Le devoir, 31 octobre 2011, Cahier B
LE DEVOIR, LE LUNDI 31 OCTOBRE 2011 ECONOMIE ___ Rendre le monde moins dépendant des énergies fossiles Page B 5 CULTURE Don Giovanni sculpté et brouillé Page B 9 MONDE Régression féconde -1 » O.f François Brousseau égression féconde»: l’expression ^ ^ est de l’intellectuel algérien La- ^ ^ houari Addi, qui critiquait, en 1992 — il y a bientôt vingt ans —, la décision d,e l’armée algérienne d’interrompre, par un coup d’Etat, un processus électoral qui allait donner le pouvoir au «mauvais» groupe: les islamistes regroupés dans le FIS, le Front islamique du salut Son idée était simple.Si les islamistes ont gagné de vraies élections libres, alors, disait-il, «s’il faut en passer par là.allons-y».Plus encore: selon lui, un mandat législatif du FIS de 1992 à 1996 — avec une armée et une présidence constituant de vrais contre-pouvoirs — aurait peut-être fait comprendre aux Algériens que les promesses démagogiques et radicales de ce parti étaient inapplicables.Ce qui aurait vite dissipé l’aura populaire de l’islam politique.le discréditant une fois pour toutes, et levant ainsi «l’hypothèque islamiste».On ne saura jamais ce qui se serait produit en Algérie si on avait laissé le FIS entamer son mandat en 1992.Mais on sait parfaitement ce qui s’est produit après le putsch des généraux protégeant la dictature du FFN (Front de libération nationale), qui ne voulait pas s’incliner devant la volonté du peuple: près de 200 000 morts, victimes de violences croisées.Une atroce guerre civile, qui aura duré près de dix ans, entre des militaires et des bandes islamiques rivalisant de cruauté.?Ce rappel historique, bien entendu, pour essayer de comprendre ce qqi se passe aujourd’hui en Tunisie, mais aussi en Egypte et en Libye, où les islamistes semblent en passe de s’imposer.avec le soutien d’une fraction importante de la population.Les regards étrangers sur l’élection tunisienne sont plutôt inquiets: le parti Ennahdha, qui a remporté plus de 40 % des sièges à la Constituante, va-t-il peu à peu instaurer un Etat islamique.sur les traces de l’Iran?Mais cette frçon occidentale (ou européenne) de poser la question irrite une majorité de Tunisiens.Pour eux, le 23 octobre 2011 — avec une participation monstre, une grande solennité et des opérations de vote très professionnelles — restera avant tout une fête de la démocratie retrouvée.Mais n’y a-t-il pas, aujourd’hui à Tunis, des hommes et des femmes inquiets de voir les islamistes à 42 %?Oui, bien sûr: on les aurait préférés à 20 ou 25 %, ces barbus (qui ne le sont d’ailleurs pas tous).Y a-t-ü dans Ennatidha d’authentiques intégristes qui rêvent de charia, comme le FIS en 1991?Oui, il y en a: j’en ai moi-même rencontré, cet été à Tunis.Mais la Tunisie de 2011, ce n’est pas l’Algérie de 19()1.Cette élection n’a pas été organisée par un parti-Etat forcé, le dos au mur.La rhétorique du FIS il y a 20 ans était infiniment plus radicale que celle d’En-nahdha aujourd’hui.Même s’il en tire profit, Ennahdha n’a pas fait la révolution de janvier 2011.La même jeunesse qui a fait tomber Ben Ali ne laisserait pas, demain, s’installer une dictature islamiste.Ennahdha n’a pas gagné en annonçant «la République islamique», à la façon d’un ayatollah Khomei-ny en 1979.H a gagné en promettant de façon démagogique du lait et du miel en abondance pour tous, et en tablant sur son statut — au demeurant justifié — d’opposant persécuté à l’ancienne dictature.Ce faisant, il a doublé son audience naturelle, ajoutant aux 20 % de vrais islamo-conservateurs, une deuxième tranche de 20 % qui, elle, a voté sur l’économie, les valeurs, ou un certain conservatisme social pas forcément religieux.La stratégie «attrape-tout» de ce parti de centre droit a donc porté ses fruits, tandis que les socialistes, libéraux — et autres laïques déclarés — s’éparpillaient un peu trop pour lui tenir tête.?La victoire d’Ennahdha n’annonce sans doute pas plus l’avènement d’un «islam politique» triomphant que la victoire du Parti socialjste en France en 1981.n’avait accouché d’un «Etat socialiste».Au contraire, le PS au pouvoir avait appris, à l’épreuve des faits, à se réconcilier avec la réalité économique.de telle sorte que les années 1980, en France, furent en définitive les années de la réhabilitation de l’argent et du marché.VOIR PAGE B 2 RÉGRESSION En cas d’action des Occidentaux Assad parle de «séisme» au Proche-Orient «Voulez-vous connaître un nouvel Afghanistan?», lance le président syrien Un Comité ministériel de la Ligue arabe, réuni hier à Doha, a annoncé attendre aujourd’hui une réponse de Damas à un plan pour mettre fin à la violence en Syrie, au terme d’une réunion tenue dans un climat de méfiance entre la Syrie et la Ligue arabe.Pendant ce