Le devoir, 6 septembre 2011, Cahier B
LE DEVOIR, LE MARDI 6 SEPTEMBRE 2011 J FOOTBALL ^ Les Tiger Cats battent les Alouettes pour la deuxième fois Page B 6 CULTURE De la musique à l’ombre des cheminées, littéralement Page B10 MONDE De Mouammar à Fidel François Brousseau Copains comme cochons avec la CIA: avant d’être le salaud répudié et chassé par une bonne partie de son peuple en armes, aujourd’hui caché comme un rat dans un quelconque souterrain ou dans un coin du désert, Mouammar el-Kadhafi était le pote des espions américains.Oui, parfaitement! De l’affreuse, de l’innommable, de l’horrible Central Intelligence Agency.En fait, précisons: c’est son proche, son numéro deux, son confident de tant d’années au pouvoir.Moussa Koussa, qui — un correspondant de la New York Review of Books le révélait ce week-end — a longtemps correspondu avec l’agence américaine et son double britannique, le MI-6.La New York Review, cette superbe publication intellectuelle comme on n’en fait plus — qui fait dans l’analyse politique et littéraire, mais ne dédaigne pas un scoop à l’occasion —, a mis la main, à Tripoli, sur des documents fascinants: une correspondance suivie, qui commence en 2004, entre ce Koussa et de hauts responsables du renseignement américain et britannique.Le ton est extrêmement cordial.Sujet de prédilection: la lutte contre le terrorisme et les dangereux islamistes! On y apprend entre autres choses qu’au moins un «terroriste», réel ou présumé, a été — tel un Maher Arar — renvoyé par la CIÀ aux autorités libyennes.pour qu’elles le «traitent» en conséquence.Alors, lorsqu’un petit carré de gauchistes — hyperactifs sur le Net — persiste à minimiser les crimes, voire à chanter les louanges, des Kadhafi et autres Assad en butte à «l’impérialisme déchaîné».rappelez-vous qu’en leur temps, ces affreux du jour furent de précieux collaborateurs de «l’Empire».?n y a des années que je lis dans le quotidien El Pais les reportages de Mauricio Vicent en provenance de La Havane.Comme je ne me satisfais pas, pour savoir vraiment ce qui se passe dans ce pays — et après cinq séjours là-bas — du site de la Granma (la «Pravda» cubaine, l’un des deux seuls quotidiens du pays — l’autre, Juventud Re-belde, étant une variante proche, aussi grise et propagandiste que la première), j’ai toujours suivi avec grand intérêt les textes de ce reporter en poste depuis vingt ans dans l’île communiste.Que ce soit pour comprendre les aspects cachés du dernier remaniement dans l’opaque système politique cubain, la dureté incroyable des coupes annoncées en 2010 dans la fonction publique, l’humeur de la population devant la perspective de libéralisation économique, les dessous de l’opération de Hugo Chavez à La Havane ou les détails du premier mariage homosexuel du pays (été 2011), El Pais est l’une des seules publications étrangères à avoir suivi, au fil des ans, l’actualité cubaine au jour le jour.En réalité, aucun autre ^and journal ne le fait, en quelque langue que ce soit Or, M.Vicent, après toutes ces années, vient de se faire retirer son autorisation de travailler à Cuba.Motif «E présente dans ses articles une image partiale et négative de la réalité cubaine.» On a déjà entendu ce genre de justifications, en Syrie et en Iran (où Angeles Espinosa, l’excellente correspondante permanente du même journal à Téhéran, vient également de se faire retirer son permis de travail).Ou en URSS, lorsque cet empire existait encore.En Russie, on continue d’ailleurs d’intimider et de persécuter les journalistes.même si ceux que l’on vise sont essentiellement des nationaux.Et puis en Chine, la glaciation politique en cours laisse planer des doutes sur la liberté de manœuvre des scribes étrangers, en poste ou en visite.Réaction de Reporters sans fi'ontières, une organisation qui a souvent critiqué les entraves à la liberté d’expression à Cuba: «Veut-on faire un exemple, ou envoyer un avertissement à la presse internationale, alors que se durcit à nouveau la répression des dissidents et les voix critiques de la sociàé civile?» Ce régime de parti unique qui, encore en 2010, envoyait des signes de réformes, semble une nouvelle fois se replier sur lui-même.Fidel veîUe au grain.?Pendant ce temps, la Granma publie des «informations» — c’était encore sur le site, hier soir — qui font l’éloge du dernier carré de loyalistes de Kadhafi qui, à Syrte et à Bani Walid, résistent encore et toujours à l’impérialisme, déguisé sournoisement sous les oripeaux des «combattants du peuple libyen».Mouammar et Fidel, même combat! François Brousseau est chroniqueur d’information internationale à Radio-Canada.On peut l’entendre tous les jours à l’émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses carnets dans www.radio- canada, ca/nouvelles/carnets.francobrousso@hotmail.corn K È.SEBASTIEN NOGIER AGENCE