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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-09-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 CHANSON Les écoles de Salomé Leclerc Page E 3 MEDIAS Un chausson avec ça les gars?Page E 5 CULTURE f A THEATRE Drames de princesses en série ûdüéÊÊ r@ i:;, 0®! .,,:k -laaftv.-iij.T PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le metteur en scène Martin Faucher Pour amorcer sa collaboration de trois ans avec l’Espace Go, Sophie Cadieux a d’abord voulu travailler avec Martin Faucher.Ensemble, ils ont choisi deux petits textes «étranges» et très déstabilisants: Blanche Neige et La Belle au bois dormant.Deux «drames de princesses» d’Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature en 2004.MICHEL BELAIR \ A vue de nez, Martin Faucher n’a pas l’air de quelqu’un qui se laisse envahir facilement.Pourtant, c’est visiblement un homme «envoûté» qui me fait face dans le hall de l’Espace Go.Envoûté par son travail, envoûté aussi par l’écriture et le monde de la dramaturge autrichienne Ehriede Jelinek (Jans lequel il baigne depuis des mois.A compter de mardi, il signe la mise en scène de deux pièces de sa série «Drames de Princesses».Avec Sophie Cadieux en princesse dans les deux cas.11 nous parle de sa collaboration au projet de définition de la comédienne, de celle aussi que l’on a appelé «la sorcière Jelinek», de son écriture subversive, de son monde implacable, radical.Dangereux.Princesse avec clés C’est à la demande de Sophie Cadieux — qui tenait absolument à ce que Martin Faucher soit de son premier «projet de résidence» — que le metteur en scène est tombé, littéralement dans cet univers très particulier.«Je ne connaissais pas l’œuvre de Jelinek, dit-il.Comme tout le monde, j’ai vu fe Jackie monté par Denis [Marteau], ici, l’an dernier, mais c’est tout.Le texte et la démarche de la pièce d’ailleurs m’avaient intrigué mais pas plus que cela.Puis nous sommes tombés sur ces deux autres “Drames de princesses” et nous avons tout de suite accroché Sophie et moi.Depuis avril, j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver de cette femme étonnante: du théâtre et des romans aussi dont ce fabuleux Méhons-nous de la nature sauvage qui nous fait comprendre la haine qu’elle porte à l’Autriche et à ses dérives fascisantes.» 11 s’empresse d’ajouter que les deux textes de Jelinek, Blanche Neige et La Belle au bois dormant, n’ont pas du tout la même tonalité que le Jackie, qu’ils sont plus ludiques, plus inscrits dans un rapport sociopolitique.Le metteur en scène explique aussi que le choix du texte collait parfaitement à l’ancrage qui est celui de l’Espace Go et au projet de Sophie Cadieux.qui va tenter de répondre là, on le sait à une question fondamentale pour une actrice: à quoi je corresponds?«Cela me donnait l’occasion de la plonger déjà dans deux fortes identités féminines à la fois mythiques et complètement différentes.» Faucher raconte aussi que Blanche Neige est un pastiche d’un texte de Robert Walser — on se souviendra que Paul Savoie avait donné une interprétation remarquable de sa Promenade, il y a quelques années.Walser vivait à Vienne au début du XXe siècle et c’est un des auteurs préférés de Jelinek.Faucher, lui, a tiré de là l’idée d’un lien temporel entre les deux pièces.«Dans les deux textes, la problématique est similaire: se définir par rapport à des stéréotypes connus, des figures mythiques, archétypales.Comment une femme se définit-elle aujourd’hui par rapport à un homme et surtout à l’image qu’un homme se fait d’elle?J’ai donc réuni les deux pièces dans un cadre unique en situant Blanche Neige au début du siècle; lorsqu’elle se réveillera plus tard en Belle au bois dormant, le siècle se sera écoulé.» Ce qui donne déjà à Sophie Cadieux l’occasion de fouiller dans ses ressources et de se servir du trousseau de clés que lui a remis Ginette Noiseaux pour trois ans.Une traversée dans le corps L’œuvre de Jelinek a déclenché des discussions passionnantes dans l’équipe KARIN ROCHOLL La dramaturge autrichienne Elfriede Jelinek de production du spectacle s’il faut en croire Martin Faucher.«C’est une auteur qui suscite la controverse, qui vous met en danger, vous bouscule: c’est quelqu’un d’éminemment subversif On a l’impression qu’elle réussit à entrer dans l’âme des gens.Elle écrit sans concession sur ce qui détruit, ce qui nous décrit aussi: le mensonge, le vide de nos vies, l’hypocrisie.un peu à l’instar de Thomas Bernhard.Sauf que c’est une femme, que ça dérange plus, peut-être: en Autriche, on l’a démo-nisée et on la traite comme une sorcière.» En fouillant un peu sur Internet, on constatera rapidement que l’opposition à son œuvre est plus que violente en Autriche oû on la traite volontiers de (fasciste de gauche» tout en faisant rimer son nom d'origine tchèque avec «saleté».Peut-on s’étoimer qu’Ehfiede Jelinek ait des allures de mysanthrope?Qu’elle ne fasse pas non plus la part belle aux femmes en dénonçant les rapports de séduction?Mais peut-on vraiment porter la dénonciation au théâtre?Comment faire justement pour que cela soit du théâtre?«Pour un metteur en scène, cet espèce de radicalisme permanent ouvre toutes les portes: je me sens comblé et j’avoue vivre une des grandes expériences théâtrales de ma vie.Nous avons mis beaucoup de temps à assimiler la dureté de l’écriture de Jelinek, ne serait-ce qu’à un premier niveau.Puis nous avons discuté avec Stéphanie Jasmin qui nous a décrit son expérience avec le t^te de Jackie.C’est elle qui nous a fait saisir l’importance de la musique des mots.» 11 précise là-dessus qu’Ehfiede Jelinek a longtemps étudié la musique et qu’elle jouait même de cinq instruments quand elle était plus jeune.«Jelinek a un univers mental très particulier, poursuit-il.En travaillant le texte sur le plateau, on s’est rendu compte que les mots du texte investissent le corps.Tout se passe un peu comme si le sens se déposait lentement à la lecture puis s’imposait dans le corps, dans le geste.C’est là, dès que l’on met cette parole en action, sur scène, que surgit le plaisir théâtral.Cela semble très intello, mais c’est incroyablement physique.» Faucher donne un autre exemple pour saisir ce qui se passe ici: la lecture d’une toile cubiste dans laquelle le fragment s’impose avant de composer le sujet global.N’empêche que deux «drames de princesses» coup sur coup, cela risque de frapper dur, aussi bien vous prévenir.Le Devoir BLANCHE NEIGE ET LA BELLE AU BOIS DORMANT Textes d’EMede Jelinek mis en scène par Martin Faucher à l’Espace Go à compter du 13 septembre (514 845-4890). E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 CULTURE théâtre Paysage humain Dans une église de la Grande-Allée, le metteur en scène Hanna Abd El Nour propose sa lecture festive et ritualisante de la Divine Comédie de Dante PHILIPPE COUTURE Il est 7 heures du matin, mais au bout du fil la voix du metteur en scène Hanna Abd El Nour ne prononce vraisemblablement pas ses premiers mots du jour: claire, précise, ronde, ni trop imposante ni trop discrète.Tout le contraire du journaliste encore légèrement engourdi.Mais pas pour longtemps.Parler avec Hanna Abd El Nour réveille rapidement les facultés endormies.Il se préoccupe du monde qui va mal, du retour du religieux dans la sphère publique, de la ^erre incessante et, on le devine, de la disparition progressive du savoir et de la pensée dans nos cités.Une préoccupation qu’il partage avec son collègue Christian La-pointe, chez qui nous avons d’abord découvert Abd El Nour dans la positon du «dramaturg» (conseiller dramaturgique).Suffit d’ailleurs de lire les textes qu’il a rédigés autour de l’œuvre de Lapointe et de William Butler Yeats, notamment dans le cahier dramaturgique Le Souffleur (Théâtre Péril), pour saisir l’étendue du regard qu’il porte sur le monde.Un brin démesuré Un regard certes inquiet, mais philosophique, apte à observer au fil du temps la constance des contradictions humaines (toute chose est à la fois son contraire, disait Héracli-te).Cette vision passe aussi par un fort attachement aux symboles, aux paraboles et aux images, lesquelles dépeignent en un seul mouvement les multiples paradoxes de l’Homme.Cela s’accompagne, bien sûr, d’un intérêt pour une certaine forme de rituel, d’une recherche de sacré et de transcendance.Du dramaturg au metteur en scène, il n’y avait qu’un petit pas à faire.Hanna Abd El Nour a fait le saut en 2006, multipliant depuis les spectacles-labo, notamment Graines de sel dans les yeux Cancer de la langue (2009), où il explorait le thème de la violence devant laquelle nous sommes devenus aveugles et interdits.Il questionnait aussi le siècle nouveau, l’observant à partir des guerres du siècle dernier.Ces préoccupations de début de siècle ne le quittent pas.Elles l’habitent et le taraudent sans relâche.On les retrouvera dans Imagination du Monde, son adaptation toute personnelle de la Divine Comédie de Dante, grand projet festif et ritualisant dans lequel il a entraîné une quinzaine d’acteurs-danseurs et autant de musiciens, pour que s’opère «un théâtre symboliste qui questionne les valeurs humaines».Une ESPACE GO présente BLANCHE-NEIGE & LA BELLE AU BOIS DORMANT Du 13 septembre au 8 octobre 2011 D'Elfriede Jelinek Mise en scène de Martin Faucher Avec Sophie Cadieux + Éric Bruneau -h Sébastien Dodge UBU, Compagnie de création présente OULIPOSHOW Du 18 octobre au 12 novembre 2011 Collage de textes Mise en scène de Denis Marteau IMAGO Théâtre + Stellar Quines Theatre Company présentent ANA Du 22 novembre au 10 décembre 2011 De Clare Duffy-h Pierre Yves Lemieux Mise en scène de Serge Denoncourt ESPACE GO + Théâtre PÀP présentent TRISTESSE ANIMAL NOIR Du 17 janvier au 11 février 2012 D’Anja Hilling Mise en scène de Claude Poissant Danse-Cité présente STRAIGHT RIGHT Du 16 au 25 février 2012 De Louise Bédard + Martin Bélanger -i-Tim Feldmann -h Dominique Porte Théâtre PÀP présente DISSIDENTS Du 6 au 31 mars 2012 De Philippe Ducros Mise en scène de Patrice Dubois La Compagnie Rictus (France) présente CANNIBALES Du 4 au 7 avril 2012 De Ronan Chéneau Mise en scène de David Bobee ESPACE GO présente UNEVIE POUR DEUX Du 24 avril au 19 mai 2012 D’Evelyne de la Chenelière Mise en scène d'Alice Ronfard THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAiNT-LAURENT, MONTREAL BiLLETTERiE : 514845-4890 ESPACEGO.COM ODNSBLDESARn , OaiiBgfiwnrt» a" Hydro Québec ^transat affaire un brin démesurée, présentée dans un cadre tout désiré, Tégbse Saint-Cœur de Marie, sur Grande-Allée à Québec.