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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-11-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LE MERCREDI 16 NOVEMBRE 2011 MOKTREAl CAHIER C LES GRANDS MONTREALAIS Sid Stevens est le Grand Montréalais en 2011 du secteur social Page 3 # A LE DEVOIR Pierre Fortin et Aldo Bensadoun rejoignent la communauté Pages 4 et 6 l M Centraide encourage le développement du réseau des intervenants au sein de chaque quartier de Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il est un petit honneur « qui fait grand plaisir ! » Michèle Thibodeau-DeGuire a accédé à l’Académie des Grands Montréalais en 2001 En 2001, Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal, s’est vu décerner le titre de Grand Montréalais, un honneur qui lui a fait réellement plaisir.«C’est très, très, très excitant, lance tout à fait joyeusement cette Acadienne de souche.C’est probablement même, de tous les honneurs que j’ai reçus, celui qui m’a le plus touchée!» CLAUDE LAFLEUR « C ela m’a même surprise, se souvient Michèle Thibodeau-DeGuire, nommée «Grande Montréalaise» en 2001, et j’ai cherché à comprendre pourquoi cet honneur m’a touchée à ce point.» Ce serait le fait que cette distinction est décernée par «des gens qui sont proches de vous, qui vous connaissent donc réellement bien, dit-elle.J’ai donc ressenti une grande excitation.» Elle rapporte qu’elle n’a pas été la seule à ressentir une telle joie, puisque la grande comédienne Huguette Oligny a particulièrement apprécié de se voir elle aussi désignée «Grande Montréalaise» quelques années plus tard.«Ça été pour elle une consécration, relate Mme Thibodeau-DeGuire.C’est fou, mais c’est comme cela!» Un «club sélect» Désormais, toutes deux font partie de l’Académie des Grands Montréalais, qui, chaque année, sélectionne les nouveaux membres — d’où le fait que ces derniers sont choisis par des gens qui les connaissent bien.«Ce sont les anciens qui choisissent les nouveaux Grands Montréalais», confirme-t-elle.Tous les «anciens» peuvent d’ailleurs soumettre des candidatures dans l’un ou l’autre des quatre champs d’activité — économique, social, culturel et scientifique.Il y a ensuite un petit groupe qui se réunit pour établir une courte liste — trois ou quatre noms par secteur d’activité.Cette courte liste est ensuite soumise à la considération des anciens.«Je participe donc tous les ans au choix des nouveaux Grands Montréalais», indique Mme Thibodeau-DeGuire.Il s’agit, notons-le, d’un honneur intrinsèque qui ne comporte aucune bourse, ni ruban, ni autre marque tangible.«Cela ne donne aucun privilège, à part le fait que les gens vous reconnaissent à l’occasion comme Grand Montréalais», rapporte Michèle Thibodeau-DeGuire.En outre, lorsque je suis invitée à la table d’honneur d’un dîner organisé par la Chambre de commerce, on me présente alors comme l’un des Grands Montréalais.C’est un petit clin d’œil qui fait vraiment plaisir!» La p.-d.g.de Centraide se fait fort de souligner qu’en vérité, si elle s’est vu attribuer cet honneur, c’est avant tout en raison de l’œuvre que poursuit son organisme dans la collectivité montréalaise.«En 2001, ça faisait déjà dix ans que j’étais à Centraide, dit-elle, et c’est pour cela que j’ai été désignée «Grande Montréalaise».En fait, ce n’est pas tant MIGUEL MEDINA AGENCE ERANCE-PRESSE La stratégie de Centraide, rapporte sa directrice, consiste par exempie à inviter ies personnes démunies à participer à des cuisines coiiectives, au iieu de ieur donner des sacs de provisions.mot qu on Centraide.» honorait que Et si on éliminait la pauvreté en deux générations?Chaque année, Centraide recueille une cinquantaine de millions de dollars auprès des entreprises, des travailleurs et de la population en général afin de soutenir concrètement une foule d’organismes sociaux et communautaires.«L’argent que nous amassons, précise la p.