Le devoir, 9 septembre 2011, Cahier A
BLANCHETTE Une vie presque parfaite Page B12 ?www.ledevoir.com-*- LE DEVOIR Vol.CII N°204 ?LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ PORTES OUVERTES A LA MAISON SYMPHONIQUE JACQUES NADEAU LE DEVOIR À la découverte de la nouvelle salle Quelque 4000 personnes ont participé à l’opération portes ouvertes de la Maison symphonique organisée hier par l’OSM.Les plus chanceux ont même été accueillis par le maestro Kent Nagano lui-même.Christophe Huss y était Page B 2 Plan emploi Nouvel appel d’Obama aux républicaius ALEXANDRE SHIELDS D^s un nouvel effort pour tenter de sortir les États-Unis du marasme économique dans lequel ils sont embourbés, le président Barack Obama a présenté hier soir un plan emploi de 447 milliards de dollars destiné à donner une «décharge électrique» à la première économie de la planète.Il a d’ailleurs profité de sa tribune pour lancer un énième appel à la droite républicaine, l’exhortant à mettre enfin de côté le «cirque politique» et à adopter son plan dans les plus brefs délais.«J’envoie au Congrès un plan que vous devriez adopter immédiatement», a répété le président Obama devant les membres de la Chambre des représentants et du Sénat, au moment de présenter un document intitulé «American Jobs Act» (proposition de loi pour l’emploi aux États-Unis).Le but de ce texte est simple, a-t-il ajouté: «remettre VOIR PAGE A 12: OBAMA INDEX Annonces.B 7 Monde B 10 Avis publics B 11 Mots croisés .B8 Cinéma .B 3 Nature .B9 Décès .B 7 Reste .B8 Editorial .A 10 Sudoku .B9 Idées .Ail Télévision .B4 Météo .B 8 Week-end .B1 Regard rétrospectie sur le 11-Septembre Intégriste avec réticence La «guerre contre le terrorisme» a été décrite sous tous les angles: social, politique, militaire, religieux.Qu’en dit la fiction?Comment éclaire-t-elle les forces qui sont en jeu et les sociétés qui sont impliquées?Entrevue avec le jeune écrivain pakistanais Mohsin Hamid, auteur d’un roman captivant, The Reluctant Fundamentalist, finaliste en 2007 du Booker Prize.GUY TAILLEEER New Delhi — «Talibanisation» du Pakistan?Que d’exagération! réplique Mohsin Hamid, joint à Lahore.Il a passé la journée à plancher sur son prochain roman.«Le Pakistan ne devient pas un Etat taliban.» Vrai que le «chauvinisme religieux» y croit, mais «comme en Inde ou aux Etats-Unis».Il mord, ce Mohsin: «La talibanisation du Pakistan est l’image en miroir des États-Unis pris en otages par les faucons et leur droite religieuse.» Stupéfiante capacité, vu de l’extérieur, à relativiser la violence.C’est qu’en partie on s’y fait, apparemment.«Il y a un peu plus de chances que je sois la victime collatérale d’un attentat à la bombe à Lahore qu’à New York.Mais je me sens plus en sécurité à Lahore que dans certains quartiers du Bronx.Si je ne marche pas dans la rue ces temps-ci, c’est seulement parce qu’il fait trop chaud.» Encore que Lahore est relativement épargnée.Située dans le Penjab pakistanais, capitale culturelle du pays, elle n’est pas Karachi ou Peshawar.VOIR PAGE A 12: INTÉGRISTE Moshin Hamid AGENCE ERANCE-PRESSE «La plupart des opinions qui sont émises au sujet du Pakistan le sont par des gens qui n’y ont jamais mis les pieds», dit l’écrivain Mohsin Hamid.Menace terroriste aux États-Unis: New York aux aguets, à lire en page B 10 Course au NPD Pas de faveur pour les syndicats GUILLAUME B O U RG AU LT-C OTE Ottawa — Il n’y aura pas de traitement de faveur pour les centrales syndicales affiliées au NPD, a tranché Nycole Turmel hier.La chef intérimaire du parti a indiqué que la course à la direction se tiendra selon le principe du «un membre, un vote», tel que le stipule la constitution de la formation politique.Ce sera là une première pour le NPD.^ «La constitution du parti a été modifiée en 2006 et elle indique que c’est “un membre, un vote”, a lancé Mme Turmel en conférence de presse.On doit respecter cette décision.Si les membres et les syndicats veulent autre chose, ils devront retourner débattre de la question ^ au prochain congrès [dans Turmel deux ans]», a-t-elle ajouté d’un ton affirmatif.Selon Mme Turmel, «la situation est très claire» et n’aurait pas dû susciter de controverse cette semaine.Jusqu’en 2002, le vote pour la direction du NPD était réglé par des délégués envoyés par les associations de circonscription et les syndicats affiliés au parti.Les règles ont été modifiées avant la course de 2003, où le principe du «un membre, un vote» a été adopté.avec quelques limites.VOIR PAGE A 12: NPD Michel Roy 1929-2011 Mort d’un spectateur intègre STÉPHANE BAILLARGEON Il a été ambassadeur, professeur, président du Conseil de presse, mais Michel Roy aura d’abord et avant tout été un bon, un très bon, un excellent journaliste.Il exerça ce métier pendant des décennies, soit comme reporter ou éditorialiste, soit aux commandes des troupes, rédacteur en chef ou directeur de journal.La large part de sa riche carrière se déroula ici même au Devoir, un quotidien où il était entré sous le régime de Duplessis et qu’il quitta à regret après le premier référendum sur la souveraineté.L’Encyclopédie canadienne dit qu’il est «sans doute l’un des journalistes francophones les plus connus et respectés du Québec».Seulement voilà, Michel Roy n’est plus, n est décédé hier des suites d’une maladie dégénérative, à la veille de ses 82 ans.Natif d’Ottawa (1929), fils d’un militaire de carrière qui avait fait la Première Guerre mondiale, diplômé des collèges Stanislas et Jean-d^Brébeuf de Montréal, il poursuit sa formation en philosophie à l’Université de Montréal.Son mémoire de maîtrise (1952) porte sur «La notion d’absurde chez Albert Camus», lui-même philosophe et journaliste.Le jeune homme a les idées nettes, le respect des faits et déjà la plume alerte, toutes qualités qui lui resteront sa carrière durant.Il collabore épisodiquement au journal étudiant Le Quartier latin VOIR PAGE A 12: ROY Michel Roy HILIPPE LAGUE samedi I il H Pour la première de la saison de À la semaine prochaine : Stephen Harper pédale, Fun Fournier fait la circulation et Patrick Huard se marie.Réalisation: Sylvie Dignard Rediffusion DIMANCHE 16 H AUJOURD'HUI FM #95,1 PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/semaineprochaine m8ù 75 77831302833137 A 2 LE DEVOIR LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2011 ACTUALITES Pour une politique axée sur la collaboration Le manifeste du député péquiste Sylvain Pagé a été accueilli froidement ANTOINE ROBITAILLE Québec — Pour mettre fin au cynisme de la population, il faudrait carrément révolutionner la démocratie québécoise, a soutenu hier le député péquiste de Labelle Sylvain Pagé en déposant un manifeste «Pour une nouvelle culture politique».Passer d’une culture politique d’opposition à une autre, de collaboration.De plus, «les citoyens ne veulent plus vivre leur démocratie aux quatre ans, mais pendant quatre ans», a-t-il soutenu hier en conférence de presse.Comme son collègue Bernard Drainville, qui a dévoilé un rapport sur le sujet à la mi-août, M.Pagé croit que la pratique du vote libre en Chambre ainsi que les référendums d’initiative populaire pourraient, entre autres, guérir la démocratie québécoise.Mais il souhaiferait aller beaucoup plus loin.A ses yeux, il faut changer la disposition des sièges à l’Assemblée nationale afin d’adopter celle de l’hémicycle.Les parlementaires devraient aussi être placés par ordre alphabétique pour éviter les phénomènes d’opposition de groupes.Le Conseil des ministres devrait inclure des députés de l’opposition.D’ailleurs, il suggère d’éliminer le terme «opposition officielle» pour le remplacer par «deuxième parti».Les citoyens devraient pouvoir poser des questions directement aux élus.Les élus qui démissionnent de leur siège avant la mi-mandat — comme Monique Jérôme-Forget et Ca-mil Bouchard — ne devraient pas avoir droit à une indemnité de départ.Ce ne sont là que quelques-unes des multiples propositions du député (voir sylvainpagedepu-te.org/nouvelleculturepolitique/).Lorsqu’on lui a demandé s’il était un «utopiste», il a répondu: «Peut-être, mais je pense que ça en prend.» 11 a dit savoir qu’il risque de «frapper un mur».Anti-applaudissement A la différence de Bernard Drainville ainsi que du député de Matane, Pascal Bérubé, qui ont consulté des «citoyens», M.Pagé s’est entretenu avec des «acteurs et penseurs politiques», dont deux qui ont quitté le giron péquiste en juin, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe.Exécrant la partisanerie, reconnu pour refuser d’applaudir ses collègues péquistes lors de la période de questions, M.Pagé a aussi consulté des hgures de proue de formations politiques adverses: Amir Khadir de Québec solidaire, Pierre Paradis et Benoît Pelletier du PLQ ainsi que le chef de l’ADQ Gérard Deltell.Contrairement à M.Drainville, qui a dévoilé son rapport aux médias avant de le présenter à ses collègues du caucus péquiste — à leur grand déplaisir —, M.Pagé a présenté une partie MATHIEU BELANGER REUTERS Dans son manifeste, Sylvain Pagé croit qu’il faut entre autres changer la disposition des sièges à l’Assemblée nationale afin d’adopter celle de l’hémicycle.de son rapport lors de la réunion du caucus péquiste de la semaine dernière à Saguenay.Malgré cela, il soutient que son texte n’est pas passé par le «filtre du PQ».Le manifeste a été accueilli froidement hier.La chef Pauline Ma-rois l’a transmis à un comité dirigé par la présidente du caucus du PQ, Monique Richard.«B va très loin, ça ne veut pas dire qu’on va faire tout ça», a indiqué Mme Ma-rois.Le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a soutenu que M.Pagé était un «ami» et qu’il recevait «avec beaucoup de respect» sa contribution.11 a toutefois refusé de dire s’il était prêt à considérer l’une ou l’autre de ses suggestions.«B n’y a qu’un seul passage obligé pour que nous puissions avoir une démocratie meilleure, c’est [celui] que nous nous respections comme individus», a-t-il dit en marge du caucus du PLQ à Saint-Alexis-des-Monts.Avec la collaboration de Robert Dutrisac Le Devoir Avec La Presse canadienne Ministère des Transports Moreau veut instaurer une «culture de communication» ROBERT DUTRISAC Saint-Alexis-des-Monts — Fraîchement nommé, le nouveau ministre des Transports, Pierre Moreau, veut aller plus loin que son prédécesseur Sam Hamad et Instaurer une véritable «culture de communication» au sein de son ministère.«Ce que je veux apporter au ministère des Transports, c’est une culture de communication», a affirmé Pierre Moreau en marge du caucus avant session des députés libéraux.Citant le lancement de la Radio Circulation 730 par le MTQ et Cogeco, le nouveau ministre a dit que Sam Hamad «a fait des pas de géants» mais qu’il fallait «aller au-delà de ça».«Si ça dérange des gens au ministère des Transports, c’est une mauvaise nouvelle: ils vont devoir s’accommoder de ça», a-t-il prévenu ses fonctionnaires.«B faut se mettre au goût du jour et le goût du jour, c’est que les gens disent: il y a de l’exaspération.Une partie de cette exaspération est liée au fait qu’ils ne savent pas trop ce qui se passe.Moi, je pense qu’il faut leur dire ce qui se passe», a-t-il poursuivi.Le ministre a déploré que des suggestions faites par des chroniqueurs de la circulation soient restées lettre morte au MTQ.