Le devoir, 5 novembre 2011, Cahier H
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 CAHIER H MAGAZINES EDUCATIFS ?A > >• La science pensée pour les jeunes Page 3 De la garderie à la colonie, bienvenue au club Page 4 LE DEVOIR Les Petits Débrouillards essaiment sur toute la planète Page 5 ) « C’est un mouvement et non pas qu’un magazine » Il y a 32 ans, le Prof Scientifix signait son premier Petit Débrouillard SOURCE LES DEBROUILLARDS Les enfants qui participent aux rencontres du Club des Débrouillards ont la possibilité d’apprendre de nombreux principes scientifiques tout en s’amusant.te Le magazine Les Débrouillards Le magazine Les Débrouillards est toujours aussi apprécié des jeunes Québécois.JOANNIE ROCHETTE UNE ENFANCE D ATHLETE' ni L’étonnante aventure des Débrouillards — le magazine jeunesse québécois qui a la plus grande longévité — a commencé sans même que son créateur en mesure l’ampleur.Elle débute en effet en septembre 1979 par la publication d’une simple chronique dans le bulletin d*information Hebdo-Science, produit par l’Agence Science-Presse.Et en mars 1981 paraît Le Petit Débrouillard, le premier d’une longue série qui dure et perdure.CLAUDE LAFLEUR Les Débrouillards, c’est un mouvement, et non pas qu’un magazine», fait remarquer Félix Maltais, fondateur et encore et toujours éditeur, 32 ans plus tard, du magazine.Ce mouvement d’éducation scientifique pour les jeunes comporte d’ailleurs cinq volets: magazines, livres, activités d’animation, sites Web et regroupement international — de même qu’un sixième volet, la télé, qui est pour l’instant «en panne sèche».C’est même, souligne fièrement M.Maltais, le premier exemple de convergence dans les médias québécois.Le Club des Débrouillards en action |iii|ijiiii||iii e ma^ Débrouillards Le magazine hors-série Sport Heureux enchaînement A l’époque, Félix Maltais dirigeait l’Agence Science-Presse, un petit organe d’information qui a pour mandat d’alimenter les heb-dos régionaux en textes de vulgarisation scientifique.«Dès la première année, rapporte-t-il, certains éditeurs de journaux m’ont dit qu’ils aimeraient bien publier une chronique scientifique pour jeunes.Au même moment, Claude Foran, qui travaillait à l’Ontario Science Centre, me fait découvrir la chronique de petites expériences qu’il publie dans le Toronto Star.Il me remet même ces textes en me disant que je n’avais qu’à les faire traduire.» Cette chronique étant conçue par une communicatrice qui désirait demeurer anonyme, M.Maltais a donc eu l’idée de la signer Prof Scientifix et de l’intituler Le Petit Débrouillard, créant du coup deux appellations qui marqueront l’imaginaire des jeunes.«A l’époque, le mot “débrouillard” était peu utilisé dans la langue courante, fait-il remarquer.L’appellation “petit débrouillard” a tout de suite été un succès! D’ailleurs, dès les premiers mois, nombre de journaux auxquels on envoyait des articles de l’Agence se mettent à la publier.à tel point que c’est devenu l’élément le plus populaire de ce qu’on produisait.» Au bout d’un an, disposant d’une cinquantaine de petites expériences, M.Maltais approche son ami Jean-Marc Gagnon, éditeur des Presses de l’Université du Québec, pour lui proposer de publier un premier recueil pour jeunes.«Jean-Marc était plutôt réticent», se rappelle M.Maltais.Néanmoins, en mars 1981, il publie Le Petit Débrouillard, prenant même le risque d’en imprimer 5000 exemplaires.Or l’ouvrage se vend au rythme d’un millier par mois, si bien que 60 000 exemplaires seront finalement vendus.«Ce succès, qui nous a beaucoup étonnés, nous fait prendre conscience qu’il y avait vraiment un besoin pour ce qu’on offrait», conclut avec satisfaction M.Maltais.Convergence «J’ai alors pensé: pourquoi ne pas se doter d’un volet d’animation?, poursuit le fondateur du Félix Maltais « Ces hors-séries amènent les jeunes qui aiment le sport à lire et les jeunes qui aiment lire à faire du sport!» mouvement.Je suis donc allé voir le Conseil de développement du loisir scientifique pour lui proposer de s’associer: ils développeraient le volet d’animation sur le terrain, alors que nous, à l’Agence, nous élaborerions le volet des médias, avec une collection de livres, un magazine et, pourquoi pas éventuellement, une série télé.» C’est ainsi que Claude Benoît, du Conseil, prend en charge l’animation (elle se consacrera plus tard à la muséologie scientifique, avant de devenir la P.-D.G.du Vieux-Port de Montréal).«C’est elle qui a établi les bases du concept d’animation, précise M.Maltais.D’ailleurs, le mouvement s’est développé avec des gens comme Sarah Perreault et Jacques Goldstyn — toujours avec nous — ainsi que Martin Paquet, qui a été durant sept ans le rédacteur en chef des Débrouillards, etc.» Le mouvement s’étend même à l’international lorsque l’équipe de Mme Benoît exporte l’îdée en France.«Les Français ont trouvé qu’on avait un beau concept, rapporte M.Maltaîs, et comme ils sont exportateurs d’idées, ils le diffusent dans les pays francophones de l’Europe et de l’Afrique du Nord, ainsi qu’en Russie, au Brésil et au Mexique.» Il souligne que, dans les textes de présentation, îl est toujours mentionné que l’Idée est originaire du Québec.La Fédération Internationale des petits débrouillards, avec dix pays participants, volt ainsi le jour en 1987.Dans les années 1990, après être passé par la télé communautaire.Les Débrouillards «débarque» à Radio-Canada.«Cela nous a bien sûr donné un gros coup de main, puisque Grégory Charles et Marie-Soleil Tougas ont présenté durant cinq ans une superbonne émission, de résumer M.Maltais.Tout cela nous a énormément aidés à développer le mouvement.» «C’est sûr que si on n’avait été qu’un magazine sans les autres volets.Toute cette synergie, cette convergence nous a sauvés, dlt-11.Les Débrouillards a en fait été le premier à faire de la convergence — bien avant Pierre Péladeau — et, comme dans toute bonne convergence, chacun des volets renforce les autres.» Encourager la lecture chez les jeunes Aujourd’hui, Les Débrouillards a publié une cinquantaine de livres pour jeunes — dont prochainement le 4® album des Grands Débrouillards, une bande dessinée qui présente divers Inventeurs, et le 3® tome de Van l’Inventeur — en plus de deux magazines {Les Débrouillards et Les Explorateurs, ce dernier s’adressant aux «pré-débroulllards»).Il publie en outre cinq hors-séries Sport Débrouillards et DébrouillArts.«On a reçu des commentaires de profs qui trouvent formidables les hors-séries sport (“Pour une fois que j’ai quelque chose pour faire lire les trois tannants du fond de la classe!”), Illustre Félix Maltais.Ces hors-séries amènent les jeunes qui aiment le sport à lire et les jeunes qui aiment lire à faire du sport! On fait donc d’une pierre deux coups et c’est magnifique.Et un magazine qui fait la promotion des arts auprès des jeunes, il me semble que c’est génial.» En juin 2008, l’UQAM décernait un doctorat honorifique au fondateur des Débrouillards.