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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-11-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 ESSAIS Des histoires de la langue Page F 4 POLICIER Le nouveau Henning Mankell Page F 6 LIVRES » FRANCOIS PESANT LE DEVOIR Michel Rabagliati Personnage en quête de son moi Michel Rabagliati « C’est le journal d’un enfant, ni plus, ni moins.La tranche de vie d’un petit gars curieux qui FABIEN DEGLISE «Le Québec était en train se cherche».je devenir moderne.Nous étions en train d’écrire cette histoire.» I MICHEL RABAGLIATI 1 ne faut jamais sous-estimer le pouvoir d’une plaque de marbre.Parlez-en à Paul, le personnage imaginé par le bédéiste Michel Rabagliati et qui, à 10 ans, a vu sa ligne de destin modifiée radicalement par la chose.Ça s’est passé dans un sous-sol d’église, à Montréal, lors d’une soirée de bingo et de chasse au trésor.Le lot était dissimulé derrière cette masse de roche métamorphique polie, comptoir de l’autel du curé, appuyé contre un mur.L’enfant s’y est suspendu.La dalle est tombée.La jambe a cassé, l’a empêché de monter dans une voiture.ce qui lui permet aujourd’hui de se retrouver au cœur de cette septième histoire, Paul au parc (La Pastèque).L’objet littéraire, brossé à l’identitaire et à l’émotion, se prépare à envahir les librairies au Québec et en France, dans quelques jours.Sur 144 pages, le lecteur — et surtout la lectrice — va renouer avec ces petits riens, y compris ceux qui font terriblement mal au tibia, qui, sous la plume de Rabagliati, finissent toujours par exposer une étonnante consistance, et ce, depuis l’apparition de Paul dans Paul à la campagne.C’était en 1999; le héros bédéesque national en formation y dévoilait alors des bribes de son enfance, une période délaissée dans la suite des choses et sur laquelle l’auteur a décidé de revenir ici.En profondeur et sur fond de Crise d’octobre, de scoutisme et de premier baiser.avec la belle Hélène.«Je voulais m’éloigner de Paul à Québec [le précédent opus, qui se passait en 2000], sortir du présent et arrêter de parler de la famille, de Lucie, de Rose, des autres», explique l’auteur, baigné par les rayons du soleil entrant par les grandes fenêtres «Ce sont les animateurs scouts qui m’ont donné la confiance nécessaire pour aller jusqu’au bout C’est un peu un hommage que je voulais leur rendre.» de son atelier montréalais.Le Devoir l’a rencontré la semaine dernière.«Je suis donc retourné dans le passé pour voir ce que fallais trouver d’autre.» La balade a été fructueuse, et Paul au parc en fait la démonstration avec cet autre voyage intimiste dans le quotidien d’un jeune Montréalais en quête de lui-même, au mitan de l’enfance.«C’est le journal d’un enfant, ni plus, ni moins, dit Rabagliati.La tranche de vie d’un petit gars curieux qui se cherche».et qui forcément va finir par se trouver au contact du mouvement scout.cœur de cette aventure, de Gino, Rémi, Marc, Patrick, Joël, les gars de la sizable de Paul — baptisés les Bruns —, et surtout de Daniel, Laurenfi Jean-Claude et Raymond, les animateurs de ces rencontres socioéducatives qui, sans le savob-, ont façonné la courbe de vie d’un gamin qui rêvait de devenu- bédéiste.et qui y est arrivé.«Paul au parc, c’est ma façon de raconter d’où je viens, mais aussi de montrer tout ce que j’ai appris au contact de ces adultes dévoués qui s’investissaient beaucoup dans ce mouvement, dit-il.La musique, la bande dessinée, la photo, c’est venu à moi par les animateurs scouts et surtout par leur encouragement, qui ont une autre valeur quand ils ne viennent pas de nos parents.» Nous sommes dans le Québec en tension et en mutation de la fin des années 1970.Pendant qu’un groupe de radicaux utopistes enlève un certabi Pierre Laporte devant sa maison de banlieue, Paul est sur une balan-çob-e avec sa première blonde.Le mouvement scout est animé par de jeunes adultes qui s’abreuvent à la littérature gauchiste réactionnaire, s’émeuvent devant le portrait du Che.Paul, lui, découvre la guitare, Hugues Aufrey — Dis-moi, Céline, oui —, La poupée qui dit non des Sultans, Simon & Garfun-kel, et surtout le petit bouquin Comment on devient créateur de bande dessinée de Franquin et Gillabi qui, déniché dans une bibliothèque, va, comme la dalle de marbre, tout changer.«C’est ce livre qui m’a donné envie de le faire», avoue Rabagliati dans un atelier qui croule sous les statuettes et autres pièces montées relatant les nombreux prix qu’il a remportés en carrière — il a reçu un Félix pour la pochette d’un album de Mes Aieux, le Prix du public d’Angou-lême, quelques Bédélys.«Ce sont les animateurs scouts qui m’ont donné la confiance nécessaire pour aller jusqu’au bout.C’est un peu un hommage que je voulais leur rendre.Aujourd’hui, le scoutisme, c’est perçu comme une punition pour les enfants.C’est quétaine.Mais dans les années 70, c’était très populaire.Et aussi déterminant pour les enfants qui prenaient part à ce mouvement, comme moi.» Dans ce cadre narratif, le créateur d’émotion par la ligne claire excelle une fois de plus dans l’art du détail et de l’anecdote magnifiés pour en dke beaucoup avec très peu: un graffiti sur un mur résume le contexte politique du VOIR PAGE F 2: PAUL F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 LIVRES EN APARTE Les pays imaginaires ry .X Jean-François Nadeau / J À Lm œuvre de Régine Robin m’attire.^ Quelques-uns de ses derniers livres, dont Berlin chantiers et Mégapolis, tous deux consacrés à l’univers des villes contemporaines, comptent parmi ce que j’ai lu de plus étonnant ces dernières années.Mais j’estime aussi beaucoup d’autres de ses essais moins connus, comme Le Golem de l’écriture, dans lequel elle a consacré son attention, dans de belles pages où elle interroge l’identité juive, à Joseph Roth, écrivain admirable que je me plais toujours à relire.Régine Robin évoque un peu partout, au fil de sa plume, des auteurs qui me sont chers — Kra-cauer.Benjamin, Gracq, Bourdieu, Debord, etc.