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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-10-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 OCTOBRE 2011 OIHBEC-FRANCIi CAHIER C LE 50" DE LA DELEGATION A PARIS La chambre des machines à Québec numérique Page 5 LE DEVOIR Après la culture, les relations économiques Page 2 CHRISTIAN CHEVALIER ASSEMBLEE NATIONALLE Le président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre Jean Charest lors de la signature de Pentente historique en 2008 pour la mobilité de la main-d’œuvre.Un 5 octobre glorieux pour le Québec En 1961, le Québec débarquait au 9, rue Barbet-Jouy En 1961, le Québec devient un nouveau joueur sur la scène internationale.Pas seulement en paroles, mais aussi en actes.N’affiche-t-on point «maison» à l’intérieur du territoire parisien?NORMAND THERIAULT SA il avait fallu une preuve que ce n’était plus / comme avant dans la «Belle Province», que le temps d’un régionalisme à la Duplessis, où un territoire d’Amérique se défendait contre toute influence étrangère, cela fut amené quand un 5 octobre — on était en 1961 — un premier ministre du Québec, récemment élu, se rendit à Paris pour inaugurer, au 9, rue Barbet-Jouy, la Maison du Québec.Et celui qui accueillit alors Jean Lesage avait un nom dont le prestige s’était étendu jusque de ce côté-ci de l’Atlantique: André Malraux.Et quand, un soir de 1967, Gilles Vigneault et consorts reçurent les ovations d’une foule dans cet Oljmpia parisien, il y eut plus d’un Québécois et d’une Québécoise pour croire que le succès de ce Vive le Québec! rejaillissait sur elles et eux.En ces jours du «réveil» québécois, l’attente était grande d’une réaction du «grand frère», qui sera dit plus tard «cousin», devant les aspirations de grandeur d’un peuple qui ne se voulait plus résigné.Et le soutien de la Erance fut déterminant.Que ce soit en culture, en politique, tout appui recherché fut obtenu.Et cela, au-delà même de la demande, jusqu’au jour où le général fit entendre une déclaration fracassante du haut du balcon de l’hôtel de ville montréalais.Auparavant, en ces jours-là, le Québec découvrit toutefois qu’il y avait chez lui une littérature de qualité.Le succès, et les prix qui s’ensuivirent, en témoignait.Eierté donc quand Marie-Claire Blais reçut en 1966 le Médicis.Et qui a donc lu alors, comme par obligation, les pages de L’Avalée des avalées, car la critique française encensait l’écriture de ce Réjean Ducharme, cet auteur qui se cache si bien?Aussi, si les films québécois sont produits avec enthousiasme, le succès d’un Pour la suite du monde semble confirmé quand, outre-Atiantique, on associe cette œuvre à la ^ande tradition cinématographique documentaire.Et ainsi de suite, avec un point d’orgue lorsque Charlebois et Eorestier entonnent un Lindberg dont, près d’un demi-siècle plus tard, l’air et les paroles reviennent avec aisance dans les mémoires.Que ce soit en culture, en politique, tout appui recherché fut obtenu Une Maison du Québec avait donc à Paris pignon sur rue.Elle sera toutefois identifiée avec une connotation plus diplomatique en se transformant en Délégation générale du Québec à Paris.Mais qui y séjourne en poste a presque un statut de diplomate: les échanges seront d’ailleurs acerbes entre le représentant canadien et le porte-parole du fleurdelisé.Coup d’éclat Et on voyait grand, avec de belles réalisations dont, en culture, le dernier coup d’éclat fut sans doute cette entente sur le biculturalisme que la troïka franco-cana-do-québécoise a imposée aux Nations Unies, obtenant gain de cause face aux impérialistes du bloc anglo-saxon: ce qui n’est pas une mince victoire.Toutefois, cinquante ans plus tard, si on jette un regard sur cette «maison-délégation», on peut dire que, après le mot «révolution», c’est «tranquille» qu’il faut maintenant choisir pour décrire la situation actuelle.Une normalisation s’opère, mais qui s’y opposerait quand on voit la signature d’ententes comme celle portant sur la reconnaissance professionnelle?Et, pour les entreprises d’ici, de nouveaux marchés s’ouvrent, d’autant plus que l’ancrage français fait qu’on parle maintenant d’une politique d’échanges commerciaux qui déborderaient sur toute l’Europe et incluraient la confédération canadienne.Aussi, le présent délégué nous informe que cette orientation est voulue par les actuels dirigeants québécois: «La dimension culturelle est très importante et bien reconnue, mais la dimension économique de la relation franco-québécoise, elle, est moins connue, relate Michel Robi-taille.Abrs, je me suis donné pour mandat d’être très près des gens d’affaires et d’appuyer, par temple, le cercle des dirigeants d’entreprises franco-québécoises qui réunit des dirigeants d’entreprises qui sont à la fois implantées au Québec et en France, et de les mettre en valeur.» Voilà! Parlait-on d’affaires il y a 50 ans?Quand Shawini-gan Water and Power n’avait pas encore été nationalisé au profit d’une future Hydro-Québec?Quand le Québec n’était en rien un lieu dit de pointe, encore moins dans l’univers numérique ou celui du génie aéronautique?Quand les fleurons en éducation n’avaient pas pour nom «institut» ou «chaire de recherche»?Mais, en ces jours-là, il y eut des gens de paroles et d’images qui portaient la voix naissante de ces Prançais d’Amérique: le premier Québec international ne fut-il pas ainsi culturel?PATRICK LAZIC Le Devoir Les bureaux de la Délégation québécoise à Paris C 2 LE DEVOIR LE MERCREDI OCTOBRE 2011 LE A PARIS Relations Québec-France Après la culture, les relations économiques Après 50 ans de présence en France, la Délégation du Québec à Paris a réussi à faire reconnaître, indéniablement, la dimension culturelle qui unit les deux nations.Elle tente aujourd’hui d’aller chercher la même reconnaissance dans le secteur économique et compte, notamment, sur le Plan Nord pour y arriver.C’est du moins le défi que s’est fixé le délégué général du Québec à Paris, Michel Robitaille.JESSICA NADEAU A rrivé en poste il y a moins d’un an, le délégué xAgénéral s’est donné pour mandat prioritaire de mettre en valeur la dimension économique qui unit la France et le Québec.«La dimension culturelle est très importante et bien reconnue, mais la dimension économique de la relation franco-québécoise, elle, est moins connue.Abrs, je me suis donné pour mandat d’être très près des gens d’affaires et d’appuyer, par temple, le cercle des dirigeants d’entreprises franco-québécoises, qui réunit des dirigeants d’entreprises qui sont à la fois implantées au Québec et en France, et de les mettre en valeur.» Selon lui, les gens commencent à peine à comprendre l’importance de la relation économique franco-québécoise.Et pourtant, la France est le troisième partenaire européen, après l’Allemagne et le Royaume-Uni, en matière d’import-export La relation est encore plus importante, soutient-il, en ce qui concerne la présence des entreprises françaises au Québec.À ce jour, quelque 400 entreprises françaises sont établies au Québec et 140 entreprises québécoises sont présentes sur le territoire français.«Dans la relation franco-québécoise, il y a plusieurs grandes entreprises françaises qui ont choisi le Québec pour point d’ancrage en Amérique du Nord, explique Michel Robitaille.Je pense par exemple à Ubisoft, un des plus grands employeurs français au Québec.Et c’est la même chose pour les entreprises québécoises, comme Bombardier et SNC-Lavalin, qui ont leur point d’ancrage en France.» Le délégué se réjouit de voir s’achever le dossier de la reconnaissance mutuelle de la formation professionnelle.C’était le dossier prioritaire des trois dernières années après la signature, en 2008, d’une entente par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le président français, Nicolas Sarkozy.