèse Casgrain, mère de toutes les suffragettes du Québec?STÉPHANE BAILLARGEON est un bagel brûlant avec lequel jongle l’administration municipale de Montréal depuis le décès de Mordecaï Richler, il y a une décennie, en juillet 2001.Comment célébrer la mémoire de cet immense écrivain doublé d’un fameux polémiste?Comment rendre hommage à un surdoué doublé d’un enquiquineur de première classe?Mordecaï' Richler a été décrit comme «le plus VOIR PAGE A 10: TOPONYMIE ¦ Autres textes en pages A 8 et A 9 VICTORIA de Notr JACQUES NADEAU LE DEVOIR 77831302834834 A 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOUT 2011 ACTUALITES Un jeune président d’association libérale claque la porte ANTOINE ROBITAILLE Québec — «J’ai perdu confiance en Jean Charest», le Parti libéral est bouffi de «vanité», «s’entête dans ses erreurs», ne se «remet jamais en question»: le président démissionnaire de l’association libérale de Jonquiè-re, Alexis St-Gelais, 21 ans, ne manque pas de formules pour justifier sa décision.Favorable depuis longtemps à une commission d’enquête sur la construction, critique de la manière dont le Plan Nord est mené par le gouvernement, M.St-Gelais a quitté son poste et lancé sa carte de membre «à la récupération» en juin.Mais c’est hier, sur Twitter, que cet étudiant en chimie des produits naturels à l’UQAC a fait part publiquement de ses opinions.De centre gauche et fédéraliste, il se déclare «orphelin politique» sur un blogue qu’il a ouvert récemment, intitulé «Détention de vote, vote captif cherche famille politique».11 souhaiterait la naissance d’une formation politique fédéraliste de centre gauche et s’inquiète de la possibilité que Jean Charest réussisse «par défaut», en raison de l’éclatement du vote des oppositions, à obtenir une autre victoire électorale.«Le mieux qu’on puisse souhaiter, écrit-il, c’est que la multiplication des partis [.]nese fasse pas seulement à droite ou chez les souve- rainistes, mais partout.Incluant chez les actuels électeurs libéraux.» Joint à Jonquière hier, M.St-Gelais a soutenu que Jean Charest a été un «bon chef», mais qu’il a perdu «sa crédibilité» avec les allégations de collusion et de corruption dans le domaine de la construction.Pourquoi ne pas avoir appuyé, au conseil général du PLQ de novembre 2010, le militant Martin Drapeau qui n’a jamais trouvé de «secondeur» pour discuter de l’opportunité de tenir une telle commission?«J’étais pétrifié, je ne me serais jamais imaginé que personne ne se lèverait pour l’appuyer.Je regrette aujourd’hui de ne pas l’avoir fait», a confié M.St-Gelais.La démission de M.St-Gelais, qui avait une très bonne réputation dans les rangs libéraux et avait travaillé au bureau de cir-concription du ministre Serge Simard à l’été 2009, en a pris plusieurs par surprise au PLQ.Le président du parti, Marc Tanguay, a tenté de le convaincre de rester.Le PLQ prenait la chose au sérieux hier.Au Devoir, son directeur des communications, Michel Rochette, a tenu à dire que ce type de départ était «des choses qui arrivaient dans la vie des partis».«Qu’un militant ne se reconnaisse plus dans son parti, ça arrive.Personne n’a demandé à Alexis St-Gelais de partir ou de se taire.» Le Devoir CHRISTINNE MUSCHI REUTERS Un collectif regroupant des souverainistes convaincus, dont l’ex-ministre péquiste Jacques-Yvan Morin et l’ex-président de la FTQ Fernand Daoust appelle les dissidents à se ranger derrrière Pauline Marois.Appel aux « amis démissionnaires » Des souverainistes dont un ex-ministre appellent à l’unité des forces péquistes VALERIAN MAZATAUD Alors que le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) s’apprête à tenir demain sa première rencontre au Cégep Saint-Laurenf im groupe de souverainistes et un député du Saguenay en appellent séparément au regroupement à travers deux lettres à retrouver sur notre site Internet.Dans une lettre adressée hier Achetons immédiatement tableaux canadiens et européens.Antiquités haut de gamme.Grande valeiu: offerte.Dallaire Perron Fortin Gagnon KrieghofF Franchère 35".{anniversaire Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Côté et autres.Ëvtduation verbale gratuite pour les noms d-haut mentionnés, selon la disponibilité.Claude Lafitte; évaluateur et expert conseil Ttte depuis 1975 • 514.842.1270 2160 rue Crescent, Montréal, wv^.lafitte.com aux médias, un collectif d’auteurs souverainistes, dont l’ancien ministre Jacques-Yvan Morin, en appelle également à la réunion au sein du PQ.«Le PQ constitue la coalition par excellence où se rejoignent la gauche et la droite pour gouverner le Québec avec compétence et rigueur et diriger celui-ci vers son indépendance politique.» Bien que le courrier s’adresse en priorité «à nos amis démissionnaires», les auteurs souhaitent s’adresser plus largement «à toutes ces personnes qui ont à cœur les intérêts supérieurs du Québec et qui souhaitent son accession à l’indépendance.[.] Vos propos ont déjà porté.Collectivement et regroupés, nous serons plus forts que divisés et désunis: c’est le Québec qui en sortira gagnant».Dans un courrier adressé au Devoir, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, s’insurge cette fois contre les termes «usé» et «confus» que le NMQ utilise pour décrire le PQ.«Nous voulons faire du Québec l’un des leaders du XXI‘ siècle en énergie renouvelable! Et je serais “usé et confus”?Voyons donc!» Le 16 août dernier, le NMQ, qui regroupe 77 souverainistes déçus du PQ, publiait le manifeste Internet «Brisons l’impasse».Le groupe y critique vertement le PQ ainsi que la Coalition pour l’avenir du Québec de François Legault.Pour les signataires, le PQ «apparaît aujourd’hui usé, confus dans ses interventions et banalisé par le public et les médias à la moindre action qu’il pose».Pour M.Gaudreault en revanche, le PQ est «tout le contraire».Dans sa lettre, ce dernier fait le point sur les nouvelles idées du PQ, dont certaines sont également proposées par le MNQ: électrification des véhicules, élections à date fixe, ou commission d’enquête publique sur la corruption.«Il y a beaucoup de points de convergence entre les propositions du NMQ et le nouveau programme du parti.» Le député conclut sa lettre par un appel à l’unité, invitant «les signataires du manifeste [.] à passer à l’action politique au sein du Parti québécois», seule solution pour «proposer à la population de faire du Québec un pays».Le Devoir Une caisse électorale occulte pour Legault ?PATRICE BERGERON Québec — La coalition de François Legault est-elle en train de garnir une caisse électorale occulte?Le gouvernement Charest se pose la question, insatisfait des données fournies par l’organisation de M.Legault.Le ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Pierre Moreau, reproche à la Coalition pour l’avenir du Québec de ne pas divulguer les montants recueillis auprès de chacun de ses dona- teurs.Ainsi, les libéraux, comme les péquistes, ne manquent pas une occasion de critiquer la Coalition et son chef, dont la popularité ne se dément pas, sondage après sondage.Selon M.Moreau, la Coalition se soustrait aux obligations des partis politiques, ce qui est un «mauvais départ» pour une organisation qui est pressentie pour devenir une formation politique.