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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-09-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011 NOSTALGIE Thwapp! Ker-pbossh! Ka-bonp ! Le vrai Batman est en ville! Page E 5 CINEMA Premier film d’Olivier Michaud, cinéaste d’ici et d’ailleurs PageE13 CULTURE SOURCE ALLIANCE Une scène du film Café de Flore du réalisateur Jean-Marc Vallée où l’on apperçoit entre autre l’actrice française Vanessa Paradis et le jeune Marin Gerrier.Jean-Marc Vallée Faire fi des airs connus Jean-Marc Vallée, réalisateur du film Café de Flore.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR «J’ai été bouleversée à la lecture du scénario.J’en ai eu le souffle coupé - Vanessa Paradis » Dans Café de Flore, Jean-Marc Vallée élargit une palette artistique déjà riche tout en affirmant davantage son amour pour la musique.À la chanteuse Vanessa Paradis, il a confié le premier rôle féminin, et au chanteur Kevin Parent, le premier rôle masculin.L’une a l’ha-hitude du jeu, l’autre pas.Entretien choral.FRANÇOIS LÉVESQUE Je suis un petit peu fébrile, confesse Jean-Marc Vallée en cours d’entrevue.Le 31 août à llh, je quittais la salle de colorisation avec Café de Flore sur disque dur.Je viens de terminer le film et je ne suis pas sûr que fen parle bien.» Si les craintes du cinéaste sont légitimes — sa plus récente œuvre en est une dense et singulière —, Jean-Marc Vallée peut se rassurer: son discours s’avère au final aussi stimulant que sa proposition.L’intrigue de Café de Flore (le film tire son titre d’une chanson qu’affectionne particulièrement le réalisateur) est double, voire triple.A Montréal, de nos jours, Antoine coule des jours beureux en compagnie de sa nouvelle conjointe.A l’opposé, son ex-épouse Carole, son amour d’adolescence avec qui il a eu deux filles, broie du noir ef semble prête à céder à une pulsion de mort.A Paris, vers la fin des années 1960, Jacqueline élève seule, et avec un positivisme farouche, son petit garçon, Laurent, qui est atteint de trisomie.Graduellement, les deux époques se font écho l’une l’autre et le montage suggère des filiations que le dialogue confirmera plus tard.Partir, revenir La gestation de Café de Flore était déjà entamée lorsque Jean-Marc Vallée se fit offrir la réalisation de Young Victoria, «fy ai vu une occasion d’aller me faire la main», explique-t-il.Bien qu’il se fût agi d’ime commande, le nom de Martin Scorsese figurait parmi les producteurs.Comment refuser?«C’était également une histoire d’amour, et c’est ce que je m’apprêtais à écrire.Celle, ou plutôt celles, présentes dans Café de Flore sont différentes, mais quand même.» Pendant le tournage en Angleterre, le récit se précise, des réseaux subliminaux se mettent en place.L’approche sera impressionniste.«Le scénario était déstructuré dès le départ, se souvient Jean-Marc Vallée, avec les deux histoires parallèles abordées en alternance.J’avais une vision très précise du film.Je me suis permis des libertés au montage, mais l’œuvre terminée ressemble beaucoup à mon plan de base, c’est-à-dire au scénario.» Café de Flore aura nécessité quatre années d’écriture, peu ou prou.Puis vint le moment de songer à la distribution.Coup de dés, coup de génie: Jean-Marc Vallée pensa au chantem Kevin Parent poin incarner Antoine, un DJ heineux mais tenaillé par la culpabilité de savoir que son ex (Hélène Florent, formidable) est à la dérive.«On a dressé une liste des acteurs qui conviendraient, explique le premier.Puis on s’est dit que ce serait peut-être pertinent de regarder du côté des chanteurs et des DJs.Peu après.Kevin m’a appelé pour s’assurer que fêtais sérieux, parce qu’il était vraiment intéressé.Ça a été décisif» L’une chante, l’autre aussi Kevin Parent confirme, l’air encore un peu surpris de ce qui lui arrive.«J’avais reçu trois autres scénarios la même semaine.Je commençais à me demander si c’était une joke, rigole-t-il.Sans rien connaître au jeu ou à la manière dont il fallait attaquer tout ça, fai plongé.J’avais déjà eu des offres, mais je crois que là, fêtais prêt, ou en tout cas disponible.» VOIR PAGE E 2: FLORE La Magie des lanternes Rapprochons-nous /jusqu’au de la culture chinoise/ 31 octobre espace pour la vie jardin botanique montréal Affaires municipales.Régions et Occupation du territoire Québec E3Q ^ L£TRANip^oRTcoLLECTiF Lb parado du promier empereur de Chine • 9 h à 21 h Pie-IX L S / espacepourlavie.ca E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011 CULTURE Parole de Fellini Odile Tremblay st-ce la vue de toutes ces meutes croqueuses de stars au Festival de Toronto CTIFF), qui m’incita à remonter la source du culte de la célébrité?J’ai couru demander son avis à Federico Fellini, grand expert en la matière.11 m’a désigné la Fontaine de Trevi.Quoi d’autre?Le Bell Lightbox, en plus des films, des conférences de presse et des vedettes qui tentent d’échapper aux foules par porte dérobée, abrite des expos sur le cinéma.Fellini: Spectacular Obsessions roule depuis plusieurs mois et s’achève dimanche.Fallait courir la voir en fin de parcours.C’est chose faite.Le maestro s’y anime en plusieurs facettes: postqrs, extraits de films, thématiques diverses, etc.A admirer, son merveilleux Book of Dreams, carnet de dessins jungiens gorgés de couleurs et de silhouettes exubérantes.Mais c’est le volet consacré au «star-sys-tem», une des obsessions de Fellini, qui m’a surtout passionnée.Question d’environnement, en somme.Rendons à César et à tous ses Romains.Après tout, c’est le cinéaste italien qui baptisa en 1960 les indiscrets porteurs de caméra.Dans sa Dolce Vita, un photographe traqueur de vedettes se nommait Paparazzo.Succès du film aidant, le nom fit flores.L’expo montre à quel point Fellini fut fasciné par ces nouveaux photographes qui fourmillaient alors dans la Ville éternelle.La Rome des années 50 était surnommée le