Le devoir, 14 septembre 2011, Cahier A
Inégalités de revenu : le Canada rattrape les Etats-Unis Le collège Dawson se souvient d’Anastasia De Sousa Page B 1 Page A 3 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.CII N°208 LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ AHMAD MASOOD REUTERS Des policiers afghans ripostent airx tirs nourris des insurgés dans le quartier fortifié des ambassades, au centre de la capitale afghane.L’OTAN défiée au cœur même de Kaboul L’ambassade des États-Unis et le QG de l’OTAN subissent l’attaque la plus directe des insurgés depuis le début de la guerre, en 2001 MELISSA GUILLEMETTE Des tirs de roquettes et de fusils d’assaut ont atteint hier le quartier général des forces de l’OTAN et l’ambassade des Etats-Unis en plein centre de Kaboul.L’attaque, rapidement revendiquée par les talibans, n’a rien pour «intimider» les États-Unis, a répliqué la secré- taire d’État américaine, Hillary Clinton.Ces deux importants symboles de la présence américaine et internationale dans le pays ont été la cible de l’attaque la plus directe depuis 2001, dans le quartier le plus sécurisé de tout l’Afghanistan.Des explosions se faisaient entendre ailleurs aussi dans Kaboul hier, et deux kamikazes s’en sont pris à des bâtiments de la police afghane dans l’ouest de la ville.On rapporte au moins 7 morts et 15 blessés, policiers et civils afghans, au terme d’une journée de violences.Aucun militaire de l’OTAN ou travailleur étranger n’a été tué.L’ambassade, protégée par de hauts murs, n’a d’ailleurs VOIR PAGE A 12: KABOUL VERO BONCOMPAGNI Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau FESTIVAL DU FILM DE TORONTO Philippe Falardeau; finesse et humanité ¦ À lire en page B 12 PRÊTRES PÉDOPHILES Une plainte contre le Vatican devant la CPI ¦ À lire en page A 8 INDEX Actualités.A 2 Annonces.A 8 Avis publics.B 3 Carrières.B 4 Culture.B 12 Décès.A 8 Éditorial.A10 Idées .Ail Météo.B 2 Monde.A 8 Mots croisés B 12 Sudoku.B 3 Économie .B 1 Télévision.B 11 Tous les artistes sont mortels Le Chez nous des artistes célèbre avec fierté ses 26 ans CAROLINE MONTPETIT Jeune, Terri Vanier courait le monde en autobus, de Saint-Jérôme à Val-d’Or, et aussi aux États-Unis, au fil des tournées et des spectacles qu’elle présentait dans les bars.«On travaillait sept jours sur sept», se souvient-elle.Aujourd’hui âgée de 76 ans, celle qui a déjà travaillé avec Judy Garland vient de réaliser son rêve d’enregistrer un disque, d’ailleurs intitulé Impossible Dream.Lundi, elle chantera avec 25 autres personnes pour célébrer les 25 ans du Chez nous des artistes, cet organisme destiné à accueillir des artistes de 55 ans et plus, rue Beaubien, à Montréal.Être artiste, c’est partager son art avec les autres.Mais c’est aussi une nature, que Ton garde malgré le passage des années et, parfois, de la célébrité.«Sans chanter, je ne fais qu’exister», résume Terri Vanier.Le Chez nous des artistes (CNDA), s’il célèbre son 25" anniversaire, a d’ailleurs connu son lot de misères au cours des dernières années.Aux difbcul- II; ’ 1 ¦ a wwww m II JACQUES NADEAU LE DEVOIR La chanteuse Terri Vanier sera du spectacle qui marque lundi prochain les 25 ans du Chez nous des artistes.tés financières s’est ajouté le fait qu’ü a été la cible de certains humoristes, qui l’ont dépeint comme le chez nous des artistes déchus, selon son directeur actuel, Yves Nadeau.Au point que certains artistes ont préféré se passer de ses services pour ne pas ternir leur réputation.Un fait que combat pourtant Yves Na- deau, qui relève d’ailleurs que plusieurs résidants du CNDA paient le plein tarif pour leur appartement et ne bénéficient d’aucune subvention.Quant à l’édifice de la rue Beaubien, bâti au moment de la fondation de Chez nous des artistes, en 1985, VOIR PAGE A 12: ARTISTES Julie Miville-Dechêne Immigration Une sélection « sexiste» La conjointe immigrante ne compte pas, déplore le Conseil du statut de la femme ROBERT DUTRISAC Québec — Le Conseil du statut de la femme (CSF) juge que la sélection des immigrants au Québec est sexiste et souhaite que le gouvernement Charest corrige la situation, du moins en partie.«Le poids accordé à la candidature du conjoint est vraiment beaucoup plus faible que le poids accordé à la candidature du requérant principal.Et dans les faits, le conjoint est en général une conjointe, donc une femme», a signalé la nouvelle présidente du CSF Julie Miville-Dechêne, dans un entretien accordé au Devoir avant sa comparution devant la commission parlementaire qui se penche sur la planification de l’immigration pour la période 2012-2015.Dans le processus de sélection des immigrants, le dossier qui compte, avant tout, c’est celui du requérant principal, le plus souvent un homme, alors que seulement 13 % des points peuvent provenir des caractéristiques socio-économiques et linguistiques de la conjointe.«C’est assez minime», estime Julie Miville-Dechêne.Conciliante, elle propose un rééquilibrage de la grille de sélection, mais sans aller au bout de cette logique d’égalité et faire en sorte que les qualités de la conjointe comptent autant que ceux du requérant.«Ce n’est pas facile dans la réalité d’appliquer des principes», a-t-elle fait valoir.Le Conseil se dit prêt à collaborer avec le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) pour l’élaboration d’une nouvelle grille.VOIR PAGE A 12: IMMIGRATION Québec accusé de banaliser la radioactivité Des pages Web destinées aux enfants suscitent un tollé LOUIS-GILLES FRANCŒUR La radioactivité, faime ça nature.Savais-tu que la radioactivité est d’abord un phénomène jmrement naturel?Même ta banane en contient!» C’est ainsi qu’on introduit le questionnaire adressé aux enfants de la fin du primaire et du début du secondaire, que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et l’Association de l’exploration minière du Québec AEMQ) entendent familiariser avec la radioactivité et les métaux radioactifs qu’on trouve dans le sous-sol québécois.Des éléments aussi «naturels» que les poissons et les arbres, qui agrémentent les pages du site Web du ministère québécois.Et dans le concours à l’intention des finissants du niveau primaire et des élèves du premier cycle du secondaire, on peut voir deux petits personnages, pétants de santé et d’énergie, arborer l’écusson que porte Superman sur son torse VOIR PAGE A 12: RADIOACTIVITE THERINE PERRIN en semaine I9H AUJOURD'HUI Doit-on tout savoir sur l'état de santé des politiciens?Réalisation: Bernard Michaud #95,1™ PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/mediunnlarge 77831302831738 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 ACTUALITES Flirt délicat à Ottawa HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, refuse de se prononcer sur les liens que son secrétaire parlementaire a entretenus avec une journaliste travaillant pour un média chinois soupçonné d’espionnage.Le ministre a encore conhance en Bob Dechert.Vendredi, des courriels à connotation sexuelle entre Bob Dechert et la journaliste Shi Rong ont été révélés au grand jour.Shi Rong travaille pour l’agence de presse chinoise Xinhua.L’agence Xinhua a été mise en place par le Parti communiste chinois dans les années 1930 pour propager le message révolutionnaire.Plusieurs spécialistes du renseignement considèrent Xinhua comme une agence de renseignement déguisée et ses journalistes, comme des espions en puissance.«Le gouvernement s’est déjà prononcé à ce sujet, M.Dechert s’est déjà prononcé sur ce sujet, je me suis prononcé et je n’ai rien d’autre à ajouter», a marmonné John Baird au cours d’une conférence de presse.Le bureau du premier ministre a indiqué que «M.Dechert a nié tout comportement inapproprié.Nous n’avons aucune information qui suggère le contraire».Les courriels compromettants CHRIS WATTIE REUTERS John Baird a réitéré hier sa confiance en Bob Dechert, son secrétaire pariementaire, maigré ses iiens avec une journaiiste d’un média chinois soupçonné d’espionnage.ont été diffusés vendredi par le mari de la journaliste.Les deux traversent un conflit marital.Dans ces courriels, le conservateur Bob DecherL lui aussi marié, déclare à la journaliste qu’elle est belle, qu’il aime ses joues arrondies, et qu’elle lui manque.Une photo les montre tous les deux ensemble, joue contre joue.Au cours de la fin de semaine, le ministre Baird a qualifié de «ridicule» l’hjqiothèse selon laquelle M.Dechert aurait pu compromettre la sécurité nationale du Canada en entretenant une telle relation clandestine.La plupart des gouverne-ipents occidentaux, dont les Etats-Unis, considèrent l’agence Xinhua comme un organe de cueillette de renseignements pour le gouvernement chinois.Certains journalistes de Xinhua rédigent même des rapports uniquement destinés à un cercle restreint de dirigeants du Parti communiste.En février 2003, une fonctionnaire canadienne, Haiyan Zhang, s’était fait congédier du Conseil privé parce que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) lui reprochait d’avoir travaillé pour Xinhua.«En tant qu’ancienne employée de l’Agence Chine nouvelle (aussi connue comme Agence de presse Xinhua), vous avez peut-être été impliquée dans des activités de collecte de renseignement pour le compte d’un Etat étranger», écrivait le SCI?S.L’an dernier, le patron du SCRS, Ifichard Fadden, avait affirmé, sans les nommer, que des politiciens canadiens étaient sous influence étrangère sans le savoir.Le NPD a demandé la démission de Bob Dechert.Le Parti libéral refuse d’emboîter le pas au prétexte que des demandes de démission répétées en diluent la portée, mais estime que Bob Dechert «a fait preuve de mauvais jugement».Un secrétaire parlementaire répond à la place d’un ministre lorsqu’il est absent de la Chambre des commîmes.Le Devoir Caucus présessionnel Le NPD accuse Ottawa d’avoir abandonné les Québécois Thomas Mulcair refuse de confirmer qu’il sera candidat à la succession de Jack Layton EANNIE OLIVIER Québec — Même si la course à la direction est sur toutes les lèvres au caucus du Nouveau Parti démocratique à Québec, les députés promettent de ne pas se laisser distraire et de se concentrer sur leur travail d’opposition officielle dès l’ouverture de la session parlementaire à Ottawa.D’entrée de jeu, le président du caucus des députés québécois, Guy Caron, a accusé hier le gouvernement IJarper d’avoir abandonné les Québécois tant en matière d’infrastructures, que d’économie et de sécurité d’emploi.M.Caron a reconnu que son parti pourrait être soumis à des tensions alors que la course à la succession de Jack Layton se déroulera en même temps que les travaux parlementaires, mais il s’est dit persuadé de voir les troupes faire preuve de cohésion et agir de manière efficace pour faire confronter le gouvernement conservateur aux Communes.«Ma préoccupation, c’est qu’on soit prêt, qu’on ait une bonne cohésion et puis qu’on soit une opposition officielle efficace qui va pouvoir gagner la confiance des gens au fur et à mesure qu’ils nous verront évoluer», a-t-il insisté.Pour être en mesure de bien faire le travail parlementaire dès la semaine prochaine, certains ont laissé entendre que les candidats déclarés devraient se défaire de leur rôle de porte-parole de l’opposition officielle.M.Caron laisse cette épineuse question entre les mains de la chef intérimaire, Nycole Turmel.Selon une source interne, cette dernière pourrait annoncer dès aujourd’hui quelles seront les directives à cet effet.Le député Thomas Mulcair, pressenti par plusieurs pour se lancer dans la course à la succession de M.Layton, a pour sa part refusé de confirmer qu’il sera candidat.Il a cependant reconnu qu’il était à mener des consultations à ce sujet et à former une équipe, bien que, de son aveu même, des centaines de personnes et de nombreux députés québécois l’aient déjà assuré de leur appui.