— avec une sensibilité de femme de gauche qui n’est pas pour me déplaire, bien qu’avec une propension à s’enchanter pour des phénomènes postmodernes qui me laissent souvent dubitatif.On l’aura bien compris, j’estime cette femme dont le seul pays véritable, m’a-t-il toujours semblé, est depuis toujours celui de la culture.D’où ma sérieuse déconvenue lorsque je me rends compte, une fois de plus, que je ne la suis pas très bien lorsqu’elle disserte de la condition québécoise comme elle le fait dans son nouveau livre.Nous autres, les autres, un essai qui paraît dans une collection de ,belle tenue que vient de lancer Robert Lévesque.A la fois bilan d’elle-même et prospective sur une société où elle répète ne s’être jamais sentie à l’aise.Nous autres, les autres reprend certaines marottes de l’écrivaine en matière de débat national.Des propos souvent intelligents, certes, mais pas toujours bien convaincants.Heureusement, comme elle le note, «il n’y a pas que nos idées politiques qui comptent dans la vie».Nous autres, les autres débute par un chant clair poussé à la gloire d’un Canada pour le moins éthé-ré.Dès son arrivée à Montréal en 1977, serment royal ou pas, ce pays lui paraissait n’être qu’une simple affaire d’ordre civique.L’identité canadienne, écrit-elle, «n’impliquait pas une énorme épaisseur historique, un poids de mémoire à la semelle de ses souliers.Elle n’était pas vide [.] mais assez évi-dée pour qu’on puisse y glisser ses propres fantasmes, ses propres souvenirs, ses propres projets, son rêve nord-américain».Ce qui lui permet donc d’entrée de jeu, dans Nous autres, les autres, de s’enthousiasmer pour les Rocheuses canadiennes, de clamer du même souffle avoir des amis aussi bien à Winnipeg et à Saskatoon que du côté des Maritimes, tout en sou-lignanL comme il va de soi, «la gentillesse des Acadiens, leur littérature et les paysages nacrés de bord de mer».L’air est connu.Mais la chanson qui l’accompagne, poussée jusqu’au bouL ne plaide-t-elle pas davantage pour l’abolition des frontières plutôt que pour le maintien de celles où se bercent de pareilles illusions de globalité?Régine Robin répète volontiers, un peu partout dans son œuvre, qu’elle aime les identités qui ne sont pas bien claires, qui ont quelque chose d’impossible à déhnir et à saisir.L’essayiste se sent bien dans la poly-appartenance, dans l’entre-deux, dans la désappropriation de l’origine.Elle apprécie l’esthétique composite, les collages, les amalgames, les mosaïques.Elle regarde dans cette optique le Canada d’un œil favorable, selon un jugement du reste assez poétique.Mais ce Canada dont Régine Robin parle n’existe pas et c’est pourquoi, peut-être, on souhaiterait trouver le moyen d’y partir vivre nous aussi.Régine Robin observe la société québécoise d’un autre œil et sur un autre pied.Elle ouvre en fait si grand les yeux pour produire son image de la société québécoise que le négatif qui en résulte paraît quelque peu surexposé.Ace sujet elle écrit avec un poli mais bien perceptible sentiment de supériorité.Son Canada «assez évidé», propre à contenir tous les fantasmes identitaires, Régine Robin l’oppose à un Québec à la coque dure qui serait le réservoir d’un conservatisme propre à étouffer tout effort de grande liberté au nom d’un nationalisme crasse.Elle examine dans cette perspective ceux des traits et des travers de la société québécoise d’aujourd’hui qui l’agacent le plus: les attaques contre le cours d’éthique et de culture religieuse, certains dérapages suscités par la commission Bouchard-Taylor, les sorties de quelques croisés de l’opposition au multiculturalisme, les querelles innombrables que suscite l’enseignement de l’histoire.Mais, se dit-on, est-ce qu’une analyse aussi serrée de la dynamique ontarienne ou albertaine, par exemple, ne la conduirait pas aussi à une déprime semblable?En chemin, l’essayiste sonde le vieux nationalisme ultramontain du Canada français qu’elle lie intrinsèquement avec l’expression des revendications nationales des dernières décennies.La perspective devient vite abusive et trompeuse parce qu’elle se focalise uniquement sur ce qui, du passé, peut donner du poids à son dossier à charge constitué contre l’avenir.Pour naviguer comme elle le fait dans les eaux noires, Régine Robin en est par moments réduite à défendre des travaux qui ne brillent pourtant pas par leur lumière.A-t-elle besoin en effet des recherches bancales d’une Esther De-lisle pour prendre la juste mesure du nationalisme canadien-français de l’entre-deux-guerres?Qn ne me fera jamais croire qu’une intellectuelle sérieuse puisse ainsi entendre construire une argumentation solide en faisant ses choux gras de travaux aux arrières si mal assurés, à moins bien sûr de n’avoir que faire de la rigueur la plus élémentaire.S’il faut s’éviter le «ressassement obsessionnel de la fixité mémorielle», comme l’afhrme justement ailleurs Régine Robin, pourquoi n’ouvre-t-elle jamais de porte sur d’autres facettes de l’histoire?N’existe-t-il pas des courants multiples auxquels il est toujours possible de se rattacher?N’y eut-il pas aussi, en ce pays, des D"^ Bethune, des Eva Circé Côté, des Aristide Eiliatrault, des Arthur Buies, des Godfroy Langlois, des Albert Saint-Martin, des Louis-Joseph Papineau et d’autres têtes fortes du même genre qui, dans leur sillage, eurent des héritiers?11 y a une forme d’inconvenance, me semble-t-il, à laisser dans l’ombre cette face de l’histoire.Régine Robin évoque la hgure de Pierre Bour-gault comme l’un de ces intellectuels québécois dont elle aurait pu vouloir s’approcher s’il n’avait été «un constant adversaire».Devant ce personna- ge complexe, elle éprouve à l’évidence à la fois un malaise et une certaine admiration.Bourgault aurait mieux fait, dit-elle, de consacrer l’énergie de ses révoltes au théâtre et à pousser sa réflexion autour d’une pièce de théâtre sur Joseph Guibord qu’il avait entrepris de rédiger.Qu’aurait d’ailleurs raconté cette piècç consacrée à ce pauvre homme condamné par l’Église?Nous n’en savons rien, puisque Bourgault jetait à mesure toutes les traces de son passé.Qn sait par contre qu’il écrivit au moins une autre pièce, celle-ci consacrée aux Patriotes de 1837-1838, Les honorables, une tragédie lyrique en trois actes dans laquelle il affirmait n’être «pour ou contre personne»: «Je tâche de comprendre les uns et les autres sachant par expérience qu’un peu de temps change souvent la perspective des actes qui nous blessent ou nous réjouissent» A en croire Robin, Bourgault «aurait pu aller beaucoup plus loin que la rupture avec le catholicisme» et trouver ainsi «une autre voie à sa révolte que son nationalisme extrémiste».