«La Divine Comédie, dit-il, c’est un voyage, un exil, une quête de savoir, d’amour et d’harmonie, qui place l’humain sur le seuil de la vie et de la mort, le faisant traverser, comme on le sait, l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis.Il y a là des thèmes qui m’intéressent: l’incapacité de traverser les frontières, la recherche d’une utopie que nous n’arrivons pas à atteindre.Mais je me suis d’abord intéressé au contexte dans lequel Dante écrit son poème, dans une Italie sombre, à la fin du Moyen-Age, alors que toutefois s’installe un climat propice à la construction de quelque chose de neuf ce sera la Renaissance.J’ai l’impression que nous vivons en ce moment en Occident une période semblable en ce début de siècle.Après les guerres, après l’échec des utopies et la mise au placard de la religion, comment peut-on articuler une nouvelle pensée et reconstruire notre regard sur le monde?» Bacon et Giacometti aussi Autrement dit, puisque nous sommes désorientés, en plein vide économique, politique et culturel, aussi bien repartir à neuf et faire, comme Dante, un grand Voyage.Et surprise: on n’entendra pas sur scène le texte versifié.Le metteur en scène a voulu que le public soit lui-même le voyageur et plonge dans une suite de tableaux vivants.«L’idée est de déprogrammer la I SYLVIO ARRIOLA Le metteur en scène Hanna Abd El Nour manière dont on regarde la société et de proposer une expérience visuelle et sensorielle, un rapport différent à la pensée.A travers dix tableaux inspirés de Francis Bacon et des corps travaillés à la manière des sculptures de Giacometti, et par une série d’actions performatives, je veux défricher ce chemin vers une nouvelle frontière et dévoiler les multiples facettes du paysage humain.» Le paysage humain?Gertrude Stein, inventeure de la pièce-paysage, n’aurait pas dit autrement.Mais le jeune homme d’origine libanaise précise: «Le spectacle explore de manière imagée le rapport entre la Cité et l’Art, la vie et la mort, l’histoire et le présent, en remettant aussi en cause le rapport scène/salle.» Eh bien oui, c’est encore la Divine Comédie.Collaborateur du Devoir IMAGINATION DU MONDE D’après la Divine Comédie de Dante.Mise en scène Hanna Abd El Nour présentée à l’Église Saint-Cœur de Marie, 530 Grande-Allée Est, Québec, jusqu’au 1" octobre {www.urdtheatre.corn).¦ THEATRE.DENISE-PaiETIER Variations et résonnances www.denise-pelletier.qc.ca W' ¦ ’ : \ ' V SALLE DENISE-PELLETIER.,.,V .Du 22 septembre au 19 octobre 201,1 Il Campiello De Carlo Goldoni Mise en scène : Serge Denoncourt Une production du Theatre de l Opsis présentée par le Théâtre Denise-Pelletier (Luce Pelletier, directrice artistique, Theatre de l’OpsIs) Avec Annick Bergeron, Luc Bourgeois, Louise Cardinai, François-Xavier Dufour, Stéphanie Labbé, Magaiie Lépine-Biondeau, Marie-Laurence Moreau, Obvier Morin, Adèie Reinhardt, Jean-Guy Viau PARTENAIRE DE SAISON ABONNEMENTS ENCORE DISPONIBLES Billetterie 514 253-8974 1-855-790-1245 ADMISSION.COM LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 E 3 CULTURE à ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Salomé Leclerc: «J’ai monté les marches une à une.Là, c’est un petit palier.Je regarde en arrière, je parle de l’album (Sous les arbres), je savoure le moment».CHANSON Les écoles de Salomé Leclerc Après les premières parties, l’École nationale de la chanson, les concours, les ateliers jusqu’à Astaffort, les festivals jusqu’à Montauban, les appuis probants des copains et les coups de pouce du destin, la jeune chanteuse-guitariste arrive à l’album comme on dépose un mémoire de maîtrise: et voilà le travail! SYLVAIN CORMIER Ça y est, c’est fait, voilà l’objet, déposé sur la table du café où elle m’attend avec Stéphanie Richard d’Audiogram et son gérant Michel Sé^in (qui est aussi le gérant de Pierre La-pointe) : l’album existe.Enfin l’album, Salomé, après toutes ces années?«Toutes ces années, c’est pas tant que ça», relativise-t-elle en esquissant un sourire.«Même pas dix ans.» C’est peut-être à moi que ça a paru long.Après tout, j’ai écrit après la finale de Granby en 2009 que «j’aurais pris tout de suite un album d’elle», tout séduit que j’étais par «sa sorte de chanson nue et drue, façon Cat Power».Salomé Leclerc n’avait pas gagné, Patrice Michaud était trop for-tiche entertainer, mais elle avait mon vote.Quelques mois plus tôt, elle n’avait pas remporté non plus la finale auteur-compositeur-interprète de Ma Première Place des Arts.«À Cégeps en spectacle, j’avais pas eu le gros prix.Mais à chaque fois, on m’a signalée, il s’est passé des choses comme ton texte, il y a eu de la reconnaissance.J’ai toujours avancé.à ma manière.» Elle sourit, rougit presque.«Ma manière lente.» Mon monde Il me semble étonnant maintenant de ne pas l’avoir remarquée dans la classe de Daniel.Mon ami Daniel Dupré en-sejgne l’histoire de la chanson à L’École nationale de la chanson, quelque part au fin fond du cégep de Ciranby-Haute-Yamas-ka.Une fois l’an, j’y passe une matinée, où je tente d’expliquer comment le Charlebois jeune homme bien mis de La Boulé a pu se transformer en boule-miroir psychédélique en moins de cinq ans.«Je ne me faisais pas voir.J’étais pas mal en retrait.J’écoutais.» Elle rit.«J’ai une grosse page de notes quelque part, c’est sûr.» Drôle de parcours, quand même: à ce moment-là, elle avait déjà été à Petite-Vallée, aligné les ateliers de création, chanté en première partie de Il y a dans la feuille de route de Salomé Leclerc quelque chose d’inéluctable, une lente avancée inexorable dans la bonne direction Vincent Vallières.C’est d’ailleurs le soir de Vallières que Michel Séguin a eu envie de s’occuper d’elle.«Je pense qu’il voulait recommencer à zéro avec quelqu’un, comme il avait fait avec Pierre.Et ça a été moi!» Pourquoi diable, quand on pratique déjà le métier, aller sur les bancs d’école apprendre le métier?«Pour être meilleure.Meilleure dans mes chansons, qui se ressemblaient toutes.Meilleure dans l’interprétation, aussi.J’étais pas prête dans ma tête.» Elle a bien fait.L’École nationale de la chanson est vraiment un remarquable lieu de définition de soi.Si on est un peu bibitte, tel Damien Robitaille, on devient bibitte accomplie.«J’étais perdue.Je viens d’un tout petit village, je ne comprenais rien à Montréal.Je travaillais le jour comme vendeuse, service à la clientèle, je détestais ça.Je trouvais mes chansons pas bonnes.Je savais rien qu’une chose, depuis l’adolescence, depuis l’enfance même, quand f écoutais les disques de ma mère, le Jaune de Ferland bord en bord: la chanson, c’est mon monde.Et à L’Ecole, j’ai plongé dedans.» Bonjour l’encadrement, bienvenue les compétents.«Ça a mis Marie-Claire [Séguin] dans mon monde! Elle m’a ouvert la voie.et la voix! Ma voix de tête dans la première chanson de l’album, je ne savais même pas que je l’avais.Robert Léger aussi, lui c’est les mélodies qu’il a débloquées.Et Daniel m’a ouvert les horizons.» Les trois t Il y a dans la feuille de route de Salomé Leclerc quelque chose d’inéluctable, une lente avancée inexorable dans la bonne direction.Une suite causale qui, de récompenses en rencontres et d’ateliers en connivences, semble mener forcément à l’album.Après toutes ces finales, il semble aller de soi que Musicaction et l’OEQJ l’envoient, elle, aux Rencontres d’Astaffort, chez Cabrel.Il fallait que ce soit l’année où la chanteuse franco-anglaise Emily Loizeau soit marraine des Rencontres et qu’Emily l’entende chanter Je tomberai {«mon gros hit des concours.») et qu’au moment d’enregistrer l’album chez Audiogram, l’Emi-ly en question, en congé de maternité, soit opportunément disponible autant qu’intéressée.«C’est les trois t.A Granby, ils m’ont dit, il y ale talent, le travail timing.» A Emily, bombardée réalisatrice, se sont joints les musiciens d’Emily.Coup du destin, encore.«C’est vrai qu’on a l’impression que tout devait se passer exactement comme ça.Avec Emily, on s’envoyait des courriels, on discutait de ma vision de l’album, on se donnait des références, des disques à écouter.Je lui ai parlé de Sophie Hunger parce que j’aimais le son du trombone.Si on pouvait avoir un tromboniste dans le style Mickaël Elury, ce serait bien.Emily le connaissait, pensait déjà à le prendre! J’en avais des frissons.» Réalisation Loizeau, arrangements Salomé: «Ça s’est placé naturellement, comme le reste.Elle m’a aidée à me définir sans changer ma nature.Elle a fait comme Marie-Claire, finalement.Comme Michel, finalement.Comme toi dans tes articles, finalement! J’ai été encouragée à être moi-même depuis le début.Moi, celle qui est dans le bois, en dessous des arbres.» C’est le titre de l’album et de la deuxième chanson de l’album: Sous les arbres.Tête baissée sur la photo du recto de pochette, elle relève la tête et dévoile un beau visage sérieux à l’intérieur du boîtier.La musique est très palpable, un peu marécageuse, c’est un peu le Pays sauvage d’Emily dans lequel Salomé trempe.«C’est ce que je voulais: l’humidité.» C’est joué le plus possible en prise directe, tout le monde ensemble.«Je voulais ça aussi.Qu’on soit dans la pièce.» Ça ressemble encore à la Salomé Leclerc de la finale de Granby, ce beau timbre rauque qui rappelle la Melanie de Brand New Key, cette guitare électrique sans maquillage qui renvoie irrésistiblement à PJ Harvey, ces modulations extrêmes qui sont d’allégeance Karkwa.«J’ai pas de problèmes avec mes influences, je les^ porte.J’ai appris ça aussi à L’Ecole: on ne vient pas de nulle part.» Tout ça donne l’album qu’on espérait d’elle (et qu’elle espérait d’elle-même), en mieux.Encore brut, juste assez abouti.Avec de la marge de manœuvre pour la prochaine fois.«J’ai monté les marches une à une.Là, c’est un petit palier.Je regarde en arrière, je parle de l’album, je savoure le moment.Je ne sais pas si ça va partir en fou ou pas du tout.» Advienne que pourra, elle s’adaptera.«Ça me va; je pense que ce que je fais de mieux dans la vie, c’est avancer.Et apprendre.» Bravo les profs.Le Devoir mq : [Hcorps Hthéâtre RENCONTRES INTERNATIONALES DU MIME DE MONTRÉAL Le, cotvs dms iws ses HsJs 7 COMPAGNIES D'EUROPE ET D'AMÉRIQUE SQUATTENT ESPACE LIBRE + RENCONTRES, CONFÉRENCES, CLASSES DE MÀITRE, PROJECTIONS ?^ŒUVRES DE RÉPERTOIRE + RESTO-BAR 19 SEPTEMBRE » OQOBRE 2011 GRANDES FORMES à fleur de peau (France) Au-delà du temps + Si un jour je te quitte je te garderai en moi à nu à vif à jamais » Mossoux-Bonlé (Belgique) Twin Houses » Jocelyne Montpelit Danse (Canada) La danseuse malade PETITES FORMES Cie Mâle I Femelle (Montréal) Jusqu'à la dernière minute j'ai pensé que je ne mounais jamais » La tortue noire (Saguenay) Vie et mort du petit chaperon rouge en huit minutes ralenties + Le Grand Œuvre » Théâtre du mouvement (France) Les vertus de la marionnette idéale » Collectif Point de rupture (Montréal) Le vestibule OD BILLETTERIE 514.521.4191 9Sp£lC6 Forfait festival, prix de groupe et tarif étudiant LIBRE Omnibus.1945, rue Fullum, Montréal, ©Frontenac www.mimeomnibus.qc.ca deséKénemefiboJti»* stdMJMta ____ tranqUllle^^^ Montréal @ Québec “ h LE DEVOIR E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 EN DIALOGUE ^ ou 7 .U 1 2 SEPTEMBRE 201 1 ¦uTHÉÀTRE dfQUAT’SOUS ' LE RENDEZ-VOUS ANNUEL DES ÉCRITURES CONTEMPORAINES BILLETTERIE: 514 845-7277 WWW.CEAD.QC.CA CULTURE DANSE Entre corps et graphies Jocelyne Montpetit termine tout juste une trilogie chorégraphique marquée par la littérature, et la voici déjà sur le chemin d’un autre cycle empreint de poésie, Les Elégies, qui prend l’affiche cette semaine.Amoureux de littérature, Paul-André Fortier invite 30 auteurs à écrire à partir de son Solo 30X30.Allers-retours entre danse et littérature.FREDERIQUE DOYON Il y a eu Faune, imprégné des écrits de Nijinski, Nuit, Nacht, Natte portée par l’esprit de maître butô Kazuo Ohno et la poésie de Pessoa, puis La danseuse malade, inspiré d’un texte d’un autre maître butô, Tatsumî Hîjîkata.Toutes ces écrîtures révélaîent, pour Jocelyne Montpetit, une expérience indéfinie, en suspens entre la vie et la mort.Des écritures non linéaires offrant la «possibilité de lectures multiples», si chère à l’esthétique de danseuse-chorégraphe.La quête de grands thèmes De là à inaugurer un cycle d’élégies, ces formes de poèmes dédiés à la mort, au deuil ou à la souffrance amoureuse, il n’y avait qu’un pas pour la chorégraphe.Poésie et danse font si bon ménage, tous deux perméables aux inte^ré-tations diverses, aux ambiguïtés nourricières, et réfractaires aux lectures univoques.La danse est un peu la poésie du corps pour Jocelyne Montpetit.