«Je suis en train de ramasser mes appuis, de mettre en place une équipe, et en temps et lieu, au cours des prochaines semaines, on sera capable de prendre une décision», a-t-il affirmé.M.Mulcair a toutefois insisté sur le fait que le parti devait d’abord solidifier ses assises au Québec, où le NPD n’avait jamais réussi à assurer une présence significative avant l’élection du 2 mai dernier quand sa performance inespérée et inattendue lui a permis de rafler 59 sièges sur les 75 disponibles.Jusqu’à présenf un seul candidat s’est officiellement déclaré pour la course à la succession de M.Lajùon, soit le président du parti.Brian Topp.Cet homme des coulisses, proche de M.Lajùon, a déjà reçu de nombreux appuis, dont celui de l’ancien chef néodémocrate Ed BroadbenL La Presse eanadienne % Vision Mondiale URGENT: Famine dans la Corne de l’Afrique Des millions font face à la famine.Le gouvernement du Canada égalera votre don pour aider des enfants et des familles.Une faim mortelle balaye la Corne de l’Afrique où les Nations Unies ont déclaré la famine.Des enfants meurent.Des milliers de personnes désespérées viennent àVision Mondiale.Beaucoup de mères, elles-mêmes en sévère condition de malnutrition, mendient de la nourriture pour leurs enfants émaciés.Pour plusieurs, la mort n’est qu’une question de jours ou d’heures.Nous fournissons des vivres d’urgence pour sauver des vies; nous agissons pour prévenir la propagation de maladies, et nous aiderons les familles à reconstruire leur vie.Mais nous avons désespérément besoin de soutien, immédiatement.S'il vous plaît, agissez dès maintenant.Votre don doublera en valeur.Le gouvernement du Canada fera une contribution équivalente à même son Fonds de secours contre la sécheresse en Afrique orientale.Votre don de 50 $ procurera 100 $ de nourriture pour les enfants et les familles désespérées.100 $ procurera 200 $ de nourriture.S’il vous plaît, répondez maintenant.Postez le formulaire ci-dessous ou donnez immédiatement à visionmondiale.ca/aide Vision Mondiale est une organisation de soiidarité internationaie qui lutte contre toutes les formes de pauvreté et d'injustice à travers ses programmes d'aide humanitaire d'urgence, de développement et ses actions de piaidoyer.inspirés par nos vaieurs chrétiennes, nous apportons une aide aux enfants et aux famiiles ies plus démunis sans aucune forme de discrimination sociale, ethnique ou religieuse.URGENCE FAMINE :Voici mon don pour aider des enfants et des familles affamés de la Corne de l’Afrique.Voici mon don à égaier .voudrais utiliser ma carte de crédit : ?VISA ?MasterCard ?American Express I I 50 $ ?I 00 $ NUMÉRO DE CAFCTE ?200 $ ________________________________________________________________________________________________ ?________________$ pour aider autant que possible DATE D'EXPIRATION SIGNATURE 4249405/100958 Nom _ Adresse _ Ville___ -App._ Province _ Code Postal _ S’il vous plaît faire votre chèque à : Vision Mondiale Téléphone _ .Addresse Courriel _ I 134, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 510 Montréal QC H3B 5K2 Vous pouvez faire un don en ligne à visionmondiale.ca Faites un don en appelant au I 800-363-5021 ou en ligne à visionmondiale.ca/aide PRESENTE PAR D'ÉCOLES 'K Oprivées 2011 le 18 septembre hilton Montréal bonaventure THE GLOBE AND MAIL* OURKIDS COMMANDITAIRES pfGpSk IIS.Eia liiil tejournalde montréal Votre quotidien économisez 50% SUR LE PRIX DÉNTRÉE RÉGULIER 20 $ inscrivez-vous SEMINAIRES D’INFORMATION 10h30-12li00 SALLE D’EXPOSITION 12h00-16h00 SCANNER POUR ENREGISTRER ^ www.ourkids.net/expo http://www.ourkids.net/expo/mobile-register.php?id=30 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 A 3 RVM’j’O ta fréquence ! RADIOVM.COM ACTUALITES ji*' VIEUX-QUÉBEÇ__ IhÔTEL PORT-ROYAL '¦ - -^suites Fdïfait ' couette gourmande àpattbde-X\97 1 866-417-2777 www.leportroyal.com Brian qui ?Manon CORNELLIER rian Topp.Retenez ce nom, car cet homme de l’ombre, qui a décidé de se jeter sous les feux de la rampe en se portant candidat à la succession de Jack Laj^on, n’est pas à prendre à la légère.Il a la foi néodémocrate et les valeurs sociales du NPD tatouées sur le cœur.C’est un vrai «Dipper» comme disent les anglophones.Et lui les connaît, ces «Dippers».Comme s’il les avait tricotés.Arrivé au NPD il y a 20 ans, sous Ed Broad-bent, il a contribué à faire élire le premier député néodémocrate québécois, Phil Edmonston.Il s’est ensuite mis au service du premier ministre Roy Romanow, en Saskatchewan.Il a vécu à Vancouver, où il a milité dans le parti.Il a œuvré dans le mouvement coopératif et maintenant, dans le mouvement syndical en tant que directeur de l’ACTRA (Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists).Eait non négbgeable, Brian Topp n’a jamais été très loin de Jack Layton.Il a piloté deux de ses campagnes électorales et dirigé deux fois son «war room».Il l’a conseillé au bl des ans, secondé lors des négociations en vue de former la coalition de 2008 et a été un des architectes de la vague orange.Lajùon et lui ont toujours été sur la même longueur d’onde lorsqu’il était question de transformer le parti en formation plus pragmatique, prête à prendre le pouvoir.Bref, l’homme est fin stratège, habile organisateur, intelligent, a l’expérience du pouvoir, mais il a avant tout de longues racines dans le parti, dont il est devenu le président en juin dernier.Et ça, c’est de l’or lors d’une course à la direction d’un parti.Brian Topp sait que le public ne le connaît pas.Il le reconnaît, mais ne s’en inquiète pas.Avec raison, car au NPD, les gens savent qui il est et une course à la direction est avant tout ime affaire de lamille.On recrute de nouveaux membres, mais ceux qui le sont déjà sont généralement les plus déterminés.Pour ces raisons.Brian Topp, Montréalais d’origine parfaitement bilingue, représente une véritable menace pour Thomas Mulcair, l’autre très sérieux candidat pressenti poru cette course.M.Mulcair n’a pas les états de service de M.Topp dans le parti.Pire, on doute de la sobdité et de la profon-deiu de ses convictions sociales-démocrates.Autre différence importante entre les deux hommes: leur connaissance fine des sensibilités régionales qui traversent ce pays.Les deux comprennent bien la réalité québécoise, mais M.Topp a une bonne longueur d’avance dans sa connaissance du reste du pays, en particulier l’Ouest, où le parti a des dizaines de milliers de membres.Or, à partir du moment où chaque membre a un vote, il est clair que ce ne sera pas le Québec qui décidera du prochain chef En revanche, ce dernier doit démontrer qu’il est capable d’y enraciner le parti en y recrutant des membres, en attirant l’attention de la population et en prenanf comme M.Layton, des positions qui font le pont entre les différentes régions.Et là, M.Mulcair a l’avantage, même si Brian Topp a soutenu en conférence de presse lundi qu’on ne pouvait augmenter le nombre de sièges aux Communes sans prendre en considération le poids du Québec.Si on veut que la reconnaissance de la nation québécoise ait un sens, a-t-il dit.Brian Topp a des handicaps.Il manque d’abord dramatiquement de zeste et de panache.Qn ne peut pas dire que Stephen Harper, qu’il espère affronter, respire le charisme, mais après Jack Layton, les néodémocrates vont s’ennuyer.Ensuite, il n’a aucune expérience en pobtique active.Il ne sait pas ce que c’est d’être scruté à la loupe par les médias, d’être jugé par les citoyens, de croiser le fer aux Communes.Eace à Stephen Harper, voilà qui peut être désavantageux.Thomas Mulcair, par contre, est comme un poisson dans l’eau sur le plancher de la Chambre et en point de presse.Cela a inévitablement conduit à cette question posée à Brian Topp lundi.N’est-ce pas présomptueux de penser au poste de chef de l’opposition officielle et éventuellement de premier ministre quand on ne s’est jamais fait élire?«Je suppose qu’à certains moments, quelqu’un nommé Brian arrive du Québec et tente sa chance», a-t-il répondu, sourire en coin, en faisant obliquement référence à Brian Mulroney.Ce n’est toutefois pas son nom qui lui servira de première carte de visite au cours des six prochains mois, mais celui d’Ed Broadbent, l’ancien chef si respecté du NPD.Lundi, M.Broadbent était aux côtés de M.Topp, comme de M.Lajùon en 2003, et sa bénédiction était sans ambiguïté.«J’ai vu dans Jack Layton un vrai leader, une personne qui pouvait gagner, bâtir le parti, être un jour premier ministre.J’ai suivi le même processus [cette fois-ci].Je ne fais pas seulement choisir mes amis», a-t-il dit.En choisissant M.Layton en 2003, il avait en effet tourné le dos à son vieil allié Bill Blaikie.Brian Topp part avec une longueru d’avance.Il peut encore trébucher, mais à voir Thomas Mulcair expliquer hier pourquoi sa propre décision d’être candidat ne serait connue qu’après davantage de consultations, on a compris qu’il prenait son éventuel adversaire au sérieux et n’hésiterait pas à l’écorcher et ne faire aucun quartier.«Ceux le plus près de [Jack Lajùon] sont encore sous le choc», a-t-il entre aubes offert comme raison, laissant sous-entendre finalement que M.Topp, qui a aidé M.Lay-ton à écrire sa lettre-testamenf ne l’était plus.mcornellier@ledevoir.corn t JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des étudiants du collège Dawson se recueillent devant une colonne de paix dévoilée hier.Dawson se soutient C’est par l’inauguration d’un «jardin de la paix» que le collège a souligné hier le cinquième anniversaire de la fusillade perpétrée par Kimveer Gill LISA-MARIE GERVAIS C> est par une cérémonie simple et touchante devant le ravissant jardin de la paix inauguré pour l’occasion que la communauté de Dawson, les proches des victimes, de nombreuses personnalités et des élus ont commémoré hier le cinquième anniversabe de la tuerie de ce collège de Monbéal.Aux premières loges de l’événement, les policiers qui étaient en service lors de la jorunée fatidique, le maire de Monbçal Gérald Tremblay ainsi que la minisbe de l’Éducation et vice-première minisbe.Line Beauchamp, ef bien sûr, les familles et les proches des victimes dont ceux d’Anastasia De Sousa, la seule victime à avob trouvé la mort le 13 septembre 2006 sous les balles du tueur, Kimveer Gill.«C’est un beau geste.Ça donne la chance au public de réfléchir, de prendre du temps, puis de déconnecter un petit peu d’un monde qui est très complexe», a dit le père de la jeune tille, Nelson De Sousa, après la cérémonie.Derrière, orné de rubans blancs et roses, l’arbre d’Anastasia, qui avait été offert en cadeau par le Service de police de Montréal, ondoyait dans le venp in memoriam.Après une ouverture chantée par une chorale d’enfants et le mot du dbecteur de Dawson, Richard Eilion, les allocutions et témoignages d’anciens et d’actuels étudiants se sont succédé jusqu’à la remise d’une plume d’aigle par le chef Dominick Rankin, le dévoilement de plaques commémoratives et d’une colonne de paix.Le maire Tremblay a alors pris la parole, faisant écho au propos de la présidente de l’Association étudiante du collège Dawson, Audrey Deveault, pour promettre que sera votée au prochain conseil municipal une résolution invitant le premier minisbe Harper à renconber la famille De Sousa au sujet du regisbe d’armes à feu.Le moment fort fut l’observation d’une minute de silence à 12h41, en hommage à la jeune morte, silence brisé par l’ab solennel de la cornemuse et du bruit de sanglots étouffés.Dans la première rangée, Jennifer Robinson versait une larme en pensant à sa cousine disparue.«Je suis très touchée par la cérémonie.C’est un bel hommage.Même si ça fait cinq ans, c’est comme si c’était hier.La cicatrice est toujours là», a-t-elle confié au Devoir.Un jardin de paix Sous im ciel tantôt ombre tantôt lumière, de nombreux visiterus sont venus se recueillir près du jardin de paix.Pour Mathieu Bock Caron, im étudiant du programme Community recreation and leadership qui y a travaillé tout l’été, rien que la beauté des fleurs et les odeurs qui en émanent sauront apaiser.«Cest ce qu’on veut faire, amener un mood plus calme à Dawson.Comme pour dire qu’on a accepté ce qui est arrivé et qu’on va survivre», a-t-il expbqué.Après la cérémonie, le pobcier Denis Côté, qui a abeint le tueur d’une balle avant que celui-ci ne s’enlève la vie, a admis n’avob fait que son devob et dit vouloir regarder vers l’avenir.«Il y a eu toutes sortes de tragédies dans le monde, à peu près imprévisibles.Si on peut mieux s’organiser pour minimiser l’impact de ces tragédies-là et effacer le message de violence qu’ils transmettent, je pense que l’^fort collectif va être atteint», a-t-il souligné.Le Devoir Jugement de la Cour d’appel Mode de scrutin : une affaire strictement politique BRIAN MYLES Les partisans de la proportionnelle ne peuvent pas compter sur les bibunaux dans leur bataille pour réformer le mode de scrutin au Québec.C’est une question sbictement politique.Dans une décision unanime aussi succincte que claire, la Cour d’appel a débouté hier quatre membres de TJ^sociation poru la revendication des droits démocratiques.Pabick Daoust, Prançois Soucy, Brian Gibb et Pierre Véroimeau désipaient faue invabder la Loi électorale du Québec.À leur avis, le système uninominal à un toru enbaîne une «sous-représentation» des minorités à l’Assemblée nationale, une réabté qui touche les anglophones de l’ouest de Tîle de Monbéal en particuber.Ebza-beth May, chef du Parti vert, et l’organisme Pau Vote Canada, sont aussi bitervenus dans le btige.Selon lerus prétentions, le mode de scrutin en vigueur est discriminatoue puisqu’il ne permet pas d’assruer une pleine représentativité des minorités anglophones et des tiers partis à l’Assemblée nationale.Qui plus est, un parti peut très bien former un gouvernement majoritaire même s’il obtient moins de votes que le parti d’opposition à l’intérieur de ce système.Aucun système électoral n’est parfaiL estbnent les bois juges de la Cour d’appel (Prançois Pelletier, André Rochon et Jacques Dufresne).Le scrutin uninominal à un tour, tout comme la proportionnelle, engendrent «des distorsions, plus ou moins importantes, en matière de représentation électorale», reconnaît l’arrêt de la Cour.Les tribunaux disposent de la compétence requise pour se prononcer sur la constitutionnalité de la Loi électorale, ne serait-ce que pour s’assurer qu’elle n’enbe pas en conbadiction avec les droits garantis par les chartes.Toutefois, les juges n’ont pas le pouvob de proposer ou d’imposer un système en particulier.C’est l’apanage du pouvoir législatif.