-d.g., nous le redistribuons à des organismes et à des projets de concertation.Le plus gros de nos sous servent à briser le cycle de la pauvreté au moyen d’investissements dans les quartiers pauvres — auprès des en- fants, des familles et des jeunes — puisque, si on veut briser ce cycle, il faut commencer par là.» «Ça fait déjà des années qu’on investit de la sorte et, l’an passé, c’étaient plus de 40 % de tous nos investissements, poursuit-elle.Et on veut investir encore plus massivement dans ce domaine, puisqu’on espère que, dans une ou deux générations, nous aurons brisé le cycle de la pauvreté.On est ambitieux, n’est-ce pas?! Mais on a l’impression d’avoir déjà fait un gros bout de chemin.» La stratégie de Centraide, rapporte sa directrice, consiste par exemple à inviter les personnes démunies à participer à des cuisines collectives, au lieu de leur donner des sacs de provisions.«En se rassemblant ain- si et en mettant en commun leurs ressources, non seulement ces personnes auront-elles la fierté de faire elles-mêmes leurs repas, mais elles vont en plus se faire des amies autour de la table.Des amies avec qui elles pourront échanger des services de garde d’enfants, par exemple.On encourage ainsi le développement de réseaux entre les gens d’un même quartier, leur permettant de se créer en quelque sorte une “famille” — des oncles, des tantes, des grands-pères.» De surcroît, Centraide encourage le développement du réseau des intervenants au sein de chaque quartier par l’entremise de tables de concertation.«Dans 29 quartiers de l’île de Montréal, on investit pour que la police, l’école, les organismes communautaires, le CESC, etc., travaillent dans le même sens pour trouver des solutions avec les citoyens, indique Mme Thibodeau-DeGuire.Nous finançons donc des tables de concertation depuis près de vingt ans, afin de réunir les divers intervenants pour qu’ils s’entendent sur les priorités de leur quartier.La table réunit ceux qui possèdent une partie de la solution, ce qui a déjà tout un impact.» 2011 sera une bonne année Mal^é la crise économique qui sévit depuis 2008, Centraide n’en ressent aucunement d’effets négatifs lors de ses collectes de fonds, rapporte la directrice.«Dans les dernières années, dit-elle, nous avons obtenu des augmentations de dons qui avoisinent 1 %.Cette année, nous nous attendons même à une campagne historique.On a des chances d’atteindre 7 % d’augmentation!» Elle rapporte que la collecte de fonds pour 2011 progresse extrêmement bien «grâce aux stratégies mises en place, indique Mme Thibodeau-DeGuire.Il faut dire que les deux coprésidents de la campagne de financement — Pierre Beaudoin et Heather Munroe-Blum — n’ont rien laissé au hasard et qu’ils ont recruté une équipe du tonnerre!» Elle observe enfin que «c’est sûr que d’avoir été nommée «Grande Montréalaise» a été une belle reconnaissance pour tout le travail accompli par l’équipe de Centraide.C’était bel et bien une reconnaissance envers l’organisme, et non envers moi personnellement, et c’est à ce titre que je l’ai accepté avec grande fierté.» Collaborateur du Devoir C 2 LE DEVOIR,, LE MERCREDI 16 NOVEMBRE 2011 GRANDS MONTREALAIS Grands Montréalais La Chambre entend mettre davantage en relief la valenr des membres de son académie Les Aldo Bensadoun, Frédéric Back, Pierre Fortin et Sid Stevens deviennent les derniers académiciens en titre La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) rend hommage chaque année à quatre citoyens exemplaires.Encore une fois, les quatre Grands Montréalais de 2011 ont été désignés par leurs prédécesseurs dans les secteurs économique, culturel, scientifique et social.Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre, salue ces personnalités et dégage des traits marquants des domaines où elles se sont respectivement illustrées.REGINALD HARVEY Michel Leblanc insiste pour dire que la CCMM entend à l’avenir déployer encore plus d’efforts pour faire valoir le caractère d’exemplarité des lauréats: «Cette aventure des Grands Montréalais remonte à 1978 et en est donc à sa 33' présentation.Il est très important de dire que ces gens ne sont pas sélectionnés par la Chambre.» Ils ont été réunis, au fil du temps, au sein de l’Académie des Grands Montréalais, dont les membres sont appelés à voter pour les personnes qui vont joindre annuellement leurs rangs: «La barre est donc placée très haut et il n'y a aucun intérêt autre que de reconnaître de cette façon-là leur grande valeur.» Aldo Bensadoun, homme d’affaires Après avoir expliqué en détail la procédure suivie, il enchaîne avec cette appréciation à l’endroit d’Aldo Bensadoun, le lauréat 2011 du secteur économique: «Il est assez exceptionnel de voir que cet immigrant a construit au Québec une entreprise qui est extrêmement puissante et qui, de plus, rayonne à l’extérieur.D’origine plutôt modeste, à titre de petit-fils d’un cordonnier, il a puisé dans son vécu familial une compétence qu’il a développée en créant Aldo en 1972; cette firme compte maintenant plus de mille magasins, dont six bannières.Il possède une stratégie de pénétration des marchés et un modèle d’affaires qui sont exemplaires.» M.Bensadoun demeure toujours engagé dans les activités quotidiennes de son entreprise.Au sujet du Montréal économique, il tient ces propos: «Dans son cas à lui, ce qui est majeur, c’est qu’il s’agit d’un commerce de détail reposant sur un produit de niche dont la demande est forte, notamment dans les pays en émergence.Il est donc intéressant de constater, pour quiconque se rend dans ces endroits-là, qu’il y a une classe moyenne qui est elle aussi émergente et qui désire se procurer des produits tels que ceux fabriqués par Aldo.» Le Montréal économique sort gagnant d’une telle réalité d’affaires.Frédéric Back, cinéaste Le président commence par se montrer surpris du fait que le gagnant de deux Oscar ne soit devenu un Grand Montréalais qu’en 2011: «C’est étonnant et cela témoigne du fait que des gens peuvent poser des gestes marquants sans qu’on leur rende pleinement justice.Monsieur Back est un grand humble: quand on l’a appelé pour lui annoncer qu’il allait recevoir le prix, il a demandé si vraiment il devait l’accepter.» Il lui rend cet hommage: «C’est un autre immigrant, qui, de son côté, est né de parents alsaciens et qui est arrivé à Montréal en 1948.Dans une période où on se questionne sur nos niveaux d’immigration, il figure comme un très bon exemple à citer.Il est un homme de métier SOURCE CHAMBRE DE COMMERCE DU MONTREAL METROPOLITAIN Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre qui a enseigné à l’École du meuble et à l’École des beaux-arts de Montréal; il a créé des décors à Radio-Canada et il a réalisé des œuvres publiques, dont celle qui orne la station de métro Place-des-Arts.Voilà quelqu’un qui a un profil artistique très vaste, ce que plusieurs ignorent, tout en sachant qu’il a remporté à deux reprises un Oscar; à l’entrée de l’Exposition universelle de Shanghai, en 2010, figurait même une mosaïculture représentant L’homme qui plantait des arbres.» Il ajoute: «C’est dire la portée internationale de son travail.Si je devais recourir au mot qui a fait en sorte que les membres de l’Académie l’ont honoré, je dirais “inspiration”; il a inspiré les jeunes et les créateurs, il a fourni un apport exceptionnel tant au Québec que sur le plan universel.» Il se tourne vers le grand dossier qui ressort sur la scène culturelle: «C’est de finir ce qu’on a entrepris du côté du Quartier des spectacles.Une des caractéristiques de Montréal à travers les âges, c’est d’avoir souvent lancé des projets qu’on n’a pas toujours achevés.Dans ce cas-ci, il s’agit à la fois d’un projet d’aménagement urbain et d’un outil culturel extrêmement dynamique.» Pierre Fortin, scientifique et économiste Michel Leblanc se félicite du choix de Pierre Fortin par l’Académie: «La beauté de cette nomination, c’est d’avoir identifié quelqu’un qui a fait avancer la pensée populaire au Québec sur l’économie.Il s’est produit là une transition qui s’est opérée possiblement sur une trentaine d’années, pendant laquelle les Québécois avaient de la difficulté à comprendre la chose économique