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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-08-22, Collections de BAnQ.

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lip Main-d’œuvre en santé : la pénurie actuelle n’est que la partie visible de l’iceberg, selon Québec Page A 3 -?w w w .1 e d e V 0 i r.c 0 m ?- LE DEVOIR Vol.CII N“189 ?LE LUNDI 22 AOUT 2011 1,09$+TAXES= 1,24$ Les heures du régime Kadhafi sout comptées ¦ Les rebelles libyens sont au cœur de Tripoli ¦ Deux des fils du colonel, dont Saïf al-Islam, ont été arrêtés GIANLUIGI GUERCIA AGENCE ERANCE PRESSE À Tripoli comme ici, à Benghazi, des foules sont descendues dans les rues hier en Libye pour célébrer l’avancée des forces rebelles.JEAN-PIERRE LEGAULT Les rues de Tripoli se sont remplies hier et cette nuit de rebelles et de citoyens en liesse, alors qu’elles venaient de se vider des forces prorégime.La fin semble proche pour le colonel Mouammar Kadhafi, en poste depuis 42 ans, qui s’accroche cependant toujours au pouvoir.Deux de ses fils sont déjà emprisonnés.Le chef de file du Conseil national de transition (CNT) mis sur pied par les rebelles libyens a annoncé hier la capture de Sait al Islam, qui était pressenti comme le successeur.«Nom avons eu confirmation de l’information selon laquelle nos hommes ont capturé Saïf al Islam.Nous avons donné des instructions pour qu’il soit bien traité afin qu’il puisse être jugé», a déclaré MoustaphaAbdeldjejil sur les ondes d’al-Jazira.Le fils aîné du chef libyen.Mohammed, s’est quant à lui rendu aux forces rebelles lorsqu’elles ont encerclé sa résidence.Les insurgés ont réussi à s’infiltrer à Tarouja en passant par la mer.Le quartier situé en banlieue de Tripoli était hier soir sous le contrôle des rebelles de même que ceux de souk al-Jomaa et d’Arada, selon des témoins.VOIR PAGE A 8: LIBYE Rassemblement du Nouveau Mouvement pour le Québec «Un automne québécois après le printemps arabe» ANTOINE ROBITAILLE Le relatif succès du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ), qui a rassemblé hier quelque 450 personnes à Montréal, pourrait inspirer la tenue d’états généraux du mouvement souverainiste.«Je ne suis pas du tout contre cette idée», a déclaré l’instigateur du NMQ Jocelyn Desjardins, dans un point de presse au terme de la journée.Dans son discours de clôture, M.Desjardins a lancé un appel aux partis politiques indépendantistes, soit le Parti québécois, Québec solidaire et le Parti indépendantiste: «Élevez-vous au-dessus de vos divergences.Parlez-vous, bon sang! Concluez des ententes stratégiques, peu importe la forme qu’elles vont prendre, parlez-vous, réunissez-vous.» Plusieurs figures connues du mouvement souverainiste présentes ont soutenu que cette unité pourrait se faire lors d’un exercice d’états généraux.Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi, a qudifié l’idée de très «intéressante».Emballé par les mouvements citoyens actuels, il a lancé: «E y a quand même cette volonté qu’il y ait VOIR PAGE A 8: MOUVEMENT Le NMQ a rassemblé hier quelque 450 personnes à Montréal INDEX Annonces.B 5 Avis publics .B 2 Culture.B 8 Décès.B 5 Économie .B 3 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 8 Monde.B 1 Mots croisés.B 8 Sudoku.B 8 Télévision.B 7 ASHLEY BRISTOWE Jan Gehl: «Montréal se transforme agréablement, à sa façon.» L’ENTREVUE Le rebâtisseur de villes Pour l’urbaniste danois Jan Gehl, la bonne architecture dépend de l’interaction entre la forme et la vie Penseur réputé du nouvel urbanisme à l’échelle humaine, très humaine, praticien de la grande mutation écomobile de Copenhague, l’architecte danois Jan Gehl inaugurera demain à Montréal le Sommet mondial Ecocité.STÉPHANE BAILLARGEON Le père putatif de la piA tonnisation de la rue Sainte-Catherine dans le Village de Montréal, cet été, c’est lui.Un test d’ADN idéologique le relierait fecilement à la pacification de la circulation sur le Plateau Mont-Royal.Il y a même un peu beaucoup de ce visionnaire de la ville dans le réseau des pistes cyclables du Québec, et dans le Bbd, bien sûr.En tout cas, Tarchitecte-urba-niste danois Jan Gehl, pape de Técomobilité, se sent naturellement en phase avec ce genre de mutations pour redonner la viUe aux vilains, enfin, à ses habitants, on se comprend.