«Bref, le choix d’un mode est politique, et il revient aux élus d’en débattre», banche la Cour d’appel.Un système électoral sera donc jugé valide s’ü assure à l’électorat «un degré de représentation minimal, mais significatif», enchaînent les trois juges.Les électerus québécois ne souffrent d’aucune atteinte à leurs droits, estime le tribunal.Tout citoyen âgé de plus de 18 ans a le droit de vote.Aucun parti n’est empêché de participer au processus électoral.Et tout citoyen est représenté par un député à l’Assemblée nationale.En résumé, tout le monde a la chance de participer à la vie publique.sans pour autant avob l’assurance de gagner ses élections.La Cour d’appel y voit un système certes imparfab mais un système tout de même respectueux des droits fondamentaux.Le Devoir En éducation, le statut socioéconomique ne détermine pas tout LISA-MARIE GERVAIS Qui vit dans la pauvreté aura moins de chance de réussir à l’école, prouve la littérature scientifique.Qr, la faiblesse de cette corrélation poru le Canada, où la performance en lecture des élèves peut être élevée dans un mibeu défavorisé et faible dans une famille riche, semble vouloir faue mentu ce constat.Selon les données de Regards sur l’éducation 2011 de l’QCDE, qui sont parues hier dans leru forme plus détaibée par provbice sru le site de Statistique Canada, la relation qui existe enbe les statuts socioéconomiques et le rendement en lecture est peu marquée (8,6%) comparativement à la moyenne des pays de l’OCDE (14 %).C’est au Nouveau-Brunswick que la corrélation est la plus forte (9,5 %) tandis que le Québec est dans la moyenne.La Pinlande et la Corée sont les deux autres pays de l’OCDE qui, tout comme le Canada, ne démonbent qu’un faible ben enbe le niveau socioéconomique et la réussite.«Leur exemple montre qu’il est possible d’afficher le plus haut niveau de performance tout en offrant une répartition équitable des possibilités d’apprentissage», laisse entendre le rapport de l’OCDE.Pour Andrew Parkin, directeur général du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada, cela signifie qu’il y a de l’espoir.«Ça veut dire qu’on réussit à compenser l’effet négatif qu’a un revenu familial plus faible sur la réussite», a-t-ü soutenu.«Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes chez les élèves moins avantagés, mais si on met le Canada en comparaison avec d’autres pays comme c’est fait dans le rapport, on voit que nos systèmes scolaires performent assez bien.» Très grande scolarité M.Parkin souligne d’ailleurs la très grande scolarité du Canada, «qu’on a trop tendance à ou- blier», croit-ü.«Ça fait tellement longtemps que le Canada est parmi les pays qui ont les plus hauts taux de diplomation qu’on ne le remarque plus.Mais il faut pourtant souligner ça», a-t-il insisté.En 2009, 88 % des Canadiens âgés de 25 à 64 ans possédaient un diplôme égal ou supérieur au diplôme d’études secondabes (DES), ce qui classe le pays au 5® rang parmi ceux de l’OCDE ex æquo avec la Pologne, derrière la République tçhèque et la Slovaquie (91 %) et l’Estonie et les États-Unis (89 %).Le Québec se situe en deçà de la moyenne canadienne, avec 84 % des personnes de 25 à 64 possédant un DES.M.Parkin fait toutefois remarquer que le Canada a fort à fabe encore poru que davantage d’étudiants au 2® cycle universitabe soient diplômés.«On se fait dépasser par les autres et dans la recherche, on ne mène pas.On peut faire mieux», a-t-ü noté.Le Devoir SÉCHERESSE EN AFRIQUE DE LTST % i i A AIDEZ-NOUS A SAUVER DES VIES.Plus que 2 jours pour doubler vos dons.Textez "DON" au 41010 pour donner 10$ Depuis des mois, la famine et la sécheresse menacent des millions de familles et d'enfants en Éthiopie, au Kenya et en Somalie.Votre don permettra de fournir eau potable, nourriture, abri ainsi que du matériel médical, aux familles luttant pour leur survie.mÊiÊii coalitionhumanitaire.ca 1-800-464-9154 HimmmHHh LA COALITION HUMANITAIRE Ensemble nous sauvons plus de vies.Ocare* I^Oxfam l^oxfam ta IC V Canada ^Québec piJ^ Aide à l'enfance Save the Children Canada A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 ACTUALITES Le mont Royal avant le GUSM Pour des raison de protection de la montagne, rOCPM estime que Montréal ne devrait pas autoriser l’Hôpital général à s’agrandir dans l’avenue Cedar trer que ces cliniques ne pouvaient être installées ailleurs, estime l’OCPM.L’administration Tremblay entend prendre le temps d’examiner les recommandations avant de se prononcer.«On va discuter avec l’hôpital pour voir comment il peut intégrer les recommandations en tout et en partie», a précisé Martine Pain-chaud, attachée de presse au cabinet du maire.Satisfait des recommandations de l’OCPM, Héritage Montréal demande à la Ville de mettre en place un «processus crédible pour que toute amélioration ou agrandissement futur de l’Hôpital général se fasse dans le cadre du site et de l’empreinte volumétrique actuels».Les Amis de la montagne se sont aussi réjouis du rapport de l’OCPM, mais ont déploré l’absence d’une vision d’ensemble pour les hôpitaux situés sur le flanc sud du mont Royal qui déménageront sur le site Glen.Le CUSM n’a jamais obtenu l’approbation du ministère de la Santé ni de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal pour acquérir le 1750, avenue Cedar, révélait The Gazette le mois dernier.Catherine Phaneuf explique que cette démarche aurait été complétée «après avoir obtenu le changement de zonage».Le Devoir JEANNE CORRIVEAU AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Ly a^andissement de l’Hôpital général de Mont-! réal sur le site du 1750, avenue Cedar, ne devrait pas être autorisé car ce projet est incompatible avec les principes de protection du mont Royal établis par la Ville de Montréal.Telle est la conclusion à laquelle est parvenu l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) au terme de consultations tenues au cours de l’été.Le rapport de l’OCPM rendu public hier a déçu le CUSM qui souhaitait loger des cliniques externes dans un édifice en construction adjacent à l’hôpital, dans l’avenue Cedar.«On est déçus, parce que les plans actuels nous permettent d’atteindre un équilibre entre les besoins de patients et la protection et la mise en valeur de l’arrondissement», a indiqué la conseillère aux communications Caroline Phaneuf.Mais le CUSM n’entend pas jeter l’éponge tant que le conseil d’arrondissement et le conseil municipal ne se seront pas prononcés sur le changement de zonage espéré.Même si le projet n’empiétait pas sur les espaces verts, rOCPM juge qu’il était incompatible avec la volonté de la Ville de protéger la montagne.De plus, le CUSM n’a pas réussi à démon- E N BREF Demande de recours collectif contre Concession A25 L’Union des consommateurs et un automobiliste de Laval, Jean-Pierre Drevillon, ont demandé à la Cour supérieure d’autoriser un recours collectif contre Concession A25, le consortium qui gère le nouveau pont à péage entre Montréal et Laval, au nom des automobilistes qui ont traversé le pont sans savoir que des frais administratifs leur seraient imposés.La Loi sur la protection du consommateur interdit aux commerçants d’exiger un montant autre que celui annoncé, à moins qu’il s’agisse de taxes de vente.Peu après avoir traversé le pont, M.Drevillon, qui n’avait pas de transpondeur, a reçu par la poste une facture de 6,80 $ alors que les panneaux aux entrées du pont afh-chaient un tarif de 1,80 $ par passage.L’Union des consommateurs estime qu’il est illégal d’exiger des frais administratifs de 5 $ aux automobilistes.Si la Cour autorise le recours, tous les consommateurs concernés en seront automatiquement membres.- Ix Devoir Coûteux Turcot Les coûts liés à l’entretien de l’échangeur Turcot ont lait un bond de 30 %, a révélé hier le député péquiste de Gouin et porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports, Nico- las Girard.Au mois de mars dernier, le ministère des Transports du Québec (MTQ) a autorisé un montant supplémentaire de 4,5 millions de dollars au consortium SNC-Lavalin/Cima -i-/Des-sau chargé de la surveillance et de l’inspection de l’échangeur, a-t-il précisé.Ce montant s’ajoute aux 15 millions déjà consentis dans le cadre d’un contrat accordé au consortium.M.Girard estime que le public est en droit de connaître l’état réel de l’échangeur compte tenu de l’augmentation des sommes dépensées pour son entretien.11 a réclamé du nouveau ministre des Transports, Pierre Moreau, la publication de tous les rapports et documents relatifs à l’échangeur Turcot dans un délai de 48 heures.- Ix Devoir LES PLUS IMPORTANTES EXPOSITIONS D’ECOLES PRIVEES AU CANADA /\D'ÉCOI^S cA Uprivees 2011 ?SEMINAIRES D’INFORMATION 10h30-12h00 « COMMENT CHOISIR LA MEILLEURE ÉCOLE » « ADMISSIBILITÉ D’ÉCOLES ANGLAISES SOUS LO1115 » « VOYAGES D’ÉTUDIANTS INTERNATIONAL » ?SALLE D’EXPOSITION 12h00 - 16h00 MONTRÉAL le 18 septembre HILTON MONTRÉAL BONAVENTURE économisez 50% SUR LE PRIX DÉNTRÉE RÉGULIER 20 $ inscrivez-vous ourkids.net/expo PRÉSENTÉ PAR COMMANDITAIRES 'émis prepsk Ils.OurKids ksjoumalde montréal Votre quotidien THE GLOBE AND MAIL» t:ivc®asrtte montrealgazette corn SCANNER POUR ENREGISTRER http://www.ourkids.net/expo/mobile-register.php?id=30 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 A 5 ACTUALITES Place aux données nnmériqnes libres Un groupe de travail recommandera à Montréal de prendre rapidement le virage vers les données ouvertes FABIEN DEGLISE Montréal, ville ouverte.70 ans plus tard.Le groupe de travail sur les données ouvertes, mis sur pied par la Ville de Montréal en avril dernier, va recommander dans les prochains jours à l’administration Tremblay d’adopter rapidement une politique de libération de toutes les données numériques détenues par la municipabté.Le but?Stimuler l’amélioration de services aux citoyens et favoriser la réduction des dépenses par la création d’outils et d’appb-cations pratiques imaginées par des citoyens.Dans un rapport préliminaire, dont Le Devoir a pris connaissance hier, le groupe, formé de plusieurs fonctionnaires versés dans la chose numérique, suggère que ces données puissent être «utilisées, modifiées et distribuées sans redevances ni exclusivité» par quiconque voudrait en faire des applications pour améliorer la vie démocratique et civique des Montréalais.Les informations internes dites classifiées devraient aussi être soumises à l’ouverture, recommande le groupe, non sans avoir été au préalable rendues anonjunes et purgées de leurs caractères sécuritaires.Cette libération suit les règles de partage des données étabbes par plusieurs organismes internationaux, comme l’Open Knowledge Foundation.Elle pourrait aussi rapporter des bénéfices importants à l’administration en matière de réduction de coûts et d’optimisation de ses services publics, dit le groupe, sans autres détails.Cette politique serait la première politique de données civiques au Québec, dit le groupe.Le document, qui doit être remis dans les prochains jours à la direction générale de la Vil- A KIMIHIRO HOSHINO AGENCE ERANCE-PRESSE Les données libres ont permis de créer des applications qui favorisent la participation des citoyens à la vie démocratique, tout en améliorant la qualité des services offerts dans les grandes villes.le et au comité exécutif, suggère même que cette ouverture des données détenues par l’administration débute dès cet automne avec la création d’un portail où les programmeurs d’ici et d’ailleurs pourront s’abreuver en données pour créer.L’ouverture se ferait de manière progressive, avec les données déjà publiques, mais cachées dans la machine administrative.Les données classifiées viendraient par la suite.Changement important Le groupe reconnaît que cette ouverture va appeler à un changement important de paradigme dans l’organisation où plusieurs freins techniques, économiques et humains peu- vent nuire à l’ouverture des données de la Ville.Le document pointe par exemple la désuétude de certaines bases de données datant des années 70 et dont les fichiers sont difficilement partageables.Le groupe note par ailleurs que l’information donne du pouvoir à des fonctionnaires qui pourraient donc être réticents à la laisser partir dans l’espace pubbc, mais rappelle que les consultations des dernières semaines sur l’ouverture des données «sont allées chercher un large consensus au sein de l’organisation».Depuis quelques années, la libération des données publiques est devenue un enjeu numérique important dans plusieurs grandes villes, où les données libres ont permis de créer des applications qui