«En un peu moins de trois ans, nous avons réussi à signer 80 ententes qui couvrent à peu près tous les secteurs de formation professionnelle pour des métiers qui pourraient être touchés par une telle entente.» De la centaine d’ententes possibles, 80 ont déjà été signées et une soixantaine sont déjà en œuvre, ce qui permet une meilleure mobilité des travailleurs et favorise les entreprises travaillant sur les deux territoires.Cap sur le Plan Nord L’autre facteur qui va aider le délégué général dans sa mission de mise en valeur des relations économiques entre le Québec et la France, c’est le fameux Plan Nord de Jean Charest.«Les Français sont très intéressés par le Plan Nord, assure le délégué général.Il y ale ministre [chargé de l’industrie] Eric Besson qui a effectué une mission il y a quelques semaines au Québec, et cette coopération franco-québécoise pour le développement du Nord québécois va certainement être un élément qui sera au centre de notre coopération franco-québécoise pour les prochaines années.» Selon lui, le Han Nord va permettre de développer de multiples liens entre la France et le Québec sur le plan de la recherche et de la coopération économique dans le secteur de l’environnemenL du développement durable et de l’écotourisme, entre autres.«Il y a présentement six chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui sont à l’Université Laval, à la chaire d’études nordiques, et qui travaillent avec les chercheurs québécois sur des enjeux du développement du Grand Nord.C’est une première pour le CNRS.» SOURCE MINISTERE DES RELATIONS INTERNATIONALES Michel Robitaille Même Monaco, qui est couvert par la Délégation générale du Québec à Paris, s’est mis de la partie avec la fondation du prince Albert II qui finance un projet d’atlas de la biodiversité du Grand Nord québécois.Diversité Entre les activités de représentation auprès des instances politiques, l’organisation de missions économiques, les rencontres de négociations avec des partenaires et le développement d’un réseau de contacts dans tous les domaines à l’intention des Québécois qui se rendent en France, le délégué général du Québec à Paris veille à assurer une plus grande visibilité du Québec sur l’ensemble du territoire français.EL sur ce plan, le 50® anniversaire de la délégation lui permet de déployer tous ses atouts.Depuis avril dernier, on ne compte plus les activités qui se déroulent dans la capitale et en région.Il y a eu le spectacle musical Le Québec prend la Bastille, la restauration de la place du Québec à Saint-Germain-des-Prés, la création d’un concours radiophonique sur les chansons francophones les plus appréciées du public français, l’organisation de colloques qui rappellent les hauts faits de la coopération, la création d’un prix d’excellence pour les entrepreneurs franco-québécois et même l’organisation d’un festival des arts numériques pour faire valoir l’expertise québécoise dans ce domaine.À travers toutes ces festivités, Michel Robitaille tente de lâire briller le Québec à tous les niveaux et sur tout le territoire.«Mon objectif était de mettre en valeur ce qui est fait par la coopération, les secteurs d’excellence et de grandes réussites, mais également de refléter la diversité de la délégation franco-québécoise, alors j’ai trouvé des partenaires tant des secteurs privé que public pour l’organisation de manifestations qui touchent tous les secteurs.» Et, pour sortir de la région parisienne et faire rayonner le Québec dans toute la France, la délégation mise notamment sur l’Association France-Québec, composée de milliers de bénévoles amoureux du Québec qui organisent, dans 63 régions de la France, des activités visant à faire la promotion du Québec.«Ce sont des gens qui, par dévouement et par intérêt du Québec, deviennent des relayeurs de la Délégation générale, soutient Michel Robitaille.C’est un réseau très précieux pour nous, parce que ses membres sont sur l’ensemble du territoire, ils connaissent très bien les associations et ils font vivre cette relation franco-québécoise au quotidien.» C’esL selon lui, l’im des fleurons de la délégation, avec l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), qui a fait voyager quelque 140 000 jeimes depuis sa création en 1968.La délégation a bien vieilli, selon lui, car elle a su s’adapter à l’évolution des sociétés française et québécoise.Et ce qu’il voiL aujourd’hui, au sein de la Délégation générale du Québec à Paris, lui donne bon espoir pour le futur.Car, comme il le dit si bien, un cinquantième anniversaire, c’est à la fois une vitrine sur le passé et une occasion de se projeter vers l’avenir.Collaboratrice du Devoir D’anciens délégués témoignent En quelques phrases tirées de leurs témoignages rendus à l’occasion du 50® anniversaire de la Délégation, cinq anciens délégués esquissent leur point de vue sur des temps forts vécus lors de leur séjour à Paris.RÉGINALD HARVEY Pour Louise Beaudoin, déléguée de 1983 à 1985, «mon grand œuvre a été le rapprochement avec les socialistes et la bataille, gagnée, pour le statut du Québec au sein du Sommet de la Francophonie».Jean-Louis Roy, de 1986 à 1990, indique e^«être délégué du Québec en France constitue un privilège certain.Je l’ai été au moment où cette relation officielle demi-centenaire, fondée sur une proximité certaine entre deux sociétés dont les destins culturels et spirituels sont indissociables, se conjugue et s’enrichit d’une relation plus vaste encore, celle qui nous lie aux pays et gouvernements francophones du monde.Le Québec, la France et la Francophonie en étroite association!» Claude Roquet le fut en 1985 et 1986 et de 1993 à 1996: «En février 1986 se déroule à Versailles, sur un canevas largement québécois, le premier Sommet francophone, où le premier ministre, M.Robert Bourassa, représente le Québec.Le deuxiè- me Sommet, en 1987, se tiendra à Québec.Et surtout intervient en 1995 le référendum sur la souveraineté du Québec.Cet événement majeur suscite en France un intérêt que doit gérer la Délégation.» Clément Duhaime sera en poste de 2000 à 2005: «Le hasard des calendriers diplomatique et politique a voulu que je prenne mes fonctions, rue Pergolèse, au moment où le nouvel ambassadeur du Canada, Raymond Chrétien, s’installait dans les siennes, avenue Montaigne.Nos rapports auraient pu être tendus, il n’en a rien été, sans qu’aucun de nous renie ses convictions ou manque à son devoir envers le gouvernement qu’il représentait» Wilfrid-Guy licari lui succède en 2006 et poursuit jusqu’en 2010: «Dun des moments forts aura été le dossier des ententes sur la reconnaissance des qualifications professionnelles.Développement majeur, voire historique, devant permettre une large mobilité professionnelle entre le Québec et la France.Ce pont transatlantique marque une première et va servir les intérêts économiques du Québec.Le souvenir le plus marquant restera toutefois celui des célébrations du 400" anniversaire de la fondation de Québec, événement historique fort réussi qui aura suscité en France une mobilisation exceptionnelle.» Collaborateur du Devoir BULLETIN D'HISTOIRE POLITIQUE I 50 ans de relations France-Québec I De 1910 à 1960 Ivan Cari-i ct Samy Mr.su Deux ouvrages ESSENTIELS POUR COMPRENDRE LES ÉCHANGES CULTURELS ET DIPLOMATIQUES ENTRE LA FrANCE ET LE Québec.En poste à Paris vlb éditeiir Une compagnie de Québécor Media editionsvlb.com Et Michel Lucier succéda à Marcel Masse Marcel Masse, de 1996 à 1997, et Michel Lucier, de 1997 à 2000, se sont succédé au poste de délégué général du Québec en Eran-ce, du milieu des années 1990 