«Je suis assez impressionné par l’ampleur du réseau de pistes cyclables de Montréal et par le Bixi, dit-il en entre vue téléphonique depuis le Danemark./e visite Montréal depuis les années 1970 et fai pu suivre sa transformation récente.L’an passé, j’ai été frappé par la piéton-nisation et le réaménagement de certaines portions de la rue Sainte-Catherine.Cette ville se transforme agréablement, à sa façon.» Un beau vélo peut cacher des infrastructures en ruine et un immobilisme généralisé, comme le juge au contraire le professeur Gérard Beaudet, de TUniversité de Montréal, en page A 4 aujourd’hui.Mais bon.Jan Gehl revient cette semaine dans la métropole québécoise pour le neuvième Sommet mondial Ecocité réuni autour de thèmes fédérateurs et novateurs, comme les changements climatiques, TamG nagement urbain, la gouvernance démocratique des villes ou l’impact de l’environnement bâti VOIR PAGE A 8: URBANISME À lire aussi en page A 4 ¦ «Réinventer la ville: Le Québec atteint de la tare antiaménagiste», un regard critique du professeur d’urbanisme Gérard Beaudet DAVID KARP AGENCE ERANCE PRESSE Dominique Strauss-Kahn rentre chez lui après une rencontre avec ses avocats le 6 juillet dernier.Les accusations abandonnées, DSK pourrait rentrer en France dès cette semaine.Affaire DSK: l’abandon des charges serait inmiinent MÉLISSA GUILLEMETTE Un abandon des poursuites criminelles contre l’ex-patron du EMI Dominique Strquss-Kahn semble sur le point de survenir aux Etats-Unis.Les procureurs responsables de l’affaire feront demain une recommandation en ce sens, selon le quotidien New York Post, une information jugée plausible par l’avocat de la plaignante.Selon des sources anonymes du tabloïd américain, le procureur de New York, Cyrus Vance Jr, déposera demain une motion de recommandation de rejet des sept chefs d’accusation qui pèsent sur DSK, au centième jour écoulé depuis l’arrestation de celui qui était alors le favori pour l’élection présidentielle française de 2012.La motion qui devrait être déposée au tribunal expliquerait que les allégations de la femme de chambre de l’hôtel Sofi-tel, qui prétend avoir été agressée par l’ancien ministre des Einances le 14 mai, ne peuvent être prouvées «au-delà du doute raisonnable».La crédibilité ébranlée de Nafissatou Dial-lo, 32 ans, serait la raison invoquée pour justifier le revirement de situation.Mme Diallo a aussi été convoquée à la dernière minute pour une rencontre aujourd’hui avec le procureur de New York, une preuve de plus que les charges tomberont sous peu à l’eau, selon VOIR PAGE A 8: DSK La crédibilité ébranlée de Nafissatou Diallo serait la raison invoquée pour justifier le revirement 77831302829435 DES AUJOURD'HUI N SEMAINE 5H Réalisation: Nadia Peiellon Radio-Canada.ca/bienmeilleur PREMIERE CHAINE FM |«•»| A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 22 AOUT 2011 ACTUALITES Écrasement au Nunavut Les autorités prévoient une longue enquête Une équipe de sept experts du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a été dépêchée à Resolute Bay, au Nunavut, pour enquêter sur l’écrasement samedi d’un Boeing 737 de la compagnie First Air, qui a fait 12 morts et 3 blessés graves.Le porte-parole du BST, Chris Krepski, a indiqué à La Presse canadienne que l’enquête pourrait être très longue.L’épave de l’appareil devra être examinée; des témoins devront être rencontrés; les boîtes noires et les enregistreurs de données de vol devront être analysés, de même que les communications entre l’équipage et la tour de contrôle de l’aéroport; les données météorologiques devront aussi être recueillies.First Air devra par ailleurs