«Après trente ans, on a l’impression de faire œuvre utile, puisque cet apport à l’éducation des enfants profite à toute la société, laisse filer modestement Félix Maltais.C’est donc un sentiment de fierté qui nous anime, nous, l’équipe des Débrouillards.» Collaborateur du Devoir H 2 LE DEVOIR,, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 LES DEBROUILLARDS ït SOURCE BAYARD Jacqueline Kergueno a été responsable internationale du développement jeunesse pour Bayard Presse.Pour les 1 à 7 ans De Pomme d’Api à Popi, et vice-versa Le magazine Pomme d^Api est passé par bien des petites mains.Depuis son premier numéro paru en France, en 1966, la publication parle aux lecteurs hauts comme trois pommes: les 3 à 7 ans.Le Pomme dApi québécois, fruit d’outre-Atlantique, fête cette année son vingtième anniversaire, pendant que Popi, nouvelle graine québécoise pour les 1 à 3 ans, s’enracine.CATHERINE LALONDE TD omme d’Api a été créé en ''-T France au moment où les mères ont commencé à travailler, où les deux parents se retrouvaient, le soir et les fins de semaine, à s'occuper des enfants et à rechercher un moment d'attention particulière, se rappelle Jacqueline Kergueno lors d’une entrevue téléphonique accordée depuis l’Hexagone.Le magazine est né car les parents avaient besoin d'un partage avec les enfants et d'un soutien pour ce partage, un soutien qui cillait les aider à trouver la juste image et la juste phrase pour leur tout-petit.» Avec ses personnages récurrents, ses microdocumentaires {Commentpoussent les cheveux?), ses mini-bandes dessinées, ses jeux, ses bricolages, ses activités manuelles.Pomme d'Api devient cet intermédiaire entre parents et rejetons.La revue s’inspire de la philosophie d’éducation de Maria Montessori, cherchant à faire découvrir le monde avec les sens, explique encore Jacqueline Kergueno.Alors responsable internationale du développement jeunesse pour Bayard Presse, c’est elle qui a pensé, il y a deux décennies, l’adaptation québécoise du magazine.Situations autres et «différences de vocabulaire.Quand on parle de l'école, les enfants français vont manger à la cantine, alors qu'au Québec ils apportent leur boîte à lunch, par exemple.Plusieurs situations ne sont pas les mêmes, et les enfants doivent s'y reconnaître.Le Québec a commencé très vite ses propres créations, qui sont revenues dans le magazine français.» Des idées, des auteurs et des illustrateurs jeunesse d’ici passent ainsi désormais dans les pages françaises.«On a échangé nos cultures à travers nos Pomme d’Api, précise Jacqueline Kergueno.Désormais à la retraite, cette passionnée n’a pu s’arrêter.«Je imprimeurs continue cette ligne d'édition, ce savoir-faire jeunesse de Bayard, mais dans les pays en développement.Là, je travaille sur le Cambodge, et en Afrique dans 25 pays.» Les enfants sont-ils les mêmes aux quatre coins du globe?«Le basique reste, partout dans le monde: un enfant, vers trois ans, commence à prendre conscience de l'espace au-delà de la maison, du temps au-delà de la journée, des changements de la nature autour de lui.Ce qui va changer, c'est la culture.On ne va pas apprendre les choses avec les mêmes supports.On ne va pas parler des mêmes plantes ni des mêmes animaux, mais les étapes fondamentales pour grandir sont les mêmes.» Le Popi d’ici Dès décembre, les pré-Pom-me d'Api pourront recevoir, chaque mois, leur propre magazine.Popi arrive, lui aussi de la France, pour les 1 à 3 ans et rejoint les rangs de la quarantaine de magazines jeunesse que Bayard gère au Canada.Paule Brière, rédactrice en chef de J'aime Lire et Pomme d'Api Québec, dirige aussi cette aventure.«Quand on a commencé il y a vingt ans, ce n'était pas évident d'expliquer aux parents que des enfants qui ne savent pas lire pouvaient bénéficier d'un magazine.A cette époque, on commençait à lire à un enfant seulement quand il entrait à l'école.On a fait du chemin depuis et on a compris l'importance de parler aux tout-petits et de leur lire aussi.» Le format Popi sera réduit à la portée des petits doigts, les coins seront ronds, les pages, cartonnées, le tout, plus solide.«On sait bien que certains vont déchirer le magazine, mais voilà, ce n'est pas un livre! On a le droit d'y dessiner, de découper, de manipuler.Comme pour la rubrique Lili Souris, où on doit découper Lili pour la faire passer dans les trous des pages.» Peu de mots Popi sera un magazine de peu de mots, et c’est le défi de la rédactrice-adaptatrice, qui proposera pour certaines rubriques deux niveaux de lecture: un de quelques phrases.pour les enfants contemplatifs, et un de quelques mots, pour les grouillants qui ne sont pas sûrs d’avoir compris ce qu’est un magazine et qui ont besoin de passer plus vite à travers.«On joue à la fois sur la répétition et la surprise.Les enfants vont retrouver de mois en mois les mêmes personnages — Popi, Petit Ours Brun, Lili Souris — et cet effet de série, ces personnages auxquels on s'attache, mais avec assez de surprises pour les parents», qui n’auront pas ainsi à re-re-relire toujours le même livre favori.«C'est très accessible, très varié, c'est rare que dans un livre Cest We, çc brVN® tUMIERE on va avoir autant d'éveils possibles, à travers de la fiction, de petites bandes dessinées, des jeux et des possibilités de manipuler.Et recevoir un magazine à son nom chaque mois, c'est vraiment une fête pour un enfant.» Les deux premiers Popi étaient sous presse au moment de l’entrevue et sortiront en janvier.En kiosque, le magazine se vendra 6,95 $.Les abonnés le recevront douze mois sur douze, et les parents, au début, auront un guide «pour savoir comment utiliser le magazine jeunesse, comment aller plus loin.Chaque mois, ils trouveront des pages pour eux dans le site Internet lié à Pomme d’Api, précise Mme Brière.Ce qui est fascinant quand on lit avec les tout-petits, c'est qu'on crée une bulle magique.On les prend sur nos genoux et plus rien n'existe autour que l'histoire qu'on est en train de lire.» Le Devoir Pour les 7 à 10 ans Le J’aime lire d’ici fêtera bientôt ses 25 ans Le «drôle de petit magazine» parle français et.québécois! Fondé en France en 1977, le magazine Faime lire s’est doté dix ans plus tard de sa version québécoise.Depuis sa création, J’aime lire Québec poursuit le même objectif: donner envie de lire aux enfants qui débutent en matière de lecture.ASSIA KETTANI Avec ses dix numéros par an vendus essentiellement par abonnement, la formule du magazine J'aime lire a prouvé son succès: 76 pages qui comprennent un petit roman, des pages de bédés, de jeux, d’activités ou encore de documentaires.S’il y a un nouveau roman dans chaque numéro, les personnages de bédé, eux, reviennent d’une fois à l’autre: on retrouve régulièrement Ariol, petit âne enfant qui fait des bêtises, Anatole Latuile, Toto et une création locale, Simone et ses monstres, signée Rémy Simard.«L'intérêt du magazine est sa continuité, puisqu'il garde toujours la même structure, le même esprit, avec un élément de surprise dans le roman», avance Paule Brière, rédactrice en chef de J'aime lire.Pomme d'Api et Popi, dans leurs versions québécoises.Ludique Comme son nom l’indique, tout est mis en œuvre pour placer la lecture sous le signe du plaisir.Le petit magazine met ainsi l’accent sur un apprentissage aussi ludique qu’agréable, divertissement et détente à l’appui, avec un caractère non obligatoire qui séduit les enfants.«Le magazine est conçu pour les aider à la compréhension du texte.C'est facile à lire, il y a des illustrations dans chaque page, des résumés dans chaque chapitre, des phrases courtes et des mots accessibles.Les textes sont très vivants et les enfants s'y retrouvent facilement», explique Suzanne Spino, coéditrice du pendant québécois de J'aime lire.Pour cela, la tranche d’âge ciblée est bien précise: de sept à dix ans, c’est-à-dire les premiers pas de l’enfance dans la lecture autonome.