«Les chroniqueurs de la circulation, on va les asseoir avec les sous-ministres et je veux qu’ils disent aux sous-ministres ce qu’ils pensent, quelles sont leurs suggestions», a-t-il dit.Sa «philosophie», c’est de donner le plus d’information possible.Dans cet esprit, le ministre a laissé savoir qu’il allait rendre publiques les études sur l’état des infrastructures routières, notamment les études sur le pont Honoré-Mercier.Mais il s’est gardé la possibilité de garder secrètes ces études ou des éléments de celles-ci.«Si j’arrivais à la conclusion que ça ne doit pas être divulgué, je vous dirai pourquoi», a-t-il assuré.Mardi, Sam Hamad, tout juste avant sa mutation au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, s’était engagé à rendre publiques les études sur l’état du pont AJercier la semaine prochaine.A cette occasion, le MTQ compte faire le point sur l’état de l’infrastructure.Le Devoir - 75 ANS itv TOUJOURS JEUNE ^ DÈS CE SOIR 21H Radio-Canada.ca/75 RÉAUSAT10N-C00RDINAT10N : DENISE TARDIF États généraux sur la souveraineté Françoise David propose une direction bicéphale ANTOINE ROBITAILLE Québec — Un homme et une femme devraient coprésider d’éventuels états généraux sur la souveraineté, a indiqué Françoise David elle-même co-porte-parole de Québec solidaire, hier.Se disant «ouverte» à l’idée de participer à de tels états généraux, Mme David a publié un communiqué hier pour poser les quelques «conditions» de sa formation politique.Des discussions ont été entreprises sur la tenue de ces états généraux depuis que la chef péquiste Pauline Marois, le mois dernier, a demandé au président du Conseil de la souveraineté (CSQ) Gérald Larose de se pencher sur ce qu’implique un tel exercice.Une réunion du conseil d’administration du CSQ, où QS a un représentant, aura lieu ce soir.Aux yeux de la formation politique de gauche, le CSQ ne peut à lui seul organiser les états généraux.L’organisation «doit être portée par un regroupement de forces souverainistes et populaires», a opiné Mme David.Divers mouvements sociaux — l% Symbole Fermeture Variation ($) (%) Volume (000) 52 semaines bas haut CONSOMMATION DISCRETIONNAIRE ET DE BASE Alim.Couche-Tard ATD.B 28,85 0,10 0,35 279 21,88 30,76 T Astral Media ACM .A 32,69 -0,72 -2,16 29 32,69 42,80 Canadian Tire CTC.A 55,63 -0,11 -0,20 181 51,80 68,93 A Cogeco CCA 45,70 0,57 1,26 14 34,80 48,44 Corus CJR.B 19,75 0,05 0,25 63 19,05 23,78 Jean Coutu PJC.A 12,22 -0,08 -0,65 286 8,46 12,30 Loblaw L 36,25 -0,16 -0,44 276 34,51 43,96 T Magna MG 36,29 -0,69 -1,87 1133 32,90 61,65 Metro MRU.A 45,80 -0,30 -0,65 281 42,11 49,55 A Quebecer QBR.B 32,30 0,45 1,41 58 26,52 39,62 Rona RON 9,72 0,08 0,83 91 9,50 15,40 T Saputo SAP 38,02 -0,47 -1,22 411 34,20 49,05 Shaw SJR.B 21,55 0,05 0,23 596 19,10 23,50 Shoppers Drug Mart SC 41,28 0,33 0,81 1223 36,06 42,53 Tim Hortons THI 46,38 -0,17 -0,37 196 36,73 48,74 T Transat A.T.TRZ.B 7,25 -0,74 -9,26 1533 7,25 19,97 A Yellow Media YLO 0,85 0,05 6,25 4 384 0,72 6,46 ÉNERGIE T Cameco CCO 22,26 -0,37 -1,63 694 20,45 44,28 Canadian Natural CNQ 35,72 0,06 0,17 2 077 32,74 50,50 T Canadian Oil Sands COS 22,99 -0,31 -1,33 1760 20,46 33,94 A Enbridge ENB 32,65 0,34 1,05 1159 25,52 32,74 T EnCana EGA 23,65 -0,35 -1,46 2 458 22,92 34,25 T Enerplus ERE 27,43 -0,62 -2,21 481 24,14 32,83 Nexen NXY 20,44 -0,11 -0,54 691 18,26 27,11 T Pengrowth Energy PGF 10,62 -0,25 -2,30 364 9,63 13,96 T Pétrolière Impériale IMG 38,92 -0,85 -2,14 333 36,95 54,00 Suncor Energy SU 30,41 0,05 0,16 3 996 28,71 47,27 T Talisman Energy TLM 15,61 -0,32 -2,01 2 269 14,99 24,82 TransCanada TRP 42,80 0,12 0,28 672 35,49 43,72 FINANCIÈRES B.CIBC CM 76,27 -0,23 -0,30 924 67,32 85,56 T B.do Montréal BMO 59,63 -0,71 -1,18 1264 55,09 63,94 B.Laurentienne LB 42,97 -0,03 -0,07 35 38,62 55,87 B.Nationale NA 71,58 -0,35 -0,49 658 61,93 81,98 B.Royale RY 48,92 -0,15 -0,31 2 316 47,91 61,53 B.Scotia BNS 52,81 -0,44 -0,83 2 164 49,13 61,28 T B.TD TD 76,31 -1,34 -1,73 3 563 70,36 86,82 Brookfield Asset BAM.A 28,50 -0,26 -0,90 600 26,37 33,95 Cominar Real i 3UF.UN 21,76 0,03 0,14 36 20,00 23,00 T Corp.Fin.Power PWF 25,97 -0,31 -1,18 375 25,34 31,98 T Fin.Manuvie MFC 12,86 -0,14 -1,08 3 919 12,21 19,29 Fin.Sun Life SLF 25,66 -0,04 -0,16 1764 24,04 34,39 T Great-West Lifeco GWO 21,11 -0,58 -2,67 4 520 20,85 27,85 T Industrielle All.lAG 33,34 -0,75 -2,20 246 30,30 42,02 T Power Corporation POW 22,78 -0,35 -1,51 575 22,32 29,50 TMX X 40,39 0,27 0,67 106 29,10 45,69 INDUSTRIELLES A Air Canada AC.B 1,70 0,04 2,41 279 1,61 4,09 Bombardier BBD.B 4,70 -0,04 -0,84 5 061 4,16 7,29 CAE CAE 10,06 -0,08 -0,79 156 9,65 13,36 T Canadien Pacifique CP 53,49 -1,08 -1,98 488 52,62 69,48 T Chemin de fer CN CNR 69,61 -1,19 -1,68 909 63,53 78,08 SNC-Lavalin SNC 49,94 -0,21 -0,42 348 47,00 63,23 T Transcontinental TCL.A 11,73 -0,13 -1,10 99 11,52 17,25 T Transperce TFI 12,32 -0,16 -1,28 87 9,80 16,00 MATÉRIAUX Agrium AG U 86,41 -0,73 -0,84 804 73,43 98,02 A Barrick Gold ABX 54,61 0,90 1,68 5148 42,06 55,99 A Goldcorp G 55,30 0,88 1,62 2 564 38,99 55,67 A Kinross Gold K 18,01 0,43 2,45 3 755 13,53 19,98 A Mines Agnico-Eagle AEM 71,08 0,73 1,04 495 53,05 88,52 T Potash POT 58,09 -0,65 -1,11 1602 45,32 63,19 Teck Resources TCK.B 42,55 -0,30 -0,70 2 007 37,35 64,62 SERVICES PUBLICS Fortis ETS 32,72 0,02 0,06 374 28,24 35,45 A TransAlta TA 22,22 0,27 1,23 841 19,45 22,24 TECHNOLOGIE T CGI GIB.A 18,20 -0,30 -1,62 292 14,35 24,30 T Research In Motion PIM 30,97 -0,52 -1,65 2 672 21,40 69,30 TÉLÉCOMMUNICATIONS BCE BCE 38,80 0,15 0,39 881 32,40 39,65 Bell Allant BA 27,69 0,23 0,84 108 25,21 29,19 Rogers RCI.B 38,23 0,30 0,79 1756 33,29 41,64 T Telus T 52,51 -0,78 -1,46 375 42,61 55,04 FONDS NÉGOCIÉS EN BOURSE iShares DEX XBB 31,07 0,07 0,23 106 29,19 31,22 T iShares MSCI XEM 23,18 -0,36 -1,53 18 21,71 27,53 T iShares MSCI EMU EZU 28,70 -0,73 -2,48 3 438 27,80 42,22 T iShares S&P 500 XSP 13,65 -0,14 -1,02 317 12,53 15,77 iShares S&P/TSX XIC 20,02 -0,03 -0,15 55 18,32 22,61 TT CEN CENTRE D’ANALYSE ET DE SUIVI DE L’INDICE QUEBEC U Département de t nance de I Un vers té de Sherbrooke e de I Inst tut de recherche er économ e contempora ne INDICES QUEBECOIS Indice Fermeture var.pts INDICE QUÉBEC IQ30 1278,58 -4,58 INDICE QUÉBEC IQ120 1355,11 -3,71 -0,36 -0,27 Symbole Fermeture Variation ($) (%) LES PLUS ACTIFS DE LA BOURSE DE TORONTO iShares S&P/TSX Barrick Gold Great-West Lifeco Suncor Energy Fin.Manuvie Kinross Gold Yamana Gold B.TD Horizons BetaPro Semafo LES GAGNANTS EN % Continental Gold New Look Eyewear Silvercorp Metals Legumex Walker O’leary Us Sy U Alexco Resource Queenston Mining Semafo New Flyer Colossus Minerals LES PERDANTS EN/o Transat A.T.Primero Mining NovaGold Resources Canadian Transat A.T.Hrizn Bp Slv Etf Arbor Memorial AutoCanada Imris March Networks Volume (000) 52 semaines bas haut XIU 18,18 -0,10 -0,55 5 382 ABX 54,61 0,90 1,68 5148 GWO 21,11 -0,58 -2,67 4 520 SU 30,41 0,05 0,16 3 996 MFC 12,86 -0,14 -1,08 3 919 K 18,01 0,43 2,45 3 755 YRI 17,20 0,74 4,50 3 578 TD 76,31 -1,34 -1,73 3 563 HOU 5,51 -0,07 -1,25 3 459 SME 10,06 0,70 7,48 3 082 1 ^ CNL 7,22 0,72 11,08 555 BCI 8,77 0,78 9,76 2 SVM 8,91 0,78 9,59 1934 LWP 7,40 0,64 9,47 0 OUY.U 10,33 0,88 9,31 4 AXR 9,17 0,67 7,88 258 QMI 6,92 0,49 7,62 447 SME 10,06 0,70 7,48 3 082 NFI.UN 6,76 0,46 7,30 83 CSI 6,90 0,45 6,98 439 16,64 42,06 20,85 28,71 12,21 13,53 10,34 70,36 4,38 6,54 20,71 55,99 27,85 47,27 19.29 19,98 17.29 86,82 10.43 14.44 5,68 6,66 6,92 6,76 9,45 4,25 3,98 6,54 5,97 6,08 10,78 8,94 15,60 9,10 12,30 9,75 8,07 14,44 12,05 9,87 TRZ.A 7,13 -2,13 -23,00 2 P 3,07 -0,49 -13,76 2 316 NG 9,44 -1,10 -10,44 1185 XSR 3,51 -0,39 -10,00 2 TRZ.B 7,25 -0,74 -9,26 1533 HIZ 8,20 -0,65 -7,34 0 ABO.A 22,51 -1,74 -7,18 0 ACQ 4,30 -0,33 -7,13 5 IM 4,49 -0,30 -6,26 16 MN 5,35 -0,35 -6,14 12 LES GAGNANTS EN $ Royal Gold PowerShares DB Newmont Mining Central GoldTrust Nike Resources Detour Gold Horizons BetaPro lululemon Canadian Utilities Franco-Nevada RGL DGU NMC GTU.UN N KO DGC HBU LLL CU.X FNV LES PERDANTS EN $ Walter Energy WLT Transat A.T.TRZ.A Arbor Memorial MEG Energy Valeant Molson Coors B.TD Domtar Open Text Chemin de fer CN ABO.A MEG VRX TPX.A TD UES OTC CNR 81,54 69,00 65,20 71,51 54,97 39,40 28,63 57,04 61,13 46,80 86,93 7,13 22,51 44,63 42,17 42,08 76,31 76,11 55,79 69,61 3,59 2,50 2,41 2,03 1,97 1,63 1,45 1,27 1,14 1,13 4,61 3,76 3,84 2,92 3,72 4.32 5.33 2,28 1,90 2,47 42 -3,79 13 -23,00 -7,18 -3,61 -3,48 -3,38 -1,73 -1,59 -2,11 -1,68 10 1 8 4 57 565 169 360 0 648 8 2 0 138 612 5 3 563 27 108 909 7.13 3,03 7,60 2,50 7.25 8,09 22,51 3,70 3.25 3.13 45,23 34,00 49,72 48,22 51,52 23,12 13,50 18,08 47,76 27,75 20,47 6,73 16,92 4,50 19,97 9,42 26,68 5,15 8,48 6,20 82,01 72.93 67.17 76,68 107,88 39,40 29.94 61.18 61,13 46,80 69,66 133,40 7,13 22,51 32,96 24,41 40,66 70,36 20,47 26,68 52,90 54,28 51,55 86,82 62,32 102,31 42,99 69,15 63,53 78,08 NEW YORK s&p 500 1185,90 ^ -12,72 -1,06% août NASDAQ 2 52944 -19,80 -0,78% Evolution sur 250jour5^y' août DOW JONES 11 295,81 T -119,05 -1,04% LES MARCHES INTERNATIONAUX Indice Fermeture var.pts var.% Euronext 100 (Europe) 576,65 -l3,80 0,7 CAC 40 (France) 3 085,83 -L 12,65 0,4 DAX (Allemagne) 5 408,46 -l2,93 0,1 FTSE MIB (Italie) 14 747,60 -L 101,64 0,7 MXSE (Mexique) 34 712,38 -467,21 -1,3 Bovespa (Brésil) 57 623,63 -L 1016,33 1,8 Shanghai (Chine) 2 498,94 -17,15 -0,7 Hang Seng (Hong Kong) 19 912,82 -135,18 -0,7 Nikkei 225 (Japon) 8 793,12 -L 29,71 0,3 ASX ALL ORD (Australie) 4 269,76 -l6,84 0,2 RTS (Russie) 1 672,35 -2,79 -0,2 PÉTROLE 89,05 -0,29 $US -0,32% OR 1854,40 + 40,20 $US A + 2,22% Æ.DOLLAR CANADIEN 101,21 -0,26 0US 1$US = 98,804: 0,7287 + 0,0092 EURO ^ 1 EURO = 1,3724$ Autres devises ROYAUME-UNI 1$ vaut 0,6338 livre SUISSE 1$ vaut 0,8855 franc MEXIQUE 1$ vaut 12,6582 pesos AUSTRALIE 1$ vaut 0,9568 dollar CHINE 1$ vaut 6,4767 renminbis HONG KONG 1$ vaut 7,8884 dollars JAPON 1$ vaut 78,4314 yens 1 MOIS D'ASSURANCE GRATUir POUR VOS VÉHICULES COMMERCIAUX EN TÉLÉPHONANT AU 1 855 MOI5 GRATUIT (1 855 664-7472).DesjardinsAssurancesEntreprises.com/MoisGratuit *Cette offre se termine ie 30 septembre 2011.Desjardins & ¦ 1^ Desjardins „ .r- Isil Assurances générales DGSJdrClinS&ClG Coopérer pour créer Pavenir C'est tout Desjardins qui appuie les entreprises ECONOMIE ARCHIVES REUTERS Jim Flaherty r Différence de prix entre le Canada et les E.