jusqu’à l’aube de l’autre siècle.S’ils ont témoigné de cette expérience professionnelle dans le site du 50® anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris (DGQP), ils ont aussi répondu aux questions du Devoir.RÉGINALD HARVEY Pour un, Michel Lucier considère le délégué comme un véritable ambassadeur du Québec.Marcel Masse, sans pour autant se montrer réducteur dans sa vision de la fonction, pose un regard moderne sur un tel poste: «La montée des transports — et là, je ne parle pas seulement des avions mais aussi d’Internet et de tout ce qui s’est développé depuis une trentaine d’années — fait finalement que le rôle des représentants à l’extérieur a été dans un sens diminué d’autant.» Selon lui, «la définition du mot “ambassadeur” suit la courbe de la relation directe entre les pays.Prenons l’exemple du premier ministre du Québec.A son époque, Duplessis n’a jamais pu venir en France; pour ce faire, il aurait dû effectuer le trajet par bateau ou prendre un vol qui durait de 14 à 15 heures à la fin des années 1950.Aujourd’hui, le premier ministre du Québec vient à Paris cinq ou six fois par année et il a des relations directes avec le chef du gouvernement, le président.Ces deux-là peuvent se téléphoner, ils s’écrivent par courriel et ils se connaissent.Le même mode d’opération s’applique dans le G8, dans le G20 et dans tout ce que vous voulez sur le plan des échanges internationaux», explique M.Lucier.Ce constat posé, il dépeint ce qui se passe maintenant: «Les bureaux à l’étranger, les délégations et les ambassades doivent d’abord tenir le contact avec les Québécois ou les Canadiens sur le sol de leur juridiction.Deuxièmement, dans le cas d’un délégué du Québec, il doit en faire la promotion sur les plans économique, culturel, universitaire et des investissements; il lui faut développer des relations de bon voisinage et, quand de plus il s’agit du Québec, cela doit se faire dans le sens d’un bon voisinage qui se vit dans un esprit de coopération depuis une cinquantaine d’années; coopération d’Etat à Etat, de corporations, d’artistes, de médecins, etc.Enfin, tout le monde a tissé des liens exceptionnels depuis ce temps, qui se sont beaucoup modifiés.» Ce point de vue exprimé, il va de soi que Marcel Masse a pris la direction de la Délégation dans un climat de lendemain de référendum perdu et d’attentes envolées: «Il y a eu une sorte de baisse de température de ce côté-là et il fallait ne pas baisser les bras à Paris; c’est l’une des raisons pour lesquelles M.Parizeau m’a nommé à ce poste.» Il considère que ce fut une ligne de force qui a laissé son empreinte sur son mandat.Il fait ressortir un autre aspect de son travail: «J’ai vécu un tournant où les régions de la France ont pris une importance de plus en plus marquée, ce qui n’était pas encore inscrit dans nos habitudes de coopération; c’était très palpable et visible ici.» «J’ai vécu un tournant, où les régions de la France ont pris une importance de plus en plus marquée» «Être délégué général à Paris ou ailleurs, ce n’est pas la même chose», signale en premier lieu Michel Lucier.Il poursuit: «C’est la seule place où le délégué a vraiment un rôle diplomatique et politique.Tout comme un ambassadeur, on l’appelle “chef de mission diplomatique”.Impossible d’accoler le mot “ambassade” à cette réalité, parce qu’il ne s’agit pas d’un pays souverain, mais c’est un statut diplomatique et politique reconnu.La chose la plus visible et la plus claire, c’est que les relations se déroulent de gouvernement à gouvernement de façon directe.» Il reconnaît à la suite de cette assertion, que le délégué est un véritable ambassadeur: «Un tel état de fait suppose un certain nombre de nuances et de remarques qui peuvent varier en fonction des époques, selon les tempéraments des gens qui sont nommés ou de ceux qui les nomment.» Retour sur un printemps Après avoir affirmé, selon les mots de l’écrivain Alain Peyrefitte, que le diplomate «ne fait pas la parole mais porte la parole», il résume le mandat d’un délégué: «Il lui faut respecter des balises qui sont les orientations qu’il reçoit de l’homme politique et du gouvernement qu’il représente.Après quoi, il lui revient d’utiliser les connaissances du terrain qu’il possède et le réseau qu’il a déjà établi sur le territoire, s’il ne s’agit pas de quelqu’un qui est parachuté dans ses fonctions.Voilà ce qui va servir à guider les stratégies à mettre en place et à exécuter les mandats reçus.» Sur le plan des sadsfacfions qu’il tire de son passage comme chef de file de la délégation, Michel Lucier identifie en premier lieu le succès que fut la tenue du «Printemps du Québec en France», qui s’est échelonnée sur une période de quatre mois en 1999: «C’est la plus grande activité culturelle que le Québec a présentée à l’étranger.»  ce propos, il rend hommage à un groupe: «/’ai toujours dit et je répète que les délégués généraux du Québec en France doivent avoir la simplicité et la lucidité de reconnaître que nos premiers ambassadeurs, ce sont nos artistes et notre monde culturel.» Il considère également que la reprise des visites alternées des premiers ministres en France et au Québec a marqué positivement son séjour à Paris.«Elles ont réorienté la coopération et c’est réellement une des choses les plus importantes qui se sont produites et qui se sont traduites par des relations politiques et diplomatiques.» Il a de plus inscrit ses activités professionnelles dans la foulée de celles de son prédécesseur, Marcel Masse, en accentuant le rapprochement amorcé avec les régions: «On a assisté à l’ouverture sur le territoire par le biais de conventions et de collaborations intervenues entre les régions françaises et la Délégation du Québec; on en a signé six du temps que j’ai été là.» À l’époque, autant de plans d’acdon ont été paraphés avec les territoires de Rhône-Alpes, du Pas-de-Calais, de l’Auvergne, de Poitou-Charentes, de l’Aquitaine et de l’Alsace: «Et, dans la foulée de ces ententes, il y a également eu le renouvellement des liens avec l’Association France-Québec, qui regroupait 6000 adhérents, dont le travail à accomplir est de faire connaître et aimer le Québec en France», souligne encore l’ancien délégué.Collaborateur du Devoir 5252 LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 OCTOBRE 2011 C 3 LE A PARIS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Monique Gagnon-Tremblay Relations internationales La ministre Gagnon-Tremblay est des célébrations La Délégation «doit servir de tremplin pour consolider l’image que le Québec projette à l’échelle internationale» La Délégation générale du Québec à Paris doit consolider ses acquis tout en poursuivant ses actions à l’échelle politique, culturelle et économique.Tel est l’essentiel du message de Monique Gagnon-Tremblay, titulaire du ministère des Relations internationales.Entretien.THIERRY HAROUN On aura compris que Mme Gagnon-Tremblay est aux premières loges lors des célébrations du 50® anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris.«C’est une grande fête.On célèbre les 50 ans de la présence du Québec à Paris.Et, quand on regarde le passé et qu’on regarde l’avenir, vous comprendrez qu’il s’est fait beaucoup de choses en 50 ans», lance d’entrée de jeu la ministre.