«La poésie et le corps offrent une place au mystère.Tout n’est pas expliqué ou explicable.Le travail du corps, c’est la quête de grands thèmes: la vie, la mort, la spiritualité.Ça laisse beaucoup d’espace, ce n’est pas narratif, on peut laisser place au mystère.Le corps est quelque chose de très mystérieux et complexe.» Sa première élégie s’intitule Avril est le mois le plus cruel, vers inaugural du fameux poème Waste Land (Terre vaine), de TS.Eliot.Les quatre premiers vers du poème l’ont beaucoup inspirée.Ce mois cruel, qui «engendre des lilas qui jaillissent de la terre morte» mêle mémoire et désir, sève de vie et relents de mort.«L’existence est faite de tous ces mélanges, ces magmas.On va sentir cette terre désolée sur scène.Les éléments scéniques sont en rapport avec cette glace qui fond et fait ressurgir la mémoire.Mais c’est une terre désolée intérieure.» Sur laquelle peuvent bien fleurir des cerisiers, ajou-te-t-elle en évoquant les clichés magnifiques qu’un ami photographe a réalisés après le tremblement de terre au Japon.Jocelyne Montpetit souhaite faire entrer le public dans l’élégie plus que d’illustrer ou d’expliquer un poème.Sa danse, ancrée dans le butô des maîtres japonais auprès de qui elle s’est formée, est une danse d’état, rappelons-le.Au fond, elle se moque des découpages disciplinaires.En puisant dans le texte, dans les arts visuels et le cinéma, elle se nourrit d’abord de visions d’auteurs.Celles des cinéastes Tarkowski et Soukou-rov imprègnent aussi beaucoup Avril est le mois le plus cruel.Reste qu’elle évoque avec émotion son premier contact avec la littérature, à l’adolescence.«Les mots ont été une manière de survie pour moi.Je réalisais que je n’étais pas seule au monde.» Rilke et Kafka surtout offrent des «soutiens à l’existence» à l’adolescente mélancolique qu’elle étaif autant qu’à la femme artiste qu’elle est devenue.Même morts, ses maîtres à penser continuent de danser avec elle.Kazuo Ohno a quitté ce monde l’an dernier à 103 ans.Cette année, ce fut au tour de Tomiko Takai, pionnière d’un butô plus féministe, avec qui Jocelyne Montpetit a dansé dans Les cerisiers ont envahi l’espace comme incendie.L& soliste québécoise lui dédie d’ailleurs sa première élégie.Mais ce tj^e d’artiste porteur d’une vision holistique tend à disparaître, selon Montpetit, au profit d’un art-système axé sur la production.C’est pourquoi elle compte bien profiter de son séjour prochain à Tokyo, au studio du Québec, pour écrire sur ces grands artistes qui ont SOURCE SHIN KOSEKI Jocelyne Montpetit dans Avril est le mois le plus cruel jalonné son parcours.De la présentée dans le cadre du poésie à la danse.à l’écriture.Eestival international de littérature.Pour célébrer les 30 Va-et-vient ans de sa compagnie, le chorégraphe invite 30 écrivains à assister à cette performance de 30 minutes présentée 30 jours consécutifs, qui a fait le tour du monde.Habituellement inscrite dans la ville, dehors, la reprise du solo désormais emblématique de Eor-tier aura Jieu à l’Espace Georges-Emile-Lapalme, l’agora intérieure de la Place des Arts.«Pour moi les mots ne se traduisent pas en gestes, ils créent davantage une espèce de cocon, d'enveloppe qui sert de niche à l'explosion du mouvement», confie cet amoureux de la littérature.11 raconte comment La tentation de la transparence, solo de 1991, est né en écho à sa lecture de L’Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar.«Ce que j’aime le plus de la danse c’est qu’on ne parle pas sur scène» dit Rober Racine, auteur, performeur, amoureux des mots et de la danse qui a accompagné Paul-André dans l’installation chorégraphique Cabane.Le mariage texte et danse se consomme rarement avec brio, que les mots devaient demeurer tapis dans l’ombre, à l’orée du corps et de l’œuvre.«Certaines pièces me donnent envie d’écrire, pas ce que j’ai vu», raconte encore Rober Racine, qui participera à l’exercice «Un danseur, 30 écrivains» avec Tristan Malavoy, Catherine Mavrikakis, la collègue Catherine Lalonde, Jean-Paul Daoust et plusieurs autres.«Ce n’est pas équation raisonnable.Je dirais plutôt que ça déclenche un désir d’écrire.C’est comme un coup de foudre, t’as envie de faire la cour.» Le Devoir AVRIL EST LE MOIS LE PLUS CRUEL Chorégraphie de Jocelyne Montpetit présentée du 14 au 23 septembre à l’Agora de la danse.SOLO 30X30 De Paul-André Portier présenté du 22 septembre ap 31 octobre à l’Espace Georges-Emile-Lapalme.C’est ce même va-et-vient entre corps et graphies qui animera la première du Solo 30X30 de Paul-André Portier, Cantate LA ^ VEILLÉE LE REmm D’UN SUCCÈS DU 8 AU23 SEPTEMBRE Partenaire de production de guerre texte Larry Tremblay mise en scene Martine Beaulne BLACKBIRD DE DAVID NARROWER MISE EN SCÈNE ::: TÉO SPYCHALSKI AVEC ::: GABRIEL ARCAND ::: MARIE-EVE PELLETIER ::: REBECCA VACHON du 20 septembre au 15 octobre 2011 une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui direction artistique Marie-Thérèse Fortin informations et resenrations 3900, rue Saint-Denis, Montréal QC H2W 2M2 theatredaujourdhui.qc.ca/cantate 514-282-3900 i ÉTIENNE LEPAGE ::: SCÉNOGRAPHIE VÉRONIQUE BERTRAND ::: LUMIÈRES MATHIEU IfflLRCiL «Rendez-vous du mercredi» le 14 septembre après le spectacle, avec Guy Corneau et les artistes de Blackbird.MATINEE SPECIALE DIMANCHE 18 SEPT.A 15 H! THÉÂTRE partenaires de saison BILLEHERIE 514.526.6582 Le DEVljlR BMÜ Groupe financier RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.COM :iE MOKIRËAL U LE DEVOIR Paul Ahmarani ^ Mikhaïl Ahooja^ Abdeighafour Elaaziz Frédéric Lavallée Mathieu Lepage i Philippe Racine L Denis Roy I collaborateurs M Stéphanie Capistran-Lalond^ Marie-Christine Lesage Anick La Bissonnière Daniel Fortin « Claude Cournoyer Ludovic Bonnier Julie MeasrochJ François Cyr^^H Huy Phong Doan^B LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 E 5 CULTURE MEDIAS Une paire de chaussons avec çai Radio-Canada dévoile son nouveau show de danse.Un de plus sur les écrans pour cet art hypermédiatisé.STEPHANE BAILLARGEON ^ a danse vraiment beaucoup à la télé.Plus que ^ jamais en fait.C’est la fièvre de tous les soirs et Radio-Canada entre à nouveau dans la ronde avec Es dansent qui débute mercredi à 21h.L’émission suit le parcours pédagogico ludique de dix jeunes hommes triés dans un lot de quelque 120 candidats.Une belle troupe à l’image de la jeunesse québécoise actuelle bigarrée et multiculturelle.Deux danseurs seulement viennent de Montréal, les autres arrivant des villes de banlieue et de la capitale.Pourquoi des gars?Nico Archambault, l’âme de cette production, lui-même gagnant de l’émission So You Think You Can Dance Canada en 2008, veut ainsi transmettre le goût de son art aux garçons qui le boudent.Pas lui, son art, quoi que ça revienne un peu au même, non?Le pro explique avoir été intimidé dans ses cours de ballet où il était souvent le seul jouvenceau au milieu de 30 nymphettes.«Tu te sens comme un Tonka», a-t-il résumé en conférence de presse, cette semaine.Il a ajouté que si Elles dansent, voit le jour, bien que parfaitement légitime, il ne sera plus aux commandes.D’ici Noël, son boy’s club va recevoir une formation éclatée par des professeurs chevronnés.Que des gars encore là, à une exception près.«C’est la formation dont fai toujours rêvé», répète M.Archambault.Tous les styles y passeront, le ballroom, le classique, le contemporain, le jeu théâtral, le hip-hop, évidemment, ce genre attirant les faveurs esthétiques des ados et des jeunes adultes, en musique, en mode, en danse.Du rap au tap C’est le style central du premier épisode visionné par les journalistes cette semaine sur les lieux mêmes de ce drôle de camp d’entraînement, dans une magnifique ancienne caserne de pompier art déco de lEst de Montréal.Les apprentis achètent du matériel de base, trimenf dans les cours, apprennent une chorégraphie.A la toute fin de l’épisode, au bout d’une semaine de classe, la troupe se transporte dans un lieu inusité (en l’occurrence, pour lancer le bal, dans la zone portuaire) pour y offrir le numéro maîtrisé.Dans les semaines à venir, les réseaux sociaux mobiliseront les fans pour assister aux prestations en direct.Les «élus» qui participent à Ils dansents.Et alors?Visuellement, c’est sans reproches.Le générique d’ouverture en jette.Le vidéoclip final en rajoute.Par contre, le découpage ne permet pas assez d’installer la progression dramatique souhaitable dans ce genre de production, ne serait-ce que pour mieux faire comprendre les embûches, les fautes et les essais.Mais ce défaut s’effacera peut-être au lur et à mesure des montages.La télévision généraliste de Radio-Canada mise très gros sur cette affaire, une des deux seules nouveautés de l’automne avec le jeu Privé de sens qui devrait plutôt s’intituler Fais de moi un sans dessein.Normal.Les shows de chaussons drainent des masses.Le Match des étoiles (une série compétitive) attirait son million de téléspeçta-teurs il y a quelques années et la station d’Etat cherche, naturellement à refaire le plein.Aux Etats-Unis, une quarantaine d’émissions.SOURCE RADIO-CANADA dont de gros canons, avec de gros moyens, font le plein d’environ 150 millions de spectateurs par saison, soit l’équivalent d’un Américain sur deux, si on peut oser ce rapprochement bancal.Cet été.So You Think you can Dance (Fox) agglutinait plus ou moins 8 millions de téléspectateurs par émission.Au printemps, en deux soirs, plus de 40 millions de personnes suivaient la finale de Dancing with the Stars.Et il y a longtemps que ça danse.Après la vague hyperpopulaire des films du genre dès les années 1930, la télé a vite emboîté le pas.American Band Stand scotchait des millions de jeunes des sixties comme les émissions yéyés d’ici ont marqué la jeunesse des baby-boomers.Le genre s’est ensuite effacé, puis a connu un fabuleux regain de popularité au tournant du siècle.Pourquoi?On pourrait citer la popularité de la pratique de cet art, un citoyen sur neuf pratiquant une version ou l’autre de la danse sociale.Mais le contraire semble aussi vrai: les huit autres qui bougent comme des deux par quatre gelés semblent aimer voir des contemporains plus ou moins doués se trémousser au bon rythme en costumes ké-taines sur des musiques de club med.