fournir des renseignements sur l’entretien de l’avion ainsi que sur l’expérience et la formation des pilotes.L’avion s’est abîmé sur une colline près de la piste d’atterrissage de l’aéroport.Des citoyens du secteur, à bord de véhicules tout-terrain, se sont précipités sur les lieux afin de venir à la res- cousse des passagers, prisonniers de l’épave en feu.L’avion se serait sectionné en trois.L’identité des victimes n’a pas été divulguée.On sait toutefois qu’il y avait 11 passagers et quatre membres d’équipage.Deux jeunes filles, les petites-filles du propriétaire d’une auberge locale, figuraient parmi les passagers; l’une est décédée, et l’autre a été gravement blessée.Le cuisinier de l’hôtel se trouvait aussi dans l’appareil.Deux adultes ont également survécu.Dans un court point de presse, le vice-président de la compagnie, Chris Ferris, a offert ses condoléances aux familles des victimes.11 a dit que les trois passagers qui ont survécu ont d’abord été transférés à l’hôpital d’iqaluit.Depuis, deux d’entre eux ont été transférés à Ottawa.Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), il s’agit d’une fillette de sept ans et d’un homme de 48 ans.L’écrasement de samedi soir a fait 12 morts et 3 blessés graves Le troisième passager, une femme de 23 ans, demeure toujours à l’hôpital d’iqaluit.Les trois siuvivants seraient dans un état stable.Par ailleurs, M.Ferris a expliqué que des équipes «terrain» et des psychologues avaient été déployés dans les différents aéroports et à Resolute Bay.11 a également remercié les Forces armées canadiennes qui ont réagi rapidement pour secourir les victimes.11 a assuré que First Air Biueau collaborait «entièrement» avec le Bureau de la sécurité des transports du Canada poiu l’enquête.La compagnie First Air a été impliquée dans deux autres accidents.En 1996, un de ses appareils s’est écrasé près de Markham Bay, au Nunavufi faisant 2 morts.Et en 2001, un Boeing 737 avait effectué un atterrissage difficile à Yellowknife, dans les Territoires-du-Nord-Ouest, sans toutefois faire de victimes.La Presse canadienne E N BREF L’Ecole d’été de l’INM se clôt sur un appel à la création La huitième édition de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde s’est conclue hier, à Montréal, après quatre jours d’ateliers, de conférences et de discussions.Depuis jeudi soir, 400 jqunes de 35 ans et moins s’étalent réunis à l’École de technologie supérieure pour discuter de sujets aussi variés que l’en-trepreneuriat social, l’éducation, la démocratie et l’environnement.Le thème de cette édition de la rencontre citoyenne était «La révolution créatrice», et il a inspiré l’écrivaine Kim Thüy et le délégué général du Québec à New York, John Parisella, lors du discours de clôture.Ils ont invité les participants à la création pour faire avancer la société.Au cours du weekend, les jeunes ont pu rencontrer une soixantaine de personnalités, dont le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, le coprésident de la Coalition pour l’avenir du Québec, François Legault, et des journalistes.- Le Devoir NOUVEAU J • I -1.11 ^ I SEMAINE 9 H Réalisation: Bernard Michaud Radio-Canada.ca/nnediumlarge ill’95,1 PREMIERE CHAINE FM ilWi Apprendre à la dure en Haïti 12 cégépiens reviennent d’une déstabilisante aventure de coopération internationale Haïti, c’est une terre ravagée par un séisme et une instabilité politique, qui se relève tant bien que mal.C’est aussi la terre de la première aventure de coopération internationale qu’ont embrassée 12 cégépiens des quatre coins du Québec qui sont revenus de Port-au-Prince au terme d’un séjour de quinze jours dans la perle des Antilles.Le Devoir les a rencontrés la veille de leur départ et les retrouve au retour alors qu’ils nous font partager leurs impressions et leurs coups de cœur.LISA-MARIE GERVAIS T^éstabilisant», «imprévisible», «anpil» («beaucoup», en créole).C’est ce que certains cégépiens du groupe des 12 répondent quand on leur demande de mettre un mot sur leur expérience haïtienne.Partis construire des maisons à Canaan pendant dix jours, les étudiants ont plutôt abouti dans le secteur d’Acaye, non loin de Port-au-Prince, pour un séjour qui a finalement duré 15 jours en raison de l’annulation du vol de retour.La tempête Emily n’y était pas étrangère.