favorisent la participation des citoyens à la vie démocratique, tout en améliorant la qualité des services offerts.Ces données peuvent donner naissance à des outils de communication, en ligne, qui permettent de suivre le déneigement des rues en temps réel — et donc de déplacer sa voiture 20 minutes avant l’arrivée des déneigeuses —, de réserver des terrains de tennis, de connaître l’état des patinoires, d’informer la Ville des travaux de maintenance à faire ou de prendre part à l’élaboration de budgets participatifs.Entre autres.Le Devoir QUEBEC Des conseils de quartier aux conseils de district ISABELLE PORTER Québec — La Ville de Québec a demandé au ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, d’introduire un amendement à sa charte dans le prochain projet de loi omnibus pour réaliser une refonte de ses conseils de quartier.La Ville souhaite revoir les limites territoriales des conseils de quartier, mais sa propre charte limite son pouvoir d’action.Selon le conseiller municipal responsable du dossier, Sylvain Lé-garé, la Ville a demandé au ministre Lessard d’intégrer des amendements à son projet de loi omnibus de cet automne, mais ce dernier a exigé que Québec mène d’abord des consultations.D’ailleurs, l’article 35 de la Charte de la ville de Québec stipule que le «conseil de la ville ne peut modifier les limites d’un quartier sans consulter au préalable les conseils de quartier concernés».La Ville doit donc annoncer sous peu la tenue d’une consultation publique sur le sujet.Des assemblées auront lieu dans chacun des arrondissements entre le 21 septembre et le 6 octobre.Enjeux locaux Créés à l’époque du maire Jean-Paul L’Allier, les conseils de quartier sont constitués de citoyens bénévoles qui se réunissent une fois par mois pour débattre d’enjeux locaux et soumettre des propositions aux élus.Ils ont notamment le pouvoir d’initier des consultations sur des enjeux locaux comme ce fut le cas, il y a quelques mois.avec les consultations sur la présence de centres d’injection supervisée.Si lerus membres ont un sentiment d’appartenance envers les anciens quartiers, la Ville estime pour sa part que ce serait plus pratique que les conseils correspondent aux limites des districts des conseillers municipaux.«On sait que les limites de quartiers ça va faire jaser, mais la ville a évolué aux niveaux physique et administratif et on pense qu’il faut que ça suive», soutient M.Légaré.Le conseiller municipal donne souvent en exemple le cas d’une de ses collègues qui a trois conseils de quartier à l’intérieur de son district.«Ça n’a pas de bon sens», martèle-fil.En plus de compliquer la vie des élus, cette situation crée selon lui de la confusion.Les conseils de quartier devront-ils être rebaptisés pour devenir des conseils de district?«On verra», répond M.Légaré qui précise que cela ne fait pas partie des propositions soumises par la Ville.Qutre la question du territoire, les propositions concernent le processus de sélection des membres jugé trop contraignant et la possibilité de changer le poste réservé aux gens d’affaires qui est trop souvent vacant.Toutefois, contrairement à ce qu’il avait dit au printemps, M.Légaré ne souhaite pas sabrer les dépenses des conseils qui, après examen, sont minimes, selon lui.Le Devoir Un aller gratuit.Faites deux aller-retour Montréal-Toronto entre le 1®*^ septembre et le 15 novembre, vous obtiendrez un aller gratuit vers la destination Porter de votre choix.De plus, vous accumulerez 4 000 points ViPorter par aller-retour.Adhérez à ViPorter à flyporter.com.Réservation et voyage entre le 1®*^ septembre et le 15 novembre.> -TORONTO porter raffinée sur toute la ligne Vols au 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Ces tarifs ci-dessus aller simple en classe Fixe Incluent les services de NAV Canada, les frais d’assurance et les frais d’amélioration aéroportuaire (FAA), mais excluent les taxes et frais gouvernementaux.Les tarifs à destination de Montréal peuvent être différents.flyporter.com A 6 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 ACIUAIIIES Sortie 13 se dévoile Lancé officiellement hier, le nouveau groupe de réfiexion compte notamment l’activiste Steven Guilbault parmi ses membres FABIEN DEGLISE \ A 13 contre l’immobilisme.Sortie 13, un nouveau groupe de réflexion collective sur l’avenir du Québec piloté par des représentants des générations X et Y, a officiellement pris son envol hier soir à Montréal au terme d’un lancement en grande pompe tenu dans un hôtel de la métropole.L’activiste environnemental Steven Guilbeault, la cofondatrice de Génération d’idée, Mélanie Joly, la présidente de Kanpe, un organisme qui aide à la reconstruction d’Haïti, Dominique Anglade, tout comme l’expert en informatique Jean-François Rioux, en font partie.Au total, les 13 leaders qui forment Sortie 13 et dont l’identité a été dévoilée hier vont piloter dans les prochains jours 13 débats publics dans le domaine de l’entrepreneuriat (cette semaine), le transport et l’environnement (19 septembre), l’éducation (26 septembre), l’immigration (3 octobre), les affaires municipales (10 octobre).Les rencontres vont avoir lieu dans les espaces numériques de communication, sur un site Web (sor-tiel3.com) et une page Face-book (facebook.com/lasor-tiel3) et visent à «contrer l’immobilisme et le cynisme au Québec» en trouvant des «solutions concrètes» aux problèmes contemporains.«Trop souvent, on se laisse aller à être cynique face à l’actualité politique et on a l’impression de ne pas pouvoir changer les choses», a résumé Yanouk Poirier, un des 13 et principal initiateur de ce nouveau groupe de jeunes pensants.«Sortie 13 propose à tout le monde de prendre part à la discussion et de contribuer à la démocratie.» Sortie 13 s’inscrit dans la lignée de plusieurs groupes qui ont vu le jour dans les dernières années afin de favoriser l’éclosion d’idées neuves pour le Québec contemporain et surtout contribuer à la formulation d’un projet collectif par les générations montantes.Génération d’idées et Les Dégriseurs, dont le manifeste a été publié dans les pages du Devoir en juin dernier, étaient du nombre.Le nouveau groupe qui a pris forme hier, et auquel prennent part Solange Blanchard (pour l’éducation), Michael Vineberg (immigration), Natasha Jean (famille) — entre autres —, doit terminer ses échanges en décembre et souhaite que plusieurs de ses idées soient reprises par la suite par des partis politiques provinciaux, en prévision de la prochaine lutte électorale.Le Devoir PQ : franciser davantage ou réduire le nombre d’immigrants Québec — Le Parti québécois croit qu’à défaut d’investir davantage dans la francisation, il faudra diminuer le nombre de nouveaux immigrants accueillis chaque année au Québec.Le député Yves-François Blan-chet, porte-parole en matière d’immigration et de langue, a refusé de situer un seuil au-delà duquel la pérennité du français pourrait être en péril.M.Blanche! a cependant indiqué qu’à la lumière de l’échec des mesures de francisation en place, il est impossible d’augmenter le nombre de 50 000 immigrants annuels en vigueur actuellement.Selon M.Blanchet, les plus récentes données sur la situation linguistique à Montréal démontrent le manque de res- A LA, RENTREE Des solutions pour faciliter vos déplacements Pour mieux composer avec les nombreux chantiers routiers, le ministère des Transports du Québec vous propose divers moyens à intégrer dans la planification de vos déplacements quotidiens.Économisez temps et argent et évitez les tracas en optant pour l'efficacité du transport collectif.Profitez des incitatifs financiers très intéressants qui vous sont offerts et expliqués sur le site quebecSll.info.Planifiez mieux vos deplacements en visitant la section Mobilité Montréal du site quebecSll.info.Utilisez ce moyen efficace pour trouver l'information la plus complète sur les entraves et l'état de la circulation et optez pour des itinéraires de rechange.Informez-vous avec Radio Circulation feïjïri* 730 AM, la circulation, en tout temps.Employeurs et employes : convenez ensemble de mesures pour faciliter vos déplacements.Facilitez-vous la rentres avec ces solutions Bonne route ! I «m sources pour favoriser l’essor de l’usage du français chez les immigrants.Le député péquiste a fait cette déclaration à la suite de la publication, la semaine dernière, d’une étude de l’Qffice québécois de la langue française (QQLF) prévoyant qu’une minorité de Montréalais utiliseront le français à la maison au cours des prochaines années.Le péquiste a reconnu que ces données ne permettent pas d’avoir une image précise de l’usage du français dans la sphère publique.Mais M.Blanchet a affirmé qu’elles démontrent à tout le moins la nécessité de cesser d’être naïf quant aux politiques d’immigration.La Presse canadienne LE DEVOIR présente chaque mercredi, pour une période de huit semaines, une page dédiée aux PME et à la réflexion sur la problématique de la relève au sein de ces entreprises.Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Spécialistes x santé Dre Evelyne Elliott Tousignant, podiatre Orthèses plantaires sur mesure Soins podiatriques Ongles incarnés Traitement de verrues Soins pour diabétiques Podiatrie sportive Pour rendez-vous 1559 Bélanger Est, Montréal 514.508.7433 www.soulagezvospieds.com Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec véronique Langiois au 514.985.3457 ou vlangloisl3ledevoir.com JOURNÉES f/ifsuRLEVIËILLISSEMENT ACTIF VENEZ DECOUVRIR des innovations technologiques pouvant améliorer le maintien à domicile des aînés et les tâches des proches aidants.QUOI: Un colloque réunissant des intervenants et des experts de différents horizons QUAND : Les 18 et 1 g octobre 2011 THÉMATIQUE: Les gérontechnologies: une approche novatrice pour vieillir à domicile OÙ: Centre Sheraton, Laval POUR INFORMATION ET INSCRIPTION: www.innov-age.com '””T3lÆsCO ‘ BELL innOV-AGE Sécuilé financiÈre- et Etntn • ati KWm mission ml design. LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 A 7 ACTUALITES Québec pourrait imposer la fluoration de l’eau AMELIE DAOUST BOISVERT Pour lutter contre la carie dentaire, Québec devrait obliger les municipalités à ajouter du fluor à l’eau potable, tranche le Comité d’éthique de santé publique (CESP).Cette mesure, en recul, semble bien impopulaire auprès des villes.Le CESP penche donc en faveur du projet soumis par le directeur national de la santé publique Alain Poirier visant à modifier le Réglement sur la qualité de l’eau potable.Relevant du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, ce règlement pourrait être modifié afin d’obliger les municipalités de 5000 habitants et plus à s’assurer que leur eau contient au moins 0,7 mg/L de fluor.Le CESP propose d’imposer la fluoration aux dix plus grandes villes du Québec d’abord, afin de rejoindre 47 % de la population, puis d’étendre la réglementation en deux étapes aux villes de 50 000 habitants et plus, suivies par celles de plus de 5000 habitants.Ainsi, 75 % des Québécois auraient accès à une eau fluorée.E N BREF Le DSQ dans Lanaudière Après avoir confirmé la semaine dernière que son déploiement était imminent en Estrie et dans Lanaudière, le ministre de la Santé Yves Bolduc a procédé hier à Joliette au lancement officiel du dossier de santé électronique (DSQ) dans Lanaudière.Dès le 28 octobre, les résidants de cette ré^on auront leur dossier au sein du système, ce qui permettra aux pharmaciens, médecins, radiologistes et autres professionnels de la santé de consulter et d’échanger des informations.Le projet pilote se poursuit dans la région de Québec, avant que le DSQ ne soit lancé à la grandeur de la province - Le Devoir La mère d’Arturo Gatti témoigne La mère d’Arturo Gatti est prête à donner sa part d’héritage à sa petite-fille si elle obtient gain de cause dans son procès au civil contre Amanda Rodrigues.Ida Gatti, 67 ans, a éclaté en sanglots hier en décrivant le mariage tumultueux entre son fils et Mme Rodri^es.Trois semaines avant son suicide au Brésil, en juillet 2009, Arturo Gatti a légué toute sa fortune à sa femme, avec laquelle il a eu im fils.Ida Gatti et l’im de ses fils (Eabrizio) veulent taire invalider ce testament en Cour, et rétablir un premier testament de 2007 qui leur est plus la-vorable.Mme Gatti a cependant indiqué qu’elle souhaitait que l’argent éàle à la fille d’Arturo Gatti (née d’une première union).Mme Gatti a décrit sa bru comme une jeune femme attentionnée, qui l’appelait affectueusement «maman».Mais elle ne lui taisait guère confiance.Elle avait d’ailleurs déconseillé à son fils de rejoindre son épouse au Brésil en juillet 2009, estimant qu’il s’agissait d’un piège car le couple était en instance de divorce.-Le DcwîV Le PQ promet des places en garderie La chef du Parti québécois, Pauline Marois, estime que s’il y avait suffisamment de places subventionnées dans les centres de la petite enlance et les services de garde, les garderies aux «conditions lamentables» ne pourraient plus exister.