Holljrwood du Tibre.Un tas de producteurs américains préféraient tourner à Cinecitta plutôt que dans leurs onéreux studios d’Holljrwood, et les photo^aphes italiens écumaient bars et boîtes de nuit pour croquer stars et starlettes en goguette.En novembre 1958, dans un chic club de Rome fréquenté par l’aristocratie et les artistes en vogue, Anita Ekberg, pulpeuse actrice de La Dolce Vita, avait dansé lascivement pieds nus, au grand bonheur de tous.Aichi Nana, une danseuse turque en mal de publicité, en rajouta ensuite, façon striptease alangui, immortalisé le lendemain à la une des journaux.Délices et scandale! Fellini devait s’inspirer du chaud party pour insérer une scène dans son scénario: celle du striptease par l’actrice Nadia Gray dans La Dolce Vita.Des photos d’un des premiers paparazzi, le célèbre Tazio Secchiaroli, s’exhibent d’ailleurs sur les cimaises, montrant les ébats du jet set de ces folles années.Retour en 2011.Le soir venu, les émules de Secchiaroli écument donc les coulisses du Festival de Toronto.Mise en abîme, sur Kîng Street: la vie sort de l’écran, l’écran de la vie.Et Fellini s’y sent en pays de connaissance.Sorte d’Andy Warhol du cinéma, le maestro avait compris avant tout le monde l’Importance qu’allait prendre cette pop frénésie: l’Icône à aduler, mais aussi à détruire à coups de clichés compromettants.Vive la schizophrénie! N’empêche qu’au TIFF, le «star-system» fait un scintillant écran au vrai pouls battant du rendez-vous.J’ai nommé le gros marché du fdm fourmillant là bas comme une ruche mondialisée.Sauf que depuis un an ou deux, ça roule moins fort côté ventes.Suffit qu’Qncle Sam éternue pour déchaîner une tempête sur la planète cinéma.Les Américains, au cœur de l’Industrie du film, s’enlisent dans leur crise économique.Chez eux, ils réalisent surtout des productions pour toute la famille, des comédies et des romances sirupeuses.Les majors achètent moins d’œuvres étrangères qu’autrefois.Sauf exceptions, les films tournés en anglais et guère trop exigeants du ciboulot, ont meilleure chance d’être acquis par un distributeur américain que les œuvres d’auteur à lame pointue livrées en français ou en farsi, avec sous-titres.Surtout ne pas choquer: devise du voisin du Sud.Mais son déséquilibre fait craquer tout le marché.Prenez le film coup-de-poing du TIFF et de la Mostra de Venise: Shame du Britannique Steve McQueen, tourné à New York.Puissant, bien réalisé, formidablement interprété par Michael Fassbender et Carey Mulligan.Toutes les vertus.Fellini en 1983 me direz-vous.Eh! bien non, car son thème fait frémir les esprits puritains, anglo-saxons à la proue.Cette histoire d’un sexoolique traitée détails crus à l’appui, crée dans leurs rangs un certain malaise.Shame sefa bel et bien distribué par Fox Searchlight aux Etats-Unis, mais avec une sortie sans doute confidentielle.Et on imagine mal ce film échapper à la cote R (restricted), qui interdit l’écran aux ados, qui fréquentent en grappes les salles.Avec un sujet moins épineux, cette œuvre extraordinaire serait une des favorites à la course aux Qscars.Dans un monde idéal, Michael Fassbender, lauréat du prix d’interprétation à Venise pour ce rôle hautement physique, raflerait la ARCHIVES LE DEVOIR statuette du meilleur acteur.Mais pensez-vous?Mon petit doigt m’assure du contraire.Fellini, qui vit monter la folie du star-system dans sa Dolce Vita, connut aussi les foudres du puritanisme.Le Vatican hurlait à la pornographie et fut à deux doigts d’excommunier le cinéaste pour son chef-d’œuvre palmé d’or à Cannes.C’était en 1960.Fellini avait-il prévu aussi qu’un demi-siècle plus tard, d’autres zozos se voileraient la face devant un grand film témoin de l’air d’un temps nouveau?Sans doute qu’il songea philosophe: «Rus ça change.» avant se s’endormir un jour, bien désabusé.otremblay@ledevoir.corn Partenaire de production NTSNATOIALINC.r LA VEILLÉE LE RETOUR D’UN SUCCÈS DU 8 AU23 SEPTEMBRE BLACKBIRD DE DAVID NARROWER MISE EN SCÈNE ::: TÉO SPYCHALSKI AVEC ::: GABRIEL ARCAND ::: MARIE-EVE PELLETIER ::: REBECCA VACHON TRADUaiON ÉTIENNE LEPAGE SCÉNOGRAPHIE VÉRONIQUE BERTRAND LUMIÈRES MATHIEU MARCIL MATINÉE SPÉCIALE DIMANCHE 18 SEPT.À15 H! PLUS QUE 6 REPRÉSENTATIONS ! « Une pièce qui nous remue, c’est absolumsÊit à voir [.] Quatre étoiles bien méritées.» VOIR TV Blackbird.EsseÊttlelle subversion.[.] Les voix comme celles de narrower s’avèrent extrêmement précieuses.» LA PRESSE « Un petit bijou d’écriture [.] tout est formidablement bien rendu [.].La direction d’acteurs [.] Unit par nous mettre au plancher.» SAGE GAMIN « Gabriel Arcand et Marie-Eve Pelletier [.] livrent une performance d’une intensité soutenue.» CANOË THEATRE PROSPERO BILLEHERIE 514.526.6582 RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.GOM CO-PRESENTATION LE GROUPE DE LA VEILLÉE FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE SCÈNE INDÉPENDANTE CONTEMPORAINE DU 26 SEPTEMBRE AU l^r OCTOBRE Ausliischung ^ M ;¦ adap'ÊÎIlBrdB^éaÉTdr^: « Le théâtre flambe au plus haut avec Serge Merlin.» LE FIGARO « Il faut courir toutes affaires cessantes pour voir ce stupéfiant voyage.» LE MONDE « Un pur instant de grâce.» ARTISTIK REZO THÉÂTCE PROSPERO lecture par I JlBlaidiie avec l'aimable autorisatlDn Le rumaii traduil de falkmaiid par Güberte îjmhrirhc et piMé aux édHiniK Ralhti];^ ïïimiiM Eemhard est représenté en Irance par lArche édttanp - agenNhé^^ .^ FhiatG et prmrn^^trwi gn^hlque de Btéph^ Bâilllcin il Frai!^^*g ^ an dSÎ^JabjaiivV^j: LEDEVOffi Cette présentation est soutenue par le Conseil des arts et des lettres du {iuéliea 'i FLORE SUITE DE LA PAGE E 1 Y allant à tâtons.Kevin Parent s’en remit à son instinct.