Était-il extrémiste lorsqu’il s’époumonait à réclamer l’égalité des sexes, l’abolition de la monarchie, celle de la peine de mort, la fin du nucléaire, le respect des travailleurs et l’émancipation de tous les damnés de l’Amérique?Pour ma parf je ne le crois pas.11 y a quelques années, une chroniqueuse du quotidien de la rue Saint-Jacques que cite beaucoup Régine Robin s’était étonnée qu’on remette un prix littéraire de f00 000 $ au poète et essayiste Jacques Brault.Qui est ce Jacques Brault, demandait-elle, pour mériter le prix Gilles-Corbeil?Au prestigieux palmarès de ce prix, on trouve, outre Jacques Brault, Réjean Ducharme, Anne Hébert, Paul-Marie Lapointe, Eernand Quellette, Marie-Claire Blais et Jacques Poulin.Le prochain lauréat sera connu ce lundi.Des pronostics?Qn peut certainement regarder du côté de Michel Tremblay ou de Victor-Lévy Beaulieu.Et de Régine Robin, pourquoi pas.jfnadeau@ledevoir.corn NOUS AUTRES, LES AUTRES Régine Robin Boréal, Montréal, 20f f, 346 pages PAUL SUITE DE LA PAGE E 1 moment, une télé couleur entrant dans une maison vient éclairer la modernité de l’époque, un livre «réac» posé sur une table à café vient définir des animateurs scouts qui commencent alors à être un peu plus légers avec les règles et contraintes du mouvement fondé par Baden Powell.«Le Québec était en train de devenir moderne.Nous étions en train d’écrire cette histoire, dit Ra-bagliati.Et puis, il y avait le ELQ, sur lequel je n’ai pas voulu peser, pour montrer simplement comment un enfant a vécu tout ça.» Drôle: il pensait que ce groupe terroriste était «des gens super-or- ganisés qui avaient des repères ul-tramodernes, comme dans Les Sentinelles de l’air».La hction, surtout quand elle est façonnée par le cerveau d’un enfant, arrive toujours à rendre moins pathétique la réalité.SERIES DE LA PLACE DES ARTS ^ studiolittéraire © ir JEÂN-FRÂNCOIS CÂSÂBONNE UJ L’HOMME'BLANC DE PERRINE LEBLANC __ , et des lettres En coproduction avec les Capteurs de mots Québec nn El El 14 NOVEMBRE 19 h 30 I STUDIO-THÉÂTRE tydînersàlapièce TROIS SECONDES OU LÂSEINE N'A PAS COULE De Larry Tremblay Avec Benoît McGinnis Mise en lecture de Gaétan Paré T _—.I En coproduction avec le Centre des auteurs dramatiques | J 15 NOVEMBRE De midi à 13 h | STUDIO-THÉÂTRE PROGRAMMATION COMPLÈTE LAPLACEDESARTS.COM FONDATION DEUÎJMlDESAKrS laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 PRIX TD DE LITTÉRATURE CANADIENNE POUR L’ENFANCE ET LA JEUNESSE 2011 TOUTES NOS FÉLICITATIONS La fille d’en face - La fille d’en face, de Linda Amyot, est un bijou de lecture.Cette oeuvre unique permettra certainement à de nombreux jeunes lecteurs d'apprécier davantage la littérature québécoise.>¦ - Chantal Vaillancourt, àdiirice-œnseU au Centre canadien du lii/re jeunesse « Avec peu de mots, Linda Amyot a très bien su ccrrxïr les tourments de radelcsccncc.Ce texte est fort et nous lait vibrer bien au-delà de la lecture.» - Marie-Hélène Vaugeois, Le libraire (614) 524-5563 lemeac@lemeac.com De cette période, visiblement marquante pour le créateur d’histoires en cases, Rabagliati vient aussi dévoiler des bribes de sa vie en famille — il ne peut jamais s’en tenir trop loin —, dans un appartement collé à celui de sa grand-mère et de sa grand-tante, deux Parisiennes au caractère fort qui n’ont pas toujours rendu la vie simple à sa mère.«Petit, j’étais content d’avoir ma grand-mère en face qui me faisait venir chez elle pour me donner du nougat, dit-il.Mais pour ma mère, c’était l’enfer.Elle en a bavé à cause de ça et c’est une réalité que j’avais envie de revisiter dans cet album.» Avec ces cases qui rappellent un peu l’univers estival de Paul a un travail d’été — l’action s’y pas- sait dans un camp de vacances à l’adolescence de Paul —, une ambiance générale qui se rapproche de Paul à la campagne, Paul au parc est finalement le premier volume qui, dans son ensemble, place le personnage au cœur de ses racines, de son enfance, de son passé et, du coup, face à son destin.11 le met aussi au pied d’une dalle de marbre que les aheiona-dos de ce Paul risquent forcément de remercier, pour tout ce qu’elle a fait de bien pour lui.et pour eux.Le Devoir PAUL AU PARC Michel Rabagliati La Pastèque Montréal, 2011,144 pages X '%-i Le journal ^rsonnel d'un ffiCier gui raconte la guerre à hauteur d'homme.fl Lieutenant J.S.Benoit Cadieux vlb Gditeur Une compagnie de Québécor LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 F 3 LITTERATURE La vieillesse dans tous ses états U Danielle Laurin ne femme qui se tient debout, envers et contre tout.Une femme qui s’indigne, qui refuse d’abdiquer, de se la fermer.C’est ce qu’elle a toujours été.Pourquoi faudrait-il qu’elle rentre dans le rang?Parce qu’elle est vieille?D’accord, Adèle a passé le cap des 80 ans.Elle voit son corps qui déchoit, la lâche par moments.Elle voit sa santé décliner et toutes sortes de bobos se pointer.Et, oui, il lui arrive de chercher ses mots.Elle ne s’en cache pas, le dit franchement.Pourquoi faudrqit-il avoir honte de vieillir?A cause du spectre de la maladie d’Alzheimer qui guette?A cause du vieillissement de la population et des coûts farqmineux que cela implique?A cause de la surcharge, à tous points de vue, qui s’annonce pour les autres?Et à cause de la menace de l’euthanasie?Comme si les autres, derrière, les plus jeunes, n’allaient pas y passer eux aussi un jour ou l’autre.«Juste le fait d’être mortel devient un échec», constate Adèle.Ça ne veut pas dire qu’elle tente d’enjoliver les choses, qu’elle joue à l’autruche.Ça ne veut pas dire qu’elle refuse de voir les choses, de voir la mort en face.Bien sûr qu’elle est révoltée, qu’elle ne s’aime pas, ne se reconnaît pas: «Je ne tiens plus ensemble que par mes rides et je vois bien, sur les photos prises pour renouveler la carte d’identité de l’assurance maladie, qu’il y a là-dessus une poupée ratatinée.» Mais faut-il pour autant qu’on la tienne déjà pour morte?Qu’on la considère comme poussière, rien, néant, avant même qu’elle n’ait poussé son dernier souffle?Eaut-il qu’elle soit transparente pour autant?Et silencieuse, obéissante, résignée, sage?.Ah! que j’aime cette femme-là! Celle à qui Denise Boucher, 75 ans, donne la parole dans son premier roman: Au beau milieu, la fin.Celle à qui l’au-teure des Fées ont soif, la poète, la parolière de chansons transmet sa révolte, sa fougue, ses mots.C’est comme si je m’étais découvert une vieille amie.Qui me dirait: vois-tu, ce qui t’attend ressemble à ça.La déchéance, la maladie, pas moyen d’y échapper.à moins de mourir jeune.Mais pour le reste, ça dépend de toi.J’admire sa franchise, son franc-parler.Sa façon de dire que vieillir sans argent pourrait bien être la pire chose qui %.