-U.Flaherty veut revoir les tarifs douaniers Ottawa — Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, a reconnu hier que les politiques gouvernementales sur les tarifs à l’importation pouvaient jouer un rôle dans l’écart des prix à la consommation entre le Canada et les Etats-Unis.Après avoir appelé la veille un comité du Sénat à se pencher sur les prix plus élevés sur plusieurs produits au pays, le ministre a soutenu hier que les tarifs douaniers élevés pouvaient présenter un problème.Mais M.Flaherty n’est pas allé jusqu’à dire qu’ils seront éliminés ou réduits.Il a affirmé que l’enquête du Sénat permettrait de déterminer la pertinence de telles mesures.Le ministre a affirmé aux journalistes, après la tenue du caucus conservateur à Ottawa, vouloir avoir l’heure juste en fonction des critiques par certains joueurs du commerce de détail des tarifs à l’importation.M.Flaherty a déclaré que le gouvernement adoptera «toutes mesures qu’il jugera nécessaires».Les tarifs sur plusieurs, produits entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique ont été éliminés en vertu (l’accords commerciaux bilatéraux et continentaux signés à la fin des années 1980 et au début des années 1990.Néanmoins, il existe encore des droits de douane sur certains biens n’étant pas couverts par ces accords, de même que sur une série d’articles de vêtements et de produits électroniques arrivant au Canada de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique du Sud et d’autres pays.Le Conseil canadien du commerce de détail a affirmé que les tarifs douaniers représentent un facteur majeur dans l’écart des prix et soutenu que M.Flaherty en est déjà conscient.La porte-parole Anne Kothawala a indiqué mercredi que les tarifs pouvaient compter pour 18 % des prix de certains produits.Bien qu’il n’existe aucune comparaison officielle des prix à la consommation transfrontalière, ou sur l’impact des fluctuations de la valeur des devises, l’économiste de la Banque de Montréal Douglas Porter a déclaré en avril dernier que les Canadiens payaient en moyenne 20 % de plus sur plusieurs produits.Lm Presse canadienne Autre recul de la construction au Québec Ottawa — La valeur des permis de bâtir a augmenté de 6,3 % au pays pour atteindre 7 milliards en juillet, égalant ainsi le sommet atteint en mai 2007.Des déclins au Québec et au Manitoba ont été en partie contrebalancés par des hausses ailleurs au pays, a indiqué hier Statistique Canada.L’agence a attribué l’augmentation en grande partie aux hausses de la valeur des permis de construction de logements multifamiliaux en Ontario.Il s’agit d’une troisième hausse mensuelle consécutive de la valeur des permis, qui a progressé dans six provinces, l’Ontario arrivant en tête.Statistique Canada a rapporté le plus important déclin au Québec, où les intentions de construction dans le secteur non résidentiel ont diminué après trois mois consécutifs marqués par des hausses.Dans le secteur résidentiel, la valeur des permis à l’échelle du pays a progressé de 14,6 % pour s’établir à 4,3 milliards.Il s’agit d’une troisième hausse mensuelle consécutive et d’un sommet depuis décembre 2005.Après deux augmentations mensuelles consécutives, la valeur des permis dans le secteur non résidentiel a diminué de 4,5 % pour se situer à 2,7 milliards.Les baisses observées au Québec et au Manitoba ont été compensées en partie par des hausses dans les huit autres provinces.Lm Presse canadienne Le déficit commercial du pays s’est réduit en juillet Le Canada a enregistré en juillet un déficit commercial de 753 millions, moindre que prévu, grâce à une forte hausse du volume de ses exportations, a annoncé hier Statistique Canada.Les exportations ont augmenté de 2,2 % à 37,3 milliards, les volumes (+4,1 %) ayant progressé dans la plupart des secteurs compensant la diminution des prix (1,9 %).Les importations ont connu une légère hausse pour s’établir à 38 milliards, les prix ayant augmenté de 0,9 %, alors que les volumes ont baissé de 0,4 %.L’excédent,commercial canadien avec les Etats-Unis a légèrement diminué, passant de 3,5 milliards en juin à 3,4 milliards en juillet, les importations du Canada progressant plus fortement que ses qxportations.Aux Etats-Unis, le déficit commercial a nettement baissé en juillet grâce à un bond inattendu des exportations, selon des chiffres publiés hier par le département du Commerce.En données corrigées des variations saisonnières, ce déficit est tombé à 44,8 milliards, après deux mois consécutifs au dessus de 50 milliards.Pour le,troisième mois consécutif, les Etats-Unis ont enregistré une baisse de leurs importations (de 0,2 %).La surprise est venue du rebond des exportations, après deux mois de baisse.Elles ont grimpé de 3,6 %, le rythme le plus rapide depuis la fin de la récession de 2008-09.Agence France-Presse E N BREF AbitibiBowater veut rouvrir son usine à Gatineau avec l’aide de ses employés AbitibiBowater souhaite obtenir l’appui de ses employés pour réduire ses coûts, alors qu’elle envisage de rouvrir son usine de papier journal à Gatineau.L’entreprise a précisé qu’elle envisageait d’y relancer la production de l’une des deux machines à papier.AbitibiBowater pose toutefois trois conditions: une nouvelle convention collective, une source fiable d’approvisionnement en fibres durant cinq ans et la résolution des différends qu’elle a avec Hydro-Québec en matière d’énergie.Au moment de sa fermeture permanente, en mai 2010, l’usine de Gatineau comptait plus de 300 employés.Une autre usine, à Dolbeau, avait également alors été fermée.- Im, Presse canadienne LE DEVOIR, LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2011 A 9 ECONOMIE II JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Canadien Tim Turner, directeur à la Banque africaine de développement L’Afrique, au-delà de la misère Le continent se classe au troisième rang mondial pour ce qui est du taux de croissance ERIC DESROSIERS Malgré tous les maux qui l’accablent encore, le lion africain s’est mis en mouvement et ose de plus en plus se comparer aux fameux tigre chinois et éléphant indien.Tim Turner ne sait que trop bien que chaque fois qu’ü commence à parler de l’Afrique à un public non averti, il éveille des images de pauvreté, de famines, d’épidémies, de guerres, de corruption, de dictature et d’exploitation par des puissances étrangères.«Tout cela est vrai et le restera probablement encore longtemps, malheureusement», a admis d’emblée, en entrevue au Devoir, cette semaine, le directeur du secteur privé et de la microfinance à la Banque africaine de développement (BAD).«Mais il y a aussi une autre histoire qu’on entend rarement raconter: celle du vent de développement qui a commencé à souffler sur le continent.» Qui sait, en effet, qu’avec un taux de croissance moyen de presque 5 % par année, de 2000 à 2008, l’Afrique s’est classée troisième région au monde pour son dynamisme, derrière les fameux pays émergents d’Asie (8,3 %) et ceux du Moyen-Orient (5,2 %)?On aurait pu craindre que la Grande Récession vienne casser ce bel élan.Or, il n’en a rien été, note-t-il, d’une part parce que l’économie africaine restait moins connectée que les autres à l’économie mondiale, mais aussi parce que les forces en marche sont considérables.Canadien d’origine, Tim Turner a d’abord été banquier d’affaires à New York et Londres avant de passer à la BAD il y a une quinzaine d’années.H était conférencier à la 5® édition du Forum Africa, un rendez-vous biennal de quatre jours qui réunissait, jusqu’à hier, à Montré^, des investisseurs et des entrepreneurs de l’Afrique et du Canada.La croissance économique des dernières années n’est pas seulement attribuable à l’exploitation des fabuleuses ressources naturelles dont regorge le continent, observe-t-il.Ces activités ne comptent que pour un quart du total, le reste étant bien distribué entre le commerce de gros et de détail, l’agriculture, le transport et les télécommunications, l’industrie manufacturière ou encore la construction.Du pain sur la planche Les possibilités de croissance restent immenses.Disposant déjà d’une population dépassant le milliard d’individus, jeunes pour la plupart, l’Afrique verra ce nombre continuer de grossir les prochaines années et dépasser l’offre de la main-d’œuvre aussi bien chinoise qu’indienne.La moitié de cette population vivra dans des villes.Presque autant disposera d’assez d’argent pour pouvoir acheter autre chose que des biens de première nécessité.Outre ses ressources pétrolières et minières que l’on sait, l’Afrique abrite, entre autres, 60 % des terres arables inexploitées du globe, les meilleurs sites de développement de l’énergie solaire et les plus grandes ressources hydroélectriques inexploitées, fait valoir Tim Turner.Ce développement requerra de l’énergie, des routes, des ports, des usines, des écoles.que de plus en plus d’investisseurs étrangers — notamment des pays émergents — s’offrent à construire et à gérer.Cette participation étrangère reste nécessaire parce que les gouvernements et investisseurs privés africains ne disposent souvent pas encore des fonds et de l’expertise pour mener des chantiers d’une telle ampleur, observe le banquier.De plus en plus de pays africains apprennent, cependant, comment négocier avec ces investisseurs étrangers afin de bénéficier du maximum de retombées économiques et sociales.Le rythme de progression reste toutefois très inégal entre les pays africains et les obstacles au développement du continent restent nombreux, rappelle Tim Turner.Les infrastructures minimales sont souvent manquantes, l’inefficacité bureaucratique demeure rampante et il reste souvent plus compliqué de faire du commerce entre deux pays voisins qu’avec la Chine ou l’Europe.Certains retards peuvent toutefois devenir des avantages, observe le banquier.Us ont notamment permis aux Africains de faire l’impasse sur la construction de coûteux réseaux terrestres de télécommunication et de directement passer aux nouvelles technologies sans fil.Ils leur offrent aussi la chance de prendre directement le train du développement durable et des énergies vertes et de se catapulter ainsi du dernier rang au peloton de tête.«L’Afrique a tout ce qu’il faut pour devenir le prochain grand pôle de développement sur la planète, conclut Tim Turner.Les défis seront nombreux, mais les possibilités sont immenses.» Le Devoir Résultats trimestriels décevants Transat se sépare de son numéro deux Le voyagiste affiche une perte de 2,9 millions et pourrait licencier du personnel SYLVAIN LAROCQUE Devant des pertes qui s’accumulent, le voyagiste Transat a annoncé hier le départ de son numéro 2 et songe à procéder à des licenciements afin de retrouver la santé financière.«Quand je dis qu’on est en train d’aplanir la structure et qu’on est en train de regarder chaque unité, il n’est pas exclu qu’il y aura des mises à pied.Ça, c’est sûr et certain», a déclaré le président et chef de la direction de l’entreprise montréalaise, Jean-Marc Eustache, au cours d’une téléconférence avec les analystes financiers.«Nous ferons ce qu’il faut pour redevenir rentables.Nous ne sommes pas rentables cette année et cela ne peut plus continuer.» Transat a amorcé sa restructuration en se départissant de son chef de l’exploitation, Nelson Gentiletti, qui faisait partie de la haute direction de l’entreprise depuis 2002.Le président de Transat Tours Canada, Michael DiLollo, quitte également l’entreprise.Allen Graham, jusqu’ici p.-d.g.d’Air Transat, dirigera désormais Transat Canada, une nouvelle entité qui regroupe plusieurs filiales, dont le transporteur.M.Eustache aura quant à lui la res- ponsabilité directe de Transat France, de Transat Découvertes, de tripcentral.ca et de Jonview Canada, alors qu’André De Montigny deviendra président de Transat International, en plus de superviser les activités hôtelières et le développement des affaires.«Nous avons commencé une revue de l’ensemble des opérations et la mise au point d’un plan à cet effet, qui porte principalement sur la réduction des coûts directs et des coûts d’exploitation, et sur une révision de notre approche en matière de systèmes informatiques», a expliqué Jean-Marc Eustache.Transat veut pouvoir réagir plus rapidement aux changements soudains sur le marché.De plus, l’entreprise s’est dite prête, hier, à réduire sa capacité de façon draconienne l’an prochain si les conditions du marché devaient être aussi mauvaises qu’au cours des derniers mois.Des avions pourraient alors être cloués au sol le temps que les deux s’éclaircissent.La jeune soixantaine, M.Eustache a assuré qu’il était en meilleure forme que jamais.Il a promis qu’il ne quitterait pas la tête de l’entreprise Jean-Marc Eustache qu’il a cofondée tant que celle-ci ne se porterait pa^ mieux.A son troisième trimestre, qui a pris fin le 31 juillet.Transat a essuyé une perte nette de 2,9 millions (8 é par action), alors qu’elle avait enregistré des profits nets de 20,9 millions (55 é par action) pendant la même période de l’an dernier.En excluant la couverture sur le carburant et les éléments non récurrents, le bénéfice par action s’est élevé à 7 é.