temps, Bachar al-Assad parle de «séisme» si les Occidentaux interviennent dans son pays, en proie à des manifestations quotidiennes contre son régime.Beyrouth — Dans un entretien publié hier, le président Bachar al-Assad prévient les Occidentaux qu’ils provoqueraient un «séisme» au Proche-Orient s’ils intervenaient en Syrie, où des manifestants réclament une assistance extérieure face à une répression qui a fait 3000 morts.Des responsables syriens devaient avoir de nouveaux pourparlers hier au Qatar avec des ministres de la Ligue arabe, qui espèrent organiser un dialogue au Caire entre le gouvernement de Damas et ses opposants de l’intérieur.Un ultimatum de deux semaines fixé par la ligue pour l’ouverture d’un tel dialogue expire ce dimanche, mais Assad ne laisse entrevoir aucune volonté d’atténuer la répression, qui est de plus en plus largement condamnée dans le monde, y compris par des pays arabes encore prudents voici peu.Dans son entretien au joqrnal britannique Sunday Telegraph, le chef de l’État syrien estime que les pays occidentaux «vont faire monter la pression» mais rappelle que la Syrie est un «élément central désormais dans la région», où elle partage une frontière avec Israel, le Liban, la Turquie, l’Irak et la Jordanie.«H existe une ligne de faille et, si vous jouez avec le sol, vous risquez de provoquer un séisme», affirme i^sad.«Voulez-vous connaître un nouvel Af ghanistan ou même des dizaines d’AJÿmnistan ?Un problème en Syrie embrasera toute la région.Si l’idée est de diviser la Syrie, cela reviendra à diviser toute la région», menace-t-il.Détermination Les propos d’i^sad témoignent de sa détermination à rester au pouvoir face à une révolte populaire déclenchée il y a sept mois.Des manifestations de masse n’ont pas réussi à l’évincer.Le blocage et la tension ambiants ne semblent pouvoir céder que sous les effets de sanctions occidentales ou d’une rébellion plus marquée au sein des forces armées et de la poHce.D’après l’ONU, environ 3000 personnes dont 200 enfants ont péri depuis le début du soulEve-ment populaire au mois de mars.Les autorités imputent ces troubles à des groupes armés qui ont tué 1100 soldats et policiers.Selon des opposants, les forces syriennes de sé- V Manifestation pro-Assad hier à Beyrouth curité ont tué au moins 50 civils au cours des dernières 48 heures tandis que des déserteurs abattaient au moins 30 soldats dans des affrontements samedi dans la viUe d’Homs et la province d’Idlib, dans le nord du pays.Véndredi, les forces de sécurité avaient tué 40 manifestants, suscitant la réprobation la plus nette des pays de la ligue arabe depuis le début des troubles.Dans son entretien, Bachar al-Assad affirme que son pays est «complètement différent de l’Egypte, de la Tunisie ou du Yémen».«L’histoire est différente et la politique est différente», ajoute-t-il.Pour le président syrien, dont le père Hafez avait réprimé dans le sang un soulèvement des Frères musulmans à Hama en 1982 tuant plusieurs milliers de personnes, la révolte actuelle s’inscrit dans le même conflit «Nous combattons les Frères musulmans depuis les années 50 et nous continuons d’être en lutte, dit-il.Le rythme des réformes n’est pas trop lent.Envisager l’avenir exige de la réflexion.Il ne faut pas plus de 15 secondes pour signer une loi, mais si celle-ci ne convient pas à notre sociàé, on ne fait qu’ajouter aux divisions.» Des dirigeants de l’opposition assurent que les islamistes n’ont joué aucun rôle dans le mouve- ANWAR AMRO AGENCE ERANCE PRESSE ment de révolte.En 41 ans de règne des i^sad, vie politique et débats publics sont étouffés en Syrie et il est difficile de prédire comment les habitants voteraient dans un contexte démocratique.Certains estiment que les islamistes ont peu de chances de conquérir le pouvoir en raison des principes lajiques ancrés dans une majorité sunnite cohabitant avec des minorités chrétienne, alaouite et druze.Dans son entretien, Bachar Assad reconnaît que son gouvernement a commis de nombreuses erreurs au début de l’insurrection mais estime que la situation est en voie d’amélioration.«Quand nous avons commencé à annoncer des réformes, les problèmes ont commencé à diminuer», dit-ü.L’émissaire de la Chine pour le Proche-Orient, Wu Sîke, a déclaré dimanche au Caire, au siEge de la ligue arabe, que le gouvernement syrien devait “accélérer l’application de ses promesses de réformes”, en soulignant que la situation était dangereuse et que le,s effusions de sang ne pouvaient continuer.Les États-Unis reprochent à la Chine et à la Russie de ne pas agir assez résolument pour isoler Bachar al-i^sad.Reuters Réfugiés somaliens au Kenya Les prisonniers de nulle part Le Kenya abrite près d’un demi-million de réfugiés, pour la plupart somaliens.Loin d’être installés temporairement, les plus anciens habitants de Dadaab ou de Kakuma sont là depuis plus de vingt ans.Le gouvernement kényan leur offre la sécurité, les Nations unies assurent les besoins primordiaux, mais le prix à payer est élevé.La liberté.VALÉRIAN MAZATAUD Le Devoir au Kenya Kakuma — C’est une ville africaine comme les autres.Ses rues sablonneuses s’embourbent quand la pluie se décide à tomber.Les gens s’y déplacent entassés sur des bicyclettes surchargées, s’interpellent dans la rue, et les échoppes aux devantures peintes d’une main maladroite vantent les merveilles d’un magasin grillagé et poussiéreux.