«Les enfants qui lisent J’aime lire sont en 2^ année du primaire et en sont aux premiers rudiments de l'apprentissage de la lecture, nous dit Suzanne Spino.J’aime lire les aide à entrer dans la lecture et leur permet d'apprendre petit à petit à lire tout un roman.» Dès sa création, en 1987, J'aime lire Québec a trouvé son public.Il a atteint les 20 000 abonnés après cinq ans de publication.La clé du succès, selon Suzanne Spino, tient en partie à la formule du magazine de lecture: «Le concept de l'abonnement au magazine éducatif était nouveau.Lire un magazine est plus facile que lire un livre: au moment de l'apprentissage, un livre peut rebuter car il a trop de pages.» Toute la francophonie Dans la version québécoise de J'aime lire, neuf numéros sur dix sont issus de la version française du magazine, avec des romans écrits par des auteurs issus de toute la francophonie et parfois même traduits d’autres langues.On choisit, parmi les J'aime lire français, les romans qui ont le plus de résonance pour les jeunes lecteurs québécois d’aujourd’hui.Côté thématique, le magazine mise sur la diversité: roman historique, humour, espionnage, science-fiction, fantaisie, conte de fées, roman policier.Tous les goûts, les sexes et les niveaux sont à l’honneur, puisque les romans proposés sont de complexité variable, pour cibler les lecteurs débutants comme ceux qui ont déjà une ou deux années d’entraînement à la lecture derrière eux.Ce qui plaît le plus?«L'humour!, s’exclame Paule Brière, même si ce n'est pas toujours facile de trouver de bons textes humoristiques.» Mais, chose importante: tous les textes sont retravaillés, remaniés et adaptés aux intérêts et aux spécificités linguistiques des enfants québécois, avec les «mots d'ici».«C'est important pour les enfants de retrouver les mots qu'ils connaissent, dit Suzanne Spino.La signification des mots n'est pas toujours la même: en France, un “cartable" désigne un sac d'école, par exemple.» Une autre spécificité de la version québécoise par rapport à la version française réside dans le nombre de pages documentaires plus élevé, avec un côté «magazine» plus marqué.Tout Québec Un numéro sur dix est en revanche 100 % québécois et accueille un roman écrit et illustré par un auteur et un illustrateur d’ici.Les thèmes abordés peuvent varier sensiblement d’un pays à l’autre.Certains thèmes, en effet, ne j Paule Brière sont jamais abordés en France, puisqu’ils ne correspondent pas à des réalités que connaissent les petits Français, comme l’Halloween ou les tempêtes de neige, sans pour autant «tomber dans le bête folklorisme», souligne Paule Brière.«Mais ça peut aussi être des sujets universels, traités différemment.Par exemple, un roman publié dans le J’aime lire québécois se déroulait pendant un Noël où il faisait chaud, et le père Noël décidait de se raser la barbe.Ici, quand il n'y a pas de neige à Noël, c'est presque une catastrophe naturelle! Mais cette histoire ne correspondait pas au public du J’aime lire français, et pour cause: en France et en Espagne, il n'y a généralement pas de neige à Noël, et l'histoire ne voulait donc rien dire», poursuit la rédactrice en chef.Aujourd’hui, le «drôle de petit magazine qui donne le goût de lire», comme il se présente, fait face à de nouveaux défis pour continper de garder sa clientèle.A l’heure oû la concurrence est rude, à grand renfort de jeux d’ordinateur, le petit magazine éducatif garde ses moyens de séduction.A l’avenir, pourquoi ne pas explorer différentes formules, en mettant davantage l’accent sur les pages de bricolage, de recettes et de documentaires?, se questionne Paule Brière.Mais, quelle que soit la formule choisie, l’objectif restera le même: «Aider les enfants à développer le plaisir de lire, de toutes les manières possibles».Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 H 3 LES DEBROUILLARDS Magazine La science pensée pour les neuf à quatorze ans « Il a été difficile d’implanter la notion de magazine scientifique » Il y a trente ans, on était loin de s’imaginer que les télécopieurs et les CD, alors à leurs premiers balbutiements, deviendraient aujourd’hui des technologies complètement dépassées et que les jeunes ne pourraient survivre sans se faire greffer un téléphone portable.C’est dans ce monde low tech qu’ont paru en 1982 les premiers Débrouillards.majeur comme peut Vêtre le livre», rappelle M.Maltais.Mais revenons un peu en arrière et regardons l’évolution d’hier à aujourd’hui: «Il y avait beaucoup, beaucoup de textes, plus longs, et dans un style plus scolaire.A l’époque on vouvoyait les lecteurs, maintenant on s’adresse à eux dans le tutoiement pour qu’ils sentent qu’ils font partie de la communauté»explique Mme Vaillancourt.Si le texte a beaucoup changé, aujourd’hui, on est aussi plus centré sur l’image: «On a maintenant accès à des banques de photos qui sont plutôt abordables, ce qui n’était pas le cas à l’époque, et chacune coûtait alors très cher», explique Félix Maltais.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Félix Maltais, éditeur et fondateur du magazine Les Débrouillards, se souvient des samedis matins, armé de son bâton de colle et d’une agrafeuse, en train de mettre la touche finale aux polycopies deux couleurs des premières éditions des Débrouillards.Au départ, l’intention était de créer un mouvement éducatif scientifique s’accompagnant d’un magazine de vulgarisation destiné aux enfants de neuf à quatorze ans.«A cet âge, les jeunes ressentent le besoin d’avoir plus de choses à se mettre sous la dent.C’est vers la 3^ année du primaire qu’ils commencent à s’ouvrir davantage sur le monde, à être intéressés par la technologie, la psychologie, et qu’ils ont le goût de s’exprimer», rappelle Isabelle Vaillancourt, rédactrice en chef des Débrouillards.«Au début, le plus difficile a été d’implanter la notion même de magazine éducatif dans la mentalité des parents, des décideurs (lire ici de ceux qui donnent des subventions) et de ceux qui font partie du milieu de la culture ou de la promotion du livre et de la culture», se souvient Félix Maltais.Aujourd’hui, le combat est encore loin d’être gagné, mais, de plus en plus, le magazine est accepté et est considéré comme un outil éducatif important.«Pourtant, il y a encore beaucoup de gens, d’institutions, d’organisations et de ministères pour qui ce n’est pas important, ce n’est pas Stimuler l’intérêt La rédaction est aussi très soucieuse de donner aux jeunes plusieurs portes d’entrée aux diffé rents textes du magazine, comme l’explique Isabelle Vaillancourt: «C’est rare que les jeunes commencent par lire le titre et l’amorce, on ne peut pas penser que le jeune va tout lire du début à la fin.Ce qu’on nomme les multiples portes d’entrée, c’est la possibilité qu’a le jeune d’entrer dans un article par un jeu-questionnaire qu’on met à la fin, par un test, par un bas de vignette, par une légende de photo ou encore par une phrase qui va courir au bas de la page.Avec la télévision et le jeu vidéo, les enfants sont plus habitués de zapper, c’est ce qui fait que, dans une page, on va attirer leur attention sur beaucoup de choses, on découpe l’information.» SOURCE LES DEBROUILLARDS L’équipe rédactionnelle des Débrouillards, avec à l’avant-plan la mascotte Beppo, l’éditeur Félix Maltais, la rédactrice en chef adjointe et la rédactrice en chef du magazine, Laurène Smagghe et Isabelle Vaillancourt SOURCE LES DEBROUILLARDS La rédactrice en chef, Isabelle Vaillancourt L’équipe de la rédaction des Débrouillards est composée de communicateurs scientifiques.Grâce à eux, le style n’est ni didactique ni encyclopédique.