«C’est parce que les parents sont incapables de trouver une place dans le réseau des garderies que des enfants se retrouvent dans un environnement inapproprié», a affirmé Mme Marois.Le PQ s’engage à créer im total de 250 000 places à contribution réduite si le parti est élu aux prochaines élections, alors qu’il y a présentement environ 215 000 places au Québec.L’Association québécoise des CPE évalue que 50 000 nouvelles places sont nécessaires pour combler les besoins, -ù Devoir ERIC THAYER REUTERS Pour le Comité d’éthique de santé publique, «les bénéfices [de la fluoration] sont plus importants que les potentiels effets négatifs sur la santé et l’environnement».Dans le Plan d’action de santé publique 2005-2012, la cible de Québec était que 50 % de la population ait accès à de l’eau potable avec une concentration optimale en fluorure pour 2012.Mais elle semble bien irréaliste alors que la fluoration est en net recul.Alors que 12 % de la population buvait de l’eau fluorée en 1993, en 2010, seule- ment 3 % des Québécois y avaient accès.En 2008-2009, le directeur de la Santé publique Alain Poirier a effectué une tournée des municipalités pendant laquelle, selon l’avis du comité d’éthique de riNSPQ, «plusieurs maires ont exprimé le souhait de ne pas avoir à porter politiquement la décision de fluorer leur eau».«Il semble que la pression des groupes organisés contre la fluoration soit particulièrement efficace au niveau municipal», écrit encore le comité.D’ailleurs, la Ville de Montréal, qui ne fluoré pas l’eau, dit qu’il appartient à Québec de trancher la question et ne souhaite pas commenter cet avis, a indiqué le porte-parole de la ville Philippe Sabourin au Devoir.Advenant que Québec aille de l’avant, la métropole serait une des premières municipalités à devoir se soumettre à la nouvelle réglementation selon le principe d’implantation graduelle proposé par le CESP.l question de la fluoration de l’eau a soulevé de vifs débats au Québec ces dernières années.Iæ CESP est bien conscient que sa proposition ne fera pas l’una-nimité.«On est conscients que ça va soulever un débat», dit le président du CESP, André Lacroix.Même si «la fluoration [.] se fera contre la volonté d’une partie de [la population]», le comité conclut que «les bénéfices sont plus importants que les potentiels effets négatif sur la santé et l’environnement», ce qui justifie un «accroc à la liberté de choix».Le Devoir Bilan du congrès CIVICUS La collaboration augmente l’impact de la société civile LOUIS-GILLES ERANCŒUR La société civile marque des points grâce à la collaboration croissante entre différentes sphères d’activités, comme avec les écologistes, ou différents groupes sociaux, qu’ils soient urbains ou autochtones, ce qui augmente sensiblement son influence et sa capacité d’œuvrer à la construction d’un monde meilleur.Tel est le bilan que trace du récent congrès de CIVICUS à Montréal sa secrétaire générale, Ingrid Srinath.Ce congrès, qui a débuté samedi et s’est terminé lundi soir, a réuni à Montréal quelque 800 délégués de 128 pays, auxquels se sont ajoutées plusieurs centaines de participants d’ici.Ce congrès, ajoute Ingrid Srinath, a permis de «faire tomber les murs et d’approfondir le dialogue entre les acteurs, les régions et les communautés linguistiques».«Durant l’assemblée, dit-elle, nous avons observé des points de convergence entre plusieurs pro- blématiques — de la justice climatique à la protection des espaces démocratiques — à travers les discussions entre individus, groupes ou coalitions.[.] Dans un cantate de répression physique et législative croissante, la société civile fait preuve d’une volonté de collaboration accrue sur une variété d’enjeux, qu’il s’agisse de négociations internationales sur le climat, de l’appropriation de nouvelles technologies ou de l’architecture de l’aide internationale.» Qrganisé par l’Institut du Nouveau Monde, cet événement qui réunit la société civile, a aussi témoigné, selon Mme Srinath, «d’une prise de conscience croissante de ses menaces internes, en particulier de la déconnexion des organisations de la société civile vis-à-vis des mouvements spontanés de citoyens à travers le monde.Les délégués ont pris au sérieux l’insatisfaction des citoyens du monde entier qui font entendre leurs voix de toutes les façons possibles, ce qui stimule la recherche de nouvelles idées et solutions.» Le Devoir H AL FAX VANCOUVER WINNIPEG v: ^Oli - 7 - 7 fcC ] [• aircanada.com Service aux personnes malentendantes (ATS ): 1800 361-8071.Des frais s'appliquent au deuxième bagage enregistré pour certaines destinations.Les billets doivent être achetés au plus tard le 15 septembre 2011.Dates de départ telles qu’indiquées ci-dessus.Les taxes, les redevances et les autres frais et suppléments ne sont pas inclus.Les billets sont remboursables, moyennant des frais de 200$.Les tarifs sont en vigueur au moment de la publication et applicables aux nouvelles réservations seulement.Le nombre de places est limité et fonction de la disponibilité.Les tarifs peuvent différer selon les dates de départ et de retour.Dates d'interdiction : cette offre n’est pas valable pour les voyages au départ de l’Amérique du Sud vers le Canada entre le l®"" et le 10 janvier 2012.L’achat à l’avance peut être requis.Les tarifs sont sous réserve de l'approbation du gouvernement.Des restrictions quant aux jours, aux heures et aux vols peuvent s'appliquer.Un séjour minimal ou maximal est requis.À moins d’avis contraire, les vols peuvent être assurés par des appareils d'Air Canada ou des transporteurs aériens Air Canada Express^® (Jazz Aviation LP, Central Mountain Air.Sky Regional Airlines Inc.Air Georgian ou Exploits Valley Air Services Ltd.).*^^Air Canada Express est une marque de commerce d’Air Canada. A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 EDITORIAL Démocratisation La culture hors les murs A Montréal, le très attendu Quartier des spectacles n’est plus un projet, ni un rêve — et Dieu merci, il n’est plus vraiment un chantier.En cette rentrée culturelle, on invite la population à fouler ses moindres recoins, et ce quartier donne déjà un aperçu de ce qu’il promet de meilleur: une rencontre aisée entre la culture et les citoyens.P Marie-Andrée Chouinard endant que Kent Nagano dirigeait avec une émotion unique ses troupes de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) dans leur nouvelle demeure, un autre gratin que le club sélect bien assis à l’intérieur se délectait de l’événement dehors, sous une fraîche brise.Projeté format géant sur un des murs de la Maison symphonique de Montréal, le maestro a conquis le public du dedans, mais ravi aussi celui du dehors.Voilà une réussite grandiose.L’avenir dira si ce public de l’extérieur, ainsi que celui qui a répondu présent aux portes ouvertes orchestrées par l’OSM, continuera de remplir la salle en passant d’abord par la billetterie.Non seulement la musique classique n’attire-t-elle pas les foules, mais l’accès aux concerts n’est pas aisé, question de prix.Il était donc d’autant plus réjouissant de constater l’enthousiasme et la fierté s’emparer de la population au moment de l’inauguration de cette salle.Notons-le, la touche Nagano n’est certes pas étrangère au phénomène.Tout en simplicité, le chef a réussi à rapprocher son art du grand public.La tâche n’était pas mince.L’un des axes principaux de la politique culturelle du Québec est précisément l’accès et la participation des citoyens à la vie culturelle.S’il reste d’immenses pans de cette démocratisation qui demeurent en friche, comme l’extrême fragilité des liens entre culture et école (pourtant l’incubateur parfait pour faire germer les consciences culturelles), des pas de géant sont franchis pom faire de la pédagogie culturelle au cœur des rues.Et le tout, dans une ambiance de fête! Le Quartier des spectacles, à cet égard, suscite un mélange d’excitation et d’espoir.Rare engagement concret tiré du Sommet de Montréal de 2002, le Quartier des spectacles s’ouvre sur le «monde», au sens public du terme.Du Quartier latin au Quartier des spectacles, l’arrivée inopinée cette année de l’événement OUMF a fait la démonstration qu’il y a encore de l’espace pour le festival à Montréal, zone qu’on croyait pourtant saturée.Littérature, arts visuels, cinéma, musique et savoir: la culture s’est déclinée sur tous les tons, se répandant dans les rues.La fin de semaine dernière, fe tout a culminé avec fe Marathon des arts, une réunion des grandes institutions culturelles de Montréal descendues sur le macadam pour tendre la main aux citoyens.Fin septembre, les Journées de la culture célébreront leur 15® édition.On se rappelle tout le scepticisme qui entourait à l’époque la toute première de cet événement incarnant la démocratisation de la culture.Le premier ministre Lucien Bouchard avait donné le feu vert à cette célébration inspirée de fêtes du genre en Europe, soulignant l’importance de la culture, cette «âme du peuple».Cette année, c’est jusque dans les sous-terrains de Montréal, via Métro Arts, que les artistes s’afficheront pour le plaisir de la galerie.Ce rendez-vous est devenu un incontournable.La culture hors les murs.C’est le compromis auquel les institutions et les groupes culturels ont raison de consentir pour titiller la curiosité des spectateurs, espérant qu’ils passent ensuite le seuil de leurs établissements.Certains ne le feront jamais, question de moyens.Le Cirque du Soleil en famille, la dernière tournée des Grands Ballets, le concert enfants de l’OSM: c’est un bain de culture inaccessible, que ces groupes font bien de compenser en donnant une petite part d’eux-mêmes dans la rue.Cette ébullition précédée d’investissements publics imposants prend forme alors que le milieu culturel tremble à l’idée de nouvelles compressions pressenties du côté fédéral, le tout appliqué à la manière habituelle, c’est-à-dire totalement arbitraire.Le retrait brutal de sa subvention au Festival international de littérature (FIL) est l’illustration parfaite du type de tyrannie exercée par Patrimoine canadien sur des groupes qui, s’ils subissent fa saignée financière venue d’en haut, ne pourront plus rendre au public fa culture qui fui revient, ni dedans, ni dehors.machouinard@ledevoir.corn LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO Il gAWA fgr/TRtPoti AlA AAOINS otiîirV£UmS%S Uft pu Dix ans d’occasions ratées 48 heures après fe 11 septembre 2001, je demandais «Et si la réponse n’était pas dans les représailles?» et proposais une riposte autre que fa violence à cet acte terroriste si choquant pour nous (texte complet en attaché).D’une manière peu surprenante, nos dirigeants ont plutôt opté pour fa «guerre au terrorisme», y dépensant pour fe seul Canada 92 milliards de dollars en 10 ans, sans que le terrorisme soit pour autant vaincu, que l’Afghanistan ou l’Irak soient devenus des démocraties ou que notre sécurité globale soit vraiment mieux assurée.Entre-temps, des dizaines de milliers de personnes sont mortes, la pluparf victimes civiles innocentes collatérales, les États-Unis sont au bord de la faillite économique, l’influence iranienne croît au Moyen-Orient, le «printemps arabe» prive graduellement l’Occident de ses principaux alliés dans les pays pétroliers et la protection des droits fondamentaux, l’un des fondements de nos démocraties, a beaucoup régressé depuis 10 ans.C’est le fruit inévitable de la violence et de la confrontation, qui s’attaquent aux conséquences à court terme, plutôt qu’aux causes à plus long terme.