«Je développais des petits tics que j’essayais d’intégrer.C’était le fun.Plus tard, j’ai consulté un coach pour casser mon accent et adapter ma prononciation.Dans le film, je parle avec une ligne mélodique plus plane.Graduellement, le personnage est devenu un peu plus chill, un peu plus cool, un peu plus comme Jean-Marc», révèle le chanteur en regardant autour de lui comme un gamin révélant le secret d’un coup pendable.De son côté, Vanessa Paradis a depuis longtemps gagné ses galons d’actrice.Malgré cela, la star n’a jamais senti que c’était dans la poche.«J’ai été bouleversée à la lecture du scénario.J’en ai eu le souffle coupé.Sauf que Jean-Marc n’était pas convaincu d’emblée que je puisse jouer Jacqueline.Il me disait de cette femme qu’elle était dure, dure, dure!» L’abnégation de ce personnage cachant une part d’ombre sous des dehors solaires toucha profondément la belle Française.Dans Café de Flore, Vanessa Paradis livre la performance de sa carrière.Or, pour expérimentée qu’elle soit désormais, elle en fut quitte pour une expérience inédite en travaillant avec le jeune Marin Gerrier, un garçon trisomique jouant pour la première fois.Leur complicité à l’écran est telle que le spectateur se sent privilégié d’en être le témoin.«On s’est entendu comme ça, assure la comédienne en faisant claquer ses doigts menus.Marin m’a sauté dans les bras spontanément.Y’a chez les enfants trisomiques une pureté et une générosité de l’amour.Ils ne sont pas inhibés.Les choses sont beaucoup plus belles et beaucoup plus simples.On a passé énormément de temps ensemble.Marin, Jean-Marc et moi.On déjeunait, on se promenait dans Paris, puis on rentrait au bureau et on travaillait.On a ri.Ya des gens avec qui on est fait pour s’entendre», conclut-elle en esquissant un sourire.Avec son souffle narratif, sa maîtrise technique et sa direction d’acteurs experte, C.R.A.Z.Y.annonçait un cinéaste non seulement ambitieux, mais équipé pour l’être.Café de Flore confirme cela efi pour cette raison, constitue non seulement une bonne surprise, mais une bonne nouvelle.Le fdm prend l’affiche vendredi prochain.Collaborateur du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011 E 3 CULTURE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Cantate de guerre, de Larry Tremblay, propose un Üième classique: la haine cachée sous la violence.théâtre Dire les mots de la haine Le dramaturge Larry Tremblay propose une œuvre dure, violente même, sur la haine qui habite nos sociétés MICHEL BELAIR De façon presque prémonitoire, I^ry Tremblay se pointe à notre rendez-vous entre deux orages violents.Il arrive d’Ottawa où il donnait un atelier d’écriture dans le cadre des Zones théâtrales qui s’achèvent aujorud’hui après une semaine d’intenses activités.Comme nous allons parler de son plus récent texte, «le vingt et quelquième.», Cantate de guerre, les rafales de pluie et les borurasques de vent semblent avoir été prévues pour cadrer précisément la teneur de ses propos.Le dramaturge raconte d’abord que Cantate de guerre s’est imposé à la suite d’une lecture; celle du livre de la journaliste russe Anna Polit-kovskaïa sur la «présence» russe en Tchétchénie.Bouleversé, Tremblay n’a pas eu d’autre choix que d’écrire un poème.«Je voulais laisser monter en moi et mettre des mots sur l’espèce de cri enfoui qui m’habitait après la lecture de ce livre.Ecrire quelque chose qui parle de guerre et de guerriers, oui, mais quelque chose de lyrique sur les mots à travers lesquels s’exprime la haine.» Ce Cantate de guerre, qui prend l’affiche du Théâtre d’Aujourd’hui à compter de mardi, dénonce rien de moins que les haines raciales.Pas léger.Le premier jet, raconte Tremblay, n’avait rien de vraiment théâtral; c’est un embryon de 15 pages qu’il fait lire à la met-teure en scène Martine Beaulne dont il connaît depuis longtemps les capacités d’anafyse.Surprise: elle est tout de suite conquise.C’est à ce moment qu’il décide de travailler en atelier avec neuf comédiens puis, qu’à la suite de tout cela le texte s’impose et qu’il écrit Cantate de guerre.«Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un sujet classique.La guerre, les conflits violents, c’est l’âme même du théâtre depuis les Grecs.Mais comment j’allais, moi, aborder ce sujet-là?Je savais dès le départ que je ne voulais pas décrire un uniforme particulier, qu’il n’y aurait pas de bons et de méchants, ni d’une guerre précise d’ailleurs pour mieux jaire allusion à tous les affrontements passés et à venir.Et je savais aussi que les mots seraient au cœur de toute l’aventure.» Tremblay parle d’un travail intense sur le rjHhme et sur ce qu’Û appelle «la justesse du ton» de façon à éliminer l’anecdote et ne garder que l’essentiel.Un travail d’autant plus minutieux qu’on trouve un choeur dans la pièce qu’il taut faire parler et intervenir de laçon claire et intelligible — «Cest la caisse de résonance où l’on verra tout basculer».Parce que, comme dans le théâtre grec, Larry Tremblay a choisi de ne pas mettre en scène la violence, mais plutôt de faire éclater sur scène les mots qu’elle prend pour s’exprimer.«La haine, qu’elle soit raciale ou autre, s’écrit d’abord dans des mots qui eux viennent fonder, donner leur base à des comportements puis à des gestes; pensez à Mein Kampf, à tous les manifestes et les théories tronquées dans lesquelles la haine se propage toujours.Un génocide n’est jamais spontané; il se prépare avec des mots autant, sinon plus!, qu’avec des fusils.Je voulais que l’on sente clairement que la violence est toujours reliée à la parole.Qu’elle repose d’abord sur un discours.» Cantate de guerre est donc une pièce sur la On ne vient pas raconter quelque chose qui a déjà eu lieu.Ici, les mots sont des armes blanches.transmission de la haine.Une pièce sur l’espoir aussi puisque, à la fin, la chaîne de transmission de la haine sera brisée.Armes blanches Le temps s’est fait plus frais sous la tonnelle de la terrasse vitrée où s’écrasent encore quelques dernières gouttes de pluie.Larry Tremblay s’anime mitraillant presque ses mots en une série de courtes phrases comme s’il ne pouvait