«On propose des articles qui concernent les jeunes et qui les touchent.C’est vraiment la recette; même si le sujet n’est pas scientifique, il y a toujours un aspect qui va toucher la vie du jeune ou répondre aux questions qu’il se pose.Par exemple, si on écrit sur les volcans, on va essayer de les aborder sous la forme d’un reportage, le jeune va rencontrer des spécialistes scientifiques qui sont allés récemment sur un volcan, on va parler de l’actualité volcanique, tout ça pour offrir au jeune une information qu’il ne retrouvera pas ailleurs.» Les enfants adorent expérimenter et s’attachent beaucoup au concret.Dans ses reportages, le magazine fait en sorte que, à la lecture, le jeune éprouve des sensations comme s’il était lui-même l’acteur de l’expérience qu’on lui décrit.Un sur dix est abonné ! Au Québec, il y a présentement un enfant sur dix qui est abonné aux Débrouillards.On parle de 26 000 exemplaires, qui sont lues par quatre à cinq personnes, y compris les parents! Depuis sa création, le magazine a toujours misé sur la joie de l’enfant à recevoir chez lui Les Débrouillards, à SON nom, dans SA V.boîte aux lettres.C’est le parent qui enclenche le mouvement en abonnant son enfant, et c’est vrai que les parents aussi adorent Les Débrouillards.Ils savent très bien que l’information des Débrouillards est vérifiée, contrairement à ce qu’on peut trouver dans Internet.Pourtant, au fil des ans, un phénomène nouveau est apparu: l’utilisation en classe des Débrouillards comme outil d’apprentissage.Pour faciliter la dé marche, depuis quelques années déjà, le magazine propose aux professeurs des fiches pédagogiques adaptées aux sujets traités.On voit même apparaître des classes entières où les élèves sont abonnés.Sur le Web, on trouve aussi Les Débrouillards, avec un site qui procure aux jeunes des com- pléments d’information sur les sujets traités dans le magazine, et c’est aussi un lieu d’échange: «On essaie de renforcer le sentiment de communauté.Les jeunes peuvent aller sur notre blogue pour donner leur opinion.Le webmestre est en fait un journaliste masqué écrivant sous les traits d’un personnage de la bédé.Par exemple, on peut aborder le sujet de la surconsommation en partant d’un personnage qui n’arrive pas à économiser son allocation.Les jeunes répondent et partagent leur opinion, ce qui est très important pour eux», explique Isabelle Vaillancourt.Le magazine procé de aussi à des sondages en ligne afin de mieux connaître l’avis de ses lecteurs.Internet permet cette interactivité instantanée.Garçons et.filles Pour aider les garçons à l’école, le magazine Zis Débrouillards devient un magnifique outil pour les faire lire.Voici l’explication de Mme Vaillancourt: «La façon dont l’information est présentée dans le magazine vient vraiment chercher les garçons: le documentaire séparé en petits blocs va les attirer.Ils obtiennent rapidement l’information qu’ils veulent, ils peuvent ensuite en parler et ils sont fiers de montrer qu’ils ont appris quelque chose.» Mais Les Débrouillards est-il un magazine pour les garçons?«Malheureusement, la science fait encore parfois peur aux filles.Dans notre mise en pages, on essaie toujours d’équilibrer et d’alterner les interventions de filles et de garçons.On vise tous les jeunes.» De son côté, Félix Maltais tente aussi une explication: «On a toujours eu 60 % de lecteurs garçons pour 40 % de filles, et ce, malgré le fait que les sciences soient de plus en plus unisexes.Rendus à douze, treize et quatorze ans, les garçons nous restent fidèles, mais nos lectrices du même âge nous quittent, parce qu’on leur offre beaucoup plus de magazines.On a une plus grande compétition sur le marché des filles que sur celui des garçons.» ùs Débrouillards a encore de belles années devant lui et, pour l’instant, ne se sent pas trop menacé par les nouvelles technologies.Laissons à Isabelle Vaillancourt le mot de la fin: «Ce que je souhaite pour le futur, c’est de continuer â bien faire ce que l’on fait déjà: démocratiser la science.Je souhaite que l’on continue d’outiller les jeunes pour que, une fois adultes, ils puissent lire des articles d’actualité scientifique (sur l’environnement, les nouvelles énergies, les recherches médicales controversées, etc.) en ne pensant pas que “c’est trop compliqué”.C’est en partie ainsi qu’on les prépare â devenir des adultes qui ont une opinion fondée sur des faits.» Collaboratrice du Devoir iii f: .m lesdebrouillards.com Section Activités du Club EN CLASSE, LA FIN DE SEMAINE OU AU CAMP DE JOUR, les jeunes de 4 à 12 ans sont invités à expérimenter, toucher et vivre la science ! OPTEZ POUR CES OCCASIONS LUDIQUES D'INITIER VOS ENFANTS À LA SCIENCE Les Débrouillards en fête Surprenez-les avec un anniversaire scientifique des plus éclatés ! Les camps de jour Pour la relâche scolaire ou l’été ! ^ La Journée nationale des Débrouillards Partout au Québec, le samedi 3 décembre, les Débrouillards fêtent et expérimentent tout en relevant un défi chimique concocté par Yannick Bergeron ! LE CLUB DES DEBROUILLARDS, C’EST AUSSI : des animations scientifiques en classe Des outils pédagogiques sont offerts gratuitement en réservant l'une de nos nouvelles animations.Réseau •— CDLS-CLS ENSEMBLE POUR LA RELÈVE SCIENTIFIQUE Développement économique.Innovation et Exportation Québec H H H 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 LES DEBROUILLARDS Pour les 9 à 14 ans Après la science, les arts et le sport « Les jeunes aiment bouger, on leur donne des idées pour le faire » Les Débrouillards, c’est une équipe d’une dizaine de personnes qui fabriquent 27 magazines par année.Parmi eux se trouvent Lau-rène Smagghe et Brunot Lamolet, les responsables des petits derniers de la famille: Les DébrouillArts et Les Sports débrouillards.De tout pour tous.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Comment parler des arts et des sports aux enfants de 9 à 14 ans?Comment les faire bouger, comment les faire créer?C’est simple: il faut fabriquer des magazines à la sauce des Débrouillards et le résultat nous donne Les DébrouillArts et Les Sports débrouillards.Les abonnés des Débrouillards connaissent bien ces deux nouveaux magazines puisque, pour la plupart, ils les reçoivent en même temps que leur magazine.Au départ, on les appelait des numéros hors série, mais comme ils sont présents régulièrement à raison de deux et trois numéros par année, ils vont acquérir bientôt une personnalité à part entière, avec leur site Internet prévu dès 2012.