«Ces résultats décevants découlent principalement des conditions de marché et des prix du carburant, qui ont pesé sur les marges», a noté M.Eustache.Les revenus de Transat ont pourtant progressé de 8 % au troisième trimestre pour se chiffrer à 937 millions.L’augmentation s’explique par une hausse du nombre de voyageurs sur le marché transatlantique ainsi que par la déprédation du dollar canadien face à l’euro et à la livre sterling.Depuis le début du présent exercice, les pertes nettes de Transat totalisent 7,7 millions.La Presse canadienne L’économie mondiale se détériore rapidement Pendant ce temps, les politiciens se renvoient la balle GERARD BERUBE Les voix officielles s’élèvent pour décrier une détérioration rapide de l’économie mondiale et exiger une action concertée stimulant la croissance.Mais en marge d’un G7 des ministres des Finances consacré à la crise.Américains et Européens continuaient de se rejeter la responsabilité du retour des tensions sur les marchés.La Banque centrale européenne a donné le ton hier en accompagnant le maintien de son taux directeur, à 1,5 %, d’une révision à la baisse de prévisions de croissance dans la zone euro.Pour le président de l’institution, Jean-Claude Trichet, l’économie de la zone euro devrait croître «très modérément» au second semestre de l’année en cours, les risques sont «intensifiés» et le degré d’incertitude entourant les perspectives de l’économie mondiale est «énorme».La BCE a abaissé à 1,6 % (contre 1,9 % en juin) sa prévision de croissance en 2011, et à 1,3 % (contre 1,7 %) celle de 2012.L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en a ajouté en par- lant d’une reprise plus lente et d’une dégradation des perspectives de croissance.Pour les économies développées, cette croissance attendue serait désormais inférieure à 1 %, en rythme annuel, au second semestre.L’OCDE cite une baisse de confiance des ménages et des entreprises, exacerbée par la paralysie politique aux Etats-Unis, par la crise de la dette souveraine dans la zone euro et par le rétrécissement de la marge de manœuvre tant des gouvernements que des banques centrales.S’est ajoutée la voix du Fonds monétaire international, qui doit publier le 20 septembre un scénario de croissance mondiale fortement révisée à la baisse, sous Iç poids d’une détérioration des perspectives aux Etats-Unis et dans la zone euro.«L’économie mondiale ralentit davantage et les risques augmentent», a résumé un porte-parole du FMI.A la veille d’une réunion de ministre des Finances du G7, demain, destinée à discuter des moyens susceptibles de relancer la reprise sans alimenter la crise de la dette publique.Américains et Européens se renvoyaient la balle.«L’Eu- rope doit agir plus vigoureusement pour susciter la confiance dans sa capacité à résoudre sa crise et dans sa volonté de le faire», écrit le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, dans upe tribune au Financial Times.Le ministre de l’Économie français, François Baroin, a réagi en déclarant: «Nous regardons avec beaucoup d’attention ce qui s’est passé aux Etats-Unis, les conséquences de la dégradation de la note américaine.» Au-delà de la rhétorique, Timothy Geithner a lancé un appel à une action globale pour la croissance.Il a cependant soutenu qu’une nouvelle action massive et coordonnée de relance budgétaire comme çn 2009 n’était plus possible.Et souligné que les États-Unis doivent soutenir l’emploi, que l’Europe doit agir avec détermination pour résoudre la crise de la dette et que la Chine et d’autres économies émergentes doivent renforcer leur demande intérieure et permettre une appréciation plus rapide de leur monnaie.Le Devoir Avec l’Agence France-Presse et Reuters ARCHIVES AGENCE ERANCE PRESSE ARCHIVES AGENCE ERANCE PRESSE Timothy Geithner, Etats-Unis L’Europe doit agir plus vigoureusement pour susciter la confiance dans sa capacité de résoudre sa crise et dans sa volonté de le faire Vf François Barouin, France f f Nous regardons avec beaucoup d’attention ce qui s’est passé / aux Etats-Unis, les conséquences de la dégradation de la note américaine // La France ratifie le plan de sauvetage de la Grèce Certains États évoquent publiquement une sortie de la zone euro du mauvais élève Paris — La France est devenue hier le premier pays à ratifier le plan d’aide européen à la Grèce, avec un vote du Sénat, dont elle espère une bouffée d’oxygène face aux craintes de récession en zone euro et aux inquiétudes suscitées par les difficultés d’Athènes à remplir ses engagements.Le Sénat français a adopté hier soir un texte comprenant à la fois des mesures de rigueur budgétaire pour 2011 et un feu vert au plan d’aide à la Grèce décidé le 21 juillet par les dirigeants européens.La France espère ainsi adresser un sign^ positif aux marchés, déstabilisés par la crise en zone euro et inquiets de ses répercussions pour les banques européennes exposées aux dettes souveraines.Mais le plan d’aide à la Grèce — près de 160 milliards d’euros — n’entrera pas en vigueur avant le début de l’année prochaine, car plusieurs des 17 pays de la zone euro n’entendent pas le ratifier avant quelques mois.Il s’agit d’un deuxième plan de sauvetage de la Grèce, après une pre- mière enveloppe de 110 milliards d’euros débloquée l’an dernier.Malgré ce vote français, la Grèce, plombée par une terrible récession, voit ses marges de manœuvre pour mener des réformes se réduire.Et elle inspire de moins en moins confiance à ses partenaires et aux marchés qui doutent de plus en plus de sa capacité à éviter la banqueroute.É’économie grecque en est à sa troisième année de récession.D’après le service grec des statistiques, le PIB s’est contracté de 7,3 % sur un an au deuxième trimestre.Le taux de chômage ressort quant à lui à 16 %, contre 11,6 % en juin 2010, peu après l’obtention pqr Athènes de son premier plan de sauvetage.A l’occasion de la pqbli-cation de ces chiffres, le ministre grec de l’Économie a prévenu que le déficit budgétaire serait plus important que convenu auprès de ses créanciers, en raison de la récession.Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schauble, a jugé «très prématuré» de concrétiser le deuxième plan de sauvetage de la Grèce tant que le pays n’aura pas rempli les conditions pour toucher dans son intégralité la première aide accordée au printemps 2010.Le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager, a même envisagé la sortie de la zone euro de pays qui, comme la Grèce, ne parviendraient pas à en respecter les disciplines.«Si un pays ne souhaite pas satisfaire aux exigences [de la zone enrol, alors il n’y a pas d’autre option que de la quitter», a-t-ü asséné.Les Pays-Bas ont aussi proposé la création d’un commissaire européen chargé du Pacte de stabilité qui aurait le pouvoir de prendre des sanctions contre les pays dont les finances publiques dérapent.La chancelière allemande, Angela Merkel, qvait exclu lundi toute sortie de la zone euro d’un État membre en difficulté, estimant qu’une telle issue produirait un «effet domino» dangereux.Reuters et Agence France-Presse A 10 LE DEVOIR LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2011 EDITORIAL Intimidation à l’école Les souffre-douleur Dans la cour d’école, la victime parfaite est simplement.différente du lot.Trop grasse, pas assez grande, tapageuse à l’extrême ou alors étonnamment rêveuse, elle essuie deux détestables formes d’intimidation: l’assaut de son agresseur et l’indifférence des autres.L a statistique est brutale: entre 6 et 8 ans, un enfant sur dix subit des niveaux élevés d’intimidation, et ce, sous les yeux de camarades et d’adultes dont la tolérance aux agressions constitue une seconde secousse.La plus récente étude dévoilée par l’Institut de la statistique du Québec confirme que l’intimidation commence dès l’entrée à l’école.Les injures, les coups, les menaces dont seraient victimes au moins une fois par année de 30 à 60 % des élèves constituent une prison quotidienne pour environ 15 % d’enfants.Ces malheureux subissent une victimisation chronique dont les effets, on s’en doute, peuvent être tragiques.Alors que demain a lieu la Joiunée mondiale de la prévention du suicide, il n’est pas hasardeux de souligner que certains de ces parcours d’intimidation commencés dans le brouhaha de la classe se sont terminés tragiquement.Il s’agit donc d’un phénomène qui doit mériter toute notre attention.On dira que de tout temps, les mômes ont été champions de la calomnie.Que le règlement d’une chicane aux poings dans la ruelle, sous les encoiuagements des potes, n’a rien d’inédit.Mais l’intimidation version temps modernes n’a rien d’un conflit mal réglé entre deux enfants mesurant leur tempérament.C’est l’affirmation malsaine d’un rapport de force entre un agresseur écrasant une victime dont le seul tort est souvent de ne pas se conformer à la norme édictée par le Marie-Andrée Chouinard S groupe.Poiu contrer ce phénomène, siutout, que les adultes ne succombent pas au piège de la facilité: on ne combattra pas ce fléau en homogénéisant les troupes.L’expression d’une différence poiurait camoufler une magnifique force.If ne s’agit pas d’une faiblesse.Mais dans le quotidien des agresseurs et des agressés, si petits soient-ils, fa discordance est à effacer du portrait.Parfez-en à Maxime Collard, ce brave jeune homme de Sorel-Tracy qui a transformé son cauchemar de victime en une bataille qui a fait le toiu du Québec, au printemps dernier.Las de crouler sous les railleries des élèves pour un surplus de poids avec lequel lui-même dit être tout à fait à l’aise, il a organisé une manifestation contre l’intimidation à laquelle même la ministre de l’Éducation Line Beauchamp a participé (un signal d’ailleius tout à fait noble de l’importance que Québec accorde à ce problème social).Maxime a réussi à ébranler le Québec, mais parions qu’il a dû traverser plusieurs barrages d’indifférence avant d’atteindre cette célébrité.Des études révèlent que 85 % des actes d’intimidation se jouent sous les yeux faussement aveugles de témoins qui ne font rien et ne soufflent mot, exprimant de manière détournée leur consentement complice.Pourtant, une fois sur deux, il suffit de l’intervention d’un pair pour stopper ce jeu malsain en moins de dix secondes.Si les enfants craignent tant d’exprimer leur résistance, c’est qu’ils ont peiu de se transformer eux-mêmes en cible.C’est donc du concours des adultes qu’ils ont besoin.Parents d’agresseius et d’agressés, direction et personnel des écoles.Tous ces adultes doivent s’extirper eux-mêmes de fa bulle d’indifférence qui noie la société pour devenir les yeux qui voient, les consciences qui s’indignent et les responsables qui interviennent.machouinard@ledevoir.corn Violence au hockey Pas partie de la job! ydney Crosby, tenu hors du jeu depuis huit mois par une commotion cérébrale, réclamait à nouveau mercredi, comme il l’avait déjà fait cet hiver, que les coups à la tête soient interdits dans la Ligue nationale de hockey.Que le meilleur joueur de la ligue réitère de tels propos, qu’il accepte de détailler les problèmes causés par sa commotion, et qu’il se refuse à un retour précipité au jeu, c’est là un changement de culture qu’il