s’empêcher d’illustrer concrètement son sujet.Nous en sommes à évoquer la forme que prendra Cantate de guerre et ceux et celles qui lui ont donné vie.Le dramaturge explique qu’il tenait absolument à travailler avec des archétypes.Les conflits auxquels il lait allusion ne sont pas nommés et ceux qui en parlent n’ont pas non plus de nom: il y a le père, le fils, etc.On ne commet pas de crime violent sur scène, non plus.On ne voit pas la violence, on la dit Mais contrairement à ce qui se passe dans le théâtre ^ec, la pièce se passe au présent: on ne vient pas raconter quelque chose qui a déjà eu lieu.Ici, les mots sont des armes blanches.Tremblay raconte que Ludovic Bonnier, par exemple, a travaillé la matière sonore du spectacle à partir des bruits du métal; les frottements et éclats divers des chaînes et des lames y font écho aux sons inscrits dans les mots durs et acérés du texte.Anick La Bis-sonière a conçu l’espace et Claude Cournoyer la lumière en partant des mêmes impératifs.Tout cela dans le but de mettre la parole de l’avant.Parce que c’est là que vit d’abord la violence et que toute l’équipe menée par Martine Beaulne a voulu la faire résonner sur scène dans toute sa cruauté pour qu’elle ne puisse, au bout du compte, offrir d’autre solution que l’espoir.Tremblay, qui connaît la musique puisqu’il signe régulièrement des mises en scène et qu’il joue toujours même s’il ne danse plus son «kathakali», raconte encore que la pièce repose sur toute l’équipe.On y reconnaîtra évidemment le nom de Paul Ahmarani qui jouera le rôle du père, on s’en doutait.Mais on trouve dans la distribution des noms plus rares comme ceux du jeune Mikhaïl Ahooja tout juste sorti du Conservatoire et dont Larry Tremblay dit le plus grand bien, de Philippe Racine et d’Abdelghafour Elaaziz (Frédéric Lavallée, Mathieu Lepage et Denis Roy complètent la distribution).«Je sais, conclut Larry Tremblay, que certains font parfois des parallèles entre mes textes et l’univers d’Edward Bond ou de Sarah Kane, mais je ne crois pas qu’il y ait vraiment de lien: fai écrit aussi Panda panda et Abraham Lincoln va au théâtre.Surtout qu’ici le fils parvient à s’arracher à l’étreinte du père en brisant la chaîne de transmission de la violence et de la haine.En ce sens, la pièce est ouverte même si on n’y trouve pas de morale.Il est possible de changer de comportement.et il me semble important que la question atteigne le spectateur et que chacun s’interroge.Jusqu’où peut-on aller?Il faut que nous réfléchissions là-dessus.Laisserons-nous le monde devenir complètement inhumain?» Notons pour ceux qui s’intéressent à ces questions qu,e le texte de Larry Tremblay est publié chez Emile Lansman et que l’on pourra discuter de tout ce qui est évoqué ici après la représentation du mardi 27 septembre avec le philosophe Georges Lerpux, Emilie Martz-Kuhn et Larry Tremblay.A vos questions.Le Devoir CANTATE DE GUERRE Texte de Larry Tremblay mis en scène par Martine Beaulne et présenté au Théâtre d’Aujourd’hui à compter du 20 septembre.Information: (514) 282-3900 Cantate de guerre texte Larry Tremblay mise en scene Martine Beaulne 20 septembre au 15 octobre une creation du Centre du Theatre d Aujourd hui direction artistique Marie-Thérèse Fortin informations et resenrations 3900, rue Saint-Denis, Montréal QC H2W 2M2 theatredaujourdhui.qc.ca/cantate 514-282-3900 Paul Ahmarani Mikhaïl Ahooja Abdeighafour Elaaziz Frédéric Lavallée Mathieu Lepage Philippe Racine Denis Roy CO aborateurs Stephanie Capistran-Lalonde Marie-Christine Lesage Anick La Bissonnière Daniei Fortin Claude Cournoyer Ludovic Bonnier Julie Measroch François Cyr Huy Phong Doan partenaires de saison Le DEVljlR BMÜ Groupe financier E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011 CULTURE THEATRE Quand le temps n’arrange pas les choses BLACKBIRD De David Harrower, traduction Etienne Lepage.Mise en scène Téo Spychalski.Avec Gabriel Ar-cand et Marie-Eve Pelletier.Une production du Groupe de la Veillée, au Prospero jusqu’au 23 septembre.PHILIPPE COUTURE Ce texte de David Harrow?er, pourtant bâti autour de la situation mélodramatique et psychologisante de la jeune femme abusée venant confronter son agresseur, est solide comme du roc.On l’avait constaté il y a trois ans, alors que le hasard des programmations enchaînait à Montréal cette prenante production du Groupe de la Veillée et la réalisation française du même texte par la metteure en scène Claudia Stavisky, tout aussi captivante malgré un rapport plus chi-rurgicâ avec les mots.C’est que, comme on l’avait alors souligné, Harro^ver ne cherche jamais à coincer ses personnages dans les positions claires du bourreau et de la victime.Il y eut peut-être de l’amour véritable entre ces deux-là, 15 ans plus tôt, quand la jeune Una n’était encore qu’une enfant.Ou peut-être était-ce autre chose?Les mots sont insuffisants pour exprimer l’ambiguïté de la relation qui a uni ces deux êtres abîmés, et quî resurgît soudaîn en empruntant les mêmes sentiers troubles: désir, peur, confusion et constante Inversion des rôles.Jamais la partition ne permet de véritablement jeter l’opprobre sur elle ou sur lui.n ^ I N ri Gabriel Arcand et Marie-Eve Pelletier dans Blackbird même si la relation apparaît toujours inconvenante.Elle n’en est pas moins délicate, complexe, impossible à cerner ou à baliser.La direction de Teo Spychalski prend soin de respecter cet équilibre fragile entre les deux parties, cherchant à outrepasser le jugement des comportements des personnages pour en explorer plutôt les zones d’ambiguïté.Leur jeu physique est évocateur.Lui est nerveux, à fleur de peau, cherchant tant bien que mal à garder le contrôle sur les émotions souterraines qui refont surface.Elle est déterminée et s’élance d’un pas raide, faussement assuré, se croyant inébranlable même si elle a tout faux.C’est un grand rôle pour Gabriel Arcand, tout en