«On avait envie d'élargir les interventions, de ne pas aborder que la science mais aussi les sports et les arts, car ces deux domaines offrent tellement de sujets variés.On ne pouvait évidemment pas le faire dans un magazine de sciences», explique Laurène Smagghe, rédactrice en chef des DébrouillArts et rédactrice en chef adjointe du magazine Les Débrouillards.Même son de cloche du côté de Brunot Lamolet, journaliste scientifique et rédacteur en chef des Sports débrouillards: «Ca reste un produit qui est tout seul dans son genre au Québec.On parle de sport à notre manière.Les jeunes aiment bouger, nous, on leur donne des idées pour le faire.» Aborder les arts dans un magazine qui s’adresse aux jeunes, c’est le faire à l’aide de sujets variés.«Par exemple, en arts visuels, on essaie de faire découvrir des artistes, pas en se limitant simplement au Québec et au Canada, mais en provenance de partout dans le monde, et tant les contemporains que les maîtres anciens: ce qui se fait maintenant au Québec et dans le monde, mais aussi ce qui se faisait auparavant et ce que font les peintres très connus.On ne veut surtout pas que ce soit encyclopédique: en fait, le but des DébrouillArts est de ne pas faire ça trop scolaire», explique Laurène Smagghe.«On essaie d'aborder les sports sous des angles différents.Quand on parle de Joannie Rochette, on parle de l'époque où elle avait l'âge de nos lecteurs et on va faire une entrevue avec son ancienne entraîneuse, qui nous dit comment Joannie était à 12 ans.On parle d'athlètes qui ne sont pas encore connus, qui le seront peut-être un jour ou qui ne le seront peut-être pas non plus.Le but, c'est de mettre un visage sur le sport, et, que ces gens soient des vedettes ou pas, ils ont tous un côté inspirant», renchérit Brunot Lamolet.Tous arts, tous sports C’est le plus grand défi, dans un magazine ou dans un autre: comment trouver l’angle.«On a fait un dossier sur l'art vert.On s'est dit: “On va parler de l'art écolo, mais on ne va pas simplement faire une liste de tout ce qui existe".On a divisé le dossier en trois parties, le land art, les artistes qui recyclent et les graf fitis écologiques.Dans ces trois sous-parties, on proposait énormément d'images et des textes courts.En fait, on procède comme dans Les Débrouillard^- on essaie de trouver l'angle intéressant, de mettre de l'humour, des phrases courtes, on vulgarise l'information et surtout on essaie d'axer sur le visuel.Pour un magazine sur les arts, c'est ça le plus important!» Mais, quand vient le temps de faire un article sur la musique, ça se complique un peu: «C'est toujours un peu frustrant de parler de musique dans un JOANNIE ROCHETTE; UNE ENFANCE D'ATHLÈTEl âMiiîSr magazine.On ne peut pas appuyer sur un bouton pour écouter! On a parlé de la musique électronique, on a fait une entrevue avec deux jeunes musiciens québécois, on a publié des photos de leur concert et de leurs instruments.» Et c’est vrai aussi du côté du sport «On veut faire connaître de nouveaux sports et quelques fois on veut regarder le sport sous un angle un peu différent.Ey a aussi tout l'aspect identitaire d'un sport, et c'est pour ça qu'on aime aller chercher des athlètes qui sont jeunes.On veut faire connaître la culture sportive, mais aussi y inclure des notions de science et d'éducation», dit Brunot Lamolet Le web à la rescousse Dans le monde de l’édition magazine, il est de plus en plus difficile de passer à côté du web.Chez Les Débrouillards, on l’a bien compris: le site principal des Débrouillards regorge de compléments d’informations, de liens, de blogues et d’autres expériences interactives.Dès 2012, ce sera au tour des DébrouillArts et des Sports débrouillards d’avoir eux aussi leur propre site Internet.Ils sont aujourd’hui hébergés par le site principal, mais, à l’pvenir, il sera beaucoup plus facile de les retrouver.Evidemment, quand on aborde la musique, on aime bien un lien pour écouter, et, quand on parle de sport, les capsules vidéo deviennent indispensables.Internet sert aussi à renforcer les liens avec la collectivité.Dans Les Sports Débrouillards, la page Parlons-en est sous forme de courrier, où on y retrouve des questions du genre: «Toute ma famille aime faire du vélo, mais pas moi.Que dois-je faire?» «Je suis un très mauvais joueur, comment me faire accepter par mon équipe de hockey?» «Ce sont des jeunes qui répondent à d'autres jeunes avec de vraies réponses, nous ne corrigeons que le français.La question est d'abord posée dans le site Internet, les jeunes répondent et, quelques fois, ils envoient leur photo, qu'on rajoute.C'est une façon de s'approprier leur espace.En général, on ne leur demande pas si souvent que ça leur avis, leur opinion; on leur donne l'occasion de le faire», explique Brunot Lamolet Dans tous les cas, tout est mis en œuvre pour que les enfants curieux, peu importe leurs penchants et leurs intérêts, puissent enfin sentir qu’ils ont entre les mains un magazine qui est bien à eux et qui leur ressemble.Collaboratrice du Devoir De la garderie à la colonie de vacances Bienvenue au club ! «À bien y penser, on fait des sports depuis qu’on est tout petits.On fait aussi des arts depuis qu’on est tout petits.On peut tout aussi bien faire de la science, même lorsqu’on est tout petit!» Voilà l’idée qui anime depuis trente ans le Club des Débrouillards, telle que résumée par Isabelle Juti-as, coordonnatii-ce nationale du Club des Débrouillards et du Défi apprenti génie, au Conseil de développement du loisir scientifique.CLAUDE LAELEUR Le nom du Club peut porter à confusion, fait remarquer Isabelle Jutras, puisqu'il donne l'impression qu'il faut être membre d'un club pour participer à nos activités.Le Club, c'est la branche animation du mouvement des Débrouillards.» Ce club regroupe en fait des animateurs professionnels qui, d’un bout à l’autre du Québec, vont dans les écoles primaires, dans les familles à l’occasion de fêtes d’enfants, en colonie de vacances et durant la semaine de relâche scolaire, ainsi que dans les garderies ou les écoles à l’heure du dîner.«Lorsqu'on demande aux enfants du primaire quelle est leur matière favorite, il n'est pas rare qu'ils répondent que c'est la science, rapporte Mme Jutras.Et les professeurs nous disent que leurs élèves adorent faire de la science en classe.Voilà justement ce que nous faisons, mais toujours sous l'angle du jeu.» Attention à vos narines ! C’est à l’automne 1981 que Eé-lix Maltais et Robert Richards, qui dirigeaient l’Agence Science-Presse, décident de créer le Club des Débrouillards, fis s’associent alors à Claude Benoît et à Michel Bois, du Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS), organisme à la tête d’un réseau de neuf Conseils du loisir scientifique régionaux (CLS).Ce réseau forme donc des animateurs qui amènent les jeunes à s’amuser à faire de petites expériences scientifiques.«On part toujours de ce que vivent les enfants, souligne Isabelle Jutras.Par exemple, l'une de nos expériences porte sur le liquide amniotique.Si on arrive dans une classe où l'enseignante est ou a été enceinte, ce sera notre point de départ.On commence toujours avec ce qui est connu des enfants.» Dans le cas de cette expérience, il s’agit de montrer que le liquide amniotique protège le fœtus contre les chocs extérieurs.L’animateur et les enfants conçoivent donc une solution à base d’huile dans laquelle ils plongent un œuf, raconte Mme Jutras.Il s’agit ensuite de tenter de briser l’œuf en brassant le pot.