et percevaient que les économistes parlaient un langage inaccessible; sans doute se penchaient-ils sur des phénomènes difficiles à comprendre et à expliquer, alors que Pierre Fortin les a rendus accessibles et faciles à assimiler.Il y a souvent des politiciens qui s’en sont inspirés et qui se sont référés à lui.» Il souligne son apport historique: «Il a travaillé sur l’économie publique, les politiques monétaires et budgétaires, dans un contexte où on a connu, il y a de cela 15 à 20 ans, l’objectif de l’élimination du déficit; ses interventions étaient celles d’un précurseur, elles étaient très pertinentes et elles le demeurent aujourd’hui, au moment où on tente de rétablir l’équilibre budgétaire.» Et qu’en est-il des dossiers de l’heure dans ce secteur scientifique?«Pierre Fortin incarne nos universités au moment où des étudiants sont contre le déplafonnement des droits de scolarité et où il existe une mobilisation forte au Québec en faveur de ces établissements pour faire en sorte qu’ils soient bien outillés et financés.» Il est directement issu de rUQAM, où il a pu travailler dans un univers doté des ressources nécessaires à l’accomplissement de son travail.Sur un autre plan, il y a le Montréal financier aussi incarné par cet homme: «Il y a les services financiers, et là il ne faut pas perdre de vue, au sujet de ceux-ci, que durant les 30 dernières années il y a eu fragilisation.On veut renforcer ce secteur des finances et il y a une grappe qui s’est mise sur pied dans ce sens-là; il y a une mobilisation contre la création d’une agence de réglementation unique pour le Canada et une autre pour le maintien à Montréal des produits boursiers dérivés.» Sid Stevens, volet social et Jeunesse au soleil Sid Stevens apparaît comme un homme moins bien connu que le mouvement Jeunesse au soleil, dont il fut l’instigateur et dont il demeure le vice-président exécutif.Le président de la Chambre en convient: «C’est un peu à l’image de Frédéric Back et cela témoigne de l’humilité que peuvent avoir des individus qui ont un grand impact.» «Dans son cas, il faut comprendre que c’est un Montréalais qui, à l’àge de 14 ans, en 1954, crée un organisme de sport et de loisir pour les jeunes qui va devenir ce qu’est aujourd’hui Jeunesse au soleil; il dessert maintenant 300 000 Montréalais à travers sa banque alimentaire et vestimentaire, ses services d’urgence en cas d’incendie, ses installations récréatives et ses camps d’été pour les jeunes.» De cet engagement précoce, il puise cette réflexion: «Il y a là un premier message qui montre à quel point on peut commencer jeune à être un entrepreneur social.La deuxième observation, c’est que cet homme s’est engagé politiquement; il a été élu au conseil municipal de la Ville de Montréal en 1978, ce qui témoigne de la valeur de son engagement politique au moment où un certain cynisme prévaut présentement à cet égard.» Sous quel angle la Chambre regarde-t-elle le secteur social?«C’est l’une des forces de Montréal.La collectivité montréalaise possède un entrepreneurial social extrêmement vigoureux; il existe une volonté de développer des organisations proches des besoins du citoyen qui peuvent parfois satisfaire ceux-ci beaucoup mieux que IFtat.» Collaborateur du Devoir Académie des Grands Montréalais Après les Chiriaeff et autres Jean Drapeau Elles seront ce soir 118, ces personnalités dont l’apport à la vie montréalaise aura été remarqué Ils étaient 20 en 1978: ce furent les premiers membres nommés à la future Académie des Grands Montréalais.Le CN avait en effet inauguré un gala où on soulignait l’apport de personnalités exceptionnelles qui avaient permis, au fil des ans, à la métropole québécoise de devenir ce qu’elle était.En 1984, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le CN se sont associés pour assurer la survie de l’événement.En 1988, l’Académie prend son envol et, par la suite, chaque année, quatre personnalités, provenant de quatre secteurs d’activité, soit le scientifique, le culturel, l’économique et le