«Concrètement, nous avions à construire des maisons de transition pour les résidants du secteur où nous nous trouvions.Ces maisons de 6 mètres sur 3 représentent pour ces familles une nette amélioration par rapport à leur situation actuelle.Elles quittaient leur maison précaire fabriquée en boue et en branches pour aller vivre dans leur nouvelle habitation», explique Catherine Sylvestre, du cégep de Saint-Hyacinthe l’une des participantes.«J’ai réalisé pour la pre- mière fois l’ampleur des conséquences du désastre du 12 janvier 2010.C’est une chose d’apprendre ce qui s’est passé ce jour-là, mais voir, c’est comprendre.» Pour plusieurs, le premier choc a été celui de l’état de délabrement du pays.«Même plus d’un an après le séisme, pratiquement rien n’a été fait.C’est comme si ça venait tout juste d’arriver.Les bâtiments sont effondrés et délabrés, il y a des déchets et des bidonvilles partout! J’aurais cru qu’après un an, le gouvernement aurait instauré des politiques de grands travaux ou d’aide aux sinistrés, mais il n’en est rien.Le peuple haïtien est laissé à lui-même», a constaté Julie Durand, étudiante à Jonquière.Et le plus difficile a justement été de vivre le malaise provoqué par l’ampleur des inégalités sociales.«Je crois que cela nous a tous choqués de voir à quel point le camp des Nations unies était riche.Dire qu’ils aident des gens dans l’extrême pauvreté!», note Samantha Roy, étudiante à Rivière-du-Loup.«Nous vivons dans un tel luxe», lance poiu sa part Rachida Kha-dar, du Collège Ahuntsic.«Je ne pensais pas réellement qu’il y avait encore des humains, en 2011, en Amérique, qui vivent dans des conditions autant.de base.» Leçons de vie (Catherine Sylvestre avoue avoir été dépassée par les événements et avoir aussi ressenti un grand découragement.«Le plus difficile fut sans conteste la vision de Port-au-Prince: les tentes empilées les unes sur les autres à même le centre-ville.«Le plus difficile fut sans conteste la vision de Port-au-Prince » la pollution, les bâtiments détruits.On y ressent pleinement l’horreur que les Haïtiens ont vécue, c’est indescriptible.Et alors, une seule pensée en tête: comment vont-ils s’en sortir?L’ampleur des changements à apporter à ce pays est tellement grande qu’on est portés à croire, malgré nous, que c’est insurmontable», a-t-elle confié.Cette expérience a permis à Samantha Roy de déboulonner certains mythes, notamment ceux entourant la violence en Haïti.«On me disait que les Haïtiens étaient dangereux, mais ils sont tellement chaleureux et accueillants.Si nous étions dans la même situation qu’eux ici au Québec, nous aussi, on aurait peut-être recours au crime pour s’en sortir.» Le séjour haïtien a même permis aux participants de tirer des leçons de vie, comme le fait qu’««7 ne sert à rien de s’en faire pour les petites choses», croit Julie Durand.«En Haïti, le temps n’est rien.Tout le monde prend son temps.Ils m’ont appris à être plus posée et à observer avant d’agir.[.] Je pense que, désormais, je saurai plus apprécier ce que j’ai autour de moi.» Catherine Sylvestre en revient presque avec une vocation pour l’avenir.