«On montre ainsi aux enfants, tout en s'amusant, que le liquide sert de coussin.» Tout domaine De la même manière, les animateurs exploitent tout ce qu’il y a dans l’environnement des enfants pour les amener à acquérir diverses notions scientifiques, dont en chimie, par l’entremise de la cuisine moléculaire.Ils réalisent même des expériences de mathématiques en jouant avec le concept des probabilités qui se cachent derrière les jeux de hasard.«Nous touchons à tout—bio, chimie, physique, astronomie, écologie — comme dans le magazine Les Débrouillards», résume la coordonnatrice du programme.Si ces expériences sont toujours liées à la vie courante de l’enfant, l’enseignant voit très bien qu’elles se rattachent également à son programme scolaire.«On va même souvent plus loin [que le programme scoômrA, puisqu'on constate que les enfants ont de grandes capacités lorsqu'on les plonge dans l'action, relate Isabelle Jutras.Ce qui est vraiment important, c'est qu'il faut non seulement que l'enfant manipule quelque chose, mais aussi qu'il réfléchisse.On le fait donc réfléchir en lui posant des questions: qu'est-ce qu'il observe, qu'en pense-t-il?On peut même essayer des variantes de l'expérience, proposées par les enfants.Qu'importe même si ça ne fonctionne pas! On doit s'amuser tout en réfléchissant.» De cette façon, sans même s’en rendre compte, les enfants acquièrent des parcelles de la méthode scientifique, notamment l’observation, la déduction et la réflexion.Les animateurs en profitent également pour les initier à l’utilisation d’appareils scientifiques, comme les balances électroniques et autres instruments de mesure.«On lui montre aussi certaines techniques, ne serait-ce que lorsqu'on veut sentir un produit chimique, on ne place pas son nez directement au-dessus de la substance.au risque de se décaper les narines!» C’est ainsi que, chaque année, près de 42 000 jeunes participent à l’une ou l’autre des activités offertes par le Club des Débrouillards.Les animateurs ont ainsi accès à plus de 700 expériences différentes.«Et nous évoluons toujours, nous dit Mme Jutras.On retravaille sans cesse nos expériences, on les dépoussière et leur redonne un certain lustre.» Fêtes d’enfents Les animateurs organisent même des fêtes d’enfants.«Ça n'a rien à voir avec un cours de science, c'est vraiment une tout autre approche, lance Isabelle Jutras.E s'agit de faire faire aux enfants de petites expériences qui les “allumeront".Les parents sont ravis, puisque les six à huit enfants ont alors accès à un animateur.» Le coût de la visite des Débrouillards en fête variant de 85 $ à 165 $, «ce n'est pas plus élevé que de faire venir un clown!», de souligner Mme Jutras.Le Club offre entre autres nouveautés des camps durant la période de relâche scolaire.«Avec les années, on s'adapte aux besoins de la population, dit-elle, et, étant donné que les parents travaillent durant la semaine de relâche scolaire, nous organisons des camps de jour.C'est l'occasion pour nous d'offrir aux jeunes des activités scientifiques et ainsi de marier sports d'hiver et science!» «De tout temps, les jeunes sont curieux et allumés, observe-t-elle, mais on a l'impression que ceux d'aujourd'hui connaissent davantage de choses et qu'ils saisissent rapidement des notions scientifiques qu'on n'aurait peut-être pas abordées il y a quinze ans.Ce que je vous dis là, c'est intuitif mais ce serait intéressant de le vérifier.» Collaborateur du Devoir SOURCE LES DEBROUILLARDS Chaque année, près de 42 000 jeunes participent à l’une ou l’autre des activités offertes par le Club des Débrouillards.Pour les 6 à 10 ans Et les jeunes apprennent et lisent « On rejoint autant les garçons que les filles » C’est le p’tit frère, il est jeune, il est né en 2001, quelques années après le grand frère Les Débrouillards.Le magazine Les Explorateurs s’adresse aux jeunes de six à dix ans et est bourré de découvertes excitantes.CELEBRE AVEC NOUS LES 10 ANS DU MAGAZINE' MARIE-HÉLÈNE ALARIE Sarah Perreault, la rédactrice en chef des Explorateurs, a pris les commandes de ce magazine en 2003, deux ans après sa fondation.«Publié à raison de quatre numéros par année pendant deux ans, on a ensuite testé le marché, puis à partir de 2003, voyant que le magazine fonctionnait très bien, on a décidé d'en faire un mensuel à raison de dix numéros par année.C'est à ce moment que j'ai pris les commandes du magazine, ce qui coïncidait avec la fin de la série télévisée sur laquelle je travaillais», raconte Sarah Perreault.Ici, au Québec, la niche pour le magazine destiné aux enfants de six à dix ans avait été laissée complètement vide après la fermeture de Hibou et Coulicou.Au tout début de son existence, 60 à 70 % du matériel utilisé pour Les Explorateurs provenait d’un mensuel Canadien-anglais de Toronto qui s’appelait Chicka-DEE.«Graduellement, on a augmenté le pourcentage de contenu original et aujourd'hui on est rendu à plus de 90 % de matériel original», rappelle Mme Perreault.Le mandat des Explorateurs est resté le même depuis le début: il a été créé pour satisfaire la curiosité des enfants de six à dix ans.C’est un groupe d’âge où les enfants sont très curieux, ils ont une curiosité scientifique quasi naturelle, ils observent, ils se questionnent et ils émettent des hypothèses.«On avait le mandat de servir d'outil d'éveil aux sciences, comme l'avait aussi le magazine Les Débrouillards.On s'est rapidement rendu compte qu'on devait ajouter à ça une préoccupation importante qui découlait du fait que notre lectorat était composé de lecteurs débutants, donc on avait un obstacle important qui était celui de la lecture.» Le magazine a dû s’ajuster à cette contrainte et est rapidement devenu un outil d’éveil à la lecture.Pour beaucoup d’enfants, le magazine va constituer le principal outil de lecture.Ce sera La volonté d’établir une relation avec l’enfant est très forte chez l’équipe de rédaction des Explorateurs une première véritable lecture.Si les parents lisent des albums avec leurs enfants, «le magazine, c'est différent; l'enfant a l'impression que ça lui appartient, c'est un courrier qui arrive dans sa boîte aux lettres à son nom et à la maison.Il se l'approprie et va se plonger seul dedans», précise Sarah Perreault.Faire lire Il faut d’abord donner à l’enfant le goût d’ouvrir le maga-zin et, après, lui donner le goût de la lecture en tant que tel.Mme Perreault ajoute: «Il y a un lien très étroit entre la mise en pages et l'écriture, tout est fait simultanément: le texte est pensé et écrit en fonction de la mise en pages et il est retravaillé une fois la mise en pages terminée.Il faut que ce soit attrayant, qu'il y ait un certain confort de lecture, il faut que l'enfant se sente bien, que la typo soit facile à lire, que le vocabulaire utilisé soit accessible, que les phrases soient formulées de façon simple, parce que ce qui rebute le plus souvent l'enfant, c'est la densité du texte.» La volonté d’établir une relation avec l’enfant est très forte chez l’équipe de rédaction des Explorateurs: «Pour nous, c'est un rendez-vous mensuel.