nuances et en fragilités.Marie-Eve Pelletier, qui reprend le rôle créé par Catherine-Anne Toupin, se montre moins charnelle et moins brutale que sa prédé-cesseure, mais cette nouvelle sensibilité est la bienvenue; elle rend le face-à-face encore plus déchirant.Mais la force de ce dialogue réside évidemment dans la manière dont il approche une B Fiestango Sons & Brioches - Présenté par la Place des Arts et les Jeunesses Musicales du Canada Musique & Littérature 4 ans + 18 septembre 111 h | piano mobile Trois cousines coquines inventent des aventures fantastiques qui les mèneront sur les traces du tango, un style de musique et de danse qu’elles adorent ! À l’issue de ce spectacle, les Prix Jeunesse des libraires du Québec seront remis par la porte-parole de l'événement, Catherine Trudeau.DOMINIQUE LAFOND matière indicible: la parole est lacunaire, pétrie de non-dits et de sentiments inavouables, de redites et d’inévitables reformulations.Pas neuf ce travail dra-maturgique dont l’objectif avoué est de sonder l’inconscient et le refoulé, mais Harrower découpe tout cela avec la précision du scalpel eti heureusement, quitte rapidement la psychologie pour flirter davantage avec le monde des pulsions non dominées.Dans cette parole trouée, on identibera aussi le travail de la mémoire et la question du temps qui passe.Arrange-t-il vraiment les choses?La réponse n’est pas si évidente.Collaborateur du Devoir de circonstance NOTES DE CUISINE Texte de Rodrigo Garcia, dans une traduction de Cristilla Vasse-rot.Mise en scène Prèdèric Dubois.Avec: Anne-Marie Côté, Sébastien Dorval, Jean-Michel Gi-rouard, Marianne Marceau.Une production du Théâtre du Buffet.Présentée par Premier Acte au restaurant La Cuisine, jusqu’au 11 octobre 2011.SYLVIE NICOLAS Première production de la saison chez Premier Acte, Notes de cuisine de Rodrigo Garcia n’a rien de l’exploration songée ou réformatrice.Les artisans du Théâtre du Buffet endossent le tablier de l’animation de foule, du divertissement ponctuel et nous servent ce que nous avalons quotidiennement sans rechigner: consumérisme, divertissement, radotage publicitaire, uniformisation de la pensée, banalisation du grave et érection du futile en souvenir marquant.L’équilibre de la performance exige des comédiens qu’ils jouent le jeu: une sorte de mélange des genres qui met à contribution le côté «mo-noncle» de la chose, l’humoriste de service, les troubadours de l’émission de fin de soirée, (salée, sucrée, assaisonnée aux kiwis et aux gentils) le monsieur ou la madame Tout-le-monde rêvant de gagner le concours du jour, et le dépassement de soi dans le Web qui fera de la moindre imbécillité un exploit.Avaler un pot entier de Nutella, dévorer du melon ou affronter un Grizzly dans l’ultime combat de la faim: le gavage de saucisses en un temps record.Le ton va de Françoise Durocher Waitress de Tremblay/Brassard à la Malbouffe à l’américaine de Morgan Spurlock, en passant par Bacon de Hugo Latulippe.L’ambiance est celle de la cacophonie que nous renvoient la télé ou le Net autant que celle des espaces publics ponctués par nos enthousiasmes pour le spectaculaire d’un ordinaire magnibé en extraordinaire.Le choix musical a le registre approprié et s’étend d’Angèle Arsenault à Brigitte Fontaine, sans oublier Norman^ L’amour et la très ordinaire (O combien de circonstance) ritournelle classique ou celle du bar-Notes de ^^Un qui engourdit.Notes de cuisine se cuisine, qui déploie dans un vrai J, , .resto (La Cuisine — se deploie üeu adorable) et la co- habitation des comé- dans un vrai personnel resto, dresse est particulièrement réussie.Sébastien la table Dorval, Jean-Michel Girouard, Marianne Marceau et Anne-Marie Côté forment l’é-quipage gastro-tendance de ce buffet pamphlétaire.On a con-bé à Frédéric Dubois le rôle de Chef des cuissons et le tout est servi dans une traduction de Cristilla Vas-serof sur nid de références culturelles locales.Plus qu’un calque de notre américanité.Notes de cuisine agit tel un baromètre mesurant notre capacité à fermer les yeux sur la famine et la détresse, à ignorer la pauvreté du voisin, à manger au quotidien leg idées reçues et acclamées.A l’ère de l’engouement pour la télé culinaire et la célébration des chefs.Notes de cuisine dresse la table.Collaboratrice du Devoir THEATRE Variations et résonnances www.denise-pelletier.qc.ca pdajunior ® PROGRAMMATION COMPLÈTE PDAJUNIOR.COM ^ festival iNteRNatiONaL lapiacedesarts.com iÇ / / De La LittenatURe VA/ 514 842 2112/1 866 842 2112 Concours Mobiha ABONNEZ-VOUS AVANT LE 30 OCTOBRE 2011 ET COUREZ LA CHANCE DE REFAIRE UNE BEAUTÉ À LA PIÈCE DE VOTRE CHOIX, POUR UNE VALEUR DE 5 000 $ ! 511 1» MAISON N - ''4 SALLE DENISE-PELLETIER.Du 22 septembre au 19 octobre 201,1 RlNDAnON DEIAÎÎ^DESAllTS * De Carlo Goldoni Mise en scène : C *1 Serge Denoncourt Règlements disponibles au www.maisonttieatre.com Une production du Theatre de l’Opsis présentée par le Théâtre Denise-Pelletier 14 spectacles pour les jeunes de tous âges 14 rencontres où tout devient possible mim MAISON ^ A THEAT (Luce Pelletier, directrice artistique, Théâtre de l’Opsis) Avec Annick Bergeron, Luc Bourgeois, Louise Cardinai, François-Xavier Dufour, Stéphanie Labbé, Magaiie Lépine-Biondeau, Marie-Laurence Moreau, Obvier Morin, Adèie Reinhardt, Jean-Guy Viau COMMANDrTAIKE DE SAISON -ruÊA-rne POUR LES JEUNES THEATRE de tous âges iBerri-UQAM ?I BANQUE LAURENTIEM4E ABONNEMENTS ENCORE DISPONIBLES Billetterie 514 253-8974 1-855-790-1245 ADMISSiON.COM ^ LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011 E 5 CULTURE ComicCon 2011 Thwapp ! Ker-phosh ! Batman et Robin à la rescousse ! Adam West, Burt Ward et toute une flopée d’invités-vedettes seront à la Place Bonaventure ce week-end, le temps d’une convention de fans d’envergure inédite au Québec.Le Devoir a parlé au duo dynamique.Holy grand moment! SYLVAIN CORMIER Cette voix! Ce beau timbre doux et grave, d’un calme impérial.Lui! Frisson.Pendant un instant, je crois que je suis le commissaire Gordon et que mon téléphone est rouge et qu’à l’autre bout du fil, le milliardaire philanthrope Bruce Wajme, alias Batman, me parle.