«Ce qui est exceptionnel au sujet de notre Délégation à Paris, c’est qu’elle jouit des avantages qu’on accorde habituellement à une ambassade.Elle se démarque ainsi de toutes les autres Délégations que nous avons dans le monde.Elle profite d’une relation directe et privilégiée entre le Québec et la Erance, qui s’exprime à travers ce dispositif diplomatique en vertu duquel le Consulat général de la Erance à Québec et la Délégation générale du Québec à Paris assurent sans intermédiaire les communications de gouvernement à gouvernement.» Le fait français L’autre élément qui distingue cette Délégation par rapport à ses consœurs québécoises à l’échelle internationale est le fait du parrainage de l’Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.Cette entente, qui s’inscrit comme l’un des chantiers importants du nouvel espace économique du Québec, selon la ministre Gagnon-Tremblay, a été signée le 17 octobre 2008 par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le président français, Nicolas Sarkozy.L’entente vise à faciliter et à accélérer l’acquisition d’un permis pour l’exercice d’une profession, d’une fonction ou d’un métier réglementé au Québec ou en France par l’adoption d’une procédure commune de reconnaissance des qualifications professionnelles.La documentation gouvernementale note que, depuis sa mise en service, une centaine d’autorités professionnelles ont appliqué cette procédure, permettant, là où une équivalence globale existait, la conclusion d’un arrangement de reconnaissance mutuelle des qualifications.«C’a été un moment historique, la signature de cette entente», tient à rappeler la ministre.La Délégation générale du Québec à Paris ne se distingue-t-elle pas par le fait français?«Oui, c’est vrai qu’il y a le fait français.Mais je vous dirais que, si c’est le cas pour Paris, ce l’est également à l’échelle internationale.Quand on parle du fait français, il faut rappeler que c’est avec la France que nous avons cheminé dans l’optique de nos relations internationales à l’échelle de la Francophonie.Si nous sommes considérés comme des partenaires à part entière au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, c’est grâce aux Français, qui nous ont donné un coup de main.» Un tremplin Si la Délégation générale du Québec à Paris a servi de carrefour politique, culturel et économique au cours des 50 dernières années, le bagage d’expérience accumulée «doit servir de tremplin non seulement pour consolider nos acquis, mais aussi pour consolider l’image que le Québec projette à l’échelle internationale.Le Québec est bien perçu dans le monde.Le Québec est présent dans 17 pays et dans 28 villes.Nous célébrons les 50 ans de la présence du Québec à Paris, mais nous célébrons de plus les 40 ans de la présence du Québec en Allemagne, en Bavière.Nous sommes au Japon aussi depuis 40 ans.Nous sommes en Italie depuis longtemps, nous sommes présents en Angleterre et nous sommes présents à New York depuis 60 ans.» La ministre Gagnon-Tremblay tient à souligner que le gouvernement du Québec ne pourrait plus se passer de ses bureaux internationaux et de ses Délégations.«Ils sont absolument essentiels, dit-elle en ramenant, par la même occasion, la conversation vers la France.Ce qui est intéressant en ce qui concerne la France, c’est que le Québec travaille étroitement avec les régions françaises en développant des programmes de coopération et en misant sur eux.Et cette coopération emprunte la voie des visites ministérielles.» Cette collaboration, observe encore Mme Gagnon-Tremblay, est rendue possible par l’entremise de la Commission permanente de coopération franco-québécoise.«Cette année, précise-t-elle, une centaine de projets de collaboration [auront lieu] qui totalisent 1,4 million de dollars.Cela mettra à contribution des chercheurs, des ministères, des artistes, des créateurs, des représentants des milieux associatifs et privés et d’autres encore.» En conclusion, Monique Ga-gnon-Temblay rappelle que le parcours de la Délégation générale du Québec à Paris a posé «de grands jalons pour que la prochaine génération puisse à son tour mener encore plus loin cette relation unique que nous entretenons avec la France».Collaborateur du Devoir Acte fondateur Le 12 avril 1965, Paul Gerin-Lajoie prononce un discours historique On ne saurait aborder le sujet des relations internationales du Québec sans évoquer la doctrine Gérin-Lajoie qui en a tracé la voie.Dans quelles circonstances cette doctrine est-elle née?Sur quoi repose-t-elle?Et quelles en sont les conséquences, hier comme aujourd’hui?PIERRE VALLEE Remontons au début des années 1960.Le Québec est en pleine Révolution tranquille et le Parti libéral de Jean Lesage est au pouvoir.Pour la première fois de son histoire, le gouvernement du Québec compte au sein de ^on cabinet un ministre de l’Education, Paul Gérin-Lajoie, et un ministre de§ Affaires culturelles, Georges-Emile Lapalme.Ce dernier se rend à Paris pour rencontrer son homologue français, André Malraux.«Malraux lui fait alors part de l’intérêt que de Gaulle porte envers le Québec, explique Robert Aird, auteur et historien.Il lui suggère fortement d’augmenter la présence du Québec à Paris.C’est ainsi qu’est née la Maison du Québec à Paris.C’est l’acte fondateur des relations internationales québécoises.» Cette présence diplomatique québécoise à Paris, combinée à la sympathie du gouvernement de Gaulle envers le Québec, lavo-rise les échanges entre les deux capitales.En 1965, Paul Gérin-Lajoie se rend à Paris pour signer une toute première entente France-Québec, portant sur l’éducation.«A cette époque, les besoins en éducation au Québec sont immenses», rappelle Robert Aird.La doctrine A son retour de Paris, Paul Gérin-Lajoie est accueilli à l’aéroport par André Patry, alors juriste et conseiller du premier ministre Lesage.«C’est bien beau, cette entente, lui dit Patry, mais sur quelles bases juridiques repose-t-elle?» C’est qu’André Patry a déjà beaucoup réfléchi à la question.Il propose alors à Paul Gérin-Lajoie de prononcer un discours, qu’il écrira lui-même en grande partie, dans lequel seront étayées ces bases juridiques.Qu convient de prononcer le discours devant un parterre composé du corps consulaire en poste au Québec.Le 12 avril 1965, Paul Gérin-Lajoie pronon- «Le Québec fait aujourd’hui figure de précurseur et de modèle grâce à la doctrine Gérin-Lajoie» ce son discours historique et la doctrine Gérin-Lajoie voit le jour.Qu décrit généralement la doctrine Gérin-Lajoie en ces termes: c’est le prolongement international des compétences internes du Québec.Dans son discours de 1965, Paul Gérin-Lajoie explique les bases juridiques qui rendent cette thèse possible.Il s’appuie d’abord sur un jugement du Conseil privé datant de 1883 qui stipule que les provinces canadiennes ne sont d’aucune façon les déléguées du gouvernement canadien et qu’elles n’agissent pas en vertu d’un mandat reçu de ce dernier.Elles sont donc libres de légiférer comme elles l’entendent dans les champs de compétence qui sont les leurs en vertu de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique.Il poursuit en soulignant une contradiction constitutionnelle, confirmée par un jugement rendu trente ans plus tôt par le comité judiciaire de Conseil privé et jamais invalidé depuis.Si le Canada possède le droit de signer des traités internationaux, ce qu’on nomme \ejus tractatuum, il ne peut en revanche appliquer ces traités si leur mise en œuvre touche les champs de compétence provinciaux.En d’autres mots, les provinces sont parties prenantes ou non de tout traité canadien portant sur leurs champs de compétence.Dans ce cas, pourquoi les provinces, donc le Québec, ne pourraient-elles pas signer leurs propres ententes internationales dans leurs champs de compétence, avance alors Gérin-Lajoie.D’autant plus que le Statut de Westminster de 1931 est muet sur la question des relations internationales et nulle part n’est-il mentionné qu’elles relèvent de la compétence exclusive du gouvernement du Canada.Ce sont les raisons pour lesquelles Gérin-Lajoie avance que le Québec, comme les autres provinces canadiennes, d’ailleurs, possède lui aussi \ejus tractatuum.Il va même plus loin Paul Gérin-Lajoie en déclarant «qu’il n’est^plus admissible non plus que l’État fédéral puisse exercer une sorte de surveillance et de contrôle d’opportunité sur les relations internationales du Québec».D’hier à aujourd’hui Depuis ce discours, tous les gouvernements du Québec, peu importe leur allégeance politique, ont adhéré à cette doctrine.