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Poète, romancière, Denise Boucher s’est notamment fait connaître pour i’objet de censure qu’avait constitué sa pièce de théâtre intituiée Les fées ont soif.soit.J’admire son courage.Son refus du misérabilisme.Sa dénonciation des abus, des injustices, des faux-fuyants.Son refus des convenances.J’admire sa liberté, quoi.Tout cela ressemble à un plaidoyer.Tout cela tient du pamphlet.Je veux dire: dans Au beau milieu, la fin, Adèle s’exprime, Adèle se questionne, s’indigne, dénonce, ^eu-le, chahute.Par le biais de lettres.Qu plutôt de courriels.Adressés à la même personne.Adèle écrit à sa grande amie, dont elle est sans nouvelles.Elle ne reçoit jamais de réponse, mais elle persiste et signe.Elle écrit à propos de ce qui la tracasse personnellement.La vieillesse, tout ça.Mais Adèle raconte, aussi.Son retour de Rome, avec son amoureux, après un an d’absence.Son appartement montréalais saccagé par la famille française à qui elle l’avait sous-loué, ses biens personnels dans un piteux état — ceux dont les sans-cœur ne se sont pas emparés.Adèle dit son désarroi, sa peine et bientôt sa colère.Adèle fulmine, et ça sort comme ça sort: «Les crisses ont décrissé la maison et ils ont câlissé le camp.Je voudrais m’en crisser, mais je ne suis pas capable.» Adèle sent l’amertume la gagner, et elle n’en veut pas, surtout pas: «L’amertume est un poison terrible.Il révèle notre impuissance et nous peinture dans un coin noir.La lumière s’en va et emporte avec elle toute la douceur et toute la joie que nous avions à vivre.» Pour Adèle, pas de doute, c’est à son retour de Rome que la vieillesse lui est tombée dessus.Et comme elle s’adresse à une amie, sa meilleure amie depuis l’enfance, elle dit tout.Elle dit tout comme ça vient, pêle-mêle.Peu importe: «Bien sûr, je vais du coq à l’âne et je ne voudrais pas oublier l’âne.» Voilà pour le contexte dans lequel Denise Boucher installe son personnage.Nous sommes bien dans un roman.Il y a bien une suite d’événements qui vont débouler.Et un dénouement à la fin, surprenant.Mais ce qui m’a tenue, moi, suspendue à ce livre, c’est son discours.C’est l’humour cinglant qui le traverse.C’est l’humanité dont il témoigne tout aussi bien.Ce sont des phrases comme celle-là: «J’ai le chaos, mais je ne veux pas sombrer.» Et des passages comme celui-là: «J’aime la calme inquiétude de mon voisin aveugle.Cet homme est un adoucisseur qui défroisse mes rancunes.J’entends bien les voir crever avant moi.» C’est la main tendue de l’au-teure.Et son extraordinaire lucidité.Son sens de l’exagération, au tournant.Son besoin de mettre le doigt sur ce qui tourne mal.Et son désir de beauté.C’est la bataille, constante, entre la vie et la mort.C’est la vieillesse qui dit son nom.Mais qui n’abdique pas.Qui se bat, qui vibre.Qui se tient debout, envers et contre tout.AU BEAU MILIEU, LA EIN Denise Boucher 1-^1110 âc Montréal, 2011,160 pages A l’occasion de la parution du 7^ tome de Paul, Paul an parc (Editions de la Pastèque), de MICHEL RABAGLIATI, la Librairie Gallimard est heureuse de vous inviter à une DISCUSSION-CONFÉRENCE entre l’auteur et Fabien Deglise, journaliste au Devoir.VENDREDI 11 NOVEMBRE ES 17Hl3 Librairie Gaiiimard de Montréai 3700 Bouievard Saint-Laurent raine Gallimard |3 (i^Gaspard-LE DEVOIR ^ Xalmarès Da 24 an 30 octobre 2011 Romans québécois 1 Au bord de la rivËre * Tome 2 Camille Michel David/Huttubise V2 2 Bonheur, e^tu là?Ftanoine Ruel/Ubre Expression -n 3 Les héritiers d'EnIddiev « Tome 4 Le sanctuaire Anne Robillaid/Wellan m 4 Stiamates et BBQ Stéphane Dompiene/Québec Amérique 3/3 5 Mémoires d'un quartier • Tome 9 Antoine, la suite Loiise TiemUayLtEssiambie/Guy Saiit-Jean 4/10 6 Au bord de la rivière • Tome 1 Baptiste Michel David/Hurtubise 7/2 7 Àtni Khi Thüy 1 IM Janoviak/Ubte Expression 5/B 8 Au beau milieu, la fin Denise Boucher/Leméac -n 9 Maggie Daniel Lessatd/Pierre Tissevie 8/2 10 Ce pays de rêve • Tome 1 Les surprises du destin Michel Langlois/Hurtubise -n Romans étrangers 1 Un havre de paix Nicholas Sparits/Michel Lafbn 2/2 2 Toyer Gardner McKay/Cherche Midi 5/2 3 Latracedel'aiaiqnée Kathv Reichs/Robert Laffont V3 4 Remède mortel Harlan Coben/Beltond 3/4 5 La femme au miroir Éric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel 4/8 6 Cet instant-là Douglas Kennedv/Belfbnd 9/2 7 Le passager Jean-Christophe Gtangé/Albin Michel 6/5 8 Private Los Angeles James Patterson I Maxine Paetro/Archipel 7/5 9 JusQu'à la folie Jesse Kellerman/Flammarion Québec 8/3 10 Mise à nu Richard Casde/City 10/7 "?Essais québécois 1 Les soldats d'Atlah à l'assaut de l'Occident Diemila Benhabib/VLB 1/7 2 Oe quoi le Québec a-t-il besoin?J.Barbe 1 M.-F.Bazzo 1V.Marissal/teméac m 3 Oe Golète et d'espoir Françoise DavirVÉcosociété -n 4 La gestion des produits • Tome 1 La crise Maxime-Olivier Motther/Marchand de feulles 3/3 5 Et si mourir s'apprivoisait.Réflexions sur la fin de vie Serge Daneault/ta Presse 9/7 6 On veut votre bien et on fauta.Comment l’insidieuse.J.Nantel IA Krol/Transcontinental 1D/2 7 Ne vous taisez plus! Denise BombanJer 1 Rancoise labrxde/RKid 5/5 8 Mafia inc.Grandeur et misère du clan sicilien au Québec : André Cédilot 1 André Noël/Homme 6/53 9 Université inc.Des mythes sur la hausse des frais.Eric Martin I Maxime Ouellet/Lux -n 10 Manifeste pour une école compétente Louise Lafbrtune et alJPUQ -n "?^Essais étrangers 1 lintin au pays des philosophes Collectif/Philosophie Magazine 5/2 2 Indignezwus ! Stéphane Hessel/Indigène 1/48 3 Le crépuscule d’une idole.L'afiabulation freudienne Michel Onhay/LGF 2/4 4 Premier bilan apiés l'aoocalvpse Frédéric Beigbeder/Giasset 4/7 5 Demain, gui gouvernera le monde ?Jacques Attali/Fayard -n 6 Pour sauver la planète, sortez du capitalisme Hervé Kempt/Points 8/2 7 Le facteur Armageddon, ta montée de la droite.MarcI Mcdonald/Alain Stanké 6/8 8 Le Cosmos et le Lotus Xuan Thuan Trinh/Albin Michel 3/2 9 Une brève histoire de l'avenir Jacques Attali/LGF -n 10 L’apocalypse démographique n'auia pas lieu Fted Pearce/ta Martiniéie -n 514-499-2012 iibrairie@gailimardmontreal.com ENTRÉE LiBRE Lü BIIF (SociëË de gestni de la Banque de titres de langue fiangalse) est gnipridtalre du sj^me d'intainatlcn et d'analyse fispm/ strlesve[itesdeliviesf[angaisauCanada.Cepal[narèsest exitalt de etestconstituédesielevésde caisse deinpointsde venta La BILF reçoit un soutien financier de Pairimohe canadien pour le projet ^sfsri.© Blir, toute repioduction totale ou partielle est inlerdita Une maison Roland-Gignère à Ahnntsic ?Pas sûr ! MÉLISSA GUILLEMETTE La Commission scolaire de Montréal (CSDM) hésite à accepter la demande d’enseignants de nommer la future maison des arts et lettres d’Ahuntsic en l’honneur du poète et artiste Roland Giguè-re, qui résidait dans le quartier et s’est suicidé en 2003.Lors d’un colloque organisé la semaine dernière par l’Académie des lettres du Québec et portant sur la transmission de la culture dans les écoles secondaires, le jeune enseignant de français Michel Stringer a fait part à l’assemblée de sa proposition de nommer la maison en l’honneur du défunt, qui a marqué l’histoire littéraire du Québec.L’école oû M.Stringer enseigne, Sophie-Barat, utilisera largement la nouvelle maison, qui sera située juste à côté.Peintre, poète, typographe, Roland Giguère incarnait à lui seul un vaste univers culturel.