faut applaudir.Car dans tous les débats qui ont coius siu la violence au hockey — débats ravivés ces derniers temps par le suicide de joueurs — ce n’est toujoius que de culture, et pas de spor t, dont il est question.Il faut faire un parallèle entre cet univers masculin où l’on ne dit rien, ne se plaint pas, et où l’on accepte des comportements qui ne nous plaisent guère (d’anciens «hommes forts» avouent aujourd’hui combien se conditionner à se battre à chaque match leur demandait un véritable effort psychologique) et celui que bien des femmes ont connu, pendant très, très longtemps: le harcèlement sexuel au travail.Même silence, même honte, même tabou.Et même réaction quand la personne concernée veut se rebiffer: pas d’accord, ne veux pas coopérer?Qn te met à la porte et on prendra quelqu’un d’autre pour te remplacer.Dans les deux cas, on est dans l’univers du stéréotype, du «ça s’est toujours fait ainsi» et de la menace.Les joueurs qu’on envoie jouer les durs à cuire ne dénoncent rien tant qu’ils sont actifs parce qu’ils savent que c’est le renouvellement de leur contrat, le rêve d’une vie!, qui serait alors en jeu et que les aspirants à la LNH sont nombreux.Alors ils ferment leur gueule et frappent.Les femmes, dans le temps, avaient tout aussi peur de perdre leur emploi, leur soupape économique.Alors elles se taisaient et attendaient que le tripotage passe.La seule option possible, c’était de se passer le mot entre collègues: «Méfie-toi d’un tel.» Jusqu’à ce que certaines commencent à clamer: «Ça fait pas partie de la job!» Une voix, deux, des groupes, des manifestations, des pressions qui conduiront, dans les années 80, à une protection légale.La plaie historique du harcèlement au travail venait d’être remise à sa juste place: l’inacceptable qu’on peut sanctionner.Au hockey, c’est la même logique: la violence, la foire des batailles, les coups à la tête, ça fait pas partie de la job! Le hockey est un jeu dont l’objectif est de compter des buts, pas des mises en échec: la boxe, c’est un autre sport et d’autres règles.Cette évidence est déjà comprise par plusieurs.D’anciens joueurs s’ouvrent les yeux, prennent la parole.L’illustre Ken Dryden l’a fait avec éloquence en mars.Du côté du public, même contestation.Un sondage Léger Marketing publié cette semaine par le Journal de Montréal démontrait que les Québécois, dans leur grande majorité, ne voient pas l’utilité que les équipes aient leur bagarreur désigné et souhaitent que les bagarres soient interdites.La LNH ne veut toujours rien comprendre, mais il faudra bien qu’elle y vienne.Car il est de plus en plus difficile, au regard des témoignages, des études médicales et des morts, de justifier f’inac-ceptabfe.If faut donc maintenir fa pression publique, c’est seulement ainsi que l’on vient à bout des obtus.j boileau@ledevoir.corn Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO Portraits PE UA Rf'WS pANf AftvSA5ÇAt>Pî CANADîEI^A'êS.MmtTs EnVoÛTÉ VÎEÎH/E ont^t^afré Le monde a changé oui, mais comment ?À l’évidence, nous ne vivons plus dans le même monde, mais pas nécessairement de fa façon dont on pourrait le croire.Nous ne voyons pas de vague islamisante déferlant sur un Qccident pétri sur fui-même malgré ce que certains avaient laissé sous-entendre.Non, c’est plutôt l’inverse qui se produit, des régimes totalitaires se délitent les uns après les autres sous fa poussée de fa grogne populaire, alimentée par les médias sociaux et, if faut le dire, soutenue par f’aide de ce même Qccident diabofisé par les franges extrêmes de f’isfam radical.Ce qui a changé le plus à mon avis, c’est le regard porté sur l’Amérique et le regard que porte l’Amérique sur effe-même.Le regard porté sur l’Amérique a pris un tournant significatif, surtout avec fa ^erre débile imposée à l’Irak et fa non moins briffante, poursuivie depuis en Afghanistan, et dont on questionne toujours le sens et fa valeur des retombées.L’Amérique flambeau des libertés est rapidement devenue l’Amérique boutefeu.Le regard que l’Amérique porte sur effe-même semble s’être fui aussi transformé profondément depuis ces dix dernières années.La fierté et fa confiance cédant fe pas à l’incompréhension, fa rage, fa haine et, depuis peu, à l’irrationnel et à fa pensée magique.Réduire l’endettement des États-Unis?Pas de problème, nous dit une candidate à fa présidentieffe de 2012, abolissons fe salaire minimum! La sécheresse frappe durement fe Texas?Qu’à cela ne tjenne, nous rétorque fe gouverneur de f’État et LETTRES fui aussi candidat à fa présidentieffe, trois jours de prière pour conjurer fe sort devraient suffire! Un mélange d’évangéfis-me primaire doublé d’une méconnaissance crasse des mécanismes macroéconomiques frappe fe cœur de l’Empire.Qui, fe monde a changé depuis fe 11 septembre 2001 et pas uniquement à cause de ce qui s’est passé cette journée-fà.D’autres événements importants ont eu fieu depuis 10 ans et ifs ont eux aussi contribué à façonner fe monde qui vient: fe printemps arabe, fa montée du BRIC et en particulier celle de fa Chine, fa crise de fa dette en Europe, fe krach de 2008 et notre incapacité à modifier fe paradigme économique dominant.Quelles réponses saurons-nous donner à toutes les questions que suscitent ces événements?Rendez-vous en 2021.Alain Soulard Professeur au collège Laflèche Trois-Rivières, le 6 septembre 2011 Comment oublier?Le 11 septembre 2001, je travaillais dans un bureau situé dans un édifice de plusieurs étages du boulevard Crémazie.Après une heure et demie dans fe trafic, j’arrive au bureau et donne un coup de fif à mon épouse.Elfe me raconte qu’un avion s’est écrasé sur f’une des tours du World Trade Center.Qn parle d’accident à fa télévision.Nous parlons de choses et d’autres et fà, en direct, elfe voit un deuxième avion qui se fracasse contre l’autre tour.Incrédule, je fui dis qu’ils doivent probablement rediffuser les mêmes images.Mais non, c’est bel et bien un deuxième avion.Dès fors, plus question de simple accident.L’horreur dans sa voix me glace fe sang.Mais qu’arrive-t-if donc?Après quelques «je t’aime» d’usage bien sentis, nous raccrochons.Tout à coup, fa peur s’empare de moi.Mais que va-t-if arriver maintenant?Vont-ifs aussi s’en prendre au Canada?Au Québec?Je suis dans un édifice comportant plusieurs étages.Y a-t-if d’autres fous dans les airs?Vais-je revoir les personnes que j’aime?Combien de personnes ces malades ont-ifs tuées?Éa radio ne diffuse plus de musique.Non.Uniquement des nouvelles en direct qui décrivent f’hor-reur vécue à New York, capitale financière et symbole de fa richesse et de fa suprématie américaine pour les fous, les malades que sont ces terroristes sans cœur et sans pitié.If est impossible d’oublier cette journée qui a changé fe monde à jamais.Malgré tout.Malgré f’horreur, f’angoisse, les nombreuses interrogations et l’incompréhension, fe côté positif en moi prend fe dessus.Ceux que j’aime sont toujours fà, et Bush va prendre les choses en main (!?).Nous connaissons fa suite.Cette journée du 11 septembre ne s’est jamais terminée.Nous sommes restés figés dans fe temps.Certes fa vie suit son cours, mais elfe est différente et probablement plus belle, car plus fragile.Merci les terroristes.Merci de nous avoir rendus plus conciliants et solidaires.Merci de nous avoir fait apprécier chaque jour qui passe trop vite.Merci de nous avoir démontré comment f’être humain et sa bonté peuvent faire en sorte de nous sortir d’un tel cauchemar.Jean Bottari Saint-Mathias-sur-Richelieu Le 3 septembre 2011 LIBRE OPINION Le flirt entre FADQ et la CAQ JEAN-MARC PIOTTE Professeur émérite à l’UQAM La Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) se distingue de f’ADQ sur certains points et fa rejoint sur d’autres.Pour elfe, fa concurrence est fa vertu fondamentale de l’économie, fl faut mettre en concurrence Hydro-Québec en favorisant fa création de centrales privées de production hydroélectrique et en privatisant son réseau de distribution.Cette mise en concurrence vaut également pour fa Société des alcools du Québec (SAQ) et, d’une certaine manière, pour Loto-Québec.La coalition appuie la formule PPP pour les projets majeurs d’infrastructures.Elle permettra aux municipalités et aux organismes de transport urbain de recourir davantage à la privatisation, à la sous-traitance et au PPP.Ça CAQ, contrairement à l’ADQ, veut que l’État joue un rôle actif dans l’économie et désire que la Caisse de dépôt et placement accorde au développement économique du Québec la même importance qu’au rendement sur les épargnes des déposants, en investissant dans le capital-actions d’entreprises québécoises et en prenant des participations minoritaires dans l’exploitation des ressources naturelles.La CAQ renoue donc avec l’orientation économique de la Révolution tranquille, en visant la relance de Québec inc., c’est-à-dire l’alliance entre l’État et la classe d’affaires qué- bécoise, entre les intérêts économiques de ceux-ci et ceux de la nation.Sur les questions d’éducation et partiellement sur celles de la santé, leurs positions se rapprochent.Il faut abolir les commissions scolaires et les agences de santé et de services sociaux bureaucratisées en ramenant le pouvoir à la base, chez les cadres locaux, les professeurs et les médecins.La performance des enseignants et de leurs établissements doit être évaluée.Ceux-là le seront bi-annuellement par la direction de l’école, les plus performants pouvant obtenir des augmentations de salaire de 20 %, tandis que les sous-performants pourraient être virés à la fin de leur contrat d’une durée de trois à cinq ans.Cette politique, inspirée du modèle Burnham, suppose qu’on peut améliorer l’efficacité des services sociaux lorsque les objectifs définis par en haut sont mis en application par une gouvernance fondée sur le principe de la carotte et du bâton.Celle-ci, à laquelle s’opposera les syndicats, ne posera aucun problème à l’ADQ qui, au nom de la liberté de chacun, propose de réduire la portée de la formule Rand, de refuser l’accréditation reposant sur une majorité de cartes signées, etc.Il y a cependant un os: l’ADQ désire mettre en concurrence le secteur public de santé, en favorisant la création d’un secteur privé, tandis que le CAQ ne demande pas cette privatisation.Ce dernier juge pouvoir obvier aux problèmes du système de santé par un budget, attribué aux établissements de santé et de services sociaux, fondé sur l’évaluation de leur performance et une révision du mode de rémunération des médecins omnipraticiens, afin qu’une partie importante de celle-ci soit liée à l’atteinte d’un nombre minimal de patients pris en charge.