«Depuis cette première entente en 1965 sur l’éducation, le Québec a signé 687 ententes internationales, dont 383 sont toujours en vigueur», rappelle Stéphane Faquin, professeur à l’ENAP et spécialiste des relations internationales.Si la doctrine Gérin-Lajoie fait funanimité au Québec depuis sa naissance, le gouvernement fédéral a réagi de différentes façons au fil des ans.«En 1965, le gouvernement Pearson avait une certaine ouverture, mais celle-ci s’est rétrécie avec l’arrivée du gouvernement Trudeau, souligne Stéphane Faquin.Le ton s’est durci chaque fois que le PQ était au pouvoir et que les libéraux dirigeaient le gouvernement canadien.On peut dire aujourd’hui, même s’il n’y a jamais eu de reconnaissance officielle du jus tractatuum provincial par le Canada, que la question ne pose plus vraiment de problème, le JACQUES NADEAU LE DEVOIR gouvernement Harper étant plus ouvert à la présence internationale des provinces.» Il en donne pour preuve les négociations entourant l’entente de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.«Toutes les provinces canadiennes sont assises aux tables de négociations.» Un autre bel exemple de la doctrine Gérin-Lajoie à l’œu-vre est l’entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.«Ceüe entente a été signée par la France et le Québec, sans la participation du Canada.C’est d’ailleurs la première fois qu’une entente France-Québec est signée personnellement par le président français; auparavant, les ententes étaient signées par des ministres du gouvernement français.» Ce type de relations internationales gagne même du terrain.«C’est une tendance qu’on observe maintenant dans la plupart des États fédérés.Par exemple, en Espagne, la Catalogne signe maintenant ses propres ententes internationales.Et le Québec, à cet égard, fait aujourd’hui figure de précurseur et de modèle grâce â la doctrine Gérin-Lajoie.» Collaborateur du Devoir ASSOCIATION ^Québec-F] -rrance S 4* if COMMISSION FRANCO-QUEBECOISE SUR LES LIEUX DE MÉMOIRE COMMUNS Les acteurs du milieu associatif engagés dans la relation franco-québécoise, tiennent à saluer l’importance et la contribution de la Délégation générale du Québec à Paris.U association Québec-France, depuis 40 ans, et la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, depuis près de 15 ans, mobilisent citoyens et partenaires dans des projets valorisant la relation unique entre la France et le Québec.Si vous partagez notre intérêt pour l’amitié et la mémoire franco-québécoises, joignez-vous à nos organisations.www.cfqlmc.org www.quebecfrance.qc.ca 1-877-236-5856 5252 C 4 LE DEVOIR LE MERCREDI OCTOBRE 2011 LE A PARIS Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs Ces lieux qui ne seront jamais oubliés « On identifie des traces de nature patrimoniale qui témoignent de notre histoire commune » Depuis 1996 existe un organisme nommé la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CF-QLMC) qui a vu le jour sous l’impulsion de la Délégation québécoise à Paris, au moment où Marcel Masse en était le délégué général.Elle souligne les qualités, en les diffusant de différentes manières, de ces lieux à la fois matériels et immatériels qui ont engendré des richesses culturelles et historiques dispersées sur deux continents.REGINALD HARVEY Qu’en-est-il au juste de ces lieux de mémoire qui sont la raison même d’exister de cette commission?Coprésident de celle-ci pour le Québec, André Dorval apporte cet éclairage: «C’est un repère culturel qui témoigne de leur histoire commune aux Français et aux Québécois; c’est un concept qui a été développé par l’historien français Pierre Nora, et on a l’adapté à notre réalité et à notre usage, selon la pratique.Il peut s’agir aussi bien d’un patrimoine immobilier que d’éléments culturels.Pour résumer, je dirais que ce sont toutes les traces tangibles et intangibles de notre histoire commune.» Dans quelles circonstances la Commission est-elle mise sur pied?«Marcel Masse a proposé cette idée-là à une autre commission qui existait déjà depuis de nombreuses années, celle de la coopération permanente franco-québécoise; il en fut d’ailleurs le premier coprésident avec, pour pendant français, Henri Réthoré, ex-consul général à Québec.» Il se tourne vers l’objectif visé et apporte un certain éclairage sur celui-ci: «Dans le fond, l’idée, c’était de créer un point d’ancrage qui se préoccupe d’identifier, de faire connaître et de mettre en valeur ces lieux de mémoire.Il faut bien voir le côté bilatéral et bénévole d’un tel organisme: du côté français, si on regarde le statut formel, c’est une association, et au Québec, c’est un organisme à but non lucratif.La Commission, c’est donc, essentiellement et à la fois de part et d’autre de l’Atlantique, une sorte de forum, un lieu de concertation, d’échanges, de propositions et d’initiatives; c’est aussi parfois un endroit de coordination, parce qu’on réalise des choses.Les gens sont là à titre de bénévole qui s’intéresse au thème qui nous réunit; ils peuvent être encore au travail dans des établissements culturels comme des musées, des services d’archives, etc.; dans d’autres cas, ils nous appuient à titre individuel.C’est un engagement citoyen; plusieurs de ces personnes sont également à la retraite et, comme elles ont œuvré dans ces uni-vers-là, elles mettent leurs compétences à notre service.» Élément déclencheur Plusieurs moyens d’action ont été mis de l’avant pour mener à bien la mission.«Ils sont plutôt humbles.On dispose d’une petite subvention de la Commission permanente, mais notre force, c’est d’être la mouche du coche; c’est donc dire qu’on va voir des acteurs institutionnels à qui on propose des choses; finalement, nous sommes un peu des animateurs», explique André Dorval.Dans d’autres circonstances, il est question d’un engagement plus poussé.«On peut faire des démarches pour solliciter des fonds en vue de réaliser des projets.» Il donne un exemple reflétant les préoccupations et les grands thèmes de la Commission, qui sont associés à la connaissance et à la mise en valeur des lieux franco-québécois.«B y a quelques années, on a par conséquent mobilisé des universités: pour la Fran- .A _ rrr I 11 rsT 1 XAVIER LEOTY AEP Le port de La Rochelle, dans le département de la Charente-Maritime.Des chercheurs de l’Université de La Rochelle ont participé à la réalisation de l’inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France dans la région du Poitou-Charentes.ce, on a recruté l’Université de La Rochelle, et pour le Québec, ce furent l’Université Laval et l’Université du Québec à Trois-Rivières.Il s’en est suivi un énorme chantier qui a résulté en des produits très importants: on a réussi à publier en 2008 le document Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes.» Et l’originalité de la démarche doit être soulignée.«Voilà un exemple d’intervention qui a donné des résultats extrêmement tangibles; c’est une brique et un travail d’inventaire qui existe à la fois en version papier et électronique.On identifie là des traces de nature patrimoniale qui témoignent de notre histoire commune.» En fondant toujours son action sur la même thématique.la Commission se lance maintenant dans le développement du tourisme mémoriel et culturel.