«You must be Sylvain.» I must be, oui, mon-siepr Cape Crusader.A l’oreille, c’est inouï, Adam West n’a pas du tout 82 ans (bientôt 83, qu’il porte allègrement, superhéros un jour, superhéros toujours) : il a l’âge de sa voix plutôt que la voix de son âge, et sa voix est la voix de Batman à la télé en 1966.Quelques heures plus tard, quand c’est Burt Ward que je joins, il a très exactement le débit surexcité de Robin et le timbre éternellement adolescent, malgré ses 66 ans à lui.Il sait l’effet qu’il fait, d’ailleurs, et quand il me sert un «Holy newspaper interview, Sylvain!», je ne me peux plus de joie.Batman et Robin existent, puisqu’ils me parlent, et j’ai 10 ans et je joue à sortir de la Batca-ve avec ma petite Batmobile sur la pelouse à Montréal-Nord.La Batmobile de Matchbox, pas la Corgi (plus ^osse, dont je rêvais, et que j’ai dénichée depuis).Holy émotion carabinée.Quel fantastique prétexte me fournit là le ComicCon de Montréal, convention de fans de comics revue et améliorée qui a lieu ce week-end à la Place Bonaventure.Sacré branle-bas cette année, on n’a pas lésiné sur les invités.Non seulement y réunira-t-on les interprètes de Batman et Robin pour les 45 ans de la série culte, qui s’amèneront rien de moins qu’en Batmobile (l’une des cinq vraies conçues par l’as concepteur d’autos de fantaisie George Barris, pas la Corgi), mais s’y trouveront tout un tas d’autres vedettes venues de galaxies très, très lointaines: Worf le Klingon et Deanna Troi la psy empathique de Star Trek The Next Generation (Michael Dorn et Marina Sirtis, au civil), le chasseur de primes Boba Fett de la saga Star Wars Geremy Bulloch), etc.Des créateurs rencontreront aussi les fans, dont Dieu le père en personne: Stan Lee, le patron de Marvel Comics, l’homme à qui l’on doit (avec Jack Kirby et compagnie) les Hulk, Spider-Man, Iron Man et autres Fantastic Four.Holy lignes d’attentes aux séances de signatures! (Précision: dans la série Batman, Robin a l’exclamation invariablement devancée par le qualificatif «holy».«Holy contributing to the delinquency of minors!», par exemple.En français, ça donnerait, disons, «Sainte corruption dans la construction.Batman!») Combattre le crime et signer des autographes «Pouvez-vous imaginer à quel point il est sympathique, à nos âges avancés, de rencontrer des gens de toutes générations qui vous témoignent leur affection?», résume Adam West avec sa voix de Batman.«On ne peut pas éternellement se battre contre l’amour!» Dans les années 70, quand les reprises de l’émission ne rapportèrent plus (le contrat prévoyait un cachet pour six fois chaque épisode rediffusé, et puis rien), après une traversée du désert où pas un producteur ne voulait d’une tête si reconnaissable dans un autre rôle, West avait nourri un certain ressentiment envers la chauve-souris faite homme.«Il n’est pas donné à tout le monde de devenir une icône de son vivant: oui, ma carrière d’acteur en a souffert, fai eu un long passage à vide et je me suis étourdi à sillonner les collines de Hollywood à moto pour oublier Batman, mais j’ai fini par comprendre qu’il valait mieux jouer le jeu, embrasser toute la gamme d’ironie et d’absurde de la situation.De là.Batman est devenu une source de plaisir et un moyen de durer.La plupart des confrères de ma génération sont sans travail ou disparus, vous savez?» Poussant la logique de la célébrité à l’extrême, Adam West lui-même est devenu depuis 2000 un personnage de fiction.Dans la série d’animation satirique Family Guy, Mayor Adam West est le total fêlé de service: dans un épisode, il marie sa main droite.«Je suis comme Madonna, Sylvain, je me réinvente sans cesse.» C’est sa grande chance: nous avons découvert le second degré de l’humour avec lui.Je me souviens très précisément du moment de grâce où, ado, j’ai compris la raison pour laqueUe les caméras montraient toujours de travers les repaires des vilains.«They were crooked, that’s why!», s’exclame West.Eh! oui, c’était des croches! «Cette connivence avec les téléspectateurs, ce sens du clin d’œil, ce fut le coup de génie «Il n’est pas donné à tout le monde de devenir une icône de son vivant» - Adam West de notre producteur Willam Dozier.Il y avait de l’aventure pure pour les enfants, et en même temps cette autre lecture possible pour les ados et les adultes.Le succès des reprises tient là, je crois: nos fans grandissaient et décodaient strate après strate de sens.» Dans l’ombre de Robin Burt Ward vécut également dans l’ombre de Robin: dès 1967, incroyable mais vrai, on l’avait pressenti pour le rôle de Benjamin dans le film The Graduate.«Plus que pressenti! Ils me voulaient!» Ward explose à chaque phrase: on jurerait Robin.«C’était une production de la 20fh Century Fox, comme Batman! Un tout petit film a priori: personne n’imaginait le phénomène de génération que The Graduate devint fêtais pour ainsi dire engagé lorsqu’un à la Fox eut peur que l’on voie Robin en Benjamin.Bien sûr, Dustin Hoff man a été extraordinaire!» Indépendant de fortune, content d’une carrière limitée au téléfilm occasionnel.Ward a trouvé ailleurs sa mission dans la vie, quoique encore et toujours à la rescousse des victimes de la société: depuis 1994, Burt et sa femme Tracy gèrent Genüe Giants Rescue and Adoptions Inc.«Nous sauvons des chiens, c’est plus fort que nous!» Quelque 14 000 danois, deerhounds et mastodontes divers ont ainsi transité par la grande maison au bord du Pacifique.