Le devoir, 15 septembre 2011, Cahier B
LE DEVOIR, LE JEUDI 15 SEPTEMBRE 2 0 11 SPORTS L’attaque du Canadien sera mieux équilibrée, selon Jacques Martin Page B 6 EMPLOI Le Canada s’opposera au protectionnisme des États-Unis Page B 3 ECONOMIE PERSPECTIVES i J Geraed Berube Douloureuse austérité Encore hier, les leaders européens (lire allemands) sont demeurés cantonnés dans leiu^ dis-coms politiques alors que dans le concret, l’austérité budgétaire poursuit son œuvre de démolition dans l’économie réelle.Avec près de deux ans de crise ayant frappé l’Irlande, pitis la Grèce, poiu- s’étendre au Portugal et menacer l’Italie et l’Espagne, avec ime récession cognant ime nouvelle fois aux portes des pays industrialisés, personne ne sent le besoin de constater l’échec de ses pobtiques de sortie de crise.Il est devenu évident que trois ans après la crise financière ayant pour origine officielle la faillite de Lehman Brothers, l’approche retenue s’avère inefficace.Les assouplissements monétaires ont plongé les économies industrialisées dans une trappe de liquidités, avec des banques centrales se retrouvant en manque de moyens devant cette nouvelle récession qui pointe.Pas de marge de manœuvre, non plus, du point de vue fiscal, avec tous ces gouvernements, aveuglés par la pression des marchés, s’embourbant dans leur austérité budgétaire.On peut le rappeler.Si l’austé-rité est nécessaire afin de corri-ger un déséquilibre ayant m ^ conduit au surendettement, T _________ dans un contexte d’activité éco- nomique atone, elle mérite , d’être mieux répartie dans le temps et mieux coordonnée avec des mesures de relance aux effets plus immédiats.Surtout, un endettement public se résorbe plus rapidement avec de l’inflation et de la croissance.Une confiance se restaure plus fecilement avec de la création d’emplois.Au moment où tout ce que demandent les marchés, c’est la stabilité et la crédibilité, l’Europe a préféré écouter les agences de notation qui multiplient les décotes afin de refléter une situation d’endettement élevé, sans être pour autant problématique §auf exception.Dans le monde anglo-saxon, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se sont également fait prendre au jeu.Pendant ce temps, la Grèce s’enlise, dans une dépression toujours plus profonde.Aux États-Unis, les scénarios d’une récession à double creux se généralisent cette économie ne parvenant pas à prendre le chemin de la création d’emplois.A Londres, les statistiques officielles dévoilées hier indiquaient que le nombre de chômeurs britanniques a dépassé cet été le seuil des 2,5 millions, le marché du travail ayant enregistré sa pire performance depuis deux ans en raison du plan de rigueur gouvernemental, le plus dur des pays industridisés.Toujours selon la dépêche de l’Agence France-Presse, le taux de chômage atteignait 7,9 % fin juillet.Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 80 000 sur la période considérée, un bond jamais enregistré depuis août 2009, lorsque le Royaume-Uni était encore en récession.Hier, la France et l’Allemagne tentaient encore de rassurer les marchés en reconfirmant la place de la Grèce dans l’euro et en réitérant la volonté d’Athènes de respecter ses engagements d’austérité consentis en contrepartie d’une aide financière.Une approche qui n’a pas fonctionné.Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a cru devoir en rajouter en soutenant que le processus devant mener à la création d’un marché d’euro-obligations était lancé.Un mécanisme de mutualisation de la dette que rejette pourtant l’Allemagne — championne de l’austérité imposée aux autres — s’il n’est pas accompagné d’un transfert de souveraineté à l’Éurope.Qu’en pensent les Européens?Selon les résultats d’un sondage dévoilés hier à Bruxelles, une forte majorité d’entre eux considèrent que l’appartenance à l’Union européenne est une bonne chose pour leur pays, mais que l’euro n’apporte pas les bénéfices escomptés.Parmi eux, les Allemands sont les plus enthousiastes quant à l’appartenance à l’UE, avec une proportion de 76 % des répondants.Autre élément révélateur du sondage, une majorité de répondants ne souhaite pas que l’UÉ ait davantage d’autorité sur les politiques économiques et budgétaires de leur pays.Une majorité dans tous les pays, sauf en Allemagne.Derrière les beaux discours.Nouvelle tentative pour rassurer les marchés MARTIN BUREAU AFP ODD ANDERSEN AFP LIONEL BONAVENTURE AFP Georges Papandréou Angela Merkel Nicolas Sarkozy La Grèce a sa place dans l’euro Berlin et Paris réitèrent leur appui à Athènes, mais ils la pressent de mettre en œuvre toutes les mesures de redressement MARION THIBAUT Paris — La France et l’Allemagne ont une fois de plus tenté de rassurer sur la Grèce hier soir lors d’une téléconférence Paris-Berlin-Athènes organisée pour calmer des marchés financiers focalisés sur la crise de la dette en zone euro, qui est aussi sous pression américaine.«Le président de la République et la chancelière sont convaincus que l’avenir de la Grèce est dans la zone euro», a rapporté la présidence française dans un communiqué alors que le sort de la Grèce — faillite?Sortie de la zone euro?— ne cesse d’agiter les marchés.Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient déjà tenté, sans succès, de jouer les pompiers en se réunissant mi-août mais n’avaient pas réussi à convaincre les investisseurs sur un sauvetage d’Athènes.Les Européens cherchent désespérément à se sortir de ce bourbier, dans lequel ils sont enlisés depuis décembre 2009, réaffirmant quotidiennement leur soutien indéfectible à la monnaie unique.À Berlin, le porte-parole de la chancelière a indiqué que le duo «Merkozy», selon le surnom donné aux deux responsables politiques dans les salles de marchés, a «souligné, qu’il est plus que jamais primordial, de mettre en œuvre les décisions [prises] par les chefs d’État et de gouvernement [européens] le 21 juillet» concernant la Paüandréou Grèce, «afin d’assurer la stabilité de la ^ ’ zone euro».Merkel et
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