Éa CAQ est nationaliste.Elle préconise diverses mesures pour renforcer l’usage de la langue française et stimuler le développement de la culture québécoise, dont des pouvoirs accrus à l’Qffice québécois de la langue française pour assurer la francisation du commerce, l’utilisation de la clause nonobstant pour contrer les écoles passerelles et une aide financière bonifiée aux organismes culturels.Même si le fédéralisme de Gérard Deltell ne va pas dans cette direction, la majorité des membres de l’ADQ, qui à l’origine étaient quasi souverainistes, accepteraient ce programme sans trop de grognements.Une fusion entre ces deux organisations est possible et la CAQ est dans une position de force dans la négociation qu’elle implique: le poids médiatique de Éegault est, du moins actuellement, dominant; la santé financière de l’organisation est optimale, tandis que l’ADQ a plus d’un demi-million de dollars de dettes; enfin, la soif du pouvoir est le meilleur antidote contre les velléités programmatiques. LE DEVOIR LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2011 A 11 IDEES Journée internationale de l’alphabétisation L’analphabétisme crée l’obligation d’agir MONIQUE BRODEUR Doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation del’UQAM CHANTAL OUELLET Professeure à l’UQAM MARYSE PERREAULT Présidente et directrice générale de la Fondation pour l’alphabétisation ALAIN DESROCHERS Professeur à l’Université d’Ottawa éducation constitue l’enjeu premier pour le futur d’une société.Pourtant, la capaci-J té de lire, déterminante ' pour l’accomplissement personnel et l’engagement citoyen, est loin d’être un acquis au Québec: près de 50 % des Québécois ont de faibles compétences en lit-tératie.Qr, en [2011], grâce aux progrès scientifiques réalisés dans le domaine de la lecture, il est possible d’accroître ces compétences de façon significative par des interventions préventives appuyées par la recherche dès le préscolaire et tout au long de la vie.Cela nécessite toutefois la concertation de différents acteurs: un défi de taille qui peut être relevé par une communauté éducative déterminée, engagée et solidaire.Au Québec, des progrès remarquables en matière de littératie ont été réalisés depuis les années 1960 grâce aux changements insufflés par le rapport Parent, qui a favorisé la démocratisation de l’éducation.Cependant, l’analphabétisme perdure, et il n’est pas inutile de le rappeler alors qu’avait lieu hier la Journée internationale de l’alphabétisation.En effet, si 16 % des Québécois sont complètement analphabètes, 33 % sont en situation d’analphabétisme fonctionnel — cela signifie que leurs capacités en lecture se situent en deçà du troisième des cinq niveaux de littératie établis par l’Qrganisation de coopération et de développement économiques (QCDE).Qr, des capacités de littératie de niveau 3 sont nécessaires afin d’obtenir un diplôme d’études secondaires, d’occuper un emploi de base sur le marché du travail et d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles.Ces 2,5 millions d’adultes analphabètes fonctionnels sont âgés de 16 à 65 ans; contrairement à une croyance bien ancrée, ce ne sont pas majoritairement des immigrants; enfin, près de la moitié d’entre eux sont professionnellement actifs.Avant la Révolution tranquille, un peu moins de 50 % des élèves terminaient leur P année de scolarisation.Ce n’est plus le cas aujourd’hui: les analphabètes de 2010 ont fréquenté l’école jusqu’à 16 ans! Un coût individuel et collectif Les dernières enquêtes internationales sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (notamment l’ElAA, 1995 et l’ElACA, 2003) ont démontré qu’un faible niveau de capacité de lecture induit d’importants effets négatifs touchant différentes sphères de la vie (notamment la santé et l’emploi).[.] Plus vulnérables que d’autres, beaucoup de personnes peu alphabétisées peuvent aussi souffrir d’une alimentation inappropriée, vivre dans un logement insalubre, travailler dans un milieu dangereux, se sentir isolées et exclues, subir beaucoup de stress, manquer d’assurance ou avoir des difficultés à adop- !i m\ H: ¥ m ALESSANDRO GAROFALO REUTERS L’analphabétisme accroît la demande pour les services de santé, le coût et la durée des soins, le recours à l’aide sociale, tout en nuisant à l’engagement communautaire et à la participation civique.ter des habitudes de vie saines: autant d’obstacles qui nuisent à leur développement et à celui de leurs enfants.[.] Les personnes de plus de 16 ans qui ne réussissent pas à développer leurs compétences en littératie au-delà du niveau 2 sont très à risque de décrocher du système scolaire, ce qui représente un coût de près d’un demi-million de dollars par décrocheur.[.] L’analphabétisme a des effets négatifs sur la qualification de la main-d’œuvre, donc sur l’adoption de technologies qui rendent les entreprises plus productives et concurrentielles.De plus, l’analphabétisme accroît la demande pour les services de santé, le coût et la durée des soins, le recours à l’aide sociale, tout en nuisant à l’engagement communautaire et à la participation civique.Enfin, le niveau de littératie de la population d’un pays influence de façon proportionnelle la croissance globale de son produit intérieur brut (PIB) et sa réussite économique à long terme.[.] Des efforts insuffisants [.] Si les efforts déployés depuis les années 1960 ont permis au Québec de faire des progrès importants, les résultats des enquêtes de l’QC-DE indiquant un taux d’analphabétisme de 49 % et une absence de progrès entre 1995 et 2003 démontrent qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir.11 devient donc impératif de prendre conscience collectivement du problème de l’analphabétisme et de se concerter afin d’élaborer et de mettre en œuvre un plan québécois pour la littératie tout au long de la vie.Certes, le plan d’action pour l’amélioration du français et celui sur la lecture à l’école, ainsi que le Programme d’aide à l’éveil à la lecture et à l’écriture flans les milieux défavorisés, du ministère de l’Education, constituent un pas en avant.Toutefois, afin de produire les effets attendus, ils doivent absolument être arrimés avec les interventions en alphabétisation et guidés par les recommandations issues des travaux scientifiques relatifs au domaine le plus critique quant au développement des compétences en littératie: celui des premiers apprentissages en lecture.Ces travaux fournissent en effet un éclairage essentiel sur les causes de l’analphabétisme et sur les interventions les plus efficaces afin de le contrer.Prévention, prévention, prévention 11 a été démontré que les adultes qui peinent à lire onfi dans la plupart des cas, présenté des lacunes sur le plan de la langue orale à la maternelle ou en lecture dès la première année.Une analyse des difficultés de lecture chez des analphabètes révèle en effet que plusieurs d’entre eux présentent des faiblesses semblables à celles observées chez les jeunes enfants qui ont des difficultés à apprendre à lire.Ces faiblesses touchent aux habiletés phonologiques, à la maîtrise de l’alphabefi aux correspondances graphème-phonème, à la rapidité de l’identification lexicale et à la maîtrise de la grammaire.Si ces difficultés découlent rarement de troubles d’apprentissage, telle la dyslexie, elles résultent la plupart du temps d’une maîtrise insuffisante des conventions relatives à la langue écrite, ne pouvant être atteinte par les élèves jeunes ou adultes que par un enseignement explicite et systématique de ces conventions.Des pratiques appuyées par la recherche peuvent dorénavant être soutenues par l’implantation d’approches ou de pro^ammes mis au point grâce à des travaux scientifiques rigoureux, qui ont permis d’en démontrer l’efficacité.Eruits de la collaboration entre intervenants, élèves et chercheurs, ces approches et ces programmes contribuent à prévenir les difficultés d’apprentissage, à développer les compétences en littératie et à combler les écarts entre les élèves de milieux défavorisés et ceux des autres classes sociales.Ne remplaçant pas les pratiques actuelles mais les enrichissant, ils gagnent à être implantés tout au long de la vie, notamment de façon préventive, et ce, dès le préscolaire.Telle une ceinture de sécurité.ils agissent comme un facteur de protection: ils ne nuisent pas aux personnes qui apprennent avec facilité, mais permettent à celles à risque d’augmenter leurs chances de réussite.L’implantation des ressources Ces approches et ces programmes [.] peuvent nécessiter des changements relativement importants quant aux croyances et aux pratiques pédagogiques.Les autorités ministérielles et scolaires déterminées à accroître le niveau de littératie peuvent désormais compter sur ces ressources et les mettre au service des intervenants et des élèves, voire parfois des parents.Pour ce faire, elles ont à reconnaître l’apport desdites ressources et veiller à la qualité de leur implantation par la formation, le soutien et l’accompagnement des responsables et des intervenants.[.] Contrer l’analphabétisme nécessite la concertation de différents acteurs, éclairée par les connaissances issues de la recherche.[.] Dans une perspective de respect et de justice sociale, ce défi peut cependant être relevé par une communauté éducative déterminée, engagée et solidaire.Pour y arriver, un plan d’action pour la littératie tout au long de la vie, appuyé par la recherche, doit être défini et mis en œuvre en vue de répondre aux besoins des apprenants.En inscrivant leurs actions dans cette optique, décideurs, chercheurs et intervenants pourront adapter de façon évolutive les politiques, les curriculums, les stratégies d’intervention, de même que les modalités de formation initiale et continue.De telles adaptations pourront enrichir les savoirs et accroître la rigueur des pratiques afin que chaque apprenanfi dès l’aube, bénéficie des interventions les plus prometteuses en vue de son accomplissement personnel et de son engagement citoyen.¦ Extrait de L’analphabétisme crée l’obligation d’agir \)\ihXié dans L’Etat du Québec 2011.Le Québec est-il (toujours) une société égalitaire?(Montréal, Boréal).Le 11-Septembre et l’humour Un contre-discours à prendre au sérieux JULIE DUEORT Doctorante en science politique et chercheuse à l’Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM arl Marx a dit: «L’histoire se répète tou- K jours deux fois: la première fois comme une tragédie et la seconde, comme une comédie.» Alors que l’heure est à la commémoration des 10 ans du 11-Sep-tembre, cette citation ne pourrait être plus pertinente.L’humour, cette deuxième «phase de l’histoire», a en effet été le premier outil utilisé par les Américains pour offrir un contre-discours au président Bush et à ses politiques.Certes, les résidants de South Park ou l’animateur du Daily Show, Jon Stewart, n’ont pas les moyens politiques de fermer la base de Guantanamo ou de retirer les troupes américaines d’Irak ou d’Afghanistan.Toujours est-il que dans un contexte oû la majorité des Américains s’est ralliée au président, les humoristes ont clairement été les premiers à fonder un mouvement d’opposition au discours hégémonique de Bush.L’ère post-11-Septembre: la fin de l’ironie ?Dans son édition du 24 septembre 2001, le magazine Time titrait que les événements du 11 septembre signaient «la fin de DVomîû».Le journaliste Rosenblatt mentionnait alors que, même si les ironistes insistent sur le fait que la vérité n’existe pas et que rien ne doit être pris au sérieux, l’effondrement du World Trade Center représentait pour les Américains tout ce qu’il y avait de plus vrai.Les avions, la fumée, les sirènes et la souffrance: tout était vrai.La nation en deuil n’était plus d’humeur à rire.Les émissions de variétés comme The Tonight Show with Jay Leno, The Late Show with David Letterman ou encore Saturday Night Live avaient toutes été suspendues.Le magazine satirique The Onion n’a publié aucun article pendant deux semaines et The New Yorker, reconnu pour ses caricatures mordantes, a imprimé une couverture noire en signe de compassion.Les événements du 11 septembre 2001 avaient donc généré un sentiment de patriotisme important oû l’humour — rire du président Bush et de ses politiques, par exemple — était devenu impensable.11 faut se rappeler qu’à peine quelques jours après les