«Dans ce sens, on a un projet avec l’Université du Québec à Trois-Rivières.L’an dernier, on a réalisé un tronçon-pilote dans notre site Web pour voir comment on pouvait stimuler davantage cette activité touristique; on sait que celle-ci existe déjà et qu’on n’invente pas la roue, mais on veut que le thème de la mémoire franco-québécoise soit encore plus présent dans des situations ludiques.On est en train de faire avancer la roue dans cette direction et, l’an prochain, il y aura un colloque international très important à ce sujet, sous les auspices de l’UNESCO, qui sera organisé en collaboration avec nos partenaires et qui aura lieu à Québec.» Commémorations Il arrive de plus que la Commission se tourne vers les événements commémoratifs pour s’acquitter de sa mission.«En 2009, à l’occasion du 150" anniversaire de la création du consulat général de la France ou du premier établissement diplomatique français au Québec.On en a profité pour tenir un colloque sur ce thème et pour inviter des gens à parler du consulat comme tel et de son mandat, qui est devenu très différent au fil du temps, notamment à la suite du voyage de De Gaulle.» Un autre colloque s’est tenu hier, à Paris cette fois, dans le but de souligner le 50" anniversaire de la Délégation québécoise.André Dorval en résume la présentation.«C’est reconnu comme un temps fort entourant les manifestations autour de cet événement.Il vise à retracer l’histoire de la coopération franco-québécoise, et beaucoup des acteurs qui Vont écrite seront présents, ce qui donne un accent tout à fait particulier à ce rassemblement.» Entre-temps, la Commission s’est mise à l’ouvrage et prépare une publication sur les cinquante ans de la Délégation, qui sortira en novembre.Elle a pour titre provisoire Les textes marquants de la relation franco-québécoise.Collaborateur du Devoir Un demi-siècle d’échanges Le Québec reçoit de la France une reconnaissance internationale L’écrivaine Marie-Claire Blais signe un premier coup d’éclat en obtenant en 1966 le Médicis En 50 ans, le Québec a reçu de la Erance plus d’un appui.Le mot «État» s’inscrivit dans les échanges et les artistes d’ici reçurent outre-Atlantique un accueil plus que favorable.Plus tard, des échanges économiques, mais toujours des liens suivis.Le ministère des Relations internationales se souvient.1961 Le premier ministre Jean Lesage effectue sa première visite officielle en France et inaugure le 5 octobre 1961 à Paris, en présence d’André Malraux, la Maison du Québec, qui deviendra trois ans plus tard la Délégation générale du Québec, assimilée à une représentation diplomatique avec immunité de juridiction, privilèges douaniers et fiscaux.Le premier ministre du Québec, Jean Lesage, est reçu par le général de Gaulle.1964 Ratification de la première entente de coopération technique franco-québécoise entre le ministère de la Jeunesse du Québec et l’Association pour l’organisation des stages en France.1965 Le ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, signe avec son homologue français, Christian Fouchet, la première entente internationale du Québec: l’Entente sur un programme d’échanges et de coopération dans le domaine de l’éducation.La Commission permanente de coopération franco-québécoise voit le jour pour veiller à l’application des programmes prévus dans cette ambitieuse entente.Le ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, formule une doctrine qui fonde en droit la liberté d’action du Québec, sur le plan international, dans ses champs de compétence exclusifs.1966 L’éciivaine Marie-Claire Blais remporte le prix Médicis pour son roman Une saison dans la vie d’Emmanuel, publié chez Grasset en France.1967 Vive le Québec! à l’Qlympia.Ce «premier spectacle officiel du Québec» regroupe une douzaine de Québécois dont Gilles Vigneault, Pauline Julien, Claude Gauthier, Clémence Desrochers et Ginette Reno.Félix Leclerc triomphe à Bobino.Visite au Québec du général de Gaulle à l’occasion d’Expo 67.Sa déclaration faite sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal a des répercussions tant au Québec qu’au Canada et en France.Signature des accords Peyrefitte-Johnson couvrant plusieurs domaines, dont la culture et l’éducation 1968 Création de l’Office franco-québécois pour la jeunesse.A l’invitation de la France, le ministre de l’Éducation du Quéfiec participe à la conférence des ministres de l’Éducation à Dbreville, une première en matière de relations multilatérales.1969 Depuis son passage fulgurant en 1969 à l’Qlym-pia, Robert Charlebois est devenu une icône de la chanson québécoise en France.1970 Avec l’appui du gouvernement français, le Québec obtient le statut de gouvernement participant à l’Agence de coopération culturelle et technique, devenue aujourd’hui l’Qrganisation internationale de la francophonie.1973 Les Belles-Sœurs, de Michel Tremblay, est présentée par la Compagnie des Deux Chaises à l’Espace Cardin, à Paris.Elle est considérée comme la meilleure production étrangère de la saison théâtrale parisienne.1974 Visite en France du premier ministre Robert Bourassa, au cours de laquelle est convenue, avec le premier ministre Jacques Chirac, la création du Groupe franco-québécois de coopération économique.1977 Le premier ministre du Québec, René Lévesque, et le premier ministre français, Raymond Barre, instaurent les missions alternées dirigées par les premiers ministres québécois et français.1979 Création de Starmania, de Luc Plamondon et Michel Berger, au Palais des congrès de Paris.Cette production met notamment en vedette Diane Dufresne, France Gall, Fabienne Thibault, Nanette Workman, Claude Dubois et Daniel Bala-voine.Starmania fut l’un des tout premiers opéras rock francophones entièrement chantés.Joué partout dans le monde, cet opéra a connu de nombreuses adaptations.1986 Le déclin de l’empire américain, de Denys Ar-cand, remporte le Prix de la critique internationale au Festival de Cannes et attire 1,2 million de spectateurs en France.1994 Si^ature d’un premier plan d’action avec une région française, Rhône-Alpes.1996 La Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs voit le jour.1997 La semaine «Cinéma du Québec à Paris» est créée, sous la présidence d’honneur de Carole Laure, qui sera chaque année fidèle au rendez-vous.De Paris, la manifestation essaimera jusqu’à Lyon, Nîmes, Cannes, et jusqu’à Liège en Belgique.1998 Création du Groupe franco-québécois sur la diversité culturelle.1999 Inauguration du France».Printemps du Québec en 2000 Lanœment du club économique France-Québec.2001 Premiers ateliers portant sur «la France et sa coopération décentralisée avec le Québec».2003 Pour Les Invasions barbares, Denys Arcand remporte au Festival de Cannes le prix du scénario.Le prix d’interprétation féminine est remis à Marie-Josée Croze.En 2004, il reçoit trois Césars: meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original ou adaptation.2004 Mission commerciale conjointe France-Québec au Mexique, dirigée par les premiers ministres Jean Charest et Jean-Pierre Raffarin.2005 Le Théâtre national de Chaillot inaugure sa saison avec la version intégrale revisitée de La trilogie des dragons, de l’auteur et metteur en scène Robert Lepage.Création du Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée.2008 Création du Conseil franco-québécois de coopération universitaire Visite au Québec du président Nicolas Sarkozy.Pour la première fois, le président de la République française prononce un discours à l’Assemblée nationale du Québec.Signature de l’entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, par Nicolas Sarkozy et Jean Charest.Visite au Québec du premier ministre François Fillon à l’occasion des fêtes du 400" anniversaire