«C’est un manque important de transparence, un manque d’éthique, et un manque de respect à la démocra- tie», a-t-il déclaré dans une entrevue téléphonique hier.«Tout se fait sans que les règles strictes que les partis se sont données soient respectées.Et ça, on doit le dénoncer vivement.» Plutôt que de dissiper les soupçons, la Coalition «confirme les appréhensions» soulevées, soutient le ministre, puisqu’elle recueille du financement.«Ça envoie un message: est-ce qu’on est en train de se monter une caisse électorale occulte?» a-t-il soulevé.La Presse eanadienne Échangeur Turcot r/o ENTRAVE MAJEURE FERMETURE DE LAUTOROUTE 720/20 EN DIRECTION OUEST DANS L'ÉCHANGEUR TURCOT •De 23 h 59 le vendredi 19 août à midi le dimanche 21 août DÉTOUR • Autoroute Décarie (15) en direction nord, jusqu'à la sortie n° 66 -Ch.Côte-St-Luc/Ch.Queen-Mary, autoroute 15 en direction sud jusqu'à l'échangeur Turcot.Les usagers de la route se dirigeant vers l'ouest de Montréal sont invités à emprunter un autre itinéraire comme l'autoroute 40 et à prévoir un délai supplémentaire pour se rendre à destination.Une fermeture similaire pourra être nécessaire la fin de semaine suivante, de 23 h 59 le vendredi 26 août jusqu'à midi le dimanche 28 août.DECARIE NORD CENTRE VILLE AEROPORT OUEST A-720/20 OUEST DANS LÉCHANGEUR D'autres travaux de réfection majeurs seront réalisés dans l'échangeur Turcot tout au long de la saison et ils entraîneront d'importantes entraves.PONT CHAMPLAIN \ RIVE-SUD QUÉBEC Composez le 511 OU 511 consultez le www.quebec511 .gouv.qc.Q Pour commentaires ; dtim.commentaires@mtq.gouv.qc.(a Transports > 1 E9 E9 Québec O O LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOUT 2011 A 3 ACTUALITES Le pont Mercier comptera une voie de plus pour la rentrée Les automobilistes et camionneurs devront attendre décembre pour l’ouverture de la quatrième voie JEANNE CORRIVEAU Les automobilistes et les camionneurs ont enfin eu droit 4 une bonne nouvelle hier.A compter du 6 septembre prochain, une voie de circulation supplémentaire sera ouverte sur le pont Hono-ré-Mercier et les camions pourront recommencer à y circuler, a annoncé hier le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad.Il faudra toutefois attendre au mois de décembre pour que les quatre voies du pont puissent être accessibles à la circulation.Ainsi, à l’heure de pointe du matin, les véhicules pourront circuler dans deux voies en direction de Montréal, et une voie vers Châteauguay.En fin d’après-midi, la situation sera inversée.Le ministre Hamad a expliqué que le MTQ avait préféré maintenir la quatrième voie fermée plus longtemps pour permettre le retour des camions, eux qui étaient interdits sur le pont.Rappelons que le 14 juin dernier, le ministère des Transports du Québec (MTQ) avait fermé d’urgence deux voies de circulation sur le pont Mercier après que des inspections eurent signalé une dégradation importante de dix plaques de gousset qui soutiennent les éléments du pont.Lors d’une conférence de presse hier, le directeur des structures au MTQ, Daniel Bouchard, a indiqué que le ministère avait préféré apposer une seconde plaque sur les goussets plutôt que de remplacer, ceux-ci.A l’heure actuelle, des travaux ont été entrepris sur la moitié des goussets, a fait savoir M.Bouchard.Les réparations effectuées auront une durée de vie de plusieurs «dizaines d’années», a-t-il dit.Des travaux seront également réalisés sur plusieurs éléments du pont, dont des entretoises, membrures et longerons.Le ministère estime à 11 millions le coût de ces réparations.Le MTQ n’a pas rendu public le rapport d’inspection original rédigé par Dessau, mais il a plutôt distribué aux journalistes un sommaire du rapport auquel ont été ajoutées les données sur les interventions qui seront faites.Rappelons que le pont est inspecté de façon détaillée tous les trois ans et que les autres années, on se contente d’une inspection visuelle.L’estacade Le ministre Hamad a également fait savoir que l’estacade du pont Champlain serait bientôt accessible aux véhicules d’urgence et aux autobus des Conseils intermunicipaux de transport (CIT), qui reviennent vides à leur lieu de départ.«Ça veut dit que plusieurs dizaines d’autobus ne seront pas pris dans la congestion du retour», a indiqué le p.-d.g.de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), Joël Gauthier, qui a précisé que des travaux de signalisation et de sécurisation seraient nécessaires avant d’ouvrir l’estacade à la circulation.«On nous enlève une très grosse épine du pied, a pour sa part indiqué la mairesse de Châteauguay, Nathalie Simon.C’est sûr que ce n’est pas parfait et qu’on n’a pas de baguette magique pour régler tous les problèmes, mais c’est une très bonne nouvelle.» Le Devoir ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sam Hamad MONTREAL Report de plusieurs chantiers pour limiter la congestion routière T 17' i* TkT TkT 17' I^I^ITTIT'AIT IzTl Vvl l-VI Oin IV* lo -J-ll 11/ JEANNE CORRIVEAU Le maire Gérald Tremblay a confirmé hier que la Ville retardera la réalisation de plusieurs chantiers afin de ne pas congestionner davantage les rues de Montréal.En revanche, la cadence de certains travaux déjà en cours sera accélérée.En attendant que Québec dévoile les mesures de mitigation qui seront mises en place pour la rentrée, le maire Gérald Tremblay a présenté hier la liste des travaux d’infrastructures routières et d’aqueducs qui seront reportés, soit à l’automne, soit à l’an prochain.Pour guider le choix des chantiers, cinq zones stratégiques du réseau montréalais ont été ciblées, soit le centre-ville, l’arrondissement de Saint-Laurent, les secteurs des échangeurs Turcot et Saint-Pierre ainsi que la rue Sherbrooke Est «Si on reporte quelques investissements, ça veut dire qu’on a des fonds qui sont disponibles pour accélérer la réalisation d’autres chantiers»,^ a indiqué le maire Tremblay.À titre d’exemple, les travaux de l’avenue du Parc ainsi que ceux de l’intersection du boulevard Henri-Bourassa et de la rue Sherbrooke, seront conclus plus rapidement.Les cyclistes ne seront pas heureux d’apprendre que dans le but de maintenir la fluidité de la circulation automobile, l’aménagement de la piste cyclable du boulevard Maisonneuve vers l’est, entre la rue Berri et le pont Jacques-Cartier, sera remis à l’an prochain.