«Nous en avons cinquante, là, maintenant!» Holy paradis du vétérinaire! «Tout ça grâce aux fans de Batman et Robin! Je leur dois bien ces petites fins de semaine dans les conventions, où nous sommes accueillis en héros! Une belle vie, ne trouvez-vous pas?» L’enthousiasme de Ward n’est pas feint il n’a pas changé, voilà tout «Quand on m’a engagé pour jouer Robin, on m’a surtout dit d’être moi-même.J’étais ce jeune garçon un peu énervé, acrobate, chien fou: je suis encore tout ça, moins les acrobaties.» Ensemble, Burt et Adam sont larrons en foire: dans le cirque d’une convention, ça vaut mieux «Bien sûr, admet volontiers West, this fandom is a world that is amusing itself to death, mais c’est relativement inoffensif» Ward constate: «La chaleur humaine n’est jamais ridicule.Ft nous en faisons le plein à chaque convention!» Les Batmans sombres et torturés des films deTim Burton, Joel Schumaker et Christopher Nolan, ont fait oublier à quel point le Batman de la télé était phénoménalement populaire.Les vedettes de Holfywood se battaient pour y jouer les méchants, ou simplement y passer: dès que Batman et Robin gravissaient une bâtisse, un Sammy Davis Jr ou un Edward G.Robinson se sortaient la tête d’une fenêtre.West raconte: «Très rapidement, c’est devenu la chose cool à faire.On a manqué d’émissions pour répondre aux demandes! Frank Sinatra était trop loin sur la liste.Même Robert F.Kennedy, qui était abrs procureur général de la nation, avait émis le souhait d’une figuration dans Batman.Ce n’est pas arrivé, mais je lui ai envoyé une photo autogra-phiée, et on m’a dit qu’elle avait été accrochée dans son bureau de Washington.Je l’avais dédicacée “from one crimefighter to another.’’» Holy anecdote historique.Batman! «Un grand honneur», ajoute-t-il sans rire.Le Devoir LA DEMEURE PRÉSENTE EMILY DICKINSON OLEG KISSELIEV LARISSA CORRIVEAU - M A R I E - F R A N C E MARCOTTE DU 21 SEPTEMBRE AU 1 OCTOBRE ÀLA CHAPELLE-3700 S A I N T-DO M I N IQUE 514 843 7738 SCÉNeSCONTEMPORUNÈS lAPHAPPIIF Vô|înfaires CARTE PREMIÈRES PREMIER THÉÂTRE ÉMERGENT premieracte.ca 2011-2*'"* ï'ÏSS’'.¦ Ke S B a U- isiillSffllI 418 643-8131 QlÈDEC Cÿjëbecnn Enieiiiaj.diTeloppaieit •illiiel LE DEVOIR SOURCE 20TH CENTURY FOX Adam West dans le rôle de Batman et Burt Ward dans celui de Robin ESPACE GO présente BLANCHE-NEIGE & LA BELLE AU BOIS DORMANT Du 13 septembre au 8 octobre 2011 D'Elfriede Jelinek Mise en scène de Martin Faucher Avec Sophie Cadieux + Éric Bmneau -F Sébastien Dodge UBU, Compagnie de création présente OULIPOSHOW Du 18 octobre au 12 novembre 2011 Collage de textes Mise en scène de Denis Marteau IMAGO Théâtre -F Stellar Quines Theatre Company présentent ANA Du 22 novembre au 10 décembre 2011 De Clare Duffy-F Pierre Yves Lemieux Mise en scène de Serge Denoncourt ESPACE GO -F Théâtre PÀP présentent TRISTESSE ANIMAL NOIR Du 17 janvier au 11 février 2012 D’Anja Hilling Mise en scène de Claude Poissant Danse-Cité présente STRAIGHT RIGHT Du 16 au 25 février 2012 De Louise Bédard + Martin Bélanger -FTim Feldmann -F Dominique Porte Théâtre PÀP présente DISSIDENTS Du 6 au 31 mars 2012 De Philippe Ducros Mise en scène de Patrice Dubois La Compagnie Rictus (France) présente CANNIBALES Du 4 au 7 avril 2012 De Ronan Chéneau Mise en scène de David Bobee ESPACE GO présente UNEVIE POUR DEUX Du 24 avril au 19 mai 2012 D’Evelyne de la Chenelière Mise en scène d'Alice Ronfard THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTREAL BILLETTERIE : 514845-4890 ESPACEGO.COM ODNSBLDESARn , \ Hydro Québec tSCyEMItCUL ipn Deslaidins IsuSl a.CCMfSAdMM* a" Hydro Québec ^transat PARTENAIRE DE SAISON http://bit.ly/fpt8tH?r=qr E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 SEPTEMBRE 2011 CULTURE DANSE Danser pour 10 piasses Le collectif de chorégraphes La 2® Porte à Gauche s’amuse à défoncer les clichés CATHERINE LALONDE T y es danseuse?Pour 10$, me sors-tu ton poteau?» Rares sont les danseuses qui ne se sont jamais fait servir cette blague graveleuse.Vrai qu’il y a beaucoup de nudité en danse contemporaine, et un culte du corps.Vrai que les effeuilleuses se définissent comme danseuses, si loin soient-elles de l’artistique.Pour se jouer et toiler les clichés, ceux des clubs et ceux de la danse contemporaine, le collectif de chorégraphes La 2" Porte à Gauche se paie une Danse à 10.Huit chorégraphes, sept danseurs, deux effeuilleuses, deux acteurs se frottent donc aux poteaux du Kingdom-GenÜeman’s Club, boulevard Saint-Laurent.Un coup de provoc’?Pas seulement.«Le sujet n’est pas le striptease, précise la dramaturge Katya Montaignac, mais la représentation du corps, et plus si affinités.Certains chorégraphient ce qu’ils fantasment de voir dans un club.D’autres ont des visions plus obscures, des critiques sociales.On joue d’abord avec l’idée de la marchandisation du corps et, du coup, avec celle de l’art.Quand on va voir de la danse, pourquoi on paie?Pour le corps, le mouvement, la chorégraphie?» Question pas si simplç.Comme celle du costume d’Eve.«On pose une réflexion volontairement provocatrice sur la nudité, ce gros cliché de la danse contemporaine», poursuit Montaignac.«Il y a une telle banalisation de la nudité en danse contemporaine qu’on ne se rend parfois plus compte de son pouvoir érotisant», analyse la dramaturge Katya Montaignac.Ce qui est oublier la virginité du regard du spectateur.«On prend ce lieu réputé pour la nudité, histoire de voir ce qu’on peut y faire.» Car La 2" Porte aime sortir de la boîte: elle a mis de la danse dans les vitrines du Simons, rue Sainte-Catherine, comme dans des appartements privés.«On flirte aussi avec une réflexion sur la crudité de ce qu’on voit sur nos scènes contemporaines, et j’inclus ici les musées.Le trash, la provocation, le dépassement des limites du bien-pensant y vont souvent beaucoup plus loin, dans l’immoralité ou l’exhibition, que ce qu’on voit dans les clubs.Les deux stripteaseuses qui travaillent avec nous hallucinent quand elles voient ce que les danseurs sont prêts à faire.» Accueillez Miss Betty Wilde Bienvenue donc au Kingdom-Gentleman’s Club.Le show sera comme une soirée de club: une scène principale et des danses à 10 $, privées, un danseur pour un spectateur, dans les huit isoloirs, et pour lesquelles il faudra recracher du fric en plus du prix d’entrée.