attentats, le taux d’approbation du président avait atteint un sommet historique de 90 %, alors qu’il se chiffrait à peine à 50 % le 10 septembre 2011.Son discours manichéen opposant le Bien et le Mal laissait en outre peu de place à la formulation de critiques satiriques à l’égard de l’occupant de la Maison-Blanche.On peut recommencer à rire?Heureusement pour la rate des Américains, la prophétie de la fin de l’ironie se révéla aussi fausse que celle de la fin de l’histoire de Eukuyama.Dans un coin reculé d’Internet, une première blague sur Ben Laden a commencé à circuler dès le 12 septembre.11 s’agissait d’une caricature montrant Ben Laden sur un carton de lait avec la mention «recherché».Dans les principaux médias américains, il faudra attendre tout près d’un mois pour voir les balbutiements d’un retour à la normale.C’est le maire de New York, Rudolph Giuliani, qui donne aux Américains la permission de recommencer à rire.le 10 octobre 2001! Le journal Los Angeles Times titre aussitôt que «New York estime qu’elle peut rire à nouveau».Lentement mais sûrement, South Park, The Onion et The New Yorker recommenceront à faire rire, à un point tel que plusieurs n’hésitent pas à qualifier les années qui suivront le 11-Septembre d’âge d’or de la satire politique américaine.L’humour contre l’obsession sécuritaire Les humoristes afro-américains des comedy clubs de Los Angeles ont été parmi les premiers à critiquer l’obsession sécuritaire post-ll-Sep-tembre.Dès l’automne 2001, quelques humoristes dénoncent la tendance à voir les Arabes — et non plus les Afro-Américains — comme la principale menace à l’identité américaine.Professeur à rUniversity of Southern California, Lanita Jacobs-Huey considère ces spectacles d’humour comme des commentaires politiques qui permettent de stimuler les discussions sur les discriminations raciales et de redéfinir ce que ce cela représente d’être un «vrai» Américain dans l’ère post-ll-Septembre.The Onion a également été avant-gardiste.Au lieu de critiquer directement l’administration Bush, ce journal humoristique a invité son auditoire à remettre en question le fameux discours dominant du Bien contre le Mal.11 a notamment pointé l’absurdité de cibler un ennemi invisible en publiant un article intitulé «Les Etats-Unis encouragent Ben Laden à former une nation qu’ils pourront attaquer».Prendre l’humour au sérieux Ces exemples illustrent bien comment l’humour a pu contribuer à raviver l’esprit critique des Américains dans l’ère post-ll-Septembre.11 faut toutefois nuancer ces propos en soulignant que les humoristes ont été loin de bénéficier d’une immunité absolue.Par exemple, l’émission Politically Incorrect a été retirée des ondes après que Bill Maher eut tenu des propos qualifiés d’antipatriotiques.Néanmoins, les humoristes américains sont manifestement à l’origine d’une première dissidence envers le président Bush et ses politiques.Comme on le sait, l’humour a été l’embryon de nombreux autres changements et de crises politiques depuis, comme ce fut le cas en 2005 avec les caricatures de Mahomet.L’humour, à titre de deuxième phase de l’histoire, est donc bien plus qu’un simple objet de divertissement: il alimente les débats de société en proposant un contre-discours que l’on doit ironiquement prendre au sérieux.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l’information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y^\&ci D&g^s&(societe)Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), {YrAovcie.RobitaïUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardms, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters'), Gerald DaUaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thematiquesf, Emilie Eohe-Boivm (pupitre') , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier, Étienne Plamondon-Emond (commis internet) , Amehe Gaudreau (secretaire a la redaction), Genevieve Tremblay et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elunam, Véronique Langlois, Sunon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RamviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Morm, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Carohne Sunard (responsable service a la clientèle), Nancy Beauheu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Brisebois ,Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euro y, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 12 LE DEVOIR, LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2011 ACTUALITES ROY «C’était le prince de la rédaction.Il avait une qualité professionnelle remarquable.» SUITE DE LA PAGE 1 puis assume sa vocation précoce, d’abord comme reporter au quotidien Le Canada (disparu en 1953), puis au service de nouvelles de CKAC et à La Presse canadienne.Il peaufine son apprentissage du métier au Service international de Radio-Canada auprès d’un certain René Lévesque, qui lui enseigne «Vart de la communication et de Finterview», comme le résument des «notes biographiques» conservées aux archives du Devoir.Aujourd’hui, son fils Patrice Roy anime le journal télévisé de Radio-Canada diffusé à 18h dans la région montréalaise, perpétuant à son tour «l’art de la communication et de l’interview».Avec Monique Bernier-Roy, Michel Roy a eu deux autres enfants, Mathieu et Isabelle.C’est donc au Devoir qu’il va connaître ses meilleures années dans le métier.Il commence à y travailler en 1957.Gérard Filion dirige le quotidien depuis une dizaine d’années et André Laurendeau en est le rédacteur en chef depuis peu.«Quand mon père écoutait Laurendeau à la radio combattre la conscription [pendant la Deuxième Guerre], il grognait y raconte-t-il au Devoir en 1990 alors qu’il reçoit le prix Olivar-Asselin, décerné à un journaliste de prestige.Pourtant, c'est précisément André Laurendeau qui m’a influencé par sa vision des choses, dans ma connaissance du nationalisme.André Laurendeau est devenu pour moi une présence très forte.» Le journal indépendant relaie et anime la lutte contre le duplessisme, qui culmine avec le dévoilement d’un scandale financier impliquant des membres du gouvernement de l’Union nationale.Michel Roy est dans la salle le jour où le quotidien publie sa manchette sulfureuse sur huit colonnes, en lettres rouges.Il gravit ensuite un à un les échelons de la direction en devenant adjoint au directeur de l’information, puis directeur de l’information et rédacteur en chef, un poste que lui confie le grand patron Claude Ryan en 1975.A la mort de son mentor, en 2004, il fait paraître dans nos pages un texte où il le décrit comme «un géant du métier, un éditorialiste qui s’imposait par le fond et la forme, par la cohérence de son propos et un remarquable pouvoir d’analyse politique».Quand Claude Ryan quitte Le Devoir pour la politique active, en 1978, Michel Roy assure un intérim qui durera près de trois ans, de 1978 à 1981, en pleine période référendaire.Il est alors le seul éditorialiste du quotidien réputé nationaliste à recommander de voter «non» au référendum sur la souveraineté-association.Trois autres textes favorables à l’option souverainiste sont publiés en même temps.Ce fut un intérim difficile qu’il dut assumer sans l’appui du conseil d’administration qui, dans son interminable recherche d’un successeur à Ryan, ignora la personne qui était pourtant tout naturellement destinée à ce poste.n quitte alors le média le média où il bosse depuis plus de vingt ans quand le conseil d’administration lui préfère un autre directeur.«E m’apparaissait difficile de retirer mon tablier pour me mettre au service d’un nouveau chef>, expliquera-t-il dix ans plus tard.Dans son dernier éditorial, il écrit: «Il est une chose que je n’ai pas apprise, que ni Filion, ni Laurendeau, ni Ryan ne m’ont enseignée: comment quitter ce journal, s’arracher à une partie de sa vie!» Le journaliste Jean-Claude Leclerc se souvient de son ancien patron comme d’un homme qui arrivait à calmer toutes les tensions.«C’était le prince de la rédaction.Il avait une qualité professionnelle remarquable.S’il y avait des tensions entre le pupitre et les journalistes, il savait les calmer.» Michel Roy passe ensuite à La Presse (1982-1988), où il devient éditorialiste en chef, éditeur adjoint et rédacteur en chef.Il démissionne sur des questions de principe concernant l’autonomie de la salle de rédaction.Il devient ensuite conseiller spécial du premier ministre Bryan Mulroney.Il s’active particulièrement pendant les rondes de négociations autour de l’entente de Charlottetown.Pour le remercier, le gouvernement le nomme ambassadeur en Tunisie (1993 à 1996).Sitôt rentré à Montréal, en même temps qu’il enseigne le journalisme à l’université, Michel Roy accepte de diriger le Conseil de presse du Québec.Il reçoit plusieurs distinctions prestigieuses, dont l’Ordre du Canada, durant sa longue carrière de journaliste, de professeur et de diplomate.Patrice Roy a qualifié hier soir son père de «très grand journaliste», à’«homme de droit, humble et intègre» et à’«immense papa», sur le site de microbiogage Twitter.Michel Roy souffrait depuis plusieurs années d’une maladie dégénérative.Le détail des funérailles sera communiqué ultérieurement.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 OBAMA SUITE DE LA PAGE 1 davantage de gens au travail et mettre davantage d’argent dans les poches de ceux qui travaillent».Le principal axe de ce plan consiste en un abaissement des charges salariales et patronales pour un montant de 240 milliards de dollars.Barack Obama propose également d’étendre l’assu-rance-emploi, pour un coût chiffré à 49 milliards, de moderniser au moins 35 000 écoles pour 30 milliards et de consacrer 35 milliards pour éviter le licenciement de 280 000 enseignants.Une autre tranche de 50 milliards serait destinée à des investissements ciblés dans les infrastructures de transports.Diverses enveloppes seraient en outre dédiées à la rénovation de logements, mais aussi à des mesures pour faciliter le retour à l’emploi, notamment en aidant les employeurs à procéder à des embauches.Ce dispositif, a poursuivi le président, «créera davantage d’emplois dans le bâtiment, dans l’enseignement, davantage d’emplois pour les anciens combattants, davantage d’emplois pour les chômeurs de bngue durée».Selon Obama, ce nouvel effort financier devrait donner «une décharge électrique à une économie qui a calé, donnera confiance aux entreprises sur le fait que si elles investissent et embauchent, il y aura des clients pour leurs produits et leurs services».Les 447 milliards évoqués par M.Obama sont toutefois à mettre en rapport avec le plan de relance de 787 milliards de dollars qu’il avait promulgué un mois après son arrivée au pouvoir début 2009.Deux ans plus tard, la situation de l’économie américaine demeure extrêmement difficile, au point où plusieurs analystes n’écartent pas la possibilité d’un retour à la récession.Concrètement, le taux de chômage se situe à plus de 9 % depuis maintenant près de deux ans.La première économie mondiale a même détruit autant d’emplois qu’elle en a créés en août, mettant fin à dix mois consécutifs d’em-bauches nettes.Pas moins de huit millions d’emplois ont été détruits en raison de la profonde récesr sion provoquée par la crise financière de 2008.Démocrates contre républicains Pour ajouter à cette profonde «crise nationale», républicains et démocrates ne s’entendent tout simplement pas sur les mesures à adopter pour relancer la puissante machine américaine.Une machine qui, pour le moment, vacille toujours au bord du gouffre.Barack Obama a d’ailleurs lancé un nouvel appel à la solidarité à la droite républicaine hier: «Les habitants de notre pays travaillent dur pour faire face à leurs responsabilités.La question ce soir est de savoir si nous ferons face aux nôtres.La question est de savoir, si devant la crise nationale en cours, nous pouvons mettre un terme au cirque politique et faire quelque chose de concret pour aider l’économie», a-t-il lancé.Le président, qui a travaillé avec acharnement avec les élus républicains au début de l’été pour oÇm Présenté par ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL I Hydro ^ Québec OSM PORTES OUVERTES VENEZ VISITER NOTRE NOUVELLE mSIDENCE dès aujourd’hui! VENDREDI 9SEPTEMBRE, 12H30A18H SAMED110SEPTEMBRE, 14 H À18 H © PLACE-DES-ARTS f Groupe Banque Scotia" Partenaires publics jftf MERCI DE CHOISIR LE TRANSPORT COLLECTIF INTÉGRISTE SUITE DE LA PAGE 1 Diplômé de Princeton et Harvard, Mohsin Hamid a lâché il y a deux ans son boulot au sein de la firme de consultation McKinsey, à Londres, et décidé de revenir s’installer à Lahore, dont il est originaire, en écrivain à temps plein.Pour pouvoir voir de ses yeux, voir autre chose {«Plutôt, je suis mon pif, dit-il.On voit beaucoup mieux avec le nez.») que ce qu’en rapportent les nouvelles uniformément funestes de la presse internationale.