social, s’ajoutent à ce noble aréopage à la suite des votes déposés par les anciens académiciens.En 2011, dès ce soir, après la réception qui se tient au Centre d’événements Wave de la rue Saint-Patrick, elles seront alors 118, ces personnalités qui auront reçu un tel hommage, avec en retour la responsabilité qui en découle.1978 lole Appugliese (1912-1971) Pierre Béique (1910-2003) Gilles Carie (1929-2009) Ludmilla Chiriaeff (1924-1996) Camille A.Dagenais Pierre Dansereau (1911-2011) Jean Drapeau (1916-1999) Jean-V.Dufresne (2000) Gérard Fauteux (1900-1980) Armand Frappier (1904-1991) Alphonsine Hewlett (1913-1992) André Langevin Guy R.Legault loua Monahan (-2006) J.Alphonse Ouimet (1908-1988) Alfred Pellan (1906-1988) Gérard Plourde (-2004) Sam Pollock (-2007) JtanCoutu CHRISTINNE MUSCHI REUTERS JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’homme d’affaires et pharmacien Jean Coutu s’est hissé dans l’Académie des Grands Montréalais en 1992.Le romancier Michel Trembay était parmi les premiers à recevoir les honneurs, en 1978.2003 Serge Godin Yves Lamontagne Huguette Oligny Charles Taylor 2004 Denis Brott André Chagnon William Feindel Daniel Langlois 2005 Paul Desmarais fils Margaret Lock Henry Mintzberg Alain Simard 2006 Robert Charlebois Pavel Hamet Jocelyne Monty Henri-Paul Rousseau 2007 Denise Filiatrault Paul Gérin-Lajoie Harry J.Stern (1897-1984) 1986 J.V.Raymond Cyr Jacques Lamarre Michel Tremblay Jean Béliveau Antonine Maillet 1998 Hubert Reeves Phil Gold Jeanne Sauvé (1922-1993) Daniel Gauthier 1979 Paul Paré (1922-1996) Alexander Kennedy Paterson 2008 Michel Bélanger (-1997) 1992 Paul M.Tellier Peter Hewlett 1987 Jean Coutu Rémi Marcoux 1980 A de Grandpré John P.Humphrey (1905-1994) 1999 Heather Munroe-Blum Thérèse Casgrain (1896-1981) Jean Duceppe (1923-1990) Robert Lapalme (1908-1997) Francesco Bellini Denise Robert Brenda Milner Roger Gaudry (1914-2001) 1981 1993 Albert Miliaire 2009 Paul David (1919-1999) 1988 Alexander Brott (1915-2005) Lise Bissonnette David M.Culver Jeannine Guindon (1920-2002) 2000 Sœur Nicole Fournier 1982 Père Marcel de la Sablonnière Eugene N.Riesman Jacques Genest L.Jacques Ménard Charles Bronfman, Charles Du- (1918-1999) Andrée Lachapelle Balfour M.Mount toit Maryvonne Kendergi 1994 Jean C.Monty Charles Daudelin (1920-2001) Maurice Richard (1921-2000) 2010 1984 1989 Maurice L’Abbé (-2006) Yvon Deschamps Paul Desmarais Laurent Beaudoin Pierre Péladeau (1925-1997) 2001 Hélène Desmarais Phyllis Lambert Gratien Gélinas (1909-1999) Jacques Bougie Gilles Julien Pierre-Elliott Trudeau (1919- Liliane M.Stewart 1995-1996 Guy Laliberté Claude Montmarquette 2000) Gretta Chambers Charles R.Scriver 1990 Arlette Cousture Michèle Thibodeau-Deguire 2011 1985 Denys Arcand Serge Saucier Frédéric Back Yvette Brind’Amour (1921- Claude Castonguay 2002 Aldo Bensadoun 1992) Sœur Denise Lefebvre (1907- 1997 André Caillé Pierre Fortin Bernard Lamarre, 1993) André Bérard Emmett Johns Sid Stevens Cardinal Paul-Emile Léger Alan B.Gold (-2005) Robert Lacroix (1904-1991) 1991 Gilles Lefebvre (1922-2001) Dominique Michel Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 16 NOVEMBRE 2011 GRANDS MONTREALAIS Secteur social Sid Stevens avait 13 ans quand il a publié le Clark Street Sun «Je crois qu’on trouve le vrai bonheur en donnant» Sid Stevens, vice-président exécutif et cofondateur de Jeunesse au soleil, devient Grand Montréalais pour le secteur social en 2011.MARTINE LETARTE Lorsqu’il a lancé un journal de quartier dans la cuisine de ses parents en 1954, Sid Stevens était loin de se douter qu’il amorçait alors une grande carrière dans le milieu communautaire.Et, 57 ans plus tard, l’organisme qu’il a cofondé, devenu Jeunesse au soleil, touche près de 300 000 Montréalais ainsi que de nombreux Québécois ailleurs dans la province.L’édifice de Jeunesse au soleil, rue Saint-Urbain à Montréal, fourmillait de gens lorsque Le Devoir s’y est rendu pour rencontrer Sid Stevens.Plusieurs venaient s’inscrire pour obtenir un panier de Noel.Chaque