Ça rapporte plus de votes, mais construit moins de paix.Le comprendrons-nous un jour?Dominique Boisvert Montréal, le 12 septembre 2011 L’autre 11-Septembre Dimanche dernier, le monde entier — ou presque — n’en avait que pour les commémorations des événements du 11 septembre 2001.Moi, le 11 septembre qui me vient à l’esprit chaque année est celui de 1973.Rap- LETTRES pel des faits: coup d’État au Chili perpétré par im certain Auguste Pinochet, qui renverse par les armes le gouvernement de Salvador Allende élu démocratiquement Résultat on estime aujourd’hui à plus de 5000 le nombre de civils disparus sous la férule de Pinochet Ça, c’est 2000 victimes de plus que le World Trade Center, gracieuseté non pas d’al-Qaïda, mais de la CIA américaine sous f’impufsion du secrétaire d’État de l’époque, fe criminel Henry Kissinger.Y a-t-if un «Ground Zéro» pour les 5000 Chiliens disparus?Une vie chilienne vaut-effe moins qu’unç vie américaine?Encore chanceux que l’État chilien n’ait pas les capacités militaires pour déclencher une guerre contre fe terrorisme.américain.Aux commémorations des victimes du 11 septembre 2001 devraient s’ajouter des excuses officielles au peuple chilien.Marc Beaudoin Val-d’Or, le 12 septembre 2011 Pierre Curzi, comédien Les photo^aphes font des affaires d’or chez les partis indépendantistes, car les portraits de famille se suivent et ne se ressemblent pas au PQ et au Bloc.On retrouve également la même effervescence chez les installateurs de portes tournantes; l’indice de haute circulation s’annonce pour l’automne.Parmi les adeptes de l’évasion politique, Pierre Curzi n’a rien perdu de ses cours d’art dramatique en nous servant un numéro de prestidigitation peu commun: il part sans jamais avoir voulu partir puisqu’il désire se faire élire chef du PQ.Il faut le faire, me direz-voqs! Énonçant le droit de contester des citoyens sur le projet de loi 204, comme le hé- ros qui défend la veuve et l’orphelin il devient soudainement aveugle sur l’élite influente bien nantie qui décide de faire bâtir une salle de concert pour l’OSM.Pendant ce temps, l’est de Montréal devient le paradis des taudis, de la négligence et de la laideur.De plus, la langue anglaise domine largement sur le français et l’industrie de la construction se transforme en industrie de la collusion.Comment Pierre Curzi, s’il est sérieux, peut-il devenir aveugle et muet en un temps record?Aurait-il atteint ses limites politiques?Michel Beaumont Québec, le 12 septembre 2011 SOS Richelieu Je suis une des sinistrés de Saint-Jean-sur-Richelieu, et j’aimerais mettre à l’honneur l’association SOS Richelieu, spécialement Michel Fecteau, le directeur des ventes du concessionnaire Toyota Dery du boulevard Séminaire dans notre ville, ainsi que le Club optimiste Saint-Eugène.Grâce à eux, j’ai pu offrir une rentrée décente à mes enfants, surtout à ma grande qui entre en 6® année du primaire.Grâce à SOS Richelieu, j’ai pu acheter des vêtements neufs pour sa rentrée et surtout pour l’hiver qui arrive.Grâce au Club optimiste, ma fille a eu tout son matériel scolaire, et ce, jusqu’au sac à dos! Merci aux commanditaires sans qui tout cela n’aurait pas été possible, car à ce jour, nous n’avons toujours pas d’indemnisation du gouvernement; il faut dire que nous n’avons même pas encore eu la chance d’avoir la visite d’un inspecteur pour constater les dégâts! Clin d’oeil également aux bénévoles qui nous ont aidés à ramasser les sacs! Khadija Hamdatii Saint-Jean-sur-Richelieu, le 12 septembre 2011 LIBRE OPINION Sylvain Pagé, ou l’espoir contagieux ISABELLE MARQUIS Québec Depuis quelques années maintenant, j’ai tenté plusieurs fois de m’intéresser à l’univers politique.Soit par conscience sociale, ou juste par curiosité.Malheureusement, chacune de mes tentatives s’est soldée par une certaine désillusion.A certaines demandes pourtant claires, toujours en guise de réponse des phrases bien tournées et dénuées d’audace (et parfois même de sens).Une ligne de parti bien sentie, allant jusqu’au mépris automatique des idées avancées par les adversaires, juste par principe.Investie d’un désir de me retrouver au cœur de l’action, j’ai assisté récemment à une période de questions à l’Assemblée nationale.Quelle ne fut pas ma stupéfaction de constater que le «spectacle» télévisé que l’on nous sert est encore plus désolant dans la réalité.L’indiscipline et l’arrogance régnent en maîtres.Tous les coups sont permis et, du même coup, les vrais enjeux et l’écoute sont évacués au profit de guéguerres de partis et d’éternelles autocongratulations.Mais voilà que se présente Sylvain Pagé, député de Labelle, avec son «Manifeste pour une nouvelle culture politique».Au premier abord, on aurait pu croire à une autre séance de destruction gratuite ou de règlement de compte.Intriguée, j’ai décidé de prendre le temps d’écouter ce que Pagé avait à dire.J’ai lu le manifeste, j’ai pris le temps de vraiment considérer ce qu’il avait écrit et, sincèrement, j’ai été non seulement saisie par l’audace et le courage de ce qu’il avance, mais également par le ton avec lequel il transmet ses idées: clairement et calmement, en ne cherchant pas de coupable.Il dénonce des faits et non des gens.Des attitudes, non des partis.Il appelle à un éveil, des gens et des politiciens, puisque pour lui aussi, ça a trop duré.Que Sylvain Pagé puisse poser ce regard en profondeur sur nos mœurs politiques devrait en interpeller plusieurs.Il a de l’expérience et comprend la joute.Il ne s’est certainement pas levé un matin en se disant: «Bon, renversons le système!» C’est sans doute à la suite de plusieurs observations, conversations et aussi avec humilité qu’il a réalisé que bien des aspects de notre système en place minaient le vrai rôle des élus, peu importe leur allégeance: la défense des citoyens et l’amélioration de leur qualité de vie.M.Pagé ne fait pas que dénoncer; au contraire, il suggère.Il invite même le peuple québécois et ses collègues parlementaires à discuter de son travail, à proposer autre chose s’il le faut: il n’impose pas sa pensée, il la transmet tout simplement, il lance un appel à l’éveil.[.] Sylvain Pagé n’est sûrement pas le seul à penser ainsi et c’est avec plus de démarches comme la sienne et des échanges vrais et désintéressés qu’il sera possible de sortir du marasme, de la vieille pensée qui pousse les politiciens de chez nous à constamment vouloir épargner la chèvre et le chou, de considérer qu’un mandat, c’est un intermède entre deux élections.En se faisant demander s’il ne croyait pas courir le risque de frapper un mur avec son manifeste, le député de Labelle a honnêtement répondu que c’était possible.Bien sûr que ça l’est.Par contre, s’il ne prenait pas ce risque, il poursuivrait sa carrière en sachant très bien qu’il aurait pu faire quelque chose, sans jamais oser.Il ose maintenant et bien sûr, ça dérange, bien sûr, ça indispose les instances en place puisqu’en ne brassant pas trop les cartes, chacun conserve ses acquis et peut continuer son petit bonhomme de chemin.Il le sait certainement, mais ça ne l’a pas empêché d’aller de l’avant.Ça ne signifie pas que chacune des idées amenées dans le manifeste doit être réalisée, ça veut simplement dire que pour une fois, des concepts nouveaux et rafraîchissants nous sont proposés et qu’il ne faut pas détourner le regard simplement parce qu’on n’a pas la volonté d’y donner suite.Si une personne se réveille et se met à parler au milieu d’une foule qui somnole, ça indispose, ça choque, ça irrite, ça bouscule l’ordre établi.Ce que le député de Labelle semble vouloir nous dire avec ses mots, c’est que nous nous entêtons à répéter les mêmes erreurs, rassurantes et confortables, pour nous épargner la charge verti^neuse de l’action et de la prise de conscience.Encore une fois, il n’accuse personne, il pose un constat, un regard franc sur un univers qu’il connaît bien, depuis bientôt 10 ans.Que ses collègues, tous partis confondus, se montrent frileux après sa sortie ne m’étonne guère.Ce que je souhaite, par contre, c’est que ceux et celles qui abondent en son sens aient le courage de se manifester, de conclure, tout comme lui, que le cirque a assez duré.Rien n’est plus faux que de croire qu’un parti politique est l’unique détenteur des bonnes idées et que tous les autres font fausse route.Cette porte de sortie rend le discours et les démarches vides, stériles, voire inutiles.Se contenter de qualifier Sylvain Pagé d’utopiste ne serait qu’une tentative de le discréditer aux yeux des Québécois et de ses pairs afin de ne pas trop faire de va^es.Facile de dire qu’une chose est impossible, alors qu’on n’a simplement pas envie de la faire.Le journaliste Éatrick Lagacé a déclaré, le 26 août dernier, que «notre devise, Québécois, ne devrait pas être ‘Je me souviens”.Ce devrait être “On s’y fait”».Voici donc l’occasion de proclamer que, pour nous aussi, c’est assez.J’implore Sylvain Pagé de poursuivre sa quête avec détermination, afin que ceux qui ont également envie de bénéficier d’un système politique plus ouvert et plus sain, tant au sein de la population que des «familles» politiques, puissent se manifester et se joindre à lui.Je suggère fortement aux citoyens du Québec de lire attentivement le manifeste.Libre à chacun de le contester au besoin, ou même de le bonifier, mais à tout le moins d’en prendre acte.Il appartient à chacun de nous de contribuer à l’amélioration de notre système et donc, de notre propre sort.M.Pagé, votre cran et votre audace m’ont non seulement redonné le goût de prendre au sérieux mon rôle d’électrice et de citoyenne active, mais de le faire avec conscience et conviction.Pour être la voix, il faut d’abord savoir écouter et vous semblez l’avoir très bien compris.Merci. LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 A 11 IDEES Michel Doré 1941-2011 Un sociologue dans l’action Michel Doré a accepté, à ma demande, de rédiger il y a quelques mois le texte «Un sociologue dans Vaction», Cet autoportrait professionnel doit paraître en septembre prochain dans Pouvrage Profession, sociologue que je signe et qui est publié par Les Presses de PUniversité de Montréal, frétais loin de penser que ce serait son testament! Faire connaître ce beau texte, alors qu^il n^est plus, est le plus bel hommage et aussi le meilleur témoignage d^amitié que je puisse lui rendre.J^ai connu Michel il y a une quarantaine d^années, alors que nous étions tous les deux étudiants en sociologie à PUniversité de Montréal.Nous avions aussi fondé, avec quelques autres amis, la trop éphémère revue Anthropolitique (du titre d^un ouvrage d^Edgar Morin, Pour une anthropololitique de rhommé).Puis nous avons étudié à Paris, lui avec Alain Touraine, moi avec Pierre Bourdieu.Je me suis orienté vers Penseignement et la recherche, et lui, vers Paction politique et syndicale.Dans «Un sociologue dans Vaction», on revoit Michel Doré, le permanent syndical et le militant qui s^est engagé dans les grands débats qui ont divisé la société québécoise au cours des dernières décennies: indépendantisme, réorganisation du travail, santé-sécurité au travail, etc.On y découvre les raisons qui Pont amené à consacrer sa vie professionnelle à la critique de la société néolibérale, à Porganisation de la défense des travailleurs et à Pélabo-ration de solutions et de programmes pour assurer une plus grande justice sociale et une plus grande égalité entre tous et toutes.Son dernier combat, si on peut utiliser ce terme devenu vieillot, fut celui du renouvellement de la social-démocratie.Michel fut à la fois un homme d^action et de réflexion, un homme de convictions et de dialogue.Un homme aussi d^une grande générosité, d^amitiés fidèles, d^une vaste culture politique, littéraire et musicale, et qui aimait beaucoup la vie, la «bonne vie».MICHEL DORE Sociologue et ^-conseiller syndical à la CSN tudier la sociologie au début des années 60 constituait la suite normale de mon engagement dans la plupart des causes collectives liées à la Révolution tranquille.Mes années d’étude et mon poste d’assistant de recherche n’ont fait que confirmer davantage ma volonté d’associer réflexion sociologique et action.J’ai pu retrouver ce même engagement dans les grandes transformations de la société d’alors chez plusieurs de mes professeurs de l’Université de Montréal.De retour au Québec après des études de doctorat en France avec Alain Touraine, sociologue du travail et des mouvements sociaux, j’ai rapidement fait un choix.Plutôt que d’aller du côté de l’enseignement comme le faisaient bon nombre de mes amis, j’ai choisi d’œuvrer dans les quartiers populaires pour contribuer à mettre en place les premiers comités de citoyens par l’entremise du Conseil de développement social.Un an plus tard, je passais à la CSN d’abord au Service de formation, puis au Service de la recherche.J’ai été par ailleurs le premier sociologue embauché par la centrale.sociologie devait selon moi contribuer à changer le monde au plus près des mouvements sociaux.Au début des années 70, l’action syndicale prenait beaucoup de place au Québec.Les premières négociations dans le secteur public avaient donné lieu à de graves affrontements avec l’État et à l’emprisonnement des chefs syndicaux.Les grèves face aux compagnies multinationales étaient longues et souvent violentes.La CSN se définissait comme anticapitaliste et socialiste.Je reçus comme mandat de la direction de la CSN de reconstruire le Service de formation, sérieusement affecté par la scission de la CSD en 1972.Il fallait notamment produire de nouveaux outils de formation, former un réseau de formateurs dans toutes les régions et les fédérations.Marcel Fournier Professeur de sociologie à IVniversité de Montréal dispenser les connaissances techniques et politiques à des milliers de militants et à plusieurs centaines de conseillers syndicaux.Je donnais de la formation aux travailleurs en grève.J’agissais aussi comme conseiller auprès de la direction de la CSN sur diverses questions.Réorganisation du travail Mon affectation au Service de recherche dix ans plus tard n’a pas substantiellement changé mon travail.La CSN prenait alors part à tous les débats d’une société en pleine mutation: la question nationale et les deux référendums sur la souveraineté, la révolution féminine, l’apparition des nouvelles technologies informatisées qui modifiaient les conditions de travail et de vie, etc.Les