«Ce projet est toujours prioritaire pour la Ville de Montréal, a assuré Claude Carette, directeur de la Direction des transports à la Ville.Il sera réalisé au printemps 2012.» Comme ces travaux auraient accaparé l’équivalent de deux voies du boulevard, mieux vaut les reporter, a ajouté M.Carette.Par ailleurs, la synchronisation des feux de circulation sera améliorée dans plusieurs grandes artères, dont le boulevard René-Lévesque.De son côté, la Société de transport de Montréal ajoutera 84 départs quotidiens sur six réseaux du secteur Quest-de-l’île.La chef de l’opposition, Louise Harel, considère que le maire Tremblay aurait dû inclure dans sa liste le démantèlement éventuel de l’autoroute Bona-venture.«La Ville de Montréal sabote l’une des dernières alternatives permettant facilement l’entrée au centre-ville», a-t-elle commenté hier par voie de communiqué.Le Devoir GREC LOCKE REUTERS {Z Le fleuve Churchill, situé dans la région du Labrador, est au centre du projet hydroélectrique terre-neuvien.Projet hydroélectrique du Bas-Churchill L’aide d’Ottawa soulève l’ire à Québec Québec — Le gouvernement Harper fait carrément la «sourde oreille» à la «vive opposition» du Québec au projet hydroélectrique du Bas-Churchill.C’est ce que conclut le gouvernement Charest après l’annonce par le fédéral, hier, d’une garantie de prêt pour ce projet conjoint de (Terre-Neuve et de la Nouvelle-Ecosse.Le Parti québécois, lui, n’a évoqué rien de moins que la réédition, «en plein jour», de la «nuit des longs couteaux».Le ministre québécois des Af faires intergouvemementales canadiennes, Pierre Moreau, a rappelé, en entrevue avec La Presse canadienne, que plusieurs provinces, outre le Québec, s’opposent à cette décision d’Qttawa, notamment l’Qntario et le Manitoba.Il a refusé d’évoquer la possibilité d’un front de provinces opposées, mais a soutenu que tous les recours étaient envisa-gés.La garantie de prêt n’a pas encore été chiffrée, mais M.Moreau la juge «tout à fait inaccep- table».À ses yeux, le gouvernement fédéral tente de faire passer cette annonce sous un couvert environnemental «mais c’est le financement d’un barrage».Qr, le Québec a toujours payé ses barrages à même ses deniers.Bref, il y a là «concurrence déloyale» à Hydro-Québec sur les marchés d’exportation, puisque l’électricité terre-neuvienne se trouvera à être subventionnée; et entre autres par les impôts des Québécois.La faute à Charest Pendant la dernière campagne électorale, le Parti conservateur s’était déjà engagé à financer le projet du Bas-Churchill.Hier matin, le gouvernement Harper a lait un pas de plus en signant une entente de principe pour fournir la garantie de prêt pour les projets hydroélectriques de 6,2 milliards du cours inférieur du fleuve Churchill au Labrador.Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent ré- gler les termes de l’accord avant le 30 novembre.Selon le Parti québécois, le gouvernement Harper se fout du Québec, qui se trouve «complètement ignoré», a déploré le porte-parole péquiste en matière d’énergie, Sylvain Gaudreault.Et selon lui, c’est la laute du gouvernement Charesf qui a «laissé aller son rapport de forces», notamment en acceptant le nouveau cadre canadien en matière d’énergie.Il souhaite que le gouvernement traîne Qttawa devant la Cour suprême puisque l’intervention fédérale ne respecterait pas le partage des pouvoirs prévu par la Constitution.M.Moreau n’a pas voulu s’engager dans cette voie, mais a dit n’écarter aucun recours.Il attend les conclusions des analystes fédéraux, qui chif freront en octobre la valeur de la garantie de prêt à accorder.À Qttawa, l’opposition officielle néodémocrate a caution-né le coup de main d’Qttawa.Toutefois, le NDP a déploré une certaine forme d’iniquité, puisque seule la région de l’Atlantique profite de la mesure.Une porte-parole du bureau du ministre fédéral Christian Paradis a pour sa part laissé entendre que le Québec est tout aussi admissible à une aide financière dans ce domaine.Le Bloc a pour sa part dénoncé et le^gouvernement et le NPD.«A l’instar des conservateurs, le NPD, dont la majorité des députés proviennent du Québec, a tout bonnement décidé d’appuyer un projet qui en plus d’être inéquitable et injuste envers le Québec, viendrait concurrencer Hydro-Québec.Pour un parti qui prétend être à l’écoute des Québécois et des Québécoises, c’est plutôt raté!» a soutenu le porte-parole du Bloc québécois en matière de ressources naturelles et député de Richmond-Arthabaska, André Bellavance.La Presse canadienne avec Le Devoir Un ex-général de l’armée propose de conper les effectifs Le général Andrew Leslie, ancien numéro deux des forces internationales en Afghanistan, propose d’importantes coupes dans les effectifs et les dépenses, afin de rendre l’armée plus efficace et moins chère.En tout, 11 000 postes devraient être supprimés ou redéployés, selon des extraits du document publiés par le Globe and Mail et CBC.Le général, responsable depuis 2010 de la restructuration des forces ar- mées, estime que 3500 militaires occupent actuellement des emplois qui «ne servent pas à grand-chose» et devraient être licenciés ou redéployés.Il suggère le même traitement pour 3500 employés civils du ministère de la Défense.Son rapport, remis au gouvernement le mois dernier, a fait hier l’objet de fuites dans les médias.Agence France-Presse Nous restaurons les mécanismes, les cadrans émaillés et les boîtiers d’horloge de qualité.J/aUSr re&tmi/Yms» tout/.cceur^ àrtsés».^ MONSIEUR IHnF’ J 514 484-8332 4652, boul.Décarie, Montréal www.themrfixit.com aJllKaBOUCHER MENTS D'ETERN TE GALERIE BERNARD 3926, rue Saint-Denis, Montréai JetV: llhà 19h; SetD: 12h à 17h 514.277.0770 Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 t ROLEX A 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOUT 2011 ACTUALITES Droits de scolarité McGill pourra continuer à exiger 29 500 $ pour un MBA LISA-MARIE GERVAIS Après s’être fait rabrouer par Québec en raison de son programme de MBA à 29 500 $, McGill rentre dans le rang.Moyennant des changements conférant au diplôme un caractère international, l’université pourra continuer d’exiger des droits de scolarité neuf fois plus élevés que la limite permise par le gouvernement.Pour la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, ces changements — notamment un corps professoral composé d’étrangers aux deux tiers et l’exigence d’acquérir une expérience à l’international — sont satisfaisants et «pas du tout mineurs».«Ce sont des changements profonds qu’apporte McGill à son MBA.Un étudiant accepté Van dernier ne pourrait pas nécessairement être accepté dorénavant.Le contenu des cours et les profils d’admission ne sont pas les mêmes», a-t-elle expliqué au Devoir.Par ces changements, McGill n’offre plus un MBA dit «régulier» et n’a plus à se conformer aux règles budgé-taire§ édictées par le ministère de l’Éducation au même titre que les autres programmes réguliers.L’université doit toute- fois autofinancer son MBA, sans l’aide de Québec.Ce programme de deuxième cycle devient par exemple équivalent au EMBA (executive MBA), qui s’adresse à des gestionnaires expérimentés, que McGill offre déjà conjointement avec HEC.