année, l’organisme en donne environ 18 000 à des gens dans le besoin.Avec ses 68 employés permanents et sa centaine d’étudiants pendant l’été, l’organisme offre une foule de services d’urgence aux familles et agit pour la prévention du crime.Jeunesse au soleil organise également différentes activités sportives et des colonies de vacances pour les enfants dans les Laurentides.En ce moment, l’équipe est bien occupée avec la gestion des récompenses dans des cas La fierté de Sid Stevens, c’est que Jeunesse au soleil ait réussi à convaincre la Ville d’acheter des autobus pour accueillir les victimes d’incendie d’enlèvement ou de meurtre.«C’est rendu provincial.Ça fonctionne bien.Nous avons commencé en 1991, et, sur 54 cas, 21 ont été résolus», se réjouit Sid Stevens.Jeunesse au soleil a aussi développé récemment un programme pour aider les familles québécoises qui ont un enfant malade à Sainte-Justine et à l’Hôpital de Montréal pour enfants.Un journal de quartier Avec ces initiatives à grande portée, on est bien loin de l’époque où Sid Stevens a lancé le journal Clark Street Sun avec un ami, Earl De La Parralle, aujourd’hui directeur général de Jeunesse au soleil.«J’avais 13 ans.On écrivait le journal à la main.C’était un passe-temps.Ça nous gardait occupés et loin du trouble.Nous vendions le journal aux familles pour deux sous.Avec les profits, nous louions le gymnase d’une école pour faire du sport.Nos parents n’avaient pas les moyens de nous inscrire à des centres sportifs», affirme M.Stevens en brandissant quelques exemplaires du journal datant des années 50.Le groupe de jeunes s’est établi dans l’arrière-boutique d’une cordonnerie.Le journal est devenu de plus en plus populaire.Les jeunes allaient voir les commerçants pour leur vendre de la publicité.«Ils nous encourageaient, ra- -V SOURCE CHAMBRE DE COMMERCE DU MONTREAL METROPOLITAIN Sid Stevens est vice-président exécutif et cofondateur de Jeunesse au soleil.conte M.Stevens.Nous vivions dans un quartier où il y avait beaucoup de pauvreté.Bien des gens qui faisaient du sport avec nous n’avaient pas beaucoup de nourriture sur la table.Certains avaient des problèmes avec la justice.Nous avons rapidement mis sur pied un groupe pour les aider.C’est vraiment un centre communautaire que nous avons créé.» Pourquoi avoir fait tout cela?«Au départ, nous nous aidions nous-mêmes en aidant les autres.Puis, je crois qu’on trouve le vrai bonheur en donnant», affirme M.Stevens.De nombreux appuis importants Assurer la survie de Jeunesse au soleil n’a pas toujours été facile pour ses fondateurs.Le soutien de plusieurs acteurs importants de la société a été crucial.«Le moment le plus difficile est survenu lorsque nous avons dû quitter la cordonnerie parce que nous étions devenus trop gros, affirme M.Stevens.Nous avions de la difficulté à payer nos factures.Nous n’avions pas déplacé où aller et nous avons failli fermer! En 1967, Jean Drapeau, le maire de Montréal à l’époque, nous a donné accès à un immeuble situé avenue du Parc.Il croyait en nous.» Ce dont Sid Stevens est le plus fier, c’est que Jeunesse au soleil a réussi à convaincre la Ville de Montréal d’acheter des autobus pour accueillir les victimes d’incendie.«Au départ, nous louions les autobus nous-mêmes, mais c’était très dispendieux et il y avait plusieurs incendies dans le quartier.L’achat des autobus en 1970 a permis d’aider des milliers de personnes dans la ville, et ça dure toujours.» Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a également toujours été un grand allié de Jeunesse au soleil.«Jacques Duchesneau (auparavant au SPVM) était notre meilleur ami! Il nous envoyait même des jeunes pour voir si on pouvait faire quelque chose avec eux avant de les emmener en cour.Les policiers nous ont donné aussi beaucoup d’équipement sportif Certains ont même été entraîneurs pour les jeunes», se souvient M.Stevens.Plusieurs personnalités du monde politique et du monde sportif ont aussi participé aux banquets organisés pour financer Jeunesse au soleil.