de Québec.Célébrations en France du 400" anniversaire de la fondation de Québec par Samuel de Champlain, navigateur et cartographe originaire de Brouage, en Charente-Maritime.2009 L’auteur, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad est artiste associé du Festival d’Avignon.Sa trilogie Le sang des promesses, constituée des pièces Littoral, Incendies et Forêts, inaugure la 63" édition du festival.Wajdi Mouawad reçoit la même année le Grand Prix du théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre dramatique.Dany Laferrière remporte le prix Médicis pour son roman L’énigme du retour, publié aux éditions du Boréal, au Québec, et chez Grasset, en France.Création du Club des dirigeants d’entreprises franco-québécoises, dont le principal objectif consiste à favoriser l’entraide parmi les acteurs économiques oeuvrant dans l’axe France-Québec, notamment en jouant un rôle de mentorat et en favorisant la mise en commun de réseaux d’informations et d’expériences.2010 Xavier Dolan se retrouve, à 21 ans, en Sélection officielle au Festival de Cannes avec son deuxième film autoproduif Les amours imaginaires.En 2009, Dolan avait remporté trois prix à la Quinzaine des réalisateurs avec son premier long métrage,/’ai tué ma mère.2011 Denis Marleau signe la mise en scène d’A^a-memnon présentée à la Comédie-Française.Il est le premier metteur en scène québécois invité par la Comédie-Française à fouler les planches de la Salle Richelieu.Le Devoir, d’après le ministère des Relations internationales.5252 LE DEVOIR, LE MERCREDI 5 OCTOBRE 2011 C 5 LE .A PARIS Association Québec-France Pour l’amitié et l’amour de la France Le Québec et la France sont organisés en « régionales » L’Association France-Québec est d’abord une association d’amitié.Pierre Provost, son président, témoigne.CLAUDE LAFLEUR Il y a quarante ans se créaient de part et d’autre de l’Atlantique deux regroupements de citoyens dans le but de promouvoir les échanges entre la France et le Québec.«Nous regroupons plus de 2000 Québécois et nous sommes ce qu’on pourrait appeler la “partie civile” de la coopération franco-québécoise, énonce Pierre Provost, président de l’Association Québec-France.A certains égards, la coopération franco-québécoise, c’est très administratif, gouvernemental et politique, alors que nous, nous sommes la société civile de participation à la coopération.» Ce regroupement est avant tout une association d’amitié qui vise à développer les relations entre la France et le Québec.Constituée de 20 «régionales» qui tapissent le Québec — de la Gas-pésie à l’Abitibi, de l’Outaouais à l’Estrie, illustre M.Provost — l’Association Québec-France a son équivalent français, constitué de 69 «régionales».L’une des caractéristiques des deux regroupements est de ne pas être centrés sur les grands centres urbains — Paris, Montréal — mais de couvrir les régions.Tous deux non seulement font la promotion des échanges culturels et touristiques, mais ces associations constituent un véritable réseau d’amitié et d’entraide qui facilite l’accueil des visiteurs d’outre-mer, peu importe quelles régions ils visitent, de même que les échanges de maisons (avec, en outre, l’accueil par les résidants locaux), ainsi que les échanges d’étudiants et de professionnels.Pierre Provost a lui-même bénéficié d’un échange professionnel inédit.«En 1988-89, raconte-t-il, durant un an, fai fait un échange professionnel fêtais alors organisateur communautaire en CLSC (dans la Baie-des-Chaleurs) et fai changé de poste avec une conseillère en économie sociale et familiale de Bourgogne.On voulait alors voir comment des professionnels pouvaient intervenir en territoire complètement différent.» «Ça été tout un dépaysement pour la famille, poursuit-il.Pensez donc, mes quatre enfants ont passé une année dans des écoles en milieu rural français.Ce fut pour eux une belle expérience.Pour ma part, sur le plan professionnel, ç’a été une expérience extraordinaire, parce que les façons de travailler sont très différentes.Entre autres, fai pris une foule d’initiatives qui ont parfois beaucoup étonné les Erançais, puisque je ne respectais pas la hiérarchie! De mon côté, fai beaucoup apprécié l’étroite collaboration qui existe entre les mairies et les écoles — ce qu’on ne voit pas ici!» Depuis vingt ans, les échanges professionnels de part et d’autre de l’Atlantique se sont amplifiés.Actuellement, cinq centres jeunesse du Québec et autant d’instituts régionaux de travail social de la France partagent des professionnels.«Ce sont donc des travailleurs sociaux, des éducateurs, des psycho-éducateurs, qui partent de la Erance pour venir ici voir comment on travaille, et vice-versa, résume M.Provost.On a actuellement des stagiaires français à Québec, à Gaspé et en Montérégie, et d’autres s’en vien- La promotion des échanges culturels et touristiques sont à l’honneur nent.» Les membres de l’Association Québec-France bénéficient d’une foule d’avantages.Non seulement les membres d’une régionale reçoivent-ils la visite de «cousins» venus leur présenter leur coin de pays et leur mode de vie mais, lorsque vient le temps d’explorer la contrée française, ils bénéficient de l’accueil des membres de la régionale française.«On a aussi un programme d’échange de maisons, relate Pierre Provost.L’un de nous va chez un membre de Erance-Qué-bec et lui vient ici pour un mois.Les membres de la régionale en étant informés, ils accueillent et s’occupent du visiteur.C’est dire que, en plus d’un échange de maisons, il y a tout un réseau d’accueil en place.» De même, un membre qui décide de visiter différentes régions de la France peut demander à être hébergé par des membres de la régionale.«On ne fait alors pas le voyage d’un touriste qui réside dans des hôtels, note Pierre Provost, mais on va chez des gens qui nous accueillent et nous font découvrir leur coin de pays.» Par ailleurs, dans le cadre du programme «Découverte du pays d’en face», l’Association Québec-France organise des délégations (d’une vingtaine de personnes) qui visitent une suite de régions de la France durant une année.«Nos membres sont reçus par des régionales françaises afin de découvrir différents coins de la Erance et sont hébergés chez l’habitant (des membres de Erance-Québec), explique le président de l’association.L’année suivante, ce sont des Erançais qui découvrent le Québec en faisant une tournée des régions.» M.Provost souligne au passage (\\f «on n’a jamais de problème avec l’accueil; il y a toujours des membres prêts à accueillir d’autres membres».L’association offre aussi des programmes pour jeunes, dont le programme «Intermunicipalité», qui permet à de jeunes Québécois et Français de travailler dans une municipalité du «pays d’en face».«Actuellement, on a environ 150 jeunes qui vivent de part et d’autre une expérience qui leur permet de découvrir la Erance ou le Québec, relate-t-il.On a aussi des ententes avec des vignerons français qui accueillent des jeunes, les hébergent et les paient pour leur faire faire des vendanges.» Les deux associations organisent également chacune un prix littéraire.Des livres sont envoyés dans chacune des régionales, rapporte M.Provost, les membres de celles-ci les lisent et votent.L’écrivain français qui remporte le prix vient ensuite faire une tournée organisée au Québec — de même pour le lauréat québécois en France.