«A la suite de ce stage, je suis d’autant plus motivée à poursuivre mes études en droit et relations internationales à l’UQAM pour pouvoir contribuer à créer un monde plus juste.Les personnes à Port-au-Prince, vivant dans des tentes, ne vivent pas réellement: elles sont en attente de vivre.Ce n’est pas cela être libre», conclut-elle avec beaucoup de sagesse.Le Devoir E N BREF Une motoneige furtive pour l’Arctique Le ministère de la Défense nationale projette de mettre au point une nouvelle motoneige furtive aux fins d’opérations secrètes dans l’Arctique canadien, ime somme de 550 000 $ ayant été mise de côté en vue de la conception d’un prototype.Qttawa a annoncé une soiunission publique poiu une motoneige hybride et électrique qui permettrait aux soldats des Éorces canadiennes de se déplacer en silence à travers les vastes étendues glacées du Nord canadien.La nature des missions clandestines à venir n’est pas claire dans le dossier d’appels d’offres du gouvernement fédéral.Une chose est cependant certaine: le silence est la priorité niunéro im d’Qtta-wa.Apparemment, les moteurs actuels des moto-neiges ne sont pas satislàisants.«Le niveau de bruit d’un moteur à combustion interne ne peut être réduit à un niveau acceptable pour les missions dans le cadre desquelles la clandestinité pourrait être requise, particulièrement en raison de la propagation élevée du bruit dans l’air arctique froid et sec», est-il possible de lire dans l’appel d’offres.-La Presse canadienne Cousultatiou publique sur l’agriculture urbaiue exigée Une pétition vient d’être lancée à Montréal poiu exiger la tenue d’une consultation publique siu , l’état de l’agriculture urbaine dans la métropole.A l’initiative du Groupe de travail en agriculture lu-baine, la pétition devra recueillir plus de 15 000 signatures d’ici le 8 novembre poiu obliger la Ville de Montréal à tenir une telle consultation.Selon les organisateius, cette consultation permettrait de dresser un portrait de la situation, de formuler des recommandations et de réaffirmer la nécessité de jardiner en ville.- La Presse canadienne N SEMAINE I15H RéaI.-coord.: Sébastien Perron Radio-Canada.ca/desautels ECOUTEZ POUR VOIR «'95,1 PREMIERE CHAINE FM LE DEVOIR, LE LUNDI 22 AOUT 2011 A 3 ACTUALITES Gambard 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE | MONTRÉAL (514)866-3876 ROLEX Vente et service Le mandat Manon A CORNELLIER Il faudra s’y faire.Ce n’est pas parce qu’ils sont majoritaires que les conservateurs lâcheront du lest et se soucieront de l’opinion des parlementaires.Depuis le 2 mai, ils ne cessent d’invoquer le «mandat» reçu de la population pour justifier leurs actions.et leur refus de mettre de l’eau dans leur vin.On y a encore eu droit la semaine dernière lors du passage du ministre de Injustice, Rob Nicholson, à l’assemblée annuelle de l’Association du Barreau canadien.Après avoir adopté, la veille de son arrivée, une résolution dénonçant l’adoption de mesures toujours plus musclées alors que le taux de criminalité est en baisse, les avocats de tout le pays l’attendaient avec beaucoup de questions, dont plusieurs sur le projet de loi omnibus que le gouvernement a promis de faire adopter dans les cent premiers jours de session.Les juristes voulaient savoir si ce projet pourrait faire l’objet d’amendements après l’audition de témoins en comité.La réponse: la dizaine de projets de loi regroupés dans le projet de loi omnibus «ont été abondamment étudiés» et les députés sont familiarisés avec les sujets abordés.(Pourtant, au moins un des projets de loi n’avait encore jamais fait l’objet du moindre débat.) Si aucune élection n’avait eu lieu entre-temps, on pourrait toujours accepter l’explication du ministre.Mais la Chambre des communes a profondément changé ce printemps.Le troisième parti, le Bloc québécois, a presque été rayé de la carte.Les libéraux ont subi un recul historique.Dans les,deux cas, une expertise a été perdue.