«Ici, lait, jus de mangue et recharge de cellulaire pour 15 shillings.» Kakuma, c’est une viUe comme les autres.Sauf qu’on n’en sort pas.Perchée à l’extrême nord-est du pays, aux fron- l SAYYID AZIM AGENCE ERANCE PRESSE Réfugiés somaliens dans un camp du Kenya tières de l’Ouganda, du Soudan et de l’Éthiopie, Kakuma se traduit par «nulle part» en kiswahili.«NuUe part» est située à un peu plus de 1000 km et deux jours de route au nord de Nairobi, dans le comté semi-désertique de Turkana.Nulle part, 50 000 habitants et 83 000 réfugiés.Le camp a vu le jour en 1992, au moment de l’arrivée des 16 000 lost boys, les enfants perdus du Soudan fuyant la guerre civile.Aujourd’hui, le camp compte encore 26 000 Soudanais, mais la population en plus forte croissance demeure sans conteste celle des Somaliens.Ils sont aujourd’hui plus de 44 000, plus de la moitié de la population du camp et 5000 de plus depuis le début de l’année.Une paille, en comparaison du camp de Dadaab à la frontière de la Somalie, puisque le «plus grand camp de réfugiés du monde» abriterait désormais plus de 450 000 personnes et doit faire face à l’arrivée de milliers de réfugiés chaque semaine.Les statistiques de Kakuma font moins froid dans le dos.L’image d’Épinal du camp de réfugiés et de ses tentes blanches n’y a pas cours.On peut y manger dans un restaurant éthiopien aux effluves d’encens, y inscrire sa fille dans une école privée soudanaise ou y entreprendre une formation pour devenir coiffeur-pédicure.«Le Kenya, c’est mon deuxième pays», affirme Ab-dikadir Shoble, 62 ans, dont 20 passés au Kenya en tant que réfugié, d’abord à Mombasa, sur la côte sud, puis à Kakuma à partir de 1997.VOIR PAGE B 2 PRISONNIERS LAUTO.COM ^ Les nouvelles Orlando et Sonic 2012 sont arrivées Venez en dès aujourd nui.Sonic Sedan 2012 „ ILE-DES-SOEURS 1000, BOUL.RENÉ-LÉVESQUE 1888635-0476 B 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 31 OCTOBRE 2011 LE MONDE PRISONNIERS SUITE DE LA PAGE B 1 Ici, dix-sept sous-clans somaliens se côtoient.Dir, Issa, ou Bantu, chacun se recrée ici une communauté culturelle et identitaire, et, à la nuit tombée, on referme les portes qui séparent les quartiers.Rations Kakuma 1, Zone 1, Bloc 5, une simple hutte au toit de tôle abrite le Conseil général des Somaliens du camp.«Nous accueillons des nouveaux venus chaque jour, et nous en sommes déjà à la quatrième génération de réfugiés ici», estime Abdikadir Mohammed, 43 ans, carrure de lutteur et président en exercice du conseil.Abdisemed Yassin, 28 ans, est arrivé à Kakuma il y a deux semaines.«Je viens de transférer ma carte de rationnement de Dadaab», explique-t-il en référence au document qui lui tient à la fois lieu de papiers d’identité et de moyen de subsistance.Comme tous les autres réfugiés, il a le droit à une ration bimensuelle du Programme alimentaire mondial (PAM), à 18,6 litres d’eau par jour et à un abri.«Je suis venu à Kakuma parce qu’il n’y a aucune perspective d’emploi à Dadaab», explique-t-il.Tant hôtes que prisonniers du pays, les réfugiés tentent de se reconstruire une vie, délimitée par les barrières du camp, qu’ils ne peuvent franchir sans un permis de voyage délivré par le Département des réfugiés du Kenya.« Frustration » Marianne Digale Isaak, 50 ans, est arrivée à Kakuma il y a trois ans, après 17 ans passés à Dadaab.«La vie est plus facile à Kakuma, il y a du travail et la sécurité est meilleure [.1, mais, aujourd’hui, tout ce que je ressens, c’est de la frustration d’ètre bloquée ici.Je n’ai pas d’avenir, pas d’espoir, et je me sens prisonnière.» Un homme s’emporte derrière elle.«Aux États-Unis, vous devenez citoyen au bout de cinq ans, mais nous sommes là depuis vingt ans, et le Kenya ne nous accorde aucun droit!» Le gouvernement reste pour l’instant frileux et rechigne à intégrer cette population démunie alors que l’Indicateur de développement humain du pays se classe au 128e rang sur 169.Au moment où l’armée kényane progresse à travers les sables de la Somalie à l’assaut d’Al Shabaab, les mesures de sécurité internes se renforcent à l’égard des Kenyans d’origine so-malienne.