Éliminer l’élimination Passons donc plutôt au comment.Avant, pendant le premier âge d’or, les plus ou moins bons danseurs dansaient et puis voilà.Maintenant, dans beaucoup de productions du come-back de la danse au petit écran, les concurrents sont sélectionnés, triés et mis en compétition les uns contre les autres.Toutes les émissions ou presque reposent sur un principe d’élimination avec un climax en fin de saison, y compris celle qui a fait de M.Archambault une vedette des planches et des écrans.Les nouvelles émissions se distinguent aussi souvent par le contre-emploi.Beaucoup de ces émissions reposent sur des danseurs de talents, certes, mais dont ce n’est pas le premier métier.Ces danseurs amateurs sont souvent tirés par le Nord, forcés à se dépasser, par une équipe de pros qui les entraîne et les accompagne.Dancing with the stars propose le nec plus ultra du créneau avec des célébrités, souvent has been, aux stepettes.Même la série Voulez-vous danser?d’ARTV développe cette logique.Les autres shows ont aussi tendance à s’ouvrir à tous, aux hommes comme aux femmes, aux jeunes comme aux vieux.La mode de la téléréalî-té teinte également ces productions, avec caméras à l’épaule pour espionner les concurrents jusque dans leur intimité.Ils dansent ne respectent donc pas tous ces canevas et c’est tant mieux.Les maîtres du jeu disent et répètent que l’option faite en toute conscience, dont le rejet de la compétition éliminatoire, permet de s’attacher aux participants.Ils ajoutent que chacun des épisodes ne culmine pas sur la coupe d’un membre, mais bien sur la création en groupe d’une chorégraphie.Ça se défend, même si en l’état.Ils dansent aurait peut-être mieux trouvé sa place dans la grille horaire de la chaîne culturelle ARTV.Le Devoir NOTRE PROMOTION 2008-2011 ENTRE EN SCÈNE Cinq nouvelles actrices CONSERVATOIRE d’art dramatique de Montréal www.conservatoire.gouv.qc.ca ¦i'fj ' V In Marie-Eve Charbonneau Stéphanie Beianger Quatre nouveaux acteurs Nathalie Doummar Raphaëile Laiande Sarah Laurendeau I r ^ Comervatolre de musqué et d'art dramatique Juiien Hurteau Louis Labarre Simon Lacroix Jonathan Morin Québec aa BQ Pour apprécier leur talent, assistez à APPARTEMENT B, du 13 au 17 septembre, au Théâtre Rouge du Conservatoire, une création collective en autogestion, mise en scène par Frédéric Blanchette.POUR SUIVRE LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTERATURE (FIL) : www.festival-fil.qc.ca Trois soirs seulement à rUSINE C 17-18-19 septembre à 20 h Billets en vente à la billetterie du FIL située à la Place des Arts 514 842-2112/I 866 842-2112 et à l'Usine C 514 521-4493 Un voyage sonore et rythmé au cœur des textes d'Aimé Césaire, Édouard Glissant, Dany Laferrière, James Noël et de nombreux a^res écrivains antillais et africains.^ ARTHUR LTOR NOIR I Un concert littéraire en compagnie du musicien NICOLAS REPAC .ODNSELDESARTS Québec î U Montréai® USINE O NOUVELLE SALLE 1 DE CONCERT BOURGIE Musée aes beaux-arts de Montréal .Huit concerts inauguraux jr N-, -L' 11 auâl octobre 2011' ivi - A «i.S ~-Am ^ TT Il H IgJ»' lïiiî uy 'Êii HARDI 11 OCTOBRE \ 19 h 30 Camerata Orford Jean-François Rivest, chef L’Ame russe JEUDI 13 OCTOBRE \ 18 h Les 5 à 7 en musique Musiciens de l’Orchestre Métropolitain Haydn, Mozart, Beethoven SAMEDI 15 OCTOBRE \ 17 h 30 Frédéric Champion, orgue J.s.Bach, Vivaldi DIMANCHE 16 OCTOBRE 13 h en français \ 15 h en anglais Les Dimanches-familles en musique La Diva Malbouffa : Natalie Choquette M r?mW.î 1 MARDI 18 OCTOBRE \ 19 h 30 Anton Kuerti, piano Récital tout Beethoven MERCREDI 19 OCTOBRE \ 19 h 30 Les Violons du Roy Une trompette royale JEUDI 20 OCTOBRE \ 18 h Les 5 à 7 en musique Ensemble de gamelan Giri Kedaton Musiques et danses de Bail VENDREDI 21 OCTOBRE \ 19 h 30 Les Idées heureuses Voyages en Nouvelle-France Saison 2011-2012 sallebourgie.ca - 514 285-2000 (option 4) 1339, rue Sherbrooke Ouest M MUSËE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICA Présenté par E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 SOPHIE CORRIVEAU ÈVE GARNIER ET VICTORIA MAY SÉVERINE LOMBARDO MANON OLIGNY de la trentième CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Les Noces de Figaro, opéra révolutionnaire Samedi prochain, à la Salle Wilfrid-Pelletier, l’Opéra de Montréal entame sa 32® saison avec le chef-d’œuvre de Mozart CHRISTOPHE HUSS La reprise de cet ouvrage au répertoire de l’Opéra de Montréal (OdM) est symbolique, puisque Les Noces de Figaro, en 2003, âit le dernier opéra mis en scène par Bernard Uzan à Montréal.La même œuvre inaugure maintenant une période nouvelle dans le fonctionnement de l’institution.En effet, grâce au déménagement de rOSM dans la Maison symphonique, l’OdM va pouvoir laisser son décor sur la scène de la Salle Wilfrid-Pelletier pendant la durée des représentations.Chaque opéra sera désormais proposé quatre fois — samedi, mardi, jeudi, samedi — en l’espace d’une semaine.Les coûts de fonctionnement vont nettement diminuer et cet argent pourra être dépensé à des fins plus utiles.En fait, la saison de l’OdM se lance dès ce soir par la projection gratuite sur écran géant, à 19h au Quartier des spectacles, de l’une de ses plus belles productions de la dernière décennie, Madame Butterfly de Puccini, avec Hiromi Omura (Cio-Cio-San) et Richard TroxeU (Pinkerton).La première projection, en 2008, avait attiré 50 000 spectateurs.Celle-ci s’inscrit dans le cadre du Marathon des arts.Un sujet risqué Les Noces de Figaro matérialisent, en 1786, la première des trois collaborations entre Mozart et le librettiste Lorenzo Da Ponte.Mozart et Da Ponte osent un opéra sur La Folle Journée, ou le mariage de Figaro de Beaumarchais, œuvre hautement subversive, écrite en 1784, où l’on voit des domestiques triomphant par la ruse d’un aristocrate adepte du droit de cuissage.Louis XVI ne s’y était pas trompé, interdisant la pièce en Prance, suivi par Joseph II à Vienne.Mais ce dernier, réformiste, facilita en sous-main la tâche de Mozart Grâce â l’opéra de Mozart, «ce qu’on ne pouvait dire sur scène, on pouvait désormais le chanter», comme le nota un chroniqueur de cette époque.Le succès initial des Noces fut plus grand â Prague qu’â Vienne.Mozart s’en souviendra en y présentant ensuite son Don Giovanni.Quant au bannissement du sujet, il ne tint pas longtemps: La Folle Journée, ou le mariage de Figaro et Les Noces ne précè- PEDRO RUIZ LE DEVOIR La Québécoise Hélène Guilmette sera Susanna dans Les Noces de Figaro dent la Révolution française que de quelques années.Même si Da Ponte a un peu édulcoré le message politique de Beaumarchais, il n’en laisse pas moins clairement apparaître dans la trame les luttes de pouvoir et la question des mœurs sexuelles de l’Ancien Régime.La coupe majeure de Da Ponte tient â la réduction du procès de Piga-ro qui clôt l’acte III chez Beaumarchais.Son instinct de librettiste le fait non seulement passer de cinq â quatre actes, mais l’amène surtout â finir chacun de ces actes sur un ensemble vocal.L’emballement et la fièvre musicale qui résultent de ces ensembles contribuent â l’irrésistible impact des Noces de Figaro.«La Jolie journée» est aussi le sous-titre de cet opéra qui frappe par son audace et sa drôlerie.Dans Les Noces de Figaro, Mozart applique les meilleures recettes éprouvées dans Idoménée et L’Enlèvement au sérail.Dans L’Enlèvement au sérail les portraits vifs, aux traits acérés, de personnages contrastés se succédaient Ceux des Noces de Figaro ne sont pas moins drôles, notamment les per- LA ROTONDE SAISON 2011.2012 it; rotonde sonnages de Bartolo et de Marcelline.Dans Idoménée, Mozart décrivait bien les tourments de l’âme humaine.H fait revivre cette palette, notamment dans son traitement du personnage de la Comtesse.Il y a fort bien réussi et Wagner écrivait â Nietzsche: «L’intrigue, c’est Beaumarchais.Mozart, ce sont des âmes qui souffrent et qui pleurent.» Du neuf dans du vieux La dernière présentation, en 2003, de cet opéra â Montréal était le dernier reliquat de l’ère de Bernard Uzan (1989-2001) â la barre de l’institution.Ce spectacle avait été coproduit avec le Michigan Opera Theatre et rOpera Carolina.Cette fois, c’est le metteur en scène canadien Torn Diamond qui fera vivre cette production de l’OdM.En entrevue au Devoir, il résume ainsi son travail: «J’utilise les décors de l’Opéra de Montréal, mais en y mettant mon cachet.Je change beaucoup de choses.Tout le 3e acte est différent, j’ai ajouté des éléments de décor et j’en ai enlevé d’autres.En fait, c’est ma propre vision de la chose que vous pourrez apprécier.» Torn Diamond ne peut pas toujours opérer ainsi sur des productions existantes, surtout les «productions conceptuelles».«Ici, j’ai de la place», se réjouit-ü.Les costumes seront ceux déjà vus dans ce cadre.Ils placent donc l’action dans son temps.Ceci ne dérange pas le metteur en scène, qui avoue aimer «laisser Les Noces de Eiga-ro dans la période à laquelle l’œuvre appartient».«Lorsque, par le passé, j’ai piloté une scénographie des Noces de A à Z, j’ai transposé l’action à la fin duXLKe siècle, mais cela reste le passé.Je ne suis pas un adepte de l’actualisation pour cette œuvre; quand j’entends cette musique, je ne vois pas des chanteuses en minijupe.La relation maître-serviteur ne fait pas vraiment sens lorsqu’on transpose l’action auXXe siècle.» Mettre en scène Mozart â la Salle Wilfrid-Pelletier ne pose pas un énorme problème â Torn Diamond.«Chacun des artistes principaux a déjà chanté son rôle et sait donc de quoi il s’agit.Quant à moi, j’œuvre le plus près possible de la fosse d’orchestre, pour augmenter le contact avec le public.Le décor me permet cela.A Wilfrid-Pelletier on ne peut pas faire évoluer les personnages vers le fond de la scène: le chant se perdrait.On les garde donc en avant.Pour le reste, les instants dramatiques ou comiques doivent être clairs sans virer dans la caricature.Le défi crucial est d’avoir des voix puissantes qui remplissent l’espace sans effort et Michel Beaulac a merveilleusement distribué Les Noces dans cet esprit.» Cette distribution comprend une vedette internationale: l’Américaine Nicole Cabell, qui chantera la Comtesse.Susanna sera incarnée par la Québécoise Hélène Guümette et l’adolescent Cherubino par Julie Boulianne.Après son impressionnante prestation dans Le Vampire â Lanaudière, on aura le plaisir de revoir Phillip Addis dans le rôle du Comte.Il fera face au Eigaro du Torontois Robert Gleadow, dont ce seront les débuts â Montréal.Paul Nadler dirigera l’Orchestre Métropolitain.Le Devoir LES NOCES DE FIGARO À L’OPÉRA DE MONTRÉAL Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts Les 17,20,22 et 24 septembre à 19h30.Billets: 514-842-2112.Renseignements: 514-985-2258 11 septembre 2001 Représentations en mutation FABIEN DEGLISE Plus complexe, mais pas moins désolante.Une décennie plus tard, les attentats du 11 septembre 2001 trouvent doucement une nouvelle résonance dans le monde des arts et de la création, un peu partout sur la planète.Une résonance qui tend, en images, en dessins, en mots, sur toile ou en chanson, â faire disparaître les figures simplistes, celles du héros, de la victime et du terroriste diabolisé, pour des représentations plus raffinées, plus analytiques qui dévoilent toutefois une vision assez pessimiste du monde, 10 ans plus tard.