«On a manifesté à [l’université] McGill que ce n’était pas acceptable, un MBA à 30 000 $.Elle a compris qu’elle devait se mettre à la tâche», a dit Line Beauchamp.L’établissement anglophone de Montréal avait écopé d’une amende de 2 millions de dollars imposée par Québec.La ministre reconnaît que par la nouvelle spécialisation de son MBA, il n’en existe plus sous la forme régulière, accessible aux étudiants réguliers qui viendraient de terminer un diplôme de premier cycle, par exemple.«L’offre au MBA n’est pas une offre contingentée.Le fait que McGill n’offre plus de MBA au régulier n’empêche pas les étudiants de faire un tel programme, a-t-elle indiqué, en rappelant qu’il existe plusieurs autres universités au Québec.Ixs universités sont autonomes et peuvent décider d’ouvrir des classes.Elles vont répondre au principe de l’offre et la demande.» Avisant qu’elle n’accorderait P7 rr II rTÏT ( ¦¦ Il II "" iiim ' .- SS i«effllir;fci* JACQUES NADEAU LE DEVOIR UUniversité McGill, sur les flancs du mont Royal.pas d’entrevues, l’université a lait savoir par voie de communiqué qu’elle était heureuse que le ministère reconnaisse son nouveau programme de MBA profd affaires internationales.Elle soutient que l’adoption d’un tel modèle autofinancé, qui ne possède pas de plafond de droits de scolarité, était devenue nécessaire «pour soutenir les améliorations majeures qui lui avaient été apportées au cours des dernières années».L’établissement rappelle par ailleurs qu’il a réinvesti dans les bourses d’études pour maintenir l’accessibilité à son programme pour tout candidat qualihé.Le Devoir Parc éolien de Saint-Valentin Québec trouve le projet actuel « inacceptable » Québec — Le gouvernement du Québec estime que la réalisation contestée du parc éolien de Saint-Valentin, en Monté-régie, ne sera pas possible dans sa forme actuelle en raison de sa «non-acceptabilité sociale».C’est ce qu’ont indiqué hier la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, et son collègue de l’Environnement, Pierre Arcand, après le dépôt du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPÉ) dans ce dossier.Le BAPE affirme que le projet controversé de la firme Vénterre NRG nécessite des modifications, ses avantages semblant inférieurs aux désavantages et risques en- courus.Notamment, le projet gruge un patrimoine agricole de haute qualité «qu’il convient de protéger».De plus, le domaine du parc est Iféquenté au printemps par un nombre d’oies, de ber-naches et d’autres espèces bien plus élevé que les estimations du promoteur.Plusieurs emplacements d’éoliennes devraient ainsi être revus.Les risques d’une atteinte à la qualité de vie et à la santé des voisins d’éoliennes sont par ailleurs qualifiés de «réduits» en raison de la distance séparatrice de 750 mètres à Saint-Valentin et de 1000 mètres à Saint-Paul-de-flle-aux-Noix.La Presse canadienne E N BREF Marée noire : Deepwater Horizon a fait fi de signanx alarmants Wellington — L’équipe de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, qui a explosé en avril 2010, provoquant la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis, a fait fi des avertissements sur l’imminence d’un désastre, a déclaré hier un enquêteur.Selon Bill Gallagher, vice-responsable des af-Éfires maritimes des îles Marshall, des indices montrant des problèmes de pression au puits sont apparus avant l’explosion, a-t-il déclaré à la radio australienne ABC.11 a également cité un «manquement» quant aux standards d’ingénierie de surveillance de la plateforme.L’explosion de Deepwater Horizon, a fait 11 morts et répandu des centaines de millions de litres de brut dans le golfe du Mexique.-AEP Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Membre O.P.Q.et R.C.P.O.S.S.Psychologue clinicienne Adultes • Couples 25 ANS d’expérience I 514*861 *0630 Vieux-Montréal (Dame» - K^omette» «^aoem/^ o^est/à/(hhis/l^éerwe/» (DaÂieps» Clairefontaine et/&e^coélectiofis» ^ceauûo, candS/O/cackete/^ mstnimefits/cû'écivàire» 446, rue/^u^ice/, ‘PieuoorÆonù'éal ^eI^)hone> ; 614 S46-^S0 ^£uni' école d’été de l’Institut du ' Nouveau Monde (INM) accueille François Legault dans le cadre d’un dîner consultation.Le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec dînera ,aujourd’hui à la cafétéria de l’Ecole de technologie supérieure de Montréal (ETS) en compagnie d’une centaine de jeunes de 15 à 35 ans originaires des quatre coins de la province.Pour Michel Venue, directeur général de l’INM, l’idée n’est pas d’offrir une tribune à un homme politique, mais bien de créer un échange entre citoyens et meneurs politiques.«Chaque année, nous invitons une femme ou un homme politique qui ont marqué l’actualité récente, et M.Legault a beaucoup fait parler de lui dernièrement.Il s’agit vraiment d’un échange multidirectionnel et les débats peuvent être très vijs.» La rencontre est inscrite au programme de la troisième journée de la huitième édition de l’école d’été de l’INM, placée cette année sous le signe de la révolution créative.«La créativité et l’innovation, c’est dans l’air du temps, estime L’idée n’est pas d’offrir une tribune à un homme politique, mais bien de créer un échange entre citoyens et meneurs poHtiques, selon l’INM M.Venue, et elle n’appartient pas qu’aux artistes, mais s’applique aussi en santé, en éducation, ou en écologie.» Fondée en 2002 par Gérard Bouchard et Michel Venne, l’INM s’est donné pour objectif d’encourager la participation citoyenne et de renouveler les idées au Québec.«Avec l’école d’été, on cherche à dire aux jeunes qu’on a besoin de leur attitude créative et qu’ils doivent apprendre à penser hors du cadre.» Aujourd’hui, outre la rencontre avec l’ex-ministre péquis-te, les 400 inscrits de l’édition 2011 prendront part à dix débats sur des sujets aussi variés que la mobilité durable, la justice alimentaire, ou l’accréditation syndicale, avant d’achever la journée par un théâtre forum et un cabaret citoyen.Parmi les personnalités prenant part à l’événement, on compte Louise Beaudoin, députée de Rosemont, Jean-François Lépine, journaliste à Radio-Canada, Alain Deneault, auteur du livre Noir Canada, ou encore Alexandre Shields et Lisa-Marie Gervais, journalistes au Devoir.Le Devoir 1 1 m Roche Bobois a le plaisir de vous inviter a ses soldes d’ete.Canapes, meubles et accessoires a des prix exceptionnels, rabais allant jusqu’à 60% sur certains modèles de plancher.Faites vite.MONTRÉAL - 505 Avenue du Président Kennedy -Tél.514-350-9070 - montreal@roche-bobois.com LAVAL - Quartier Lavai - 660 Bouievard Le Corbusier, L7 - Téi.450-688-6000 - 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licence par LcyaltyOne, Inc.et Transat Distribution Canada Inc.Cliii Vo^es est une division de Transat Distribution Canada Inc.Permis No 753141 au Québec.Siège Social : 300 Léo-Pariseau, bureau 1601, Montréal, Québec H2X 403.cluhHvoyages' 1 866 777-0608 • clubvoyages.com Accumulez des milles de récompense ( AIR MILES'"’ chez Club Voyages ET DIMANCHE 21 AOUT 2011 A 9 CHAMP DE BATAILLE promenaae Ontario li S ^ J- R /L.w ^ ' ( ^ jjj I ) ^ Jerusalem «Le monde arabe reste aussi embarrassé [.] par la situation particulière d’Israël et des territoires palestiniens» Pierre Jaillard préside la Commission nationale de toponymie de France.L’institution conserve et développe le patrimoine toponymique du pays.