À cela s’ajoute le fait que le gros de la députation québécoise a été remplacé et que plusieurs recrues conservatrices ont été élues en Ontario.Au total, ce sont 111 des 308 sièges (36 %) qui sont occupés par des nouveaux venus.Ces élus doivent à leur tour se familiariser avec les changements proposés et avoir leur mot à dire.Le programme conservateur était clair au sujet de ce projet de loi omnibus, et personne ne peut les accuser de ne pas avoir joué franc jeu en matière de justice.Mais il serait faux de prétendre que l’appui donné à l’objectif du parti soit synonyme d’approbation de toutes les mesures prises pour y arriver.Comme pour tout le reste, l’examen des détails revient aux parlementaires.Et des détails, ici, il y en a.La dizaine de projets de loi qu’on songe à regrouper touchent une foule de sujets, allant de l’imposition — à nouveau — de peines minimales pour des crimes liés à la drogue à l’élimination du pardon pour certains crimes graves en passant par un durcissement des lois imposées aux jeunes contrevenants considérés comme violents.La plupart suscitent la critique.Le problème n’est pas nécessairement le recours à un projet de loi omnibus.Il n’est pas mauvais, en matière de justice criminelle, de regrouper ainsi des amendements.Cela s’est déjà fait par le passé, ce qui a permis l’étude des interactions possibles entre les différents articles.Mais encore faut-il permettre une telle étude.Or, le message qu’envoie le gouvernement, avec son échéancier de cent jours, est que, pour lui, le procédé n’est qu’une autre force de rouleau compresseur.Il regroupe les projets de loi, non pas pour mieux les étudier, mais pour les adopter plus rapidement.Avant même d’avoir entendu un seul témoin, il refuse de concéder qu’il pourrait en tirer quelques enseignements dignes d’être traduits en amendements.Quatre ans de ce régime ne seront pas reposants.Si c’est ce qui se produit, bien des députés d’opposition vont trouver leur travail frustrant, en particulier ceux qui n’ont connu que des gouvernements minoritaires forcés par la loi du nombre d’accepter des amendements.Rien n’exige pourtant qu’il en soit ainsi.Ça ne paraît pas toujours, mais s’il y a un endroit où les députés avaient traditionnellement l’occasion de laisser tomber la veste et de travailler de façon collégiale, c’était en comité.À l’époque où les gouvernements majoritaires étaient la règle, le travail en comité pouvait donner lieu à d,es consensus et même à des amendements.Evidemment, ces derniers ne passaient que si le gouvernement acquiesçait, mais cela survenait.Cette façon de faire, qui n’est imposée par aucune règle écrite, mais qui a longtemps fait partie des conventions et traditions parlementaires, permet au système de fonctionner avec moins d’acrimonie.Mais il faut pour cela un gouvernement qui joue le jeu.Après cinq ans d’un gouvernement minoritaire mené par un premier ministre qui ne fait ni quartier ni concessions — à moins d’avoir le fusil sur la tempe, difficile de voir quand et comment cette collégialité sera de retour.Stephen Harper a obtenu une majorité de sièges avec seulement 39,6 % des voix.La majorité des Canadiens ne l’appuient pas.Cela n’enlève rien à la légitimité de son gouvernement, car le système est ainsi fait.(Il est mal fait cependant, et une réforme du mode de scrutin pour mieux refléter la volonté de la population ne serait pas de trop.) Mais marteler ce faible pourcentage d’appuis est nécessaire pour rappeler aux conservateurs qu’ils ont obtenu le mandat de gouverner, pas de mener le pays à coup de diktats.Le Parlement existe toujours, et les élus qui y représentent le peuple ont encore (théoriquement) un rôle à jouer et une contribution à faire en tant que législateur.mcornellier@ledevoir.corn y - - JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon les chiffres du ministère de la Santé, l’ampleur de la pénurie d’infirmières auxiliaires explosera de 900 % d’ici cinq ans.Sur la photo: une journée portes ouvertes à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont en avril 2010 pour recruter des infirmières.SANTÉ Québec prédit une forte pénurie de main-d’œuvre PHILIPPE TEIsCEIRA-LESSARD Toutes les manchettes sur le manque d’infirmières dans les hôpitaux québécois ne décrivent que la partie visible de l’iceberg: les pénuries de main-d’œuvre toucheront une multitude de corps d’emploi, parfois gravement, et ce, dans cinq ans seulement.Selon de nouvelles données du ministère de la Santé