«Nous entrons dans un autre registre», dit Vincent Lavoie, spécialiste de la représentation contemporaine de la catastrophe â l’UQAM.L’homme est historien de l’art «Il y a affranchissement avec les icônes qui se sont imposées après les attentats: les tours, les colonnes de fumée, les pompiers.Aujourd’hui, la distance est plus facile.L’événement devient un matériau pour les artistes appréhendé avec moins de pudeur et qui démontre que le 11 septembre est bel et bien en voie d’his-toricisation.» L’écroulement a été brutal et la reconstruction des esprits loin d’être une sinécure, faute â la force de l’impact de deux avions de ligne dans la grandeur et la modernité de New York.Dans Le concept du 11 septembre, dialogues à New York (Galilée), Derrida, Habermas et Borra-dori ont qualifié ce réel d’insaisissable et d’impossible â absorber, malgré les films catastrophes qui habitent l’imaginaire collectif.Du coup, ils expliquaient le silence artistique des premières années et surtout la timidité avec laquelle le drame est entré dans la sphère de la création, en marchant toujours sur la corde de l’émotion, tel un Philippe Petit, ce funambule qui, dans les années 70, est passé du somment d’une tour du World Trade Center â l’autre.Corpus impressionnant En 10 ans, le 11 septembre 2001 s’est immiscé dans pas moins de 245 romans et plus de 70 fictions au cinéma, indique le projet Lower Ken Kalfus Un dcsordie TRANSATLANTIQUE MONTRÉAL PRÉSENTE LA 9" ÉDITION DE SON FESTIVAL QUARTIERS DANSES DU IS AU 25 SEPTEMERE 2011 quartiers danses CELEBREZ AVEC NOUS LES 15 ANS DE LA ROTONDE ! Voyez les plus récentes œuvres de JOSÉ NAVAS (Flak) CRYSTAL PITE (Kidd Pivot Frankfurt RM) LOUISE LECAVALIER (Fou glorieux) et de plusieurs autres.11 spectacles en tout ! Forfaits souples 3 spectacles et + BROCHURE COMPLÈTE INFORMATION ET ABONNEMENTS LAROTONDE.QC.CA / 418 649-5013 a| Ië 38 chorégraphes 50 prestations Françoise Sullivan, Jane Mappin, Lucie Grégoire, Marie Brassard/Sarah Williams, Groupe RUBBERBANDance, Danse Nyata Nyata, Bande Interdite, Torn Casey/Tanya Crowder, Tom Casey/Chanti Wadge et La Horde Vocale, Genevieve Bolla, Georges-Nicolas Tremblay, Isabel Mohn, Ballet de Ruelle/20 chorégraphes (Montréal), Yann Lheureux (Montpellier), Pedro Pauwels (Paris), Portes Sud (Carcassonne), Rosa Munoz (Barcelone) Québec ! C^ÉBEC 1*1 KllllSIR!l www.quartiersdanses.coni Manhattan, un groupe de chercheurs de l’UQAM qui s’intéressent au processus de «fictionnalisation» et de mythification des attentats.Ces œuvres, pour la plupart, «métabolisent» le drame en passant par le compte rendu, le témoignage, en restant collées sur le drame et «la fac-tualité de l’événement», résume M.Lavoie.Mais les éléments plus récents et pas forcément dans la marge donnent toutefois les signes d’un changement de paradigme.«On s’éloigne de la vision réductrice, dit-il.Avec le temps, on voit que la symbolique est plus large, l’intellectualisation moins difficile» et la peur du tabou moins prégnante.Avec Un désordre américain (Plon), Ken Kalfus avait commencé â prendre ce chemin en plongeant dans un New York affecté par les attentats, mais où les gens sont finalement restés les mêmes, accrochés â leur superficialité et â l’appât du gain et aux paradoxes qui accompagnent le tout.La figure de la victime en prend pour son rhume et dans 12 septembre, l’Amérique d’après (Casterman), un bouquin construit â plusieurs mains par artistes et penseurs invités â réfléchir sur la suite des choses — l’objet vient de sortir — le bédéiste Joe Sacco en remet une couche avec Projet Nostradamus.Récit en images, la chose place sur quelques pages le président américain devant l’avenir de son pays par l’entremise d’une machine â voyager dans le temps.Et les inégalités, la perversion de la démocratie par les valeurs marchandes y sont encore lâ.En pire.«Il n’y a plus de place pour les gens qui ne peuvent pas se payer le billet d’entrée à Disneyland», dit d’ailleurs dans ce bouquin le bédéiste Art Spie-gelman, en évoquant le 10e anniversaire des attentats.«Depuis le 11 septembre, la question qui se pose c’est: qu’est-ce que les Américains ont fait pour être autant détestés?résume l’anthropologue Bob White, de l’Université de Montréal.Le problème, c’est que dans le grand public, il n’y a pas eu d’effort pour y répondre.» Les artistes, eux, commenceraient toutefois â prendre la tâche un peu plus au sérieux: le montage vidéo de Michael Kosa-kowski,yMsf like the movies, qui reproduit l’attaque urbaine uniquement avec des images datant.d’avant le 11 septembre 2001, donne le ton, tout comme The Last Days of Mohammed Atta, nouvelle de Martin Amis publiée dans The New Yorker qui appréhende les terroristes non plus comme des monstres, mais plutôt comme de pauvres types perturbés par leur époque.Dans le collectif daté du 12 septembre, Barbara Hendricks, la cantatrice, elle, vient, en guise de conclusion, motiver les troupes de créateurs â poursuivre sur cette ligne.Comment?En reconnaissant que les attentats ont forcé l’écriture d’un nouveau chapitre de l’histoire de l’humanité, certes, mais en estimant aussi que les premiers paragraphes, pour le moment, ne sont peut-être pas très convaincants.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 E 7 DE VISU ï SOURCE CENTRE CLARK Moment de suspension, de Massimo Guerrera Collecte d’images sur le regard LUIS JACOB.L’ŒIL, LA BRÈCHE, L’IMAGE Musée McCord 690, rue Sherbrooke Ouest.Jusqu’au 20 novembre.CAO EEL WHOSE UTOPIA ET MASSIMO GUERRERA.INTROSPECTIONS PHOTOSENSIBLES Centre Clark 5455, avenue de Gaspé, local 114.Jusqu’au 8 octobre.MARIE-ÈVE CHARRON Le coup d’envoi du Mois de la Photo à Montréal a été donné ce jeudi, mais les portes de quelques expositions étaient déjà ouvertes au moment d’écrire ces lignes.11 s’agit, forcément, d’un aperçu encore fragmentaire de l’événement que la commissaire Anne-Marie Ninacs a organisé en 25 présentations solos réparties dans la vüle.11 y a du bien, pour le moment, qui ressort de cette mouture qui a pour titre Lucidité.Vues de l’intérieur, lequel n’a rien à voir avec la position idéologique défendue par le groupe québécois des «lucides» rapportée dans les médias depuis 2005.La thématique, comme l’expose la commissaire, tient plutôt du désir de connaissance de soi.Traverser le voile À tout le moins, les propositions artistiques vues jusqu’ici visent à traverser le voile des apparences pour révéler davantage les états de conscience d’rm moi intérieur, tissés de perceptions subjectives et intimes sur le monde.Cela prend forme chez Luis Jacob dans une série d’images collectées par l’artiste dans différentes sources imprimées qu’il a ensuite montées sur un support transparent.Son Album X (2010), composé de quatre-vingts planches, arrache donc les documents visuels de leur classement préalable et les débarrasse aussi de la légende qui les ancrait dans une signibca-tion précise.D’une image à l’autre, des récurrences s’imposent dont la présence de cadres, d’écrans, de tableaux, toutes des surfaces sur lesquelles des regards se posent et dont la portée la plus singulièrement ressentie est de mettre en abyme notre propre regard sur ces images.Alors qu’il est possible de reconnaître et d’identiber certaines de ces reproductions — vues de sake d’exposition avec ses visiteurs, œuvres de Jeff Wall, Dan Graham, Marcel Duchamp, Claude Cahun mettant en scène des miroirs ou des surfaces réfléchissantes, photo de la Doomien-ta 12 à Kassel où l’artiste a exposé en 2007, etc.— s’impose au fim et à mesure la vision très personnelle de l’artiste lace à ces choses autrement traitées comme des objets de connaissance et situées par des savoirs.C’est aussi, au moyen de l’accumulation, une démonstration de la fascination de l’hmnain pour les surfaces (support accueillant des représentations ou fenêtres cadrant l’extérieur) dans lesquelles il peut projeter ses pensées, voire se trouver en habitant ces images.Cette quête de soi trouve une autre incarnation dans le mode de la collection que l’artiste pratique avec les images.11 est donc tout à fait judicieux que le travail de Jacob soit présenté au Musée McCord qui abrite les Archives photographiques Notman.L’artiste a d’ailleurs été invité à réaliser l’œuvre Cabinet (Montréal) à partir de cette collection du musée, véritable témoin de l’histoire sociale et de la culture matérielle de la vkle.Or, bien que l’on retrouve dans cette œuvre le soin méticuleux de l’artiste à choisir ses documents et à les présenter, elle ne fait pas le poids contre Album X qui subjugue davantage par sa structure.Dans les cinq vitrines qui composent l’œuvre faite sur mesure, les photos et les artefacts, de surcroît îcî légendés, portent aussî sur l’actîvîté du regard, maïs sans en envoûter la conscience.D’usine en usine Ailleurs dans la vîUe, au centre Clark, le Mois de la Photo présente deux artistes, Cao Fei et Massimo Guerrera au sein d’expositions distinctes qui nous font passer d’une usine d’ampoules électriques à une usine, disons, métaphorique.La jeune artiste chinoise Cao Fei a fait un séjour de six mois dans l’usine d’ampoules électriques OSRAM duquel a notamment découlé l’excellente vidéo Whose Utopia (2006) qui est diffusée chez Clark.Structuré en trois parties, le hlm s’intéresse d’abord à la cadence réglée des machines et des ouvriers anonymes absorbés dans la répétition de gestes habiles et précis.La trame sonore fait entendre des tintements de verre qui enrobent de merveilleux cet univers astreignant, donnant le ton aux parties suivantes qui rompent avec l’ordre établi.Dans la deuxième partie, on retrouve en effet des travailleurs en train de danser parmi les machines.Le rendement de l’usine est encore miné quand, dans la troisième partie, les ouvriers font face à la caméra à tour de rôle, dévoilant des portraits d’individus au regard saisissant.Cette capsule temporelle prélevée à même le temps de travail des ouvriers les désaliène momentanément de la chaîne de production.Celle-ci pourtant s’avère cruciale pour leur avenir dans rme région de la Chine, le delta de la rivière des Perles, où l’économie repose sur ce type d’industrie.L’industrie proposée par Massimo Guerrera est d’une autre nature.La métaphore entrepreneuriale et corporative, pour parler du corps et de son identité, est présente depuis les débuts dans le travail de l’artiste dont l’exposition embrasse le parcours.Hormis la tablette qui court le long des