Ça veut dire que l'enfant va retrouver des personnages et qu'il reconnaît entre autres ceux de la bande dessinée.C'est important que les chroniques reviennent, qu'il y ait une certaine constance dans nos pages, de mois en mois.On a les mêmes chroniques à peu près aux mêmes endroits, donc l'enfant y trouve des repères», explique Mme Perreault.Filles et garçons Ici, pas de clivage entre les garçons et les filles: «Comme on traite de sujets comme les animaux et les sciences de la nature, on va retenir les filles un peu plus longtemps que les garçons.On rejoint autant les garçons que les filles parce que c'est un groupe d'âge où il y a moins de disparités, et les intérêts sont assez similaires.Les enfants ont le même attrait pour les animaux et pour la bande dessinée, c'est après que les intérêts vont changer.» Dans l’élaboration de son contenu, la rédaction apporte une attention particulière non pas aux sujets abordés, mais plutôt au rendu visuel, c’est-à-dire à rutilisation des couleurs: le rose étant associé aux filles, on n’en voit pas beaucoup dans les pages des Explorateurs.Comme pour le grand frère Les Débrouillards, on s’est rendu compte bien vite de rutilisation qui était faite des Explorateurs en classe: «Les classes s'abonnaient au magazine et il y avait des enseignants qui l'utilisaient comme outil d'apprentissage de la lecture.Le magazine est intégré à l'enseignement du français.Contrairement au livre, le magazine offre un contenu renouvelé chaque mois, donc beaucoup d'avantages.Sans négliger l'utilisation du livre.Les Explorateurs devient un complément très intéressant.» Des fiches pour enseignants Par suite de cette constatation, des fiches pédagogiques à l’intention des enseignants ont été greffées au magazine.Ces fiches sont créées par un enseignant en sciences au primaire, Alain Labonté, un ancien conseiller pédagogique.L’enseignant peut utiliser la fiche, sur laquelle se trouvent des espaces pour les réponses de l’élève.Les contenus sont très variés et adaptés aux programmes scolaires du Québec.A n’en pas douter, les jeunes développent un rapport affectif avec leur magazine, et ce, dès l’âge de six ans.Plus jeunes ils seront mis en contact avec les sciences, plus ils seront en mesure de comprendre le monde qui les entoure.Et, sait-on jamais.Les Explorateurs est peut-être en train de former une nouvelle génération de scientifiques.Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011 H 5 LES DEBROUILLARDS L’homme des images La science, c’est «de la poudre aux yeux» Dessinateur scientifique et créateur des multiples personnages qui animent Les Débrouillards, Jacques Goldstyn n’est pas le bricoleur de machines que vous pourriez imaginer.JEROME DELGADO Enfant, Jacques Goldstyn voulait devenir dessinateur.Pompier?Policier?Nenni.Dessinateur, répondait ce fan de Tintin à l’adulte qui lui posait la question à laquelle tous les garçons et filles sont confrontés.Un jour, une de ces grandes personnes, du haut de sa vok de sage, l’aurait prévenu: «Tu ne mettras pas beaucoup de beurre sur ton pain.» Aujourd’hui, l’homme cinquantenaire accompagne ce vieux souvenir d’un grand rire, moqueur.«Vrai, je ne mets jamais du beurre sur mon pain.Je préfère la margarine et la confiture», dit celui qui pratique le métier de dessinateur depuis trois décennies.Kim, Van, Robert et Beppo Jacques Goldstyn est un peu l’âme des Débrouillards, «le magazine drôlement scientifique des jeunes de 9 à 14 ans».Son âme, et ses visages les plus connus.Kim, la blondinette militante.Van, l’inventeur aux yeux bridés, Robert, habillé de son inusable chandail du CH, et toute la cohorte des personnages qui animent chacun des numéros sont nés du crayon de Goldstyn.Va célèbre Beppo aussi, cette espiègle grenouille qui met ses pattes partout et que son créateur n’hésite pas à qualifier de «petit batracien hyperconsommateur».«Beppo a sa propre vie.Il passe des commentaires, dénonce les bêtises humaines», dit l’illustra- >1 « SOURCE BAYARD Jacques Goldstyn teur, qui s’est amusé, au fil des années, à faire 4e l’amphibie un «bouche-trou».A l’interne, on a même baptisé «beppousser» la dernière étape avant l’envoi à l’imprimerie, qui consister à insérer quelques grenouilles pour agrémenter l’ensemble des pages.Géologue?Jacques Goldstyn est l’âme des Débrouillards depuis ses débuts, mais il s’en est fallu de peu pour qu’il n’en soit pas ainsi.Il y a trente ans, le jeune homme ne dessine plus.L’idée du pain sans beurre a fait son effet: ce calé en sciences opte pour des études à l’Ecole polytechnique.Diplômé en géologie, fasciné par l’histoire physique de la planète, il se trouve un emploi en Alberta, l’Eldorado de la profession.«C’était l’apothéose pour un géologue.On m’offrait un pont d’or, c’était prestigieux», commente-t-il, tout en admettant avoir haï l’expérience.Un ancien compagnon d’université se souvient de lui, de ses dessins dans Le Polyscope, le journal étudiant, et l’incite à se présenter auprès de Eélix Maltais, le futur fondateur des Débrouillards, qui cherche à illustrer ses propres textes scientifiques.Pendant quelques mois, Goldstyn bosse le jour pour l’industrie pétrolière, dessine le soir.Il n’insiste pas: il abandonne le pont d’or alber-tain et revient à Montréal vivre sa véritable passion.Les Débrouillards aura fait la carrière de Jacques Goldstyn.Son gagne-pain.Son bonheur.Tête de scientifique, âme de créateur, il ne pouvait trouver meilleur terrain de jeu.Parce qu’aussi, il faut le dire, il a un cœur d’enfant.Il s’agit de le voir reprendre la lecture en cantonnais d’une des planches de «Van l’inventeur».Si, si.Les Débrouillards a son édition chinoise.Et non, son principal dessinateur ne parle pas la langue.Il n’est qu’un habile cabotin.Vulgariser «La vulgarisation m’a toujours fasciné», dit Jacques Goldstyn pour expliquer sa longue association au magazine scientifique.Le dessinateur, qui peut se faire très politisé ailleurs (au Couac ou à L’Aut’journal, par exemple), carbure à l’explication de phénomènes scientifiques.Si on comprenait mieux la science, on vivrait mieux, voilà un peu le credo de celui qui, en quelques traits vifs et précis, peut résumer les différences entre la couche d’ozone et le réchauffement de la planète.»// faut connaître les principes scientifiques pour savoir d’où on vient, comment notre Terre est constituée.La science est un peu mystérieuse.Elle explique aussi», insiste-t-il.«Quand j’entends Lucien Bouchard parler du gaz de schiste, [qui dit] qu’il ne faut pas tourner le dos au progrès.J’aimerais avoir Lucien Bouchard un après-midi et lui expliquer pourquoi ça ne marchera pas, cette chose-là.Il faut écouter les scientifiques.» Il faut savoir de quoi on parle, poursuit Jacques Goldstyn.Tout comme il faut savoir ce qu’on dessine lorsqu’on explique des concepts complexes.Ses cases sont limpides, même s’il ne se considère pas comme un grand dessinateur, de la trempe des Uder-zo et Enki Bilal.Modeste, notre maître débrouillard accepte toutefois de dire que sa «force, c’est de pouvoir dessiner tout ce qu’il veut».Pas Van qui veut Serait-il lui-même le personnage de Van, qui invente toutes les machines qu’il veut, de celle qui fait les lits à celle qui transforme la pelouse en lait?Du tout, répond Goldstyn.Le bricoleur passionné par les machines ne lui correspond pas.Pas question, par exemple, d’abandonner ses feutres et papiers pour un écran tactile.En fait, admet cet adepte de la simplicité volontaire, le progrès technologique, il n’y croit plus.«Dans les années 1970, donne-t-il en exemple, l’avenir passait par un avion supersonique qui nous amènerait à Paris en deux heures.Aujourd’hui, le Concorde est enterré.