«Dans tous ces domaines, la première condition à des progrès est certainement de dépassionner les débats!», dit-il.PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE BAILLARGEON Vous avez déjà rappelé l’exemple humiliant de l’acte de reddition de la guerre des Malouines: dans le texte, le nom «islas Malvinas», pourtant placé entre parenthèses, avait alors été refusé par les Britanniques au profit de la seule appellation «Falkand Islands».La toponymie, finalement, n’est-ce pas toujours la raison géographique et historiographique du plus fort?Je ne crois pas qu’on doive forcément placer la toponymie sur un terrain de rapport de force, même si elle peut en être une expression dans quelques cas de forte tension.Il est vrai que, dans ce domaine, la toponymie peut exprimer des rapports hiérarchiques.Les noms français sont nombreux dans les anciennes colonies françaises, même si le français n’y est plus langue officielle.Mais la question me paraît davantage linguistique et culturelle que politique ou militaire.Plus généralement, en effet, un lieu étranger aura plus souvent un nom spécifiquement français si le pays où il se trouve a des rapports culturels étroits avec la France — ou avec le Québec, bien sûr.Quelles sont les principales sources des conflits to-ponymiques?Vous avez raison de poser ainsi la question, car les topo-nymes sont rarement eux-mêmes la véritable source des conflits.Ils sont plus souvent des enjeux cristallisant des conflits ayant d’autres origines, et il serait un peu en dehors de ma compétence de chercher à caractériser ces origines.Mais je dois observer qu’ils sont des enjeux commodes, car tout le monde comprend facilement des questions comme la dénomination des îles Malouines ou de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, alors que l’importance géostratégique de la présence britannique dans l’Atlantique Sud ou le risque d’irrédentisme de la minorité slavophone de la Grèce peuvent paraître d’un abord moins immédiat.De nouvelles sources identitaires (sexuelles, communautaires, linguistiques ou autres) stimulent-elles de nouvelles tensions toponymiques depuis quelques décennies?Le cas macédonien entre bien dans la catégorie des sources communautaristes.L’Amérique du Nord me paraît du reste un champ d’expression de telles tensions toponymiques, notamment vis-à-vis des Amérindiens, ou au Canada entre franco-phones et anglophones.D’autres tendances sociales ou idéologiques pourraient peut-être trouver dans la toponymie un terrain d’expression, même si je n’y perçois pas encore leur trace.Notre position d’experts en toponymie est en tout cas de Les toponymes sont plus souvent des enjeux cristallisant des conflits ayant d’autres origines nous efforcer de sauvegarder ce legs patrimonial de toute tentative d’instrumentalisation idéologique ou politique, afin de lui garder toute sa profondeur historique.Comment ces conflits sur le nom des lieux se transportent-ils dans le monde virtuel?La Toile est pleine de débats toponymiques, où beaucoup expriment des positions définitives, soit en faveur du nom local, soit en faveur d’un nom historique, soit en faveur de mille autres positions dogmatiques — à peu près autant que d’internautes.La confrontation avec de très nombreux cas difficiles nous amène, pour notre part, à des positions qui tentent de concilier cohérence et pragmatisme, même si cela déçoit beaucoup d’esprits plus partisans.Notre site (www.toponymiefrancophone.org) donne notamment une liste de noms géographiques en français qui permet de s’approprier ces équilibres sur quelque 1300 noms dans le monde.Quelles régions du monde vous paraissent les plus en guerre toponymique?Dans ce «Tour du monde en français», comme nous avons intitulé cette liste, on peut manifestement s’attarder en Asie.La question de la mer du Japon, comme de quelques-unes de ses îles, empoisonne depuis des années les travaux de î’Qr-ganisation hydrographique internationale, d’autant que sa solution doit être élaborée en pensant à tous les conflits latents que pourraient ranimer une brèche dans les principes actuels ou l’adoption de nouveaux principes.Le monde arabe reste aussi embarrassé par le traitement de la toponymie coloniale, et aussi par la situation particulière d’Israël et des territoires palestiniens.Dans tous ces domaines, la première condition à des progrès est certainement de dépassionner les débats! Quelles sont les plus efficaces manières d’apaiser les conflits toponymiques?Les commissions comme celle que vous dirigez constituent-elles la solution idéale?Dans les situations d’extrême tension, il est bien difficile de prôner une attitude depuis une position extérieure.Mais on peut observer que la recherche minutieuse d’antécédents historiques à l’appui de telle ou telle thèse est le plus souvent vouée à l’échec, car chacun peut choisir dans l’histoire la période qui l’arrange, sans compter les risques de réécriture de l’histoire.De même, la recherche obstinée de responsabilités conduit à un nœud gordien qui ne peut qu’être tranché à l’exemple d’Alexandre le Grand.En fait, la participation à un organisme comme le Groupe d’experts des Nations unies pour les noms géographiques est la première étape d’une longue prise de conscience.Cela peut expliquer que le Groupe d’experts s’apprête à fêter son cinquantenaire sans avoir résolu tous les problèmes posés à lui! Le Devoir ¦ Pour en savoir plus sur le sujet, Pierre Jaillard a prononcé une conférence intitulée Les toponymes: une source de conflits?au Festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, organisé en 2008 sur le thème «Entre guerres et conflits: la planète sous tension».Le texte de la conférence est disponible à l’adresse www.sig-la-lettre.com/7les-to-ponymes-une-source-de «Dès que les Le Moyne se sont installés ici, le nom “Longueuil” a toujours compté deux “u”» 1 ygy'îBL- de bêtes erreurs de transcription québécoises proviennent d’altérations plus ou moins volontaires à Bébert, dans les Laurentides, serait une adaptation libre du nom Walter Ab-Yberg, un ingénieur forestier suisse qui fut président de la Corporation des ingénieurs forestiers de la pro- gion.