ERANCE PRESSE Jacques Chirac à la terrasse d’un restaurant de Saint-Tropez, le 14 août dernier Poursuivi pour « détournements de fonds publics » Chirac jugé en son absence L’ex-président français souffre de « troubles sévères de la mémoire » Le procès de Jacques Chirac, qui a présenté une expertise médicale annonçant qu’il souffre de graves troubles neurologiques, s’est ouvert sans lui hier à Paris.Chirac, chef de l’État de 1995 à 2007, est notamment poursuivi pour «détournements de fonds publics» quand il était maire de Paris et risque jusqu’à dix ans de prison.Il lui est reproché d’avoir organisé un système d’emplois fictifs payés par la Ville de Paris.Paris — Le tribunal de Paris a accepté hier l’excuse médicale de Jacques Chirac pour le dispenser de comparaître à son procès, qui se déroulera donc en son absence jusqu’au 23 septembre.L’ancien président, âgé de 78 ans, ne viendra donc jamais au tribunal, mais il sera quand même jugé pour détournement de fonds publics, avec la perspective d’une éventuelle condamnation pénale.Ce sera le premier procès dans l’histoire de France d’un ancien chef d’État républicain.Le tribunal a dit dans sa décision «prendre acte» des termes du courrier adressé vendredi par les avocats de Jacques Chirac qui ont fait valoir que l’état de santé de leur client l’empêchait de comparaître.«La comparution personnelle de M.Chirac ne sera pas ordonnée et il sera donc jugé en son absence, représenté par ses avocats, dans un débat contradictoire», a décidé le tribunal.Il a refusé la contre-expertise demandée par la partie civile, l’association anti-corruption Anticor, car elle aurait impliqué, soulignent les juges, un nouveau renvoi.Le tribunal se contente du dossier médical envoyé vendredi et qui comprend trois éléments, un scanner cérébral du 9 avril 2010, un examen neurologique du 23 juin 2011 et un rapport de quatre pages du professeur Olivier Lyon-Caen, chef du service de neurologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.Ce dernier stipule que Jacques Chirac souffre de «troubles sévères de la mémoire» qui occasionnent «d’importantes erreurs de jugement et de raisonnement».Du fait de ce handicap décrit comme irréversible, «il n’est pas en mesure de répondre à des questions sur son passé», dit le rapport, lu à l’audience.Le tribunal a suivi le procureur Michel Maes qui avait déclaré à l’audience accepter l’excuse médicale.M® Jérôme Karsenti, avocat d’Anticor, avait demandé une nouvelle expertise pour tenter d’aboutir à une comparution personnelle du prévenu.«C’est un procès de la dignité, mais aussi et d’abord un procès de la vérité», avait-il dit «Il ne s’agit pas de faire de cette comparution une humiliation, mais c’est le procès d’un système et nos questions précises méritent la réponse de Jacques Chirac», a-t-il ajouté.Ne le 29 novembre a Pans Jacques Chirac 78 ans marie deux enfants Ministre de I Agriculture et du développement rural puis de I Intérieur Premier ministre President du Rassemblement pour la République (RPR) Maire de Pans Charge de mission au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou '^''^istre Epouse Bernadette Chodron de Courcel Apres Sciences-Po Pans et la Summer school de Han/ard eleve de I ENA Remporte sa premiere election comme conseiller municipal de Ste Fereole (Correze) Depute de la Correze President du Conseil General de la Correze (cohabitation) 7 mai 1995 -16 mai 2007 President de la République Française KilffM Mis en examen dans I affaire des emplois fictifs de la ville de Pans 5 septembre 2011 Le procès, renvoyé en mars, se tiendra jusqu’au 23 septembre L’ancien président encourt 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende.L’audience va donc commencer dès aujourd’hui avec neuf autres prévenus dont la plupart seront présents.Sont notamment sur les bancs l’ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à la Ville de Paris Michel Roussin, le frère du président du Conseil constitutionnel François Debré, le petit-fils du fondateur de la V® République, Jean de Gaulle, et l’ancien patron du syndicat FO Marc Blondel.Prison et amende Jacques Chirac, poursuivi pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d’intérêt, encourt en théorie jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.Sa défense dispose d’une dernière arme dont elle devrait user en fin de procès, une jurisprudence de la Cour de cassation qui ouvre la voie, selon elle, à un «sursis à statuer» sur le cas Chirac, c’est-à-dire une mise entre parenthèses du dossier jusqu’à son hypothétique guérison.Après avoir affirmé aux médias toute la semaine que Jacques Chirac viendrait au procès, M® Veil s’est indigné au tribunal des «fuites» dans la presse sur le rapport médical et a tancé les journalistes dans sa plaidoirie.
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