«La plupart des opinions qui sont émises au sujet du Pakistan le sont par des gens qui n’y ont jamais mis les pieds», répète-t-il dans les entrevues qu’il accorde.Et puis, dit-il, «il est très facile, avec le temps, de stéréot^er certaines parties de soi-même».La méfiance partagée Mohsin Harnid a écrit The Reluctant Fundamentalist entre les EtatSrUnis et le Pakistan.C’est l’histoire d’un Pakistanais de classe aisée nommé Changez qui aborde un Américain (agent de la CIA en mission?) dans un café du vieux quartier d’Anarkali, à Lahore, et lui fait la conversation.Lui raconte par le menu qu’il était promis à une brillante carrière dans le monde financier américain et qu’il s’était épris à New York d’une femme que la nostalgie d’une ancienne relation amoureuse a complètement démolie.Survient le 11-Septembre et pour lui, tout bascule.Ne se voit plus travaillant pour le bras économique de l’empire américain.Laisse tout tomber.Rentre au Pakistan alors que la guerre américaine vient de commencer dans l’Afghanistan voisin.Sauf pour quelques pages politiquement chargées, le roman, dont Mira Nair est en train de préparer une transposition cinématographique, est d’une grande finesse allusive.Le mutisme anxieux de l’Américain.La méfiance partagée autour du pain et des kebabs.Le jour qui tombe sur Old Anarkali.Le texte est une subtile étude littéraire en relations interculturelles, à mille lieues de la mécanisation médiatique des relations humaines qui réduit tout au conflit et à la lutte de pouvoir.Pourquoi réticent?«Parce qu’au fond, il n’est peut-être pas intégriste du tout, répond Mohsin.Ou parce qu’il ne veut pas être perçu comme tel.Ou parce qu’en fait, il est nostalgique de son ancienne vie américaine.» Changez apprend par la télé que les tours sont tombées alors qu’il se trouve à Manille.Et dit ce qu’il ne faut pas dire: «Et puis j’ai souri.Aussi ignoble que cela puisse paraître, ma réaction initiale fut d’être remarquablement content.J’étais pris dans le symbolisme de l’événement, le fait que quelqu’un avait si visiblement mis VAmérique à genoux.» L’écrivain s’est beaucoup fait demander s’il partageait le sentiment de son personnage.Comme les tours tombaient, s’est-il défendu, un mur s’élevait entre les Etats-Unis et son pays.«Le 11-Septembre, dit-il au Devoir, ne fut pas une étincelle qui précipita l’apparition de violences qui n’existaient pas auparavant.Plutôt, ce fut comme si on avait éteint les lumières et permis aux tendances violentes et chauvines qui existaient déjà de s’exprimer ouvertement.» Chaque fois qu’il retourne aux Etats-Unis, et il y est retourné des dizaines de fois, plane à l’aéroport la possibilité qu’on ne le laisse pas entrer.Et que «sent» Mohsin maintenant qu’il est rentré?Une société pakistanaise autrement plus diversifiée que l’idée qu’on s’en fait.Où les intégristes côtoient à la télé les animateurs transsexuels de talk-show.Un pays très jeune où une génération en chasse vite une autre.Où l’intolérance religieuse et la burqa voisinent le fait que ce sont des femmes qui arrivent premières aux examens des grandes institutions universitaires pakistanaises.«Réduire un pays de 170 millions d’habitants à quelques points saillants, à sa violence sectaire, c’est faire grande violence à la réalité.» Mais comment une société à ce point divisée, s’interro-ge-t-il, va-t-elle parvenir à réconcilier ses tensions?Que voit-il encore?Un pays où, comme partout ailleurs, les Pakistanais sont profondément sceptiques à l’égard du gouvernement et des institutions.Où les gens se méfient autant de Washington que des talibans.Où l’opinion publique, toutes tendances confondues, est en opposition catégorique avec la politique proaméricaine de leur establishment politico-militaire (l’assassinat d’Oussama ben Laden?Bon débarras, dit-il, sauf que l’événement a surtout été ressenti par le commun des citoyens comme un viol de la souveraineté nationale).Où le gouvernement «cleptocrate» n’investit rien dans les infrastructures, les services sociaux, l’éducation.«Mais les médias deviennent plus puissants et il devient de plus en plus difficile pour les autorités de faire fi de l’opinion publique.» Sur le plan des arts, dit-il, l’expression artistique se libère après avoir été lon^emps étouffée.«Le patient a arrêté de saigner et se stabilise.» Des écrivains comme Mohammed Hanif et Ali Sethi rentrent d’exil.Se sent-il, dans ces conditions, libre d’écrire?«Qui écrit librement?Si ce que vous dites est sans conséquences, alors vous devez être dans un endroit où les mots ont bien peu d’importance.Au Pakistan, ils en ont énormément.» Le Devoir obtenir un accord sur le relèvement du plafond de la dette et la réduction du déficit — il a même dû céder beaucoup de terrain à ses adversaires —, a juré que ce nouveau plan serait «totalement financé».Il a du même coup promis de présenter, le 19 septembre, un nouveau plan de réduction du déficit public.Un plan qui devrait passer par l’élimination des abris fiscaux pour les entreprises pétrolières et la fin des allégements fiscaux accordés aux millionnaires et aux milliardaires.Læ président a estimé que le code des impôts des Etats-Unis était un «monument» érigé sous «l’influence des intérêts spéciaux à Washington».Le hic, c’est que pour entrer en vigueur, XAmerican Jobs Act devra convaincre les républicains, majoritaires à la Chambre et dotés d’une minorité de blocage au Sénat.Et la chose est loin d’être acquise.Mais le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a semblé vouloir démontrer une certaine ouverture hier soir à la suite de l’allocution présidentielle.Les propositions de Barack Obama pour soutenir l’emploi méritent d’être étudiées, a-t-il déclaré.«Nous espérons qu’il prendra également en compte sérieusement nos idées», s’est-il empressé d’ajouter, disant souhaiter que le gouvernement démocrate et l’opposition travaillent ensemble pour faciliter une croissance sur le long terme et la création d’emplois.Le Devoir Avec rAgence France-Presse NPD SUITE DE LA PAGE 1 Le parti avait en effet opté pour une formule particulière qui donnait une importance plus grande au vote des membres qui étaient aussi membres de syndicats affiliés.Après pondération, le vote de ces militants syndicaux valait ainsi environ 1,5 fois le vote d’un membre «normal».Au final, 25 % du vote était de cette façon réservé aux membres syndicaux.Cette disposition avait été introduite pour refléter le rôle névralgique joué par les grandes centrales syndicales dans le soutien du NPD depuis sa création.La formule du 25 % a été abandonnée lors du congrès de 2006, mais une mesure semblable aurait tout de même pu être adoptée par le conseil fédéral, qui tient aujourd’hui une importante réunion à Ottawa pour déterminer les règles qui régiront la course.Le conseil se penchera notamment sur les questions du plafond de financement (500 000 $ en 2003) et du moment où la course se tiendra.Un scrutin au début du printemps semble faire consensus, et respecterait le souhait formulé par Jack Layton dans sa lettre-testament.Fin du débat La décision de Mme Turmel — elle-même une ancienne dirigeante syndicale — scelle donc le débat autour du rôle des syndicats dans le vote pour le leadership.Au cours de la dernière semaine, les candidats potentiels Thomas Mulcair et Brian Topp ont notamment formulé des avis divergents sur la question.M.Mulcair a affirmé qu’il n’y a plus de raisons justifiant un traitement privilégié pour les membres des syndicats (pourquoi pas les groupes environnementaux?demandait-il), alors que M.Topp a rappelé que «le mouvement syndical est un partenaire central du parti depuis sa fondation qu’il faut le respecter quand on parle de son rôle».Joint en fin de journée hier, M.Topp a toutefois indiqué ne pas avoir d’objection quant au principe du «un membre, un vote».«Tant que l’unité du parti est préservée et que tout le monde est d’accord, ça me va», a-t-il dit.Dans un communiqué diffusé après la déclaration de Mme Turmel, le Syndicat canadien de la fonction publique — qui siège au conseil fédéral du NPD — a aussi mentionné être à l’aise avec cette décision.«C’est un faux débat, a lancé le président Paul Moist.Le vote des syndicats n’a pas plus de poids que les autres dans une course à la chefferie du NPD.Au congrès de 2006, nous avons amendé la charte du parti pour nous assurer [du] principe “un membre, un vote”.Ces faits ont été oubliés au cours de la dernière semaine», estime M.Moist, qui a réitéré l’importance fondamentale des liens d’esprit entre le NPD et le mouvement syndical.Joint par Le Devoir, un autre membre du conseil fédéral — Gaétan Ménard, du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier — a pour sa part soutenu que le SCEP aurait préféré le maintien de la clause du 25 %.Mais il n’y a pas de guerre à mener sur ce point, a-t-il dit: «Nous respectons ce qui a été adopté au congrès de 2006», a indiqué M.Ménard.Pour lui, l’important est que les centrales syndicales et le NPD maintiennent leurs liens historiques.Les décisions prises aujourd’hui par le conseil fédéral donneront le coup de départ officieux à la course à la succession de Jack Layton: tous les candidats intéressés ont indiqué vouloir attendre de connaître les règles avant de se lancer.M.Mulcair a entre autres indiqué qu’il ne serait pas d’un scrutin trop hâtif qui empêcherait de bien faire connaître les candidats et de recruter de nouveaux membres.Le NPD compte actuellement 86 500 membres, dont moins de 3000 proviennent du Québec.Le Devoir Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Le Devoir peut, a l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9' l’imprimerie du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi etage, Montreal, (Quebec), H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc, 12 800 rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Quebec, division de Québécor Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal — Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007 http://www.osm.ca/fr/index_nouvelles_liste_detail.cfm?NewsID=392
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