«Al Shabaab est comme un serpent dont la queue serait en Somalie et la tète à Èast-leigh», déclarait récemment le sous-ministre de la sécurité intérieure Kenyane Orwa Ojode, en évoquant le quartier populaire de Nairobi peuplé majoritairement par la communauté soma-lienne légale et illégale.«Chacun des nouveaux arrivants au camp est interrogé par le gouvernement, le Haut Commissariat pour les réfugiés de l’ONU et la communauté, et jamais nous n’avons détecté de sympathisants Al Shabaab», affirme pour sa part Abdikadir Mohammed.Dans les rangs des réfugiés, on soutient volontiers l’opération de l’armée kényane.«C’est une bonne chose, mais j’attends de voir.Si le pays retrouve à nouveau la paix, alors peut-être nous pourrons rentrer», espère Marianne Digale Isaak.Le Devoir REGRESSION SUITE DE LA PAGE B 1 Autrement dit, ou bien un Ennahdha tombé sous l’emprise de ses «radicaux» tente une fuite en avant idéologique, puis se casse la gueule à la prochaine élection.ou bien son «islamisme» se dissout peu à peu dans le pragmatisme d’une «démocratie-chrétienne» à la sauce musulmane.Ou bien la «régression féconde» évoquée par La-houari Addi, ou bien le «déclin de l’islam politique» diagnostiqué par Olivier Roy.quand bien même une lecture «au premier degré» de ces événements semble nous dire l’exact contraire.François Brousseau est chroniqueur d’information internationale à Radio-Canada.On peut l’entendre tous les jours à l’émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses textes à l’adresse http://blogues.radio-canada.ca/correspondants •k ABU MUSTAFA REUTERS Défilé militaire hier pour l’enterrement à Gaza de dix Palestiniens Après une flambée de violence Trêve fragile rétablie à Gaza Gaza — Une fragile trêve tacite entre les factions palestiniennes de Gaza et Israël semblait tenir hier soir après une flambée de violence qui a fait onze morts, dix combattants palestiniens et un civil israélien.Un membre de l’aile militaire du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), petite organisation nationaliste d’extrême gauche, a été tué et un autre gravement blessé dans l’après-midi lors d’un raid aérien israélien près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.L’armée israélienne a confirmé Q^«un appareil de l’armée de l’air avait visé un commando terroriste qui s’apprêtait à lancer des roquettes contre Israël» à l’est de Rafah.Cette frappe porte à dix le nombre des Palestiniens tués à Gaza ces dernières 24 heures, dont neuf activistes du groupe radical Jihad islamique.Un Israélien est décédé de ses blessures samedi soir à la suite de tirs de projectiles contre le sud d’Israël.Ces affrontements sont les plus sanglants depuis l’instauration d’une trêve tacite entre les organisations paramilitaires de Gaza et Israël fin août.Tôt hier matin, les mouvements palestiniens de Gaza se sont engagés à rétablir le cessez-le feu avec Israël, à la suite de l’intervention des services de renseignement égyptiens.Depuis hier soir, aucun engin n’est tombé sur le sol israélien, selon la police, même si le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un autre mouvement nationaliste, a dit avoir lancé deux roquettes en direction de la ville d’Ashkelon (sud).Le Jihad islamique, qui a revendiqué la plupart des récents tirs, s’est dit «engagé par la trêve».La flambée de violences avait éclaté samedi après-midi lorsqu’un raid aérien israélien a tué cinq militants du Jihad islamique dans un camp d’entraînement de Rafah.Les tirs de roquettes se sont alors succédé, donnant lieu à de nouveaux raids aé riens meurtriers.En tout, plus d’une trentaine de projectiles ont été tirés entre samedi et hier sur le sud d’Israël, où l’alerte rouge a été déclenchée, selon les autorités.Le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, avait mis en garde dès samedi contre «la récente escalade de la violence» et «appelé expressément au calme et à la fin de la violence et du bain de sang».La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a fait part dimanche de son «inquiétude» et a «condamné» ceux qui prennent des civils pour cibles, dans un communiqué.Elle a exhorté «toutes les parties à respecter le cessez-le-feu négocié par l’Égypte».Il s’agit de la première confrontation meurtrière depuis que le soldat israélien Gilad Shalit, détenu à Gaza pendant plus de cinq ans, a recouvré la liberté le 18 octobre contre la libération de 477 prisonniers palestiniens.La dernière trêve avait été conclue sous les auspices du Hamas à la suite d’une vague de violences dans et autour de la bande de Gaza à la mi-août au cours de laquelle au moins 26 Palestiniens et un Israélien avaient été tués.Agence France-Presse E N BREF Explosions à Sanaa Sanaa — Quatre explosions ont eu lieu hier soir sur une base aérienne à Sanaa, et deux avions de combat ont pris feu, entraînant la fermeture temporaire de l’aéroport international voisin, ont indiqué à l’AFP des sources aéroportuaires.