«Je considère qu’on enseigne trop peu la poésie, qu’on fait trop peu connaître les poètes québécois et j’ai vu une occasion de la faire connaître avec le projet de la maison des arts et lettres, surtout que Roland Giguère était citoyen d’Ahuntsic et qu’il était à la fois poète et artiste», a expliqué au Devoir M.Stringer, qui fait lire à ses élèves des poètes de Giguère.Il a obtenu l’appui de ses collègues et de la direction.Qr la présidente de la CSDM et commissaire d’Ahuntsic, Diane De Courcy, hésiterait à accéder à leur demande parce que le poète s’est suicidé, mauvaise image semble-t-il pour un établissement utilisé par les 1425 élèves de l’école SOURCE TELE-QUEBEC Le poète Roland Giguère, décédé en 2003 et les citoyens d’Ahuntsic.Elle n’a pas fermé entièrement la porte à la possibilité de créer la Maison Roland-Gignère, mais a certainement ouvert un débat sur la question.La présidente n’a pas voulu commenter la proposition cette semaine.«Pour ce qui est du nom, c’est loin d’être arrêté, a expliqué Alain Perron, du Service des communications.Il y a probablement plusieurs autres suggestions sur la table.» La maison des arts et lettres est un grand projet de 15 millions de dollars qui comprendra des locaux d’arts pour les élèves d’à côté ainsi qu’un auditorium qui profitera aussi aux citoyens.Construite en partie à partir de pierres patrimoniales de l’ancien externat Sainte-Sophie, elle devrait être achevée en 2013.Le Devoir Félicitations à Noëlle Guilloton Lauréate du prix de poésie de l'A.Q.P.F.(Association québécoise des professeurs de français) NoMiGUU.OTON ARRÊTS SUMMAGES Noëlle Guilloton Arrêts sur images Venez ia rencontrer au Salon du iivre de Montréai (stand #270) Samedi 19 novembre, de17hà19h Dimanche 20 novembre, de17hà19h www heuresbieues c O m CAUSERIE Olivieri librairie ?bistro V À l’occasion du passage à Montréal de la journaliste et grande reporter DENiSE AMMOUN Les Arabes et la paix Oiivieri Au cœur de i’actuaiité Vendredi 11 novembre à 19 h ¦ - Entrée libre! RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Denise Ammoun a publié de nombreux ouvrages, dont le plus récent Les Arabes et la paix - Entre guerre et diplomatie f977-2010, édité chez Fayard.Elle s’entretiendra avec nous de la situation actuelle dans le monde arabe.Animatrice : Jocelyn Coulon Directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix. F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 LITTERATURE Les disséqueurs de langue Les voyages fructueux de la langue française dans le temps CAROLINE MONTPETIT NOUS sommes nombreux à savoir que le mot «travail» est dérivé du mot latin tripa-lium, qui signifie «torture», et que le verbe «travailler», quant à lui, voulait originellement dire «torturer, faire souffrir».On sait moins que «tête» provient du mot latin populaire testa, signifiant «coquille, ou vase en terre cuite», ou que le mot «étonner» vient du latin populaire extonare, c’est-à-dire «frapper du tonnerre».C’est cela, et tellement plus d’ailleurs, que l’on apprend en lisant Histoires de mots soldes et insolites, que Gaétan Saint-Pierre a publiée dernièrement aux éditions du Septentrion.Autopsiant consciencieusement la langue française d’aujourd’hui, Saint-Pierre en dissèque les origines latines, gauloises, germaniques, espagnoles, portugaises et arabes, à travers une collection de mots plus intrigants les uns que les autres.Le mot «France», par exemple, est issu du latin Francia, qui veut dire «pays des Francs», qui parlaient par ailleurs le francique.La langue française aurait en effet subi une importante influence germanique, ce qui fait d’elle une langue très différente des autres langues latines, comme l’espagnol ou l’italien, par exemple.Saint-Pierre, qui se définit Histoire de mots solites insolite Gaétan St-Pierre f comme «un collectionneur averti d’étonnantes histoires de mots», présente entre autres, dans sa collection, le mot «assassin», qui viendrait hypothétiquement de l’arabe hachchâ-chin, littéralement «mangeurs ou fumeurs de haschich».Le surnom aurait été donné aux fidèles de la secte religieuse chiite du Vieux de la Montagne, au XL siècle, qui, sous l’influence du haschich, ou pour en obtenir la récompense, étaient capables de tuer aveuglément leur maître.Parlons enfin du mot «maquereau» qui, s’il signifiait «entremetteur» dès le XIII® siècle, s’est finalement appliqué au poisson qui porte ce nom parce que, selon la légende, ce dernier servirait d’intermédiai- Triptyque Antoine Ouellette Musique autiste Vivre et composer avec le syndrome d'Asperger www.tnptyque.qc.ca Tel.; 514.597.1666 .—ai 'témoignage PreLi^e du Dr Laurent Mottron Antoine Ouellette MUSIQUE AUTISTE Vivre et composer avec le syndrome d’Asperger csiai/témoignage ^13 p., 25 $ Le musicien témoigne de son expérience et offre une visite guidée du monde autiste.Il souhaite aussi informer et sensibiliser sur un sujet tabou, la «folie».Marie-Claude Tremblay LOCO LOCASS LA PAROLE EN GAGE essdL 96 p., 18 S «Un travail miticulcux, rappelant à juste titre que les Loco sont à égales parts héritiers de Public Enemy et de Gaston Miron ».D.Tardif, VoirEstrie Gilles Marsolais Cinéma québécois De Partisanat à l’industrie M.A.R[E-CLAuni' Tremblay LA PAROLE EN GAGE Gilles Marsolais CINÉMA QUÉBÉCOIS De l’artisanat à l’industrie essai, 318 p., 30 $ Des études portant sur des cinéastes et des films du cinéma québécois.Des textes qui, issus d’un exercice critique échelonné sur plu-sieurs années, vont au cœur des films abordés, exerçant un jugement sur à leur sujet.Lucie Joubert extérieur 5W ta maternité et ses débordements Lucie Joubert lauréate du PRIX DU LIVRE D’OTTAWA re entre les harengs mâles et les harengs femelles, les escortant dans leurs migrations.Encore d’autres héritages Dans la même veine, pour les jeunes de 10 à 100 ans, les éditions Fides publient ces jours-ci Si la langue française m’était contée, de Magali Favre.Remontant le cours de l’histoire de la langue française, le livre s’attarde sur chacune des périodes et des peuples qui l’ont marquée, ainsi que sur une série de mots hérités de ces époques.Des Gaulois, les Français ont donc hérité des «cloches» ou des «ruches».Ce dernier mot, qui signifiait «écorce», vient du fait que les ruches étaient initialement construites en écorce.Des Gaulois, nous aurions aussi reçu les fêtes de l’Hallo-ween, de la Toussaint, du Mardi gras et de l’Assomption, mais ü ne resterait que 150 mots hérités de leur langue dans le français d’aujourd’hui.Des Francs, nous aurions reçu, entre autres, des noms de couleurs: bleu, blanc, gris, brun, fauve, rougeâtre.