obtenues par La Presse canadienne, l’ampleur de la pénurie d’infirmières auxiliaires explosera de 900 %.En chiffres absolus, le nombre de postes que les hôpitaux ne réussiront pas à pourvoir sera multiplié par onze pour ce corps d’emploi.La pénurie de préposés aux bénéficiaires et de travailleurs sociaux triplera, alors que le manque d’infirmières, lui, doublera.Si elles se confirment, les prévisions de Québec annoncent une situation catastrophique pour les patients de la province, notamment pour les aînés, dénonce le Parti québécois.Mais le ministre de la Santé, Yves Bolduc, veut se faire rassurant et plaide que la population n’en ressentira pas les effets.Et il se fie aux travailleurs de la santé qui seront en place pour combler les lacunes.«Lorsqu’on a entre 10 et 15 % de pénurie, quel que soit le secteur, la main-d’œuvre qui est là est capable de compenser, a-t-il plaidé.C’est un réseau où les gens sont des gens de cœur.» Sur douze corps d’emploi jugés vulnérables par le ministère, seulement quatre — les ergothérapeutes, les orthophonistes, les technologues en électrophysiologie médicale et les technologues en médecine nucléaire — devraient voir une amélioration de leur situation d’ici cinq ans.Dans le dernier cas, l’amélioration est minime: Québec prévoit qu’un seul poste supplémentaire sera pourvu.La situation se dégrade cependant pour les huit autres corps d’emploi.Il s’agit des infirmières, des infirmières auxiliaires, des préposés aux bénéfi- ciaires, des physiothérapeutes, des pharmaciens d’établissement, des psychologues, des travailleurs sociaux et des tech-nologistes médicaux.Par exemple, Québec prévoit qu’en 2015-2016, il sera incapable de pourvoir un poste de psychologue sur cinq dans le réseau public, ce qui représente 547 postes, deux fois plus que les niveaux actuels.Il manque aujourd’hui 233 psychologues au système de santé, soit 10 % de la main-d’œuvre normale.Des effets qui inquiètent L’optimisme du ministre Bol-duc semble loin d’être répandu dans le réseau public.La pénurie de main-d’œuvre qui attend la province dès 2015 aura des impacts majeurs sur les patients, plaident les représentants des professionnels de la santé.«Ça veut dire moins de monde sur les unités pour donner les services», a illustré Michel Mailhot, vice-président de la Eédération interprofessionnelle de la santé du Québec, le syndicat qui représente la plupart des infirmières du Québec.«Ça veut dire attendre plus longtemps à l’urgence, ça veut dire attendre plus longtemps avant d’être opéré aussi, parce que ces pénuriesdà vont aussi être dans les salles d’opération.» La présidente de l’Ordre des psychologues, Rose-Marie Cha-rest, qualifie ces nouvelles prévisions de très inquiétantes.Les conditions de travail actuelles poussent les nouveaux diplômés à ouvrir ou à rejoindre un cabinet de consultation privé.«B, y a des psychologues qui travaillent dans le réseau public, même s’ils gagnent beaucoup moins cher, a fait valoir Mme Cha-resL Sauf qu’il y a une limite à tolérer la différence entre les deux.» Pour sa part, le ministre Bol-duc fait valoir que les employés du réseau public pourront en faire plus grâce à la réorganisation du travail.Les prévisions de son propre ministère doivent donc être prises avec circonspection, a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le ministre Yves Bolduc «Ça fait 26 ans que je suis dans le réseau, et tout le monde a toujours prédit ça, a-t-il dit, en référence à la pénurie annoncée.Les patients, ils sont là et il faut s’en occuper.» Le ministre avance aussi que les étudiants sont de plus en plus attirés vers les professions de la santé.Certains emplois qui nécessitent une formation courte, comme les préposés aux bénéficiaires, pourraient ainsi obtenir de nombreux nouveaux candidats assez rapidement.«Avec tout ce qu’on fait, on devrait amenuiser de beaucoup la pénurie de main-d’œuvre.» Toutefois,
de

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