murs, dans l’esprit des mobiliers insolites conçus par l’artiste, tout est photographie.Le titre.Introspections photosensibles, souligne d’aüleurs l’apport de ce médium qui, jusqu’ici, était secondarisé, ou dispersé, au sein des projets collaboratifs toujours très protéiformes, menés par l’artiste avec son entourage — incluant la commissaire qui a l’habitude de signaler sa présence dans les œuvres.L’exposition rappelle, et en cela les photos ne sont que des témoins, plusieurs moments forts d’une production des plus consistantes dont le meilleur pourtant est à la fois les dessins, les peintures, les objets et les gestes.Collaboratrice du Devoir SOURCE CENTRE CLARK Une scène de Whose Utopia, de Cao Fei BOUCHER MENTS D'ÉTERNITÉ GALERIE BERNARD 3926, rue Saint-Denis, Montréal JetV: llhà 19h; Set D: 12hà 17h 514.277.0770 Galerie Walter Klinkhoff AU SERVICE DES COLLECTIONNEURS DEPUIS PLUS DE 50 ANS 1200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A1H6 | 514.288.7306 www.klinkhoff.com Nous vendons et achetons des oeuvres d'art d'importance.Nous vous invitons à nous consulter, en toute confidentialité, à info@klinkhoff.com 54.ESPOSIZIONE INTERNAZIONALE D'ARTE BIENNALE DI VENEZIA 2011 PADIGLIONE ITALIA NEL MONDO MARIO MEROLA i Tltolo delPopera Ttyptique des saisons lëcnica Acrilico su tela Anno 2009 Dimensioni 182 x 266 cm.Nato nel 1931 in Canada, Mario Merola vive e lavora a Montréal.Le sue opéré fanno parte dette collezioni del Musée d'Art Contemporain de Montréal, del Musée des Beaux Arts de Montréal, della National Gallery of Canada, del Musée National des Beaux Arts de Québec, del Budapest Museum of Fine Arts, del Museo Italo-Americano di San-Francisco ecc.Ha esposto aile Esposizioni universal! di Bruxelles, di Osaka e di Montreal.OItre a 40 esposizioni personal!, Merola ha realizzato più di 100 murales ed altre opéré in architettura.Pittore e scultore, la linea è una costante nella sua opera al tempo stesso lirica e melodica.Né en 1931 au Canada, Mario Merola vit et travaille à Montréal.Ses œuvres appartiennent aux collections du Musée d'Art Contemporain de Montréal, du Musée des Beaux Arts de Montréal, de la National Gallery of Canada, du Musée National des Beaux Arts de Québec, du Budapest Museum of Fine Arts, du Musée italo-Americain de San-Francisco etc.Ses œuvres ont été exposées aux Expositions universelles de Bruxelles, Osaka et Montréal.M.Merola a à son actif 40 expositions individuelles; il a réalisé plus de 100 peintures murales et d'autres œuvres d'architecture.Peintre et sculpteur, la ligne est une constante dans son œuvre, au même temps lyrique et mélodique.WWW.mariomerola.net EXPOSITION irtJptOes et £égenJ)f5 (DU 11 SEPT.AU 15OCT.2011) JOS MONTFERRAND, MAURICE RICHARD, LOUIS CYR, MARC-AURÈLE FORTIN, LE FRÈRE ANDRÉ, LA CHASSE-GALERIE, LES LOUPS-GAROUS, LES FEUX FOLLETS, ALEXIS LE TROHEUR, LE BONHOMME 7H.35 ARTISTES RECONNUS ONT CRÉÉ PLUS DE 130 ŒUVRES ILLUSTRANT CES LÉGENDES.GALERIE ARCHAMBAULT INC.1303 RUE NOTRE-DAME LAVALTRIEJ5T1R8 SAMEDI, DIMANCHE : 13H À 17H.MARDI À VENDREDI : 12H À 18H.WWW.GALERIEARCHAMBAULT.COM PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN 372, Ste-Catherine Ouest #216, Montréal Québec, Canada H3B 1A2 (514) 395-6032 www.pfoac.com E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 CULTURE EXPOSITIONS Vingt ans bien éclatés LES 20 ANS DE LA GALERIE B-312 Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, 3755, rue Botrel, jusqu’au 2 octobre.JÉRÔME DELGADO Les œuvres s’échelonnent sur trois étages, une manière comme une autre de rendre explicite l’ampleur du projet.Dans le cas présent, il s’agit aussi de montrer que la vie d’une galerie se déroule en strates, en couches successives d’essais et de coups d’audace lancés à gauche et à droite.Depuis deux décennies, la galerie B-312 s’active ainsi, à marier les genres, et c’est ce que souligne cette exposition de la maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce.L’expo Les 20 ans de la galerie B-312 réunit vingt-sept œuvres réalisées depuis 1990 et présentées dans l’une des programmations du centre d’artistes situé dans l’^édifice Belgo, au centre-ville.À NDG, la diversité est manifeste.Un peu trop tout L’accrochage ne fait pas de distinctions, les époques et les disciplines s’entremêlent.Même au sous-sol, très axé sur la vidéo, le visiteur a le choix entre les images en mouvement, y compris en accéléré — le triptyque très sensuel Replis et articulations (2004), de Manon de Pauw — et les formes organiques bien hgées, comme celles en cire de la série Dolly ou la famille récompensée (1999), de Louis Fortier.Sculpture, vidéo, installation, dessin, gravure, photo, on y trouve de tout.Les commissaires Marthe Carrier, directrice de la galerie, et Robert Dufour donnenfune bonne place à la peinture.À B-312, on en présente depuis les débuts, époque SOURCE ANDRÉ MOREAU La galerie B-312 en plan rabattu SAISON 2011-12 ABONNEZ- VOUS UOrchestre déménage dans sa nouvelle salle OBTENEZ LES MEILLEURS SIÈGES ÉCONOMISEZ JUSQUÀ 20% ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN .YANNICK NÉZET-SÉGUIN Desjardins PARTENAIRE EN TITRE i ir V .ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM où la discipline n’était plus reine, parfois même bannie.Dans le cas de François Laçasse, l’acrylique exposée, une des plus anciennes œuvres du lot, permet de voir tout le chemin parcouru.Son Contrepoint I (1991), par sa structure en ruptures et l’absence, presque, du geste, est loin des tableaux expressifs qui font sa renommée aujourd’hui.Les 20 ans de la galerie B-312 surprend peut-être, elle n’en est pas moins animée de quelques beaux rapprochements.Le Laçasse, à la fois schématique et collage d’idées, côtoie le chaos de l’installation La sculpture au pied du mur (2005), de Guillaume La Brie, et l’ensemble quadrillé de Johanne Gagnon, En reconnaissance (1992).Les trois œuvres sont reliées par des touches de couleurs, petites et néanmoins fortes.Cette salle semble être portée par l’idée de la reconstitution d’espaces.De Martin Dési-lets, les photographies urbaines parlent du déh des «agglomérations», alors qu’Aude Moreau présente un plan rabattu de la galerie B-312, comme une boîte prête à emporter.Et à monter ailleurs.Parmi les autres œuvres phares de l’histoire la galerie, soulignons la murale Sweetness & Light, de Robbin Deyo, un délice de formes en encaustiques, ou encore les sculptures en mousse de Valérie Blass.Les expos anniversaires ne manqueront pas cet automne.Déjà, la galerie René Blouin, sise au nouveau complexe Arsenal (2020, rue William), fête ses 25 ans avec une sélection des artistes qu’elle représente.L’expo est moins tournée vers le passé, avec des œuvres nouvelles, voire inédites.En novembre, ce sera la galerie Art Mûr (5826, rue Saint-Hubert) qui soulignera ses 15 ans avec une expo monstre intitulée Mens-moi: la vingtaine d’artistes seront dispersés sur.les trois étages de la galerie.Collaborateur du Devoir EN BREF PEDRO RUIZ LE DEVOIR Serge Murphy Serge Murphy aux commandes du 30® Symposium de Baie-Saint-Paul Le Symposium internaüonal d’art contemporain de Baie-Saint-Paul fêtera ses 30 ans en 2012 et c’est l’arüste Serge Murphy, nommé commissaire invité il y a quelques jours, qui aura la responsabilité de diriger cette édiüon toute parüculière.Le sculpteur et dessinateur montréalais, connu pour ses assemblages d’objets hétéroclites, avait parücipé au Symposium de 1996.Le voici promu commissaire.A noter que l’exposiüon que lui consacrait cet été le Musée des beaux-arts de Montréal est encore à l’afhche, jusqu’au 2 octobre.— Ix Devoir CINEMA yj K ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Le cinéaste Charles-Olivier Michaud entouré de Rhys Coiro et Lina Roessler.Charles-Olmer Michaud et la liberté de créer Film sur la guerre et l’amitié, Snow & Ashes a déjà fait la tournée des festivals, récoltant sur sa route sept lauriers, dont le Grand Prix du jury à Slamdance.Il sort vendredi dans huit salles du Québec.ODILE TREMBLAY Le public a découvert cette année au cinéma le nom de Charles-Olivier Michaud, à travers un hlm de commande.Sur le rythme, destiné à une clientèle adolescente.Il s’agissait pourtant d’un second long métrage.Les aléas de la distribution, au calendrier hottanti permettent enfin la sortie de son premier, infiniment plus personnel et plus intéressant: Snow & Ashes {Neige et cendres), tourné en anglais.Des prix, donc un hlm présenté dans les rendez-vous internationaux.Le cinéaste n’espérait pas faire la route des festivals et gagner des prix avec cette œuvre tournée à peu près sans le sou — il refuse d’en dévoiler le budget, trop minime.«Ce fut une école de liberté, dit-il.On l’a produit nous-mêmes.Je n’ai jamais déposé auprès des institutions, même au volet indépendant, n’étant pas prêt à me dépêtrer avec la paperasse.Et puis, tellement de gens m’assuraient que le projet ne pouvait marcher.» De fait, des scènes de guerre en Europe de l’Est allaient s’inscrire en flash-backs, ajoutant à sa complexité.Il y est question d’un jeune journaliste correspondant de guerre (Rhys Coiro) rapatrié et émergeant du coma dans un hôpital de Québec à moitié amnésique.La petite amie (Lina Roessler) de son compagnon photographe disparu (David-Alexandre Coiteux) l’interroge pour connaître son sorti et des bribes de mémoîre surgîs-sent peu à peu dans l’esprit du mafààt, flash-backs à l’appui.«Snow & Ashes aborde la mémoire, la culpabilité, la quête.Le héros a une amnésie volontaire mais ignore ce qu’il sait vraiment.La jeune fille s’offre un rôle de détective dans cette quête de vérité.» Tourner à Québec en anglais Charles-Olîvler Michaud habitait alors à Québec, sa ville natale, après avoir parcouru le monde (ü parle six langues), travaillé en Asie, en Europe, à Los Angeles.Tout a été tourné dans la capitale et ses environs.«J’écrivais en fonction des emplacements qu’on trouvait Pour le segment en Europe de l’Est, les scènes de guerre furent tournées à Château-Ri-cher, près du mont Sainte-Anne.Une bombe explosait au Petit Séminaire.On a utilisé la base SERIE DE LA PLACE DES ARTS r eanacfcn Hsi»9os QÛébeC ?, T, .MOHTBÉAL LE DEVOIR üillll™?” Fiestango Sons & Brioches - Présenté par la Place des Arts et les Jeunesses Musicales du Canada Musique $ Littérature 4 ans + 18 septembre 111 h | piano nobile Trois cousines coquines inventent des aventures fantastiques qui les mèneront sur les traces du tango, un style de musique et de danse qu'elles adorent ! À l'issue de ce spectacle, les Prix Jeunesse des libraires du Québec seront remis par la porte-parole de l’événement, Catherine Trudeau.PROGRAMMATION COMPLÈTE I PDAJUNIOR.COM pdajunior laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 militaire de Valcartier, etc.Sans les commanditaires, dont le Château Laurier qui a logé l’équipe, on n’y serait pas arrivé.» Tourner à Québec en anglais?