^ Au Moyen Age, le mot «confiture» désignait tout ce qui est conservé dans le vinaigre ou dans le gras, et «viande» signifiait la nourriture en général.Comme Gaétan Saint-Pierre, Magali Favre consacre un chapitre au fran- çais d’Amérique.On y précise que les Québécois brassent leur salade, alors que les Français la touillent, que les Bretons la mêlent et qu’on la tourne en Alsace, en Corse et en Provence.Dans le Midi, on la fahgue.En Louisiane, un «éloi-se» est un éclair et une «musique à bras», un ac-c O r d é O n .Quant aux Anglais, ils nous ont bien prêté quelques mots, comme on le sait, mais ils nous en ont aussi emprunté plusieurs, dont «bourgeois», «butin», «cache» et «portage», gagnés auprès des Frenchmen qui avaient initialement colonisé la Nouvelle-France.A lire et à relire jusqu’à 100 ans.Le Devoir HISTOIRES DE MOTS SOLITES ET INSOLITES Çaétan Saint-Pierre Editions du Septentrion Québec, 2011,305 pages SI LA LANGUE FRANÇAISE M’ÉTAIT CONTÉE Magali Favre Éditions Fides Montréal, 2011,400 pages / / BEDE Autour d’un chat FABIEN DEGLISE Legolas est gros, poilu, traînard, certainement plein de bibittes, et c’est finalement assez pour, en 2011, devenir une vedette du Web.Il vit aussi entre Jean-Sébastien et Jasmin, dans un appartement de Montréal, et après avoir fait sourire les internautes pendant des mois, le félin — puisque c’est de cela qu’ü s’agit — cherche à faire la même chose avec les indécrottables du papier.La mutation est en marche.Après avoir vu le jour en ligne, la bande dessinée imaginée par Iris et Zviane, deux bé-déistes montréalaises, L’ostie d’ehat (Shampooing) se donne aujourd’hui un deuxième souffle sur papier, en feuilleton et en petit format, à la demande de la maison d’édition européenne Delcourt.L’objet littéraire rematérialisé vient de paraître.Et les amateurs du récit intimiste sourient.Sur 160 pages, on retrouve donc, dans leur habitat naturel et leur quotidien ordinaire mis extraordinairement en relief, le dragueur impénitent nouvellement au chômage et l’artiste utopiste, se rêvant en star du rock, mais qui, pour le mo- ment, se fait surtout voler ses blondes par l’autre.Le tout autour d’un chat à la présence plus qu’anecdotique.Imaginée pour la Toile, cette série, qui doit se prélasser, sur le dos et les pattes en l’air, sur trois tomes, trouve facilement ses marques sur ce nouveau support avec son découpage précis, ces effets de style et surtout son humour omniprésent qui vient consacrer la collaboration entre les deux alchimistes du récit en en cases, qui excellent séparément comme en binôme dans l’art d’explorer leur propre quotidien pour en extraire les composantes de leurs fictions.Bien sûr, on y parle de soirées trop arrosées, de rapport trouble avec les ex (surtout quand ce rapport est forcé par une quête insoutenable de cumin pour préparer un couscous), de rêve, de peur, d’envie, de Mande, de la morale, du sport.et de la vie, quoi.Sans plus.Et c’est déjà beaucoup.Le Devoir L’OSTIE D’CHAT Iris et Zviane Delcourt/ Shampooing Paris, 2011,160 pages Oss « Petit tour de force que le conte Oss, d’Audrée Wilhelmy.[.L]e concis, n’enlève rien à la grandeur du talent, bien au contraire.Un moment de lecture puissant malgré le glauque, le ferrugineux et l’odeur des baleines échouées sur la plage, L’auteure a le mot juste et délicat.Audrée Wilhelmy, avec sa plume, dessine dans notre imaginaire.[.] Un talent à suivre.» - Sophie Gall, Le Soleil « Audrée Wilhelmy est assurément une voix poétique à surveiller, » - Denis Gamache, Le libraire (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com ESSAIS Contre les idées reçues sur le français LOUIS CORNELLIER Les idées reçues sur la langue française sont légion.On affirme, par exemple, que sa qualité se dégrade, que sa forme orale souffre de tous les relâchements, qu’elle est mal enseignée et que toutes ces raisons sont la cause de son recul devant l’anglais.Les linguistes, qui sont des scientifiques de la langue, contredisent pourtant ce discours chagrin, mais peinent à convaincre.Malgré la publication d’ouvrages aussi solides que le Catalogue des idées reçues sur la langue (Seuil, 1988), de Marina Yaguello, et Etats d’âme, états de langue.Essai sur le français parlé au Québec (Nota bene, 2007), de Marty Laforest, on continue de colporter la thèse générale de la dégradation, faisant ainsi la preuve que, en cette matière, les impressions prennent le pas sur les faits.Avec Parlez-vous français?, un ouvrage publié dans la collection «Idées reçues» des éditions du Cavalier bleu, la linguiste Chantal Rittaud-Hutinet poursuit l’entreprise de démystification linguistique des Yaguello et Laforest.Élle rappelle, par exemple, que l’oral et l’écrit sont deux modes d’expression différents et qu’on ne peut juger l’un à partir des critères de l’autre.«La parole, écrit-elle, avance par une suite d’approximations et n’est donc quasiment jamais irréprochable, ce qu’il ne faut pas confondre avec un quelconque “relâchement”.» Rittaud-Hutinet montre aussi que la structure sujet-verbe-complément n’est pas l’ordre normal de la phrase, qu’une langue sans accent n’existe pas et que les accents dits régionaux ne sont donc pas «inférieurs», que la règle selon laquelle il faudrait toujours s’exprimer avec distinction dénote «une méconnaissance complète de la réalité» et nie la pertinence des variétés de langue et que l’idée selon laquelle le français s’appauvrit de plus en plus n’est pas fondée.«Depuis que le français est la langue officielle en France, note-t-elle, il n’a pas été constaté que le nombre de mots ait diminué en rien.» Aux Denise Bombardier et Gilles Proulx de ce monde qui ne cessent de répéter que c’est d’abord la baisse de la qualité de la langue qui menace le français au Québec, la linguiste rappelle cette vérité, trop rarement entendue dans le débat québécois: «On peut dire qu’une langue est menacée dès qu’elle perd ses fonctions de communication dans la vie sociale ou n’est plus pratiquée quotidiennement, dès qu’elle n’est plus rentable sur le plan économique, ou dès qu’elle n’a plus suffisamment d’utilisateurs.» En d’autres termes, une langue ne disparaît pas parce que ses usagers la parlent mal, mais parce qu’elle perd sa nécessité sociale et son prestige.La Charte de la L’oral et l’écrit sont deux modes d’expression différents et on ne peut juger l’un à partir des critères de l’autre langue française a donc plus fait pour la défense du français au Québec que toutes les campagnes du bon parler.L’essai de Chantal Rittaud-Hutinet, qui n’évoque toutefois pas la situation québécoise comme telle, vient donc mettre un peu de rigueur scientifique dans une discussion qui en manque singulièrement.Hagège badin Dans Parler, c’est tricoter, un opuscule issu d’une conférence au ton badin prononcée devant les membres amusés de «l’université des Bistrots», le linguiste français Claude Hagège expose les raisons de son combat pour la diversité linguistique.