«On a tous été marqué par Haut-nah, [du chorégraphe allemand Felix Ruckert, où chaque spectateur se retrouvait seul avec un danseur, avec qui il avait né- et des techniques de séduction — presque un tic, il faut une bonne demi-heure de conversation pour que le regard, même face à une journaliste, cesse de minauder — et a surtout aimé l’adrénaline de la scène.Elle est, pour La 2" Porte à Gauche, parmi les artistes, une des deux vraies de vrai venues des clubs.La différence entre être danseuse et danseuse?«Dans les clubs, je suivais toujours mon feeling.Si je me sentais mollo je demandais au DJ une tonne lente, sinon je dansais sur AC/DC.Quand, en répétition — Huit chorégraphes, sept danseurs, deux effeuilleuses, deux acteurs se frottent aux poteaux du Kingdom-Gentleman’s Club, boulevard Saint-Laurent gocié le tarif de sa prestation].Moi, je trouve excitante cette idée d’étre seule en cabine avec un artiste.Le spectateur va pouvoir choisir son artiste, être séduit — et par quoi?—, peut-être être déçu après la performance.Comme dans un club.Les chorégraphes m’ont dit de prime abord qu’ils n’iraient pas jusqu’au contact tactile dans les isoloirs parce que ça serait vulgaire.Vulgaire?Le sensoriel, c’est notre métier! Il y a un millier de contacts possibles sans vulgarité.» Les danseuses nues se justi-hent souvent en disant qu’elles ne font pas de prostitution.«Sans blague.Si on peut toucher mes seins et mes fesses pour 20$, pour moi, c’est de la prostitution light», tranche Sarah Eleonor Lamontagne.A 24 ans, elle fut Fanny, nue, juchée sous perruque sur huit pouces de stilettos.Elle a fait le Cléopâtre, le Kamasutra et le Kingdom, y a connu les danses à 10 $, à 15 $ et celle à 20 $, qu’elle détestait, «où tu ne peux pas garder ton string, cette barrière psychologique du sous-vêtement qui fait que c’est plus difficile de garder le client à sa place».Elle a vécu son lot d’histoires crades, a appris à gifler les clients aux membres baladeurs, à réclamer tout de même son dû.Elle a appris, sourire enjôleur, à définir ses limites en cabine: «Tu peux toucher mes fesses, mes cuisses, mes seins, mais je suis pas ta mère ni ta blonde: tu peux ni téter ni lécher.» Elle a aimé l’argent, le métier, y a gagné une conhance J avais jamais répété! — j’ai dû convoquer Miss Betty Wilde un lundi après-midi dans un studio, sans spectateurs, sans maquillage, sans faux cils, sans talons hauts, elle n’était pas là.Miss Betty n’existe que par le regard des autres.» Payer la danse par la danse Sarah, écoeurée du contact, s’est tournée hnalement vers le burlesque.Devenue Miss Betty Wilde, elle joue toujours de gestes sexy, mais désormais de loin.En travaillant avec les danseurs, plusieurs aveux ont fusé: ils semblent que certains artistes ne soient pas réfractaires à fréquenter la scène érotique pour arrondir les hns de mois.«Comme danseur, ton outil c’est ton corps.Le métier n’est pas payant, alors pourquoi pas?» demande Lamontagne.Mina, elle, ne fait pas partie de Danse à 10, mais sous ce pseudonyme, elle a payé, dansant nue,ses études en danse contemporaine.«J’ai travaillé deux semaines dans un Subway.Le petit uniforme, c’était pas pour moi.» Toute jeune dans la faune du Teasers, rue Crescent, sur le 7up la nuit durant, elle a illico été prise sous l’aile de l’équipe qui la protégeait.La grande scène, même en costume d’écolière sur pointes ou en femme-serpent, elle adorait.Des clichés, non, cette écolière et cette Mélusine?«Mets-en.C’est juste ça que les gars veulent, dans un club: le cliché, la blondasse à gros seins.Penthouse et HusÜer présentent la même affaire depuis toujours.» Mina se démarque alors, parmi les chirurgiées et les augmentées — «il y en avait tellement, et pas h MATHIEU DOYON Miss Betty Wilde joue toujours de gestes sexy, mais désormais de loin.beaucoup de réussies, pognées avec des mamelons qui louchent» — en traversant la scène en split, en faisant du pôle acrobatique, en jouant disco.«C’est comme ça que je gagnais mes clients, avec l’énergie de la scène, sinon, j’aurais eu aucune chance: 2011 •2012 DÉ[ « Avec une distribution de 18 danseurs et musiciens représentant 13 pays et 7 reiigions, « rafle ia mise en jouant ia carte d’un art giobai et voyageur, amoureux de toutes les cultures ».(Le Monde, Paris) 71 m fai les épaules plus grosses que les totons!,» dit-elle en éclatant de rire.Ce qu’elle a vu sur hauts talons, est-ce de la danse?«Ça dépend chez qui.Il y a des filles incroyables, qui représentent le mystère, le fantasme.Elles bougent sans que tu comprennes comment.Ce sont des mirages.» Chez d’autres, pourtant, rien que du brasse-atouts.Elle qui danse et tourne maintenant pour une compagnie de renom, que croit-elle que les danseurs vont apprendre de l’expérience?«Qu’on est incroyablement protégé sur un stage.Barfois trop.» Des danseurs, des effeuilleuses, des chorégraphes ou des spectateurs, reste à voir qui se dévoilera le plus.Le Devoir DANSE À 10 Une présentation de l’Agora de la danse produite par La 2® Porte à Gauche.Chorégraphies de Marie Béland, Nicolas Cantin, Mélanie Demers, Stephane GladyszewH, Fred Gravel, Benoît Lachambre, Jérémie Niel et Manon Oligny.Avec Miriah Brennan, Francis Du-charme, Clara Furey, Ellen Furey, Peter James, Miss Betty Wilde, Blanche Misswhite, Alexis Lefebvre, Simon-Xavier Lefebvre, Emmanuel Prouk et Angie Chang.Les 18,19,25 et 26 septembre, au Kingdom-Gentieman’s Club.BABEL^'^ords) DAMIEN JDLEI SIDI LARBI CHERAfiOUI 29 > 30 SEPT.> 1 OCT.2011 IhêüLre Maisonneuve — ABONNEMENT ENCORE DISPONIBLE I FORTIER DANSE-CRÉATION DÈS 1£ 22 SEPTEMBRE ^ I ESPACE CULTUREL GEORGES-ËHILE-LAPALME 4- TV
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