«J’ai pensé à cette histoire en anglais, même s’il y a un peu de français, répond-il.Pour les scènes qui se déroulent à l’étranger, il fallait une langue commune à tous les personnages.Ce n’est pas une guerre en particulier.Celle des Balkans, si on veut, mais avec des gens qui parlent en russe.Je voulais montrer le côté humain des journalistes indépendants dans les zones de guerre, après avoir parlé avec certains d’entre eux: des free-lance du Front Line News qui avaient passé un an au Holiday Inn de Sarajevo mais qui en sortaient en prenant des risques.» Charles-Olivier Michaud se félicite d’avoir eu Rhys Coiro {Straw Dogs) dans sa distribution.«Je l’avais connu à Los Angeles et je l’ai rappelé, mais rien ne l’obligeait à participer à un premier film indépendant.Il nous a apporté son expérience, son professionnalisme, en stimulant tout le plateau.David-Alexandre Coiteux (le photographe) était prévu (également coproducteur) depuis le début.Lina Roesller a été trouvée à Montréal par auditions.Elle représentait le personnage avec sa subtilité naturelle.» Ils ont tourné la guerre en super 16, avec une caméra Red pour les scènes à Québec.«Mais on a enlevé les couleurs, pour donner à l’image une teinte sépia, à l’image des vieilles archives de guerre.J’avais en tête un film que f adore: La Bataille d’Alger, de Gillo Pontecorvo (1966), en noir et blanc.Tout a été tourné caméra à l’épaule pour se rapprocher des acteurs, pour le mouvement libérateur.Parfois, je laissais les acteurs improviser afin de mieux capter des moments de vérité.» Le film repose aussi beaucoup sur la lancinante musique de Louis Côté.Charles-Olivier Michaud n’aime pas arpenter deux fois les mêmes ornières.Cette fois, il planche sur le scénario d’un thriller dramatique.«Mais f aimerais refaire un projet comme Snow & Ashes pour retrouver la même liberté de créer, cette fois en français, avec l’expérience que je possède maintenant.» Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 E 9 \llim LE NOM DES GENS de Michel Leden; France.2010.104 min.Avec Jacques Gamblin, Sara Forestier Zinedine Soualem, Carole Franck et Jacques Boudet.(G).= ¦'ls.;U GAGNANT DE 2 CÉSAR 2011 (MEILLEURE ACTRICE, MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL).Élégantes saloperies d’antichambre LA CONQUETE Réalisation: Xavier Durringer.Scénario: Patrick Rotman.Avec Denis Podalydes, Florence Per-nel, Bernard Le Coq, Samuel La-barthe, Hippolyte GirardoL Image: Gilles Porte.Musique: Nicola Piovani.Montage: Catherine Schwartz.Ih45.ODILE TREMBLAY Le film a divisé la critique française, certains criant à la complaisance politique, d’autres, à la charge efficace.Il est certain que La Conquête, de Xavier Durringer, suivant la montée de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2007 jusqu’au sommet de la présidence, s’adresse au premier chef aux Français, qui connaissent ces épisodes politiques de l’intérieur.Mais, ayant justement davantage à y apprendre, on se laisse fasciner, de notre côté de la mare atlantique, par cette inçur-sion dans les coulisses de l’Elysée, où régnent les coups fourrés, les vacheries des puissants qui, parmi les ors des palais (excellents décors reconstruits), profèrent les pires horreurs avec un langage de charretier.Sans constituer un pamphlet assassin, La Conquête révèle les dessous du pouvoir et déclenche le rire rouge ou jaune à coups de répliques féroces.On ne va pas voir ce film pour sa haute réalisation, proche souvent du téléfilm, mais que de prouesses d’acteurs! Le hlm repose avant tout sur l’interprétation saisissante de Denis Podalydes en Nicolas S SOURCE FILMS SEVILLE Bernard LeCoq, en Jacques Chirac, et Denis Podalydes, dans le rôle de Nicolas Sarkozy Sarkozy.Il se glisse avec aisance et sans caricature dans la peau de cet homme agité, ambitieux, torturé par la défection de son épouse Cécilia (Florence Pernel, excellente) et si persécuté par le président Jacques Chirac (Bernard Le Coq, convaincant) et par le machiavélique premier ministre Dominique de Villepin (Samuel Laharthe, d’une ressemblance inouïe) que la compassion du spectateur va étrangement vers Sarkozy.La Conquête s’offre un côté fable: de Villepin représentant la vieille France raffinée, cultivée et d’une cruauté sophistiquée, alors que Sarkozy, parvenu inculte, tient du boxeur qui cogne sans détours.Chirac ne donne pas sa place dans la muherie.Chacun guerroie avec ses armes.De fait, le très impopulaire Sarkozy en sort plus sympathique que nature (ce qui irrita bien des Français), alors que l’élégant de Villepin devient le heffé vilain de l’histoire.Le hlm rappelle un peu Ridicule, de Patrice Leconte, pour l’alliage de perhdie et d’à-plat-ventrisme à la cour, tant l’héritage monarchique n’est pas loin en France.Ici, la course au pouvoir sous les hèches et les tirs d’obus se révèle bien plus intéressante que les déboires amoureux du futur président, qui aident pour- tant à humaniser son personnage.La nuit de l’inveshture, alors que Cécilia se fait hrer l’oreilIe pour apparaître aux côtés de son mari désormais président, est mise en exergue et mieux maîtrisée, côté montage et caméra, que le reste du hlm.Mais c’est vraiment pour les acteurs et pour cette porte dérobée déchirant le décorum que le hlm de Xavier Durringer (d’abord homme de théâtre, fasciné par les dilemmes shakespeariens) mérite amplement le détour.L’antichambre du pouvoir politique, pleine de saloperies, ne connaît pas de If onhères.Seul l’enrobage de couleurs, de mots, de coutumes change avec les pays.Et il est toujours bon de se rappeler à quel point le peuple est souvent berné dans ce jeu de dupes, quand règne le puissant cynisme.Le Devoir Stratégies de sortie LE PREMIER QUI UA DIT / LOOSE CANONS (MINE VACANT) De Ferzan Ozpetek.Avec Riccar-do Scamarcio, Nicole Grimaudo, Alessandro Preziosi, Ennio Fan-tastichini.Scénario: Ivan Cotro-neo, Ferzan Ozpetek.Image: Maurizio Calvesi.Montage: Patrizio Marone.Musique: Pasquale Catalano.Italie, 2009, 108 minutes.MARTIN BILODEAU On trouve rarement des hlms dont les qualités et les défauts, en égale quantité dans les deux colonnes, l’amènent à un curieux point d’équilibre.Ce rare phénomène se produit dans Le premier qui l’a dit, une comédie de l’Italien d’origine turque Ferzan Ozpetek {Hammam, La Fenêtre d’en face), à qui on devait déjà, dans la même veine ludique mais campée dans un milieu autrement plus populaire, le délicieux Tableau de famille.Le qualificatif s’applique encore ici à cette histoire d’un frère gai doublé par son aîné, gai lui aussi, dans sa stratégie de sortie du placard.Un soir à table, devant les invités du patriarche à la tête de l’entreprise familiale de pâtes alimentaires, Tommaso, aspirant écrivain dont l’amoureux l’attend à Rome, visait rien de moins que sa mise au ban libératrice.Mal lui en prit d’en parler d’abord à son grand frère Antonio qui, trouvant la stratégie valable, mit le plan à exécution, pour son propre bénéfice.Laissant du coup Tommaso en devoir de jouer le bon fils auprès d’un père don juan qui ne décolère pas, d’une mère bourgeoise préoccupée par les apparences, d’une grand-mère qui a vu pleu- voir et de la nouvelle partenaire d’affaires de l’entreprise.La désuétude du propos est ici compensée par un retournement inédit, soit la double sortie du placard au sein d’une même famille.Aussi, les manquements du scénario, qui semble être une extraction d’une série télévisée plus élaborée avec ses pistes non suivies et ses idées inabouhes, sont récupérés par un traitement léger, parfois caricatural et vau-devillesque, qui laisse percer un humour délicat et l’immense tendresse du cinéaste pour ses personnages.Afin d’étayer sa thèse (ne vous laissez pas intimider par le mot) sur l’importance de choisir sa vie et d’aller au bout de ses envies, Ozpetek oppose à l’histoire de son jeune héros, piégé dans le mensonge, celle montrée par fragments, en leitmotiv, de sa grand-mère, qui fut autrefois forcée d’épouser un homme alors qu’elle aimait le frère de ce dernier.La démonstration n’est pas toujours des plus subtiles, mais, là encore, la sincérité et la force simple des personnages bien dessinés portent l’idée à bonne hauteur.Dans le rôle de la mar-triarche diabétique qui voit tout mais ne dit rien, Ilaria Oc-chini, visage dramatique du hlm, est épatante de justesse et d’intelligence.Dans un contrepoint comique, Lunetta Savino, mère de Tommasino aveuglée par son rôle social, vole la scène à chacune de ses apparitions.Elle a pourtant de la concurrence dans cette comédie réussie et ratée à parts égales, franchement rigolote en toutes circonstances.Collaborateur du Devoir A L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS metropolefilms.com ' ^ Marc Cassivi, La Presse VtiîSfit à Paris ^ venloalraaçtsltecisMidni^t in Paris Écrit et réalisé par tCbody Allen 115c SEMAINE A L’AFFIŒEÜ J CONSULTA LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS metropoletilms.com ^ Le virus de la singularité CONTAGION Réalisation et image: Steven Soderbergh.Scénario: Scott Z.Burns.Avec Lamence Fishburne, Matt Damon, Kate Winslet, Jude Law, Gwyneth Paltrow, Marion Cotillard.Montage: Stephen Mir-rione.Musique: Cliff Martinez.États-Unis, 2011,106 min.ANDRÉ LAVOIE Lorsqu’un cinéaste comme Steven Soderbergh {Ocean’s Eleven, The Girlfriend Experience) s’engage sur la voie du film catastrophe, il semble adhérer à la formule: une constellation de stars, une multiplication des lieux exotiques, un chaos grandissant ponctué par les nouvelles télévisées, etc.Tout cela se retrouve dans Contagion, l’illustration des ravages d’un virus inconnu et dont la progression évoque les scénarios apocalyptiques autour du fameux HlNl en 2009.De la ville la plus dense à la campagne la plus bucolique, une toux suspecte, une montée de hèvre ou un visage couvert de sueur représentent une menace aussi effroyable que l’atterrissage de soucoupes volantes au temps de la guerre froide.Décliné dans une chronologie qui débute habilement au jour 2 de ce bouleversement.Contagion illustre autant les angoisses du scientrhque impuis- sauf que celles du simple citoyen démuni en passant par les délires d’un blogueur Qude Law) dont les commentaires sont qualihés de «graffitis avec de la ponctuation».Et le tout s’amorce par une simple quinte de toux sur fond noir, celle d’une femme d’affaires (Gyw-neth Paltrow) de retour d’un voyage à Hong Kong et qui, avant de regagner son foyer à Minneapolis, fait un détour par Chicago pour retrouver son amant.Ses escapades prennent vite une tournure funeste, laissant son conjoint (Matt Damon) dans le deuil (et la perplexité), lié malgré lui au «patient zéro» de cette pandémie.Dès les premiers symptômes.SOURCE WARNER des chercheurs et des médecins tentent l’impossible, font quelques gaffes au passage ou sont kidnappés en échange d’une rançon sous forme de vaccins.Film catastrophe sous presque toutes ses coutures.Contagion porte toutefois la marque de son auteur, se chargeant de porter sa caméra au plus près du visage des acteurs, ou les captant sous des angles qui feraient frémir de peur bien des producteurs.Mis à part quelques scènes de foule destinées à insuffler un climat de panique, le film se déroule dans des laboratoires aseptisés, des bureaux feutrés et des maisons de plus en plus désordonnées au fur et à mesure que le fameux virus, surnommé MEV-1, s’installe dans les corps et les consciences des personnages.Ceux-ci forment une impressionnante galerie où aucune figure ne s’impose, si ce n’est celle défendue par Laurence Eish-burne, jouant ici la carte zen.D’autres étaient sûrement plus étoffées dans le scénario de Scott Z.Burns, mais plusieurs ne font que passer, dont les rôles incarnés par Marion Cotillard et Elliot Gould.Soderbergh gère toutefois ce trafic de vedettes avec un sens du rythme certain, une conscience constante du vraisemblable (les dialogues sont truffés de considérations médicales souvent escamotées dans ce type de cinéma) , le tout baignant dans les séduisantes sonorités électroniques de son fidèle compositeur Cliff Martinez.Steven Soderbergh réussit-il à contaminer la traditionnelle superproduction apocalyptique?Pas assez pétaradant pour les uns, moins radical dans son approche esthétique que certains de ses meilleurs films {Out of Sight et Traffic n’ont pas encore été égalés).Contagion tente surtout d’allier intelligence, modestie et cauchemar mondialisé.La réussite n’est pas totale, mais la démarche mérite considération.Collaborateur du Devoir ?La Presse ?Voir The Ga^rtf?