«Nos bons habitants, trouvant ce nom trop difficile à prononcer, désignèrent leur voisin anglais sous le surnom de Crête-de-Coq», indique la fiche toponymique de ce ruisseau., Aux Eboule- Aux Éboulements, le hameau de Blagousse aurait ainsi été nommé à la suite d’une déformation phonétique des mots «black house» vince de Québec en 1930.Certains noms anglophones, trop ardus à prononcer, ont subi des transformations inusitées.Dans la municipalité de Sainte-Ursule, dans Maskinon-gé, un ruisseau porte le joli nom de «Crête-de-Coq».Qr ce nom n’est pas inspiré du volatile, mais bien du premier résidant du secteur, Christian Corck, qui, comme bien d’autres loyalistes du XVIIP siècle, s’était établi dans la ré- ments, le hameau de Blagousse aurait ainsi été nommé à la suite d’une déformation phonétique des mots «black house».Il semble que ce nom ait été inspiré par la présence, dans le secteur, d’une maison de couleur foncée qui était habitée par un anglophone.Dans la même veine, l’île la Sottise, dans l’archipel de L’Isle-aux-Grues, tirerait son nom d’une déformation de la désignation anglaise de «South East Island», car elle es( située au sud-est de la Grosse île.De même, certains noms d’origine amérindienne n’ont pas sur- vécu à l’épreuve du temps.C’est le cas de la rivière Romaine, dans la région de la Côte-Nord, qui serait une adaptation française du mot ouraman, nom qu’aurait noté un certain Jean-Baptiste-Louis Franquelin en 1685 pour identifier ce cours d’eau.Le cas de Longueuil Le second «u» dans le nom de la ville de Longueuil est-il le fruit d’une erreur?Il faut savoir que la mère du fondateur de la seigneurie de Longueuil, Charles Le Moyne, était originaire de Longueil (avec un seul «u»), près de Dieppe, en Normandie.Michel Pratf président de la Société historique et culturelle de Marigot, s’est intéressé à la question.Il a épluché les archives de Longueuil et son verdict est sans équivoque: «On dit souvent que c’est une erreur de curé, mais ce n’est pas le cas du tout, affirme-t-il.Dès que les Le Moyne se sont installés ici, le nom “Longueuil” a toujours compté deux “u”.Les documents l’attestent à profusion.Il n’y a absolument aucun doute là-dessus.Le fondateur de Longueuil, Charles Le Moyne, de même que son fils, le baron de Longueuil, ont toujours signé Charies Le Moyne de Longueuil avec deux “u”.» «Je suis le seul et le premier à tuer cette croyance», ajoute M.Pratt, qui, en revanche, n’a aucune certitude quant aux intentions réelles de Charles-Lemoy-ne à l’égard de l’orthographe particulière de Longueuil.«Charles Lemoyne est parti de la Erance à 16 ans et il savait plus ou moins écrire.Ce sont les Jésuites d’ici qui le lui ont montré.Quand il a écrit le mot Longueuil pour la première fois, le nom comportait deux “u”.Etait-ce une question de choix pour la distinguer de Longueil en Erance ou une erreur par rapport au nom français?Ça, on ne le saura jamais.» Le Devoir Abat-jour Illimités LAMPSHADES Obtenez 15% de rabais ! 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ordre qui arrivent subitement, c’est un choc.On perd une voix.On ne le lira plus», dit M.Assathiany.Après ses Douces colères, qu’il a publiées en 1989, et Nouvelles Douces colères en 1999, cet ouvrage en préparation aurait été une fois de plus l’expression de cette intarissable indignation.«Il était en colère tout le temps, mais c’est ce qui faisait sa force.Il n’est pas de ces gens qui se satisfont béatement.» Impossible à museler, ce Gil Courtemanche.Tout récemment, il rassurait la rédactrice en chef du Devoir en disant espérer reprendre sa chronique du samedi dès septembre.Pas de doute que même au plus fort de ce mal qui le rongeait, il était attendu.«Il avait peur que l’irrégularité de ses chroniques en raison de sa maladie lui fasse perdre sa tribune.Il n’en a jamais été question, on tenait à cette parole-là», souligne Josée Boileau.Même qu’elle avait été désirée, cette voix militante qui vociférait à gauche, sans filtre aucun.«Ce genre de point de vue qui dérangeait l’establishe-ment était important pour une presse indépendante comme la nôtre.Il n’y a pas de doute que c’était un plus que de l’avoir», note l’ancien rédacteur en chef du Jean-Robert Sansfaçon, qui avait senti le besoin de confier une chronique à ce libre-penseur de la gauche, il y a exactement dix ans.C’était au temps A’Un dimanche à la piscine à Kigali, que Gil Courtemanche avait écrit à temps perdu, assis au bar de Mille collines au Rwanda.En plus d’être porté au grand écran par Robert Favreau, ce succès critique et populaire a été traduit dans plus de 20 langues et lui a valu le Prix des libraires.Cela aurait facilité par la suite l’ouverture des portes du Tribunal pénal international à La Haye, où il a agi comme conseiller au bureau du procureur.Pas si douces colères Gil Courtemanche, c’était l’homme des Douces colères, mais qui n’étaient, au fond, pas toujours douces.Par ses paroles incendiaires, son caractère «soupe au lait» — dira sa sœur Sylvie —, son air malcommode, Gil Courtemanche s’attirait souvent les foudres des gens autour de lui.Brandissant sa liberté de parole à bout de bras, il ne mâchait pas ses mots pour défendre une cause.Quitte à se retrouver seul au front, à se clochardiser.C’est ainsi qu’il a refusé d’être en lice pour les Grands Prix littéraires Archambault, affirmant ainsi son appui aux journalistes du Journal de Montréal mis en lockout par leur employeur.Québécor.Les retentissants coups d’éclat de ce «franc du collier» sont signes qu’il ne fait pas de concession avec la vie, ni avec les puissants de ce monde.«C’est sa marque», constate M.Assathiany.Sa fille Anne-Marie aurait apprécié un peu plus de dentelle.«Il ne disait pas toujours les choses de façon élégante et ça lui posait problème.Il pouvait aussi refuser des emplois payants parce que c’était contre ses principes.Ils étaient plus importants que tout», dit-elle.Il s’est tenu debout, son père.C’est aujourd’hui un legs dont elle s’enorgueillit.Ça, et son amour des voyages et de la musique.Passionné de jazz, Gil Courtemanche couvrait pour des journaux les festivals.Il est aussi l’auteur de la chanson Les Yeux de la faim, mise en musique par Jean Robitaille, une sorte de WeAre the World québécois, composé pour les victimes de la famine en Ethiopie dans les années 80.Et certains seraient étonnés d’apprendre que cet intellectuel et spécialiste de politique internationale a réalisé des documentaires sur Kashtin et Roch Voisine, et collaboré.à la série Moi et l’autre.