«Les quatre explosions ont eu lieu en milieu de soirée sur la base al-Daïlami.Deux avions de combat ont été touchés et ont pris feu», a déclaré à l’AFP l’une de ces sources.«Après les explosions sur la base, l’aéroport de Sanaa a été fermé et les vols ont été déroutés sur celui d’Aden», la principale ville du sud du Yémen, a déclaré à l’AFP la même source, qui a requis l’anonymat.«Deux heures plus tard, l’aéroport a été rouvert et un avion de la compagnie Ye-menia a pu décoller en direction d’Aden pour un vol intérieur», a déclaré une autre source aéronautique.Aucune autre indication n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur l’origine des explosions.-AFP Atambaïev haut la main Bichkek — Le premier ministre modéré Almaz-bek Atambaïev a annoncé sa victoire dès le premier tour de la présidentielle au Kirghizstan sous haute tension, son principal adversaire nationaliste refusant de reconnaître sa défaite et dé nonçant des fraudes.«Nous avons plus d’un million de voix [sur 3,34 millions d’électeursl.C’est suffisant pour gagner au premier tour», a annoncé l’état-major d’Atambaïëv.Il a obtenu 64,14 % des voix, selon un décompte portant sur 71,87 % des bureaux de vote.Ses principaux adversaires, les nationalistes Kamtchybek Tachiev et Adakhan Madoumarov, ont obtenu respectivement 14,43 % et 14,08 % des voix.Le Kirghizstan, pays montagneux et pauvre de cinq millions d’habitants, est traversé par de multiples divisions : entre les Kirghiz majoritaires et la minorité ouzbeke, entre le Nord urbanisé et relativement prospère et le Sud pauvre et plus rural, et entre les clans de l’ancien régime et ceux du nouveau - AFP Année de tous les attentats en Afghanistan Jamais, depuis le début de l’intervention occidentale en Afghanistan à la fin 2001, autant d’Américains n’avaient été tués lors d’une attaque à Kaboul, la capitale.Au moins 12 d’entre eux, dont quatre soldats et huit employés civils de l’OTAN, ont péri samedi lorsqu’une grosse berline piégée avec 700 kilos d’explosif a sauté au passage d’un véhicule blindé de transports de troupes sur la route de Dar-ul-Aman, à proximité des ruines de l’ancien palais royal.Ce nouvel attentat, qui a également tué quatre Afghans, ne remet pas en cause le retrait des troupes de l’OTAN, programmé d’ici à la fin 2014.Le président afghan, Hamid Karzai', doit annoncer mercredi, lors d’une conférence internationale organisée à Istanbul (Turquie), que la sécurité de 17 nouvelles villes ou provinces afghanes sera désormais assurée par l’armée et la police nationales.Faut-il s’attendre à davantage d’attentats à mesure que l’OTAN retire ses troupes ?S’ils mènent moins d’attaques contre les soldats étrangers dans les provinces, les insurgés afghans suivent depuis le début de l’année 2011 une double stratégie: commettre des attentats symboliques de grande envergure à Kaboul et multiplier les assassinats ciblés.Le 20 septembre, ils ont visé durant une vingtaine d’heures à coups de roquettes l’ambassade américaine et le quartier général de l’OTAN, tuant 7 personnes.Un mois plus tôt, ils avaient attaqué, toujours dans la capitale, le British Council, l’agence culturelle britannique.Avec ce type d’attentats, les talibans prouvent qu’ils sont capables d’agir n’importe où, quand ils le souhaitent, y compris dans les zones censées être les plus sé curisées du pays.Ils tentent également de saper la faible autorité du gouvernement afghan en visant les personnalités les plus en vue de l’administration.L’ancien pré sident Burhanuddin Rabbani a été tué chez lui, le 20 septembre, par un insprgé qui avait caché une bombe dans son turban.A Kandahar, la grande ville du sud du pays, les talibans ont exécuté la plupart des hauts-représentants du gouvernement, dont le maire Ghulam Haidar Hameedi, et le chef du Conseil provincial.Ahmed Wali Karzaï, demi-frère du président.Les talibans veulent enfin montrer que le gouvernement ne sera pas capable d’assurer seul la sécurité du pays en visant les provinces dont la responsabilité a été transférée aux forces de sécurité afghanes.Pour la première fois depuis 2001, un attentat suicide a frappé le 15 octobre une base américaine du Panshir, la province la plus calme du pays.Les forces de sécurité afghanes sont-elles capables de prendre le relais de l’OTAN?Pour compenser le départ des troupes étrangères, le gouvernement recrute chaque mois plus de 8000 policiers et soldats.A ce rythme, les forces de sécurité afghanes devraient compter plus de 350 000 hommes d’ici la fin 2012.Mais ces enrôlements massifs se font sans véritable sélection, laissant des talibans s’infiltrer au sein de la police et de l’armée.La formation est, elle, limitée à quelques semaines.