«Je promeus, écrit-il, la langue française comme beaucoup d’autres langues menacées par l’insupportable impérialisme d’une langue que je récuse d’un bout â l’autre, et que, comme vous voyez, je ne nomme même pas.» Aimer les langues, explique Hagège, c’est aimer les gens, parce que, «sans le soutien des mots, des langues, de ces magies du dicible qu’elles sont toutes, il n’y a pas de vraie communication».Le linguiste, rappelle Hagège, n’est pas un puriste; il observe les faits.Cela lui permet de s’amuser et de s’extasier devant l’argot, le verlan et le créole, qui sont «des créations spontanées extrêmement importantes».Si l’anglais, aujourd’hui, s’impose un peu partout, explique-t-il, cela ne tient pas à ses qualités intrinsèques.Aucune langue n’est plus belle ou plus efficace qu’une autre en soi.C’est plutôt parce que les pays qui ont l’anglais comme langue sont riches et puissants.Pour combattre cet impérialisme linguistique, il faut donc — ce sont les mots d’Hagège — se révolter.Or les Français, déplore le linguiste, s’écrasent devant la pression de l’anglais.«Cette fascination pour tout ce qui est américain est franchement, aujourd’hui, en train d’atteindre les limites du grotesque», constate-t-ü, sans ajouter, même s’il aurait pu le faire, que le Québec, qui a lui aussi ses Elvis Gratton, ne fait pas bien meilleure figure.Avec humour, amour et détermination, Claude Hagège invite donc les francophones du monde entier à en finir avec leur mortifère indifférence linguistique.Collaborateur du Devoir PARLEZ-VOUS FRANÇAIS?Idées reçues sur la langue FRANÇAISE Chantal Rittaud-Hutinet Le Cavalier bleu Paris, 2011,160 pages PARLER, C’EST TRICOTER Claude Hagège L’Aube La Tour d’Aigues, 2011,64 pages VIENT DE PARAITRE Richard Vézina Küi.Richard Vézina Chisasibi Avec Chisasibi, le lecteur plonge au cœur de la forêt boréale et de la psyché humaine.espère que cette magnifique histoire se retrouvera un jour sur nos écrans».(Roméo Saganash) CARTE BLANCHE - En librairie, 22,95$ LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 F 5 LITTERATURE Entretien avec Pierre Jourde Les peurs d’un assassin à la plume Pierre Jourde est devenu célèbre en publiant des critiques assassines.Est-il si redoutable, lui qui aime batailler avec le rire et les mots bien sentis, adressés à qui saura lui répondre?Cet engagement n’est qu’une porte d’entrée dans l’œuvre; car être ou ne pas être est plus essentiel, ce dont Le Devoir s’entretient avec l’écrivain.GUYLAINE MASSOUTRE Pourquoi publier La présence, ce beau texte sur les maisons hantées, au Québec, précisément aux Allusifs?J’ai eu l’occasion de parler avec Brigitte Bouchard, directrice des Allusifs, de son projet de collection littéraire sur le thème de la peur.Je l’ai vivement encouragée à concrétiser ce projet.Peut-être aussi parce que la peur est un thème qui me tient à cœur.Je crois que, de toutes les émotions, elle est celle qui nous met le plus à nu, qui nous renvoie à la vulnérahili-té de l’enfance.Vul-nérahilité que je continue à éprouver fortement.De sorte que j’ai donné l’un de mes textes les plus intimes à une éditrice québécoise.Ce n’est peut-être pas un hasard: il faut parfois un effet de distance pour accepter de s’approcher de soi.«Je revendique seulement le droit à la critique, aujourd’hui de plus en plus compromis par le règne de la promotion généralisée » D’où vient votre fascination littéraire et, après une vingtaine d’ouvrages très divers — romans, récits, essais, souvent fort éton- nants —, que signifie maintenant pour vous écrire?Il me semble qu’à l’origine de mon passage à l’écriture, pour autant qu’on puisse lui assigner une origine, il y a le sentiment de l’incapacité à parler.Longtemps je n’ai pas su parler.C’était une réelle incapacité.Et aussi sans doute un effet de cette vulnérabilité que je viens d’évoquer.Et lorsque je parlais, c’est encore un peu le cas maintenant, il me semblait toujours que cette parole était mensongère, entachée de théâtralité, de sociabilité.Du désir d’être soi.Or, à l’origine, se tiennent des impressions très fortes de l’enfance, celles de la présence nue du monde et de l’autre, qui produisent une fascination telle qu’elles excluenf d’abord la parole.Ecrire, ce serait donc tenter de trouver la parole juste, la parole qui ne ment pas, et qui parvient à dire cette fas-cinatiQU silencieuse devant le réel.Ecrire serait une parole «neutre», ou du moins fidèle à ce que j’appelle le «neutre», c’est-à-dire le sentiment intime d’un état pré-verbal où notre esprit ne s’est pas encore plié à la division du dire et du dit.Pierre Jourde: «Écrire, ce serait donc tenter de trouver ia paroie juste, ia paroie qui ne ment pas, et qui parvient à dire cette fascination siiencieuse devant ie réei.» du sujet et de l’objet.Écrire serait trouver une parole qui n’appartienne à personne, qui ne puisse être revendiquée pour soi.Quelle serait, dans votre œuvre, la juste mesure de ce seuil du «neutre» que vous évoquez?De ce point de vue, le récit Pays perdu, qui raconte l’enterrement d’une enfant dans mon village d’origine, a constitué une étape importante.Il a fallu que j’en passe par le deuil, et la difficile expérience de le vivre (c’est-à-dire, justement, de ne pas pouvoir le vivre), pour que je mesure mieux que là se trouvait l’enjeu de la litté- rature: non pas dire notre expérience, mais la rendre possible, faire en sorte qu’elle advienne réellement.Ecrire, c’est aussi lire, puis franchir l’espace des mots d’autrui, comme des lieux et des personnes.Vers quelle réalité vous portez-vous alors le plus volontiers?Si la littérature se nourrit des livres, ce n’est pas, pour l’essentiel, du moins en ce qui me concerne, par une espèce de souci de référence culturelle, mais parce que les livres nous apprennent à vivre.Ils représentent l’expérience d’une parole enfin juste, fidèle EN BREF Le prix Jean-Éthier-Blais à Daniel Laforest C’est Daniel Laforest qui remporte cette année le prix Jean-Éthier-Blais pour son essai consacré à l’œuvre du poète et cinéaste Pierre Perrault.L’archipel de Caïn.Pierre Perrault et l’écriture du territoire est publié chez XYZ éditeur.Depuis 1997, la Eondation Lionel-Grouk attribue ce prix de la critique littéraire, accompagné désormais d’une bourse de 3000 $.