Ça veut dire qu’en 2011 ça prend le même temps [pour se rendre à Paris] qu’en 1960.Cinquante après?Eh oui, bravo pour la science.» Jacques Goldstyn l’admet: la science, c’est de la «poudre aux yeux».Il ne la renie pas pom autant, fidèle encore aux principes de base.Et il les défendra et les décortiquera encore et toujoms aux Débrouillards.Jusqu’à sa mort, assure-t-il.Même s’il caresse d’autres projets, comme celui de faire un album — «mais ça me prend un scénario» — Goldstyn restera fidèle au groupe qui lui a permis de faire sa vie.Sans bemre, mais à quoi bon?Collaborateur du Devoir h SOURCE BAYARD Le magazine Les Petits Débrouillards propose des expériences pour intéresser ies jeunes à ia science.EUROPE De la France, Les Petits Débrouillards essaiment sur toute la planète Les 51 antennes et relais territoriaux abritent plus de 160 salariés permanents Le mouvement associatif des Petits Débrouillards a commencé à se déployer sur l’ensemble de la France en 1984.L’Hexagone regroupe aujourd’hui une vingtaine d’associations régionales; plusieurs pays du reste de l’Europe et d’ailleurs dans le monde lui ont emboîté le pas en se joignant à leur tour à ces clubs de jeunes scientifiques en herbe véhiculant des valeurs éducatives et humaines.REGINALD HARVEY L> Association française des ' Petits Débrouillards présente actuellement un bilan chiffré plus que positif qui montre l’amplem de l’évolution qu’elle a connue en l’espace d’un peu plus d’un quart de siècle: 51 antennes et relais territoriaux, 90 organisations non gouvernementales (ONG) et associations partenaires internationales, plus de 160 salariés permanents, 2000 animateurs et bénévoles, 4000 partenaires, associations de maisons de quartier, établissements scolaires, 40 000 jeunes qui pratiquent des activités scientifiques durant l’été, 250 000 visitems de ses expositions et utilisateurs de ses malles pédagogiques, 500 000 participants à ses activités, de la maternelle au lycée, 1 500 000 lecteurs de ses ouvrages et de ses sites Internet.Comment l’idée s’est-elle répandue en Prance?«Nous avons commencé le magazine en janvier 1982 et, deux à trois ans plus tard, des animateurs des Débrouillards québécois sont allés en Erance pour dire ce qu’on faisait; ils ont décrit nos expériences, ont montré nos livres et nos magazines.D’ailleurs, les livres des expériences avaient déjà été publiés par l’éditeur Be-lin et étaient diffusés en Erance à ce momentdà», explique l’édi- teur Eélix Maltais, l’homme à l’origine de la mise sur pied au Québec de ces regroupements de jeunes, dont les Prançais ont finalement assumé l’essaimage à travers le monde.«Les Erançais ont trouvé que c’était une bonne idée et les gens ont embarqué dans le projet en fondant ce qu’ils ont appelé à cette époque l’Antenne française des Petits Débrouillards, qui est devenue par la suite l’Association; ils fêtent cette année leur25” anniversaire.» \ A la grandeur du territoire français et plus Directeur des Petits Débrouillards Erance, Prançois Deroo prend alors la relève et, par la suite, le mouvement prend son essor: «On s’est très vite autonomisé par la création de cette association et, au cours des dix premières années, on s’est appliqué à montrer la pertinence de la pédagogie employée.A partir des années 1990, la croissance a été assurée par la mise sur pied graduelle de plusieurs associations régionales.» Il en trace ce portrait: «C’est un réseau de regroupements qui se développe à proximité des collectivités et qui propose des activités de loisir scientifique pour les jeunes, avec une petite différence par rapport au mouvement québécois: très vite, au tournant des années 1990, on a réalisé certaines activités à l’intention des plus âgés, soit les jeunes de 12 à 16 ans.Par la suite, on s’est tourné vers les lycéens et on a donc ajouté des cordes à l’arc des Débrouillards en créant aussi des clubs sciences et société.» Pour le reste, la Erance s’en tient à la démarche québécoise: «On poursuit vraiment la démarche expérimentale scientifique, qui représente l’objectif pédagogique pour développer l’esprit critique.» Prançois Deroo souligne que les Français se sont même tournés vers d’autres pays pour exporter cette pédagogie: «On est allé vers tout le Maghreb, où Les Débrouillards sont implantés de façon assez importante; ils sont présents en Belgique, en Allemagne et dans une grande partie de l’Europe de l’Est [République tchèque, Slovaquie, Russie].Après quoi, on s’est dirigé du côté de l’Amérique du Sud, où Les Débrouillards sont bien présents au Mexique, au Venezuela, en Colombie, en Ar-genfine et au Brésil.» A ce sujet, le Québécois Félix Maltais vante les mérites d’un individu: Jean-Claude Guirau-don, alors à la direction de l’animation à la Cité des sciences et de l’industrie, à La Villette.«Ses fonctions l’amenaient à voyager à travers le monde; il était un mordu des Débrouillards et, partout où il allait, il sensibilisait des musées, des associations de scientifiques ou d’autres groupes pertinents pour qu’ils adoptent le concept de ceux-ci.Ce sont donc les Français qui, après avoir adopté notre idée et l’avoir transportée chez eux.Vont fait essaimer en Europe et ailleurs dans le mon- de.» Il leur lève son chapeau: «Ils ont toujours été très corrects en reconnaissant, auprès de leurs interlocuteurs étrangers, que la paternité de ce concept-là appartenait à des gens du Québec.C’est vraiment grâce à eux si Les Débrouillards se sont retrouvés dans un grand nombre de pays.» L’engouement est au rendez-vous Les jeunes Français ont répondu positivement à l’appel du mouvement, assure M.Deroo: «Contrairement à ce qu’on imagine, ils sont très enthousiastes.Ils ont beaucoup d’appétit pour les sciences, qui leur sont évidemment présentées d’une façon différente de celle que l’école leur propose; ils les apprécient quand celles-ci sont bien amenées, bien organisées sous l’aspect ludique, quand ils ne sont pas jugés pour leurs interventions, quand ils peuvent travailler avec leurs mains en fabriquant des trucs, lorsqu’ils peuvent réfléchir en groupe et proposer eux-mêmes des activités.On se situe vraiment dans une démarche très participative.» Pour ce qui est de la tranche d’âge des 12 à 16 ans, les adolescents sont invités à aborder différemment le monde des Petits Débrouillards: «Il y a un appétit de leur part, mais pour une pratique de l’activité qui est davantage écocitoyenne; ils s’intéressent à des projeü qui, par exemple, vont avoir un impact sur leur quartier, sur leur milieu de vie, sur leur école et sur leur centre de loisirs; on développe donc avec eux des projets qui sont en osmose avec ces attentes.» Collaborateur du Devoir m Certification services-conseils pour les OSBL et les coopératives depuis 1969 L'expertise comptable spécialement adaptée à vos besoins et à votre réalité.Gosselin-hAssociés me.Comptables agréés Téléphone : 514 376-4090 •WWW.gosselin-ca.COm DARACON! Q y it H J - O.S LES 10 ANS OU M AGAZIN ¦ Célèbre AVEC NOUS LES * k ' lüjjjyersaire »nwers^ venez nous VOîl gu salon Ou livre/ Kiosque 132 „lll653B’ I ; yy^a0\c)ue LUMIÈRe f ^.djeunesw Pes livres AVEwropes p» Hviec ^ AWgJg «'«nfrfiques igas Pour s abonner ou s informer : *¦ 1866 600-0061 ^ bayardjeunesse.ca Merci pour leur soutien financier à Merci a nos partenaires AGENCE scieiî
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.