«En réalité, les forces armées afghanes ne sont pas autonomes et souvent démotivées.Elles ne sont pas équipées pour détecter les mines et ne disposent pas de leur propre soutien aérien.Elles sont incapables de quitter leurs bases», indique dans son dernier rapport Gilles Dorronsoro, chercheur à la fondation Carnegie.Des négociations avec l’insurrection peuvent-elles aboutir?L’assassinat de Burhanuddin Rabbani, chef du Haut conseil pour la paix et chargé de lancer des discussions avec les talibans, a, sinon bloqué, du moins sérieusement ralenti les tentatives de discussion du gouvernement afghan avec la «choura de Quetta», l’organe de direction du mouvement taliban.«Maintenant, la question est: si nous voulons la paix, à qui faut-il s’adresser?», avait alors réagi Karzai'.Le gouvernement afghan doit compter avec le jeu complexe du Pakistan qui refrise toute solution négociée dont il serait exclu.Les Etats-Unis, désormais favorables à des discussions, reprochent aux dirigeants pakistanais de ne pas intervenir contre les groupes islamistes basés dans les zones tribales pachtounes.Libération Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesamionces@ledevoir.coin LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain Téléphone 514-985-3322 Télécopieur 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement cartes de crédit pour soutenir l'effort quotidien I des personnes atteintes de ^ dystrophie musculaire, il faut beaucoup plus que des mots.UNE ACTION, UNE ACTION MUSCLÉE ! 1800 5672236 www muscle ca buTMj du Quétwc M^Dystrophii SGulaireCai musGulaireCanada une omelet 1 «N •D «E *X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100» 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 -150 Achat vente échangé 160 -199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat vente échangé 251 -299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFIAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES CONSTRUIRE ENSEMBLE un monde différent Pour nous appuyer www alternatives ca • 514 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lorsqu un logement est offert en le cation (ou sous location) toute per sonne disposée a payer le loyer et a respecter le bail doit etre traitée en pleine égalité sans distinction exclusion ou preference fondée sur la race la couleur le sexe la gros sesse I orientation sexuelle letat civil lage du locataire ou de et a ses enfants la religion les convie tiens politiques la langue I origine ethnique ou nationale la condition sociale le handicap ou I utilisation d un moyen pour pallier ce handi cap PETITE PATRIE - Gr 6 1/2 neuf Style condo WiFi balcon terr Pr marche J Talon et metro Beaubien Pers tranquille Non Fum 690$ tt inclus 514 497 5769 MEUBLÉS BROMONT - Rez-de-jardm de prestige dans un secteur enchanteur et tranquille ideale pour sportifs a proximité 1 carrefour /1 cac ht queen 1 s/b douche grand salon coin s/manger grande terrasse privée garage intérieur disponible TV satellite DVD micro onde grille pain four frigo cafetiere Wifi * Vous serez accueilli avec une bouteille de 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monde, la Libye regorge d’armes et est parcourue de groupes de fidèles du régime renversé, ce qui fait craindre une débauche de vengeance propre à faire voler la paix en éclats et à compromettre les efforts de reconstruction.Selon des analystes, le seul moyen d’éviter ce scénario est de recréer la confiance en désarmant les milices régionales, en fournissant de solides garanties de sécurité et en transférant les querelles tribales dans la sphère judiciaire.Ce qui est plus simple à dire qu’à faire.Tandis que retombe l’euphorie qui a suivi la mort de Mouammar Kadhafi, la violence réapparaît déjà dans des régions où des civils armés et mécontents contestent de plus la capacité du Conseü national de transition à rétablir l’ordre.«J’ai vu beaucoup de révolutions.Ceci n’en est pas une, c’est le chaos», déclare Ali Mohamed, ancien soldat de l’armée de Kadhafi âgé de 57 ans.