«BOULEVERSANT!» Le DciK>ir llleilleiir Lcénann CINNES .i/sîiEJKiicniaif //HTPhinBUJOE NEW YORK TORONTO TELLURIDE Le Poè^» un film de Lee Chan^Dong À L’AFFICHE! VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TTTRES FRANÇAIS CINÉMA RMÏALLÈLE CONSULTEZ LES GUIDES-3530 DOü^^^^.lAüREIfT HORAIRES DES CINÉMAS ' metropoletilms.com 'J LE FILM QUEBECOIS #1 AU BOX-OFFICE! «Incroyablement sensuel! Un film vraiment étonnant!» Cadierine Perrin^ Radio-Canada «Une histoire d’amour hors du commun! Livre un émoi à fleur de peau.Beaucoup d’émotion.» Denise Martel, Journal de Québec «Nous fait revivre notre premier amour!» Véronique Harvey, ICI / 24heure8 ?VÉ «Un film nuancé, profond et mature.» Sylvie Stjacques, La Presse 'k'k'kic «Une réflexion sur ) la fidélité, l’émotion du J premier grand amour et du coup de foudre absolu.» Valérie Lessard, Le Droit «Une réflexion intelligente et sensible sur l’amour et la foi.» François Lévesque, Mediaiilm POUR L’AMOUR DE DIEU UN FILM DE MICHELINE LANCTOT *!ïi www.pourlamourdedieu.ca CarndS métrDQole G PRÉSENTEMENX À L’AEFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2011 CINEMA Au nom du père GUERRIER (V.F.DE WARRIOR) Réalisation: Gavin O’Connor.Scénario: G.O’Connor, Anthony Tambakis, CM Dorfman.Avec Tom Hardy, Joel Edgerton, Nick Nolte, Jennifer Morrisson, Noah Emmerich, Kevin Diinn.Photo: Masanobu Takayanagi.Montage: Sean Albertson, Matt Chesse, John Gilroy Musique: Mark Isham.États-Unis, 2011,131 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Un homme sort du sous-sol d’une église en compagnie d’un groupe de gens disparate.11 s’appelle Paddy et c’est à sa réunion des alcooliques anonymes qu’il vient d’assister.La mi-soixantaine, peut-être davantage, il a la carrure imposante, mais le maintien usé.Installé derrière le volant d’une voiture presque aussi vieille que lui, il écoute Moby Dick en livre audio.Sur le pas de sa porte l’attend Tommy, son plus jeune.Dans la pénombre du soir.Paddy met un moment à le reconnaître.Ou plutôt, il n’y croit pas.Les premières minutes de Warrior annoncent un film qpi entend prendre son temps.A Hol-l5rwood, c’est devenu rare.Père et hls ne se sont pas revus depuis que le second a fui avec sa mère amochée, morte depuis, sous les coups du premier.Brendan, l’aîné, ayant refusé de suîvre maman et frérot.Tommy l’a rayé de son existence.Depuis, Brendan, qui a lui aussi coupé les ponts avec le paternel, s’est marié, a eu deux hllettes, est devenu enseignant.Menacé par la crise Immobilière, 11 vient de se résoudre à reprendre le chemin du ring.Entraîné de son côté par Paddy qu’il est venu trouver pour cela et rien d’autre.Tommy, comme Brendan, Ignore que, bientôt, tous deux concourront au même championnat.On connaît les thèmes, on connaît les motifs.Un autre hlm de boxe! Nennl, et pas parce qu’il est plutôt question d’arts martiaux mixtes ou parce que personne ne surjoue en vue des Oscars, mais bien parce que Gavln O’Connor (J'um-bleweeds, Pride and Glory), en plus de se fendre d’une mise en scène hchtrement bien conçue, prend son temps.Le temps de camper le théâtre de l’action: Philadelphie, secteur Industriel.Le temps de positionner les personnages: un père repentant et deux frères finalement complémentaires, l’un du côté de l’ombre, l’autre, de la lumière.Le temps de dresser un état des lieux de leurs relations actuelles en regard avec leurs relations passées.En dépit de quelques remarques appuyées et autres Invraisemblances tardives, et d’autant plus regrettables.Warrior charrie dans son sillage musqué une charge émotionnelle énorme.Complètement Investis, et très convaincants en Américains, l’Australien Joel Edgerton {Animal Kingdom) et l’Anglais Tom Hardy {Inception) y sont pour beaucoup.La comparaison a beau être galvaudée, 11 reste que les acteurs, les vrais, ceux qui peaufinent leur art plutôt que de s’éplvarder sur les tapis rouges, sont comme le bon vin qui, avec l’âge, gagne en complexité, en richesse.SI la jeunesse leur donne énergie et fougue, la maturité enrichit leur jeu, leur regard.Dans Warrior, le jeu de Nlck Nolte {Under Fire, Affliction), 70 ans, est extraordinaire.Son regard est alourdi par des années d’une vie pas reposante, par des rides profondes et belles.Témoin des Infinies nuances qui traversent son visage lors du dénouement, le spectateur ne peut que se mordre les lèvres afin d’étouffer un sanglot Collaborateur du Devoir ?«Même pas vrai, mais vraiment drôle!» XieMbiide ?«Une comédie sympathique emmenée par rm savoureux trio de comédiens, dont Nathalie Baye qui illumine le fUm de sa présence.» ?Audrey TAUTOU Nath^ieBAYE ?Jours garni boüajila vrais un him de Pierre SALVADOBI P AVEC STÉPHANIE LAGARDE, JUDiïH CHEMLA et ia nRiKimTioN de DANIEL DUVAL Ke.LUJ r«’d.'Mg3 MiludbijncVi métrotode ® PBÉlRTüTjmUMBNT À T.’APPTnH1i!!rQSSgr°im1!i^1[g5^1^ff^] G- MÉGA-PLEX~ GUSO —l i CINÉMA | rCINEPLEX DtVEITTISSEMSITn I— MAISON DU CINÉMA —i i CINÉMA PINE i PONT-VIAU lell BELOEIL 11BOUCHECTLLE11 SHERBROOKE 11 STE-ADËLE I pQNEPLEX DtVEHriSSEMENTn | CINEMA | r CirEPLEX UIVEHnSSEMENT-i I STARCITÉ HULL II LE CLAP |l BEAUPORT I CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS CINEMASAMC —i Ile forum 221 ^metropolefilms.com ' SOURCE ATOPIA Roy Dupuis et Céline Bonnier dans Coteau rouge^ d’André Forcier Fête de quartier COTEAU ROUGE Réalisation: André Forcier.Scénario: André Forcier, linda Pinet Georgette Duchaîne.Avec Paolo Noël, Louise Laparé, Gaston Lepage, Céline Bonnier, Roy Dupuis, Mario Saint-Amand, Hélène Reeves, Bianca Gervais, Maxime Desjardins-Tremblay Sandrine Bisson, France Castel, Charlotte Laurier, Donald Pilon.Photo: Daniel Jobin.Montage: Linda Pinet Musique: Michel Cusson, Kim Gaboury.Québec, 2011,83 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Coteau rouge est l’un des plus anciens quartiers de Longueuil.André Forcier demeure dans ce secteur que, manifestement, il aime beaucoup.Sous couvert de chronique familiale, son plus récent long métrage, Coteau rouge, est en effet une ode émue au lieu et aux gens qui l’habitent.Le cinéaste dirige des acteurs rompus â son univers et raconte une histoire dont il a le secret, pleine de truculence, de tendresse et de poésie âpre.11 est en forme, André Forcier.En forme, oui, et plus critique que jamais envers les puissants, en l’occurrence les promoteurs n’ayant qu,e le mot «condo» â la bouche.Éric Mil-jours (Roy Dupuis, parfait en tata convaincu d’œuvrer pour le bien commun) est un digne représentant de cette caste prompte â «faire du neu’ avec du vieux».Sévissant dans le quartier et marié â une fille de la place, Hélène (Céline Bonnier, hilarante, en princesse du préfabriqué), Éric est devenu la bête noire de sa belle-famille, celle-ci étant le moteur, ou plutôt le cœur, du hlm.Petites magouilles, deuil, grand-mère porteuse, premiers émois amoureux, pêche â la perchaude: ça rit, ça pleure, ça grouille.Au fil d’une mise en scène colorée et bricolée parce-qu’il-faut-bien, on apprécie le réalisme magique d’André Forcier.Son mélange unique et stylisé de jouai et de parlure soutenue engendre quelques fausses notes chez les interprètes nouvellement débarqués chez lui, mais les autres font la fête â des dialogues savoureux.Le rythme faillit parfois, avec un merveilleux prologue campé dans le passé suivi d’une entrée en matière contemporaine un peu laborieuse.Éorcier ne met toutefois pas longtemps â trouver ses repères et â atteindre sa vitesse de croisière.Coteau rouge, comme la plupart de ses œuvres, fourmille de trouvailles et de petites perles d’eau douce.Ée personnage de Roy Dupuis apparaissant dans un publireportage dont la ringardise défie toute description; celui de Céline Bonnier donnant tout son sens â l’expression «grossesse nerveuse»; France Castel, entre autres participations amicales, nous gratifiant d’une apparition caustique: il y a de quoi s’amuser.On souhaite évidemment qu’un plus large public s’intéresse au cinéma d’André Forcier et peut-être que cette fois-ci sera la bonne, mais, au minimum, les admirateurs de l’auteur de L’Eau chaude, l’eau frette seront contents de goûter un deuxième bon cru d’af-blée après le réjouissant Je me souviens.Collaborateur du Devoir SOURCE ALLIANCE Warrior, de Gavin O’Connor, charrie dans son sillage musqué une charge émotionnelle énorme.JEAN DUJARDIN UN BALCON SUR LA MER I m PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! MARIE-JOSEE CROZE «Un très beau film.Croze et Dujardin sont excellents.» Marc-André Lussier, La Presse «Un fascinant labyrinthe!» un Pim gp Odile Tremblay, Le Devoir NICOLE GARCIA métropole metropoletilms.com ^ «UN WINNER! Podalydès est EXCELLENT en Sarkozy.Avec ses répliques qui frappent dans le mille, c'est une COMÉDIE DRAMATIQUE EFFICACE et DIVERTISSANTE!] AAare CassM, IA PRESSE ?«Grâce à lui, le MONSTRE POLITIQUE devient un homme.» léliRAMA «Un pari courageux, CRÉATIF et SANS PRÉCÉDENT.Durringer a ouvert une voie qui ne se refermera pas I Podalydès au TALENT EXCEPTIONNEL a tout compris de la psychologie de Sarkozy.Un FILM SOLIDE ! » Patrice Duhamel, LE FILM FRANÇAIS MElUfUR FILM DOCUMENIAIIIE 2010 QUAHIZ [ MEIimiRmCUMENIURE J SUISSE-2010 rSIEHUNBAWARDt SIUIERDOGS WOSHIHGniH REMGOIITREjlllVTERIIIATIOillALEji^,«^ 'r DU DOCOMElinniRE DE MOHTRÉAjSW • 2010 ' GAGNANT PRIS IMAGES UN FILM DE VADIM JENDREYKO mme'aux SELECTION OFFICIELLE I éléphants I SVETLANA GEIER - LA VOIX DE DOSTOÏEVSKI www.5elephaiits-lefilin.com LiEE: 1 S A lAFFICHE DES LE VENDREDI IG SEPÎEMDRE ! LA DENIS PODALYDÈS ^ CONQUETE UN FILM DE XAVIER DURRINGER V Manon G LaConqiiote.LoFIIm cufih.\ge2z onietoile PRESENTEMENT A L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS
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