-Le Devoir Dickner chroniqueur Les chroniques que donne à lire Nicolas Dickner dans l’hebdomadaire k&îV viennent d’être réunies dans un livre.Ce sont 52 «chroniques à emporter» que l’éditeur Alto présente sous la couverture du Romancier portatif.La vente de ce livre au jaune éclatant sert aussi à financer la Eondation pour l’alphabétisation.- Le Devoir LITTERATURE DE VOYAGE Ma cabane en Sibérie CHRISTIAN DESMEULES r Ecrivain, journaliste, aventurier habitué à sillonner le monde et la Russie profonde, Sylvain Tesson s’était promis de vivre en ermite au fond des bois avant de fêter ses 40 ans.Pris de l’envie d’aligner ses actes et ses idées, l’auteur du Petit traité sur l’immensité du monde s’est accordé l’année dernière une plongée sibérienne sur le mode de la simplicité volontaire.De février à juillet 2010, dans une cabane accrochée à flancs de taïga, dans une réserve naturelle sur la rive nord du lac Baikal, Sylvain Tesson a ainsi regardé passer le temps et tenu un «journal d’ermitage» qui est devenu, après un peu de nettoyage.Dans les forêts de Sibérie.Dans ses bagages, en plus de quelques outils et de beaucoup de nourriture, «des livres, des cigares, de la vodka», tout ce qu’il fallait pour résister aux morsures du froid et à l’épreuve de la solitude.Se saouler de mots Tandis que dehors le chaos règne, dans cet espace réduit de trois mètres sur trois où un petit poêle en fonte devient «l’axe du monde» autour duquel tout s’organise.Tesson se saoule de mots et de vodka.Son quotidien, durant ces six mois, est presque immuable.Pendre du bois.Pêcher à travers la glace du lac.Lire Les rêveries du promeneur solitaire, quelques pages de Casanova, des stoïciens ou de Vie de Rancé, de Chateaubriand.Surveiller la progression d’un rayon de soleil sur la nappe.Observer le ciel se refléter sur l’immensité du lac.L’immobilité lui a apporté ce que le voyage ne lui procurait plus, raconte cet homme en quête d’une métamorphose qui lui paraît impossible.Si sa misanthropie est légère, elle est pourtant réelle.Et Tesson glisse avec bonheur sur la pente de l’ensauvagement.Coups de gueule contre la société de consommation, réflexions consacrées à quelques anachorètes du IVe siècle, logbook d’alcoolique.Dans les forêts de Sibérie (Gallimard) reste avant tout une longue méditation inspirée par la paysage et le passage des saisons.Entre l’extase contemplative et la douleur amoureuse, l’auteur rend aujourd’hui sa solitude parfaite en partageant son expérience avec nous.Nous autres pour qui une telle robin-sonnade demeure une chose virtuellement impossible.Collaborateur du Devoir DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE Sylvain Tesson Gallimard, Paris, 2011,288 pages Olivieri librairie ^-bistro CAUSERIE Les femmes face la guerre Olivieri Au cœur de la société Mercredi 9 novembre à 19 h Entrée libre! RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Avec le photographe Nick Danziger, auteur du livre Onze femme face à la guerre (éd.du passage) Dix ans après avoir réalisé le portrait de 11 femmes en situations de conflits armés, Nick Danziger a voulu savoir ce qu’elles étaient devenues.Onze destins, onze regards d’Afghanistan, de Sierra Leone, de Colombie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, d’Israël et de Palestine.Animatrice : Danielle Laurin Journaliste et auteure de Promets-moi que tu reviendras vivant.Ces joumaiistes qui vont à ia guerre.PIERRE FALARDEAU « UN TRÈS MAUVAIS AMI » MISE EN LEQURE DES ZAPARTISTES Le jeudi 10 novembre 2011 Théâtre La tulipe, 20 h Billets 15$ + frais Réseau Admission à la fascination de l’enfance.D’où l’importance que j’attache à Proust, par exemple, en tant que toute son œuvre décrit cette difficulté d’accéder au réel, mais aussi à Nerval et à Schwob, à Henry James, c’est-à-dire des écrivains souvent aux marges du fantastique.Car le fantastique est chez eux, comme chez moi, le signe d’une faille dans notre rapport à la réalité, d’une difficulté à l’appréhender qui est aussi une menace pour l’équilibre mental.D’où la peur, et la teneur du texte que j’ai publié aux Allusifs: ce qui nous fascine dans le monde est aussi ce qui peut nous terrifier, notamment parce que découvrir la réalité, c’est aussi découvrir sa mort.La littérature mérite qu’on défende sa spécificité.Quel rôle la critique joue-t-elle, ou plutôt ne joue-t-elle pas assez, selon vous?La littérature est un enjeu essentiel.C’est parce que je le considère comme vital que j’ai du mal à accepter l’espèce de tolérance molle qu’est devenu notre rapport habituel aux objets culturels, comme s’ils n’avaient plus au fond de fonction que décorative ou comme s’ils étaient forcément justes parce qu’ils servaient à exprimer la personnalité de quelqu’un.Or un texte littéraire n’exprime rien ni personne, c’est une machine à nous rendre vrais, si du moins il est assez juste pour y parvenir.J’en ai tiré la conséquence logique qu’il y avait des textes faux, par conséquent nocifs.La critique, éventuellement polémique, est constitutive de mon rapport à la littérature.C’est une lutte.Une lutte pour tenter de défendre l’idée d’une vok «juste», d’une vok qui ne se contente pas de pratiquer l’exhibition du sujet dans sa gloire.On m’a attribué la posture du rebelle littéraire.Posture que je révoque: la rébellion est aujourd’hui une attitude purement publicitaire, qui sert à faire oublier que l’écrivain est généralement parfaitement inséré dans son milieu culturel, et protégé par les pouvoirs publics.Je revendique seulement le droit à la critique, aujourd’hui de plus en plus compromis par le règne de la promotion généralisée.Collaboratrice du Devoir Les prix littéraires des enseignants AQPF-ANEL DES LIVRES CHOISIS PAR LES PROFS ET QUI PLAIRONT A TOUTE LA CLASSE ! www.aqpf.qc.ca www.anel.qc.ca Partenaires de l'événement rüHAROmSi Marquis Imprimeur Inc.Cascades ie menteur et la rouspéteuse CATEGORIE ROMAN 9 À12 ANS Soulières éditeur LE MENTEUR ET LA ROUSPÉTEUSE François Barcelo Illustrations d’Anne Villeneuve CATEGORIE ROMAN 13 ANS ET PLUS Éditions Michel Quintin CHRONIQUES D’UNE SORCIÈRE tome 1 ISABELLE Angèle Delaunois l.FS Kf.\niV.-\
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