«H n’y_ a que des actes de vengeance personnelle.S’il n’y a ni stabilité ni sécurité, les gens vont se retourner contre le conseil.» Aucune chance Les observateurs estiment que, pour l’heure, les anciens kadhafistes n’ont aucune chance de rétablir le régime déchu, ses forces armées étant écrasées et la plupart des membres de la famille Kadhafi exüés, morts ou en fuite.Mais une vive amertume règne dans beaucoup de villes du centre et de l’ouest restées sous le contrôle de Kadhafi jusqu’à une date récente, à la différence de l’est rebelle.Dans une ville à 120 km au sud-ouest de Tripoli, des habitants font état de plusieurs personnes tuées cette semaine par des unités d’autres tribus cherchant à se venger d’hommes accusés d’avoir combattu du côté de Kadhafi.Au sud-est de Tripoli, dans l’ex-bastion kadhafis-te de Bani Walid, des membres de la puissante tribu des WarfaUa ont dit s’organiser en mouvement insprrectionnel.A Syrte, vüle natale de l’ancien maître du pays, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a exhorté le CNT à enquêter sur des dizaines de corps en décomposition découverts peu après son «exécution».L’ONG a accusé dimanche des miliciens de la vüle côtière de Misrata de «terroriser» des habitants de la localité voisine de Taouarga en représailles à leur collaboration présumée à des atrocités commises par les forces de Kadhafi.Ces premiers signes peuvent s’inscrire dans l’in- évitable désorganisation qui fait suite à un conflit armé.Ils n’en renforcent pas moins les penchants «kadhafistes» au moment où la population attend du CNT qu’ü fasse preuve d’autorité.Le conseü intérimaire a ordonné à ses troupes de s’abstenir de pülages et d’actes de vengeance, en minimisant le risque de voir émerger de nouveaux soulèvements.«S’il se passe quoi que ce soit d’illégal, il y aura une enquête», a dit le vice-ministre de la Défense Faouzi Abou Katif.«Nous suivons certains groupes [pro-Kadhafi].nous employons à évaluer [.] leur taille.Mais après la mort de Kadhafi la plupart ont été dissous [.] Nous ne pensons pas qu’ils représentent une menace.» Le cycle des représaüles semble avoir déjà débuté.La vüle d’Al Djemel, au sud-ouest de Tripoü, en est un exemple.Des habitants rapportent que des brigades venues d’aussi loüi que Misrata ont fait k-ruption chez eux ü y a une semaine pour rechercher des fidèles de Kadhafi.Sanglots et poings Plusieurs dizaüies de jeunes hommes ont disparu et quatre ont été tués en détention, déclare Al Koni Salem Mohamed, l’oncle d’un des morts.11 montre avec douleur un certificat de décès attribuant la mort à des «électrochocs» et ajoute que le corps a été abandonné près du centre de détention, la langue et les parties génitales sectionnées.«Après tout ça, nos enfants et les enfants de nos enfants ne seront jamais du côté de cette révolution», dit-ü en éclatant en sanglots et en brandissant le poüig.Un autre homme, Hussein Süian, rapporte que son fils a aussi été arrêté et tué sans procès pour avok servi dans l’armée de Kadhafi.Les cüvages sont d’ordre tribal.Dans cette vüle, les autochtones imputent les crimes à des hommes venus de Misrata, tandis qu’à Bani Walid d’autres habitants üicrimüient des brigades en provenance de Zaouiàh.«Les forces de Kadhafi ne combattent pas, elles s’échappent, dit Omar al Moukhtar, commandant de troupes du CNT dans le nord de Bani Walid.Mais nous redoutons qu’elles ne se regroupent dans le nord du Mali et ne reviennent frapper.» Signe possible d’une réorganisation des fidèes de Kadhafi, une centaine d’hommes venus du désert méridional ont manifesté samedi à Tripoli en déclarant que leurs villages étaient constamment attaqués par des mercenaires kadhafistes.Si le «colonel» est morL ü reste pour beaucoup un symbolç de ralüement, désormais en tant que «martyr».A Al Djemel, des hommes en deuil récitaient doucement la devise du régüne défunt — «Allah, Mouammar, la Libye, rien d’autre».A Bani Walid, des quartiers entiers étaient couverts de graffiti célébrant le chef déchu.Pour les analystes, il sera essentiel de désarmer les milices régionales et de créer une véritable armée nationale — y compris avec des mili-takes de métier du régüne précédent.Reuters Les Latinos rasent les murs en Alabama PAULA BUSTAMANTE Montgomerry — Les immigrés d’origüie latino-améri-caüis cherchent à se fake oubüer dans l’Alabama, où une nouveUe loi contre l’immigration clandestine rappelle à certains les heures sombres de la lutte ppur les droits des Noks dqns cet Etat du «Vieux Sud» des Etats-Unis.La loi, entrée en vigueur le 28 septembre, est considérée comme la plus répressive de toutes celles qui ont été adoptées à ce jour dans le pays, notamment en Arizona ou en Géorgie.«Les gens quittent l’Etat, ils ont peur de sortir de chez eux, on les traite comme des criminels», s’insurge Sam Brooke, avocat au sein de l’association Southern Poverty Law Center.«C’est une honte qu’une chose pareille se passe dans le berceau du mouvement pour les droits civiques.» A Montgomery, capitale de l’Alabama, le souvenir de Rosa Parks est encore très présent.En 1955, cette femme noire avait été arrêtée après avok refusé de céder son siège à un passager blanc dans un autobus public.Le boycott des bus de la ville, à l’instigation de Martin Luther King, avait alors enflammé le combat pour les droits civiques.Mais en réaction, des églises noires avaient été incendiées, de même que la maison de Luther Küig.Aujourd’hui, certains müi-tants voient dans la loi anti-clan-destins des relents de cette époque, à la différence près que ce ne sont plus les Noks qui sont visés mais les 130 000 sans-papier qui vivraient en Alabama, sur un total de 11 millions aux OPEN 1366 PAULA BUSTAMANTE AGENCE ERANCE-PRESSE Daniel Valencia, vendeur de tacos, craint de fermer boutique «L’objectif est de leur rendre la vie impossible, jusqu’à ce qu’ils s’en aillent» États-Unis.