«Je ne comprenais pas [.] pourquoi il n’est pas possible d’aimer Céline Dion et Ravel avec autant de passion et pourquoi aimer Plouffe me mettait en conflit d’intérêts avec mon amour de Rimbaud, écrivait-il dans Douces colères.Pourtant ce sont les mêmes larmes que je verse quand j’apprends la mort de René Lévesque, quand j’écoute I^dy in Red de Chris de Burgh et lorsque dans les années cinquante.Tony Leswick a donné la coupe Stanley à Detroit en prolongation, avec un faible lancer de la ligne bleue.» Un tendre sans pudeur Sous des dehors de vieux garçon mal engueulé et arrogant, Gil Courtemanche était avant tout un homme sensible.«A part lorsqu’on partait une discussion enflammée sur la politique, ce n’était pas Gil qui prenait le plus la parole autour de la table chez nous.Les personnes qui crient le plus fort ne sont pas les moins sensibles, soutient sa sœur Sylvie, qui dirige les Francouvertes.Gil, c’était un tendre dans le fin fond.» Cette tendresse a surtout transparu dans ses romans, écrits d’une plume divine, dont deux sur quatre ont été portés au grand écran.Son dernier livre.Je ne veux pas mourir seul, a été livré sans pudeur.Un roman sur son cancer et la rupture d’avec la femme de sa vie, qu’il revendique comme «autofiction».«Le contenu, c’est de Tau-to”, la fiction n’étant là que comme un crémage sur un gâteau funèbre», disait-il l’hiver dernier en entrevue radiophonique.La mort, la vie, la mort, la vie.Ainsi était rythmé de chapitre en chapitre son dernier ouvrage, cette épitaphe sur l’amoureux de la vie qu’il a été.Et comme toujours, la mort, inexorable, a fini par s’imposer au dernier chapitre.Le Devoir EQUINOXE EILMS Luc Picard et Fatou N’Diaye interprétaient les rôles principaux dans le film Un dimanche à la piscine à Kigali, du cinéaste Robert Favreau, tiré du célèbre roman de Gil Courtemanche.TOPONYMIE SUITE DE LA PAGE 1 grand romancier de langue anglaise engendré par Montréal».Il avait aussi une bonne réputation en tant que pourfendeur du nationalisme québécois et de la médiocrité canadienne.C’était un monstre sacré qui a beaucoup fait sacrer.D’où la gêne commémorative.La décision du service toponymique vient de tomber: la mémoire de l’écrivain génial et maudit sera honorée en donnant son nom au kiosque de musique du 4060 de l’avenue du Parc, au pied du mont Royal.La petite construction de bois et de métal datant de 1928 croupit à proximité du quartier de naissance de l’ancien spectateur engagé.La veuve de M.Richler a approuvé ce choix somme toute trivial, même et surtout avec ses graffitis, signes d’une attrayante protestation.D’autres défenseurs de l’auteur de Barney’s Vision estiment qu’il méritait mieux qu’un kiosque en décrépitude (il sera rénové.) où on ne joue plus de musique depuis longtemps.La chroniqueuse Barbara Kay du National Post a parlé d’une décision «insultante» et suggéré ironiquement de rebaptiser les innombrables nids-de-poule de la ville en «morts-de-caille».Une rue ou la bibliothèque du Mile-End en son honneur semblaient plus à propos à d’autres moins cyniques.Le conseiller du Mile-End Alex Norris a tranché en affirmant que ces suggestions toponymiques appartenaient à «une autre époque».Ah bon.Le polémiste Robin Philpot a tiré à boulets bleus sur le projet à partir du site vigile.net en se demandant pourquoi, tant qu’à faire, ne pas baptiser un lieu en l’honneur de la chroniqueuse du Globe and Mail Janet Wong, qui a lié la tuerie du collège Dawson au mouvement indépendantiste québécois.«Impensable, bien sûr, écrivait-il l’an dernier alors que moussait la controverse.Mais pourquoi alors même songer à donner à une rue de Montréal le nom d’un autre dénigreur du Québec et du peuple québécois — peut-être même le pire de tous?» Faut-il vraiment rappeler les chicanes toponymiques ayant entouré la mutation avortée de l’avenue du parc en artère Robert-Bourassa ou la polémique au sujet de l’aéroport de Dorval transformé en aéroport Pierre-Elliott-Trudeau?On imagine déjà la bisbille quand viendra le temps d’honorer la mémoire de feu le cinéaste Pierre Falardeau, autre talentueux casse-pieds de première doublé d’un insulteur féroce.La toponymie est un champ de bataille perpétuel où se succèdent des armées de militants cuirassés de certitudes idéologiques, bardés de vérités politiques, prompts à en découdre.La toponymie pacifiée En fait, est-ce vraiment le cas?«La toponymie n’est pas un terrain de controverse», corrige Louise Marchand, présidente de l’Office québécois de la langue française et de la Commission de toponymie (CT), en poste depuis le 10 janvier.«Au contraire! Les controverses très, très animées demeurent rares au sein de la Commission comme dans l’actualité.En tout cas, cette idée de champ de bataille ne reflète pas la réalité de la toponymie du Québec.» La présidente ajoute ne pas vouloir commenter l’initiative municipale concernant le kiosque de musique Mordecai-Richler.Ce nouveau nom pourra être officialisé par la Commission nationale si la Ville en fait la demande.Mme Marchand confie qu’un nouveau dossier est à l’étude pour commémorer à Montréal le premier ministre Robert Bourassa.Les commissaires examinent aussi des propositions concernant le chanteur Claude Léveillée, décédé le 9 juin.La règle institutionnelle oblige toutefois d’attendre au moins un an pour attribuer son patronyme à un lieu.Le pont privé de l’autoroute 25 sera bientôt baptisé en accord avec Montréal et Laval.La CT réagit aux propositions des citoyens, des groupes de pression ou des municipalités.Elle traite environ 2500 dossiers par année.L’institution-gardienne fêtera son lOO"^ anniversaire de fondation l’an prochain.«La Commission réunit l’histoire, la culture et la géographie du Québec», résume la présidente, aidée dans ses travaux par sept commissaires.Ce concentré de mémoire veille sur 232 979 dossiers de noms de lieux québécois, en date du 5 juillet.Le fédéral a sa commission pour certains lieux sous sa responsabilité, comme les aéroports et les ports.«Il y a un objectif de pérennité en toponymie, poursuit Mme Marchand.L’usage guide beaucoup nos réflexions.Il faut également essayer d’arriver au plus large consensus possible.Parce que ce nom va marquer très, très longtemps.Ce n’est pas anodin de nommer un lieu.» D’ailleurs, un des critères d’attribution de la Commission recommande A?«éviter les choix susceptibles de provoquer ou d’alimenter la controverse».Il faut en plus composer avec les errances passées dans ce milieu indulgent.Le pape Pie IX, le plus réactionnaire des papes des derniers siècles, qui s’opposait à tout, pêle-mêle, le rationalisme, la liberté de penser ou la démocratie, tout en justifiant l’esclavage, un réactionnaire pur sucre, a droit à son boulevard dans la métropole québécoise tandis que la suffragette Thérèse Casgrain y attend toujours sa ruelle.La toponymie émotive «C’est un secteur affecté par l’émotivité, mais très pacifié», renchérit Isabelle Dumas, chef de la division de l’expertise en patrimoine et de la toponymie de la Ville de Montréal.Notre ville fêtera bientôt son 37Lf anniversaire.