liens avec l’État se transformaient avec la tenue des sommets socio-économiques, la multiplication des commissions parlementaires, la complexification des négociations dans le secteur public.Au milieu des années 80, avec tous les changements de société, partout dans le monde, le syndicalisme industriel était en crise.Il fallait donc adapter nos objectifs aux nouvelles réalités de l’emploi et du travail.Il fallait aussi redéfinir nos stratégies dans un contexte de mondialisation de l’économie, de montée des politiques néolibérales et de remise en question du rôle de l’État.Comme sociologue du travail, j’ai toujours eu à cœur, et ce, plus particulièrement au cours de mes 15 dernières années à la CSN, la réorganisation du travail et l’implication des syndicats et des salariés dans celle-ci.Il s’agit d’un sujet qui a beaucoup été débattu dans les organisations syndicales, qui a donné lieu à beaucoup d’expérimentations et qui est encore très actuel L’enjeu a toujours été de réconcilier les objectifs de productivité et de qualité des produits et services dans le secteur manufacturier et les services publics avec l’amélioration de la qualité de vie et de la démocratie au travail, l’accession des salariés à de nouveaux droits.J’ai produit la plupart des documents de la CSN sur cette question et j’ai pris part à de nombreuses démarches de réorganisation du travail.Une façon très stimulante de lier la théorie à l’action! Profession nécessaire Dès le début et tout au long de ma carrière à la CSN, j’ai constaté que nous étions incapables avec nos moyens limités de répondre à tous les besoins de recherche et de formation générés par l’action syndicale, souvent sur des questions fort complexes comme la santé-sécurité au travail.J’ai donc consacré une bonne partie de mon temps à faciliter et à organiser avec d’autres les transferts de connaissances entre les organisations syndicales et populaires et les universités.Une expérience particulièrement riche qui, de surcroît, a souvent entraîné des changements dans les contenus d’enseignement et les thèmes des recherches universitaires.En somme, ma carrière à la CSN a renforcé ma conviction que la profession de sociologue doit être plus que jamais un élément critique d’une société qui fait face à de nouveaux défis, que ce soit dans les tâches d’enseignement et de recherche ou dans les débats sociaux et dans l’action.Évaluation des enseignants Pour sortir du cul-de-sac créé par François Legault JEAN-PIERRE PROULX Journaliste et professeur retraité Il e débat sur l’évaluation des ensei- Lgnants lancé par la coalition de M.François Legault s’est enfermé dans un cul-de-sac.C’était fatal: il en a fait une affaire de «performance» qu’il a liée au surplus à la rémunéra- tion.Or, l’évaluation est une question professionnelle qui doit être et peut être résolue par et pour les professionnels.Commençons par quelques observations et l’énoncé de quelques principes.C’est sottise que d’évaluer les enseignants en fonction des résultats des élèves.Ceux-ci dépendent en partie des enseignants, mais surtout d’un ensemble de facteurs parmi lesquels la condition socio-économique des parents est souvent déterminante.Les syndicats estiment que l’évaluation de leurs membres ne peut que donner lieu à l’arbitraire patronal.Cette vision découle de ce qu’on la conçoit à travers le rapport employeur-employé alors que l’enseignement est d’abord un acte professionnel.Aux ordres collégial et universitaire, il existe une autre culture.A l’université, l’évaluation des professeurs est institutionnalisée.Les pairs y participent tout comme les étudiants.Au collégial, la Commission d’évaluation est à l’œuvre depuis plusieurs années.Sans transposer ces pratiques aux écoles pri- La recherche de la qualité de l’éducation est une responsabilité partagée par l’État, les employeiu-s directs et, bien sûr, par les enseignants eux-mêmes maires et secondaires — on ne le pourrait, du reste —, cette expérience démontre que l’évaluation des enseignants est néanmoins une chose Msable.La recherche de la qualité de l’éducation est une responsabilité partagée par l’État, les employeurs directs qui doivent fournir à cet égard les moyens adéquats et, bien sûr, par les enseignants eux-mêmes.Être professionnel, c’est être autonome dans le choix des moyens liés à son domaine d’activités, et donc en même temps être «responsable» de ses actes, c’est-à-dire de pouvoir en «répondre».L’éducation visant à la fois le bien des élèves et le bien commun, les frontières de la responsabilité professionnelle des enseignants doivent être tracées ultimement par le législateur.Deux conséquences principales découlant de tout cela ¦ Il faut affirmer la responsabilité première des enseignants à l’égard de leur propre évaluation comme étant une dimension intrinsèque de leur statut de professionnels; ¦ cette évaluation doit porter sur la qualité de leurs activités professionnelles elles-mêmes et non à travers les résultats de leurs élèves.Or à cet égard, on ne part pas de rien.Il existe déjà bien des points de repère.Ainsi, depuis 2001, le Québec s’est donné un référentiel de compétences des enseignants.J’en retiens une, à titre d’exemple.Elle est d’ailleurs centrale: «Piloter des situations d’enseignement-apprentissage pour les contenus à faire apprendre, et ce, en fonction des élèves concernés et du développement des compétences visées dans le programme de formation.» La Loi sur l’instruction publique prescrit encore huit devoirs et définit plusieurs de leurs fonctions.Ainsi, il est du devoir de tous les enseignants «de prendre les mesures appropriées pour maintenir un haut niveau de développement professionnel».Bref, il doit assurer sa formation continue.Et c’est sans compter aussi les tâches énoncées dans les conventions collectives.Autoévaluation Il ne fait pas de doute que chaque enseignant peut d’abord s’autoévaluer par rapport à la qualité de la mise en œuvre de chacune de ses responsabilités et en rendre compte honnêtement auprès de son supérieur.Il appartient ensuite à ce dernier de lui assurer une rétroaction tout aussi honnête, en reconnaissant à la fois l’excellence des uns ou en apportant le soutien nécessaire à celui dont le dossier apparaît plus faible et en redressant, le cas échéant, ce qui doit l’être.Ce n’est pas le lieu d’entrer ici dans les détails de la mécanique.A cet égard, je propose que le ministère de l’Education forme un groupe de travail composé majoritairement d’enseignants, mais aussi de directeurs d’établissement et de parents.Ils forment indiscutablement les trois corps directement intéressés.Il les nommerait sur proposition ou après consultation des associations qui les représentent.Le mandat premier de cette commission serait de préparer un modèle fonctionnel d’évaluation après avoir mené les recherches appropriées et consulté tous les intéressés.Il ferait ensuite ses recommandations au ministre qui les soumettrait après au débat public, et ultimement à une commission parlementaire.Pour la suite des choses, il serait fort heureux que l’on donne suite à la recommandation que formulait le Conseil supérieur de l’éducation dans son avis de 2004 sur la profession enseignante, laquelle, à ce jour, est malheureusement, restée lettre morte.Il recommandait en effet «de confier à une commission indépendante le mandat de redéfinir les paramètres de la gestion de la profession enseignante, dans une perspective de professionnalisation et de valorisation.Cette commission devrait: a) être indépendante, c’est-à-dire formée de personnes qui ne sont pas liées par une obligation de représentation; h) être multipartite, mais formée d’une majorité d’enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire».l JOHN MACDOUGALL AGENCE ERANCE-PRESSE Un enseignant dans une classe du primaire.L’éducation visant à la fois le bien des élèves et le bien commun, les frontières de la responsabilité professionnelle des enseignants doivent être tracées ultimement par le législateur.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec)¥ahier\ DegliseésocîéféJ, Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel Damd(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; informationéconomique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy TaiWeieY(reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques^, Emilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier, Étienne Plamondon-Émond (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)', Geneviève Tremblay et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec) .PUBLICITE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fîlion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTEÎIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Fîlion, Marie-Lune Houde-Brisebois Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 12 LE DEVOIR, LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011 ACTUALITES IMMIGRATION SUITE DE LA PAGE 1 «Le pointage, c'est quelque chose qui peut nuire à ces couples dans Vintimité», a souligné la présidente du CSF, qui a dit reprendre une observation de la chercheuse Marie-Thérèse Chi-cha.«Quand l’homme dit: “C’est moi qu’ils sont venus chercher, moi qu’on a choisi.Donc, moi, je vais essayer de m’intégrer, c’est moi qui vais suivre des cours, c’est moi, moi, moi.”A ce mo-ment-là, la femme doit tout faire pour lui, a expliqué Julie Miville-Dechêne.Il faut s’assurer que les femmes aient les moyens de dire: moi aussi, j’existe.» Dans son mémoire, le CSF cite le Lobby européen des femmes, qui juge que les droits et les besoins des femmes immigrantes sont ignorés dans le débat politique sur Timmigration.«Ceci ne fait que renforcer les rôles femmes-hommes et le schéma patriarcal qui confinent les femmes dans leurs rôles familiaux traditionnels», signale l’organisme européen.Julie Miville-Dechêne craint d’ailleurs que des immigrantes et immigrants admis au Québec ne partagent pas les valeurs d’égalité entre les sexes même s’ils ont signé une déclaration par laquelle ils s’engagent à adhérer à certaines valeurs, dont le fait que les hommes et les femmes ont les mêmes droits.La présidente du CSF re- connaît que certaines cultures sont antiféministes.«On peut le dire», a-t-elle convenu.«Il y a des écarts, des fossés qui peuvent parfois être énormes entre la façon dont une femme se voit au Québec et une immigrante qui arrive, qui ne parle pas la langue, qui peut-être a une autre religion, qui rentre chez elle, qui n’arrive pas à communiquer.C’est des problèmes assez criants.» Certains immigrants peuvent toutefois se démarquer de la culture de leur pays d’origine.«Quelle que soit la culture dominante d’un pays, certains hommes et certaines femmes peuvent ou non la partager.Nous, ce qu’on dit, c’est qu’on cherche des requérants qui partagent ces valeurs-là, quelle que soit leur origine parce que ça commence à être beaucoup trop dangereux de dire: plutôt tel pays, plutôt tel pays.» «Dans ces sociétés, il y a des dissidents», a ajouté Julie-Miville-Dechêne en commission parlementaire.Divergence sur la question du «féminisme inclusif» Le CSF écrit dans son mémoire que «l’interculturalisme est d’ailleurs un modèle qui invite les femmes immigrantes à s’engager dans ce que le mouvement des femmes appelle le féminisme inclusif’, c’est-à-dire la promotion des droits de toutes les femmes du Québec par l’ensemble d’entre elles».Nommée il y a deux mois à peine à la tête de l’organisme, Julie Miville-Dechêne a précisé que cette notion d’interculturalisme vient de sa prédécesseure, Christiane Pelchat.Ce féminisme inclusif, la nouvelle présidente ne veut pas «rentrer là-dedans».C’est «une valeur beaucoup^ trop particulière, précise» pour l’imposer aux immigrants.«On en reste à l’égalité hommes-femmes, a-t-elle affirmé.Ce n’est pas non plus la réalité au Québec en ce moment: on ne peut prétendre que toutes les Québécoises adhèrent au féminisme inclusif.» La grille de sélection employée par le MICC est discriminatoire envers les femmes sous un autre rapport: elle accorde beaucoup d’importance aux travailleurs qualifiés pour des emplois qui, en majorité, sont traditionnellement masculins.«On reproduit avec une grille de sélection sexiste les mêmes inégalités pour les nouvelles arrivantes que celles que vivent les Québécoises», écrit le Conseil.Pour le CSF, «l’absence quasi totale d’inscription des enjeux relatijs aux femmes immigrantes dans la planification 2012-2015 se reflète non seulement par le fait qu’il n’y a pas de données sexuées, mais aussi en occultant complètement les contraintes de l’immigration spécifiques aux femmes.Ce constat est d’autant plus confondant que leur situation est particulièrement inquiétante à maints égards».L’organisme propose de soumettre la sélection des immigrants à une analyse différenciée selon les sexes (ADS) et en fait sa principale recommandation.Le Devoir KABOUL SUITE DE LA PAGE 1 subi que de légers dommages.Les forces afghanes et celles de l’OTAN ont combattu conjointement les insurgés islamistes, qui ont aussi visé le centre des Services afghans de renseignement.Les échanges de tirs, qui ont débuté en après-midi, heure locale, se sont poursuivis dans la ville jusqu’en soirée.Mais à minuit, la zone n’était toujours pas sécurisée.