«L’objectif est de leur rendre la vie impossible, jusqu’à ce qu’ils s’en aillent d’eux-mémes», expüque Olivia Turner, avocate au sein de la section locale de l’Union pour les libertés civiles (ACLU).L’administration Obama a mis en doute la légalité du texte, estimant qu’il empiète sur les prérogatives du gouvernement fédéral.Deux de ses dispositions ont en outre été suspendues par la justice: l’une autorisait la police à incarcérer toute personne sur la seule base d’un «soupçon raisonnable» de sa présence illégale sur la territoire.L’autre permettait aux écoles pubüques de vérifier le statut légal de leurs élèves.Une suspension intervenue trop tard pour des milliers de clan4estüis qui ont déjà fui pour des État^ voisins moüis üitransi-geants.A tel point que la main d’oeuvre vient à manquer.«Cette loi est ridicule», dénonce Jesse Faulkenbury, patron d’une entreprise de bâtiment qui croulait sous les contrats à Tpscaloosa, ville de l’ouest de l’État détruite par une tornade en avril.«Après que la loi a été appliquée, 80 % de mes employés ont disparu», dit-ü.Un cas qui n’est pas isolé.Les éleveurs de volaiUes, les producteurs de pêches et de tomates sont eux aussi nombreux à se plaüidre des conséquences de la loi.Par peur d’un contrôle d’identité, les Latüios évitent les quartiers du centre-vüle.Ils sont plus nombreux dans les quartiers historiquement hispaniques, mais sortent le moüis possible et refusent de parler à la presse.Les supérettes et les restaurants hispaniques confessent que leurs af-fakes sont en chute libre.Daniel Valencia, par exemple, vendeur de tacos dans la banlieue de Bk-mingham, la plus grande vüle de l’État, craüit de devoir mettre la clé sous la porte d’ici un mois.«Beaucoup de gens ont disparu, comme s’ils avaient été avalés par la terre», dit-ü.Agence France-Presse EETHI BELAID AGENCE ERANCE-PRESSE Racked Ghannouchi, chef d’Ennahdha, le grand vainqueur des élections de dimanche dernier Lendemain d’élections en Tunisie Rien ne va plus à Sidi Bouzid Les candidats d’Al-Aridha, un courant jusque-là inconnu de la scène politique tunisienne, ont créé la surprise en remportant un nombre relativement important de sièges (19) à l’Assemblée constituante, étant les seuls à avoir parfois devancé Ennahdha.La révocation de six de leurs listes, qui leur a fait perdre momentanément neuf sièges à la Constituante, a été l’une des causes des troubles qui ont secoué jeudi et vendredi la ville de Sidi Bouzid.ELDIE AUFFRAY Sidi Bouzid — C’est là que tout avait commencé pour la démocratie tunisienne et c’est là que tout a failli déraper.Sidi Bouzid, petite ville de l’üitérieur et berceau de la révolution tunisienne, est dévastée par deux jours de violences postélectorales.Sur la «place des martyrs», les lampa-dakes sont püés et les bancs retournés.Le long de l’avenue Bourguiba, les bâtiments pubücs ravagés par les flammes se succèdent: le poste de la Garde nationale, la municipalité, le centre de développement régional et une grande partie du tribunal.Ü n’y a guère que le siège du gouvernoraL devant lequel s’ünmola Mohamed Bouazizi, qui a été épargné.«Les dossiers en cours, nos archives depuis le XLK siècle, l’état civil sont partis en fumée.C’est l’histoire de Sidi Bouzid qui a été brûlée», déplore l’avocat Khaled Aouaïnia.Pourtant, pendant la révolution, il n’y a eu aucun dégât, les gens ont même protégé ces bâtiments ».Alors, les habitants cherchent à comprendre.Certes, beaucoup se sont sentis humiliés par l’élimination du candidat qu’ils s’étalent choisis: Hecbmi Hamdi, l’enfant du pays.De son exü londonien, le riche propriétake de la télé populake Al-Mostakilla a fait campagne en boucle pour les Estes «Al-Aridha Al-Chaabia».Une «Pétition populake» pour réclamer son retour au pays et sa candidature à la présidence de la République.«C’est la première fois qu’un rural de la “Tunisie inutile”, cette Tunisie délaissée de l’intérieur, se présente comme président, souligne Lamüie Bouazizi, müitant et spécialiste de Mstoke locale.E est entré dans le cœur des gens.E leur a parlé dans le même langage, avec le même accent qu’eux.» Hamdi et ses listes ont promis l’accès aux soins santé aux plus démunis, le transport gratuit aux personnes âgées, une aüocation aux chômeurs.Un discours
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