À travers le temps, il y a eu peu de changements de nom, avec comme résultat qu’on peut vraiment lire les couches de notre histoire et les résultats des différentes annexions.Dans l’ancienne ville d’Anjou, par exemple, les noms des rues rappellent des villes de France.Le fait d’avoir cette histoire derrière nous aide à garder le champ de bataille relativement pacifique.On continue à construire notre mémoire et de temps en temps surgit un événement plus émotif.» Mme Dumas baigne dans ce monde depuis deux décennies.Ses services ne traitent qu’une trentaine de nouvelles dénominations par année, les ouvertures de rue étant rares sur le territoire municipal.Les changements dénominatifs demeurent encore plus exceptionnels, le cas du boulevard Dorchester devenu René-Lévesque semblant le plus significatif, même si les récentes fusions municipales ont forcé quelques autres ajustements.«La pratique du changement de nom est déconseillée, explique Mme Dumas.La toponymie peut servir de support mémoriel, mais son but premier est d’identifier des lieux pour faciliter les repères.» N’empêche, la toponymie montréalaise reste surchargée d’histoire.«Dès les Sulpiciens, les premières rues reçoivent des noms commémoratifs, rappelle Mme Dumas.Ils ont donné le ton avec les noms de saints et de personnages.» D’autres villes, comme New York, Vancouver ou Calgary, ont plutôt opté pour des dénominations numériques.On s’y fixe des rendez-vous à l’intersection Fifth Avenue et 14"^ Street, et non à l’angle Saint-Laurent et Saint-Joseph.Ici, les rares rues numérotées se retrouvent dans les arrondissements de Rosemont, de Pointe-aux-Trembles ou de LaSalle.Le système, fade et banal, comme un bagel sans garniture, a l’avantage d’assurer l’efficacité tout en évitant la controverse.Cette méthode n’aurait certainement pas plu au regretté Mordecai Richler.Le Devoir FLAHERTY «La situation actuelle est surtout un problème de confiance dans les efforts des gouvernements de se doter d’un plan crédible pour réduire leurs déficits» SUITE DE LA PAGE 1 M.Flaherty a toutefois indiqué clairement qu’il n’avait aucune intention de se lancer dans une nouvelle ronde de dépenses pour des projets d’infrastructures.«C’était la bonne chose à faire en 2009, quand l’économie mondiale était en récession», a-t-il dit.Aujourd’hui, M.Flaherty estime que «le fait de trop dépenser est exactement k problème [qui touche] les pays européens et les États-Unis», paralysés par des «dépenses exagérées, des déficits accumulés et des dettes incommensurables».La toile de fond des dernières semaines laisse entrevoir une économie en panne sèche.L’équipe d’économistes de la Banque TD a opiné hier dans une note d’analyse que «toute une série de données sur les dépenses intérieures et internationales suggère que l’économie canadienne n’a affiché aucune croissance au deuxième trimestre», dont les chiffres officiels ne sont pas encore disponibles.L’économie canadienne a progressé de 3,9 % au premier trimestre.Du côté américain, le portrait est beaucoup plus sombre.Le taux de chômage est à 9,1 %, et l’économie n’a pu faire mieux qu’une croissance de 0,8 % en rythme annuel au cours de la première moitié de 2011, faisant dire à des économistes comme le réputé Nouriel Roubini que la probabilité d’une nouvelle récession ne cesse d’augmenter.Tout soubresaut aux Etats-Unis pourrait avoir un impact au nord de la frontière, l’ampleur restant à être déterminée, puisque les Américains achètent environ 70 % des exportations canadiennes.M.Flaherty a suggéré aux pays déficitaires de faire le ménage dans leurs finances.«La situation actuelle est surtout un problème de confiance dans les efforts des gouvernements de se doter d’un plan crédible pour réduire leurs déficits», estime le ministre.La crise de 2008, quant à elle, était due, selon lui, à une «perte de confiance dans les institutions bancaires mondiales».«Pour régler le problème actuel, il faudra faire des choix difficiles et prendre des mesures énergiques — surtout aux États-Unis et en Europe — afin d’engendrer la confiance dans une reprise de longue durée», a mentionné M.Flaherty.Pour ce qui est du Canada, pas de changement: le gouvernement «maintient le cap pour équilibrer le budget en 2014-2015.C’est le plan et nous allons le suivre».Jim Flaherty a affirmé que les projections de son dernier budget tiennent toujours la route et que la prochaine phase du plan d’action économique «contient plusieurs mesures qui pourront contribuer à un environnement de croissance positive».Demeurons vigilants, dit Carney Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a dit pour sa part que «les vents contraires extérieurs soufflent maintenant plus fort» et que la vigueur du huard n’aide pas les exportateurs.«En grande partie sous l’effet de ces facteurs externes, les données canadiennes récentes laissent présager une croissance minimale ou légèrement négative au deuxième trimestre.Parallèlement, l’évolution du marché du travail et les intentions d’investissement des entreprises donnent à penser que l’économie canadienne demeurera vigoureuse», a dit M.Carney.Par ailleurs, il est nécessaire de poursuivre l’assainissement budgétaire déjà en cours au niveau fédéral, a-t-il dit, ajoutant que les «prêts octroyés au secteur privé ne peuvent croître de façon illimitée».«Les Canadiens sont aujourd’hui aussi endettés que les Américains et les Britanniques.Dans un contexte caractérisé par des taux d’intérêt exceptionnellement bas, nous devons veiller à ne pas répéter les erreurs d’autres pays, qui doivent maintenant relever le défi de réduire en même temps le niveau insoutenable de leur endettement public et privé.» Le taux directeur de la Banque du Canada — qui influence les taux d’intérêt liés aux prêts aux entreprises et à la consommation — est à 1 % depuis le 8 septembre 2010.Les économistes ne s’attendent pas à une hausse d’ici la fin de 2011, certains tablant même sur 2012.La Réserve fédérale américaine, quant à elle, est incapable d’abaisser ses taux davantage pour stimuler l’économie, car ils sont déjà à leur plus bas, dans une fourchette comprise entre 0 % et 0,25 %.Ce qui lui reste est une méthode connue sous l’appellation «assouplissement quantitatif», qui consiste à racheter des obligations gouvernementales pour fournir des liquidités aux banques afin qu’elles puissent poursuivre leurs opérations de prêts.La situation est telle que la Fed a brisé la tradition du langage flou, le 9 août, et carrément affirmé que son taux directeur demeurera à un niveau très bas au moins jusqu’au milieu de 2013.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal 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