«La police fouille le bâtiment, un ou deux assaillants sont encore en vie» et «jettent des grenades», a déclaré à l’AFP Siddiq Siddiqi, un porte-parole du ministère de l’Intérieur.Le commando qui a ouvert le feu sur le quartier des ambassades — les autorités rapportent qu’ils étaient cinq — se trouvait tout en haut d’un bâtiment en construction.Un porte-parole du groupe, Zabihullah Mujahid, a déclaré que les assaillants étaient armés de lance-roquettes, de vestes d’explosifs et de fusils d’assaut AK-47.La transition mise à mal Cette offensive des talibans survient en pleine période de transition en Afghanistan, deux jours après la commémoration des 10 ans des attentats terroristes du 11-Septembre.Les forces internationales se retirent tranquillement du pays, laissant le contrôle à l’armée et à la police afghanes.Le processus de transition s’achèvera en 2014.Certains analystes voient dans cette attaque une preuve que les autorités afghanes ne pourront maintenir l’ordre en Afghanistan.Le président afghan, Hamid Karzai, et le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ont tous deux affirmé qu’ils ne se laisseront pas ébranler par l’attaque de Kaboul.«L’ennemi fait tout ce qu’il peut pour freiner ce processus de transition», sans pouvoir «l’empêcher», a déclaré Hamid Karzai.La Maison-Blanche a indiqué que les membres de la mission américaine en Afghanistan demeureront en poste et qu’ils traqueront les combattants qui ont mené l’opération à Kaboul.«Nous serons vigilants, mais nous allons continuer» à travailler dans le pays «avec un engagement encore plus fort», a dit Hillary Clinton.Ces derniers mois, des kamikazes avaient réussi à entrer dans des endroits placés sous haute surveillance, comme un hôpital militaire de Kaboul et le ministère afghan de la Défense.Il y a près d’un mois, des insurgés prenaient d’assaut le siège du British Council à Kaboul.Samedi dernier, un attentat suicide revendiqué par les talibans a eu lieu près d’une base de OMAR SOBHANI REUTERS Des policiers afghans transportent le corps d’un des deux kamikazes qui ont été abattus et qui ont explosé, hier, à proximité de deux casernes de police, dans l’ouest de Kaboul, au cours des attaques coordonnées qui ont été revendiquées par les talibans.l’OTAN dans le centre de l’Afghanistan.Au total, l’offensive a fait 77 blessés chez les militaires américains, ainsi que 4 morts et 14 blessés parmi la population civile.«Tentative désespérée» Selon le professeur de sciences politiques à l’Université Concordia Julian Schofield, les attaques survenues hier à Kaboul sont mineures.«C’est une tentative désespérée des talibans de montrer qu’ils ne sont pas morts encore.C’est mineur, mais ça indique tout de même qu’ils sont prêts à risquer leur vie.» C’est certainement un signe de faiblesse des talibans, estime le professeur, rappelant que le groupe est sous pression puisqu’il manque de ressources financières.«Typiquement, quand les talibans sentent qu’ils gagnent [la guerre], il n’y pas de violence, car ils travaillent à établir des bases dans les villages du pays.C’est seulement quand ils sentent qu’ils perdent qu’ils attaquent», surtout dans les grandes villes, où ils trouvent moins d’appui.Le professeur agrégé au Collège militaire royal du Canada Walter Dorn rappelle que les événements d’hier démontrent cependant que «les insurgés afghans peuvent cibler même les régions les plus lourdement fortifiées du pays [dans une] opération sophistiquée comportant un degré élevé de coopération avec des locaux pour traverser les points de contrôle avec des armes.Pour certains, cela veut dire qu’on ne peut négocier avec les talibans, mais pour moi, c’est une preuve de plus que la négociation est nécessaire pour amener la paix dans ce pays déchiré par la guerre», indique M.Dorn.Le Devoir Avec rAgence France-Presse, rAssociated Press et le New York Times ARTISTES SUITE DE LA PAGE 1 il a besoin d’importantes rénovations, que le spectacle de lundi pourrait aider à payer.Reste que vieillir est cruel, et peut-être encore plus pour ceux qui ont toujours vécu de la passion populaire.En marchant dans les corridors du CNDA, on dépasse l’appartement de Blandine Albert, ancienne ballerine septuagénaire, encore capable de lever la jambe haut dans les airs, paraît-il, mais ayant perdu presque la totalité de la vue.«On est un peu le chez nous des artistes oubliés», reconnaît, avec une pointe de chagrin dans la voix.Terri Vanier.Pourtant, dit-elle, plusieurs artistes du CNDA ont encore la capacité de chanter, de jouer, d’écrire ou de peindre.Aussi, selon Yves Nadeau, les artistes vieillissants rêvent toujours du grand retour, celui qui les ramènera au faîte de la gloire qu’ils ont déjà connue.Et pourquoi ne pas rêver, voire réaliser ses rêves, au fond?Ils n’ont cependant sans doute pas tous le sens de l’autodérision d’une Terri Vanier, qui lance avec humour: «Je suis une vedet- te, mais il n’y a que moi qui le sais.» Quant à lui, Robert Daigneault, ancien caricaturiste du Journal de Montréal et du Petit Journal, semble parfaitement heureux dans son appartement du Chez nous des artistes, dont les murs sont ornés d’œuvres d’art.En fait, le Chez nous des artistes se donne trois missions: instaurer un climat qui donnera aux artistes le goût de continuer de créer, de transmettre leur savoir à une autre génération, et permettre une ouverture sur le monde.Tout cela n’est pas parfait, loin de là.Certains résidants ont dans le passé connu des problèmes de santé mentale, qui ont créé des tensions dans l’édifice.«Et puis, il n’y a plus d’artistes», dit tristement Terri Vanier.Yves Nadeau confirme que certains artistes, qui ont trimé dur toute leur vie pour maintenir leur carrière à flot, ont une certaine rancœur envers des phénomènes comme Star Academie, qui créent des artistes de «façon instantanée».«En même temps, ils aimeraient bien être les invités de Julie Snyder», lance-t-il.En fait, il y aurait encore sûrement de la place, à la télévision ou ailleurs, pour mettre en scène les artistes vieillissants.On voit immédiatement le changement d’humeur, de prestance, de gaieté, chez un artiste qui travaille, par rapport aux moments où il ne travaille pas, confirme M.Nadeau.Et cela, à n’importe quel âge de sa vie.Lundi soir, c’est Lucille Dumont, qui a aujourd’hui 92 ans, qui sera mise à l’honneur.Jean-Pierre Ferland, Diane Juster, Christine Chartrand, Marie-Denise Pelletier, Claude Stében, Michel Girouard et Renée Martel lui rendront en effet hommage.«Lucüle Dumont a formé environ 80 % de nos artistes chantants», dit Yves Nadeau.Et déjà, en 1985, Diane Juster et Luc Plamondon écrivaient la chanson Immortelle, qui lui est dédiée et qui célébrait alors le 50"^ anniversaire de sa carrière.Le Chez nous des artistes n’accueille que des personnes autonomes, qui n’ont pas besoin de soins particuliers.Aussi, certains artistes malades doivent-ils déménager ailleurs à un moment donné.Trois artistes du CNDA participeront au spectacle de lundi soir: Terri Vanier, Jimmy Bond, auteur de la chanson Tes Yeux, et John Harvey.Le Devoir RADIOACTIVITE « Que l’industrie minière pousse son message auprès des adultes, ça passe.Mais quand on vise les enfants et les enseignants, ça ne passe pas.» SUITE DE LA PAGE 1 avec, à l’intérieur, le sigle international du danger extrême lié aux radiations nucléaires.Pourtant, tout le site, qui se veut didactique, se veut une initiation.à la faible radioactivité.Depuis quelques jours, des médecins des organismes de santé publique de la Côte-Nord, des professeurs dans diverses régions et des scientifiques débattent de cette initiative qui, de l’avis général, «banalise» les risques associés à la radioactivité et même à la faible radioactivité.Plusieurs groupes semblaient hier se préparer à sortir sur la place publique, comme l’a laissé entendre Ugo Lapointe de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine (QMM), pour réclamer la fermeture des pages Web en cause sur le site du ministère.Pour la D’^'^ Isabelle Gingras, médecin, psychiatre et membre du Comité consultatif de santé publique de la Côte-Nord sur les risques de l’exploration et de l’exploitation de l’uranium, il s’agit là d’une édulcoration dangereuse de la radioactivité, même si on dit se confiner à la faible radioactivité, laquelle présente aussi des risques pourtant bien réels pour la santé.«On va, dit-elle, jusqu’à utiliser le sigle de Superman pour en faire insidieusement un symbole de santé et de force.C’est de la manipulation de cerveau chez de jeunes enfants de la fin du primaire et du début du secondaire.Si, en santé, on voulait faire un travail de sensibilisation sur une question semblable, on commencerait par présenter le pour et le contre sur une base factuelle.Je pense qu’on est en face d’un manque de jugement important de la part du MRNE, qui héberge sur son site Internet une vision qui confirme une fois déplus qu’il est là pour défendre l’industrie avant l’intérêt public.» Une réalisation du MRNF De son côté, Nicolas Bégin, l’attaché de presse du ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, explique que le questionnaire, le concours adressé aux jeunes et la journée portes ouvertes offerte aux jeunes durant le congrès annuel de Québec Exploration font partie d’un projet lancé sur le Web à la fin d’août.Ce congrès est organisé par le ministère des Ressources naturelles, en collaboration avec l’Association de l’exploration minière du Québec.Il s’agit, a-t-il précisé, d’une proposition de Québec Exploration, qui a voulu l’inscrire dans le volet éducatif du ministère.C’est ainsi que les pages Web controversées ont été réalisées par le personnel du ministère.L’initiative visait aussi à créer un intérêt pour les sciences de la Terre, en particulier la géologie, où on manquerait de main-d’œuvre.Selon l’attaché de presse du ministre Simard, «on a fait ce projet-là de bonne foi.On ne veut pas soulever la controverse et, au besoin, on reverra son contenu».Mais pour la coalition QMM, l’opération est véritablement «tendancieuse», car personne au ministère ne peut faire abstraction du contexte dans lequel cette initiative s’inscrit, en plein débat sur le nucléaire et sur la pertinence de l’exploration et de l’exploitation de l’uranium.Marc Nantel, qui préside le Syndicat de l’enseignement de l’Abitibi-Témiscamingue, dit que la découverte de ce site l’a «fait littéralement bondir» et qu’il enrage depuis, surtout de voir ça sur le site Internet d’un ministère qui «devrait avoir une vision plus pédagogique, plus équilibrée et plus scientifique des choses», n dénonce lui aussi comme «démagogique» la fusion du sigle international du risque d’irradiation et celui de Superman pour créer un symbole de santé et de force, et de symbiose avec la nature.«Que l’industrie minière pousse son message auprès des adultes, ça passe, dit-il.Mais quand on vise les enfants et les enseignants, ça ne passe pas.Il y a une forte tendance à utiliser les enseignants de la part des grands lobbys économiques pour rejoindre les enfants.Après L’Erreur boréale de Richard Desjardins, l’industrie par ici invite tous les ans les enseignants en forêt pour leur montrer à quel point c’est beau.Vous imaginez ce qu’ils montrent.» «Définition tronquée» Joint hier au téléphone, le professeur Normand Mousseau, du Département de physique de l’Université de Montréal, voyait dans ce projet une «manipulation de la vérité».Il est faux, sur le plan scientifique, de définir la radioactivité uniquement comme un rayonnement électromagnétique.Il y a aussi des particules alpha — deux neutrons et deux protons — dont les propriétés en font aussi partie et qui sont, en réalité, les éléments dont on tire l’énergie nucléaire.«Voilà une définition tronquée», dit-il, qui omet de préciser que le problème, c’est l’intensité du rayonnement, pas sa fréquence.On aurait dû ici, à son avis, exposer à tout le moins les risques d’exposition aux faibles radiations provenant du radon, des rayons X, des voyages en avion pour donner la mesure et la variabilité des risques de base.«On semble tordre la question dans le questionnaire adressé aux jeunes pour obtenir la réponse voulue, pour banaliser les risques éventuels», conclut le scientifique.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au telephone Par telecopieur 514-985-3346 514-985-3390 Le Devoir peut a 1 occasion mettre la liste d adresses de ses abonnes a la disposition au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050 rue De Bleury 9 1 imprimerie du Journal de Quebec 450 avenue Bechard Quebec qui est la propriété d organisations reconnues dont la cause les produits ou les 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