«Drapeau venait, bien sûr.On a aussi vu Maurice Richard et Jean Béliveau.Tous les premiers ministres du Québec venaient, mais aussi des premiers ministres du Canada: Pearson, Trudeau, Chrétien.Ces gens nous encourageaient beaucoup», indique M.Stevens.Lorsque l’organisme est déménagé en 1981 dans ses locaux actuels, ce fut encore une fois grâce à l’aide de Jean Drapeau.Toujours plus de besoins Aujourd’hui, Sid Stevens croit que la pauvreté demeure le grand problème à Montréal.«C’est encore pire qu’avant, précise-t-il.Nous avons 2000familles par mois qui utilisent notre banque alimentaire.Ce sont 450 de plus qu’il y a deux ans.Une personne sur cinq qui en bénéficie est âgée de moins de cinq ans.» Quel est son conseil pour améliorer la situation?«Les gouvernements fédéral, provincial et municipal et les groupes communautaires doivent travailler dans le même sens.R doit y avoir une meilleure communication.Je trouve aussi qu’on ne fait pas assez confiance aux jeunes.Seulement 5 % causent des problèmes, mais c’est seulement d’eux qu’on parle.R faut encourager et soutenir davantage les jeunes», affirme M.Stevens qui, à 71 ans, est toujours engagé dans l’organisation, sans toutefois la diriger au quotidien comme auparavant.H a d’ailleurs de bonnes chances de continuer à être fort occupé pendant les prochains mois.«Nous négocions avec la Ville de Montréal, le gouvernement du Québec et la Commission scolaire de Montréal pour que Jeunesse au soleil devienne propriétaire de l’édifice, indique M.Stevens.Nous espérons y arriver d’ici six à douze mois.Nous voulons ensuite le rénover complètement.R en a besoin.C’est notre objectif principal pour les prochaines années.» Collaboratrice du Devoir Chambre de commerce du Montréal métropolitain Board of Trade of Metropolitan Montreal La Chambre de commerce du Montréal métropolitain est fière d'accueillir AIdo Bensadoun, Frédéric Back, Pierre Fortin et Sid Stevens dans l'Académie des Grands Montréalais.CO CO O ^ g Sa ^ H fi -s Cl ^ ri.^ 55 o‘ Ki a Ci CO lïj s è a « ^ 3 3 ^ ® i.«V “5 a a ® a“ ^ S' Nous invitons tous les Montréalais à joindre leur voix à la nôtre pour remercier ces quatre personnes d'exception qui définissent notre société par leur vision et qui contribuent au rayonnement de notre métropole.WWW.CCMM.QC.CA CREATEURS D'AFFAIRES C 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 16 NOVEMBRE 2011 (iRAPS MONTREALAIS Secteur scientifique Pierre Fortin est un «agent double» économique «Je maintiens qu’il est à la fois possible d’être lucide et solidaire» Nommé Grand Montréalais 2011 dans le secteur scientifique, l’économiste Pierre Fortin s’est fait connaître par la pertinence de ses travaux, mais aussi par ses nombreuses interventions sur la place publique.C’est d’ailleurs grâce à ces dernières, croit-il, que cet honneur lui échoit.PIERRE VALLEE J> ai été très surpris de recevoir cet honneur, raconte-t-U, surtout si je me compare aux trois autres lauréats, qui, à mes yeux, sont des géants.Et je ne crois pas que ce sont mes travaux de recherche qui me valent cette reconnaissance, mais plutôt le fait que je suis un universitaire qui a pris la parole hors des cercles universitaires.Je crois que le point de vue universitaire est utile pour la prise de positions politiques.» En effet, tout au long de sa carrière, Pierre Fortin a maintes fois participé à des comités de recherche et mené des études qui ont servi à éclairer plusieurs lanternes.Il est un habitué des émissions d’affaires publiques et tient une chronique économique depuis dix ans dans la revue L’Actualité.C’est d’ailleurs par le biais du journalisme que Pierre Fortin est venu à l’économie, lui qui se destinait plutôt à une carrière en mathématiques.«Lorsque j’étais étudiant en mathématiques à l’Université Laval, on m’a demandé de collaborer au journal étudiant.Cela m’a permis de m’ouvrir aux questions sociales et surtout aux questions économiques.» C’est à la même époque qu’il rencontre sa femme, Michèle.
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