«On devient membre de notre association pour plusieurs raisons, indique avec enthousiasme le président, soit par amour de la Erance, pour accueillir des Erançais et échanger avec eux, découvrir des régions et des modes de vie, se lier d’amitié et voir du pays!» Collaborateur du Devoir SOURCE SEPAQ Le Parc national de la Gaspésie, un «grand espace» fort apprécié des Français t SOURCE ISABELLE GARDNER La chambre des machines, du duo Nicolas Bernier et Martin Messier Québec numérique Elektra débarque en force dans la Wle lumière Performances et exposition se retrouvent dans le festival Némo Elektra, pour les Montréalais, ce sont des soirées de mai bien remplies d’images et de sons.Et voilà que le festival d’arts électroniques s’établit à Paris, le temps d’une semaine automnale.JÉRÔME DELGADO Un petit Elektra, entièrement québécois, animera cette semaine le ciel parisien.Pendant quatre jours, de ce jeudi à dimanche, notre savoir-faire en arts numériques bénéficiera des meilleures vitrines de la Erance, voire de toute l’Europe.L’événement s’intitule «Québec numérique» et fait partie des célébrations du 50® anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris.Performances, exposition et jeux vidéo, ainsi que le Marché international de l’art numérique (MIAN), volet désormais incontournable au festival Elektra, tiendront le haut du programme de deux importants diffuseurs de la Ville lumière, la Gaîté lyrique et le Centquatre.Une quinzaine de créateurs, is- sus du monde des arts technologiques ou de celui de la musique électronique, composent le contingent.Une telle campagne, aussi spécifique à Elektra, n’avait jamais eu lieu.«En 2006, il y avait eu une grande opération autour de la francophonie, au théâtre du Châtelet, se souvient Alain Thibault, directeur artistique d’Elektra, mais il ne s’agissait que d’une soirée.Cette fois, ce sont quatre jours.Et ils s’articulent autour d’une activité de type marché.» Québec au Némo Pour le compositeur et artiste sonore, un marché comme celui qu’Elektra tient en marge de sa programmation depuis 2007 est maintenant indispensable et presque aussi important que les événements de dif- fusion.Qu’il se reproduise en Europe, là où les arts électroniques tiennent le fort, le ravit.«Ce sera un échange, dit-il, entre des artistes d’ici et des producteurs internationaux.Les uns présentent des tests, les autres, des lieux.Ça aidera beaucoup.En création numérique, Montréal a un bon bassin créatif, le plus important en Amérique du Nord, mais le marché [les diffuseurs] est limité.» Autrement dit, pour que Montréal continue à être cette plaque tournante des arts électroniques, il faut multiplier les occasions de faire circuler les œuvres à l’étranger.«Québec numérique» s’inscrit dans le cadre du festival d’arts numériques Némo, qui en est à sa quatrième édition.C’est avec lui, et avec les programmateurs de la Gaîté ly-rîque et du Centquatre, qu’Elektra a monté le programme de cette semaine.Parmi les performances retenues, quatre sont «audiovisuelles», dont La chambre des machines, du duo SOURCE GREGORY CHATONSKY Capture, de Grégory Chatonsky, sera présenté à Paris cet automne dans le cadre du Festival d’arts électroniques.Nicolas Bernier et Martin Messier.L’œuvre, qui s’inspire des machines à bruit des futuristes Italiens — les intonarumori — ne passe jamais Inaperçue.Elle avait d’ailleurs reçu en mal une mention d’honneur lors du prestigieux festival Ars Electro-nîca, à Lînz, en Autriche.Purform, un autre duo, formé celuî-cî d’Alain Thibault lui-même et de Yan Breuleux, présentera White Box, œuvre Immersive créée en février.Pour l’occasion, et pour bien occuper la vaste salle de la Gaîté lyrique, les deux comparses l’ont «améliorée».La version parisienne, spécifique au lieu, «sera â 360 degrés et en quadriphonie».D)uîs-Phîlîppe Demers y sera avec la seule performance robotique au menu, celle qui a tant fait de bruit en mal lors du dernier Elektra montréalais.Vingt petits automates s’activent dans une chorégraphie digne des performances les plus extrêmes qu’on exigeait des Interprètes humains à une autre époque.L’œuvre Intitulée The Tillers Girls offre un clin d’œîl à la troupe de danse éponyme du début du XX® siècle.Côté exposition, 11 n’y en aura qu’une seule aussi.Et c’est au Montréalais Rafael Lozano-Hemmer, grande figure Internationale en arts Interactifs, que reviendra cet honneur.L’Installation Trackers réunît douze pièces qui aillent projections et détecteurs de mouvement.La manifestation «Québec numérique» découle d’une série d’échanges et de collaborations entre Elektra et Arcadî, l’organisme derrière le festival Némo.La présence québécoise à Paris n’est en réalité que la première partie d’une plus vaste opération.En 2012, Montréal renverra l’ascenseur à sa ville cousine et accueillera en juin une forte délégation de créateurs français pendant la première Biennale Internationale d’arts numériques, le nouveau rejeton d’Elektra.Collaborateur du Devoir i ofQ ABA Association des anciens Délégués du Québec ivww.aadq.org Les membres de l’Association des Anciens délégués du Québec sont fiers de s’associer aux célébrations du 50*^® anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris.Ils tiennent à souligner le travail incessant de tous les acteurs de cette relation unique, moderne et privilégiée entre le Québec et la France.Les délégués généraux nommés par le Gouvernement québécois ont su mobiliser leurs équipes, ils ont exercé leur fonction avec compétence, passion et ime grande complicité avec la France.5252 / f LE QUEBEC ET LA FRANCE UNE RELATION AUDACIEUSE Au moment où l’État québécois moderne prenait forme, l’inauguration de la Délégation générale du Québec à Paris, le 5 octobre 1961, allait jeter les bases d’une relation directe et privilégiée entre les gouvernements du Québec et de la France.Grâce à cette impulsion, ce sont maintenant les entrepreneurs, les artistes, les auteurs, les chercheurs, les travailleurs, les étudiants du Québec et de la France, et tant d’autres, qui animent cette relation et qui lui confèrent toute sa richesse.D’abord ancrée dans une histoire et une langue communes, cette relation moderne et audacieuse profite aujourd’hui plus que jamais au développement social, économique et culturel du Québec.LA RELATION QUÉBEC-FRANCE, C’EST : • Quelque 3 800 Français qui ont franchi, en 2010, l’Atlantique pour s’installer au Québec et quelque 21000 autres qui y effectuaient un stage, y étudiaient ou y travaillaient de façon temporaire.• 25 000 employés au sein de plus de 300 entreprises françaises établies au Québec.• Il 000 personnes travaillant pour près de 140 entreprises québécoises établies en France.• Une collaboration culturelle majeure ; plus de 400 activités culturelles québécoises de tous genres sont dénombrées chaque année en France.• Une entente pour favoriser la mobilité professionnelle et l’intégration des migrants dont bénéficient les ressortissants français et québécois.• Une entente en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles permettant aux travailleurs formés au Québec et en France de voir leurs compétences reconnues plus facilement sur les deux territoires et dont les bénéfices touchent 77 professions, fonctions et métiers québécois.• Près de 2 000 jeunes adultes québécois, et autant de Français, qui participent chaque année aux programmes d’échanges de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), qui soutiennent notamment le développement professionnel.• Une coopération qui s’étend à une foule de secteurs et d’enjeux de société dont l’éducation, le développement économique, la recherche et l’innovation, la culture, le développement durable et l’environnement, la modernisation de l’État, la santé et le vieillissement de la population.• Un réseau associatif constitué des associations France-Québec et Québec-France qui regroupent des milliers de bénévoles œuvrant à faire connaître le Québec et la France.Quebec ra ra
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